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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <dc:date>2026-03-13T15:36:23+01:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Hommage à Louis Souvet</title>
   <pubDate>Tue, 30 Jun 2020 09:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Hommage de Jean-Pierre Chevènement, ancien maire de Belfort     <div>
      J'apprends avec beaucoup de peine le décès de Louis Souvet. je n'oublierai jamais tout ce que nous avons pu faire ensemble dans le cadre de l'Aire Urbaine 2000. Louis Souvet était un homme travailleur, solide, qui aimait passionnément le Pays de Montbéliard. Il avait su élargir ses vues aux dimensions de l'Aire Urbaine, seule échelle pertinente pour les très grands projets. Il avait su dépasser, bien avant que cela fût à la mode, les clivages partisans. J'assure sa famille et ses proches de ma profonde sympathie. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Hommage-a-Louis-Souvet_a2109.html</link>
  </item>

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   <title>Série d'entretiens sur France Culture (audio et transcription) : 1/ "Belfort-Paris, en passant par l’Algérie"</title>
   <pubDate>Thu, 09 Apr 2020 14:57:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Premier épisode de l'émission "A Voix nue" avec Jean-Pierre Chevènement, une série d’entretiens produite par Gérard Courtois et réalisée par Marie Plaçais. Diffusée du lundi 23 au vendredi 27 mars sur France Culture de 20h à 20h30 et publiée en intégralité sur franceculture.fr.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/44638002-36400458.jpg?v=1773378092" alt="Série d'entretiens sur France Culture (audio et transcription) : 1/ "Belfort-Paris, en passant par l’Algérie"" title="Série d'entretiens sur France Culture (audio et transcription) : 1/ "Belfort-Paris, en passant par l’Algérie"" />
     </div>
     <div>
      Présentation de l'épisode par France Culture : &quot;Jean-Pierre Chevènement évoque son enfance pendant la guerre, sa famille d’instituteurs, ses études brillantes qui le conduisent à Sciences-Po et à l’Ena, puis le choc de la guerre l’Algérie qui marque son passage à l’âge adulte.&quot;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <iframe src="https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=24e41be6-b639-42d6-a75d-8919f59675d5" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="137"></iframe>     </div>
     <div>
      <span class="u">Transcription intégrale.</span>       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Jean-Pierre Chevènement bonjour et merci de nous recevoir dans votre bureau de la Fondation Res Publica que vous avez créée en 2005 et dont le titre, la chose publique, la République, résume au fond l’engagement de toute une vie. Au moment d’engager avec vous cette conversation que nous allons prolonger jusqu’à vendredi, j’avoue être un peu inquiet, parce que retracer votre parcours qui, depuis une cinquantaine d’années, a fait de vous l’une des voix et des personnalités les plus singulières de la vie politique française, relève de la gageure, tant ce parcours est dense et tant le travail de réflexion qui l’a accompagné a été intense, comme en témoignent les 24 livres que vous avez publiés au fil des années pour défendre vos idées.       <br />
              <br />
       De la politique vous avez tout connu, sans soucis des conformismes, ni des conforts de carrières. Depuis les années 60, vous avez été au cœur de la reconstruction du Parti socialiste et de l’aventure de l’union de la gauche, avec ses joutes doctrinales, ses manœuvres d’appareil et ses offensives de mousquetaires ; avec ses espoirs qui étaient grands et ses déceptions qui n’ont pas été minces.       <br />
              <br />
       Après l’élection présidentielle de François Mitterrand en 1981, puis la victoire de Lionel Jospin en 1997, vous avez connu la responsabilité du pouvoir, successivement aux ministères de la Recherche, de l’Industrie, de l’Éducation nationale, de la Défense et enfin de l’Intérieur. Le tout ponctué de quelques retentissantes démissions quand les choix des gouvernants heurtaient vos convictions et votre formule est restée dans les annales : « Un ministre ça ferme sa gueule, si ça veut l’ouvrir, ça démissionne ».       <br />
              <br />
       Vous avez connu des périodes de marginalité ombrageuse et des résurrections spectaculaires, sans oublier l’enracinement dans votre fief de Belfort ; une candidature présidentielle pour le moins décoiffante en 2002 et, depuis une quinzaine d’années, un rôle de vigie toujours aussi attentif à la marche du monde et à celle de la France. A vos yeux, la politique c’est « l’histoire en train de se faire ». Et pendant ce demi-siècle, faire avancer l’histoire a été pour vous une exigence à la fois intellectuelle et, me semble-t-il, existentielle.        <br />
              <br />
       Mais au commencement de l’histoire, il y a la vôtre. Vous êtes né à Belfort le 9 mars 1939, vos deux parents étaient instituteurs. Comment cette date de naissance et comment ce milieu familial vous ont-ils façonné ? Quel a été, au fond, le paysage de votre enfance et le moment de votre enfance ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Vous savez, je suis un enfant de la campagne. J’ai été élevé dans ces régions limitrophes de la Suisse - on est à quelques kilomètres de la Suisse, seule la vallée du Doubs nous en sépare, avec ses grandes forêts de sapins, ses paysages ouverts, ses régions peuplées de vaches et de quelques rares villages dont la flèche monte vers le ciel.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Donc une enfance campagnarde.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Une enfance à la campagne marquée par l’absence de mon père, puisque mon père a été fait prisonnier en 1940, donc je ne l’ai pratiquement pas connu.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Jusqu’à l’âge de 6 ans, où il est resté en captivité.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Il est resté en captivité jusqu’à mes 6 ans, une captivité d’abord très dure dans des carrières où il a contracté une tuberculose, puis ensuite dans des fermes en Basse-Saxe.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Vous aviez des nouvelles ? Votre mère avait des nouvelles ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Oui, on communiquait par lettres, colis de la Croix Rouge. Ma mère glissait dans les petites meules de comté des boussoles destinées à faciliter son évasion, je revois cela encore. Mais nous étions marqués par l’occupation. Les Allemands, pendant un temps, ont occupé l’étage de l’école où nous habitions, nous étions confinés au rez-de-chaussée, ma mère et moi. Disons que ce qui m’a marqué aussi c’est ma grand-mère paralysée, à la suite de l’incendie de ses trois maisons le 18 juin 1940 par la première colonne de l’invasion allemande, que les soldats français avaient jugé utile de bloquer. Donc, l’occupation, la présence de ceux qu’on appelait les « Boches » à l’époque a pesé lourdement parce qu’on reconstruit a posteriori cette période mais la France de 1940 s’effondre et c’est un traumatisme majeur pour ma mère et pour moi qui suis dans le tête à tête avec ma mère. J’entends ma mère décrire la débâcle telle qu’elle l’a vue, et développé un certain nombre de considérations sévères sur les chefs militaires, sur l’armée française, même sur les officiers et toujours avec cette hostilité viscérale aux « Boches », car c’est comme ça qu’on les appelle. Tout le monde les appelle comme ça. Quelquefois on les appelle les « doryphores », ces insectes qui vivent sur les pommes de terre, parce qu’ils vivent sur le pays. Enfin, j’ai le souvenir de cette occupation, qui m’a évidemment marqué parce que je sentais qu’il nous était arrivé quelque chose. Ma mère, plutôt que de me confier aux petites bonnes du voisinage, avait décidé de m’emmener avec elle dans sa classe.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Ça a fait de vous l’enfant de l’École républicaine.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Il est difficile d’être plus dans le jus de l’école que je l’ai été. Alors l’École républicaine, oui, parce que ma mère était d’esprit résistant, elle a même été convoquée par la Gestapo pour avoir rédiger un tract avec la postière, Mademoiselle Jost, un tract qui stigmatisait le régime de Pétain, qui était à la solde de l’occupant, etc. Donc, elle s’est fait sérieusement remonter les bretelles, si je puis dire…       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Mais pas davantage.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Je pense que les Allemands avaient autre chose à faire que de s’occuper du menu fretin, donc elle a eu un avertissement, elle avait été convoquée à Montbéliard et je pensais qu’elle pouvait me quitter pour toujours. On m’avait mis en pension chez une voisine, Madame Journaud, dont je revois ses adieux déchirants. En fait, elle est revenue. Donc tout cela a pesé incontestablement mais en même temps c’était l’école.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : C’est presque une image d’Épinal de la méritocratie républicaine, c’est-à-dire vos grands-parents étaient fermiers, votre grand-père était fermier et garde-forestier, vos deux parents instituteurs. Et vous, vous avez passé le baccalauréat, ce qui, à l’époque, était le privilège de même pas un jeune français sur dix.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : On peut voir ça comme ça. Mais du côté de ma mère c’étaient des gros paysans qui se faisaient appeler « Sire de Courcelles » parce qu’ils avaient la plus grosse maison du village de Courcelles. Les choses étaient très différentes du côté de mon père, son frère qui est le seul qui a exercé vraiment la politique, était conseiller municipal socialiste du Russey, c’était un ouvrier horloger, comme mes tantes qui passaient leur temps à compter les pièces de montres et qui travaillaient pour un très modeste salaire, je peux vous le dire. Donc, j’avais une famille qui était vraiment ouvrière, qui savait ce qu’étaient les contraintes de la vie quotidienne, et l’autre branche de ma famille qui était certainement plus aisée.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Toujours est-il que ce liquide amniotique de l’école, dans lequel vous avez baigné, fait que vous êtes devenu un bon élève, même plus précisément un très très bon élève.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Je suis devenu un bon élève, mais ce n’est par le fait de la pédagogie directive de ma mère. Ma mère considérait que j’étais trop en avance pour mon âge, qu'il était même regrettable que je sois tellement en avance. J’avais appris à lire à 4 ans et je dévorais les livres de sa bibliothèque. Donc, j’étais déjà dans les livres très jeune. Et ma mère était évidemment une institutrice d’un type très particulier, formée par l’École normale, avec des principes très arrêtés. Je sentais quand même le poids de l’autorité, il fallait l’appeler « Madame ».       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Vous l’appeliez « Madame » ? Dans la classe, pas à la maison ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Je l’appelais « Madame » dans la classe pas à la maison, mais ma mère avait quand même des comportements qui étaient d’un personnage d’autorité.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : En tout cas, vous devenez donc un excellent élève, vous collectionnez les prix d’excellence, vous collectionnez – collectionner c’est excessif – les mentions « très bien » au bac, les accessits au concours général. On a l’impression que vous avez traversé cette période, un peu comme Fabrice à Waterloo, sans difficultés. Avec plaisir ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Je dirais avec facilité, parce que ça m’intéressait, j’étais curieux. Ma mère me disait toujours : « Ah ! Ce que tu peux être fatiguant ! », car je lui posais sans cesse des questions. C’est le leitmotiv que j’ai entendu pendant toute mon enfance : « Que tu peux être fatiguant avec tes questions ! ».       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Mais elle y répondait ?</b>        <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Elle y répondait. Je la vois sur le vélo qui nous conduisait au village voisin où était ma famille paternelle et dans une petite côte je lui posais des questions, donc elle était debout sur le pédalier et elle me disait : « Écoute, tu es fatiguant ! ».       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Vos premiers choix – on est au moment du baccalauréat –, c’est vous qui les faites, et vous les faites au fond contre les conseils qui vous sont donnés par vos maîtres du lycée de Besançon, qui vous voient déjà élève à l’École Normale Supérieure, à la rue d’Ulm, c’est le temple de l’élitisme républicain. Et vous, vous choisissez Sciences Po qui est, au fond, le repère, le temple des fils de bonne famille. C’est une transgression ? Comment vous vient ce virus de la politique ? Du goût pour la politique ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Alors, pourquoi ce virus pour la politique ? Ça c’est assez bizarre. Je pense que c’est le fruit de la guerre, parce que j’ai senti que l’histoire s’introduisait dans notre quotidien. Et pour moi la politique c’était une manière de participer à l’histoire. Je sentais qu’il était arrivé quelque chose à la France et j’avais l'envie de participer à son redressement. Pour moi, c’était quelque chose de structurant, c’était l’idée que je me faisais de mon avenir et quand j’ai appris qu’il y avait une science de la politique, je me suis dit « Je ne peux pas passer à côté. S’il y a une science de la politique, je dois l’acquérir ». Mon proviseur, Monsieur Jeunet, m’a convoqué et il m’a dit : « Écoutez, vous avez un accessit au concours général de grec ancien, de géographie. Là, vous pouvez rentrer à Normale. En plus vous serez heureux. Alors que si vous faites Sciences Po, vous allez être dans un milieu qui n'est pas le vôtre. Vous serez quoi ? Chef de service ? Mais vous serez très isolé et vous serez malheureux. Alors que si vous faites Normale, vous pouvez être un des meilleurs hellénistes de France. Et si vous ne voulez pas être professeur, vous pourrez être archéologue »… Cette perspective ne m’a pas séduit.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Et rétrospectivement ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Et bien, je pense que mon proviseur avait raison.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : En tout cas votre proviseur avait raison sur un point, c’est que Sciences Po, pour un petit provincial – je mets « petit » entre guillemets –, boursier qui plus est, ça ne devait pas être une institution extraordinairement facile d’accès, culturellement.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Non, c’était même très dur, de se retrouver sans aucun appui à Paris. Heureusement, ma mère connaissait bien l’aumônier du Lycée Victor Hugo, l’abbé Kammerer, qui m’a introduit au 61, rue Madame, la Maison diocésaine des étudiants catholiques. J’étais en train de perdre la foi, il faut bien le dire, sous l’influence de l’un de mes professeurs, de plusieurs de mes professeurs, mais auxquels je veux quand même rendre hommage parce qu'ils ont formé mon esprit. Et je dois beaucoup à mes parents bien sûr, qui se sont sacrifiés pour moi, à mes professeurs. Mais quand je suis arrivé à Sciences Po, j’ai senti que je ne faisais pas du tout partie de ce monde. Il y avait un essaim de jolies filles sur la péniche de Sciences Po et, tout autour, des messieurs…       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : le banc qui était dans le hall central…</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Oui, le banc sur laquelle se lient les conversations. Et moi j’étais totalement… c’était la deuxième fois que je venais à Paris. J’étais venu à Paris pour le concours général, on m’avait offert un portrait des studios Harcourt.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Je reviens sur ce que vous disiez à l’instant, vous étiez en train, dites-vous, de perdre la foi. Vous l’aviez eue ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Oui, j’ai été élevé dans la religion. Enfin, à partir de 7 ans, car ma mère n’aimait pas trop les curés. Enfin, moi j’avais fait le catéchisme et j’ai même été reçu premier au concours de catéchisme du département du Doubs !       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Vous étiez tout le temps le premier ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Non, c’est tout à fait particulier, ma mère, longtemps après, peu de temps avant sa mort, m’avait dit : « Je me suis aperçue que tu étais au-dessus de la moyenne quand tu as été reçu premier au concours de catéchisme ». C’est quand même une réflexion assez curieuse pour une institutrice laïque !       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Vous avez qualifié, je ne me souviens plus où, Sciences Po de « l’école des singes ». Vous ne manquiez sûrement pas d’agilité, puisque vous êtes sorti, comme d’habitude, en tête de promotion.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Oui, c’étaient les petits camarades qui singeaient déjà leurs parents à la tête de leur Conseil d’administration. Disons que j’avais un sentiment, quand même, de profonde relégation sociale. Heureusement, j’étais bon, mes résultats étaient bons, je connaissais beaucoup de choses, donc j’arrivais à m’affirmer sur le plan des études. Mais autrement c’était un monde assez difficile dans lequel j’essayais de me faire ma place. Et somme toute, j’ai gardé un bon souvenir de Sciences Po, surtout parce que j’ai fait un travail de recherche sur l’Allemagne, le nationalisme français devant l’Allemagne, à trois périodes. Donc, j’ai fait ce travail qui m’a amené à lire beaucoup, dans les sous-sols de la très belle bibliothèque de Sciences Po. Et puis j’ai gardé le souvenir de quelques séminaires prestigieux, ceux de Bloch-Lainé, Nora, Saint-Geours, qui me donnaient le sentiment que je pouvais réussir et égaler les meilleurs. Je suis rentré comme le « petit chose », mais dès la troisième année je savais que j’avais toutes les clés pour réussir.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Mais sur ce mémoire de troisième année de Sciences Po sur l’Allemagne, il y a déjà, à ce moment-là, une sorte de fascination pour l’Allemagne, pour la relation franco-allemande ?</b>        <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Oui, j’avais appris l’allemand en première langue, j’avais fait des séjours en Allemagne, à l’âge de 15 ans. J’avais été à l’Université de Vienne, pour passer un petit diplôme d’allemand. Et je m’intéressais à la littérature allemande, à la poésie allemande, à la musique allemande, parce que je faisais du piano en même temps. Je voyais bien l’immense continent qui était là, à quelques encablures, parce que ce n’est pas très loin – de Belfort à Fribourg il y a trois quart d’heure de route…       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : … en même temps qui a été l’occupant…</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : … en même ça avait été l’occupant, mais j’avais quand même élargi mes perceptions. Je vais vous raconter une petite histoire. Les Allemands occupaient l'étage de l’école, où nous vivions ma mère et moi. Ma mère m’avait évidemment interdit de monter à l’étage, me disant que les Allemands avaient des bonbons empoisonnés, qu’ils l’avaient fait pendant la Première Guerre mondiale et qu’il n’y avait aucune raison qu’ils ne le fassent pas à nouveau pendant la Seconde. Donc, danger de mort. Je suis quand même monté à l’étage, où les Allemands m’ont donné une orange. Ç'était l’époque où ils devaient être en Tunisie. Et naturellement, j’ai mangé le fruit défendu, j’ai constaté les limites de l’anti-germanisme de ma mère, mais c’est par la méthode expérimentale !       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Vous disiez à l’instant que vous aviez les clés au fond pour réussir et de fait vous vous présentez sans préparation et, dites-vous, sans connaître le programme, pratiquement, au concours de l’Ena et vous avez été reçu immédiatement ?!</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Oui, à ma grande surprise.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Pourquoi l’Ena ? La sécurité ? L’ambition de servir l’État ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Non, pour moi la motivation c’est la Science politique. Je veux savoir ce qu’est la politique et ce qu’est la science de la politique. L’Ena c’est la bourse du service public, qui me permet de ne pas me peser trop sur le budget de mes parents.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Vous avez à peine le temps de découvrir l’Ena, même pas le temps de découvrir l’Ena, et vous êtes envoyés, vous faites vos classes à Belfort, je crois…</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Oui, en janvier 1961…       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Et en avril, juste après le putsch raté des généraux, vous débarquez à Alger puis…</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : … puis à Cherchell, à l’école militaire, où on forme les officiers.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Vous avez 22 ans, à ce moment-là. Vous faites un choix qui est assez décisif, très vite : vous vous portez candidat pour être, je crois, le chef du cabinet adjoint du préfet d’Oran. On est, à ce moment-là, en 1962, au lendemain des accords d’Evian. Et c’est un choix politique d’accompagner l’indépendance qui arrive de l’Algérie ?</b>        <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : D’une certaine manière oui. J’ai oublié de vous le dire, j’étais militant syndical à l’Unef et nous organisions des manifestations pour l’indépendance de l’Algérie. Néanmoins, mon service militaire était arrivé, je devais le faire, comme l’avaient fait mes parents et mes grands-parents. Donc, j’ai fait mon service militaire, j’ai fait Cherchell, j’ai choisi les SAS, qui étaient un peu les anciens bureaux arabes, pour être au contact de la population musulmane, que j’aspirais à connaître.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Les SAS étaient les « Sections Administratives Spécialisées ».</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Alors ma SAS était en Oranie, c’est la SAS du Krouf, Saint-Denis-du-Sig, avec un petit poste à la montagne à Aïn Cheurfa, où j’ai passé les derniers mois de la guerre. Juste avant les événements qui ont endeuillés le Sig, parce qu'il y a eu des massacres le 18 mars 1962. Et puis les SAS ont été dissoutes dans la foulée, ça ne traînait pas. Et plutôt que de rejoindre un régiment dont la destination était d’être rapatrié en France, j’ai vu un appel d’offre, on cherchait des cadres pour la préfecture d’Oran. Il faut dire que les cadres mettaient leur famille à l’abri, donc il n’y avait plus personne. Donc, j’ai fait cet acte de volontariat en pensant, comme le Général de Gaulle l’avait dit, que si l’Algérie devait devenir indépendante, mieux valait que ce fût avec la France que contre elle. Donc, j’ai choisi d’aider à l’émergence de cette Algérie indépendante et j’ai été chargé des relations avec l’armée française et avec l’armée algérienne. J’ai donc connu la zone autonome d’Oran, qui a été balayée ensuite par l’arrivée de l’armée du Maroc, à la tête de laquelle se trouvait Boumédiène qui soutenait Ben Bella. Et comme ça se passait juste après les événements d’Oran – quand on dit « les événements » c’est-à-dire les enlèvements, jai moi-même failli être enlevé, ça n’a tenu qu’à très peu de chose pour que ça tourne mal –, je suis allé avec le consul qui arrivait de Yokohama à Tlemcen pour rencontrer l’armée algérienne qui arrivait du Maroc. J’ai rencontré Ben Bella et Boumédiène le 10 juillet 1962, et nous avons obtenu la libération de deux douzaines de pieds noirs qui avaient été enlevés.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Mais, sur Oran, en 1962, c’est la pleine période de l’OAS ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : C’est la pleine période de l’OAS, c’est une ville, je dirais en état rébellion. À Oran, il y a 200 000 pieds noirs au moins.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : L’OAS, pour les plus jeunes, l’Organisation de l’Armée Secrète, qui était au fond les derniers défenseurs de l’Algérie française.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : L’OAS tenait la ville, ils nous tiraient dessus en permanence. Comme nous étions au 17ème étage de la préfecture régionale, qui dominait la ville européenne – si on se mettait vraiment au 17ème étage et pas trop près des fenêtres –, on avait la chance d’échapper aux tirs, qui étaient des tirs ascendants. Quelquefois on était attaqué au bazooka, à la 12,7, ça fait du bruit…       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : C’était sportif…</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : C’était assez sportif…       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Avec un sentiment aiguë du danger ou une forme d’inconscience ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Pas du tout… une totale inconscience ! Je me rappelle avoir vu le plafond me tomber sur la tête, un matin, mais ça ne m’a fait ni chaud ni froid. Ensuite, il y a eu l’indépendance de l’Algérie, référendum le 3 juillet. 5 juillet l’armée française est casernée. La zone autonome a disparu, elle ne répond plus à l’appel et l’armée algérienne du Maroc n’est pas encore là. Vacance totale du pouvoir. Seuls les ATO (Auxiliaires Temporaires Occasionnels), c’est-à-dire qu’ils n’ont aucune formation, sont chargés du maintien de l’ordre et ce sont ces gens-là qui, alors que je sors du port où je suis allé embarquer une tapisserie de Lurçat, me mettent le pistolet mitrailleur sur l’estomac, culasse en arrière. Alors là je me dis « Une secousse et je suis mort ». Un cri jaillit de l’autre côté de la rue et l’ATO qui tenait sa mitraillette l’oriente de l’autre côté.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Donc vous sortez du champs de tir.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Je prends mon plus beau sprint, que je n’ai jamais fait, pour regagner ma voiture qui est garée pas très loin de là. C’est à 5 heures de l’après-midi seulement que les ordres arrivent de Paris de faire sortir les compagnies de la gendarmes mobiles et que la chasse à l’Européen s’interrompt.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Et néanmoins vous restez jusqu’à la fin de l’année ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Je finissais mon service militaire et on me demande de rester avec le consul, d'abord Herly ensuite Chaillet.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Et vous continuez à entretenir, ou à établir plutôt, des relations avec les nouvelles autorités algériennes ? Comment ça se passe ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Oui, tout à fait. Nous avons des réunions périodiques pour faire le point sur la situation en matière de sécurité. Puis je suis chargé de faire des recherches aussi pour retrouver ceux qui ont disparu. Peut-être que les listes ne correspondaient pas tout à fait à la réalité. Disons que la plupart de ces recherches sont restées infructueuses. Mais je pense qu’un certain nombre de gens sont passés à Alicante ou alors ont embarqué avec les moyens que nous mettions à disposition des pieds noirs qui n’avaient pas encore pu quitter l’Algérie. On fait venir le Lafayette qui était le porte-avion de l’époque, qui a embarqué plusieurs milliers de personnes sur son pont. Voila, c’était une période très agitée.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Ça a été, si je puis dire, le passage à l’âge adulte, pour vous ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : J’ai appris à juger les gens autrement que sur leur grade ou leur formation. J’ai pu voir des gens qui prenaient des risques et puis il y a eu une guerre civile algérienne, comme il y a eu une guerre civile française. Donc pour moi, la guerre civile c’est quelque chose que j’ai vu de près et que je crains, parce que je vois le déchaînement des passions, la haine, l’aveuglement, le sang qui coule. Et j’ai vu le sang coulé, beaucoup.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Le retour à Paris et à l’Ena a dû être quelque chose d’assez saisissant, d’assez brutale ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Il a été très brutal. J’ai d’abord vu le directeur des études qui expliquait que l’administration fonctionnait comme un circuit électronique, ça m’a paru totalement surréaliste, parce que pour moi, dans la vie, les gens fonctionnent avec leur courage, avec leur initiative, avec ce qui les tient au corps, ce qui fait sens dans leur existence et cet univers un peu déshumanisé, que je découvrais, m’a sincèrement refroidi. Je suis reparti en stage à Alger, c’est un stage de décompression, qui m’a mis au contact de hauts fonctionnaires que j’ai rencontrés à nouveau par la suite. Puis j’ai fait mon deuxième stage à Vannes dans le Morbihan, au contact d’un préfet. Je raconte toujours, pour faire rire, que j’ai surtout appris à verser le vin en donnant un coup sec à la bouteille, pour éviter que la goutte de vin ne tombe sur la nappe, que c’était ce que j’avais appris à l’Ena.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Les bonnes manières.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Au moins à servir le vin sans tacher la nappe !       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Ça se résume à ça ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Presque ! Vous savez l’Ena est un concours d’entrée difficile, enfin en principe. Et puis un concours de sortie où les gens se battent pour sortir dans les grands corps qui prédéterminent la suite de leur carrière.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Vous dites que c’est une caste qui se prend pour une élite.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : C’est ce que je ressens et pourtant à l’époque les pantouflages n’étaient pas encore très nombreux. Mais l’Ena est devenue une caricature par rapport à ce que nous la décrivions. Les trois auteurs de <span style="font-style:italic">L’Enarchie</span>, puisque nous avions inventé le mot en 1967, c’étaient Alain Gomez, Didier Motchane et moi-même.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : … sous le pseudonyme de Mandrin.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Voila, sous le pseudonyme de Mandrin, et le livre s’intitulait <span style="font-style:italic">L’Enarchie ou les mandarins de la société bourgeoise</span>.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : C’était un brûlot terrible !</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Assez rigolot…       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : C’est sans pitié.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Il y a quelques descriptions qui pour moi sont très amusantes. C’est du vécu.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Autant vous avez trouvé votre compte dans l’enseignement du lycée et de Sciences Po ensuite, autant là vraiment ce n’est pas le cas. D’ailleurs, pour la première fois, vous n’êtes pas prix d’excellence, vous n’êtes pas premier, vous êtes 42ème et vous êtes envoyé, si je me souviens bien, à la DREE (Direction des relations économiques et extérieures), qui dépend du ministère des finances.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Oui, au bureau des études, qui fait des statistiques, le chef du bureau s'appelle Didier Motchane.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Et c’est là que vous rencontrez Didier Motchane.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Absolument.       <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Mais tout ça vous a vacciné, au fond, contre l’idée de faire une carrière dans la fonction publique ? Ça vous a vraiment convaincu d’entrer en politique.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Disons que je n’ai plus eu envie de m’agréger à la caste des hauts fonctionnaires, que j’admirais tant quand je faisais Sciences Po. J’ai, à ce moment-là, adhéré au Parti socialiste, avec Alain Gomez, et nous avons créé le CERES, donc nous étions sur une toute autre ligne de vie.        <br />
              <br />
       <b>Gérard Courtois : Vous venez de le dire, vous vous engagez à ce moment-là au Parti socialiste, mais c’est une autre étape, cruciale, celle de l’aventure du PS, de la reconstruction du PS, de l’union de la gauche et c’est une aventure dont nous reprendrons le récit demain. À demain donc.</b>       <br />
              <br />
       La série en intégralité à retrouver <a class="link" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-republicain-ombrageux--une-serie-d-entretiens-sur-France-Culture_a2085.html">ici</a>. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/44638002-36400458.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Serie-d-entretiens-sur-France-Culture-audio-et-transcription-1-Belfort-Paris-en-passant-par-l-Algerie_a2092.html</link>
  </item>

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   <title>Hommage à Gilberte Marin-Moskovitz</title>
   <pubDate>Wed, 03 Jul 2019 13:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Éloge funèbre de Gilberte Marin-Moskovitz, première femme députée du Territoire de Belfort (1988-1991, 1997-2000), en l'église Saint-Joseph de Belfort, le 1er juillet 2019, par Jean-Pierre Chevènement     <div>
      Cher Jean-Paul, chère famille de Gilberte, chères familles Ilana et Benedetti, chère tribu beaucoup plus large encore de celles et ceux qui aimaient Gilberte, Monsieur le Maire,       <br />
              <br />
       Quand j'ai rencontré Gilberte, elle avait trente-cinq ans.       <br />
              <br />
       C'était une jeune femme chrétienne. Elle était le vivant témoignage de l'investissement que l’Église avait fait dans le monde ouvrier après la Seconde Guerre mondiale, le levain dans la pâte.       <br />
              <br />
       Son regard exprimait toute la confiance dans les valeurs de fraternité et de solidarité qui sont les nôtres, à vrai dire des valeurs chrétiennes laïcisées qui font que, quelles que soient nos croyances, nous partageons la même sensibilité, chrétienne cela va sans dire dans cette église Saint-Joseph, l'église des Alsthommes, là où Gilberte a été baptisée et là où aujourd'hui nous l'accompagnons vers sa dernière demeure. Oui nous savons que les pierres ont une âme dans laquelle tous nous nous retrouvons.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Une militante. C'est tout naturellement que, formée à la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne), déjà militante syndicaliste et secrétaire administrative du CE Alsthom, elle adhéra en 1972 au Parti socialiste dans la fédération du Territoire de Belfort qui avait fait appel à moi pour la revivifier. C'était une belle époque, les années 1970-1980, l'espoir vivait. Il y avait du dynamisme, de la tonicité dans l'air car nous voulions « changer la vie ». C'était avant que le néolibéralisme impose sa loi. C'était une belle époque où on rencontrait des êtres aussi purs et tournés vers les autres que l'était Gilberte. Et combien d'autres auxquelles j'associe son nom, militants purs et généreux.       <br />
              <br />
       Gilberte avait souffert dans son enfance des maux qui accablaient alors les classes populaires. Elle répondait au mal par le bien. Elle n'en avait tiré aucune autre conclusion que le don de soi à travers les familles Ilana et Benedetti dont elle a, de fait, adopté les enfants après la mort de leurs parents : neuf chez les Ilana, trois chez les Benedetti, et Christine et Angèle, qui avaient 8 et 6 ans, dont elle a suivi l'éducation. Ce dévouement sans limite et qu'aucun obstacle ne faisait reculer était la marque de fabrique de Gilberte. Toute sa vie a été consacrée aux autres, à l'écoute, au partage et à la solidarité.       <br />
              <br />
       Gilberte a épousé Jean-Paul en 1976. Admirable Jean-Paul qui l'a accompagnée dans toutes ces années de militantisme et à qui nous avons volé ses soirées – et je me sens un peu coupable à cet égard. Mais il a aussi accompagné Gilberte dans ses dernières années de souffrances. Jean-Paul n'est plus jeune, mais il a témoigné lui aussi. Il a témoigné à Gilberte une infinie et constante sollicitude, un amour véritable.       <br />
              <br />
       Samedi 22 juin 2019. Quelques jours avant sa mort, dont je savais qu'elle était proche, j'étais revenu la voir à l'hôpital. C'était le samedi d'avant la semaine dernière. Nous avons eu une bonne conversation. Jean-Paul était là, un peu en retrait mais très attentif. Je crois qu'elle était heureuse que je sois revenu. Elle était surtout heureuse de sa vie tout entière consacrée au service des autres, telle que je la lui racontais, car elle était trop modeste pour se la raconter à elle-même. De sa famille d'abord, la tribu de Gilberte qui était sa plus grande fierté. De sa vie militante aussi, emblématique d'une gauche qui se voulait alors proche du peuple et de la classe ouvrière.       <br />
              <br />
       En 1977, elle entre au Conseil municipal de Belfort où elle deviendra Première adjointe en 1989 à mes côtés. Successivement chargée de mandats importants : le social, les quartiers, la politique de la ville d’abord puis l'éducation et les affaires scolaires. Depuis 1982, elle était aussi Conseillère générale de sa chère « Pépi ». Quatre mandats au total jusqu'en 2008, quand fut venu le moment de passer le relais. Aux côtés de Christian Proust, elle a été le pilier au Conseil général. Nous avions des comptes à rendre à Gilberte. Elle était notre honneur. Ô combien elle a contribué à notre bonne entente. Le regard de Gilberte nous accompagnait et nous obligeait. Je ne manquerais pas de rappeler enfin que Gilberte a été la première femme députée de Territoire de Belfort, et jusqu'à présent la seule. Élue deux fois à mes côtés, en 1988 et en 1997, députée de la deuxième circonscription du Territoire de Belfort, elle a fait deux mandats de trois ans qu'elle a interrompus l'un et l'autre par une démission en 1991 et 2000, destinée à me permettre de porter à nouveau la voix du Territoire de Belfort et celle d’une gauche plus exigeante et plus cohérente à l’Assemblée nationale.       <br />
              <br />
       Je revois Gilberte dans mon bureau rue Saint Dominique le 16 janvier 1991 venue me demander la permission de s’abstenir dans le débat de la première guerre d’Irak, dite « guerre du golfe ». Il y avait là Jacques Berque, le grand orientaliste. Le vote avait lieu dans l’après-midi à l’Assemblée nationale. C’est tout naturellement que j’accédai à la demande de Gilberte. Cette contradiction entre le Ministre de la Défense et sa suppléante je savais qu’il m’appartenait de la résoudre et que je la résoudrais.       <br />
              <br />
       Elle avait compris qu’au bout de cette guerre ô combien évitable, il y avait al-Qaïda et Daech, le sang, la haine, l’humiliation, la volonté de revanche de l’Orient blessé contre l’Occident myope, pour ne pas dire aveugle. Il fallait témoigner ! Ce n’était pas facile.       <br />
              <br />
       Gilberte a attaché son nom à bien des réalisations : le revenu départemental personnalisé d’autonomie, la MIFE (Maison de l’information sur les formations et l’emploi), la sécurité des immeubles après l’incendie de l’hôtel de l’Europe. Mais c’est surtout sa présence attentive, sa constante sollicitude, son écoute des Belfortains qui la faisait aimer. Tous savaient qu’elle avait mon oreille et savait se faire entendre ! Gilberte c’était un trait d’union avec la population de Belfort.       <br />
              <br />
       Elle l’a été pour moi aux côtés de tant d’autres que je ne saurais nommer tous.       <br />
              <br />
       Je pense à Jackie Drouet bien sûr, à André Kauffmann, à Jean-Louis Wolff et à tant d’autres. Philippe Garot parmi les adjoints, sans oublier ceux venus d’ailleurs prêter à la démocratie belfortaine le précieux appuie de leur savoir-faire : Gérard Jacot et Gabriel Goguillot eux aussi présents dans ma pensée.       <br />
              <br />
       Je suis infiniment redevable à Gilberte, car elle m’a tant donné, son temps et surtout sa confiance illimitée.       <br />
              <br />
       Gilberte ne se battait pas seulement pour Belfort, elle se battait pour de grandes causes humaines : la dignité des travailleurs. Reste vivante la grève Alstom de 1979 dont elle a fredonné longtemps l’air « le chiffon rouge » ; les droits des femmes qui lui tenaient particulièrement à cœur ; la justice internationale et enfin la paix       <br />
              <br />
       La générosité qui était la marque de Gilberte n’avait rien de mièvre.       <br />
              <br />
       Gilberte était lucide, sa générosité était combative, elle a toujours montré dans la lutte contre l’injustice une certaine intransigeance       <br />
              <br />
       Gilberte a témoigné, au sens chrétien du terme, le témoin qui se sacrifie, mais aussi au sens laïque. Chacun de ses actes a été un repère pour la suite et pour les autres       <br />
              <br />
       Oui, Gilberte a témoigné !       <br />
              <br />
       Elle a témoigné pour que nous continuions la lutte ! Car la lutte doit continuer. Les Alsthommes ont toujours besoin qu’on se mobilise à leur service, pour préserver leur outil de travail et la somme de compétences accumulées et tout simplement pour       <br />
       Belfort.       <br />
              <br />
       « Le chiffon rouge » associé au souvenir de Gilberte résonne encore dans nos têtes.       <br />
              <br />
       Oui, nous avons une dette vis-à-vis de Gilberte. Une dette collective mais aussi personnelle.       <br />
              <br />
       Je te dois beaucoup, Gilberte. Tu m’as tout donné et je ne sais pas comment te le rendre, sinon en poursuivant le combat à la mesure de mes forces avec ceux qui dans les générations à venir se souviendront de ton témoignage et voudront le faire vivre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Hommage-a-Gilberte-Marin-Moskovitz_a2050.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>GE Belfort, la responsabilité de l’Etat</title>
   <pubDate>Tue, 28 May 2019 15:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué de Jean-Pierre Chevènement     <div>
      Ce matin, la direction du groupe américain General Electric a annoncé la suppression de 1 050 emplois sur Belfort, 800 dans les turbines à gaz, 250 dans le centre de services installé il y a deux ans, conformément aux engagements pris, et désormais voué à la fermeture.        <br />
              <br />
       Le coup est terrible pour Belfort, qui voit de surcroît l’exécution des nouvelles commandes transférée aux Etats-Unis.        <br />
       Dans ce sinistre industriel, la responsabilité de l’Etat est doublement engagée. D’abord pour avoir accepté, dans la plus grande opacité, un accord déséquilibré avec General Electric en 2014. Ensuite pour n’être pas monté au capital pour y remplacer Bouygues en 2017 et ainsi donner vie aux trois « co-entreprises » prévues entre Alstom et General Electric. « Tout pour les actionnaires, haro sur les salariés ! », ainsi se résume ce bradage à 12,5 milliards d’euros.        <br />
              <br />
       Belfort est un grand site industriel français depuis 1878. Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan « America first ! » ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris, et qu’ensuite il ne donne pas une vigoureuse impulsion aux projets de diversification industrielle qui existent en matière aéronautique comme dans la maintenance nucléaire.        <br />
              <br />
       Belfort est une ville résistante. Elle espère que son gouvernement ne la livrera pas une seconde fois.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/GE-Belfort-la-responsabilite-de-l-Etat_a2047.html</link>
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   <title>Chevènement veut que l'Etat "monte au capital d'Alstom" pour retrouver "confiance"</title>
   <pubDate>Wed, 14 Sep 2016 17:09:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, mercredi 14 septembre 2016, 10h36.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/10205468-16651267.jpg?v=1473865700" alt="Chevènement veut que l'Etat "monte au capital d'Alstom" pour retrouver "confiance"" title="Chevènement veut que l'Etat "monte au capital d'Alstom" pour retrouver "confiance"" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement ex-élu de Belfort, demande que &quot;l'Etat monte au capital d'Alstom&quot; pour pouvoir retrouver &quot;confiance&quot; en ses dirigeants, voyant dans la menace sur l'avenir du site belfortain un nouvel épisode de la &quot;saga de la désindustrialisation de la France&quot;.       <br />
       &quot;La nationalisation, dans certains cas, partielle, temporaire, ça peut être un moyen d'orienter une stratégie. Je demande donc que l'Etat monte au capital, remplace Bouygues, aille même un peu plus loin, c'est-à-dire à la minorité de blocage, de façon à ce que nous puissions avoir confiance dans la direction d'Alstom, que nous pussions penser qu'il y a quand même une once de patriotisme économique dans la tête de ses dirigeants&quot;, a déclaré l'ancien ministre sur France info.       <br />
       &quot;Il ne suffit pas que (le PDG) M. Poupart-Lafarge dise qu'on va surseoir pendant dix jours. L'usine de Belfort est l'usine-mère du groupe Alstom. C'est là qu'on fabrique en France les locomotives depuis 1879. (...) Du point de vue du ressenti historique, Alstom c'est Belfort&quot;, a-t-il fait valoir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      &quot;C'est ce que la direction d'Alstom sait très bien car elle a constamment voulu diminuer l'importance de Belfort, parce qu'il y a cette mémoire à la fois ouvrière, sociale. De 1.500 emplois quand j'étais maire de Belfort nous sommes passés aujourd'hui à 500 et la perspective c'est 60&quot;, a expliqué l'ancien maire de Belfort (1983-1997, 2001-2007).       <br />
       &quot;J'ai vécu la saga du groupe Alstom qui était autrefois un conglomérat. C'est la saga de la désindustrialisation de la France&quot;. &quot;Aucun pays ne se laisse dépouiller de son industrie comme la France. L'Allemagne défend son industrie. (...) Ne nous racontons pas d'histoires au nom des réalités économiques, tout ça c'est du bla-bla&quot;, a développé M. Chevènement.       <br />
       &quot;On ne peut pas comprendre ce qui se passe en France aujourd'hui sans introduire cette hypothèse qu'il y a eu un choix délibéré de nos élites de considérer que dans l'Europe telle qu'elle se faisait, la France n'était plus un pays industriel. Donc nos grandes entreprises se développent, investissent à l'étranger&quot;, a-t-il analysé.       <br />
       Quant à Emmanuel Macron, &quot;je l'ai vu en juillet, il n'était nullement question de la fermeture du site de Belfort. Au contraire nous avons parlé de produire le TGV du futur à Belfort&quot;. &quot;Donc il n'était pas au courant. Je pense que la direction d'Alstom a mis à profit le départ d'Emmanuel Macron pour faire cette annonce précipitée&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Chevenement-veut-que-l-Etat-monte-au-capital-d-Alstom-pour-retrouver-confiance_a1860.html</link>
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   <title>Alstom à Belfort: vite, un plan alternatif à sa fermeture!</title>
   <pubDate>Wed, 07 Sep 2016 17:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      La fermeture par Alstom de l’usine de locomotives de Belfort qui y existe depuis plus de 140 ans, intervient au lendemain du départ de M. Macron. Celui-ci, en 2015, avait pris devant les salariés d’Alstom des engagements solennels en vue d’assurer le plan de charge de l’usine à travers notamment le programme « TGV du futur ».       <br />
              <br />
       Il ne sera pas moins nécessaire demain qu’hier à la SNCF d’acheter des locomotives de fret et des locomotives TGV.        <br />
              <br />
       La cession d’Alstom-Power à General Electric en 2014 était censée renforcer Alstom-Transport. Celui-ci vient d’emporter un contrat de 2 milliards de dollars aux Etats-Unis mais les emplois créés seront tous américains.       <br />
              <br />
       On attend du gouvernement de la France qu’il défende les usines françaises avec autant d’énergie que le gouvernement américain en mai pour promouvoir l’emploi industriel aux Etats-Unis. Particulièrement à Belfort où le taux de chômage est supérieur de trois points à la moyenne nationale.        <br />
              <br />
       Quel symbole ce serait que la disparition de l’usine mère de Belfort ! Je demande au gouvernement et au Président de la République qui connait bien le dossier Alstom de faire en sorte que cette entreprise présente sans tarder un plan alternatif.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Alstom-a-Belfort-vite-un-plan-alternatif-a-sa-fermeture_a1859.html</link>
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   <title>"La loi El Khomri nous est imposée par la Commission européenne"</title>
   <pubDate>Tue, 05 Apr 2016 13:22:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien au Bien public, mardi 5 avril 2016, propos recueillis par Bertrand Lhote.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/9256821-14780543.jpg?v=1459855220" alt=""La loi El Khomri nous est imposée par la Commission européenne"" title=""La loi El Khomri nous est imposée par la Commission européenne"" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous êtes originaire de Belfort. Pensez-vous que la fusion entre la Bourgogne et la Franche-Comté était naturelle ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement:</b> Cette fusion était l’une des hypothèses envisageables. Mais elle n’était pas la seule. Nous aurions pu envisager une alliance de l’Alsace, de la Lorraine et de la Franche-Comté. Cela aurait mis Belfort dans une position plus centrale. Mais le gouvernement a décidé de fusionner la Bourgogne et la Franche-Comté. La crainte que j’exprime, c’est que la région dont j’ai été l’élu pendant plus de quarante ans se trouve quelque peu marginalisée. Donc j’attire l’attention des nouveaux responsables sur le fait qu’il y a dans le nord-est de la Franche-Comté un pôle démographique important, un pôle industriel et universitaire, avec plus de 7 000 étudiants. Et naturellement, l’équilibre de la région veut qu’on en tienne compte.       <br />
              <br />
       <b>Vous pensez donc que l’axe Belfort-Montbéliard est aujourd’hui en marge de cette nouvelle région ?</b>       <br />
       Il se trouve qu’on parle beaucoup de la rivalité entre Dijon et Besançon, mais qu’on ne parle pas du tout de la partie la plus industrielle de la grande région. Même si je n’oublie pas Chalon, Le Creusot et Montceau-les-Mines. Mais je pense surtout que l’inconvénient de ces fusions, c’est d’avoir dispersés les administrations de l’Etat. Notamment les directions régionales qui sont aujourd’hui éclatées sur plusieurs sites. Je pense que le modèle français a une certaine cohérence et je regrette l’effet de la fusion sur cette structure de l’Etat. Après, l’équilibre doit être respecté entre toutes les parties de la nouvelle région. Pas uniquement entre Dijon et Besançon. Il y a une logique qui consiste à tenir compte du fait qu’il y a une capitale. Après, on peut quand même maintenir le rectorat à Besançon et la préfecture de région à Dijon. Mais il ne faut pas que l’Etat soit démantelé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Que pensez-vous de la nouvelle présidente du conseil régional, Marie-Guite Dufay (PS) ?</b>       <br />
       Je la connais bien. C’est une femme de cœur et je lui souhaite bon courage.       <br />
              <br />
       <b>Et François Hollande, quel bilan tirez-vous de son quinquennat jusqu’à présent ?</b>       <br />
       Je suis légitimiste et je pense que le président est élu pour cinq ans et doit aller au bout de son mandat. Maintenant, il devra dire lui-même, à la fin de l’année, sur ce qu’il entend faire. C’est sa liberté, c’est son choix. Il a d’ailleurs envisagé l’hypothèse selon laquelle il ne se représenterait pas. Alors on va attendre. Pour ce qui est de son quinquennat, je dirai que la situation était difficile en 2012. Plus, sans doute, que François Hollande ne l’estimait. Il s’était engagé à réorienter la construction européenne en renégociant le traité budgétaire européen. Mais il a considéré, à tort ou à raison, qu’il n’avait pas le rapport de force. Mais je pense que cela a pesé lourd sur la suite du quinquennat. Par exemple, la loi El Khomri, qui aujourd’hui est si vivement contestée, elle nous est évidemment imposée par la commission européenne. On nous vante aussi beaucoup le modèle allemand. Mais ce n’est pas seulement la flexibilité, c’est aussi une certaine cogestion, en associant les salariés à la gestion des entreprises. Et cela, il aurait fallu y penser, mais ce n’est pas dans la loi El Khomri. J’ajoute que ceux qui critiquent ce texte, sans critiquer le système de la monnaie unique qui nous a fait perdre quinze points de compétitivité depuis le début des années 2000, ne sont pas logiques avec eux-mêmes. Ou bien il faut donner de la flexibilité au système monétaire européen. C’est ce que propose. Ou bien, on peut difficilement s’exempter d’une flexibilité que, par ailleurs, la commission européenne a imposé à l’Espagne et à l’Italie. Et que l’Allemagne a adopté dès le début des années 2000.       <br />
              <br />
       <b>Toujours concernant l’Europe, que pensez-vous d’un éventuel « Brexit » ?</b>       <br />
       C’est une possibilité, parce que c’est serré et que M. Cameron a beaucoup d’adversaires. Mais quelle que soit l’issue, je pense que la Grande-Bretagne nous donne une leçon. Je pense qu’il faut savoir exiger une certaine réorientation. Et je pense que l’exigence d’un référendum, c’est la manifestation de ce qui nous reste de souveraineté. Mais nous n’y avons plus recourt, car nous voulons éviter de faire apparaître que la construction européenne s’est déroulée de manière complètement anti-démocratique depuis 2005. Et même avant. Nous relevons de décisions prises par des instances non élues, en toute opacité. Tout cela, le peuple s’en fatigue. Pour ma part, je souhaite non pas la sortie de l’Europe, mais la réorientation de l’Europe, pour que celle-ci réponde davantage aux aspirations populaires.       <br />
              <br />
       <b>Quel rôle comptez-vous jouer durant les prochains mois ?</b>       <br />
       Je dirai ce qui me semble bon pour la France. Et je n’entends pas m’exprimer avant d’y voir plus clair sur la manière dont cette élection se présente.       <br />
              <br />
       source : <a class="link" href="http://www.bienpublic.com//edition-dijon-ville/2016/04/04/jean-pierre-chevenement-la-loi-el-khomri-nous-est-imposee-par-la-commission-europeenne">le Bien public</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/9256821-14780543.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-loi-El-Khomri-nous-est-imposee-par-la-Commission-europeenne_a1827.html</link>
  </item>

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   <title>"Peut-on faire confiance à Moscovici pour rebattre à Bruxelles des arguments qui ont longtemps été les siens ?"</title>
   <pubDate>Wed, 15 Oct 2014 18:11:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de PolitiqueS sur LCP, samedi 11 octobre 2014. Il répondait aux questions de Serge Moati.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> J'ai été élu député du Territoire de Belfort en mars 1973, il y a 41 ans. Le département était entièrement à droite en 1972, avant que je ne sois élu, et il se retrouve aujourd'hui de nouveau entièrement à droite. Que s'est-il passé ? 40 années, c'est le temps nécessaire pour hausser une ville à un niveau où elle n'était pas, avec une université, un TGV, une organisation qui a beaucoup changé, mais il se trouve le Parti Socialiste belfortain, à force de vouloir éradiquer le chevènementisme, s'est de la sorte éradiqué lui-même, de sorte que la droite est devenue maîtresse du terrain.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il est très difficile de se faire élire en France contre le PS et l'UMP, sauf à ces sénatoriales de 2008 qui m'ont amusé, puisque j'ai été élu contre un candidat UMP et contre un candidat PS, bien que ce dernier se soit maintenu contre moi au second tour.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ma vie politique a été pleine, et j'ai fait ce que j'ai voulu. J'ai d'abord contribué à l'Union de la gauche, j'ai été un des créateurs du Parti Socialiste d'Epinay, je l'ai fortement influencé à travers ses deux programmes, j'ai été quatre fois ministres. Mais il y a quand même une césure car, si j'ai été un acteur essentiel, j'ai été aussi un témoin privilégié du grand retournement du PS et de son ralliement au libéralisme. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Tournant libéral de 1983, Acte Unique, traité de Maastricht, euro, libération des mouvements de capitaux y compris vis-à-vis de pays tiers : il n'y a pas que l'alliance des multinationales américaines avec le PC chinois, l'implosion de l'URSS, qui expliquent la situation actuelle. Un certain nombre de Français, notamment des socialistes comme Jacques Delors et son équipe, ont joué un rôle majeur dans ce que j'appelle très avec gentillesse un grand retournement, en fait une conversion au néolibéralisme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Quant à moi, depuis 1983, je dis autre chose : il était possible de faire une conversion républicaine. On était pas obligé d'abandonner l'Etat-stratège, de codifier à l'échelle mondiale la libération des capitaux, d'abandonner l'idée de faire des grands plans technologiques, d'abandonner l'universalisme français... on pouvait conserver un certain degré de contrôle sur un capitalisme financier devenu fou. Or nous l'avons accompagné, et même, nous l'avons précédé.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France était un grand pays universaliste, qui avait un message à dire au monde, et elle a oublié de le faire. Ce qui explique la crise actuelle, le désamour pour la France elle-même, des citoyens mais aussi de ceux autrefois s’agrégeaient à elle, crise de l'intégration, ou de l'assimilation. Pour que des gens veuillent devenir Français, il faut d'abord s'aimer assez soi-même pour avoir envie de donner le désir de devenir Français.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je continuerai à proposer mes remèdes, à la tête de mon parti ou à travers la Fondation que je préside, ou à travers des livres, ou dans les médias.        
       </li></ul><ul class="list"><li> François Hollande a hérité d'une situation très difficile. Mais ce n'est pas nouveau. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? La monnaie unique unique n'a pas tenue ses promesses. Au lieu de conduire à des convergences, elle a conduit a des divergences. Savez-vous par exemple que l'écart de revenu entre la Grèce et l'Allemagne a doublé depuis 1999 ? Même entre la France et l'Allemagne, nous avions à peu près le même niveau de vie par habitant. Aujourd'hui, l'Allemand a un niveau de vie supérieur de 13%. Nos coûts ont dérapé, et notre balance extérieure est largement déficitaire. D'autres pays européens en crise ont réussi à réduire leur déficit commercial, mais en diminuant leurs importations. Est-ce vraiment un modèle ?       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le problème n'est-il pas aussi le traité budgétaire européen, dit TSCG, qui a obligé tous les pays européens à réduire ensemble leurs déficits, ce qui produit un effet boule de neige. Si tout le monde fait la même chose, il s'ensuit une dépression, un ralentissement des rentrées fiscales, donc le déficit budgétaire est augmenté au lieu d'être diminué. Il faut aujourd'hui sortir de ce cercle vicieux.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le budget de la France risque d'être retoqué à Bruxelles du fait du TSCG. Peut-on fait confiance à Moscovici   pour rebattre à Bruxelles des arguments qui ont longtemps été les siens ?       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je souhaite que François Hollande tape du poing sur la table, et mette un peu de pragmatisme dans la politique européenne. L'action de Mario Draghi à la tête de la BCE ne suffira pas.        <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Il est paradoxal que tous les pays qui étaient attaqué par l'Occident aient été d'anciens pays dits progressistes, laïques, même dégénérés : l'Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen. Ce sont ces pays qui ont « bénéficié » du fameux droit d'ingérence. Il est vrai que la situation initiale n'était pas brillante, mais d'autres pays dans le monde arabe ne sont pas beaucoup plus brillants, notamment certaines monarchies pétrolières qui ne sont pas des parangons de progressisme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Au départ, le choix de la guerre était erroné. Il était possible en 1991 d'obtenir l'évacuation du Koweït par la voix diplomatique. Mais les Américains voulaient aller à la guerre. Cette guerre a entraîné des bouleversements considérables que nous payons encore : l'embargo, puis la deuxième guerre d'Irak. On a cassé un pays qui était le verrou du monde arabe face à l'Iran, qui est devenu une sorte de protectorat iranien dominé par les chiites, mais en même temps les sunnites ont été maltraité, et s'est produit une radicalisation à travers le Califat islamique.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut trouver le moyen de dissocier les tributs sunnites du Califat islamique et reconstruire un Irak digne de ce nom, si possible laïque. Essayons de promouvoir les éléments de modernité dans le monde arabe et musulman.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Iran est évidemment la grande puissance de la région. Ce pays doit accepter un certain nombre de règles, notamment en matière nucléaire, mais en même temps personne ne fera que l'Iran, qui a 80 millions d'habitants, ne soit pas la grande puissance de la région. Il y en a une autre, c'est la Turquie. Donc il faut penser un équilibre.       
       </li></ul><ul class="list"><li> On ne fait pas de la politique sous le coup de l'émotion, mais quand on a une vision et quand on en réunit les moyens. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Peut-on-faire-confiance-a-Moscovici-pour-rebattre-a-Bruxelles-des-arguments-qui-ont-longtemps-ete-les-siens_a1666.html</link>
  </item>

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   <title>"Jean-Pierre Chevènement, une histoire politique"</title>
   <pubDate>Sun, 05 Oct 2014 11:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l'émission "La voix est libre" sur France 3 Franche-Comté, samedi 4 octobre 2014. Il répondait aux questions de Jérémy Chevreuil.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Je suis allé au terme de ce que je pouvais faire comme parlementaire. J'ai été élu pour la première fois il y a 41 ans, en 1973. Mais Jean-Pierre Chevènement peut exister autrement qu'en étant sénateur ou député dans le paysage politique. Par conséquent, je continuerai à m'exprimer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai consacré l'essentiel de mon temps à l'action politique, mais une politique qui ne se séparait pas du combat des idées, par conséquent aussi à la lecture, à la réflexion. Je pense être resté fidèle à cette conception très ancienne de la politique, où on ne sépare son engagement politique d'une vision du monde. C'est un engagement de l'être tout entier au service de ses concitoyens, de son pays. Par conséquent, on ne se ménage pas. On lui accorde peu de repos.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Au moment où on approchait de la fin du septennat du général de Gaulle, l'idée de refonder la Ve République sur des bases de gauche, d'unir la gauche, avec un Parti Socialiste entièrement rénové (je suis l'un des principaux artisans du congrès d'Epinay), est enthousiasmante. Et cela a réussi. J'ai adhéré au Parti Socialiste en 1964. L'alternance avec François Mitterrand fonctionne en 1981. C'était un travail de patience, et je m'y suis pleinement investi, en rédigeant notamment les programmes du PS.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'accident d'anesthésie de Jean-Pierre Chevènement</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Cet épisode a renforcé mon caractère, mais il ne l'a pas changé.       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai une bonne santé, c'est ce que les médecins m'ont dit, car j'ai surmonté une épreuve qui m'a été très difficile. Mon cœur s'est arrêté pendant 55 minutes. Il fallait ensuite récupérer. J'étais aussi très motivé. Je pense que cela m'a donné une certaine force.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Mes amis, qui sont des laics intransigeants, ne voulaient surtout pas que je sois miraculé d'autre chose, d'où l'expression « le miraculé de la République ». Le miracle devait s'être déroulé dans le strict espace républicain et laic. C'est une plaisanterie !       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai vu la mort à deux ou trois reprises d'assez près dans ma vie. Pendant la guerre d'Algérie, je me suis fait arrêté en quelque sorte par une police supplétive, des gens qui n'avaient aucune formation, et je revois le pistolet mitrailleur appuyé sur mon estomac, avec la culasse en arrière, dans une position extrêmement dangereuse. Et heureusement, quelqu'un pousse un cri de l'autre côté. Et le « policier » occasionnel tend sa mitraillette dans la direction opposée. Donc je ne me suis pas fait prier, et j'ai pris la poudre d'escampette. C'était en juillet 1962, les premiers jours de l'indépendance de l'Algérie.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur les 3 démissions de Jean-Pierre Chevènement</span>       <br />
       <ul class="list"><li> En février 1983, j'avais une discussion avec François Mitterrand sur la politique industrielle, dont je lui réclamais les moyens. Quand je suis revenu au ministère de l'Industrie, les journalistes m'attendaient pour une conférence de presse, et m'ont demandé ce que je pensais de la négociation qui allait s'engager sur le maintien ou non de la France dans le Système Monétaire Européen. Et j'ai donc dit : « <span style="font-style:italic">Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l'ouvrir, ça démissionne</span> ». Et j'ai ajouté que pour le moment je fermais ma gueule. J'ai démissionné du gouvernement le mois suivent.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je n'ai pas quitté le gouvernement sur un choix mineur, ou des questions de susceptibilité, mais sur des questions majeures. L'accrochage du franc au mark allait déterminer  toute la politique ultérieure de libéralisation.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai démissionné une seconde fois pour protester contre la première guerre du Golfe en 1991. Je n'y reviens pas. On en voit aujourd'hui les résultats. Le Califat islamiste, c'est la conséquence de cette première guerre du Golfe, redoublée par une seconde, qui a détruit l'Irak, alors qu'on pouvait éviter cette guerre, je vous le certifie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai démissionné la troisième fois à propos de la question corse. Transférer le pouvoir réglementaire aux régions, c'est revenir à l'Ancien régime, où on changeait de loi plus souvent que de cheval, comme disait Voltaire en traversant la France ! Cela devient un pays éclaté, ce n'est plus la République. La République comporte une loi, qui est la même pour tous. L'idée que l'on puisse transférer, non seulement le pouvoir réglementaire, mais aussi le pouvoir législatif à la Corse, me hérissait.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut dire non à des choses très importantes. J'aurais pu démissionner mille fois ! En 1988-89, quand j'ai vu qu'en application de l'Acte unique, on allait libéraliser les mouvements de capitaux, non seulement à l'intérieur de l'Europe mais aussi vis-à-vis des pays tiers, sans aucune harmonisation fiscale, croyez-moi, j'ai ouvert ma gueule en Conseil des ministres ! Mais j'étais le seul. Tous les arbitrages avaient été rendus. Par conséquent ça s'est fait, au 1er janvier 1990. Cette décision est fondatrice du capitalisme financier, dans la crise duquel nous nous débattons aujourd'hui. Peut-être que là j'aurais pu démissionner, et peut-être même l'aurais-je dû.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les conséquences de la première guerre du Golfe</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Si je raisonne dans le cadre de notre politique extérieure, de notre politique arabe, de notre politique au Moyen-Orient, oui, je considère que François Mitterrand a fait une grave erreur en participant à la guerre du Golfe. Il a retourné la politique qui était celle du général de Gaulle. Et pour moi, c'était très dur à supporter, parce que j'adhérais à cette politique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La modernisation du monde arabe devait être encouragée, et pas les tendances les plus fondamentalistes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On voit aujourd'hui le résultat : on a cassé l'Irak, qui était le verrou par rapport à l'Iran. On a ouvert la voie à Ben Laden et à Al Qaeda, et aujourd'hui les sunnites irakiens se sentent laissés pour compte, et se sont livrés au Califat islamiste.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Très franchement, je ne sais pas ce que sera la suite, mais nous n'avons pas fini de boire le calice jusqu'à la lie.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les cycles politiques de longue période de la gauche</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> François Mitterrand à Epinay, a pris la tête du PS alors qu'il n'en avait pas la carte 24 heures auparavant, cela notamment grâce à l'aide du CERES. Mais il avait été le candidat de l'union de la gauche en 1965, et c'est cela qui lui avait donné une stature extrêmement attirante pour les couches populaires.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Avec l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, beaucoup de choses ont changé. L'abolition de la peine de mort, la décentralisation, la retraite à soixante ans, les lois Auroux, une certaine démocratisation de l'enseignement... beaucoup a été fait. Mais il y a un retournement fondamental qui est intervenu au milieu des années 1980. L'ampleur de ce qu'on a appelé la « parenthèse libérale », qui ne s'est jamais refermée, l'ampleur de la conversion au libéralisme, la dérégulation appliquée non seulement en France, mais aussi en Europe et dans le reste du monde, est immense.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a malheureusement des Français éminents, considérés en tout cas comme tel, Jacques Delors et un certain nombre d'autres technocrates bien connus, qui ont joué un rôle tout à fait décisif au printemps 1983, et par la suite au moment de l'Acte unique, qui étend le néo-libéralisme a toute l'Europe, puis la monnaie unique, en 1992.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Soyons clairs : la gauche au pouvoir aujourd'hui n'est pas la même gauche. Nous ne sommes plus dans la même situation. La globalisation financière s'est installée, via l'Europe et en particulier le nœud français de 1983, par le ralliement de la Chine à l'économie de marché en 1979, et l'implosion de l'URSS en 1991.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La masse des capitaux, qui font ce que l'on appelle les marchés financiers, sont les arbitres de vie ou de mort des entreprises et des États. Nous sommes dans un monde très différent, et par conséquent, il faut imaginer une stratégie nouvelle, qui reste fidèle aux inspirations initiales.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous sommes dans un monde où il faut penser que la France soit un pays qui reste inspiré et voué à l'universel, voué à servir de pont entre l'Occident et les pays émergents.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur François Mitterrand</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> En 1979, François Mitterrand me reçoit à son domicile. Me raccompagnant, il se penche vers moi et me dit : « Vous savez Jean-Pierre, nous sommes d'accord sur tout, vous et moi. Mais malheureusement, à votre différence, je crois que, à notre époque, la France ne peut plus faire autre chose que passer à travers les gouttes ». C'est une des rares phrases que j'ai noté, parce que je pense qu'elle a bien symbolisé jusqu'à l'épisode de la guerre du Golfe.        
       </li></ul><ul class="list"><li> François Mitterrand était un homme qui a commis des erreurs. Le traité de Maastricht en était une, et elle n'était pas mince ! Mais pour autant, c'était un homme tout à fait fascinant, qui avait un recul historique, une culture, qui impressionnait. Les hommes politiques d'aujourd'hui sont formés à une autre école.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'ENA</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai donné mon sentiment sur l'ENA dans un petit livre, intitulé : « <span style="font-style:italic">L'énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise</span> », en 1967, que j'ai écrit avec deux copains sous le pseudonyme de Jacques Mandrin. En fait, l'ENA c'est deux concours : un concours d'entrée et un concours de sortie. Il faut les réussir ! Mais entre les deux, ce n'est rien.        
       </li></ul><ul class="list"><li> A l'ENA, je n'ai appris qu'à servir le vin ! C'est l'anecdote que je raconte pour faire rire : mon préfet, chez lequel je faisais un stage dans le Morbihan, m'avait appris à tourner le goulot de la bouteille, de telle manière que d'un coup sec, je pouvais éviter que la goutte ne tombe sur la nappe.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur quelques considérations liées à notre époque</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Avec la mondialisation libérale, on trouve le triomphe de l'argent. Les gens sont mus davantage par l'envie de gagner de l'argent. C'est le règne de la pantoufle, du parachute dorée. Il y a aussi l'instantanéité, le court-termisme qui s'est substituée à la réflexion de long terme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le système médiatique s'est profondément transformé. Il y a beaucoup plus de télévisions et de radios, les réseaux sociaux sont là... Chacun est en position d'être le valet de chambre de tous les hommes politiques que nous avons en activité !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il n'y a plus de respect du secret de l'instruction, de la présomption d'innocence, de la vie privée. Je pense que c'est regrettable.        
       </li></ul><ul class="list"><li> De Gaulle disait : « <span style="font-style:italic">L'autorité ne va pas sans prestige, et le prestige ne va pas sans éloignement</span> ». Aujourd'hui, l'éloignement n'est plus possible. Tout se diffuse, les conseillers parlent, les attachés parlent... Pratiquement, pour être sûr de garder un secret, il faut le garder pour soi-seul, et n'en parler à personne !        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la Russie et l'Ukraine</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Pour faire l'histoire, il ne faut pas se mettre à la remorque des États-Unis. Prenons le cas de l'Ukraine. Je pense que l'histoire s'est passée d'une façon différente de ce qui nous est raconté. Je pense que les tords sont très partagés. On donne une description souvent outrée de la Russie d'aujourd'hui. La Russie d'aujourd'hui, ce sont des classes moyennes qui partent à l'assaut des aéroports. La Russie, ça change.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur Manuel Valls</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que Manuel Valls a été un très bon ministre de l'Intérieur. Il a très bien compris le rôle de la règle : la règle protège, et la liberté écrase. Pour être un bon Premier ministre, il doit savoir que la République ne s'applique pas qu'à l'ordre public : la République, c'est aussi quelque chose qui doit intervenir dans l'ordre économique et social. Il pose à bon escient le problème de l'euro, qui est une monnaie surévaluée, qui nous plombe depuis trop d'années, qui a contribué largement à notre désindustrialisation.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la campagne présidentielle de 2002</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne me suis pas préparé à être Président de la République ou Premier ministre. En 2002, mon intention était de créer un courant républicain qui pèse suffisamment sur la gauche plurielle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Tout ce que j'ai dit reste juste, et les axes principaux de ma campagne, je peux les reprendre aujourd'hui à mon compte. Mais je ne me suis pas préparé à être Président de la République quand je le pouvais, c'est à dire au moment où j'ai été élu député, à l'âge de 34 ans. Si à ce moment là, j'avais voulu me mettre dans la roue de François Mitterrand, je n'aurais pas fait le CERES, j'aurais caché mes dissentiments, je n'aurais  démissionné en aucune circonstance. J'aurais alors peut-être pu devenir Président ou Premier ministre, mais ce n'est pas sûr. Et en agissant de la sorte, je me serais confondu avec la couleur de la muraille.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je considère qu'il est très injuste de faire de moi le bouc-émissaire de la défaite du candidat socialiste, qui lui doit quand même beaucoup, par sa politique et par sa campagne, qui n'était quand même pas formidable. Et pourquoi avoir donné des parrainages à Besancenot ? Pourquoi n'avoir pas découragé Taubira qui était prête à se retirer ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Lionel Jospin n'avait pas accroché quelques étoiles à son firmament. Je le lui ai dit sous cette forme en 2000. C'était un très bon Premier ministre, avec beaucoup de compétence, mais je pense qu'il n'avait pas la capacité de devenir Président de la République. Il n'avait pas la vision. Il avait été pour la Constitution européenne. Il avait été l'un des suppôts de Maastricht. L'expression « <span style="font-style:italic">parenthèse libérale</span> » est la sienne à l'origine. On ne peut pas dissimuler que nous avions deux lignes différentes. Ce n'est pas criminel !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le Front National</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je n'ai pas du tout le même itinéraire que Marine le Pen. Sur des sujets fondamentaux, nous ne pensons pas du tout la même chose. Le problème aujourd'hui, c'est de savoir comment on desserre la contrainte monétaire. Ce que je propose est quand même plus fin que ce que propose Marine le Pen.        
       </li></ul><ul class="list"><li> S'agissant de la République, je la crois fondée sur la citoyenneté. L'idée que l'on puisse distinguer un Français par son origine me fait horreur.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a des gens qui se revendiquent de moi dans tous les partis politiques. Ma pensée a essaimé largement, et peu, je crois, au FN, parce que je suis un partisan ardent de la citoyenneté, que la France est naturellement un pays métissé. Je demande simplement à ceux qui veulent la nationalité française de respecter la loi républicaine, et l'esprit de la loi : se conformer à quelques usages raisonnables.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je combats le racisme, l'islamophobie, l'antisémitisme, tout ce qui vise à ranger les Français dans une catégorie particulière. Je pense que quand on est citoyen français, on est citoyen français. Point final.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Pour Belfort</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Avoir été maire de Belfort pendant plus ou moins 30 ans, c'est une charge, mais c'est d'abord un honneur. Belfort est devenue une ville universitaire. Le TGV, après 25 ans d'efforts, y arrive. Les fondements industriels ont été consolidés, et je n'y suis pas tout à fait pour rien. L'organisation territoriale a été modifiée. Nous avons répondu à la disparition de Bull par une stratégie : Technum. Il y a aujourd'hui, sur le site de Technum, autant d'emplois qu'il y en avait à l'époque de Bull et d'Alstom. Il a fallu intervenir constamment pour que le bateau reste à flot et continue d'avancer.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'avenir de la gauche</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La vie politique procède par cycles de longue durée. La gauche reviendra quand elle se sera refondée intellectuellement, qu'elle aura pris la mesure du monde, qu'elle aura une nouvelle grille de lecture qui lui permettra de comprendre où elle se situe et où elle doit aller. J’œuvrerai pour ma part, dans les années qui me restent, à lui fournir ces clefs, à faire ce travailleur d'instituteur républicain, à montrer que la France reste un grand pays universaliste, qui peut tendre la main à tous, qui peut jouer un rôle pour construire une Europe européenne, peser dans le monde de demain entre les États-Unis et la Chine, défendre notre modèle social en le modernisant.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je préside la Fondation Res Publica, qui en est à son 85ème cahier - un immense travail de fond y est fait par les meilleurs experts, dans tous les domaines. Je traduirai aussi cette œuvre sous la forme des livres que je vais écrire. Il y aura certainement quelque chose que je ferai sur la théorie de la République, qui me paraît un peu oubliée, pour montrer la cohérence du concept, sur le récit national, qui doit être vrai et non falsifié, pour redonner à la France l'estime de soi qui lui manque tellement, et puis construire un programme de Salut public ! </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur les questions de sécurité</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Sauvageons et racaille, cela n'a rien à voir ! Sauvageons, c'est un arbre non-greffé. En utilisant ce terme, je pointais le défaut d'éducation. Racaille, c'est une expression choquante. J'ai tendance à penser qu'il faut toujours offrir une voie de rédemption. Je suis toujours pour des réactions très proportionnées. Sauvageon, ça n'a peut-être pas été compris, beaucoup ont été choqués car ils ont entendu « sauvage », mais ils ont fait des progrès en Français, puisque je leur ai expliqué ce que ça voulait dire !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y avait une très mauvaise conception de la sécurité à gauche. On se mettait toujours à la place des victimes, on était dans la culture de l'excuse. Tout cela faisait sûrement honneur au cœur tendre de ceux qui exprimaient cette vision, mais la réalité c'est qu'il y a une délinquance qu'il faut combattre. La sécurité est quand même l'un des premiers droits de l'homme et du citoyen.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Sur ces questions, il y a en fait une double démagogie : un angélisme de gauche, et une démagogie de droite, un catastrophisme qui ne paraît pas non plus très raisonnable. Il y avait 1000 personnes qui étaient tuées chaque année quand j'étais ministre de l'Intérieur, aujourd'hui c'est 600. On ne dit jamais les choses qui vont mieux. Quant aux chiffres... les policiers étaient astreints à en produire sous Sarkozy. Ils ne faisaient plus la police, ils remplissaient des formulaires pour faire les statistiques !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur de Gaulle, Mitterrand et Chirac</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai eu l'occasion de déjeuner avec le Président Chirac, qui m'a dit : « <span style="font-style:italic">Il y a deux grands présidents, de Gaulle et Mitterrand. Moi je me sens plutôt mitterrandiste</span> ». J'ai failli lui répondre, et je le fais devant vous, que moi je me sens plutôt gaulliste, car je sais ce que la France doit au général de Gaulle. Il n'y a pas d'équivalent à l'effondrement de 1940 dans notre histoire, et si la France continue, c'est grâce à de Gaulle. De Gaulle a aussi su trancher le nœud gordien de l'Algérie. Il fallait que l'Algérie soit indépendante.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'admire de Gaulle comme étant le plus grand homme d’État français du XXe siècle. J'admire aussi François Mitterrand mais pour d'autres raisons. Et surtout, je suis attaché à l'homme qu'était François Mitterrand, plus qu'à ses choix politiques d'ailleurs, avec lesquels je me suis dissocié, de son temps.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'état de la gauche à Belfort</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le candidat que j'avais installé dans le fauteuil du maire de Belfort a changé de parti après sa défaite aux législatives. C'était un choix malheureux pour lui-même. Je me suis senti blessé dans la fidélité à ce qu'était nos idées communes. C'était une question de dignité et d'intérêt. Il avait une chance d'être réélu, en restant au MRC. Il a fait le choix inverse, il a divisé son camp, et il porte lui, et ceux qui l'ont débauché, la responsabilité de cette échec.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Mais je vous l'ai dit, je suis optimiste pour le long terme. La vague va et vient, et elle reviendra. La gauche refondée, républicaine, reviendra à Belfort.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">FC Sochaux ou Eurockéennes ?</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'étais plutôt footballeur, j'étais ailier, mais il y a très longtemps.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Pour ce qui est du rock, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. La création des Eurockéennes doit tout à Christian Proust.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il m'arrive d'aller au stade voir Sochaux ou au Stade de France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai quand même organisé, comme ministre de l'Intérieur, la Coupe du Monde de 1998 : croyez-moi, ce n'était pas de la tarte !        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'association France-Algérie</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis Président de l'association France-Algérie. J'irai la semaine prochaine 4 jours en Algérie. Je suis très attaché à préserver le continuum entre ces deux pays. Il s'est passé beaucoup de choses entre la France et l'Algérie. J'essaye de maintenir des liens entre les sociétés civiles : un prix de cinéma, un prix littéraire... </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-une-histoire-politique_a1664.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-6756971</guid>
   <title>Communiqué de MM. Chevènement et Barbier, sénateurs RDSE du Territoire de Belfort et du Jura</title>
   <pubDate>Wed, 25 Jun 2014 17:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Messieurs Jean-Pierre Chevènement et Gilbert Barbier, tous deux sénateurs du groupe RDSE, respectivement du Territoire de Belfort et du Jura, ont l’intention de déposer un amendement au projet de loi de réforme territoriale portant fusion des régions.       <br />
               <br />
       L’exposé des motifs est le suivant :       <br />
               <br />
       La fusion de la région de Franche Comté avec l’Alsace et la Lorraine mettra en valeur l’axe Rhin-Rhône plutôt que la liaison avec Paris. La fusion de la Franche Comté et de la Bourgogne a l’inconvénient de fusionner deux régions très étendues (près du dixième de la France) peu peuplées et relativement pauvres. Cette réunion mettrait la nouvelle région en bas du classement juste avant la Corse. Les deux chefs-lieux de région, de surcroît, ne sont pas des métropoles. Pour une région qui de Sens à Belfort s’étire sur près de 500 Km, aucune de ces deux villes ne pourrait s’imposer comme une véritable capitale.       <br />
               <br />
       La Franche Comté est séparée de la Bourgogne depuis le XIe siècle. Besançon a été longtemps ville impériale. Dole a été la capitale de la Comté à l’époque espagnole. Montbéliard était Würtemberg et Belfort en Alsace jusqu’en 1871.       <br />
               <br />
       La réunion de l’Alsace, de la Lorraine et de la Franche Comté constituera une région puissante, frontalière de l’Allemagne et de la Suisse. Il serait plus naturel de fusionner la Bourgogne soit avec la région de Champagne-Ardenne, reconstituant ainsi l’axe Sud-Nord du Grand Duché d’Occident, soit pour des raisons économiques avec la Région Rhône-Alpes. Dans ce cas l’Auvergne deviendrait un môle de regroupement pour le Limousin et une partie de la région Centre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Communique-de-MM-Chevenement-et-Barbier-senateurs-RDSE-du-Territoire-de-Belfort-et-du-Jura_a1646.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Ukraine : "Les institutions européennes ont travaillé comme des manches"</title>
   <pubDate>Wed, 18 Jun 2014 15:36:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l'Opinion mardi 18 juin 2014. Il répondait aux questions de Nicolas Beytout.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express : </span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la réforme territoriale</span>       <br />
       <ul class="list"><li> La réforme territoriale vise à substituer un couple intercommunalité-région au couple républicain traditionnel commune-département.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense qu'on ne peut pas supprimer la commune. Les intercommunalités sont faites pour permettre aux communes pauvres de réaliser un certain nombre d'objectifs qu'elles ne pourraient pas atteindre si elles étaient laissées à elles-mêmes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut laisser tranquille les intercommunalités. On ne peut pas leur confier des attributions qui seraient celles des départements, ce serait complexifier énormément les choses. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Les départements restent un échelon de proximité tout à fait essentiel. Prenons l'exemple de la Grande-Bourgogne, la fusion de la Bourgogne et de la Franche-Comté prévue dans le cadre du passage de 22 à 14 régions : 10% du territoire national en superficie, 450 kilomètres de Belfort à Sens, aux portes de Paris... On va vraiment décider des virages à redresser, puisque les routes non-nationales sont de la compétence des départements aujourd'hui, dans de futures grandes régions de cette taille ? Est-ce que les préaux de collège pourront-être réparés comme il le faut à un échelon aussi éloigné du terrain ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> La question du choix des régions à fusionner se pose. Il n'y a pas de synergie réelle entre la Bourgogne et la Franche Comté. Je me demande si la fusion de la Franche-Comté et de l'Alsace-Lorraine ne serait pas beaucoup plus cohérent.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a une question de démocratie. La commune doit rester la cellule de base de la démocratie. L'intercommunalité doit, dans ce cadre, remédier à l'émiettement communal. Quant aux grandes régions, je ne vois pas l'intérêt par exemple de faire, par exemple, deux guichets pour les investissements à l'étranger : pourquoi ne pas confier cela tout simplement aux institutions de l’État, qui existent déjà ? Que va devenir l’État ?        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la transition énergétique</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> On cherche à faire des économies. Si on ferme Fessenheim, c'est de 6 à 8 milliards de dépenses supplémentaires. Il faut avoir un peu de cohérence.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je tiens à dire que les Républicains ne voteront pas une loi qui prévoirait la fermeture de centrales nucléaires, ce qui aboutirait à désaisir la France d'un atout majeur.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Autant je suis pour des économies d'énergies dans le bâtiment, autant je ne veux pas qu'on touche au nucléaire.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la situation en Irak</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Les américains et leurs alliés ont abattu une dictature laïque, alors qu'il était possible d'exercer une magistrature d'influence sur Saddam Hussein. La 1ère guerre du Golfe n'était pas nécessaire non plus.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que nous sommes en présence d'un vaste conflit sunnites chiites. Il faut restaurer l'Irak. Donner aux sunnites la place qui leur revient en Irak. C'est ce que le gouvernement Maliki n'a pas fait. Reconstruire une Syrie. Ne pas vouloir fragmenter le Moyen-Orient à l'infini.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Iran est le grand gagnant des interventions américaines. Maintenant, il faut voir si on peut s'entendre avec l'Iran ! C'est souhaitable. C'est un grand pays, une grande civilisation.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Un califat islamiste dans cette région, peut rayonner partout. Ca aura des conséquences, ne serait-ce que les djihadistes Français qu'on a laissé partir là-bas et qui ne reviendront pas jouer aux billes.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la situation de l'Ukraine</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai rencontré Vladimir Poutine il y a un moins. Je dois dire que le Président russe a été plutôt correct, en ce sens qu'il a plutôt décourager les référendums d'auto-organisation,  en indiquant qu'ils devaient trouver leurs débouchés dans une réorganisation interne de l'Ukraine, a été d'accord pour des mesures de désescalades, pour que des élections aient lieu.        
       </li></ul><ul class="list"><li> En retour, le gouvernement ukrainien ne fait rien pour nouer le dialogue avec les populations russophones de l'est.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les institutions européennes ont travaillé comme des manches. Les accords d'association de l'Europe avec l'Ukraine ne prenaient pas en compte l'intrication économique de l'Ukraine et de la Russie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La main des États-Unis est aussi en cause. Créer une discorde entre l'Europe de l'ouest et la Russie, c'est une affaire qui arrange les américains.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il est temps que le gouvernement ukrainien ouvre des négociations avec les populations de l'est de l'Ukraine.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Une vie politique après le Sénat</span>        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je n'ai pas besoin d'être parlementaire pour me faire entendre. J'ai d'autres moyens d'expressions et je ne renonce nullement à mon engagement politique. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Ukraine-Les-institutions-europeennes-ont-travaille-comme-des-manches_a1641.html</link>
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   <title>M. Meslot et Alstom</title>
   <pubDate>Wed, 28 May 2014 17:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Je regrette que M. Damien Meslot, Député-Maire de Belfort et Président de la Communauté de l’Agglomération Belfortaine, appuie sans aucune restriction le rachat d’Alstom par General Electric.        <br />
              <br />
       Je considère que la présence au capital, directe ou indirecte, de l’Etat préserverait mieux les intérêts à long terme de l’industrie française et de l’emploi. Une telle présence de l’Etat n’empêcherait nullement la conclusion d’un partenariat avec une entreprise extérieure si telle était l’intérêt d’Alstom, dont le nom et le renom ne doivent pas disparaître. Tel est l’intérêt bien compris, aussi bien du pays que du Territoire de Belfort
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/M-Meslot-et-Alstom_a1634.html</link>
  </item>

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   <title>Réaction de Chevènement à une possible reprise d'Alstom par GE</title>
   <pubDate>Sat, 26 Apr 2014 12:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   AFP, samedi 26 avril 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6567642-9905137.jpg?v=1398509188" alt="Réaction de Chevènement à une possible reprise d'Alstom par GE" title="Réaction de Chevènement à une possible reprise d'Alstom par GE" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, sénateur du territoire de Belfort, président d'honneur du MRC et ancien ministre, notamment de l'Industrie : &quot;Il est inacceptable que le rachat du secteur énergie d'Alstom par General Electric mette l'Etat devant le fait accompli (...) Je demande que le Conseil d'administration d'Alstom, appelé à entériner un tel accord, soit repoussé à une date permettant aux services du ministre de l'Industrie de faire leur travail. Je suggère que l'Etat monte en capital s'il le faut pour remplacer les actionnaires défaillants. Cet argent sera mieux utilisé de cette façon que par la distribution indiscriminée de 50 milliards d'euros à toutes les entreprises y compris les grandes banques ou les grandes sociétés de distribution qui ne rentrent pas dans la compétition industrielle&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/6567642-9905137.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Reaction-de-Chevenement-a-une-possible-reprise-d-Alstom-par-GE_a1620.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-6566931</guid>
   <title>Alstom: Chevènement (MRC) écrit à Valls pour empêcher un "transfert de propriété" à General electric</title>
   <pubDate>Sat, 26 Apr 2014 09:09:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, 25 avril 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6566931-9904159.jpg?v=1398479389" alt="Alstom: Chevènement (MRC) écrit à Valls pour empêcher un "transfert de propriété" à General electric" title="Alstom: Chevènement (MRC) écrit à Valls pour empêcher un "transfert de propriété" à General electric" />
     </div>
     <div>
      Le sénateur MRC du Territoire-de-Belfort, Jean-Pierre Chevènement, a demandé vendredi au Premier ministre de &quot;faire valoir aux actionnaires et aux dirigeants des groupes concernés&quot; qu'un &quot;transfert de propriété est hors de question&quot; entre Alstom et General electric.       <br />
              <br />
       Des rumeurs de rachat global du groupe français par le géant américain General electric ont semé le trouble jeudi, le gouvernement temporisant vendredi en annonçant qu'il travaillait &quot;à d'autres solutions&quot; et affichant sa &quot;vigilance patriotique&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Je vous demande instamment, Monsieur le Premier ministre, de bien vouloir faire valoir aux actionnaires et aux dirigeants des groupes concernés que ce transfert de propriété est hors de question. A travers les marchés publics, l'État a les moyens de se faire entendre&quot;, écrit le président d'honneur du Mouvement Citoyen et Républicain (MRC).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Il demande une &quot;prompte intervention&quot; de Matignon, faisant valoir que &quot;la reprise de la branche énergie d'Alstom porterait un coup fatal à l'indépendance de notre filière électronucléaire. Elle signifierait l'abandon par la France d'un des deniers pans de son industrie d'équipement&quot;.       <br />
              <br />
       Le sénateur du Territoire-de-Belfort, où l'usine Alstom est un des maillons forts de l'économie locale, poursuit : &quot;Le groupe américain a déjà repris en 1999 la branche 'turbines à gaz' quand Alstom a choisi de reprendre les turbines à gaz fabriquées en Suisse. Ce fut une énorme erreur à laquelle Alstom a failli ne pas survivre&quot;.       <br />
              <br />
       Il fait valoir que &quot;General Electric, s'il a dans un premier temps développé ses fabrications à Belfort, tend aujourd'hui à relocaliser une part de ses fabrications aux États-Unis, ce qui correspond, semble t-il, aux orientations données par le Président Obama&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Comme l'observe le journal les Echos, la fuite des centres de décision est dramatique : lorsqu'on mesure pleinement les conséquences, comme à la guerre il sera trop tard pour livrer bataille&quot;, conclut-il.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/6566931-9904159.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Alstom-Chevenement-MRC-ecrit-a-Valls-pour-empecher-un-transfert-de-propriete-a-General-electric_a1619.html</link>
  </item>

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   <title>Alstom: lettre de Jean-Pierre Chevènement au Premier Ministre Manuel Valls</title>
   <pubDate>Sat, 26 Apr 2014 09:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Lettre de Jean-Pierre Chevènement au Premier Ministre Manuel Valls, en réaction au rachat supposé de la branche Energie d’Alstom par General Electric, en date du 25 avril 2014. Une correspondance de même nature a également été adressée le même jour à M. le Ministre de l’Economie et du Redressement Productif Arnaud Montebourg.     <div>
      Monsieur le Premier Ministre,       <br />
               <br />
       La presse économique (<span style="font-style:italic">Les Echos</span> du 25 avril 2014 et <span style="font-style:italic">Le Figaro économie</span> du même jour) annoncent comme très avancé le projet de rachat de la branche énergie (Alstom Power) par General Electric.       <br />
               <br />
       Le groupe américain a déjà repris en 1999 la branche « turbines à gaz » quand Alstom a choisi de reprendre les turbines à gaz fabriquées en Suisse.       <br />
               <br />
       Ce fut une énorme erreur à laquelle Alstom a failli ne pas survivre.       <br />
               <br />
       Avec le recul de quinze ans, nous constatons que cette opération autorisée par le Gouvernement de l’époque a abouti à deux résultats : Alstom a vu sa part du marché dans les turbines à gaz, qu’elle fabrique désormais en Suisse, se réduire considérablement. Par ailleurs, General Electric, s’il a dans un premier temps développé ses fabrications à Belfort, tend aujourd’hui à relocaliser une part de ses fabrications aux États-Unis, ce qui correspond, semble t-il, aux orientations données par le Président Obama.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Cette évolution illustre la nécessité de maintenir en France les centres de décision, comme vous l’avez d’ailleurs évoqué. Nous savons ce que nous a coûté l’abandon d’Usinor-Sacilor à Arcelor, au prétexte de constituer un groupe européen, puis à Mittal, la France s’étant désarmée en acceptant le choix du Luxembourg pour l’implantation du siège social d’Arcelor.       <br />
               <br />
       Il en est allé de même avec Péchiney, abandonné à Alcan sur décision de la Commission européenne avec comme conséquence la fermeture de l’usine de St Jean de Maurienne.       <br />
               <br />
       Hier, c’était le tour de Lafarge dont le siège social a été délocalisé de Paris à Zurich.       <br />
               <br />
       Aujourd’hui, la reprise de la branche énergie d’Alstom porterait un coup fatal à l’indépendance de notre filière électronucléaire. Elle signifierait l’abandon par la France d’un des deniers pans de son industrie d’équipement : turbines à vapeur, alternateurs de moyenne et de grande puissance etc.       <br />
               <br />
       Comme l’observe le journal <span style="font-style:italic">Les Echos</span>, la fuite des centres de décision est dramatique : lorsqu’on mesure pleinement les conséquences, comme à la guerre il sera trop tard pour livrer bataille.       <br />
               <br />
       C’est pourquoi je vous demande instamment, Monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir faire valoir aux actionnaires et aux dirigeants des groupes concernés que ce transfert de propriété est hors de question. A travers les marchés publics, l’État a les moyens de se faire entendre.       <br />
               <br />
       Vous remerciant d’une prompte intervention, je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de ma considération distinguée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Alstom-lettre-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-Premier-Ministre-Manuel-Valls_a1618.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-6456728</guid>
   <title>Un électrochoc à Belfort pour inverser la tendance</title>
   <pubDate>Mon, 24 Mar 2014 11:06:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Réaction de Jean-Pierre Chevènement aux résultats du 1er tour des élections municipales à Belfort.     <div>
      Le <a class="link" href="http://applications.mairie-belfort.fr/elections/">résultat des élections municipales à Belfort</a> amplifie un mouvement national qui est lui-même sans surprise.       <br />
       A Belfort, le score de la gauche dans son ensemble, mais plus encore celui du maire sortant, sont à un étiage bas, historiquement sans précédent.       <br />
       L’exigence d’une refondation de la gauche passe à l’évidence, au niveau national par la réorientation de la politique économique et donc de la construction européenne, et à Belfort, par un profond renouvellement du personnel politique.        <br />
              <br />
       Bastien Faudot a porté l’exigence de cette réorientation et de ce renouvellement en réalisant un score nettement supérieur à celui que lui attribuait le sondage BVA réalisé avant même qu’il ait publié sa liste.        <br />
       Un électrochoc peut seul remettre Belfort dans la voie du progrès. C’est l’intérêt de la gauche toute entière que d’y procéder sans tarder.        <br />
              <br />
       Cet électrochoc passe par un accord PS/MRC sur le renouvellement des têtes de listes à la Ville et à la CAB.        <br />
       Sur cette base, le rassemblement de toutes les forces de progrès et la mobilisation au 2nd tour des abstentionnistes du premier (44% des inscrits !) peuvent encore inverser la tendance. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Un-electrochoc-a-Belfort-pour-inverser-la-tendance_a1608.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-6447991</guid>
   <title>Offrir à Belfort un avenir digne d'elle</title>
   <pubDate>Fri, 21 Mar 2014 00:02:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au meeting de fin de campagne de 1er tour de la Liste "Oser Belfort", conduite par Bastien Faudot, jeudi 20 mars 2014.     <div>
      Je suis heureux de vous voir tous ici réunis non pas pour un ultime combat, encore qu’il y en eût d’héroïques, mais pour offrir à Belfort un avenir digne d’elle.       <br />
              <br />
       La porte, certes, est étroite mais elle a un nom. <b>Ce nom c’est Bastien Faudot.</b> Lui seul peut incarner non seulement le renouveau, mais le maintien de notre ville dans le camp du progrès.       <br />
              <br />
       Etienne Butzbach est devenu, par son fait, un obstacle à l’unité. Mais les Belfortains ont tous une petite clef pour ouvrir la porte étroite : c’est le bulletin de vote Faudot. Lui seul peut permettre le renouvellement et la refondation de la gauche belfortaine et rendre pour l’ensemble des Belfortains son sens à l’action politique.       <br />
               <br />
       Bastien Faudot incarne la fidélité, non seulement à ce qui a été fait depuis 1977 avec ce qu’il y avait de meilleur à Belfort – militants, fonctionnaires, citoyens – par l’enthousiasme, le talent, le dévouement, mais fidélité plus profonde encore à ce que signifie Belfort dans l’Histoire.       <br />
              <br />
       Car Belfort n’est pas n’importe quelle ville.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Belfort a quelque chose à voir avec l’Histoire de France. Vauban l’avait fortifiée, à la fin du 17ème siècle, pour en faire disait-il « le verrou qui tiendrait fermée la porte d’entrée du Royaume de France ».       <br />
               <br />
       Mais c’est bien évidemment l’héroïque résistance de Belfort pendant la guerre de 1870-1871, lors du 3ème siège victorieux après 1814 et 1815, qui l’a faite entrer dans l’imaginaire républicain. La résistance de Belfort sous le commandement d’un officier républicain, le Colonel Denfert-Rochereau faisait contraste avec la défaite des armées du Second Empire : Sedan avec la reddition de Napoléon III, Metz livrée par Bazaine, un maréchal bonapartiste qui ne voulait surtout pas servir la République. La défaite de 1870-1871 a été  pour la France une terrible commotion, bien décrite par l’historien Claude Digeon. La France vivait dans le souvenir des victoires des armées de la République ou de Napoléon. Elle n’avait succombée à Waterloo que sous le poids de l’Europe toute entière coalisée. La France n’avait pas vu venir Bismarck mais Bismarck voulait faire l’unité de l’Allemagne par le fer et par le sang et Napoléon III est tombé dans le piège.       <br />
              <br />
       La France, donc, est tombée de haut, de très haut. Dans son malheur, il y eût cependant Belfort, dont le nom résonnait comme une victoire.       <br />
              <br />
       Or, la IIIème République naissante avait besoin qu’une telle victoire vint nimber son front. Car « rien de grand », disait le Général de Gaulle « ne se fait si n’y entre pas l’éclat de la défense nationale ». Belfort devint synonyme de résistance et d’héroïsme, tellement même que les Allemands en 1914-1918 prirent bien garde de ne pas affronter la redoutable forteresse, puissamment renforcée des forts construits tout alentour par Séré de Rivière.       <br />
              <br />
       Denfert, en 1871, prit place à côté de Gambetta à la Chambre des Députés, et plus encore, dans le Panthéon républicain. Denfert-Rochereau, républicain et patriote, démontrait l’importance du moral et plus encore, la fusion des idées de progrès et du patriotisme.       <br />
              <br />
       Voilà l’esprit de Belfort à laquelle Bartholdi a offert son Lion, un lion qui vit aujourd’hui dans le cœur de tous les Belfortains.       <br />
              <br />
       Et ce Lion, il doit bien rugir en voyant Belfort transformée en cour du roi Pétaud !       <br />
              <br />
       Cette fusion du patriotisme et des idées de progrès que symbolise Belfort, Pierre Dreyfus-Schmidt, redevenu maire de la ville à sa libération, et Milo Géhant, déporté et président de l’UFAC avant de redevenir Maire, l’ont incarnée à leur manière et j’ose dire qu’avec les équipes de Belfort-Démocratie, nous avons essayé de montrer que le progrès avait un sens pour notre ville, à travers le développement universitaire, l’urbanisme, la politique de la petite enfance, le maintien de notre tissu industriel surtout.       <br />
              <br />
       Car la guerre aujourd’hui est une guerre économique.       <br />
              <br />
       Et en même temps, chacun en jugera à sa façon, je me suis battu, non pas seul mais avec vous, pour que la France ne s’abîme pas, comme on dit du soleil qu’il s’abîme dans la mer.  J’ai lutté pour freiner l’érosion de son tissu industriel, rétablir et développer l’instruction, forger ses armes au service de la République et de la liberté des peuples, garantir la sécurité des citoyens dans le respect de leurs droits, assurer le développement des collectivités locales.       <br />
               <br />
       Ce combat je l’ai mené pour la France mais je n’ai jamais oublié Belfort, que je sois ou non au gouvernement.       <br />
              <br />
       Je rassure Yves Ackermann : je ne me prends pas pour l’Histoire.  Nous sommes tous de passage. Mais il est des passages qui signifient quelque chose et qui durent souvent plus longtemps que d’autres.       <br />
              <br />
       Pour ma part, je me suis toujours efforcé de lier le combat pour la France et le combat pour la justice, le mieux-vivre, le progrès, et bien sûr d’abord à Belfort, dans le Territoire de Belfort, et dans le Nord Franche Comté si durement éprouvé depuis trois décennies par les mutations et par la crise de l’industrie.       <br />
              <br />
       Tout cela évidemment, je ne l’ai pas fait seul. Je l’ai fait avec des milliers de militants, de fonctionnaires municipaux de grande qualité, je l’ai fait avec les citoyens, avec les Belfortains dont je n’oublie pas qu’ils m’ont fait confiance pendant trois décennies.       <br />
               <br />
       Je les en remercie tous du fond du cœur. C’est, je le crois pour Belfort et en tout cas pour moi, une page ineffaçable.       <br />
              <br />
       Que j’aie mené cette action successivement au Parti Socialiste que j’avais contribué à refonder au Congrès d’Epinay en 1971, ou ensuite, et pour rester fidèle à cette  inspiration, au Mouvement des Citoyens devenu Mouvement Républicain et Citoyen depuis 2003, ne change rien à la continuité de mon parcours. J’ai toujours considéré les partis comme des instruments au service d’un idéal et non comme une fin en soi.       <br />
              <br />
       Etienne Butzbach   s’autorise  du changement de parti que j’ai  effectué avec beaucoup d’autres en 1993 pour justifier son choix solitaire de 2012. Cela n’a rien à voir. Car mon choix s’inscrivait dans une démarche collective, au lendemain d’une décision majeure qu’on peut approuver ou désapprouver,  la ratification par référendum du Traité de Maastricht qui a créé la monnaie unique.       <br />
              <br />
       Ce qui était en jeu, c’était la souveraineté nationale et le destin de la France.       <br />
              <br />
       En était-il de même au lendemain des élections législatives du 17 juin 2012, où Etienne Butzbach portait les couleurs du MRC dans une circonscription qui avait longtemps été la mienne, quand le même Etienne Butzbach a répondu à l’appel d’Yves Ackermann d’avoir à rejoindre le PS ? Appel reproduit par l’Est Républicain du 23 juin, soit six jours après la défaite d’Etienne Butzbach aux législatives ! Ce n’était qu’un petit calcul d’opportunité électorale.       <br />
              <br />
       Si ce brusque changement d’étiquette était intervenu au terme d’un débat politique public, collectif, argumenté en fonction des intérêts de la France, je l’aurais trouvé légitime. Voilà, c’est la petite mise au point à laquelle je me bornerai.       <br />
              <br />
       Car c’est toujours de la France qu’il s’agit, et non d’un individu.  Je suis sûr que Bastien Faudot et l’équipe formée autour lui sauront à la fois servir Belfort et servir la France, lier les aspects locaux et les aspects nationaux.       <br />
               <br />
       Bastien Faudot, B.F. comme les armes de Belfort !       <br />
               <br />
       C’est vrai que les temps sont durs.       <br />
              <br />
       Nous nous battrons, chacun avec ses convictions, pour que la France ne soit pas finie, pour que l’Europe soit redressée et que les peuples puissent s’y reconnaître.       <br />
              <br />
       Ce choix, nous le voulons en même temps responsable : nous ne sommes pas des démagogues. Si nous éprouvons quelquefois de la colère, nous essayons de la dominer par la raison pour la mettre au service du Bien public. Le MRC ne représente qu’un quart de la liste.       <br />
               <br />
       Mais chacun sait que ses parlementaires ont voté contre le Traité budgétaire européen. Nous nous voulons, à tort ou à raison, la boussole républicaine de la gauche. Encore faut-il que le parti socialiste apprenne à ne pas nous traiter comme des paillassons !       <br />
              <br />
       Là aussi, la porte est étroite mais elle reste ouverte si Yves Ackermann et Etienne Butzbach veulent bien faire leur examen de conscience.       <br />
              <br />
       Je n’évoquerai l’extrême droite que pour mémoire. Le Front National fait partie du système qu’il dénonce parce qu’il n’offre aucune perspective solide et crédible à notre pays. Voter pour lui, c’est se tirer une balle dans le pied !       <br />
              <br />
       En ce qui nous concerne, nous voulons construire et gouverner autrement. Cette démarche qui a toujours essayé de corriger, d’infléchir, de redresser une politique où la gauche se perd, je sais parfaitement que je n’ai plus l’âge pour la conduire politiquement dans la durée. Mais il y a d’autres manières de mener le combat : par la plume et par la parole. Et nul ne me fera taire !       <br />
               <br />
       Une nouvelle génération se lève.       <br />
              <br />
       Bastien Faudot incarne cette relève par ses convictions qui sont solides, sa maîtrise de soi et son habileté que j’admire, sa capacité à rassembler des sensibilités très diverses, car chacun a  sa manière de voir et de sentir sur la liste « Oser Belfort », comme dans la vie de tous les jours.       <br />
              <br />
       Parmi les dix premiers de la liste « Oser Belfort » , sept ont moins de 45 ans.       <br />
              <br />
       Il y a à la fois la jeunesse et l’expérience de la gestion, à la Ville et à la CAB.       <br />
               <br />
       Isabelle Lopez, mon attachée parlementaire, active, efficace, estimée de tous, mais dont on oublie, tant elle reste jeune, qu’elle était déjà en 1995, la benjamine du Conseil municipal où elle a déjà siégé trois mandats durant. Que de souvenirs !       <br />
              <br />
       Bruno Kern et Olivier Prévôt, dont la réussite professionnelle, de l’un comme de l’autre, témoigne de leurs très grands talents.       <br />
              <br />
       Un conseiller régional, compétent et travailleur, Alain Letailleur, un homme solide que je connais depuis longtemps.       <br />
               <br />
       Et des jeunes qui n’ont déjà plus à faire leurs preuves. Gwenaelle Radais fonctionnaire de très grande qualité ; Nagia Meghriche, appréciée de la population dans le métier de relations publiques où elle s’investit.       <br />
               <br />
       Toute cette équipe, Bastien a su la rassembler. Il saura l’animer. Je le vois faire et je lui trouve beaucoup de talents. Je ne doute pas qu’il saura faire un  bon maire.       <br />
              <br />
       Certes, il lui faudra un peu de temps.  Mais nous sommes un collectif.        <br />
              <br />
       Moi le premier, car vous savez bien que je resterai toujours fidèle à Belfort et que je ne m’effacerai pas du paysage.       <br />
              <br />
       Mais aussi Olivier Prévôt, dont je connais la solidité, la compétence, le sang-froid et j’ajoute, le dévouement à la chose publique. Je lui redis mon amitié.       <br />
              <br />
       Bruno Kern, qui maîtrise parfaitement les dossiers financiers et dont les qualités de juriste seront précieuses.       <br />
               <br />
       Bastien Faudot a une solide équipe autour de lui et il a un fort potentiel personnel. Je connais depuis longtemps, ses convictions et son intelligence. Il suffit de regarder les affiches : Bastien, même de face, a le bon profil.       <br />
              <br />
       La devise de Sénèque qu’il a choisie comme « entête » de son programme « Une vision pour Belfort » est excellent : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire, c’est parce nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ». Bastien ose : il nous demande d’oser avec lui !       <br />
              <br />
       La droite à Belfort moins qu’ailleurs encore, n’offre aucune perspective sinon celle d’une bataille de chiffonniers. Elle ne porte aucune vision d’avenir.       <br />
              <br />
       M. Grudler veut un musée de l’Infanterie. Pourquoi pas ?  Ancien du 35ème régiment d’Infanterie, j’adhère à cette idée. Je propose qu’on lui mette des bandes molletières pour l’installer à l’entrée : il représenterait, comme au musée Grévin, le fantassin de la drôle de guerre, celle qu’il a avec Damien Meslot par exemple, à qui ne manque que les moustaches de Mac Mahon pour incarner l’ordre moral à Belfort. Dans ce musée imaginaire, je verrais bien aussi, un garde rouge, rescapé de la révolution culturelle et beaucoup d’autres encore, tant la vie politique locale, depuis deux ans, a fini par ressembler à la Cour du Roi Petaud. Ce qu’on appelle une pétaudière.       <br />
               <br />
       Alors, on a le choix : ou bien on fait un musée ou bien on élit Bastien Faudot. D’ailleurs, on peut faire les deux : envoyer les vieilles culottes usées au musée et porter un jeune maire à l’Hôtel de ville.       <br />
              <br />
       Que cela serait bon pour Belfort !       <br />
              <br />
       Je voudrais terminer sur les enjeux de cette élection pour notre ville.       <br />
              <br />
       Chacun sait que les finances de la Ville sont contraintes. Mais l’action d’un maire dépasse, et de loin, ce que permet le budget municipal. Est-ce celui-ci qui a fait venir à Belfort l’UTBM et l’UFR STGI, le TGV Rhin Rhône, la FNAC, la donation Jardot, un musée d’art moderne digne de Belfort, ou a fait surgir un nouvel hôpital entre Belfort et Montbéliard ?       <br />
               <br />
       Non, tout cela s’est fait par l’initiative, l’influence, le savoir faire, et non pas grâce aux deniers municipaux.       <br />
              <br />
       Il y a donc de la marge pour Bastien et l’équipe qui l’appuie. Belfort dans le nouveau paysage administratif risque fort d’être marginalisée :       <br />
       <ul class="list"><li> RGPP et MAP, rôle accru des Préfets de Région       
       </li></ul><ul class="list"><li> Renforcement de la Région elle-même       
       </li></ul><ul class="list"><li> Perspective de la fusion des régions Bourgogne et Franche-Comté       
       </li></ul><ul class="list"><li> D’ores et déjà la Communauté d’Université et d’Établissement au plan de l’enseignement supérieur       <br />
               <br />
       Belfort ne doit pas être dans un angle mort de la nouvelle carte territoriale. Par rapport à cette menace, il faut une stratégie : plus que jamais un pôle Nord Franche Comté fort. Trèves de rivalités stupides avec Montbéliard. Il faut simplement défendre les intérêts légitimes de Belfort. Deux exemples :        
       </li></ul><ul class="list"><li> le siège de l’administration du nouvel hôpital doit être à Trevenans       
       </li></ul><ul class="list"><li> Quant à la clinique de la Miotte, nous n’acceptons pas que la directrice générale de l’ARS, pour complaire à M. Moscovici, veuille l’offrir à la clinique privée KAPA de Montbéliard.       <br />
              <br />
       Tout cela est inadmissible. J’aimerais qu’Etienne Butzbach sur ces sujets, fasse entendre la voix de Belfort. On a l’impression qu’il craint de déplaire au conseiller municipal de Valentigney.       <br />
               <br />
       Le Nord Franche Comté doit trouver des compromis en lui-même et avec la capitale régionale. En lui-même, c’est le problème du pôle métropolitain que j’appelle de mes vœux depuis longtemps.       <br />
               <br />
       C’est aussi l’idée d’un nouveau département de la Savoureuse et de l’Allan que je trouve bonne.       <br />
              <br />
       SI un tel département voyait le jour, cela autoriserait deux possibilités : soit le rattachement à l’Alsace Lorraine, soit le maintien dans un ensemble Grand Bourguignon issu de la fusion des deux régions de Bourgogne et de Franche Comté.       <br />
               <br />
       Je ne veux pas trancher à ce stade. Il faut un débat public, sanctionné par un référendum local. Ce qui ne serait pas admissible, ce serait la sous-prefectoralisation du Territoire de Belfort.       <br />
               <br />
       Je voudrais mentionner pour finir deux points essentiels :       <br />
              <br />
       Les grands groupes d’abord :       
       </li></ul><ul class="list"><li> Peugeot dont je souhaite rencontrer bientôt les nouveaux dirigeants, Louis Gallois et Carlos Tavarès. Peugeot doit et sera sauvée. C’est un fleuron de l’industrie française.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Alstom et General Electric doivent trouver des raisons de renforcer leurs usines et leur implantation dans le Nord Franche Comté. Je m'y emploie activement.       <br />
              <br />
       Bastien Faudot met en avant, à juste titre, dans son programme :       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le souci des PME-PMI, de l’artisanat et du commerce. Il y a en effet des outils à forger et des politiques spécifiques à conduire : l’installation des Galeries Lafayette à Belfort par exemple.       <br />
               <br />
       Mais il faut trouver des « tracteurs » pour tirer le tissu économique vers le haut. Il faut faire du NFC un haut lieu de l’innovation technologique en matière d’énergie et de transport, donner un nouvel élan au développement universitaire. Cela passe par une bonne collaboration avec l’UFC et par la poursuite du développement de l’UTBM, à travers un grand pôle d'ingénierie.       <br />
              <br />
       Un mot sur la Suisse, enfin, dont je souhaite sensibiliser les autorités au problème des frontaliers, au plan social comme à celui de la formation. Il faut revoir la carte des formations dans nos lycées et accélérer le rapprochement universitaire avec la Suisse.       <br />
               <br />
       Ces grandes impulsions, je souhaite pouvoir aider Bastien Faudot à les donner.  Lui-même, issu de notre territoire, manifeste sa proximité avec les gens.       <br />
              <br />
       Il se soucie du pouvoir d’achat qu’il veut améliorer en réduisant les dépenses de transport et de santé et la facture énergétique.       <br />
              <br />
       Tout cela est possible à travers de grandes politiques publiques : par exemple, en matière de réhabilitation énergétique grâce à l’outil qu’entend forger Olivier Prévôt à travers le projet Eco Campus, ou grâce à la phase III d’Optymo pour laquelle se bat justement Christian Proust. Tout cela permettra d’alléger la facture pour les ménages modestes mais aussi pour les classes moyennes.       <br />
               <br />
       Mais ce que j’attends avant tout de Bastien Faudot, c’est de faire revivre la démocratie, de recréer des citoyens, de donner un nouvel élan à cette fusion du patriotisme et des idées de progrès qui est l’âme même de Belfort. C’est le défi de sa génération !       <br />
               <br />
       Belfort n’est Belfort qu’en allant vers l’Idéal. Belfort ne peut pas, n’a pas le droit d’être médiocre.       <br />
              <br />
       En votant Bastien Faudot, Belfortaines, Belfortains, vous direz simplement que Belfort ne doit pas mourir ! et pas même connaître une éclipse.       <br />
              <br />
       Avec votre bulletin de vote, vous pouvez clore le mauvais chapitre ouvert en 2012 !       <br />
              <br />
       Rendez-nous fiers de Belfort encore une fois, en portant en tête du premier tour, Bastien Faudot !       <br />
               <br />
       Alors au 2ème tour, ce sera la victoire de Belfort ! On pourra crier à pleins poumons :       <br />
              <br />
       Vive Belfort ! vive la République ! vive la France !</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Offrir-a-Belfort-un-avenir-digne-d-elle_a1607.html</link>
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   <title>"Le MRC soutient François Hollande les yeux ouverts"</title>
   <pubDate>Sun, 16 Sep 2012 09:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité du 19h de France 3 Franche-Comté, vendredi 14 septembre 2012. Il répondait aux questions de Florence Cicolella.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>Le MRC soutient François Hollande les yeux ouverts. Cela veut dire que nous ne cessons pas de développer nos analyses. Nous pensons qu'elles tiennent la route dans la durée face aux problèmes de la réindustrialisation, de l'avenir de l'euro et à la situation politique de la France.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nous souhaitons donner à la gauche un cap républicain, celui de l'intérêt public. Nous rappelons que la République est le bien commun par réponse aux intérêts corporatistes, particuliers. Voyez M. Arnault par exemple.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La République c'est aussi la laïcité par rapport aux fanatismes de tous bords. Il y des exemples dans l'actualité : le fameux film qui a allumé le feu dans le monde musulman et a abouti au lâche assassinant de plusieurs diplomates américains.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos du TSCG </span>: Nous ne pensons pas que le problème soit celui de la dette. Le problème est celui des écarts de compétitivité qui se sont creusés au sein de la zone euro. Nous l'avions dit dès le traité de Maastricht en 1992 : il n'est pas raisonnable de faire une monnaie unique avec des pays qui sont très différents par leurs structures économiques.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ce ne sont pas les propositions de M. Draghi qui vont résoudre le problème. Elles donneront un petit répit. De même, le feu vers donné par la Cour de Karlsruhe ne concerne qu'une modeste contribution : 190 milliards pour l'Allemagne, 142 milliards pour la France. Ce n'est pas à la hauteur des pyramides de dette accumulées par certains pays comme l'Espagne ou l'Italie.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos du départ d'Etienne Butzbach du MRC</span> : La défection d’un homme, décidée de manière solitaire, ne peut pas changer la pertinence d’analyse politique que nous avons eu le courage de maintenir dans la durée et dans l’intérêt de la gauche</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Le-MRC-soutient-Francois-Hollande-les-yeux-ouverts_a1428.html</link>
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   <title>"Nous pensons qu’il faut aller plus loin dans la réorientation de la construction européenne"</title>
   <pubDate>Sun, 09 Sep 2012 09:36:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement au journal Le Pays, dimanche 9 septembre 2012     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/4706003-7030093.jpg?v=1347176531" alt=""Nous pensons qu’il faut aller plus loin dans la réorientation de la construction européenne"" title=""Nous pensons qu’il faut aller plus loin dans la réorientation de la construction européenne"" />
     </div>
     <div>
      <b>Le Pays: L’université d’été du Mouvement républicain et citoyen aura lieu à Belfort dans une semaine. Comment se porte le MRC aujourd’hui?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort et président d’honneur du MRC:</b> Le MRC se porte bien, il a triplé le nombre de ses députés : il en avait un, il en a trois. Et nous avons la liberté d’expression et de vote à l’intérieur du groupe « socialiste, républicain et citoyen ». Nous sommes dans la majorité présidentielle, désireux d’assurer sa réussite, même si nous pensons qu’il faut aller plus loin dans la réorientation de la construction européenne.       <br />
              <br />
       <b>Lors de l’université d’été, il sera forcément question du départ du MRC d’Étienne Butzbach, le maire de Belfort.</b>       <br />
       En aucune manière. Le MRC continue. Il a ses analyses politiques solidement étayées et qui ne vont pas être remises en question par une défection individuelle.       <br />
              <br />
       <b>Tout de même, cela change la donne à Belfort.</b>       <br />
       C’est vrai, depuis 1977, la Ville de Belfort a toujours été animée par une majorité Ceres*, MDC (Mouvement des citoyens) ou MRC. Mais le MRC est toujours présent.       <br />
              <br />
       <b>Et entend bien le rester?</b>       <br />
       Oui, clairement. La démarche d’Étienne Butzbach n’obéit qu’à un électoralisme à courte vue. Ce n’est pas en changeant de maillot en milieu de partie qu’on peut figurer à coup sûr dans l’équipe gagnante. Étienne Butzbach devait tout au MRC, son écharpe de maire et la circonscription dans laquelle il a été candidat au mois de juin dernier. Il s’est disqualifié à mes yeux pour conduire une liste d’union de la gauche en 2014. Cela dit, le MRC a toujours eu le souci de l’intérêt général, il défend les intérêts de la population et il s’efforcera de faire en sorte que la municipalité élue en 2008 puisse aller jusqu’à son terme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      S’agissant de la désignation de la tête de liste pour les prochaines élections municipales, c’est l’affaire des partis politiques de gauche, en admettant qu’ils parviennent à s’entendre, chose souhaitable.       <br />
              <br />
       <b>Vous avez soutenu François Hollande durant la campagne présidentielle. Que pensez-vous de l’action gouvernementale?</b>       <br />
       Je pense qu’il faut donner à François Hollande et au gouvernement le temps nécessaire pour traduire leur projet dans la réalité. Il devrait être possible grâce aux emplois d’avenir et au contrat de génération, d’infléchir la courbe du chômage au début de l’année prochaine. Cela dit la réorientation de la construction européenne est pour l’essentiel devant nous.       <br />
              <br />
       <b>Vous êtes contre la ratification du traité budgétaire européen, ratification que veut le PS.</b>       <br />
       Je vous rappelle que le Mouvement des citoyens s’est créé en 1992 au moment de la ratification du traité de Maastricht parce que nous considérions que le choix de la monnaie unique était assez grave pour légitimer notre départ du Parti socialiste. Je pense que la suite a confirmé nos analyses. La crise actuelle n’est pas d’abord la crise de la dette, c’est une crise structurelle qui tient aux défauts inhérents à la monnaie unique elle-même.       <br />
              <br />
       Les déséquilibres commerciaux entre Europe du nord et Europe du sud, dont la France, sont très difficiles à résorber dans le cadre d’une zone euro qui rend impossible les dévaluations. Or l’austérité à perte de vue n’est pas une solution au moment où les risques de récession s’accumulent de tous côtés.       <br />
              <br />
       <b>Il est, de nouveau, question du non-cumul des mandats voulu par le président Hollande. Certains élus socialistes se sont prononcés contre l’application immédiate de cette règle. Quelle est votre position?</b>       <br />
       Je n’en fais pas une affaire. Je ne détiens, pour ma part, qu’un seul mandat mais je considère par expérience, que le fait d’avoir exercé un mandat de maire m’a été très utile dans tout le cours de ma vie politique. Je n’aurais pas fait passer la loi sur l’intercommunalité – qui va concerner l’ensemble des communes – si je n’avais pas été longtemps président du district de l’agglomération belfortaine.       <br />
              <br />
       <b>Vous évoquez votre mandat de sénateur. Vous représenterez-vous lors des prochaines sénatoriales, en 2014?</b>       <br />
       J’y ai réfléchi. Je ferai connaître le moment venu ma réponse. Sachez qu’elle est déjà dans ma tête.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Céline Mazeau </span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"C'est parce que je suis constant que j'estime avoir une légitimité pour être candidat"</title>
   <pubDate>Fri, 13 Jan 2012 12:56:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de la matinale de Radio Nova, jeudi 12 janvier 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3656951-5355643.jpg?v=1326458035" alt=""C'est parce que je suis constant que j'estime avoir une légitimité pour être candidat"" title=""C'est parce que je suis constant que j'estime avoir une légitimité pour être candidat"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li>J'ai exercé la plupart de mes fonctions successivement et non simultanément, sauf peut être celle de maire de Belfort. C'est d'ailleurs celle qui m'a d'ailleurs donné le plus de satisfaction. Je l'ai exercé dans la durée, plus de 20 ans, et dès 1985 je me suis attaché au projet TGV Rhin-Rhone que j'ai eu la satisfaction de voir aboutir.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ne suis pas un homme politique tout à fait comme les autres. Je ne fais pas de coups de communication en permanence et j'inscris mon action dans un dessein presque continu depuis 40 ans et le congrès d'Epinay. Je conçois que ce soit mal accordé avec le rythme des médias, qui se renouvellent en permanence, mais moi je suis constant. C'est parce que je suis constant que j'estime avoir une légitimité pour être candidat au moins égale à celle des autres candidats de gauche.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nous sommes dans une crise énorme, comme la France n'en a pas connu depuis 1945. La monnaie unique est le projet auquel nos élites, de droite comme de gauche, ont tout sacrifié. Ce projet est en train de se casser la figure : la monnaie unique prend l'eau.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense avoir un titre à dire « voilà comment on peut s'en sortir à moindre frais » « voilà comment on peut faire évoluer ce système ». J'ai une crédibilité pour cela que n'ont pas ceux qui nous ont fourvoyés.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Concernant les parrainages</span> : Je pense que les consignes extrêmement strictes données par les partis et le point du conformisme, qui fait que beaucoup d'élus hésitent à s'engager, aboutissent à une raréfaction des parrainages. Cela rend le travail plus difficile pour les candidats, comme moi, qui ne bénéficient pas du soutien d'un grand parti.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai quitté le gouvernement en 1983 pour m'opposer au tournant libéral (…) Nous sommes loin aujourd'hui du « changer la vie » et de ce qui était la ligne politique du Parti socialiste dans les années 70 et au début des années 80. C'est ce changement de cap qui a laissé en déshérence les classes populaires qui, pour certaines d'entre elles, se tournent vers des solutions simplistes et peuvent apporter leur soutien au Front national. Je m'en désole.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'observe que dans les très jeunes générations, il y a un repolitisation. Il y a des jeunes qui, sans revenir aux valeurs collectives qui nous portaient, savent trouver un équilibre entre l'individualisme de la génération précédente et l'engagement politique. Je trouve des jeunes générations très futées, très politisées. Peut-être est-ce l'effet du Net.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de la légalisation du cannabis</span> : Nous avons déjà une drogue : l'alcool. Faut-il en rajouter beaucoup d'autres ?       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'espère que François Hollande saura redresser sa perception de l'Europe. Cependant, je remarque que son entourage est très monocolore.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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