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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-18T02:28:45+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Désarmement: Chevènement prône une "zone de basse pression nucléaire"</title>
   <pubDate>Wed, 17 Mar 2010 17:06:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, mercredi 17 mars 2010, 17h49.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1949175-2681217.jpg?v=1289480096" alt="Désarmement: Chevènement prône une "zone de basse pression nucléaire"" title="Désarmement: Chevènement prône une "zone de basse pression nucléaire"" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de la Défense de François Mitterrand, propose de faire la création d'une &quot;zone de basse pression nucléaire&quot; pour accélérer le rythme du désarmement, dans un <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Desarmement-non-proliferation-nucleaires-et-securite-de-la-France_a930.html">&quot;rapport d'information&quot; du Sénat</a> publié mercredi.       <br />
              <br />
       &quot;La création de cette zone de basse pression nucléaire doit commencer par la réduction des arsenaux américain et russe&quot;, souligne le sénateur de Belfort, alors que Moscou et Washington négocient depuis de longs mois un nouveau traité de désarmement pour succéder à START 1, arrivé à expiration le 5 décembre 2009.       <br />
              <br />
       M. Chevènement fixe deux autres conditions: &quot;la ratification du traité d'interdiction complète des essais nucléaires&quot; par les Etats-Unis et la Chine mais aussi l'Inde, le Pakistan, l'Indonésie, Israël et l'Egypte ainsi que &quot;l'ouverture à bref délai (...) d'une négociation sur un traité d'interdiction de la production de matières fissiles à usage militaire&quot;.       <br />
              <br />
       Qualifiant, dans une interview à l'AFP, ses propositions d'&quot;approche réaliste&quot;, M. Chevènement affirme que &quot;l'une des originalités&quot; de son rapport est d'établir un lien entre le désarmement nucléaire et &quot;la solution de problèmes politiques concrets au proche et au Moyen-Orient, entre l'Inde et le Pakistan ou en Asie de l'Est&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;On ne peut pas dissocier une zone exempte d'armes nucléaires au Proche-Orient de la reconnaissance d'un Etat palestinien viable et d'Israël par les pays arabes et l'Iran&quot;, fait-il valoir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Pour autant, prévient-il, si l'objectif doit être &quot;un monde sans armes nucléaires&quot;, il ne doit pas être atteint au prix d'une sécurité diminuée.       <br />
              <br />
       &quot;Un monde sans armes nucléaires où ne subsisteraient plus que des armes conventionnelles serait vraisemblablement plus exposé à des conflits classiques comme ceux qui ont pu éclater en Afghanistan, en Irak (ou) en Géorgie&quot;, relève-t-il.       <br />
              <br />
       Ce <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Desarmement-non-proliferation-nucleaires-et-securite-de-la-France_a930.html">volumineux document</a> (250 pages) a été mis en ligne <a class="link" href="http://www.senat.fr/noticerap/2009/r09-332-notice.html">sur le site du Sénat</a>. Il sera débattu le 23 mars en séance publique, à quelques semaines de la prochaine conférence quinquennale de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) prévue en mai 2010 au siège des Nations unies à New York.       <br />
              <br />
       Si le TNP reste pour M. Chevènement &quot;un monument de la sécurité collective&quot;, l'ancien ministre propose de &quot;le conforter en rapprochant du régime de non-prolifération les trois pays non signataires&quot;, l'Inde, le Pakistan et Israël.       <br />
              <br />
       M. Chevènement appelle aussi à &quot;relancer la promotion des usages pacifiques de l’énergie nucléaire, qui fonde la légitimité du TNP&quot; en levant, sous conditions, le moratoire institué depuis 2004 par le G8 sur l’exportation des technologies liées aux activités sensibles du cycle du combustible nucléaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1949175-2681217.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Desarmement-Chevenement-prone-une-zone-de-basse-pression-nucleaire_a931.html</link>
  </item>

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   <title>« Nous sommes otages des banquiers »</title>
   <pubDate>Sat, 07 Feb 2009 09:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Article de L'Est républicain, samedi 7 février 2009. Chevènement juge « un peu faible » le plan de relance d'une droite « qui ne sait pas où elle va (...) en matière économique ».     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1223317-1592633.jpg?v=1289480060" alt="« Nous sommes otages des banquiers »" title="« Nous sommes otages des banquiers »" />
     </div>
     <div>
      Sourire amusé : Jean-Pierre Chevènement n'est pas candidat à un poste d'ouverture. S'il a rendu un hommage à Nicolas Sarkozy lors de la venue du chef de l'État à Vesoul le 16 janvier, c'est que l'homme l'intéresse. <span style="font-style:italic">« J'ai simplement dit qu'il était réactif »</span>, a-t-il expliqué dans <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-l-entretien-Orange-L-Est-republicain_a759.html">« L'entretien », le nouveau rendez-vous d'actualité proposé depuis hier sur www.estrepublicain.fr</a>.       <br />
       Ce jour-là, le propos aimable ne valait pas approbation de l'action du président de la République. Son plan de relance est <span style="font-style:italic">« un peu faible sur l'investissement »</span>, a insisté le sénateur MRC de Belfort. Il <span style="font-style:italic">« devra inévitablement être suivi de beaucoup d'autres »</span> parce que <span style="font-style:italic">« la crise est durable et profonde »</span> et que <span style="font-style:italic">« nous sommes otages des banquiers »</span>.       <br />
              <br />
       <b>« Dose de protectionnisme »</b>       <br />
       Or Nicolas Sarkozy représente <span style="font-style:italic">« une droite libérale, atlantiste, occidentaliste, décomplexée »</span>, a accusé l'ancien ministre. Sa majorité <span style="font-style:italic">« ne sait pas très bien où elle va à long terme »</span> en matière économique. Mais la relance par la consommation prônée à l'opposé par le PS n'aurait de sens que si elle incluait aussi <span style="font-style:italic">« une dose de protectionnisme »</span> ou <span style="font-style:italic">« une certaine préférence communautaire »</span>, a-t-il ajouté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le sénateur belfortain est d'autant plus favorable à un tel <span style="font-style:italic">« protectionnisme mesuré »</span> qu'il sait <span style="font-style:italic">« les USA sur cette ligne-là »</span>. Il n'est donc pas <span style="font-style:italic">« obamaniaque »</span> malgré l'air du temps. <span style="font-style:italic">« Non, parce que je sais qu'Obama n'est pas un homme de gauche européen qui aurait été élu à Washington »</span>, a-t-il ironisé. <span style="font-style:italic">« C'est un Américain qui veut réaffirmer le leadership américain ! »</span>       <br />
              <br />
       <b>« Offrir un projet »</b>       <br />
       L'élu franc-comtois aimerait que la France garde quelque distance avec les USA et ne réintègre pas l'OTAN <span style="font-style:italic">« pour un strapontin »</span>. En dépit des assurances du gouvernement, il <span style="font-style:italic">« attend de voir »</span> si Paris saura réellement refuser l'envoi de renforts en Afghanistan si Washington le sollicite. Chevènement voudrait par ailleurs que Paris instaure plus <span style="font-style:italic">« d'équilibre »</span> dans ses relations avec l'Allemagne plutôt que de multiplier des <span style="font-style:italic">« symboles »</span> qui <span style="font-style:italic">« sont toujours dans le même sens »</span>.       <br />
       <a class="link" href="http://www.mrc-france.org/Le-MRC-pour-un-projet-de-rassemblement-de-la-gauche-aux-elections-europeennes_a75.html">En discussion avec les autres composantes de la gauche pour les européennes de juin</a>, il admet que Martine Aubry <span style="font-style:italic">« est sympathique »</span> et <span style="font-style:italic">« a du caractère »</span> mais <span style="font-style:italic">« il faut voir le fond »</span> et <span style="font-style:italic">« offrir un projet »</span>. En tout cas, le président du MRC n'exclut pas de lui demander des places éligibles pour les siens. Au cas où le PS persisterait à l'ignorer, <span style="font-style:italic">« le MRC pense la France »</span> là où les autres <span style="font-style:italic">« pensent la gauche »</span>, a-t-il asséné. Rien de moins.        <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.estrepublicain.fr/une/france/art_1004123.php">L'Est républicain</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Nous-sommes-otages-des-banquiers_a760.html</link>
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   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de l'entretien Orange-L'Est républicain</title>
   <pubDate>Fri, 06 Feb 2009 19:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de la première édition de l'entretien Orange-L'Est républicain. La vidéo est disponible ci-dessous.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.chevenement.fr/video/<h2><embed src="http://videos.estrepublicain.fr/flvplayer_fullscreen.swf?image=http://videos.estrepublicain.fr/estRep/preview/2009_01_chevenement.flv-1.jpg&letitre=&file=http://videos.estrepublicain.fr/estRep/streamf.php?fichier=estRep/2009_01_chevenement.flv&autoStart=false&total=34787420" width="390" height="300" quality="high" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true"></embed></h2>

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		</div>     </div>
     <div>
      <span class="u">Résumé de l'entretien :</span>       <br />
       Quatre fois ministre, élu neuf fois député du Territoire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement reste une voix écoutée de la politique française. Il juge le plan de relance du gouvernement « un peu faible sur l’investissement » mais trouve Nicolas Sarkozy « réactif » et « assez tonique » même si le chef de l’Etat incarne selon lui « une droite libérale, atlantiste, occidentaliste, décomplexée ». Sans illusion sur Barack Obama qu’il voit en « Américain qui veut réaffirmer le leadership américain », M. Chevènement pense « qu’un protectionnisme mesuré » ou à défaut « une préférence communautaire » s’imposent face à une crise économique qu’il prédit « durable et profonde ».        <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.estrepublicain.fr/une/entretien/art_1003469.php">Est Républicain</a> et <a class="link" href="http://nancy.ville.orange.fr/ensemble/reportage.html?grando">Orange</a>.       <br />
       Voir également l'article de l'Est Républicain : <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Nous-sommes-otages-des-banquiers_a760.html">« Nous sommes otages des banquiers »</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-l-entretien-Orange-L-Est-republicain_a759.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Réduire la dispersion de nos engagements</title>
   <pubDate>Fri, 30 Jan 2009 11:01:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, le 28 janvier 2009, lors du débat sur la demande du Gouvernement tendant à autoriser la prolongation de l'intervention des forces armées en République de Côte-d'Ivoire, au Kosovo, au Liban, en République du Tchad et en République centrafricaine (opération EUFOR et opérations Boali et Épervier).     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1205670-1568906.jpg?v=1289480060" alt="Réduire la dispersion de nos engagements" title="Réduire la dispersion de nos engagements" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le président, messieurs les ministres, mes chers collègues, nos engagements extérieurs correspondent-ils aux intérêts majeurs de la France ? Telle est la question à laquelle nous devons répondre.       <br />
              <br />
       Le mérite des hommes n'est pas en cause ; je m'associe à l'hommage qui leur a été rendu par le président Josselin de Rohan et de nombreux intervenants.        <br />
              <br />
       Le Gouvernement vient d'annoncer une réduction, certes légère, du nombre de nos soldats engagés sur des théâtres d'opérations extérieures. Cette réduction n'est-elle pas le préalable d'un redéploiement en direction de l'Afghanistan ?       <br />
              <br />
       Je ne conteste que la France ait un rôle à jouer comme membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Elle accomplit là un devoir supérieur, au service de la communauté internationale.       <br />
       Je ne conteste pas non plus le rôle que la France joue au profit de pays encore fragiles, des États qui ne se tiennent pas toujours très fermement sur leurs jambes, notamment en Afrique, où se trouvent notre histoire et nos intérêts.       <br />
       Je ne conteste pas davantage le renforcement de notre présence militaire au Proche-Orient afin de faciliter l'application des résolutions de l'ONU.       <br />
              <br />
       Mais je m'inquiète d'une dérive, qui correspond à l'évolution du monde et qui conduit notre pays à intervenir de plus en plus dans le sillage de la diplomatie américaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Sans doute y aurait-il beaucoup à dire sur les opérations de maintien de la paix de l'ONU : leur coût considérable – 7 milliards de dollars, contre 840 millions en 1998-1999 –, la montée exponentielle des effectifs engagés – 108 000 personnes, dont 88 500 casques bleus, contre 12 400 en 1996 –, les conditions dans lesquelles elles se déroulent.       <br />
              <br />
       La proportion des forces issues du sous-continent indien est très élevée – 40 % ! – et il faut rendre hommage aux pays francophones qui accomplissent un effort, parmi lesquels figurent le Maroc, le Sénégal et le Bénin.       <br />
              <br />
       Moins de la moitié des dépenses réelles sont prévues dans le budget. Or ce coût représente, depuis 1976, en euros constants 2008, près de 20 milliards d'euros, soit l'équivalent de six porte-avions nucléaires. Il pèse sur nos dépenses d'équipement, sur le maintien de nos matériels en conditions opérationnelles.       <br />
              <br />
       Cette dispersion de nos engagements ne s'est pas produite par hasard. Elle résulte d'une orientation diplomatique à laquelle vous avez contribué, monsieur le ministre des affaires étrangères, avec le fameux « devoir d'ingérence ». A-t-on jamais vu le faible s'ingérer dans les affaires du fort ? Ce concept, qui a trop souvent justifié un droit à deux vitesses – on l'a vu au Proche-Orient et en Irak –, a été corrigé par l'Assemblée générale de l'ONU, qui a affirmé beaucoup plus raisonnablement « le devoir de protéger ».       <br />
              <br />
       Je n'évoquerai ni la professionnalisation des armées, qui a facilité cette évolution, ni le rapprochement de la France de l'OTAN depuis 1996, ni le risque que nous nous trouvions engagés de plus en plus dans une guerre des civilisations.       <br />
              <br />
       Il n'est pas possible de séparer nos choix en matière d'opérations militaires extérieures d'une réflexion sur l'état du monde. Celui-ci est menacé par une certaine anomie, évanescence de l'État et du droit, dans certaines régions fragiles. L'autre facteur de tensions et de guerres tient au renversement de l'équilibre des puissances et au passage de l'unipolarité du monde à une multipolarité qui s'est imposée depuis cinq ans.       <br />
              <br />
       Dans un tel contexte, où est l'intérêt de la France ? Est-il de suivre les États-Unis ? N'est-il pas plutôt de préserver sa capacité d'influence et de médiation ?       <br />
              <br />
       Au sein d'un monde multipolaire, qui prévaudra de plus en plus, la question est de savoir si l'Europe, donc la France, sera elle-même un pôle.        <br />
              <br />
       Nous devons essayer d'apprécier la rupture que représente incontestablement l'élection de M. Obama. Jusqu'à présent, les États-Unis semblaient hésiter entre trois ennemis potentiels : le monde arabo-musulman, au nom de la « grande guerre contre la terreur », la Russie, enfin la Chine.       <br />
              <br />
       L'intérêt de la France est d'abord dans la paix avec ses grands voisins. Il faut faire de la solution du problème israélo-palestinien une priorité ; la France doit y contribuer, y compris par l'envoi de forces d'interposition, si la démarche est sincère. C'est vrai aussi pour le Liban.        <br />
              <br />
       Je n'évoquerai pas les questions sur lesquelles vous ne nous interrogez pas, mais sur lesquelles la plus grande prudence serait de mise : l'Irak, l'Iran, où nous n'allons pas jouer les imprécateurs, l'Afghanistan ; chacun sait que les racines du conflit sont ailleurs et que nous risquons d'être conduits à un enlisement de longue durée si nous ne donnons pas la priorité à une solution politique.       <br />
              <br />
       Avec la Russie, nous n'avons pas à nous laisser entraîner dans les conflits du Caucase, pas plus que dans ceux du Moyen-Orient. À cet égard, la gestion de la crise géorgienne par le Président Nicolas Sarkozy, au mois d'août, a été pragmatique. Elle a sauvegardé l'essentiel, c'est-à-dire le partenariat stratégique entre l'Union européenne et la Russie, qui répond à des intérêts réciproques évidents.       <br />
              <br />
       Messieurs les ministres, je souhaite vous interroger sur ce déplacement de l'équilibre du monde et sur le fait que nous donnons le sentiment d'être de plus en plus aspirés par la politique américaine.       <br />
              <br />
       La réintégration de l'organisation militaire intégrée de l'OTAN par la France serait un mauvais signal pour le monde, en particulier les grands pays du Sud. Elle le serait aussi pour la Russie. Elle le serait enfin pour nombre de nos responsables politiques et militaires déjà naturellement enclins à ne penser et à ne juger qu'à l'aune du regard américain. Quand la France adhère à une organisation internationale, ce n'est pas pour assurer des fins de carrière prestigieuses à ses responsables, qu'ils soient militaires ou civils.        <br />
              <br />
       Je ne vois pas que les États-Unis aient renoncé à élargir l'OTAN à l'Ukraine et à la Géorgie, ce qui laisse préfigurer de graves tensions avec la Russie. Je vous rappelle que la Première Guerre mondiale a éclaté en raison d'alliances préconstituées et rigides, qui ont rendu l'embrasement inévitable. Le plus simple serait donc de garder nos distances.       <br />
              <br />
       Avec l'Asie et la Chine, c'est encore plus évident ! En 1983, au sommet de Williamsburg, le problème du champ géographique de l'Alliance avait été posé par les États-Unis, qui voulaient y inclure le Japon. L'Institut John Hopkins a été chargé de réfléchir au nouveau concept stratégique de l'OTAN. Qu'en est-il résulté ? Qu'en est-il de la réflexion française à ce sujet ? Les Européens se sont-ils concertés ?        <br />
       Nous estimons que la sagesse consiste pour nous à accompagner l'inévitable montée en puissance de l'Asie dans des conditions pacifiques.       <br />
              <br />
       La France doit donc se fixer deux priorités : un recentrage sur l'Afrique, car c'est la zone traditionnelle de nos intérêts et une région francophone, et un recentrage sur le Proche-Orient, parce que s'y déroule la crise matricielle des relations internationales.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, il est des opérations dont il faut savoir se désengager ; je pense aux Balkans, et cela vaut pour le Kosovo comme pour la Bosnie-Herzégovine.        <br />
              <br />
       Il y a des interventions qu'il faut savoir conclure : l'opération Licorne en Côte d'Ivoire, dès lors que le processus politique aura été mené à son terme. Ainsi, à l'opération EUFOR au Tchad doit succéder une opération placée sous l'égide de l'ONU.       <br />
              <br />
       Je m'interroge sur les économies de bouts de chandelle qui consisteront à replier nos forces prépositionnées. Une évaluation du coût serait bienvenue.       <br />
              <br />
       Des coupes franches sont nécessaires. Elles demanderont d'autant plus de résolution que le Livre blanc programme à la baisse, de 50 000 à 30 000 hommes, notre capacité de projection simultanée.       <br />
              <br />
       Le contrôle du Parlement institué par la récente révision de la Constitution sera bienvenu s'il est exercé sans faiblesse, parce qu'il conditionne la mise sur pied d'un outil militaire efficace. Nous y reviendrons lors de la discussion du projet de loi de programmation militaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1205670-1568906.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Reduire-la-dispersion-de-nos-engagements_a758.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Jean-Pierre Chevènement invité du colloque Le Liban dans l'union pour la méditerranée</title>
   <pubDate>Fri, 23 Jan 2009 13:03:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ce colloque est organisé à l'Institut du Monde Arabe par la Fondation Safadi, l'IRIS et l'Institut du Monde Arabe, mardi 27 janvier 2009 entre 13h30 et 18h.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1196331-1555445.jpg?v=1289480060" alt="Jean-Pierre Chevènement invité du colloque Le Liban dans l'union pour la méditerranée" title="Jean-Pierre Chevènement invité du colloque Le Liban dans l'union pour la méditerranée" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement interviendra dans la table-ronde de 14h45 : &quot;L'économie libanaise dans l'économie des pays arabes méditerranéens&quot;       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>Ouverture de la séance par Christine Lagarde, Ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi       
       </li></ul><ul class="list"><li>Président : Pascal Boniface, Directeur, IRIS       
       </li></ul><ul class="list"><li>Hervé de Charette, Député, Président de la Chambre de Commerce franco-arabe, ancien ministre       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Pierre Chevènement, Sénateur du Territoire de Belfort, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et de la Fondation Res Publica, ancien ministre       
       </li></ul><ul class="list"><li>Toufic K. Gaspard, Économiste libanais       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nicolas Sarkis, Directeur du Centre arabe des études pétrolières à Paris       <br />
              <br />
       Le programme complet est disponible <a class="link" href="http://www.imarabe.org/temp/rencontres/colloque_20090127.html">sur le site de l'IMA</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1196331-1555445.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-du-colloque-Le-Liban-dans-l-union-pour-la-mediterranee_a757.html</link>
  </item>

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   <title>Gaza : l'exigence d'une parole juste et libre</title>
   <pubDate>Thu, 15 Jan 2009 17:40:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement lors du débat sur la situation au Proche-Orient, le 14 janvier 2009 au Sénat.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1183302-1536359.jpg?v=1289480059" alt="Gaza : l'exigence d'une parole juste et libre" title="Gaza : l'exigence d'une parole juste et libre" />
     </div>
     <div>
      Le sens de l'urgence que vous appliquez à une trêve des combats à Gaza est sans doute bienvenu, mais il risque d'occulter les responsabilités de longue durée à l'origine du conflit. La lucidité dont vous vous prévalez est, en ce sens, à courte vue. Le Hamas, dont les positions sont ce qu'elles sont et qu'il n'est pas besoin de partager, a tout de même gagné les élections de 2006 au Conseil législatif palestinien, élections démocratiques et internationalement contrôlées. Il n'a pas été tenu compte du verdict des urnes, même pour tenter de responsabiliser le Hamas. Récusé par Israël et la communauté internationale, il n'est pas considéré autrement que comme une organisation terroriste. Les experts considèrent pourtant que ses positions peuvent évoluer et n'ont pas le caractère caricatural que leur attribue la presse. Le programme électoral et les déclarations politiques de M. Haniyeh, qui fut un temps Premier ministre, en témoignent. Vous-même ne voulez pas de contact direct avec le Hamas, sinon par le canal d'autres États. Ce n'est pas courageux. On ne peut attendre que l'adversaire se conforme à vos vues pour négocier. Vous appliquez, en somme, le boycott voulu par Israël et les États-Unis.       <br />
              <br />
       Mais l'absence de contact n'est pas seule en cause. La victoire du Hamas n'est pas arrivée comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Elle est le fruit d'un long pourrissement. La conférence de Madrid, en 1992, a soustrait le problème israélo-palestinien à la compétence de l'ONU. Le processus d'Oslo, de même. Il n'a plus été question, depuis seize ans, d'aucune conférence internationale sous l'égide du Conseil de sécurité.       <br />
              <br />
       Le processus d'Oslo a été conçu comme un processus progressif, étiré sur de longues années et plus encore au fil du temps, après l'assassinat d'Itzhak Rabin puis la victoire de M. Netanyahu, en 1996, suivis par la médiation trop tardive, en fin de mandat, du président Clinton, entre l'été 2000 et le début de 2001.       <br />
       Après l'éclatement de la deuxième Intifada, le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a été diabolisé. Son successeur, Mahmoud Abbas, pourtant animé d'intentions pacifiques, a été décrédibilisé par la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie, où les implantations ont été multipliées par trois ou quatre depuis les accords d'Oslo. La conférence d'Annapolis a été un échec, la mission du Quartet une farce.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1183302-1536401.jpg?v=1289480059" alt="Gaza : l'exigence d'une parole juste et libre" title="Gaza : l'exigence d'une parole juste et libre" />
     </div>
     <div>
      Tout s'est passé comme si manquait la volonté d'appliquer les accords dans l'esprit de la résolution de l'ONU, qui prévoit la création d'un État palestinien viable. Je ne dis pas que certains n'étaient pas sincères, mais tous ne l'étaient pas.       <br />
              <br />
       Naturellement, l'envoi de missiles, même rustiques, sur Israël, constitue une agression susceptible de frapper des innocents et une violation du droit international. Mais le blocus de Gaza, comme le refus d'Israël d'appliquer l'accord de cessez-le-feu, est parfaitement illégal. Et que dire de l'offensive lancée sur un million et demi de réfugiés regroupés sur 362 kilomètres carrés, pas plus de la moitié du territoire de Belfort ? Elle a fait plus de 1 000 morts et pas moins de 4 000 blessés.       <br />
              <br />
       Le Président de la République a bien fait, dans l'immédiat, de rechercher une trêve par le canal de l'Égypte pour sécuriser la frontière. Mais la France doit voir plus loin et garder sa parole libre et franche pour créer les conditions d'une réconciliation entre les Palestiniens, préalable à une négociation loyale visant à créer un État palestinien viable.       <br />
              <br />
       Il appartient à la France d'exercer son influence pour amener le président Obama à inverser l'ordre des priorités qu'il a énoncées pour le Proche et le Moyen-Orient et qu'il mette en tête de son ordre du jour l'enclenchement d'une négociation palestino-israélienne plutôt que le renforcement des troupes de l'Otan en Afghanistan. Le problème de Gaza est, comme l'a dit le Président de la République, un problème mondial. Il faut faire tomber la pression dans l'ensemble du monde arabo-musulman. C'est ainsi qu'on asséchera le terreau du terrorisme et qu'on créera les conditions d'une normalisation avec l'Iran, d'un retrait pacifique des troupes américaines d'Irak et d'une solution politique du problème afghan.       <br />
              <br />
       Le problème palestino-israélien est devenu « la matrice des relations internationales », selon l'expression de Dominique Moïsi. Il faut le comprendre avant qu'il ne soit trop tard. La négociation avec l'ensemble des parties, c'est l'intérêt de tous les peuples, y compris d'Israël dont la sécurité à long terme est commandée par la normalisation de ses relations avec ses voisins. C'est l'intérêt de la paix et c'est l'intérêt de la France dont le projet d'Union pour la Méditerranée ne peut réussir qu'à cette condition.       <br />
       Ce que nous attendons du gouvernement français ? Moins de faux-fuyants, moins d'expressions biaisées, une parole plus franche, une parole de justice. Vous avez déclaré la semaine dernière : « Le Hamas représente quelque chose dans le peuple palestinien. Il est donc indispensable que certains aient des contacts avec eux » Pourquoi pas nous ?        <br />
              <br />
       La liberté de parole et d'action de la France sera le plus sûr moyen de faire reculer la tentation d'importer sur notre sol le conflit du Proche-Orient et les haines fanatiques qu'il suscite. La République est une exigence dans l'ordre intérieur, mais aussi dans l'ordre extérieur. C'est l'exigence d'une parole juste et libre ! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1183302-1536401.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Gaza-l-exigence-d-une-parole-juste-et-libre_a752.html</link>
  </item>

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   <title>Proche-Orient : Chevènement «pas sûr» que Sarkozy arrive à se faire entendre</title>
   <pubDate>Mon, 05 Jan 2009 12:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, lundi 5 janvier 2009, 11h52.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1168273-1507396.jpg?v=1289480057" alt="Proche-Orient : Chevènement «pas sûr» que Sarkozy arrive à se faire entendre" title="Proche-Orient : Chevènement «pas sûr» que Sarkozy arrive à se faire entendre" />
     </div>
     <div>
      L'ancien ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), n'est &quot;pas sûr&quot; que Nicolas Sarkozy arrive &quot;à se faire réellement entendre&quot; au Proche-Orient, estimant que &quot;ce sont les Américains qui ont la clé&quot; du conflit israélo-palestinien.       <br />
              <br />
       Le chef de l'Etat commence lundi en Egypte, Cisjordanie et Israël, une tournée éclair de deux jours au Proche-Orient.       <br />
              <br />
       &quot;Je ne suis pas sûr que c’est en affirmant, comme il l’a fait voici quelques jours, sa compréhension d’Israël au moment où celui-ci bombardait Gaza que Nicolas Sarkozy peut arriver à se faire réellement entendre&quot;, affirme le sénateur de Belfort <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-Parisien-Une-offensive-vouee-a-l-echec_a740.html">dans un entretien au Parisien</a>.       <br />
              <br />
       M. Sarkozy &quot;sait être pragmatique (...) mais ce qu’il faut aujourd’hui, c’est une forte volonté politique, notamment pour peser sur la politique d’Obama, parce que ce sont les Américains qui ont la clé&quot;, poursuit-il.       <br />
              <br />
       M. Chevènement estime par ailleurs que l'offensive terrestre israélienne est &quot;vouée à l'échec&quot;. &quot;Une armée ne peut pas l’emporter sur une concentration de 1,5 million de réfugiés massés sur quelques centaines de kilomètres carrés&quot;, prévient-il.       <br />
              <br />
       Soulignant un &quot;problème mondial&quot; qui n'est &quot;pas seulement le problème de Gaza&quot;, le sénateur dit craindre des &quot;ripostes terroristes non seulement au Proche-Orient, mais dans le monde entier&quot;, voyant notamment dans Al-Qaïda au Maghreb une &quot;menace pour la France&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1168273-1507396.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Proche-Orient-Chevenement-pas-sur-que-Sarkozy-arrive-a-se-faire-entendre_a741.html</link>
  </item>

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   <title>Chevènement: Sarkozy «a raison» de «prendre des risques» sur la Syrie</title>
   <pubDate>Sun, 13 Jul 2008 18:28:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, dimanche 13 juillet 2008, 10h30.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/988630-1235144.jpg?v=1289480135" alt="Chevènement: Sarkozy «a raison» de «prendre des risques» sur la Syrie" title="Chevènement: Sarkozy «a raison» de «prendre des risques» sur la Syrie" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a jugé dimanche que Nicolas Sarkozy &quot;a raison&quot; de &quot;prendre des risques&quot; en invitant la Syrie au lancement de l'Union pour la Méditerranée.       <br />
              <br />
       &quot;Je ne fais pas partie de ceux qui désapprouvent l'invitation à Paris de Bachar al-Assad&quot;, chef de l'Etat syrien, déclare l'ancien ministre <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-Journal-du-dimanche-Il-faut-savoir-prendre-des-risques_a651.html">au Journal du Dimanche</a>. &quot;En politique, il faut savoir prendre des risques. En l'occurrence, Nicolas Sarkozy a raison d'en prendre&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;La Syrie est une pièce stratégique du puzzle du Proche et du Moyen Orient. Il est utile pour la France d'avoir un contact avec ce pays. Si l'on fait l'Union pour la Méditerranée (UPM), il faut le faire avec tous les pays riverains, sans exception&quot;, estime M. Chevènement.       <br />
              <br />
       &quot;Mener cette démarche avec des critères uniquement éthiques nous aurait fait courir le risque de nous retrouver dans un cercle plutôt étroit. Et nous aurait conduits à l'impuissance&quot;, juge celui qui avait démissionné en 1991 du portefeuille de la Défense pour protester contre la guerre du Golfe.       <br />
              <br />
       Pour l'ex-ministre toutefois, l'UPM, &quot;bonne idée au départ&quot; est &quot;hélas largement vidée de son contenu, en raison notamment des exigences de l'Allemagne&quot; qui &quot;a imposé&quot; la présence des 27 pays de l'UE.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/988630-1235144.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Chevenement-Sarkozy-a-raison-de-prendre-des-risques-sur-la-Syrie_a652.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-988629</guid>
   <title>Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal du dimanche : «Il faut savoir prendre des risques»</title>
   <pubDate>Sun, 13 Jul 2008 18:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal du dimanche, propos recueillis par Virginie Le Guay, dimanche 13 juillet 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/988629-1235142.jpg?v=1289480135" alt="Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal du dimanche : «Il faut savoir prendre des risques»" title="Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal du dimanche : «Il faut savoir prendre des risques»" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement salue la prise de risque de Nicolas Sarkozy, qui a invité Bachar al-Assad à Paris. En revanche, l'ancien ministre de la Défense se montre plus critique quant à la politique menée par le président. Il s'oppose notamment au retour de la France dans l'Otan et s'interroge sur le paradoxe entre la multiplication des opérations extérieures et la réduction des effectifs.       <br />
              <br />
       <b>Le journal du dimanche : La venue à Paris de Bachar el-Assad suscite la controverse...</b>       <br />
       Je ne fais pas partie de ceux qui désapprouvent l'invitation à Paris de Bachar el-Assad. En politique, il faut savoir prendre des risques. En l'occurrence, Nicolas Sarkozy a raison d'en prendre. La Syrie est une pièce stratégique du puzzle du Proche et du Moyen-Orient. Il est utile pour la France d'avoir un contact avec ce pays. Si l'on fait l'Union pour la Méditerranée, il faut le faire avec tous les pays riverains. Sans exception. Mener cette démarche avec des critères uniquement éthiques nous aurait fait courir le risque de nous retrouver dans un cercle plutôt étroit. Et nous aurait conduit à l'impuissance.       <br />
              <br />
       <b>L'Union pour la Méditerranée vous parait-elle une bonne initiative?</b>       <br />
       C'était une bonne idée au départ. Elle est, hélas, largement vidée de son contenu, en raison notamment des exigences de l'Allemagne. Angela Merkel a imposé la présence dans l'Union pour la Méditerranée (UPM) des vingt-sept pays de l'Union européenne et exigé que soit maintenu le cadre du processus de Barcelone. Un cadre très contraignant qui aboutira à ce que tous les dossiers de l'UPM soient instruits en dernier ressort par la Commission européenne. Quand on connaît la lourdeur de fonctionnement et les contraintes de la Commission, qui, à ma connaissance, ne dispose pas de ligne budgétaire supplémentaire, on peut s'interroger sur l'efficacité future de l'UPM. Donner à la Commission le dernier mot revient à priver l'UPM d'une large partie de son autonomie.       <br />
              <br />
       <b>Le malaise de l'armée grandit chaque jour. Peut-on parler de divorce entre les militaires et Nicolas Sarkozy?</b>       <br />
       Il y a évidemment une question de style. Dire aux militaires comme l'a fait le président: &quot;Vous êtes des amateurs&quot;, ne me semble pas adroit, c'est le moins qu'on puisse dire. Ce n'est d'ailleurs pas souvent que l'on voit un chef d'état-major de l'armée de terre donner sa démission de façon aussi spectaculaire. Il y a aussi un problème de fond: la réduction annoncée de 54.000 postes pour une armée fortement &quot;dégraissée&quot; n'est guère compatible avec les multiples engagements extérieurs de notre armée. Engagements d'ailleurs très éloignés de nos intérêts nationaux. Je pense au Kosovo et à l'Afghanistan, deux opérations qui se font sous commandement de l'Otan. Il y a aujourd'hui dix-sept opérations militaires extérieures dans lesquelles nos forces sont impliquées. On est loin de l'inspiration gaulliste de notre politique de défense. Un pays qui remet à d'autres, dans le cas qui nous occupe à l'organisation militaire intégrée de l'Otan, le soin de sa défense, abandonne la maîtrise de sa politique étrangère et de son destin. Je suis très préoccupé par l'abandon du consensus en matière de défense auquel en tant qu'ancien ministre de la Défense je suis très attaché et auquel j'avais contribué à rallier le PS. J'étais partisan de la dissuasion nucléaire avant tout le monde. C'est sous mon influence que le PS l'accepta en 1978.        <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200828/chevenement-il-faut-savoir-prendre-des-risques_132598.html">Voir l'entretien sur le site du JDD</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/988629-1235142.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-Journal-du-dimanche-Il-faut-savoir-prendre-des-risques_a651.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>L’Union pour la Méditerranée : Un concept global de sécurité</title>
   <pubDate>Tue, 01 Apr 2008 16:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Forum de Paris, samedi 29 mars 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/899126-1108690.jpg?v=1289480130" alt="L’Union pour la Méditerranée : Un concept global de sécurité" title="L’Union pour la Méditerranée : Un concept global de sécurité" />
     </div>
     <div>
      Je veux d’abord féliciter Albert Mallet pour cette initiative qui vient à son heure et qui peut nourrir la réflexion utilement sur le projet d’Union pour la Méditerranée. J’admire les analyses pénétrantes d’Hubert Védrine. Je m’expose, par l’optimisme de la volonté que je professe, à tomber sous sa critique ravageuse.        <br />
              <br />
       Pour en venir au sujet de mon intervention, la sécurité ne peut être que globale. Isoler un facteur de risque pour le traiter par des moyens purement militaires ne supprime pas le risque mais l’accroît, comme on l’a vu avec l’invasion de l’Irak. Le concept de guerre contre la terreur, en soi légitime, a été ainsi discrédité par l’emploi de moyens inappropriés qui ont accru le risque plus qu’ils ne l’ont conjuré. Une véritable sécurité implique une confiance partagée au Nord comme au Sud de la Méditerranée.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Or, plusieurs facteurs pèsent négativement</span> pour empêcher cette confiance de s’établir :       <br />
              <br />
       -	Le souvenir d’un passé conflictuel et d’abord, au Sud, la crainte de voir se recréer des formes de domination coloniale.       <br />
       -	Les déséquilibres démographiques, et particulièrement la croissance très rapide des populations actives au Sud, ainsi que la disparité des niveaux de vie qui alimentent, au Nord, la crainte de flux migratoires incontrôlés de populations ne partageant pas sur certains points le même système de valeurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Ces souvenirs et ces craintes s’avivent :       <br />
              <br />
       -	De la multiplication d’actes terroristes, au Sud comme au Nord.       <br />
       -	Des  risques de déstabilisation politique du fait d’une contestation islamiste radicale et souvent violente.       <br />
       -	De la prolifération d’armes de destruction massive et des risques de dissémination nucléaire.       <br />
              <br />
       La coexistence de plusieurs aires culturelles distinctes, dotées d’une constance voire d’une inertie historiques prodigieuses comme l’a bien montré Fernand Braudel, ne sera possible que si le concept de « guerre de civilisations » est clairement rejeté. C’est une civilisation commune que nous devons élaborer sur les bords de notre mer commune.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – L’idée principale que je vais développer est qu’il n’y a pas de codéveloppement possible entre les deux rives de la Méditerranée en dehors du respect de l’identité de chaque peuple établi sur ses rives.</b>       <br />
              <br />
       L’Union pour la Méditerranée s’inspire d’une grande idée juste : les pays de la rive Sud trouveront dans leur relation avec l’Europe, qui représente 40 % du commerce mondial, un vecteur essentiel de leur développement futur et ce développement, source de sécurité, répond à l’intérêt européen bien compris        <br />
              <br />
       Mais cette idée juste ne saurait occulter cette autre idée tout aussi fondamentale : il n’y aura de codéveloppement entre les deux rives de la Méditerranée que fondée sur le respect de l’identité, de l’authenticité et donc de la dignité de chaque peuple établi sur ses rives. Il ne s’agit pas d’exporter la démocratie, de transférer des valeurs ni même des technologies en les plaquant sur des sociétés qui ont chacune leur culture et leur histoire. Il s’agit de faire en sorte que nos sociétés, au Nord comme au Sud, transposent leur identité en termes d’avenir et que chacune, selon l’expression de Jacques Berque, intègre à son propre legs les emprunts qu’elle fait à l’extérieur, bref s’approprie, en s’appuyant sur ses propres déterminations, ce qu’elle aura trouvé ailleurs : les apports migratoires venus du Sud au Nord, les formes modernes de production et d’organisation au Sud. Chacun doit avancer à partir de ce qu’il est. Cette pensée exigeante est à l’opposé des déstructurations coutumières à notre modèle de développement. Elle ne confond pas l’enrichissement mutuel des pays qui bordent la Méditerranée et la renonciation de chacun à être soi-même.        <br />
              <br />
       Le respect de l’identité implique plus que le respect des différences : la permanente disponibilité à s’enrichir de la différence de l’autre, bref un état d’esprit qui va à l’encontre de l’uniformisation marchande, si souvent vectrice d’inégalités et de fragmentations sociales.       <br />
              <br />
       De cette pensée « berquienne » je fais découler quelques conséquences :       <br />
              <br />
       1.	Notre ennemi commun c’est l’ignorance d’où procède l’insécurité. Il faut faire reculer l’ignorance, développer la connaissance de l’autre, de son histoire, de sa langue, de sa littérature, de sa religion.       <br />
              <br />
       2.	Lutter contre le terrorisme ou la prolifération, ce n’est pas seulement se préoccuper de faire reculer la misère et le mépris des droits humains, même si cela est nécessaire, c’est d’abord assécher le terreau où le terrorisme et la course aux armements s’enracinent.       <br />
       <span style="font-style:italic">C’est chercher à résoudre les problèmes politiques pendants</span> : l’occupation de l’Irak par des troupes étrangères, l’absence d’un Etat palestinien viable et d’une paix mutuellement acceptée au Proche-Orient quarante ans après la guerre de 1967. Vouloir assécher le terreau sur lequel prospère le terrorisme, c’est refuser un droit international à deux vitesses, c’est tarir un sentiment légitime d’injustice, d’autant plus vivement ressenti que le souvenir colonial continue de peser dans la mentalité des peuples musulmans. Bref c’est mettre avec soi le sentiment de la dignité.       <br />
              <br />
       3.	<span style="font-style:italic">Il faut que le Nord s’ouvre au Sud </span>: L’Union pour la Méditerranée est une idée incompatible avec la transformation de l’Europe en forteresse. La politique migratoire est à repenser entièrement. J’y reviendrai dans quelques instants. <span style="font-style:italic">Mais il faut aussi que le Sud prenne en considération les besoins légitimes de sécurité des populations établies au Nord et leur attachement aux valeurs et aux principes qu’elles considèrent comme des conquêtes</span> sur un passé d’arbitraire et de domination : la laïcité, l’égalité de l’homme et de la femme. Evidemment, cela suppose qu’inversement la défense des droits de l’homme ne soit pas détournée de son objet.       <br />
              <br />
       4.	<span style="font-style:italic">A cet égard il ne faut pas se tromper d’approche : la démocratie au Sud</span> a certainement beaucoup de progrès à faire mais elle résultera très largement du développement, qui implique – on le sait – une raisonnable transparence. La démocratie sera affermie quand une solide base économique permettra l’émergence de classes moyennes nombreuses. Il faut prendre garde aux politiques de Gribouille qui sous le généreux prétexte de lutter contre la corruption feraient le lit de la confiscation du pouvoir par un islamisme politique radical et violent, qui signerait la fin définitive de toute espérance démocratique. La voie est étroite, mais le mieux est quelquefois – c’est un vieux proverbe qui le dit – l’ennemi du bien.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Comment maintenant passer à l’application ?</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A) Deux précisions préalables :</span>       <br />
              <br />
       1.	Il me semble que l’Union pour la Méditerranée est bien partie pour être un « Euromed plus ». A tort ou à raison, du fait des réticences. Le processus de Barcelone n’avait pas que des défauts. Tout est donc dans le « plus » ; On sait que les flux financiers mobilisés vers les pays du Sud de la Méditerranée ont été dans la période récente très notablement inférieurs à ceux dirigés vers les PECOs : dans un ordre de un à dix. Si cela pouvait être corrigé, ce serait déjà un progrès.       <br />
              <br />
       Ensuite il faut des mécanismes innovants et paritaires.       <br />
              <br />
       2.	Un début d’institutionnalisation peut créer les conditions d’une meilleure appropriation par les peuples du Sud de la Méditerranée des objectifs et des moyens du développement (thème que j’ai entendu développer par l’Ambassadeur Abou Youb). <span style="font-style:italic">L’optimisme de la volonté</span> peut permettre que s’enclenchent des cercles vertueux : le développement suppose une stabilité politique, monétaire, des règles du jeu stables, des procédures transparentes, un secteur bancaire moderne, un souci de la qualité et des délais dont les pays du Sud sont souvent encore loin, même si des progrès remarquables ont pu être observés. Pour créer des cercles vertueux, il faut un mythe moteur par lequel les peuples peuvent s’approprier l’idée d’un progrès partagé.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B) J’ai entendu dire que l’Union pour la Méditerranée se ferait par les projets qu’elle susciterait. </span>       <br />
              <br />
       J’ai entendu les propositions très concrètes proposées par Jacques Attali. Pour ma part, je propose trois grandes pistes.       <br />
              <br />
       1.	<span style="font-style:italic">S’agissant du financement,</span> l’épargne des migrants représentera toujours plus que l’aide publique au développement. Pour le Maghreb seul on l’évalue à près de 100 Milliards d’euros. Il faut donc favoriser des flux temporaires de migration du travail et revoir de fond en comble la politique migratoire, distinguer la circulation et l’établissement, privilégier l’immigration de travail sur le regroupement familial. La circulation doit se faire dans les deux sens : le tourisme du Nord vers le Sud peut générer des flux de devises importants. Mais qui dit tourisme dit aussi sécurité.       <br />
              <br />
       2.	<span style="font-style:italic">Le codéveloppement se fera largement par le biais des IDE </span>(investissements directs). L’Europe devrait orienter les délocalisations industrielles vers les pays de la rive sud de la Méditerranée plutôt que vers l’Asie. C’est son intérêt de penser une politique d’aménagement du territoire à l’échelle euroméditerranéenne. Les investissements extérieurs apporteront les technologies modernes, nécessaires au développement. Le succès de l’Union pour la Méditerranée sera de créer les conditions propices à l’investissement productif (infrastructures, mais aussi et surtout formation sur place d’une main d’œuvre qualifiée).       <br />
              <br />
       3.	<span style="font-style:italic">L’énergie</span> doit être au cœur du processus de développement euroméditerranéen. Il ne faut pas contester aux pays du Sud le droit de contrôler leurs richesses, y compris s’ils le veulent, par la nationalisation. Là n’est pas le problème et il ne faut pas tout mélanger : le terrorisme et les nationalisations, comme il m’est arrivé de le lire sous quelques plumes autorisées. Est-ce que la nationalisation du pétrole irakien en 1972 n’a pas pesé plus lourd que le régime de Saddam Hussein dans la décision d’envahir l’Irak en 2003 ? Les pays producteurs devront bien vendre leur pétrole ou leur gaz quelque soit le statut des entreprises productrices. Il faut donc des contrats à long terme qui autorisent les compagnies productrices à valoriser et à commercialiser, par exemple leur gaz, sur le marché européen.        <br />
       Bien entendu la coopération énergétique doit prendre en compte le « pic de production » des hydrocarbures. Nos principales sources d’approvisionnement en combustibles fossiles, en dehors de l’Algérie et de la Libye, restent en dehors de la Méditerranée : en Russie et dans le Golfe. C’est la raison pour laquelle une grande politique de coopération énergétique avec les pays de la rive Sud doit, pour anticiper, viser essentiellement deux domaines :        <br />
       -	<span class="u">L’énergie solaire</span> pour laquelle les pays du Sud devraient être associés à parité aux programmes européens. Solaire thermique mais surtout photo voltaïque avec l’objectif de réduire drastiquement les coûts. Je propose donc un grand projet de recherche-développement.       <br />
       -	En second lieu, <span class="u">l’énergie nucléaire</span>.       <br />
              <br />
       L’idée de créer en commun des usines d’approvisionnement en matières fissiles à usage civil permettrait d’éviter la prolifération militaire car, on le sait, il est possible, en enrichissant l’uranium ou en fabriquant du plutonium, de passer du civil au militaire.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Je terminerai par la lutte contre la prolifération.</b>       <br />
              <br />
       L’énergie nucléaire doit contribuer à la solution des problèmes énergétiques et climatiques mondiaux. J’approuve l’idée d’un traité d’interdiction de production de matières fissiles à usage militaire proposé par le Président de la République. Mais l’acceptation d’une discipline commune pour éviter la prolifération ne sera acquise que si les armes nucléaires n’existent plus qu’à l’état résiduel. S’agissant des Etats-Unis et de la Russie, c’est encore loin d’être le cas, puisque chacun de ces pays dispose encore de plus de 5000 ogives nucléaires. Mais il est assez évident que la théorie de la dissuasion stabilisatrice ne fonctionnerait plus dans un monde où vingt voire trente puissances nucléaires auraient émergé, surtout dans une région aussi traversée de conflits que la zone du Proche et du Moyen-Orient. Raison de plus pour accélérer le rythme des solutions politiques qui permettront de faire reculer les démons de l’obscurantisme, du fanatisme et de la violence aveugle, au Nord comme au Sud.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       Une des principales critiques qu’on a faites au processus de Barcelone est qu’il a été pollué très vite par la fin du processus d’Oslo entre Israël et l’Autorité palestinienne et l’échec de Camp David en juillet 2000.       <br />
              <br />
       Raison supplémentaire pour remettre l’ouvrage sur le métier et peut-être aussi pour maintenir ou développer au sein de l’Union pour la Méditerranée, des approches régionales différenciées : vers le Maghreb (processus à 5 + 5 qui a montré sa pertinence, même s’il manque de moyens de financement), vers le Proche-Orient où l’Europe devrait s’affirmer davantage, vers les Balkans où une Conférence balkanique serait une initiative bienvenue, vers la Turquie enfin qui pose le problème des frontières et de la nature de l’Europe. Il est vrai que celle-ci changeant elle-même de nature, avec l’élargissement, le problème de la Turquie pourra être résolu autrement.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       J’ai conscience de ne pas avoir évoqué la coopération policière et judiciaire sur laquelle vous m’attendiez peut-être. Mais elle va de soi et son efficacité à long terme dépend du contexte économique, politique et en définitive humain dans lequel elle s’inscrit. Et c’est cet aspect humain et donc éminemment politique qui, à terme, me paraît déterminant pour notre sécurité commune.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Extraits du livre « Une certaine idée de la République  m’amène à … » paru aux Editions Albin Michel, en 1992</title>
   <pubDate>Sat, 06 Jan 2007 11:06:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Grands textes]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Janvier 1990 : Rencontre Jean-Pierre Chevènement – Saddam Hussein Jean-Pierre Chevènement était alors ministre de la Défense. Il était envoyé à Bagdad par le Président de la République pour conditionner à l’apurement de la dette irakienne envers la France la poursuite de la coopération franco-irakienne.     <div>
      « L’Irak fut le dernier pays dans lequel je me rendis à la fin janvier 1990 sur mandat du président de la République et du Premier ministre. Le contentieux financier (25 milliards de francs d’impayés) dominait et obscurcissait nos relations. Saddam Hussein, qui me reçut deux heures, répondit en politique aux observations que je lui fis. Ses vrais soucis étaient ailleurs : l’évolution du prix du pétrole, la normalisation, trop rapide à son gré, des relations de l’Occident avec l’Iran, dont l’esprit de revanche, me dit-il, ne s’éteindrait jamais, et enfin l’affaissement de l’Union soviétique et les risques d’isolement qui ne manqueraient pas d’en résulter pour l’Irak, si celui-ci ne trouvait pas en Europe et au Japon de nouveaux partenaires. Il fut davantage question du rééquilibrage de notre coopération en vue de reconstruire l’économie irakienne que de coopération militaire : aussi bien, les ressources étaient-elles limitées au montant des remboursements.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les Irakiens semblaient désireux d’échapper à ce carcan et allèrent jusqu’à évoquer l’achat par la France de pétrole irakien « en terre », ce qui, pour un pays qui avait nationalisé l’IPC  moins de vingt ans auparavant, témoignait d’un grand pragmatisme ! Pendant tout l’entretien, Saddam Hussein manifesta une attention constante et un sens aigu de l’argumentation, insistant sur le besoin qu’avait l’Irak de se refaire, souhaitant voir y contribuer la France, à laquelle, me dit-il, il avait toujours réservé, en raison de sa politique indépendante, un traitement privilégié. De même nous conseillait-il de resserrer nos liens avec l’Arabie Séoudite sans doute trop exclusivement tournée, à ses yeux, vers les Etats-Unis.       <br />
              <br />
       Le ton était courtois et même à certains moments d’une cordialité appuyée : « Seule la France nous a compris dans notre confrontation avec l’Iran parce qu’elle a eu l’expérience du fanatisme et des guerres de religion, alors que l’Amérique sans histoire et sans mémoire, a joué double jeu. Nos pays se comprennent car ils sont adossés à des millénaires d’histoire … »       <br />
              <br />
       Ce n’est qu’à la fin que le ton se durcit : après m’avoir entraîné à part avec l’interprète, Saddam se plaignit que son envoyé spécial à Paris le mois précédent, Saadoun Hammadi, n’ait pas été reçu au niveau où il aurait dû l’être. Quand les Russes avaient refusé d’ouvrir un centre culturel irakien à Moscou, me dit-il, il avait fait fermer le leur à Bagdad. Quelle prévenance, au contraire, ne montrait-il pas à l’égard de l’envoyé du président et du gouvernement français : il avait décalé son voyage au Caire où il devait rencontrer Moubarak d’une demi-journée pour me recevoir ! Les deux dernières minutes en disaient plus long que les deux heures qui les avaient précédées. »       <br />
              <br />
       -----------       <br />
       <a class="link" href="http://astore.amazon.fr/chevenement20-21/detail/2226056920/171-0583632-7256260">Acheter cet essai dans la boutique en ligne du site</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Extraits-du-livre-Une-certaine-idee-de-la-Republique-m-amene-a-paru-aux-Editions-Albin-Michel-en-1992_a160.html</link>
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