Carnet de Jean-Pierre Chevènement



Le Président est le plus implacable procureur de son propre bilan en matière d’enseignement supérieur quand il propose, dans ses « vœux aux forces vives », le 4 janvier dernier, « de consacrer à nos étudiants autant que le font les autres grandes nations, soit 30 % de plus qu’actuellement ».

Cette priorité tardive est quand même une bonne idée que la gauche peut reprendre à son compte à condition de l’assortir de réformes profondes : rapprochement d’universités pour leur donner la taille critique, réforme de la loi de janvier 1984 sur l’enseignement supérieur en vue de renforcer la capacité d’action à long terme des Présidents d’Université, mobilité accrue entre grands organismes de recherche et établissements d’enseignement supérieur, toutes choses qui ne pourront être menées à bien sans une intense concertation, sur le modèle du grand colloque national que j’avais organisé en 1981-1982 sur la recherche et la technologie. Il y a du pain sur la planche !

Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le 8 Janvier 2007 à 15:31 | Permalien

Novembre 1994 : Jean-Pierre Chevènement, alors député à l’Assemblée Nationale, effectuait une tournée au Moyen-Orient (Jordanie – Irak – Israël – Palestine). Il était chargé par le Premier ministre de l’époque, Edouard Balladur, d’une missive à Saddam Hussein tendant à la reconnaissance par l’Irak de la frontière avec le Koweit.


Le Vert et le noir (intégrisme, pétrole, dollar), Jean-Pierre Chevènement, Grasset, 1995
Le Vert et le noir (intégrisme, pétrole, dollar), Jean-Pierre Chevènement, Grasset, 1995
« Voilà donc Saddam Hussein. Cette vie pleine de bruit et de fureur ne prend sens qu’à la lumière du rêve arabe de forcer les passages de l’Histoire, à partir de ce pays forgé par la violence. Entrevoyant et le rêve fracassé et le bilan désastreux pour l’Irak de quinze années de guerre, je suis frappé par la diction mesurée et précise de l’homme, sa maîtrise de soi, le regard distancié qu’il paraît garder sur la marche du monde. Il me réitère la volonté de l’Irak de privilégier sa relation avec la France, pour autant que celle-ci en aura elle-même la volonté. Je crois deviner que ce temps ne durera pas toujours : Saddam Hussein sait désormais ce que sont les rapports de forces, dans le monde de l’après-guerre froide.

Une des premières questions que je posai à Saddam Hussein fut de savoir la raison des mouvements de troupes irakiennes aux approches du Koweit, au début d’octobre. N’avait-il pas fourni un prétexte aux Américains ?
Mots-clés : irak saddam hussein

Rédigé par Chevenement.fr le 6 Janvier 2007 à 11:21 | Permalien

Janvier 1990 : Rencontre Jean-Pierre Chevènement – Saddam Hussein
Jean-Pierre Chevènement était alors ministre de la Défense. Il était envoyé à Bagdad par le Président de la République pour conditionner à l’apurement de la dette irakienne envers la France la poursuite de la coopération franco-irakienne.


« L’Irak fut le dernier pays dans lequel je me rendis à la fin janvier 1990 sur mandat du président de la République et du Premier ministre. Le contentieux financier (25 milliards de francs d’impayés) dominait et obscurcissait nos relations. Saddam Hussein, qui me reçut deux heures, répondit en politique aux observations que je lui fis. Ses vrais soucis étaient ailleurs : l’évolution du prix du pétrole, la normalisation, trop rapide à son gré, des relations de l’Occident avec l’Iran, dont l’esprit de revanche, me dit-il, ne s’éteindrait jamais, et enfin l’affaissement de l’Union soviétique et les risques d’isolement qui ne manqueraient pas d’en résulter pour l’Irak, si celui-ci ne trouvait pas en Europe et au Japon de nouveaux partenaires. Il fut davantage question du rééquilibrage de notre coopération en vue de reconstruire l’économie irakienne que de coopération militaire : aussi bien, les ressources étaient-elles limitées au montant des remboursements.

Rédigé par Chevenement.fr le 6 Janvier 2007 à 11:06 | Permalien

Actualités



Quelques articles pour aller plus loin...


Mots-clés : chine mondialisation

Rédigé par Chevenement.fr le 5 Janvier 2007 à 15:58 | Permalien

Carnet de Jean-Pierre Chevènement



Dans Le Monde du 5 janvier, M. Thomas Ferenczi suggère que l’Union européenne se dote d’une vision et d’une stratégie « Mer Noire ». « Cette mer, écrit M. Ferenczi, est devenue une mer européenne et le sera plus encore quand la Turquie et puis éventuellement l’Ukraine adhéreront à leur tour ». M. Ferenczi évoque la question de l’énergie et en particulier celle des voies de passage du pétrole et du gaz de la Caspienne. Cette question, on le sait, oppose la Russie et les Etats-Unis.

Devinette : de quel côté tomberons nous, si ces élargissements devaient intervenir ? Evidemment, du côté des Etats-Unis où nous penchons déjà.

Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le 5 Janvier 2007 à 12:59 | Permalien

Le 31 décembre 2006 un magnifique feu d'artifices illuminait Belfort pour son 700ème anniversaire.


Crédits : Journal Le Pays (Pascal Lainé et François Torelli)
Crédits : Journal Le Pays (Pascal Lainé et François Torelli)
Mots-clés : 700 belfort

Rédigé par Chevenement.fr le 3 Janvier 2007 à 21:52 | Permalien

Carnet de Jean-Pierre Chevènement



Nicolas Sarkozy, dans Le Monde du 3 janvier développe l’idée que « l’exécution de Saddam Hussein est une faute ». Intéressant !


M. Sarkozy écrit fort pertinemment qu’« il est difficile de réconcilier les différentes composantes d’un peuple au sortir d’une dictature. Mais cette tâche est d’autant plus malaisée quand la lumière n’est pas faite sur le passé ». Très juste !

Mais Nicolas Sarkozy ne contribue pas lui-même à faire cette lumière en accumulant les poncifs qui sont autant de contrevérités : l’Irak aurait fait, selon lui, la découverte, depuis l’invasion américaine, des élections libres, d’une Constitution librement consentie, d’une justice indépendante, etc. Chacun sait que ces élections, organisées sous occupation étrangère, ont vu les Chiites voter pour les Chiites, les Sunnites pour les Sunnites et les Kurdes pour les Kurdes. C’est le triomphe des communautarismes. Aucune légitimité nationale ne peut s’affirmer dans ces conditions.

Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le 3 Janvier 2007 à 19:26 | Permalien

Carnet de Jean-Pierre Chevènement



Il est pour le moins déplacé, alors que la question des approvisionnements énergétiques de la France est bien évidemment un problème d’intérêt national que M. Pinault qui se dit l’ami du Président de la République puisse faire monter les cours de l’action « Suez » et empêcher ainsi une fusion sans doute discutable, mais qui a été voulue par le gouvernement et approuvée par le Parlement.

Cette manœuvre serait encore plus choquante s’il s’avérait que le gouvernement cautionne, dans des conditions financières particulièrement opaques, le démantèlement de Suez pour contourner une décision du Conseil Constitutionnel. Cette intrication des intérêts privés et de l’intérêt public est révélatrice d’un mal beaucoup plus profond : il est temps de restaurer et de faire respecter l’Etat et de distinguer clairement ce qui relève du public et du privé. Si la création d’un deuxième énergéticien français est souhaitable, il convient que la majorité du capital en soit publique, comme cela est d’ailleurs prévu dans l’accord MRC-PS.

Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le 3 Janvier 2007 à 19:24 | Permalien
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