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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>"Si la France s'aimait, tous ces problèmes d'intégration seraient résolus"</title>
   <pubDate>Sat, 30 Nov 2013 11:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "Entre les lignes" sur LCP samedi 30 novembre 2013. Il répondait aux questions de Frédéric Haziza et débattait avec Alain Finkielkraut.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> La guerre de 1914 est une épreuve inouïe, comme notre peuple en a peu connue : 1,5 millions de Français sont morts durant cette guerre.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a deux versions de cette guerre : la version pénitentielle, associée à l'idée de mort, d'absurdité, de fin de la France. Mais il y a une version différente, plus tonique d'une certaine manière : la guerre de 1914-1918 est ce qui a permis à la France de rester une grande nation, parce qu'elle a résisté, parce que Churchill s'est souvenu en 1945 du sacrifice des Poilus, et la France a été rétablie à son rang, non seulement par les immenses mérites du général de Gaulle, mais également par la projection de ce souvenir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On oublie qu'en 1940, la France était seule. Les Britanniques n'avaient envoyé que 8 divisions et pas d'aviation, les Américains ne voulaient pas intervenir, ni vendre des avions à crédit, l'URSS était alors l'alliée de l'Allemagne nazie. On ne porte pas un regard juste, équitable, sur l'histoire de la France au XXe siècle, si on ne rassemble pas tout cela.        
       </li></ul><ul class="list"><li> 1914-1918 a été une guerre de défense nationale, parce que la France a été agressée, parce que les dirigeants de l'Allemagne de Guillaume II ont mené une guerre préventive, comme l'Amérique de Bush fils en Irak, destinée à mettre la France hors-jeu en six semaines.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'identité française est malheureuse, comme le dit à juste titre Alain Finkielkraut, pour cela mais aussi pour d'autres raisons. Elle est malheureuse depuis 1918-1919, parce qu'il y a eu trop de morts.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le traité de Versailles a été déséquilibré d'emblée parce que le président américain Wilson a été battu aux élections américaines de 1920, que l'Amérique et l'Allemagne ont conclu une paix séparée, et l'absence de la garantie donnée par Wilson à Clemenceau a fragilisé l'édifice, qui ne reposait plus que sur la prééminence à perte de vue de l'armée française. Or ça, c'était un pari qui ne pouvait pas être tenu.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Je partage beaucoup des idées d' Alain Finkielkraut, notamment sur l'école, les valeurs de la transmission. Il y a néanmoins des choses que je voudrai nuancer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Sur Vichy, l'Occupation, il faut toujours se rappeler qu'en 1940, la France était seule. Les grandes démocraties ne sont pas venues à son secours.        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est une faute qu'a commise Jacques Chirac, en identifiant l'irréparable, qui a été effectivement commis par l’État français de Vichy, et la France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a des dizaines de milliers de résistants qui ont été fusillés, plus de 600 000 Français ont été tués dans les camps ou ailleurs, et par conséquent il ne faut quand même pas faire injure à ceux qui ont refusé l'équation « Pétain, c'est la France ».        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut éviter les excès de l'idéologie pénitentielle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La guerre de 14 doit être commémorée autrement qu'on ne le fait : c'est quand même un acte de foi de la France en elle-même. C'est un immense sacrifice qui est fait pour que la France continue.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a dès aujourd'hui plus de francophones en Afrique qu'il n'y en a en France. Cela rejaillit sur l'identité française, qui au fond est une identité d'adhésion. Être Français, c'est vouloir être français, comme le disait Renan, c'est avoir un legs de souvenirs communs et en même temps vouloir continuer à vivre ensemble.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France a toujours accueilli des apports venus d'ailleurs, et nous pouvons toujours en accueillir, par exemple des peuples arabes. L'essentiel est que la personnalité de la France reste une personnalité structurée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France vit au long des siècles. Elle n'est pas née en 1789, même si la République est le nom moderne de la France. Mais pour que la Révolution française se produise, il a fallu toute une sédimentation. Emmanuel Todd explique cela très bien à travers les structures de la parenté.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut défendre l'idée que la France nous appartient à tous.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on prend la Marseillaise en 1985 et aujourd'hui, on constate les fantastiques progrès qu'elle a fait.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis un laïc, plutôt strict. Je pense que les étrangers accueillis sur notre sol doivent respecter nos lois. Pour autant, qu'on on regarde l'immigration, 46% des hommes nés de l'immigration maghrébine se marient en dehors de leur groupe ou de leur aire culturelle d'origine. Je reste confiant dans la capacité de la France à surmonter la crise, qui est une crise de longue durée, qui vient de très loin, pour faire France à nouveau.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut distinguer l'islamisme radical, qu'il faut combattre, de l'islam qui est une religion comme les autres, dès lors qu'elle accepte les lois de la République.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si la France avait confiance en elle-même, si elle croyait en son avenir, si elle était rayonnante du fond d'elle-même, elle n'aurait aucune peine à intégrer tous ces gens, qui ne la rejettent, pour certains seulement, que parce que la France se hait elle-même. Si la France s'aimait, tous ces problèmes seraient résolus.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> La France est une identité d'adhésion, où chacun vient avec son cœur.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Vous savez, je suis président d'une association, France-Algérie, et je vois beaucoup de Franco-Algériens qui ont magnifiquement réussis. Il n'y a pas que les petits dealers, il y a aussi des gens qui ont travaillé, qui sortent de rien, qui sont des fonctionnaires, des ingénieurs, des techniciens, qui sont des gens qui veulent élever leurs enfants, au bon sens du terme, c'est à dire les hisser plus haut qu'eux-mêmes encore.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense qu'on ne peut pas être systématiquement pessimiste. Gardons une idée de ce que la France peut être dans le siècle à venir.        <br />
              <br />
       -----       <br />
       Découvrez le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/1914-2014/">1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?</a> (éditions Fayard)</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <title>Réponse à Malakine: la situation est aujourd’hui beaucoup moins désespérée qu’elle ne le paraissait le 18 juin 1940</title>
   <pubDate>Tue, 01 Mar 2011 17:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2733101-3868376.jpg?v=1298994684" alt="Réponse à Malakine: la situation est aujourd’hui beaucoup moins désespérée qu’elle ne le paraissait le 18 juin 1940" title="Réponse à Malakine: la situation est aujourd’hui beaucoup moins désespérée qu’elle ne le paraissait le 18 juin 1940" />
     </div>
     <div>
      Malakine, <a class="link" href="http://horizons.typepad.fr/accueil/2011/02/la-france-est-elle-finie-de-jean-pierre-chevnement.html">sur son blog</a>, m’invite à aller plus loin que mon livre : <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/La-France-est-elle-finie_a1027.html">« La France est-elle finie ? »</a> pour répondre à ses interrogations, ce que je vais essayer de faire. Elles sont pertinentes, tellement même qu’il m’arrive de me les formuler à moi-même.       <br />
              <br />
       Je souhaite auparavant dissiper quelques malentendus. J’ai beaucoup d’admiration pour les intuitions et les analyses souvent pénétrantes et toujours stimulantes d’Emmanuel Todd. Il me semble cependant que l’exigence républicaine telle que je l’ai définie permet de dépasser l’opposition entre la « culture individualiste » et la « culture souche ». Je ne méconnais pas le temps long de l’Histoire qui ferait rouler chaque peuple indéfiniment dans son ornière. J’ai constaté depuis longtemps qu’il fallait un projet pour rassembler les Français. Je n’ironise pas, comme le croit Malakine, sur l’universalisme. Je crois avoir écrit que la République était universelle, à condition d’être pensée dans au moins trois dimensions : <span style="font-style:italic">« l’intérêt national à long terme ne peut s’opposer à l’intérêt européen et celui-ci ne peut se définir dans l’oubli des intérêts généraux de l’Humanité »</span> (p. 295). Je réserve donc ma douce ironie à l’illusion répandue chez les Français que leur culture est celle de l’Univers, ce qui les rend insensibles à l’existence d’autres cultures. Je ne crois donc pas professer « une conception holiste de la nation ». Les <span style="font-style:italic">« valeurs de transmission »</span> sont, pour l’essentiel, des valeurs d’éducation : les vrais républicains révèrent l’Ecole. La République est d’abord <span style="font-style:italic">« enseignante »</span>. S’identifiant à la fois à un projet et à la France, la République « modèle Valmy », est plus forte que tous les <span style="font-style:italic">« holismes »</span>. Voilà, je l’espère, dissipés quelques malentendus.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Peut-être (et même sûrement) n’ai-je pas bien compris l’anthropologie « toddienne ». Il faut que je m’y remette ! Mais pas plus que moi, Emmanuel Todd ne me semble croire à une « refondation à zéro » de l’Humanité et encore moins en la possibilité d’une rupture totale en l’Histoire (p. 244).       <br />
              <br />
       Pour ma part, je crois en la <span style="font-style:italic">« volonté de raison »</span> et à la supériorité de la conscience sur l’inconscience de la simple Tradition. C’est ma définition de la République comme recherche d’un intérêt général donc collectif, au-dessus des intérêts individuels ou catégoriels. On peut trouver cette démarche idéaliste. Mais elle ne m’a jamais empêché de voir que la France a préexisté à la Révolution et à la République, et que même la France les a rendues possibles. La République est le nom moderne de la France. Elle intègre la devise républicaine à son patrimoine « toddien », si je puis dire. Il me semble que les « grands républicains » ont très bien compris cette filiation, de Gambetta à De Gaulle, en passant par Ferry, Clemenceau, et Jaurès qu’il ne faut pas oublier.       <br />
              <br />
       La question de l’Ancien Régime et de la Révolution est aujourd’hui dépassée. Ce qu’il faut comprendre c’est l’affaissement de la République depuis l’entre-deux guerres jusqu’à  aujourd’hui. Il faut relire autrement notre XXe siècle pour pouvoir entrer dans le XXIe.       <br />
              <br />
       Mon livre est donc fondamentalement optimiste, car il vise à restaurer chez les Français l’estime de soi et par conséquent la confiance et l’élan qui leur manquent aujourd’hui pour construire leur avenir. J’ai essayé de montrer que dans le grand choc des idéologies nées de la <span style="font-style:italic">« barbarisation »</span> (Hobsbawm) de la Première Guerre mondiale  (le communisme et le fascisme), la France avait quand même des excuses pour s’être « évanouie » (au propre comme au figuré) en mai-juin 1940. René Girard a sans doute eu raison d’écrire qu’on ne peut pas <span style="font-style:italic">« faire deux fois Verdun »</span>, surtout pour un peuple aussi démographiquement épuisé que l’était le peuple français dans les années trente.       <br />
              <br />
       De Gaulle a symbolisé le 18 juin, « l’intérêt général » au sens le plus élevé (celui de la France mais aussi celui de la liberté dans le monde, comme il l’affirme explicitement dans son discours du 22 juin), intérêt général tellement héroïque qu’il a fallu quelque temps à la majorité des Français pour s’en rapprocher. Mais n’oublions pas que <a class="link" href="http://pages.livresdeguerre.net/pages/sujet.php?id=docddp&amp;su=48&amp;np=99">le discours de Pétain</a> sur le <span style="font-style:italic">« vent mauvais »</span> qu’il sent se lever sur la France (c’est-à-dire l’esprit de résistance) date de mai 1941, un mois avant l’invasion de l’Union Soviétique par les nazis. Le peuple français, certes prostré après la défaite, n’a jamais été collaborationniste, n’en déplaise à ses contempteurs  qui veulent en faire les complices du génocide (voir le honteux procès fait à la SNCF).       <br />
              <br />
       Il faut aujourd’hui relever la République, c’est-à-dire la France. La crise de l’européisme (c’est-à-dire la confusion de l’Europe à la fois avec la « méthode communautaire » inventée par Jean Monnet et avec le néolibéralisme aujourd’hui en crise), en offre l’occasion. La France est certes un pays individualiste mais elle n’est pas le seul au monde : les Etats-Unis aussi sont un pays individualiste. Mais il n’est pas fatal que l’individualisme submerge le sens du collectif, c’est-à-dire le patriotisme, au bon sens du terme. J’observe que les socialistes eux-mêmes, tout en continuant à m’ostraciser, moi et mes amis, sous prétexte que nos idées seraient « réactionnaires » (ce qui leur évite d’avoir à les discuter), ont réappris à invoquer « l’intérêt général », certes du bout des lèvres, et sans toujours en bien comprendre la signification. Mais la prière, selon Pacal, ne finit-elle pas par engendrer la foi ?       <br />
              <br />
       Je ne méconnais nullement, comme semble le croire Malakine, l’état calamiteux de l’esprit public actuel. S’il fallait en rester aux catégories de « droite » et de « gauche », passablement usées par l’usage qui en a été fait, on pourrait spéculer sur les capacités respectives de la gauche à se réapproprier la République et la France (c’est-à-dire le patriotisme), et de la droite à mettre de son côté le civisme et le sens de l’Etat. Ne rêvons pas : seuls de grands évènements pourraient ouvrir l’ère de ces grandes redécouvertes. Mais ces évènements ne sont-ils pas devant nous ?       <br />
              <br />
       Contrairement à vous, cher Malakine, je ne crois pas que l’Allemagne puisse persévérer dans son <span style="font-style:italic">« cavalier seul »</span> pour les quatre raisons que j’ai énoncées dans mon livre (p. 229). L’idée du <span style="font-style:italic">« schisme européen »</span> (à l’Allemagne le Nord de l’Europe, à la France le Sud), me paraît contraire à la vocation même de notre pays dont le nom est germanique, même si la langue est latine.       <br />
              <br />
       Ce que vous dites sur <span style="font-style:italic">« ces élites qui se vivent comme appartenant à une oligarchie mondiale »</span> me fait penser à un livre écrit en 1994 par Christopher Lasch, intitulé <span style="font-style:italic">La révolte des élites</span>. C’était et c’est une vérité d’observation : aux Etats-Unis comme en France. Obama en prônant la réindustrialisation des Etats-Unis a à peine commencé à remettre les pendules à l’heure …       <br />
              <br />
       Revenons à la France : celle-ci ne sera finie que si les Français y consentent. Tel ne me paraît pas être fondamentalement leur état d’esprit (voir la victoire du « non » au référendum du 29 mai 2005). Souvenons-nous de Kant qui dit que la République est une idée si forte que même temporairement vaincue, il est impossible qu’elle ne puisse réapparaître un jour à la faveur de circonstances favorables.       <br />
              <br />
       Dans une génération d’ici, la France sera aussi peuplée que l’Allemagne. Le moment viendra où nous pourrons concevoir l’avenir à égalité. Il était sans doute trop tôt pour définir plus précisément dans mon livre, les contours exacts de ce « projet républicain » de redressement de l’Europe. Mais pensez-vous, cher Malakine, que la situation aujourd’hui soit beaucoup plus désespérée qu’elle ne le paraissait le 18 juin 1940 ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Reponse-a-Malakine-la-situation-est-aujourd-hui-beaucoup-moins-desesperee-qu-elle-ne-le-paraissait-le-18-juin-1940_a1088.html</link>
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   <title>Economistes libres contre économistes institutionnels</title>
   <pubDate>Thu, 14 Dec 2006 11:06:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Emmanuel Todd a justement signalé ce matin dans son exposé à la Conférence sur l'emploi et les revenus l’énorme tabou qui pèse sur la question du libre-échange.     <div>
      Les économistes institutionnels (ainsi « le Cercle des économistes », dans un petit essai intitulé <span style="font-style:italic">Politique économique de droite, politique économique de gauche</span>, aux éditions Perrin) nous expliquent savamment qu’il faut <span style="font-style:italic">« donner leur juste place aux contraintes »</span>.        <br />
              <br />
       Ils les citent : l’ouverture croissante aux échanges avec les pays émergeants à coûts salariaux faibles, la concurrence fiscale et la limitation des déficits publics qui  imposent de revoir les dépenses publiques, les normes européennes résultant des accords internationaux et du poids des actionnaires étrangers, l’impossibilité de changer le mandat de la Banque Centrale Européenne, etc.       <br />
              <br />
       Ce sont ces tabous qu’il faut justement faire sauter si on veut « redonner de l’air » aux économies européennes et particulièrement à la nôtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Peut-on le faire ? J’observe à ce stade que nos économistes institutionnels veulent surtout interdire le débat sur ces sujets cruciaux pour l’orienter vers leurs sempiternelles <span style="font-style:italic">« réformes de structures »</span> (libérales s’entend) qui faisaient déjà les conclusions du sommet de Lisbonne en 2000.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       Jean-Luc Greau, dans un excellent article de la revue <span style="font-style:italic">Le Débat</span> (septembre-octobre 2006) intitulé : <span style="font-style:italic">« Reconstruire l’Europe économique »</span>, montre au contraire <span style="font-style:italic">« la déraison intrinsèque  du libre échange dans un monde profondément hétérogène »</span> et ouvre des perspectives qu’on ne s’étonnera pas de voir reprises dans <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Declaration-commune-PS-MRC-volet-politique_a122.html">l’accord PS-MRC</a> du 9 décembre 2006 : l’Europe commerciale, la promotion d’<span style="font-style:italic">« entreprises européennes »</span>, l’Europe de l’énergie.        <br />
              <br />
              <br />
       Jean-Luc Greau souligne que <span style="font-style:italic">« la Commission européenne, aux prises avec des milliers de lobbies, n’a ni la légitimité, ni la liberté d’action quotidienne pour promouvoir des actions d’intérêt général et de vaste portée. Le processus de la reconstruction (ou de la réorientation) de l’Europe appelle un véritable débat politique préalable, impliquant les gouvernements, les parlements nationaux et les opinions »</span>. On ne saurait mieux dire. Enfin un économiste libre qui ne cherche pas à vider l’action politique de son sens !       <br />
              <br />
       Jacques Sapir, dans <span style="font-style:italic">Les économistes contre la démocratie</span> (chez Albin Michel), avait déjà dénoncé la prétention de certains « experts » à se substituer aux citoyens, bref à la République.       <br />
              <br />
       Il est temps de briser ce carcan de la pensée libérale mondialisée, profondément hostile à l’idée de la souveraineté populaire, par avance disqualifiée sous l’anathème de <span style="font-style:italic">« populiste »</span>.       <br />
              <br />
       Il faut réintroduire l’Histoire, au sens où le romancier américain Philip Roth la définit : le processus par lequel l’imprévu devient inévitable. Ségolène Royal par exemple.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Economistes-libres-contre-economistes-institutionnels_a130.html</link>
  </item>

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