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 <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-16T06:39:39+02:00</updated>
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   <title>Plutôt que de « jouer le jeu », changer la règle du jeu !</title>
   <updated>2007-05-21T13:34:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Plutot-que-de-jouer-le-jeu--changer-la-regle-du-jeu-_a346.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-05-21T12:46:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C. Tasin, le 16 mai dernier, me demande si mon soutien à la candidature de Ségolène Royal ne m’aurait pas conduit à abandonner les idées qui sont les miennes depuis pas mal d’années déjà (bien avant 2002).     <div>
      Que C. Tasin se rassure : la confrontation entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, en dehors de ses péripéties tactiques, a simplifié à l’extrême le paysage politique : c’est là où nous sommes que nos idées gardent tout leur avenir, dans la constitution à venir d’un grand parti de gauche et de gouvernement et donc par définition « républicain ». Là est notre tâche historique.        <br />
              <br />
       Ceux qui citent à tort et à travers cette phrase que j’ai en effet prononcée :  <span style="font-style:italic">« Il y a une chose qui est, au dessus de la droite, au dessus de la gauche, c’est la République »</span> (<a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Discours-de-Vincennes_a30.html">discours de Vincennes du 9 septembre 2001</a>) oublient la phare complète : <span style="font-style:italic">« La gauche et la droite continueront d’exister à l’avenir sous des formes et avec des contenus différents, mais il y a une chose qui est au dessus de la droite, au dessus de la gauche, c’est la République »</span>, phrase qui venait en conclusion d’un passage où je déclarais à la fois : <span style="font-style:italic">« Le monde du travail serait réduit à l’impuissance si la République venait à disparaître »</span> et <span style="font-style:italic">« Il est temps de surmonter la tache aveugle qui a fait passer tant d’hommes de gauche sincères à côté de la nation »</span>.       <br />
              <br />
       Tout cela reste d’une parfaite actualité : le projet de M. Sarkozy ne se réfère à l’intérêt général que dans le cadre d’une mondialisation financière dont il accepte de jouer le jeu, s’étant déjà lié les mains en renonçant à vouloir modifier les statuts de la Banque Centrale européenne. Or, l’intérêt général ne saurait se dissocier des intérêts à long terme du monde du travail. Il faut toujours en revenir à Jaurès, abondamment cité (et dévoyé) par Nicolas Sarkozy : <span style="font-style:italic">« l’Etat exprime un rapport de forces entre les classes »</span>. Entre les intérêts du monde du travail et ceux des multinationales (ou, si l’on veut être plus rigoureux, du capital financier mondialisé), je ne vois que trop bien le rapport de forces que le gouvernement de M. Sarkozy établira.        <br />
              <br />
       Plutôt que de « jouer le jeu », il faudra plus que jamais peser pour changer la règle du jeu. C’est ce que nous essaierons de faire dans les temps à venir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
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   <title>Lettre ouverte à la société des amis du CAC 40</title>
   <updated>2007-02-09T10:15:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Lettre-ouverte-a-la-societe-des-amis-du-CAC-40_a211.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-02-08T18:06:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Dans son <a class="link" href="http://blog.rtl.fr/rtl-aphatie">blog</a> du 5 février, l’un de ceux qui, dès potron-minet, mettent en scène notre vie politique, M. Jean-Michel Aphatie, déplore que dans mon <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Entretien-au-Parisien-M-Sarkozy-est-le-candidat-du-grand-capital-financier-mondialise_a202.html">interview au Parisien</a> de la veille, j’aie qualifié M. Sarkozy de <span style="font-style:italic">« candidat du grand capital financier mondialisé, derrière la tête duquel on aperçoit toutes les têtes du CAC 40 »</span>.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Ce top 40, </span>écrit-il, <span style="font-style:italic">est stigmatisé comme la quintessence du capitalisme que nous n’aimons pas, que nous n’aimerons jamais … Que reproche-t-on exactement</span> [à ces entreprises] <span style="font-style:italic">? D’exister tout simplement ? »</span>       <br />
              <br />
       Non, cher Jean-Michel Aphatie, je ne leur reproche pas d’exister. Je me borne à décrire la logique qui les meut. Nos grandes entreprises dont le capital est de plus en plus détenu par des fonds spéculatifs sont contraints, par la dictature de l’actionnariat qui les régit, à négliger le long terme, les investissements, la recherche, la formation et la promotion de leurs salariés. Les exigences de rentabilité exorbitantes de leurs actionnaires les conduisent à privilégier le court terme, les fusions acquisitions qui font monter la cote, ou à délocaliser leurs activités dans les pays à très bas salaires et sans protection sociale, au détriment de la stabilité et du progrès social dans les pays d’origine. Voyez le dernier fait d’armes de M. Tchuruk, ce prophète de <span style="font-style:italic">« l’entreprise sans usines »</span> : la fusion d’Alcatel-Lucent, à peine réalisée, débouche sur la suppression de 12.000 à 13.000 emplois ! Ce n’est pas à M. Jean-Michel Aphatie que je ferai le procès d’ignorer ce qu’est la théorie reine de l’acquisition de la valeur pour l’actionnaire et à quoi conduit son application. Tout cela a été fort bien développé par André Orléan et Jean-Luc Gréau, notamment par ce dernier dans un ouvrage profond intitulé <span style="font-style:italic">L’avenir du capitalisme</span> (chez Gallimard).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">« A quoi bon pointer le doigt sur ces entreprises,</span> demande M. Aphatie, <span style="font-style:italic">si n’en découle aucun mot d’ordre ? ».</span>        <br />
              <br />
       Non, cher Monsieur Aphatie, je ne m’en prends pas à ces entreprises mais à la dictature du capital financier qui conduit à la désindustrialisation de la France. Je propose d’y mettre un frein. Il me semble que si les pouvoirs publics avaient été plus attentifs à préserver « un noyau dur d’actionnaires » quelle qu’en soit la forme – public, privé ou salarial -, la France, depuis cinq ans, n’aurait pas vu Pechiney tomber aux mains d’Alcan, Arcelor de Mittal, Thomson de TCL, et les Chantiers de l’Atlantique du norvégien Aker Yards. Nous devrions savoir que quand les centres de décision émigrent, les laboratoires et les usines suivent. C’est justement parce que je pense à nos petits-enfants auxquels je ne voudrais pas léguer une France désindustrialisée que je ne me fais pas le défenseur aveugle des marchés financiers. J’aimerais vous convaincre que le souci de l’avenir de nos entreprises est antinomique avec le développement sans frein de la finance mondialisée.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       M. Claude Askolovitch relaie sur la gauche l’offensive de Jean-Michel Aphatie. <span style="font-style:italic">« Chevènement,</span> s’exclame-t-il sur son <a class="link" href="http://claude-askolovitch.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/02/06/un-petit-moment-d-eternite-ou-comment-la-gauche-creve-quand.html">blog</a> du 6 février, <span style="font-style:italic">n’a pas bougé d’un poil depuis la belle époque des seventies, quand la gauche « changeait la vie » … allait partir à l’assaut des monopoles … J’avais dix ans et mon Dieu, rien n’a donc changé ? »</span>       <br />
              <br />
       Mais si, cher Claude, les formes du capitalisme, justement ont changé. Il s’est mondialisé. Les marchés financiers ont pris le pouvoir. Les multinationales mettent en concurrence les territoires et les mains d’œuvre au mépris des droits sociaux les plus élémentaires et des normes environnementales qui devraient s’imposer à tous.        <br />
              <br />
       Mais sur le fond, croyez-vous, cher Claude, que l’essence du capitalisme ait vraiment changé ? Vous lisez trop le Nouvel Observateur qui est obligé de réinventer le monde toutes les semaines.        <br />
              <br />
       La vérité est que jamais depuis la « belle époque » d’avant 1914 le talon de fer du Capital n’a été plus brutal. Jamais la soif du profit n’a été plus inextinguible. Jamais la puissance de l’Argent n’a été plus arrogante et, il faut bien l’avouer, jamais plus timoré un socialisme qui n’a pourtant de raison d’être que s’il est d’abord la critique en acte du capitalisme.        <br />
              <br />
       Vous me reprochez de <span style="font-style:italic">« recharger les Lebel du socialisme ». « Quelle ironie,</span> écrivez-vous, <span style="font-style:italic">que cet excellent Chevènement soit encore audible et choyé, quelle rage que cet éternel retour ! ».</span> Ne connaissez-vous donc pas ma devise : <span style="font-style:italic">« Etiam mortuus redeo »</span> (1). C’est que rien de fondamental n’a vraiment changé : tel un vieil arbre que le vent des modes n’a pu déraciner, je contemple, avec Ségolène, un nouveau printemps de la gauche. N’avez-vous par perçu dans son remarquable discours du 6 février, les effluves d’une République plus jeune que jamais, car fidèle à elle-même ?       <br />
              <br />
       ----------       <br />
       1)Même mort je reviens
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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