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La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire


Intervention du sénateur Jean-Pierre Chevènement sur le budget du Ministère des Affaires étrangères, vendredi 5 décembre 2008.


La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire
L’examen des crédits de la mission « Action extérieure de l’Etat » est l’occasion de nous interroger sur la capacité de notre pays à exister en dehors de ses frontières, c’est-à-dire pour les autres, mais aussi pour lui-même, tant il est vrai qu’on ne peut séparer les affaires étrangères de la politique intérieure.

Etrangères, ces affaires le sont si peu qu’elles se répercutent souvent très vite sur les équilibres de la société française et sur nos choix politiques : crises au Moyen-Orient, crise financière, montée irréversible de la Chine au rang des très grandes puissances et qui fait déjà sentir son poids, élection américaine qui rebat les cartes en maints domaines, en Irak, mais aussi en Afghanistan où nous risquons d’être entraînés dans une guerre qu’on ne peut pas gagner. La multipolarité du monde est d’ores et déjà un fait. Encore peut-on se demander si elle n’est pas elle-même dépassée par un mouvement brownien de nations qui, à côté de pays continents, aspirent à s’affirmer, hier le Vietnam, aujourd’hui l’Iran, le Venezuela, la Bolivie, la Serbie, demain sans doute la Corée. Bref, le monde reste fait de nations et la France, puissance ancienne mais encore respectable, membre permanent du Conseil de Sécurité, disposant d’une capacité nucléaire dissuasive, tête de la francophonie, qui rassemble, à travers une langue partagée, de très nombreux peuples sur tous les continents, peut encore influer.

Parlons d’abord de votre budget puis de votre politique.

I – Votre budget.
Si votre budget est modeste, votre mission est importante. Si vous ne disposez que de 15 866 emplois, chacun sait que le personnel du Quai d’Orsay est de très grande qualité : son professionnalisme, sa motivation, son dévouement au service de la France, en font un corps d’élite et pour tout dire une des grandes institutions de la France. Vous avez hérité, Monsieur le Ministre, du deuxième réseau diplomatique du monde. C’est un grand atout pour l’influence et le rayonnement de notre pays. Mais que voyons-nous à travers ce projet de budget ?

1. A structures constantes, il baisse de 1,53%.

a) On vous colle sur le dos les pensions des enseignants à l’étranger - 120 millions d’euros – au risque d’étouffer l’AEFE (l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger).
b) La prise en charge passablement démagogique des frais de scolarité des enfants français – 20 millions de plus cette année mais 94 millions à terme – ne peut manquer d’avoir un effet d’éviction sur les enfants des élites du pays d’accueil ou de pays tiers. C’est un précieux moyen de rayonnement que nous gaspillons ainsi.
c) La croissance optique des crédits de votre ministère – 3,6 % - provient du « rebasage » toujours trop tardif - 41,2 millions cette année – destiné à financer les opérations de maintien de la paix de l’ONU comme l’opération Darfour dont le coût pour la France est chiffré à plus de 90 millions d’euros. Croyez-vous que des problèmes humanitaires puissent être traités essentiellement à travers le prisme militaire ? N’y a-t-il pas une approche politique, moins coûteuse, plus efficace et en définitive plus humaine ?
d) Les contributions de la France hors OMP aux institutions internationales - 405 millions d’euros en 2008 - représentent plus que le coût de nos ambassades – 160 millions d’euros – et de nos consulats - 97 millions d’euros.
e) Un mot, Monsieur le Ministre, sur la francophonie. Son centre de gravité sera de plus en plus en Afrique. N’ayons donc pas peur d’affirmer la nécessité y compris militaire de notre présence en Afrique pour aider à la construction de jeunes Etats. Sans la sécurité, il n’y a ni développement ni démocratie possible. Deuxième observation : l’avenir de la francophonie passe pour le multilinguisme. Il faut augmenter les moyens accordés au corps des interprètes et traducteurs non seulement à l’ONU mais dans toutes les organisations dont nous sommes membres. Une surcharge très légère sur les transactions internationales permettrait de sauver la diversité culturelle et linguistique du monde. Une cause qui vaut la peine d’être défendue !

2. Une contradiction manifeste frappe ainsi le budget de votre ministère. La France réduit ses moyens d’action propres. Elle augmente sa participation aux organisations multilatérales et aux opérations de maintien de la paix. Tout se passe comme si nous avions de plus en plus peur d’agir par nous-mêmes et comme si nous devions dissimuler notre action dans des interventions multilatérales où la France n’apparaît guère.

a) C’est dans ces conditions que votre ministère se voit appliquer, au nom de la révision générale des politiques publiques, un plan de rigueur d’une exceptionnelle sévérité.
Vous devez ainsi supprimer 700 équivalents temps plein de vos effectifs, soit 4 % : plus d’un départ à la retraite sur deux, alors que certains ministères ne sont taxés que de un sur trois. Ce sont des économies de bout de chandelle. Désormais on touche à l’os. Plus de la moitié des suppressions de postes concernera des personnels titulaires.
b) On n’améliorera pas l’image de la France en créant trois catégories d’ambassades. Cette différenciation qui heurtera la sensibilité des pays-hôtes qui se sentiront méprisés sera fortement préjudiciable à notre rayonnement.
c) Outre les restrictions infligées à l’AEFE, j’observe que les crédits consacrés à l’action culturelle baissent de 13 % dans le programme 185. Des fermetures successives sont intervenues, notamment en Allemagne, notre premier partenaire en Europe, alors que nos voisins multiplient les British Councils, les Goethe Instituts, ou les Instituts Cervantès. Tout se passe comme si la coopération culturelle servait de variable d’ajustement. Cessons ces fermetures. Soyons moins restrictifs à l’accueil d’étudiants étrangers dont l’effectif baisse pour la première fois en 2008.

3. Comment ne pas comparer à la modestie de nos moyens propres le poids des opérations extérieures (dites OPEX) dans le budget de la Défense ? Un surcoût de 850 millions d’euros en 2008, soit 20 % de vos crédits, et un coût réel d’ailleurs, bien supérieur ! Un mot encore sur le coût du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie – plus de 300 millions d’euros pour plus de 1 000 emplois. Je laisse ces chiffres à votre réflexion et à celle du Sénat.

Vos crédits sont chichement mesurés. Parallèlement, la contribution de la France au budget de l’Union Européenne atteindra 17,4 milliards d’euros. En solde net, nous paierons 4 milliards d’euros au budget de l’Union Européenne ce qui fera de nous le deuxième contributeur net, un peu derrière l’Allemagne. Où est la cohérence de notre action extérieure ?


II – Venons-en à votre politique

Le XXIe siècle comporte pour la France un grave risque d’effacement, soit qu’elle se laisse absorber dans un Empire, soit qu’elle se fracture entre différents communautarismes. Ces deux dangers peuvent d’ailleurs aller de pair.

Au premier de ces dangers conspire l’idéologie « occidentaliste », théorisée par M. Balladur dans un livre intitulé « Pour une Union Occidentale » : il faudrait dans un Occident en perdition une véritable fusion euratlantique, bien entendu autour des Etats-Unis.

1. L’OTAN serait la colonne vertébrale de ces futurs Etats-Unis d’Occident. Je ne crois pas que ce soit là ni l’intérêt ni la vocation de la France : le monde est pluriel au Sud comme au Nord et dans un monde de nations la France a encore un beau rôle à jouer. A quoi sert l’OTAN, Monsieur le Ministre, quand l’URSS a disparu, et dans un monde dont les équilibres se déplacent à grande vitesse vers l’Asie ? Dans deux décennies, le PIB de la Chine aura rejoint, si les tendances observées se poursuivaient, celui des Etats-Unis. S’agit-il de nous mettre à la remorque de leur diplomatie et de transformer l’OTAN en bras armé de l’Occident, sous la direction des Etats-Unis, comme on le voit au Kosovo ou en Afghanistan ?

L’Institut John Hopkins réfléchit, nous dit-on, à un « nouveau concept stratégique de l’OTAN ». Nous aimerions être associés à cette réflexion. S’agit-il de contenir la Russie ? Il est regrettable que le Président de la République ait approuvé le déploiement par l’OTAN de systèmes anti-missiles en Tchéquie et en Pologne. Le principe de l’adhésion à l’OTAN de l’Ukraine et de la Géorgie a été acté, même si sa concrétisation a été renvoyée à un avenir indéfini. Chacun voit le danger de se laisser entraîner dans les conflits du Caucase ou dans une nouvelle affaire de Crimée dont Sébastopol sera l’enjeu.

Le comportement politique irresponsable de certains leaders, comme on l’a vu en Géorgie, peut mettre en danger la sécurité collective. On nous dit qu’il y a des critères pour l’admission dans l’OTAN : sincérité des élections – indépendance de la justice – lutte contre la corruption, etc. Je crains qu’en réalité nous ayons mis le doigt dans un engrenage, même si la Géorgie et l’Ukraine n’ont pas été admises dans la procédure « MAP », préparatoire à l’admission.

Le Président de la République nous a expliqué que la réintégration de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN était subordonnée dans son esprit à des progrès décisifs en matière de défense européenne. J’avoue ne pas voir ces avancées : on nous parle d’action maritime commune contre la piraterie sous l’autorité d’un amiral britannique. J’ose espérer que nous ne nous payons pas de mots.

La seule réalisation concrète significative serait la constitution permanente d’un Etat-major de forces, auquel s’oppose toujours la Grande-Bretagne, à ma connaissance. Le retour dans l’organisation militaire intégrée n’aurait pour la France que des inconvénients : il porterait un coup à l’originalité de notre posture de défense et de politique extérieure aux yeux des peuples du Sud et de puissances émergentes.

Une telle réintégration renforcerait encore la propension de certains de nos officiers généraux à s’évaluer à l’aune du regard américain plutôt qu’à l’aune de l’intérêt national.

En tout cas, le Parlement a un impérieux besoin de débattre de cette question et notamment du « nouveau concept stratégique de l’OTAN », avant toute décision, et avant même le Conseil de l’OTAN prévu à Strasbourg en avril prochain. Il ne serait pas admissible que celui-ci soit l’occasion d’une piteuse mise en scène du retour au bercail du fils prodigue.

2. Certes il y a eu des aspects positifs dans la diplomatie française récente :

a) Le succès du lancement de « l’Union pour la Méditerranée », obéré cependant par le fait qu’on n’a pas vu se constituer en 2008 un Etat palestinien viable, contrairement à des propos imprudents.
b) Il y a eu surtout le succès de la Présidence française de l’Union européenne :
- d’abord de la médiation russo-géorgienne qui préserve la possibilité d’un partenariat indispensable entre la Russie et l’Union européenne ;
- ensuite face à la crise financière, les initiatives pragmatiques du Président Sarkozy qui a su mettre en congé - mais pour combien de temps ? - les règles européennes qui eussent pu faire obstacle à une stratégie de consolidation bancaire et je l’espère aussi, de relance économique coordonnée à l’échelle européenne et mondiale.
c) Leçon de choses pour ouvrir les yeux des tenants d’une idéologie fédéraliste à l’échelle de l’Europe : on a assisté au grand retour non seulement de la puissance publique mais des Etats-nations parce que seuls ceux-ci ont la légitimité démocratique qui leur permet d’agir en cas de crise. Le Président Sarkozy a eu la sagesse de le comprendre et d’agir en pratiquant la géométrie variable en matière européenne. C’est par cercles concentriques progressifs : G4 puis Eurogroupe à quinze, auquel s’est joint la Grande-Bretagne, puis Union européenne à vingt-sept, qu’un cadre de cohérence a été dessiné, où se sont emboîtés des plans qui restent nationaux.

J’observe que le Président de la Commission européenne, M. Barroso, ressassant de vieilles patenôtres, voudrait faire valoir à nouveau des règles de concurrence opportunément suspendues alors qu’il faudrait faire prévaloir l’idée de politiques économiques et industrielles coordonnées sur les tables de la loi de la concurrence libre et non faussée.
d) Opportune également a été la décision de réunir, le 15 novembre, le G20 à Washington, même si l’application tarde et se heurte en Europe aux réticences de Madame Merkel dont on ne sait si c’est le dogme libéral ou une vision à courte vue de l’intérêt de l’Allemagne qui les inspirent. Je crois au contraire que le rôle de locomotive de la relance correspond à l’intérêt européen et par conséquent à l’intérêt national bien compris de l’Allemagne.

3. La France ne doit pas avoir peur de son ombre, y compris dans ses rapports avec le grand allié d’Outre Atlantique. Les retrouvailles avec M. Bush étaient peut-être un peu trop ostensibles, puisqu’aussi bien, nous allons devoir travailler avec M. Obama et son équipe. Les priorités de celui-ci ne sont pas forcément les nôtres. Comme l’a dit plaisamment Hubert Védrine, gardons-nous de croire que les Américains ont élu à la Maison Blanche un Européen de gauche.

L’un des premiers discours de M. Obama, à Chicago, évoquait « un nouveau leadership américain ». La vérité est que M. Obama devra réviser en baisse les objectifs de la politique extérieure américaine. Il aura aussi besoin de la coopération internationale pour relancer l’économie et instaurer aux Etats-Unis une société moins inégalitaire. L’équipe qu’a choisie M. Obama est composée d’hommes et de femmes réalistes. M. Obama a laissé entendre qu’il nouerait un rapport diplomatique avec Téhéran. Il faut résister à la tentation de frapper, donner du temps au temps et parier sur la société iranienne avide de modernité. L’Iran est la puissance dominante de la région depuis l’écrasement de l’Irak. C’est un fait.

Les Etats-Unis peuvent faire comprendre aux dirigeants iraniens que le véritable intérêt de leur pays n’est pas dans la prolifération nucléaire dans une région instable. Il serait intelligent de la part de la France de se placer dans la perspective de ce rapprochement irano-américain probable plutôt que de surenchérir sur un bellicisme à courte vue.

4. Concernant le Kosovo, quel intérêt y a-t-il à prolonger notre présence militaire dans un micro Etat non viable ? Il ne sert à rien de faire miroiter à une demi-douzaine d’Etats de l’ancienne Fédération yougoslave la perspective d’une adhésion à l’Union européenne sans leur avoir demandé de procéder à une intégration régionale préalable.

5. Un mot sur l’Afghanistan, M. le Ministre : le risque est grand de nous voir entraînés à participer toujours plus profondément à une guerre sans issue. La solution n’est pas à Kaboul mais à Islamabad où la jeune démocratie pakistanaise doit s’affranchir de la tutelle de son armée.

6. Enfin, une question sur la Chine : comment expliquez-vous la vivacité regrettable de la réaction chinoise aux propos du Président de la République sur une éventuelle rencontre avec le Dalaï Lama ?

Est-il bien heureux, M. le Ministre, qu’après avoir échoué à trouver une solution politique viable au conflit israélo-palestinien, ou aux conflits balkaniques, nous allions nous immiscer dans les conflits immémoriaux de l’Hindou-Kouch, du Caucase, des vallées himalayennes ? Il y a pour la France une manière raisonnable et honnête d’exister, loin de l’hubris de postures que nous ne pouvons pas soutenir dans la durée, mais tout simplement en nous tenant à la légalité internationale telle que la définit le Conseil de Sécurité dont nous sommes membre permanent.

7. Un mot encore sur la réforme du Conseil. Sachons ne pas augmenter le nombre de ses membres permanents au-delà de vingt et permettons que certains membres non permanents puissent être rééligibles au bout de deux ans. Cette simple « réformette » (il suffit de modifier un article de la Charte) permettrait l’inclusion dans le Conseil de quelques membres semi-permanents ou quasi permanents et consoliderait la légitimité déjà grande du Conseil de Sécurité.

Déjà au XVIe siècle Montaigne écrivait qu’il se sentait homme en général et Français par accident. J’aimerais vous convaincre, Monsieur le Ministre, qu’on peut s’écarter de cette inspiration et défendre les intérêts de la France sans trahir ceux de l’Humanité.


Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le Samedi 6 Décembre 2008 à 11:23 | Lu 5339 fois



1.Posté par Gaulliste de Bagdad le 06/12/2008 22:21
Selon vous : "Il serait intelligent de la part de la France de se placer dans la perspective de ce rapprochement irano-américain". Mais à quel prix? Un irak moyen-àgeux dépendant de l'Iran. Votre discours a changé au regard de l'Irak. Ce pays mérite-t'il la partition comme le voulaient vos adversaires.Je suis navré.

2.Posté par furaxauboulot le 07/12/2008 00:25
La Francophonie est le cadet des soucis de NS. Merci à JPC de remettre à l'ordre du jour cet impératif , surtout après la déplorable attitude en la matière du-dit NS.

France + Québec ( plutôt Canada Francophone ) + Wallonie = Bruxelles + Afrique Francophone et j'en passe : même combat.

3.Posté par Claire Strime le 08/12/2008 11:01
Oui, la désastreuse expédition de Crimée...mais il y eut aussi l'aventure expédition au Mexique, et le rattachement raté du Luxembourg; pourtant Napoléon III avait 1 certaine profondeur historique, ce qui n'est pas forcément le cas des "princes" qui nous gouvernent en ce début de XXIème siècle.


http://www.napoleontrois.fr/site/index.php?La-politique-exterieure

4.Posté par Claire Strime le 08/12/2008 11:04
et j'avais oublié le désastre de Sedan!!!!

5.Posté par Naradatta le 08/12/2008 16:19
@ Claire Strime
ooohhhhh les raccourcis
Crimée: une défaite, pas sûr que MacMahon ait été de cet avis...
Mexique: une idée soufflée par son entourage, l'Empereur n'avait que peu envie d'envoyer Maximilien au charbon

Par contre, et là je te rejoins, au delà du fiasco profond du Mexique, on voit que la pensée bonapartiste avait, un siècle avant de Gaulle, compris la régionalisation et la logique des grands blocs. D'où l'Empire latin d'Amérique du sud pour contrer les USA, le royaume Arabe autonome contre les anglais...

D'ailleurs, récemment, l'Empire Latin, je l'ai vu dans un colloque. Brésiliens, mexicains, parlant mieux le français que certains français.

Je doute que sa majesté sarko, à la politique étrangère si éclairée, fasse que dans un siècle de cela, l'Afghanistan devienne francophone.

Cordialement.

6.Posté par Claire Strime le 08/12/2008 18:52
La "victoire" de la guerre de Crimée fut d'empêcher l'empire tsariste russe d'arriver jusqu'à Constantinople et de mettre fin à l'empire ottoman.
Les "vainqueurs": le roi de Prusse (projet de chemin de fer Berlin-Bagdad) et surtout la Grande-Bretagne.
Mais qu'avait à gagner la France dans cette galère? Absolument rien!!!
Toute ressemblance avec des évènements postérieurs...

7.Posté par Naradatta le 08/12/2008 20:59
@ Claire strime

Exister sur la scène internationale.
Tester son armée.
Rapprocher peuple et armée, faire aimer l'armée.

Afghanistan

Ingérence kouchnerienne.
Droit de rentrer dans l'otan.
Faire croire à soixante millions d'indolents qu'on est un chef de guerre (non mais!).

Faut pas m'en vouloir, mais je préfère Napoléon III.

8.Posté par furaxauboulot le 09/12/2008 18:55
Mais que se passe-t'il donc en Grèce ? Ce n'est pas la presse française qui nous apportera un éclairage profond sur la crise grâve que traverse ce pays. Il est question d'un gouvernement conservateur ? Chez nous aussi. D'une classe politique disqualifiée ? Chez nous aussi. D'étudiants exaspérés ? Chez nous aussi mais les jeunes travailleurs intellectuels pauvres , trop pris par leurs difficultés quotidiennes n'en sont pas arrivés à ce point de rupture. Peut-on m'expliquer ce qui se passe là-bas ? Est-ce transposable en France ? Euh.....Pardon.

9.Posté par Claire Strime le 10/12/2008 10:07
Sur la presse française...le meilleur article était dans l'"Herald tribune". Et si vous comprenez l'espagnol, "El Pais" était bien meilleur que nos habituels "champions nationaux"...

10.Posté par furaxauboulot le 10/12/2008 21:18
Le Peuple Grec à de nombreux siècles de distance nous montrerait-il la voix de la résistance contre une oppresion "soft" ? 68 était un phénomène international. Allons-nous connaitre un "Noël 68" ? Il est temps de passer d'un monde à un autre et que ce soit la Grèce qui nous montre la voie ; quel symbole !

11.Posté par henri 34 le 11/12/2008 17:44
La Gréce et les grecs:un pays et un peuple humiliés depuis un siécle par:
Un nettoyage ethnique au début du 20eme siécle les expulsant d'Asie mineure.
Une guerre civile jusqu'en 1950 où seul l'intêrét des grandes puissances est pris en compte.
Un roi qui veut jouer au politique et qui n'en a pas la stature à la différence de son beauf Juan Carlos.
Un régime militaire qui veut durer au lieu de se retirer sur l'Aventin de ses casernes.
Une déculottée à Chypre face à l'adversaire turc.
La naissance de la Macédoine toujours non reconnue par Athénes.
La cour faîte par les EU et l'UE au voisin turc auquel on excuse tout(occupation du nord de Chypre et tendance islamique)
Une classe politique sans hommes et femmes neufs avec pouvoir héréditaire:fils et filles de,un peu comme Aubry et papa Delors et Sarko et son fiston.
Ces derniéres années les Européens de tradition orthodoxe en ont pris plein la gu.....de Belgrade à Moscou en passant par Athénes.
Alors un exemple grec?Peut-être mais pas partout et certainement pas dans des pays où apparaissent sans cesse de nouveaux dirigeants à gauche comme à droite(GB et Allemagne) ce qui facilite la projection dans l'avenir au lieu de pleurer sur sa splendeur passée et de s'en repentir.

12.Posté par furaxauboulot le 11/12/2008 21:38
Pensez-vous henri 34 que les Grecs se considèrement comme appartenant à une grande communauté orthodoxe comprenant donc les Serbes , les Russes etc ? Quand je prends connaissance des informations sur ce pays , il y a toujours les images de la junte des colonels , le film de Costa-Gavras Z etc.La Grèce serait le maillon faible de l'Europe ? La tradition démocratique moderne y est-elle suffisament ancrée ?

13.Posté par henri 34 le 12/12/2008 13:46
Dépassant quelques querelles byzantines entre les divers patriarcats et mettant à profit la chute du mur de Berlin la communauté orthodoxe est en train de seretrouver actuellement.
Au niveau des masses le conflit des Balkans a aidé à réaliser cette recherche d'identité.Des volontaires russes et grecs se sont battus avec les Serbes de Bosnie et la Gréce en dépit des pressions de l'UE et des USA a longtemps traîné les pieds pour participer au contingent ONU en ne s'engageant que dans la logistique alors que les Turcs jouaient un rôle plus important.
Tous les pays orthodoxes ont mal pris le procés de Milosevic à La Haye et la famille du dictateur a trouvé refuge à Moscou alors que les Grecs qui étaient prêts à les accueillir renonçaient sur les pressions occidentales.
La reconnaissance du Kossovo a récemment cristallisé l'identité trans nationale des orthodoxes avec le refus de relations diplomatiques.Déjà lors de l'intervention de l'OTAN l'arrivée surprise de paras russes à Pristina avant même les troupes otanniennes avait provoqué un sentiment de fierté.
L'identité orthodoxe se nourrit aussi de crispations vis à vis de la Turquie musulmane ennemi héréditaire choyée par l'Occident selon eux et aussi vis à vis des catholiques(le pape n'a jamais pu mettre les pieds à Moscou et à Athénes il fut acceuilli fraîchement.Avec les pays arabes les relations des orthodoxes sont plus faciles ne serait-ce que par le souvenir d'une colonisation ottomane subie en commun et par une certaine habitude du vivvre ensemble comme à Jérusalem où la sympathie du Patriarche pour les palestiniens est notoire.
Face à l'envahissement de la mondialisation matérialiste les orthodoxes ont un réflexe commun de défense encouragé par un mysticisme oriental(un office orthodoxe est de ce point de vue significatif et vaut d'être vécu une fois).
Quant au maillon faible de l'Europe la Gréce l'est sûrement.Autrement elle ne consacrerait pas deux fois plus de part de PNB à son armée que les autres pays de l'UE.Elle ne conserverait pas une frontiére minée avec la Turquie.Elle ne serait pas satisfaîte du retour de la flotte de guerre russe en Méditerranée.
La Gréce a conscience de sa faiblesse.Un timide espoir était né avec l'euro.Il a bien vite disparu avec un taux de chômage deux fois plus élevé que dans la zone commune et le plus mince développement économico-social.La comparaison sur ce plan avec Portugal et Espagne débarrassés de dictatures miltaires au même instant est significative.
Alors la démocratie dans tout çà!!!!!Un personnel politique corrompu de tous les côtés.Il n'y a pas de leader de la stature d' un Gonzalés,d'un Aznar,d'un Soarés,d'un Barroso pour balayer l'éventail politique.
Tout celà est un peu sommaire je le reconnais.

14.Posté par Claire Strime le 12/12/2008 17:50
Celui qui voit plus loin et a compris la multipolarité (infos diffusées sur le site des Moudjahidines du Peuple)...:

"Dominique de Villepin de nouveau en Iran
Iran Focus, 21 novembre 2008 – L’ex-premier ministre français, Dominique De Villepin, a participé à Téhéran une conférence internationale des maires des grandes villes d’Asie. Il en a également profité pour rencontrer Mahmoud Ahmadinejad, président du régime iranien et faire la promotion de la politique du « dialogue » avec l’Iran. (…)"




15.Posté par furaxauboulot le 12/12/2008 19:30
Merci à Henri34 pour sa brillante analyse.

16.Posté par maël le 12/12/2008 22:55
J.P Chevènement estime que le bilan de la présidence française est positif si l'on considère la gestion par N. Sarkozy de la crise en Georgie et sa réaction face à la crise financière.
Il n'en demeure pas moins qu'à l'occasion du sommet de Bruxelles concluant la présidence française, la décision de d'organiser un nouveau vote des Irlandais sur le Traité de Lisbonne a été prise. L'histoire retiendra que la tentative de sauvetage de ce funeste Traité s'est faite sous Présidence française à un moment où la crise financière démontre chaque jour combien sont périmés les principes sur lesquels ce Traité est assis ! L'occasion était pourtant belle d'enterrer le Traité de Lisbonne et de proposer une révision générale des textes communautaires.

17.Posté par furaxauboulot le 14/12/2008 12:30
Espagne, Allemagne, Etats-Unis... et les autres: la presse étrangère fait le bilan de l'action de Nicolas Sarkozy, au terme des six mois de présidence française de l'UE. La revue de web de LEXPRESS.fr.
Pendant six mois Nicolas Sarkozy a été à la tête de l'Union européenne (UE). Six mois pendant lesquels le président français a multiplié les initiatives internationales, réagissant fermement et de manière particulièrement réactive de l'actualité. Un style qui n'a laissé indifférent aucun des partenaires de la France: certains ont aimé, d'autres pas. Voici un recueil non exhaustif des points de vue de la presse étrangère.

Sa gestion des dossiers

Pour notre confrère espagnol d'El País Lluis Bassets, le président français laisse une bonne impression. A ses discours impétueux, qui peuvent irriter, sont venus s'ajouter une énergie et une assurance qui manquait à l'UE pour reprendre sa marche en avant. La présidence française a permis de définir des politiques communes dans au moins quatre domaines: l'énergie et l'environnement, l'immigration, la défense et la sécurité.

Une vision positive que ne partage pas le quotidien allemand Der Spiegel. Ulrich Fichtner accuse "l'omniprésident président" de "dilapider la démocratie française" dans un éditorial paru le 8 décembre. Celui qui promettait l'ouverture dans ses discours de campagne semble désormais oppressant. Sarkozy joue pour lui au docteur avec une démocratie vieillissante, et ces dernières incisions mettent en danger ces organes vitaux. Le chef de l'Etat français aurait durant sa présidence remis en cause les piliers historiques que sont la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse et la protection des minorités.

La BBC, la radio britannique constate que le fossé entre la "vieille" Europe et les nouveaux Etats membres des pays de l'Est ne s'est pas résorbé au cours de la présidence française. Pire, le volet énergétique l'aurait creusé. Le Premier ministre et le président polonais, Donald Tusk et Lech Kaczynski ont pris Sarkozy en grippe, tout comme Vaclav Klaus, le très libéral mais néanmoins anti-atlantiste président de la République tchèque, qui défend bec et ongles la libre gestion des énergies fossiles.

Le blog américain World politics review avance pour sa part une explication. Selon Judah Grunstein, Sarkozy n'a pas tenté de faire de la France un acteur proéminent sur la scène international mais plutôt de transformer l'UE en acteur incontournable. Hélas pour lui son pays n'aurait plus assez de poids, ni dans le monde, ni en Europe pour cela.

Sa personnalité

Son leadership a été apprécié des allemands, même s'il n'a jamais su trouver le ton avec Angela Merkel. Le quotidien économique Handelsblatt admire ce "petit Français avec beaucoup d'énergie", qui a polarisé l'attention, provoqué, fasciné et amusé comme personne auparavant à la même fonction. Il a marqué par son style politique la fin de l'ère Bush en ayant un rôle clé dans le dénouement du conflit en Géorgie et dans la lutte contre la crise financière. Ces six mois ont démontré la nécessité pour l'Union européenne d'avoir à sa tête une personnalité forte, venant d'un pays important.

Le Frankfurter Rundschau va regretter l'ambition et l'engagement de "l'entreprenant" Nicolas Sarkozy, alors que le président tchèque, Vaclav Klaus, eurosceptique, s'apprête à lui succéder. Même s'il reconnaît que le président français n'a pas répondu à toutes les attentes qu'on pouvait avoir de lui.

Le quotidien espagnol La Razón félicite quant à lui un Nicolas Sarkozy qui a su tenir tête à la Chine à propos de sa récente entrevue avec le dalaï lama. Le président français ne s'est pas laissé "dicter" son agenda, malgré l'enjeu économique d'une brouille avec Pékin. Il n'a pas cédé devant l'annulation du sommet UE-Chine, ni devant les chiffres du ministère chinois du commerce, qui a rappelé que les échanges commerciaux entre la France et la Chine représentaient 27 000 millions d'euros en 2007.

A l'inverse la presse chinoise, à l'image du China Daily, s'indigne devant l'impétuosité du président français et menace d'un boycott non seulement des produits français. Ce relais du parti communiste chinois aborde aussi d'éventuelles répercussions de cette affaire pour d'autres membres de l'UE.

Sur un angle plus satirique et people l'hebdomadaire américain The Phoenix classe Nicolas Sarkozy dans son top 100 des hommes les moins sexy en 2008. Même s'il n'arrive que 93e, le président français se voit reprocher son étalage public de sa vie privée, notamment sa relation avec Carla Bruni, devenu madame Sarkozy en début d'année.

Ses relations avec d'autres chefs d'Etat

Dans une récente édition, le Tagesspiegel analyse la politique étrangère du président sortant de l'UE. Le quotidien allemand constate que Sarkozy a été le plus fidèle allié de George W. Bush durant ces six mois à la tête des institutions européennes, alors que les européens eux-mêmes étaient majoritairement hostiles à cette politique transatlantique.

Le journaliste Thomas Speckmann relève aussi que l'Allemagne s'est trouvée exclue des discussions autour de la nomination de Dominique Strauss-Kahn au FMI comme des négociations sur le Proche-Orient. Pour lui le bilan européen du président français est donc bien maigre.

Enfin, le FrankfurterAllgemeine insiste sur l'amitié grandissante entre Gordon Brown et Nicolas Sarkozy depuis le début de la crise financière, et leur volonté commune d'infléchir le cours de la politique de l'Union européenne dans leur intérêt, au détriment de la position allemande, évidemment.

18.Posté par furaxauboulot le 14/12/2008 13:13
Biderberg club dont l'un des membres les plus éminents est DSK:

Le Referendum Constitutionnel en France

Le premier jour des rencontres secrètes au Bilderberg 2005 fut dominé par une discussion sur le referendum constitutionnel en France et pour savoir si Chirac pouvait persuader la France de voter OUI le 29 mai. Un vote pour, selon des sources au sein du Bilderberg, mettrait une grosse pression sur Tony Blair pour confier la Grande-Bretagne aux bras ouverts du Nouvel Ordre Mondial par l'intermédiaire de leur propre referendum sur le traite programmé pour 2006. Matthias Nass s'est demandé à haute voix si un vote en France contre le traité pouvait causer à coup sûr une tempête politique en Europe et éclipser les six mois de présidence européenne de la Grande-Bretagne (qui débute le 1er juillet). Les Bilderbergers espèrent que Blair et Chirac, qui ont étalé au grand jour, à plusieurs reprises, leur animosité, peuvent travailler ensemble pour leur bénéfice mutuel et leur survie politique. Un autre Bilderberger européen a ajouté que les deux leaders doivent laisser derrière eux et aussi vite que possible toutes leurs anciennes querelles sur des sujets comme l'Irak, la libéralisation de l'économie européenne et l'avenir du rabais que la Grande-Bretagne a reçu de l'UE ; et qu'ils doivent s'atteler à une intégration européenne complète, qui pourrait se désintégrer si le peuple français, souvent "têtu et obstiné" (selon les mots d'un Bilderberger britannique) ne font pas ce qu'il faut. Entendez par là : abandonner leur indépendance pour le "plus grand bien" d'un super Etat fédéral européen !

Un Bilderberger allemand initié a déclaré que le vote français pour le OUI était délicat à cause des "délocalisations. Les emplois en Allemagne et en France s'envolent pour l'Asie et l'Ukraine," (pour profiter d'une main d'œuvre bon marché). [L'Ukraine qui se presse à la porte de l'Union Européenne…] Un politicien allemand a demandé comment Tony Blair allait faire pour demander aux Britanniques d'embrasser la Constitution Européenne lorsque, à cause des délocalisations, la France et l'Allemagne connaissent des taux de chômage de 10% et que la Grande-Bretagne se porte économiquement bien.


19.Posté par furaxauboulot le 21/12/2008 12:38
JPC a tout à fait raison de mentionner le Vénézuela. Ce pays fait l'objet d'un traitement de (dé)faveur assez désolant. Le Président Chàvez pourtant régulièrement reconduit par le Peuple à l'issue de chaque élection fait l'objet d'une campagne de dénigrement systématique. Certes , le personnage est haut en couleurs mais la Culture Latino explique largement ce qui est qualifié en Europe ( du nord )d'outrance populiste. La Vème République dans ce pays prévoit la faculté d'organiser un référendum révocatoire. On aimerait que cela soit le cas ailleurs parfois. On l'accuse de vouloir devenir président à vie (en ce compris dans la presse de gauche). D'abord , cela a fait l'objet d'un référendum et ensuite , ce n'est que la possibilité de se représenter au suffrage universel au-delà du nombre de mandats prévu par la Constitution. Le parallèlisme des formes a été strictement observé. En ce qui concerne la politique intérieure du Vénézuela , des trés importantes avancées sociales sont à mettre au crédit du chef de l'Etat. En revanche , le grand échec est à l'évidence l'impossibilité d'agréger les classes moyennes à cette politique qui préserve en tout état de cause les Libertés Fondamentales.
Quant à la politique extérieure , le tact et la mesure doivent être de mise de part et d'autre. Une vraie promotion d'un Monde multipolaire suppose un abandon de la part de Washington et de ses alliés d'une suprématie dont personne ne sort vainqueur à long terme.Souhaitons donc un peu plus d'objectivité de la part des medias.

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