Carnet de Jean-Pierre Chevènement

Un attentat contre la démocratie et un contresens historique



Il y a six ans, le peuple français rejetait par 55% des voix le projet de Constitution européenne. Il voyait clair.

Le traité de Lisbonne, voté en 2008 par la majorité UMP appuyée par une majorité de parlementaires socialistes a repris la substance du projet constitutionnel. Cette forfaiture à l’égard du Peuple français s’est doublée d’une erreur majeure : quand quelques mois plus tard, la crise fut venue, l’Europe se trouva fort dépourvue.

La crise financière touche aujourd’hui le système de l’euro. Cette crise était contenue dans le vice de conception initial. Le traité de Maastricht a méconnu la réalité irréductible des nations en voulant leur imposer le carcan de la monnaie unique. Celle-ci était une mauvaise réponse à la réunification allemande. Le mark-bis qu’est l’euro convient à l’Allemagne. Il ne convient pas aux autres pays européens. Le traité de Lisbonne a persévéré dans l’erreur. On le constate aujourd’hui : l’attentat contre la démocratie a été doublé d’un contresens historique.


Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le Lundi 30 Mai 2011 à 20:10 | Lu 3703 fois



1.Posté par REP 5.2 le 30/05/2011 22:17
En effet, cette négation de notre souveraineté est impossible à accepter, au risque de se renier et de périr dans l'océan flasque et contempteur de la mondialisation libérale.
Quelle position prenez-vous face à cela ?
http://www.vie-publique.fr/actualite/panorama/texte-discussion/projet-loi-constitutionnelle-relatif-equilibre-finances-publiques.html

2.Posté par J R le 31/05/2011 19:17
J'avoue avoir du mal à faire la distinction entre "souverainisme" et "nationalisme", si vous voyez ce que je veux dire..
Et entre critique du "mark-bis" et rétablissement du franc par le FN.
Tout cela est désormais bien loin derrière nous, et les français sont plutôt inquiets de leur avenir concret dans ce cadre européen.

3.Posté par Patrick LENORMAND le 31/05/2011 23:27
Vous avez tout à fait d'accord Monsieur Chevenement ... Mais alors pourquoi envisager des accords avec des partis qui ont renié le vote des français en 2005 ?

Il y'a le front de gauche et debout-la-republique !

@JR
Le peuple souverain cela vous déplait ? Et qu'une nation libre dispose de sa monnaie vous trouvez cela saugrenu ?
Ainsi les gens qui tiennent à l'indépendance de leur pays sont tous d'extrème droite .... Vous écoutez trop les infos tv, les Apathie, Duhamel etc... la pensée unique cela fait des ravages !

4.Posté par J R le 01/06/2011 09:02
Un certain François Mitterrand avec lequel travailla à plusieurs reprises un certain Jean Pierre Chevènement déclarait le soir de sa vie bien remplie : " Le nationalisme, c'est la guerre !"

5.Posté par J R le 01/06/2011 09:24
Dans un commerce international qui se fait qu'on le veuille ou non à la vitesse de la lumière, il ne semble pas à priori insensé d'avoir une monnaie qui s'harmonise et s'unifie au niveau mondial. Un serpent monétaire mondial en quelque sorte.
Notamment pour éviter la spéculation purement monétaire sur la variation des cours par les traders.
Et puis, à ce compte là, pourquoi ne pas rétablir la drachme et le florin, l'écu, le sou et toutes nos vieilles monnaies provinciales ?
Non, rétablir le TROC c'est mieux.

6.Posté par REP 5.2 le 02/06/2011 19:56
@ JR : Monsieur, vous semblez avoir pour passé la période mitterrandienne. Reprenez vos lectures et ayez coeur à l'ouvrage ! La Nation date du XIIIè siècle, et fut réactivée par la Révolution FRANCAISE (eh oui) de 1789 ! Vous pouvez aspirer à de superbes destinées transnationales, vous n'en devez pas oublier votre histoire.
Nous sommes un peuple politique, une nation, pas une figure désincarnée. Votre approche "par l'archaïsme" fait de vous un inconscient au mieux (comme beaucoup aujourd'hui), un bobo postrépublicain au pire. Cela dit, c'est peut-être la même chose...
Ne reniez pas le drachme ni le florin, c'est dans les vieilles monnaies qu'on fait les meilleures soupes !

7.Posté par J R le 02/06/2011 21:13
Merci cher Florian pour vos conseils paternalistes et vos charmantes décorations littéraires attentives à cataloguer ma personne, et qui prouvent que vous ne devez pas avoir beaucoup d'arguments plus concrets à exhiber.
Et vive le très moderne slogan : "Avant c'était mieux !"
Un vrai programme de "salut public".

8.Posté par Patrick LENORMAND le 02/06/2011 22:54
@ J Rrn
L'abandon de l'euro pour une monnaie nationale qui correspondrait réellement à notre économie et permettrait au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour sauver, notre outil industriel (ex:2 fois moins de voitures construites en 5 ans !) ne serait pas un retour en arriere mais un sacré progrès !rn
Si le fait que cette "nouvelle" monnaie s'appellerait le franc vous dérange.. ça peut se changer ! ... rn
De + en + d'économistes constatent que nous allons dans le mur....De Saint- Etienne à J. Sapir..rn
Les français doivent se réveiller avant que cela ne se produise.
. JPC, avec d'autres "nonnistes de 2005" doit contribuer à ce réveil !.

9.Posté par REP 5.2 le 03/06/2011 12:02
Cher « JR »
Vous en conviendrez, cette discussion part mal.
Je ne manie pas l’argument, mais la boutade car je crois que votre approche est caricaturale et fondée sur un système accusatoire (nous les anciens, vous les modernes, nous les affectifs, vous les rationnels).
Non, « avant » ce n’était pas mieux. Mais aujourd’hui ce n’est pas mieux non plus. C’est-à-dire que cette représentation de l’histoire ne veut rien dire : les époques ne s’opposent pas, elles sont des creusets de réflexion. La fée euro n’existe pas, le retour du roi franc non plus. Nos imaginaires politiques ont à être éveillés par autre chose. Ici, une monnaie qui redonne de la dignité aux mains-d’œuvre qui doivent avec elle composer leur existence, et une monnaie qui ne leur assène pas un sentiment d’impuissance allié à une logique de confrontation concurrentielle éternelle.
La défiance nationalitaire n’est pas non plus le projet de M Chevènement, faut-il le rappeler ?! La critique de l’euro est donc possible.
Connaissez-vous Mario Draghi ? Il est depuis le 11 mai 2011 (décision de l’Eurogroupe) le successeur désigné de M Trichet pour prendre les rennes de la BCE. BCE qui gère la monnaie euro. Monnaie que vous défendez « par principe » semble-t-il. Mario Draghi, alors… Il est le produit d’une idéologie financière et d’une ambition bancaire dévorante, celle de Goldman Sachs, dont il fut le vice-président en Europe de 2002 à 2005. Chef d’orchestre des privatisations en Italie pendant les années 1990, il a ensuite été recruté par La Banque (livre de Marc Roche, que je vous conseille). Ses proches sont des gens comme Peter Sutherland, membre du groupe Bilderberg et ex-président de la Trilatérale. Aux US, les fidèles de Goldman Sachs (ils y ont travaillé comme PDG ou en défendent les intérêts) sont secrétaires au trésor (Robert Rubin, auteur de la suppression du Glass-Steagall Act de 1933 ; Henri Paulson ; Thimothy Geissner) ou gouverneurs de la Banque Fédérale… C’est-à-dire que des types comme ça n’arrivent pas au pouvoir par hasard, mais parce qu’ils ont une stratégie de détournement du politique par le financier. La monnaie euro, gérée par les falsificateurs de la dette grecque (en plus des élites politiques) et les constructeurs des produits financiers toxiques, une bonne nouvelle ?!
Ma position reprend celle de M Chevènement, à savoir : soit on change les règles de l’euro, soit on en sort. Je ne suis pas un fan du retour au franc, mais je dirais qu’une monnaie est une croyance et pas seulement un instrument marchand. Si on ne fait plus confiance aux personnes qui gèrent l’euro, ni à sa capacité à résister au marchandage spéculatif d’outre-Atlantique puis bien ancré dans l’UE désormais, alors il est nécessaire de s’interroger. Le franc (ou autre dénomination) y parviendrait-il ? Disons qu’il serait évalué à l’aulne de nos écosociétés. Posons-nous donc cette fois la question, dans la perspective d’un rapport de force politique, libéré d’une logique de fuite en avant dans la modernité.

10.Posté par J R le 03/06/2011 18:53
Merci cher Florian de cette mise au point. Je pars toutefois du principe objectif qu'il n'appartient pas à un président de la BCE de se servir de celle ci pour soumettre les européens que nous sommes aux lois d'un marché qui n'en a pas. Je ne ferai donc pas de procès en sorcellerie à un nouveau candidat potentiel car nous devons sortir de cette paranoïa qui nous fait voir partout en en toute personne un ennemi avéré de la "souveraineté" de la France.
C'est à l'Europe des 27 de prendre les choses en main et de faire en sorte que la politique monétaire soit au service de l'économie active et pas seulement le pompier de service dédié au sauvetage des accidents monétaires concernant l'un ou l'autre. Nos parlementaires et nos Etats doivent avancer pour doter l'Europe d'une véritable politique bancaire au service du financement de l'économie, au service du financement des projets et des investissements européens.
Et le directeur de la BCE doit être au service de ces objectifs politiques.
Encore faut-il les définir et encadrer ensuite la BCE par des évaluations parlementaires permanentes.
Enfin ... à mon avis.

11.Posté par JACQUES CARLE le 06/06/2011 09:51
Question un peu naïve! Peut-être aurait- il été plus honnête de ne pas tyranniser les peuples au nom de la monnaie unique car, concrètement, que vont devenir la Grèce et les pays les moins riches de l'Europe au sein d'un étalon monétaire européen plus ou moins aligné sur le deutsch Mark? Je ne suis pas économiste mais n'aurait-il pas été plus honnête de demander aux nouveaux pays "contractants"d'assainir leurs finances avant d'entrer ou aux pays les plus riches, d'accepter que l'euro ne soit pas une monnaie aussi forte qui ne peut convenir qu'aux pays les plus puissants? Faut-il faire payer au nom d'un libéralisme mal maîtrisé, l'addition aux peuples d'Europe les plus pauvres? Quels sacrifices demander encore aux grecs par exemple qui ont vu leurs salaires considérablement baisser alors que leur pouvoir d'achat n'a jamais été bien haut? Certes, on peut incriminer leur manque de rigueur et une mauvais gestion de l'économie par leurs élites politiques qui ont laissé file l'impôt et la dette publique? Cette vérité était déjà criante à leur entrée dans l'Europe mais pourquoi les avoir alors laissé entrer dans l'Europe, suivre le chemin qu'ils ont pris sans les avoir avertis de ce qui risquait de leur arriver? Pour que l'Allemagne se propose de racheter leurs îles en expliquant que ces "fainéants du Sud" l'ont bien cherché? L'explication manquerait sans doute pour le moins de solidarité européenne ! Sur l'autel de la sacrosainte force de la monnaie européenne faudra-t-il se résoudre à voir s'abîmer l'Espagne, l’Irlande, le Portugal, l'Italie, la G.B. et la France et sans doute bon nombre de pays de l'ancienne Europe de l'Est nouvellement " européanisés?" Que pourra concrètement faire l'Euro devant la faillite financière qui atteint des pays déjà fragilisés? Quels investissements européens pourraient être à la hauteur? quel new deal proposer? Sur les 27 pays européens, combien seront réellement en état de relever le défi? Laisser filer un peu la valeur de l'euro sans retourner forcément aux monnaies locales ne serait-elle pas une solution humainement satisfaisante? J'avoue une certaine perplexité devant la précipitation des catastrophes économiques de tous ordres qui assaillent actuellement l' Europe en particulier et le monde en général! Le caractère inéluctable de la mondialisation doit-il servir d'excuse devant le risque d'un retour d'une certaine forme de barbarie?

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