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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-15T03:45:56+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Crise ukrainienne, crise de l’Europe</title>
   <pubDate>Thu, 17 Apr 2014 15:31:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Article de Jean-Pierre Chevènement à paraître dans le numéro de mai 2014 de la Revue Défense Nationale     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6541088-9865321.jpg?v=1397741405" alt="Crise ukrainienne, crise de l’Europe" title="Crise ukrainienne, crise de l’Europe" />
     </div>
     <div>
      Il serait tout à fait erroné de présenter la crise ukrainienne comme une « surprise stratégique ».       <br />
              <br />
       <b>Une transition avec l’ère soviétique peu coopérative.</b>       <br />
       Déjà en 2006, alors que Georges W. Bush était au milieu de son deuxième mandat, la question de l’entrée dans l’OTAN de l’Ukraine (et de la Géorgie) avait provoqué une mini-crise au sein même de l’Organisation entre l’Allemagne et la France, qui y étaient hostiles, et les Etats-Unis qui, en fin de compte, n’avaient pas trop insisté.       <br />
              <br />
       C’est que l’Ukraine est le « gros morceau » d’un problème plus vaste, celui des ex Républiques soviétiques qui se sont détachées politiquement de la Russie, en décembre 1991, mais dont les liens de tous ordres avec elle demeurent étroits (minorités russes – étroitesse des relations économiques…)       <br />
              <br />
       Le cas des Pays Baltes a été réglé par le retour au statut qui était le leur avant 1939 et leur inclusion dans l’Union européenne et dans l’OTAN. Mais partout ailleurs, une situation nouvelle s’est créée : en Ukraine, en Biélorussie, en Moldavie, dans le Caucase, en Asie centrale, ces pays anciennement soviétiques ont plus ou moins admis le principe de l’économie de marche, privatisé de larges pans de leur appareil productif, au bénéfice de quelques oligarques, eu recours à des élections plus ou moins transparentes pour désigner leurs dirigeants. De tous ces nouveaux pays, l’Ukraine est évidemment celui que la Russie considère comme lui étant le plus proche par l’Histoire (elle a fait partie de l’Empire russe depuis 1657), l’intensité des relations économiques, en particulier dans les régions industrielles de l’Est de l’Ukraine et enfin la culture (proximité linguistique-orthodoxie sauf dans la partie galicienne, catholique uniate, et tournée vers l’Europe Centrale, hier la Pologne, avant-hier l’Autriche-Hongrie).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La Russie depuis 1991 a vu avec inquiétude l’inclusion des PECOs dans l’Union européenne et surtout l’extension de l’OTAN à l’Est, contrairement aux engagements pris en 1990 au moment de la réunification de l’Allemagne. La persistance à l’Ouest d’un schéma binaire Europe-Russie, alors que l’URSS avait disparu, a peu à peu réveillé en Russie un nationalisme obsidional qui a culminé au moment de la guerre du Kosovo et de son détachement de la Serbie (1999). C’est à ce moment là que le premier Président de la Russie, Boris Eltsine a appelé comme Premier ministre Vladimir Poutine. Celui-ci, élu Président en 2000, en 2004, puis réélu en 2012, après le mandat de D. Medvedev, s’est acquis une certaine popularité dans l’opinion publique russe en rétablissant l’ordre, la croissance économique (+7% par an dans la décennie 2000-2010) et en donnant le sentiment d’interrompre le déclassement stratégique de la Russie (deuxième guerre de Tchétchénie, conflit géorgien (2008), accord New Start avec les Etats-Unis (2010)).       <br />
              <br />
       C’est peu dire que la Russie n’a pas vu d’un bon œil les « révolutions de couleur » soutenues par les Etats-Unis dans les pays qu’elle considère comme faisant partie de son « étranger proche », c'est-à-dire de sa zone d’influence traditionnelle. Les pays de la CEI sont ainsi devenus un enjeu entre l’Union européenne et la Russie avec, en arrière-plan, l’OTAN et les Etats-Unis, peu désireux d’atténuer les tensions.       <br />
              <br />
       La réélection de Vladimir Poutine, en 2012, et l’effacement de M. Medvedev qui incarnait un certain « soft power » russe, mais dont l’image avait été atteinte par le « feu vert » qu’il avait donné, en 2011, à l’intervention de l’OTAN en Libye, ont ressuscité les tensions (affaire Magnitski - tentation russe d’idéologiser l’opposition entre un Occident hyperindividualiste et décadent et une Russie restée fidèle aux valeurs traditionnelles, à quoi répond un retour de russophobie dans les pays occidentaux).       <br />
              <br />
       <b>Ces remugles de guerre froide correspondent-ils à quelque chose de profond ?</b>       <br />
        Pour ma part, j’en doute. En effet, les bases matérielles et idéologiques qui opposaient deux systèmes économiques et politiques et deux visions du monde incompatibles n’existent plus. L’URSS a disparu, ce dont nos médias en général tardent à s’aviser. La Russie est certes un vaste pays, grand comme trente quatre fois la France, mais son étendue même et la rigueur de son climat sont source d’innombrables difficultés. La démographie russe est stagnante. Avec 140 millions d’habitants, la Russie d’aujourd’hui est deux fois moins peuplée que l’URSS il y a vingt-deux ans. Sa population est au niveau de celle l’Empire tsariste en 1914. Le peuple russe est un grand peuple européen. 20% de sa population est de tradition musulmane (Tatars, Bachkirs de la Volga, Caucase du Nord, Sibérie méridionale) ou allogène (Sibérie du Nord, extrême Orient russe).       <br />
              <br />
       Entre l’Europe et l’Asie la Fédération de Russie (plus de 80 « sujets » c'est-à-dire entités constitutives) est un gigantesque « Etat-tampon » entre l’Europe et l’Asie ; elle est à cet égard indispensable et incontournable, comme elle l’est également par sa qualité de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, par sa puissance nucléaire, par ses richesses énergétiques et par l’attrait de sa culture.       <br />
              <br />
       Economiquement, le PNB russe se situe au 8ème rang mondial. La Russie réalise près de la moitié de son commerce extérieur avec l’Union européenne principalement l’Allemagne (total des échanges de 74 Milliards d’euros), l’Italie (30 milliards) et la France (23 milliards).       <br />
              <br />
       Raisonnons en cinétique : dans quelques années (vers 2020), le PNB chinois aura rattrapé celui des Etats-Unis. Les capacités financières et budgétaires de la Chine vont égaler voire dépasser celles des Etats-Unis dans la prochaine décennie. Dans un XXIe siècle que structurera toujours plus la bipolarité sino-américaine, la place de l’Europe va continuer à rétrécir à tous points de vue, démographique (Europe : 20 % de la population mondiale en 1900, 7 % aujourd’hui, 4 % en 2050), mais aussi économique et budgétaire.       <br />
              <br />
              <br />
       Dans de nombreux domaines, l’Union européenne ne pèsera plus assez lourd en 2050 pour exister face à la concurrence des Etats-Unis, de la Chine, voire d’autres pays émergents, à supposer qu’elle le veuille. Or, quelles que soient les tentations « eurasiatiques » de la Russie, il faut se persuader que celle-ci est d’abord « d’Europe ». Sa culture est européenne. Les aspirations de son peuple la tournent vers l’Europe, à commencer par celles des classes moyennes nombreuses qui s’y développent rapidement et offrent un marché aux produits européens. Cela ne l’empêche pas de chercher des débouchés en Asie pour son gaz, mais c’est une autre affaire… Si nous raisonnons toujours en cinétique, nous serons amenés à constater que l’Europe occidentale et la Russie, si elles ne coopèrent pas dans l’avenir, seront amenées à « sortir du jeu » dans un monde dont le centre de gravité se sera définitivement fixé au milieu de ce siècle dans le Pacifique.       <br />
              <br />
       On comprend que les néoconservateurs américains ne voient pas d’un bon œil le resserrement de la coopération entre les deux parties de l’Europe. Pourtant d’anciens secrétaires d’Etat comme MM. Kissinger ou Breszinski à la vue moins myope en viennent à admettre ce qu’ils appellent « une finlandisation » de l’Ukraine (terme qui évoque quand même la guerre froide). Sans doute dans leur esprit le « problème russe » n’a-t-il pas la même ampleur que le « problème chinois ».       <br />
              <br />
       <b>La crise ukrainienne : distorsions et erreurs</b>       <br />
       Ce détour par la Russie permet de relativiser l’ampleur de la crise ukrainienne de 2014. Celle-ci traduit l’incapacité à penser ce que Georges Nivat appelle « la troisième Europe », après la première et la seconde,  celles d’avant et d’après la chute du mur de Berlin. L’implosion de l’URSS a créé un « espace post-soviétique » voué pour l’essentiel après 1991 aux « thérapies de choc » libérales. Les Etats-Unis, à l’époque des Présidents Bill Clinton et George W. Bush ont encouragé les « révolutions de couleur ». Si la Russie, humiliée, a voulu reprendre la main dans son « étranger proche », on ne peut pas dire que l’Union européenne ait fait preuve de beaucoup de perspicacité dans le traitement du problème « post-soviétique ».       <br />
              <br />
       La principale erreur a été de vouloir traiter séparément le partenariat stratégique avec la Russie et le partenariat oriental avec les autres membres de la CEI. Le partenariat stratégique avec la Russie se trouvait en 2012 dans l’impasse (libéralisation non achevée des visas – « troisième paquet énergétique » en panne, etc.) quand les premiers accords d’association avec l’Ukraine, la Moldavie, l’Arménie, etc. commencèrent à être finalisés.       <br />
              <br />
       Certes la politique de l’Union européenne porte la marque d’impulsions contradictoires, provenant les unes des pays voisins (Pologne et pays baltes), les autres de l’Allemagne, de l’Italie et de la France, les pays anglo-saxons cultivant, à l’enseigne des « Droits de l’Homme », une idéologie non exempte d’une certaine russophobie. L’exportation des standards de la démocratie occidentale et d’une économie de marché concurrentielle ne pouvait que se heurter à la réalité des économies et des régimes post-soviétiques. La Russie elle-même s’efforçait de promouvoir une zone de libre-échange eurasiatique dont l’Ukraine était le gros morceau. Ces deux projets de « libéralisation » auraient pu confluer sur le papier. Dans la réalité, il n’en a rien été. Le bras de fer engagé avant le sommet de Vilnius (28 novembre 2013) entre le projet d’accord d’association porté par l’Union européenne et l’accord financier et gazier russo-ukrainien, a tourné à l’avantage de la Russie, le Président ukrainien Yanoukovitch ayant fait monter les enchères pour céder aux offres, plus alléchantes, il est vrai, de la Russie (15 milliards de prêts et forte réduction des prix du gaz russe). C’était sans compter sur les « tropismes européens » de l’Ukraine, pays composite et fragile, et le soulèvement de Maïdan, encouragé par maints dirigeants européens et américains. La destitution et la fuite du Président Yakounovitch aboutissaient à la formation d’un nouveau gouvernement ukrainien dont la Russie conteste la légitimité.        <br />
              <br />
       L’annexion de la Crimée a été la réplique apportée par la Russie à ce processus évidemment inconstitutionnel. Cette réplique viole évidemment la convention de Budapest de 1994 enlevant à l’Ukraine ses armes nucléaires mais garantissant en retour ses frontières de l’époque. Il est vrai que celles-ci étaient récentes, le décret rattachant une Crimée, historiquement russe, à l’Ukraine résultant d’un caprice de Khrouchtchev, lui-même ukrainien et désireux de commémorer, à sa façon, le trois-centième anniversaire du rattachement de l’Ukraine à la Russie. Ce transfert, à l’époque soviétique, ne changeait rien à la réalité du pouvoir. Il ne donna lieu à aucun référendum qui eût permis de connaître l’avis des Criméens.       <br />
              <br />
       Le viol de la légalité internationale était cependant caractérisé. Il n’est guère douteux non plus que les « forces locales d’autodéfense » qui ont pris le pouvoir en Crimée, devaient être fortement noyautées par des forces spéciales russes … La Russie allègue le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes reconnu par l’ONU. Mais la Charte des Nations Unies reconnaît d’abord le principe de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats. Dans l’idéal, une négociation aurait pu permettre de concilier ces deux principes. Dans les faits, il n’en a rien été. La Russie a opéré une simple « prise de gage », Peut-être craignait-elle la remise en cause par le nouveau gouvernement ukrainien du contrat de concession du port de Sébastopol à la Russie jusqu’en 2042.       <br />
              <br />
              <br />
       Si les dirigeants européens voulaient bien, de leur côté, procéder à cet « examen de conscience » auquel les bons pères forment les élèves qui leur sont confiés, ils devraient reconnaître que le comportement de maints de leurs dirigeants a frôlé l’ingérence. Rien non plus n’autorisait le Commissaire Olli Rehn à affirmer que le but de l’accord d’association était l’adhésion pure et simple de l’Ukraine à l’Union européenne. Le Conseil européen n’avait rien décidé de tel. Quant aux déclarations faites en pleine crise par le Secrétaire général de l’OTAN, M. Rasmussen, elles n’étaient pas adroites. Si corrompu qu’il soit, le Président Yanoukovitch n’en était pas moins un Président élu. A un processus évidemment inconstitutionnel mais largement interne à l’Ukraine, la Russie quant à elle a apporté une réponse qui viole le droit international et dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’a pas péché par excès de subtilité. Il n’est cependant guère douteux que si la population criméenne devait être à nouveau consultée, sous l’égide des Nations Unies, elle confirmerait son choix en faveur de la Russie.        <br />
              <br />
       Depuis l’échange téléphonique Poutine-Obama suivi de la rencontre entre les deux ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis et de la Russie, fin mars 2014, il semble bien, au moment où j’écris (9 avril 2014), que la Russie n’ait pas l’intention de pousser en Ukraine l’avantage qu’elle a sur le terrain même si la situation dans les villes de l’Est ukrainien peut évidemment déraper. Au plan économique, la Russie aurait beaucoup à y perdre mais les pertes, pour l’Allemagne, l’Italie, la France et d’autres ne seraient pas nulles.        <br />
              <br />
       <b>Comment rendre possible la troisième Europe ?</b>       <br />
       Le moment est donc venu, dans l’intérêt de l’Europe tout entière, d’engager une désescalade et de ne pas céder aux sirènes des partisans d’une nouvelle « guerre froide ». Celle-ci serait contraire à l’intérêt de la France et de l’Europe tout entière. Les conditions dans lesquelles se dérouleront les élections prévues le 25 mai en Ukraine devraient permettre d’amorcer le retour à la légitimité démocratique. Leur liberté et leur transparence doivent être assurées. Ce sont ces garanties qu’il faut réunir.       <br />
              <br />
       La fédéralisation à tout le moins ou une décentralisation poussée de l’Ukraine ne doit pas être un tabou. La seule vraie question est celle des compétences de l’Etat ukrainien et donc aussi celles des régions. La création, à brève échéance, d’une Commission impliquant les régions et visant à préparer cette transformation de l’organisation interne de l’Ukraine permettrait de détendre l’atmosphère. La garantie internationale de la neutralité de l’Ukraine entre les pays de l’OTAN et la Russie serait de bon sens. La Russie n’a ni les moyens ni la volonté d’une guerre avec l’OTAN et celle-ci n’a pas vocation à s’étendre plus à l’Est. A plus long terme, la libéralisation des échanges doit se faire progressivement de Brest à Vladivostok. Ce processus, inscrit dans les traités, doit se réaliser par étapes. La Russie fait aujourd’hui partie de l’OMC. Il n’y a aucune bonne raison de traiter séparément l’Ukraine et la Russie. L’intérêt bien compris de l’Europe n’est pas, encore une fois, de ranimer les brandons de la guerre froide.        <br />
              <br />
       La crise ukrainienne de 2014 illustre surtout l’incapacité de penser le problème européen dans son ensemble, à l’échelle de la grande Europe, jadis évoquée par le général de Gaulle, celui d’une Europe vraiment européenne, qui ne recréerait pas en son sein la frontière qui séparait jadis l’Empire byzantin de l’Empire romain d’Occident. Dans l’immédiat, l’Union européenne et la Russie feraient bien de se concerter, sous l’égide du FMI, pour stabiliser l’Ukraine dont l’économie est au bord de la banqueroute. La guerre du gaz évoquée par les médias n’a pas de sens. Le gaz ne coulera pas d’Ouest en Est, pas plus que l’eau des fleuves ne remonte à sa source. Mais on peut attendre que dans l’intérêt européen commun, la Russie accorde un rabais sur le prix du gaz qu’elle vend à l’Ukraine. En ce sens, la crise ukrainienne de 2014 est bien une « crise européenne », celle de la « troisième Europe » qu’il nous faut aujourd’hui surmonter si nous voulons qu’à l’avenir notre continent cesse d’être un objet et redevienne un sujet des relations internationales.       <br />
              <br />
       -------       <br />
       Le site internet de la <a class="link" href="http://www.defnat.com/">Revue Défense Nationale</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Réconcilier l'Ukraine et la Russie"</title>
   <pubDate>Mon, 03 Mar 2014 12:16:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité du zoom de France Info lundi 3 mars 2014. Il répondait aux questions de Agnès Soubiran.      <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6377477-9619246.jpg?v=1393847723" alt=""Réconcilier l'Ukraine et la Russie"" title=""Réconcilier l'Ukraine et la Russie"" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Comprendre la situation en Ukraine</span>       <br />
       <ul class="list"><li> La situation en Ukraine est gravissime. L'Europe est peut-être à l'orée d'une nouvelle période de tension, d'une nouvelle période de Guerre Froide, avec des risques de conflagrations inévitables. Il faut donc être très prudent et bien comprendre ce que les uns et les autres ont dans la tête.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que l'UE, en voulant diffuser ses valeurs libérales, ses normes, ses standards, a mené une politique légère vis-à-vis des pays du Partenariat oriental, dont principalement l'Ukraine, tandis que le Partenariat stratégique avec la Russie, conclut en 2003, est en panne.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les Russes se sentent dans une situation qui est celle d'un nationalisme obsidional. Ils se voient repoussés dans leurs frontières du XVIe siècle. Ils se souviennent que Gorbatchev et Kohl avaient admis en 1990 dans le Caucase que l'OTAN ne progresserait pas au-delà des frontières orientales de l'Allemagne occidentale, et en fait elle a englobé les pays d'Europe centrale, les pays baltes, la Roumanie... Et en 2008 il y avait un projet de pré-adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie à l'OTAN. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Perspectives pour sortir de la crise</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Ma première observation, c'est que naturellement, il faudra des élections libres en Ukraine parce que aujourd'hui il y a un gouvernement de fait, de même qu'il y a des autorités de fait en Crimée, mais nous sommes dans une situation où la légitimité n'est pas évidente.        
       </li></ul><ul class="list"><li> En même temps, il y a place pour la diplomatie préventive. Je propose une idée : renverser les données du problème. On dit souvent que quand un problème est insoluble, il faut en changer les données.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Comment se pose ce problème ? L'UE a une dynamique d'extension à l'est. Il y a un projet russe de zone de libre-échange eurasiatique. Mais depuis très longtemps, on avait dit qu'il fallait créer une zone de libre-échange de Brest à Vladivostok. Essayons de travailler dans cette perspective. Cela prendra beaucoup de temps. Si on avait ce projet, on pourrait réconcilier l'Ukraine et la Russie, ne pas les opposer, chercher la voie des compromis, comme le fait d'ailleurs l'Allemagne de Merkel.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je souhaiterais que la France joigne ses efforts à ceux de l'Allemagne afin de trouver un compromis, qui est de l'intérêt de l'Europe toute entière.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">La Crimée, un territoire spécifique</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> M. Obama a dit que cette occupation de la Crimée par la Russie aurait un coût. D'ailleurs, je constate que cette occupation est en résonance avec la majorité de la population. Vous savez, c'est Khrouchtchev qui par un oukaze en 1954 avait rattaché la Crimée à l'Ukraine.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On peut trouver un statut à la Crimée qui mériterait l'approbation de la population. Engager des négociations pour essayer de préserver la paix et trouver la voie d'un compromis honorable pour tous.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conduire les négociations</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Plutôt que par la voie de l'OSCE, organisation comportant des dizaines de pays, très peu maniable, il faut négocier sur la base des 5 membres du Conseil de Sécurité, plus l'Allemagne, et l'UE pour que tous se sentent représentés, mais en tout cas une formule restreinte et opératoire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La complémentarité énergétique, économique, industrielle, humaine – il y a chaque année 400 000 touristes russes qui viennent en France – est certaine. De nombreuses entreprises françaises sont installées en Russie. Il y a 9 milliards d'exportation, 450 implantations. Pratiquement la moitié des voitures fabriquées en Russie le sont par des marques françaises. La Russie est un grand pays européen.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La Russie, l'Ukraine, je pense que ce sont des peuples frères. Il ne faut pas les dresser les uns contre les autres, il faut trouver une solution qui aille dans le bon sens, qui réconcilie sur le long terme les intérêts des uns et des autres.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Une Ukraine fédérale ?</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La question de l'unité de l'Ukraine est posée. Faut-il une Ukraine fédérale ? Encore une fois, c'est un pays très composite. Ce sont des réalités, il faut en tenir compte. Sinon il ne faut pas faire de politique. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité du zoom de France Info lundi 3 mars 2014. Il répondait aux questions de Agnès Soubiran.]]></itunes:summary>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Reconcilier-l-Ukraine-et-la-Russie_a1600.html</link>
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   <title>Nécessité de la vigilance</title>
   <pubDate>Thu, 09 Jan 2014 14:48:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, dans le cadre du débat sur les négociations transatlantiques, le jeudi 9 janvier 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/36f509e157683e2c30a380fbb11e03c903822645" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      L’idée d’un partenariat transatlantique a été avancée en février 2013 par le Président Obama. Dans son discours sur l’Etat de l’Union, il fait apparaître l’Union européenne comme demanderesse d’un tel accord. Cette idée, à peine émise, a, il est vrai, été immédiatement reprise au vol par le Président de la Commission européenne, M. Barroso, dont le mandat arrive à expiration en mai 2014. Faut-il rappeler aussi que le Parlement européen, pour ne pas être en reste, avait appelé, dès 2009, à la construction d’un marché transatlantique intégré à l’horizon 2015 ?       <br />
              <br />
       L’ouverture d’une grande négociation transatlantique a été actée en juin 2013 par le Conseil européen. Même si le coup est parti, ce débat sur la négociation d’un accord de partenariat transatlantique est tout à fait opportun.       <br />
              <br />
       Ce projet répond d’abord au souci ancien des Etats-Unis de supprimer tous les obstacles à l’essor des échanges internationaux mais il correspond aussi à la « programmation » libérale de la construction européenne, telle qu’elle résulte des principaux traités (Acte Unique, traité de Lisbonne).        <br />
              <br />
       L’ouverture de cette négociation est doublement paradoxale. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le premier paradoxe de cette négociation est qu’elle s’engage alors que l’Union européenne réalise en 2012 un excédent commercial qui varie de 55 milliards d’euros selon les estimations américaines à 86 milliards selon les estimations européennes au bénéfice de l’Allemagne pour l’essentiel dont l’excédent sur les Etats-Unis atteint, en 2012, 46 milliards d’euros. Ceux-ci voient clairement dans un futur accord le moyen d’un rééquilibrage favorisant la création d’emplois sur leur sol.        <br />
              <br />
       Le second paradoxe tient à ce que les bénéfices estimés de l’accord  (0,5 point de croissance étalé sur plusieurs années selon les estimations)  ont toutes chances de ne pas être au rendez-vous, comme l’avait déjà montré le projet de marché unique de 1987 censé créer 6 millions d’emplois à l’horizon 1992 et qui en a détruit 3 à 4 millions cette année-là.       <br />
              <br />
       La vérité de ce projet doit être cherchée ailleurs :        <br />
       1. Celui-ci s’inscrit dans la stratégie des Etats-Unis – pour contenir la montée de la Chine.       <br />
       2. En second lieu, ce projet procède de la permanente offensive des firmes multinationales, pour réduire le pouvoir des Etats.       <br />
              <br />
       <b>I -</b> Puissance hégémonique de la deuxième mondialisation libérale, entamée dans la deuxième moitié du XXème siècle, les Etats-Unis ont profondément modifié leur attitude à l’égard de la Chine dont ils n’avaient pas anticipé la fulgurante émergence. Ils se sont aperçus que celle-ci développait une stratégie à la fois protectionniste et offensive en matière de recherche et d’innovation et entendait se doter des moyens de la puissance au plan international, défense et monnaie notamment. Les Etats-Unis ont lancé, en 2011, le « Trans-Pacific Partnership » (TPP) associant au départ huit pays bientôt rejoints, en décembre 2012, par le Japon. Dans la stratégie  américaine, les enjeux asiatiques sont désormais prépondérants. Le partenariat transatlantique ne vient qu’après. Mais il s’inscrit dans une stratégie visant à rassembler, en dehors de la Chine, l’ensemble des partenaires bordant les deux océans qui baignent les Etats-Unis, c'est-à-dire le monde entier.       <br />
              <br />
       Il est clair que les Etats-Unis n’entendent pas laisser l’Europe, déjà liée à eux dans le domaine de la défense à travers l’OTAN, s’autonomiser au plan économique et en matière de politique extérieure.        <br />
              <br />
       Les conséquences pour l’Europe et pour la France du partenariat transatlantique sont préoccupantes. Les intérêts des firmes, notamment allemandes, désireuses d’unifier les normes de part et d’autre de l’Atlantique pour pouvoir se développer sur des plateformes à bas coût comme le Mexique (et pour des raisons monétaires, les Etats-Unis également) ne rejoignent pas forcément ceux des Etats. La délocalisation de l’industrie allemande vers d’autres plates-formes à bas coûts peut avantager les fonds de pensions mais sûrement pas les salariés allemands. De même pour la France, on ne voit pas qu’un traité de libre-échange transatlantique lui permette de remonter le handicap de compétitivité qui résulte notamment de la surévaluation de l’euro par rapport aux spécialisations de son appareil productif qui rendent ses exportations particulièrement sensibles aux « élasticités-prix ».        <br />
              <br />
       La question monétaire se pose en préalable. Que signifie, en effet, un accord de libre-échange dont les termes peuvent être constamment faussés par la sous-évaluation du dollar par rapport à l’euro ? J’y reviendrai.       <br />
              <br />
       <b>II -</b> En second lieu, le partenariat transatlantique s’inscrit dans le cadre de la permanente offensive des acteurs du marché et d’abord des grandes firmes multinationales pour s’affranchir de la tutelle des Etats. Il est essentiel, Madame la Ministre, que cette négociation soit pilotée en interministériel et que ses priorités soient définies au préalable. Vous devez recevoir un mandat fort du Président de la République et du Premier Ministre pour coordonner les évaluations et les choix entre les différents ministères concernés : Industrie, Agriculture, Santé, Economie, Finances, Transport et Défense. Oui, la défense aussi. Il est important que la Délégation générale à l’armement soit à vos côtés pour vous aider à définir les règles en matière de marchés de défense. Je ne saurais trop souligner l’importance de ce secteur déjà concerné par la libéralisation des marchés de défense au niveau européen. Sur cette question, il n’y a pas d’illusion à se faire : les Etats-Unis ont toujours fait prévaloir les intérêts de leur industrie, comme l’a montré en 2011 le contrat des avions ravitailleurs remporté par EADS et prestement annulé au profit de Boeing. Et cela, alors même qu’EADS s’était engagé à produire sur le sol américain !       <br />
              <br />
       Il ne faut pas renoncer à renforcer la base industrielle et technologique des industries de défense en Europe. Aux Etats-Unis la loi prévoit un régime renforcé d’application de la préférence nationale en matière de défense, bien au-delà du Buy American Act-. Il faudra pour préserver une préférence européenne une forte volonté politique. Ce ne peut être que celle de la France !       <br />
              <br />
       Les aides des Etats et les subventions agricoles de la PAC sont également dans le collimateur de la négociation. La remise en cause des préférences collectives européennes est un risque majeur face aux viandes traitées aux hormones de croissance et aux produits contenant des OGM. De même, la protection des appellations d’origine contrôlées appelle-t-elle une vigilance particulière face au système de marques qui a cours aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       D’autres secteurs méritent une évaluation et un suivi méticuleux, sous votre responsabilité : tout ce qui a trait à l’industrie, où le poids conjugué de l’Union européenne et des Etats-Unis peut permettre l’exercice d’une prescription à l’échelle mondiale.        <br />
              <br />
       Un point me préoccupe particulièrement: la réintroduction de l’AMI (accord sur les investissements) vise à permettre aux firmes multinationales de contester devant les tribunaux en se prévalant du traité, ce qui restera de la réglementation des Etats. Par une sorte d’effet de cliquet, le traité rendait ainsi impossible tout retour en arrière. Quelles clauses de sauvegarde entendez-vous maintenir ?       <br />
              <br />
       <b>III -</b> A l’arrière-plan de la négociation, enfin, je discerne un enjeu plus fondamental : la nécessaire remise en ordre du système monétaire international, avec peut-être, pour commencer, un système monétaire atlantique.        <br />
              <br />
       Je propose donc que le gouvernement français publie un mémorandum affirmant le primat de la question monétaire sur la négociation commerciale (tarifaire et non tarifaire) ou du moins un traitement simultané. Un serpent monétaire transatlantique permettrait une remise en ordre en douceur des parités, pour tenir compte du niveau réel de compétitivité et favoriser ainsi un redémarrage de la croissance qui bénéficierait aux deux rives de l’Atlantique. Il n’est pas possible de parler de libre échange quand les parités monétaires peuvent varier dans un rapport de 1 à 2, comme on l’a vu dans la décennie 2000/2010.       <br />
              <br />
       Peut-être faut-il même voir plus large : cette remise en ordre des parités monétaires de part et d’autre de l’Atlantique pourrait préfigurer, quarante ans après la fin du système de Bretton-Woods, l’inévitable réforme du système monétaire international. L’internationalisation du yuan, prévisible à l’horizon des prochaines années, rendra indispensable la création d’un système monétaire où les principales devises mondiales pourraient fluctuer de manière ordonnée dans des fourchettes périodiquement renégociées.       <br />
              <br />
       La négociation d’un accord de libre-échange transatlantique pose ainsi le problème de l’avenir de la mondialisation. Il ne faut pas l’aborder par le petit bout de la lorgnette : la France apporterait une contribution conforme à son génie, si elle proposait d’introduire dans la négociation un paramètre ainsi essentiel que celui de la monnaie.       <br />
              <br />
       L’enjeu de cette négociation est trop important, Madame le Ministre, pour qu’on ne vous donne pas tous les moyens de la piloter dans l’intérêt de la France aussi bien que de l’Union européenne. Celle-ci a besoin d’une France vigilante pour ne pas passer sous les roues du char.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Necessite-de-la-vigilance_a1579.html</link>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "L'exception culturelle"</title>
   <pubDate>Thu, 05 Dec 2013 02:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 14 octobre 2013 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6109784-9122233.jpg?v=1386249589" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "L'exception culturelle"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "L'exception culturelle"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil-de-Jean-Pierre-Chevenement_a762.html"> Accueil</a> de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Introduction_a763.html">Introduction</a> de Alain Dejammet, Président du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-culture-une-histoire-francaise_a764.html">La culture, une histoire française</a>, par Jérôme Clément, Président de la Maison de ventes PIASA depuis 2011, Président du Théâtre du Chatelet, Président du Centre national de cinématographie de 1984 à 1989, puis de la chaîne de télévision franco-allemande ARTE de 1989 à 1999 et de 2003 à 2007       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-culture-dans-les-relations-internationales_a765.html">La culture dans les relations internationales</a>, par Bernard Miyet, Président de la société de conseil Valarda Consulting, Président du Directoire de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) de 2001 à 2012       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/De-l-industrie-du-livre-a-la-gestion-des-metadonnees-le-genie-francais%C2%A0_a766.html">De l’industrie du livre à la gestion des métadonnées : le génie français</a>, par Jean-François Colosimo, Président du directoire des éditions du Cerf, Président du Centre national du livre de 2010 à 2013       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Pourquoi-l-exception-culturelle-n-existe-pas_a767.html">Pourquoi l’exception culturelle n’existe pas</a>, par M. Jean-Marc Daniel, Professeur d'économie à l'ESCP-EAP et directeur de la revue Sociétal       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a768.html">Débat final</a> animé par M. Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-exception-culturelle_r106.html">&quot;L'exception culturelle&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.        <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque &quot;L'exception culturelle&quot;<a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/L-exception-culturelle_p88.html"> est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/6109784-9122233.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-L-exception-culturelle_a1561.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"François Hollande doit aller très loin dans la voie d'un véritable changement de politique"</title>
   <pubDate>Wed, 13 Nov 2013 22:05:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Radio Télévision Suisse, mardi 12 novembre 2013. Il répondait aux questions de Simon Matthey-Doret.      <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6045556-9018754.jpg?v=1384378368" alt=""François Hollande doit aller très loin dans la voie d'un véritable changement de politique"" title=""François Hollande doit aller très loin dans la voie d'un véritable changement de politique"" />
     </div>
     <div>
      L'entretien est podcasté sur le blog ci-dessus.        <br />
              <br />
       <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A propos du 11 novembre</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Les personnes qui ont hué le Président de la République le 11 novembre ont démontré leur incivisme. Le 11 novembre est un moment de recueillement. Il n'y a pas de place pour les hués.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La Première Guerre mondiale a été le début d'une guerre de trente ans, qui ne s'est véritablement achevée qu'en 1945.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Critique des institutions européennes</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La nation est le cadre de la démocratie. Elle est par conséquent le ressort du politique. Et je constate que si l'Europe a beaucoup déclinée au cours du siècle passé, ce n'est pas seulement du fait des deux guerres mondiales, mais aussi d'un mécanisme de décision totalement aboulique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les institutions européennes nous privent de toute politique cohérente en matière commerciale, industrielle, monétaire. Nous avons une monnaie tout à fait surévaluée. Le citoyen se trouve dépourvu de toute prise sur les décisions que prennent la Commission européenne, la Banque centrale, etc. Nous sommes en pilotage automatique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les marges de manœuvre des gouvernements se sont tellement réduites qu'ils ne peuvent plus rien faire, sinon peut-être faire la guerre. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur les négociations pour le marché transatlantique</span>       <br />
       <ul class="list"><li> La France a imposé la prise en compte de l'exception culturelle dans les négociations transatlantiques. Mais aussitôt M. Barroso a déclaré que cette position était réactionnaire. Nous sommes aux mains d'institutions ultralibérales, qui veulent détruire, par exemple, les normes qui protègent l'Europe.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a lieu d'être préoccupé quand nous voyons qu'en réalité, l'Europe n'est qu'une construction à l'ombre de la tutelle américaine.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis européen mais je ne suis pas européiste. L'européisme consiste à faire un grand marché, et pour ce qui est des questions militaires ou diplomatiques, on s'en remet pour l'essentiel aux États-Unis. C'est aussi le cas pour les questions économiques, pour les réglementations environnementales, sanitaires.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je mets en cause cette conception de l'Europe, et je pense qu'une autre Europe, fondée sur la réalité des nations, permettrait de mieux définir ce que nous avons en commun, et de mieux définir les efforts que nous avons à faire pour exister dans un XXIe siècle qui sera dominé par les États-Unis et la Chine.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">De la monnaie unique à la monnaie commune</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La monnaie unique s'applique à des pays dont la structure économique est extrêmement différente. Sans même prendre la Grèce, il y a beaucoup de différences entre l'Allemagne et l'Italie, par exemple. L'Allemagne a un tissu dense de moyennes entreprises compétitives et exportatrices. La France a tout sacrifié à la constitution de grands groupes de taille mondiale. Mais cela a beaucoup d'inconvénients, car ces grands groupent investissent et font leurs profits à l'étranger, et oublient un peu la France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous sommes dans une situation où, du point de vue monétaire, une monnaie forte convient très bien à l'industrie allemande. Mais cette monnaie écrase l'industrie française, qui est sensible à la concurrence par les prix. On calcule que l'Allemagne peut s’accommoder d'un euro à 1,80$ tandis que la France souffre au dessus de 1,24$.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut un système où une monnaie commune chapeaute des monnaies nationales reconstituées, mais qui fluctuent dans d'étroites bandes fixées par négociation en fonction de la compétitivité de chaque pays. On pourrait imaginer une circulation parallèle des deux monnaies, l'euro étant réservé aux transactions internationales. On pourrait aussi imaginer des <span style="font-style:italic">travelers cheques</span> en euro.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Cette monnaie commune permettrait de faire l'économie de déflations internes très douloureuses. Une dévaluation monétaire serait beaucoup moins douloureuse que les dévaluations internes pratiquées en Grèce ou en Espagne.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Quand on a fait une erreur, et la monnaie unique est une erreur, il faut être capable de la corriger.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le FN</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le mot eurosceptique me laisse perplexe. Il y a des gens qui critiquent la construction européenne pour des raisons assez différentes. Il ne faut pas tout mélanger : le FN, le FdG, le MRC, le mouvement de M. Dupont-Aignan. Ce sont des gens différents, comme il y a des gens différents parmi les fanatiques de la monnaie unique à droite et à gauche.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a des campagnes du FN qui prétendent que d'ex-MRC rejoignent le FN. Il y a un dirigeant du FN qui déclare avoir soutenu ma candidature en 2002. Moi je ne l'ai jamais rencontré. Si c'est vrai, il a pu ensuite se radicaliser.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le FN a développé son audience sur la base d'une politique gravement erronée, celles menées par des gouvernements de droite et de gauche.        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est en 1983 que les socialistes acceptent la « parenthèse libérale », ce sacrifice des politiques nationales dont on disposait jusque-là. Le FN apparaît ensuite aux municipales à Dreux puis aux européennes en 1984. Donc il y a une étroite corrélation entre cette politique pseudo-européenne, en fait néolibérale, et la montée de ce parti démagogique, venu de l'extrême-droite et qui, aujourd'hui, essaye de revêtir une tenue camouflée.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la situation en Bretagne</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne soutiens pas la révolte des Bonnets rouges, qui s'en prend essentiellement aux portiques et aux symboles de l’État, parce que je considère qu'un dialogue doit exister entre les travailleurs concernés, dont je comprends la réaction – que les choses soient claires – et le gouvernement.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a des choses à faire. La crise résulte très largement de la concurrence à monnaie surévaluée : le Brésil par exemple ici. Il y a l'action du gouvernement précédent, dont le ministre de l'Agriculture Bruno le Maire, que l'on entend guère s'exprimer, avait prévu d'arrêter les restitutions. Enfin, il y a une directive européenne qui permet l'emploi à très bas coûts de travailleurs des pays de l'Europe centrale et orientale en Allemagne, pays sans salaire minimum.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'exprime ma sympathie aux travailleurs bretons qui sont frappés par les effets d'une politique qui vient de très loin, et qui n'est pas simplement le fait des choix du gouvernement actuel.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Pour un véritable changement de politique</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a une tendance, peut-être française, à critiquer les personnes plutôt que le fond des politiques. Je n'attaque jamais les personnes, et j'incite les Français à faire preuve de plus de civisme à l'égard d'un Président qu'ils ont élu au suffrage universel pour cinq ans.        
       </li></ul><ul class="list"><li> François Hollande fera le moment venu les choix nécessaires. Je souhaite qu'il aille très loin dans la voie d'un véritable changement de politique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Allemagne, par son poids économique et l'ampleur de ses excédents (7%) du PIB, déséquilibre la zone euro. Il faut que ce pays joue le rôle de locomotive de la croissance. La BCE doit se comporter comme les autres. Et il faut corriger le vice originel de la monnaie unique et pour négocier un système qui soit viable dans la longue durée.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la Russie</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce qui se dit sur la Russie de Poutine est souvent excessif. Poutine a été élu conformément à la Constitution, qui a d'ailleurs vingt ans, il dispose incontestablement d'une majorité. L'opposition est divisée. Je ne dis pas que tout ce que fait Poutine est bien et que j'y adhère. Non. Mais ce qui est dit est tout à fait exagéré.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les affaires militaires et diplomatiques</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Cette décennie ne doit pas être celle du déclassement militaire français. Je pense que la loi de programmation est calibrée au plus juste. Aucun programme majeur n'a été sacrifié, ils ont simplement été étalés dans le temps. Et nous espérons tous que la France sorte de la stagnation prolongée dans laquelle elle se trouve, et qui est très largement due au système de la monnaie unique tel que nous le connaissons.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La Libye n'était peut-être pas une intervention parfaitement opportune. En tout cas, l'opération est allée très au-delà de ce qui était prévu dans la résolution 1973 de l'ONU, qui ne visait pas au changement de régime. Aujourd'hui, le pays est aux mains de milices islamistes : il faudrait quand même faire des analyses <span style="font-style:italic">a posteriori</span>.        
       </li></ul><ul class="list"><li> S'agissant du Mali, l'intervention était tout à fait justifiée et a évité que ce pays devienne un sanctuaire d'Aqmi. Pour autant tant que la concorde ne sera pas restaurée entre les populations du Sud et du Nord, je ne serai pas rassuré sur les perspectives d'éradication du terrorisme dans ce pays.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous avons une armée qui exerce pleinement sa fonction de protection du territoire national et des Français, sa fonction de dissuasion (nous avons la seule dissuasion réellement autonome en Europe, ne dépendant que d'elle-même), une capacité de projection que tous les pays européens peuvent encore nous envier.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la Suisse</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> En étant en dehors de l'Union Européenne, la Suisse en recueille tous les avantages et aucun des inconvénients. Franchement, je trouve que vous avez bien joué. J'admire la Suisse moi-même, me sentant un peu Suisse puisque mes racines viennent du canton de Fribourg et même de sa partie germanophone.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La Suisse a réussi à faire une belle synthèse démocratique entre trois peuples. Mais vous jouez un certain jeu dans la mondialisation que tout le monde ne pourrait pas se permettre !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crois que l'Europe doit se faire avec les nations, avec la Suisse si son peuple le décidait, avec l'Angleterre, avec la Russie, et même un jour avec les pays du Maghreb, qui appartiennent  à l'espace méditerranéen, et que nous avons, à mon avis, intérêt à ancrer au développement du Nord, c'est à dire de l'Europe tout entière.        <br />
              <br />
       -----       <br />
       Découvrez le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/1914-2014/">1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?</a> (éditions Fayard)</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Francois-Hollande-doit-aller-tres-loin-dans-la-voie-d-un-veritable-changement-de-politique_a1549.html</link>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "Le projet de marché transatlantique"</title>
   <pubDate>Mon, 04 Nov 2013 10:42:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 16 septembre 2013 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6014119-8967968.jpg?v=1383497529" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "Le projet de marché transatlantique"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "Le projet de marché transatlantique"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil-de-Jean-Pierre-Chevenement_a755.html">Accueil</a> de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Du-Transpacifique-au-Transatlantique_a756.html">Du Transpacifique au Transatlantique</a>, par Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-grand-marche-transatlantique-negocions-avec-fermete-et-vigilance_a757.html">Le grand marché transatlantique : négocions avec fermeté et vigilance</a> par Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Projet-de-partenariat-transatlantique-de-commerce-et-d-investissement_a758.html">Projet de partenariat transatlantique de commerce et d'investissement</a>, par Xavier Bertrand, Député UMP de l’Aisne et ancien ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-triomphe-programme-du-modele-americain_a759.html">Le triomphe programmé du modèle américain</a>, par Jean-Luc Gréau, économiste et membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a760.html">Débat final</a>, animé par Jean-Pierre Chevènement       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-projet-de-marche-transatlantique_r105.html">&quot;Le projet de marché transatlantique&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.        <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/Cahier-Le-projet-de-marche-transatlantique_p87.html">&quot;Le projet de marché transatlantique&quot;</a> est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Le-projet-de-marche-transatlantique_a1535.html</link>
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   <title>"Philippe Séguin en 1992 disait que Maastricht serait l'envers de 1789: nous y sommes !"</title>
   <pubDate>Tue, 10 Jan 2012 22:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Elysée 2012 sur I-télé, mardi 10 janvier 2012. Il répondait aux questions de Léa Salamé et Marc Fauvelle     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/bab3607bf601e7e681012f206b62b4b39ee7023c" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos d'Eric Cantona</span> : Il a raison. Il faut construire plus de logements. L'objectif de 500 000 logements, non seulement pour les classes populaires, mais aussi les classes moyennes et les hébergements d'urgence est un objectif qu'il faudrait se donner. Nous construisons actuellement moins de 350 000 logements par an.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de la situation du logement</span> :  il faut réquisitionner des terrains, baisser le coût de la construction en utilisant des matériaux moins chers comme le chanvre et raccourcir les délais en termes de permis de construire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La campagne est à la fois molle et violente, faite de coups de communication : la taxe sur les transactions financières, la TVA sociale, le quotient familial. On oublie le problème qui est au cœur du défi qui est devant nous : la crise de la monnaie unique, crise qui va télescoper la campagne électorale.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Dans cette campagne, il n'y a pas de réflexion sur l'Europe que nous devons faire. Peut-on faire une Europe de la récession ? Comment traiter autrement le problème de la relation franco-allemande ? Comment donner à nos deux pays le sentiment qu'ils ont un projet à porter, une Europe européenne à construire ? Tout cela n'est pas présent dans la campagne.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>Le système du quotient familial marche. Il faut faire très attention aux effets pervers si on veut le toucher. En revanche, je ne trouve pas normal qu'il ne soit pas plafonné pour les 20% de gens qui gagnent le plus.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Je suis pour que l'on conserve le quotient familial, mais en plafonnant ses effets pour les couches les plus aisée et en donnant une allocation familiale supplémentaires aux couches les moins favorisées pour introduire plus de justice dans le système.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de l'annonce des chiffres de l'immigration par C.Guéant</span> : Là encore, c'est un coup électoraliste. Cela se joue entre le FN et l'UMP. On oublie de dire que les naturalisations ont diminué de 30%. Ce n'est pas bon du tout. La France devrait être un pays attractif. Je crains qu'à force de mouliner on ne donne l'image d'un pays xénophobe.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Si le Front national s'approchait du pouvoir, ou venait au pouvoir, ce serait une catastrophe pour la France. Ils se sont focalisés depuis 30 ans sur l'immigration mais le problème fondamental c'est le capitalisme financier qui a conduit à la crise. Marine Le Pen en parle, mais de manière récente et très démagogique.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut que les candidats républicains s'emparent de ces problèmes que sont les délocalisations industrielles, la diminution de notre base productive et la surévaluation de l'euro qui pèse sur notre compétitivité.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La taxe Tobin était dans mon programme quand j'étais candidat en 2002. Je suis très heureux que des gens aient évolué. Mon but est de faire bouger les lignes, même chez N.Sarkozy, cela ne me fait pas peur. Malheureusement, il est tout seul. On voudrait avancer mais les européens ne veulent pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Je suggère que tous les autres candidats s'inspirent de cette façon de voir, que de temps en temps la France prenne des décisions indépendamment d'un consensus européen qui est toujours le même, c'est à dire néolibéral et libre-échangiste.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Pour que je me retire au profit de François Hollande, il faut que sur l'euro il évoque les moteurs dont nous avons besoin pour sortir l'Europe dans la stagnation dans laquelle elle s'enfonce. Mais surtout, il faut qu'il nous dise ce qu'il ferait si l'Allemagne refusait de bouger et maintenait sa position psychorigide sur la BCE.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je me bats pour que les intérêts de la France soient pris en compte par les candidats.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos du triple AAA</span> : on ne gouverne pas un peuple avec la menace de ce que les marchés financiers pourraient nous faire demain. Un peuple a besoin d'un projet.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Philippe Seguin a eu un mot formidable au moment du traité de Maastricht : « si le traité de Maastricht était adopté, ce serait l'envers de 1789 ». Nous y sommes.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Philippe-Seguin-en-1992-disait-que-Maastricht-serait-l-envers-de-1789-nous-y-sommes-_a1336.html</link>
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   <title>"Le succès d'Arnaud Montebourg m'a fait plutôt plaisir car il porte des idées que je crois justes"</title>
   <pubDate>Mon, 10 Oct 2011 22:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Laurent Ruquier et de son équipe pour l’émission "On va s'gêner" sur Europe 1, lundi 10 octobre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3341739-4797348.jpg?v=1318273768" alt=""Le succès d'Arnaud Montebourg m'a fait plutôt plaisir car il porte des idées que je crois justes"" title=""Le succès d'Arnaud Montebourg m'a fait plutôt plaisir car il porte des idées que je crois justes"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos du livre d'entretiens avec Luc Chatel «Le monde qu'on leur prépare »</span> : Luc Chatel est un homme très habile. Il se garde bien d'être en désaccord avec moi.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a franche opposition de conceptions. Monsieur Chatel défend l’École comme une entreprise qu'il faut manager. Je défends l'idée que l’École est plutôt une institution de la République qui repose sur des valeurs permanentes : le savoir, l'effort, l'autorité des maîtres.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a également de totales divergences sur l'économie. Lui est un des chantres de la mondialisation heureuse et moi, je suis plutôt un critique de la mondialisation libérale telle qu'elle s'est faite.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le succès d'Arnaud Montebourg m'a fait plutôt plaisir car il porte des idées que je crois justes.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Cette mondialisation biaisée au profit de pays à très bas coûts, avec une euro surévalué par rapport au dollar et au yuan, aboutit à la désindustrialisation de la France, à un chômage de masse.       
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de sa célèbre phrase « un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne »</span> : C'est un principe déontologique. Même François Mitterrand parlait avec beaucoup de fierté de sa démission du gouvernement Laniel quand ce dernier avait envoyé le Sultan Mohammend V à Madagascar. Mitterrand avait démissionné pour montrer son désaccord.        
       </li></ul><ul class="list"><li>De plus 3 fois c'est relativement peu. J'aurais pu démissionner beaucoup plus de fois.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Sur la décision à venir d'Arnaud Montebourg</span> : C'est difficile de donner un conseil. J'ai beaucoup de sympathie pour les candidats qui restent en lice. J'apprécie le talent de François Hollande et la sincérité de Martine Aubry.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai un peu de peine pour Ségolène car j'ai gardé beaucoup de sympathie pour elle. Je lui dis que ce n'est qu'un moment à passer. Courage Ségolène!</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Laurent Ruquier et de son équipe pour l’émission "On va s'gêner" sur Europe 1, lundi 10 octobre 2011.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
   <link>https://www.chevenement.fr/Le-succes-d-Arnaud-Montebourg-m-a-fait-plutot-plaisir-car-il-porte-des-idees-que-je-crois-justes_a1228.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Pourquoi je serai candidat</title>
   <pubDate>Sat, 25 Jun 2011 15:25:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Campagne présidentielle de 2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans cette brochure de 24 pages, Jean-Pierre Chevènement expose les raisons de sa future candidature.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3081233-4395221.jpg?v=1309007609" alt="Pourquoi je serai candidat" title="Pourquoi je serai candidat" />
     </div>
     <div>
      <b>La France est mal partie. Plus de deux millions d’emplois industriels ont disparu depuis 1983. Notre pays s’est installé dans un chômage de masse structurel </b>(environ 9 % de la population active), <b>désespérant pour sa jeunesse</b>. C’est que, depuis trente ans, notre base industrielle se rétrécit : l’industrie est passée de 30 % à 13 % de la valeur ajoutée. Nos parts de marché, à l’échelle mondiale, se sont réduites (de 5,5 % à 3,6 %). Le déficit de notre commerce extérieur s’est creusé à 51 milliards d’euros en 2010 (un record qui met la France, toutes proportions gardées, dans une situation déficitaire comparable à celle des Etats-Unis).       <br />
              <br />
       Plus grave encore,<b> la France ne maîtrise plus les moyens de l’action économique et politique, ni sa monnaie, ni son commerce extérieur, ni ses flux financiers, ni son droit devenu un droit subordonné.</b> En réintégrant l’OTAN enfin, la France est revenue dans le bercail atlantique, à la remorque d’intérêts qui ne sont pas les siens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Comment en est-on arrivé là ?</b></div>
     <div>
      <b>Cette situation résulte, pour l’essentiel, de choix politiques associant le Parti socialiste et la droite </b>: Acte Unique (1985-1987), traité de Maastricht (1992), pacte de stabilité et de croissance (1997), OMC (1994), traité de Lisbonne (2008), copie conforme du projet de traité constitutionnel rejeté, trois ans avant, par 55 % du peuple français.       <br />
              <br />
       <b>L’adoption de la monnaie unique en réponse à la réunification allemande a été une monumentale erreur </b> de nos classes dirigeantes, toutes tendances confondues : l’euro est un mark-bis. Or, le mark était une monnaie faite pour l’Allemagne, qui dispose d’un fort tissu de PMI exerçant pour la plupart, dans leur spécialité, un monopole technique à l’échelle mondiale. L’euro convient à l’Allemagne mais pas à la France dont les exportations dépendent beaucoup plus des prix. L’euro, cela va sans dire, convient encore moins aux pays sous-industrialisés de l’Europe du Sud. C’est de surcroît une monnaie surévaluée qui écrase notre compétitivité et celle de la plupart des pays européens. On ne peut envisager de  réindustrialiser le pays sans un euro durablement moins cher.       <br />
              <br />
       La crise financière et économique mondiale de 2008-2009 et la crise de l’euro de 2010 viennent sanctionner <b>une autre erreur majeure d’orientation, l’acceptation de la dérégulation néolibérale et le choix de construire l’Europe sans, voire contre, ses nations.</b> L’Europe, dès avant le traité de Lisbonne s’était dotée d’institutions (Commission, Cour de justice) permettant de verrouiller les pays de l’Union au sein de ce modèle. Ces choix mortifères n’ont pu procéder que d’un <b>profond manque de confiance de la France en elle-même</b>, lui-même né du doute issu des malheurs de notre Histoire dans la première moitié du vingtième siècle. <b>C’est cette confiance qu’il faudra restaurer et d’abord pour redresser l’Europe qui a besoin d’une France forte.</b>       <br />
              <br />
       Le capitalisme financier que nous avons laissé s’installer <b>depuis la fin des années 1980 est un système de prédation</b> : il confisque au profit de la sphère financière les bénéfices de l’économie réelle. <b>Ce système qui a explosé en vol en 2008</b> a été ravalé avec l’appui  massif des Etats, c’est-à-dire des contribuables. <b>Mais tout est reparti comme avant</b> : aux Etats-Unis, comme en Europe, les banques ont renoué avec les super profits et avec des bonus extravagants.       <br />
              <br />
       Parallèlement,<b> la crise de l’euro n’a été que reportée par la mise en place de mécanismes de stabilisation insuffisants</b> pour renflouer les pays qui chavirent. Les économies des pays dits « périphériques » sont engagées dans un cercle vicieux de récession, entraînant moins-values fiscales, déficits budgétaires accrus, et explosion de l’endettement public. <b>Les plans d’aide peuvent se surajouter les uns aux autres : ils ne font que reculer l’échéance, dès lors que la tendance récessive de l’économie n’a pas été renversée par une politique de croissance</b> conçue et mise en œuvre à l’échelle européenne, ce que ni l’organisation de l’UE ni la volonté des Etats qui la composent ne permettent aujourd’hui.       <br />
              <br />
       <b>Or, face à ces défis redoutables, quelle est la réaction de ceux qui s’apprêtent à solliciter les suffrages des Français ?</b>       <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy est tétanisé par les marchés financiers : « Si on n’avait pas fait la réforme des retraites et le « 1 sur 2 » dans la Fonction publique, écrit-il, la France ne serait plus notée « triple A », ce qui nous permet d’emprunter à 3,6 %, quand la Grèce emprunte, elle, à 16 %, à échéance de dix ans »1. Comment mieux avouer que<b> la souveraineté nationale est désormais passée dans les mains de « Standard and Poors » ? Le pacte dit « de compétitivité » imposé par Mme Merkel conduit l’Europe et la France dans le mur.</b> La croissance, quand elle subsiste, est trop faible pour permettre le retour à l’équilibre. L’Europe tout entière est emportée dans un déclin accéléré. L’Allemagne elle-même est fragilisée par la crise dans le reste de la zone euro. Sa politique à courte vue l’enferme dans une contradiction insoluble : à quoi bon la recherche de la compétitivité sur les marchés émergents, si la contrepartie est la chute de ses exportations sur la zone euro, où l’Allemagne réalise 60 % de ses excédents ?        <br />
              <br />
       Ce manque de volonté au plan européen se redouble d’un constat d’impuissance au plan mondial. À l’échelle mondiale, les facteurs de crise demeurent : importance des actifs toxiques et du « système bancaire de l’ombre » (le marché des « dérivés » représente 650 000 Milliards de dollars, dix fois le PIB mondial !), déséquilibres macro-économiques loin d’avoir été résorbés entre la Chine et le reste du monde comme entre l’Allemagne et les autres pays de la zone euro. Quant à la réforme du système monétaire international, c’est une affaire de long terme !       <br />
              <br />
       Au quotidien, notre politique reste donc à la merci des marchés financiers, de leurs secousses et de l’appréciation des agences de notation.       <br />
              <br />
       Y a-t-il une probabilité que l’un des candidats socialistes potentiels permette de nous soustraire à la dictature des marchés financiers ? Si on met à part l’évocation par Arnaud Montebourg d’une « démondialisation » dont les modalités restent encore floues, <b>aucun candidat potentiel n’esquisse la moindre autocritique par rapport aux choix du parti socialiste qui ont permis l’installation du capitalisme financier dans notre pays. Le droit d’inventaire, si souvent évoqué, n’a jamais été exercé. La « parenthèse libérale », ouverte en 1983, n’a jamais été refermée</b> ni par François Mitterrand ni par Lionel Jospin. Le « bon bilan » autoproclamé des années 1997-2002 pèse comme un couvercle sur l’esprit critique des dirigeants. C’est pourquoi les candidats socialistes potentiels ont tant de mal à remettre en cause le système de contraintes héritées de choix qu’ils ont avalisés par conformisme et auquel ils devraient immédiatement faire face s’ils revenaient aux affaires : la financiarisation de l’économie qu’a permise l’Acte Unique européen, le libre-échangisme inégal codifié par l’OMC et prêché par son directeur Pascal Lamy, et surtout le système de l’euro qui met l’Etat emprunteur à la merci des marchés financiers. <b>Tout laisse à penser que la tyrannie du « triple A » s’exercerait sur les socialistes comme sur l’actuel Président de la République, faute qu’ils aient élaboré dans leur tête une stratégie alternative. </b>Reconnaissons à leur décharge que l’entreprise est exceptionnellement difficile.       <br />
              <br />
       <b>Le projet socialiste 2012 peut paraître comporter à première vue quelques dispositions méritoires mais il est plus probable qu’il est destiné à fonctionner comme un leurre. Le montant des mesures proposées (de 25 à 100 milliards d’euros, selon les estimations) n’est pas finançable dans le cadre actuel du système de l’euro</b>. De surcroît, une lecture attentive montre que les mesures qui seraient décisives ne sont que timidement évoquées, quand, encore, elles le sont. <b>Le projet socialiste 2012 est muet sur la crise de l’euro. Il n’affronte pas vraiment les problèmes auxquels la gauche victorieuse serait inévitablement confrontée.</b> Et comment croire que la création d’une banque d’investissement pour soutenir l’industrie pourrait être autre chose qu’un faux-semblant, si on ne reréglemente pas la sphère financière et si on ne remet pas en cause les règles européennes sur la libre concurrence et la libre circulation des capitaux ?       <br />
              <br />
       <b>Un candidat crédible à la Présidence de la République française doit pouvoir parler à l’Allemagne (pour le moment celle de Mme Merkel) le langage de la franchise qui est aussi celui de la véritable amitié</b>. Quelles que soient les divergences actuelles sur la politique économique et monétaire, sur le nucléaire et sur la politique en Méditerranée ou sur la défense, les intérêts de la France et de l’Allemagne sont solidaires dans le long terme. Ou bien nos deux pays trouveront le moyen de continuer de concert leur Histoire, ou bien ils sortiront ensemble de l’Histoire, comme l’Egypte antique ou les cités de l’Ancienne Grèce. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Comment parler à l’Allemagne ?</b></div>
     <div>
      L’Allemagne est prise dans une contradiction dont elle doit sortir : elle a fait de la zone euro son marché intérieur. Elle y réalise 60 % des ses excédents commerciaux. Mais dans le même temps, elle vise la compétitivité sur les marchés extérieurs, et cela au prix d’une compression salariale qui, depuis 2000, a déséquilibré presque tous ses partenaires européens. Si tous avaient mené la même politique qu’elle, l’Europe tout entière aurait plongé dans la récession dès 2003. En fait l’Allemagne peut-elle concevoir avec nous un projet d’« Europe européenne » pour le XXIè siècle, ou bien reste-t-elle prisonnière d’un projet national à courte vue ? L’Allemagne croit trouver dans la technologie et la compétitivité sur les marchés émergents un remède à sa démographie vieillissante. Mais y a-t-il une réponse autre qu’européenne à la montée des pays de l’Asie ? L’Allemagne peut-elle séparer son sort de celui du reste de l’Europe ? L’Allemagne a fait l’impasse sur le nucléaire. C’est un pari hasardeux et coûteux. L’Allemagne n’a pas de politique extérieure et de défense qui lui soit propre. Ainsi, la dimension méditerranéenne du projet européen semble lui échapper. Or, les Etats-Unis se détourneront toujours plus de l’Europe. Cette impasse, à long terme, est grosse de périls. Il est capital qu’une bonne entente franco-allemande assure les fondements d’un projet européen cohérent, à l’Est comme au Sud. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>De nouvelles règles du jeu pour la zone euro</b></div>
     <div>
      Dans l’immédiat, il faut donc amener l’Allemagne à revoir ses choix économiques et à accepter la renégociation des règles du jeu de la monnaie unique. C’est un enjeu prioritaire. Les questions à traiter sont <b>d’abord la modification des statuts de la BCE, dont la mission doit être étendue au soutien de la croissance et de l’emploi, à l’intervention sur le marché des changes ainsi qu’au rachat des titres de dettes des Etats sur les marchés financiers ce qui permettrait de casser la spéculation.</b> Il faut trouver un bon compromis entre le principe de responsabilité des Etats inscrit dans les traités, et que l’Allemagne défend à juste titre, et la nécessaire solidarité entre Etats, même si le degré de solidarité, au sein de l’Europe, ne peut pas avoir la même force qu’au sein de chaque nation. <b>Plutôt que d’abonder constamment le Fonds européen de stabilisation financière et de multiplier les « conditionnalités » vis-à-vis des pays déficitaires, ne vaut-il pas mieux élargir le rôle de la Banque Centrale ?</b> Une certaine imprévisibilité de la politique monétaire permettrait de mieux contenir la spéculation que des engagements publics faciles à déjouer. Enfin, il ne faut pas renoncer à <b>reréglementer les marchés financiers</b>, en interdisant certains types de transactions (sur les titres d’assurances, par exemple) aux non-détenteurs des titres de dette concernés. La reréglementation de la sphère financière s’imposera à la prochaine crise. Encore faut-il y être prêt !        <br />
              <br />
       <b>L’Europe doit ensuite pouvoir emprunter pour financer une politique d’investissement et de recherche</b>, ce qui implique la modification des traités européens actuels. Depuis 1994, la Commission européenne parle de financer ainsi un vaste programme d’infrastructures. Mais rien ne se fait, parce que les textes ne le permettent tout simplement pas. Ainsi l’Europe sombre-t-elle dans le psittacisme1 …       <br />
              <br />
       <b>Le plus important est de rompre avec la politique d’austérité à perte de vue qu’entraînerait mécaniquement l’application du pacte Merkel-Sarkozy</b>, dit abusivement de compétitivité. Il est nécessaire de <b>concevoir une initiative de croissance</b> à l’échelle de l’Europe tout entière. Cette initiative pourrait s’appuyer d’abord sur une <b>relance salariale</b> dans les pays excédentaires conjuguée avec une <b>politique de change</b> destinée à faire baisser le cours de l’euro vis-à-vis des principales devises. Nous nous heurterons là à la solidarité objective des Etats-Unis et de la Chine qui ont également intérêt à un euro surévalué. L’expérience historique montre que la réforme du système monétaire international est une affaire de longue durée. Mais certaines mesures correctrices doivent intervenir rapidement pour préfigurer le sens souhaitable de l’évolution.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Réforme du système monétaire international et protection</b></div>
     <div>
      Le yuan est sous-évalué et tant que le déficit de l’Union européenne sur la Chine avoisinera les 200 Milliards d’euros, la première sera fondée à prendre des mesures correctrices. Quant aux Etats-Unis, ils sont tentés de faire baisser le cours du dollar, grâce à leur politique de « planche à billets », pour favoriser à la fois la réduction de leur déficit commercial et leur réindustrialisation. Il est vrai que pour continuer à attirer l’épargne extérieure, ils ne doivent pas trop affaiblir le dollar. Mais rien ne justifie une parité de l’euro avec le dollar supérieure de 20 %, voire davantage, au cours de lancement de la monnaie unique (1,16 dollar pour un euro). Le libre-échangisme actuel est biaisé par des asymétries qu’il faudrait corriger sans tarder (coûts de main d’œuvre – absence d’harmonisation sociale et environnementale – privilège du dollar). Car, comme le disait Keynes, « à long terme, nous serons tous morts » !         <br />
              <br />
       Mais là encore tout laisse penser que le retour à un degré de <b>protection raisonnable</b>, à l’échelle des grandes régions mondiales (Amérique, Asie, Europe) ne pourra intervenir qu’à l’occasion d’une prochaine crise. Encore faudrait-il qu’un éventuel Président de la République de gauche s’y soit mentalement préparé.       <br />
              <br />
       La zone euro ne peut pas rester indéfiniment la lanterne rouge de la croissance mondiale. Elle doit renouer avec le dynamisme de grands projets technologiques, allumer de nouveaux moteurs, rompre avec l’immobilisme qui n’avantage que les rentiers et condamne au déclassement les nouvelles générations. Elle doit affronter sans préjugés la question de l’approvisionnement et de la production énergétiques pour le siècle qui vient.       <br />
              <br />
       C’est tout cela qu’il faut faire entendre à l’Allemagne si nous voulons bâtir une identité européenne qui ait un contenu et à laquelle finalement tous, y compris l’Allemagne, ont intérêt.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un plan B</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3081233-4396311.jpg?v=1309007610" alt="Pourquoi je serai candidat" title="Pourquoi je serai candidat" />
     </div>
     <div>
      <b>Si ce « plan A » qui implique la modification des règles du jeu de la zone euro</b> et l’inversion vers la croissance d’une politique qui pousse aujourd’hui à la récession ne pouvait être mis en œuvre, du fait de l’inertie des milieux dirigeants allemands et de la complicité des élites financières et rentières dans le reste de l’Europe, il faudrait se préparer à de fortes secousses non seulement dans les pays périphériques aujourd’hui sous tente à oxygène (Grèce, Irlande, Portugal), mais aussi dans de grands pays comme l’Espagne, voire l’Italie, ou même la Belgique. Plutôt que d’attendre massivement l’explosion en vol de l’euro, il serait préférable de <b>préparer un « plan B »</b>. Il s’agirait d’abord de <b>transformer l’euro de monnaie unique en « monnaie commune »</b>, valable dans les transactions internationales. Il s’agirait ensuite de ressusciter un SME bis, permettant des ajustements négociés à l’intérieur de fourchettes de parités entre des monnaies nationales rétablies mais uniquement pour les transactions intérieures à la zone euro rénovée. Les pays aujourd’hui asphyxiés pourraient ainsi retrouver une compétitivité raisonnable. La Grèce devrait peut-être dévaluer de 40 % par rapport à l’euro. Celui-ci, redevenu, comme avant 2002, un panier de monnaies continuerait à fluctuer vis-à-vis du dollar, du yen, du yuan, de la livre britannique, etc.       <br />
              <br />
       Cette « politique harmonisée », en vue de sortir du système de la monnaie unique pour y substituer une monnaie commune, éviterait les « dévaluations compétitives ». Elle préserverait un « toit européen ». Elle permettrait surtout l’extension de la zone euro à la Grande-Bretagne, aux pays scandinaves, aux PECO’s qui s’en tiennent, à juste titre, éloignés, mais aussi à la Russie, à l’Ukraine, aux pays de l’Euroméditerranée, etc. Ce serait un système réaliste pour tout le monde, où des ajustements de parité négociés permettraient de corriger les déséquilibres commerciaux excessifs. Le cours de l’euro redeviendrait plus raisonnable. On s’étonne que les responsables des grands pays européens n’aient pas préparé ce « plan B », par prudence d’abord mais aussi par souci bien compris de l’intérêt général des peuples européens. Cécité ? Dogmatisme ? Inféodation à la rente financière et aux couches sociales privilégiées, voire à de « grands intérêts » extérieurs ?  Il y a sans doute une part de tout cela dans l’épais manteau de conformisme qui empêche nos soi-disant « maîtres du monde » de penser le bien public.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Remettre la France sur une pente ascendante</b></div>
     <div>
      Nous nous acheminons ainsi vers de violentes secousses auxquelles les candidats potentiels du Parti socialiste ne semblent pas s’être mentalement préparés. Leur pragmatisme aligné dissimule en fait une insuffisance de réflexion et une absence complète de volontarisme. Qu’attendons-nous donc d’un candidat de gauche pour qu’une victoire, en mai 2012, ne débouche pas très rapidement sur des déceptions et des frustrations qui provoqueraient assez vite la coagulation de la droite revenue à l’opposition et de l’extrême droite maquillée sous les traits de Marine Le Pen ?        <br />
       Non pas des promesses qu’il ne pourrait tenir mais la ferme volonté de remettre la France sur une pente ascendante.        <br />
              <br />
       Que signifie d’abord cette expression « remettre la France sur une pente ascendante » ?       <br />
              <br />
       Des choses simples : <b>réinscrire la France sur un trend de croissance à long terme. Il est impossible de préserver l’Etat social sans un appareil productif capable de le financer.</b> Veiller à sa <b>réindustrialisation</b>, en lui faisant prendre le train de la <b>révolution technologique du XXIè siècle</b> : la révolution numérique, en drainant vers l’industrie notre abondante épargne en reréglementant le secteur bancaire, en faisant en sorte que les multinationales françaises renvoient l’ascenseur, en échange de l’aide multiforme qu’elles reçoivent et investissent davantage sur le territoire national, en suscitant enfin la création et le développement de PMI à haute intensité technologique, sur le modèle allemand. Un tel <b>projet de réindustrialisation s’inscrit dans la perspective d’une démondialisation marchande et financière</b>. Il faut remettre un peu de viscosité dans une économie mondiale imprudemment globalisée et décompartimentée.       <br />
              <br />
       Parallèlement, un Président de la République de gauche aurait l’impérieux devoir d’organiser un <b>nouveau « grand bond en avant » de l’Ecole républicaine</b>, pour réduire de quatre à un l’échec scolaire et donner à la moitié d’une classe d’âge la possibilité d’accéder à un diplôme de l’enseignement supérieur long (50 % donc contre 25 % aujourd’hui), sur le modèle des pays scandinaves ou des pays de l’Asie Orientale. Ce grand bond en avant implique une réforme de la formation des maîtres, une claire priorité donnée à l’école primaire et la réforme des bacs technologiques pour remédier à la panne de l’Ecole qui depuis 1995 ne porte plus que 68 % des jeunes « au niveau du bac ». Sur 500 000 bacheliers chaque année, la moitié seulement est apte à poursuivre des études supérieures longues. Ce « pari sur l’intelligence » est évidemment indissociable du grand objectif de l’Ecole républicaine qui est de former des citoyens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Savoir projeter la France vers le monde</b></div>
     <div>
      La France conserve de grands atouts : la qualité de son peuple, sa démographie, sa position géographique au cœur de l’Europe Occidentale, son ouverture vers l’océan atlantique, la Méditerranée et l’Afrique, ainsi que vers l’Europe Continentale, la modernité de l’idée républicaine qu’attestent les mouvements démocratiques enclenchés en Tunisie et en Egypte, sa langue et sa culture, sa diplomatie mondiale, sa défense et sa dissuasion nucléaire, son épargne abondante (17 % de son revenu, comme l’Allemagne et le Japon), un réseau de firmes mondiales qui la met au troisième rang derrière les Etats-Unis et le Japon, au niveau de la Grande-Bretagne et de la Chine.        <br />
              <br />
       On ne peut pas demander à un candidat à la Présidence de la République un plan détaillé d’action dans l’ordre international. Rappelons que De Gaulle a essayé de 1958 à 1968 plusieurs politiques (vers les Etats-Unis, vers l’Allemagne, vers l’URSS et la Chine). <b>Ce qu’on peut demander à un Président de la République de gauche, c’est un patriotisme profond, un dévouement entier au peuple français, un sens élevé de l’Etat, un mental d’acier pour jouer avec méthode, mais aussi pragmatisme, les atouts de la France.</b>       <br />
              <br />
       Dans la situation actuelle de la France où la plupart de nos choix sont contraints par notre appartenance à l’Union européenne, nous devons influencer celle-ci de manière décisive. La France n’est peut-être plus le numéro un en Europe, ce rôle étant aujourd’hui tenu par l’Allemagne, mais celle-ci a ses faiblesses. Elle a besoin de la France pour donner un vernis européen à sa politique. <b>Nicolas Sarkozy a tort de donner sans conditions ni contreparties la caution qu’il apporte à Mme Merkel pour mettre en œuvre des politiques sans imagination qui ne donnent pas d’autre horizon à l’Europe qu’une austérité à perpétuité.</b> C’est en réalité le choix du déclin, peut-être encore confortable pour nos élites rentières, mais de plus en plus douloureux pour notre peuple et d’abord sa  jeunesse qui subissent un chômage de masse, le creusement d’inégalités scandaleuses et insupportables, la précarité pour beaucoup et un déclassement de plus en plus prononcé. La France a un besoin de croissance d’autant plus impératif que sa démographie est plus vigoureuse que celle de ses voisins.       <br />
              <br />
       <b>C’est cet abandon à un déclin programmé dont il faut inverser le cours</b>, en desserrant progressivement les bandelettes d’un néolibéralisme aujourd’hui en crise et en réformant les textes européens imprégnés de cette philosophie. Comment le faire, sinon en parlant à l’Allemagne, aujourd’hui celle de Mme Merkel, le langage de la franchise que la conscience d’une véritable solidarité de destin autorise ? Entre l’Europe nordique et l’Europe méditerranéenne, nos deux nations remplissent une fonction d’équilibre. Elles doivent s’entendre dans leur intérêt même. Un siècle et demi de guerres les a opposées. Elles ont failli faire chavirer le monde. L’hégémonie européenne n’y a pas survécu. La France se souvient qu’à deux reprises, au XXè siècle, elle a failli périr. L’Allemagne elle-même a payé de son écrasement matériel et moral et d’un demi-siècle de division la folie de ses dirigeants. Nous avons voulu tirer un trait définitif sur cette période. Il est très important que nous sachions ensemble <b>opérer les changements qui s’imposent aujourd’hui : l’Europe ne doit pas être écrasée dans les pinces de la « Chinamérique », cette alliance conflictuelle mais objective de l’Hyperpuissance d’hier et de la Superpuissance de demain. Au contraire, elle doit s’affirmer elle-même comme un pôle, dans un monde devenu multipolaire. Or, cela passe d’abord par une entente profonde de nos deux peuples.</b>       <br />
              <br />
       <b>Il faut donc que le Président de la République française sache parler un langage clair à l’Allemagne, un langage sans arrogance, au contraire, plein du respect que mérite un grand peuple.</b> Les grandes qualités de l’Allemagne, sa discipline même, sa cohésion ne l’autorisent cependant pas à méconnaître l’intérêt général européen. C’est celui-ci qui est à redéfinir à l’aune des réalités mondiales actuelles que nous ne devons pas affronter avec les recettes du passé. L’Allemagne par égoïsme a courte vue commettrait des erreurs aussi funestes que celles qui, à la fin du XIXè siècle ou dans les années trente, ont conduit au naufrage, un naufrage collectif qui a d’abord été le sien. Si nous nous plaçons dans l’horizon des marchés financiers, nous oublierons les peuples. Or, ce sont ceux-ci qui, dans la longue durée, façonnent l’Histoire. Il faut rechercher les arguments qui montrent à l’Allemagne que son intérêt à long terme est dans un changement de cap.       <br />
              <br />
       <b>Il faut donc que le Président de la République française trouve dès aujourd’hui le langage qu’il faut pour parler</b>, non seulement à la Chancelière mais à l’opinion publique allemande et à toutes les forces politiques qui entrent dans le fonctionnement de la démocratie allemande. <b>L’intérêt européen au XXIe siècle est forcément aussi celui de l’Allemagne. Il faut lui en faire prendre conscience par un langage clair et fort. L’Europe ne peut retrouver une croissance forte que si elle est capable de protéger raisonnablement son marché.</b>       <br />
              <br />
       Un candidat de gauche à la Présidence de la République doit commencer à réunir les concours nécessaires aussi dans les autres pays pour <b>réorienter le cours de la politique européenne</b>. Le débat devrait faire rage au sein du PSE (parti socialiste européen). On attendrait du candidat de gauche à la Présidence de la République française qu’il propose <b>la réunion d’une « Conférence européenne » sur les moyens de surmonter la crise et sur la modification des règles du jeu afin de jeter les bases d’un pacte de  prospérité pour l’Europe. Il faut y associer nos voisins, la Russie mais aussi les pays de la rive Sud de la Méditerranée qui ont besoin de notre aide pour réussir leur révolution démocratique.</b>       <br />
              <br />
       Il doit se rendre aux Etats-Unis pour étudier les modalités d’une « sortie de crise par le haut », concertée entre les deux rives de l’Atlantique.       <br />
              <br />
       Il doit également se rendre à Pékin pour refonder notre partenariat stratégique et pour que la Chine prenne mieux en considération  les intérêts des couches salariées dans les anciens pays industriels et les nécessités d’un « juste échange ». Il lui faudra trouver les leviers de négociation nécessaires, en faisant appel aux intérêts à moyen terme de la Chine.       <br />
              <br />
       Bien sûr, Nicolas Sarkozy va se mettre en avant à l’occasion du G20 qu’il préside mais le G20 n’est pas un organe d’exécution. Il n’en sortira pas grand-chose dans l’immédiat. C’est au mieux un forum utile. Certains l’ont décrit comme un « GO » (gentil organisateur). Ce qui sera décisif, ce seront les décisions que les pays de la zone euro pourront prendre entre eux au titre <b>d’un véritable gouvernement économique et monétaire pour reréglementer les marchés financiers, interdire les paradis fiscaux, casser la spéculation, dépoussiérer les textes, relancer la croissance, etc. </b>       <br />
              <br />
       À défaut d’une telle action, c’est le plan B qui s’imposera : une mutation si possible harmonisée de l’euro qui de monnaie unique pourrait devenir monnaie commune. Ainsi la France doit-elle avoir plusieurs fers au feu. Nos partenaires doivent être convaincus que nous ne pratiquerons pas la politique du « chien crevé au fil de l’eau ». Si l’objectif central est bien la réindustrialisation du pays, nous devons être capables de créer pour cela les conditions les plus favorables.       <br />
              <br />
       <b>D’un candidat de gauche à la Présidence de la République, la France est en droit d’attendre non pas un projet tout ficelé mais une large vision, une ligne directrice, une volonté et, bien sûr, une capacité pédagogique. Un cap.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un cap républicain</b></div>
     <div>
      Qui dit pédagogie dit forcément République. Il s’agit, en présentant au débat collectif un projet que puissent s’approprier les citoyens, de créer les conditions qui permettront de battre en brèche la domination des marchés financiers.       <br />
              <br />
       Il faudra donc <b>rappeler le lien entre la République et ses valeurs fondatrices, au premier chef les valeurs d’égalité mais aussi les valeurs de la connaissance, la laïcité, l’Ecole, la Science</b>. Rien n’est plus éloigné de l’idéal républicain que la technophobie ambiante. La République est fille des Lumières. Elle ne doit pas laisser se rompre ce cordon ombilical, comme y inciteraient les tenants d’un nouvel obscurantisme opposant à l’Homme une Nature divinisée. La République rejette donc l’épithète méprisante de « scientiste » que voudraient lui accoler ces nouveaux obscurantistes.        <br />
              <br />
       Il nous faut <b>organiser la transition énergétique</b> pour lutter contre l’émission de gaz à effet de serre et pour préparer l’après-pétrole. Un accord se fera facilement sur la nécessité d’économiser l’énergie. Pour le reste, on ne peut faire l’impasse sur le coût de l’électricité. Le kWh d’origine éolienne est près de deux fois plus cher que le kWh du nucléaire ou du gaz. Le solaire photovoltaïque près de dix fois plus cher, dans l’état actuel de la recherche. Cet écart ne se résorbera pas avant longtemps.       <br />
              <br />
       <b>Le choix du nucléaire est stratégique pour la France</b>. Nous sommes dans cette filière au premier rang mondial. Le choix inverse de l’Allemagne ne modifiera pas ceux de la Chine, de l’Inde et des grands pays émergents. Le Japon lui-même ne remet pas en cause le nucléaire. S’il y a des leçons à tirer de l’accident de Fukushima, dont l’origine est un tsunami géant qui n’avait pas été prévu, c’est la nécessité de maintenir l’industrie nucléaire dans le giron de la puissance publique pour le soustraire à une logique de rentabilité à courte vue, et d’établir l’indépendance des autorités de sûreté.       <br />
              <br />
       Le pari de l’Allemagne sur les énergies renouvelables est un pari hautement aléatoire qui risque de déboucher dans les prochaines années sur le développement de nouvelles centrales à charbon. Il faudra penser à long terme le problème de l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Pour cela, il faudra d’abord que s’instaure un climat de sérénité dans le débat.        <br />
              <br />
       Le choix de maintenir la filière nucléaire au cœur de notre approvisionnement énergétique est capital. C’est un grand atout de la France que nous ne laisserons pas brader. Même élu avec l’appoint des Verts, un Président de la République de gauche doit être capable d<b>’imposer un débat vigoureux sur la politique énergétique de la France</b>, à l’abri du terrorisme intellectuel des antinucléaires et dans le seul souci de l’intérêt national. C’est aussi à cela qu’on jugera s’il peut porter « le destin de la France ».       <br />
              <br />
       <b>La République est ennemie de tout dogme</b> : elle fait confiance aux citoyens, à la lumière de leur seule raison naturelle, pour définir le bien commun. La République est naturellement « enseignante ». Elle doit former des républicains.<b> L’Ecole doit redevenir une priorité budgétaire de l’Etat</b>, avec trois axes majeurs : la formation des enseignants, l’Ecole primaire pour éradiquer l’échec scolaire, l’enseignement supérieur enfin, où doit s’organiser le grand bond en avant rendu nécessaire par les exigences de la compétition mondiale.       <br />
              <br />
       N’oublions pas, cependant, que le projet de la République est aussi un projet philosophique, étroitement lié à ce que Condorcet appelait « les progrès de l’Esprit humain ». L’Ecole républicaine doit former des citoyens. Bien sûr la République est ouverte en permanence au débat, à la remise en cause. Elle est ce régime qui s’est donné la liberté à la fois comme fin et comme moyen.       <br />
              <br />
       À cet égard, il serait bon de remettre au goût du jour ce que Claude Nicolet appelait la laïcité ou la République intérieure, c’est-à-dire à la fois l’esprit de libre examen et l’esprit « juste », attentif à toutes les argumentations. C’est notre héritage et c’est notre meilleur viatique pour affronter l’avenir.       <br />
              <br />
       C’est l’arme la plus efficace pour tenir en lisière les fondamentalismes, les communautarismes et plus généralement le différentialisme qui, sous des apparences généreuses, remet en cause les fondamentaux de la République. La laïcité n’est pas seulement une arène de neutralité. Elle est un état d’esprit. Un acte de confiance en l’Homme.       <br />
              <br />
       De même convient-il d’<b>affirmer avec force la conception républicaine de la nation, fondée sur le consentement et l’adhésion</b>. Ainsi ferons-nous reculer les partisans d’une identité figée, frileuse, contraire à la définition républicaine de la France, aussi bien que les idéologies qui sanctifient la différence au mépris de l’égalité.       <br />
              <br />
       Cette philosophie républicaine a évidemment des conséquences directes sur l’Ecole dont la tâche – transmettre des connaissances et former le jugement - doit être constamment rappelée à ceux qui, à divers prétextes, rabaissent le niveau d’exigence.        <br />
              <br />
       <b>La République a également des implications en matière de sécurité et d’intégration des jeunes nés de l’immigration </b>: la loi républicaine, la même pour tous, doit être intériorisée et respectée par chacun. Ainsi verrons-nous reculer le racisme plus sûrement qu’à travers la discrimination positive ou par le biais d’une judiciarisation de l’espace public. La liberté d’expression est au fondement de la République. Elle doit être défendue contre tous les terrorismes intellectuels, y compris celui du « politiquement correct ». Mais cela suppose des républicains combatifs, capables d’argumenter par eux-mêmes, et de ne pas laisser les adversaires de la République s’ériger hypocritement en victimes.       <br />
              <br />
       <b>L’exigence républicaine est plus que jamais actuelle. Elle commande un combat sur deux fronts : d’abord contre la droite et l’extrême droite</b> « identitaires », contre le racisme, les injustices et les inégalités dont souffrent les jeunes nés de l’immigration, mais aussi contre l’idéologie victimaire – compassionnelle, l’angélisme, la culture de l’excuse, bref contre le différentialisme, souvent plus difficile à combattre car paré des meilleures intentions et qui se manifeste souvent au sein de la gauche elle-même. Ainsi la tâche de la gauche républicaine est difficile mais elle répond seule à l’intérêt profond du pays. Or, comment la gauche pourrait-elle appeler à l’effort et se maintenir au pouvoir si son action ne paraissait pas d’abord inspirée par le souci de l’intérêt général ?       <br />
              <br />
       <b>Un Président de la République de gauche doit ainsi réaffirmer l’identité républicaine de la France</b>. C’est nécessaire à l’intérieur. Mais c’est nécessaire aussi vis-à-vis de l’extérieur. Le monde ne ressemblera plus jamais à celui dominé par l’Europe puis par les Etats-Unis que nous avons connu. Des nations milliardaires en hommes qui sont aussi des civilisations millénaires – la Chine et l’Inde – se sont réveillées. Les nations émergentes, particulièrement en Asie, se sont saisies de la technologie qu’elles maîtrisent désormais aussi bien que nous. Nous entrons dans une phase de l’Histoire où des identités conquérantes apparaissent déjà à l’horizon. Mais nous n’avons aucune raison de ne pas défendre et illustrer notre modèle politique et notre modèle social, y compris dans l’intérêt bien compris des peuples des nations émergentes.       <br />
              <br />
       La seule réponse idéologique que nous pouvons donner est l’affirmation de l’identité républicaine de la France. La France a préexisté à la République. Celle-ci n’est pas née sur une table rase mais elle a refondé notre identité collective. La République est le nom moderne de la France. <b>Le patriotisme républicain qui est l’amour des siens se différencie du nationalisme qui est la haine des autres</b>. La mission pédagogique de la France doit donc s’exercer sans faiblesse.       <br />
              <br />
       C’est en affirmant la conception républicaine de la Nation que nous servirons le mieux la cause des autres peuples et d’abord des peuples européens. Le but pour la France est de faire avancer l’idée d’<b>une Confédération européenne élargie à la Russie, à l’Est, et à l’Euroméditerranée, au Sud</b>. Un Président de la République de gauche doit <b>offrir une perspective de civilisation.</b>       <br />
              <br />
       Remettre la France dans le jeu, en ce début du XXIè siècle, ne peut se faire qu’avec un grand dessein.       <br />
              <br />
       Notre pays a failli périr deux fois au XXè siècle : en 1914-18 et en juin 1940. Il lui faut surmonter le doute qui l’étreint depuis lors. L’Europe que Jean Monnet a voulu faire, essentiellement par le marché et contre les nations, était une idée courte. <b>Le « pari pascalien » de François Mitterrand sur un au-delà des nations appelé « Europe » trouve aujourd’hui ses limites dans les modalités choisies qui la confondaient avec la mondialisation néolibérale. Le moment est venu de les remettre en cause, sans abandonner le grand dessein géopolitique visant à resserrer la solidarité des peuples européens.</b>       <br />
              <br />
       <b>Une nouvelle grande page est à écrire : ni la République ni la France ne doivent disparaître. Elles se sauveront ensemble l’une et l’autre.</b>       <br />
              <br />
       La République parce qu’elle offre à chaque nation le moyen de concilier son legs historique particulier avec les exigences de l’universel.       <br />
              <br />
       La France parce qu’elle est un facteur d’équilibre essentiel pour l’Europe à construire et qu’elle doit rester un phare pour l’Humanité tout entière, encore loin d’avoir su définir, pour chacune de ses nations, un chemin d’universalisation. On pourra discuter longtemps de la nation et de la citoyenneté, de la laïcité et de la sécularisation, de la démocratie et de la République :<b> il est essentiel que la France redevienne une grande nation politique, capable de faire vivre chez elle ses valeurs, pour éclairer le chemin de l’Humanité. C’est cette foi hors du commun qu’on attend du prochain Président de la République française.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Air France-KLM: la lettre des députés va dans la "bonne" direction (Chevènement)</title>
   <pubDate>Wed, 15 Jun 2011 19:33:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, mercredi 15 juin 2011, 19h14.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3057859-4359985.jpg?v=1308159175" alt="Air France-KLM: la lettre des députés va dans la "bonne" direction (Chevènement)" title="Air France-KLM: la lettre des députés va dans la "bonne" direction (Chevènement)" />
     </div>
     <div>
      Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement, a estimé mercredi que la lettre signée par une centaine de députés demandant à Air France/KLM de privilégier Airbus pour la commande de longs courriers allait dans une &quot;bonne direction&quot;.       <br />
              <br />
       Plus d'une centaine de députés ont demandé à la compagnie française de préférer les avions européens d'Airbus aux américains de Boeing pour la méga-commande d'avion que doit passer la compagnie cet été.       <br />
              <br />
       &quot;Je pense qu'il y a des moyens de pression plus discrets (...)&quot;, a jugé M. Chevènement au cours de l'émission &quot;Preuve par 3&quot;, diffusée sur Public Sénat en partenariat avec l'AFP, conseillant d'&quot;agir avec doigté&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Mais je dirais que la direction est la bonne&quot;, a-t-il ajouté.       <br />
              <br />
       &quot;Il faut en effet aller vers un commerce mondial davantage régionalisé, a estimé M. Chevènement. Il faudrait regarder ce que les compagnies américaines achètent. Est-ce qu’elles achètent des Airbus ? Un peu, un peu, mais pas beaucoup. Donc il y a un équilibre à trouver entre Airbus et Boeing, qui sont les deux premiers mondiaux.&quot;       <br />
              <br />
       Commentant l'initiative de Bernard Carayon, député (UMP) du Tarn qui est à l'origine de cette lettre, M. Chevènement a déclaré : &quot;Bien entendu, M. Carayon est originaire d’un département du Sud-Ouest, donc dans l’orbite de Toulouse, d’Airbus, etc. C’est tout à fait légitime pour un élu.&quot;       <br />
              <br />
       Mais, a-t-il ajouté, &quot;moi je crois qu’on devra revenir sur un libre-échangisme qui est biaisé (...) par les différences énormes de coûts salariaux entre nos pays et les pays par exemple de l’Asie orientale, mais pas seulement, et (...) par la politique de la planche à billets que mènent les autorités américaines.&quot;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3057859-4359985.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Air-France-KLM-la-lettre-des-deputes-va-dans-la-bonne-direction-Chevenement_a1159.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Jean-Pierre Chevènement dans "Ca vous regarde" sur LCP mercredi 10 mars à 18h45</title>
   <pubDate>Thu, 11 Mar 2010 10:11:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'émission, présentée par Arnaud Ardoin, dure une heure et portait sur le thème "Faut-il supprimer la bourse ?"     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/2de6a94e93884ce49dbb1f8d443ded00fb92534b" width="608" height="372">
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</object >
     </div>
     <div>
      Invités:       <br />
       - Louis Giscard d'Estaing, Député       <br />
       - Martine Orange, Médiapart       <br />
       - Frédéric Bonnevay, Institut Montaigne       <br />
       - Jean-Pierre Chevènement, Sénateur       <br />
              <br />
       Voir la présentation de l'émission <a class="link" href="http://www.lcpan.fr/emission/79816">sur le site de La Chaîne Parlementaire</a>.       <br />
       Attention : cette émission est d'abord diffusée sur LCP 24/24 à 18h45, puis à minuit sur LCP.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1931952-2660122.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-dans-Ca-vous-regarde-sur-LCP-mercredi-10-mars-a-18h45_a927.html</link>
  </item>

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   <title>De beaux combats en perspective</title>
   <pubDate>Sat, 06 Mar 2010 09:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Edito de Jean-Pierre Chevènement à Citoyens Militants, le bulletin du Mouvement Républicain et Citoyen, mars 2010.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1925811-2644624.jpg?v=1289480096" alt="De beaux combats en perspective" title="De beaux combats en perspective" />
     </div>
     <div>
      La crise du capitalisme financier a franchi en Europe une nouvelle étape. Après que les Etats ont renfloué les banques privées défaillantes, il est apparu bien vite qu’ils ne pourraient pas recommencer une deuxième fois. Le gonflement de la dette publique est devenu tel que la solvabilité des Etats est mise en question par les marchés financiers. Ceux-ci ont commencé une danse du scalp frénétique autour des émissions de dette publique par les Etats considérés comme étant les plus endettés. Ces derniers ne peuvent déjà plus emprunter qu’à des taux doubles (6 % au lieu de 3 %) de ceux des bons allemands à dix ans (l’Allemagne étant toujours considérée comme la référence, car, avec sa politique de déflation salariale et budgétaire, elle a réussi à dégager un fort excédent commercial (138 Milliards d’euros encore en 2009) et même de contenir son déficit budgétaire (cinq points du PIB au lieu de 8 % pour la France, 12 % pour la Grèce ... et les Etats-Unis).       <br />
              <br />
       Evidemment ce jeu est absurde : les marchés financiers spéculent comme c’est leur nature, mais leur spéculation vise à encourager la tribu des « doctrinaires vertueux » qui appellent de partout à lutter contre les déficits, à stopper le gonflement de la dette, etc. pour, enfin, <span style="font-style:italic">« rentrer dans les clous de Maastricht »</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      M. Woerth, en France, a réclamé 50 Milliards d’économies budgétaires d’ici 2013. Les plans de rigueur s’annoncent partout et pas seulement à Athènes, Lisbonne ou Madrid.       <br />
       C’est une deuxième étape de la crise qui est devant nous. La danse du scalp des marchés financiers n’est pas sans évoquer le bal des sorcières : dans un monde revenu au Moyen-âge, les Etats sont considérés par les marchés financiers comme des faillis en puissance. Les marchés n’oublient qu’une chose : derrière les Etats, il y a les peuples. Ils veulent rayer trois siècles de luttes ! Ils veulent revenir sur la démocratie !       <br />
              <br />
       Des gouvernements « socialistes », comme celui de George Papandreou en Grèce, ou Luis Zapatero en Espagne, peuvent bien se prêter aux exercices de rigueur qu’on leur demande, ils vont bientôt se trouver coincés entre la pression des marchés et la pression des peuples.       <br />
              <br />
       Il va falloir maintenant proposer des choses sérieuses : remettre en cause les choix de politique monétaire et budgétaire que l’Allemagne impose au reste de l’Europe. C’est cela que j’appelle « un gouvernement économique de la zone euro », c’est-à-dire d’abord une politique de change qui passe par une réforme des statuts de la BCE (emploi, croissance et pas seulement lutte contre l’inflation). Il faut faire tomber le cours de l’euro. La Grèce nous y aide. Pas assez !       <br />
              <br />
       Ensuite il faut sortir la zone euro de sa langueur économique. Chacun le sait : elle est la lanterne rouge de la croissance mondiale. Un « grand emprunt » européen permettrait de lancer un programme de relance sur le modèle chinois.       <br />
              <br />
       A la crise actuelle il n’y a évidemment de solution que mondiale : La Chine seule n’arrivera pas à prendre le relais du consommateur américain défaillant. Quant à l’objectif avancé par Barack Obama - doubler le montant des exportations américaines -, il est simplement irréaliste. Pour sortir de cette crise immense qui est devant nous, il faudra remettre en cause les sacro-saintes règles du capitalisme financier globalisé :       <br />
       - le libre-échangisme déséquilibré d’abord ;       <br />
       - l’anarchie monétaire qui fait de l’euro le paillasson du dollar et du yuan (sans parler de la livre britannique qui a « dévissé » de 40 %. Si ce n’est pas du protectionnisme monétaire, qu’est-ce que c’est ?)       <br />
       Il faudra surtout remettre au pas le système financier et les oligarchies financières, re-réglementer les banques, reprendre le contrôle politique des banques centrales.       <br />
              <br />
       En Europe il ne s’agit pas de <span style="font-style:italic">« revenir à Maastricht »</span> comme le serinent des dirigeants myopes, il s’agit :        <br />
       - soit de revoir de fond en comble toutes les règles de gouvernance de l’euro et de la politique économique au sein de la zone euro en s’appuyant sur la volonté des Etats de remettre les oligarchies financières à leur place : subordonnée;        <br />
       - soit, si cela s’avère impossible, de prendre en France des mesures de salut public, en s’affranchissant de règles dont chacun peut constater qu’elles sont devenues caduques, bref de rétablir la République ! C’est l’enjeu de 2012 en France.       <br />
              <br />
       Il y a de beaux combats en perspective .
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1925811-2644624.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/De-beaux-combats-en-perspective_a926.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Jean-Pierre Chevènement invité du Rendez-vous des politiques sur France Culture samedi 26 décembre à 11h</title>
   <pubDate>Sat, 26 Dec 2009 11:56:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il sera interrogé par Laurent Bouvet (professeur de science politique à l’Université de Nice et à Sciences Po), Pierre-Henri Tavoillot (maître de conférences en philosophie politique à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV), président du Collège de philosophie) et Eric Mandonnet (journaliste à «L’Express»).     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1774904-2411586.jpg?v=1289480094" alt="Jean-Pierre Chevènement invité du Rendez-vous des politiques sur France Culture samedi 26 décembre à 11h" title="Jean-Pierre Chevènement invité du Rendez-vous des politiques sur France Culture samedi 26 décembre à 11h" />
     </div>
     <div>
      L'<a class="link" href="http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/rdv_politiques/index.php">émission</a> dure 55 minutes, peut être écoutée sur France Culture et est podcastée sur le blog ci-dessous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1774904-2411586.jpg</photo:imgsrc>
 	<enclosure url="http://www.chevenement.fr/docs/audiovideo/2001226-Rdv_des_politiques.mp3" length="0" type="audio/mpeg" />
 	<itunes:explicit>no</itunes:explicit>
 	<itunes:subtitle><![CDATA[Il sera interrogé par Laurent Bouvet (professeur de science politique à l’Université de Nice et à Sciences Po), Pierre-Henri Tavoillot (maître de conférences en philosophie politique à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV), président du Collèg...]]></itunes:subtitle>
 	<itunes:summary><![CDATA[Il sera interrogé par Laurent Bouvet (professeur de science politique à l’Université de Nice et à Sciences Po), Pierre-Henri Tavoillot (maître de conférences en philosophie politique à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV), président du Collège de philosophie) et Eric Mandonnet (journaliste à «L’Express»).]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Jean-Pierre Chevenement</itunes:author>
   <link>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-du-Rendez-vous-des-politiques-sur-France-Culture-samedi-26-decembre-a-11h_a904.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Rupture !</title>
   <pubDate>Sun, 06 Sep 2009 18:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Grands textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Éléments pour l’intervention de clôture de Jean-Pierre Chevènement, Université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen, Toulouse, le 6 septembre 2009.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1571437-2104217.jpg?v=1471431837" alt="Rupture !" title="Rupture !" />
     </div>
     <div>
      Je veux tout d’abord remercier Thierry Cotelle, maire adjoint de Toulouse, Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC, ainsi que Jean-Luc Laurent, Secrétaire national à la Coordination, et son équipe. Sur eux a reposé l’organisation de cette université d’été. Merci également à tous nos intervenants, et notamment à nos invités extérieurs : Paul Quilès, ancien ministre, Arnaud Montebourg, député, Jean-François Kahn qui aurait pu être député européen s’il avait voulu, Paul Thibaud, philosophe, Jean-François Knepper, syndicaliste, Président du Comité européen Airbus, Liem Hoang Ngnoc, économiste et député européen. Merci aussi à notre ami Pierre Cohen, maire de Toulouse et Martin Malvy, Président de la région Midi-Pyrénées qui ont bien voulu intervenir à l’ouverture de nos travaux. Merci à vous tous qui êtes venus nombreux de toute la France.       <br />
              <br />
       Face à la crise d’un système, celui du capitalisme financier mondialisé, nous avons besoin d’une réponse républicaine pour la France mais aussi pour le monde.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Une crise de la mondialisation</b>       <br />
              <br />
       A)	Il ne faut pas se tromper sur l’analyse. Le problème n’est pas celui de la moralisation du capitalisme, celui des bonus, tout cela est, bien entendu, scandaleux mais le problème est plus profond. La déflation salariale, qui est à l’origine du surendettement des ménages américains, a des causes : La principale, est dans un libre-échangisme effréné, dans la liberté donnée aux multinationales de mettre en concurrence les territoires et les mains d’œuvre. Le rapprochement Chine/Etats-Unis intervenu à la fin des années soixante-dix du précédent siècle, a joué un rôle essentiel dans cette fuite en avant du capitalisme vers l’exploitation du travail à bas coût. Certains évoquent aujourd’hui la Chinamérique ou encore le G2 : cette expression est inadéquate pour traduire la réalité d’un monde multipolaire beaucoup plus complexe. Mais il est vrai que ce soi-disant G2 a une réalité : c’est la parité fixe entre le yuan et le dollar. L’Administration Obama a renoncé à demander une réévaluation du yuan. Ce renoncement exprime un rapport de forces. La Chine tient le dollar à sa merci. Cette réalité géopolitique aussi est au cœur de la crise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La mondialisation financière a fonctionné dans l’intérêt des multinationales et du capital spéculatif avec une monnaie mondiale, le dollar, qui a été gérée par les Etats-Unis comme si c’était seulement leur monnaie. Un secrétaire d’Etat au Trésor américain, M. Conally, disait à ses collègues : « le dollar est notre monnaie et c’est votre problème ». Les Etats-Unis se sont permis des déficits abyssaux. Ils vivent aujourd’hui très au-dessus de leurs moyens. Parce qu’ils étaient la puissance dominante, ils ont cru trouver une porte de sortie à leurs difficultés économiques dans la guerre en mettant la main sur les hydrocarbures du Moyen-Orient. Le résultat : ce sont deux guerres dans lesquelles les forces américaines sont aujourd’hui enlisées. Nous vivons le début de la fin de l’hégémonie américaine. La tache du Président Obama est difficile. Son but affiché est de restaurer le leadership américain. Mais dans la réalité, il faudra bien que les Etats-Unis adoptent une politique conforme à ce qu’ils sont : une grande nation certes, mais qui doit réapprendre à épargner, à dialoguer, bref à faire avec le reste du monde. Cette transition sera grosse de conflits.       <br />
              <br />
       À cet égard, l’Europe risque d’être prise en étau entre la Chine et les Etats-Unis. L’affaiblissement de la parité du dollar rendra les produits américains plus compétitifs et accroîtra encore l’hypercompétitivité du yuan et des produits fabriqués en Chine.       <br />
              <br />
       Les énormes déficits américains vont accroître les déséquilibres macro-économiques à l’échelle mondiale. De nouvelles bulles se créeront. De nouvelles crises sont en perspective. C’est une nouvelle donne – un  nouveau New Deal - à l’échelle mondiale qui est nécessaire. Si nous voulons sortir durablement de la crise, il faudra mettre un terme à la domination des marchés financiers.        <br />
              <br />
       Remettre la politique aux postes de commande, bref refaire des peuples et des nations les acteurs de l’Histoire et non les marchés financiers afin de mettre sur pied un nouveau modèle de développement.       <br />
              <br />
              <br />
       B)	<span style="font-style:italic">Désuétude de la social-démocratie</span>. Le modèle social-démocrate correspondait à un équilibre entre le travail et le capital. C’était vrai il y a un demi-siècle. Le capitalisme, à l’époque, fonctionnait sur un modèle fordiste. Il obéissait à une régulation keynésienne dans le cadre national. Ce capitalisme-là n’est plus ; il a été remplacé par le capitalisme financier. C’est la dictature de l’actionnariat, le triomphe de la théorie dite de « l’acquisition de la valeur pour l’actionnaire » dans un cadre entièrement dérégulé à l’échelle mondiale. Le communisme, qui faisait peur aux bourgeoisies occidentales qui se croyaient obligées de faire des concessions à leurs classes ouvrières, n’est plus. Les taux de syndicalisation ont fléchi. Les sociaux-démocrates sont devenus des sociaux-libéraux. Partout en Europe ils ont cru trouver une « troisième voie » (Anthony Giddens) : Jouer le jeu du libéralisme censé produire des richesses et ensuite opérer des corrections à la marge : RMI, CMU, investissement éducatif, etc. Cette politique, introduite en France en 1983, consacrée par l’Acte Unique en Europe, a été théorisée en Grande-Bretagne par Anthony Giddens et Tony Blair. Elle a été mise en œuvre aussi en Allemagne par Gerhard Schröder, à travers le plan Agenda 2010, à partir de l’année 2000. Ses orientations ont été généralisées à l’échelle européenne par les sommets de Lisbonne (2000) et Barcelone (2002). Ces politiques ont fait faillite. Les gouvernements sociaux-démocrates, qui étaient onze en 1999 dans l’Europe à quinze, ont tous perdu le pouvoir ou sont en voie de le perdre. Le cycle du social-libéralisme est clos. C’est ce dont beaucoup de nos camarades socialistes ne se sont pas encore avisés. Notre rôle est de leur ouvrir l’esprit.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Pour faire face à la crise, la gauche doit faire sa mutation républicaine</b>       <br />
              <br />
       A)	La classe des producteurs ne s’identifie plus à un bloc de classes homogène. Le retour aux sources de la République, l’appel à la raison du citoyen, la croyance en l’égalité humaine, voilà ce qui pourrait permettre à la gauche de se définir comme « parti républicain du peuple ». Il nous faut réhabiliter l’idée d’un intérêt général qui serait à la fois l’intérêt national et correspondrait aussi à l’intérêt général de l’humanité.        <br />
              <br />
       Comment substituer à la logique des  marchés financiers une autre logique politique ? Chacun comprend qu’un nouveau modèle de développement soutenable peut seul permettre de concilier l’aspiration légitime de pays comme la Chine ou l’Inde au développement, la volonté des Etats-Unis et de l’Europe de préserver leur tissu industriel, leur emploi et leur bien-être, et en même temps l’intérêt général de l’Humanité qui est d’économiser ses ressources rares (énergies fossiles, eau, air, sol) et lutter contre l’effet de serre.        <br />
              <br />
       Pour cela, nous devons planifier une révolution énergétique sans tomber dans le catastrophisme écologique mais en promouvant les énergies nouvelles, y compris nucléaire, les économies d’énergie, les techniques de charbon propre et en préservant les forêts équatoriales. J’ai lu que Martine Aubry, à La Rochelle, a déclaré : « Nous vivons l’ombre des Lumières. C’est l’idée même de progrès qui est épuisée. »       <br />
              <br />
        À mon sens c’est une erreur. Malthus déjà, au début du dix-neuvième siècle, considérait que la terre était trop petite pour nourrir les hommes. Cette prophétie s’est révélée une erreur historique car elle méconnaît les ressources de l’humanité en inventivité, créativité, progrès des connaissances et de la technologie. Il faut faire confiance en l’homme. La gauche est inséparable de la volonté de raison. Elle ne doit pas renier l’héritage des Lumières. Elle doit affirmer le primat des valeurs de la connaissance, ne pas sombrer dans la technophobie.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B)	Un projet républicain en forme de nouveau new-deal</span>       <br />
              <br />
       J’énoncerai sept propositions :        <br />
              <br />
       1.	Relance concertée des économies. Un effort supplémentaire sera demandé à chacun (davantage d’épargne aux Etats-Unis, relance du marché intérieur et sécurité sociale en Chine, relance allemande et japonaise, financement du développement de l’Afrique et des PMA).       <br />
       2.	Réforme du système monétaire international : création d’une nouvelle monnaie internationale de réserve reflétant la place des différents pays dans l’économie mondiale et ayant vocation à se substituer au dollar. L’émission de 250 Milliards de DTS par le FMI est un premier pas. Il faut aller beaucoup plus loin pour aider au développement des pays pauvres. Nouveaux « accords du Louvre », fixant des fourchettes aux parités monétaires (dollar, euro, yen, yuan) afin de parvenir à une concurrence équitable.       <br />
       3.	Redéfinition du mandat de l’OMC (en fonction des principes comme la « concurrence équitable » et la « souveraineté alimentaire »). Changeons les règles du jeu en matière commerciale.       <br />
       4.	Plan mondial d’aide à l’Afrique et aux PMA.       <br />
       5.	Contrôle du crédit par la voie de nationalisations bancaires.       <br />
       6.	Réglementation des marchés financiers visant à éliminer les fonds purement spéculatifs. Chasse aux paradis fiscaux et traçabilité obligatoire des mouvements de capitaux, les banques devant être tenues de communiquer à la police et à la justice leurs archives informatiques.       <br />
       7.	Réintroduction d’éléments de planification au niveau régional et mondial par exemple :       <br />
       -	en matière de politique énergétique ;       <br />
       -	`d’autosuffisance alimentaire (suspension des négociations agricoles de l’OMC et redéfinition du mandat de l’OMC sur cette  base) ;       <br />
       -	de planification industrielle ;       <br />
       -	d’eau potable et de grandes infrastructure (assainissement, routes, chemins de fer, hôpitaux, écoles, université et recherche).       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – La France 2009-2012</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A)	La France souffre </span>       <br />
              <br />
       Elle récolte les fruits amers d’un choix libéral effectué dans les années quatre-vingt et aujourd’hui renouvelé par Nicolas Sarkozy. Je n’évoquerai que quelques têtes de chapitre : le bouclier fiscal, la cure d’austérité infligée aux services publics à travers la RGPP, la réforme des collectivités territoriales qui serait un coup terrible pour la solidarité et pour les investissements collectifs, le tour de vis donné à l’Hôpital public, la réintégration de l’OTAN qui est un contresens politique.        <br />
              <br />
       Certes toutes les initiatives de Nicolas Sarkozy ne sont pas mauvaises, l’idée d’un grand emprunt national, s’il permet de financer les investissements économiquement rentables, est judicieuse dans un pays comme le nôtre où le taux de l’épargne avoisine 15%. Quand Nicolas Sarkozy propose des Assises de l’Industrie, je ne vais pas être contre puisque je les avais moi-même proposées en 1982-83. Jean Riboud ayant accepté  l’époque de les présider. Ce n’est pas ma faute si elles ont été annulées par mon successeur. Qu’elles soient reprises vingt-cinq ans après, sur une suggestion de la CGT paraît-il, ne me fera pas changer d’avis. Évitons l’antisarkozysme primaire et systématique. Celui-ci est la  marque d’un vide conceptuel, d’une absence de projet alternatif réel, bref d’un opportunisme politique que nous avons toujours combattu.        <br />
              <br />
       Nous devons nous opposer sur des bases solides. En France par exemple, il y a place pour un M.I.T.I. à la française, un contrôle public du système bancaire, une priorité accordée à la ressource humaine, un exercice calme et réfléchi des prérogatives régaliennes de l’Etat à l’opposé des effets de manche dont nous sommes las sur des questions comme la sécurité ou la justice. Ainsi, la suppression du juge d’instruction n’a rien de républicain. Le risque est grand de voir l’Etat instrumenter la justice à travers les parquets. Nous ne devons pas prendre des vessies pour des lanternes, accepter que la communication se substitue à la politique. Nous ne voulons pas que l’endettement de l’Etat permette seulement de renflouer les banques tandis que ceux qui sont aux commandes, après avoir failli, les conserveraient. « On prend les mêmes et on recommence » : de cela nous ne voulons pas.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B) Que faire ?</span>       <br />
              <br />
       1.	L’état de la gauche.        <br />
              <br />
       La gauche aujourd’hui ressemble à une flotte démâtée. Il est vrai que la gauche plurielle était au départ une idée essentiellement tactique, une alliance dominée par le parti socialiste avec les Verts en éclaireurs et le parti communiste en arrière-garde. Aujourd’hui, trois épaves surnagent : la proue supposée, je veux dire les Verts, prétend naviguer toute seule ; à la poupe, c’est-à-dire les communistes et leurs alliés, il manque une hélice : elle n’a pas connu de véritable dynamique aux dernières élections européennes et elle doit faire face à la concurrence du NPA ; quant au corps du bâtiment, je veux dire le PS, il a un sérieux problème de direction.       <br />
              <br />
       Il n’y a pas de solution à cette situation désespérante en dehors d’un projet qui soit à la hauteur des défis du temps. C’est le rôle que le MRC revendique non pas pour lui mais pour toute la gauche et pour la France. La Maison commune de la gauche proposée par Martine Aubry ne saurait être que le replâtrage de la gauche plurielle.       <br />
              <br />
       2.	La gauche a un problème d’identité et ce problème surdétermine la question des alliances. Il faut donner la priorité au projet. L’Europe, telle qu’elle s’est construite sur une base libérale et technocratique, n’est pas la solution, elle est le problème. Il faut la réorienter. Sur la base de la démocratie qui vit dans les nations. À cet égard l’arrêt de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe de juin dernier dit tout. Il y a un déficit de démocratie structurel dans l’Union européenne. La légitimité est dans les Etats nationaux et dans les Parlements nationaux. Il n’y a pas de peuple européen. C’est pourquoi le Parlement de Strasbourg ne peut être qu’un ersatz de Parlement. Tout cela nous pouvons d’autant mieux le reprendre à notre compte que c’est ce que nous disons depuis toujours.        <br />
              <br />
       Il faut reprendre la construction européenne sur la base de la démocratie qui vit dans les nations et aller vers une Confédération européenne qui nous permette d’exister, d’être un pôle, comme on dit, dans le monde multipolaire de demain.        <br />
              <br />
       C’est de cela dont nous devons discuter, sans exclusive, avec toute la gauche, y compris le NPA s’il le souhaite. Il y a là un rôle politique essentiel pour la France. Faut-il parler de tout cela  avec M. Bayrou ? M. Bayrou – nous le savons - est un homme politique qui vient de la droite mais il s’est dit « prêt à tendre la main à la gauche ». Si nous sommes sûrs de nous-mêmes, si nous avons des idées claires, il n’y a pas lieu de montrer un quelconque sectarisme.        <br />
              <br />
       Le problème pour la gauche, c’est d’abord d’avoir les idées claires. Nous avons proposé, il y a plus d’un an, des Assises de toute la gauche. Nous sommes prêts à examiner un projet de primaires dès lors qu’elles concerneraient plusieurs partis de gauche qui en seraient ensemble les co-organisateurs, bien entendu sur la base d’une charte d’orientation politique.  La gauche doit rompre avec une orientation qui l’a coupée des couches populaires depuis les années quatre-vingt. Je n’idéalise pas les primaires, mais elles peuvent être l’occasion d’une rupture salutaire. En tout état de cause, le MRC ne restera pas silencieux en 2012. Il pèsera, quoi qu’il arrive, directement ou indirectement. Nous sommes les gardiens de l’avenir républicain de la France. La priorité c’est le projet !       <br />
              <br />
       Y a-t-il un autre choix ? Sincèrement je ne le crois pas sauf à laisser le champ libre à M. Sarkozy qui s’emploie déjà activement à rassembler la droite autour de lui, en profitant des divisions et du désordre de la gauche.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Conclusion</b>       <br />
              <br />
       Nous avions jadis, au début des années soixante-dix, fait lever un immense espoir. La gauche ensuite a tourné le dos à ses engagements. Elle a rendu les armes sans avoir combattu. Le néolibéralisme a triomphé. Les couches populaires se sont détournées de la gauche. Mais ce cycle est désormais derrière nous. Les triomphateurs d’hier sont les faillis d’aujourd’hui.  Sachons trouver en nous-mêmes l’énergie de nous redresser. Sachons renouer avec les idées, c’est-à-dire avec le réel, mais aussi avec l’ambition collective, c’est-à-dire avec l’idéal. Il n’y a pas d’autre chemin pour une victoire qui, demain, ne décevra pas.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Seize thèses pour penser l'avenir</title>
   <pubDate>Mon, 31 Aug 2009 12:29:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Grands textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Développements de Jean-Pierre Chevènement, après son intervention à l'université d’été du Parti socialiste à La Rochelle, samedi 29 août 2009. (Ce texte n’est pas celui de l’intervention de Jean-Pierre Chevènement. Il la nourrit et la développe)     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1560897-2088348.jpg?v=1477349311" alt="Seize thèses pour penser l'avenir" title="Seize thèses pour penser l'avenir" />
     </div>
     <div>
      <b>Première thèse : Le cycle néo-libéral se ferme</b>       <br />
              <br />
       Le problème de la gauche aujourd’hui est que, confrontée à la grande crise du capitalisme financier, qu’elle a non seulement laissé s’installer mais fortement contribué à mettre ou à maintenir en selle en Europe, en France après 1983, en Grande-Bretagne avec Tony Blair, en Allemagne avec Gerhard Schröder, et en Italie avec Romano Prodi, elle se bat les flancs sans voir quoi d’autre mettre à la place. C’est une crise de l’imagination qui n’est pas sans lien avec une pratique politique opportuniste qui a éloigné de la gauche les couches populaires.        <br />
              <br />
       Pour beaucoup de femmes et d’hommes se disant « de gauche », la dictature de l’actionnariat à travers les marchés financiers régentant l’allocation du capital, la production, les échanges et la reproduction sociale paraît être aujourd’hui inévitable et comme procédant de la nature des choses. Sans doute la gauche sociale-libérale peut-elle imaginer quelques correctifs à la marge (RMI, CMU) mais la domination des marchés financiers qui s’est installée depuis trente ans sur les décombres du fordisme, du keynésianisme, de l’Etat-providence et des régulations nationales, semble borner son horizon. Cette gauche doit donc penser l’impensable : qu’il puisse y avoir un « au-delà » du capitalisme financier, que les marchés financiers  ne bornent pas l’horizon de l’Humanité, que ce sont les peuples et les nations qui font l’Histoire et qu’il est temps de remettre celle-ci consciemment en marche. A une gauche digne de ce nom, il faut donc penser et proposer un dépassement du capitalisme financier à travers des mesures concrètes réalistes et convaincantes. C’est ainsi seulement qu’elle pourra surmonter le discrédit qui est le sien dans les couches populaires, convaincues aujourd’hui que le social-libéralisme n’a été et ne peut être qu’une stratégie d’accompagnement de la mondialisation financière honnie. Bref, il lui faut être crédible et elle ne peut l’être, comme après Epinay, qu’à partir d’une autocritique, qui vaille rupture aux yeux du plus grand nombre, avec la pratique antérieure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Deuxième thèse : La social-démocratie correspond à un âge aujourd’hui révolu</b>       <br />
              <br />
       L’équilibre entre le travail et le capital a été rompu par la globalisation financière. L’effondrement du communisme, dont la puissance d’intimidation avait d’ailleurs depuis longtemps décliné, a privé la social-démocratie d’un moyen de chantage et d’une rente de situation commodes. La part des salaires dans le revenu national a diminué de dix points depuis les années quatre-vingt. Sur trente ans, en France, le pouvoir d’achat des salaires n’a augmenté que de 0,8 % par an. Le lien entre productivité et rémunération du travail a été rompu à l’échelle mondiale. Parallèlement, les taux de syndicalisation enfin ont fortement chuté. La politique social-libérale, dite « de troisième voie », a échoué. La gauche dominait onze gouvernements de l’Union européenne sur quinze à la fin des années quatre-vingt-dix. Elle a partout perdu le pouvoir ou est en voie de le perdre, ainsi en Grande-Bretagne et en Espagne.        <br />
              <br />
       Comment cette gauche échouée pourrait-elle relever ce défi qui peut paraître sans précédent ? Au moins cinq « fins de cycles » se superposent : la fin de la domination occidentale sur le monde avec le déclin plus qu’engagé de l’hégémonie américaine, celles, au fond, jumelles, du communisme et de la social-démocratie, l’épuisement déjà ancien de la gauche libérale classique et enfin l’achèvement du cycle court social-libéral avec la crise du capitalisme financier dont il n’était au fond que l’ombre portée.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Troisième thèse : Le ressourcement de la gauche dans les valeurs de la République</b>       <br />
              <br />
       A ce stade, la gauche ne peut se ressourcer qu’à ce qui fait son identité historique depuis plus de deux siècles :       <br />
              <br />
       -	d’abord une volonté d’égalité qui n’est pas l’égalitarisme, mais la capacité donnée à chacun d’aller au bout de ses possibilités ;       <br />
       -	ensuite une volonté de raison qui doit nous inciter à « penser le monde » d’aujourd’hui mais aussi à revenir aux sources de la République en s’adressant au peuple tout entier.       <br />
              <br />
       La « classe des producteurs » ne s’identifie plus, en effet, à un « bloc de classe » homogène. Les services multipliés font partie de la production. Des statuts différenciés recouvrent la réalité de la création de la valeur. Celle-ci ne peut plus s’analyser que dans un contexte mondial. Et s’il y a des gagnants et des perdants dans la globalisation, le fait majeur est aujourd’hui la paupérisation des classes moyennes. La définition de la social-démocratie comme parti de la classe ouvrière ne correspond plus à la réalité observable. Le retour aux sources de la République esquissé jadis par Jaurès : l’appel à la raison du citoyen correspond mieux au stade actuel de développement de la société. La gauche gagnerait donc à se définir comme « parti républicain du peuple », en fonction d’un intérêt général répondant à l’intérêt social global.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Quatrième thèse : Le sens de la mutation républicaine</b>       <br />
              <br />
       La gauche doit donc faire sa mutation républicaine. Cela ne la détournera pas, bien au contraire, des couches populaires qu’elle ne pourra reconquérir que sur cette base. Et pas davantage des couches moyennes dont l’instabilité peut d’autant mieux être combattue par un appel permanent au civisme et au dépassement qu’elles se trouvent précarisées par la logique du capitalisme financier.        <br />
              <br />
       Que signifie l’appel à l’intérêt général ? Celui du peuple français, bien sûr, dont la gauche sollicite les suffrages. Mais intérêt général aussi de l’Humanité tout entière car la planète est devenue petite, intérêt général à l’intérieur duquel il y a évidemment place pour un intérêt européen bien compris : l’Europe n’existera en effet que si elle ne se laisse pas  écraser entre les Etats-Unis et la Chine. Dans un monde devenu multipolaire, c’est le rôle de la France de faire émerger un pôle européen autonome.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Cinquième thèse : Comprendre la crise, économique mais aussi géopolitique</b>       <br />
              <br />
       Pour penser l’intérêt général il faut d’abord comprendre le monde. La montée de pays émergents et la nouvelle multipolarité du monde marquent la fin d’une période de plus d’un demi-siècle, celle de l’hégémonie américaine. Certes ce grand pays a tout son avenir devant lui et les Etats-Unis resteront encore longtemps une « nation incontournable ». Ce qui marquera les prochaines décennies ce sera la montée de l’Asie, et plus généralement des pays milliardaires en hommes, à commencer par la Chine et l’Inde.       <br />
              <br />
       La relation sino-américaine est d’ores et déjà structurante pour le XXIe siècle. Elle l’est dès aujourd’hui pour l’avenir du libre-échange et pour celui du dollar. La parité entre le yuan et le dollar exprime la réalité actuelle de ce qu’on a appelé improprement le G2. Le modèle de développement qui a prévalu depuis trente ans a été fondé sur la liberté donnée au capital occidental, aux firmes multinationales et aux fonds d’investissement de mettre en concurrence les territoires et les mains d’œuvre, sous l’égide d’une monnaie mondiale qui est aussi et d’abord celle des Etats-Unis. Ce modèle a généré des déséquilibres profonds entre pays excédentaires en marchandises et en épargne (Chine, Japon, Allemagne, pétromonarchies) et pays déficitaires (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Espagne). La stagnation du pouvoir d’achat a favorisé l’endettement.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Sixième thèse : Ces déséquilibres vont s’accroître</b>       <br />
              <br />
       Les plans d’assainissement financiers et les plans de relance mis en œuvre depuis 2008 vont accroître les déséquilibres au lieu de les corriger.        <br />
              <br />
       De nouvelles crises sont à l’horizon : au plan monétaire, au plan économique et au plan commercial. Le capitalisme financier va voir sauter les unes après les autres les « régulations de marché » sur lesquelles il a fondé son développement : marchés financiers par une remise en cause de la liberté de mouvement des capitaux et par des mesures de sauvegarde monétaire, échanges internationaux par une remise en cause d’un libre échangisme qui fait fi des sociétés et des nations qu’on ne peut « délocaliser » comme les entreprises en vertu de la loi ricardienne des avantages comparatifs. Cela se fera à bas bruit pour commencer, et cela partira de la tête, c’est-à-dire des pays leaders : Etats-Unis, Chine d’abord.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Septième thèse</b>       <br />
              <br />
       Le premier risque dans le monde qui vient est de voir s’opposer les pays du Nord et les pays du sud.       <br />
              <br />
       -	Le premier épisode a été la « guerre des civilisations » décrétée d’une part par Al-Quaïda et, d’autre part  stupidement, en réponse, par l’Administration Bush, en 2001-2003. On a vu avec l’invasion de l’Irak que les enjeux de cette guerre étaient dissimulés. La globalisation financière porte en elle des tensions qui se déchargent en crispations identitaires, violences paranoïaques, mises en scène guerrières et stratégies prédatrices.       <br />
              <br />
       -	Le deuxième risque est celui d’un conflit ouvert entre les Etats-Unis et la Chine.       <br />
              <br />
       -	Le troisième risque, pour nous décisif, voit déjà l’Europe prise en étau et en otage de la relation sino-américaine, écrasée entre la concurrence du dollar et celle des marchandises produites à très bas coût.        <br />
              <br />
       Ce risque est d’autant plus difficile à conjurer que l’Union européenne actuelle est une machine d’impuissance : structurellement libérale et tournée vers la préservation des actifs boursiers, elle nous désarme sur le plan commercial, à l’OMC, comme sur le plan monétaire, avec un euro toujours plus fort. Au cœur de cette impuissance, il n’y a pas seulement l’effondrement du mythe fédéraliste européen (il était inévitable et il a au moins l’avantage de nous débarrasser d’illusions coûteuses), il y a surtout une politique économique non coopérative de l’Allemagne : déflation salariale et recherche de l’hypercompétitivité, accumulation d’un excédent commercial massif au détriment d’abord des partenaires européens, refus d’un gouvernement économique de la zone euro et recherche d’un euro fort. L’Allemagne a la politique de sa démographie vieillissante. Il lui faut accumuler des excédents propres à nourrir une stratégie d’investissement et de placements extérieurs, sources de dividendes et de revenus ultérieurs, censés lui permettre de financer ses retraites et ses dépenses de santé. En fait cette stratégie se confond avec celle du capital financier. Elle n’a pas empêché la régression de la base industrielle du pays.        <br />
              <br />
       Nous sommes loin de « l’Allemagne européenne » prêchée jadis par le Chancelier Kohl. Il est sans doute heureux que l’Allemagne redevienne une nation « normale ». Il serait plus heureux encore qu’elle ne revienne pas à sa tradition particulariste (le « Sonderweg ») mais qu’elle fasse sienne une conception républicaine de la nation ouverte sur l’Universel. Car cette stratégie d’accumulation d’excédents est à courte vue. Elle est fondée sur une restriction de la demande qui pèse sur la croissance allemande aussi bien que sur la croissance européenne. Une nation allemande « républicaine » doit être capable de dialoguer avec les autres nations européennes sur la base d’un intérêt général partagé, sous réserve, bien évidemment, de réciprocité.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>Comment sortir de cette crise systémique ?       <br />
              <br />
              <br />
       Huitième thèse : Le capitalisme se veut « sensiblement éternel »</b>       <br />
              <br />
       Depuis que le système capitaliste a pris forme, à partir de la révolution industrielle de la fin du XVIIIe siècle, ou même, selon Immanuel Wallerstein, depuis le début du XVIe siècle, il n’a cessé d’aller de crise en crise, par oscillations successives vers des développements toujours nouveaux.       <br />
              <br />
       Le capitalisme lui-même est fondé sur une prétention à retarder indéfiniment le moment de sa chute. Fondé sur un déséquilibre structurel, bien mis en valeur par Karl Marx, il revendique, grâce à des modèles de croissance constamment renouvelés, une capacité inépuisable à affronter le futur : le capitalisme, parce qu’il se veut « naturel », conforme à la nature des choses et d’abord à la « nature humaine », se présente comme « sensiblement éternel », comme les nations, selon Maurras.       <br />
              <br />
       Un doute, certes, l’a envahi, dont témoigne l’expression désormais banale, de « croissance soutenable ». Mais la pensée conforme, celle de ceux qui pensent à l’intérieur du système, ne peut imaginer par définition qu’il puisse y avoir un quelconque « au-delà ».        <br />
              <br />
       Par « croissance soutenable », le capitalisme désigne une « croissance verte » où il intègre les coûts de l’environnement et développe de nouveaux secteurs. Il ne se remet pas en cause : le vert est aussi la couleur du dollar.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Neuvième thèse : Une autre logique que celle de l’accumulation financière</b>       <br />
              <br />
       Sans prétendre substituer du jour au lendemain un autre système au capitalisme financier actuel, nous pouvons imaginer l’introduction d’une autre logique, politique celle-là, dans le fonctionnement des marchés financiers, en vue de les orienter, de les encadrer voire de les réduire.       <br />
              <br />
       Notre première tache sera donc de parvenir à la définition d’un intérêt général mondial et européen dans l’inévitable compétition des monnaies et des économies. La vocation européenne de la France ne se substitue pas en effet à une vocation mondiale plus générale. La France est membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et figure au nombre des puissances nucléaires reconnues. Elle est la tête de la francophonie, répandue sur cinq continents. Sa diplomatie est une des toutes premières du monde. Son histoire, enfin, la rend comptable de l’avenir des idées républicaines et de l’héritage de la Révolution de 1789, non seulement en Europe mais dans le reste du monde.       <br />
              <br />
       Pour ce qui est de l’Europe, la question-clé sera évidemment celle de l’avenir de la zone euro, hétérogène économiquement et sujette à des divergences profondes de politique économique. Cette zone euro n’a pas de pilote. Le traité de Maastricht qui, en matière de change, donne le pouvoir à l’Eurogroupe, n’est pas appliqué. Il faudra amener l’Allemagne à une vision plus coopérative de sa politique économique. La limitation constitutionnelle à 0,35% du PIB du déficit budgétaire, à horizon 2012, ne rendra pas facile cette coopération. Évidemment la question de l’euro est indissociable de celle du dollar.       <br />
              <br />
       Le principe de la concurrence ne doit plus s’opposer à celui d’une politique industrielle si possible à l’échelle européenne (par exemple dans le domaine de l’énergie) même si cette politique européenne reste une juxtaposition coordonnée de politiques nationales. Pas davantage le principe de la concurrence ne doit faire obstacle à la réaffirmation du rôle des services publics.       <br />
              <br />
       La tâche des Européens, dans l’ordre international, est de ne pas se laisser entraîner dans une quelconque croisade, soit contre l’Islam (mais tel ne paraît pas être l’orientation du Président Obama), soit contre la Russie ou encore contre la Chine, ou plus généralement contre les pays émergents. Les crises favorisent toujours les guerres. À cet égard, la question du « modèle de développement » est centrale pour « penser l’avenir ».       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Dixième thèse : Modèle de développement soutenable et révolution énergétique</b>       <br />
              <br />
       Les trois quarts de l’Humanité aspirent au développement. C’est pour quatre milliards d’hommes une question vitale et c’est une question de dignité. Le problème de notre modèle de développement actuel est qu’il n’est pas reproductible tel quel. Nous devons le faire évoluer en même temps que nous devons promouvoir un développement soutenable à l’échelle de la planète, c’est-à-dire économe des biens rares dont dispose l’Humanité (énergies fossiles, eau, air, sols, etc.). Et nous devons le faire en coopération avec les pays émergents. La révolution énergétique est, de ce point de vue, évidemment décisive : préservation de la forêt notamment dans les zones équatoriales, charbon propre et capture du CO2 notamment en Chine et en Inde, économies d’énergies, énergies nouvelles notamment solaire, énergie nucléaire dans la perspective notamment d’un réacteur de quatrième génération.       <br />
              <br />
       Pour mener à bien cette révolution énergétique, il faut se défaire de tout dogmatisme. Le problème des énergies renouvelables telles que l’énergie solaire est qu’elles sont encore très loin d’être compétitives. Le coût du Kwh d’origine solaire photovoltaïque est encore cinq fois supérieur à celui du Kwh produit à partir d’une turbine à gaz ou d’une centrale nucléaire. Celui du Kwh d’origine éolienne en représente le double. Il faut donc que le consommateur ou le contribuable paye la différence. Certes, on peut parier sur l’élévation inévitable du prix des carburants fossiles et sur l’abaissement probable des coûts de production résultant des progrès de la recherche en matière d’énergies nouvelles, mais cette prise de risque ne peut se faire inconsidérément, indépendamment d’une vue économique des choses au sens étymologique du terme.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Onzième thèse : Pour une négociation globale entre le Nord et le Sud</b>       <br />
              <br />
       Penser cette transition énergétique implique que nous évitions d’opposer l’Homme à la Nature le premier devenant le grand « perturbateur » d’une vie naturelle rêvée. Éviter aussi d’organiser de « fausses peurs » comme on l’a vu sur d’autres sujets : pluies acides, poulet à la dioxine, etc. Il faut aussi cesser d’apporter de l’eau au moulin du capitalisme financier en crise, en cultivant le mythe de la « décroissance ». Le problème des inégalités ne pourra être résolu par le malthusianisme. Celui-ci s’est révélé être, depuis les prophéties de Malthus au début du XIXe siècle, une erreur historique : car si la limitation des ressources naturelles est une évidence, les ressources de l’Homme, en inventivité, créativité, progrès des connaissances et de la technologie sont, elles, illimitées. Confiance en l’Homme !       <br />
              <br />
       La gauche est inséparable de la volonté de raison et elle ne doit pas renier l’héritage des Lumières, c’est-à-dire le primat des valeurs de la connaissance. Il n’y a pas de raison de jeter un interdit sur une technologie comme l’énergie nucléaire ou le génie génétique sans débat approfondi sur les avantages, les risques, les conséquences éventuelles, etc. Prenons garde à ce qu’un certain catastrophisme écologique ne serve pas de munition contre les pays émergents, dans une « guerre des civilisations » d’un nouveau type. L’enfer est pavé de bonnes intentions.        <br />
              <br />
       Le droit au développement des pays du Sud est un droit inaliénable. Ainsi l’objectif que se fixe la Chine de parvenir à une économie de « moyenne aisance » généralisée à l’horizon 2025 pour l’ensemble de sa population n’est pas contestable. Encore faut-il que la Chine et les pays émergents soient sensibilisés à l’intérêt général de l’Humanité. Une négociation globale est nécessaire liant tous les enjeux (commercial, monétaire, climatique, maîtrise des armements, etc.). La communauté internationale doit élaborer les règles dont nous avons besoin pour lutter par exemple contre le réchauffement du climat, pour opérer la transition énergétique, pour combattre les pandémies d’un nouveau type, etc. On ne doit pas faire l’économie d’une certaine planification des investissements à l’échelle mondiale. La France a tout son rôle à jouer pour animer et aider à coordonner les négociations internationales nécessaires.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Douzième thèse : La question du modèle de développement est indissociable du dépassement du capitalisme financier</b>       <br />
              <br />
       A)	<span style="font-style:italic">La tâche la plus urgente est de remédier aux déséquilibres économiques fondamentaux qui ont engendré la crise.</span>       <br />
              <br />
       Déficits abyssaux aux Etats-Unis. Excédents commerciaux et excès d’épargne chez les autres. On n’en a pas pris le chemin. Une relance équilibrée et réellement concertée n’a pas été possible jusqu’ici. C’est un échec du G20. La réforme du système monétaire international a été différée, mais chacun pressent qu’elle ne pourra plus l’être indéfiniment. L’assainissement financier du système bancaire est sans doute loin d’être terminé. L’<span style="font-style:italic">ubris</span> des financiers guette plus que jamais.       <br />
              <br />
       B)	Les propositions que j’avance sont des pistes à explorer pragmatiquement en fonction des alliances internationales qui pourront être nouées :       <br />
              <br />
       1.	Relance concertée des économies dans le cadre d’un New Deal mondial. Un effort supplémentaire sera demandé à chacun (davantage d’épargne aux Etats-Unis, relance du marché intérieur en Chine, sécurité sociale, relance allemande et japonaise, financement du développement de l’Afrique et des PMA).       <br />
       2.	Création d’une nouvelle monnaie internationale de réserve reflétant la place des différents pays dans l’économie mondiale et ayant vocation à se substituer au dollar. L’émission de 250 Milliards de DTS par le FMI est un premier pas. Il faut aller beaucoup plus loin pour aider au développement des pays pauvres.       <br />
       3.	Nouveaux « accords du Louvre », fixant des fourchettes aux parités monétaire (dollar, euro, yen, yuan) afin de parvenir à une concurrence équitable.       <br />
       4.	Redéfinition du mandat de l’OMC (en fonction des principes comme la « concurrence équitable » et la « souveraineté alimentaire »).       <br />
       5.	Plan mondial d’aide à l’Afrique et aux PMA.       <br />
       6.	Contrôle du crédit par la voie de nationalisations bancaires.       <br />
       7.	Réglementation des marchés financiers visant à éliminer les fonds purement spéculatifs.       <br />
       8.	Chasse aux paradis fiscaux et traçabilité obligatoire des mouvements de capitaux, les banques devant être tenues de communiquer à la police et à la justice leurs archives informatiques.       <br />
       9.	Réintroduction d’éléments de planification au niveau régional et mondial par exemple en matière :       <br />
       -	de politique énergétique ;       <br />
       -	d’autosuffisance alimentaire (suspension des négociations agricoles de l’OMC et redéfinition du mandat de l’OMC sur cette  base) ;       <br />
       -	de planification industrielle ;       <br />
       -	d’eau potable et de grandes infrastructure (assainissement, routes, chemins de fer, hôpitaux, écoles).       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Treizième thèse : Le rôle des nations</b>       <br />
              <br />
       Une impulsion mondiale est nécessaire. La France doit porter cette vision, en Europe et dans le monde. Mais cette impulsion ne dispense pas, bien au contraire, d’efforts nationaux. Ce sont les peuples qui sont à l’initiative de l’Histoire et pas les réunions épisodiques de dirigeants confiant à des technocrates le soin de mettre en œuvre des orientations imprécises. Le ressort de la démocratie est nécessaire. Celle-ci vit d’abord dans les nations. Celles-ci sont les briques de base de toute construction internationale.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Quatorzième thèse : Le retour de la France et de la République</b>       <br />
              <br />
       Le mythe fédéraliste européen épuisé, il faut revenir à l’idée de nation républicaine, seul socle solide d’une Confédération européenne efficace. Celle-ci est une tâche d’autant plus urgente que l’Europe ne peut s’en remettre indéfiniment aux choix de l’Administration américaine et devra de plus en plus apprendre à compter sur elle-même.       <br />
              <br />
       La France a un rôle majeur à jouer en Europe et dans le monde : rôle de catalyseur, rôle d’intercesseur. La gauche doit assumer sans complexe la nation française, son histoire, ses valeurs républicaines, et bien sûr ses intérêts légitimes.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Quinzième thèse : En France même, défrichons quelques pistes pour refaire l’Etat</b>       <br />
              <br />
       1.	<span style="font-style:italic">Les fonctions régaliennes</span> – police, justice, immigration - doivent être assumées fermement et humainement, sans complaisance pour les idéologies victimaires-compassionnelles incompatibles avec l’exercice d’une politique républicaine qui seule peut donner confiance aux couches populaires. Refus du communautarisme et de la dictature des minorités autoproclamées – appel au civisme républicain et pratique active de la démocratie.       <br />
              <br />
       2.	<span style="font-style:italic">Constitution d’un MITI à la française</span> liant tous les moyens de l’Etat y compris en matière d’aménagement du territoire :       <br />
       -	pour favoriser les secteurs d’avenir (énergies, transports, industrie agroalimentaire, pharmacie, services) ;       <br />
       -	préserver le noyau dur de nos industries (automobile), réindustrialiser le pays à partir de stratégies de recherche et d’innovation conçues à géométrie variable à l’échelle européenne si possible et en coopération avec les régions et les collectivités.       <br />
              <br />
       3.	<span style="font-style:italic">Donner la priorité au développement des ressources humaines</span> - formation, recherche - en mettant l’accent sur l’effort, le travail, le mérite, tout en valorisant l’ensemble des ressources humaines dont dispose le pays à commencer par sa jeunesse, vivier privilégié.       <br />
              <br />
              <br />
       4.	<span style="font-style:italic">Affirmer la nécessité d’un effort partagé</span> :       <br />
       -	à travers la politique des revenus et la limitation des rémunérations les plus élevées ;       <br />
       -	à travers la fiscalité (fin du « bouclier fiscal »). Progrès et justice doivent aller de pair.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Seizième thèse : L’alternative au capitalisme financier mondialisé : une république des peuples</b>       <br />
              <br />
       L’alternative n’est pas entre capitalisme et social-démocratie, pas même entre deux formes de capitalismes, néo-conservateur d’un côté, social-libéral de l’autre. Elle est entre un libéralisme mondialisé destructeur de richesses et de valeurs et une République des peuples, prenant appui dans la démocratie, le sens de l’intérêt collectif, liant dans chaque nation un sein patriotisme républicain et un civisme ouvert à l’universel.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas le socialisme ? Non, c’est la République, mais la République au sens fort du terme, une exigence de tous les instants, une éthique à la fois de la conviction et de la responsabilité.       <br />
              <br />
       Pourquoi opposer l’une à l’autre, en effet ? C’est le propre de la République de faire aller de pair l’exigence dans la recherche de la vérité et la mesure dans l’action, c’est-à-dire l’audace raisonnée qui consiste à savoir où on va et à chaque moment ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, ou pas encore.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Seize-theses-pour-penser-l-avenir_a835.html</link>
  </item>

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   <title>L'intervention de Jean-Pierre Chevènement à l'université d'été du Parti socialiste à la Rochelle</title>
   <pubDate>Sun, 30 Aug 2009 15:41:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il s'exprimait sur le thème "Penser l'avenir" aux côtés notamment de Benoît Hamon, Cécile Duflot et Betrand Delanoë (son intervention débute à partir de la 20ème minute de la vidéo).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.chevenement.fr/video/<div><object width="480" height="309" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xabme2_penser-lyavenir-partie-2_news"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xabme2_penser-lyavenir-partie-2_news" type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="309" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object><br /></div>     </div>
     <div>
      La première partie de la discussion est accessible <a class="link" href="http://www.dailymotion.com/video/xabgnb_penser-lyavenir-partie-1_news">ici</a> (s'y expriment en particulier Michel Wievorka, Jean-Baptiste Prévost, Jean-Claude Ameisen, Jacques Lévy).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/L-intervention-de-Jean-Pierre-Chevenement-a-l-universite-d-ete-du-Parti-socialiste-a-la-Rochelle_a834.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-1454250</guid>
   <title>Mieux vaut une absence d’accord qu’une négociation bâclée</title>
   <pubDate>Thu, 25 Jun 2009 17:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement, Sénateur du Territoire de Belfort, lors du débat sur le volet agricole de la négociation de l'OMC au Sénat, jeudi 25 juin 2009.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1454250-1932981.jpg?v=1289480070" alt="Mieux vaut une absence d’accord qu’une négociation bâclée" title="Mieux vaut une absence d’accord qu’une négociation bâclée" />
     </div>
     <div>
      La décision quant à la conclusion du cycle de Doha a été reportée à la demande de la nouvelle Administration américaine qui a demandé un délai pour pouvoir examiner ce qu’il y a sur la table.       <br />
              <br />
       Ce report est une relativement bonne nouvelle car, comme l’Europe, les Etats-Unis, depuis Roosevelt, protègent leur agriculture. Ils n’ont d’ailleurs pas maintenu le découplage des aides qu’ils ont introduit pendant deux ans. Ce report nous donne un délai de réflexion opportun avant la révision de la politique agricole commune prévue après 2013.        <br />
              <br />
       L’agriculture, en effet, comme les industries lourdes, exige des investissements à long terme. Les éleveurs qui quittent leurs exploitations ne se remplacent pas. La population active agricole dans le monde représente encore plus de deux hommes sur cinq. Elle est souvent majoritaire dans les pays du Sud, comme en Chine ou en Inde ou en Afrique. En Europe, la moyenne exploitation agricole façonne la plupart de nos paysages. L’alimentation enfin est une préoccupation qui s’impose prioritairement à tout gouvernement en quantité et en qualité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(l'intégralité de l'intervention de Jean-Pierre Chevènement en vidéo)</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/762ffc043492e493b082d2e88521d437e85f2612" width="608" height="372">
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     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      C’est pourquoi nous ne pouvons qu’être inquiets en lisant les propos de M. Lamy, directeur général de l’OMC le 10 mai 2009 :       <br />
              <br />
       « L’intégration mondiale en matière agricole nous permet d’envisager l’efficience au-delà des frontières nationales … en déplaçant la production agricole vers les lieux plus appropriés. » M. Lamy précise que les rendements sont généralement plus élevés sur les grandes propriétés foncières que sur les petites exploitations. « Nous devons nous rappeler, ajoute-t-il, que les frontières nationales n’ont été définies par rien d’autre qu’un long jeu historique de chaises musicales. »       <br />
              <br />
       Ce mépris des sociétés rurales et des communautés historiquement constituées que sont les nations est tout à fait caractéristique de la pensée libérale la plus dogmatique. Malheureusement c’est cette pensée dogmatique qui domine les travaux de l’OMC appliqués à l’agriculture. Trois orientations dominent la négociation :       <br />
       -	l’amélioration de l’accès aux marchés,       <br />
       -	la réduction tendant vers l’élimination des subventions à l’exportation,       <br />
       -	la réduction substantielle des mesures de soutien interne « ayant pour effet de distordre les échanges », tout se passant comme si un libre-échangisme sans frontières et des prix qui sont bien souvent des prix de braderie devaient servir d’étalon ou de paradigme aux politiques agricoles.        <br />
              <br />
       Ainsi la négociation se déroule-t-elle dans un cadre libéral fixé à l’avance. Si le projet de libéralisation des marchés agricoles s’était concrétisé avant 2006, on peut être sûr que la crise alimentaire de 2007-2008 aurait été beaucoup plus grave. Cette orientation « laissez-fairiste » pèse évidemment dès aujourd’hui sur l’adaptation de la politique agricole européenne commune et déboucherait à terme en 2014 sur son démantèlement, s’il n’y était mis bon ordre d’ici là.        <br />
              <br />
       Il est regrettable que, sous présidence française, les 11 et 12 décembre 2008, dans le cadre d’un « bilan de santé de la PAC », la décision ait été prise de relever de 1% chaque année les quotas laitiers, en attendant leur suppression définitive en 2014. Cette décision était particulièrement inopportune, compte tenu de la chute des prix du lait, d’environ 50% depuis leur pic à l’automne 2007. Plus généralement la réduction des droits de douane qui résulterait d’un accord à l’OMC se traduirait par des importations massives de viande bovine, ce qui pénaliserait un grand nombre de petites et moyennes exploitations françaises dans des régions de moyenne montagne.       <br />
              <br />
              <br />
       Certes la PAC actuelle est critiquable. Elle a été minée dès le départ par la fixation de prix irréalistes et mal hiérarchisés. Devant des excédents imprévus à l’origine, il a été mis fin à la politique de soutien des marchés. La politique agricole commune, révisée en 1992 à l’initiative du Commissaire Mac Sharry, a instauré des paiements directs aux agriculteurs, en contrepartie de baisses de prix drastiques.        <br />
              <br />
       Les réformes ultérieures, en 1999 et 2003, ont persévéré dans la même voie : celle du découplage des soutiens et des prix en favorisant des rentes de situation rigides, au prorata des surfaces exploitées, sans aucune modulation liée à la conjoncture ou aux productions qu’il eût fallu ou non encourager. Il faut rompre avec la pensée libérale dogmatique qui gouverne une politique agricole commune inefficace, coûteuse, et par conséquent fragile. Il faut, pour cela, fonder la future politique agricole commune, de l’après 2013, sur un concept cohérent basé sur l’objectif d’une relative autosuffisance alimentaire de l’Europe.        <br />
              <br />
       Les grands pays d’Asie dont la population dépasse le milliard chercheront leur sécurité alimentaire, sans qu’on puisse exclure qu’ils deviennent, au-delà de la crise économique actuelle et au fur et à mesure de leur industrialisation, des importateurs de produits agricoles, du fait de la rareté de leurs ressources en terres et en eau et de la montée de classes moyennes, dont les habitudes alimentaires se modifieront profondément. Ces pays devront limiter ces importations pour privilégier leurs propres producteurs qui représentent encore plus de la moitié de leur population active. C’est ainsi qu’on a déjà vu l’Inde, l’an dernier, refuser la conclusion du cycle de Doha plutôt que de sacrifier ses 700 millions de petits agriculteurs. Si ces pays acceptaient que leurs paysans quittent leurs terres, l’exode rural ne se dirigerait pas seulement vers leurs villes. Il contribuerait aussi à gonfler le nombre des migrants vers nos pays.       <br />
              <br />
       Comme l’a fort bien écrit M. Pierre Lelong, ancien directeur du Fonds de régularisation des marchés agricoles, prenant le contrepied de M. Lamy : « La théorie des avantages comparatifs ignore le fait qu’à l’échelle planétaire, les hommes et les sociétés ne sont guère délocalisables ». Quant aux Etats-Unis ils ne peuvent à la fois soutenir un libéralisme de principe, subventionner leur agriculture et inonder de leurs produits les économies des pays les moins avancés.        <br />
              <br />
       Il faut donc revenir à des notions simples :       <br />
              <br />
       1.	D’abord admettre qu’il n’y a pas de vérité en matière de prix agricoles en dehors d’une zone géographique donnée, tant les paramètres sociaux, géographiques et environnementaux sont nombreux et hétérogènes. Il y a quelque chose de juste dans la recherche d’une certaine autosuffisance agricole à l’échelle de grandes régions du globe : non que le marché n’ait plus aucun rôle à jouer, mais ce rôle, s’il n’est pas marginal, ne saurait être essentiel. Le commerce agricole ne représente d’ailleurs qu’une faible partie de la production agricole et moins du dixième du commerce mondial. C’est dire que l’exception libre-échangiste britannique telle qu’elle a existé depuis 1846 ne peut se comprendre que dans le cadre d’un monde organisé pour le plus grand profit de la puissance impériale dominante qu’était alors le Royaume-Uni.       <br />
              <br />
       2.	En second lieu, il faut dire que l’intervention sur les marchés et donc par les prix, est la façon la moins coûteuse et la plus efficace de soutenir le revenu des agriculteurs et d’orienter les productions. Il faudrait donc rompre avec le système qui privilégie les aides directes. Or, c’est justement pour se conformer aux exigences de l’OMC, celui d’aides censées « ne pas distordre la concurrence », qu’on remplit des « boites vertes » de mesures budgétaires coûteuses et à l’efficacité problématique. Or, l’évolution probable des prix agricoles vers une hausse modérée à long terme, telle qu’elle résulte d’une prévision récente de l’OCDE et de la FAO, offre une opportunité exceptionnelle pour revenir aux concepts raisonnables qui fondaient la première politique agricole commune.       <br />
              <br />
       3.	En troisième lieu, cette action doit être conçue en terme de régularisation plutôt que de soutien, en fonction d’une grille de prix ne s’écartant pas trop, par souci d’économie, des prix internationaux observés sur le long terme, et tenant compte de multiples paramètres régionaux (hommes, terroirs, ressources en eau, débouchés, etc.).       <br />
              <br />
       4.	En quatrième lieu, les mécanismes de régularisation doivent, autant que possible, associer les producteurs d’une manière décentralisée et converger avec les actions de conversion et d’orientation nécessaires.       <br />
              <br />
       Bref, il faut trouver un équilibre, à travers des prix modérés, entre les exigences de la cohésion à l’intérieur de l’Union européenne et le souci de nos relations avec les pays tiers, sans oublier le cas spécifique des pays d’Afrique.       <br />
              <br />
       Pour élaborer un concept cohérent, à même de fonder une PAC renouvelée et viable, il faut donc partir d’une idée simple : le monde de demain ne sera pas celui des marchés agricoles unifiés sur lesquels s’effectuerait l’essentiel des transactions en fonction de prix internationaux variables et difficilement prévisibles. L’agriculture ne peut s’accommoder d’aussi grands aléas.       <br />
              <br />
       Le monde de demain sera composé de quelques grands espaces agricoles dont il faudra organiser les relations commerciales. Chacun d’eux recherchera autant qu’il le pourra à atteindre une certaine autosuffisance. Mais la dépendance par rapport aux marchés et donc aux prix internationaux ne s’exercera qu’à la marge. Une telle orientation permettrait de sauver les paysanneries européennes ou plutôt ce qu’il en reste. Cela éviterait un immense gaspillage, car il sera coûteux et difficile de rebâtir des systèmes agricoles, après qu’on les aura laissé péricliter voire disparaître. Une telle orientation doit commander notre attitude dans les négociations à l’OMC.       <br />
              <br />
       Disons les choses clairement : ces négociations ont été mal engagées sur des bases faussées dès l’origine.       <br />
              <br />
              <br />
       Le projet de l’OMC concernant l’agriculture de juillet 2008 était fondé, je le rappelle :       <br />
              <br />
       1.	sur la réduction globale du soutien interne censé avoir des « effets de distorsion sur les échanges » ;       <br />
       2.	sur une réduction des tarifs empêchant le libre accès aux marchés ;       <br />
       3.	sur la suppression des aides à l’exportation.       <br />
              <br />
       Comme chacun le sait, ce projet n’a pas abouti à ce jour et le Directeur général de l’OMC l’a remis en chantier, sans pour autant s’écarter des principes qui le fondent, à savoir la théorie libérale des avantages comparatifs.       <br />
              <br />
       1.	C’est ainsi que la mesure globale de soutien (MGS) censée fausser les échanges devrait être réduite de 80% pour l’Union européenne, 70 % pour les Etats-Unis et le Japon, 55 % pour le reste. Ces réductions auraient été mises en œuvre sur cinq ans pour les pays développés, huit ans pour les pays sous-développés.        <br />
              <br />
       Trois observations s’imposent à ce stade :       <br />
              <br />
       a)	L’Union européenne est le continent le plus pénalisé.       <br />
       b)	Les pays en voie de développement constituent une catégorie fourre-tout : on y trouve aussi bien certains pays du groupe de Cairns que les pays les moins avancés. Ce choix privilégie les grandes exploitations latifondiaires au détriment de la moyenne exploitation agricole européenne.       <br />
       c)	Enfin, les réductions s’appliquent pour l’essentiel à la catégorie « orange » et épargne la catégorie dite « verte », c’est-à-dire les aides découplées du revenu. Conclure sur ces bases la négociation engagée à l’OMC ce serait figer la politique agricole commune qui repose déjà, pour l’essentiel, sur le découplage des aides d’avec la production et la fragiliser gravement pour l’avenir.       <br />
              <br />
       L’Union européenne ne devrait pas accepter de conduire à l’OMC un accord qui l’empêcherait de revenir à un système d’aides plus raisonnable, fondé principalement sur des prix garantis modérés à la production. Un tel système éviterait le gaspillage et permettrait de réduire le coût de la PAC, dans des conditions qui seraient à la fois conformes aux intérêts de la France, compte tenu des avantages agricoles naturels dont elle dispose et à celui des paysanneries européennes, et acceptable pour nos partenaires européens.       <br />
              <br />
              <br />
       2.	Par ailleurs, les réductions de tarifs selon la méthode de l’étagement frapperaient plus sévèrement l’Union européenne que ses concurrents potentiels. Pour l’Union européenne, l’abaissement prévu est de :        <br />
       -	70 % pour les tarifs supérieurs à 75 %       <br />
       -	64 % pour les tarifs compris entre 50 % et 75 %       <br />
       -	57 % pour les tarifs compris entre 20 % et 50 %       <br />
       -	50 % pour les tarifs inférieurs à 20 %       <br />
              <br />
       Il resterait peu de choses de la protection tarifaire pour l’agriculture européenne. Par comparaison, les pays dits en voie de développement, parmi lesquels des grands pays comme le Brésil verraient abaisser de :        <br />
       -	46,7 % les tarifs supérieurs à 130 %       <br />
       -	42,7 % les tarifs compris entre 80 % et 130 %       <br />
       -	38 % les tarifs compris entre 30 % et 80 %       <br />
       -	33,3 % les tarifs inférieurs à 30 %       <br />
              <br />
       C’est donc d’un véritable démantèlement tarifaire qu’il s’agirait pour l’Europe  et de surcroît asymétrique, avec des pays comme le Brésil disposant d’avantages comparatifs supérieurs aux nôtres.       <br />
              <br />
       La politique agricole commune initiale avait été fondée sur le principe des prélèvements à l’importation, remplacés, sous la pression de l’OMC, par des droits de douane, d’abord variables, puis fixes. Le dernier acte serait accompli avec le véritable démantèlement tarifaire dont le projet de l’OMC a dessiné la perspective. Si on peut admettre que les PMA d’Afrique disposent de contingents tarifaires en franchise de droits, il est légitime de protéger nos agriculteurs contre la concurrence de « pays neufs » qui pour des raisons géographiques peuvent produire à très bas coût.        <br />
              <br />
              <br />
       3.	Une troisième catégorie de mesures concerne l’élimination d’ici 2013 de subventions à l’exportation, à commencer par leur réduction de moitié dans une première étape. Il n’est pas du tout certain que ces mesures bénéficient aux agriculteurs de pays les moins avancés qui, en cas de famine ou de crise alimentaire grave ou même de pénurie structurelle, peuvent avoir besoin d’importer à bas prix. Il faudrait veiller qu’au-delà de l’aide alimentaire d’urgence, nos exportations vers les grands pays importateurs de demain ne seront pas handicapées. La visibilité manque pour prendre aujourd’hui de pareils engagements. Mais j’admets que plutôt qu’aux subventions à l’exportation on préfère développer les possibilités de stockage pour reporter la production sur une période moins excédentaire. Une certaine régulation de la production éviterait d’ailleurs tout écart durable entre production et consommation.       <br />
              <br />
              <br />
       D’une manière générale il faut opposer au libre-échangisme doctrinaire le principe d’une concurrence équitable dans les échanges internationaux. Nous voyons les produits industriels fabriqués dans les pays à bas coût envahir nos marchés à des prix de dumping, qu’il s’agisse de dumping social, monétaire ou environnemental. La France et l’Europe seraient bien inspirées de ne pas poursuivre dans le domaine agricole le désarmement unilatéral auquel elles ont procédé en matière industrielle.       <br />
              <br />
       De lourdes menaces pèsent sur l’avenir de l’agriculture française à l’OMC et au niveau européen dans le cadre de la révision de la PAC après 2013 dont on peut craindre le démantèlement, si la négociation de Doha aboutit à une diminution drastique de la protection douanière et des subventions agricoles.       <br />
              <br />
       Or nous savons très bien que d’autres intérêts sont en jeu, notamment dans les services et que le gouvernement peut très bien être tenté de faire prévaloir l’intérêt de quelques multinationales sur celui des agriculteurs. Ces multinationales ne sont bien souvent françaises que de nom. Leur logique de développement, essentiellement financière, est très éloignée des intérêts de l’économie française.       <br />
              <br />
       Nous demandons à être rassurés quant à votre détermination pour éviter que la Commission européenne ne soit tentée, encore une fois, de brader les intérêts de l’agriculture. Ce n’est pas le protectionnisme qui a créé la crise économique actuelle. C’est la liberté absolue laissée aux capitaux de spéculer et aux multinationales de se déplacer, et dans une économie totalement ouverte  qui nous désarme face à la concurrence sauvage du dollar ou des pays à très bas coûts salariaux.       <br />
              <br />
       Je souhaite que la France défende ses intérêts qui sont aussi ceux de l’Europe. Celle-ci doit assumer pour l’essentiel son autosuffisance alimentaire. Elle doit veiller à l’équilibre de sa société où il n’est pas nécessaire que l’exode rural vienne gonfler le nombre des chômeurs. Elle doit veiller  à la protection de ses paysages et à la qualité de son alimentation. Bien entendu il convient de traiter à part les pays les moins avancés dont le destin est lié au nôtre – je pense à l’Afrique et aux Caraïbes. Ces pays ont besoin de pouvoir accéder à notre marché pour leurs productions qui généralement ne concurrencent guère les nôtres, pour des raisons climatiques. Ces pays en voie de développement ne sont pas ceux du groupe de Cairns. Ceux-ci ne sont plus depuis longtemps des pays en voie de développement.       <br />
              <br />
       La crise alimentaire de 2006-2008 a montré que l’équilibre alimentaire du monde était loin d’être assuré dans le long terme. La situation de l’Afrique est à cet égard particulièrement préoccupante. L’Europe, en raison de son histoire mais aussi de sa proximité géographique, a le devoir de s’en préoccuper si l’on veut éviter de grands mouvements migratoires. On ne peut confier cette mission aux seules lois du marché.       <br />
              <br />
       L’Afrique est le prolongement naturel de l’Europe. Notre continent a le droit de se protéger vis-à-vis des grands pays neufs qui n’ont pas les mêmes contraintes. L’Europe peut pourvoir pour l’essentiel à ses besoins alimentaires. Cet objectif d’une relative autosuffisance alimentaire ne nous coupera pas du marché mondial, mais le remettra à sa place qui ne saurait être la première. Car d’autres considérations économiques, sociales, sanitaires, environnementales, doivent primer.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi nous attendons, Madame la Ministre, que la France utilise, le cas échéant, son droit de veto à l’OMC pour faire obstacle à la conclusion d’une négociation qui empêcherait une réorientation efficace de la politique agricole commune. Mieux vaut une absence d’accord qu’une négociation bâclée, car l’avenir de l’agriculture française et européenne est incompatible avec l’acceptation du cadre libéral mondialisé. L’OMC mériterait mieux son nom si les marchés étaient véritablement organisés. C’est l’organisation qui manque. Dans le sigle de l’OMC, le « O » aujourd’hui n’a pas sa place. Nous ne voulons pas que notre agriculture disparaisse comme ont déjà disparu des pans entiers de notre industrie. Nous voulons une Europe qui protège et non une Europe ouverte et offerte, simple relais du libéralisme mondialisé.       <br />
              <br />
       -------------       <br />
       Voir aussi les actes du colloque du 9 juin 2008 de la Fondation Res Publica <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Quelle-politique-agricole,-au-defi-de-la-crise-alimentaire-mondiale-_r46.html">&quot;Quelle politique agricole, au défi de la crise alimentaire mondiale ?&quot;</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1454250-1932981.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Mieux-vaut-une-absence-d-accord-qu-une-negociation-baclee_a813.html</link>
  </item>

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   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-1443936</guid>
   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica :  Crise du libre-échange mondial : comment en sortir ?</title>
   <pubDate>Sat, 20 Jun 2009 20:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 27 avril 2009 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1443936-1917482.jpg?v=1289480070" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica :  Crise du libre-échange mondial : comment en sortir ?" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica :  Crise du libre-échange mondial : comment en sortir ?" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil-par-Jean-Pierre-Chevenement_a405.html">Accueil de Jean-Pierre Chevènement</a>, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-protectionnisme-aujourd-hui_a406.html">Le protectionnisme aujourd’hui</a>, par Jacques Sapir, directeur d'études à l'EHESS, auteur de Le Nouveau XXIè Siècle (Seuil, 2008)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Les-avantages-d-un-protectionnisme-europeen_a407.html">Les avantages d’un protectionnisme européen</a>, par Hakim el Karoui, banquier d'affaires, auteur de L'avenir d'une exception (Flammarion, 2006)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-protectionnisme-n-est-pas-la-solution_a408.html">Le protectionnisme n’est pas la solution</a>, par Jean-Marc Daniel, professeur d'économie à l'ESCP-EAP et directeur de la revue Societal       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-crise-du-commerce-mondial,-symptome-d-une-crise-de-la-demande-globale_a409.html">La crise du commerce mondial, symptôme d’une crise de la demande globale</a>, par Jean-Luc Gréau, économiste, auteur de La trahison des économistes (Gallimard, 2008)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a410.html">Débat final</a>       <br />
              <br />
       Voir le dossier en ligne <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Crise-du-libre-echange-mondial-comment-en-sortir_r56.html">sur le site de la Fondation Res Publica</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1443936-1917482.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Crise-du-libre-echange-mondial-comment-en-sortir_a810.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-1419649</guid>
   <title>Abstention, crise de l'Europe, crise de la gauche: le point de vue de Jean-Pierre Chevènement</title>
   <pubDate>Tue, 09 Jun 2009 12:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il était l'invité de Public Sénat lundi 8 juin de 19h à 19h30.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Les invités :</span>       <br />
       - Jean-Pierre Chevènement, Président du Mouvement Républicain et Citoyen       <br />
       - Patrick Le Hyaric, Député européen élu (Front de Gauche)       <br />
       - Yannick Jadot, Député européen élu (Europe Ecologie)       <br />
       - Damien Abad, Député européen élu (Majorité présidentielle)       <br />
              <br />
       L'<a class="link" href="http://www.publicsenat.fr/emissions/le-18h/rama-yade,-david-assouline,-jean-pierre-chevenement/62064">émission</a> est rediffusée sur Public Sénat 24/24 mardi 9 juin à 01h30       <br />
       La vidéo est podcastée ci-dessus.
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     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Dans le débat sur le G20, trois tabous à lever : la propriété des banques, la régulation du commerce international, une nouvelle monnaie de réserve</title>
   <pubDate>Thu, 30 Apr 2009 18:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Intervention du sénateur Chevènement lors du débat du 30 avril 2009 consacré aux suites du G20 et de la crise financière internationale.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1351209-1784129.jpg?v=1289480068" alt="Dans le débat sur le G20, trois tabous à lever : la propriété des banques, la régulation du commerce international, une nouvelle monnaie de réserve" title="Dans le débat sur le G20, trois tabous à lever : la propriété des banques, la régulation du commerce international, une nouvelle monnaie de réserve" />
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      Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, mes chers collègues,       <br />
              <br />
       Nous n’avons pas tous la même analyse de la crise. Les divergences d’analyses sur les causes de la crise n’ont pas empêché le groupe de travail de formuler à l’unanimité des pistes de réforme concernant d’abord l’assainissement des relations avec les paradis fiscaux, bancaires et réglementaires, ensuite l’architecture de la supervision internationale et enfin la régulation des produits et acteurs financiers.       <br />
              <br />
       Reconnaissons le d’abord, la réunion du G20 marque un progrès : car le G20 à la différence du G7, associe la plupart des grands pays émergents. Il reflète la nouvelle multipolarité du monde. Notre groupe de travail a souhaité le renforcement de son rôle politique et son institutionnalisation et cela paraît en bonne voie.        <br />
              <br />
       Sur le fond, le G20 du 2 avril 2009 a pris des positions qui vont souvent dans le bon sens mais qui sont insuffisantes, voire pour certaines inappropriées : ainsi, l’assainissement des relations avec les paradis fiscaux, problème important mais qui n’est pas à la racine de la crise, prendra du temps et demandera une résolution sans faille. Celle-ci manque souvent, comme l’a rappelé Mme Bricq, s’agissant des propositions de messieurs Barroso et le commissaire Mac Creevy. De même la limitation de la réglementation des hedge funds à ceux qui ont une importance systémique pourra être facilement tournée. Joseph Stiglitz, <a class="link" href="http://www.lesechos.fr/info/inter/300342554-joseph-stiglitz-ni-les-etats-unis-ni-le-g20-ne-proposent-un-cadre-convaincant-de-regulation-.htm">dans une interview aux « Echos »</a> observe qu’il n’y a, sur ce point essentiel, aucun engagement du fait de l’influence dans le système des banques américaines. Il ajoute qu’il n’y a pas de volonté réelle de venir à bout des facteurs qui ont contribué à la crise. Il cite, comme l’a fait excellemment remarqué le Président Arthuis,  en particulier le traitement des produits dérivés qui ont pourri le système.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(l'intégralité de l'intervention de Jean-Pierre Chevènement en vidéo)</span>
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     <br style="clear:both;"/>
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     <br style="clear:both;"/>
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      A mes yeux le système financier est inséparable du système productif. Le document de travail distribué à la Commission mixte notait <span style="font-style:italic">« une déformation du partage des revenus du capital et du travail »</span>, lui-même à l’origine du <span style="font-style:italic">« développement irresponsable du crédit aux Etats-Unis »</span>. La fuite en avant dans l’endettement, la titrisation et les produits dérivés a résulté de l’insuffisance de la demande liée à la déflation salariale, elle-même issue d’un libre-échange déséquilibré avec des pays dont les coûts de revient salariaux sont inférieurs de dix à vingt fois aux nôtres.        <br />
              <br />
       Les deux problèmes essentiels, celui de l’assainissement financier et celui de la relance économique sont donc étroitement connectés.       <br />
              <br />
       Il ne suffit pas d’injecter des capitaux dans le système bancaire pour l’assainir. Il est même choquant de voir le contribuable venir au secours de banquiers faillis qui ne souhaitent, une fois remis en selle, que recommencer le grand jeu de la mondialisation inégale, de la course à des taux de rentabilité exorbitants qui étaient censés justifier leurs extravagants bonus, et de reprendre leurs pratiques déresponsabilisantes de titrisation. Il faudrait au moins exiger que les banques conservent à leur bilan les risques les plus lourds et ne puissent titriser qu’une partie de leurs prêts, comme l’a suggéré le rapport du groupe de travail. Nos concitoyens ne peuvent accepter que la dette publique prenne simplement le relais de la dette privée, creusée par ceux-là mêmes qu’on maintient en place, alors qu’ils n’ont rien perdu de leur arrogance et de leurs prétentions financières. Oui, la question de la nationalisation des banques se pose, <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Un-veritable-debat-national-sur-la-crise-financiere_a698.html">comme je l’avais suggéré, dès les 8 et 15 octobre 2008</a>, dans le débat sur la crise financière et sur la loi de refinancement de l’économie. Elle se pose notamment pour Dexia et pour la banque issue de la fusion de la Caisse Nationale d’Epargne et des Banques Populaires.       <br />
              <br />
       La renationalisation de tout ou partie du système bancaire en France comme ailleurs, obéit à une double nécessité : politique d’abord : il est normal que celui qui paye commande. Economique ensuite : la reprise du crédit ne se fera que par une entente coopérative entre les banques. <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Vers-un-Etat-producteur-de-la-norme_a355.html">Comme l’a bien montré Jean-Luc Gréau</a>, c’est à l’Etat d’organiser et de surveiller cette entente coopérative durant toute la période nécessaire au retour à la normale.        <br />
              <br />
       J’en arrive maintenant aux plans de relance économique. Dominique Strauss-Kahn a mis en cause la frilosité des pays européens. Certes un nouveau plan de relance axé sur l’investissement, la préservation du tissu productif, les revenus les plus bas, les chômeurs et les jeunes ne doit pas être exclu, mais il est légitime de s’aviser que l’injection de crédits publics n’aboutisse pas, comme on dit, à « arroser le sable ». Il est malheureusement trop évident que l’effort du contribuable a servi jusqu’ici, pour l’essentiel, non pas seulement en France, mais d’abord aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, à renflouer le système bancaire, en vertu du principe : « On prend les mêmes et on recommence ».        <br />
              <br />
       Un traitement insuffisant de la crise ne sera pas toléré, car aussi bien, cela ne marche pas : le risque principal aujourd’hui est dans le mitage du système « banque-assurances » par ses engagements irraisonnés (plus de 60 trillions de CDS – crédit default swaps) dit produits dérivés, sujet non traité par le Sommet de Londres. Il est vrai que le redressement de nos économies pose un problème d’une immense ampleur.        <br />
              <br />
       Pour redonner un horizon à nos démocraties et ramener durablement la confiance, il faut une perspective de progrès partagé : un progrès des rémunérations égal à celui de la productivité, un partage plus honnête des salaires et du profit. On m’objectera que ce progrès n’est pas compatible avec le libre échange généralisé, notamment vers les pays à très bas coût salariaux. Mais c’est cela qu’il faut revoir, en instaurant une concurrence équitable, je n’ai pas dit un repli autarcique, mais une régulation négociée des échanges internationaux permettant une sortie de crise à l’échelle mondiale et d’abord en Europe et aux Etats-Unis, à partir d’une revalorisation salariale substantielle, à l’abri d’une protection modérée, corrigeant les distorsions de salaires abusives.        <br />
              <br />
       Or le sommet de Londres se borne à fulminer une excommunication contre le protectionnisme au nom d’une lecture biaisée de l’histoire des années trente. Les mêmes qui ont failli veulent persévérer : alors que le commerce international devrait se contracter de 9 % en 2009, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le protectionnisme, ceux-là mêmes qui ont présidé à une mondialisation qu’ils disaient « heureuse » mais qui s’est révélée catastrophique, entendent à nouveau et encore plus « libéraliser » le commerce international à Doha, en juillet prochain. Il n’y a aucune guérison à attendre de ces mauvais médecins. Il faudrait, au contraire mettre en place une régulation par grandes zones économiques, regroupant des pays de niveau comparable en termes de salaires, sans se fermer à une raisonnable concurrence des pays à bas coûts, ceux-ci étant fortement incités, en contrepartie, à développer leur marché intérieur, leur système de sécurité sociale, et la protection de leur environnement. Une nouvelle régulation des flux commerciaux à l’échelle mondiale nécessaire, dès lors que les écarts salariaux vont de 1 à 20, devrait bien évidemment faire l’objet d’une grande négociation internationale entre les pays du G20. Je me réjouis encore une fois à cet égard des progrès effectués pour institutionnaliser ces sommets, que ce soit au niveau des ministres des finances ou à celui des chefs d’Etat et de gouvernement.       <br />
              <br />
       Le FMI, dont l’action a été si critiquable vis-à-vis des pays du Sud endettés, voit tripler le montant de ses moyens financiers. Mais cela ne remédiera pas aux déséquilibres fondamentaux dont souffre l’économie mondiale du fait notamment du déficit abyssal de la balance commerciale américaine et de la fragilité du dollar.        <br />
              <br />
       Le problème du système monétaire international n’a pas été abordé à Londres par le G20, alors même que le Federal Reserve Board, la Banque centrale américaine n’a pas seulement pris en charge dans son bilan des actifs douteux colossaux, comme l’ont relevé messieurs Arthuis et Marini, mais elle a commencé à monétiser la dette publique américaine, en achetant 300 milliards de dollars de bons du Trésor. Le Président de la Banque Centrale de Chine a mis le doigt sur un problème essentiel en proposant de créer un nouveau système de réserves monétaire constitué, comme les DTS émis par le FMI, d’un panier de monnaies. Qu’en pense le gouvernement français, qui se souvient peut-être de la mise en cause par le général de Gaulle, en 1964, du privilège du dollar ?       <br />
              <br />
       Il n’est pas normal que le monde dépende des émissions de monnaie des Etats-Unis. Ceux-ci doivent sortir du modèle rentier dans lequel ils se sont enfermés. Tout montre que cet objectif est inaccessible sans une remise  en cause d’un libre échange généralisé et dogmatique qui, en comprimant les salaires dans les pays anciennement industrialisés, est, avec le privilège du dollar, à l’origine de la crise actuelle. Le G20 sera très utile pour négocier les transitions nécessaires.       <br />
              <br />
       La réforme du système monétaire international doit être mise à l’ordre du jour du prochain sommet du G20.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/controle/groupe-travail-crise-financiere.asp">Le travail du groupe sur la crise constitué au sein du Parlement français</a> n’a aucune raison de s’interrompre. Bien au contraire, nous devons multiplier nos échanges, comme l’a d’ailleurs suggéré le Président de la République, avec les Parlements voisins et les institutions européennes. Nos propositions doivent nourrir le débat public : c’est aussi ce qu’attendent du Parlement nos concitoyens.
     </div>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Dans-le-debat-sur-le-G20-trois-tabous-a-lever-la-propriete-des-banques-la-regulation-du-commerce-international-une_a795.html</link>
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