Carnet de Jean-Pierre Chevènement
Jean-Pierre Chevènement livre ses réflexions sur la campagne et sur l'actualité.
Toute la bataille se joue sur la compétence supposée de M. Sarkozy.
Dans cette fin de campagne, la violence de la posture de Nicolas Sarkozy est ce qui me frappe le plus : il va en Corse et traite de « lâches » les poseurs de bombes encagoulés. Personnellement, cela ne me gêne pas du tout !
Les parachutes dorés et les patrons voyous seraient, selon M. Sarkozy, les fruits tardifs de la contestation soixante-huitarde. Mais Mai 68 n’a quand même pas inventé le capitalisme financier mondialisé !
L’avance optique d’un peu plus de cinq points de Nicolas Sarkozy sur Ségolène Royal (31,11% contre 25,83% des voix) est bruyamment orchestrée par la droite.
Ségolène Royal a montré ses qualités, à la fois personnelles et politiques.
Je sens depuis une dizaine de jours l’électorat populaire qui bouge en faveur de Ségolène Royal.
Michel Rocard est fidèle à lui-même en réclamant une alliance, dès avant le premier tour, entre sociaux-démocrates et démocrates-sociaux.
A Belfort le 13 avril, Ségolène Royal a visité Alstom, nouant spontanément avec les ouvriers et techniciens un contact direct et chaleureux.
Horribles attentats intégristes à Alger.
Au fur et à mesure que monte l’étoile de Ségolène Royal, on sent que les choix se resserrent : Sarkozy s’identifie de plus en plus à un choix de régression sociale. Bayrou ne tente pas.
M. Sarkozy n’inspire pas confiance. Sa règle est à géométrie variable.
Si les incidents de la gare du Nord avaient eu lieu sous un gouvernement de gauche, ils eussent été portés au débit de la gauche.
M. Barroso s’ingère sans pudeur dans le débat électoral français.
Sauvageon versus racaille : voilà la différence entre une politique de gauche et une politique de droite en matière de sécurité. Elle n’est pas mince.
« La politique de la France, disait fièrement le général de Gaulle, ne se fait pas à la corbeille ». Nous n’en sommes plus là depuis longtemps...
Il m’est souvent arrivé de citer le nombre de policiers blessés en service quand j’exerçais les fonctions de ministre de l’Intérieur : 5000 par an. C’était dans les années 1997-2000. Or, j’apprends de source officielle que ce nombre a atteint 11000 en 2006.
A lire Jacques Delors , la manière dont s’est construire l’Europe n’est pour rien dans nos actuelles difficultés.
M. Monti, ancien Commissaire européen à la concurrence, publie aujourd’hui dans le Figaro un article intitulé « Ma vérité sur l’affaire Alstom », intéressant à plus d’un titre :
Nicolas Sarkozy se targue fréquemment d’avoir « sauvé Alstom » en 2004.
En écrivant « Contre le communautarisme » (Editions Armand Colin, mars 2007), Julien Landfried a mis le doigt sur ce qui mine depuis le début des années 1980 « le républicanisme civique » et par conséquent la France : la substitution à la figure traditionnelle du prolétaire de celle de la « victime ».