Carnet de Jean-Pierre Chevènement
Jean-Pierre Chevènement livre ses réflexions sur la campagne et sur l'actualité.
Le cinquantenaire du traité de Rome va, sans nul doute, être l’occasion de faire tonner les grandes orgues de la bienpensance « européiste » : j’appelle ainsi l’idéologie de ceux qui, au nom de l’idée européenne, ont en réalité mis bas tout ce qui pouvait permettre l’émergence d’un acteur européen stratégique pour le XXIe siècle.
La disparition de Lucie Aubrac me touche profondément.
Inviter François Bayrou à rejoindre le pacte présidentiel de Ségolène Royal est une erreur, d’autant que le pacte présidentiel concernant par exemple l’Europe n’a rien à voir avec le projet de François Bayrou qui consiste simplement à rendre « plus lisible » le projet de Constitution européenne.
Le discours de François Bayrou, homme au demeurant fort sympathique, et que je trouve même courageux dans la détermination qu’il a mise depuis cinq ans à prendre ses distances avec l’UMP, n’en reste pas moins étonnement creux.
Il n’est évidemment par malvenu de parler d’identité nationale dans une campagne présidentielle.
Ségolène Royal a justement indiqué que le vote des couches populaires fera la décision dans cette élection présidentielle.
Un signe qui ne trompe pas. Les conjoncturistes révisent leurs prévisions de croissance à la baisse pour 2007 et 2008.
Pékin, selon le Premier ministre chinois, M. Wen Ji Bao, veut rendre sa croissance plus sociale : une excellente nouvelle qui va au-devant des désirs exprimés par Ségolène Royal lors de son dernier voyage en Chine.
Bayrou a trop de retard à combler sur Sarkozy pour devenir un nouveau Giscard, d’autant que Simone Veil et Jean-Louis Borloo, grandes références centristes, ont choisi leur camp en apportant à Nicolas Sarkozy leur soutien.
J’ai écouté attentivement l’allocution de Nicolas Sarkozy, consacrée à la politique extérieure et de sécurité.
L’Airbus A 350 ne pourra être développé sans la contribution des Etats.
Je réponds avec retard à plusieurs messages, et en particulier à celui de Lionel en date du 23 février, qui me demande « jusqu’à quand je vais avaler mon chapeau » suite à la demande de Lionel Jospin, corroborée par une déclaration publique de Daniel Vaillant, de ne pas me voir figurer dans le « pack » du pacte présidentiel de Ségolène Royal.
M. Bayrou ne parle jamais des délocalisations industrielles. C’est un signe, non ?
Edmund Phelps a raison : il est temps de réhabiliter les valeurs de la connaissance, le goût du défi intellectuel, l'amour du changement.
Le candidat centriste n’offre en aucune manière un dépassement de la droite et de la gauche. Son européisme grand teint en constitue plutôt le redoublement.
Rappelons-nous qu’Hannibal a gagné ses plus fameuses batailles grâce à sa cavalerie d’éléphants.
Airbus veut délocaliser, en Amérique, en Chine, en Russie : l’euro est trop cher en France et en Allemagne.
Nicolas Sarkozy retarde d’une gauche. Il retarde d’une guerre.
J’ai accompagné hier Ségolène Royal à TF1. Elle a exploité au maximum son « avantage comparatif », pour parler un langage ricardien, sur Nicolas Sarkozy, qui pourtant, à la même émission, n’avait pas été mauvais.
Comment Jacques Chirac pourrait-il nous faire mieux entendre que Nicolas Sarkozy, par les temps qui courent, est un homme dangereux par les idées libérales qu’il professe et par son alignement spontané sur les Etats-Unis ?