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Un nouveau départ pour la gauche


Intervention de Jean-Pierre Chevènement lors du banquet républicain de Gauche Avenir, à Choisy le Roi, le lundi 5 mai 2008.


La gauche est solidement installée dans le paysage local mais elle ne peut oublier qu’elle a échoué à trois reprises à conquérir le pouvoir d’Etat, à l’occasion des élections présidentielles de 1995, 2002 et 2007. Cette incapacité est-elle rédhibitoire ?

I – La gauche est placée devant un grand défi : la conquête du pouvoir d’Etat.

1. La politique engagée par Nicolas Sarkozy répond à un dessein illusoire : celui d’adapter la France à la mondialisation

L’abaissement du coût du travail est une impasse pour la France comme pour l’Europe. Ce n’est pas de cette manière que nous restaurerons notre compétitivité face à la Chine, l’Inde, etc. On nous donne la politique allemande en exemple. Cette politique de compression des coûts s’exerce au détriment des autres pays européens. Elle est de plus en plus rejetée en Allemagne. La politique de Nicolas Sarkozy ne prépare pas l’avenir. Elle tue la croissance. Elle ruine la solidarité. Elle ne répond pas à l’exigence d’un effort partagé.

2. Cette politique est d’autant plus vouée à l’échec que c’est la mondialisation ou plutôt la globalisation qui est entrée en crise.

a) La globalisation : un phénomène à la fois économique et politique. L’ouverture des marchés aux FMN sous les coups de boutoir des Etats-Unis - la domination absolue des marchés financiers - la dictature de l’actionnariat.
b) Cette globalisation est entrée en crise :
- 1997-98 : crises asiatiques, russe, latino-américaines
- 2000 : bulle technologique
- 2007 : crise des subprimes

• l’échec du FMI et l’autonomisation des pays émergents
• la fuite en avant des Etats-Unis, déficits et endettement interne et externe – taux d’intérêt réels négatifs – chute du dollar.
• augmentation du prix du pétrole
La tentation de la coercition militaire et l’enlisement au Moyen-Orient. Les Etas-Unis vivent au-dessus de leurs moyens – surextention impériale. Le problème posé au monde est celui d’un nouveau cycle organisé autour d’un monde multipolaire et de nouvelles règles du jeu.

3. La crise bat en brèche les postulats libéraux

- libre échangisme ;
- refus des politiques industrielles ;
- intervention des Etats au capital des entreprises

4. Elle ouvre un espace à la gauche pour apporter des solutions

a) Nouvelles règles du jeu à l’échelle mondiale – fourchettes de parité monétaires et rétablissement des capacités d’épargne des Etats-Unis ;
Régulation concertée des échanges internationaux : Afrique – APD – pays émergents doivent accepter les normes sociales et environnementales.
Conférences internationales sur le modèle Bretton-Woods.

b) Au niveau européen – modèle européen
- Gouvernement économique de la zone euro
- Croissance et harmonisation fiscale et sociale
- Rôle déterminant de l’Allemagne
- Rôle de catalyse de la France
- Reconnaissance du rôle des Etats

c) Au niveau national :
- Faire face à la récession
- Politique industrielle : les moyens
- Education – recherche – innovation
- Civisme – science – écologie de l’humanité - culture

5. La gauche française est placée devant un grand défi.

a) Eloignement des couches populaires et absence de projet à la hauteur des défis du temps expliquent l’échec de la gauche aux trois dernières élections présidentielles : 1995 – 2002- 2007.
Le contexte est favorable à la fois pour élaborer ce projet et combler cet écart avec les couches populaires.
Plus qu’une alternance fondée sur le rejet, la gauche doit préparer une alternative sérieuse et durable.

b) Pour autant, il ne faut pas sous-estimer la capacité de rebond de Nicolas Sarkozy. Les droites européennes partout jouent sur les réflexes de peur, en exploitant l’insécurité et l’angoisse devant une immigration mal contrôlée. C’est d’une refondation républicaine dont la gauche a besoin. Ne sous-estimons pas les ressources de la démagogie de l’adversaire.


II – Un nouveau départ pour la gauche.

1. La gauche doit dépasser des clivages obsolètes.

a) Le Congrès de Tours en 1920 : entre la thèse de la prise de conscience démocratique des masses et celle de la conscience importée au sein même de la classe ouvrière par un parti d’avant-garde, l’Histoire a tranché, ce qui ne veut pas dire rejet de la théorie, de la réflexion, de la formation et surtout du débat pluraliste.

b) La création du Mouvement des Citoyens en 1993 a correspondu à un double refus : celui de la guerre du Golfe et de l’alignement derrière l’Hyperpuissance américaine, et celui de l’Europe de Maastricht.
Nos critiques sont aujourd’hui mieux comprises, même si nous savons qu’existent toujours au sein du PS un courant de suivisme pro-américain et un courant européiste qui s’est manifesté récemment par l’approbation du traité de Lisbonne. Mais il existe aussi au sein du PS des courants, qui militent pour l’indépendance et pour la réorientation de la construction européenne.

c) Le souci de l’écologie est aujourd’hui largement pris en compte au sein de la gauche tout entière, même s’il existe au plan théorique, un débat sur la Nature, la culture, la raison critique, la science et le progrès.

d) La République aujourd’hui à laquelle les radicaux sont attachés n’est plus contestée, non plus que le rôle du citoyen, en tant qu’il est une parcelle de la souveraineté populaire, mais aussi un individu libre dont l’esprit critique, formé par l’Ecole laïque est nécessaire à la démocratie. Certes l’exigence républicaine, en tant qu’elle implique la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général n’est pas toujours bien comprise. Mais la notion d’intérêt général ne peut s’affiner que dans le débat, à travers une juste hiérarchisation des intérêts et des niveaux d’appartenance.
Ce qui reste de ces clivages doit pouvoir être résorbé par le débat au sein d’un grand parti de toute la gauche.


2. La création de ce grand parti rassemblant toutes les cultures de la gauche peut et doit être l’électrochoc qui permettra une nouvelle refondation comme la gauche a su le faire à Epinay et à toutes les étapes de son histoire.

a) Ce parti doit être ouvert à toutes les sensibilités des plus radicales aux plus gestionnaires dès lors que la perspective gouvernementale est assumée. Croire aux vertus du débat. Il y aura fécondation réciproque. Vouloir créer un parti révolutionnaire à côté d’un parti social-libéral serait ouvrir un boulevard à la droite.

b) Cela ne veut pas dire que ce grand parti de toute la gauche doive faire l’économie d’une analyse de ce qu’est le capitalisme financier aujourd’hui. Le mouvement socialiste depuis ses origines est inséparable d’une critique du capitalisme de son temps. La création du grand parti de toute la gauche doit se faire sur la base d’une conscience claire des formes inédites prises par le développement du capitalisme : dérégulation généralisée et mise en concurrence des territoires et des mains-d’œuvre – souveraineté des marchés financiers, etc.
De même, l’évolution de la construction européenne nous impose de réaffirmer l’ancrage de la gauche dans la nation républicaine, levier de notre responsabilité au monde, comme l’avait très bien compris et formulé Jaurès en son temps. C’est dans ce cadre que la gauche peut faire vivre les valeurs de citoyenneté, de laïcité et de solidarité et opposer une critique à la fois constructive et sans concession à la politique de la droite qui ne vise qu’à adapter la société française à la globalisation financière.

c) Avant de poser le problème des alliances, il faut savoir soi même où l’on habite.

d) Ce grand parti doit être ouvert, démocratique, pluraliste. Son assiette naturelle est le monde du travail et de la création.

e) Seule la réunion et le dialogue sans sectarisme de toutes les cultures de la gauche et de toutes les forces sociales, à l’exception, bien entendu, des rentiers de la Finance, pourra drainer des centaines de milliers de sympathisants et de militants syndicaux et associatifs qui ressentent le besoin d’un engagement politique nouveau, ailleurs que dans des organisations qui les ont déçus.
Seul un grand parti de toute la gauche pourra capter l’énergie des nouvelles générations. C’est dans ce cadre que pourra être entrepris le vigoureux effort de débat, de mise en commun, de synthèse et de mise à niveau, et, bien entendu, de formation de cadres. Notre pays retrouvera ainsi confiance en lui-même et pourra tourner les pages du sarkozysme pour ouvrir la voie à une nouvelle donne, à l’échelle nationale, européenne et mondiale.


3. Les étapes nécessaires.

a) Je propose que toutes les organisations et toutes les personnalités de gauche et de progrès qui le voudront réunissent dans les départements des Forums de l’unité. Ceux-ci auraient à traiter de quelques sujets-clés :
- l’analyse de la globalisation, de sa crise, et des perspectives qu’elle ouvre ;
- la valorisation du travail dans le contexte de la mondialisation ;
- l’avenir de la protection sociale et de la santé ;
- les enjeux de l’éducation et de la recherche ;
- la forme et les étapes du parti à créer.

b) Ces forums pourraient déboucher sur des Assises de la gauche au printemps 2009.

c) Ces Assises prépareraient un projet clair sur la base duquel s’opérerait un rassemblement qui, dans un premier temps, pourrait éventuellement prendre la forme d’une Fédération anticipant sur le grand parti à créer.
C’est dans ce cadre que pourrait intervenir au plus tard au printemps 2011 la désignation par tous les militants du candidat de la gauche à l’élection présidentielle de 2012.
Ce candidat ne serait pas seul. Il serait porté par un projet collectif et par un élan qu’il nous appartient de faire lever dans le pays sans attendre.


Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le Mardi 6 Mai 2008 à 11:40 | Lu 8023 fois


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69.Posté par Laurane le 16/05/2008 21:12
Post 66 : Moi non plus.

J'aurais tendance à préférer l'appel "L'alternative à gauche, organisons-là" qui s'adresse à une gauche "Qui n'oublie plus la nécessité de redistribuer les richesses", "Qui promeuve la construction d'une autre Europe":

http://www.appel-a-gauche.org/://

68.Posté par helene le 14/05/2008 14:19
A Claire : 65.

Bien évidemment vous avez entièrement raison :

> le plus important étant de faire passer le TUE

I--- Ils (droite et ps confondu) se sont dépêchés de faire ce "sale boulot" en tout début de quinquénat, espérant que les Français qui sont sensés avoir la mémoire courte ,l'oublierait,

Puis ils ont mis en marche le cinéma de l'opposition, car fondamentalement, ils sont pour les réformes que N Sarkozy et Fillon ont lancées.

Je leur dirai donc à ces "opposants", que ce n'est pas aux vieux singes qu'on apprend à faire la grimace (je parle de moi) ;-))

Mais bon, je mets mon écoeurement dans ma poche avec un mouchoir par dessus, parce que j'ai décidé d'attendre l'évolution des vrais gauches.

J'ai écouté Marie Noelle Liennemann sur Bfm (radio), j'ai apprécié ses propos.

wait and see


67.Posté par josette le 14/05/2008 13:56
Post 66 : PAS MOI !

Par contre, je salue André CHASSAIGNE, aujourd'hui vedette de l'actualité, mais surtout élu particulièrement apprécié de la population dans ma région.
Sa personnalité est nettement plus attirante que celles citées par BA !

66.Posté par BA le 14/05/2008 10:40
Michel Sorin écrit : " Mais la politique n'est pas seulement le choix d'un oui ou d'un non. La réalité est un peu plus complexe. "

La réalité, c'est AUSSI faire des choix clairs.

La réalité, c'est AUSSI faire des choix simples.

Par exemple :

Qui, sur ce blog, serait volontaire pour rejoindre un " grand parti de toute la gauche " regroupant Pierre Moscovici, François Hollande, Elisabeth Guigou, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Jean-Marc Ayrault, Dominique Strauss-Kahn, etc. ?

Qui serait volontaire ?

65.Posté par Claire Strime le 14/05/2008 09:54
F.Hollande était le fondateur, avec SR, Mignard, Jouyet,...des transcourants, situés à la droite du PS, qui entreprirent, avec succès, de rocardiser l'essentiel du courant A (mitterrandistes). Il a voté Maastricht, le TCE, le TFUE (Lisbonne).
Ne pa sprendre position aurait consisté à s'abstenir sur le TFUE, c'eut été le minimum minimorum (bien que particulièrement hypocrite) d'1 prise de distance avec les ouiouistes européistes et 1 positionnement tactique pour l'avenir d'1 éventuelle ambition élyséenne. Mais non! Il a clairement choisi son camp (tout comme Delanoë d'ailleurs).
Les dirigeants ouiouistes arrivent aujourd'hui (on verra dans les mois qui viennent si la baudruche béarnaise se dégonfle) à se différencier sur 1 question de 3ème importance, des accords électoraux dans certaines élections avec le Modem (question qui peut-être ne se posera même plus si les Verts se remplument ou si NKM émerge comme principale opposante bourgeoise moderne à Sarko).

64.Posté par Elie Arié le 14/05/2008 01:48
Petit complément à ma contribution d'hier sur l' Assurance-Maladie:


Il faut préciser que ma contribution d'hier ne portait que sur les principes mêmes de la médecine socialisée et de la médecine régulée par la loi du marché: mais, quand on observe l'évolution de ce dernier, les choses n'en sont que plus inquiétantes.

En effet, quelle est la situation des assurances-maladies privées aux Etats-Unis?

Celles-ci, ayant pour but de faire des bénéfices, ont rationalisé les pratiques médicales: les médecins n'y sont plus payés à l'acte; ils sont tenus d'appliquer les traitements médicaux décidés par les assureurs; les assurés doivent suivre des "parcours coordonnés de soins", c'est-à-dire qu'ils ne peuvent consulter un spécialiste que si le généraliste le demande (et, bien souvent, un généraliste que si une infirmière le juge utile); leur liberté de choix du médecin est limitée aux seuls médecins travaillant pour la compagnie chez laquelle ils sont assurés.

Ainsi, ce sont les assureurs privés américains, et non l' État, qui ont mis fin aux dogmes archaïques du libéralisme médical français: liberté de choix, d'installation, de prescription et des honoraires.

Ils ont imposé une rationalisation des pratiques que l' État, en France, n'a jamais eu le courage d'imposer; les critères ne sont évidemment pas ceux qui sont conformes à l'intérêt général, celui de la santé publique: ce sont des critères de rentabilité financière; mais s'il s'avère que seuls les assureurs privés sont capables de rationaliser les pratiques médicales, ils l'emporteront inéluctablement sur les assureurs publics.

Ce ne serait là que la conséquence logique d'un demi-siècle de démissions de l' État en général, et de la gauche en particulier, face à tous les corporatismes du monde de la santé (qui ne sont pas que médicaux).

Je disais, dans ma contribution, que le système libéral privilégie la liberté, et le système socialisé l'égalité, mais ceci n'est vrai qu'au début; à terme, le système libéral sacrifie la liberté au profit: ainsi aurons-nous perdu, par démagogie et lâcheté, à la fois la liberté et l'égalité, ce qui n'est pas sans rappeler la phrase de Churchill à Chamberlain après Munich: "Vous avez accepté le déshonneur pour éviter la guerre; vous avez le déshonneur, et vous aurez la guerre".


63.Posté par la fourmi rouge le 13/05/2008 23:31
Bonsoir Tous et chère Laurane,

Mais j'ai essayé d'expliciter et cela a coupé.
Je n'ai rien dit de ce que tu me reprocherais dans ton dernier paragraphe. (?) J'ai dû mal m'exprimer....

1) je suis en phase à 1000% avec les propositions de Jean-Pierre : du premier mot, à la conclusion.

2) par là-même, avec ce que décrypte Michel Sorin

Voilà pour le fond.

3) la critique que j'ai formulée relativement à JLM, tient la route dans ce contexte.
Quand on se trouve dans un camp, avec toutes ses nuances ( pour ma par j'utilise plus particulièrement le mot "les gauches": ce n'est pas vraiment un choix dans la mesure où il s'agit d'un constat basic ), on ne casse pas la bicoque et faire ainsi le jeu de l'adversaire.
En ce sens, Mélenchon ne respecte pas son mandat. Il est au PS, pas dans la garrigue à butiner le pollen du thym !
JLM est incapable de régler le linge sale en famille, comme Cambadélis.

N'a tu pas remarqué à quel point l'électorat de gauche en a marre, marre, marre de ce type d'écarts. Des zéléfans à JLM.

J'ai essayé d'écrire et ce fut coupé :

Ne serais-tu pas outrée si Georges Sarre dans Le Parisien ou le Figaro (bonjour le choix des titres!) et sur le plateau de LCI, tapait comme un sourd sur JPC sous le prétexte d'une divergence les opposant tous 2 ?

4) "on" ne soutiendra personne.... (les unes et les autres dans nos diversités)
Si un terrain d'entente se dessine, "on" travaillera avec le (la) leader du PS, par force, puisque choisi(e) par les militants et l'appareil du PS.

Au moment du Programme commun, les communistes avaient choisi Mitterrand ? et inversement les socialistes avaient-ils opté pour Marchais ? Fabre ?


S'embarquer dans des questions de personnes de toutes façons, est une grosse erreur.
Sauf, le meilleur moyen de ne pas travailler au rassemblement des gauches, sur un projet !

PS:
tout à fait d'accord sur ton post 59

62.Posté par SORIN Michel le 13/05/2008 22:39
@ Laurane

François Hollande n'a pas de stratégie de gauche mais il pourrait s'y rallier dans certaines circonstances, pour des raisons d'opportunité. Nous sommes bien d'accord.

Dans son livre "En quête de gauche", Jean-Luc Mélenchon le présente en précurseur de la ligne "démocrate", dès 1984. Il reste inconditionnel de la construction européenne non réorientée mais il parle aussi de la nation.
J'observe qu'il a pris ses distances avec son mentor, Jospin, et qu'il se garde bien de prendre la moindre position de fond, car il sait, mieux que quiconque, que le PS est dans une impasse stratégique.

@ BA

Merci de rappeler ces infos que je connaissais. Mais la politique n'est pas seulement le choix d'un oui ou d'un non. La réalité est un peu plus complexe.
Voir ma réponse à Laurane.

61.Posté par josette le 13/05/2008 22:37
Entièrement d'accord avec Laurane, post 59

60.Posté par Elie Arié le 13/05/2008 22:11
"France puisqu'on a de très bons résultats en terme d'espérance de vie et de mortalité infantile."

Meilleurs que les Etats-Unis, moins bons que le Japon.
Mais, là, on change de débat: la médecine joue très peu dans l'espérance de vie (15% environ). Je crois qu'on s'éloigne du sujet que nous commentons ici.

59.Posté par Laurane le 13/05/2008 21:42
@ SORIN Michel

Merci pour tes précisions.
Mais si je pense qu'effectivement Hollande est opportuniste et diplomate, si je crois aisément qu'il ne cherchera pas à imposer une alliance au centre si jamais il sent que cela risque de faire exploser le PS, je ne lui fais aucune confiance pour le reste.

Je ne pense pas qu'il ait une "stratégie de gauche", qu'il veuille un "projet alternatif au libéralisme". Je t'accorde qu'il acceptera sans doute n'importe quel texte s'il le juge nécessaire. Mais ce sera comme le consensus du PS pour un référendum: il nous fera cocu à la 1ère occasion.

58.Posté par Laurane le 13/05/2008 21:07
@ Elie Arié

Si la situation n'a pas changé, je suis plutôt contente de vivre en France puisqu'on a de très bons résultats en terme d'espérance de vie et de mortalité infantile. Ce sont plutôt les Etats-Unis qui devraient s'inquiéter.

Sur l'argent que devrait recevoir la Sécu et qui ne lui est pas versé, il y a quand même un problème, si on en croit J. Duval, chercheur au CNRS:
"La Sécurité sociale est privée de certaines recettes qui devraient lui revenir....Ainsi l'Etat, mais aussi certains employeurs privés ne versent pas à la Sécurité sociale la totalité des cotisations qu'ils lui doivent."

Est-ce mes a priori? J'ai du mal à croire que c'est seulement un hasard si la gauche avait comblé le déficit,si la droite le creuse.
Pourquoi augmenter le revenu des médecins beaucoup plus que l'ensemble de la population (et beaucoup plus que le SMIC) si on se soucie vraiment du déficit?
Pourquoi restreindre systématiquement la lutte contre la fraude des employeurs alors que le conseil des prélèvements obligatoires considère qu'elle fait perdre entre 6 et 12 milliards à la Sécu?
Pourquoi exonérer de tout prélèvement social les stocks-options alors que la cour des comptes chiffre à 3 milliards d'euros la perte que cela engendre?

57.Posté par BA le 13/05/2008 16:03
Michel Sorin écrit : " Hollande communique et sent le vent. Fervent partisan d'une stratégie de centre gauche, il a pris ses distances avec les européistes, adoptant depuis quelque temps une posture républicaine. "

Mais non ! Au contraire, François Hollande a voté OUI au traité de Lisbonne le 7 février 2008, avec 121 autres députés PS européistes ! La liste des 121 européistes est à cette adresse :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0083.asp

Le è février 2008, François Hollande a voté OUI à un traité qui contient les articles suivants :

« Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres, et entre les États membres et les pays tiers sont interdites. »

Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne, Troisième partie, Titre IV, Chapitre 4, Article 63, page 93.

« Dans l'exercice des pouvoirs et dans l'accomplissement des missions et des devoirs qui leur ont été conférés par les traités et les statuts du SEBC et de la BCE, ni la Banque centrale européenne, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l'Union, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme. Les institutions, organes ou organismes de l'Union ainsi que les gouvernements des États membres s'engagent à respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres des organes de décision de la Banque centrale européenne ou des banques centrales nationales dans l'accomplissement de leurs missions. »

Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne, Troisième partie, Titre VIII, Chapitre 2, Article 130, page 136.

« Par l'établissement d'une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l'Union contribue, dans l'intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres. »

Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Cinquième partie, Titre II, Article 206, page 182.

http://consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/st06655.fr08.pdf

56.Posté par Claire Strime le 13/05/2008 13:47
Tant qu'il y avait le franc, ce déficit était "sain" car créant, d'1 manière tout à fait keynésienne, de la monnaie permettant la relance par la consommation, sans grand danger pour la compétitivité, étant donné qu'à l'époque on produisait français et importait-exportait relativement peu.

Avec le marché unique, Maastricht, le franc fort de Delors-Bérégovoy puis l'euro les choses sont différentes; comment supporter la concurrence d'1 salaire roumain ou slovaque à 300 euros (sécu comprise)?

Heureusement, le grand parti de toute la gauche va nous sortir de ce mauvais pas puisqu'il va adopter le programme suivant:

"Et d’ailleurs, je crois que nous pourrions aller plus loin sur certains aspects de notre texte d’orientation : je propose en particulier, au plan européen, que nous réclamions de revenir sur la primauté du droit communautaire sur le droit national ! J’entends que nous affirmions, aussi, à défaut d’une directive sur les services publics, que la France doit pouvoir faire jouer une clause d’opting out, c’est-à-dire refuser d’appliquer le droit européen pour préserver ses services publics ! Je revendique, que nous puissions suggérer, d’étudier, en tant que de besoin, les scenarii d’un retour aux monnaies nationales, quand les disparités de croissance, d’inflation, de commerce extérieur, rendent l’Euro particulièrement fragile, en même temps que son niveau nous pénalise gravement." (Georges Sarre, 4 mai 2008, CN du MRC, publié sur le site).

55.Posté par SORIN Michel le 13/05/2008 12:27
Réponses à Josette (51) et à Laurane (52).

1- Ne pas confondre "gens de gauche" et "stratégie de gauche".
2- Notre démarche lie strictement conquête et exercice du pouvoir.

La stratégie de gauche vise à rassembler l'ensemble de la gauche autour d'un projet alternatif au néolibéralisme, en mettant le peuple au centre du processus.

Une stratégie de centre gauche consisterait à faire des alliances avec le centre afin de réformer à la marge le système en place, les classes sociales privilégiées conservant la maîtrise du processus.

Au sein du PS, il existe parmi les dirigeants et l'ensemble des militants une capacité à se tourner vers l'une ou l'autre de ces stratégies selon les circonstances et l'influence d'une ou plusieurs personnalités.

Le cas de François Hollande est caractéristique. Il ne dit jamais où il veut aller, se ménageant habilement toutes les possibilités. C'est ce qui lui a permis de durer à la tête d'un parti verrouillé sur le fond par Jospin. Il se contentait de contrôler le quotidien.

Hollande communique et sent le vent. Fervent partisan d'une stratégie de centre gauche, il a pris ses distances avec les européistes, adoptant depuis quelque temps une posture républicaine. Je le crois capable, avec Stéphane Le Foll, de jouer un rôle décisif dans ce qui va se passer à gauche ces deux ou trois prochaines années.

François Mitterrand s'était mis en situation de rassembler la gauche et il a réussi à conquérir le pouvoir sous la Vème République, ce que personne d'autre, de gauche, n'a fait jusqu'à présent.

Une fois au pouvoir, il s'est heurté aux réalités économiques et financières et a choisi la fuite en avant européenne, pour rester au pouvoir.

Mitterrand n'avait ni la capacité d'analyse du capitalisme, ni les convictions politiques de Chevènement. Espérons que celui-ci aura la possibilité de mettre en oeuvre ses idées et de reprendre ce qui avait été amorcé au début des années 1980.

Michel Sorin







54.Posté par Elie Arié le 13/05/2008 09:34
@Lauranne

"D'après un message très intéressant qui avait été posté sur ce blog, si la part des taxes sur l'alcool, le tabac, les primes d'assurances, les industries polluantes, etc, destinée à la Sécu lui était versée, elle ne serait pas du tout déficitaire" C'est un hoax qui traîne depuis deux ou trois ans.

Lorsqu'un système doit faire l'objet d'un plan de "sauvetage du déficit" tous les 2,5 ans depuis 63 ans, on peut dire qu'il est structurellement déficitaire.

Pour le reste de votre post: non, la situation n'a pas changé, et l'originalité de notre AM reste de fabriquer 7 à 8 milliards d' € de déficit par an.

53.Posté par Laurane le 13/05/2008 01:14
@ Elie Arié

Je ne suis pas sûre que notre Sécu soit "structurellement" déficitaire. Après tout la gauche avait comblé le déficit (avec des excédents en 2000 - 2001).
D'après un message très intéressant qui avait été posté sur ce blog, si la part des taxes sur l'alcool, le tabac, les primes d'assurances, les industries polluantes, etc, destinée à la Sécu lui était versée, elle ne serait pas du tout déficitaire (sans parler des stock-options dont l'exonération de tout prélèvement social fait perdre 3 Milliards à la Sécu selon P. Seguin).

D'autre part, selon les données de l'OCDE pour 2004, la situation française n'avait alors rien d'atypique: la part des dépenses de santé dans le PIB y était de 10,5 (Allemagne: 10,6 - Royaume-Uni:8,1) pour une espérance de vie de 80,3 ans (All. : 78,6 - R-U :77,5) et une mortalité infantile de 3,9 pour 1000 naissances (All : 4,1 - R-U : 5,1).

Dans ces données que j'ai sous la main, ce sont les Etats-Unis qui faisaient figure de mauvais élève avec des dépenses de santé par habitants élevées (15,3) pour une espérance de vie plus faible que la nôtre (78,3) et une mortalité infantile relativement importante (6,9).
Je n'ai, il est vrai, pas de chiffres plus récents. La situation a-t-elle beaucoup changé?

52.Posté par Laurane le 13/05/2008 00:30
Merci, Michel Sorin, ton message, très intéressant, redonne un peu d'espoir (mais j'aimerais que tu précises ce que tu veux dire par "Hollande semble plutôt favorable à une stratégie de gauche", je ne suis pas sûre d'être d'accord).
Excuse-moi si j'ai paru injuste envers JPC. C'est vrai que j'avias oublié de l'indiquer, mais c'était plutôt à cette chère Fourmi rouge que je m'adressais, notamment dans mon dernier paragraphe.

51.Posté par josette le 12/05/2008 21:28
à Michel SORIN:

Un mot de votre discours me choque : " des personnalités attirées par une stratégie de gauche"
Vous vous placez donc uniquement dans l'optique de la conquête du pouvoir !
MAIS :
avant la conquête : il faut définir ce que l'on veut faire du pouvoir !
après la conquête : il ne faut pas oublier ce que l'on avait défini !

F. Mitterand avait choisi une stratégie de gauche pour conquérir le pouvoir. A-t-il ensuite gouverné à gauche ?

Les "personnalités attirées par une stratégie de gauche" n'ont rien à faire dans un véritable parti de gauche. Il y faut des gens de gauche tout simplement.

50.Posté par SORIN Michel le 12/05/2008 21:09
Réponse à BA (49 et 3).

Doit-on parler d'une ou de deux gauches ? Et, pourquoi pas davantage, car il existe, au sein de la gauche, comme au sein de la droite, beaucoup de sensibilités différentes.

Nous parlons de la gauche, car elle doit se rassembler pour gagner les élections nationales et gouverner le pays.
Certe, il existe des divergences profondes sur le libéralisme et l'orientation européenne, qui expliquent les votes différents en 1992 et 2005 (référendum) et cette année (Congrès).

En 2005, l'électorat de gauche a majoritairement voté NON et, lors de son congrès du Mans, en 2006, le PS a voté un texte affirmant qu'il tiendrait compte de cette orientation majoritaire de l'électorat de gauche.

Mais les dirigeants du PS, après la défaite de "leur" candidate à l'élection présidentielle, sont revenus sur cet engagement, prétextant que les conditions avaient changé, du fait de la victoire de Sarkozy, lequel s'était engagé à faire passer un mini-traité institutionnel.

Le PS est contraint de clarifier sa position sur l'Europe et, au-delà, sur la politique de l'Europe vis-à-vis de la mondialisation libérale, plus exactement, la globalisation.

S'il continue de ne pas s'y opposer et d'accepter la politique néolibérale des institutions européennes, il se coupe définitivement des couches populaires et devient un parti de centre gauche, démocrate, prêt à gouverner avec le centre de Bayrou et une partie de la droite, contre la gauche populaire et antilibérale.

L'autre choix, c'est un projet républicain, social, écologique et culturel, associant l'ensemble des forces de gauche, celles qui le veulent bien, pour réorienter la politique économique en France et en Europe.

Cela signifie que la politique du NON doit prendre le dessus sur celle du OUI, dans le cadre du rassemblement de gauche, avec l'appui du peuple français.

Nous avons du pain* sur la planche pour réaliser cette refondation historique de la gauche, mais ce n'est pas impossible et c'est passionnant !

* voir mon blog (11 mai), à propos de pain...

Michel Sorin

49.Posté par BA le 12/05/2008 18:55
Michel Sorin écrit : " Nous pensons que la solution est la refondation de la gauche sur des bases républicaines. "

Je pense qu'il y a une petite erreur dans cette phrase : " Nous pensons que la solution est la refondation de la gauche sur des bases républicaines.

A mon avis, la gauche, ça n'existe plus.

Aujourd'hui, dans la France de 2008, il y a deux gauches incompatibles :

1- La gauche qui a voté OUI en 1992, en 2005, en 2008.

2- La gauche qui a voté NON en 1992, en 2005, en 2008.

Vouloir une refondation de la gauche sur des bases républicaines est donc voué à l'échec.

Vouloir le mariage de la carpe OUIste et du lapin NONiste est donc voué à l'échec.

48.Posté par Elie Arié le 12/05/2008 16:26
Bon, j'en reviens à la santé, que je vois apparaître pour la première fois dans un "discours fondateur", et qui semble enfin sortir de son statut de sous-dépendance purement technique (un secrétariat d' Etzet, en général confié à un médecin) de la Protection Sociale.

Si notre Assurance-Maladie est structurellement déficitaire, contrairement à celle de la plupart des autres pays (celle de l’ Allemagne est excédentaire pour la 3 ème année consécutive…), alors que :

- nous dépensons beaucoup plus que la plupart d’entre eux pour notre système de soins (11,5% du PIB),

- elle ne prend en charge qu’environ 50% du total des dépenses réelles consacrées aux soins( beaucoup moins que la plupart des autres),

- avec des résultats moins bons, tant socialement (moindre prise en charge des dépenses, on l’a vu) qu’économiquement (déficit chronique) et médicalement (nos résultats sanitaires ne sont pas pour autant meilleurs qu’ailleurs),


c’est parce qu’elle s’est fixée, dès le départ, un objectif impossible à atteindre : financer socialement une distribution de soins régulée par la demande (chacun va consulter qui il veut, quand il veut) et l’offre (chacun prescrit ce qu’il veut, à qui il veut) totalement libres.

S’il existe un contrôle des prix (tarifs des consultations, prix des médicaments) d’ailleurs de plus en plus lâche, il n’existe aucun contrôle des volumes, d’où un déficit chronique : depuis sa création, notre Assurance-Maladie fait l’objet d’un plan de résorption des déficits en moyenne tous les 2,5 ans (le premier datant de…1946).

Car, aujourd’hui, les possibilités de la médecine curative, préventive et de dépistage sont pratiquement illimitées, et personne ne sait financer des prestations illimitées. Celles-ci sont, toujours et partout, limitées par les capacités de financement, et il existe, en gros, deux grands systèmes, le système libéral et le système socialisé (aucun pays développé n’ayant adopté l’un ou l’autre, à l’exception du Québec où il est totalement socialisé ; la plupart ont des systèmes mixtes, avec des proportions variables de libéralisme économique et de socialisation) :

1- Dans un système totalement libéral, chacun (assurés et professionnels de santé) fait ce qu’il veut ; mais les prestations sont limitées par les possibilités financières de chacun (qu’il s’agisse de paiements directs ou de souscription d’une assurance privée : ça revient au même), car personne ne peut consacrer 100% de ses revenus à se soigner ; le rationnement s’opère selon les revenus de chacun, et la distribution des soins est inégalitaire ;

2- Dans un système socialisé, que chacun finance en proportion de ses revenus, c’est l’ Etat qui doit fixer la part du budget qui doit être consacré au système, car personne ne peut consacrer 100% de ses revenus à des prélèvements obligatoires destinés au système de soins ; les soins doivent être alors limités non pas par les revenus de chacun, mais par des critères médicaux d’utilité et d’efficacité médicales, les mêmes pour tous : la distribution des soins est alors égalitaire.

Le premier système privilégie la liberté, le second l’égalité.

Mais aucun ne peut, comme nous prétendons le faire, socialiser des dépenses régulées par la loi de l’offre et de la demande : il n’y a alors plus aucun frein à la consommation, le déficit devient inéluctable, et, avec lui, la privatisation, déjà bien entamée ; faute d’accepter une discipline collective, nous nous acheminons vers un système à l’américaine : des assurances complémentaires de moins en moins complémentaires, de plus en plus inégalitaires, avec une Sécurité Sociale qui ne sera plus qu’un filet de couverture minimale pour les plus pauvres, et des « travailleurs pauvres » qui risquent d’être totalement exclus du marché de la santé (trop pauvres pour l’assurance privée, pas assez pauvres pour le système public).

"Je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas avoir nationalisé la médecine" François Mitterrand, après son 2ème mandat.


47.Posté par SORIN Michel le 12/05/2008 14:39
Je m'adresse à Laurane, la fin de son commentaire (45) étant, me semble-t-il, déconnectée de la réalité.
Le MRC a soutenu la candidate du PS à l'élection présidentielle sur la base d'un accord politique et d'un accord électoral avec le PS.
Compte tenu du résultat du 6 mai, il n'en reste rien aujourd'hui.
Nous pensons que la solution est la refondation de la gauche sur des bases républicaines.
Jean-Pierre Chevènement est intervenu à Choisy-le-Roi le 5 mai, à la demande de Gauche Avenir, afin de présenter la démarche du MRC. Il y avait aussi Benoît Hamon.
Ces échanges sont positifs et préparent de nouvelles alliances, qui pourraient mener à la refondation de la gauche, mais nous n'en sommes pas là.

Le basculement du PS du côté de la refondation sera possible à partir du moment où il apparaîtra que les deux présidentiables Delanoë et Royal n'ont pas de majorité pour gouverner le PS. Leur entente étant impensable, ils devront chercher des alliés.
La recomposition pourrait alors se faire autour des idées de refondation portées actuellement par Gauche Avenir et le MRC, Benoît Hamon étant capable de faire le lien avec le reste de la gauche du PS et d'autres personnalités plus attirées par une stratégie de gauche que de centre gauche (recoupant les clivages entre Fabius et Jospin, mais aussi entre Royal et Delanoë).
Le courant Strauss-Kahn est en voie d'éclatement et Jospin est de plus en plus actif auprès de Delanoë, ce qui va réduire la capacité d'attraction de ce dernier.
François Hollande aura le rôle décisif et il semble plutôt favorable à une stratégie de gauche.
Jean-Luc Mélenchon est effectivement marginalisé au sein du PS mais il sera le lien avec le PCF et la gauche antilibérale.
A mon avis, ce n'est pas rêver que de croire à une refondation de la gauche dans les deux ou trois prochaines années.

46.Posté par Elie Arié le 12/05/2008 01:27
N'en croyez rien, Hélène: je n'ai jamais été aussi pessimiste sur l'avenir.

Mais les causes sans espoir sont les seules qui méritent qu'on s'engage pour elles, non? Les causes gagnantes n'ont pas besoin de nous.

45.Posté par Laurane le 12/05/2008 00:36
Entièrement d'accord avec Josette cette fois encore (sauf peut-être pour Emmanuelli).

Après l'élection de Sarkozy je m'étais dit cette fois j'adhère au PS. Mais je me sens trahie par ce parti qui semble se refuser à jouer pour de vrai son rôle d'opposition. Je suis reconnaissante à Mélenchon et Emmanuelli de ne pas suivre leur parti dans cette voie, d'être clairs dans leur critique de la politique gouvernementale, de participer aux manifs, etc. Pour moi, c'est eux qui font preuve, chacun dans leur style, de loyauté à l'égard du socialisme, et certainement pas Valls, Moscovici, Royal,etc.

J'en veux beaucoup au PS par exemple de leur hypocrisie, lors du Congrès: on s'abstient parce qu'on veut un référendum, mais on ne va sûrement pas voter contre.
J'ai adoré Emmanuelli, qui tapait fort sur cette attitude, par ex dans l'interview qu'il a donnée à Libé.
J'ai adoré l'énergie que Mélenchon a déployée contre ce piétinement du vote des Français.

Alors c'est vrai, Mélenchon a le don de mettre les pieds dans le plat. Il est irritant, il se fait plein d'ennemis, mais il est vivant, stimulant. On n'a pas l'impression qu'il est sans arrêt en train de soupeser chaque mot pour ne pas déplaire, et ça fait du bien.
Evidemment, j'aime le beau Benoît. Mais il a le défaut inverse de Méluche. C'est sans surprise, un peu trop lisse, trop convenu.
Ceci dit, je trouve qu'il nous faut les 2, des beaux Benoît pour nous caresser dans le sens du poil et des enfants terribles pour nous secouer.

Reconnais quand même que les clivages internes au PS n'ont rien d'obsolètes, qu'ils sont de plus en plus criants et qu'il serait désolant que l'aile gauche du PS se la boucle, alors qu'on doit supporter les discours de socialistes trouvant que ce n'est pas si mal, les "réformes" de Sarkozy.

Franchement, ça m'inquiétait déjà que JPC veuille un grand parti de toute la gauche sans ajouter ausitôt qu'il fallait parallèlement chercher à rassembler les courants critiques à l'égard de la dérégulation, les courants qui militent pour une réorientation de la construction européenne; les amener à construire ensemble une vraie alternative et une stratégie commune pour mieux se faire entendre.
Mais si en plus il s'agit de soutenir Royal en sommant Mélenchon de fermer sa trop grande gueule, ce sera sans moi. Là, je me demande si je ne vais pas plutôt adhérer à PRS.

44.Posté par la fourmi rouge le 11/05/2008 23:16

Je partage pleinement l'avis d'helene.

Extra votre post 42, Elie Arié.


PS : j'ai encore semble-t'il des problèmes d'ordi et internet. A+

43.Posté par helene le 11/05/2008 22:56
A Elie

Le printemps vous va bien.
C'est vraiment motivant de vous voir combatif.

42.Posté par Elie Arié le 11/05/2008 15:59
"Le problème est aussi que JPC va retrouver 1 PS dans 1 bien pire état que celui où il l'avait laissé il y a 15-20 ans" (Claire Stream).

Oui, et...?
Le pessimisme ne doit pas conduire au fatalisme ni à la résignation, et ce n'est pas parce qu'une stratégiesemble impossible qu'il ne faut pas s'y atteler, si on n'en trouve pas d'autre... (de Gaulle le 18 Jui, et toussa...).

41.Posté par la fourmi rouge le 10/05/2008 11:29
oups un dératé : ma dernière phrase est tronquée.


....si G;Sarre publiquement ... sur LCI ou i

40.Posté par josette le 10/05/2008 09:31
à Fourmi rouge :

Rapidement, car je pars pour la campagne (sans Internet).

NON, je ne sais rien de "la remise en question idéologique" d'Emmanuelli, mais j'aimerais savoir.

OUI, j'ai attendu, j'attends encore que Hollande, Jospin fassent "leur devoir d'inventaire"...

Hamon: il est neuf et c'est heureux. Mais "chat échaudé..." : les électeurs de base comme moi, ont ,profondément ancrée , la crainte d'être trahis ;donc..."wait and see"...

Mélenchon : j'ai assisté à un meeting près de chez moi au moment du NON ; J.L.M. a de la présence, de la conviction et du charisme .
Vous lui reprochez "son manque de loyauté" à l'égard de son camp" ; peut-être lui-même s'est-il senti trahi...de l'intérieur, dans ce PS qui a rompu toute vraie relation avec le peuple !

Allez ! Bon week-end ! A plus...!

39.Posté par la fourmi rouge le 10/05/2008 00:54
Vous avez sans doute raison Josette pour Emmanuelli, mais savez-vous toute la remise en question idéologique qu'il est en train d'effectuer "cet homme du passé ?
On attend toujours que des Jospin, Hollande ...fassent leur devoir d'inventaire sur "leurs années au pouvoir" :
la gauche eût gagné un temps précieux s'il avaient eu cette force et honnêté intellectuelle !
On aimerait que d'autres du PS à ATTAC remettent en cause autant des analyses qui leurs paraissaient évidentes des années durant.

*

Je ne comprends pas bien votre logique de raisonnement:

vous parlez de l'homme du passé d'un côté, et pour B.Hamon il est trop neuf !?

*

Vous ne me répondez pas sur le défaut majeur de J.L.Mélenchon, qui lui amène des critiques vives de beaucoup de militants et électeurs de gauche :

son manque de loyauté à son camp (les exemples pleuvent) et le non respect de son mandat au PS.

Personnellement, je serais très choquée si publiquement Georges Sarre tapait et salissait dans le Figaro, Le Parisien ou sur les plateaux de LCI, ou i

38.Posté par josette le 09/05/2008 23:15
Merci à vous, Hélène, de partager des idées avec moi !

Pour votre question :"Y'a-t-il danger à exprimer ouvertement les divergences de vues des gauches ?"
Ces divergences existent : il faut les mettre sur le métier, faire un travail d'analyse, puis de synthèse afin de trouver une voie commune.
C'est ce que propose, je pense, J.P.C. avec ses Forums de l'unité"
Ce travail doit être fait ""en interne"

La synthèse finale sera présentée aux électeurs, exprimée par le leader choisi.
Enfin, c'est ainsi que j'imagine les choses ...


à Fourmi rouge : Emmanuelli---digne et courageux trésorier du PS--- est sympathique, mais c'est un homme du passé.

Hamon : il est jeune et sympathique aussi. Il devra prouver qu'il est vraiment de gauche, les dirigeants du PS ayant une propension phénoménale à virer à droite lorsqu'ils sont au pouvoir---l'électorat populaire s'en souvient !

37.Posté par la fourmi rouge le 09/05/2008 12:03
oui Josette, vous avez raison.

Mais il n'a pas "l'esprit de parti", ou si vous préférez "une loyauté" minimale que l'on est en droit d'attendre d'un mandataire du PS.

Il est paraît-il responsable du parti socialiste, .....mais sans tenir compte des responsabilités qui sont les siennes !
Aussi commet-il de sacrées bavures.

*

Henri Emmanuelli est quand mêrme une autre pointure.
Ou Benoît Hamon que j'apprécie.
Ils essaient le plus possible malgré leurs divergences de fond, de concilier avec les contraintes de leur organisation, et leurs responsabilités vis à vis de l'électorat populaire qui vote courageusement encore à gauche !!!

36.Posté par helene le 09/05/2008 09:15
A Josette,

32 ou l'art de la clarté :

C'est la synthèse de ce que je pense, mais que j'exprime maladroitement à travers plusieurs contributions.

"Mais il devra se confronter à l'hétérogénéité de la gauche"

Y a t-il danger à exprimer ouvertement les divergences de vues des gauches,
tout en disant que seule la volonté de concession est la marque de l'intelligence pour aboutir à un projet gagnant pour les Français ?

Trop "bleue" pour envisager une réponse, mais l'opinion publique, elle, se mélange un peu les pédales ...

33.

Eh bien oui, j'ai toujours considéré Mélenchon comme authentiquement de gauche. Un peu outrancier quelques fois ;)) mais un vrai défenseur du peuple et de la France.





35.Posté par Claire Strime le 09/05/2008 08:52
"pense la stratégie de JPC visant à peser sur le cours du débat à gauche est la seule possible aujourd'hui, pour 4 raisons : (...)
4-Enfin je persiste à penser qu'un MRC dans un parti confédéral de gauche aura plus de poids qu'un clan qui subi à chaque élection la vindicte du PS. Il suffit de regarder le nombre d'élus d'un courant du PS (même le plus faible) par rapport à celui du MRC... " (EA)

Le problème est aussi que JPC va retrouver 1 PS dans 1 bien pire état que celui où il l'avait laissé il y a 15-20 ans...Les militants du PS sont encore moins enracinés dans le peuple qu'à l'époque Mitterrand (où déjà...), ils ne sont certes pas tous et toujours des bellicistes occidentistes acharnés, mais en cas de coup dur, il suffira d'1 peu de propagande à la Jamie Shea et d'1 ration d'humanitaire (ils trouveront 1 remplaçant à Kouchner trop usé pour le job) pour que tout cela fasse d'excellents petits euroatlantistes prêts à marcher au pas.

34.Posté par Claire Strime le 09/05/2008 08:35
"Post 10 - "Les ouvriers blancs ils sont où ?"
Avec l'ère Mitterrand, ils avaient fui au FN parbleu ! ET aux dernières élections, ils ont, pour nombre d'entre eux, voté Sarkozy ! (ils doivent déchanter....) "
(josette)

en tout cas ils ne sont pas dans les sections du PS...

33.Posté par josette le 09/05/2008 08:14
J.L.Mélenchon :
Je le crois être un authentique homme de gauche----ce que l'on ne saurait penser de nombre de membres du PS---- doté d'une expérience et d'une véritable culture politique.

Pour se rassembler, la gauche devra s'efforcer d'envisager les éléments POSITIFS des situations et réunir TOUS les TALENTS.

32.Posté par josette le 08/05/2008 23:19
Il faut distinguer, à gauche :
- les Etats-Majors des Partis
- l'électorat populaire qui, en majorité écrasante, N'APPARTIENT à AUCUN PARTI.

Les Etats-Majors ont de graves DIVERGENCES :
- le OUI et le NON
- l'idée de nation
- le réformisme et la révolution
- d'autres encore, sans doute ....
- Le PS, en outre, connaît de graves dissensions internes

L'électorat populaire :
-espère un(e) leader(e) charismatique---- Ségolène a montré qu'elle l'était, attirant particulièrement les JEUNES.
- ce(tte) leader(e) devra résoudre les contradictions et divergences des Etats-Majors : il devra proposer clairement une voie susceptible d'être adoptée par tous les partis de la gauche, susceptible aussi de répondre aux attentes de l'électorat.----Ségolène avait réussi à rassembler à gauche ( l'électorat qui lui a manqué ne se situe-t-il pas
)plutôt au centre ?-Gracques...etc )

Pour éclairer cette voie, le discours de J.P.Chevènement est primordial. Mais il devra se confronter à l'hétérogénéité de la gauche.

Post 10 - "Les ouvriers blancs ils sont où ?"
Avec l'ère Mitterrand, ils avaient fui au FN parbleu ! ET aux dernières élections, ils ont, pour nombre d'entre eux, voté Sarkozy ! (ils doivent déchanter....)

31.Posté par la fourmi rouge le 08/05/2008 18:12

Vous parlez d'or, Michel Sorin.


Il faut s'enfoncer dans le crâne ce postulat, qui est en fait ... un théorême puisque démontré !

Les dirigeants de la LCR, quoiqu'il advienne, vondront conserver leur autonomie totale ( se compter comme ne pas faire d'alliance sauf ici où là très localement, ni aller au pouvoir ).

Mais comme je le disais, ils rêvent doucement....

Si un parti de masse, ayant vocation à accéder au Pouvoir, émerge et est effectivement "attractif", la ligue perdra ses électeurs venus par dépit, écoeurés de l'état du PS comme du PCF actuels.
Elle reviendra alors à son étiage de 1,5% comme LO.

30.Posté par SORIN Michel le 08/05/2008 15:58
Avec Hélène, à propos de l'article des dirigeants de la LCR dans Le Monde, je partage le constat de la clarté du texte.
Mais la simplicité des idées cache un piège pour la gauche, celui de la coupure mortelle entre une gauche anticapitaliste qui n'aspire pas à gouverner et une gauche gestionnaire du capitalisme qui n'aspire pas à le transformer.
Bensaïd et Johsua se régalent au spectacle d'un PS s'éloignant de toute vélléité révolutionnaire, et ils pensent que ce sera bénéfique à la LCR.

L'intérêt de la démarche de Jean-Pierre Chevènement, c'est de rechercher les conditions à réunir par la gauche pour gagner et, ensuite, gouverner à la satisfaction du peuple français.

Le meilleur moyen est qu'elle se rassemble pour définir la stratégie et le projet politiques. La gauche a besoin de tous, dans la complémentarité des parcours et compétences, pour relever le défi du pouvoir durable en France et en Europe.

Il est clair qu'en France, comme en Europe, la gauche est en fin de cycle. Elle n'a pas su se renouveler. Elle doit le faire en étant fidèle à elle-même et en étant crédible pour s'attaquer aux problèmes de ce début de 21ème siècle.

La motion du MRC et le texte que nous commentons sur ce blog sont une bonne base de discussion dans la perspective de regénérer la gauche. Le PS n'est pas monolithique. Ses militants se posent des questions et aspirent à sortir de l'impuissance à conquérir le pouvoir d'Etat. En rejoignant Jean-Pierre Chevènement et le MRC, en soutenant sa démarche, nous pouvons jouer un rôle utile.

29.Posté par la fourmi rouge le 08/05/2008 15:15



Totalement d'accord sur votre point 4 en particulier, Elie Arié.
On revient à la case départ du MDC.

28.Posté par Patrice le 08/05/2008 14:30
La démarche proposée par JPC est excellente et digne.
Sur la méthode, la question est de savoir comment déboucher sur un projet de gouvernement, rassembleur et en rupture avec les règles de la mondialisation politique, économique, sociale et financière.

JPC et le MRC disposent de contributions pertinentes (à l'instar du dernier discours de Choisy) sur les grands axes de la politique à mener.
Nous sommes outillés pour l'Elysée :-). Dans les futurs forums de l'unité, les républicains devraient disposer d'un support plus "Matignon" qu'Elysée". S'il pouvait être réalisé par un collectif pluraliste d'économistes, poltiques, experts...il serait un atout puissant pour faire adhérer à cette voie de progrès.

27.Posté par helene le 08/05/2008 09:55
Bonjour à tous,

Un excellent article hier sur le site du monde :

" Requiem pour un socialisme défunt, par Daniel Bensaïd et Samuel Johsua"

http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2008/05/07/requiem-pour-un-socialisme-defunt-par-daniel-bensaid-et-samuel-johsua_1042037_3232.html

Tous les arguments pour éclairer sur la réalité de ce qu’est le parti socialiste d’aujourd’hui y sont.

C’est simple, concret et à la porté de tout un chacun.

C’est à mon avis une priorité pour le mouvement des gauches, en se servant de cette analyse, de clarifier cet état des choses,

Bien évidemment, il est important de le faire sans acrimonie, mais il faut que par cette clarification, les électeurs puissent mieux comprendre ce qui différencie le ps de ce que j’appelle la gauche.

Je suis tout à fait sûre que c’est par là que tout commence, et donc par là, que la concrétisation du mouvement se fera aux yeux des Français.

26.Posté par Elie Arié le 07/05/2008 21:23
Michel Sorin a raison, on s'égare; revenons au MRC, à Chevènement, et à la stratégie qu'on peut deviner derrière ce discours que nous commentons ici.

Je pense la stratégie de JPC visant à peser sur le cours du débat à gauche est la seule possible aujourd'hui, pour 4 raisons :

1- JPC conserve une audience réelle dans l'opinion et surtout à gauche, où c'est voix qui compte (la dernière campagne l'a montré) pour ceux qui l'apprécient comme ceux qui le haïssent (et il y en a...);

2- L'état du PS, le désarroi des militants (dont on parle peu mais qui est très profond, surtout depuis les pantalonnades "participatives"), l'absence de vrai leader incontesté pour 2012 rendent la situation mouvante donc ouverte;

3- Le débat d'idée va forcément s'ouvrir dans les mois qui viennent au delà du choc des ego qui ne peut que continuer. dans ce domaine, JPC a des arguments faire valoir car lui, au moins, a des idées ;

4-Enfin je persiste à penser qu'un MRC dans un parti confédéral de gauche aura plus de poids qu'un clan qui subi à chaque élection la vindicte du PS. Il suffit de regarder le nombre d'élus d'un courant du PS (même le plus faible) par rapport à celui du MRC...

Bref, Il reste sans doute encore une ou 2 cartouches (mais pas beaucoup plus, certes...), et je fais confiance au Che pour ne pas les gaspiller.

25.Posté par la fourmi rouge le 07/05/2008 21:13
non Laurane, sûrement pas.

aucune diffamation :
Je rapporte des propos de naunautes sur son blog durant la campagne, ou sur le site de libé...Et que Mélenchon après avoir tapé comme un sourd sur la madone, fut effaré des conséquences auprès de certains militants PRS, auxquels il conseilla dès avant le premier tour, d' "au moins" voter PCF.
Je lui en veux pour cela. Il agit comme Cambadélis au même moment.

Mais bon c'est le passé.

*

Mais ai-je parlé de personnes sincères et engagées comme toi ?

*

Par ailleurs, je ne "vends" rtien :
j'essaie de faire des constats et d'analyser...
Vois mon post précédent (s'il est passé) d'avant 21h

Bien amicalement.

24.Posté par helene le 07/05/2008 20:51
A Laurane

"S'allier avec elle pour pouvoir la critiquer? Est-ce la meilleur stratégie? Le fait même de s'allier à elle, n'est-ce pas une façon de dire qu'elle est plutôt bien, qu'on peut construire un vrai projet avec elle, qu'on est d'accord sur l'essentiel? Et puis, si on prend l'exemple du gouvernement Prodi, l'Union a surtout eu pour effet de paralyser l'opposition de gauche, qui ne voulait pas critiquer un gouvernement "ami".
----------------------------------------------------------------------------------------

> C'est juste.

> C'est pourquoi aujourd'hui la priorité est de créer ce grand mouvement de gauche, avec un appel puissant vers les Français.

> Pour moi, ceux-ci sont totalement zappés autant par le ps que par l'UMP.

> Il faut vraiment que le peuple comprenne à travers toutes interventions, qu'il n'est plus seul face à deux machines infernales ;

> mais pour qu'il le comprenne, il est primordial qu'il n'entende pas que quelques voix qui s'élèvent, mais qu'ils sentent la lame de fond.

> Qui saura faire passer le courant ? je ne sais pas.

Mais quoiqu'il en soit, je ne pousse aucun pion, vous pouvez m'en croire.

J'avais juste l'impression que Ségolène Royal avait un certain charisme, ceci étant, il y en a d'autres que je ne vois pas et qui peuvent éclore du jour au lendemain.

Je le souhaite.

Pour les alliances, il est souhaitable de prendre son temps,
je verrais plus un intérêt à ce que les quelques personnes qui se sont rassemblées lundi dernier servent d'aimant.

23.Posté par la fourmi rouge le 07/05/2008 20:45
Bonjour Laqurane,

Oui oui je t'avais lue, j'avais répondu sur l'autre forum, mais ce n'est pas passé : depuis plus d'un mois j'ai des problèmes d'ordi et d'internet.

*

Tu sais, je te rejoins sur le fond, pour l'essentiel, bien sûr.

Mais est-ce l'âge (bientôt retraitée) ?, l'usure (38 ans de militantisme autant politique que syndical dont étudiant) ?...

Je pense que c'est aussi parce que progressivement (le syndicalisme m'y a aidée ... mais il est par essence réformiste, il faut l'avouer) je fonctionne au plus près des réalités du terrain, tout en essayant d'avoir en tête la mondialisation et autres pieuvres.

Les intellos, militants politiques, bien souvent de formation supérieure, et assez éloignés des problèmes de fins de mois par exemple, ballaient trop vite d'un revers de manche ce qui leur apparaît subalterne et qui est le quotidien des classes populaires, et mêmes des cadres de plus en plus précarisés.

Les électeurs de gauche demandent, que dis-je ? supplient que les leaders arrêtent leurs conflits idéologiques lorsqu'ils coupent les cheveux en 4, et mettent des préalables à tous propos, pour qu'ils reviennent enfin à l'essentiel :
eux, le peuple.
Je n'ose parler des questions d'ego insupportables, de la part de ces responsables de la situation actuelle au même titre que ceux de l'UMP, et qui refusent toute auto-critique et bilan des années où ils ont sévi au Pouvoir ! toutes tendances confondues, leur surestimation de soi, les rend imbuvables.


*

Si un parti à vocation majoritaire ( sûr, pas pour moi et mon mari : 2 revenus de cadres ! ... mais j'en reviens à ceux qui tirent la langue et survivent) est attractif c'est qu'il sera justement fort différent du PS actuel.

Et il faut s'accrocher à un travail sur le long terme, sans faiblir.

Des 2 côtés il y aura des morts et des blessés, oui.

Exemple déjà caractéristique dans ce parti socialiste multi-courants :
Je note le silence assourdissant de Fabius, de Mélenchon (abstention seulement) et d'Henri Emmanuelli sur "les principes" du PS qui sont passés comme une lettre à la poste.
Pourquoi à ton avis ?

Un jour j'écrivais pour concrétiser ma pensée :
OLMERT et ABBAS malgré tout ce qui les séparent, continuent de négocier. Et leur chemin est encore long avant d'aboutir.

Mais faut vouloir. Et être particulièrement opiniâtre.

Amicalement,
et BIZ à vous aussi helene.

22.Posté par BA le 07/05/2008 19:48
@ 14

Michel Sorin écrit : " Ne faisons pas une fixation sur Ségolène Royal. Elle n'est pas majoritaire au PS "

La dernière fois que les membres du PS ont voté, ils ont voté pour Ségolène à une très forte majorité. Je reviens encore et toujours à l'existence des deux gauches incompatibles :

1- La gauche qui a voté OUI en 1992, 2005, 2008. Pour mémoire, 121 députés du Parti Socialiste ont voté OUI au traité de Lisbonne le 7 février 2008 à l'Assemblée Nationale.

2- La gauche qui a voté NON en 1992, 2005, 2008. Pour mémoire, 25 députés du Parti Socialiste ont voté NON au traité de Lisbonne le 7 février 2008 à l'Assemblée Nationale.


21.Posté par Laurane le 07/05/2008 19:29
Dis-donc, Fourmi rouge (13), c'est du 56ème d° ou c'est carrément de la diffamation?
J'ai fréquenté le blog de Méluche pendant la campagne présidentielle et, autant que je me souvienne, il a été le plus virulent des socialos contre Bayrou, virulence dont il était loin de se départir contre Sarkozy.
Eh! ce ne serait pas plutôt ta ségolène qui voulait s'allier avec le Béarnais?

Me voilà donc sidéré, chère Fourmi rouge. Au nom du rassemblement, tu cherches désespérément à nous vendre les mérites de Ségolène, et tu t'attaques d'une façon aussi malhonnête à Mélenchon. C'est parce qu'il est trop proche? il prend des parts de marché à JPC peut-être? c'est là le péché capital, celui qui ne peut être pardonné, qui rend fondamentalement impossible tout travail en commun sans doute.

Ben tu vois, ça, ça me déprime. Là, je me dis que la gauche est vraiment mal barrée si même une fourmi aussi sympathique tombe dans ce travers...

20.Posté par Laurane le 07/05/2008 19:01
Bonjour Fourmi rouge,

As-tu lu ma réponse, sous le banquet républicain (sinon c'est pas grave hein je vais sans doute me répéter).

On ne peut plus décemment toujours, en tournant en rond, se contenter d'être toujours minioritaires...2%...7%....10% peut-être plus pour ce die Linke ?


On ne peut pas non plus raisonner uniquement en terme de victoire aux présidentielles en n'accordant aucune attention à la bataille des idées. Sans se soucier d'instaurer un vrai contre-pouvoir face aux attaques qui nous sont faites. En oubliant aussi les Européennes, où il serait particulièrement ridicule de s'allier au "courant européiste qui s'est manifesté récemment par l'approbation du traité de Lisbonne", et de ne pas chercher à rassembler le non de gauche. Et c'est quand même ça, les prochaines élections.

en dehors des vrais de vrais, combien de déçus du PS pour ne pas voter pour ce PS que l'on connaît ?


Beaucoup, notamment dans ceux qui ne sont pas des "vrais de vrais", qui ne s'intéressent pas plus que ça à la politique, qui en viennent à penser que l'UMP et le PS, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Dans ma ville, les voix d'extrème-gauche, qui aurait permis au candidat socialiste d'être élu, se sont perdues dans la nature. Et je suis sidérée, alors que j'aurais eu tendance à penser comme toi, par le nombre de personnes que je connais qui n'ont pas voté pour ce candidat PS, me rétorquant qu'elles en ont marre du chantage "il n'est pas vraiment de gauche mais il faut voter pour lui car les autres sont pires".

Un parti socialiste (ou autre) attractif qui apparaît dans le paysage politique et pchitt ! la ligue revient à son étiage.


A mon avis, si tous les autres partis participent à un gouvernement à dominante social-démocrate menant une politique de régression sociale, ça fera au contraire monter la ligue- et surtout les droites les plus moches si on en croit l'expérience italienne.

qt[ Il faut se poser 2 grosses questions :
- quel outil efficace construire pour le "peuple [de gauche"] ?
- comment rassembler toutes les gauches ?

.....sur un projet . ]qt

Entièrement d'accord pour la 1ère question et pour le projet. Mais tu sais que pour moi, c'est là que le bât blesse. Un des problèmes du PS, qui l'empêche de proposer un projet intéressant, qui le fait apparaître parfois comme complice de la démolition sociale, c'est qu'il est complètement hétéroclite, que certains de ses membres sont toujours prêts à dire que les "réformes", sur le fond, c'est très bien, et qu'étant trop divisé, le PS ne peut parvenir à proposer une alternative.
Alors le rassemblement de gens qui n'ont ni la même vision du monde ni les mêmes objectifs, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose.

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