Carnet de Jean-Pierre Chevènement

Quelques réflexions sur le Japon de 2008


S’il est vrai, comme le dit Paul Morand, que pour connaître un pays il faut y passer trente ans ou trois jours, rien ne vaut, quand on effectue un court séjour au Japon que de commencer par la visite du fameux sanctuaire Yasukuni.


sanctuaire Yasukuni, zell0ss, flickr, licence cc
sanctuaire Yasukuni, zell0ss, flickr, licence cc
Celui-ci, sorte de musée des guerres menées par le Japon depuis le début de l’ère Meiji, est à la fois un mémorial – les noms de tous les soldats tombés pour le Japon s’y trouvent consignés – et un sanctuaire shinto, où l’âme des héros est censée devoir vivre toujours. Le sanctuaire Yasukuni est une fondation privée. Il cristallise des passions violentes, depuis qu’y ont été inscrits – une initiative privée, mais on l’imagine, avec l’accord des bonzes – le nom des sept condamnés à mort des procès de Tokyo, au lendemain de la seconde guerre mondiale, à commencer par celui du général Hideki Tojo, Premier ministre au moment de l’attaque de Pearl Harbor et qui déclara alors : « Il y a des moments où un homme doit être capable de se jeter dans le vide ». « Un homme oui, mais un peuple ? » interroge le Professeur Yoïchi Higuchi, avec lequel j’aurai à débattre le lendemain. Le propos du général Tojo me fait penser à celui du chancelier allemand Bethmann-Hollweg, le jour où l’Allemagne déclara la guerre à la fois à la Russie et à la France, le 2 août 1914 : « Wir springen in das Schwartze » (« Nous sautons dans le noir »).

La visite de l’ancien Premier ministre Koizumi au sanctuaire Yasukuni avait provoqué un tollé en Chine. C’est le dilemme de tous les Premiers ministres japonais : y aller ou pas ?

Yasukuni illustre la profondeur des plaies laissées dans la conscience nationale du peuple japonais et dans celle des autres peuples d’Asie (Chine, Corée notamment) par le souvenir de la « grande guerre de l’Asie de l’Est » (1931-45).

A vrai dire Yasukuni n’est pas qu’une sorte de Musée de l’Armée, comme on en trouve aux Invalides. C’est une revisitation de l’Histoire qui, pour minorer les responsabilités du Japon, prend évidemment le contre-pied de la version officielle. Tout commence avec le Commodore Perry qui avec ses croiseurs cuirassés contraignit le shogunat à ouvrir le Japon, fermé depuis deux siècles à l’Occident. S’ensuivirent la chute de Shogunat, la restauration de l’Empereur et la proclamation de l’« Ere Meiji » : se mettre à l’école de l’Occident, mais pour mieux lui résister, avec un slogan simple « Technologie occidentale, âme japonaise » ou encore selon une autre formule « Sortir d’Asie, rejoindre l’Occident ». Comment ne pas comprendre ce mouvement de libération nationale, en quelque sorte préventif ?

Le problème vient qu’à se mettre à l’école de l’Occident, le Japon va lui emprunter le meilleur et le pire. Dès 1895, c’est la première guerre sino-japonaise. Le Japon annexe Taïwan. En 1890, c’est la conquête et l’annexion de la Corée. On nous montre l’armée japonaise débarquant dans la baie d’Inchon, près de Séoul. En 1904-1905, c’est la guerre avec la Russie tsariste : les Japonais emportent Port Arthur (Daïren), puis Moukden. La flotte russe de secours, venue de St-Petersbourg et de Sébastopol en empruntant le chemin du cap de Bonne Espérance, est défaite à son tour par la marine impériale japonaise embossée derrière les îles TsuShima. La paix est bientôt faite à Portsmouth. C’est un triomphe pour le Japon qui, l’ayant emporté sur l’immense Empire russe, s’affirme à l’égal des puissances européennes. On peut dire que le Japon alors, « entre dans la cour des Grands ».

Le Japon a ainsi emprunté à l’Occident le meilleur : la technologie et même le parlementarisme. La Charte impériale de 1889 reconnaît sous l’autorité divine de l’Empereur le pouvoir de la Diète qui sera élue à partir de 1925 au suffrage universel masculin.

Mais le Japon a aussi emprunté à l’Occident le moins bon et même le pire : l’impérialisme. Celui-ci va se manifester particulièrement dans la seconde guerre sino-japonaise : celle qui commence par « l’incident » du pont Marco-Polo, en 1931, et par l’invasion de la Mandchourie bientôt devenue « Mandchuku », sous le règne de Pu-Yi, règne évidemment factice, car ce sont les militaires japonais qui tirent les ficelles.

Yasukuni passe très vite sur « l’incident de Nankin », en fait des massacres de civils présentés comme ceux de soldats en fuite. La guerre de Chine est une première illustration du révisionnisme historique qui a cours dans certains milieux proches du PLD (parti libéral démocrate), au pouvoir depuis cinquante ans. Mais Yasukuni met aussi en scène les efforts répétés de la diplomatie japonaise pour desserrer l’embargo sur le pétrole que les Etats-Unis ont instauré, en mai 1941, à l’encontre du Japon. Yasukuni montre le visage impassible du secrétaire d’Etat américain Cordell Hull devant les négociateurs japonais impuissants.

On voit par ailleurs l’armée impériale japonaise aux Philippines, en Insulinde, en Birmanie, aux frontières de l’Inde britannique. Le message subliminal est que le Japon bien évidemment a ébranlé de manière décisive la domination occidentale sur l’Asie : une grande carte montre à travers la date des indépendances que l’Asie a précédé d’une bonne quinzaine d’années les indépendances africaines. Yasukuni, bien sûr, est aussi un hommage aux soldats japonais qui de la bataille de Midway (juin 1942) à la capitulation finale en août 1945, vont livrer une héroïque résistance à la progression des forces américaines dans le Pacifique. Mais le message principal n’est évidemment pas là : Yasukuni fait voir comme une montée continue l’histoire du Japon du choix de l’occidentalisation au milieu du XIXe siècle, jusqu’à l’écrasement final moins d’un siècle plus tard.

Yasukuni fait comprendre à l’inverse le choix des démocrates japonais comme le professeur Hoïchi Higuchi de rompre en visière avec le militarisme japonais et de contrecarrer toute tentation « nationaliste ».

A vrai dire, la configuration idéologique est paradoxale et le débat du lendemain, 19 décembre 2008, à la maison franco-japonaise le fera bien voir, entre le Professeur Higuchi, éminent spécialiste de droit institutionnel comparé et moi-même, débat arbitré par le Professeur Nobutaka Miura, intellectuel plein d’une grande finesse et lui aussi parfait francophone.

Le Professeur Higuchi illustre la permanence d’un courant démocrate tourné vers l’Occident qui s’était déjà épanoui au Japon de 1910 à 1925 sous le nom de « démocratie taïsho ». Cette démocratie s’appuyait sur la Charte Impériale de 1889 pour imposer la garantie des droits, la séparation des pouvoirs et la responsabilité du gouvernement devant la Diète. Le Professeur Higuchi se présente comme un ferme soutien de la Constitution de 1946 et de sa clause pacifiste de l’article 9, tout en refusant la subordination de la politique étrangère du Japon à celle des Etats-Unis. Paradoxalement les courants nationalistes au Japon qui critiquent la « Constitution américaine » de 1946, imposée par Mac Arthur, sont aussi les principaux soutiens de l’étroite alliance nippo-américaine. Comment y voir clair dans cette controverse ? Le Professeur Higuchi par exemple refuse toute perspective pour le Japon de se doter d’armes nucléaires, même sous la forme gaulliste d’une dissuasion minimale, visant à ne pas faire dépendre le Japon de la protection nucléaire américaine en cas de conflit avec la Chine (les Etats-Unis disposent d’armes nucléaires stationnées au Japon ou dans les ports japonais). Bien entendu, le Japon a signé le traité de non-prolifération nucléaire mais chacun sait qu’il fait partie des puissances qui approchent le seuil critique : il peut, s’il le décide, se doter, en peu de mois, de lanceurs et de têtes nucléaires. Mais une telle décision, outre qu’elle serait illégale du point de vue du droit international – et bien évidemment du point de vue constitutionnel japonais - serait inacceptable pour la Chine, la plupart des pays d’Asie et, j’ajoute, sans doute pour les Etats-Unis.

Le Professeur Higuchi – et c’est la clé du paradoxe apparent de sa position – ambiguïté qu’il revendique d’ailleurs – tient à ce qu’il considère comme prioritaire une réconciliation de fond avec les peuples de l’Asie et d’abord avec le peuple chinois. Il y a une deuxième raison à ce paradoxe apparent. Le Professeur Higuchi pointe l’insuffisance de la démocratie japonaise, l’absence actuelle de véritable débat entre les citoyens sur les questions de fond. Situation curieuse au moment où la Diète japonaise est elle-même divisée (le parti libéral-démocrate est majoritaire à la Chambre des représentants, mais la majorité est détenue à la Chambre haute (Chambre des Conseillers) par le parti démocrate du Japon.

Des rencontres que j’ai pu avoir avec les parlementaires des deux partis, il apparaît que les différences programmatiques ne sont pas immédiatement perceptibles. Au fond le discours du parti démocrate se résume simplement : pour la première fois depuis cinquante ans, le peuple japonais va avoir la chance de connaître une véritable alternance (les élections législatives auront lieu au plus tard en septembre 2009, et peut-être avant, si l’actuel Premier ministre, M. Taro Aso, le décide).

Le parti démocrate entend rompre avec « le pouvoir des hauts-fonctionnaires » (au METI (ministère des finances et de l’industrie) qui a remplacé le MITI (ministère de l’Industrie et du commerce international) et au Ministère des Affaires Etrangères (le Gaimusho). Selon le parti démocrate, cette rupture est fondamentale. A ma question sur les inflexions politiques à apporter, la réponse est assez vague : elle tient pour l’essentiel à un surcroît de décentralisation. En fait, ni la relation avec les Etats-Unis ni l’avenir des relations avec la Chine, ni le contenu d’une relance économique chiffrée à 200 milliards de dollars, mais non encore votée par le Parlement, ni la question du chômage qui dépasse à nouveau 5% ne sont au cœur du débat. L’avenir des retraites et leur financement et la prorogation de missions de soutien logistique aux forces de l’OTAN dans l’Océan Indien constituent pour la presse les thèmes principaux de préoccupation d’une opinion publique qui s’exprime jusqu’à présent plus par la voix des sondages que par celle des urnes.

La question est souvent évoquée d’un « projet national japonais » qui souderait le peuple japonais dans une nouvelle ambition collective, comparable au désir de rattrapage de l’Occident pendant l’ère Meiji ou à la volonté de reconstruction après la deuxième guerre mondiale et pendant toute la période de « haute croissance » (jusqu’en 1990). Faute qu’une réponse claire y soit apportée, la crainte s’exprime, par exemple chez le Professeur Higuchi, que l’emporte encore une fois la tentation du « bon vieux nationalisme ».

Il y a sans aucun doute d’autres directions à explorer :

- D’abord l’activation d’une véritable démocratie japonaise enracinée dans les choix de l’individu-citoyen (et non de l’individu consommateur). Il se peut que l’alternance probable en 2009 marque le début de cette activation bien nécessaire selon le Professeur Higuchi qui déplore le poids du conformisme social et politique dans son pays.

- Ensuite dans le rapprochement du Japon avec la Chine et la Corée, non seulement sur le plan économique (dès aujourd’hui la Chine est le premier client et le premier fournisseur du Japon) mais aussi sur le plan politique, culturel et psychologique. A la différence de l’Europe, l’Asie n’a pas tourné la page de la deuxième guerre mondiale. Défaut de « repentance » de la part du Japon ? Instrumentation par le gouvernement chinois des souvenirs amers de l’occupation japonaise ? Volonté des Etats-Unis de tenir le couvercle fermé, la relation sino-américaine primant évidemment toutes les autres ? La complémentarité du développement avancé du Japon et du développement en cours de la Chine est évidente. Aucun peuple de l’Asie ne peut souhaiter une guerre qui serait ravageuse, que ce soit à propos de la Corée ou de Taiwan. Reste que le rattrapage des Etats-Unis par la Chine est inscrit à l’horizon des vingt ou trente prochaines années. La question de ces trente années n’ira pas sans tension. Le Japon pourra-t-il contribuer à les atténuer ? et même pourrait-il se tenir à l’écart d’un dérapage ?

Le Japon a un rôle à jouer vis-à-vis de toutes les puissances asiatiques hors la Chine (ASEAN, Inde) et vis-à-vis de l’Australie pour créer un contexte favorable à la coopération et à la paix. On souligne souvent la progression des budgets de défense de la Chine (+ 17 % par an). C’est oublier que la Chine part d’assez bas et que son budget de défense n’est sans doute que le dixième de celui des Etats-Unis. Reste que la Chine est une puissance nucléaire et spatiale et que sa marine dispose avec la proximité des côtes chinoises d’un avantage stratégique en mer de Chine, que ne contrebalance que la présence d’une flotte et de forces armées américaines dans les ports du Japon et en Corée.

Le Japon depuis 1990 (l’éclatement de la bulle immobilière et de la bulle financière) n’a connu qu’une croissance ralentie (1). Au moment où, à partir de 2005-2006 il paraissait en sortir, le voilà à nouveau frappé par la crise. L’économie japonaise en 2008 est entrée en récession. La dette publique japonaise se situe à un niveau record – 170% du PNB- très au-dessus de l’Italie (110 %) et même de l’Allemagne et de la France (un peu en dessous de 70%), mais cette considération doit être tempérée par une autre, tenant au faible endettement des ménages japonais et à l’assainissement de leur système bancaire depuis près de vingt ans. La dette privée (ménages et entreprises) est de 80 % du PNB au Japon contre 170 % aux Etats-Unis.

Cette situation des finances publiques pourrait faire penser que la « remboursabilité » de la dette publique est un problème soutenable. Ce serait oublier cependant que la Banque du Japon maintient depuis quinze ans un taux d’intérêt extrêmement bas, voire proche de zéro, condition qui en Europe n’est pas et ne peut pas être remplie, compte tenu du statut de la BCE. Les inégalités ont crû au Japon comme ailleurs. Les efforts de réduction du déficit budgétaire ont été contrariés par le déficit croissant des pensions. Le nombre de personnes retraitées qui ont repris un travail ne cesse cependant d’augmenter (2). Il est néanmoins certain que, outre le vieillissement, la diminution de la population pose désormais problème.

L’économie japonaise est frappée de langueur. Les exportateurs français de produits de luxe constatent la saturation du marché. Dans ces conditions y a-t-il beaucoup à attendre des efforts de relance que s’apprête à faire le gouvernement japonais ? Un facteur positif domine cependant le paysage : le Japon consacre à la recherche et à l’innovation 3,5 % de son produit intérieur brut, et cela, pour l’essentiel, à travers ses grandes et moyennes entreprises privées, dynamisées par le METI. C’est cette recherche industrielle que la France n’a pas su développer malgré le lancement en 1983 de « programmes mobilisateurs » qui ont bien vite tourné court, et malgré l’expérience récente d’une soixantaine de pôles de compétitivité souvent peu ou pas articulés entre eux.

Je m’étais rendu au Japon en 1981 comme ministre de la Recherche, puis en 1990 comme ministre de la Défense. Je constate en 2008 qu’il y a toujours des leçons à prendre au Japon !

Je conclurai ces brèves considérations par un retour comparatif sur nos deux démocraties :

La Constitution de 1946 a, au Japon, un rôle structurant du point de vue de l’identité nationale (comme la loi fondamentale allemande de 1949 en Allemagne). C’est pourquoi le Professeur Higuchi peut parler comme J. Habermas en Allemagne de « patriotisme constitutionnel ». L’exemple de la Constitution américaine de 1787 pourrait être évoqué mais il ne me paraît pas significatif : la Constitution américaine est réellement fondatrice du lien national qu’ont contracté entre elles les treize anciennes colonies britanniques.

Rien de tel en France : c’est la République qui structure l’identité nationale. Malgré les états de service de la Constitution de la Ve République, elle n’est pas « fondatrice ». La France a une identité républicaine née de la Révolution française. Elle n’a pas d’identité constitutionnelle (malgré l’emploi de cette expression par le Conseil Constitutionnel, en 2003, pour limiter par avance l’emprise de la « Constitution européenne » que le peuple, alors, n’avait pas encore rejetée).

Et la République, c’est d’abord le débat civique dans un espace commun, soustrait à l’empire des dogmes.

Pour la curiosité du lecteur, je joins à cette courte note le canevas de l’intervention que j’ai prononcée en partie et développée à la maison franco-japonaise de Tokyo, m’efforçant de dissiper le malentendu qui existe à propos de la nation (entendue comme nation civique (démos) et non comme nation « holiste » (ethnos)), souvent confondue avec le nationalisme qui en est une maladie, alors qu’elle est d’abord le cadre de l’expression démocratique légitime.

Les récents développements de la crise en Europe l’ont montré abondamment : ce sont les Etats-nationaux qui, parce qu’ils sont démocratiquement légitimes, ont pu imposer des plans de sauvegarde bancaire ou des plans de relance, l’Europe n’ayant fourni que le cadre – plus ou moins cohérent – de leur emboîtage.

Peut-il exister une « République européenne » ? m’ont demandé mes interlocuteurs japonais. Certainement, leur ai-je répondu, car la République se définit plus à partir de la « Res Publica » - la chose publique - que par opposition à un système monarchique.

Or, il y a certainement une « res publica » européenne, comme il y a d’ailleurs une « res publica » universelle, et donc potentiellement une « République universelle ». Simplement, il faut partir de la « brique de base » - la nation – qu’il faut rendre consciente d’elle-même civiquement en tant que « communauté de citoyens » et non idolâtrer ou démoniser, au risque de faire le jeu des ennemis de la démocratie.

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1) 4 % de 1980 à 1990 ; 1,64% de 1990 à 1995 ; 1,28 % de 1995 à 2003.
2) 21,7 % de la population de plus de 65 ans contre 2,8 % en Allemagne et 1,3 % en France.


Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le Mardi 23 Décembre 2008 à 19:35 | Lu 8138 fois




1.Posté par furaxauboulot le 23/12/2008 21:16
Je ne trahirai pas JPC en disant qu'au pays de Kurosawa , il a trouvé une culture qu'il aime et respecte...Pour ce qui est de Paul Morand , je suis probablement trop sectaire pour lui accorder plus que l'étiquette d'un dandy réactionnaire méprisé à juste titre par le Général De Gaulle.

2.Posté par furaxauboulot le 25/12/2008 23:04
JPC dit :

"Peut-il exister une « République européenne » ? m’ont demandé mes interlocuteurs japonais. Certainement, leur ai-je répondu, car la République se définit plus à partir de la « Res Publica » - la chose publique - que par opposition à un système monarchique".

Deux observations :

- De plus en plus , à l'étranger , lorsque l'on se trouve sur un autre continent , c'est l'appartenance à l'Europe plutôt qu'au pays d'origine qui est mise en avant. Je le déplore pour ma part. car il n'y a pas d'identité européenne , tout au plus un patchwork.
Une ResPublica européenne ? Universelle ? Où commence la chose publique et où finit-elle ? Où finit la Souveraineté ?
- Nonobstant la candeur niponne sur le distingo République/ Monarchie , le vrai débat , en amont par rapport au point précédent est à mon sens Démocratie / Oligarchie(s).Quelle est la définition du mot "élite"/ Oligarchie(s) ? Une fois la situation clarifiée sur le plan hexagonal , il nous sera loisible de passer au stade de la reflexion européenne , la problématique universelle étant finalement plus facile à aborder car vieille comme le Monde.



Or, il y a certainement une « res publica » européenne, comme il y a d’ailleurs une « res publica » universelle, et donc potentiellement une « République universelle ». Simplement, il faut partir de la « brique de base » - la nation – qu’il faut rendre consciente d’elle-même civiquement en tant que « communauté de citoyens » et non idolâtrer ou démoniser, au risque de faire le jeu des ennemis de la démocratie.

3.Posté par furaxauboulot le 25/12/2008 23:24
Je continue donc par rapport au point précédent en raison d'un copier-coller mal géré faisant suite aux deux observations en l'occurence préliminaires.
Là encore , je me permettrai deux observations :
- JPC n'est nullement donneur de leçons vis-à-vis de pays qui font actuellement l'objet d'une défiance de la communauté internationale.. Ce qui vaut ici n'est pas forcément valable ailleurs sur le globe. Où finit l'Universalisme ? Où commence le relativisme ?
- L'idôlatrie nationale semble être le nationalisme , étranger au Patriotisme. Quel dégré d'abnégation une nation peut elle consentir au nom d'un bien présumé idéologiquement et institutionnellement supérieur ? Je pense aux concessions au sein de l'Europe.

4.Posté par Den85 le 27/12/2008 01:40
J'ai toujours été fasciné par le Japon et la civilisation japonaise étant plus jeune. C'était un pays pour lequel je vouais une véritablement passion qui s'est plus tard estompé en prenant de l'âge. Je crois que M Chevènement a le mérite d'avoir pointer quelque chose de fort juste: la synthèse que le Japon a réalisé bon gré mal gré entre sa propre culture et une certaine occidentalisation. Peut-être est-ce un modèle à prôner pour l'avenir, encore le Japon devra sans doute faire son travail de mémoire vis-à-vis de la Chine et de la Corée.

Je partage les points de vue de M. Chevènement, notamment vers la fin: la France n'a pas d'identité constitutionnelle, l'identité de la France c'est le cadre républicain et je rajoute que ça devrait rester comme ça. La République est notre socle de valeurs, celui qui garantit les droits et devoirs de tous les citoyens sans aucune distinction et c'est ce socle de valeurs qu'il faut défendre quand il est attaqué par le mondialisation uniformisante mais aussi une certaine idée "post-nationale" (dont vous faîtes je crois allusion en parlant de J Habermas) qui est soutenue par les institutions européennes. Le patriotisme constitutionnel n'est pas français, le patriotisme républicain l'est.

5.Posté par Jean-François DELAHAIS le 27/12/2008 13:18
Il y a manifestement une erreur dans le second renvoi du texte. D'après l'INSEE au 1er janvier 2008 la population de la France était de 63 753 000 et la population de plus de 65 ans, pour 2007, était de 10 111 093 (4 930 531 pour les 65 à 74 ans, 3 865 773 pour les 75 à 84 ans et 1 314 789 pour les plus de 85 ans) soit 15,86%. Ce qui laisse une différence importante avec le Japon si le chiffre est exact pour ce pays. Le Chiffre annoncé pour l'Allemagne est vraisemblablement erroné, lui aussi.

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