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Jean-Pierre Chevènement invité de Public Sénat mardi 10 février à 18h


Il répond dans l'émission "18h" aux questions de Michel Grossiord sur la réintégration de la France dans l'OTAN.


L'émission peut être revue en intégralité ci-dessus (à partir de la 19ème minute) ou sur le site de Public Sénat.


Rédigé par Chevenement.fr le Mardi 10 Février 2009 à 19:16 | Lu 3288 fois




1.Posté par BA le 13/02/2009 22:35
« Bonjour, Messieurs les traîtres. »

Il y a un certain nombre d'années, Michel Jobert avait fait sensation en apostrophant ses collègues européens par ces mots : « Bonjour, Messieurs les traîtres. » Il pourrait malheureusement reprendre la même apostrophe à l'égard des dirigeants français, à la suite de la tribune commune que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel viennent de signer dans le « Monde ».

Prétendre fonder nos alliances « sur des valeurs communes, comme l'Union européenne et l'OTAN » marque un tournant politique d'une portée considérable, puisqu'il place sur le même plan l'Europe et l'OTAN, désormais confondues au sein d'une vaste entité euro-atlantique ou « occidentale ». Cela revient à abandonner et à condamner toute perspective de construction d'une Europe libre et responsable d'elle-même.

Rien ne justifie le retour de la France dans l'OTAN et la remise en cause de l'un des rares consensus forts de notre pays.

Nous y perdrons la considération que nous avions sur la scène internationale et particulièrement notre capacité à être entendus dans un certain nombre de conflits.

Nous ne renforcerons en rien la défense européenne. C'est nous qui étions jusqu'ici porteurs de cette ambition, alors que trop de nos partenaires trouvent confortable de s'en remettre à d'autres du soin d'assurer leur défense et de ne pas consentir les efforts budgétaires qui seraient nécessaires. C'est nous qui risquons désormais de nous aligner sur cette démarche de facilité, et non l'inverse.

Nous serons de plus en plus contraints de suivre les Etats-Unis sur les théâtres d'engagement extérieur qu'ils décideront, alors que l'une des raisons du retrait de l'OTAN en 1966 était précisément de refuser cet automatisme.

Alors que nous disposons aujourd'hui d'une réelle autonomie de décision, grâce à nos systèmes de renseignement, grâce à la force nucléaire stratégique, au porte-avion et aux sous-marins nucléaires d'attaque, nous en faisons le deuil pour l'octroi de deux commandements de second rang à l'intérieur de l'OTAN.

Pour tous ceux qui croient en la France et en la construction de l'Europe, cette décision qui n'a été ni concertée, ni discutée, ni approuvée par les Français ou par le Parlement, constitue bien une véritable trahison.

Daniel GARRIGUE
Député non-inscrit (ex-UMP) de la Dordogne

http://www.danielgarrigue.com/blog/blog.html

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