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 <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-15T04:32:01+02:00</updated>
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   <title>[AFP]  Appel pour "un collège de l'exigence" de trois anciens ministres de l'Education et intellectuels</title>
   <updated>2015-06-05T12:55:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/AFP-Appel-pour-un-college-de-l-exigence-de-trois-anciens-ministres-de-l-Education-et-intellectuels_a1720.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2015-06-05T12:43:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, jeudi 4 juin 2015, 21h01.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7873194-12223007.jpg?v=1433501600" alt="[AFP]  Appel pour "un collège de l'exigence" de trois anciens ministres de l'Education et intellectuels" title="[AFP]  Appel pour "un collège de l'exigence" de trois anciens ministres de l'Education et intellectuels" />
     </div>
     <div>
      Trois anciens ministres de l'Education, François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement et Luc Ferry ainsi que trois intellectuels demandent le retrait de la réforme du collège et un &quot;débat républicain&quot;, dans une tribune à paraître vendredi.       <br />
              <br />
       Cet appel &quot;pour un collège de l'exigence&quot; qui est publié vendredi dans toute la presse quotidienne régionale, est également signé par l'essayiste Pascal Bruckner, l'éditorialiste de Marianne Jacques Julliard et le philosophe Michel Onfray. Ils invitent les citoyens à signer leur texte sur internet.        <br />
              <br />
       &quot;Nous n'acceptons pas l'affaiblissement des disciplines au profit d'une interdisciplinarité floue, sans contenu défini, dont les thèmes sont choisis selon la mode et l'air du temps, imposés autoritairement et uniformément par le ministère, conduisant au +zapping+ pédagogique&quot;, écrivent-ils.       <br />
              <br />
       &quot;Nous n'acceptons pas que l'égalité des chances soit confondue avec l'égalitarisme niveleur et se résume à la suppression de tout parcours d'excellence&quot;, poursuivent-ils.       <br />
              <br />
       Ils estiment que &quot;les victimes de ce renoncement, ce seront d'abord les enfants de milieux populaires ou défavorisés pour qui l'école est le seul recours, car ils ne peuvent avoir accès aux cours privés et aux leçons particulières de leurs camarades plus favorisés&quot;. Ils défendent &quot;la notion d'élitisme républicain pour que chacun puisse aller au bout de ses capacités&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les initiateurs du texte considèrent que &quot;la plus efficace des réformes du collège est celle de l'école primaire, puisque les difficultés du collège naissent à l'école primaire&quot;. Ils n'acceptent pas que &quot;les classes européennes, bi-langues, internationales, soient rayées de la carte&quot;, ni que le latin et le grec &quot;disparaissent en tant qu'options offertes dans tous les établissements, dotées d'un horaire garanti&quot;.       <br />
              <br />
       Ils demandent par ailleurs &quot;des programmes clairs et compréhensibles par tous, loin des jargons indécents&quot;, estimant que &quot;le programme d'histoire en particulier doit proposer des repères chronologiques et ne peut réduire à de seuls traits négatifs ou facultatifs la civilisation européenne et l'héritage des Lumières&quot;.       <br />
              <br />
       Le président du MoDem François Bayrou avait dans un premier temps appelé à une &quot;manifestation nationale&quot; après la publication du décret sur la réforme, sans fixer de date.       <br />
              <br />
       La réforme prévoit de laisser chaque collège fixer 20% de son emploi du temps, avec de l'accompagnement personnalisé pour tous, de l'interdisciplinarité et une deuxième langue vivante (LV2) avancée en cinquième. Parallèlement, la plupart des classes bilangues (deux langues en sixième) disparaîtront. Les options latin et grec seront remplacées par un enseignement pratique interdisciplinaire consacré aux langues et cultures de l'Antiquité et un &quot;enseignement de complément&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Je me donne une grande souplesse soit pour maintenir ma candidature, soit pour la retirer sur la base d'un accord politique"</title>
   <updated>2012-01-25T10:57:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Je-me-donne-une-grande-souplesse-soit-pour-maintenir-ma-candidature-soit-pour-la-retirer-sur-la-base-d-un-accord_a1351.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2012-01-25T10:52:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité politique de la Matinale de Canal+, mercredi 25 janvier 2012. Il répondait aux questions de Caroline Roux et de Maïtena Biraben.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li>Je ne crois pas à ces déclarations selon lesquelles Nicolas Sarkozy s'avouerait vaincu avant le match. Je crois, au contraire, que le campagne sera très brutale, très violente. C'est un homme combatif.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a plusieurs manières de gagner ou de perdre. Tout est possible. En principe, François Hollande est favori mais on ne sait pas quelle va être la dynamique de Marine Le Pen, ni celle de François Bayrou       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je me tiens très exactement à la ligne que j'ai choisie. Je suis candidat pour faire bouger les lignes.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai entendu François Hollande dire qu'il luttait pour une plus juste parité entre l'euro et le dollar. C'est un peu faible. J'aimerais qu'il aille plus loin et qu'on regarde comment faire pour que l'euro n'écrase pas notre compétitivité.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Même chose pour la croissance en Europe. François Hollande propose-t-il des moyens efficaces ? Mme Merkel va t-elle se laisser convaincre ? J'attends que François Hollande définisse mieux ses mesures. Il faudrait aussi qu'il critique le nouveau traité européen tel qu'il se profile déjà.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je me donne une grande souplesse soit pour maintenir ma candidature, soit pour la retirer sur la base d'un accord politique en faveur d'un candidat qui peut-être François Hollande mais pas forcément.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos d'un retrait en faveur de Jean-Luc Mélenchon</span> : Je n'en suis pas là mais je considère que Jean-Luc Mélenchon a beaucoup progressé depuis Maastricht. Incontestablement, sur un certain nombre de sujets, il serait prêt à aller plus loin que François Hollande : s'agissant de la reprise en main des comptes financiers, du contrôle des mouvements de capitaux, de la pression à exercer sur l'Allemagne par un plan B.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de l'idée d'autoriser le don de congés à un collègue</span> : Je ne suis pas pour. Cela me paraît assez désincitatif.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos du vote du Sénat sur la loi portant sur le génocide arménien</span> : Je suis contre la judiciarisation de l'espace public. On doit pouvoir débattre. Il s'agit d'une basse manœuvre électoraliste. Ces lois mémorielles, on commence à en avoir marre.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Identité nationale, politique de la France, gauche, présidentielle de 2012 : Chevènement au Grand entretien de RCJ</title>
   <updated>2009-12-14T14:46:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Identite-nationale-politique-de-la-France-gauche-presidentielle-de-2012-Chevenement-au-Grand-entretien-de-RCJ_a898.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2009-12-13T12:46:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité du Grand entretien de RCJ dimanche 13 décembre à 11h. Il répondait aux questions de de Shlomo Malka et Yves Derai pendant 30 minutes.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      L'émission peut être écoutée sur la bande FM (94.8 FM à Paris) ou <a class="link" href="http://www.radiorcj.info/">sur le site de la radio</a> en direct et est podcastée ci-dessous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
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   <title>Chevènement favorable au "parlement de l'alternance" de Bayrou</title>
   <updated>2009-12-15T18:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Chevenement-favorable-au-parlement-de-l-alternance-de-Bayrou_a854.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2009-09-25T19:42:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, vendredi 25 septembre 2009, 18h30.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1606880-2157456.jpg?v=1289480076" alt="Chevènement favorable au "parlement de l'alternance" de Bayrou" title="Chevènement favorable au "parlement de l'alternance" de Bayrou" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), se dit favorable au <span style="font-style:italic">&quot;parlement de l'alternance&quot;</span> proposé par François Bayrou (MoDem) qu'il a rencontré récemment, jugeant <span style="font-style:italic">&quot;important&quot;</span> de <span style="font-style:italic">&quot;sortir la gauche du bourbier dans lequel elle s’est enfoncée&quot;</span>.       <br />
              <br />
       François Bayrou, qui <span style="font-style:italic">&quot;mène un combat courageux&quot;, &quot;a déclaré vouloir tendre la main à la gauche et il a demandé à me voir. Il n’y a pas de raison de refuser de débattre sur le fond avec le président d’une formation qui est alliée au PS dans nombre de régions et de municipalités&quot;</span>, déclare M. Chevènement <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-a-l-hebdomadaire-Marianne_a853.html">dans une interview à l'hebdomadaire Marianne à paraître samedi</a>.       <br />
              <br />
       Selon le sénateur du Territoire de Belfort, <span style="font-style:italic">&quot;un refus de dialogue dans ces conditions démontrerait un sectarisme qui est la plaie de notre vie politique&quot;</span>.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Il y a deux ans, le MRC avait proposé des assises de la gauche pour la refondation républicaine d’un parti de toute la gauche&quot;</span>, rappelle-t-il.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Il faut débattre du fond, et cela sans sectarisme: pourquoi donc ne pas réunir, à cet effet, un</span> &quot;parlement de l’alternance&quot;, <span style="font-style:italic">y compris avec François Bayrou? L’important, c’est de sortir la gauche du bourbier dans lequel elle s’est enfoncée, faute d’avoir su tirer les leçons de ses échecs depuis 1993&quot;</span>, fait-il valoir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Chevenement-favorable-au-parlement-de-l-alternance-de-Bayrou_a854.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Entretien de Jean-Pierre Chevènement à l'hebdomadaire Marianne</title>
   <updated>2009-09-25T16:03:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-a-l-hebdomadaire-Marianne_a853.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2009-09-25T16:02:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien paru dans Marianne le 26 septembre 2009, propos recueillis par Renaud Dély et Nicolas Domenach. Un désaccord philosophique fondamental avec les Verts. Au lieu de courir après des alliances improbables, la gauche doit travailler sur ses fondamentaux.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1606123-2156263.jpg?v=1289480076" alt="Entretien de Jean-Pierre Chevènement à l'hebdomadaire Marianne" title="Entretien de Jean-Pierre Chevènement à l'hebdomadaire Marianne" />
     </div>
     <div>
      <b>Marianne : Vous avez rencontré en tête à tête François Bayrou, que la direction du PS persiste à tenir à distance…       <br />
       Jean-Pierre Chevenement :</b> François Bayrou a déclaré vouloir tendre la main à la gauche et il a demandé à me voir. Il n’y a pas de raison de refuser de débattre sur le fond avec le président d’une formation qui est alliée au PS dans nombre de régions et de municipalités ! Un refus de dialogue dans ces conditions démontrerait un sectarisme qui est la plaie de notre vie politique.       <br />
              <br />
       <b>Vous ne lui demandez donc pas, comme Martine Aubry, de donner de nouvelles preuves d’évolution à gauche ?</b>       <br />
       Son évolution, qui l’éloigne de la droite, obéit à une logique politique. François Bayrou mène un combat courageux. Il est ostracisé par la droite. Il demande à débattre du fond. Ayons confiance en la force de nos idées : allons-y !       <br />
              <br />
       <b>Vous participeriez donc au « Parlement de l’alternance »  proposé par Bayrou ?</b>       <br />
       Il y a deux ans, le MRC avait proposé des assises de la gauche pour la refondation républicaine d’un parti de toute la gauche. Il faut débattre du fond, et cela sans sectarisme : pourquoi donc ne pas réunir, à cet effet, un « parlement de l’alternance », y compris avec François Bayrou? L’important, c’est de sortir la gauche du bourbier dans lequel elle s’est enfoncée, faute d’avoir su tirer les leçons de ses échecs depuis 1993. Et pour ce faire, il est plus efficace de travailler sur le fond que d’attendre une quelconque repentance de ceux qui ont cédé aux sirènes du néolibéralisme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>C’est-à-dire ?</b>       <br />
       Il faut commencer par analyser la crise actuelle de la mondialisation financière. Comprendre à la fois la déflation salariale exercée par les pays à très bas coût salarial et saisir cette dimension politique si rarement évoquée. Le système de la globalisation financière fonctionne sur la base de la domination politique des Etats-Unis et d’une monnaie mondiale qui est le dollar. Le rapport de forces mondial a changé et va encore changer avec la montée de la Chine. Nous sommes pris en étau. La « moralisation du système » ne suffit pas. Le problème est politique : il faut remettre en cause un libre échangisme destructeur et la suprématie du dollar dans le système monétaire international.       <br />
              <br />
       <b>Le volontarisme de Nicolas Sarkozy, y compris sur le terrain industriel, ne vous satisfait pas ?</b>       <br />
       Je ne fais pas de l’antisarkozysme systématique mais je constate que malgré quelques initiatives utiles, concernant Alstom par exemple, il n’y a pas de véritable politique industrielle pour lutter contre la délocalisation de nos industries. Il n’y a d’ailleurs plus de ministère de l’industrie ! <span style="font-style:italic">Idem</span> avec la régulation financière. Le système bancaire n’a pas été assaini. Après les avoir renfloués, on reprend les mêmes et on recommence.       <br />
              <br />
       <b>Vous auriez souhaité qu’on nationalise les banques ?</b>       <br />
       Et pourquoi pas, au cas par cas ? On aurait ainsi favorisé l’accès au crédit, notamment des PME, qui est toujours en souffrance. Il ne faut pas en rester au verbe comme le fait Nicolas Sarkozy quand il reçoit les banquiers. Les nationalisations et la planification ne sont pas des « gros mots ». J’observe d’ailleurs que Paul Krugman, lui-même, recommande le retour à la planification, dans le domaine énergétique par exemple.       <br />
              <br />
       <b>Sur ces questions énergétiques vous êtes toujours en désaccord avec les Verts ?</b>       <br />
       J’ai un désaccord philosophique fondamental avec les Verts. Ils pensent, comme Malthus, que le monde est trop petit pour l’homme. Or, les prophéties de Malthus au début du XIX è siècle se sont révélées fausses. Je crois en la raison de l’Homme, en ses capacités d’invention et de créativité. Je n’ai pas d’hostilité de principe vis-à-vis des écologistes. Ils ont quelquefois de bonnes idées. Comme ministre de la Recherche et de l’Industrie, j’ai créé l’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Energie (l’ANME) en 1982, l’ancêtre de l’Ademe actuelle car il y a beaucoup à faire pour promouvoir les économies d’énergie.        <br />
       Je me situe dans l’héritage rationaliste des Lumières, je combats l’obscurantisme et la technophobie.       <br />
              <br />
       <b>Vous leur reprochez de négliger la question sociale ?</b>       <br />
       La préoccupation de l’emploi et du développement économique leur échappe. Par ailleurs on n’a pas le droit d’interdire le développement aux pays du Sud. C’est pourquoi il faut changer notre modèle de développement. La taxe carbone, sur le principe, je suis pour. Mais cet impôt écologique ne doit pas devenir une taxe antisociale. Il faut donc intégrer cette taxe dans une réforme fiscale plus vaste et plus juste.       <br />
              <br />
       <b>Aujourd’hui, vous avez l’impression de subir la domination de l’idéologie écologiste ?</b>       <br />
       Elle est dans l’air du temps, c’est vrai. Mais depuis 25 ans, j’ai plutôt eu l’impression de subir -et avec quelle force- la pression de l’idéologie libérale. La mode écolo actuelle, favorisée par Monsieur Sarkozy, ne permettra pas de s’en défaire, bien au contraire. Les commentateurs ont surestimé le résultat des Verts aux élections européennes où ils n’ont, somme toute, recueilli que 6.3% des électeurs inscrits… Le gouvernement par perversité et le PS par bêtise ont créé une vaste bulle médiatique autour de Daniel Cohn-Bendit, une bulle telle qu’aucun autre responsable politique n’en a jamais bénéficié ! C’est une vache sacrée. Je m’agenouille… Mais malgré les efforts de M. Sarkozy pour souffler dans les bronches des écologistes, il est probable, selon moi, que cette bulle se dégonflera aux prochaines élections régionales.       <br />
              <br />
       <b>A gauche, certains pensent que vos idées ont fait leur temps et n’incarnent pas le neuf. Quel rôle pensez-vous encore pouvoir jouer pour aider à reconstruire l’opposition ?</b>       <br />
       S’agissant de Madame Duflot, je dois être un peu moins jeune qu’elle, ça c’est vrai. Mais de là dire qu’elle incarnerait le neuf et moi le vieux… Je laisse ça aux « communiquants ». Comme d’autres avant moi : Clémenceau, Mendes France, je considère la République comme <span style="font-style:italic">« une idée toujours neuve »</span>.  Je définis mes positions à l’aune de l’intérêt public. Ils ne sont pas nombreux à le faire dans ce qu’on appelle-expression que j’abhorre - la « classe politique » ! Si porter haut l’exigence républicaine dans tous les domaines est ringard, je revendique la palme de la ringardise !       <br />
              <br />
       ------       <br />
       L'entretien est également disponible <a class="link" href="http://www.marianne2.fr/Chevenement-Un-desaccord-philosophique-fondamental-avec-les-verts_a182229.html?com">sur Marianne2.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-a-l-hebdomadaire-Marianne_a853.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Rupture !</title>
   <updated>2010-06-26T21:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Rupture-_a843.html</id>
   <category term="Grands textes" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1571437-2104217.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-09-06T18:07:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Éléments pour l’intervention de clôture de Jean-Pierre Chevènement, Université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen, Toulouse, le 6 septembre 2009.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1571437-2104217.jpg?v=1471431837" alt="Rupture !" title="Rupture !" />
     </div>
     <div>
      Je veux tout d’abord remercier Thierry Cotelle, maire adjoint de Toulouse, Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC, ainsi que Jean-Luc Laurent, Secrétaire national à la Coordination, et son équipe. Sur eux a reposé l’organisation de cette université d’été. Merci également à tous nos intervenants, et notamment à nos invités extérieurs : Paul Quilès, ancien ministre, Arnaud Montebourg, député, Jean-François Kahn qui aurait pu être député européen s’il avait voulu, Paul Thibaud, philosophe, Jean-François Knepper, syndicaliste, Président du Comité européen Airbus, Liem Hoang Ngnoc, économiste et député européen. Merci aussi à notre ami Pierre Cohen, maire de Toulouse et Martin Malvy, Président de la région Midi-Pyrénées qui ont bien voulu intervenir à l’ouverture de nos travaux. Merci à vous tous qui êtes venus nombreux de toute la France.       <br />
              <br />
       Face à la crise d’un système, celui du capitalisme financier mondialisé, nous avons besoin d’une réponse républicaine pour la France mais aussi pour le monde.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Une crise de la mondialisation</b>       <br />
              <br />
       A)	Il ne faut pas se tromper sur l’analyse. Le problème n’est pas celui de la moralisation du capitalisme, celui des bonus, tout cela est, bien entendu, scandaleux mais le problème est plus profond. La déflation salariale, qui est à l’origine du surendettement des ménages américains, a des causes : La principale, est dans un libre-échangisme effréné, dans la liberté donnée aux multinationales de mettre en concurrence les territoires et les mains d’œuvre. Le rapprochement Chine/Etats-Unis intervenu à la fin des années soixante-dix du précédent siècle, a joué un rôle essentiel dans cette fuite en avant du capitalisme vers l’exploitation du travail à bas coût. Certains évoquent aujourd’hui la Chinamérique ou encore le G2 : cette expression est inadéquate pour traduire la réalité d’un monde multipolaire beaucoup plus complexe. Mais il est vrai que ce soi-disant G2 a une réalité : c’est la parité fixe entre le yuan et le dollar. L’Administration Obama a renoncé à demander une réévaluation du yuan. Ce renoncement exprime un rapport de forces. La Chine tient le dollar à sa merci. Cette réalité géopolitique aussi est au cœur de la crise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La mondialisation financière a fonctionné dans l’intérêt des multinationales et du capital spéculatif avec une monnaie mondiale, le dollar, qui a été gérée par les Etats-Unis comme si c’était seulement leur monnaie. Un secrétaire d’Etat au Trésor américain, M. Conally, disait à ses collègues : « le dollar est notre monnaie et c’est votre problème ». Les Etats-Unis se sont permis des déficits abyssaux. Ils vivent aujourd’hui très au-dessus de leurs moyens. Parce qu’ils étaient la puissance dominante, ils ont cru trouver une porte de sortie à leurs difficultés économiques dans la guerre en mettant la main sur les hydrocarbures du Moyen-Orient. Le résultat : ce sont deux guerres dans lesquelles les forces américaines sont aujourd’hui enlisées. Nous vivons le début de la fin de l’hégémonie américaine. La tache du Président Obama est difficile. Son but affiché est de restaurer le leadership américain. Mais dans la réalité, il faudra bien que les Etats-Unis adoptent une politique conforme à ce qu’ils sont : une grande nation certes, mais qui doit réapprendre à épargner, à dialoguer, bref à faire avec le reste du monde. Cette transition sera grosse de conflits.       <br />
              <br />
       À cet égard, l’Europe risque d’être prise en étau entre la Chine et les Etats-Unis. L’affaiblissement de la parité du dollar rendra les produits américains plus compétitifs et accroîtra encore l’hypercompétitivité du yuan et des produits fabriqués en Chine.       <br />
              <br />
       Les énormes déficits américains vont accroître les déséquilibres macro-économiques à l’échelle mondiale. De nouvelles bulles se créeront. De nouvelles crises sont en perspective. C’est une nouvelle donne – un  nouveau New Deal - à l’échelle mondiale qui est nécessaire. Si nous voulons sortir durablement de la crise, il faudra mettre un terme à la domination des marchés financiers.        <br />
              <br />
       Remettre la politique aux postes de commande, bref refaire des peuples et des nations les acteurs de l’Histoire et non les marchés financiers afin de mettre sur pied un nouveau modèle de développement.       <br />
              <br />
              <br />
       B)	<span style="font-style:italic">Désuétude de la social-démocratie</span>. Le modèle social-démocrate correspondait à un équilibre entre le travail et le capital. C’était vrai il y a un demi-siècle. Le capitalisme, à l’époque, fonctionnait sur un modèle fordiste. Il obéissait à une régulation keynésienne dans le cadre national. Ce capitalisme-là n’est plus ; il a été remplacé par le capitalisme financier. C’est la dictature de l’actionnariat, le triomphe de la théorie dite de « l’acquisition de la valeur pour l’actionnaire » dans un cadre entièrement dérégulé à l’échelle mondiale. Le communisme, qui faisait peur aux bourgeoisies occidentales qui se croyaient obligées de faire des concessions à leurs classes ouvrières, n’est plus. Les taux de syndicalisation ont fléchi. Les sociaux-démocrates sont devenus des sociaux-libéraux. Partout en Europe ils ont cru trouver une « troisième voie » (Anthony Giddens) : Jouer le jeu du libéralisme censé produire des richesses et ensuite opérer des corrections à la marge : RMI, CMU, investissement éducatif, etc. Cette politique, introduite en France en 1983, consacrée par l’Acte Unique en Europe, a été théorisée en Grande-Bretagne par Anthony Giddens et Tony Blair. Elle a été mise en œuvre aussi en Allemagne par Gerhard Schröder, à travers le plan Agenda 2010, à partir de l’année 2000. Ses orientations ont été généralisées à l’échelle européenne par les sommets de Lisbonne (2000) et Barcelone (2002). Ces politiques ont fait faillite. Les gouvernements sociaux-démocrates, qui étaient onze en 1999 dans l’Europe à quinze, ont tous perdu le pouvoir ou sont en voie de le perdre. Le cycle du social-libéralisme est clos. C’est ce dont beaucoup de nos camarades socialistes ne se sont pas encore avisés. Notre rôle est de leur ouvrir l’esprit.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Pour faire face à la crise, la gauche doit faire sa mutation républicaine</b>       <br />
              <br />
       A)	La classe des producteurs ne s’identifie plus à un bloc de classes homogène. Le retour aux sources de la République, l’appel à la raison du citoyen, la croyance en l’égalité humaine, voilà ce qui pourrait permettre à la gauche de se définir comme « parti républicain du peuple ». Il nous faut réhabiliter l’idée d’un intérêt général qui serait à la fois l’intérêt national et correspondrait aussi à l’intérêt général de l’humanité.        <br />
              <br />
       Comment substituer à la logique des  marchés financiers une autre logique politique ? Chacun comprend qu’un nouveau modèle de développement soutenable peut seul permettre de concilier l’aspiration légitime de pays comme la Chine ou l’Inde au développement, la volonté des Etats-Unis et de l’Europe de préserver leur tissu industriel, leur emploi et leur bien-être, et en même temps l’intérêt général de l’Humanité qui est d’économiser ses ressources rares (énergies fossiles, eau, air, sol) et lutter contre l’effet de serre.        <br />
              <br />
       Pour cela, nous devons planifier une révolution énergétique sans tomber dans le catastrophisme écologique mais en promouvant les énergies nouvelles, y compris nucléaire, les économies d’énergie, les techniques de charbon propre et en préservant les forêts équatoriales. J’ai lu que Martine Aubry, à La Rochelle, a déclaré : « Nous vivons l’ombre des Lumières. C’est l’idée même de progrès qui est épuisée. »       <br />
              <br />
        À mon sens c’est une erreur. Malthus déjà, au début du dix-neuvième siècle, considérait que la terre était trop petite pour nourrir les hommes. Cette prophétie s’est révélée une erreur historique car elle méconnaît les ressources de l’humanité en inventivité, créativité, progrès des connaissances et de la technologie. Il faut faire confiance en l’homme. La gauche est inséparable de la volonté de raison. Elle ne doit pas renier l’héritage des Lumières. Elle doit affirmer le primat des valeurs de la connaissance, ne pas sombrer dans la technophobie.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B)	Un projet républicain en forme de nouveau new-deal</span>       <br />
              <br />
       J’énoncerai sept propositions :        <br />
              <br />
       1.	Relance concertée des économies. Un effort supplémentaire sera demandé à chacun (davantage d’épargne aux Etats-Unis, relance du marché intérieur et sécurité sociale en Chine, relance allemande et japonaise, financement du développement de l’Afrique et des PMA).       <br />
       2.	Réforme du système monétaire international : création d’une nouvelle monnaie internationale de réserve reflétant la place des différents pays dans l’économie mondiale et ayant vocation à se substituer au dollar. L’émission de 250 Milliards de DTS par le FMI est un premier pas. Il faut aller beaucoup plus loin pour aider au développement des pays pauvres. Nouveaux « accords du Louvre », fixant des fourchettes aux parités monétaires (dollar, euro, yen, yuan) afin de parvenir à une concurrence équitable.       <br />
       3.	Redéfinition du mandat de l’OMC (en fonction des principes comme la « concurrence équitable » et la « souveraineté alimentaire »). Changeons les règles du jeu en matière commerciale.       <br />
       4.	Plan mondial d’aide à l’Afrique et aux PMA.       <br />
       5.	Contrôle du crédit par la voie de nationalisations bancaires.       <br />
       6.	Réglementation des marchés financiers visant à éliminer les fonds purement spéculatifs. Chasse aux paradis fiscaux et traçabilité obligatoire des mouvements de capitaux, les banques devant être tenues de communiquer à la police et à la justice leurs archives informatiques.       <br />
       7.	Réintroduction d’éléments de planification au niveau régional et mondial par exemple :       <br />
       -	en matière de politique énergétique ;       <br />
       -	`d’autosuffisance alimentaire (suspension des négociations agricoles de l’OMC et redéfinition du mandat de l’OMC sur cette  base) ;       <br />
       -	de planification industrielle ;       <br />
       -	d’eau potable et de grandes infrastructure (assainissement, routes, chemins de fer, hôpitaux, écoles, université et recherche).       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – La France 2009-2012</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A)	La France souffre </span>       <br />
              <br />
       Elle récolte les fruits amers d’un choix libéral effectué dans les années quatre-vingt et aujourd’hui renouvelé par Nicolas Sarkozy. Je n’évoquerai que quelques têtes de chapitre : le bouclier fiscal, la cure d’austérité infligée aux services publics à travers la RGPP, la réforme des collectivités territoriales qui serait un coup terrible pour la solidarité et pour les investissements collectifs, le tour de vis donné à l’Hôpital public, la réintégration de l’OTAN qui est un contresens politique.        <br />
              <br />
       Certes toutes les initiatives de Nicolas Sarkozy ne sont pas mauvaises, l’idée d’un grand emprunt national, s’il permet de financer les investissements économiquement rentables, est judicieuse dans un pays comme le nôtre où le taux de l’épargne avoisine 15%. Quand Nicolas Sarkozy propose des Assises de l’Industrie, je ne vais pas être contre puisque je les avais moi-même proposées en 1982-83. Jean Riboud ayant accepté  l’époque de les présider. Ce n’est pas ma faute si elles ont été annulées par mon successeur. Qu’elles soient reprises vingt-cinq ans après, sur une suggestion de la CGT paraît-il, ne me fera pas changer d’avis. Évitons l’antisarkozysme primaire et systématique. Celui-ci est la  marque d’un vide conceptuel, d’une absence de projet alternatif réel, bref d’un opportunisme politique que nous avons toujours combattu.        <br />
              <br />
       Nous devons nous opposer sur des bases solides. En France par exemple, il y a place pour un M.I.T.I. à la française, un contrôle public du système bancaire, une priorité accordée à la ressource humaine, un exercice calme et réfléchi des prérogatives régaliennes de l’Etat à l’opposé des effets de manche dont nous sommes las sur des questions comme la sécurité ou la justice. Ainsi, la suppression du juge d’instruction n’a rien de républicain. Le risque est grand de voir l’Etat instrumenter la justice à travers les parquets. Nous ne devons pas prendre des vessies pour des lanternes, accepter que la communication se substitue à la politique. Nous ne voulons pas que l’endettement de l’Etat permette seulement de renflouer les banques tandis que ceux qui sont aux commandes, après avoir failli, les conserveraient. « On prend les mêmes et on recommence » : de cela nous ne voulons pas.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B) Que faire ?</span>       <br />
              <br />
       1.	L’état de la gauche.        <br />
              <br />
       La gauche aujourd’hui ressemble à une flotte démâtée. Il est vrai que la gauche plurielle était au départ une idée essentiellement tactique, une alliance dominée par le parti socialiste avec les Verts en éclaireurs et le parti communiste en arrière-garde. Aujourd’hui, trois épaves surnagent : la proue supposée, je veux dire les Verts, prétend naviguer toute seule ; à la poupe, c’est-à-dire les communistes et leurs alliés, il manque une hélice : elle n’a pas connu de véritable dynamique aux dernières élections européennes et elle doit faire face à la concurrence du NPA ; quant au corps du bâtiment, je veux dire le PS, il a un sérieux problème de direction.       <br />
              <br />
       Il n’y a pas de solution à cette situation désespérante en dehors d’un projet qui soit à la hauteur des défis du temps. C’est le rôle que le MRC revendique non pas pour lui mais pour toute la gauche et pour la France. La Maison commune de la gauche proposée par Martine Aubry ne saurait être que le replâtrage de la gauche plurielle.       <br />
              <br />
       2.	La gauche a un problème d’identité et ce problème surdétermine la question des alliances. Il faut donner la priorité au projet. L’Europe, telle qu’elle s’est construite sur une base libérale et technocratique, n’est pas la solution, elle est le problème. Il faut la réorienter. Sur la base de la démocratie qui vit dans les nations. À cet égard l’arrêt de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe de juin dernier dit tout. Il y a un déficit de démocratie structurel dans l’Union européenne. La légitimité est dans les Etats nationaux et dans les Parlements nationaux. Il n’y a pas de peuple européen. C’est pourquoi le Parlement de Strasbourg ne peut être qu’un ersatz de Parlement. Tout cela nous pouvons d’autant mieux le reprendre à notre compte que c’est ce que nous disons depuis toujours.        <br />
              <br />
       Il faut reprendre la construction européenne sur la base de la démocratie qui vit dans les nations et aller vers une Confédération européenne qui nous permette d’exister, d’être un pôle, comme on dit, dans le monde multipolaire de demain.        <br />
              <br />
       C’est de cela dont nous devons discuter, sans exclusive, avec toute la gauche, y compris le NPA s’il le souhaite. Il y a là un rôle politique essentiel pour la France. Faut-il parler de tout cela  avec M. Bayrou ? M. Bayrou – nous le savons - est un homme politique qui vient de la droite mais il s’est dit « prêt à tendre la main à la gauche ». Si nous sommes sûrs de nous-mêmes, si nous avons des idées claires, il n’y a pas lieu de montrer un quelconque sectarisme.        <br />
              <br />
       Le problème pour la gauche, c’est d’abord d’avoir les idées claires. Nous avons proposé, il y a plus d’un an, des Assises de toute la gauche. Nous sommes prêts à examiner un projet de primaires dès lors qu’elles concerneraient plusieurs partis de gauche qui en seraient ensemble les co-organisateurs, bien entendu sur la base d’une charte d’orientation politique.  La gauche doit rompre avec une orientation qui l’a coupée des couches populaires depuis les années quatre-vingt. Je n’idéalise pas les primaires, mais elles peuvent être l’occasion d’une rupture salutaire. En tout état de cause, le MRC ne restera pas silencieux en 2012. Il pèsera, quoi qu’il arrive, directement ou indirectement. Nous sommes les gardiens de l’avenir républicain de la France. La priorité c’est le projet !       <br />
              <br />
       Y a-t-il un autre choix ? Sincèrement je ne le crois pas sauf à laisser le champ libre à M. Sarkozy qui s’emploie déjà activement à rassembler la droite autour de lui, en profitant des divisions et du désordre de la gauche.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Conclusion</b>       <br />
              <br />
       Nous avions jadis, au début des années soixante-dix, fait lever un immense espoir. La gauche ensuite a tourné le dos à ses engagements. Elle a rendu les armes sans avoir combattu. Le néolibéralisme a triomphé. Les couches populaires se sont détournées de la gauche. Mais ce cycle est désormais derrière nous. Les triomphateurs d’hier sont les faillis d’aujourd’hui.  Sachons trouver en nous-mêmes l’énergie de nous redresser. Sachons renouer avec les idées, c’est-à-dire avec le réel, mais aussi avec l’ambition collective, c’est-à-dire avec l’idéal. Il n’y a pas d’autre chemin pour une victoire qui, demain, ne décevra pas.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>"Le PS doit organiser une rupture" selon Jean-Pierre Chevènement (MRC)</title>
   <updated>2009-09-06T17:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Le-PS-doit-organiser-une-rupture-selon-Jean-Pierre-Chevenement-MRC_a842.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1571414-2104184.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-09-06T17:20:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, dimanche 6 septembre 2009, 14h43.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1571414-2104184.jpg?v=1289480075" alt=""Le PS doit organiser une rupture" selon Jean-Pierre Chevènement (MRC)" title=""Le PS doit organiser une rupture" selon Jean-Pierre Chevènement (MRC)" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Le Parti socialiste doit être capable d'organiser une rupture aussi profonde que l'a été dans son temps la rupture d'Epinay&quot;</span>, a estimé dimanche à Toulouse Jean-Pierre Chevènement lors de la clôture de l'université d'été du Mouvement républicain et citoyen (MRC) dont il est le président.       <br />
              <br />
       Pour <span style="font-style:italic">&quot;organiser&quot;</span> cette rupture, <span style="font-style:italic">&quot;l'idée d'une primaire à gauche n'est peut-être pas une mauvaise idée&quot;</span>, a-t-il avancé, reprenant la proposition qu'a développée dimanche matin le député PS Arnaud Montebourg invité à une table ronde.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le PS doit faire des choix qui permettent au peuple français de s'exprimer, qui permettent à la gauche de renouer avec les couches populaires, et l'idée des primaires peut être un moyen de faire bouger les lignes&quot;</span>, a indiqué le président du MRC.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Mais le plus important c'est le fond, le projet républicain, car la priorité c'est de répondre au défi de cette crise de la mondialisation&quot;</span>, a-t-il souligné.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Il ne faut pas de sectarisme&quot;</span> selon M. Chevènement pour lequel la gauche peut débattre avec le NPA autant qu'avec le MoDem.       <br />
              <br />
       Mais pour le président du MRC <span style="font-style:italic">&quot;le problème c'est l'Europe libérale&quot;</span>, et <span style="font-style:italic">&quot;il faut voir comment réorienter la construction européenne en s'appuyant sur la démocratie qui vit dans les Nations&quot;</span>.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Il n'y a pas de peuple européen, le Parlement de Strasbourg est un ersatz de parlement, la légitimité est dans les parlements nationaux. Il faut qu'on fasse une confédération européenne qui nous permette d'exister dans le monde de demain sans être coincé entre la Chine et les Etats-Unis&quot;</span>, a dit M. Chevènement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Le-PS-doit-organiser-une-rupture-selon-Jean-Pierre-Chevenement-MRC_a842.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Chevènement (MRC) prêt à discuter avec Bayrou et la gauche "sans exclusive"</title>
   <updated>2009-09-05T20:33:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Chevenement-MRC-pret-a-discuter-avec-Bayrou-et-la-gauche-sans-exclusive_a840.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1570151-2102268.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-09-05T15:58:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, 5 septembre 2009, 14h25.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1570151-2102268.jpg?v=1289480075" alt="Chevènement (MRC) prêt à discuter avec Bayrou et la gauche "sans exclusive"" title="Chevènement (MRC) prêt à discuter avec Bayrou et la gauche "sans exclusive"" />
     </div>
     <div>
      Le président du Mouvement républicain et citoyen (MRC) Jean-Pierre Chevènement s'est déclaré prêt, samedi à Toulouse, à discuter avec le président du MoDem François Bayrou et avec la gauche <span style="font-style:italic">&quot;sans exclusive&quot;</span> d'un <span style="font-style:italic">&quot;projet républicain pour répondre à la crise&quot;.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;François Bayrou a déclaré vouloir tendre la main à la gauche. Ma réaction est qu'il ne faut pas manifester de sectarisme, il faut discuter du fond, et particulièrement de l'Europe avec M. Bayrou&quot;</span>, a déclaré à l'AFP M. Chevènement, en marge de l'université d'été du MRC, ce week-end à Toulouse.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;M. Bayrou a voté pour la constitution européenne. Nous, nous disons à regrets: l'Europe telle qu'elle se présente aujourd'hui n'est pas la solution, elle est le problème. Il faut la remettre sur ses pieds. C'est de cela que nous sommes prêts à discuter avec M. Bayrou, et avec l'ensemble de la gauche sans exclusive&quot;</span>, a-t-il dit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      François Bayrou a approuvé la main tendue de son parti à la gauche vendredi, lors de sa rentrée politique à l'occasion de l'ouverture de l'université d'été de son parti à la Grande-Motte (Hérault).       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Pour remettre la République sur ses pieds, pour faire triompher le politique par rapport à la logique des marchés financiers, nous avons besoin de tout le monde, de M. Bayrou mais du NPA aussi, plus exactement de l'ensemble des électeurs qui se reconnaissent dans la démarche des formations de gauche ou alternatives au sens large&quot;</span>, a estimé M. Chevènement.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;On s'interroge sur la gauche, ses perspectives. Nous évoquons un projet républicain, non seulement pour la France mais pour l'Europe, pour sortir l'humanité toute entière de la crise actuelle. Il faut le faire gagner avec tous ceux qui peuvent le soutenir&quot;</span>, a-t-il poursuivi.       <br />
              <br />
       Le MRC <span style="font-style:italic">&quot;pèsera&quot;</span> sur les prochaines présidentielles. <span style="font-style:italic">&quot;Nous avons un réseau d'élus, des sympathisants, nous avons une réflexion, une qualité d'écoute dans le pays qui peuvent nous permettre de contribuer positivement à une issue progressiste pour la France&quot;</span>, a affirmé M. Chevènement.       <br />
              <br />
       L'université d'été du MRC est consacrée à <span style="font-style:italic">&quot;la désuétude du modèle social démocrate et à l'actualité du modèle républicain face à la crise&quot;</span>.       <br />
              <br />
       M. Chevènement prononcera le discours de clôture dimanche, après un débat sur la <span style="font-style:italic">&quot;mort du modèle social-libéral&quot;</span>, auquel participeront Jean-François Kahn (MoDem) et les socialistes Arnaud Montebourg et Paul Quilès.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Chevenement-MRC-pret-a-discuter-avec-Bayrou-et-la-gauche-sans-exclusive_a840.html" />
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   <title>Chevènement (MRC): réponse "conditionnelle" à une primaire à gauche</title>
   <updated>2009-08-26T14:35:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Chevenement-MRC-reponse-conditionnelle-a-une-primaire-a-gauche_a829.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2009-08-26T14:35:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, mercredi 26 août 2009, 14h20.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1553844-2077434.jpg?v=1289480072" alt="Chevènement (MRC): réponse "conditionnelle" à une primaire à gauche" title="Chevènement (MRC): réponse "conditionnelle" à une primaire à gauche" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président du MRC, a affirmé mercredi à l'AFP que la participation de son parti à une éventuelle primaire à gauche est <span style="font-style:italic">&quot;conditionnelle&quot;</span> et dépend de son organisation, estimant que le problème de la gauche est d'abord celui de <span style="font-style:italic">&quot;son identité&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Sur des primaires à gauche <span style="font-style:italic">&quot;je n'ai pas de réponse par oui ou non, ma réponse est conditionnelle. Cela dépend des conditions dans lesquelles cette primaire serait organisée. Qui les organise? Si c'est le Parti socialiste tout seul, nous n'en sommes pas&quot;</span>, prévient le sénateur.       <br />
              <br />
       En revanche, si cette primaire est organisée <span style="font-style:italic">&quot;par plusieurs partis ou clubs de la gauche c'est tout à fait envisageable, à condition que cette désignation soit largement ouverte aux sympathisants&quot;</span>, ajoute-t-il.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Dans l'état actuel des choses</span>, souligne l'ancien ministre, <span style="font-style:italic">il me semble que les Verts ne le souhaitent pas&quot;. &quot;On a tiré beaucoup trop de conséquences des dernières élections européennes oubliant qu'il y avait 60% d'abstentionnistes&quot;</span>, ajoute-t-il dans une critique implicite des Verts qui se targuent de leur bon score au scrutin de juin.       <br />
              <br />
       Quant à une participation du MoDem de François Bayrou à des primaires, le président du Mouvement républicain et citoyen affirme: <span style="font-style:italic">&quot;Est-ce que le MoDem accepterait d'être partie prenante à la désignation de ce candidat des primaires, qui l'amènerait à se définir d'emblée comme appartenant à la gauche. C'est une question qui se pose&quot;</span>. Mais <span style="font-style:italic">&quot;il ne faut jamais exclure&quot;</span>, ajoute-t-il.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le problème de la gauche n'est pas le problème des alliances, c'est le problème de son identité : ce qu'elle propose, comment elle entend répondre aux défis de cette crise mondiale du capitalisme financier&quot;</span>, ajoute l'ancien ministre socialiste.       <br />
              <br />
       Selon lui, <span style="font-style:italic">&quot;la social-démocratie a ses 100 ans. C'est une formule du milieu du 20e siècle. Il faut apporter une réponse qui soit à la fois à l'échelle mondiale et soit convaincante pour le peuple français&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement à On n'est pas couché face à Ruquier, Zemmour et Naulleau : la vidéo</title>
   <updated>2010-06-04T17:08:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-a-On-n-est-pas-couche-face-a-Ruquier-Zemmour-et-Naulleau-la-video_a767.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2009-02-22T09:41:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il répondait aux questions de Laurent Ruquier, Eric Zemmour et Eric Naulleau pendant plus de 30 minutes. L'émission est podcastée ci-dessous. Les 29 premières minutes de l'entretien :     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/e36481026588a028344def4ae0bea7aa063f17d5" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      Un problème d'enregistrement empêche de voir les 30 secondes suivantes. Voici les 3 dernières minutes de l'entretien :
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/69b3ded49c151576b89a9d04076fbb2dd7c4d3fe" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      L'émission intégrale sera disponible pendant une semaine sur le site de France 2 : <a class="link" href="http://on-n-est-pas-couche.france2.fr/">http://on-n-est-pas-couche.france2.fr/</a>.       <br />
       Note : l'émission est également disponible sur Dailymotion en deux parties : <a class="link" href="http://www.dailymotion.com/video/x8g9sh_12-chevenement-on-nest-pas-couche-2_news">partie 1</a> et <a class="link" href="http://www.dailymotion.com/video/x8ga18_22-chevenement-on-nest-pas-couche-2_news">partie 2</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-a-On-n-est-pas-couche-face-a-Ruquier-Zemmour-et-Naulleau-la-video_a767.html" />
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   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de l'émission Pluriel sur Radio Orient vendredi 4 avril à 18h</title>
   <updated>2008-04-04T22:01:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-l-emission-Pluriel-sur-Radio-Orient-vendredi-4-avril-a-18h_a592.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/900777-1111117.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2008-04-03T08:24:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il répondra aux questions d'Eric Hacquemand (Le Parisien), Bruno Jeudy (Le Figaro) et Loïc Barrière (Radio Orient) entre 18h et 19h.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/900777-1111117.jpg?v=1289480130" alt="Jean-Pierre Chevènement invité de l'émission Pluriel sur Radio Orient vendredi 4 avril à 18h" title="Jean-Pierre Chevènement invité de l'émission Pluriel sur Radio Orient vendredi 4 avril à 18h" />
     </div>
     <div>
      Toutes les fréquences de Radio Orient (94.3 FM à Paris) sont disponibles <a class="link" href="http://www.radioorient.com/frequences.php">sur son site</a>.       <br />
              <br />
       L'émission est rediffusée dimanche 6 avril à 19h et pourra être réécoutée pendant 1 semaine <a class="link" href="http://www.radioorient.com/player/player2.php?flux=__pluriel">à cette adresse</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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 	<itunes:explicit>no</itunes:explicit>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Il répondra aux questions d'Eric Hacquemand (Le Parisien), Bruno Jeudy (Le Figaro) et Loïc Barrière (Radio Orient) entre 18h et 19h.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
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  <entry>
   <title>10' avec Jean-Pierre Chevènement sur iPol</title>
   <updated>2008-06-17T15:04:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/10-avec-Jean-Pierre-Chevenement-sur-iPol_a511.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2007-12-12T19:28:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Son engagement politique, le Traité de Lisbonne, Ségolène Royal, l'euro, l'avenir du PS... Jean-Pierre Chevènement a répondu à toutes vos questions sur iPol.     <div>
      <div align="center"><object width="425" height="335"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/3g2pRQqj6QNUtqmnH"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/3g2pRQqj6QNUtqmnH" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="335" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/x3qnnp_10-avec-jeanpierre-chevenement_news">10' avec Jean-Pierre Chevènement</a></b><br /><i>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/iPolTV">iPolTV</a></i></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.ipol.fr/index.php?2007/12/12/605-10-avec-jean-pierre-chevnement">Voir la vidéo sur le site d'iPol</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/10-avec-Jean-Pierre-Chevenement-sur-iPol_a511.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de Soir 3 sur France 3 dimanche 2 décembre</title>
   <updated>2008-06-17T15:05:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-Soir-3-sur-France-3-dimanche-2-decembre_a499.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2007-12-02T20:31:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'entretien dure 5 minutes. L'émission débute à 22h30 et est podcastée ci-dessous.     <div>
      <div align="center"><object width="425" height="335"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/3YeG5I076Dv3ApJSD"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/3YeG5I076Dv3ApJSD" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="335" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object><br /></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <a class="link" href="http://jt.france3.fr/soir3/">Voir Soir 3 sur le site de France 3</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-Soir-3-sur-France-3-dimanche-2-decembre_a499.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Traité de Lisbonne : rien n'est réglé, tout commence !</title>
   <updated>2008-06-17T15:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Traite-de-Lisbonne-rien-n-est-regle-tout-commence-_a497.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/788993-966187.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2007-12-02T18:57:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Projet d'intervention de Jean-Pierre Chevènement au rassemblement national pour un référendum sur le projet de «constitution européenne bis», dimanche 2 décembre 2007. Seul le prononcé fait foi.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/788993-966187.jpg?v=1289480121" alt="Traité de Lisbonne : rien n'est réglé, tout commence !" title="Traité de Lisbonne : rien n'est réglé, tout commence !" />
     </div>
     <div>
      Le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de Constitution européenne à 55 % des voix. De ce rejet les raisons sont de deux ordres :       <br />
              <br />
       -	refus d’une Europe libérale, s’offrant, impotente, à tous les coups d’une concurrence faussée ;       <br />
       -	attachement à la souveraineté nationale, garante de la démocratie alors que maints hérauts du « oui » ne se cachaient pas de vouloir donner au traité constitutionnel la valeur d’une véritable Constitution européenne, l’emportant sur les Constitutions nationales. Ces deux ordres de raisons ne sont pas contradictoires. Ils sont complémentaires : l’étouffement de la démocratie et la régression sociale avancent de pair.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Le traité de Lisbonne est un déni de démocratie.</b>       <br />
              <br />
       Ce coup de force à la fois contre la République et contre le monde du travail a été en partie déjoué puisque le mot de « Constitution » ne figure plus dans le texte du traité de Lisbonne.        <br />
              <br />
       Celui-ci n’en reprend pas moins sur le fond toutes les dispositions du projet de Constitution européenne. M. Sarkozy n’y a rien changé d’essentiel et il ne lui appartient pas de dire que la disparition du mot « Constitution » représente un changement suffisant pour réaliser le dépassement du « oui » et du « non » au référendum du 29 mai.       <br />
              <br />
       Les modifications apportées sont, comme l’a souligné M. Giscard d’Estaing le 17 juillet devant le Parlement européen, « purement cosmétiques ». <span style="font-style:italic">« En termes de contenu</span> –je le cite- <span style="font-style:italic">les propositions demeurent largement inchangées. Elles sont juste présentées de façon différente … Les gouvernements européens se sont mis d’accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler »</span>. On ne peut exprimer plus clairement que par la bouche de l’ancien Président le mépris revanchard de nos élites pour la démocratie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      M. Sarkozy se targue d’avoir fait disparaître la concurrence libre et non faussée des objectifs de l’Union mais celle-ci réapparaît dans le protocole n° 6 au rang des principes que l’Union doit faire respecter. C’est prendre les citoyens pour des gogos !        <br />
              <br />
       Si, comme s’en flatte le président de la République, une base juridique existe désormais pour une directive concernant les services d’intérêt général, la Commission vient de faire savoir qu’elle n’avait pas l’intention de prendre une telle directive ! Nouvelle mystification !        <br />
              <br />
       Enfin si le traité de Lisbonne ne reprend pas la troisième partie du projet de Constitution relative au contenu des politiques, c’est tout simplement parce que les traités antérieurs auxquels il s’intègre, comportent par définition ces dispositions. Le corpus d’ensemble a la même valeur juridique, de Rome à Lisbonne, en passant par Luxembourg, Maastricht, Amsterdam et Nice. Qu’on ne nous fasse pas prendre des vessies pour des lanternes !       <br />
              <br />
       M. Sarkozy ne peut donc prétendre, comme il l’a fait <a class="link" href="http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution_du_president_de_la_republique_a_l_occasion_de_la_grande_reunion_publique_sur_le_theme_de_l_europe.78984.html">dans son discours de Strasbourg</a>, le 2 juillet 2007, avoir réalisé la synthèse du « oui » et du « non » et le dépassement des contradictions. Car il n’est pas vrai que dans le traité de Lisbonne, <span style="font-style:italic">« l’Europe,</span> comme il le prétend,  <span style="font-style:italic">se donne les moyens d’agir et de se protéger »</span>. Au contraire ! M. Sarkozy, comme nous le verrons, a avalé la substance de la Constitution sans obtenir en échange aucune contrepartie ! M. Sarkozy n’est donc aucunement fondé à soutenir que son élection à la Présidence de la République, le 6 mai 2007, lui donne les mains libres pour réinterpréter – que dis-je ? – pour bafouer la volonté du peuple français, clairement exprimée le 29 mai 2005.       <br />
              <br />
       Au demeurant, aucune procédure de révision constitutionnelle n’est aussi contraignante que l’obligation de réunir l’unanimité des vingt-sept Etats signataires pour modifier le texte des traités. Nous sommes enfermés dans un carcan dont il ne sera pas possible de se défaire à moins d’une révolution  bien improbable à l’échelle des vingt-sept, sauf à quitter l’Union européenne.       <br />
              <br />
              <br />
       Pour faire accepter la ratification par la voie parlementaire du traité de Lisbonne qui reprend, comme l’avait souhaité Madame Merkel, la <span style="font-style:italic">« substance de la Constitution »</span>, M. Sarkozy use d’un subterfuge grossier : il prétend avoir couvert par son élection à 53% de voix comme président de la République, le non-respect du parallélisme des formes : en effet ce qui a été rejeté par référendum ne devrait pouvoir être rétabli que par la voie du suffrage universel. Ainsi en est-il expressément stipulé par la Constitution italienne et même par celle de l’Etat de Californie. Telle n’est pas l’interprétation de M. Sarkozy. Celui-ci pendant la campagne présidentielle a bien annoncé l’adoption d’un traité simplifié par la voie parlementaire. C’est vrai ! Mais ce n’est pas un traité simplifié qu’il nous propose aujourd’hui : 256 pages au total, un empilement d’articles modifiant les traités existants. C’est un traité complexifié à l’excès, illisible même par des parlementaires chevronnés !       <br />
              <br />
       Le mot de traité simplifié n’est encore employé que par quelques thuriféraires zélés de l’actuelle majorité. Le Conseil européen, à juste titre, n’a pas utilisé cette expression mais celle de « traité modificatif ». M. Sarkozy annonçait un « mini traité » : c’est une maxi-traîtrise !       <br />
              <br />
       Il y a en effet une règle en démocratie : c’est la souveraineté du Peuple. Ne pas respecter la souveraineté populaire constitue un véritable déni de démocratie, l’équivalent de ce que le professeur Anne-Marie Le Pourhiet a appelé un <span style="font-style:italic">« coup d’Etat »</span>. Le Président de la République nous objecte que la voie parlementaire est employée dans la plupart des autres pays européens. Mais il n’y a qu’en France, aux Pays-Bas et en Espagne qu’on a précédemment demandé au peuple de se prononcer par la voie du référendum.       <br />
              <br />
       Assez de tours de passe-passe ! Le parallélisme des formes exige le référendum ! La seule question à se poser est de savoir s’il est possible d’imposer au Président de la République d’en passer par un référendum. La réponse s’impose à quiconque a examiné les textes et pris au sérieux les engagements des différents candidats à la récente élection présidentielle : oui cette possibilité existe !       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Il est possible d’imposer à M. Sarkozy la voie du référendum.</b>       <br />
              <br />
       L’article 88-1 a été révisé par prétérition pour permettre la ratification de la Constitution européenne depuis lors rejetée par le peuple. Le Conseil Constitutionnel avait considéré, par une décision du 19 novembre 2004, que de nombreuses clauses du traité constitutionnel <span style="font-style:italic">« affectaient les conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale »</span>, notamment des transferts de compétence en matière de contrôle aux frontières et de coopération judiciaire, civile ou pénale privant ainsi la France de tout pouvoir propre d’initiative, ou encore l’extension des domaines régis par le vote à la majorité qualifiée ou conférant une fonction décisionnelle au Parlement européen lequel –je cite– <span style="font-style:italic">« n’est pas l’émanation de la souveraineté nationale »</span>.       <br />
              <br />
       Le Conseil Constitutionnel avait donc exigé une révision préalable de la Constitution, révision à laquelle il a été procédé. Mais cette révision est devenue caduque par la volonté du peuple français, car elle visait expressément la Constitution européenne, je cite l’article 88-2, deuxième alinéa de notre Constitution : <span style="font-style:italic">« La France peut participer à l’Union européenne dans les conditions prévues par le traité établissant une Constitution pour l’Europe signé le 29 octobre 2004 »</span>. Patatras ! Le 29 mai 2005 le peuple français a mis bas ce bel édifice !        <br />
              <br />
       Il faut tout recommencer. Consulter d’abord le Conseil Constitutionnel sur le traité de Lisbonne. Il est fort à prévoir que pour les mêmes raisons que précédemment, le Conseil demandera la révision de la Constitution afin d’autoriser la ratification du traité de Lisbonne. C’est alors que le Président de la République devra convoquer les Assemblées parlementaires puis le Congrès pour modifier l’article 88-1.       <br />
              <br />
       Mais comme le stipule l’article 89 de la Constitution relatif à la révision, celle-ci - à défaut d’être approuvée par la voie référendaire qui est le mode normal de révision - doit réunir la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès. Les deux cinquièmes du Congrès, à supposer que tous les parlementaires votent, cela fait 363 voix. Or cette minorité de blocage existe si tous les parlementaires se souviennent des engagements qu’ils ont pris à travers les candidats qu’ils ont soutenus pendant la campagne présidentielle.       <br />
              <br />
       La gauche et les Verts ont 352 élus à l’Assemblée et au Sénat. Deux non inscrits à l’Assemblée appartenant à « Debout la République » et deux non-inscrits au Sénat, militant pour un référendum. Trois députés du Modem se souviendront que leur chef s’était lui aussi prononcé pour un référendum. Enfin, je n’ose pas croire que les sénateurs et députés de l’UMP qui se sont toujours dits « souverainistes » (je pense par exemple à MM. Pasqua, Guillet, Myard et d’autres encore) puissent se laisser aller à approuver un projet de révision constitutionnelle si contraire à la souveraineté nationale.        <br />
              <br />
       En comptant bien, j’ai trouvé les 363 parlementaires qui peuvent faire obstacle à cette révision. Les Républicains comptent sur eux. Nous comptons sur leur courage, sur leur respect de la démocratie. Nous ne leur demandons même pas ce qu’ils pensent sur le fond du traité. Là n’est pas la question qui sera posée aux Assemblées parlementaires et au Congrès réuni à Versailles. La question sera beaucoup plus simple, ce sera une question préjudicielle : la représentation nationale va-t-elle couvrir l’intention du Président de la République de s’asseoir sur le suffrage universel ? Va-t-elle à son tour piétiner la démocratie ?        <br />
              <br />
       A tous ces parlementaires, et aussi aux autres d’ailleurs, je demande : comment pourriez-vous demain déplorer la crise de la démocratie, le fossé entre le peuple et les élites, l’abaissement du Parlement, si vous deviez vous-mêmes consacrer par votre vote le droit du Président de la République de déclarer nul et non avenu un vote référendaire aussi explicite que celui du 29 mai 2005 ? Songez-y : à quelles crises futures exposeriez-vous ainsi la démocratie en France et à quel discrédit soumettriez-vous une construction européenne, non seulement coupée des peuples, mais retournée contre eux et particulièrement contre le peuple français et le peuple hollandais. Or ces deux peuples sont deux des six des peuples fondateurs ayant engagé en 1957, par le traité de Rome, cette construction européenne. Combien fragiliseriez-vous encore l’édifice !       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       Je sais bien que le bureau national du PS s’est prononcé au fond par une majorité nette mais nullement écrasante, tout en laissant la liberté de vote aux parlementaires. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit : c’est une question préjudicielle qui est posée : <span style="font-style:italic">« Faites-vous, ou non, fi de la démocratie telle qu’elle s’est exprimée par la voix du référendum populaire, c’est-à-dire par la voix du Souverain lui-même, le Peuple, dont vous êtes les représentants »</span> ?       <br />
              <br />
       Je rappelle aux parlementaires socialistes l’engagement pris par leur parti dans son projet adopté à l’unanimité en 2006 de soumettre tout nouveau traité institutionnel à référendum, engagement repris par leur candidate pendant la campagne présidentielle de 2007. On ne peut pas en appeler au peuple pour construire une opposition  républicaine à M. Sarkozy et dans le même temps s’asseoir non seulement sur les engagements pris à son égard mais encore sur sa volonté même. Par son vote au Congrès le parti socialiste dira s’il est un parti d’opposition  républicaine ou si MM. Kouchner et Jouyet n’étaient au fond que ses éclaireurs de pointe dans sa conversion au libéralisme. Je me refuse à croire que le PS fera ainsi la courte échelle à M. Sarkozy !       <br />
              <br />
       Ce rappel vaut aussi pour M. Bayrou et pour les parlementaires du Modem. Vous aussi vous préconisiez un nouveau référendum il y a sept mois de cela. L’auriez-vous oublié. Vous dites « vouloir l’Europe ». Mais voulez-vous l’Europe contre la démocratie ? Et croyez-vous ainsi pouvoir un jour constituer un recours ?        <br />
              <br />
       Le <a class="link" href="http://www.nousvoulonsunreferundum.eu">Comité national pour le Référendum</a> et bien d’autres forces se sont réunis pour rappeler aux électeurs et par conséquent aux parlementaires que le peuple français a la mémoire longue. Il se souviendra de ceux qui l’auront respecté mais aussi de ceux qui lui auront manqué !       <br />
              <br />
       J’ose enfin espérer que beaucoup de parlementaires de la majorité, en conscience, ne prendront pas part au vote. Car la question préjudicielle qui est posée dépasse les clivages habituels : elle est, en effet, celle de la démocratie elle-même. Et si les courageux n’étaient pas assez nombreux pour réunir les deux cinquièmes des suffrages exprimés, j’ose espérer encore que, comme en juillet 1940, ils seraient plus que 80 à s’opposer !       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Le fond : la France diminuée et ligotée, la démocratie garrottée, le monde du travail livré au capital financier.</b>       <br />
              <br />
       Et voilà que je suis obligé d’en venir au fond car, à travers le traité de Lisbonne, c’est de l’indépendance nationale, de la démocratie, de la prospérité et de l’avenir même de notre pays qu’il s’agit. Il n’y a en effet aucune des critiques faites au défunt projet de Constitution européenne qui ne puisse être faite au traité de Lisbonne.       <br />
              <br />
              <br />
       D’abord une chose qui n’est jamais dite, mais qui est peut-être  la plus importante : la France, à compter de 2014, va perdre 25 % de son poids par rapport à l’Allemagne par le fait de la prise en compte de la démographie dans les votes au Conseil. Et cela au mépris de l’engagement initial pris par le Chancelier Adenauer en 1951 vis-à-vis de Jean Monnet. Celui-ci lui déclarait le 4 avril 1951 : <span style="font-style:italic">« Je suis autorisé à vous proposer que les rapports entre la France et l’Allemagne soient régis par le principe d’égalité au Conseil comme à l’Assemblée et dans les institutions européennes actuelles ou ultérieures, que la France y entre seule ou avec l’Union française, que l’Allemagne soit celle de l’Ouest ou qu’elle soit réunifiée … L’esprit de discrimination a été la cause des plus grands malheurs du monde. La Communauté est un effort pour le faire reculer »</span>.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Vous savez,</span> lui répondit le Chancelier Adenauer, <span style="font-style:italic">combien je suis attaché à l’égalité des droits pour mon pays dans l’avenir, et quelle condamnation je porte sur les entreprises de domination où il a été entraîné par le passé. Je suis heureux de donner mon plein accord à votre proposition, car je ne conçois pas de Communauté hors de l’égalité totale »</span>. Ces propos figurent dans les <span style="font-style:italic">Mémoires</span> de Jean Monnet, aux éditions Fayard, pages 414 et 415.       <br />
              <br />
       Or cette égalité entre la France et l’Allemagne est dans l’intérêt de l’Europe elle-même. La relation franco-allemande est fondamentale. Mais pour aller de l’avant, elle doit être équilibrée. Car cette relation indispensable n’est pas aussi facile que le disent les faiseurs de chimères. Faut-il évoquer les relations industrielles ? Elles sont tapissées de conflits : Sanofi-Aventis, EADS, Siemens-Alstom, Galileo. La politique monétaire ? La politique budgtétaire ? Madame Merkel, peu après son arrivée à la Chancellerie, a déclaré vouloir <span style="font-style:italic">« mettre l’Allemagne au sommet de l’Europe »</span>. De son côté, M. Sarkozy, dans son discours de Strasbourg du 2 juillet dernier, nous conte maintes fariboles sur l’euro cher, le gouvernement économique de la zone euro ou sur la protection communautaire. Ces fariboles l’autorisent – croit-il – à proclamer : « La France est de retour ! ». En réalité, M. Sarkozy a lâché la proie pour l’ombre.       <br />
              <br />
       Ajouterai-je qu’à partir de 2014, la France pourra se voir privée de représentant à la Commission, en vertu du <span style="font-style:italic">« principe de rotation strictement égalera entre les Etats »</span> pour la désignation des Commissaires ? La France égale Malte ! Et tout cela, toutes ces réformes institutionnelles sous le fallacieux prétexte de sortir du traité de Nice pour adopter le fonctionnement des institutions européennes à l’Europe élargie à vingt-sept ! Mais si tout cela était vrai, on n’aurait pas remis à 2014 la pondération démographique des votes au Conseil. Ou alors faut-il croire qu’on a pris son parti de l’immobilisme pendant les six prochaines années et peut-être même jusqu’en 2017 ? L’hypocrisie triomphe : en réalité, le traité de Nice a bon dos : ses pires détracteurs sont paradoxalement ceux qui l’ont signé. Nos dirigeants n’ont pas osé s’appuyer sur le « non » du peuple français pour défendre ses intérêts légitimes. Tout cela a un nom : cela s’appelle le renoncement de la France.       <br />
              <br />
       Le traité de Lisbonne fait reculer la France et il fait reculer la démocratie. Les nouvelles compétences partagées définies par les articles 3 à 6 le sont inégalement. Il est clairement énoncé qu’en ces domaines, très nombreux et importants, les Etats membres exercent leurs compétences quand l’Union a cessé d’exercer les siennes ou a décidé de ne plus les exercer. D’immenses domaines relèveront désormais de deux instances oligarchiques : la Commission à laquelle nous abandonnerons plus encore le droit d’initiative et la Cour de Justice chargée d’interpréter la Charte des droits fondamentaux, au détriment pour l’essentiel du Parlement français.       <br />
              <br />
       Dans quarante nouveaux domaines, le vote au Conseil interviendra à la majorité qualifiée et sera couvert par l’illusoire co-décision d’un Parlement fantôme, dépourvu de légitimité, en l’absence d’un peuple européen.       <br />
              <br />
              <br />
       Avec la démocratie, ce sont les droits des travailleurs qui reculent. La logique du capitalisme financier aujourd’hui dominant dans le système de la globalisation est naturellement contraire à l’intérêt des peuples européens. La mise en concurrence des territoires et des mains d’œuvre qui est le cœur de la philosophie des traités européens à l’intérieur comme vis-à-vis des pays tiers, entraîne délocalisations, chômage, stagnation des salaires et du pouvoir d’achat, démantèlement de la protection sociale. En échange de toutes les concessions qu’il a faites, M. Sarkozy n’a rien obtenu à Lisbonne.       <br />
              <br />
       Où a-t-il vu, comme il le déclarait à Strasbourg le 2 juillet dernier, que l’Europe à Lisbonne se soit donné <span style="font-style:italic">« les moyens d’agir et de se protéger »</span> ? <span style="font-style:italic">« De ne pas accepter sa désindustrialisation, de ne pas rester les bras croisés devant les délocalisations, de lutter contre les dumpings, d’instaurer une préférence communautaire, de mettre en œuvre des politiques industrielles »</span> ?       <br />
              <br />
       M. Sarkozy dit avoir fait la synthèse entre le « oui » et le « non », <span style="font-style:italic">« en mettant l’euro au service de la croissance et de l’économie. » « Nous n’avons pas créé la deuxième monnaie du monde</span> – je le cite – <span style="font-style:italic">pour ne pas nous en servir »</span>. Mais tout le monde peut constater que depuis que M. Sarkozy a été élu, l’euro s’est renchéri de dix centimes de dollars, passant de 1,38 à 1,48 dollar. Or que dit le traité de Lisbonne à ce sujet ? Rien de neuf s’agissant de la Banque Centrale européenne qui guerroie toujours - en toute indépendance - contre les moulins de l’inflation et maintient ses taux d’intérêt tandis que le Federal Reserve Board baisse les siens de manière répétée. Et l’Eurogroupe ? Le traité de Lisbonne, comme la Constitution européenne, le définit toujours comme <span style="font-style:italic">« instance informelle »</span>, seulement habilitée à <span style="font-style:italic">« discuter »</span> -je cite- les questions relatives à la monnaie unique qui n’incombent pas à la Banque Centrale, c’est-à-dire sur rien. Là est la vraie, l’immense contradiction  du Président Sarkozy, le volontarisme en bandoulière mais pieds et poings liés par un traité de Lisbonne dont je me demande s’il l’a jamais lu. A vrai dire, je ne me le demande pas : il est illisible. Ainsi le désastre social est-il à l’horizon !       <br />
              <br />
              <br />
       Pour tous ceux qui se font une certaine idée de la France, enracinés dans la certitude maintes fois vérifiée qu’elle est presque par nature dressée contre toute hégémonie, parce qu’elle s’appelle liberté, comment le traité de Lisbonne ne les ferait-il pas frémir ? Il faudrait donc qu’avant toute initiative sur la scène internationale - article 17 bis - la France consulte le Conseil Européen ou le Conseil des ministres des Affaires Etrangères présidé par le « Haut représentant » de l’Union pour la politique étrangère et de sécurité ? De même - article 19 - faudrait-il demander au Conseil de Sécurité de l’ONU l’audition du « Haut représentant » avant que la France fasse connaître sa position ?       <br />
              <br />
       Ainsi corsetée, notre diplomatie serait réduite au silence ! Imagine-t-on qu’en 2003, par exemple, ligotée dans l’Europe à vingt-sept par de telles obligations, la France eût pu faire connaître son opposition à l’invasion de l’Irak ? Non, évidemment la France n’aurait pas pu aller ainsi, à la fois contre les Etats-Unis et contre l’Union européenne. A quoi riment donc ces dispositions, sinon à faire taire la voix de la France ? C’est de cela dont les Etats-Unis ont besoin : d’une Europe soumise et d’une France réduite au silence. Et c’est cela que M. Sarkozy accorde à l’Hyperpuissance, non pas seulement un alignement de principe, toujours réversible dans un pays démocratique mais beaucoup plus que cela : c’est l’assurance d’un acquiescement automatique de l’Union européenne à toutes les décisions américaines dans un monde que les Etats-Unis ne peuvent plus dominer seuls. Soyons clairs : dans l’Europe de Lisbonne, il n’y aura plus de place pour la voix d’une France libre et indépendante. Si les Etats-Unis décident demain de frapper l’Iran, l’Union européenne bénira !       <br />
              <br />
       Lisons plus avant le traité de Lisbonne, article 23 : la défense européenne n’existera que <span style="font-style:italic">« conforme aux engagements souscrits dans le cadre de l’OTAN par les pays qui en sont membres et qui ont choisi d’en faire le cadre d’élaboration de leur défense et l’instance de sa mise en œuvre »</span>. Ce texte a au moins un mérite : il est cohérent avec le souhait formulé par M. Sarkozy de faire réintégrer par la France les structures militaires de l’OTAN, dont le général de Gaulle nous avait fait sortir en 1964.       <br />
              <br />
       Or, la France a-t-elle moins besoin aujourd’hui qu’hier d’une défense indépendante, dans un monde devenu multipolaire et pas simplement bipolaire ? Certainement pas ! Plus que jamais nous avons besoin de ne pas nous laisser entraîner dans des guerres qui ne seraient pas les nôtres. Evidemment tout cela ne rime pas avec la diplomatie de l’ingérence, soi-disant humanitaire mais si souvent inhumanitaire. Et comme on n’a jamais vu les faibles s’ingérer dans les affaires des forts, nous voici mis à la remorque de l’Hyperpuissance. M. Sarkozy pendant la campagne nous a beaucoup parlé de Guy Mocquet, ce héros de la Résistance, mais c’était pour nous faire oublier de Gaulle et pour nous faire découvrir l’Amérique, ou plutôt l’Euramérique, bref l’Europe des Etats-Unis à laquelle rêvent depuis si longtemps nos élites fatiguées.       <br />
              <br />
              <br />
       Voilà donc le traité de Lisbonne : la France diminuée, ligotée, la démocratie garrottée, le monde du travail livré sans défense au capital financier. Ce destin est-il fatal ? L’Europe précipitée au siècle dernier de son piédestal, est-elle vouée à un déclin irrémédiable que ne camouflera pas longtemps une servitude volontaire ?       <br />
              <br />
       Car le vent de la révolte se lèvera ! C’est pourquoi, aujourd’hui, il faut qu’il y ait une résistance ! C’est pourquoi il est important que des républicains unissent leurs forces par-delà les sectarismes pour dire non à la Constitution bis, non à l’esbroufe, non à ceux qui veulent bafouer la démocratie.       <br />
              <br />
       Ce n’est pas avec le traité de Lisbonne que nous ouvrirons la voie d’une France libre et juste, pour construire une Europe européenne, c’est-à-dire indépendante. En gardant la confiance du peuple, nous bâtirons au contraire un recours républicain. D’autres configurations apparaîtront en France et en Europe. C’est avec notre volonté que nous bâtirons ces nouvelles configurations au service d’une Europe européenne, avec la confiance retrouvée du peuple dans son destin, dans la démocratie et dans les destinées de la France, avec la République ! Rien n’est réglé ! Tout commence !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Traite-de-Lisbonne-rien-n-est-regle-tout-commence-_a497.html" />
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  <entry>
   <title>Trois élections présidentielles : démocratie «moderne» et refondation républicaine de la gauche</title>
   <updated>2007-10-23T16:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Trois-elections-presidentielles-democratie-moderne-et-refondation-republicaine-de-la-gauche_a413.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/711217-869576.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2007-08-31T00:05:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans ce long texte, Jean-Pierre Chevènement étudie l’« américanisation » de la vie politique à travers médias et sondages, propose une analyse comparée des trois dernières élections présidentielles (1995, 2002, 2007), revient sur la campagne présidentielle de 2007 et les contradictions non tranchées du Parti socialiste, et estime enfin que le PS doit résoudre son problème avec la nation.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/711217-869576.jpg?v=1289480119" alt="Trois élections présidentielles : démocratie «moderne» et refondation républicaine de la gauche" title="Trois élections présidentielles : démocratie «moderne» et refondation républicaine de la gauche" />
     </div>
     <div>
      Rapport préparatoire de Jean-Pierre Chevènement au <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Le-colloque-de-rentree-de-la-Fondation-Res-Publica-La-democratie-peut-elle-survivre-au-systeme-politico-mediatico_a406.html">colloque &quot;La démocratie peut-elle survivre au système politico-médiatico-sondagier ?&quot; organisé par la Fondation Res Publica</a> le lund 10 septembre 2007 à la Maison de la chimie à 18h. (*)       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – L’« américanisation » de la vie politique à travers médias et sondages</b>       <br />
              <br />
       Le fonctionnement de la démocratie a été profondément bouleversé par le rôle croissant des médias et, depuis quarante ans, des sondages.       <br />
              <br />
       Ce système médiatico-sondagier a-t-il sonné le glas de la démocratie classique, où le citoyen éclairé par la raison, ou si l’on préfère guidé par son bon sens, décide, après un débat républicain argumenté, de ce qui lui paraît bon pour l’intérêt général ?       <br />
              <br />
       Le rôle de la télévision paraît écrasant : l’Ecole permet-elle encore l’exercice de l’esprit critique ? Peut-on soutenir que la réintroduction de l’éducation civique, opérée en 1985, pèse de quelque poids dans l’élaboration de la volonté générale ? Que reste-t-il du rôle de médiation des intellectuels ! Reste-t-il d’ailleurs des intellectuels ? Et quelle est la place, dans la formation de l’esprit public, de la presse écrite dont le tirage diminue sans cesse ? La télévision semble jouer dans l’information le rôle des divisions blindées en 1940.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Selon une théorie néo-marxiste, la télé se ferait le relais de l’idéologie dominante. Une autre thèse, cependant, met l’accent sur l’éclatement de la scène publique, la montée des petites chaînes de radio et de télévision, et surtout celle d’Internet.        <br />
              <br />
       Loin que les médias expriment l’idéologie dominante, ce serait une logique propre aux médias qui tendrait à s’imposer à tous les acteurs à commencer par les médias eux-mêmes : bulles médiatiques, l’une chassant l’autre, sans qu’une cohérence d’ensemble puisse se discerner dans ce chaos incessant d’images et d’effets choc. Quelle thèse est la bonne ? La seconde, à mon sens, n’empêche pas forcément la première. Le lien entre les grands groupes financiers et les chaînes de télévision le montre à sa façon.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       Du point de vue de la démocratie classique, le système médiatico-sondagier semble avoir relégué le débat argumenté au musée des archaïsmes. Les débats ont d’ailleurs disparu des écrans, en France, à l’exception du traditionnel débat de second tour, à l’occasion des élections présidentielles.        <br />
              <br />
       Ce débat a-t-il jamais fait la décision ? Lequel des candidats a dominé l’autre ? telle est la rituelle question du lendemain. Les avis se partagent généralement entre les camps, même si on ne peut exclure que, dans son for intérieur, le téléspectateur moyen qui hésite encore entre les candidats puisse se forger son opinion, à la seule lumière de son « bon sens ».       <br />
              <br />
       Au-delà de la « peopolisation », l’idéologie globale des médias reste cependant largement, selon moi, l’idéologie dominante, celle, selon Marx, des classes dominantes, tant pèse lourd le poids des grilles de lecture préétablies, sur les questions de sécurité ou de politique extérieure, par exemple. Les médias donnent à voir le monde en noir et blanc.        <br />
              <br />
       Il y a l’image, certes, qui ne fait pas appel qu’à l’intellect du téléspectateur. Il y a aussi le choix des images, et il y a, enfin, le commentaire, ce que j’appelle la « grille de lecture ». Bien sûr, il y a aussi des images qui révoltent, celles des frappes militaires dites « chirurgicales » quand elles manquent leur but par exemple, mais il y a aussi, dans les guerres, ce qu’on ne montre pas : ainsi les bombardements par B52. La télévision fait plus appel à l’affect qu’à l’intelligence.        <br />
              <br />
       Faut-il donc céder à un pessimisme définitif ? Ne peut-on soutenir qu’à la longue, l’esprit public s’habitue, relativise, développe une lecture critique des médias ? Il est quand même difficile de nier que tous les acteurs politiques ont dû s’adapter à la télévision, soigner leur « look », simplifier leurs discours, et finissent par privilégier les « effets de communication » sur le fond de leur argumentation. D’où le dérisoire de certains affrontements télévisuels. Quand on sait à quels excès et à quelles liaisons incestueuses ce système peut conduire – on l’a vu avec Silvio Berlusconi en Italie, et dans une moindre mesure avec l’alliance de Tony Blair et de Rupert Murdoch en Grande-Bretagne – on ne peut s’empêcher d’y voir la confirmation de la première thèse : sur le long terme, les grands médias de masse exercent un effet de conditionnement de l’opinion. Du système, tel qu’il fonctionne, le républicain ne peut ainsi que retirer un sentiment de profonde frustration. Et pourtant M. Berlusconi a été battu aux élections italiennes ! Quant à M. Blair, son image a été si profondément atteinte par l’invasion de l’Irak qu’il a dû consentir à se retirer.        <br />
              <br />
       La démocratie survivrait donc tant bien que mal au système médiatique. Mais celui-ci fausse le jeu de la démocratie, jusqu’à la vider de son sens. Selon Marcel Gauchet, la logique du « quatrième pouvoir » conduirait en fait à « l’impouvoir ». « La démocratie de contrôle » qui est censée corriger les excès de la « démocratie représentative », aboutirait à délégitimer tout pouvoir. Comme il l’écrit : « Les médias ne sont pas une alternative aux pouvoirs qu’ils mettent sur la sellette ». « La culture de la déploration et de la dénonciation autour de laquelle les médias s’organisent, contribue à rendre le monde illisible et désespérant … Le message subliminal et ultime est qu’on ne peut rien. La logique de l’antipouvoir sécrète une dépolitisation profonde … ».       <br />
              <br />
       Marcel Gauchet parle de « maladie infantile » de la « démocratie de contrôle ». Il s’en remet, pour y remédier,  au « courage » des hommes politiques et des journalistes. C’est plus facile à dire qu’à faire. Cette vision quelque peu irénique fait l’impasse sur les mesures structurelles qui permettraient de soustraire les médias au pouvoir de l’Argent (Service public – taxation de la publicité, etc.) et de réfléchir à une déontologie de l’information et des sondages.       <br />
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       *       <br />
              <br />
       La toute puissance de l’image se trouve en effet redoublée par le rôle nouveau des sondages dans le paysage. Ceux-ci présentent comme évidents et naturels des « faits d’opinion » dont Patrick Lehingue dans « Subunda » (1) a montré le caractère souvent improbable. Les sondages, selon une définition plaisante de Georges Gallup, sont « la mesure de l’opinion publique » et celle-ci se définit comme « ce que mesure les sondages ». Définition circulaire. Patrick Lehingue a recensé toutes les faiblesses de ces « mesures » : tailles des échantillons et calcul aléatoire des marges d’erreur, sondés qui ne veulent pas l’être, assimilation des non-réponses aux « sans opinion », rôle emblématique des sondages politiques au regard du poids considérable des commanditaires privés, etc. Dans le commentaire enfin, on raisonne trop souvent en pourcentages au lieu de raisonner en voix … Il est difficile de mesurer l’effet des sondages sur une élection.       <br />
              <br />
       Les sondeurs parlent d’effets multiplicateurs (« bandwagon » : ralliement au vainqueur supposé), ou d’effets correcteurs (« underdog » : soutien au « chien battu »). Ces descriptions ne sont pas des explications. Elles permettent de dire tout et son contraire.       <br />
              <br />
       On a pu soutenir qu’au fond, les sondages n’influaient guère sur le vote que les électeurs, au fond d’eux-mêmes et avant la campagne, se proposaient d’émettre (sociologie des « effets limités », impulsée aux Etats-Unis, dès 1940, par Paul Lazarfeld).       <br />
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              <br />
       En fait, les sondages exercent surtout leur effet sur les sondeurs, les journalistes et les acteurs politiques. De ce point de vue, les sondages jouent un rôle incontestable. Le moindre fléchissement peut entraîner un effet de désaffection.         <br />
              <br />
       On l’a vu lors de la dernière campagne présidentielle, quand le « trou d’air » dans la campagne de Ségolène Royal, dans la deuxième quinzaine de janvier 2007, a failli entraîner la sélection de François Bayrou dans les sondages pour le deuxième tour. Les sondages peuvent donc jouer un rôle d’accélérateur, compte tenu de l’opportunisme des médias. S’agissant de la désignation des candidats l’expérience montre que si les politiques savent « tenir bon », selon l’expression de François Mitterrand, la partie pour eux reste jouable dès lors que le parti qui désigne les candidats reste une force politique structurée et ne glisse pas elle-même vers un total opportunisme. Mais de ce point de vue là aussi, il me semble qu’on a trop privilégié les comportements opportunistes à propos de la désignation de Ségolène Royal et pas assez les facteurs politiques (division du parti socialiste). J’y reviendrai ultérieurement. Ségolène Royal, en tout cas, a su, une fois désignée, enrayer le phénomène de désaffection qui la frappait, il est vrai relayé par l’aile droite du parti socialiste qui, dans les derniers jours de la campagne, a clairement joué en faveur de François Bayrou. L’effet « bandwagon » ne décrit que les phénomènes « opportunistes », mais il est vrai que l’opportunisme en politique est un phénomène assez répandu.       <br />
              <br />
       Patrick Lehingue repère quelques-uns de ces « points tournants » où le capital (politique et médiatique) va au capital, comme si nous étions sur un marché boursier, à l’occasion d’une offre publique d’achat : Ainsi Valéry Giscard d’Estaing qui, en 1974, bénéficia du ralliement des grands notables gaullistes, à commencer par Jacques Chirac, marginalisant Jacques Chaban-Delmas. Ainsi, en sens inverse, Edouard Balladur, dans l’état major duquel l’inversion des sondages à son détriment exerça, à partir de février-mars, un effet démobilisateur, qu’après coup Nicolas Sarkozy a jugé excessif et ayant pu fausser l’élection.        <br />
              <br />
       Patrick Lehingue rappelle que les sondages ont découragé le PCF de présenter un candidat en 1965, conduit les Verts, en 2002, à changer de cheval en cours de campagne (Mamère se substituant à Lipietz). La boulimie des sondages commandés par les états-majors politiques (dix fois plus, en vingt-cinq ans) suffit à montrer leur extrême sensibilité à la chose. Les sondages deviennent à leur manière des « prophéties autoréalisatrices ». Ou du moins passent pour telles.       <br />
              <br />
       La même boulimie se manifeste chez les journaux qui cherchent à augmenter leur tirage. Les sondeurs, enfin, font dans les médias leur propre promotion. L’effet de notoriété explique ainsi la multiplication des sondages. Les sondages ont ainsi complètement modifié les règles du jeu politique : les leaders n’existent qu’à travers des images publiques élaborées par des spécialistes du marketing. Les sondages mesurent ensuite la notoriété, les chances d’avenir, etc. La relation entre journalisme et sondages est ainsi décrite par Patrick Lehingue comme un « processus récursif » où la définition de « sujets d’actualité » détermine le contenu des sondages affectant ainsi le processus politique qui devient à son tour un « sujet d’actualité ».       <br />
              <br />
       L’élection tend de plus en plus à ressembler à une « course de chevaux » où les enjeux politiques tendent à êtres occultés. Les sondages effectués longtemps avant l’élection plongent le pays dans un état de campagne électorale permanente. Le rite de l’élection se trouve banalisé. Les sondages changent ainsi la nature de l’élection. Ils formatent le débat et délimitent les sujets. Ils substitueraient à la concurrence des programmes le choix d’un candidat par rapport à un autre : c’est le triomphe d’une vision « schumpetérienne » de la politique : la course de chevaux. Byzance où à la fin, entre les « bleus » et les « jaunes », le choix de la politique et ceux de l’Hippodrome avaient fini par se superposer. On peut aussi parler d’« américanisation » de la vie politique que la gauche gestionnaire portait en son sein dès la fin des années soixante-dix.       <br />
              <br />
       Peut-on espérer cantonner le rôle des sondages, leur imposer une déontologie ? (taille des échantillons, publication simultanée des résultats redressés et des bruts, etc.). C’est aussi l’objet de notre débat.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Analyse comparée des trois dernières élections présidentielles</b>       <br />
              <br />
       Pour l’éclairer et mettre en lumière les marges de démocratie subsistantes, il me semble utile d’esquisser une analyse comparée des trois dernières campagnes présidentielles : 1995 – 2002 – 2007, et particulièrement de la dernière.       <br />
              <br />
       •	La première (1995) a tourné autour du thème de la « fracture sociale », choisi par Jacques Chirac ;       <br />
       •	la seconde (2002) a été marquée par le thème de la sécurité que, là encore, Jacques Chirac avait choisi, dès son intervention du 14 juillet 2001, comme axe principal de son argumentation ;       <br />
       •	la troisième (2007) a vu émerger plusieurs thèmes : celui de la « valeur travail » et surtout le thème de l’identité nationale dans ses rapports avec l’immigration, ces thèmes choisis par Nicolas Sarkozy ont surclassé le thème de « l’ordre juste » mis en avant par Ségolène Royal.       <br />
              <br />
       On avait coutume de dire qu’à chaque élection, depuis 1981, les Français avaient pris l’habitude de « rejeter les sortants ». Cette vue est trop générale :        <br />
              <br />
       •	en 1995, les Français ont choisi une alternance au sein de la droite, en renvoyant, en effet, le Premier ministre en exercice, Edouard Balladur, mais sans ramener la gauche au pouvoir ;       <br />
       •	en 2002, le rejet de Lionel Jospin a été plus fort que celui de Jacques Chirac qui a constamment surclassé son concurrent socialiste dans les sondages de premier tour (cf. tableau) ;       <br />
       •	en 2007 encore une fois, les Français ont choisi une alternance au sein de la droite, Nicolas Sarkozy ayant su se présenter assez tôt comme le « candidat de la rupture ». Le ralliement, in extremis, de Jacques Chirac n’a pu être interprété autrement que comme une reconnaissance de sa défaite, dès lors que des primaires au sein de l’UMP n’ont même pas pu avoir lieu.       <br />
              <br />
       Ces trois élections présidentielles ont vu la défaite du  candidat du PS. On peut naturellement imputer ces défaites au rôle devenu prépondérant de la télévision et des sondages dans la manipulation de l’opinion publique. Par exemple à la polarisation des médias en 1995 sur le duel Chirac/Balladur ou sur le thème de la sécurité en 2002. Inversement, Ségolène Royal a bénéficié d’un « effet de présélection » au moment de la désignation du candidat socialiste en novembre 2006 mais d’un fort ressac à partir de la mi-janvier 2007.        <br />
              <br />
       Ce serait à mon sens une vue trop courte des choses d’en rester à cette analyse : les médias ne suffisent pas à faire l’élection. Quant aux sondages, ils orientent le débat autour de la compétition des deux candidats qui sont censés pouvoir gagner : en 1995, Balladur, le sortant, et Chirac, son seul compétiteur crédible. En fait, en 1995, la gauche est encore sous le choc de sa défaite écrasante de 1993. Le système médiatico-sondagier opère une sélection subtile : il favorise les candidats « institutionnels », accorde une prime aux deux grands partis (RPR-UMP et PS), sait, le cas échéant, faire monter, au moins provisoirement, pour soutenir l’attention, une « troisième homme », censé pouvoir bouleverser un scénario trop convenu (Jean-Pierre Chevènement en 2002, François Bayrou en 2007).        <br />
              <br />
       En réalité, les tendances lourdes échappent au système médiatico-sondagier. Celui-ci (2) repère assez bien « la pente » que va suivre chaque candidat mais évalue très approximativement le niveau auquel il va se situer : ainsi en 1995 la pente descendante d’Edouard Balladur ; en 2002 celle de Lionel Jospin, mais aussi celle, partant de plus haut, il est vrai, de Jacques Chirac. Il repère mais surestime la puissance ascensionnelle de Jacques Chirac en 1995. Il sous-estime au contraire la montée de Le Pen en 2002. En 2007, de janvier à avril, il donne constamment Nicolas Sarkozy avant Ségolène Royal. Celle-ci résistera victorieusement à l’opération Bayrou mais échouera à refaire son retard sur Sarkozy. Notons cependant le poids de l’enracinement et notamment celui du soutien apporté par un grand parti, type UMP ou PS, à son candidat : il y a peu d’exemples qu’en dehors de ce maillage fin à travers municipalités, collectivités, réseaux d’élus et de militants, un candidat parvienne à être sélectionné. A ma connaissance un seul : Giscard d’Estaing en 1974, nouvelle défaite du gaullisme après 1969, comme la désignation de Nicolas Sarkozy sera celle, plus feutrée, du chiraquisme trente-deux ans plus tard.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       Les défaites successives du parti socialiste viennent, à mon sens, du fait qu’il n’avait pas de projet clair, ni en 1995, ni en 2002, ni en 2007. Historiquement – et son échec de 1993 en témoignait – il avait épuisé ses cartouches depuis qu’il avait tourné le dos à son projet initial (d’abord l’emploi !) pour épouser le courant libéral et se poser en défenseur de la « monnaie forte ». Faute d’opérer une « conversion républicaine » qui n’était pas mûre dans l’opinion en 1983-1984 (même s’il y eut à l’époque quelques « avant-gardistes »), le parti socialiste s’est progressivement coupé des couches populaires. Sa politique de redistribution sociale en faveur des plus démunis pouvait, un temps, donner le change, mais l’exposait, à terme, au reproche de favoriser « l’assistanat » : RMI, CSG, 35 heures, CMU, APA n’auront pas suffi à éviter les défaites de 1993 et 2002.       <br />
              <br />
       Le PS ne pouvait espérer revenir aux affaires qu’en s’appuyant sur une réaction de rejet assez forte. C’est ce que fait François Mitterrand avec habileté, en 1988, en développant le programme de la « France unie ». Il sut mettre avec lui la gauche mais aussi - et là était son sens politique particulier - une fraction de la droite assez avisée pour préférer une gestion social-libérale à celle, heurtée et décrite comme aventureuse de Jacques Chirac. Lionel Jospin sut tirer parti du rejet du plan Juppé et du mouvement social de novembre-décembre 1995, mais la « gauche plurielle » était un montage « tactique » qui ne remédiait pas à la carence de projet. Les trois défaites de 1995-2002-2007 illustrent ainsi une faiblesse stratégique persistante.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">L’élection se joue sur des paramètres politiques beaucoup plus profonds que la manipulation politique</span>. Ce qui compte, c’est l’adéquation des acteurs politiques à une situation historique donnée. François Mitterrand aura été le seul candidat du PS, en cinquante ans de cinquième République, à trouver cette adéquation, ô combien subtile en 1981 et 1988 ! Le parti socialiste n’a pas, aujourd’hui, trouvé de réponse adéquate au défi central de la mondialisation. On peut dire que la droite non plus, mais la droite excelle à faire oublier assez vite les promesses qu’il lui arrive de faire. Depuis deux décennies, le parti socialiste attend sa victoire d’un « effet essuie-glace » qui, à vrai dire, ne s’est produit qu’en 1997. D’où sa propension à focaliser sa propagande sur l’adversaire du moment : tout sauf Chirac, en 2002 – tout sauf Sarkozy, en 2007. La question qui se pose au PS est aujourd’hui de reconstituer sa substance militante et de savoir s’il peut être plus qu’un parti de gestion. Peut-il proposer un projet original et crédible à la fois pour la France ?       <br />
              <br />
       Si on part de l’idée que le défi principal de la période historique est de savoir comment il est possible de relever le défi d’une « mondialisation libérale » qui prend la France en tenailles, on peut avancer l’idée que le candidat de gauche ne peut l’emporter que s’il donne le sentiment de pouvoir y répondre mieux que le candidat de droite. Il y avait là pour le parti socialiste une véritable difficulté en 2007 au lendemain du rejet de la Constitution européenne par le peuple français. Il eût sans doute fallu aller plus loin dans la définition d’une perspective alternative et pousser plus avant le curseur pour déséquilibrer Nicolas Sarkozy. Mais Laurent Fabius était trop isolé et Ségolène Royal, compte tenu de sa trajectoire personnelle, ne pouvait guère aller plus loin qu’elle ne l’a fait.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – La campagne de 2007 et les contradictions non tranchées du PS</b>       <br />
              <br />
       Revenons sur la dernière campagne présidentielle pour la comprendre, en dehors des effets médiatiques ou sondagiers, même si ceux-ci existent à l’évidence.       <br />
              <br />
       Je ne m’attarderai pas sur le phénomène Sarkozy et sur le rejet de Jacques Chirac par l’Establishment français, surtout depuis l’affaire irakienne, où on avait vu le Président de la République française braver ouvertement l’Hyperpuissance. Sans doute l’inéligibilité d’Alain Juppé, privant Jacques Chirac d’un successeur désigné et l’incapacité de trouver dans son camp une autre relève crédible, ont-elles contribué au surgissement de Nicolas Sarkozy dont la volonté, la pugnacité, le talent ont évidemment joué un rôle déterminant. Il est sans doute trop tôt pour porter des jugements définitifs mais le parallèle mérite sans doute d’être fait avec les conditions dans lesquelles De Gaulle a été remercié en 1969, avec le concours de la droite atlantiste. Nicolas Sarkozy a incontestablement bénéficié de la méfiance qu’a suscitée chez nos élites financières et médiatiques la politique étrangère du tandem Chirac-Villepin.       <br />
              <br />
       Quant à Ségolène Royal, elle n’est pas venue par hasard. Elle n’est pas, comme on l’a prétendu, la simple créature des sondages. Le succès de sa candidature exprimait la profonde contradiction où était le parti socialiste et que le référendum sur le projet de Constitution européenne du 29 mai 2005 avait fait éclater aux yeux de tous : d’un côté 60 % du parti pour le oui ; de l’autre 60 % des électeurs pour le non.       <br />
              <br />
       Mais cette division plongeait ses racines dans un passé bien antérieur, dans le tête-à-queue social-libéral du parti socialiste : en mars 1983 l’ouverture de la « parenthèse libérale » selon l’expression du Premier secrétaire de l’époque, jamais refermée depuis lors. C’est dans ce parti gravement divisé contre lui-même que le 29 mai 2005 s’est épanouie la candidature à la candidature de Ségolène Royal. Il apparût vite aux adhérents que les deux autres candidats, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, malgré la synthèse artificielle du Congrès du Mans et malgré un <a class="link" href="http://projet.parti-socialiste.fr/tag/le-texte-du-projet/">projet socialiste patchwork</a>, également voté à l’unanimité, trouveraient contre eux l’aile adverse du parti. Même s’il avait mis beaucoup d’eau dans son vin, Laurent Fabius ne fédérait pas au sein du PS les partisans du « non » et ne désarmait pas le ressentiment des partisans du « oui ». Et pas davantage Dominique Strauss-Kahn l’hostilité des partisans du « non » à l’égard de la dérive européiste et libérale.       <br />
              <br />
       C’est sur cette base qu’a prospéré la candidature de Ségolène Royal. Elle fut désignée à plus de 60 % des adhérents contre 20 % environ à ses deux compétiteurs. Elle était l’« homo novus » dans la perspective de cet affrontement programmé et déjà rebattu, tant les arguments échangés avaient été depuis longtemps ressassés.       <br />
              <br />
       Ségolène par sa féminité et son caractère faisait la différence. Elle eut l’astuce de l’invention de quelques formules ramassées qui, tel « l’ordre juste » donnait le sentiment du dépassement de la contradiction entre bienpensants de gauche, adeptes de la seule prévention, et partisans d’une politique de sécurité républicaine qui ne ferait pas l’impasse sur la répression. De même affirma-t-elle l’intention de dépasser le clivage du « oui » et du « non » au référendum européen du 29 mai 2005. Elle demanda à Porto, début décembre 2006, devant le Congrès du PSE, la modification des statuts de la Banque Centrale européenne. Elle ne développa pas assez cette orientation alternative. Son grand mérite fut enfin de réintégrer la nation dans la pensée socialiste d’où elle avait été évacuée depuis 1983, sinon plus anciennement encore (bien que la pédagogie de la « nation républicaine » reste encore largement à faire).       <br />
              <br />
       Ce ne sont donc pas les sondages qui ont désigné Ségolène Royal. Les sondages ont mis en valeur sa différence d’avec ses concurrents ; elle était une femme d’abord et ne se laissait identifier avec aucun autre. Bien sûr les sondages ont exercé un effet multiplicateur. Ils ont creusé l’écart mais ils n’ont pas créé, au départ, les conditions politiques qui ont permis l’envol de Ségolène.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       Chacun sait que les sondages se sont renversés en sa défaveur à la mi-janvier 2007, tandis que Sarkozy, par la plume « républicaine » d’Henri Guaino, prenait à contre-pied les procès instruits par la gauche. Celle-ci croyait avoir un boulevard en taxant Sarkozy d’ultralibéralisme, d’atlantisme, de communautarisme, stigmatisation dont la paternité revenait en fait à Jacques Chirac. Eric Besson avait développé cette argumentation dans un opuscule distribué au début de l’année au comité de campagne socialiste, taxant Sarkozy de « néo-conservateur américain à passeport français ». Les excès de l’esprit partisan furent ensuite dénoncés par l’intéressé lui-même, tétanisant ainsi son camp. Prenant ses adversaires à contre-pied, Sarkozy exalta la politique industrielle, flétrit « l’euro cher », réclama une « préférence communautaire ». Il reconnut comme une faute (avec quatre ans de retard il est vrai) l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis et prit ses distances avec eux sur le climat et sur la Turquie. Laissant son entourage traiter les sensibilités des « communautés », il occupa, sur le conseil d’Henri Guaino, le créneau de la République.        <br />
              <br />
       En face on ne sut pas enfoncer le clou et dénoncer ses contradictions. Au contraire, Nicolas Sarkozy, enferma la gauche dans les siennes : sur la sécurité, la nation, le social. Il campait habilement trois épouvantails : la « racaille » des cités, l’immigration subie, censée menacer l’identité nationale, et enfin, au nom de la « valeur travail », la dérive de la société française vers « l’assistanat », dérive imputée aux socialistes.       <br />
              <br />
       Sur ces trois thèmes, la gauche se fit piéger : sur la sécurité elle ne vit pas le coup venir. Ségolène ne prononça pas les discours qui lui avaient été préparés sur l’insécurité et sur l’immigration. Sur un prétexte futile (l’exiguïté de la salle retenue) l’expression de Ségolène sur la sécurité fut annulée, huit jours avant qu’éclatent les incidents de la gare du Nord. Il était alors trop tard pour réagir. Nicolas Sarkozy, démagogiquement, renvoya Ségolène « du côté des délinquants ».       <br />
              <br />
       Il en fut de même sur la question des sans-papiers. Le parti socialiste, après l’affaire du « grand-père chinois » interpellé devant l’école où il venait chercher son petit-fils et de la mise en garde à vue d’un instituteur du 19ème arrondissement de Paris qui avait tenté de s’interposer, se mit à la remorque du « Réseau Education sans frontières » dont le mot d’ordre était la régularisation générale de tous les sans-papiers. Comme je faisais observer au comité de campagne du mardi que telle n’était pas la position du parti socialiste, ni surtout de Ségolène Royal, partisans du « cas par cas » et encore « sur critères », des responsables  socialistes de Paris, appelant à manifester me répondirent que cette association (le « Réseau Education sans frontières ») « respectait les positions du PS ». Celui-ci, en pleine confusion et victime de ses contradictions et de ses atermoiements, se vit rejeté du côté du sans-papiérisme  associatif. La candidate ne put montrer que l’identité nationale était menacée par le capitalisme financier plus que par l’immigration incontrôlée car elle devait tenir compte de la sensibilité sociale-libérale qui fuyait chez François Bayrou à l’appel des « Gracques », hauts-fonctionnaires libéraux qui devaient leur carrière à la gauche, qu’on retrouvait de plus en plus reconvertis dans le monde des affaires et dont la plupart, après diverses palinodies, allaient se retrouver chez François Bayrou d’abord et souvent, à la fin, chez Nicolas Sarkozy. Eux aussi alimentaient la faiblesse d’une gauche parvenue au bout de sa dérive libérale.       <br />
              <br />
       L’affaire des sans-papiers permit à Nicolas Sarkozy de marquer le point à partir d’une idée tronquée de la nation (l’immigration incontrôlée menaçant seule l’identité nationale). Davantage même sa proposition de créer un « Ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale », si elle suscita un hourvari dans la gauche bien pensante, contribua à vider le Front National d’une partie de son électorat, en mettant le doigt là où cela faisait mal : le refus communautariste de se plier aux valeurs admises depuis longtemps en France (l’égalité homme-femme) et de respecter les règles de la vie commune (à commencer par les institutions et les biens d’autrui) et même d’une simple civilité.       <br />
              <br />
       Sur la troisième question (le « social » et les salaires), Sarkozy, sut flétrir « l’assistanat » et pointer une dérive déjà ancienne (c’est à partir de 1982 que Jacques Delors a bloqué les salaires et développé le rôle compensatoire des prestations sociales, déconnectant ainsi les revenus du travail salarié). Couronnant sa politique d’allocations, le PS inventa enfin, ultime trouvaille déjà présente en 2002, « l’allocation d’autonomie pour les jeunes ». Ségolène pouvait répondre « donnant-donnant », « gagnant-gagnant », « droits et devoirs », elle était débordée par la stigmatisation des « tire au flanc », de la paresse subventionnée et du sort injuste fait à « ceux qui se lèvent tôt pour gagner peu ». Elle était piégée par les contradictions qui demeuraient au sein du PS et que celui-ci n’avait pas su ou pu lever avant l’épreuve.       <br />
              <br />
       C’est ainsi que Sarkozy maintint une assise quasi majoritaire sur le salariat. Durant la campagne législative, un salarié de General Electric à Belfort, qui prétendait avoir toujours voté pour moi, me fit observer que ses voisins, avec l’indemnisation-chômage, le bricolage, le travail au noir, voire le travail en Suisse, gagnaient autant que lui. Je lui objectai que les restructurations industrielles et les plans sociaux traduisaient une autre logique, celle de la prépondérance du capital financier. « C’est bien possible, me dit-il. Mais je ne vois pas ces capitalistes tous les jours. Ce ne sont pas mes voisins ».       <br />
              <br />
       Toutes ces contradictions du parti socialiste préexistaient à la candidature de Ségolène Royal. Le parti socialiste n’avait mis ses idées au clair ni sur la nation, à travers l’Europe et la mondialisation, ni sur une approche républicaine des questions de sécurité, ni sur la revalorisation du travail et le nécessaire relèvement des taux d’activité en France (pourtant mentionné dans <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Declaration-commune-PS-MRC-volet-politique_a122.html">l’accord MRC-PS</a>). Les propositions de Ségolène Royal (revenu de solidarité active - centres de rééducation « militaires » pour les délinquants multirécidivistes – affirmation de la nation républicaine contre ses contempteurs) étaient judicieuses mais elles venaient trop tard, laissant le PS sans voix parce qu’il était en fait sans projet véritable sur ces questions difficiles.       <br />
              <br />
       Ce n’est pas seulement parce que le PS ne la soutint que mollement que Ségolène Royal courut à l’échec : c’est parce que le parti socialiste, sur les questions décisives, n’avait pas tranché clairement. Le PS, en 2007 comme en 2002, cultivait les fausses synthèses. Il répugnait à trancher entre des conceptions opposées (sur la nation d’abord mais aussi sur la sécurité, le travail, etc.). En 2007 comme en 2002, il a perdu parce qu’il n’avait pas bâti un projet à la hauteur des défis des temps présents. Ségolène Royal ne pouvait combler en quelques mois un retard qui s’enracinait dans la difficulté réelle de concilier la sensibilité de la gauche dite « morale » et les aspirations des couches populaires. Il était plus commode pour le PS d’attendre le succès du simple effet de « l’essuie-glace » : du rejet de Chirac en 2002 et du « tout sauf Sarko » en 2007.        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV – Le PS doit résoudre son problème avec la nation</b>       <br />
              <br />
       Le parti socialiste a un problème avec la nation qui remonte loin dans l’histoire. Seul Jean Jaurès avait compris avant 1914 que le parti socialiste devait s’identifier à la France. Ni Léon Blum, ni Guy Mollet, ni Lionel Jospin ne l’ont vraiment compris. Tous mettaient en priorité « la gauche » ou « le parti ». Même François Mitterrand qui avait toutes les qualités pour opérer cette conversion républicaine du parti socialiste a préféré en 1983 la voie, plus facile, d’une conversion libérale aux couleurs de l’Europe. « La France est notre patrie, et l’Europe notre avenir » pouvait être lu : « La France est notre passé. L’Europe sera notre patrie ».       <br />
              <br />
       On peut se demander si le mouvement socialiste n’est pas frappé d’une faiblesse congénitale dans le rapport qu’il entretient avec la nation. A la différence des partis de droite qui ont à la fois recyclé et dévoyé l’idée nationale à la fin du XIXe siècle, et à la différence aussi des radicaux, qui ont su maintenir leur ancrage dans la Révolution française (la figure de Clemenceau est emblématique à cet égard), les socialistes se sont définis à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle sur le terreau de l’internationalisme souvent confondu – sauf Jaurès – avec la simple opposition au chauvinisme et au nationalisme de la plupart des partis de droite de l’époque.       <br />
              <br />
       Il serait évidemment absurde de faire aux socialistes le procès de manque de patriotisme. Ce serait de surcroît tout à fait injuste Il s’agit plutôt d’un retard conceptuel, d’un « anti-nationisme », d’une sous-estimation, en fait assez impressionnante, du fait national dans leur théorie et dans leur pratique. De sorte que les socialistes se sont trouvés régulièrement en porte-à-faux : en 1914 devant la guerre et l’invasion allemande ; dans les années 1930 face à la montée du fascisme où il faudra attendre 1938 pour voir Blum appeler à un « front français contre le nazisme ». De tout temps, par rapport aux problèmes de la colonisation et de la décolonisation et aujourd’hui du « nouvel ordre mondial », par sous-estimation du fait national chez les peuples du Sud. Enfin, aujourd’hui, les socialistes répugnent à analyser la globalisation dans ses aspects politiques (le dollar comme monnaie mondiale ne se soutient que par la permanente fuite en avant de l’Hyperpuissance) et n’y opposent que des réponses toutes faites : ainsi « l’Europe » comme si celle-ci pouvait être une solution par elle-même au déséquilibre du monde, en dehors d’un travail préalable de conviction quant à la nécessité de faire surgir une « Europe européenne ».       <br />
              <br />
       La conversion libérale de 1983 renvoie ainsi à une incapacité plus profonde à définir un projet national dans lequel le pays tout entier pourrait se reconnaître. Les munitions employées il y a vingt ans par François Mitterrand (correction « sociale » de l’économie libéralisée, « tout préventif » en matière de sécurité, antiracisme, et surtout européisme militant et « ringardisation » de la nation) sont aujourd’hui épuisées. On ne peut pas gagner une guerre avec les armes de la précédente.       <br />
              <br />
       Le parti socialiste a trop longtemps tardé à effectuer les autocritiques nécessaires. Celles-ci, il est vrai, sont difficiles parce qu’elles obligeraient le parti socialiste à comprendre la vertu des synthèses que j’appelle jauréssiennes et qui sont en fait « républicaines », et à les faire réellement siennes.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Conclusion</b>       <br />
              <br />
       Au total donc, selon moi, c’est le politique en dernier ressort qui a été déterminant dans les trois élections présidentielles. Sondages et médias pèsent lourd. La tâche des politiques est infiniment difficile. Ils doivent se mouvoir dans un milieu qui n’est pas naturellement le leur, quand ils veulent dépasser l’instant et inscrire leur action dans un projet à long terme.       <br />
              <br />
       Rien n’est plus nécessaire pour remonter la pente du système que de repenser le service public de l’audiovisuel. Et rien ne serait plus salubre que l’adoption de règles déontologiques en matière de sondages.       <br />
              <br />
       Mais l’erreur serait, à mon sens, de sous-estimer l’intelligence des citoyens. Même si le conditionnement médiatico-sondagier est puissant, l’appel à l’intelligence de l’intérêt général n’est pas vain. Une minorité de citoyens conscients peut faire la différence. Quand le candidat de la gauche n’apporte pas cette dimension de projet, et ce fut le cas en 1995, 2002 et 2007, il y a quelques centaines de milliers voire quelques petits millions de citoyens qui préfèrent rallier l’autre camp ou se réfugier dans l’abstention ou le vote protestataire.       <br />
              <br />
       La gauche doit toujours apporter quelque chose de plus. Elle doit revenir à l’esprit républicain qui est celui des Lumières. Elle ne peut pas tout attendre de la faiblesse de l’adversaire et d’une propagande sommaire voire à l’occasion démagogique vis-à-vis des couches sociales qui sont, mécaniquement, censées la soutenir (ouvriers et employés qui ont déserté le camp de la gauche en 2002 et ne l’ont rejoint qu’à moitié en 2007). Il est temps que la gauche prenne la mesure de ses retards et de ses carences pour faire une analyse solide des réalités du monde globalisé et proposer aux citoyens un projet qui fasse réellement appel à leur intelligence et à leur civisme.       <br />
              <br />
       ----------       <br />
       1)Editions du Croquant       <br />
       2)Voir tableau en pièce jointe ci-dessous au format PDF       <br />
              <br />
       (*)La version finale de l'intervention est <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Trois-elections-presidentielles-democratie-moderne-et-refondation-republicaine-de-la-gauche_a238.html">en ligne sur le site de la Fondation Res Publica</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Trois-elections-presidentielles-democratie-moderne-et-refondation-republicaine-de-la-gauche_a413.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Pour Jean-Pierre Chevènement, le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou a constitué «un beau débat républicain»</title>
   <updated>2007-04-28T15:15:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Pour-Jean-Pierre-Chevenement-le-debat-entre-Segolene-Royal-et-Francois-Bayrou-a-constitue-un-beau-debat-republicain_a317.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2007-04-28T15:13:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Déclaration à l'AFP, samedi 28 avril 2007.     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du MRC, salue «un beau débat républicain. Il a permis de faire progresser la compréhension des Français entre eux. Sans reniement, sans ralliement, sans allégeance, ce débat a bien servi la cause de la démocratie française, ainsi que le souci d’une société plus solidaire. Il n’a pas occulté les différences de fond, sur l’Europe par exemple. Celles-ci doivent continuer à nourrir le débat entre toutes les familles de pensée d’ici le deuxième tour, et au-delà».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Pour-Jean-Pierre-Chevenement-le-debat-entre-Segolene-Royal-et-Francois-Bayrou-a-constitue-un-beau-debat-republicain_a317.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro : «Bayrou a tout intérêt à ce que notre candidate soit élue»</title>
   <updated>2007-04-23T22:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-Figaro-Bayrou-a-tout-interet-a-ce-que-notre-candidate-soit-elue_a311.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2007-04-23T21:09:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Chevènement: «Bayrou a tout intérêt à ce que notre candidate soit élue», propos recueillis par Myriam Lévy, Le Figaro, à paraître mardi 24 avril 2007.     <div>
      <b>Le Figaro : Ségolène Royal peut-elle gagner l’élection présidentielle ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Ségolène Royal aborde ce deuxième tour en position favorable. Car si l’on fait le total des voix qu’elle a obtenues et de celles des candidats qui ont appelé directement à se prononcer pour elle au deuxième tour, on arrive à peu près à 36%. Nicolas Sarkozy, même si l’on comptait les voix de M. de Villiers, mais c’est loin d’être acquis, ne serait qu’à 34%. Donc, cette compétition est ouverte.       <br />
               <br />
       <b>Sur quels thèmes la candidate socialiste doit-elle faire campagne pour ce deuxième tour ?</b>       <br />
       Les Français ont à choisir entre deux projets de société. Le modèle social français a besoin d’être modernisé, il n’a pas besoin d’être démantelé. Il faut une forte volonté pour préserver le tissu industriel, pour éviter que les centres de décision ne quittent la France. J’y ajouterai la Sécurité sociale, le service public. Mais il y a aussi un thème très important, celui de la démocratie. M. Sarkozy est soutenu par les grandes familles qui possèdent une bonne partie du CAC 40. S’il était élu, ce serait une formidable concentration de pouvoirs – économique, financier, politique, médiatique – qui aurait peu de précédents. Ségolène Royal propose une République rééquilibrée avec un Parlement qui légifère et contrôle, un gouvernement qui gouverne et rend des comptes, une justice indépendante et des médias pluralistes. Tout cela compose une autre perspective : celle d’une démocratie où l’on respire. J’ajoute qu’en cas de victoire, nous avons l’intention d’introduire une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin aux législatives. Il faut que les différentes sensibilités de notre pays soient mieux représentées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Lorsque Brice Hortefeux a proposé l’instauration d’une dose de proportionnelle, le PS a poussé des hauts cris. Y a-t-il une différence entre sa proportionnelle et la vôtre ?</b>       <br />
       Avec la gauche, les choses prennent une allure tout à fait différente. Les propos de M. Hortefeux faisaient partie d’une campagne de débauchage des voix du Front national qui a d’ailleurs réussi. M. Sarkozy a capté une part très importante des voix du FN avec sa proposition d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. J’aurais préféré que M. Sarkozy n’importe pas dans la droite républicaine une thématique d’extrême droite.       <br />
              <br />
       <b>Même avec le soutien de tous les petits candidats de gauche, Ségolène Royal aura besoin des voix du centre. Comment parler à l’extrême gauche et au centre en même temps?</b>       <br />
       Ségolène Royal parlera à tous les Français, au nom de l’intérêt général de la France. Il y a des gens qui ont voté pour M. Bayrou en pensant qu’il serait une meilleure protection contre Nicolas Sarkozy. Cet argument a été très fort. Et puis soyons francs: il y a beaucoup de gens qui pensent que la droite est là pour corriger la gauche et la gauche pour corriger la droite. Et beaucoup d’électeurs de droite modérée ont pensé que M. Sarkozy était une correction excessive. Simone Veil elle-même l’a jugé quelquefois trop brutal.       <br />
              <br />
       <b>Pour convaincre les électeurs de François Bayrou, Ségolène Royal doit-elle sortir du clivage gauche-droite ?</b>       <br />
       Elle doit parler le langage de la République. Le candidat à l’élection présidentielle s’adresse à tous les Français. Il est l’homme de la nation, comme disait le général de Gaulle. Donc, au deuxième tour, il doit s’adresser à chaque Français pris en particulier. Il n’y en a aucun qui doive être abandonné. Ségolène Royal parle le langage de la République, une République rénovée, sociale, qui donne à l’égalité homme-femme un contenu en portant pour la première fois une femme à la présidence de la République. C’est un choix très novateur et optimiste. Certains peuvent en avoir peur. Mais c’est un choix d’audace qui dans tous les domaines apportera ses bienfaits. La France a besoin de se renouveler et de se réconcilier avec elle-même. Elle le fera mieux avec Ségolène Royal qui rassemble qu’avec Nicolas Sarkozy qui divise.       <br />
               <br />
       <b>Doit-elle aujourd’hui tendre la main à l’UDF et, par exemple, à ses députés, pour constituer dès aujourd’hui une majorité présidentielle élargie ?</b>       <br />
       C’est à chacun de se déterminer librement. Maintenant, c’est la responsabilité de M. Bayrou. Malgré le score tout à fait remarquable qu’il a réalisé, il ne peut pas être présent au deuxième tour. Donc, il doit se prononcer en fonction d’une vision de long terme : s’il veut ancrer sa sensibilité dans le paysage politique, il a tout intérêt à ce que Ségolène Royal, qui veut faire place à toutes les sensibilités, soit élue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-Figaro-Bayrou-a-tout-interet-a-ce-que-notre-candidate-soit-elue_a311.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>L’enjeu de la République elle-même</title>
   <updated>2007-04-23T18:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/L-enjeu-de-la-Republique-elle-meme_a310.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-04-23T18:07:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’avance optique d’un peu plus de cinq points de Nicolas Sarkozy sur Ségolène Royal (31,11% contre 25,83% des voix) est bruyamment orchestrée par la droite.     <div>
      L’Establishment fait tonner les grandes orgues comme si son candidat avait déjà triomphé. En réalité, cette avance se renverse en son contraire, si on totalise pour le compte de Ségolène Royal l’ensemble des <a class="link" href="http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/PR2007/FE.html">voix obtenues par les candidats qui ont appelé à voter pour elle</a> au second tour, soit 36,11% contre 31,11% pour le chef de l’UMP (33,35% si on ajoute les voix de Philippe de Villiers, qui n’a pourtant donné aucune consigne de vote à ce jour).       <br />
              <br />
       Si on met de côté les voix Bayrou et les voix FN, Nicolas Sarkozy a donc un handicap de près de trois points. Il n’est pas sûr de le combler, car les voix de Bayrou sont pour la plupart des voix anti-Sarkozy, et l’intérêt de François Bayrou est de desserrer l’étau où le chef de l’UMP veut l’étouffer. N’est-ce pas lui qui <a class="link" href="http://www.bayrou.fr/media/1presse/bayrou_jdd_080408.html">déclarait</a>, il y a peu, le 8 avril 2007 : <span style="font-style:italic">« Son projet de société est à l’opposé du mien »</span> ? Quant au FN, vidé par Sarkozy d’un bon tiers de ses voix, il n’est pas sûr qu’il laisse capter son héritage par un homme qui a importé ses idées dans la droite républicaine.       <br />
              <br />
       Ségolène Royal va montrer dans les dix jours qui viennent toute sa pugnacité et son optimisme fondamental. Elle est le candidat anti-système. Il faudra aller chercher chaque voix avec les dents en montrant à chaque Française et Français l’enjeu fondamental de ce deuxième tour : rien moins que la République elle-même, à travers son modèle social et son nécessaire pluralisme. Aucun effort ne doit être ménagé pour que le 7 mai au matin nous nous réveillions républicains.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/L-enjeu-de-la-Republique-elle-meme_a310.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Un vote de classe ?</title>
   <updated>2007-04-19T13:08:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Un-vote-de-classe_a305.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-04-19T13:07:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Je sens depuis une dizaine de jours l’électorat populaire qui bouge en faveur de Ségolène Royal.     <div>
      Les réticences qui se manifestaient, moins sur sa personne d’ailleurs que sur le fond de ses propositions et sur les marges de manœuvre disponibles, tombent au fur et à mesure que l’évidence apparaît : Ségolène Royal est le seul vote utile pour le changement.       <br />
              <br />
       Cela est particulièrement vrai pour le redressement de la construction européenne. Le <a class="link" href="http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=interventions&amp;id=874">discours de Villepinte</a> est assez clair sur ce sujet pour nourrir l’argumentation (réforme des statuts de la Banque Centrale et du pacte de stabilité budgétaire – gouvernement économique de la zone euro – harmonisation fiscale et sociale progressive à l’intérieur de l’Union – prise en compte des aspects sociaux et environnementaux dans les règles du commerce international définies à l’OMC – politique industrielle européenne, etc.).       <br />
              <br />
       On me fera valoir que l’électorat « bobo » pourrait en partie voter Bayrou mais je doute fort que l’appel de Michel Rocard à une alliance de premier tour avec lui vaille « permission de voter » en sa faveur. Tout cela fait très « politicien » et rime fort peu avec la « posture anti-système » revendiqué par le candidat UDF.       <br />
              <br />
       Ainsi, comme l’avait d’ailleurs bien vu Ségolène Royal, ce sont les couches populaires qui feront la décision. Ce ne sera pas un vote de classe mais ça y ressemblera.       <br />
              <br />
       Au soir du premier tour François Bayrou devra se déterminer entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, vers qui lorgnent les députés UDF. Une posture honorable pour François Bayrou serait alors qu’après avoir défini sa position personnelle, il laisse le choix à ses électeurs de se déterminer librement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Un-vote-de-classe_a305.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Communiqué de Jean-Pierre Chevènement : «Michel Rocard est tombé du côté où il penchait depuis si longtemps»</title>
   <updated>2007-04-18T15:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Communique-de-Jean-Pierre-Chevenement-Michel-Rocard-est-tombe-du-cote-ou-il-penchait-depuis-si-longtemps_a303.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2007-04-18T15:20:00+02:00</published>
   <author><name>redaction Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de Jean-Pierre Chevènement, mercredi 18 avril 2007.     <div>
      Ainsi Michel Rocard est tombé du côté où il penchait depuis si longtemps. Réduit à jouer les mouches du coche au sein du Parti socialiste, il se retourne contre lui à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle. François Bayrou a omis de dire quel plat de lentilles figurait au menu du dîner qu’il a offert, hier soir, à Michel Rocard. Tout cela fait bien ringard et François Bayrou en paiera l’addition.       <br />
              <br />
       Heureusement, Michel Rocard, que certains médias continuent à faire vivre très au-dessus de ses moyens, ne dispose plus que d’un pistolet à bouchon. Ce qu’il croyait être un SCUD ne peut, en fait, blesser personne.       <br />
              <br />
       Cette manœuvre, plus inepte encore que dépourvue de loyauté, n’empêchera pas l’immense majorité des électrices et électeurs de gauche et de progrès de voter dimanche Ségolène Royal, seule capable de rassembler sur une perspective de changement véritable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Communique-de-Jean-Pierre-Chevenement-Michel-Rocard-est-tombe-du-cote-ou-il-penchait-depuis-si-longtemps_a303.html" />
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