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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>"En France, tous les éléments d'une politique industrielle ont disparu"</title>
   <pubDate>Tue, 20 Dec 2016 14:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement à La Tribune, propos recueillis par Jean-Christophe Chanut et Romaric Godin, mardi 20 décembre 2016.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/10814732-17866710.jpg?v=1482239431" alt=""En France, tous les éléments d'une politique industrielle ont disparu"" title=""En France, tous les éléments d'une politique industrielle ont disparu"" />
     </div>
     <div>
      <b>La Tribune: Dans votre dernier ouvrage, Un Défi de Civilisation (*), vous tentez de comprendre comment la France a pu devenir la cible d'un terrorisme porté par ses propres enfants. Vous identifiez un long processus de haine de soi à l'œuvre dans notre pays qui, selon vous, remonte au début du 20e siècle...       <br />
       Jean-Pierre Chevènement:</b> Selon moi, ce phénomène prend sa source dans le prix exorbitant qu'a dû payer la France pour préserver son indépendance durant la première guerre mondiale. Il en a résulté un sentiment très profond de désorientation et de rejet. D'autant que ce conflit a donné naissance à des monstres que la France de la troisième République n'était pas préparée à affronter : le bolchévisme, le fascisme et, plus tard, le nazisme. Le pacifisme généralisé a alors conduit les élites françaises à préférer la guerre entre l'Union soviétique et l'Allemagne qu'elles désiraient à la guerre entre la France et l'Allemagne qui leur a été imposée. Et c'est une des raisons les plus fortes, comme l'a montré Marc Bloch, de la capitulation de 1940. Celle-ci a ancré dans la conscience collective un sentiment de haine de soi. Sauf évidemment chez ceux qui ont résisté autour du général de Gaulle qui, en continuant le combat, a voulu maintenir la France dans le camp des vainqueurs.       <br />
              <br />
       Seul de Gaulle et les Résistants pouvaient préserver après 1940 une vision valorisante de l'histoire de France. Les élites françaises, parce qu'elles avaient été pétainistes en 1940 et sous l'occupation ont admis que Pétain, c'était la France. C'est, du reste, ce que confesse à sa manière et sans doute inconsciemment, Jacques Chirac lorsqu'il dit, en juillet 1995, que « la France a commis l'irréparable ». Il ne contextualise pas la rafle du Vel d'Hiv, l'impute à la France et non pas à l'Etat français. L'occupation allemande n'est pas évoquée. Entre Pétain et de Gaulle, le conflit de légitimité est ainsi tranché en faveur du premier.       <br />
              <br />
       La haine de soi plonge donc ses racines très profondément dans le « Plus jamais ça ! » d'après 1918, l'effondrement de 1940 et la déconsidération à ses propres yeux d'une France incapable d'incarner la cause des démocraties face à l'Allemagne nazie. Les élites françaises, sous l'occupation, ont souhaité la victoire de l'Allemagne parce que, comme le disait Pierre Laval, « sans elle, le bolchévisme triompherait partout ». De cette chute  vertigineuse de l'estime de soi que De Gaulle n'a pu enrayer qu'un court laps de temps (1958-1970) ont découlé les campagnes de repentance à répétition sur l'esclavage ou la colonisation. Ces campagnes ont objectivement contribué à l'effacement de la nation et du sentiment national à l'ère de la globalisation libérale, plus ou moins maquillée aux couleurs d'une Europe destinée à remplacer la France comme horizon collectif. Lorsqu'une personne est gravement malade, d'autres maladies, secondaires, se greffent sur l'organisme affaibli.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Face à ce sentiment de dépréciation, l'Europe est apparue comme la solution pour beaucoup, dont François Mitterrand...</b>       <br />
       François Mitterrand a fortement contribué, après 1983, à faire de l'Europe un substitut de la Nation. L'affirmation selon laquelle « la France est notre patrie et l'Europe est notre avenir », a été lue comme « la France est notre passé, l'Europe sera notre patrie », même si la pensée réelle de François Mitterrand était en fait beaucoup plus nuancée. L'idée dominante était que l'Europe viendrait remplacer les vieilles nations que l'on avait discréditées en leur imputant la responsabilité de la première guerre mondiale alors que cette dernière est plutôt le fruit d'un petit nombre de décideurs, notamment à la tête du Second Reich. Cette idée que la « nation équivaut à la guerre et l'Europe à la paix » est un subterfuge idéologique. L'européisme confond allègrement la nation, cadre de la démocratie, et le nationalisme qui est une maladie de la nation et qui doit évidemment être combattu. L'idéologie dominante a ainsi évacué la nation comme une vieille charogne en lui imputant des responsabilités qui n'étaient pas les siennes.       <br />
              <br />
       Pour comprendre le point de vue de François Mitterrand, il faut relire son « Pèlerinage en Thuringe », qui résume ses réflexions lorsqu'il se trouve dans le wagon qui l'emmène en captivité en Allemagne en 1940. Il y dresse un réquisitoire contre ce qu'il considère comme 150 ans d'erreurs dans les relations franco-allemandes. C'est pourquoi il a voulu changer la donne et ouvrir une nouvelle page où l'Europe se substituerait aux vieilles nations discréditées par leur Histoire même. C'est avec cette vision de l'Histoire qu'il faut rompre aujourd'hui pour retrouver la démocratie des nations, seule capable de refonder l'Europe.       <br />
              <br />
       <b>Dans cette mécanique de substitution, vous évoquez une évolution de l'Europe vers le néolibéralisme à laquelle François Mitterrand et la France ont participé...</b>       <br />
       L'Europe est devenue le mot de ralliement au néolibéralisme avec l'Acte unique en 1985. C'est sur cette base qu'est décidée en 1989 la libéralisation des mouvements de capitaux non seulement en Europe, mais aussi avec les pays tiers. Compte tenu de la place qu'occupait l'Europe alors dans le commerce mondial, environ 40 % des échanges, cette décision assurait le triomphe du capitalisme financier mondialisé. Pour François Mitterrand, cette libéralisation des mouvements des capitaux était la condition qu'Helmut Kohl avait mise au passage à la monnaie unique, condition qu'il avait acceptée. Il y avait en effet chez lui cette idée qu'en prenant aux Allemands leur mark, on transférerait leur prospérité de ce côté-ci du Rhin. Mais il aurait fallu aussi transférer les Allemands...       <br />
              <br />
       <b>Dans cette évolution, le « tournant de la rigueur » de 1983 est essentiel ?</b>       <br />
       Oui, c'est la victoire des idéologues qui ont, au nom de l'Europe, vont en fait imposer leur grande vision néolibérale dans le cadre de l'Union européenne, de l'OCDE, du FMI et, plus tard, de l'OMC. Cette vision, il faut le souligner, après l'économiste américain Rawi Abdelal, est moins américaine que française, le rôle de l'équipe constituée autour de Jacques Delors dans cette évolution vers le capitalisme financier est majeur.       <br />
              <br />
       Concernant François Mitterrand, je ne crois pas qu'il ait souhaité dissoudre la France dans l'Europe. Jusqu'en 1990, il est resté prisonnier de la vision originelle de l'Europe où la France exerçait le leadership politique de l'Europe. Mais avec la réunification allemande et l'élargissement à l'Est, l'Allemagne a acquis une position centrale. Elle a pu disposer d'un &quot;hinterland&quot; offrant une main d'œuvre à bas coût. Sa compétitivité a encore été renforcée par les réformes Schröeder. Tous les ingrédients de ce que j'appelle le « second décrochage français » ont alors été réunis. Car nos gouvernants n'ont pas pris la mesure du défi.       <br />
              <br />
       <b>Concernant ce « second décrochage », qui fait suite au premier, intervenu après 1870, vous évoquez clairement l'idée qu'il est le fruit d'un choix, notamment en matière industrielle...</b>       <br />
       C'est bien le fruit d'un choix de nos élites - conscient ou inconscient - d'abandonner l'industrie. A la fin des années 1970, c'est l'idéologie post-industrielle qui dominait. Alain Touraine en avait fait la thèse. L'avenir était à la société de services. On pensait qu'il suffirait de briller sur quelques créneaux comme l'aéronautique, le luxe ou la pharmacie, les industries de défense, etc. Mais on a abandonné ou délaissé les autres industries, même l'automobile, par exemple. En 2000, nous avions un excédent commercial de 6 milliards d'euros dans ce secteur, en 2006, nous n'avions plus d'excédent et désormais nous avons un déficit de 10 milliards d'euros. De son côté, l'Allemagne affiche un excédent dans ce seul secteur de 137 milliards d'euros, les deux tiers de son excédent commercial total !       <br />
              <br />
       C'est que l'Allemagne a su utiliser la main d'œuvre à bas coût d'Europe centrale pour produire les composants, tout en continuant de les assembler en Allemagne où se concentrent aussi les fabrications et les fonctions à haute valeur ajoutée, ainsi la recherche et les sièges sociaux. En France on a complètement délocalisé l'industrie vers l'Espagne, le Portugal, la Slovaquie, la République tchèque ou la Roumanie...       <br />
              <br />
       On a commis ici une erreur d'analyse en ne partant pas de l'industrie qui est la base de tout, mais des grandes masses macroéconomiques. On a ainsi abandonné notre tissu industriel, ce qui sape les bases de notre commerce extérieur, comme on le voit avec le creusement de notre déficit commercial en 2016. Y a-t-il meilleur baromètre de la compétitivité d'un pays ?       <br />
              <br />
       <b>Mais, là encore, ce choix ne prend-il pas ses racines dans le choix de 1983 où l'on a préféré privilégier la monnaie forte et le maintien dans le système monétaire européen (SME) ?</b>       <br />
       En effet. Je plaidais alors pour une forme de dévaluation monétaire de 10 à 15 % par rapport au mark car je considérais que, dans un monde mobile, où depuis 1976 (les accords de la Jamaïque), le dollar était la monnaie mondiale, il fallait s'ajuster et ne pas s'en tenir à une parité artificielle. L'économie française n'était pas de taille à être le point d'ancrage monétaire de l'Europe. Ce pragmatisme était d'ailleurs le choix qu'avait fait le général de Gaulle en 1958 lorsqu'il a procédé à deux dévaluations d'un montant cumulée de 37,5 %, choix répété ensuite par Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing. J'ai conseillé à François Mitterrand d'en faire autant et je n'ai pas été entendu. Il a manqué une vision globale incluant l'industrie. S'est imposée au contraire une libéralisation financière dictée par l'idéologie néolibérale et la croyance en l'efficience des marchés. Le choix simultané de la monnaie forte et du capitalisme financier a entraîné un développement extraverti de nos entreprises et l'étiolement du tissu industriel national.       <br />
              <br />
       <b>Votre comparaison des deux décrochages français est frappante. Vous décrivez comment les élites, après 1870, ont préféré investir ailleurs qu'en France et ont fait le choix de la valorisation de leur épargne en or, provoquant un retard d'investissement industriel du pays. Ce choix de l'épargne en monnaie forte des élites est donc une constante en France ?</b>       <br />
       Ce choix d'extraversion est à la base du développement des multinationales françaises qui croissent principalement à l'étranger. Le CAC 40 est une création conjointe de la gauche qui a nationalisé  et de la droite, qui a privatisé. C'est exactement le même phénomène qu'avant 1914 lorsque nous préférions investir en Russie, en Amérique Latine ou dans l'Empire ottoman qu'en France. Cette puissance financière rentière s'opposait alors au choix allemand d'une industrialisation renforcée par la recherche appliquée dans l'électricité ou la chimie, et s'appuyant sur un marché intérieur solide grâce à l'expansion démographique et au développement de l'Etat social bismarckien. L'Allemagne a alors fait le choix de la puissance endogène, la France de la puissance extravertie. Et c'est comme cela qu'elle a raté la marche de la deuxième révolution industrielle.       <br />
              <br />
       La France s'est rattrapée après 1945 à travers le développement de grandes entreprises publiques. Mais, mon opinion, c'est qu'elle n'avait pas comblé son retard en 1975 lorsqu'est venue une période plus difficile. Pour cela, il aurait fallu conserver les outils de l'Etat stratège pour muscler nos points forts et pour encourager le tissu de PME en renonçant à la « monnaie forte » qui ne pouvait que handicaper nos exportations. Mais c'était sans compter avec les Inspecteurs des Finances  hantés par la nostalgie de l'étalon-or et du bloc-or à laquelle la France de l'entre-deux-guerres est restée tardivement attachée jusqu'en 1936. Ainsi le choix de l'euro en 1992 et avant lui du système monétaire européen (en 1979), c'est-à-dire l'arrimage au mark, apparaissent comme la traduction d'un choix plus profond, celui  de la rente au détriment de l'industrie.       <br />
              <br />
       <b>Si l'on revient à la situation actuelle de l'Europe, on constate une forme de domination allemande. Comment la jugez-vous ?</b>       <br />
       C'est une domination de fait. Elle ne traduit pas un choix délibéré. L'Allemagne est un <span style="font-style:italic">hegemon</span> économique malgré elle. C'est le produit fortuit de l'histoire, de la géographie et, il faut le dire aussi, des qualités du peuple allemand. Mais tout cela ne fait pas un <span style="font-style:italic">hegemon</span> politique parce que l'Allemagne dépend pour sa défense des Etats-Unis. Certes, Angela Merkel veut doubler le budget de la défense pour le porter à 2 % du PIB allemand, mais c'est d'abord pour répondre aux vœux du nouveau président élu américain Donald Trump.       <br />
              <br />
       Certes, l'Europe d'aujourd'hui peut ressembler à une forme de Saint Empire romain germanique reconstitué, mais pour moi, c'est une apparence. La réalité, c'est « l'Euramérique ». En 1945, les Allemands se sont vus greffer un hémisphère cérébral américain. Ils ont choisi les valeurs américaines, qu'ils ont confondues d'ailleurs avec les valeurs universelles de la démocratie. Cette greffe s'est inscrite dans un mouvement entamé précédemment avec l'échec en 1848-1849 de leur révolution libérale.       <br />
              <br />
       <b>L'ordolibéralisme s'inscrit-il dans ce phénomène d'identification des valeurs américaines ?</b>       <br />
       Pas tout à fait, car il plonge ses racines dans un christianisme social propre à l'Allemagne. Mais il est vrai que Wilhelm Röpke, son chef de file, participe au séminaire Lippmann en 1937 qui regroupe les grands penseurs libéraux puis rejoint la société du Mont Pèlerin, qui, à l'époque du keynésianisme triomphant, n'exerce encore aucune influence aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       <b>L'Allemagne a cependant été le seul pays occidental alors à ne pas avoir de « révolution keynésienne »...</b>       <br />
       L'Allemagne, après le nazisme, se méfiait de l'Etat, mais il faut dire que le pays était en avance en termes d'Etat providence dont les fondements remontent à Bismarck. L'Allemagne s'est cependant rétablie très vite après la guerre grâce au plan Marshall et à l'arrivée de 12 millions de réfugiés. Dans les années 1950, on parle déjà de « miracle économique allemand » et dans les années 1970, elle fait jeu égal avec la France en Europe.       <br />
              <br />
       <b>Et dans cette « Euramérique » d'aujourd'hui, où se situe la France ?</b>       <br />
       Elle s'est marginalisée. Nos exportations sont de 450 milliards d'euros contre 1.200 milliards d'euros pour l'Allemagne. Politiquement, notre capacité d'initiative semble éteinte. Voir l'Ukraine et le Moyen-Orient.       <br />
              <br />
       <b>Certains, comme François Fillon, par exemple, défendent l'idée qu'une politique de « réformes » libérales sévères pourrait conduire à un rééquilibrage de la relation franco-allemande. C'était aussi l'idée de François Hollande. Qu'en pensez-vous ?</b>       <br />
       Les deux approches, de François Fillon et François Hollande, diffèrent en ce que François Fillon prévoit des transferts aux entreprises deux fois plus élevés que ceux opérés par François Hollande et qu'il demande aux salariés un effort sans contrepartie: retour aux 39 heures dans la fonction publique et plus aucune limite autre que négociée dans le cadre de l'entreprise dans le reste de l'économie. Je suis favorable à une politique de l'effort, mais il faut que cet effort soit équitablement partagé.       <br />
              <br />
       L'idée de François Fillon reste, me semble-t-il,  d'agir sur les seuls indicateurs macro-économiques. Il s'agit de compenser par une forte dévaluation interne, l'impossibilité d'une dévaluation externe dans le système de la monnaie unique. Mais le malade risque de mourir guéri car les effets d'une politique ne sont pas toujours ceux que l'on prévoit. Il y a un risque de récession. Tout dépendra du contexte extérieur, sera-t-il favorable ? Je n'en suis pas sûr.       <br />
              <br />
       <b>Que vous inspire ce choix de la dévaluation interne de la part du bras droit de Philippe Séguin qui a fait campagne avec vous contre le traité de Maastricht en 1992 ?</b>       <br />
       Je peux comprendre ce choix. Le temps a passé depuis 1992 et nous ne pouvons sortir de la monnaie unique que par une monnaie commune, ce qui ne serait possible qu'avec l'accord de l'Allemagne. Nous en sommes loin ! Mais je constate que l'Allemagne commence à s'inquiéter des déséquilibres au sein de la BCE, notamment dans le système de paiements Target-2 où l'Italie accumule des dettes de près de 300 milliards d'euros dont l'Allemagne pourrait être la première redevable.       <br />
              <br />
       <b>Mais cette stratégie voulue par François Fillon est-elle en mesure de mettre fin à la marginalisation de la France dans l'Europe ?</b>       <br />
       Je crains que non. Les effets du rattrapage sont forcément longs. Il faut développer la recherche et travailler beaucoup. C'était possible entre 1945 et 1975 dans un contexte très favorable. Comme avec un choc électrique, on n'est pas toujours sûr de voir le cœur du patient repartir... Ce qui me semble essentiel, c'est qu'une telle politique ne remplace pas une vraie politique industrielle. Or, tous les éléments d'une politique industrielle ont disparu : l'administration ne sait plus piloter l'industrie, les banques ne prêtent plus aux PME, les applications de la recherche sont en panne. Je ne veux pas critiquer le crédit impôt recherche que j'ai moi-même créé pour les petites entreprises industrielles en 1983, mais le volet de la recherche industrielle manque toujours. Où est l'Etat stratège dans le projet Fillon ?       <br />
              <br />
       <b>Vous plaidez pour une « nouvelle Europe ». L'Europe peut-elle se fonder sur une Europe des Nations basée sur de grands programmes de coopération ?</b>       <br />
       Je ne suis pas devin sur le devenir de l'Europe. J'attends de voir les conséquences de l'arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, de l'ouverture de la négociation sur le Brexit, et de la normalisation inévitable des relations entre l'Europe et la Russie. Depuis un an je constate un désir des vieilles nations de récupérer le contrôle de leurs affaires, un retour du « self government ». Nous sommes en face d'une revendication démocratique qui ne peut pas être réduite à un simple « populisme ». Ceci dit, je ne suis pas pour tout casser en Europe mais je préconise une pause. Le marché unique doit être préservé. Mais il faut déplacer le centre de gravité du pouvoir en Europe vers le Conseil européen pour ne plus laisser le pouvoir aux fonctionnaires de la Commission. Que le Conseil donne l'impulsion pour créer des géants du numérique, pour définir une politique énergétique commune cohérente, pour des politiques de défense harmonisées. Discutons aussi avec la Russie pour rétablir la confiance dans les rapports intereuropéens.       <br />
              <br />
       <b>Mais les actions de la Russie en Ukraine et au Moyen-Orient ne jouent-elles pas contre le retour de cette confiance ?</b>       <br />
       La Russie pense que l'Europe est venue la provoquer avec le partenariat oriental et l'accord d'association destiné à soustraire l'Ukraine à son influence et avec en perspective l'intégration de l'Ukraine et de la Géorgie dans le système de l'OTAN. Sur l'Ukraine, les responsabilités sont partagées. La réponse de la Russie a été disproportionnée, mais les Européens sont allés la provoquer. Sur le Moyen-Orient, il faut revenir à une appréciation réaliste des forces en présence. Daech et le Front-Al-Nosra (NDLR : branche d'Al Quaïda en Syrie) sont à mettre dans le même sac. Ce sont nos ennemis communs, à l'Europe, à la Russie et aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       <b>Dans votre livre, vous plaidez en faveur d'un « gouvernement de salut public », est-ce une façon pour vous de transcender le clivage gauche/droite ?</b>       <br />
       Je ne crois pas à l'union nationale mais je défends l'idée d'un gouvernement capable, un jour, de redresser le pays. Je ne conteste pas l'idée d'un effort nécessaire pour y parvenir. Ce qui me préoccupe c'est le double risque de l'injustice sociale et de l'inefficacité globale. Il manque surtout une vision pour la France à l'horizon de 30 ou 40 ans. Or, un tel projet donnerait le sentiment aux Français qu'ils peuvent de nouveau parler au reste du monde et qu'il n'y aura pas que les Etats-Unis et la Chine au XXIe siècle. Cela montrerait qu'il y a une place pour une France et une Europe indépendantes, ce qu'avait entrevu le général de Gaulle en son temps quand il évoquait « l'Europe européenne ».       <br />
              <br />
       <b>Avant de renoncer à briguer un second mandat, François Hollande, président de la République, s'était engagé à participer à la primaire des socialistes et de ses alliés. Qu'en pensez-vous ?</b>       <br />
       François Hollande, s'il a envisagé ce projet, n'y a pas donné suite. Sa décision de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat a été pleine de dignité. Il a revalorisé à la fois son image et celle de sa fonction.       <br />
              <br />
       (*) <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/defi-de-civilisation/">&quot;Un défi de civilisation&quot;</a>, Éditions Fayard; 464 pages. Prix: 20 euros       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.latribune.fr/economie/france/j-p-chevenement-en-france-tous-les-elements-d-une-politique-industrielle-ont-disparu-625689.html">La Tribune</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.chevenement.fr/En-France-tous-les-elements-d-une-politique-industrielle-ont-disparu_a1896.html</link>
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   <title>"Jacques Berque, mon ami et mon maître spirituel"</title>
   <pubDate>Fri, 18 Nov 2016 21:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était le Grand témoin de Radio Notre Dame, jeudi 17 novembre 2016.      <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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      Source : <a class="link" href="https://radionotredame.net/emissions/legrandtemoin/17-11-2016/">Radio Notre Dame</a>
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     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Jacques-Berque-mon-ami-et-mon-maitre-spirituel_a1889.html</link>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Quel modèle de réindustrialisation pour la France ?"</title>
   <pubDate>Fri, 07 Aug 2015 15:35:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 1er juin 2015 sont en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/8114914-12655827.jpg?v=1438953789" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Quel modèle de réindustrialisation pour la France ?"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Quel modèle de réindustrialisation pour la France ?"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil_a892.html">Accueil</a> de Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Energie-consensus-et-confiance_a893.html">Energie, consensus et confiance</a>, par Louis Gallois, Président du Conseil de Surveillance de PSA.       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Fiscalite-et-code-du-travail-deux-maux-francais_a894.html">Fiscalité et code du travail, deux maux français</a>, Laurent Burelle, Président Directeur Général de Plastic Omium.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-entre-Jean-Pierre-Chevenement-Louis-Gallois-et-Laurent-Burelle_a895.html">Débat entre Jean-Pierre Chevènement, Louis Gallois et Laurent Burelle</a>.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-entre-Jean-Pierre-Chevenement-Louis-Gallois-et-Laurent-Burelle_a895.html">Tour de table</a> conduit par Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica.          <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque &quot;<a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Quel-modele-de-reindustrialisation-pour-la-France_r122.html">Quel modèle de réindustrialisation pour la France ?</a> &quot; en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.        <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque &quot;Quel modèle de réindustrialisation pour la France ?&quot; <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/Quel-modele-de-reindustrialisation-pour-la-France_p110.html">est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.</a></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Quel-modele-de-reindustrialisation-pour-la-France_a1740.html</link>
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   <title>"Patriotisme économique et Europe européenne"</title>
   <pubDate>Sat, 04 Apr 2015 11:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement paru dans Défis, avril 2015.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7641273-11809118.jpg?v=1428165278" alt=""Patriotisme économique et Europe européenne"" title=""Patriotisme économique et Europe européenne"" />
     </div>
     <div>
      <b>Défis : La notion de patriotisme économique vous paraît-elle légitime dans le discours politique ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Le patriotisme économique doit être soigneusement distingué du nationalisme économique. Le patriotisme économique est la défense de l’intérêt général du pays concerné, et cet intérêt général ne s’oppose pas forcément à un intérêt plus vaste. Il n’y a sur un aussi vaste sujet que des réponses particulières. Par exemple, la France est aujourd’hui un pays en voie de rapide désindustrialisation dont le déficit commercial en 2012 atteignait 75 milliards d’euros. Face à une telle désindustrialisation, il est nécessaire de se préoccuper de redresser le cours des choses, si l’on raisonne à l’aune des intérêts de la France. Mais qui raisonne encore aujourd’hui dans l’univers politique et économique à l’aune des intérêts de la France ? Le paradigme européen s’est substitué au paradigme national dans les années 1980- 1990 et aujourd’hui parler d’intérêt national est très mal perçu par un certain nombre de gens. C’est une erreur car, hormis le cas des très jeunes Etats qui ne constituent peut–être pas encore véritablement des Etats-nations (notamment en Afrique), le monde reste fait de nations. Les pays dit « émergents » sont des nations sûres d’elles-mêmes, conquérantes, qui veulent laver l’humiliation qu’elles considèrent avoir subie à l’époque où elles étaient colonisées ou plus ou moins mises en coupe réglée, comme la Chine. On ne peut pas comprendre le dynamisme chinois actuel sans avoir saisi que la Chine souhaitait purger le siècle d’éclipse qu’elle a connu du milieu du 19ème siècle jusqu’à 1949.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Également, la nation américaine est sûre d’elle-même. Elle a une conscience d’empire d’une certaine manière, comme nous avons pu l’avoir avant 1940, en tout cas avant 1914. On s’identifie assez naturellement à un pays qui est la super puissance reconnue. Par conséquent, les Etats-Unis, même si leur modèle social, d’organisation, plus communautariste, est assez différent du nôtre, sont rassemblés par une foi dans leur « destinée manifeste » qui fait contraste avec le désenchantement, le désarroi français. Aujourd’hui, le French Bashing, qui n’est jamais mieux pratiqué qu’à l’intérieur de nos frontières, la repentance systématique pour des faits qui peuvent être regrettables mais qui ne sont jamais examinés sous tous leurs aspects (considération des ombres et des lumières), démontrent que la France est incontestablement un pays en situation de grande faiblesse psychologique qui mérite qu’on se mobilise pour lui si on veut le sauver.       <br />
              <br />
       Regardons en Europe, croyez-vous que le sentiment national ait disparu ? L’Allemagne a magnifiquement utilisé la carte européenne pour retrouver son unité et sa puissance internationale mais elle n’a pas toujours suivi la ligne dans laquelle le général de Gaulle s’était engagé et qui consistait à ne pas faire d’un atlantisme exclusif l’unique avenir de l’Europe. Elle poursuit aujourd’hui ses intérêts sans trop de complexes. La règle d’or, adoptée en 2009 et qui sera étendue au reste de l’Europe en 2012, la politique énergé- tique de Madame Merkel, qui constitue un virage complet sans concertation préalable avec quiconque, et la politique étrangère de la Chancelière à l’Est et au Sud, dans laquelle il est difficile pour un Européen de se reconnaitre, sont des exemples emblématiques de cette volonté allemande.       <br />
              <br />
       On voit bien que lorsqu’il y a débat entre l’Europe et la Chine, par exemple sur les panneaux solaires, c’est l’Allemagne, seul pays européen à avoir un excédent sur la Chine, qui impose l’armistice, par peur d’une réaction chinoise qui affecterait l’exportation de ses biens d’équipement.       <br />
              <br />
       Les nations existent donc encore. La question est de savoir si la France peut encore avoir les moyens d’exister. L’Europe, c’est aussi un rapport de forces au sein du tandem France/Allemagne. Alors que dans l’Europe à six, la France jouait le premier rôle, l’Allemagne étant divisée, dans l’Europe à 28, l’Allemagne a une place centrale à la fois pour des raisons géographiques, géopolitiques, économiques, industrielles et politiques. Toutefois, la faiblesse de la France est un élément de déséquilibre de la construction européenne et constitue donc un problème très grave pour l’avenir de l’Europe toute entière.       <br />
              <br />
       <b>Quel regard portez-vous sur la gestion des enjeux industriels ?</b>       <br />
       Je suis peiné de voir avec quel dédain les dossiers comme celui de notre sidérurgie ont été traités. La privatisation d’Usinor-Sacilor dans les années 80-90, la constitution d’un groupe sidérurgique européen, « Arcelor », dont le siège a été fixé à Luxembourg, a ôté à la France tout pouvoir lorsque Mittal a lancé son OPA. Ainsi, 50 ans après le traité de CECA, la sidérurgie française disparaissait. L’Allemagne quant à elle n’a pas perdu ThyssenKrupp, que je sache.       <br />
              <br />
       L’Etat peut agir mais dans le cadre des « obligations européennes ». C’est le Commissaire à la concurrence qui fait la loi, soit pour interdire une acquisition, comme dans le cas du projet de rachat d’Alcan par Pechiney, soit pour obliger une cession, comme dans le cas des Chantiers navals de l’Atlantique cédés par Alstom à une entreprise norvégienne. On peut ici reprocher aux hommes politiques d’avoir accepté cette réglementation sans aucun contrôle des Etats. Beaucoup de voix se sont d’ailleurs élevées pour critiquer les conditions dans lesquelles la Commission européenne exerce sa mission de contrôle de la concurrence.       <br />
              <br />
       Il faut aussi parler des consommateurs. Le réflexe consistant à acheter un produit français s’est quand même largement perdu (le « Made in France », etc.). Je ne parle pas de l’exil fiscal de certains contribuables en Belgique qui me consterne en tant que citoyen.       <br />
              <br />
       La notion de patriotisme me paraît légitime dès lors qu’elle n’est pas non plus exacerbée. Je ne suis pas partisan du repli, du protectionnisme mais plutôt d’une certaine harmonisation au niveau européen. Par exemple, le tarif extérieur commun qui était une marque de fabrique du marché commun au départ a quasiment disparu, érodé successivement par l’Uruguay Round, le GATT puis par l’OMC. Je suis donc plutôt partisan d’une monnaie qui nous permette de nous battre à armes égales, et ce n’est pas le cas aujourd’hui.       <br />
              <br />
       Je suis pour le patriotisme économique. Rééquilibrer nos comptes extérieurs est un impératif essentiel. Il faut que la France retrouve son équilibre commercial. Je ne crois pas beaucoup aux politiques de déflation interne, elles sont trop douloureuses et peuvent être en définitive contre-productives surtout quand elles sont menées simultanément dans tous les pays d’Europe. La politique du taux de change est un point fondamental. Nous avons un change surévalué depuis très longtemps, à l’exception d’une très courte période de 1998 à 2001 qui a correspondu à la période du dollar fort. Un pays qui a une monnaie surévaluée et qui ne possède pas de pôles de compétitivité situés dans le haut de gamme est un pays qui ne peut qu’assister à l’érosion des marges de ses entreprises et à sa marginalisation industrielle. Il y a une corrélation extrêmement forte entre le taux de change et le déficit commercial. L’éducation, la formation professionnelle, la recherche notamment industrielle, l’innovation, le tissu productif, l’aide apportée aux petites et moyennes entreprises industrielles sont également importants mais ils ne sont pas du même ordre, ils n’ont pas le même effet structurant dans le court et moyen terme.       <br />
              <br />
       <b>Pensez-vous que les confrontations industrielles et commerciales contemporaines puissent légitimement s’inscrire dans la sémantique de la « guerre économique » ?</b>       <br />
       Dans la sémantique non, car je ne pense pas qu’il faille parler de guerre économique. La guerre n’est jamais souhaitable si elle est évitable. Je pense qu’il faut défendre nos intérêts. Il ne faut pas être naïf vis-à-vis de notre environnement géoéconomique. Jean-Michel Quatrepoint a publié un livre de qualité sur la querelle des empires, les rapports entre les Etats-Unis, la Chine, et l’Allemagne (1). L’Allemagne est aujourd’hui l’atelier industriel du monde pour le haut de gamme mais combien de temps encore avant qu’elle ne soit remplacée par la Chine ? Il faut étudier ces phénomènes, il faut être réaliste. Si nous ne sommes pas soucieux de réindustrialiser le pays à travers des technologies numériques ou la robotisation, nous ne reconstruirons pas une structure industrielle solide.       <br />
              <br />
       La stratégie économique des grands pays est très mal étudiée. Je suis frappé de voir que les responsables politiques abordent les dossiers de manière très sectorielle, sans vue d’ensemble, sans voir ce qu’est en réalité la stratégie elle-même, ce qui fait l’originalité d’un pays par rapport à l’autre. La France, par exemple, a un déficit dans le domaine de l’automobile de 10 milliards. En 2006, nous avions un excédent de 10 milliards. L’Allemagne a elle un excédent de 100 milliards. En matière de biens d’équipement également, l’Allemagne a un excédent de 80 milliards. Dans quel secteur sommes-nous mieux placés que l’Allemagne ? Celui de l’aéronautique (20 milliards contre 13) et de l’agroalimentaire mais cela ne se joue qu’à 2 ou 3 milliards près. On ne regarde qu’avec peu d’attention les balances commerciales et les balances des paiements courants, les documents de base qu’il faut connaître et analyser pour comprendre ce qui nous arrive.        <br />
              <br />
       Il faut analyser l’état des pays, établir un diagnostic et comprendre leur projet. Quel est le projet de l’Allemagne ? Les Allemands exportent de plus en plus hors de l’UE, vers la Russie, la Chine, l’Inde, mais surtout vers les Etats-Unis. Cela explique beaucoup de choses par rapport au Traité Transatlantique. Les grands groupes allemands y sont en effet favorables car il leur permettrait de créer des plateformes à bas coûts à la frontière des Etats-Unis et du Mexique. Mais ce n’est peut-être pas dans l’intérêt de tous les Allemands de favoriser une politique qui va aboutir à la délocalisation de grandes unités de production aujourd’hui allemandes. Que va-t-il rester de la politique allemande dite du Standort Deutschland ? Parce qu’il y a des visions contradictoires dans la stratégie mondiale. La stratégie du capitalisme avancée avec le néo libéralisme a consisté à délocaliser une grande partie des unités de production vers les pays à bas coûts, tout en maintenant la centralisation des dividendes. Le capital ne reste pas dans les pays où il est investi, il revient. Mais en même temps, au bout de 20 ans, on s’aperçoit que la balance commerciale américaine est déficitaire de 500 à 600 milliards de dollars dont 200 par rapport à la Chine. M. Obama s’attache aujourd’hui à poursuivre une stratégie de relocalisation industrielle. Les systèmes économiques ne sont pas gouvernés par la raison politique, ils ont leur propre logique qui échappe à la volonté consciente des hommes. On devra s’interroger un jour, quand on fera le bilan, sur la signification de l’expérience néolibérale menée sous l’impulsion de Mme Tatcher, M. Reagan et plus particulièrement pour l’Europe continentale de M. Delors.        <br />
              <br />
       Ce qui fait défaut à la France est une vision stratégique, une compréhension fine des objectifs poursuivis par les diffé- rents pays, pour mieux se positionner elle-même. La zone euro représente à peine 40% des débouchés de l’Allemagne. Cette dernière s’est servie de la zone euro comme d’un tremplin pour conquérir les marchés mondiaux, parce qu’elle est un acteur mondial, contrairement à la France, à l’Italie et à la Grande-Bretagne. Les hommes politiques français ont une vision extrêmement étroite du champ des relations internationales, très politique. A titre d’exemple, le fait que le pouvoir européen serait concentré à la fois autour de l’Allemagne et de la France est un point de vue plutôt français, en démontre l’absence de traduction en allemand de l’expression « couple franco-allemand ». Nous ne pouvons actuellement parler de « politique industrielle européenne ». La France est aujourd’hui davantage dans une position de « suiveur ». Elle se voit imposer sans concertation des décisions qui ont été prises ailleurs.       <br />
              <br />
       <b>Vos ouvrages ont exploré la fragilisation de l’idée de Nation. N’est-ce pas cette dernière qui nous rend vulnérable dans ce contexte de l’affrontement compétitif mondial ?</b>       <br />
       La mise en commun des souverainetés rêvée par Jean Monnet était celle de deux pays profondément atteints par la Seconde Guerre mondiale ; l’Allemagne et l’Italie, et d’un troisième qui avait miraculeusement récupéré sa souveraineté grâce au Général de Gaulle et qui était en fait le véritable obstacle à une organisation technocratique, au sein d’un marché sous ombrelle américaine constitué de ce qui restait de l’Europe, la partie non vassalisée par l’Union soviétique. A ainsi été créée une sorte de tête de pont sous tutelle américaine. Mais le visage de l’Europe s’est métamorphosé depuis lors. L’erreur serait de croire que l’Europe est restée la même depuis les années fondatrices. Les hommes politiques français de l’époque avaient fait le deuil de la nation et considéraient que les autres pays le faisaient également. Ils n’imaginaient pas que l’Allemagne, l’Italie, ne puissent pas en faire autant. Continuant d’adopter le schéma de pensée des années 50-60, ils n’ont jamais retrouvé le souci d’équilibrer – même d’un point de vue européen, s’ils avaient été vraiment perspicaces – le rapport de forces franco-allemand, actuellement rompu. Et, à plus long terme, l’Allemagne souffrira d’une France trop affaiblie. La France était l’élément d’équilibre qui permettait à l’Europe d’exister politiquement. Là, nous sommes tombés trop bas et nous sommes maltraités. Les Français le ressentent, même s’ils ne le disent pas.       <br />
              <br />
       La construction d’une « Europe européenne » qui aurait ses intérêts distincts de ceux des Etats-Unis avait peu d’importance pour Jean Monnet. Beaucoup pensaient que l’Europe allait pouvoir un jour se substituer à la France. Mais s’ils s’étaient vraiment interrogés, ils auraient compris qu’ils lâ- chaient la proie pour l’ombre. Malheureusement, la France est aujourd’hui placée dans une situation très difficile. Ce n’est toutefois pas une nouveauté, cela s’inscrit dans le fil d’une longue histoire...       <br />
              <br />
       <b>L’affaire Alstom a donné lieu à l’élargissement du décret de 2005 (2) sur les secteurs stratégiques, y adhérez-vous ?</b>       <br />
       Le désengagement de Bouygues ne suffisait pas à légitimer l’abandon d’Alstom à General Electric, il apparaissait normal que l’Etat français réagisse. Alstom, c’est la sédimentation de la commande publique depuis 1879. L’élargissement du décret de 2005 sur le contrôle des investissements étrangers a permis à l’Etat d’engager des négociations avec General Electric.       <br />
              <br />
       Il faut regarder ce qu’il se passe en dessous des événements qu’on nous donne à voir, regarder les tendances longues. On observe ainsi que le déclin de la France remonte à une période lointaine. Déjà très affaiblie économiquement en 1914 par rapport à l’Allemagne, la France sort en outre appauvrie démographiquement de la Première guerre mondiale. Elle a aussi perdu la remarquable combinaison de politique extérieure et de politique de défense dont elle avait su se doter avant 1914. Bien que le général de Gaulle réussît à remettre la France en piste durant les Trente glorieuses, cette dernière est, depuis le milieu des années 70, sur une pente déclinante... Il sera difficile pour la France de se relever. Ce nouvel élan nécessiterait un changement d’état d’esprit et un retour de confiance de la France en elle-même. C’est parce que nos classes dirigeantes ont cessé depuis longtemps de croire à la France qu’il est si difficile de remotiver le pays dans son ensemble. Mais tout n’est peut-être pas perdu...       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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  </item>

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   <title>"La sécurité n'est pas un thème de droite, car l'insécurité frappe souvent les plus démunis"</title>
   <pubDate>Thu, 05 Feb 2015 23:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Public Sénat mercredi 4 février 2014. Il répondait aux questions de Hélène Risser.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> J'essaye de continuer à participer au débat d'idées – parce que c'est toute ma vie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le « <span style="font-style:italic">piapia</span> », les petites phrases, ne me manquent pas du tout. Je détestais cette conception de la politique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai prononcé la formule « <span style="font-style:italic">un ministre ça ferme sa gueule ; si ça veut l'ouvrir, ça démissionne</span> », dans une conférence de presse qui été programmée pour autre chose. Il y avait un moment de tension, c'était peu de temps avant mars 1983, sur le sujet de la politique industrielle. On a pas assez situé cette phrase dans son contexte, qui était celui des choix de politique économique, et par conséquent industrielle. Ce choix a été fait le 22 mars 1983, et j'ai démissionné aussitôt. C'était donc un mois avant que je ne démissionne moi-même !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">De François Mitterrand à François Hollande</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Mitterrand était un grand anticonformiste, et il avait de la sympathie, et même une certaine affection, pour les jeunes gens que nous étions à l'époque. Nous avions écrit à trois « <span style="font-style:italic">l'Enarchie</span> », et il voyait là des personnes capables de secouer les colonnes du temple.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Mitterrand était incontournable. Il avait été le candidat de l'Union de la gauche dès 1965. Apprenant à le connaître, on appréciait toute la palette de ses talents.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le choix de la démission en 1983 était lié au fait qu'on ne pouvait pas avoir une politique industrielle qui permette de maintenir nos entreprises sur le site de production France si on a une monnaie trop chère. Or le choix qui a été fait à cette époque là, c'est de rester dans le Système Monétaire Européen. Cela aboutit à une monnaie surévaluée et à la désindustrialisation de la France sur 3 décennies.        
       </li></ul><ul class="list"><li> François Mitterrand était conscient de ce risque. Mais dans le gouvernement, les opinions étaient flottantes. Elles se sont renversées à un certain moment. Certains qui étaient pour une sortie provisoire du SME ont fait machine arrière. Et par conséquent Mitterrand, qui ne se sentait pas sûr sur le terrain de l'économie, alors qu'il était décidé à sortir, finalement a décidé de rester, obéissant aux sollicitations de Pierre Mauroy et de Jacques Delors.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'étais placé dans une situation où la morale la plus élémentaire consistait à dire, à la fois par fidélité à mes choix anciens depuis Epinay, et comme ministre de l'Industrie je jugeais que c'était l'intérêt du pays et du monde du travail : « <span style="font-style:italic">je claque la porte</span> ».        
       </li></ul><ul class="list"><li> Chacun se fait de la politique l'idée qui lui appartient. Pour moi la politique va avec la fidélité au long cours avec mes idées.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis redevenu ministre en 1984, à l'Education nationale, après le désastre qu'avait été la querelle scolaire, et rebâtir l'école publique, ce qui me paraissait, comme fils d'instituteurs, une tâche indispensable.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On ne peut pas faire un parallèle strict entre 1983 et 2012. Bien sûr il y a le fameux discours du Bourget, mais ce n'est pas le Programme commun, auquel j'avais contribué. Le discours du Bourget a entraîné de ma part le retrait de ma condidature, car j'étais candidat à titre pédagogique, pour montrer ce qu'il fallait faire, en particulier sur l'euro. J'ai déclaré que j'apportais mon soutien à François Hollande « <span style="font-style:italic">les yeux ouverts</span> » - ça veut dire « <span style="font-style:italic">pas les yeux fermés</span> ». Cela veut dire que je suis lucide, et le cas échant critique sur certains points. Mais en même temps, je le soutiens parce que je pense que finalement, c'est la meilleure chose qu'on puisse faire dans la situation actuelle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le discours de François Hollande est très nuancé. Il espérait lutter plus efficacement contre le chômage. Il lui reste deux ans, et il est possible que dans ces deux années les choses se retournent assez pour qu'il apparaisse comme quelqu'un qui a eu beaucoup de sang froid, beaucoup de longanimité. Disons qu'on pourrait l'appeler le temporisateur, comme un homme de l'Antiquité : Fabius Cunctator.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">La gauche plurielle et la sensibilité républicaine</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'avais des désaccords avec Lionel Jospin. Prenons l'exemple de la Convention présidée par Valéry-Giscard d'Estaing, qui devait élaborer une constitution européenne : moi j'étais contre. Et ça s'est vu en 2005 : Lionel Jospin était pour la Constitution européenne, moi j'étais contre. Sur la politique économique telle qu'elle avait été définie par Dominique Strauss Khan lors d'un séminaire à Rambouillet, en septembre 1999, j'étais sorti en me demandant vraiment ce que je faisais dans ce gouvernement.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'essentiel était pour moi dans le cadre de mes attributions. J'étais ministre de l'Intérieur. Je refusais la délégation à la Corse de la capacité à faire la loi. Cela c'était un point central : si nous acceptions que la Corse puisse faire des lois qui dérogent à la loi française, nous revenions quasiment à l'Ancien régime, quand Voltaire disait « <span style="font-style:italic">On change plus souvent de loi que de cheval quand on traverse la France</span> ».        
       </li></ul><ul class="list"><li> Jospin n'a pas voulu accepter l'avis quasi-unanime de ses ministres, il a imposé sa décision, et dans ces conditions j'ai préféré partir, parce que je voyais bien que c'était toute une conception de l'Etat, de l'organisation territoriale, qui était en cause. Aujourd'hui, il est question de donner une capacité réglementaire aux 13 nouvelles régions, alors vous voyez, il y a un fil conducteur.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Jospin était gêné par ma démission, et moi aussi parce que je l'aimais bien. Il m'a proposé d'aller aux Affaires sociales, mais j'ai refusé, parce que quand on est au gouvernement, c'est qu'on approuve sa politique générale.        
       </li></ul><ul class="list"><li> A ce moment là, je n'avais pas pris la décision d'être candidat à l'élection présidentielle de 2002. J'y avais pensé simplement, mais cela dépendait des conditions, du moment. Je me donnais deux ans pour y réfléchir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> De toute façon, si j'étais candidat, je ne me faisais pas d'illusion, c'était pour rééquilibrer la gauche plurielle, concept qui n'est pas du tout le mien, mais je voulais qu'il y ait une composante républicaine qui pèse son poids par rapport aux écologistes, aux communistes...        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai pris ma décision pendant l'été 2001. Ce qui m'a décidé, c'était l'affaiblissement conceptuel, l'absence de projet de Lionel Jospin et les contradictions qui apparaissaient dans sa majorité. Il fallait quelque chose de plus clair, plus net, redonner à la gauche une boussole. Je souhaitais infléchir le cours de la gauche, ce que j'ai toujours essayé de faire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Lionel Jospin m'a reproché 2002. Je pense qu'il est facile de trouver un bouc-émissaire. Je pense que s'il avait fait une meilleure campagne, et peut-être une meilleure politique, il aurait obtenu un peu plus de 16,1% des voix. C'était quand même très bas !        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est m'imputer beaucoup que de croire que c'est moi qui l'ait conduit à ce résultat. D'une part il ne me donnait pas grande chance, il ne pensait pas que je dépasserai les 5%, il n'a pas cherché à décourager Taubira, il a encouragé Besancenot en lui donnant des parrainages socialistes... Jospin n'a absolument pas vu venir un score aussi faible. Il se croyait sans doute à 22 ou 23%.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il n'y a pas lieu de faire porter sur moi une sorte de fatwa. Mais Jospin je crois n'a pas changé d'avis. Vous savez, c'est commode. Mais enfin, je l'accepte. Il est au Conseil Constitutionnel, je m'en réjouis pour lui.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a la fidélité aux hommes, et la fidélité aux principes. On peut essayer de concilier les deux, mais ce n'est pas facile. Et de toute façon, la fidélité aux principes passe à mon avis avant la fidélité aux hommes. D'ailleurs sur quoi est fondée la fidélité ? Sur un accord politique. Or, force est de constater que Lionel Jospin s'est écarté peu à peu au projet qu'il avait formulé lors de son discours d'investiture, qui ressemblait beaucoup à un texte qui aurait été issu du Mouvement des Citoyens.        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est vrai que le MRC n'a pas vraiment prospéré. Mais la sensibilité républicaine n'est pas retombée. Regardez aujourd'hui Manuel Valls, qui reprend le thème de la République. Il n'y a qu'un domaine dans lequel les paris restent ouvert, c'est le contenu qu'on donne à la politique européenne, la capacité qu'on a à faire reculer le chômage, de réindustrialiser le pays.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Héritage politique </span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne partage pas tellement l'idée que j'aurais développé certains thèmes de droite en même temps que certains thèmes de gauche. Pour moi, ce qui compte, c'est l'intérêt du pays. D'ailleurs, la sécurité n'est pas un thème de droite, car l'insécurité frappe souvent les plus démunis, les plus pauvres.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne connais qu'un seul militant du CERES qui a rejoint le FN, et par ailleurs il est inoffensif. Je ne pense pas qu'elle en tirera grand chose. Pour le reste, Florian Philippot, qui se réclame de moi, peut-être a t-il participé à un comité de soutien, mais je ne le connais pas, je ne l'ai jamais vu.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Marine le Pen substitue un nouveau discours à celui de son père, un reaganien, ultralibéral ! Il faut que les Français aient un peu la mémoire. C'est une mutation qui paraît un peu trop surprenante, rapide, pour être honnête. Je pense qu'ils n'ont pas la capacité de gérer des idées aussi subtiles, parce que pour faire bouger l'Allemagne en profondeur, car je n'envisage pas une rupture avec l'Allemagne, en prenant appui sur ses propres contradictions, pour arriver à une formule européenne qui soit tournée vers l'avenir, la croissance, l'emploi, il faut autre chose que Marine le Pen et l'équipe qui l'entoure.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Manuel Valls a été un très bon ministre de l'Intérieur, et sa thématique me paraissait tout à fait juste. Et maintenant comme Premier ministre, il essaye de vertébrer son discours autour de l'idée de la République.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Arnaud Montebourg, lorsqu'il prend le décret qui prévoyait la capacité pour l'Etat de s'opposer à certaines sessions à un groupe étranger, je l'ai tout à fait approuvé.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que ne pas critiquer le gouvernement auquel on appartient et une règle de bon fonctionnement de l'Etat. Cela dit, pour ce qui concerne Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, cela était surtout fonction de la mise en scène. La phrase : « <span style="font-style:italic">on va lui envoyer une bonne bouteille de la cuvée du redressement au Président</span> », si c'est dit sur un certain ton, avec un petit clin d'oeil, cela n'a rien de tellement offensant. Mais la mise en scène fait que cela peut paraître impertinent, de nature à ébranler l'autorité que le Président doit garder dans l'intérêt de la République, de la France. Je pense qu'il faut avoir au moins ce légitimisme là. Alors je ne dis pas qu'Arnaud Montebourg ne l'a pas eu, parce qu'il faut le connaître : c'est un personnage flamboyant, il aime les mots d'esprits, il est très drôle. Il résiste difficilement à l'envie de faire un jeu de mots. C'est son tempérament. On ne peut pas lui en vouloir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai démissionné trois fois. Mais je dis souvent que j'aurais pu démissionner beaucoup plus souvent ! J'avais beaucoup de sujets de désaccords. Et quand on est ministre, on avale forcément des couleuvres. Quand j'ai appris par exemple la libéralisation des mouvements de capitaux, sans harmonisation fiscale préalable, c'était en Conseil des ministres en 1989, j'ai protesté, cela me paraissait une décision majeure, qui allait ouvrir la voix au développement du capitalisme financier.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je regrette qu'Arnaud Montebourg ne soit plus dans le gouvernement. Mais cela aurait supposé sans doute qu'il fasse un peu plus attention, qu'il arrive à réfreiner cette joie naturelle qu'il éprouve à brocarder ses amis.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense qu'un homme politique, ce n'est pas seulement un ministre qui signe des décrets, qui agit, qui fait des déclarations, c'est aussi une référence intellectuelle et morale. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-securite-n-est-pas-un-theme-de-droite-car-l-insecurite-frappe-souvent-les-plus-demunis_a1690.html</link>
  </item>

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   <title>Un actionnaire public pour remplacer Bouygues au capital d’Alstom</title>
   <pubDate>Fri, 23 May 2014 18:36:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      J’ai rencontré plusieurs des acteurs du dossier Alstom et sensibilisé directement les autorités de l’État.        <br />
              <br />
       J’apprécie positivement le « décret Montebourg » qui donne à l’Etat en France (comme aux États-Unis, en Allemagne, en Italie et en Espagne) la possibilité de s’opposer à la vente d’un actif majeur du point de vue de notre indépendance énergétique.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Alstom est décrit comme trop petit</b> (20 milliards du CA contre 78 à Siemens et 146 à General Electric). Cela vient du fait que ces deux dernières entreprises sont des conglomérats industriels qui regroupent par exemple le matériel médical (pour les deux), les moteurs d’avions pour General Electric, etc.       <br />
              <br />
       Alstom, lui aussi, faisait partie d’un conglomérat : la CGE (Compagnie Générale d’Electricité dirigée par Ambroise Roux avant 1981). Nationalisée en 1982, la CGE devenue Alcatel Alstom regroupait :       <br />
              <br />
       1. le téléphone (Alcatel)       <br />
              <br />
       2. l’énergie (Alstom) : turbines à vapeur et à gaz, turbines « Arabelle » pour le nucléaire, alternateurs, moteurs, transmission, design des centrales thermiques (à vapeur, au gaz ou à cycle combiné (Plant »), hydraulique, etc.        <br />
              <br />
       3. l’ingénierie électrique : Cegelec, filiale d’Alstom jusqu’au début des années 2000 ;       <br />
              <br />
       4. la construction navale (Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire) ;       <br />
              <br />
       5. le transport ferroviaire : locomotives de fret et de voyageurs – trains à grande vitesse – tramways – métros).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>II – Le démantèlement du groupe Alcatel-Alstom</b> est la conséquence non seulement de la privatisation intervenue en 1986-87, mais d’une longue suite d’erreurs caractéristiques de la « financiarisation » qui a suivi le départ de Pierre Suard (et de P. Desgeorges), avec l’adoption par Serge Tchuruk, devenu Président d’Alcatel-Alsthom, de la théorie du « pure player » :       <br />
              <br />
       1. mise en bourse d’Alstom préalablement délestée de sa trésorerie par Alcatel (1996) ;       <br />
              <br />
       2. cession des Cables de Lyon devenus Nexans ;       <br />
              <br />
       3. rachat désastreux par le Président d’Alstom, M. Bilger, des turbines à gaz d’ABB (Brown-Boveri, groupe helvetico-germano-suédois, basé à Baden près de Zurich) et abandon corrélatif des turbines à gaz fabriquées à Belfort sous licence General Electric depuis vingt ans. Cette opération autorisée en mars 1999 par Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l’Economie et des Finances,  s’est révélée une terrible erreur : General Electric, qui travaille aussi dans les moteurs d’avion (et dans l’armement) reçoit des aides considérables du budget fédéral américain au titre des « études » : or les turbines d’avion sont des turbines à gaz : les deux technologies sont très proches.       <br />
              <br />
       Comme il fallait s’y attendre, les turbines d’ABB révélèrent rapidement leurs défauts : Alstom a essuyé des pertes considérables qui l’ont conduit à une quasi faillite en 2003. Quand Patrick Kron, dans le Monde du 30 avril 2014 déclare « Alstom a vendu dix turbines à gaz en un an, alors que CE en a vendu trente en un trimestre », il énonce la conséquence directe de l’énorme erreur commise en 1999 par le patron d’Alstom de l’époque, M. Bilger (je n’ai à aucun moment été consulté sur cette décision de politique industrielle, bien qu’alors ministre de l’Intérieur mais aussi élu de Belfort et du Territoire de Belfort).       <br />
              <br />
       4. Cégelec, filiale d’ingénierie d’Alstom, a été rachetée au début des années 2000 grâce à une opération de LBO par le directeur général d’Alstom de l’époque qui en est devenu président. Cégelec, à ma connaissance a disparu aujourd’hui.       <br />
              <br />
       5. Menacée de faillite au printemps 2003, Alstom n’a dû son salut qu’à la montée au capital de l’Etat décidée par le président de la République, Jacques Chirac, alerté par mes soins. Le secrétaire général adjoint, J.P. Denis, a été convoqué dans le bureau du Président de la République et a reçu mission de réunir les soixante banques, dont trente étrangères et notamment américaines, pour réunir les 11 milliards de cautions dont Alstom avait besoin pour ne pas mettre la clé sous la porte. Il était déjà question d’une reprise par Siemens. Le Ministre de l’Economie et des Finances, (M. Mer, a commis l’erreur  de ne pas informer Bruxelles) attira sur Alstom les foudres du Commissaire à la Concurrence, M. Monti. Celui-ci qui voulait un rachat par Siemens et déjà la fermeture du site de Belfort, s’est heurté au Ministre de l’Economie et des Finances qui avait succédé à M. Mer, Nicolas Sarkozy. Celui-ci a obtenu l’autorisation de Bruxelles de faire monter l’Etat au capital d’Alstom mais M. Monti  a posé comme condition à « l’aide d’Etat » fournie à Alstom la cession d’une part des chantiers navals de Saint-Nazaire à un repreneur norvégien qui s’en est défait ensuite au profit d’un Coréen, et d’autre part la vente de la branche T and D (transmission et distribution) reprise par Areva.       <br />
              <br />
       6. L’Etat a ensuite cédé sa participation (en 2006) à Bouygues, Alstom étant alors en plein redressement. Les synergies alors escomptées à travers le génie civil et surtout le rachat d’Areva ne se sont pas concrétisés. Bouygues n’a plus d’intérêt réel pour maintenir sa participation dans Alstom. La volonté de Bouygues de se dégager d’Alstom est le facteur déclencheur de la crise actuelle. S’il faut lui trouver un successeur, mieux vaudrait un groupe français, de préférence public, ayant de réelles synergies avec Alstom.       <br />
              <br />
       7. Je n’épiloguerai pas sur le sort funeste d’Alcatel, contraint à fusionner avec l’américain Lucent. La proposition de « l’entreprise sans usines » de M. Tchuruk devenait réalité…        <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Que faire ?</b>       <br />
              <br />
       Alstom n’a pas le couteau sous la gorge (son plan de charges est encore bien garni), mais a certainement besoin à terme d’un adossement financier français (entreprises publiques ou Etat en tant qu’ »actionnaire avisé »). Un partenariat extérieur peut être intéressant.       <br />
              <br />
       1.  Les synergies avec General Electric sont à première vue plus évidentes qu’avec Siemens. Alstom est meilleur pour les turbines à vapeur que General Electric. Plus de 20 % du parc mondial installé l’est sous licence Alstom. General Electric est déjà présent dans les turbines à gaz, au cœur même du site Alstom de Belfort (respectivement 1800 et 2800 emplois sur un total de 6500 emplois sur le site Techn’hom). Un rapprochement favoriserait la production de centrales à cycle combiné (vapeur + gaz).        <br />
              <br />
       Alstom est « dans le coup » pour les centrales à charbon (probablement le premier mondial) avec ou sans rétention de CO2. La technologie  « avec rétention de CO2»  se  rapproche de celle des turbines à gaz. Alstom est également dans le coup pour le transport et la distribution d’électricité, secteur qui intéresse fortement GE, et pour l’hydraulique (position mondiale) et les stations de pompage (eau douce, eau de mer).        <br />
              <br />
       Alstom est encore peu présent dans le solaire et pas du tout dans le biogaz, à la différence de GE, et très peu dans l’éolien terrestre. Quant à l’éolien « off shore », les coûts de production demeurent prohibitifs à l’heure où les économies sont à l’ordre du jour. Dans le domaine nucléaire, Belfort est le centre d’excellence d’Alstom. Il souffre de la rareté des commandes (à part l’EPR de Flamanville, une turbine géante Arabelle pour la centrale de Saint-Pétersbourg, et bien sûr la maintenance du parc existant).       <br />
              <br />
       Si un accord devait intervenir avec GE, Alstom devrait obtenir d’être le Centre européen (y compris pour le Moyen-Orient et l’Afrique) de certains pôles (thermique à Belfort– hydraulique – transport et distribution d’électricité). Il ne suffit pas de localiser en France des « sièges européens ». Il faut, à mon sens, conserver une part importante dans le capital d’Alstom à l’Etat et/ou à un groupe public. Qui tient le capital, détient la décision.       <br />
              <br />
       La question se pose de savoir si une ou plusieurs co-entreprises peuvent être constituées dans un rapport de forces au capital qui maintiennent Alstom comme le grand acteur français de la production énergétique. Le nom et le renom « Alstom » ne doivent pas disparaître.        <br />
              <br />
       Un second problème est lié aux privilèges extraterritoriaux (embargos, sanctions, amendes) que s’octroient les Américains en s’appuyant sur l’immensité de leur marché, leur protection militaire et donc la dépendance de leurs « alliés », et enfin la part de technologie américaine contenue dans les produits.        <br />
              <br />
       Quelles assurances le gouvernement américain et General Electric sont-ils prêts à donner à ce sujet ? C’est une question décisive pour notre indépendance.        <br />
              <br />
       A supposer que ces points puissent être éclaircis, un partenariat équilibré pourrait être noué avec General Electric en matière énergétique. Resterait pendant le sort d’Alstom Transport. L’apport par General Electric de son département signalisation faciliterait à coup sûr un accord.       <br />
              <br />
              <br />
       2. La deuxième piste de coopération concerne Siemens, qui à ce jour, 23 mai, n’a pas encore déposé d’offre.       <br />
              <br />
       Si deux géants européens pouvaient être constitués dans le domaine de l’énergie et du transport ferroviaire sur le modèle d’Airbus (avec égalité au capital d’un partenaire allemand et d’un partenaire français, de préférence public), cette perspective aurait évidemment un sens.        <br />
              <br />
       Il faut en effet se donner les moyens de traiter les redondances manifestes entes Alstom et Siemens, tant dans le secteur énergétique (turbines à vapeur) que dans le secteur transport.       <br />
              <br />
       Les sites des deux groupes en Europe sont nombreux. Avec la cogestion et la puissance du syndicat IG Metall, on peut être sûr que les sites allemands seront bien défendus. La situation n’est pas la même du côté français. Traditionnellement la France compense « l’individualisme » bien connu de ses acteurs par la présence de l’Etat au capital.       <br />
              <br />
       S’agissant des turbines nucléaires les actionnaires français doivent être majoritaires dans une filiale ad hoc pour privilégier l’indépendance de la filière nucléaire française.       <br />
              <br />
       Si Belfort devait devenir « Headquarter » dans le cadre d’un accord Alstom-Siemens pour les turbines à vapeur, comme cela m’a été dit, la question du site allemand de Duisburg devrait être traitée en parallèle. A noter que General Electric propose également de faire de Belfort son siège européen pour la fabrication de ses centrales non seulement à gaz mais aussi à vapeur et à cycles combinés. Tout cela mérite d’être clairement explicité. L’avenir du site de Belfort où coexistent déjà les turbines à vapeur d’Alstom et les turbines à gaz de General Electric doit être traité sous toutes ses dimensions (production, recherche, diversification, emplois).       <br />
              <br />
       S’agissant du transport ferroviaire, il convient de se rappeler que le chiffre d’affaires du secteur est environ le tiers du secteur énergétique. L’échange énergie contre transport ferroviaire serait déséquilibré : un cheval contre une alouette.       <br />
              <br />
              <br />
       La perte d’un « fleuron national » comme Alstom serait la marque du déclassement de la France par rapport aux « grands pays » qui conservent ou construisent leurs « champions » : GE, Siemens, Hitachi, Shangaï Electric, Rosatom etc.       <br />
              <br />
       Dans le ballet des avocats et banquiers d’affaires, consultants, communicants, lobbystes en tout genre qui tournoient autour du dossier Alstom, l’État doit présenter en toute clarté ses analyses, ses critères et ses choix à la représentation nationale, car s’agissant d’Alstom, c’est bien de l’intérêt national qu’il s’agit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Un-actionnaire-public-pour-remplacer-Bouygues-au-capital-d-Alstom_a1632.html</link>
  </item>

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   <title>Alstom : "Le langage des généraux de 1940"</title>
   <pubDate>Thu, 01 May 2014 16:53:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Public Sénat, mercredi 30 avril 2014. Il répondait aux questions de Delphine Girard.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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              <br />
       <span style="font-style:italic">Alstom</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Je constate qu'en matière d'industrie, nous allons de démantèlements en démantèlements.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On nous dit qu'Alstom est aujourd'hui trop petit dans la mondialisation. Mais n'oublions pas qu'Alstom faisait partie d'un grand groupe, la Compagnie Générale d'Electricité, qui comportait également Alcatel, dans les télécommunications, Nexans, les Chantiers de l'Atlantique, et d'autres filiales encore.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on sépare Alstom de sa branche énergie, il ne restera que la banche transports, dont le chiffre d'affaires est de 6 milliards d'euros. On dire alors que c'est encore trop petit. La France serait devenue trop petite, on peut brader tout cela, cela n'a plus aucune espèce d'importance.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crois qu'il faut absolument combattre ce point de vue, car il est important que la France garde des centres de décision.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crains beaucoup d'autres interventions du même genre par la suite.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le cauchemar de 2003, lorsque l'État s'était porté au secours d'Alstom, c'est le fruit des erreurs de gestion des dirigeants de l'époque, qui ont racheté des turbines à gaz fabriquées en Suisse qui ne marchent pas, qui ont mis l'entreprise quasiment en faillite.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si l'on regarde par rapport à Siemens ou General Electrics, la France avait un conglomérat tout à fait aussi important. Mais d'opérations en opérations, avec la théorie du <span style="font-style:italic">one player</span> comme ils disent, c'est à dire « un métier, une société », on a des sociétés trop petites. Ce sont les mêmes qui nous ont expliqué qu'il fallait des entreprises sans usines. Ces théoriciens du libéralisme nous font beaucoup de mal. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Alstom fait des bénéfices (4 à 5% de rentabilité), a des commandes (50 milliards, environ 3 ans d'activité), donc ce n'est pas du tout une entreprise au bord du gouffre. Pourquoi se jeter dans les bras de General Electrics, si ce n'est pour faire monter le cours de l'action ? C'est une opération financière, intéressante pour les actionnaires, et du point de vue des dirigeants, qui seront sûrement beaucoup mieux rémunérés si le siège social est à l'étranger plutôt qu'en France, puisque les habitudes, qui sont déjà très mauvaises en France, sont encore pires dans un certain nombre d'autres pays étrangers comme les États-Unis ou la Suisse.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Comment faire pour maintenir les centres de décisions en France ? L'État peut-être présent à travers la Caisse des Dépôts. Qu'est-ce qui empêche de créer une<span style="font-style:italic"> golden share</span>, comme dans les pays anglo-saxons ? Une <span style="font-style:italic">golden share</span>, c'est un droit de veto qui est accordé à l'État, du point de vue de l'intérêt général, sur les décisions qui sont prises.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Quand on voit les erreurs de gestion de la direction d'Alstom, on se dit qu'il vaudrait quand même mieux qu'il y ait un regard plus objectif, qui soit jeté par des gens qui se préoccupent vraiment de l'intérêt de la France, de son tissu industriel.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Siemens ressemble davantage à Alstom qu'à General Electrics. GE ne fabrique pas de turbines à vapeur, Alstom et Siemens en fabriquent. Alstom recevrait l'ICE de Siemens, qui viendrait s'ajouter au TGV... mais je pense que le choix n'est pas soit GE soit Siemens : nous avons peut-être la possibilité d'une solution qui préserverait la nationalité française du capital. Sans exclure l'adossement à un groupe étranger, on pourrait faire monter au capital Areva, ou Safran, de façon à préserver une majorité au capital française.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Safran travaille déjà en coopération avec GE sur les moteurs d'avions, et ça se passe très bien, c'est une très belle réussite industrielle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Montebourg se plaint, à mon avis à juste raison, de ne pas avoir été mis au courant des négociations. Il y avait lieu de se cabrer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'État a un point de vue à faire valoir. Ce n'est pas un intérêt parmi d'autres : c'est le point de vue des intérêts de la France. Réduire le déficit du commerce extérieur, défendre l'emploi, les salariés : tout cela, c'est à l'État républicain de s'en assurer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On ne peut pas dire : « j'assume le démantèlement d'Alstom » ou de tel autre. Cela, excusez-moi de vous le dire, c'est le langage des généraux de 1940.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Plan de stabilité</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> L'affaire était bizarre : il y a déjà eu un vote de confiance il y a 15 jours, et là, en plus, il y avait deux documents dont le plan de stabilité, qui découlait du TSCG. Les députés MRC avaient voté contre le TSCG, il était normal qu'ils votent contre le plan.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Du point de vue de la compétitivité, le pacte de compétitivité n'est pas formidable : les quelques centimes que les entreprises pourront gagner sont immédiatement annulés par la moindre variation du cours de l'euro, qui est déjà beaucoup trop cher. De plus, ce plan est indiscrimé : toutes les entreprises, la grande distribution, les banques, peuvent y prétendre.         
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense qu'il faut absolument faire baisser la valeur de la monnaie pour que l'économie française puisse respirer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut ramener l'abstention et les votes contre des députés de gauche à de justes proportions : c'est un coup de semonce qui ne signifie pas qu'ils ne font pas confiance au gouvernement et à Manuel Valls, qui a beaucoup de qualités, mais qui doit aussi écouter ce qu'il lui est dit par la représentation parlementaire.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le Sénat</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Personne ne sait jamais comment les grands électeurs, qui élisent les sénateurs, vont voter. Il n'est pas possible de prédire que le Sénat basculera automatiquement à droite au moment des prochaines élections sénatoriales, en septembre. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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  </item>

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   <title>Alstom : "Qui tient le capital tient la décision"</title>
   <pubDate>Thu, 01 May 2014 13:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de BFMTV, mercredi 30 avril 2014. Il répondait aux questions de Olivier Truchot.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/eee5f7c15d90a865ce0a5b640530131e13cd63b5" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Je ne fais pas confiance au conseil d'administration d'Alstom, qui nous dit aujourd'hui que l'offre de General Electrics (GE) est la meilleure, parce que, si déjà aujourd'hui co-existent à Belfort Alstom et la filiale turbines à gaz de GE, c'est parce que Alstom a vendu sa filiale turbines à gaz à GE pour racheter celle d'un groupe suisse. Cette opération a conduit au fiasco.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je souhaite que le capital d'Alstom reste majoritairement français, car qui tient le capital tient la décision.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On peut faire monter au capital d'Alstom des entreprises ou l'Etat à une position majoritaire, ou minoritaire, Safran par exemple. Safran produit le moteur d'avion CFM56, une belle réussite, une excellente coopération, entre Safran et GE. Tachons de trouver un équilibre ! Je préférerai que ce soit 49% du capital pour GE et 51% pour la partie française. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> L'Etat en tant qu'actionnaire avisé peut céder des parts dans telle ou telle entreprise, et utiliser les sommes dont il disposera pour les replacer dans Alstom, si nécessaire. La caisse des dépôts, qui est déjà dans le capital pour un très petit montant, pourrait accroître sa participation.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Etat a quand même son mot à dire dans l'avenir d'Alstom. Même Patrice Kron, le PDG d'Alstom, l'a reconnu (difficilement).        
       </li></ul><ul class="list"><li> Arnaud Montebourg essaye d'étudier d'autres offres concurrentes, et je pense que s'il fait monter les enchères, du point de vue de l'intérêt national, il agit dans le bon sens. Et on ne peut pas le critiquer non plus de ne pas avoir réagi. Arnaud Montebourg a fait entendre la voix de l'Etat, et c'était nécessaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'offre de Siemens, c'est « un cheval, une alouette ». Le ferroviaire allemand qui serait laissé à Alstom a certes des développements intéressants devant lui, mais cela ne se compare pas à l'énergie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'énergie c'est d'immenses marchés, d'immenses possibilités, qui s'ouvrent pour nos exportations. Or la France doit rééquilibrer son commerce extérieur. Alors si nous laissons tout partir à l'étranger, après l'acier, l'aluminium, le ciment, le PVC, maintenant l'énergie : à ce moment que restera t-il de la France ? Nous serons un pays vidé de ses industries. Nous serons le parc d'attractions du reste de l'Europe et du monde.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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  </item>

  <item>
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   <title>Osez la France</title>
   <pubDate>Wed, 30 Apr 2014 07:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat dans le cadre du débat sur le programme de stabilité, mardi 29 avril 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6578070-9921398.jpg?v=1398812221" alt="Osez la France" title="Osez la France" />
     </div>
     <div>
      Le Premier ministre a demandé au Parlement d’approuver le programme de réforme des trois prochaines années.       <br />
              <br />
       Ce programme comporte en fait deux volets distincts.        <br />
              <br />
       Le premier est constitué par le programme de stabilité 2014-2017. Celui-ci procède directement du traité de stabilité, de coopération, et de gouvernance dit TSCG négocié en mars 2012 par M Sarkozy.       <br />
              <br />
       Le deuxième volet du programme de réforme reprend les engagements pris le 14 janvier 2014 par le Président de la République qui visent à alléger les charges des entreprises de plus de 30 milliards d’euros. C’est le pacte dit de responsabilité.       <br />
              <br />
       Une certaine confusion a résulté de la présentation simultanée dans les médias de ces deux documents, alors que le gouvernement n’a semble-t-il engagé sa responsabilité que sur le premier, c'est-à-dire le programme de stabilité.       <br />
              <br />
       C’est la raison pour laquelle les députés du Mouvement Républicain et Citoyen, qui avaient, au nom de la souveraineté budgétaire du Parlement, voté contre le traité budgétaire européen, dit TSCG, en septembre 2012, n’ont pas cru pouvoir faire autrement que voter contre le programme de stabilité et l’engagement pris par le gouvernement vis-à-vis de la Commission européenne de réduire à 3% le déficit budgétaire dès 2015. Les députés du MRC entendent afficher ainsi la priorité qu’ils donnent à la croissance sur la réduction optique du déficit. Ils n’entendent pas pour autant exprimer une défiance vis-à-vis du gouvernement auquel ils ont d’ailleurs accordé leur confiance, les yeux ouverts, le 12 avril dernier.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Confiance à l’égard du chef du gouvernement dont chacun s’accorde à saluer le dynamisme et le sens républicain de l’Etat. Mais confiance les yeux ouverts, parce que notre République est une République parlementaire et que tout parlementaire digne de ce nom se doit d’exercer son esprit critique et sa vigilance dès qu’il les met, bien entendu, au service de la République.        <br />
              <br />
       La réussite du gouvernement nous importe parce que nous savons bien qu’elle sera d’abord la réussite de la France.       <br />
              <br />
       Nous souhaitons donc le succès de l’action que mène le Premier ministre, sous l’autorité du Président de la République qui a été élu pour cinq ans jusqu’en 2017, ce que nul dans l’opposition comme dans la majorité ne devrait oublier.       <br />
              <br />
       Les quelques observations que je formule sur « le plan national de réforme » le sont à titre personnel. Il n’y aura pas de relance sans un choc de confiance et c’est cela que le pays attend du nouveau gouvernement. Mais quelles que soient les qualités personnelles que chacun s’accorde à lui reconnaître, il y a des réalités objectives, dont aucun volontarisme ne peut s’affranchir. La France doit résoudre un redoutable problème de compétitivité que traduit le niveau particulièrement élevé de son déficit commercial, 60 milliards d’euros, eu égard à une conjoncture économique atone et au tassement corrélatif de nos importations.       <br />
              <br />
       Le Président des industries aéronautiques et spatiales, M. Marwan Lahoud, a déclaré : « Le crédit d’impôt-compétitivité représente un impact d’un centime d’euro pour nos entreprises. Dès que le dollar baisse d’un centime, cet avantage est gommé ».       <br />
              <br />
       Le crédit d’impôt-compétitivité représente 20 milliards des 30 milliards d’allègements promis. Mais ce coût va, pour les quatre cinquièmes, à des secteurs non soumis à la compétition internationale. Pour la banque et la grande distribution, c’est un profit d’aubaine. La baisse de charges envisagée ne représente que quelques centimes d’euro. Or, l’euro est une variable d’ajustement dans la guerre des monnaies. La Chine et les Etats-Unis ont intérêt à un euro surévalué et le poussent vers le haut. Certes l’euro surévalué de plus de 20 % par rapport à son cours de lancement n’empêche pas l’Allemagne, qui a su se spécialiser sur des industries haut de gamme, de réaliser un excédent commercial de 200 milliards, mais le cours de l’euro est beaucoup trop élevé au regard des besoins de croissance de la France et d’autres pays d’Europe moins bien placés dans la division internationale du travail.       <br />
              <br />
       Le Premier ministre est conscient de ce problème. Il l’a écrit dans la lettre qu’il nous a adressée : « Les économies réalisées doivent être accompagnées par une politique monétaire plus active et une politique de change plus réaliste au niveau européen. Le niveau de l’euro est trop élevé. » Il ajoute : « Ce sera la démarche du Chef de l’Etat dans les négociations qui suivront le renouvellement du Parlement européen ».        <br />
       Mais l’objectif ne saurait se limiter à obtenir de M. Draghi, et par conséquent de Mme Merkel, une politique de « quantiative easing », c’est-à-dire de création monétaire, qui sera toujours insuffisante, compte tenu des réticences allemandes. Il faut revoir le fonctionnement de l’euro pour en faire une monnaie commune au service de l’Europe : des mécanismes souples d’ajustement monétaire sous un toit commun préservé sont infiniment préférables aux politiques de dévaluation interne que commande le TSCG au nom de la préservation de la monnaie unique. Ces politiques nourrissent déflation, récession et chômage à une échelle qu’on n’avait plus vue depuis les années trente.       <br />
              <br />
       C’est là le défi principal qui ne dispense pas des réformes nécessaires pour permettre à la France de faire face aux mutations du monde et à la montée de concurrences nouvelles venant des pays émergents. Encore faut-il qu’elle ne brade pas les plus beaux fleurons de son industrie.        <br />
              <br />
       Je ne peux pas terminer mon intervention sans prononcer le mot « Alstom ». Je ne doute pas que sur ce dossier emblématique le gouvernement saura montrer ce que signifie la volonté politique mise au service de l’intérêt national. Osez la France ! Préservez une majorité française au capital d’Alstom. Voilà ce que nous demandons au gouvernement et à son chef. Le soutien du parlement ne lui manquera pas !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Osez-la-France_a1623.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"L'État doit monter au capital d'Alstom"</title>
   <pubDate>Tue, 29 Apr 2014 08:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro-vox, le lundi 28 avril 2014. Propos recueillis par Alexandre Devecchio.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6574977-9916623.jpg?v=1398753656" alt=""L'État doit monter au capital d'Alstom"" title=""L'État doit monter au capital d'Alstom"" />
     </div>
     <div>
      <b>Le Figaro-vox : Vous avez demandé au Premier ministre d'empêcher un «transfert de propriété» entre Alstom et General Electric. Quelles seraient les conséquences d'un tel transfert ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Avant tout, l'Etat ne peut accepter de se laisser spolier par la manœuvre éclaire et inconsciente de l'actuel PDG, Monsieur Kron qui lui doit tout. En 2004 Alstom ( qui avait le même PDG qu'aujourd'hui) avait été sauvé à grands frais du dépôt de bilan par un plan de refinancement mis en place avec l'aide l'Etat. Et, du nucléaire au TGV, Alstom est le fruit de plus d'un siècle de commandes publiques.       <br />
              <br />
       Il est évident aujourd'hui que la France ne peut abandonner le secteur de l'énergie de production. La reprise de la branche énergie d'Alstom porterait un coup fatal à l'indépendance de notre filière électronucléaire. Elle signifierait l'abandon par la France d'un des derniers pans de son industrie d'équipement: turbines à vapeur, alternateurs de moyenne et de grande puissance ... Ce serait un curieux signe à l'heure où le gouvernement parle de transition énergétique et de lutte contre la désindustrialisation.       <br />
              <br />
       General Electric a déjà repris en 1999 la branche «turbines à gaz» quand Alstom a choisi de reprendre les turbines à gaz fabriquées en Suisse. Ce fut une énorme erreur à laquelle Alstom a failli ne pas survivre. Avec le recul de quinze ans, nous constatons que cette opération autorisée par le Gouvernement de l'époque a abouti à deux résultats: Alstom a vu sa part du marché dans les turbines à gaz, qu'elle fabrique désormais en Suisse, se réduire considérablement. Et General Electric, s'il a dans un premier temps développé ses fabrications à Belfort, relocalise aujourd'hui une part de ses fabrications aux États-Unis, conformément à la volonté du Président Obama.       <br />
              <br />
       La fuite des centres de décision est dramatique et aura à terme des conséquences sur l'emploi et sur la capacité de la France à peser dans la bataille économique mondiale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Comment l'Etat peut-il concrètement empêcher cette vente ?</b>       <br />
       L'Etat peut très bien considérer que la participation faible de la caisse de dépôts lui donne le droit de s'opposer à une telle session. Cette décision peut être ratifiée par un vote du parlement pour que la volonté nationale s'exprime. Monsieur Kron n‘ira pas à l'encontre de celle-ci.       <br />
              <br />
       <b>Siemens a fait une contre-proposition. Cela vous paraît-il une meilleure alternative ?</b>       <br />
       La proposition de Siemens, c'est un peu «je te donne une alouette, tu me donnes un cheval». Sans mésestimer l'importance de la division ferroviaire allemande, l'activité énergie d'Alstom est une acquisition d'une valeur stratégique incomparable. Pour l'heure, la contre-proposition de Siemens ne me paraît donc pas à la hauteur.       <br />
              <br />
       <b>Existe-t-il une solution française? L'Etat doit-il nationaliser Alstom ?</b>       <br />
       L'Etat peut céder une autre participation et monter au capital d'Alstom aux conditions fixées par le droit communautaire. Safran, qui coopère déjà avec General Electric, pourrait prendre une part de l'entreprise. Enfin, je ne suis pas opposé à ce qu'Alstom soit adossé à une entreprise étrangère à condition que celle-ci demeure minoritaire et que le centre de décision reste en France.       <br />
              <br />
       <b>Le gouvernement, qui avait refusé l'option de la nationalisation dans le cas d'Arcelor, semble pour l'heure essentiellement obsédé par la recherche de 50 milliards d'euros d'économies. A-t-il, selon vous, vraiment pris conscience de l'enjeu stratégique que représente l'industrie ?</b>       <br />
       L'argent public sera mieux utilisé de la sorte que par la distribution indiscriminée de 50 milliards d'euros à toutes les entreprises y compris les grandes banques ou les sociétés de grandes distributions qui ne rentrent pas dans la compétition industrielle mondiale.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/28/31001-20140428ARTFIG00363-jean-pierre-chevenement-l-etat-doit-monter-au-capital-d-alstom.php">Le Figaro-vox</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/L-Etat-doit-monter-au-capital-d-Alstom_a1622.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-6571824</guid>
   <title>Alstom : "Le contrôle du capital doit rester français"</title>
   <pubDate>Mon, 28 Apr 2014 11:18:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de RMC lundi 28 avril 2014. Il répondait aux questions de Jean-Jacques Bourdin.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/5b135bc9a7de62912d7bd5dc048ac9f98fa2577d" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>        <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Alstom n'a pas le couteau sous la gorge. Il faut savoir que le groupe a 50 milliards de commandes, 3 ans de plan de charge, une marge bénéficiaire, une rentabilité de 4%. On nous présente le problème comme : est-ce Siemens ? Est-ce General Electric ? Non, le problème ne se pose pas du tout comme ça !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le contrôle du capital doit rester français. Pour moi, il est hors de question que le contrôle du capital passe sous pavillon étranger, qu'il soit américain ou allemand.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je veux dire à Arnaud Montebourg que l'offre Siemens me paraît très déséquilibrée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le secteur de l'énergie c'est 70% du chiffre d'affaires d'Alstom, et c'est l'avenir, car on aura toujours besoin de l'énergie, et l'énergie est au cœur de l'industrie. Si la France abandonne l'énergie, c'est un pan entier de nos industries d'équipements, c'est tout l'électro-nucléaire qui disparaît.        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est une bien curieuse façon d'engager la « transition énergétique » que de commencer par brader ce qui est notre principal actif ! </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Il y a d'autres solutions. L’État peut monter au capital. L'Etat peut obtenir d'autres entreprises françaises  qu'elles montent au capital d'Alstom. Ca peut être Areva, ça peut être Safran, qui fait des turbines pour les avions - c'est une technologie très voisine, et Safran travaille déjà avec General Electrics pour produire le CFM 56, un très gros moteur d'avion qui a beaucoup de succès.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Safran a toutes les capacités techniques, financières, managériales pour monter au capital d'Alstom. Naturellement il faut lever des fonds. L'Etat peut y aider, mais il est parfaitement possible d'avoir une solution française, s'adossant ou non à un investisseur extérieur – ça peut être General Electrics beaucoup plus que Siemens dans le contexte actuel, dont l'offre est profondément déséquilibrée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Montebourg est parfaitement légitime à demander du temps. Une entreprise comme Alstom est installée à Belfort depuis 1880 (locomotives), avant de faire des turbines, des alternateurs, des armements... La richesse d'Alstom est constituée de l'effort national depuis un siècle et demi.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce sont des opérations purement financières visant à faire monter le cours de l'action, et peut être, à délocaliser le siège social, ce qui autorise de plus grandes rémunérations pour les dirigeants – je ne parle pas précisément d'Alstom, mais de Lafarge.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Etat doit intervenir absolument : c'est le principe d'une politique industrielle. Nous avons perdu l'aluminum, Pechiney, dans des conditions invraisemblables. Le PVC, Arkema, filiale de Total passée sous contrôle étranger, le ciment, Lafarge, l'acier avec Arcelor Mittal, maintenant l'électro-mécanique : mais jusqu'où ne descendrons nous pas ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France devient insignifiante parce qu'elle l'a bien voulue. C'est la croyance en la France, c'est la volonté de prendre des décisions à l'aune des intérêts de la France qui fait défaut. Nous ne sommes pas le pistolet sur la tempe.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Alors qu'on se prépare à donner 35 milliards aux entreprises, sans aucune contrepartie, de manière indiscriminée, aussi bien aux grandes banques qu'aux grands groupes de distribution, alors que nous avons 60 milliards de déficit commercial, on laisserait partir à l'étranger un centre de décision majeur ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le défaut de compétitivité de l'économie française vient très largement de la surévaluation de l'euro. Elle tient aussi à beaucoup d'autres facteurs, mais dans l'immédiat la France supporte un euro surévalué. Et ce que va procurer aux entreprises le transfert de 35 à 40 milliards d'euros, représente 3 ou 4 centimes de variation de l'euro. Or, pensez que l'euro est passé de 82 centimes de dollar en 2002 à 1,60 en 2006 et aujourd'hui à 1,40 !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le compte n'y est pas, notre politique n'est pas bien calibrée. PMF disait : « <span style="font-style:italic">il n'y a pas de politiques sans risque, mais il y a des politiques sans chances</span> ». </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Alstom-Le-controle-du-capital-doit-rester-francais_a1621.html</link>
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   <title>Peugeot: une nécessaire augmentation de capital</title>
   <pubDate>Tue, 21 Jan 2014 11:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      L’augmentation du capital de Peugeot de 3 milliards d’euros est nécessaire au sauvetage de cette entreprise emblématique de la France et du Nord Franche-Comté en particulier.       <br />
              <br />
       Il faut voir positivement l’entrée au capital de l’entreprise chinoise Dongfeng. En effet, Peugeot réalise ses ventes essentiellement en Europe et doit les développer en Chine et plus généralement dans les pays d’Asie du Sud-Est en croissance rapide. Je fais confiance à Peugeot et à tous ses salariés pour surmonter victorieusement le trou d’air que l’entreprise a rencontré depuis trois ans. Peugeot est et doit rester un fleuron de l’industrie française.       <br />
              <br />
       Je salue enfin l’intervention de l’Etat qui fait son métier de stratège en matière industrielle
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Peugeot-une-necessaire-augmentation-de-capital_a1582.html</link>
  </item>

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   <title>L'intervention du Président de la République me laisse dubitatif</title>
   <pubDate>Tue, 14 Jan 2014 20:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Réaction de Jean-Pierre Chevènement à la conférence de presse du Président de la République.     <div>
      L’appel à la mobilisation lancé par François Hollande serait bienvenu s’il pouvait être entendu. C’est un pari dont l’Etat ne maîtrise pas les données. En effet, je ne vois pas comment la suppression de 30 milliards  de cotisations familiales au bénéfice des entreprises peut être gagée par 50 milliards d’économies. Je crains que celles-ci ne puissent être faites qu’au détriment de la politique familiale ou de la politique sociale.       <br />
               <br />
       Pour la reconquête de la compétitivité de l’économie française, la question de l’euro est centrale. Or, son vice constitutif, l’hétérogénéité des économies qui ont la monnaie unique en partage ne peut être purgé sans réforme de ses règles. De nouvelles secousses me paraissent malheureusement inévitables. L’union bancaire laisse aux banques le soin de remédier aux faillites les concernant sans réelle mutualisation.       <br />
               <br />
       Le Président de la République, en évoquant nos relations avec l’Allemagne, n’a pas cité la nécessaire révision des règles européennes concernant les aides d’Etat et la politique industrielle. Je ne crois pas qu’il soit réaliste d’envisager, en matière industrielle, une filière franco-allemande de transition énergétique alors que le choix de sortie du nucléaire effectué par l’Allemagne est en contradiction totale avec les choix que nous avons faits et maintenus en France depuis quatre décennies.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le Président de la République envisage de confier le pouvoir réglementaire aux régions. Cette « landerisation » de la France contribuerait à l’effilochage de l’Etat. Celui-ci ne serait plus que « l’échelon national » dans une Europe post-démocratique vouant les nations à la dissolution.       <br />
               <br />
       Au total, l’intervention du Président de la République me laisse dubitatif. François Hollande a sans doute raison de dire que l’idée européenne doit être défendue mais il ne peut interdire le débat sur les modalités de la construction européenne telle qu’elle s’est faite jusqu’à présent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/L-intervention-du-President-de-la-Republique-me-laisse-dubitatif_a1580.html</link>
  </item>

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   <title>La filière vinylique française en danger</title>
   <pubDate>Wed, 06 Mar 2013 14:30:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué de Jean-Pierre Chevènement concernant l’avenir de la filière vinylique française.     <div>
      Après l’acier et l’aluminium, la France est sur le point de perdre sa filière vinylique (PVC..).       <br />
              <br />
       Au début de l’année 2012 (cf. en pied de note), j’avais alerté le ministre alors en charge de l’industrie, Eric Besson, sur le danger que constituait le projet du groupe Arkema consistant à céder, pour zéro euro, la branche produits vinyliques au groupe américain Klesch basé à Genève. L’objectif était alors de séparer de la chimie de spécialités très rentable, les activités cycliques moins rentables des produits vinyliques (en amont, chlore, soude, PVC, et en aval profilés - tubes, fenêtres, etc.).        <br />
              <br />
       J’avais pointé le fait que M. Gary Klesch, repreneur d’entreprises américain, était davantage orienté vers la rentabilisation des entreprises à travers des réductions d’effectifs et des restructurations, plutôt qu’un véritable développeur.        <br />
              <br />
       Aujourd’hui force est de constater que mes craintes et celles de l’Intersyndicale étaient fondées. La poursuite en justice du groupe Arkema par Gary Klesh et son exigence d’obtenir 310 millions d'euros de dommages et intérêts, et surtout sa demande au tribunal arbitral de l'annulation de la cession, risque de porter un coup fatal à la filière vinylique française. Une cessation de paiement mettrait en péril le groupe, qui emploie 10 000 personnes en comptant les fournisseurs et sous-traitants.       <br />
              <br />
       Il s’agit là d’un nouveau coup porté à l’industrie de notre pays. Je ne doute pas que le gouvernement et le ministre du Redressement productif, Monsieur Montebourg saura intervenir très rapidement afin de trouver un terrain d’entente entre les groupes Klesch et Arkema et, en cas d’échec, tout mettre en œuvre afin de sauver cette filière en mobilisant le Comité interministériel de restructuration industrielle. L’intervention - directe ou indirecte- de l’Etat au capital d’une nouvelle entité pourrait fournir une garantie quant à la pérennité de cette branche de la chimie nécessaire à nos industries et que sa localisation près de Marseille tourne actuellement vers l’exportation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-filiere-vinylique-francaise-en-danger_a1469.html</link>
  </item>

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   <title>Revoir le débat "Restaurer la compétitivité" avec Louis Gallois</title>
   <pubDate>Mon, 25 Feb 2013 19:45:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Vendredi 22 février 2013 se tenait à l'UTBM (Université de Technologie Belfort-Montbelliard) un débat sur le thème "Restaurer la compétitivité" avec Louis Gallois (Ancien directeur général du Ministère de l’Industrie, ancien Président de la SNCF et d’EADS, Commissaire Général à l’Investissement), Jean-Pierre Chevènement, Pascal Brochet (directeur de l'Université de Technologie de Belfort-Montbéliard) et Christian Proust.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.chevenement.fr/video/<iframe width="580" height="326" src="http://www.youtube.com/embed/XobvVKa40Q4" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>     </div>
     <div>
      ©UTBM - Université de Technologie Belfort Montbéliard - François Jouffroy - Robert Dorvidal - Daniel Galovic       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.utbm.fr/">Le site de l'UTBM</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/5264601-7856942.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Revoir-le-debat-Restaurer-la-competitivite-avec-Louis-Gallois_a1464.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Actes du séminaire de la Fondation Res Publica: L'esprit du redressement productif</title>
   <pubDate>Sat, 26 Jan 2013 13:05:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du séminaire du 26 novembre 2012 sont en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/5163265-7705047.jpg?v=1359202809" alt="Actes du séminaire de la Fondation Res Publica: L'esprit du redressement productif" title="Actes du séminaire de la Fondation Res Publica: L'esprit du redressement productif" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Introduction-de-Jean-Pierre-Chevenement_a694.html">Introduction de Jean-Pierre Chevènement</a>       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Intervention-d-Arnaud-Montebourg_a695.html">Intervention d'Arnaud Montebourg</a>, ministre du redressement productif       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Tour-de-table-et-reponses-d-Arnaud-Montebourg_a696.html">Tour de table et réponses d’Arnaud Monteboug</a>, ministre du Redressement productif à Jean-Luc Gréau, Jean-Michel Quatrepoint, Michel Volle, Gabriel Colletis, Laurent Faibis, Jean-luc Gary et Jean-Pierre Chevènement       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-industrie-au-coeur-d-un-nouveau-projet-pour-la-France_a697.html">L'industrie au cœur d'un nouveau projet pour la France</a>, contribution de Gabriel Colletis, Auteur de &quot;L'urgence industrielle !&quot; Les Éditions Le Bord de l'Eau, 2012.        <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-esprit-du-redressement-productif_r96.html">&quot;L'esprit du redressement productif&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica       <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque &quot;L'esprit du redressement productif&quot; est <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/Cahier-L-esprit-du-redressement-productif_p79.html">disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/5163265-7705047.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-seminaire-de-la-Fondation-Res-Publica-L-esprit-du-redressement-productif_a1462.html</link>
  </item>

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   <title>Pour un euro à moins d'un dollar, et même moins!</title>
   <pubDate>Fri, 25 May 2012 12:09:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      L’effritement du cours de l’euro (7 centimes) sur le marché des changes donne lieu à une campagne d’alarmisme totalement déplacée, au motif que l’automobiliste, à la pompe, ferait les frais de l’affaiblissement de l’euro. Cette thèse reflète les intérêts des rentiers, des détenteurs d’actifs financiers et pas du tout ceux des couches populaires. Celles-ci ont besoin que l’activité économique se redresse. Alors les salariés auront de quoi payer l’essence à la pompe.       <br />
              <br />
       L’euro à 1,25 dollar reste très au-dessus de son point le plus bas (82 centimes de dollar atteint en l’an 2000) et même au-dessus de son cours de lancement au 1er janvier 1999 (1,16 dollar). Il y a une stricte corrélation entre la surévaluation de l’euro depuis dix ans et l’accélération de la désindustrialisation de la France, même s’il y a d’autres causes à l’affaiblissement de notre tissu industriel.       <br />
              <br />
       La &quot;monnaie forte&quot;, idole de l’Establishment et de la bien-pensance depuis trois décennies, a écrasé notre compétitivité. Elle a abouti à la fonte de la part de l’industrie dans le produit national (de 27 à 12%), à la perte de plus de 2 millions d’emplois industriels, à l’accélération des délocalisations et à l’effondrement de notre balance commerciale. Il faudrait que l’euro tombe à une quasi parité avec le dollar pour qu’une brise de confiance se lève à nouveau sur le vieux continent.       <br />
              <br />
       Personne n’ose le dire, car l’idéologie dominante de la monnaie forte, est celle des classes dominantes.       <br />
              <br />
       En fait, un euro à 1 dollar vingt cinq est encore beaucoup trop cher. Je souhaite, pour le redressement productif du pays, que l’euro tombe à au moins un dollar et même moins. Ce serait la meilleure chose qui pourrait arriver à notre industrie et à notre commerce extérieur. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Pour-un-euro-a-moins-d-un-dollar-et-meme-moins_a1401.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Faire du véhicule du futur un grand projet national</title>
   <pubDate>Thu, 09 Feb 2012 15:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat lors du débat sur la situation de l'industrie automobile, jeudi 9 janvier 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      Les ventes de voitures neuves en France ont chuté de 20,7 % en janvier 2012. C’est principalement l’effet de la récession qui affecte l’économie française, et dont on peut craindre qu’elle se prolonge, étant donné les mesures budgétaires restrictives mises en œuvre dans la zone euro sous l’impulsion du gouvernement de Mme Merkel et que le traité européen accepté par M. Sarkozy va institutionnaliser à travers une prétendue « règle d’or ».       <br />
              <br />
       Chaque jour on nous vante le modèle allemand, dont chacun sait qu’il est intransposable, car tous les pays ne peuvent pas être excédentaires en même temps.       <br />
              <br />
       Cette campagne publicitaire gratuite organisée par M. Sarkozy en faveur du « Made in Germany » a au moins un effet : tandis que les marques françaises connaissent un recul plus fort que la moyenne – 27,4 % pour PSA et – 32,7 % pour Renault-Dacia – les marques allemandes, elles, s’envolent sur le marché français : + 16 % pour BMW, + 18,2 % pour Volkswagen et un petit 0,8 % pour Mercedes.       <br />
              <br />
       On peut naturellement voir dans le tassement des ventes de voitures françaises l’effet du vieillissement des modèles comme la Peugeot 207 et la Renault Clio III. Peut-être le recyclage de la 207 et de la Scenic, et le lancement de nouveaux modèles comme la Peugeot 208 ou la 3008 hybride 4 ou la DS5 vont-ils redynamiser les ventes. Je l’espère. Il n’en reste pas moins que le marché français est, au mieux, stagnant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      De 1997 à 2009, selon des statistiques du Comité des Constructeurs français d’Automobiles (CCFA), la production mondiale de ceux-ci a augmenté de 32,6 %, tandis que leur production en France diminuait de 33 %, alors même que les immatriculations de voitures y progressait de 31,4 %. Le déclin de la production automobile française a, en fait, commencé dans les années 1980, sous l’effet de l’ouverture des marchés et d’une concurrence de plus en plus exacerbée. Comment donc « produire en France » comme c’est devenu le leitmotiv de nombre de candidats qui n’étant pas à une contradiction près surenchérissent par ailleurs dans l’éloge d’une rigueur sans perspective ? L’industrie automobile est une industrie clé pour l’emploi et pour le commerce extérieur.        <br />
              <br />
       La France, en 2010, a produit 2,2 millions de véhicules dont 1,9 million de voitures particulières. Les deux grands groupes français détiennent un peu plus de la moitié du marché intérieur, mais trop positionnés sur la moyenne gamme, et résistent de plus en plus difficilement à la concurrence étrangère. Comment, dans ces conditions, dissuader PSA et Renault de délocaliser une part croissante de leur production dans les pays à bas coût pour réexporter ensuite en France ? En novembre 2011, Peugeot annonçait la suppression de 6000 postes, dont environ 5 000 en France, pour réaliser 800 millions d’euros d’économies en 2012. Certes la direction du groupe s’est engagée à ce qu’il n’y ait pas de licenciements. Mais c’est surtout dans les CDD et l’intérim que les réductions vont se faire sentir. Il est absolument vital de poursuivre une politique de recrutement et de formation des jeunes, en étroite liaison avec les régions, et de développer l’apprentissage des métiers de l’automobile. Les entreprises doivent offrir des emplois qualifiés et stables en CDI. Une négociation sociale doit s’engager pour améliorer les conditions de travail, de rémunération et de qualification. C’est un enjeu majeur de compétitivité pour l’avenir. La qualité du travail, c’est aussi la qualité du produit !       <br />
              <br />
       Les fournisseurs eux aussi sont en première ligne. Les fournisseurs français ont déjà perdu 35 000 emplois en 2008-2009 pour n’employer plus que 265 000 salariés à la fin de 2009. Or, c’est souvent chez les équipementiers que l’effort de recherche aujourd’hui doit se concentrer. Il est absolument vital de préserver et fortifier  le tissu de la sous-traitance.       <br />
              <br />
       Tous les acteurs doivent être sensibilisés aux concertations et adaptations nécessaires, dans une logique de partenariat. Les acteurs de la filière sont interdépendants. La filière a à effectuer un profond travail d’analyse sur elle-même pour relever, dans un esprit de progrès social, le défi de sa compétitivité future.       <br />
              <br />
       Il faut permettre la modernisation du tissu de PME liées à l’automobile et ancrées sur le territoire. Nous devons à tout prix maintenir une base industrielle et technologique nationale. C’est la condition du progrès social de tout le pays.       <br />
              <br />
       Bien entendu nous devons parfaire le marché européen en y faisant prévaloir des règles et des normes. Je pense à l’harmonisation de la TVA et des charges sociales. L’augmentation de 1,6 % de la TVA ne constitue pas un choc de compétitivité suffisant pour permettre à notre industrie de reprendre le dessus. Notre industrie doit pouvoir combattre à armes égales avec  nos concurrents extraeuropéens. Peut-on le faire avec un euro surévalué d’au moins 15 % et sans mesures d’égalisation sociales et environnementales ? Il y a, à coup sûr, matière à négociation.       <br />
              <br />
       Je comprends la logique qui conduit nos constructeurs à vouloir installer de nouvelles usines, en Russie, en Chine, en Inde ou au Brésil. Ils cherchent à se développer sur des marchés en forte croissance. Mais c’est une toute autre logique qui a prévalu dans certains pays de l’Europe de l’Est où il s’agissait de produire à moindre coût pour réexporter ensuite vers la France et vers l’Europe occidentale. C’est ainsi que notre balance commerciale automobile, jadis fortement excédentaire, est devenue déficitaire depuis 2009. Je plaide cependant pour qu’il y ait, pour des raisons géopolitiques évidentes, une exception maghrébine. L’intérêt national doit prendre en compte plusieurs considérations.       <br />
              <br />
       Comment inverser la tendance ? D’abord soutenir la conjoncture en Europe et en France ? Cette orientation est malheureusement aux antipodes de la politique économique générale que vous promouvez avec la mise en œuvre simultanée de plans d’austérité en France et sur des marchés où nos constructeurs sont bien implantés, comme l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce.       <br />
              <br />
       Sur quelles mesures comptez-vous, Monsieur le Ministre, pour permettre à nos groupes de continuer à produire français ? Les gouvernements successifs se sont démunis de tous les moyens d’action monétaire ou tarifaire. Vos ressources budgétaires sont taries. Bien sûr le salut serait dans l’accélération de l’innovation pour faire face aux deux défis que sont le renchérissement du prix du pétrole et l’impératif de limitation de l’émission de gaz à effet de serre. Il faudrait accélérer la montée en gamme technologique afin de mettre l’industrie française au niveau de la concurrence européenne, notamment allemande. Mais avec quelles marges ? Nos entreprises sont notoirement moins profitables. Avec quelles aides budgétaires publiques, alors que le budget de l’Etat est réduit à la portion congrue ? Quelle stratégie les pouvoirs publics entendent-ils mettre en œuvre ?       <br />
              <br />
       Le développement du marché de véhicules à énergie alternative – véhicules électriques ou véhicules hybrides – prendra du temps malheureusement. Du moins peut-on l’encourager et l’accélérer par une stratégie coordonnée visant à réglementer, à inciter, notamment par la voie fiscale, à créer les infrastructures de recharge en électricité nécessaires.       <br />
              <br />
       Il doit être possible de rajeunir le parc actuel et d’en sortir les véhicules anciens les plus polluants. Des incitations fiscales appropriées devraient y conduire. Il ne doit pas s’agir, pour autant, de cautionner, sous des prétextes faussement écologiques, des campagnes « anti-bagnole » à courte vue. Il faut réconcilier la France avec son industrie automobile. On a quelquefois envie de crier « Halte au feu ! » Toute la France n’est pas Paris ou Lyon ! L’automobile est, après le logement, le premier besoin des familles. La fiscalité, la formation, le crédit à la consommation devraient être revus afin de promouvoir une politique de l’automobile intelligente. Il faut faire de l’automobile du futur un grand projet national.       <br />
              <br />
       Si la voiture électrique peut occuper des marchés de niche (flottes des collectivités), la voiture hybride pourrait connaître rapidement un meilleur avenir, surtout si le progrès technique s’applique parallèlement à la baisse des consommations d’hydrocarbures et à la limitation des émissions de gaz à effet de serre sur les moteurs thermiques.       <br />
              <br />
       La meilleure réponse au risque de stagnation de longue durée du marché français et européen est dans l’accélération du progrès technique chez les constructeurs et chez les sous-traitants. Ne serait-il pas opportun de mettre en œuvre des aides européennes financées par l’emprunt et de créer en France un Commissariat chargé de piloter le projet de véhicule du futur ?       <br />
              <br />
       Comme vous le savez, le pôle de compétitivité Franche-Comté-Alsace porte cet intitulé. Mais quel moyen de coordination existe-t-il entre Moveo (Ile de France et Normandie), ID4Car (Pays de Loire et Bretagne) ? Et le pôle Véhicule du Futur ? Il semble que les constructeurs s’orientent, à la remorque de l’Etat, vers le renforcement du pôle francilien, là où sont situés les grands pôles de recherche publique.       <br />
              <br />
       Je m’interroge, Monsieur le Ministre, sur le sort fait aux régions du Nord-Est qui sont, pour beaucoup, en perte de vitesse. Il est nécessaire que la politique d’aménagement du territoire prenne en compte toutes les dimensions. Le risque est grand de voir se polariser tous les moyens en Ile de France et en Basse-Seine, dans le cadre du projet dit du « Grand Paris ». Il me semble que l’Etat doit conserver une vue d’ensemble des territoires et notamment dans le Grand Est, en soutenant par ailleurs la création d’un grand pôle universitaire « ingénierie », associant les Universités de Technologie de Belfort-Montbéliard et de Troyes et l’Université lorraine, sans oublier celle de Strasbourg et l’Université de Haute Alsace.       <br />
              <br />
       Un dernier mot, Monsieur le Ministre, en faveur de la filière hydrogène. Celle-ci n’est peut-être pas mûre aujourd’hui. Mais il faut voir à dix ou quinze ans. L’adjonction d’un « kit hydrogène » à la voiture électrique lui permettrait d’acquérir un rayon d’action et donc d’autonomie de 600 à 700 Km.       <br />
              <br />
       Un centre de recherche technologique a été créé en 1999 à Belfort, à l’initiative de Claude Allègre. Ce centre FCLab qui rassemble quatre-vingts chercheurs et ingénieurs a besoin d’être soutenu par des contrats de recherche pour que la France, en dialogue avec de grands pays très avancés dans ce domaine, comme les Etats-Unis, l’Allemagne et le Japon, ne rate pas ce rendez-vous.       <br />
              <br />
       Mais vous êtes-vous donné les moyens d’une politique de développement technologique à longue portée ? Je crains que vous ne vous soyiez laissés happer par la spirale du renoncement et par conséquent du déclin.       <br />
              <br />
       Ah ! Comme j’aimerais avoir tort !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Ce sont les revenus du capital qu’il faut taxer en priorité"</title>
   <pubDate>Tue, 31 Jan 2012 20:07:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement pour Courrier Cadres, mardi 31 janvier 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3752876-5581674.jpg?v=1328037015" alt=""Ce sont les revenus du capital qu’il faut taxer en priorité"" title=""Ce sont les revenus du capital qu’il faut taxer en priorité"" />
     </div>
     <div>
      <b>Courrier Cadres: Quel est votre constat sur l’état actuel de l’économie ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement:</b> Il est déplorable : la France a vu sa base industrielle se rétrécir, passant de 30 % à 13 % de notre valeur ajoutée depuis 30 ans. Les délocalisations vers les pays à bas coût salarial - y compris européens -, la primauté donnée à la rente financière, le manque de patriotisme de nos grands groupes industriels qui n’investissent pas en France, tout cela y concourt. La France demeure dans le groupe de tête si on prend en compte le PIB par habitant mais cela ne saurait dissimuler les faiblesses de notre économie : notre pays consomme majoritairement des produits qu’il ne fabrique pas et ce que nous produisons pour l’exportation est pénalisé par le taux trop élevé de l’euro et par la détérioration de notre compétitivité par rapport à l’Allemagne depuis une dizaine d’années qui entraînent un lourd déficit de notre balance commerciale. L’avenir est encore assombri par les orientations de politique économique retenues au niveau européen : la voie de l’austérité inscrite dans le projet de traité européen ne peut qu’enfoncer l’Europe dans une récession de longue durée et contribuer encore plus à réduire notre consommation et nos capacités productives. La dette ne pourra être épongée tant que nous ne renouerons pas avec la croissance. Nous n’en prenons pas le chemin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Quelles sont vos propositions pour relancer l’économie, l’emploi ? Que faire pour l’entrepreneuriat ?</b>       <br />
       J’ai fait dix propositions pour redresser la France, c’est-à-dire d’abord notre économie. Il faut mesurer l’ampleur du défi. Je propose que les moyens soient pris de ramener l’euro à un taux raisonnable, proche de sa parité initiale avec le dollar (1,16), de renouer avec la croissance en Europe en donnant à la BCE <span style="font-style:italic">(Banque centrale européenne, ndlr)</span> les moyens d’action qui sont ceux d’une banque centrale normale et enfin pour soutenir l’économie avec un grand emprunt européen pour financer des travaux d’avenir, la recherche et la technologie. Les autres pays développés appliquent une politique de création monétaire modérée : c’est le “quantitative easing” utilisé par les États-Unis dès le début de la crise. De même le Royaume-Uni, qui a gardé une banque centrale nationale, s’apprête à recourir à la création monétaire pour faire face à la récession qui menace le pays. La BCE devrait aussi accepter une certaine mutualisation des dettes publiques des pays de la zone euro en soutenant les mécanismes de soutien existants (FSEF i[[Fonds européen de stabilité financière, ndlr]]i et MEF). Je préconise enfin une vigoureuse politique industrielle. Les PME innovantes doivent particulièrement retenir l’attention. Il faut les aider à consolider leur capital et à soutenir leur capacité d’exportation. Dans une période de crise comme celle que nous vivons, seules des mesures d’ampleur sont de nature à restaurer la compétitivité et un niveau décent d’emploi pour tous.       <br />
              <br />
       <b>Quel regard portez-vous sur la situation particulière des cadres ? Sont-ils un public prioritaire pour le redressement de l’économie ?</b>       <br />
       S’agissant plus particulièrement des cadres, je note qu’ils sont également atteints par les délocalisations et le seront de plus en plus soit qu’ils appartiennent aux branches industrielles, soit qu’ils soient employés dans les services, qui se délocalisent à leur tour à un rythme rapide, soit enfin qu’ils contribuent à la recherche et à l’innovation pour lesquels il serait vain de croire que nous garderons une avance sur les pays émergents si nous ne prenons pas pour cela des mesures énergiques. L’effort pour le pays tout entier est indispensable. Il doit être justement réparti. Les cadres ne doivent pas être découragés. Ce sont les revenus du capital qu’il faut taxer en priorité.       <br />
              <br />
       L’emploi des cadres est donc à mes yeux en interdépendance avec l’ensemble des emplois eux-mêmes tributaires de la relance de l’activité économique. Je ne crois pas au discours - de moins en moins tenu d’ailleurs - selon lequel la France pourrait se passer d’usines et tout miser sur les services. C’est une pente dangereuse. Un pays qui n’a pas de base industrielle ne peut maintenir ni protection sociale ni services publics efficaces. L’Allemagne tire sa force de l’existence d’industries performantes. La France a besoin de cadres techniques ou administratifs, d’ingénieurs, de gestionnaires pour faire tourner un modèle d’économie diversifié, en prise avec l’économie numérique et qui suppose d’ailleurs un niveau de formation technique post-bac de plus en plus performant.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.cadres-dirigeants.fr/article/jean-pierre-chevenement-ce-sont-les-revenus-du-capital-qu-il-faut-taxer-en-priorite">Courrier Cadres</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Ce-sont-les-revenus-du-capital-qu-il-faut-taxer-en-priorite_a1357.html</link>
  </item>

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   <title>Candidat pédagogue</title>
   <pubDate>Thu, 19 Jan 2012 14:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement aux Dernières Nouvelles d'Alsace, 19 janvier 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3686721-5428300.jpg?v=1327051290" alt="Candidat pédagogue" title="Candidat pédagogue" />
     </div>
     <div>
      <b>Dernières Nouvelles d'Alsace : Pourquoi Lohr ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement: </b>C’est une entreprise très représentative du savoir-faire industriel français, avec une avance technologique remarquable. Je connais les difficultés qu’elle rencontre, mais elles ne sont pas insolubles et il est de la responsabilité des banques et de l’État de fournir à Lohr les moyens de son développement. Au moment où beaucoup de candidats parlent de réindustrialiser la France, voilà un exemple concret de ce qui pourrait être fait s’il y avait un ministère de l’industrie dans ce pays… Lohr souffre aussi d’une monnaie trop forte, surévaluée. C’est une caractéristique de toutes les entreprises que je visite.       <br />
              <br />
       <b>Néanmoins, vous ne préconisez pas une sortie de l’euro...</b>       <br />
       Je privilégie le maintien de la monnaie unique, même si elle procède d’une erreur au départ, d’un vice initial contre lequel on ne pourra rien faire. Il faut que la Banque centrale européenne intervienne à la hauteur voulue pour casser la spéculation contre des pays comme l’Italie.       <br />
              <br />
       <b>Les Allemands sont contre...</b>       <br />
       Nous sommes face à une psychorigidité allemande qui vient de la confiscation de l’épargne allemande au moment de la création du deutschmark en 1948. La banque centrale allemande n’a qu’une seule mission, la lutte contre l’inflation. On a recopié les statuts de la Bundesbank pour la monnaie unique, dont on a fait une sorte de Mark bis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Dans votre Plan B, vous proposez de passer de la monnaie unique à une monnaie commune.</b>       <br />
       On créerait des euromarks, des eurofrancs, des eurolires dans une grille de parité qui serait négociée périodiquement. J’ai essayé de penser un système qui restaurerait une certaine flexibilité mais qui maintiendrait un toit commun européen au-dessus des monnaies nationales.       <br />
              <br />
       <b>En annonçant votre candidature, vous disiez que vous voulez faire bouger les lignes. Ont-elles déjà bougé ?</b>       <br />
       Faire bouger les lignes voulait dire exercer une pédagogie. Ont-elles bougé ? Sur l’accord PS-Verts, François Hollande a pris des distances. Sur le siège de la France au Conseil de sécurité, il a tenu des propos qui me rassurent. Sur l’Europe, il n’a pas suffisamment bougé. Il faut organiser la croissance au niveau de l’Europe, avec une monnaie moins chère, un plan d’investissement européen et une relance salariale dont l’Allemagne devrait donner l’exemple.       <br />
              <br />
       <b>Maintiendrez-vous votre candidature jusqu’au bout ?</b>       <br />
       Je me donne une certaine souplesse d’appréciation. Le moment venu, je ne veux pas exclure de faire mouvement (arrière). Mais ce n’est pas actuellement mon état d’esprit.       <br />
              <br />
       <b>Les sondages sont plutôt favorables à Mélenchon, pas à vous...</b>       <br />
       Ma candidature est une candidature pédagogique. Je n’ai pas fait de démagogie. On ne peut pas me le reprocher. Il faut mettre un peu de fond dans le débat, sinon le naufrage de la monnaie unique va télescoper la campagne sans même qu’on ait évoqué les moyens de s’en sortir à moindre frais. J’ai une certaine légitimité à critiquer la monnaie unique parce que je n’étais pas pour au départ.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.dna.fr/politique/2012/01/19/candidat-pedagogue">Dernières Nouvelles d'Alsace</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Candidat-pedagogue_a1347.html</link>
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