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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-13T20:11:22+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Jean-Pierre Chevènement invité du colloque Le Liban dans l'union pour la méditerranée</title>
   <pubDate>Fri, 23 Jan 2009 13:03:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ce colloque est organisé à l'Institut du Monde Arabe par la Fondation Safadi, l'IRIS et l'Institut du Monde Arabe, mardi 27 janvier 2009 entre 13h30 et 18h.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1196331-1555445.jpg?v=1289480060" alt="Jean-Pierre Chevènement invité du colloque Le Liban dans l'union pour la méditerranée" title="Jean-Pierre Chevènement invité du colloque Le Liban dans l'union pour la méditerranée" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement interviendra dans la table-ronde de 14h45 : &quot;L'économie libanaise dans l'économie des pays arabes méditerranéens&quot;       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>Ouverture de la séance par Christine Lagarde, Ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi       
       </li></ul><ul class="list"><li>Président : Pascal Boniface, Directeur, IRIS       
       </li></ul><ul class="list"><li>Hervé de Charette, Député, Président de la Chambre de Commerce franco-arabe, ancien ministre       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Pierre Chevènement, Sénateur du Territoire de Belfort, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et de la Fondation Res Publica, ancien ministre       
       </li></ul><ul class="list"><li>Toufic K. Gaspard, Économiste libanais       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nicolas Sarkis, Directeur du Centre arabe des études pétrolières à Paris       <br />
              <br />
       Le programme complet est disponible <a class="link" href="http://www.imarabe.org/temp/rencontres/colloque_20090127.html">sur le site de l'IMA</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire</title>
   <pubDate>Sat, 06 Dec 2008 11:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention du sénateur Jean-Pierre Chevènement sur le budget du Ministère des Affaires étrangères, vendredi 5 décembre 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1136288-1458610.jpg?v=1289480051" alt="La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire" title="La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire" />
     </div>
     <div>
      L’examen des crédits de la mission « Action extérieure de l’Etat » est l’occasion de nous interroger sur la capacité de notre pays à exister en dehors de ses frontières, c’est-à-dire pour les autres, mais aussi pour lui-même, tant il est vrai qu’on ne peut séparer les affaires étrangères de la politique intérieure.       <br />
              <br />
       Etrangères, ces affaires le sont si peu qu’elles se répercutent souvent très vite sur les équilibres de la société française et sur nos choix politiques : crises au Moyen-Orient, crise financière, montée irréversible de la Chine au rang des très grandes puissances et qui fait déjà sentir son poids, élection américaine qui rebat les cartes en maints domaines, en Irak, mais aussi en Afghanistan où nous risquons d’être entraînés dans une guerre qu’on ne peut pas gagner. La multipolarité du monde est d’ores et déjà un fait. Encore peut-on se demander si elle n’est pas elle-même dépassée par un mouvement brownien de nations qui, à côté de pays continents, aspirent à s’affirmer, hier le Vietnam, aujourd’hui l’Iran, le Venezuela, la Bolivie, la Serbie, demain sans doute la Corée. Bref, le monde reste fait de nations et la France, puissance ancienne mais encore respectable, membre permanent du Conseil de Sécurité, disposant d’une capacité nucléaire dissuasive, tête de la francophonie, qui rassemble, à travers une langue partagée, de très nombreux peuples sur tous les continents, peut encore influer. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Parlons d’abord de votre budget puis de votre politique.       <br />
              <br />
       <b>I – Votre budget.</b>       <br />
       Si votre budget est modeste, votre mission est importante. Si vous ne disposez que de 15 866 emplois, chacun sait que le personnel du Quai d’Orsay est de très grande qualité : son professionnalisme, sa motivation, son dévouement au service de la France, en font un corps d’élite et pour tout dire une des grandes institutions de la France. Vous avez hérité, Monsieur le Ministre, du deuxième réseau diplomatique du monde. C’est un grand atout pour l’influence et le rayonnement de notre pays. Mais que voyons-nous à travers ce projet de budget ?       <br />
              <br />
       1.	A structures constantes, il baisse de 1,53%.        <br />
              <br />
       a)	On vous colle sur le dos les pensions des enseignants à l’étranger - 120 millions d’euros – au risque d’étouffer l’AEFE (l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger).        <br />
       b)	La prise en charge passablement démagogique des frais de scolarité des enfants français – 20 millions de plus cette année mais 94 millions à terme – ne peut manquer d’avoir un effet d’éviction sur les enfants des élites du pays d’accueil ou de pays tiers.  C’est un précieux moyen de rayonnement que nous gaspillons ainsi.        <br />
       c)	La croissance optique des crédits de votre ministère – 3,6 % - provient du « rebasage » toujours trop tardif - 41,2 millions cette année – destiné à financer les opérations de maintien de la paix de l’ONU comme l’opération Darfour dont le coût pour la France est chiffré à plus de 90 millions d’euros. Croyez-vous que des problèmes humanitaires puissent être traités essentiellement à travers le prisme militaire ? N’y a-t-il pas une approche politique, moins coûteuse, plus efficace et en définitive plus humaine ?       <br />
       d)	Les contributions de la France hors OMP aux institutions internationales - 405 millions d’euros en 2008 - représentent plus que le coût de nos ambassades – 160 millions d’euros – et de nos consulats - 97 millions d’euros.        <br />
       e)	Un mot, Monsieur le Ministre, sur la francophonie. Son centre de gravité sera de plus en plus en Afrique. N’ayons donc pas peur d’affirmer la nécessité y compris militaire de notre présence en Afrique pour aider à la construction de jeunes Etats. Sans la sécurité, il n’y a ni développement ni démocratie possible. Deuxième observation : l’avenir de la francophonie passe pour le multilinguisme. Il faut augmenter les moyens accordés au corps des interprètes et traducteurs non seulement à l’ONU mais dans toutes les organisations dont nous sommes membres. Une surcharge très légère sur les transactions internationales permettrait de sauver la diversité culturelle et linguistique du monde. Une cause qui vaut la peine d’être défendue !        <br />
              <br />
       2.	Une contradiction manifeste frappe ainsi le budget de votre ministère. La France réduit ses moyens d’action propres. Elle augmente sa participation aux organisations multilatérales et aux opérations de maintien de la paix. Tout se passe comme si nous avions de plus en plus peur d’agir par nous-mêmes et comme si nous devions dissimuler notre action dans des interventions multilatérales où la France n’apparaît guère.        <br />
              <br />
       a)	C’est dans ces conditions que votre ministère se voit appliquer, au nom de la révision générale des politiques publiques, un plan de rigueur d’une exceptionnelle sévérité.        <br />
       Vous devez ainsi supprimer 700 équivalents temps plein de vos effectifs, soit 4 % : plus d’un départ à la retraite sur deux, alors que certains ministères ne sont taxés que de un sur trois. Ce sont des économies de bout de chandelle. Désormais on touche à l’os. Plus de la moitié des suppressions de postes concernera des personnels titulaires.        <br />
       b)	On n’améliorera pas l’image de la France en créant trois catégories d’ambassades. Cette différenciation qui heurtera la sensibilité des pays-hôtes qui se sentiront méprisés sera fortement préjudiciable à notre rayonnement.        <br />
       c)	Outre les restrictions infligées à l’AEFE, j’observe que les crédits consacrés à l’action culturelle baissent de 13 % dans le programme 185. Des fermetures successives sont intervenues, notamment en Allemagne, notre premier partenaire en Europe, alors que nos voisins multiplient les British Councils, les Goethe Instituts, ou les Instituts Cervantès. Tout se passe comme si la coopération culturelle servait de variable d’ajustement. Cessons ces fermetures. Soyons moins restrictifs à l’accueil d’étudiants étrangers dont l’effectif baisse pour la première fois en 2008.       <br />
              <br />
       3.	Comment ne pas comparer à la modestie de nos moyens propres le poids des opérations extérieures (dites OPEX) dans le budget de la Défense ? Un surcoût de 850 millions d’euros en 2008, soit 20 % de vos crédits, et un coût réel d’ailleurs, bien supérieur ! Un mot encore sur le coût du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie – plus de 300 millions d’euros pour plus de 1 000 emplois. Je laisse ces chiffres à votre réflexion et à celle du Sénat.       <br />
              <br />
       Vos crédits sont chichement mesurés. Parallèlement, la contribution de la France au budget de l’Union Européenne atteindra 17,4 milliards d’euros. En solde net, nous paierons 4 milliards d’euros au budget de l’Union Européenne ce qui fera de nous le deuxième contributeur net, un peu derrière l’Allemagne. Où est la cohérence de notre action extérieure ?       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Venons-en à votre politique</b>       <br />
               <br />
       Le XXIe siècle comporte pour la France un grave risque d’effacement, soit qu’elle se laisse absorber dans un Empire, soit qu’elle se fracture entre différents communautarismes. Ces deux dangers peuvent d’ailleurs aller de pair.       <br />
              <br />
       Au premier de ces dangers conspire l’idéologie « occidentaliste », théorisée par M. Balladur dans un livre intitulé « Pour une Union Occidentale » : il faudrait dans un Occident en perdition une véritable fusion euratlantique, bien entendu autour des Etats-Unis.       <br />
              <br />
       1.	L’OTAN serait la colonne vertébrale de ces futurs Etats-Unis d’Occident. Je ne crois pas que ce soit là ni l’intérêt ni la vocation de la France : le monde est pluriel au Sud comme au Nord et dans un monde de nations la France a encore un beau rôle à jouer. A quoi sert l’OTAN, Monsieur le Ministre, quand l’URSS a disparu, et dans un monde dont les équilibres se déplacent à grande vitesse vers l’Asie ? Dans deux décennies, le PIB de la Chine aura rejoint, si les tendances observées se poursuivaient, celui des Etats-Unis. S’agit-il de nous mettre à la remorque de leur diplomatie et de transformer l’OTAN en bras armé de l’Occident, sous la direction des Etats-Unis, comme on le voit au Kosovo ou en Afghanistan ?       <br />
              <br />
       L’Institut John Hopkins réfléchit, nous dit-on, à un « nouveau concept stratégique de l’OTAN ». Nous aimerions être associés à cette réflexion. S’agit-il de contenir la Russie ? Il est regrettable que le Président de la République ait approuvé le déploiement par l’OTAN de systèmes anti-missiles en Tchéquie et en Pologne. Le principe de l’adhésion à l’OTAN de l’Ukraine et de la Géorgie a été acté, même si sa concrétisation a été renvoyée à un avenir indéfini. Chacun voit le danger de se laisser entraîner dans les conflits du Caucase ou dans une nouvelle affaire de Crimée dont Sébastopol sera l’enjeu.        <br />
              <br />
       Le comportement politique irresponsable de certains leaders, comme on l’a vu en Géorgie, peut mettre en danger la sécurité collective. On nous dit qu’il y a des critères pour l’admission dans l’OTAN : sincérité des élections – indépendance de la justice – lutte contre la corruption, etc. Je crains qu’en réalité nous ayons mis le doigt dans un engrenage, même si la Géorgie et l’Ukraine n’ont pas été admises dans la procédure « MAP », préparatoire à l’admission.       <br />
              <br />
       Le Président de la République nous a expliqué que la réintégration de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN était subordonnée dans son esprit à des progrès décisifs en matière de défense européenne. J’avoue ne pas voir ces avancées : on nous parle d’action maritime commune contre la piraterie sous l’autorité d’un amiral britannique. J’ose espérer que nous ne nous payons pas de mots.       <br />
              <br />
       La seule réalisation concrète significative serait la constitution permanente d’un Etat-major de forces, auquel s’oppose toujours la Grande-Bretagne, à ma connaissance. Le retour dans l’organisation militaire intégrée n’aurait pour la France que des inconvénients : il porterait un coup à l’originalité de notre posture de défense et de politique extérieure aux yeux des peuples du Sud et de puissances émergentes.       <br />
              <br />
       Une telle réintégration renforcerait encore la propension de certains de nos officiers généraux à s’évaluer à l’aune du regard américain plutôt qu’à l’aune de l’intérêt national.       <br />
              <br />
       En tout cas, le Parlement a un impérieux besoin de débattre de cette question et notamment du « nouveau concept stratégique de l’OTAN », avant toute décision, et avant même le Conseil de l’OTAN prévu à Strasbourg en avril prochain. Il ne serait pas admissible que celui-ci soit l’occasion d’une piteuse mise en scène du retour au bercail du fils prodigue.       <br />
              <br />
       2.	Certes il y a eu des aspects positifs dans la diplomatie française récente :       <br />
              <br />
       a)	Le succès du lancement de « l’Union pour la Méditerranée », obéré cependant par le fait qu’on n’a pas vu se constituer en 2008 un Etat palestinien viable, contrairement à des propos imprudents.       <br />
       b)	Il y a eu surtout le succès de la Présidence française de l’Union européenne :        <br />
       -	d’abord de la médiation russo-géorgienne qui préserve la possibilité d’un partenariat indispensable entre la Russie et l’Union européenne ;       <br />
       -	ensuite  face à la crise financière, les initiatives pragmatiques du Président Sarkozy qui a su mettre en congé - mais pour combien de temps ? - les règles européennes qui eussent pu faire obstacle à une stratégie de consolidation bancaire et je l’espère aussi, de relance économique coordonnée à l’échelle européenne et mondiale.       <br />
       c)	Leçon de choses pour ouvrir les yeux des tenants d’une idéologie fédéraliste à l’échelle de l’Europe : on a assisté au grand retour non seulement de la puissance publique mais des Etats-nations parce que seuls ceux-ci ont la légitimité démocratique qui leur permet d’agir en cas de crise. Le Président Sarkozy a eu la sagesse de le comprendre et d’agir en pratiquant la géométrie variable en matière européenne. C’est par cercles concentriques progressifs : G4 puis Eurogroupe à quinze, auquel s’est joint la Grande-Bretagne, puis Union européenne à vingt-sept, qu’un cadre de cohérence a été dessiné, où se sont emboîtés des plans qui restent nationaux.       <br />
              <br />
       J’observe que le Président de la Commission européenne, M. Barroso, ressassant de vieilles patenôtres, voudrait faire valoir à nouveau des règles de concurrence opportunément suspendues alors qu’il faudrait faire prévaloir l’idée de politiques économiques et industrielles coordonnées sur les tables de la loi de la concurrence libre et non faussée.        <br />
       d)	Opportune également a été la décision de réunir, le 15 novembre, le G20 à Washington, même si l’application tarde et se heurte en Europe aux réticences de Madame Merkel dont on ne sait si c’est le dogme libéral ou une vision à courte vue de l’intérêt de l’Allemagne qui les inspirent. Je crois au contraire que le rôle de locomotive de la relance correspond à l’intérêt européen et par conséquent à l’intérêt national bien compris de l’Allemagne.        <br />
              <br />
       3.	La France ne doit pas avoir peur de son ombre, y compris dans ses rapports avec le grand allié d’Outre Atlantique. Les retrouvailles avec M. Bush étaient peut-être un peu trop ostensibles, puisqu’aussi bien, nous allons devoir travailler avec M. Obama et son équipe. Les priorités de celui-ci ne sont pas forcément les nôtres. Comme l’a dit plaisamment Hubert Védrine, gardons-nous de croire que les Américains ont élu à la Maison Blanche un Européen de gauche.       <br />
              <br />
       L’un des premiers discours de M. Obama, à Chicago, évoquait « un nouveau leadership américain ». La vérité est que M. Obama devra réviser en baisse les objectifs de la politique extérieure américaine. Il aura aussi besoin de la coopération internationale pour relancer l’économie et instaurer aux Etats-Unis une société moins inégalitaire. L’équipe qu’a choisie M. Obama est composée d’hommes et de femmes réalistes. M. Obama a laissé entendre qu’il nouerait un rapport diplomatique avec Téhéran. Il faut résister à la tentation de frapper, donner du temps au temps et parier sur la société iranienne avide de modernité. L’Iran est la puissance dominante de la région depuis l’écrasement de l’Irak. C’est un fait.       <br />
              <br />
       Les Etats-Unis peuvent faire comprendre aux dirigeants iraniens que le véritable intérêt de leur pays n’est pas dans la prolifération nucléaire dans une région instable. Il serait intelligent de la part de la France de se placer dans la perspective de ce rapprochement irano-américain probable plutôt que de surenchérir sur un bellicisme à courte vue.       <br />
              <br />
       4.	Concernant le Kosovo, quel intérêt y a-t-il à prolonger notre présence militaire dans un micro Etat non viable ? Il ne sert à rien de faire miroiter à une demi-douzaine d’Etats de l’ancienne Fédération yougoslave la perspective d’une adhésion à l’Union européenne sans leur avoir demandé de procéder à une intégration régionale préalable.       <br />
              <br />
       5.	Un mot sur l’Afghanistan, M. le Ministre : le risque est grand de nous voir entraînés à participer toujours plus profondément à une guerre sans issue. La solution n’est pas à Kaboul mais à Islamabad où la jeune démocratie pakistanaise doit s’affranchir de la tutelle de son armée.       <br />
              <br />
       6.	Enfin, une question sur la Chine : comment expliquez-vous la vivacité regrettable de la réaction chinoise aux propos du Président de la République sur une éventuelle rencontre avec le Dalaï Lama ?       <br />
              <br />
       Est-il bien heureux, M. le Ministre, qu’après avoir échoué à trouver une solution politique viable au conflit israélo-palestinien, ou aux conflits balkaniques, nous allions nous immiscer dans les conflits immémoriaux de l’Hindou-Kouch, du Caucase, des vallées himalayennes ? Il y a pour la France une manière raisonnable et honnête d’exister, loin de l’hubris de postures que nous ne pouvons pas soutenir dans la durée, mais tout simplement en nous tenant à la légalité internationale telle que la définit le Conseil de Sécurité dont nous sommes membre permanent.       <br />
              <br />
       7.	Un mot encore sur la réforme du Conseil. Sachons ne pas augmenter le nombre de ses membres permanents au-delà de vingt et permettons que certains membres non permanents puissent être rééligibles au bout de deux ans. Cette simple « réformette » (il suffit de modifier un article de la Charte) permettrait l’inclusion dans le Conseil de quelques membres semi-permanents ou quasi permanents et consoliderait la légitimité déjà grande du Conseil de Sécurité.        <br />
              <br />
       Déjà au XVIe siècle Montaigne écrivait qu’il se sentait homme en général et Français par accident. J’aimerais vous convaincre, Monsieur le Ministre, qu’on peut s’écarter de cette inspiration et défendre les intérêts de la France sans trahir ceux de l’Humanité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/La-politique-etrangere-de-la-France-dans-un-monde-multipolaire_a731.html</link>
  </item>

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   <title>Chevènement: Sarkozy «a raison» de «prendre des risques» sur la Syrie</title>
   <pubDate>Sun, 13 Jul 2008 18:28:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, dimanche 13 juillet 2008, 10h30.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/988630-1235144.jpg?v=1289480135" alt="Chevènement: Sarkozy «a raison» de «prendre des risques» sur la Syrie" title="Chevènement: Sarkozy «a raison» de «prendre des risques» sur la Syrie" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a jugé dimanche que Nicolas Sarkozy &quot;a raison&quot; de &quot;prendre des risques&quot; en invitant la Syrie au lancement de l'Union pour la Méditerranée.       <br />
              <br />
       &quot;Je ne fais pas partie de ceux qui désapprouvent l'invitation à Paris de Bachar al-Assad&quot;, chef de l'Etat syrien, déclare l'ancien ministre <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-Journal-du-dimanche-Il-faut-savoir-prendre-des-risques_a651.html">au Journal du Dimanche</a>. &quot;En politique, il faut savoir prendre des risques. En l'occurrence, Nicolas Sarkozy a raison d'en prendre&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;La Syrie est une pièce stratégique du puzzle du Proche et du Moyen Orient. Il est utile pour la France d'avoir un contact avec ce pays. Si l'on fait l'Union pour la Méditerranée (UPM), il faut le faire avec tous les pays riverains, sans exception&quot;, estime M. Chevènement.       <br />
              <br />
       &quot;Mener cette démarche avec des critères uniquement éthiques nous aurait fait courir le risque de nous retrouver dans un cercle plutôt étroit. Et nous aurait conduits à l'impuissance&quot;, juge celui qui avait démissionné en 1991 du portefeuille de la Défense pour protester contre la guerre du Golfe.       <br />
              <br />
       Pour l'ex-ministre toutefois, l'UPM, &quot;bonne idée au départ&quot; est &quot;hélas largement vidée de son contenu, en raison notamment des exigences de l'Allemagne&quot; qui &quot;a imposé&quot; la présence des 27 pays de l'UE.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/988630-1235144.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Chevenement-Sarkozy-a-raison-de-prendre-des-risques-sur-la-Syrie_a652.html</link>
  </item>

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   <title>Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal du dimanche : «Il faut savoir prendre des risques»</title>
   <pubDate>Sun, 13 Jul 2008 18:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal du dimanche, propos recueillis par Virginie Le Guay, dimanche 13 juillet 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/988629-1235142.jpg?v=1289480135" alt="Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal du dimanche : «Il faut savoir prendre des risques»" title="Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal du dimanche : «Il faut savoir prendre des risques»" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement salue la prise de risque de Nicolas Sarkozy, qui a invité Bachar al-Assad à Paris. En revanche, l'ancien ministre de la Défense se montre plus critique quant à la politique menée par le président. Il s'oppose notamment au retour de la France dans l'Otan et s'interroge sur le paradoxe entre la multiplication des opérations extérieures et la réduction des effectifs.       <br />
              <br />
       <b>Le journal du dimanche : La venue à Paris de Bachar el-Assad suscite la controverse...</b>       <br />
       Je ne fais pas partie de ceux qui désapprouvent l'invitation à Paris de Bachar el-Assad. En politique, il faut savoir prendre des risques. En l'occurrence, Nicolas Sarkozy a raison d'en prendre. La Syrie est une pièce stratégique du puzzle du Proche et du Moyen-Orient. Il est utile pour la France d'avoir un contact avec ce pays. Si l'on fait l'Union pour la Méditerranée, il faut le faire avec tous les pays riverains. Sans exception. Mener cette démarche avec des critères uniquement éthiques nous aurait fait courir le risque de nous retrouver dans un cercle plutôt étroit. Et nous aurait conduit à l'impuissance.       <br />
              <br />
       <b>L'Union pour la Méditerranée vous parait-elle une bonne initiative?</b>       <br />
       C'était une bonne idée au départ. Elle est, hélas, largement vidée de son contenu, en raison notamment des exigences de l'Allemagne. Angela Merkel a imposé la présence dans l'Union pour la Méditerranée (UPM) des vingt-sept pays de l'Union européenne et exigé que soit maintenu le cadre du processus de Barcelone. Un cadre très contraignant qui aboutira à ce que tous les dossiers de l'UPM soient instruits en dernier ressort par la Commission européenne. Quand on connaît la lourdeur de fonctionnement et les contraintes de la Commission, qui, à ma connaissance, ne dispose pas de ligne budgétaire supplémentaire, on peut s'interroger sur l'efficacité future de l'UPM. Donner à la Commission le dernier mot revient à priver l'UPM d'une large partie de son autonomie.       <br />
              <br />
       <b>Le malaise de l'armée grandit chaque jour. Peut-on parler de divorce entre les militaires et Nicolas Sarkozy?</b>       <br />
       Il y a évidemment une question de style. Dire aux militaires comme l'a fait le président: &quot;Vous êtes des amateurs&quot;, ne me semble pas adroit, c'est le moins qu'on puisse dire. Ce n'est d'ailleurs pas souvent que l'on voit un chef d'état-major de l'armée de terre donner sa démission de façon aussi spectaculaire. Il y a aussi un problème de fond: la réduction annoncée de 54.000 postes pour une armée fortement &quot;dégraissée&quot; n'est guère compatible avec les multiples engagements extérieurs de notre armée. Engagements d'ailleurs très éloignés de nos intérêts nationaux. Je pense au Kosovo et à l'Afghanistan, deux opérations qui se font sous commandement de l'Otan. Il y a aujourd'hui dix-sept opérations militaires extérieures dans lesquelles nos forces sont impliquées. On est loin de l'inspiration gaulliste de notre politique de défense. Un pays qui remet à d'autres, dans le cas qui nous occupe à l'organisation militaire intégrée de l'Otan, le soin de sa défense, abandonne la maîtrise de sa politique étrangère et de son destin. Je suis très préoccupé par l'abandon du consensus en matière de défense auquel en tant qu'ancien ministre de la Défense je suis très attaché et auquel j'avais contribué à rallier le PS. J'étais partisan de la dissuasion nucléaire avant tout le monde. C'est sous mon influence que le PS l'accepta en 1978.        <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200828/chevenement-il-faut-savoir-prendre-des-risques_132598.html">Voir l'entretien sur le site du JDD</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/988629-1235142.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-Journal-du-dimanche-Il-faut-savoir-prendre-des-risques_a651.html</link>
  </item>

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   <title>Entretien de Jean-Pierre Chevènement à La Provence : «Les Irlandais ont parlé pour les autres peuples»</title>
   <pubDate>Sun, 29 Jun 2008 11:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement à La Provence, propos recueillis par Philippe Reinhard, dimanche 29 juin 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/976331-1216382.jpg?v=1289480135" alt="Entretien de Jean-Pierre Chevènement à La Provence : «Les Irlandais ont parlé pour les autres peuples»" title="Entretien de Jean-Pierre Chevènement à La Provence : «Les Irlandais ont parlé pour les autres peuples»" />
     </div>
     <div>
      <b>La Provence : Lors du congrès du MRC, le week-end dernier, vous avez brandi le drapeau irlandais. Y a-t-il vraiment des raisons de se réjouir du non des Irlandais au traité de Lisbonne ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Le peuple irlandais a parlé pour tous les autres peuples. Au-delà même du traité de Lisbonne, il a contesté le fonctionnement très peu démocratique, pour ne pas dire antidémocratique des institutions européennes. Ni la commission, ni la banque centrale, ni la cour de justice ne rendent de compte à personne. Dans le même temps, les Irlandais ont contesté l’orientation très peu sociale de l’Europe.        <br />
              <br />
       	Cette critique d’une Union technocratique et antisociale est partagée dans l’Europe entière. Les peuples veulent que l’Europe se fasse avec eux. Ils préfèrent une Europe à géométrie variable. On peut ainsi très bien construire une Europe dotée d’un gouvernement économique au niveau de la zone euro pour créer un espace de relance keynésienne. On peut aussi créer une Europe de la défense à la carte. Le non irlandais traduit une volonté démocratique qui débouche sur une autre conception de l’Europe. On assiste à une remise à plat de la construction européenne que M. Sarkozy avait cru pouvoir éviter avec, hélas, la complaisance d’une majorité des élus socialistes. Mais quand on va contre la volonté des peuples, il y a toujours des accidents.        <br />
              <br />
       <b>En saluant la victoire du non irlandais, ne rendez-vous pas encore plus difficile votre rapprochement avec le Parti socialiste, nécessaire à la constitution d’un « parti de toute la gauche » que vous appelez de vos vœux?</b>       <br />
       Le rapprochement avec le Parti socialiste ne se fera pas à n’importe quelle condition. Il se fera sur la base d’un accord de principe. Et la réorientation de la construction européenne est évidemment à la base de la reconstruction de la gauche. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Ce « parti de toute la gauche », comment et avec qui comptez-vous le construire ?</b>       <br />
       Ce qui est important d’abord, c’est que l’une des cinq formations qui se réunissent périodiquement au sein du comité de liaison de la gauche – en l’occurrence le MRC – affirme clairement le cap. Dans la perspective de la constitution d’un parti de toute la gauche, le MRC est en mesure de jouer le rôle d’aiguillon et de catalyseur.        <br />
       	       <br />
       À partir de là, nous savons bien qu’il y aura des obstacles à surmonter. Le Parti socialiste est hégémonique à gauche, mais il ne peut pas accéder au pouvoir dans les conditions actuelles. Cela lui fait une belle jambe d’être le parti le plus puissant de la gauche si la gauche est condamnée à demeurer durablement minoritaire. Il faut donc créer un électrochoc qui, comme le congrès d’Epinay de 1971, provoque une dynamique et entraîne des centaines de milliers de sympathisants et fasse basculer l’électorat. Mais cela ne suffit pas ; il faut aussi de clairs repères républicains afin de reconquérir l’appui des couches populaires.        <br />
              <br />
       <b>Le « parti de toute la gauche » devra-t-il englober le Parti communiste ?</b>       <br />
       Concernant le PC, il ne faut pas qu’il s’enferme sur lui-même, sinon, il va courir à de nouvelles déconvenues. Combien plus efficaces seraient les militants communistes, dont chacun connaît la valeur et le dévouement, s’ils pouvaient militer à l’intérieur d’un vaste ensemble de la gauche.        <br />
              <br />
       <b>Le 13 juillet, la conférence sur le projet d’union de la Méditerranée se tiendra à Paris. Approuvez-vous cette initiative de Nicolas Sarkozy ?</b>       <br />
       L’idée en elle-même était bonne. Mais on constate que, pour l’essentiel, l’Allemagne de Madame Merckel a vidé cette union de la Méditerranée de son contenu. Il n’y aura pas de crédits supplémentaires et tous les projets devront être instruits par la commission de Bruxelles. On est retombé de la sorte dans le processus de Barcelone qui s’est soldé par un échec. Nous sommes confrontés à ce que M. Sarkozy a accepté, à savoir à la rupture de l’équilibre fondateur entre la France et l’Allemagne. Après le traité de Lisbonne et en vertu de critères démographiques, la France ne pèsera plus que les ¾ de l’Allemagne. Et l’on voit dès aujourd’hui que l’Allemagne s’octroie un véritable droit de veto sur des initiatives comme celle de l’union de la Méditerranée, qui, en elle-même, était louable.        <br />
              <br />
       <b>Etes-vous choqué par la présence à Paris, le 14 juillet, du chef de l’Etat syrien, Béchir Al-Assad ?</b>       <br />
       Il aurait mieux valu commencer par une formule moins ambitieuse que cette réunion à quarante, et, par exemple, par une formule à 5 + 5, les cinq pays du Maghreb et les cinq pays européens riverains de la rive nord de la Méditerranée. Cela aurait certainement été plus efficace dans un premier temps. Et puis on aurait élargi au Proche-Orient où les problèmes sont loin d’être résolus.        <br />
              <br />
       	Il ne suffit pas d’une prestation de M. Sarkozy à Jérusalem pour régler le problème de la création de l’Etat palestinien. M. Sarkozy a pris un risque. Maintenant, je ne vais pas le critiquer. Je pratique une opposition constructive. Dès lors qu’il a pris ce risque, je l’approuve.        <br />
              <br />
       ------       <br />
       <a class="link" href="http://www.laprovence.com/articles/2008/06/29/500969-France-plaide-pour-une-Europe-plus-democratique-Les-Irlandais-ont-parle-pourlesautrespeuples.php">Voir l'entretien sur le site de La Provence</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/976331-1216382.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-a-La-Provence-Les-Irlandais-ont-parle-pour-les-autres-peuples_a645.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Un contenu et un chemin pour la création d'un grand parti de toute la gauche</title>
   <pubDate>Sun, 06 Apr 2008 11:45:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Grands textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Projet de texte d’orientation soumis par Jean-Pierre Chevènement à la réflexion du Conseil National du MRC, dimanche 6 avril 2008.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/903095-1114152.jpg?v=1289480131" alt="Un contenu et un chemin pour la création d'un grand parti de toute la gauche" title="Un contenu et un chemin pour la création d'un grand parti de toute la gauche" />
     </div>
     <div>
      La France a cru trouver en M. Sarkozy sinon un sauveur du moins un Président réformateur capable de limiter la casse face aux dégâts de la mondialisation. Elle découvre aujourd’hui non sans effroi l’impasse dans laquelle l’a entraînée son élection.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>I - Un tsunami barre l’horizon</b>       <br />
              <br />
       1)	<span style="font-style:italic">De sombres craquements se font entendre de toutes parts</span> : entrée en récession de l’économie américaine, euro à plus de 1,50 dollar, pétrole dépassant les cent dollars le baril, faillite et renflouement par des fonds souverains étrangers ou directement par la puissance publique, d’institutions financières prestigieuses : le fond Carlyle et les banques Citigroup, Merill Lynch et Bear Stearns aux Etats-Unis, Northern Rock en Grande-Bretagne. C’est tout le système financier mondial miné par un endettement aussi gigantesque qu’inconsidéré qui découvre sa fragilité.       <br />
              <br />
       2)	Les prévisions de croissance en Europe et en France doivent être précipitamment revues à la baisse. Le candidat Sarkozy se flattait de ramener « avec les dents » un point de croissance supplémentaire. <span style="font-style:italic">C’est avec, au mieux, un point de croissance en moins que le nouveau Président de la République va devoir compter.</span> Loin de remettre en cause les contraintes européennes, M.Sarkozy a négocié sans aucune contrepartie et fait adopter, en catimini, un traité de Lisbonne qui reprend la substance de la Constitution européenne. Ce traité entérine <span style="font-style:italic">l’impuissance d’institutions européennes déconnectées du suffrage universel</span> face à la globalisation financière ainsi que <span style="font-style:italic">la perte d’influence de la France</span> par rapport à l’Allemagne dans les votes au Conseil des ministres européen. En acceptant que notre pays ne pèse plus que les trois quarts de son partenaire principal en Europe, le Président de la République a mis fin à la parité fondatrice qui, pendant un demi-siècle, avait assuré un développement relativement équilibré de la construction européenne. Presque simultanément, Madame Merkel a mis son <span style="font-style:italic">veto au projet d’Union pour la Méditerranée</span> ou plus précisément l’a vidé de sa substance en l’inscrivant dans le cadre communautaire et en le privant de tout financement supplémentaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le gouvernement prépare un programme drastique d’économies budgétaires et de réformes dites « structurelles », en fait libérales. <span style="font-style:italic">C’est une cure de rigueur sans précédent</span> qui s’annonce. L’ensemble des services publics est dans la mire. Pendant ce temps, l’euro cher précipite les délocalisations. L’érosion de notre tissu industriel et le creusement du déficit commercial vont de pair. Ainsi notre pays est-il confronté, non pas à un vide de projet, mais à un projet bien précis d’abaissement du coût du travail et de retrait généralisé de la Puissance publique au bénéfice du marché. <span style="font-style:italic">Ce projet est condamné d’avance</span> parce que dans l’Europe de Maastricht et de Lisbonne, il ne touche pas aux paramètres essentiels et notamment monétaires qui gouvernent l’activité économique.       <br />
              <br />
       3)	<span style="font-style:italic">Après le référendum du 29 mai 2005, l’espoir s’était levé</span> d’un redressement à la fois de l’orientation de la construction européenne et des politiques mises en œuvre en France même. Ségolène Royal avait souhaité une réforme des statuts de la BCE devant le Congrès du PSE réuni en décembre 2006 à Porto. <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Declaration-commune-PS-MRC-volet-politique_a122.html">L’accord MRC-PS du 9 décembre 2006</a>, avait formalisé un bon accord stratégique entre nos deux formations sur des points essentiels : réorientation de la construction européenne, prise en compte de normes sociales et environnementales dans les règles de l’OMC, clause antidumping social, préservation de l’atout nucléaire de la France, réaffirmation des repères républicains, sauvegarde des services publics, exigence de la laïcité, politique étrangère et de défense indépendante.        <br />
              <br />
       4)	Il apparaît malheureusement que les lignes directrices de cet accord ont été frappées de caducité par la défaite de la gauche. <span style="font-style:italic">La régression qui emporte notre pays depuis près d’un an n’épargne pas non plus le principal parti de l’opposition</span>. L’ouverture de Nicolas Sarkozy vers certains responsables du PS a montré l’identité de postulats libéraux et européistes que nous avions justement diagnostiquée <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/Archives-campagne-2002_r21.html">pendant la campagne présidentielle de 2001-2002</a>, en dessinant un projet alternatif à la politique « du pareil au même ».        <br />
              <br />
       Le PS a certes bénéficié, lors des municipales et des cantonales de mars 2008, du rejet de la politique gouvernementale, mais il semble plus que jamais <span style="font-style:italic">en panne de projet et de repères solides</span>, malgré l’effort récent, réalisé à l’initiative de son Premier Secrétaire, pour se réapproprier des concepts comme la nation et la République. Le vote du traité de Lisbonne par une majorité de parlementaires socialistes et, plus encore, le refus de faire obstacle à la révision constitutionnelle préalable, pour exiger un référendum sur cette Constitution européenne bis, conformément aux engagements pris, témoignent pour le moins de la <span style="font-style:italic">fragilité des analyses</span> et du <span style="font-style:italic">manque de continuité politique</span> de beaucoup de dirigeants socialistes. La plupart demeurent prisonniers de leur « oui » au référendum de mai 2005 et d’une conception de l’Europe aujourd’hui obsolète. Le débat interne paraît vidé de toute substance. Seule la désignation du prochain candidat à l’élection présidentielle et du premier secrétaire qui succédera à François Hollande semblent intéresser. L’analyse de la crise et des moyens d’y faire face est remarquablement absente des débats du PS, alors même que c’est <span style="font-style:italic">l’absence d’un projet à la hauteur des défis de notre temps</span> qui explique déjà l’échec aux trois présidentielles successives de 1995, 2002 et 2007.       <br />
              <br />
       Nous voici donc revenus, en apparence, à la situation de fin 2004, quand le PS s’était prononcé à la majorité de 58 % de ses membres en faveur d’une Constitution européenne dont le principe avait été posé, en 2000, en pleine période de cohabitation.       <br />
              <br />
       5)	Ce serait se tromper beaucoup cependant que de penser que la volonté populaire telle qu’exprimée par le référendum du 29 mai 2005 puisse être ainsi foulée aux pieds. La réalité est plus forte que toutes les constructions politiques et diplomatiques. La France, l’Europe, le monde sont devant <span style="font-style:italic">une crise systémique sans précédent</span>. Cette crise prend racine dans la dictature des marchés financiers que nous dénoncions depuis longtemps et notamment à l’occasion des élections présidentielles de 2002 : « Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. D’autres valeurs que l’Argent mènent le monde. Ce sont les nations et les peuples qui sont la vraie permanence de l’Histoire » (<a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Discours-de-Vincennes_a30.html">discours de Vincennes</a>, page 6) <a class="link" href="http://www.mrc-france.org/article.php3?id_article=22">Notre projet adopté à notre Congrès de 2006</a> a analysé précisément les deux composantes essentielles de la « globalisation » qui sont à la racine de la crise actuelle du système :        <br />
              <br />
       a)	<span style="font-style:italic">Domination du capital financier</span> sur le capitalisme industriel du fait de l’ouverture à l’échelle mondiale dès les années quatre-vingt-dix, des marchés et des mouvements de capitaux, dictature de l’actionnariat, exigences de rentabilité insoutenables pour les industries de l’Europe, délocalisations et migration, sous l’égide de multinationales et des fonds spéculatifs, du capital productif vers les pays à coût salariaux très bas.       <br />
              <br />
       b)	<span style="font-style:italic">Rôle central des Etats-Unis dans la globalisation</span>. Ceux-ci ont fait du dollar la monnaie mondiale mais l’utilisent comme si elle était seulement la leur, au mépris des intérêts de l’Europe et particulièrement de la zone euro. La valeur de la monnaie européenne a ainsi augmenté de 80% depuis 2002, pénalisant les exportations et favorisant les délocalisations. Confrontés depuis 1997 aux crises financières successives (Asie du Sud-Est, Russie, Amérique Latine, éclatement de la « bulle technologique ») qui remettent en cause les bases mêmes de leur hégémonie et donc de la globalisation, l<span style="font-style:italic">es Etats-Unis pratiquent une dangereuse fuite en avant</span> dans l’endettement intérieur et extérieur aussi bien que dans la politique étrangère et militaire, notamment pour le contrôle des ressources énergétiques au Moyen-Orient et en Asie Centrale.       <br />
              <br />
       Un budget militaire colossal (plus de 600 milliards de dollars) ne leur permet pas d’éviter l’enlisement, notamment en Irak. Un déficit extérieur abyssal nourrit la méfiance à l’égard du dollar. <span style="font-style:italic">Les Etats-Unis se trouvent confrontés à ce que l’historien Paul Kennedy appelait la « surextension impériale ». Il n’ont plus les moyens de dominer seuls le monde</span>. Là est la cause de la crise actuelle de la globalisation. Ils se tournent vers leurs alliés européens pour les transformer en supplétifs.        <br />
              <br />
       6)	Mais cette politique se heurte à la réticence de l’opinion publique européenne. Celle-ci souhaite dans sa majorité que les Etats-Unis redeviennent la grande nation qu’ils sont, <span style="font-style:italic">en acceptant la réalité d’un monde multipolaire</span> se nourrissant du dialogue des cultures et régi par le droit. Ce monde multipolaire s’impose d’ailleurs dans la réalité avec la montée de la Chine, de l’Inde, de l’Iran, du Brésil et le retour de la Russie. Mais <span style="font-style:italic">d’immenses moyens de conditionnement médiatique sont déployés au nom d’un nouvel « occidentalo-centrisme »</span> pour décrier et fragiliser cette perspective. Il en résulte des tensions grandissantes avec le monde musulman, la Chine et la Russie notamment. La réintégration dans l’organisation militaire de l’OTAN annoncée par Nicolas Sarkozy nous engage toujours plus à l’Est, à la remorque de la stratégie américaine, dans <span style="font-style:italic">des conflits et des guerres</span> qui ne sont pas les nôtres. Ainsi la crise de la globalisation et celle de l’hégémonie américaine se recoupent-elles étroitement.        <br />
              <br />
       Dans ce monde dangereux, il est important que la gauche française fasse entendre <span style="font-style:italic">une voix distincte</span>. La grande crise américaine qui pointe à l’horizon amènera <span style="font-style:italic">un réexamen critique des postulats libéraux</span> (apologie du libre-échange, effacement de l’Etat, marché roi) ; à la faveur de ces remises en cause, la gauche française peut faire entendre son message et ses valeurs. La gauche a besoin pour cela d’un projet à la hauteur des défis de notre temps.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Face au tsunami, un projet républicain à la hauteur des défis de notre temps.</b>       <br />
              <br />
       1.	<span style="font-style:italic">L’urgence c’est de faire face à la récession et à l’approfondissement de la crise</span> qui, après avoir touché les Etats-Unis, va se communiquer à l’Europe. Nous n’y ferons face que sur la base d’une réaffirmation claire de la souveraineté populaire et du rôle de l’Etat.        <br />
              <br />
       2.	<span style="font-style:italic">L’Europe à vingt-sept ne peut être qu’une confédération de nations</span>. Les institutions européennes, si elle se montrent défaillantes, ne peuvent pas arguer de compétences exorbitantes pour faire obstacle à des mesures urgentes et exceptionnelles comme si l’Europe était une Fédération, perspective clairement rejetée par le peuple français en mai 2005.       <br />
              <br />
       3.	Les institutions européennes ont <span style="font-style:italic">l’impérieux devoir de se réformer au feu de la crise, d’instaurer dans l’action un véritable gouvernement économique de la zone euro</span> : baisse des taux d’intérêt, tolérance accrue pour les déficits budgétaires en période de crise, mise en œuvre de politiques contracycliques pour faire de la zone euro un espace keynésien de relance. Ce serait d’ailleurs le meilleur moyen d’aider les Etats-Unis à surmonter leurs propres difficultés. En théorie du moins, l’Europe peut beaucoup aussi en matière de politique industrielle et énergétique, de programmes de recherche et de protection contre les concurrences déloyales, afin de maintenir un tissu industriel aujourd’hui en voie de délitement.       <br />
              <br />
       L’Europe doit également veiller à la préservation de ses services publics et de son agriculture. Il faut réinventer la PAC et la préférence communautaire. Cette exigence ne vaut d’ailleurs pas que pour l’agriculture. L’Europe doit se battre non pas pour libéraliser davantage encore le commerce international mais pour imposer à l’OMC la prise en compte de normes sociales et environnementales. La liberté des échanges n’a de sens qu’entre pays de niveau de développement économique comparable.       <br />
              <br />
       4.	<span style="font-style:italic">La responsabilité de l’Allemagne</span> dans la réorientation de la construction européenne est déterminante, car ce pays, en comprimant excessivement ses coûts depuis 2000, a pu dégager d’énormes excédents commerciaux (plus de 200 milliards d’euros en 2007) pour l’essentiel au détriment de ses partenaires de la zone euro (100 milliards) et de l’Europe en général (150 milliards), tout en freinant sa croissance intérieure. Il y a une solidarité objective entre l’action des syndicats et celle de la gauche allemande en vue d’une revalorisation des salaires et l’intérêt bien compris de l’Europe dans son ensemble. L’Allemagne doit mettre en œuvre une stratégie coopérative de relance à l’échelle européenne. Il appartient à la France de l’y aider en formulant des propositions adaptées. Cette perspective de réorientation de la construction européenne eût paru, il y a peu, hérétique, tant elle est contradictoire avec les dogmes de la globalisation, imposée au fil des décennies, par les Etats-Unis et relayée par l’Europe libérale. Mais aujourd’hui le système craque de toutes parts. Ce sont les Etats les plus libéraux (Grande-Bretagne – Etats-Unis – Suisse) qui utilisent les moyens de l’intervention publique.       <br />
              <br />
       5.	<span style="font-style:italic">Il est temps qu’en France aussi on change son fusil d’épaule</span>. La <span style="font-style:italic">souveraineté populaire</span>, dans les temps qui viennent, aura matière à s’exercer. Nous avons toujours défendu le cadre et les repères de la République. Ceux-ci nous seront bien utiles dans la période qui s’annonce.       <br />
              <br />
       6.	<span style="font-style:italic">Pour maintenir notre tissu industriel</span>, priorité des priorités, nous ne devons pas hésiter à <span style="font-style:italic">utiliser tous les moyens</span> : réglementation stricte des OPA, constitution de pactes d’actionnaires stables, promotion de l’épargne salariale et de la participation des travailleurs au capital des entreprises, renforcement du rôle des grands intermédiaires publics et notamment de la Caisse des dépôts, instauration de « golden share » (action publique impliquant un pouvoir de veto), <span style="font-style:italic">nationalisations partielles ou totales le cas échéant, de certaines entreprises stratégiques</span> (notons au passage la responsabilité des gouvernements libéraux qui ont laissé partir à l’étranger Usinor et Pechiney, avec les conséquences que l’on voit sur la délocalisations de nos sites de production et de nos laboratoires de recherche). Il est temps de passer un pacte nouveau entre les entreprises, les acteurs concernés (détenteurs du capital mais aussi travailleurs), la Puissance publique et les sous-traitants. Il faut remettre en cause l’actuelle dictature de l’actionnariat. Celle-ci est récente. Elle n’a pas de légitimité profonde. Nous trouverons beaucoup d’alliés, et d’abord dans le secteur productif, pour remettre en cause les règles du jeu immorales du capitalisme financier et pour définir les bases d’une <span style="font-style:italic">nouvelle Charte de l’Entreprise</span>.       <br />
              <br />
       Cette politique de redynamisation du tissu industriel s’appuiera sur la relance d’un vigoureux effort de recherche orienté vers les technologies nouvelles (énergies renouvelables, réacteur nucléaire de quatrième génération, biotechnologies, NTIC, productique, nouveaux matériaux) ainsi que sur les économies d’énergie et la promotion de nouvelles formes d’habitat et de transport.       <br />
              <br />
       7.	Le renouveau de l’Etat ira de pair avec <span style="font-style:italic">la reconquête des territoires et une décentralisation républicanisée. La revalorisation du travail sera le socle d’une nouvelle croissance</span>. Celle-ci permettra de garantir justement les protections sociales en tenant compte de priorités démocratiques (prise en compte de la pénibilité du travail) et en mettant fin à certains privilèges et abus (tarifs déconventionnés – concurrences privées déloyales au service public). Cet immense effort de redressement collectif prendra appui sur une citoyenneté raffermie. Ce n’est pas le modèle républicain qui est en cause : ce sont les attaques qu’il subit. Egalité hommes-femmes, accès égal à la citoyenneté, défense de la laïcité, refondation républicaine de l’Ecole, rien de tout cela qui ne soit éminemment moderne.       <br />
              <br />
       Il faudra <span style="font-style:italic">revoir notre politique d’immigration</span> dans le cadre d’accords de codéveloppement fondés sur l’intérêt mutuel avec les pays d’origine. La science et la culture seront au cœur de notre démarche. Pour faire face au réchauffement climatique, <span style="font-style:italic">une véritable écologie de l’Humanité</span> éloignant toute tentation d’un obscurantisme paré aux couleurs de la modernité, est nécessaire. La <span style="font-style:italic">culture</span> doit s’ouvrir au plus grand nombre et la culture française sur le monde. La <span style="font-style:italic">francophonie</span> sera un des moyens de cette ouverture.       <br />
              <br />
       8.	En même temps que la France aura repris confiance en elle-même et en ses capacités, elle aura le devoir de parler aux autres pour dessiner les contours <span style="font-style:italic">d’un monde multipolaire et pacifique, fondé sur le respect du droit international</span>.       <br />
              <br />
       La fin de l’unilatéralisme américain n’est pas la fin de l’Histoire. Nous souhaitons maintenir une belle et bonne alliance avec les Etats-Unis. Mais celle-ci ne saurait se confondre avec l’acceptation résignée d’une vassalité, maquillée aux couleurs d’un « Occident » improbable. Nous devons nouer ou développer des partenariats stratégiques avec la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique, le Venezuela, l’Iran, l’Indonésie, sans oublier de restaurer nos liens avec l’Afrique, que nous avons contribué à ouvrir au monde et dont le destin nous concerne et nous concernera toujours. Partout, nous devons promouvoir le dialogue des cultures et favoriser l’émergence et la construction d’Etats fondés sur le droit et notamment celui, intangible, de chaque peuple à se déterminer par lui-même.       <br />
              <br />
       Pour que l’Europe existe dans ce monde multipolaire et notamment par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, elle doit développer des relations de coopération privilégiées avec ses grands voisins qui constituent <span style="font-style:italic">l’Europe élargie. Au premier chef la Russie</span>, qui est nécessaire à l’équilibre et à la paix du continent, et que nous ne devons pas repousser vers l’Asie. Il y a beaucoup à faire avec la Russie sur le plan économique et énergétique mais aussi sur le plan diplomatique.        <br />
              <br />
       De même nous devons chercher à <span style="font-style:italic">donner un contenu à « l’Union pour la Méditerranée »</span>. Le développement du Maghreb et de l’Egypte, la stabilisation des Balkans sur la base du respect égal de l’identité de chaque peuple, la paix au Proche et au Moyen-Orient, l’arrimage enfin de la Turquie à l’Europe, répondent ainsi à notre intérêt bien compris du point de vue de la croissance aussi bien que de la sécurité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">La France enfin doit rester une grande puissance politique</span>. Le respect du droit international, le dialogue des cultures, le codéveloppement avec le Sud et enfin le maintien d’une défense indépendante seront les axes de notre politique extérieure. <span style="font-style:italic">L’indépendance n’est pas moins nécessaire dans un monde multipolaire qu’elle ne l’était dans l’ancien monde bipolaire</span>. Il nous appartient donc de combattre les dérives dangereuses auxquelles nous conduit déjà la perspective annoncée d’une réintégration de l’organisation militaire de l’OTAN en rupture avec la politique inaugurée par le général de Gaulle. Ainsi notre opposition à la politique de M. Sarkozy n’est-elle pas une opposition systématique et aveugle. C’est une <span style="font-style:italic">opposition républicaine et argumentée</span>, fondée sur la perspective d’un avenir différent et meilleur.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Vers la refondation républicaine de la gauche</b>       <br />
              <br />
       1.	Trente-sept ans après le Congrès d’Epinay, la gauche française doit prendre un <span style="font-style:italic">nouveau départ</span> comme elle a su le faire à différentes étapes de son histoire : 1905 -1920 - 1946 - 1971. Le cycle d’Epinay est désormais révolu. Ce qui ne signifie pas que les objectifs originels - rassembler la gauche, reconquérir les couches populaires - aient perdu de leur pertinence. Mais le monde a changé. Avec l’effondrement de l’URSS, le communisme a perdu son étoile polaire. Confronté au néo-conservatisme libéral, le Parti socialiste peine à trouver ses marques. C’est une refondation de toute la gauche qu’il faut préparer, avec toutes ses sensibilités et toutes ses cultures : social démocrate, républicaine, communiste, radicale, écologiste, etc.        <br />
              <br />
       2.	<span style="font-style:italic">L’objectif d’un grand parti de toute la gauche doit être clairement affirmé</span>. Seule une nouvelle structure pourra accueillir la masse des sympathisants aujourd’hui sans repères et l’élan des nouvelles générations. Une Fédération ou une confédération pourrait sans doute constituer une étape intermédiaire mais en réalité le temps presse : <span style="font-style:italic">seule la création d’un grand parti de toute la gauche</span>, <a class="link" href="http://www.lepartidelagauche.fr/">déjà relayée par certains responsables socialistes</a>, faisant écho à nos propres propositions, peut créer l’<span style="font-style:italic">électrochoc nécessaire</span>. Ce nouveau parti devra rassembler largement et sans sectarisme toutes les sensibilités. Du dialogue en son sein d’une sensibilité critique voire utopique, et d’une sensibilité plus gestionnaire doit naître une dynamique féconde. Rien ne serait plus contreproductif que de vouloir construire un parti révolutionnaire à côté d’un parti social-libéral. Ce serait donner un boulevard à la droite conservatrice.       <br />
              <br />
       3.	Au départ il faudra cependant <span style="font-style:italic">ouvrir le débat sur la nature de la globalisation et du capitalisme financier aujourd’hui dominant</span>, car dès les premiers temps du mouvement ouvrier, au XIXe siècle, aucune vision socialiste n’a jamais pu se développer que sur la base d’une critique préalable du capitalisme de l’époque. Il en va de même aujourd’hui. A partir d’une telle analyse du capitalisme financier d’aujourd’hui et de ce qu’on appelle la « globalisation », un débat fructueux pourra naître et se développer.       <br />
              <br />
       4.	Chaque parti actuel de la gauche apportera son meilleur au parti futur. Les communistes, dont l’Histoire tourmentée a eu sa grandeur, doivent savoir tourner la page, ouverte au début du dernier siècle, par le Congrès de Tours. Ils trouveront dans un parti de toute la gauche un cadre plus efficace pour faire mûrir les espérances révolutionnaires. Il en va de même pour les écologistes qui n’ont pas rompu avec la tradition des Lumières, pour les radicaux sincères et pour les hommes et femmes de progrès qui n’entendent pas tourner le dos au message qui fut jadis celui du général de Gaulle.       <br />
              <br />
       S’agissant du MRC, héritier du MDC mais aussi, avant 1993, du CERES et de « Socialisme et République », les raisons qui avaient motivé sa création : refus de l’alignement sur l’Hyperpuissance américaine dans la première guerre du Golfe et rejet de l’Europe libérale de Maastricht, n’ont pas disparu, même si nos critiques depuis 2003 (deuxième guerre du Golfe) et 2005 (rejet de la Constitution européenne), sont plus largement partagées.       <br />
              <br />
       Pour que les choses soient dites clairement, nous ne sommes pas prêts à adhérer au PS. Tout s’est passé en effet comme si celui-ci avait mené à notre égard – consciemment ou non – une véritable campagne d’éradication au lendemain du 21 avril 2002, cherchant à nous transformer en bouc émissaire commode d’un échec dont son candidat était en fait le principal responsable. Nous n’admettons pas d’avoir été ainsi « criminalisés » pour avoir porté un projet différent sur l’Europe, la politique industrielle, la République ou l’indépendance de notre politique étrangère. Bref nous entendons non seulement nous faire respecter mais conduire des débats de fond sans lesquels il n’y aura pas de refondation républicaine de la gauche. Le MRC se place dans cette perspective de refondation exclusivement. Il n’entend donc pas acquiescer à une version de l’Histoire qui n’a pas d’autre objet que de soustraire à la critique une orientation social-libérale qu’il a toujours combattue. Pas plus qu’hier nous n’accepterons de servir de caution.        <br />
              <br />
       5.	Pour notre part, nous respectons le PS en tant qu’organisation, et <span style="font-style:italic">nous n’entendons pas nous ingérer dans des choix de personnes</span> qui lui incombent. Le débat d’idées au sein de la gauche en revanche est légitime et nous y contribuerons. Pour ce qui nous concerne, nous aspirons à la confrontation loyale des idées, au sein d’un grand parti de toute la gauche, avec le seul souci du fond. C’est ce qui a beaucoup manqué à la gauche depuis un certain temps et c’est avec cette loyauté élémentaire à l’égard des idées, et par conséquent des personnes, que nous aimerions la voir renouer dans son ensemble.        <br />
              <br />
       Le MRC propose donc <span style="font-style:italic">un cadre de discussion ouvert</span> à l’ensemble des femmes et des hommes de gauche et de progrès pour jeter les bases d’un grand parti de toute la gauche. <span style="font-style:italic">Cette refondation est urgente. Sinon la gauche risque de se trouver confrontée à des divisions persistantes, au risque d’une nouvelle défaite.</span>       <br />
              <br />
       Pour mobiliser l’ensemble de ses forces et susciter l’adhésion des hésitants, nous lançons un appel pour que la gauche se réunisse et se mette d’accord, non sur une simple perspective d’alternance dépourvue de contenu politique, mais sur un projet républicain réellement alternatif. C’est possible. <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Un-projet-republicain-plus-que-jamais-d-actualite_a596.html">Le projet républicain du MRC est sur la table</a>. Cette contribution à notre prochain Congrès a pour but d’ouvrir le débat non seulement au MRC mais également au sein de la gauche tout entière, en tout cas parmi ceux qui font de sa refondation leur perspective.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/903095-1114152.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Un-contenu-et-un-chemin-pour-la-creation-d-un-grand-parti-de-toute-la-gauche_a595.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>L’Union pour la Méditerranée : Un concept global de sécurité</title>
   <pubDate>Tue, 01 Apr 2008 16:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Forum de Paris, samedi 29 mars 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/899126-1108690.jpg?v=1289480130" alt="L’Union pour la Méditerranée : Un concept global de sécurité" title="L’Union pour la Méditerranée : Un concept global de sécurité" />
     </div>
     <div>
      Je veux d’abord féliciter Albert Mallet pour cette initiative qui vient à son heure et qui peut nourrir la réflexion utilement sur le projet d’Union pour la Méditerranée. J’admire les analyses pénétrantes d’Hubert Védrine. Je m’expose, par l’optimisme de la volonté que je professe, à tomber sous sa critique ravageuse.        <br />
              <br />
       Pour en venir au sujet de mon intervention, la sécurité ne peut être que globale. Isoler un facteur de risque pour le traiter par des moyens purement militaires ne supprime pas le risque mais l’accroît, comme on l’a vu avec l’invasion de l’Irak. Le concept de guerre contre la terreur, en soi légitime, a été ainsi discrédité par l’emploi de moyens inappropriés qui ont accru le risque plus qu’ils ne l’ont conjuré. Une véritable sécurité implique une confiance partagée au Nord comme au Sud de la Méditerranée.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Or, plusieurs facteurs pèsent négativement</span> pour empêcher cette confiance de s’établir :       <br />
              <br />
       -	Le souvenir d’un passé conflictuel et d’abord, au Sud, la crainte de voir se recréer des formes de domination coloniale.       <br />
       -	Les déséquilibres démographiques, et particulièrement la croissance très rapide des populations actives au Sud, ainsi que la disparité des niveaux de vie qui alimentent, au Nord, la crainte de flux migratoires incontrôlés de populations ne partageant pas sur certains points le même système de valeurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Ces souvenirs et ces craintes s’avivent :       <br />
              <br />
       -	De la multiplication d’actes terroristes, au Sud comme au Nord.       <br />
       -	Des  risques de déstabilisation politique du fait d’une contestation islamiste radicale et souvent violente.       <br />
       -	De la prolifération d’armes de destruction massive et des risques de dissémination nucléaire.       <br />
              <br />
       La coexistence de plusieurs aires culturelles distinctes, dotées d’une constance voire d’une inertie historiques prodigieuses comme l’a bien montré Fernand Braudel, ne sera possible que si le concept de « guerre de civilisations » est clairement rejeté. C’est une civilisation commune que nous devons élaborer sur les bords de notre mer commune.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – L’idée principale que je vais développer est qu’il n’y a pas de codéveloppement possible entre les deux rives de la Méditerranée en dehors du respect de l’identité de chaque peuple établi sur ses rives.</b>       <br />
              <br />
       L’Union pour la Méditerranée s’inspire d’une grande idée juste : les pays de la rive Sud trouveront dans leur relation avec l’Europe, qui représente 40 % du commerce mondial, un vecteur essentiel de leur développement futur et ce développement, source de sécurité, répond à l’intérêt européen bien compris        <br />
              <br />
       Mais cette idée juste ne saurait occulter cette autre idée tout aussi fondamentale : il n’y aura de codéveloppement entre les deux rives de la Méditerranée que fondée sur le respect de l’identité, de l’authenticité et donc de la dignité de chaque peuple établi sur ses rives. Il ne s’agit pas d’exporter la démocratie, de transférer des valeurs ni même des technologies en les plaquant sur des sociétés qui ont chacune leur culture et leur histoire. Il s’agit de faire en sorte que nos sociétés, au Nord comme au Sud, transposent leur identité en termes d’avenir et que chacune, selon l’expression de Jacques Berque, intègre à son propre legs les emprunts qu’elle fait à l’extérieur, bref s’approprie, en s’appuyant sur ses propres déterminations, ce qu’elle aura trouvé ailleurs : les apports migratoires venus du Sud au Nord, les formes modernes de production et d’organisation au Sud. Chacun doit avancer à partir de ce qu’il est. Cette pensée exigeante est à l’opposé des déstructurations coutumières à notre modèle de développement. Elle ne confond pas l’enrichissement mutuel des pays qui bordent la Méditerranée et la renonciation de chacun à être soi-même.        <br />
              <br />
       Le respect de l’identité implique plus que le respect des différences : la permanente disponibilité à s’enrichir de la différence de l’autre, bref un état d’esprit qui va à l’encontre de l’uniformisation marchande, si souvent vectrice d’inégalités et de fragmentations sociales.       <br />
              <br />
       De cette pensée « berquienne » je fais découler quelques conséquences :       <br />
              <br />
       1.	Notre ennemi commun c’est l’ignorance d’où procède l’insécurité. Il faut faire reculer l’ignorance, développer la connaissance de l’autre, de son histoire, de sa langue, de sa littérature, de sa religion.       <br />
              <br />
       2.	Lutter contre le terrorisme ou la prolifération, ce n’est pas seulement se préoccuper de faire reculer la misère et le mépris des droits humains, même si cela est nécessaire, c’est d’abord assécher le terreau où le terrorisme et la course aux armements s’enracinent.       <br />
       <span style="font-style:italic">C’est chercher à résoudre les problèmes politiques pendants</span> : l’occupation de l’Irak par des troupes étrangères, l’absence d’un Etat palestinien viable et d’une paix mutuellement acceptée au Proche-Orient quarante ans après la guerre de 1967. Vouloir assécher le terreau sur lequel prospère le terrorisme, c’est refuser un droit international à deux vitesses, c’est tarir un sentiment légitime d’injustice, d’autant plus vivement ressenti que le souvenir colonial continue de peser dans la mentalité des peuples musulmans. Bref c’est mettre avec soi le sentiment de la dignité.       <br />
              <br />
       3.	<span style="font-style:italic">Il faut que le Nord s’ouvre au Sud </span>: L’Union pour la Méditerranée est une idée incompatible avec la transformation de l’Europe en forteresse. La politique migratoire est à repenser entièrement. J’y reviendrai dans quelques instants. <span style="font-style:italic">Mais il faut aussi que le Sud prenne en considération les besoins légitimes de sécurité des populations établies au Nord et leur attachement aux valeurs et aux principes qu’elles considèrent comme des conquêtes</span> sur un passé d’arbitraire et de domination : la laïcité, l’égalité de l’homme et de la femme. Evidemment, cela suppose qu’inversement la défense des droits de l’homme ne soit pas détournée de son objet.       <br />
              <br />
       4.	<span style="font-style:italic">A cet égard il ne faut pas se tromper d’approche : la démocratie au Sud</span> a certainement beaucoup de progrès à faire mais elle résultera très largement du développement, qui implique – on le sait – une raisonnable transparence. La démocratie sera affermie quand une solide base économique permettra l’émergence de classes moyennes nombreuses. Il faut prendre garde aux politiques de Gribouille qui sous le généreux prétexte de lutter contre la corruption feraient le lit de la confiscation du pouvoir par un islamisme politique radical et violent, qui signerait la fin définitive de toute espérance démocratique. La voie est étroite, mais le mieux est quelquefois – c’est un vieux proverbe qui le dit – l’ennemi du bien.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Comment maintenant passer à l’application ?</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A) Deux précisions préalables :</span>       <br />
              <br />
       1.	Il me semble que l’Union pour la Méditerranée est bien partie pour être un « Euromed plus ». A tort ou à raison, du fait des réticences. Le processus de Barcelone n’avait pas que des défauts. Tout est donc dans le « plus » ; On sait que les flux financiers mobilisés vers les pays du Sud de la Méditerranée ont été dans la période récente très notablement inférieurs à ceux dirigés vers les PECOs : dans un ordre de un à dix. Si cela pouvait être corrigé, ce serait déjà un progrès.       <br />
              <br />
       Ensuite il faut des mécanismes innovants et paritaires.       <br />
              <br />
       2.	Un début d’institutionnalisation peut créer les conditions d’une meilleure appropriation par les peuples du Sud de la Méditerranée des objectifs et des moyens du développement (thème que j’ai entendu développer par l’Ambassadeur Abou Youb). <span style="font-style:italic">L’optimisme de la volonté</span> peut permettre que s’enclenchent des cercles vertueux : le développement suppose une stabilité politique, monétaire, des règles du jeu stables, des procédures transparentes, un secteur bancaire moderne, un souci de la qualité et des délais dont les pays du Sud sont souvent encore loin, même si des progrès remarquables ont pu être observés. Pour créer des cercles vertueux, il faut un mythe moteur par lequel les peuples peuvent s’approprier l’idée d’un progrès partagé.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B) J’ai entendu dire que l’Union pour la Méditerranée se ferait par les projets qu’elle susciterait. </span>       <br />
              <br />
       J’ai entendu les propositions très concrètes proposées par Jacques Attali. Pour ma part, je propose trois grandes pistes.       <br />
              <br />
       1.	<span style="font-style:italic">S’agissant du financement,</span> l’épargne des migrants représentera toujours plus que l’aide publique au développement. Pour le Maghreb seul on l’évalue à près de 100 Milliards d’euros. Il faut donc favoriser des flux temporaires de migration du travail et revoir de fond en comble la politique migratoire, distinguer la circulation et l’établissement, privilégier l’immigration de travail sur le regroupement familial. La circulation doit se faire dans les deux sens : le tourisme du Nord vers le Sud peut générer des flux de devises importants. Mais qui dit tourisme dit aussi sécurité.       <br />
              <br />
       2.	<span style="font-style:italic">Le codéveloppement se fera largement par le biais des IDE </span>(investissements directs). L’Europe devrait orienter les délocalisations industrielles vers les pays de la rive sud de la Méditerranée plutôt que vers l’Asie. C’est son intérêt de penser une politique d’aménagement du territoire à l’échelle euroméditerranéenne. Les investissements extérieurs apporteront les technologies modernes, nécessaires au développement. Le succès de l’Union pour la Méditerranée sera de créer les conditions propices à l’investissement productif (infrastructures, mais aussi et surtout formation sur place d’une main d’œuvre qualifiée).       <br />
              <br />
       3.	<span style="font-style:italic">L’énergie</span> doit être au cœur du processus de développement euroméditerranéen. Il ne faut pas contester aux pays du Sud le droit de contrôler leurs richesses, y compris s’ils le veulent, par la nationalisation. Là n’est pas le problème et il ne faut pas tout mélanger : le terrorisme et les nationalisations, comme il m’est arrivé de le lire sous quelques plumes autorisées. Est-ce que la nationalisation du pétrole irakien en 1972 n’a pas pesé plus lourd que le régime de Saddam Hussein dans la décision d’envahir l’Irak en 2003 ? Les pays producteurs devront bien vendre leur pétrole ou leur gaz quelque soit le statut des entreprises productrices. Il faut donc des contrats à long terme qui autorisent les compagnies productrices à valoriser et à commercialiser, par exemple leur gaz, sur le marché européen.        <br />
       Bien entendu la coopération énergétique doit prendre en compte le « pic de production » des hydrocarbures. Nos principales sources d’approvisionnement en combustibles fossiles, en dehors de l’Algérie et de la Libye, restent en dehors de la Méditerranée : en Russie et dans le Golfe. C’est la raison pour laquelle une grande politique de coopération énergétique avec les pays de la rive Sud doit, pour anticiper, viser essentiellement deux domaines :        <br />
       -	<span class="u">L’énergie solaire</span> pour laquelle les pays du Sud devraient être associés à parité aux programmes européens. Solaire thermique mais surtout photo voltaïque avec l’objectif de réduire drastiquement les coûts. Je propose donc un grand projet de recherche-développement.       <br />
       -	En second lieu, <span class="u">l’énergie nucléaire</span>.       <br />
              <br />
       L’idée de créer en commun des usines d’approvisionnement en matières fissiles à usage civil permettrait d’éviter la prolifération militaire car, on le sait, il est possible, en enrichissant l’uranium ou en fabriquant du plutonium, de passer du civil au militaire.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Je terminerai par la lutte contre la prolifération.</b>       <br />
              <br />
       L’énergie nucléaire doit contribuer à la solution des problèmes énergétiques et climatiques mondiaux. J’approuve l’idée d’un traité d’interdiction de production de matières fissiles à usage militaire proposé par le Président de la République. Mais l’acceptation d’une discipline commune pour éviter la prolifération ne sera acquise que si les armes nucléaires n’existent plus qu’à l’état résiduel. S’agissant des Etats-Unis et de la Russie, c’est encore loin d’être le cas, puisque chacun de ces pays dispose encore de plus de 5000 ogives nucléaires. Mais il est assez évident que la théorie de la dissuasion stabilisatrice ne fonctionnerait plus dans un monde où vingt voire trente puissances nucléaires auraient émergé, surtout dans une région aussi traversée de conflits que la zone du Proche et du Moyen-Orient. Raison de plus pour accélérer le rythme des solutions politiques qui permettront de faire reculer les démons de l’obscurantisme, du fanatisme et de la violence aveugle, au Nord comme au Sud.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       Une des principales critiques qu’on a faites au processus de Barcelone est qu’il a été pollué très vite par la fin du processus d’Oslo entre Israël et l’Autorité palestinienne et l’échec de Camp David en juillet 2000.       <br />
              <br />
       Raison supplémentaire pour remettre l’ouvrage sur le métier et peut-être aussi pour maintenir ou développer au sein de l’Union pour la Méditerranée, des approches régionales différenciées : vers le Maghreb (processus à 5 + 5 qui a montré sa pertinence, même s’il manque de moyens de financement), vers le Proche-Orient où l’Europe devrait s’affirmer davantage, vers les Balkans où une Conférence balkanique serait une initiative bienvenue, vers la Turquie enfin qui pose le problème des frontières et de la nature de l’Europe. Il est vrai que celle-ci changeant elle-même de nature, avec l’élargissement, le problème de la Turquie pourra être résolu autrement.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       J’ai conscience de ne pas avoir évoqué la coopération policière et judiciaire sur laquelle vous m’attendiez peut-être. Mais elle va de soi et son efficacité à long terme dépend du contexte économique, politique et en définitive humain dans lequel elle s’inscrit. Et c’est cet aspect humain et donc éminemment politique qui, à terme, me paraît déterminant pour notre sécurité commune.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Chevènement: l'union méditerranéenne de Sarkozy est «une construction impossible»</title>
   <pubDate>Wed, 24 Oct 2007 22:41:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   Dépêche AFP, mercredi 24 octobre 2007, 19h21.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/756635-925941.jpg?v=1289480120" alt="Chevènement: l'union méditerranéenne de Sarkozy est «une construction impossible»" title="Chevènement: l'union méditerranéenne de Sarkozy est «une construction impossible»" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, a estimé mercredi que le projet d'Union méditerranéenne esquissé par le président Nicolas Sarkozy était &quot;par avance une construction impossible&quot;.       <br />
       &quot;L'Union méditerranéenne n'est possible qu'avec les Etats du Maghreb et les pays riverains de la côte nord de la Méditerranée&quot;, a affirmé l'ancien ministre sur France 5.       <br />
       &quot;Vouloir englober non seulement la Turquie, mais aussi Israël, les territoires palestiniens et le Liban, c'est rendre par avance cette construction impossible&quot;, a-t-il estimé.       <br />
       &quot;Il y a, comme toujours, beaucoup de communication dans ce que fait M. Sarkozy&quot;, a dénoncé l'ancien ministre.       <br />
       Nicolas Sarkozy a invité mardi à Tanger tous les chefs d'Etat de tous les pays de la Méditerranée à une réunion en France en juin 2008 pour jeter les bases &quot;d'une union économique, politique et culturelle&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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