Carnet de Jean-Pierre Chevènement

Qui tient le capital, tient la décision



Jean-Pierre Chevènement, Sénateur du Territoire de Belfort a reçu ce jour, à son bureau belfortain, M. Steve Bolze, Président de General Electric Power and Water, Madame Clara Gaymard, Présidente General Electric Europe et Vice-présidente GE International, ainsi que M. Ricardo Cordoba, Président GE Energie Europe de l’Ouest et Afrique du Nord et M. François Cavan, directeur du site GE belfortain.

M. Steve Bolze a développé l’idée qu’Alstom avait, sur plusieurs marchés et dans l’avenir, un problème de taille. Alstom et General Electric sont complémentaires en terme de technologies et de marchés.

Jean-Pierre Chevènement a posé le problème d’un partenariat dans le capital de l’éventuelle, ou des éventuelles entités qui pourraient être constituées. Il a enfin insisté sur la préservation du nom "Alstom".

La localisation du siège européen à Belfort pour toutes les catégories de centrales est évidemment un point important. Mais il n’est pas le seul. L’association au capital est un point décisif car en dernier ressort, qui tient le capital, tient la décision.

Il est évident que l’acquisition par Alstom Transports de l’activité signalisation de General Electric peut constituer un atout supplémentaire dans cette association industrielle.

L’entretien s’est déroulé dans une atmosphère très cordiale. Jean-Pierre Chevènement est déjà intervenu auprès du Président de la République et du ministre de l’industrie, M. Arnaud Montebourg. Il reverra ces autorités ainsi que le Premier Ministre dans les prochains jours.


Rédigé par Chevenement.fr le Vendredi 16 Mai 2014 à 10:58 | Lu 9623 fois



1.Posté par Olivier D'AREXY le 16/05/2014 18:33
Je ne comprends pas bien . Même, dans l'éventualité d'un accord GE-Alstom, et dans un premier temps, s' il sera possible pour Alstom d'avoir la maitrise du capital et donc des décisions d'investissement; est ce que cela sera suffisant pour assurer à Alstom par la suite son avenir alors qu'une nouvelle augmentation de capital se révèlerait nécessaire pour de nouveaux et importants investissements*?

'Ou alors dans ce cas, peut être est il prévu dans cet accord une clause permettant à des fonds publics ( Etat français) de rentrer par la suite dans le capital de la nouvelle société GE-Alstom afin de préserver la majorité et donc la décision à Alstom?

2.Posté par Jp JP le 16/05/2014 18:36
Rappel des arguments pour GE :
1/ GE c’est « Yes we can !»
2/ En 1999 GE s’installe dans les locaux d’Alstom après avoir acheté sa filière fabrication de turbines à gaz
3/ L’opération que réalise GE est irréprochable sur le plan de la logique industrielle
4/ Alstom c’est 2600 salariés à Belfort, de l’autre côté de la rue, à Belfort, GE c’est 2000 salariés !
5/ Sur le plan humain, les familles de salariés à Belfort c’est 15 ans d’ « imbrication » Alstom-GE !
6/Les mesures de protection des intérêts stratégiques de la France sont étendues, notamment, à l’ENERGIE par le décret « Alstom » qui doit être soumis à l’avis de Bruxelles. La Commission doit vérifier si cette mesure est appliquée « de manière proportionnée sinon cela reviendrait à du protectionnisme ».
7/ Si « Transatlantic Trade and Investment Partnership » (TTIP) vaste programme de libéralisation USA-UE (en cours de négociation très avancée) était en vigueur GE serait en droit d’engager un procès contre la France - ce serait, en l’espèce, un cas d’école !
8/ Les USA ne sont pas des ennemis !!!..

Conclusion : Alstom, c’est plié, ce sera GE. Tout ce qui se trame maintenant c’est du guignol :
les élus responsables des affaires du pays se préoccupent surtout de gérer les échéances électorales. 2014: 25 mai européennes, septembre sénatoriales. 2015 : régionales, départementales.

3.Posté par Jp JP le 16/05/2014 20:06
L’entrée de l’Etat français au capital de la « coquille juridique » d’accueil de l’activité énergie d’Alstom par GE est sans doute prévue, et constitue un élément substantiel de l’accord qui devrait s’établir :
« …Jean-Pierre Chevènement a posé le problème d’un partenariat dans le capital de l’éventuelle, ou des éventuelles entités qui pourraient être constituées. Il a enfin insisté sur la préservation du nom "Alstom"….L’association au capital est un point décisif car en dernier ressort, qui tient le capital, tient la décision. »….
A défaut, les propos de JPChevenement relevés ci-dessus n’auraient pas de sens. Mais ce n’est pas limpide. Sans doute car il doit encore revoir sur ce point le président FH et Mr Montebourg ministre de l’industrie.

4.Posté par Olivier D'AREXY le 16/05/2014 20:51
Je doute que les américains (GE) soient prêts à accepter que l'Etat français puisse reprendre la main un jour sur Alstom, même s'ils en donnent l'apparence. Les complémentarités de technologies et de marché entre un gros (GE 80 Mds € de CA, 198 Mds€ de capitalisation) et un "petit" Alstom 20 mds € de CA, 8 Mds de Capitalisation) finissent, le plus souvent à l'avantage d'un seul.

5.Posté par Jp JP le 16/05/2014 22:37
C’est clair ce que vous dites Mr Olivier, mais :
« L’association au capital est un point décisif car en dernier ressort, qui tient le capital, tient la décision »…précise JPChevenment.

Si donc FH président et AM ministre de l’industrie n’obtiennent pas d’accord sur ce point, en l’espèce purement politique (protection des intérêts stratégiques de la France portant sur l’énergie) par prise de participation ad’hoc au capital, alors ils doivent démissionner.

6.Posté par Olivier D'AREXY le 16/05/2014 23:30
Ils peuvent fort bien obtenir un accord temporaire qui sera balayé dans trois ans...." Qui tient le capital tient la décision ..." est une condition nécessaire mais pas suffisante. Qui plus est , cette alliance GE-Alstom, si elle se faisait, repousserait inéluctablement la possibilité d'une politique énergétique européenne. Que l'on ne veuille pas de Siemens au prétexte que cela entrainerait beaucoup plus de licenciements est un mauvais prétexte; soit il y a surcapacité générale de production, soit il n'y en a pas. Comment comprendre par ailleurs que la sauvegarde du système bancaire qui a couté plusieurs centaines de milliards aux citoyens européens en 2008 et une réelle solidarité européenne ne puisse s'exercer maintenant sur un sujet majeur qui est celui de la maitrise de nos moyens de production d'énergie électrique, si ce n'est par une absence d'accord sur la politique énergétique européenne... l'Allemagne ayant renoncé définitivement l filière nucléaire*?
C'est, à ma connaissance, la seule explication plausible à cet assouplissement de la position de JPChevènement vis-à-vis d' un accord GE-Alstom.

*l'Allemagne n 'a donc pas besoin d'un constructeur de turbines pour réacteurs nucléaires , tel Alstom.

7.Posté par Jp JP le 17/05/2014 05:07
@Mr Olivier, ceci confirme votre analyse :
….« l'Energiekonzept apparait surtout en creux, il faut prêter attention aux objectifs qui n'ont pas été définis : pas d’objectif d'indépendance ou de sécurité énergétique, pas d'objectif de prix des énergies ou de compétitivité... Ces absences sont uniques parmi les politiques énergétiques européennes. Quel que soit l'appréciation que l'on porte sur les orientations choisies, elles démontrent la maturité et le réalisme de la réflexion allemande sur l'énergie : tous les objectifs ne peuvent pas être poursuivis simultanément et une politique ambitieuse implique nécessairement des choix. »…
http://energie-developpement.blogspot.fr/2013/04/energiekonzept-energiewende-allemagne-transition-energetique.html

8.Posté par Carl GOMES le 20/05/2014 15:27
Le message envoyé par les américains est clair: en France, on ne sait plus faire de turbines, autrement dit vous êtes un pays d'incapables.

La preuve: vos VRP , Sapin, Moscovici (qui a du jouer son rôle car le projet doit être dans les tiroirs depuis un moment) , Montebourg vous ont vendu pour une bouchée de pain. La question que je me pose sur ce type de ministres est le font -ils consciemment et volontairement ou sont ils complètement manipulés comme des marionnettes? Car ayant voté ratifié tous les traités européens depuis le début, ils avaient déjà un pied dans la boue...

9.Posté par Carl GOMES le 20/05/2014 15:35
La décision de Mr Sarkozy d'avoir cédé ses parts à Bouygues est aussi largement contestable et doit être débattue ouvertement. Il s'agit là d'une erreur politique majeure.

10.Posté par Jp JP le 20/05/2014 16:06
@Mr Gomez 15:27-35 Oui, c’est comme ça que fonctionne l’oligarchie. Et en plus vous posez la bonne question !
Comme d’habitude, il n’y aura pas de réponse. Mais au niveau de délire politicien actuel ça ne va pas durer longtemps. Ils ont foutu le pays en ruine.

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