Carnet de Jean-Pierre Chevènement

Sur le livre de Lionel Jospin



Certains m’interrogent sur le dernier livre de Lionel Jospin qui n’est pas avare de méchancetés à mon égard. Faut-il même y répondre ? J’ai hésité. Mais comme dit le proverbe « Qui ne dit mot, consent ».

Ce qui m’a le plus intéressé, à vrai dire, dans ce livre c’est l’histoire des choix tactiques et des conflits d’appareil qu’il éclaire d’une vive lumière, s’agissant de l’histoire interne du Parti socialiste sur la période 1988-92 notamment. Ce qui me frappe le plus c’est l’absence de réflexion stratégique sur trente ans d’histoire de la gauche.

Dans ce livre il n’est presque jamais question de la France. Elle disparaît. Elle est comme happée par « l’Europe » que l’ancien Premier ministre a acceptée comme le choix directeur qui commandait tous les autres, même s’il confesse, au passage, « l’insuffisance de ses contenus sociaux » et son « libéralisme excessif » (p. 178). Pour procéder à un véritable examen de conscience, Lionel Jospin aurait dû se poser quelques questions : quand a-t-il cherché à corriger ce libéralisme excessif ? En disant « non au non » au traité de Maastricht ? En signant le pacte dit « de croissance et de stabilité », en 1997 ? En organisant la libéralisation des services publics, lors des sommets de Lisbonne (2000) et de Barcelone (2002) ? Ou encore en cautionnant l’idée d’une Constitution européenne en 2000, pour laquelle il fera campagne en 2005 ?

Je partage avec Lionel Jospin le constat que la période était difficile avec Reagan au pouvoir aux Etats-Unis et Thatcher en Grande-Bretagne, mais la France devait-elle se résigner à importer le modèle néolibéral sur le continent, avec la déréglementation financière et l’institution d’une Banque Centrale européenne indépendante, véritable « Buba bis » ? La France n’avait-elle plus rien à dire d’original ? Le rôle de la gauche française n’eût-il pas été de chercher un compromis dynamique avec l’environnement extérieur, en portant un projet républicain moderne, plutôt que de donner les clés de la maison aux oligarchies financières ? Il y avait historiquement une belle place à prendre pour la France entre le communisme sénescent et l’ultralibéralisme néoconservateur. Et qu’on ne nous rebatte pas les oreilles avec « la seule politique possible ». On voit où elle nous a conduits.

Lionel Jospin justifie rétrospectivement la formule qu’il a employée, en mars 1983, de « parenthèse libérale ». « Cette évocation de la parenthèse, écrit-il, était une façon [pour lui] d’accepter et de faire accepter le changement. D’ailleurs elle ne sera pas si mal comprise, puisqu’il n’y aura pas de désarroi chez nos militants »… (p. 100). Curieusement, dans une interview au Monde du 8 janvier 2010, Lionel Jospin, sentant sans doute la faiblesse de son argument, n’hésite pas à écrire : « D’une certains façon, mon gouvernement, en 1997, a refermé « la parenthèse », en conciliant croissance et respect des équilibres, réduction massive du chômage et réalisme économique ». On croit rêver : Lionel Jospin aurait fermé le cycle du social libéralisme !

Pour le reste, ce livre fonctionne comme un disque rayé.

Le 21 avril ne serait l’effet que de la méchanceté de Jacques Chirac, de la volonté d’apparaître de Christiane Taubira, et de l’ambition chimérique de Jean-Pierre Chevènement, comme si l’idée d’un projet républicain moderne était une chimère !

N’était-il pas légitime que je fusse candidat, au nom du Mouvement des Citoyens, composante parmi d’autres de la « gauche plurielle », pour redresser le cours des choses, dès lors que les idées que je portais avaient été marginalisées au sein du gouvernement ?

Et pas seulement sur l’affaire corse, au cœur de mes compétences ministérielles, mais sur bien d’autres sujets (Europe, politique industrielle, bombardements sur la Yougoslavie, etc.). Fallait-il, après que le gouvernement tout entier – et pas seulement moi – eût été mis devant le fait accompli sur l’octroi de compétences législatives à la Corse, que je renie près de quarante ans de combats politiques ?

Lionel Jospin semble découvrir que la gauche a plus de chances unie que divisée. Mais qu’a-t-il fait pour éviter qu’elle se divise ? Il lui eut fallu peu de choses pour convaincre Christiane Taubira de se retirer. Seule sa conviction d’être présent, en tout état de cause, au deuxième tour, l’y a fait renoncer. A-t-il même réfléchi aux raisons pour lesquelles cette division s’est produite ?

Lionel Jospin ne s’interroge pas sur les causes profondes de la défaite de 2002 : l’éloignement des couches populaires d’abord. Pourquoi 11 % seulement des ouvriers ont-ils voté pour lui le 21 avril 2002 ? Ce n’est quand même pas la faute de Chevènement ! Et pas davantage ne s’attarde-t-il sur la montée de l’extrême-droite et de l’abstentionnisme.

Chaque fois qu’il évoque ma personne, Lionel Jospin est rarement à court d’une insinuation malveillante. Qu’il s’agisse de la guerre d’Algérie, où reprenant une perfide antienne, il m’impute de « n’avoir pas fait les mêmes choix [que lui] pendant la guerre d’Algérie » (p.32). La seule différence, à ma connaissance, est qu’il a fait son service militaire en Allemagne et moi en Algérie, où j’ai pris, après la dissolution des SAS (sections administratives spécialisées, lointaines héritières des « bureaux arabes »), plus de risques que lui à combattre l’OAS. A vingt ans, j’étais membre de l’Amicale de l’UNEF de Sciences Po.

De même sur les fournitures d’armes à l’Irak à l’automne 1983 (p. 132). J’aurais eu quelque peine à les favoriser, n’étant plus au gouvernement depuis six mois !

Ou encore, s’agissant de la solution de la « querelle scolaire », où je n’aurais fait que mettre en œuvre les « dispositions simples et pratiques » arrêtées par lui-même et par le Président de la République, « en plein accord et presque seuls » (p. 104). Il faut apparemment me réduire au rôle de simple exécutant pour que Lionel Jospin puisse seul marquer le terrain de l’Education, où son inspiration ne rejoint pas la mienne.

Laissons là ces petitesses. Lionel Jospin, bien que manquant d’une grande vision politique, a été un bon Premier ministre. Je ne reviendrai pas sur ce débat rétrospectif. Au fond je n’ai rien à retirer de ce que j’ai écrit sur ce sujet dans « Défis Républicains » (Fayard, 2004) particulièrement dans les chapitres 12 (« le pari de la gauche plurielle ») et 16 (« l’échec de la gauche plurielle »). Je fais confiance à la sagacité des historiens et à la raison des militants.

La vérité est que Lionel Jospin et moi-même portions des conceptions politiques différentes. J’ai cherché à servir son gouvernement tout en servant la République. Je n’étais pas pour autant devenu son féal.

Un peu moins d’orgueil de sa part permettrait au Parti socialiste et à la gauche de faire l’autocritique d’une dérive libérale et européiste avec laquelle il faut rompre impérativement. L’incapacité de Lionel Jospin à se remettre en cause pèse comme un couvercle sur le cerveau d’une gauche à laquelle échappe encore le fin mot de son histoire. Elle n’aide pas non plus la France à sortir du terrible piège dans lequel elle a été enfermée par la myopie de ses élites.


Rédigé par Jean-Pierre Chevenement le Vendredi 22 Janvier 2010 à 12:46 | Lu 7834 fois



1.Posté par John Moisant le 22/01/2010 13:03
Bonjour,

Intéressantes remarques du début à la fin. J'ai bien apprécié ici votre dernier paragraphe assez juste et même si un peu acide.

Bien à vous,

John Moisant

2.Posté par Couvert Gérard le 22/01/2010 13:34

J.P. Chevènement toujours aussi impeccable - et implacable- dans son argumentation et dans ses mots, un véritable homme d'État parfaitement français dans son âme.
Quel dommage que ce mois de Févier 2002 où la peur d'une droitisation (sic !) le fit reculer.

3.Posté par JF Cayla le 22/01/2010 14:25
Jospin ... ou l'arroseur arrosé !
Il ne veut pas admettre qu'après avoir laisser ses amis combattre JPC dans le
gouvernement il ne pouvait que le retrouver à la présidentielle de 2002. De plus la question corse a été réglée en faveur de JPC par les électeurs corses eux-mêmes. Il semble toujours que le social-libéralisme et les valeurs républicaines aient du mal à cohabiter dans une même mouvance. Qu'en sera t-il en 2012 ?

4.Posté par Michel Joblot le 22/01/2010 15:26
"La vérité est que Lionel Jospin et moi-même portions des conceptions politiques différentes".

Cher Jean-Pierre Chevènement,

Nul besoin, pour moi, de vous justifier, car il est évident que les seules voix de Christiane Taubira aurait suffit à faire passer Jospin.

C'est bien son arrogance et sa fanfaronnerie qui l'a fait se conduire comme Tartarin!
D'ailleurs l'abandon de ses troupes en pleine bataille est une tâche indélébile, qui montre bien son caractère orgueilleux!

Vous avez oublié un point important : le débat sur la sécurité, au lieu de prendre au sérieux cette question, ces « beaux messieurs » et « ses belles dames » regardaient de haut « le bas peuple », les "beaufs lepenisés" comme ils se plaisent à le qualifier. Ils nous assuraient qu'il ne s'agissait que d'un "sentiment", d'insécurité!,qui ne concernait que la France peureuse et frileuse, xénophobe et raciste, repliée sur elle-même, enfermé dans ses fantasmes et ses peurs!

Comme vous le savez, j'ai voté pour vous en 2002 et j'ai rejoint le Pôle Républicain après le "séisme" du 21 avril!

Vous incarniez tous ce qui manque encore à la Gauche : la République, la Nation, le respect du travail et des travailleurs, la défense des valeurs de la famille, la prise en compte du droit à la sécurité, le rempart face aux offensives "sans-papiéristes", le souci de l'unité nationale et de la justice sociale, la lucidité sur la question européenne et sur l'hégémonie libérale américaine ; les dangers de la mondialisation, le redressement nécessaire de l'école de la république, la défense de la laïcité, le rôle de la France dans le Monde, etc...

Je ne regrette rien, car j'ai passé quelques belles années à combattre à vos côtés et j'ai eu la joie de connaître la victoire en 2005!

Mais aujourd'hui, vous êtes l'allié de Martine AUBRY, dont le credo est la régularisation massive des « sans-paps », le « droit de vote des étrangers » aux élections "locales" (entendre : municipales, cantonales et régionales), une loi pour autoriser le mariage "gay" et le droit à l'adoption pour les couples de même sexe.
(je sais, vous m'avez dit un jour que ces questions n'étaient que des "têtes d'épingles" , je continue de croire que vous vous trompez, ces questions peuvent faire basculer un vote de gauche à droite, ou conduire à l'abstention.)

Vous êtes l’allié de Martine AUBRY, la fille de son père, celle a qui j'ai fait dire sur France Inter que son rêve était de faire des Régions transnationales! la dame des 35 heures qui a réussi à créer 5 SMIC différents, introduire une égalité incroyable entre les travailleurs, qui a permis la renégociation de toutes les conventions collectives, le gel des salaires, l'annualisation du temps de travail, qui a donné des milliards aux grandes entreprises. Celle qui a créer le CDD de 18 mois (renouvelable après les élections) réservés dans les faits aux BAC+2 ; Celle qui a innové en réservant des horaires spéciaux dans les piscines pour les femmes voilées,etc... Martine AUBRY qui ne renie rien, au contraire !

Pour ma part, je ne renie rien de se que je pensais en 2002 !

Malheureusement, 8 ans plus tard, mes convictions ne peuvent plus être représentées par la Gauche, car la Gauche de Jospin est toujours la même - peut-être encore pire, car sa branche teintée de « République » a rejoint le Parti Communiste au dernières heures de son agonie ! – je ne suis pas tenté, non plus, de rejoindre « le petit facteur » qui bien que « trotskyste », partage la même idéologie meurtrière et liberticide du « petit père des peuples » et du « Grand-Père » Lénine.

Les sondages mettent en tête, le patron du FMI, proposé par Sarkozy, comme son meilleur candidat de la Gauche! Cela résume tout !

Comme Candide, dans ces conditions, je préfère aller cultiver mon jardin !

Mais vous, Jean-Pierre Chevènement, qui êtes l’allié de Martine AUBRY, devons nous en conclure que vous portez des conceptions politiques compatibles ?

Et si ce n’est pas le cas : qu’êtes vous allez faire dans cette Galère ?

Cordialement

Michel Joblot.

Lyon le 22/01/10.

5.Posté par Basse le 22/01/2010 18:24
Cher Jean-Pierre Chevenement,

le livre de monsieur Jospin , dont je n'ai parcouru que les chapitres essentiels à la compréhension de son action politique, me laisse sur ma faim : j'aurais aimé y trouver une ebauche de justification de son entrisme, qu'est ce que celà lui coûte après tout de retablir la vérité aujourdhui?
J'aurais aimé ne pas lire par contre sa version édulcolorée de la captation de la circonscription de Cintegabelle: ceux qui connaissent la triste réalité de cette histoire savent combien le personnage de Jospin fût à l'époque bien éloigné de celle de l'humaniste qu'il dépeind dans son livre aujourd'hui.
Deplorable aussi sa posture à Vilvoorde, puis dans l'avion qui le ramène de la Réunion le 9 mars 2002, et enfin le soir du 21 avril.
Il serait temps qu'un veritable historien se penche sur le parcours de Monsieur Jospin. Les hommes font l'histoire, mais ne font pas l'histoire qu'ils croient : Lionel Jospin n'echappe pas à la règle
Bien à vous,
salut et fraternité

Pascal Basse


6.Posté par Teddydemontréal le 22/01/2010 18:50
Viva El Che, Viva El Commandante.
Barroso aux commodités d'usage et l'UE dans les poubelles de l'histoire.

7.Posté par bernard le 22/01/2010 19:39
Monsieur Chevenement,

J'ai voté et fait campagne pour vous en 2002, et avec tout ce qui se dit sur cette période je ne regrette absolument rien, je le referais même en connaissant par avance le sort de Jospin.
Je regrette juste que vous n'ayez pas jugé bon de continuer sur le même registre, non dans les idées et les principes bien sur que vous n'avez jamais trahi, mais dans la construction d'un vrai mouvement politique organisé.
Je ne voterais pas pour les socialistes même avec un MRC sur un strapontin.
Chevènement combien de divisions ?
Bien cordialement

8.Posté par Xavier Dumoulin le 22/01/2010 21:21
Jospin arc-bouté sur son bilan mais débouté sur la question corse…

Hier, en fin de soirée, FR2 diffusait la deuxième partie de l'autoportrait de l'ancien premier ministre. Un Jospin très en forme, commentant ses relations avec le président Mitterrand sous le second septennat, puis ses deux campagnes présidentielles ponctuées par sa gestion gouvernementale sous la cohabitation avec Jacques Chirac. De celle-ci, il a largement rendu compte, justifiant, notamment, les privatisations sans précédent dont il fut à l'origine, par la nécessité de muscler nos entreprises nationales en permettant l'ouverture de leur capital aux actionnaires avec des recapitalisations sur le marché boursier dans une parfaite logique libérale.

Elogieux sur la politique de sécurité conduite par son gouvernement avec le ministre de l'intérieur de l'époque, Jean-Pierre Chevènement, il démontre bien toute la pertinence du dispositif de police de proximité démantelé par Sarkozy et les gouvernements de la droite. Mais, sur deux points litigieux, son passé trotskiste et son traitement de la question corse, l'ancien premier ministre présente des arguments très spécieux.

Bien d'accord avec lui pour acter le fait que cette réminiscence de son passé militant, orchestrée par la droite lorsqu'il revint aux affaires en 1997, n'était pas gratuite. Et pour considérer que cette dénégation mensongère de sa jeune filiation trotskiste, lors de cette fameuse interview qu'il donna au journal Le Monde en 1995, était une erreur singulière pour ne pas dire une faute !

En total désaccord avec lui sur cette appréciation péjorative et péremptoire portée sur la posture de son ministre de l'intérieur lorsque ce dernier, en opposition avec Matignon, se refuse à entériner un processus d'autonomie pour la Corse. Avec le recul et les résultats du référendum de 2004 qui mit un point final à ce mode de règlement, Jospin est mal inspiré de polémiquer avec un Chevènement qu'il qualifie bien maladroitement d' ”entêté” sinon de “buté” quand, en toute cohérence, ce dernier ira jusqu'à démissionner par refus d'une partition de la république. Ce que la population corse refusa à son tour avec Emile Zuccarelli lors du référendum sur cette question.

Un certain entêtement bien regrettable dans ce souci d'en découdre avec un Jean-Pierre Chevènement dont on connait pourtant toute la rectitude, la sagesse… et la constance. Avec, pour seul péché de jeunesse de l'ancien leader du CERES, celui d'avoir accompagné la victoire de François Mitterrand à Epinay puis à l'Elysée. A chacun son droit d'inventaire!

X D

9.Posté par Xavier Dumoulin le 23/01/2010 09:19
Cher Jean-Pierre,

Dans ton billet tu indiques que "Lionel Jospin justifie rétrospectivement la formule qu’il a employée, en mars 1983, de « parenthèse libérale ».
A l'époque il me semblait que l'expression socialiste consacrée était la "parenthèse de la rigueur", parenthèse que ne tardaient pas à critiquer après nous d'autres secteurs du PS ( notamment lors de la convention sur la modernisation en 1984 quand Didier Motchane pouvait alors ironiser sur les ouvriers de la dernière heure après les déclarations fracassantes d'un Laignel!).
Ma question est la suivante : es-tu bien certain que l'expression a été utilisée par Jospin et si oui à quel moment? Je n'avais pas souvenir que Jospin eût été capable d'un tel aveu (ou cynisme c'est selon) quand nos "camarades" de l'époque voulait masquer la portée de leur politique dite à tort de rigueur!

Si tu lis mon post, merci de ne pas oublier d'y répondre. Et de visiter le "blog citoyen, socialiste et républicain pour 2010" en lien sur ton site

"Socialiste et républicain 07" (car le lien qui y mène toujours n'a pas été actualisé depuis 2007).

Salut et fraternité

10.Posté par R et N le 23/01/2010 10:43
Je me suis toujours demandé si Christine Taubira n'avait pas été "poussé" à se présenter par le P.S pour piquer des voix à J-P Chev. En effet, avec des intentions de votes de 8 à 14% , il avait de quoi avoir des poussées de sueurs, l'ami de Cintegabelle !! Au final, c'est une belle gamelle qu'il s'est pris mais pas forcément tant mieux !!
Malheureusement, il a fait sous un aspect édulcoré par les statistiques et quelques mesures phares, une politique "de droite" et le problème c'est qu'au PS on en ai toujours à ce même logiciel et les verts ce font fort de le leur piquer à une vitesse grand V !!
C'est marrant comme les gens peuvent commencer d'un bord de l'échiquier et finir de l'autre sans s'en apercevoir et affirmer honnêtement de pas avoir changer !
Je ne vote plus Vert et PS au premier tour depuis 1991 ou j'ai convergé MDC puis maintenant MRC. Le combat de l'interieur me semble illusoir quand le bipartisme me semble trop prégnant et ne permet pas des remises en causes .Je regrette les Linemanne...mais voilà ! Maintenant, se pose la question de comment voter au second tour, social démocrate ...?Trop facil aussi d'attendre le second tour pour empocher la mise !

11.Posté par Patrick Gaudin le 23/01/2010 12:46
Contribution au débat sur le livre de Lionnel Jospin qui n'est pas tendre avec Jean-Pierre chevénement, suite à l'article paru sur son blog.

Je m'adresse à JPC.

Citoyen Jean-Pierre, Président du MRC,
Citoyens, citoyennes,

Concernant le livre de Lionel Jospin et partant du principe : « qui dit rien consent », comme vous le dîtes fort justement, je vous invite à faire entendre votre voix… pour une autre voie, celle du courant républicain, par la rédaction d’un livre faisant le point sur les dérives libérales du P.S sous l’autorité de M. JOSPIN, Premier-Ministre.

La qualité de votre plume est connue et reconnue.
Votre livre « Le défi républicain » que vous m’avez dédicacé lors d’un congrès en est une preuve vivante, parmi d’autres.

Il est temps de faire un bilan et de dresser un état des lieux de la gauche de nos convergences et de nos divergences croissantes pour faire le point, étape incontournable en vue d'une refondation de la gauche pour 2012. Nos valeurs républicaines sont une alternative crédible face à la crise financière sans précédent que nous traversons sur fond de crise économique et sociale. De nombreux électeurs de gauche sont désabusés, parmi eux beaucoup de socialistes.

Plus que jamais, nos valeurs républicaines peuvent répondre à l’attente de nos concitoyens désabusés dans un système dirigé par un bi-partisme factice injuste.

Dans l’émission de Laurent Ruquier ou vous avez été excellent, Eric Zemmour commence son intervention à votre intention par ces mots : « Vous parlez aux princes, mais pas au peuple ! » Ecrivez un livre, vous serez reçu comme d’habitude dans de nombreuses émissions littéraires. Demander à croiser le fer par le verbe à Lionel Jospin. Par cette approche, le MRC sera mieux connu et peut-être, cela se traduira t’il par des adhésions nouvelles ?

J’en profite pour faire un aparté, concernant Lionel JOSPIN, premier Ministre. Il est invité par Claude Serillon, présentateur vedette d’antenne2 au 13H. A la question : « Monsieur le Premier-Ministre, vous avez privatisé plus que vous prédécesseurs réunis. Auriez-vous renoncé à vos valeurs ? » Visiblement décontenancé par cette question, Il garde son sang-froid tant bien que mal. A la fin de l’émission, il va voir le chef de la rédaction et lui déclare : « Tant que ce journalisme sera présent, je ne reviendrai plus sur cette chaîne ? » Le lendemain, Claude Serillon est viré !

Drôle de conception de la démocratie pour cette formidable machine à perdre les élections ! Les classes populaires ne se sont pas reconnues dans cette candidature. Il est temps que le courant républicain sorte de l’ornière par une campagne de communication envers nos concitoyens, sinon nos disparaîtrons tout simplement. Il faut aussi couper le cordon ombilical avec le P.S, parti peu fiable comme en témoigne son attitude envers l’accord national concernant les régionales.

J’habite le Poitou-Charentes, nous avons donné une conférence de presse à Poitiers pour dénoncer que l’accord national que vous avez signé avec Martine Aubry n’était pas respecté. Ségolène Royale dirige d’une main de fer la région et le parti Socialiste. Elle n’accorde aucun crédit au MRC. Son bilan à la tête de la région est pourtant globalement positif.

Nous demandons deux postes éligibles, un dans la Vienne et l’autre en Charente-Maritime. C’est une demande raisonnable. Un coup de téléphone de votre part apporterait peut-être une solution positive ?

Les problèmes sont posés, vous seul avez les clés.

Les militants comptent sur vous.

Bien Amicalement,
Salut et fraternité,
Louis-Rémy Le Jacobin,
Chevénementiste depuis 35 ans et militant MRC depuis 2003.
Blog : exigence-republicaine

12.Posté par Alain Feler le 23/01/2010 16:59
Tout cela est intéressant, mais ces ressassements ne nous font pas avancer.
En fait, je préférerais lire l'avis de M. Chevènement sur le Parti de Gauche, par exemple par une analyse du tout petit livre, facile à lire, pas cher et assez clair, que vient de faire paraître Jean-Luc Mélanchon : L'autre gauche - 142 petites pages, 5€, éd. café république - bruno leprince
Il y a pas mal de positions communes entre le MRC et le PG : une certaine qualité d'expression de leurs leaders; un certain isolement aussi; le non au traité de Lisbonne; la nuque raide par rapports aux dictats du libéralisme, de l'Europe, etc.
Que je sache, nous n'aurons pas prochainement à voter pour Jospin, alors comme disait Giscard citant la Bible, laissons les morts enterrer les morts.

13.Posté par Patrick Gaudin le 24/01/2010 14:18
Réponse à Alain.
Je vous remercie pour votre commentaire.

Vous avez parfaitement raison, les ressassements ne font pas avancer ! S’il y a redondance sur certains sujets, comme la nécessaire refondation de la Gauche, c’est qu’il n’y a aucune réponse concrète à ce jour.
Sans perspectives clairement définies, aucun avenir possible pour la gauche et le MRC. Ce n’est quand même pas difficile de se mettre autour d’une table pour mettre en œuvre un programme commun de gouvernement sur des points précis.

Ma définition de la politique, « c’est jeu d’alliances et desalliances au gré des circonstances et l’art du compromis »

Il faut donc privilégier ce qui rassemble et mettre en parenthèses ce qui divise !

La logique est simple : Actuellement, la gauche est divisée et en lambeau. Avant nous avions la droite la plus bête du monde, aujourd’hui c’est la gauche. Depuis 2007, Cette droite libérale, insolente, méprisante est rassemblée et en ordre de marche derrière son chef avec un projet cohérent qui est la déconstruction de la République par la mise en concurrence de tous les services pour les confier au secteur privé, au mépris de l’intérêt général et de nos concitoyens les plus modestes, soit environ près de 50% de la population.

b[Pas de perspectives d’avenir sans une union à gauche, étape incontournable pour créer une dynamique pour gagner en 2012. ]b

Vous évoquez le Front de Gauche. Vous mettez le doigt sur un sujet qui fait mal au sein de MRC. Lors des dernières Européennes, il aurait été possible de rejoindre le Front de Gauche. C’était une attente des militants. La direction du MRC en a décidé autrement. Il y a eu une exégèse de la République entre les deux partis. Visiblement, il n’y avait aucune volonté de part et d’autre de faire une campagne commune.

Jean-Luc Mélenchon à déclaré : « Le MRC s’est construit sur le NON au traité de Masstrich et aujourd’hui, il répond aux abonnés absents ! » Chaque composante du Front de Gauche avait pourtant la possibilité de garder son identité.

La fonction d’un parti politique, c’est d’accéder aux responsabilités en étant présent à toutes les élections, sinon il disparaît. C’est donc une occasion ratée pour le MRC. Cela s’est traduit par le départ volontaire de nombreux militants et des exclusions massives du MRC.

Ou sont-ils allés :
La plupart ont rejoint le courant républicain du Front de Gauche intitulé : « République et socialisme.» et dans une moindre mesure, d’autres sont partis Chez Nicolas Dupont Aignan.

Je suis donc favorable à des alliances au grès des circonstances avec tel ou tel parti. C’est le cas des Verts. Hier, ils étaient alliés avec le P.S, Aujourd’hui, ils font cavalier seul « auréolé » d’une victoire électorale qu’il faut tempérer par un taux d’abstention de 60%

Le MRC représente environ 1% des voix sur le plan national. Pas de salut sans alliances !

Cela m’amène sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur : Le rassemblement de la nébuleuse républicaine au sein d’un grand parti !
En effet, avant de vouloir rassembler les autres partis de gauche, il faut commencer par balayer devant sa porte, c'est-à-dire par retisser des liens avec les différentes composantes républicaines en vue de les regrouper au sein d’un parti unique, y compris avec des courants ! (Je sais, cela rappelle le pôle républicain qui n’a pas été une réussite.)

Comme ce n’est pas une tâche facile, la création dans un premier temps d’une association loi 1901, qui pourrait être intitulé : « Passerelle républicaine et Citoyenne » pourrait permettre le dialogue et des avancée significatives entres les belligérants d’aujourd’hui, amis de demain.

Citoyens, citoyennes qu’en pensez- vous ?
Au MRC, c’est Jean-Pierre Chevénement, autorité incontesté, qui distribue, les cartes.
J’ignore s’il lit les commentaires publiés sur son blog ?
Une réponse personnelle ou générale sur la refondation des courants républicains et de la gauche dans son ensemble, éclairerait d’un jour nouveau les attentes des militants et des sympathisants.

Bien Amicalement,
Salut et fraternité,

Louis-Rémy Le Jacobin,
Chevénementiste depuis 35 ans et militant MRC depuis 2003.

N’hésitez pas à commenter cet article. Vous contribuerez, et vous savez le faire, au débat démocratique. Ne dit-on pas que « de la discussion, jaillit la lumière ? »
Blog : exigence-republicaine

14.Posté par Couvert Gérard le 25/01/2010 11:08
Le pôle républicain à été sabordé, dés l'origine, par ceux-là mêmes qui à partir de février 2002 on eu peur de la direction qu'imposerait la réussite de la candidature de J.P. Chevènement : à savoir une certaine "droitisation". La salut de la France (de sa culture, de son indépendance, de son économie) passa après celui de "la gauche".
C'est toujours le problème aujourd'hui, et ce n'est certainement pas en cautionnant l'invraisemblable sectarisme du "front de gauche" que l'on luttera efficacement contre le libéralisme, le machin de Bruxelles, et leurs phénomènes connexes comme la déréglementation des mœurs et l'islamisation.

15.Posté par gg90 le 25/01/2010 16:09
Cher Jean Pierre,

Comme beaucoup d'autres j'ai fait campagne et voté pour vous en 2002 et comme beaucoup d'autres je ne le regrette pas. Je n'ai aucunement conscience que notre campagne a été celle qui a fait perdre L.Jospin et encore moins mauvaise conscience, vous avez parfaitement bien fait de vous présenter, de persévérer ,même si, dès que le seuil de 14/15 % a été constaté dans les sondages ( on pourrait surement en parler longtemps ..), comme par hasard les accès aux médias se sont réduits et ont entrainé ipso-facto une chute que l'on connait, comme quoi, le rôle des médias est fondamentale dans cette société, mais cela a été dit et redit par des personnes bien mieux informées que moi.
Alors les rotomondades de M.Jospin sont là parfaitement déplacée et ses commentaires sur la division de la gauche tout autant.
Jean Pierre, votre réaction ici est légitime, il faudrait pouvoir là porter plus haut, plus fort dans l'espace médiatique, que les Français qui s"intéressent encore à la Politique puissent mieux comprendre.
J'habite dans le Territoire de Belfort et même si la situation locale m'a amené à m'éloigner quelque peu du MRC (toujours en local) je suis toujours heureux d'être parmi vos partisans et espère pouvoir vous entendre.
Bien Cordialement


16.Posté par Patrick Gaudin le 25/01/2010 20:22
Réponse de louis-Rémy Le Jacobin à Gérard Couvert

Je suis d’accord avec votre analyse sur l’échec du pôle républicain. J’en ai fais la triste expérience lors de ma première réunion du MRC en Charente-Maritime ou j’habite. C'était en septembre 2002.Il y avait une trentaine de personnes dont les ¾ représentaient le pôle républicain. J’ai assisté au lynchage du responsable départemental en direct. Les interventions avaient été rigoureusement préparées à l'avance avec une juste répartition des tâches. Certains avaient les yeux injectés de haine. Je n'oublierai jamais leurs regards.

Xavier Boniface
présidait aux destinées du MRC. C'est un homme qui a toujours eu beaucoup de savoir être et une fine analyse de la politique. Présentant, sa mise en minorité, il en tira naturellement la conclusion qui s'imposait ; il présenta sa démission qu'il fit connaître «au national»

Jean-Pierre Chevénement assura l'arbitrage. Xavier fut maintenu à son poste.

Les tenants du pôle républicain démissionnaires sauf un, qui se contente depuis cette date d'être un simple adhérent. Une sorte de sentinelle peut-être ?
En conclusion sur ce sujet, au regard de mon expérience, je peux assurer que le pôle républicain, c'était la «Chienlit» ; si je peut me permettre de paraphraser le Général De Gaulle.

Il n'en demeure pas moins qu'il faut dialoguer avec les autres.
républicains.
Ma proposition de créer une association loi 1901 permettrai peut-être une approche plus en douceur. Les partis politique recherchent toujours ce qui divise et non ce qui rapproche. Si les républicains ne peuvent pas dialoguer entres eux, ce n'est pas avec les non-républicains, c'est à dire les béni-oui-ouistes qui oint accepté l'économie de marché comme en témoigne la déclaration de principe du P.S que nous pourrons débattre pour construire un projet commun.

Je suis un modeste disciple de Voltaire qui passait pour l'apôtre de la tolérance et qui disait : i[b[Monsieur, je ne suis point d' accord avec ce que vous me dites, mais je mourrai pour défendre votre droit à la dire !]]bi

Concernant votre opinion sur Front de Gauche, vos propos n'engagent que vous. Le sectarisme n'étant pas ma tasse de thé, je considère que c'est par le dialogue et le concertation que l'on avance pour construire un projet commun de société. Le MRC représente 1% des voix sur le plan national. Pour sortir de l'ornière, il doit s'allier avec d'autres partis selon les circonstances, sinon il disparaitra tout simplement. Il restera un cercle politique d'initiés inconnus du grand public. La crise financière à montrée ses limites.

Nos valeurs républicaines qui se confondent avec le Gaullisme apportent une réponse crédible à la crise... encore nous faut-il nous faire connaître !

Le petit peuple qui agonise par la misère croissante à besoin de réponses rapides et concrètes d'un projet alternatif crédibles face au libéralisme, ennemie de la République-sociale, que j'appelle de mes vœux.
"Les grands discours font les petites journées" selon un proverbe local. il est temps de nous mettre au travail par des propositions concrètes dans tous les domaines de la société.

La république, c'est encore ce qui se fait de mieux. Une raison de plus pour la défendre !

17.Posté par Lambersartois le 27/01/2010 20:55
Le sujet inspire bon nombre de réactions comme on pouvait s'en douter. En 2002 , certains pensaient que la candidature de Jean-Pierre Chevènement , tout aussi pertinente qu'elle ait été , faisait partie d'une stratégie dans la perspective d'un second tour rassemblant le courant Républicain , au-delà du seul PS. Mme Taubira jouissait d'une moindre crédibilité pour agréger des électeurs plutôt de droite mais sensibles à nos Idéaux. Cette appréciation n'était pas exacte. M. Jospin a multiplié les faux pas et la liste est longue. Il n'a pas été à la hauteur tout simplement. Il est donc malvenu dans sa démarche qui consiste à ressasser en permanence ses rancoeurs et à rejeter la responsabilité de ses carences.
N'est pas Homme d'Etat qui veut. Il lui manque une certaine grandeur dans l'adversité. Je suis désolé de le dire car le personnage avait une rigueur un peu janséniste qui tranchait avec les frasques de M. Chirac. Bref , M. Jospin restera toujours le naufragé du destin qu'il s'est lui-même forgé. On aurait pu rêver mieux.

18.Posté par moisant wilfried le 26/02/2010 23:22
un message pour john moisant j, ai lu le dernier paragraphe qui me laisse aussi pantoi quand a la reflexion! peut etre est ce une histoire de famille? !o!

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