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"Dès lors qu'on ne peut plus dévaluer, il nous reste la dévaluation fiscale"


Jean-Pierre Chevènement était l'Invité de 7h50 de France Inter, jeudi 8 novembre 2012. Il répondait aux questions d'Hélène Jouan.


"Dès lors qu'on ne peut plus dévaluer, il nous reste la dévaluation fiscale"

f_inter.mp3 France Inter - Invité de 7h50  (6.69 Mo)


Verbatim express

  • A propos du rejet du projet de loi de programmation budgétaire 2012 par le Sénat : le Sénat est majoritairement à gauche mais le gouvernement n'y a pas de majorité. Le Parti Communiste a voté contre cette loi de programmation qui décline, il faut le dire, le TSCG et, par anticipation, la loi organique qui en résulte.
  • Pour ma part, je me suis abstenu. Je voterai le budget car je suis dans la majorité présidentielle mais je pense que la carcan européen est beaucoup trop coercitif pour voir redémarrer la croissance avant 5 ans. Il faudra l'assouplir.
  • Par un savant dégradé d'opposition, j'ai voté contre le TSCG, je voterai pour le budget et je n'ai pas pris part au vote sur la loi de programmation.
  • François Hollande avait parlé pendant la campagne du défi de la compétitivité, de la désindustrialisation, du déficit commercial. Quand on lisait entre les lignes, on voyait bien que ce problème de la compétitivité allait se poser. Il a choisi courageusement de prendre le taureau par les cornes.
  • Je pense que la rapport Gallois est courageux, lucide. Il dit que la côte d'alerte est atteinte. Notre déficit extérieur est considérable. Il fallait redonner aux entreprises la capacité d'investir, de reprendre 6 points de compétitivité sur les 15 perdus depuis le début des années 2000 sur l'Allemagne

  • Corriger un erreur n'est pas se renier. Le débat sur la TVA m'a toujours paru un peu surréaliste. Il faut voir ce qui a le meilleur effet sur notre balance commerciale, notre compétitivité.
  • Dès lors qu'on ne peut plus dévaluer, ce que je regrette, la seule chose qui nous reste à faire c'est de la dévaluation fiscale. Le gouvernement a choisi courageusement ce qui pouvait être fait. Je le soutiens. C'est une question de mobilisation de tous les acteurs de la production avec en arrière plan un pacte social.
  • Si Jean-Luc Mélenchon n'avait pas voté le traité de Maastricht, il serait mieux placé pour donner des leçons. Nous sommes coincés par le système de la monnaie unique.
  • Il n'y a pas d'avenir dans la confrontation. Elle serait contre-productive pour la France, pour les classes populaires. L'avenir est à la coopération de tous les acteurs de la production.
  • Concernant le « mariage pour tous » : le débat est d'un niveau assez faible. Je ne me décris pas comme sceptique : j'ai été à l'origine du contrat d'union civile, l’ancêtre du PACS.
  • La question qui se pose est de savoir si on doit troubler les repères fondamentaux sur lesquels repose toute société. Je ne suis pas un hyper libéral, je suis un républicain. Je crois que la République repose sur quelques règles protectrices des libertés. La protection des droits de l'enfant me semble être quelque chose qu'il faut avoir à l'esprit.
  • Cependant, il ne faut pas passionner inutilement cette question marginale comparée aux grands problèmes de société, de politique étrangère que nous avons à affronter.


Rédigé par Chevenement.fr le Jeudi 8 Novembre 2012 à 09:11 | Lu 4123 fois



1.Posté par VALROFF JEAN le 08/11/2012 11:12
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Enfin quelqu'un dont les propos tranchent comparativement au formalisme béat des uns et les vociférations actuelles d'anciens "camarades".
Comme à son habitude, Chevènement place reste constructif tout en rappelant avoir prédit de longue date la situation dans laquelle se trouve le Pays.
Quand comprendra-t-on qu'en la personne du présentement sénateur de Belfort, comme se fut le cas pour un Mendes France écarté trop longtemps du Pouvoir par la "meute" antisémite, la France des moqueurs impénitents s'est privée bêtement d'un des trois ou quatre hommes politiques de notre Pays dignes d'être des chet-d'état?

2.Posté par Jules DUNORD le 08/11/2012 23:54
M. Chevènement, vous avez aimé le rapport Gallois, aimerez-vous le rapport Jospin qui préconise la stricte application du non cumul des mandats ainsi que la modification de la désignation des grands électeurs pour le sénat ? Nous verrons.

Ainsi donc vous approuvez la hausse de la tva et pensez que les classes populaires doivent participer comme tous à l’effort national. Vous allez donc bientôt demander la suppression des stocks options, des retraites chapeau et des bonus pour nos « grands » patrons. Ne me dites pas que vous n’y avez pas pensé.

Que pensez-vous d’un gouvernement qui, il y a peu de temps, a supprimé l’augmentation de tva souhaitée par l’ancien Président et a augmenté les impôts des sociétés de 10 milliards et qui, cette semaine, a fait l’inverse : augmenter la tva et réduire les impôts des sociétés de 20 milliards ?
Pour ma part, je pense comme Thomas Piketty, économiste proche du PS, que ce n’est pas sérieux et que cela fait preuve d’amateurisme. J’ajouterais que c’est une grosse erreur politique.

Au lieu de réduire les charges patronales et salariales, le gouvernement accorde un crédit d’impôts qui s’appliquera, forcément, aux sociétés qui font des bénéfices donc qui paient des impôts. Les sociétés qui vont mal, ne font pas ou peu de bénéfices donc ne paient pas ou peu d’impôts. Donc ces sociétés continueront à payer plein pot leurs charges.

Ne me dites que vous êtes assez naïf pour croire que la totalité des crédits d’impôts serviront à embaucher des chômeurs et des jeunes ou pour la recherche.

A force d’être pris pour des greluches, un jour les classes populaires se réveilleront. Le FMI, dans un tout nouveau rapport, le craint fortement.

3.Posté par Sylvie GOMES le 11/11/2012 12:36
Le gouvernement actuel n'assure pas l'indépendance de la France sur le plan économique et sur celui de sa politique extérieure , comme l'avaient fait par le passé les gouvernements précédents (avec une limite avec Juppé/ Sarkozy).

Il prend des positions inacceptables.

"Nous avons de très bons contacts avec les autorités du Qatar que nous voyons régulièrement et nous sommes parfaitement au clair. Le Qatar a fait le choix d'un partenariat profond avec la France, la France en est heureuse", a déclaré Mr Fabius.

Sur le plan européen, c'est un véritable reniement de Mr Hollande sur le TSCG , qui s'était opposé à Nicolas Sarkozy sur ce sujet là en particulier. C'est quasiment un mensonge électoral.

4.Posté par Jean-Louis ERNIS le 20/11/2012 17:56
M le Ministre, M le Sénateur,
En prenant connaissance de votre analyse du rapport Gallois, je ne regrette pas d’avoir quitté, voici quelques années, votre mouvement.
Votre ralliement au courant de centre-gauche de François Hollande, parsemé de quelques déviances de centre-droit, est consternant.
Cette politique n’a rien de citoyen et encore moins de républicain.
Mais où est donc passé votre avis critique de l’euro, sous sa forme, monnaie unique ?
Votre solidarité avec l’amnésie de votre ancien Directeur de Cabinet est triste à observer.
N’est-ce-pas M Gallois, alors PDG d’E.A.D.S., qui fustigeait la surévaluation de l’euro précisant les pertes en chiffre d’affaire enregistrées à chaque fois que l’euro s’affermissait ?
N’est-ce pas lui qui menaçait de délocaliser, hors zone euro, la production de l’entreprise qu’il présidait ?
Pourquoi l’argument justifié d’un euro trop cher a-t-il disparu de votre analyse et de celle de M Gallois ?
Faut-il voir dans votre nouvelle mission au côté du Ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, autre rallié à la cause du « oui européiste » après avoir en 2005 mené la campagne du non, des raisons de votre ralliement ?
Quant à Jean-Luc Mélenchon, que vous classez à l’extrême gauche (France Inter du 8/11/2012) sans reproduire (je pense malicieusement) cette appartenance sur votre blog, à qui vous reprochez d’avoir voté « oui » au référendum de Maastricht en 1992, votre propos fait preuve d’un profond mépris à l’égard des citoyens.
Que vous ayez à régler des comptes avec votre ancien camarade de la rue de Solférino, c’est votre affaire, mais prendre en otages des milliers de citoyens, fait preuve d’une extrême légèreté.
Considérer, de fait, que les milliers et les millions d’électeurs qui, de bonne foi et sur les conseils appuyés du Président Mitterrand, ont voté « oui » à Maastricht doivent aujourd’hui payer la facture de leur erreur, par une très forte austérité sociale, me laisse sans voix.
Vous semblez ne pas vous rendre compte de l’angoisse et du désarroi que vous procurez chez les citoyens qui vous faisaient confiance.
Il serait plus correct, M le Sénateur, que vous rejoignez directement le Parti Socialiste comme l’a, semble t’il, récemment fait votre ancien camarade le Maire de Belfort et quelques uns de ses amis (es).
Acceptez, M le Sénateur, mes salutations républicaines.

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