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 <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-11T05:24:21+01:00</updated>
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   <title>"Il y a 2 prismes pour étudier le vote Front national: celui du rejet de l'immigration mais également le prisme social"</title>
   <updated>2012-04-26T17:02:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Il-y-a-2-prismes-pour-etudier-le-vote-Front-national-celui-du-rejet-de-l-immigration-mais-egalement-le-prisme-social_a1391.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2012-04-26T16:53:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité du 22h de Public Sénat, mercredi 25 avril 2012. Il répondait aux questions de Sonia Mabrouk.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/c7832f8672a0ba3ea1e8ce0940fd6bd21c1b151b" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>Il est possible que Libération ne soit pas tout à fait impartial. Mais Le Figaro l'est-il? Quant à l'Humanité, c'est le journal du Parti communiste. Dans une période électorale il faut se méfier de tout ce qui peut paraître excessif. Ceci dit, l'appellation « vrai travail » n'était pas vraiment heureuse. M. Sarkozy donne l'impression de zigzaguer, son combat est désespéré.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La phrase de M.Sarkozy qu'on incrimine est : « Si Marine le Pen a le droit de présenter, c'est qu'elle est compatible avec la République ».  Il y a là une confusion totale. En République, tout le monde peut effectivement se présenter. Mais de là à déduire que les valeurs défendues par Mme Le Pen sont des valeurs républicaines...       
       </li></ul><ul class="list"><li>Mme Le Pen ne défend pas l'égalité qui est au cœur de la devise républicaine. Elle a le droit de se présenter mais les valeurs qu'elle porte ne sont pas républicaines.       
       </li></ul><ul class="list"><li>François Hollande s'adresse à tous les Français, y compris ceux du Front National. Il ne les exclue pas mais ne s’adresse pas spécifiquement à eux. La candidat UMP, lui, emploie des mots qui ont pour but de provoquer des réactions épidermiques.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a 2 prismes pour étudier le vote Front national : il y a celui du rejet de l'immigration mais il y a également le prisme social : chômage, délocalisations industrielles. Il y a beaucoup de gens qui votent FN pour manifester leur colère notamment contre l'absence de changement de politique.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>M. Sarkozy a manqué à toutes les promesses qu'il avait faites. Les gens ne sont pas idiots.       
       </li></ul><ul class="list"><li>François Hollande essaye de déconstruire des raisonnements faux : la question de l'immigration par exemple est avant tout celle de l'intégration.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai regardé la conférence de M. Hollande aujourd'hui. C'était une conférence de style présidentiel. Il a parlé en homme d’État. Il a posé à juste titre la question de la révision du traité européen, car derrière l'angoisse social il y a aussi le fait que cette politique continue à s'appliquer. Il y a une protestation et il faut l'écouter.        
       </li></ul><ul class="list"><li>La France jouerait mieux son rôle en Europe si elle se faisait l'avocate de pays comme l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Grèce qui nous sont proches et qui ont besoin qu'on ajoute des moteurs de croissance au traité européen. Il faut en convaincre l'Allemagne.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le mot croissance est employé par tout le monde, c'est qu'on veut noyer le poisson. Comme Monsieur Draghi, certains disent « croissance » mais pensent « réformes structurelles ».       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il est évidemment dans l'intérêt de l'Allemagne que la zone euro ne fasse pas naufrage. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement face à la rédaction de Nice Matin</title>
   <updated>2011-02-25T10:51:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-face-a-la-redaction-de-Nice-Matin_a1086.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2011-02-25T10:26:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement, Nice Matin, 25 février 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2722710-3852208.jpg?v=1298624874" alt="Jean-Pierre Chevènement face à la rédaction de Nice Matin" title="Jean-Pierre Chevènement face à la rédaction de Nice Matin" />
     </div>
     <div>
      En réserve de la République, mais certainement pas sur la touche. Avec des convictions toujours aussi ancrées, Jean-Pierre Chevènement sème en ce moment les petits cailloux qui lui permettront « le moment venu » de s’aventurer sur le chemin tortueux qui mène à l’Élysée. Ses cailloux à lui, ce sont ses idées, égrénées au fil des 310 pages de son nouveau livre au titre évocateur, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/La-France-est-elle-finie_a1027.html">La France est-elle finie ?</a>. Souveraineté, République, Nation : des valeurs majuscules que Chevènement défend inlassablement, rencontre après rencontre, dédicace après dédicace comme hier après-midi à Nice. Malade d’« une France qui ne s’aime plus », pourfendeur d’une « gauche française ralliée au néolibéralisme », le sénateur du Territoire de Belfort n’exclut pas d’incarner lui-même la « candidature alternative » qu’il appelle de ses vœux. Un brin superstitieux (« en 2001, je m’étais déclaré un 4 septembre, le jour de la proclamation de la IIIe République »), il se décidera avant la fin de l’année. « Il faut qu’un espace s’ouvre », confie avec un ton professoral celui qui rappelle avoir réuni sur son nom « un million et demi de Français au premier tour de la présidentielle de 2002 ». Déçu de ne pas bénéficier d’une exposition médiatique plus forte, enrageant de « ne même plus figurer dans les sondages où apparaissent des gens que je ne connais même pas », Chevènement croit autant en ses idées qu’à son destin. Mais où diable se situe-t-il sur l’échiquier politique ? « Au dessus ». Tout est dit, sans modestie de façade. Pour lui, c’est sûr, « l’avenir est ouvert ». Et puis, glisse-t-il au détour d’une question, « j’ai atteint l’âge où on peut devenir président de la République… »       <br />
              <br />
       Denis Carreaux, rédacteur en chef.       <br />
       ------       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« La dérégulation de l'économie a provoqué la désindustrialisation de la France » </span>       <br />
              <br />
       <b>Nice-Matin: La France serait-elle en meilleure santé si la gauche vous avez écouté en ne prenant pas le tournant de la rigueur en 1983 et en refusant le traité de Maastricht ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement:</b> La crise de la France est ancienne, elle date de l’après Première guerre mondiale. Mais, dans les années 80-90, la gauche, en choisissant de passer un compromis avec le néolibéralisme triomphant, a accepté la dérégulation et la libéralisation des mouvements de capitaux qui expliquent largement les délocalisations de ces dernières années. Elle a mis le doigt dans un engrenage qu’on pouvait éviter à l’époque : la France pesait encore assez lourd en Europe pour imposer un système d’économie mixte.       <br />
              <br />
       <b>La crise du capitalisme financier vous donne, en quelque sorte, raison 25 ans plus tard…</b>       <br />
       C’est la dictature de l’actionnariat qui l’a emporté, une dérégulation de l’économie qui a provoqué la désindustrialisation de la France. Quand j’étais ministre de l’Industrie, celle-ci pesait 30 % de la valeur ajoutée contre 13 % aujourd’hui. Comment un pays dont la base productive se rétrécit à ce point peut préserver ses retraites ou son assurance-maladie ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Peut-on réindustrialiser ?</b>       <br />
       Il est toujours difficile de remonter la pente quand on l’a dévalée ! On aurait, en tout cas, pu maintenir en France davantage d’usines d’assemblage, consacrer plus de moyens à la recherche et ne pas faire la part belle aux délocalisations. Les Allemands, eux, ont sous-traité dans les pays d’Europe centrale mais ont gardé la maîtrise de l’assemblage, ils ont des positions monopolistiques dans beaucoup de domaines, tout cela leur assure un excédent commercial de 150 milliards, à l’inverse la France connaît un déficit de 52 milliards.       <br />
              <br />
       <b>Les 35 heures ont-elles joué dans ces délocalisations ?</b>       <br />
       Les 35 heures ont certainement pesé sur nos coûts à un moment où les Allemands prenaient une position inverse en comprimant les salaires. Mais c’est la surévaluation de notre monnaie - le franc, puis l’euro fort - qui a constitué le facteur décisif.       <br />
              <br />
       <b>L’essentiel de nos problèmes vient donc de l’euro fort ?</b>       <br />
       Une monnaie surévaluée est très pénalisante pour l’industrie en nous faisant perdre des parts de marché à l’exportation. Et c’en est fini des ajustements maintenant qu’il est impossible de dévaluer. Plutôt que les plans de rigueur qui sont aujourd’hui avancés, je propose des politiques économiques harmonisées et privilégiant la croissance.       <br />
              <br />
       <b>Pour desserrer l’étau de l’euro, vous demandez la révision des statuts de la Banque centrale européenne ou la réglementation des marchés des devises. On n’en prend pas le chemin…</b>       <br />
       Si ce plan A, d’une réforme à froid, ne marche pas, il faut garder un plan B sous le coude. S’il y a une crise qui met l’Espagne voire l’Italie en dehors de l’euro, la France ne pourra pas résister, entre l’Allemagne d’un côté et ces pays qui deviendront hypercompétitifs. Notre voisin d’outre-Rhin sera alors bien obligé de discuter d’une réforme.       <br />
              <br />
       <b>L’Allemagne ne peut-elle pas être tentée par le cavalier seul avec son économie dominante ?</b>       <br />
       Politiquement, cela ne la conduirait nulle part. Elle est aussi tributaire des marchés européens où elle exporte 70 % de sa production.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Primaires socialistes : « Rien ne paraît clair » </span>       <br />
              <br />
       <b>Quand on vous lit, quand on vous connait, on ne voit pas comment vous pourriez soutenir DSK.</b>       <br />
       Et quand vous connaissez DSK aussi. Mais il faut faire confiance à la perfectibilité de l’être humain. La gauche est un optimisme, fondamentalement. Il faudrait donc que Dominique Strauss-Kahn trouve son chemin de Damas. Mais les choses seront différentes de ce qu’elle sont aujourd’hui lorsqu’il se sera porté candidat.       <br />
              <br />
       <b>Les primaires socialistes sont-elles une bonne idée ?</b>       <br />
       J’ai été très surpris par la manière dont Martine Aubry a déclaré qu’il n’y aurait pas de concurrence entre elle et DSK. On a parlé d’un pacte de Marrakech auquel Ségolène Royal semblait un moment s’être ralliée.       <br />
              <br />
       <b>Elle a changé d’avis depuis car elle est en campagne...</b>       <br />
       C’est exact, mais même Martine Aubry ne paraît plus aussi sure, si j’en juge par les appels venant de ses amis. Rien ne paraît clair. Je ne sais plus très bien à quel saint il faut se vouer.       <br />
              <br />
       <b>Quel candidat socialiste est compatible  avec le MRC ?</b>       <br />
       Pour le moment, si j’en juge par le fait qu’il vaudrait mieux se fier à quelqu’un qui ne nous ait pas mis dans l’ornière, pour pouvoir nous en sortir, je n’en vois pas un qui soit absolument sans défaut.       <br />
              <br />
       <b>Pensez-vous trouver mieux au Front de gauche ?</b>       <br />
       Jean-Luc Mélenchon a fait un parcours méritoire depuis le traité de Maastricht qu’il avait approuvé mais il lui reste encore à comprendre que la souveraineté nationale et pour tout dire la France est un levier indispensable si on veut faire bouger l’Europe, la redresser, et que la France redevienne le modèle républicain qu’elle n’aurait jamais du cesser d’être.       <br />
              <br />
       <b>Quelles relations avez-vous avec le PS ?</b>       <br />
       Le MRC a une influence sur une frange du PS et certains n’hésitent pas à la reconnaître comme Arnaud Montebourg, Manuel Valls qui, dans le domaine de la sécurité me déborde quasiment, ou François Hollande.       <br />
              <br />
       <b>Un candidat unique à gauche c’est possible ?</b>       <br />
       Le bon candidat pour la gauche serait celui qui a tenu compte de tout ce qui s’est passé depuis 1981, de la crise et des leçons de la crise, et capable d’anticiper assez loin pour nous donner des raisons d’espérer.       <br />
              <br />
       <b>La gauche peut-elle échouer en 2012 ?</b>       <br />
       Les sondages ne sont pas porteur pour Sarkozy qui bénéficie d’un exceptionnel discrédit. Il faudrait que la gauche en fasse beaucoup pour ne pas l’emporter.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic"> « Vers une candidature en 2012 ? »</span>       <br />
              <br />
       <b>Au début du mois de janvier, vous avez évoqué votre candidature potentielle à l’élection présidentielle de 2012 ? Où en est votre réflexion ?</b>       <br />
       Le MRC peut avoir d’autres candidats que moi ! Je crois à une candidature alternative. Je crois qu’il faut porter à la tête de l’Etat quelqu’un qui ait clairement à l’esprit un besoin de changements politiques. Il ne faut pas confier les rênes de l’Etat à des gens qui nous ont égarés. Pour sortir de l’impasse il ne faut pas faire confiance à ceux qui nous y ont conduits.       <br />
              <br />
       <b>Quelles circonstances vous inciteraient à vous présenter ?</b>       <br />
       Je demanderai aux candidats potentiels du Parti socialiste de se positionner. Si la parenthèse libérale ouverte en 83 dont parle Lionel Jospin et qui n’a jamais été vraiment refermée demeure, il faudra imaginer un troisième homme et faire en sorte qu’il ait une chance de l’emporter. Il représenterait une autre politique : avec sagesse, subtilité, sens de l’Etat et en même temps en prenant clairement ses distances avec des politiques qui ont échoué ou avec des tropismes politiques erronés dans des domaines variés comme la sécurité ou l’école. Des tropismes qui ne permettent pas de gouverner la France car la France est très difficile à gouverner. La gauche a un vrai travail à faire là-dessus. Car elle ne doit pas seulement gagner elle doit aussi réussir. Je considère par ailleurs que pour être candidat il faut avoir une chance de gagner.       <br />
              <br />
       <b>Quels seraient les contours de votre programme ?</b>       <br />
       Je n’aurai pas grand-chose à changer à mon discours de 2002. Il faut un redressement de la construction européenne et relancer la politique industrielle de la France. Sur l’école, le civisme, la sécurité, le rôle de la France en Europe et dans le monde : mes propos de 2002 me paraissent valables. Il faudrait actualiser car dix ans ont passé. Mais je n’ai pas de raison de changer les orientations de fond. J’étais en avance en 2002. En 2012, le discours pourrait être adéquat.       <br />
              <br />
       <b>Certains vous font porter le poids de la défaite de la gauche le 21 avril 2002. Quel est votre regard aujourd’hui ?</b>       <br />
       Vous savez c’est une défausse facile. On cherche un bouc émissaire à une défaite qu’on devrait s’attribuer à soi-même. Quand un projet recueille 11 % d’approbation chez les ouvriers, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans le projet lui-même. Ce n’est pas la peine de s’en prendre à Pierre, Paul, Jacques ou Jean-Pierre ou Christiane !       <br />
              <br />
       <b>Quand vous prononcerez-vous ?</b>       <br />
       Avant la fin de l’année 2011 !       <br />
              <br />
       <b>Où vous situez-vous sur l’échiquier politique ?</b>       <br />
       Au-dessus ! Les Français souffrent de ne pas avoir de perspective. Je constate que le courant de pensée que je représente et qui a obtenu 1,54 million de voix en 2002 n’est pas reçu à l’Elysée alors qu’on reçoit M. de Villepin qui pourtant ne s’est jamais compté dans une élection. Je constate que les sondages ne mentionnent jamais mon nom ! C’est frappant ! Alors qu’on cite gens inconnus, des personnes que je ne connais même pas.       <br />
              <br />
       <b>Comment analysez-vous le succès de votre livre ?</b>       <br />
       C’est le signe que mes idées intéressent.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic"> « Beaucoup de gens rejettent l'image que la droite et la gauche donnent en Corse »</span>       <br />
              <br />
       <b>Lors des dernières élections territoriales en Corse, un électeur sur trois a voté nationaliste : cela vous surprend ?</b>       <br />
       Beaucoup de gens rejettent l’image que la droite et la gauche donnent en Corse. Il y a là une carence sur laquelle il faut s’interroger. Je constate quand même qu’une majorité de Corses a rejeté le projet de statut de territoire d’outre-mer concocté depuis les accords de Matignon pour la Corse en 2003. Il y a donc une majorité de Corses qui, contre l’avis de tous les partis de droite et de gauche y compris les partis indépendantistes, ont dit « non on veut rester français avec des départements ». C’est quand même quelque chose qui en dit long. Ce serait aussi une erreur de vouloir revenir sur les affaires de statut. Je crois percevoir un certain danger qui consisterait à vouloir rouvrir la question du statut de la Corse qui n’a jamais conduit nulle part. La priorité en Corse c’est le développement économique, l’enseignement, le développement de l’esprit public, du civisme, du respect de la loi. Tout cela est parfaitement compatible avec l’identité culturelle particulière de la Corse qu’il ne faut pas opposer à l’identité républicaine.       <br />
              <br />
       <b>La Corse bat chaque année des records en matière d’homicides, aujourd’hui comme à l’époque où vous étiez ministre de l’Intérieur. Avoir privilégié la lutte contre les attentats nationalistes au détriment des crimes de droit commun, n’est-ce pas une erreur de tous les gouvernements ?</b>       <br />
       Souvent les deux se sont confondus. A une certaine époque, en particulier dans les années 80 et 90, l’interpénétration entre les mouvements indépendantistes et le grand banditisme était forte.       <br />
       La loi doit être respectée par tous. Il n’y a pas lieu de distinguer un assassinat selon qu’il est commis pour des mobiles idéologiques ou bassement intéressés. De toute façon il faut condamner toute espèce de recours à la violence et tout homicide. Je n’oublie pas qu’on a quand même abattu un préfet de la République, Claude Erignac, qui se promenait sans aucune protection la nuit dans une rue d’Ajaccio. Ce n’était pas un acte courageux et c’est une litote.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Débat animé par Denis Carreaux, rédacteur en chef ; André Fournon, secrétaire général de la rédaction ; Philippe Courtois, directeur du développement éditorial et Eric Néri, adjoint au directeur départemental des Alpes-Maritimes</span>       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.nicematin.com/article/cote-dazur/jean-pierre-chevenement-face-a-la-redaction">Nice Matin</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Peut-on sortir du piège dans lequel la Gauche a été enfermée ?</title>
   <updated>2010-06-26T21:20:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Peut-on-sortir-du-piege-dans-lequel-la-Gauche-a-ete-enfermee_a923.html</id>
   <category term="Grands textes" />
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   <published>2010-02-16T23:55:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Voici la vidéo intégrale de l'intervention de Jean-Pierre Chevènement le mardi 9 février à Paris, à la mairie du XIème arrondissement.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      NB 1 : Vous pouvez regarder cette vidéo en mode plein écran en cliquant sur le bouton prévu à cet effet en bas à droite du player vidéo (passer la souris).       <br />
              <br />
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     <br style="clear:both;"/>
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   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Peut-on-sortir-du-piege-dans-lequel-la-Gauche-a-ete-enfermee_a923.html" />
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  <entry>
   <title>Le grand emprunt a accouché d’une souris</title>
   <updated>2010-02-15T18:12:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Le-grand-emprunt-a-accouche-d-une-souris_a922.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2010-02-15T18:12:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention du sénateur Jean-Pierre Chevènement, Loi de Finance rectificative, lundi 15 février 2010.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1885654-2581842.jpg?v=1289480095" alt="Le grand emprunt a accouché d’une souris" title="Le grand emprunt a accouché d’une souris" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Ministre,        <br />
              <br />
       J’étais de ceux qui trouvaient que le « grand emprunt » était une bonne idée : les Français épargnent beaucoup. Or, notre économie est stagnante. Elle s’est installée depuis plus de trois décennies dans un chômage de masse désespérant pour les jeunes. Notre pays se désindustrialise. Les délocalisations industrielles frappent beaucoup plus l’emploi que ne le prétendent des économistes myopes ou des faiseurs de rapport aux ordres, car pour évaluer leur impact, il faut prendre en compte les emplois que nos entreprises suppriment en France ou tout simplement ne créent pas, au regard de ceux qu’en revanche elles permettent à l’étranger, et notamment dans les pays à bas coût. C’est vraiment se moquer du monde que de soutenir, comme l’a fait un récent rapport du Conseil d’Analyse Economique à Mme Idrac, que l’implantation de nos entreprises à l’étranger a un impact positif sur l’emploi en France, alors qu’en 2009 nous avons perdu 470 000 emplois !        <br />
              <br />
       Les entreprises du CAC 40 n’ont pas créé d’emploi en France depuis cinq ans. Or l’Etat est pour elles aux petits soins. Nos multinationales ont leur logique : elles veulent profiter des très bas coûts salariaux et s’installer là où elles supputent la plus forte croissance dans les années à venir. Mais cette logique est mortifère pour l’économie française : elle contribue à la désindustrialisation et au tassement de notre croissance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      On ne s’en sortira pas sans un investissement massif, à la fois public et privé. Sinon, nous ne pourrons pas offrir, demain, des emplois dignes de ce nom à notre jeunesse. Voilà pourquoi, a priori, l’idée du grand emprunt me paraissait une bonne idée, celui-ci étant le moyen de motiver l’épargne française au service de l’investissement, de la croissance et de l’emploi, en France.        <br />
              <br />
       Et puis il y a eu le rapport de MM. Juppé et Rocard et la transposition que vous en faites, à travers l’article 4 de la Loi de Finances rectificative.       <br />
              <br />
       J’avais souhaité un grand emprunt à hauteur de 60 milliards : trois points du PIB pour transformer l’épargne des Français en investissements d’avenir. Nous n’en sommes qu’à 22 milliards, un point du PIB, puisque 17 milliards proviennent du remboursement par les banques de fonds publics qui leur avaient été alloués. C’est mon premier motif de déception, mais ce n’est pas le seul !       <br />
              <br />
       Naïvement, je m’étais demandé comment rendre compatible cet effort, si modeste soit-il, avec les engagements que vous avez pris à Bruxelles de réduire le déficit budgétaire d’ici 2013 de cinq points du PIB, c’est-à-dire 100 milliards d’euros. Vous-même avez réclamé, Monsieur le Ministre, un effort d’économies budgétaires de 50 milliards, cure d’austérité qui va frapper d’abord les couches populaires et moyennes. La réponse à ma naïve question est simple : à l’examen, le « grand emprunt » est fait pour n’être pas consommé. Tel est d’ailleurs l’objet des mécanismes opaques que vous nous proposez.        <br />
              <br />
       Le grand emprunt ne sera qu’une usine à gaz de plus et il ne contribuera guère à la compétitivité de l’économie française.        <br />
              <br />
       D’abord il y a trop de dépenses non consomptibles (ou non consommables), 16 milliards sur 35 ! Que feront les dix universités heureusement élues des 5 milliards de dotations du « plan campus » ? Seuls les intérêts produits seront disponibles pour ces universités ! Et pour quoi faire ? Acquitter les redevances annuelles des futurs partenariats public-privé qui seront mis en œuvre pour rénover le patrimoine immobilier universitaire ! On aurait pu imaginer procédure plus rapide et plus efficace pour retaper les amphis !       <br />
              <br />
       Tout se passe comme si l’Etat, à travers le « grand emprunt », était appelé à financer le capital des Fondations d’universités pour compenser la ladrerie des grandes entreprises françaises.       <br />
              <br />
       Une seule exception : le milliard versé au plateau de Saclay pour conforter son rayonnement scientifique pourra être consommé intégralement : il est vrai que 40 % de notre potentiel scientifique s’y concentre déjà !        <br />
              <br />
       Une même procédure lente et inefficace se retrouve pour les cinq à dix « campus d’excellence ». L’ANR gardera et placera la dotation de 5,9 milliards et les campus dits d’excellence percevront seulement le revenu de ce placement. Le même schéma se retrouve encore pour le Fonds de valorisation de la recherche, 1 milliard non consomptible, les Instituts Carnot (500 M€ non consomptibles) et les Instituts de recherche technologique (2 milliards € consomptibles dans la limite de 25%). Le gouvernement a été très soucieux de fixer des règles qui empêchent la dépense publique. Quelle en est la raison ? Ne s’agirait-il pas d’une raison « maastrichtienne », c'est-à-dire très déraisonnable ? Tout cela, à seule fin de constituer des « actifs » pour l’Etat, promesse d’un étalement prolongé dans la durée du plan dit d’investissement.       <br />
              <br />
       Pour ce qui est des dépenses consomptibles -19 milliards- la procédure consiste à doter des opérateurs (Oseo, Ademe, Onera, CDC, etc. qui sélectionneront à leur tour les projets d’opérateurs de second rang, en fonction de cahiers des charges établis par le Commissaire général à l’investissement assisté par la Commission Juppé-Rocard. Là encore vous ne faites pas dans la simplicité et la dépense a vocation à être étalée sur plusieurs années. Que sera le rôle du Commissaire Général à l’Investissement ? Non pas de veiller à l’accélération de l’investissement, comme l’intitulé de sa fonction pourrait le laisser croire, mais s’assurer de la régularité de la procédure sous le contrôle du gouvernement. Question accessoire : pourquoi ne pas avoir placé le Commissaire Général à l’Industrialisation sous l’autorité du Ministre de la Relance ? Pourquoi faire simple, encore une fois, quand on peut faire compliqué ?       <br />
              <br />
       L’étalement sur plusieurs années des fonds consomptibles du « grand emprunt » dépendra du choix des opérateurs  de second rang, sous le contrôle de la Commission Juppé-Rocard et en dernier ressort de l’Etat. Le grand emprunt ne sera-t-il pas une « poire pour la soif », très opportun dans les temps de grande disette budgétaire que vous nous promettez ? La montagne du « grand emprunt » aura ainsi accouché d’une souris !        <br />
              <br />
       Il n’est pas possible de laisser dans le flou les conditions dans lesquelles les fonds mobilisés pour le grand emprunt seront dépensés. Il ne suffit pas d’un « jaune » budgétaire publié chaque année sous la responsabilité conjointe du Commissaire général à l’Investissement et d’une Commission présidée par MM. Juppé et Rocard … C’est une curieuse idée que de mélanger ainsi les fonctions de proposition, de décision et d’évaluation. Quelle garantie donnez-vous d’un minimum d’impartialité de l’Etat ?        <br />
              <br />
       Ma seconde observation concernera le choix des affectations, même si elles sont réalisées au compte-goutte : en effet, le « grand emprunt », dont la charge incombera in fine à l’ensemble des contribuables, va concerner, en priorité, la recherche, l’enseignement supérieur, les hautes technologies et d’une manière générale les « pôles d’excellence », les thématiques d’excellence, les laboratoires d’excellence, etc. Quand l’excellence est partout, elle risque de n’être nulle part et on voit très bien où seront les bénéficiaires : dans les grandes métropoles, là où sont concentrés les cadres supérieurs. C’est de la redistribution à rebours !        <br />
              <br />
       Passe encore si vraiment le grand emprunt allait doper la compétitivité du pays ! Mais on ne peut qu’être très sceptique quant au lien entre les affectations d’investissement prévues et la compétitivité globale de l’économie. La liaison entre la dépense de formation et de recherche d’une part et la croissance d’autre part a pu être établi « ex-post », ainsi que l’ont montré les excellentes études de M. Philippe Aguilhon. Mais ce qui fait l’apport d’une université à la croissance du pays sont-ce ses investissements patrimoniaux ? Ne sont-ce pas surtout les qualités des professeurs et des enseignants et par conséquent le prix qu’on les paye ? Le rapporteur de la Commission des Finances du Sénat, M. Marini, a montré que la dépense universitaire – 1,3 % du PIB en France – nous met loin derrière l’effort fait aux Etats-Unis ou dans les pays scandinaves : 2,2 % du PIB. L’effet de rattrapage sera réduit, comme l’a observé M. Marini et l’effet sur la croissance potentielle très faible, de l’ordre de 0,1 % par an, selon votre rapporteur, et quasiment infinitésimal après 2014.       <br />
              <br />
       Ce grand emprunt, Monsieur le Ministre, aurait pu être un moyen de stopper la désindustrialisation accélérée du pays. A côté de quelques initiatives utiles : financement des entreprises innovantes, renforcement d’Oseo, soutien des pôles de compétitivité, comment ne pas s’étonner de voir que 185 Millions d’euros seulement sont prévus, à la suite des « Etats Généraux de l’Industrie » réunis, en octobre dernier, à grands sons de trompe, à l’initiative du Président de la République, pour financer, sous forme d’avances remboursables, un « dispositif – je cite – en faveur de la relocalisation compétitive d’entreprises industrielles ». On croît rêver : c’est vraiment l’Himalaya accouchant d’un souriceau ! Ce n’est pas ainsi, Monsieur le Ministre, qu’on va enrayer la désindustrialisation.        <br />
              <br />
       De celle-ci en effet, les vraies causes sont ailleurs : elles sont dans les règles du jeu biaisées que nos dirigeants ont acceptées depuis plus de deux décennies : libération totale des capitaux, y compris à l’égard des pays tiers, ouverture incontrôlée du marché européen, démantèlement, au nom de la concurrence, de politiques industrielles, choix d’une monnaie surévaluée. Ces règles du jeu conduisent nos grandes firmes à privilégier l’investissement à l’étranger et d’abord dans les pays à bas coût. Nous sommes désarmés par l’euro fort, face aux dévaluations compétitives du dollar, du yuan et de la livre britannique.       <br />
              <br />
       Nos multinationales n’ont aucune raison de changer de comportement tant que les responsables politiques n’auront pas changé les règles du jeu. Avec ce « grand emprunt », le gouvernement n’en prend pas le chemin. Au contraire, loin d’être un outil de redressement, le « grand emprunt », par ses modalités mêmes, se coule dans le moule de ces règles nocives.       <br />
              <br />
       J’aurais aimé pouvoir applaudir à cette initiative. Votre grand emprunt risque bien de rester – et je le regrette - comme une « grande illusion ». Hélas, Monsieur le Ministre, n’est pas Renoir qui veut : toute cette tuyauterie compliquée est certes une œuvre, mais de bureaucrates, dont l’art suprême consiste à contourner les règles, désormais caduques, posées jadis par le traité de Maastricht. Plus que le chef d’œuvre cinématographique de Renoir, leur art évoque ces grandes structures de ferraille tordue, à travers lesquelles les plasticiens contemporains nous donnent à contempler l’infini du Vide !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Délocalisations souhaitées par Renault : les contribuables français apprécieront</title>
   <updated>2010-01-19T20:29:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Delocalisations-souhaitees-par-Renault-les-contribuables-francais-apprecieront_a912.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2010-01-19T20:29:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, mardi 19 janvier 2010.     <div>
      Une fois de plus, la Commission européenne, gardienne du Traité de Lisbonne, condamne le gouvernement français qui souhaite empêcher Renault de délocaliser la production de sa Clio en Turquie.       <br />
              <br />
       Le Président de la République, qui a déclaré <span style="font-style:italic">« ne pas vouloir mettre tant d'argent pour soutenir nos constructeurs pour que la totalité des usines s'en aillent à l'extérieur »</span>, est lui-même rappelé à l’ordre en vertu d’un Traité dont il a été l’initiateur.       <br />
              <br />
       Au nom d’un tel Traité chassé par la porte lors du référendum de 2005, mais revenu par la fenêtre de Lisbonne, les contribuables français en sont réduits à financer des aides accordées à des constructeurs automobiles se livrant à des délocalisations de grande envergure.       <br />
              <br />
       Les intérêts du monde du travail, les intérêts de la France sont ainsi sacrifiés sur l’autel de l’Europe libérale. Ceux qui ont perpétré  cette mauvaise action font mine de s’alarmer de ses conséquences. Ils seraient mieux inspirés de travailler sérieusement à la réorientation de cette politique absurde de la seule concurrence, qui n’est pas à la hauteur des défis de la crise mondiale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>N’insultons pas les Jacobins</title>
   <updated>2009-11-19T23:58:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/N-insultons-pas-les-Jacobins_a879.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1716191-2322377.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-11-19T23:58:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Jean-Pierre Chevènement lors du débat sur la suppression de la taxe professionnelle, jeudi 19 novembre 2009.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1716191-2322377.jpg?v=1289480085" alt="N’insultons pas les Jacobins" title="N’insultons pas les Jacobins" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Président, Madame et Monsieur les Ministres, mes chers collègues,       <br />
              <br />
       Il est paradoxal de commencer une réforme des collectivités territoriales par la suppression de leur principale recette. Le gouvernement met la charrue avant les bœufs. Il eût fallu commencer par les règles d’organisation et les compétences des collectivités et conclure par les recettes. Le fait que vous inversiez cet ordre logique contribue inévitablement à susciter la méfiance des élus.       <br />
              <br />
       Le Conseil économique et social avait proposé à l’unanimité, il y a peine deux ans, un vaste plan de réforme et de remise en ordre de la fiscalité locale, un plan rationnel et progressif restaurant la lisibilité perdue de l’impôt payé à la commune, au département ou à la Région. Et au lieu de cela, vous nous proposez une réforme bâclée comportant la suppression d’une recette représentant près de la moitié des ressources des collectivités, en l’absence de toute simulation et sans que ces collectivités sachent, chacune pour ce qui la concerne, comment cette recette manquante pourra être compensée : La visibilité n’est pas au rendez-vous. La cotisation complémentaire sur la valeur ajoutée sera-t-elle déductible comme l’est la TVA, notamment à l’exportation ? Pourquoi exonérer 90 % des entreprises si c’est pour réintégrer ensuite leurs bases dans le calcul de ce que recevront les collectivités ? N’y a-t-il pas là une considérable entorse au principe de la territorialisation ? Comment le coût pour les Finances publiques va-t-il passer en deux ans de plus de 12 milliards d’euros à 4,7 milliards seulement ?       <br />
              <br />
       Nous sommes dans le bleu, Madame et Monsieur les Ministres !       <br />
              <br />
       Je ne veux pas faire l’éloge de la fiscalité locale existante : c’est un fouillis. Mais à un fouillis vous substituez un autre fouillis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>I – L’argument de la compétitivité avancée par le Président de la République pour justifier la suppression de la taxe professionnelle ne tient pas la route.</b> Vous l’avez dit, Monsieur le Ministre des Comptes, il s’agit de retirer un alibi aux entreprises qui délocalisent : mais elles en trouveront d’autres ! Madame Lagarde nous a expliqué qu’il ne fallait pas décourager l’investissement des entreprises. Mais le montant de la taxe professionnelle n’est pas la principale motivation de l’investissement et de loin. Toutes les enquêtes réalisées montrent qu’il n’intervient qu’en septième ou huitième position dans les motivations des chefs d’entreprises.        <br />
              <br />
       L’allègement des charges induit que la réforme sera, au-delà de 2010 et après acquittement de l’impôt sur les sociétés, ramené à 4,3 milliards d’euros par an au bénéfice des entreprises. Quand on sait que nos exportations annuelles atteignent 400 milliards d’euros, on voit que le regain de compétitivité ainsi obtenu sera marginal par rapport à la perte de compétitivité consécutive à la surévaluation croissante de l’euro par rapport au dollar, au yuan et à la livre britannique. Les dévaluations compétitives de nos concurrents portent une atteinte autrement plus grave à notre compétitivité que la taxe professionnelle, « l’impôt le plus imbécile du monde, aurait dit Churchill, à l’exception de tous les autres ». Prétendre ainsi lutter contre les délocalisations industrielles n’est qu’un effet de manche !       <br />
              <br />
       Le problème de la compétitivité de nos entreprises est réel par rapport à la concurrence déloyale des économies à bas coût salarial et à celle du dollar et des monnaies qui lui sont rattachées. Vouloir traiter ce problème des délocalisations industrielles à travers la suppression de la taxe professionnelle c’est au mieux voir les choses par le petit bout de la lorgnette ou plus prosaïquement vouloir satisfaire une clientèle !       <br />
              <br />
       Pour ce qui est de l’industrie, ce sera cautère sur jambe de bois ! L’entreprise mondialisée va là où sont les marchés du futur et la France fait de moins en moins partie de son horizon. Voyez Renault qui fabrique plus des deux tiers de ses voitures à l’étranger et Peugeot qui en réalise encore la moitié mais qui vient d’annoncer la suppression de 6 000 emplois en France. Est-ce là la contrepartie du Plan automobile qui a alloué 3 milliards d’euros de crédits publics à ces deux entreprises ? Seul le rétablissement d’une concurrence équitable entre l’Europe et ses concurrents américain et asiatique est de nature à restaurer la compétitivité de nos entreprises et à redynamiser notre économie.        <br />
              <br />
       Pour que la France reste une terre de production il faut réunir d’autres conditions : une concurrence rendue enfin équitable d’abord par une réforme du système monétaire international, et ensuite par des clauses anti-dumping en matière sociale et environnementale.       <br />
              <br />
       Cette suppression de la taxe professionnelle revendiquée comme la sienne par le Président de la République est en réalité une mesure voulue depuis toujours par le MEDEF. Or même du point de vue des entreprises, elle n’est pas judicieuse.        <br />
              <br />
       La cotisation territoriale constituera un lien beaucoup plus ténu entre l’entreprise et le territoire. Qui ne voit aussi bien que les entreprises ont besoin de services publics de qualité ? Les services risquent fort de se trouver, en définitive, pénalisés par votre réforme. Est-il bien opportun de surtaxer ainsi le développement du secteur tertiaire, le plus créateur d’emplois ?       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – J’en viens maintenant aux Collectivités territoriales.</b>        <br />
              <br />
       Il n’est pas convenable de vouloir supprimer la taxe professionnelle sans leur avoir au préalable assuré un juste système de remplacement. Il est trop facile de remettre à plus tard la définition précise des règles fiscales en fonction des compétences qui seront ou non transférées et de laisser au Parlement le soin de préciser les mécanismes de répartition entre les différents niveaux de collectivités. Quoi qu’en ait dit Monsieur le Premier ministre devant le Congrès de l’AMF, il n’y a rien non plus de très précis dans votre projet sur les mécanismes de péréquation que l’Etat républicain doit aux collectivités les moins bien dotées.       <br />
              <br />
       Vous réformez en aveugle. Vous l’avez dit vous-même, Monsieur le Ministre, <span style="font-style:italic">« La répartition entre niveaux de collectivités, n’est pas, à compétences inchangées, arrivée à son terme. La loi sur les compétences viendra après. Il faudra alors faire jouer le curseur des compétences »</span>. Je vous ai cité ! Comment mieux établir que votre projet marche sur la tête en faisant dépendre les compétences de ressources que vous ne connaissez pas encore ?       <br />
              <br />
       Ainsi, le gouvernement prend le gage : il supprime la taxe professionnelle et il renvoie au Parlement le soin de définir à quelle sauce les collectivités vont être mangées. Celles-ci ne manqueront pas de se déchirer. Devant le spectacle de ces déchirements, le gouvernement pourra se frotter les mains. Mais cette méthode est peu respectueuse de la dignité des élus et du consensus qu’il eût fallu rechercher, aux dires mêmes du Président de la République, pour réussir cette réforme. C’est pourquoi, comme vous l’ont suggéré deux anciens Premier ministres, MM. Juppé et Raffarin, nous voterons contre cette réforme, en l’état.       <br />
              <br />
       Faut-il associer, comme le suggère le Président de la République, les collectivités territoriales à l’effort de maîtrise budgétaire entrepris, selon lui, par l’Etat ? La dette des collectivités locales n’est que le dixième de la dette publique totale. Les collectivités territoriales votent leur budget en équilibre. Faut-il casser, pour un si médiocre résultat prévisible, l’investissement des collectivités locales ? C’est-à-dire 75 % de l’investissement public ?  Cet investissement contribue à la compétitivité du territoire français, à la qualité de la vie et même à notre bon taux de natalité.       <br />
              <br />
       Vouloir casser l’élan des collectivités locales, c’est revenir sur quatre décennies de décentralisation réussie. Que de réalisations ! Le patrimoine de nos lycées, de nos collèges, les transports régionaux, le visage de nos villes et de nos villages, l’accueil faite à la petite enfance à travers crèches, haltes-garderies, maternelles, la conciliation améliorée du travail des femmes et de leur épanouissement personnel, bref notre haut taux de natalité, est-ce cela que vous voulez casser ?       <br />
              <br />
       La suppression de la taxe professionnelle ne sera pas intégralement compensée. Soit que les nouveaux impôts n’aient pas des bases évoluant de manière aussi dynamique que celles de la taxe professionnelle, soit que leur taux ou leur assiette soit insuffisant, soit que les dotations censées compenser les moins values fiscales se trouvent rapidement indexées sur la DGF, dont le taux de progression est inférieur à celui de l’inflation.        <br />
              <br />
       La suppression de la taxe professionnelle fera mal aux collectivités. Elle défera surtout le filet de sécurité offert à nos concitoyens par les politiques locales devant vos méthodes. Certains, même dans la majorité, crient au jacobinisme. Mais le jacobinisme était progressiste alors que votre réforme tend à la régression. N’insultons pas les Jacobins !       <br />
              <br />
       L’intercommunalité, en mettant en commun les compétences stratégiques des communes, leur a donné les moyens de les exercer. Le Président de la République s’est étonné, dans son discours de Saint-Dizier, que les effectifs des EPCI aient crû de 64 % depuis dix ans, c’est-à-dire depuis 1999. Mais c’est la preuve de la réussite, parce qu’à l’époque l’intercommunalité urbaine n’existait quasiment pas, en dehors d’une douzaine de communautés urbaines et de cinq communautés de ville, alors que depuis cette date, se sont créées pas moins de 174 communautés d’agglomération de plus de 50 000 habitants et trois communautés urbaines supplémentaires par rapport aux douze existantes de plus de 500 000 habitants : Marseille, Nantes et Nice.       <br />
              <br />
       Ces communautés exercent aujourd’hui dans des domaines stratégiques – développement économique, habitat, transports, etc. – des compétences que les communes adhérentes n’exerçaient pas ou exerçaient mal. Simplement, vous allez les priver de la ressource correspondante, la taxe professionnelle unique qui allait de pair avec la mise en commun des compétences et permettait leur exercice. La taxe professionnelle unique représentait la quasi-totalité des ressources de cette intercommunalité très intégrée. Ce qui va la remplacer – la cotisation foncière et 20 % de la cotisation sur la valeur ajoutée – représentera une recette très notablement inférieure. Comment imaginer que les dynamiques engagées puissent se poursuivre, sinon par le recours accru à la fiscalité additionnelle pesant sur les ménages ?        <br />
       		       <br />
       Les ménages seront les grands perdants. Il est donc tout à fait légitime de s’interroger sur la pertinence de certains cadeaux supplémentaires faits aux entreprises :       <br />
              <br />
       1. Par exemple la taxe professionnelle à taux unique, au moins à l’échelle de la commune ou de l’agglomération, sera remplacée par une cotisation complémentaire à un taux progressif qui, compte tenu de l’abattement de 1000 euros pour les PME, laissera 90 % des entreprises en dehors du champ d’application du nouvel impôt. Pourquoi vouloir faire payer les ménages et pas les entreprises ? Un juste équilibre est nécessaire        <br />
              <br />
       2. Le projet d’abaisser le seuil d’exonération de cotisation complémentaire de 500 000 à 152 000 euros va dans le sens d’un élargissement de l’assiette du nouvel impôt, d’un meilleur rendement et d’une plus grande équité. Il faut le rétablir.       <br />
              <br />
       3. Ainsi convient-il, à mon sens, de supprimer la disposition qui plafonne à 3% de la valeur ajoutée le montant de la cotisation économique territoriale. 3,5 % c’était déjà beaucoup !       <br />
              <br />
       4. Pourquoi enfin vouloir plafonner l’assiette taxable à 80 % du chiffre d’affaires ?       <br />
              <br />
       5. Et pour la taxe foncière, pourquoi l’amendement de notre Commission des Finances veut-il diminuer de 15 % de la valeur locative des immobilisations industrielles ?        <br />
              <br />
       Toutes ces dispositions doivent être supprimées car elles sont autant de cadeaux fiscaux arbitraires faits à certaines catégories. Oui à l’effort, Madame et Monsieur les Ministres, mais à l’effort équitablement partagé !       <br />
              <br />
       La suppression de la taxe professionnelle, en l’absence de simulations sur les effets de son remplacement, est enfin très inopportune. Elle va créer un réflexe d’attente dans les collectivités. Celles-ci, avant de lancer de nouvelles opérations d’investissement, voudront connaître le montant de leurs ressources futures.        <br />
              <br />
       Il y a quelques mois le gouvernement lançait un plan de relance de l’économie. Là c’est un formidable coup de frein qui va être donné à l’investissement public.       <br />
              <br />
       Il est paradoxal de voir le gouvernement et sa majorité à la fois proposer un budget en déséquilibre massif, bouclier fiscal et exonérations abusives aidant, et prononcer des vœux de continence à perpétuité à l’usage des collectivités locales. Le péché et la contrition se donnant en spectacle simultané, les prédications de MM. Arthuis et Marini couvrant les dérèglements véritablement affreux au regard de l’orthodoxie de Mme Lagarde et de M. Woerth. C’est vraiment du grand Mauriac !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/N-insultons-pas-les-Jacobins_a879.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement répond à la lettre de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste</title>
   <updated>2009-07-16T12:01:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-repond-a-la-lettre-de-Martine-Aubry-premiere-secretaire-du-Parti-socialiste_a818.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2009-07-15T23:05:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Martine Aubry a adressé une lettre aux responsables des partis et mouvements de gauche et écologistes. Voici la réponse que Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement Républicain et Citoyen, lui a adressé en retour.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1492410-1986517.jpg?v=1289480071" alt="Jean-Pierre Chevènement répond à la lettre de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste" title="Jean-Pierre Chevènement répond à la lettre de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste" />
     </div>
     <div>
      Madame la Première Secrétaire, chère Martine,       <br />
              <br />
       J’ai bien reçu <a class="link" href="http://actus.parti-socialiste.fr/2009/07/07/lettre-martine-aubry-partis-mouvements-gauche-ecologistes/">votre lettre du 7 juillet 2009</a>. Nous partageons l’idée que « la gauche doit changer », mais elle ne saurait, selon nous, surmonter ses divisions que si, tous ensemble, nous sommes capables de procéder à une analyse sérieuse et approfondie de la « globalisation financière » ou si vous préférez, du capitalisme financier de notre temps. Ce système qui a creusé les inégalités et entraîné un profond recul de la démocratie  ne s’est pas installé d’hier. Sa crise implique que nous définissions des ripostes qui soient « à la hauteur ». Nous devons offrir un projet dans lequel le peuple français puisse se reconnaître.       <br />
              <br />
       A cet égard, nous sommes trop conscients des insuffisances que la gauche a manifestées après 1983 aussi bien que dans la période dite de la « gauche plurielle » (1997-2002) pour proposer de revenir à des formules qui ont montré leurs limites. Il a manqué et il manque encore à la gauche un « projet ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Nous sommes donc partisans d’Etats-généraux de la gauche où chacun pourrait exposer ses analyses et ses propositions, non pas sur un sujet particulier mais sur l’ensemble de la démarche qui permettrait de rendre un espoir à notre peuple.       <br />
              <br />
       Nous ne voulons pas noyer sous des initiatives particulières qui brouilleraient encore plus le message de la gauche, l’autocritique salubre et nécessaire et les propositions à la fois audacieuses et réalistes qui pourraient retisser un lien de confiance, aujourd’hui fortement distendu entre la gauche et les couches populaires.       <br />
              <br />
       Pour ce qui le concerne, le Mouvement Républicain et Citoyen avait proposé, lors de son dernier Congrès, les 28 et 29 juin 2008, au Kremlin-Bicêtre, <a class="link" href="http://www.mrc-france.org/Un-contenu-et-un-chemin-pour-la-creation-d-un-grand-parti-de-toute-la-gauche_a30.html">une « refondation républicaine » de toute la gauche</a>. Qu’entendons-nous par là ? Qu’en toutes choses l’intérêt du pays soit notre boussole. C’est cette exigence républicaine qui pourrait permettre de déboucher sur la création d’un grand parti de toute la gauche seul capable de fournir l’électrochoc nécessaire. Nous constatons que notre offre n’a rencontré aucun écho de la part de la direction du parti socialiste, <a class="link" href="http://actus.parti-socialiste.fr/2009/07/07/lettre-martine-aubry-partis-mouvements-gauche-ecologistes/">jusqu’à votre lettre du 7 juillet 2009</a> évoquant une « maison commune », aux contours, il est vrai, pour le moins imprécis.       <br />
              <br />
       Le redressement de la construction européenne, le rôle que la France peut y prendre, la conception républicaine de la nation sont évidemment des questions clés. L’est également l’élaboration d’un nouveau modèle de développement qui soit soutenable dans la durée et tienne compte de la nouvelle multipolarité du monde. Entre les Etats-Unis et la Chine dont la relation structurera le XXIe siècle, la France et l’Europe ont des intérêts légitimes à défendre, à commencer par ceux de nos couches populaires, particulièrement éprouvées par les délocalisations d’activités.        <br />
              <br />
       L’intérêt général de notre peuple et celui de l’Humanité tout entière, ne sont pas contradictoires. Encore faut-il inventer un nouveau chemin. C’est à cela qu’une gauche digne de ce nom devrait consacrer ses efforts. Pour ne pas décevoir à nouveau, la gauche doit tenir un discours de vérité.        <br />
              <br />
       C’est dans cet esprit que le Mouvement Républicain et Citoyen est prêt à participer à la rentrée à une rencontre des partis de gauche qui permette de « débroussailler le terrain ».       <br />
              <br />
       Je vous prie de croire, Madame la Première Secrétaire et chère Martine, en l’assurance de ma meilleure pensée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-repond-a-la-lettre-de-Martine-Aubry-premiere-secretaire-du-Parti-socialiste_a818.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Elections européennes, crise, gauche, politique étrangère d'Obama : Jean-Pierre Chevènement s'exprime</title>
   <updated>2009-05-30T15:58:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Elections-europeennes-crise-gauche-politique-etrangere-d-Obama-Jean-Pierre-Chevenement-s-exprime_a802.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2009-05-30T15:14:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il était l'invité de l'émission "Jeu de dames" présentée par Hélène Risser, Perrine Tarneaud et Sonia Mabrouk sur Public Sénat mercredi 27 mai à 18h45.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/8420ad1b000eb54767d4c4a01f069ba5b9715444" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      La présentation de l'émission est disponible <a class="link" href="http://www.publicsenat.fr/emissions/jeu_de_dames/">ici</a>.       <br />
       Elle est podcastée sur le blog ci-dessus.       <br />
       Tous les passages de l'émission sur Public Sénat : Mercredi 18h45 - 21h15 - 22h45 ; jeudi 00h30  - 02h15 - 04h30 - 07h35 - 14h - 17h05 - 19h30
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Elections-europeennes-crise-gauche-politique-etrangere-d-Obama-Jean-Pierre-Chevenement-s-exprime_a802.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Enrayer le déclin de l'aménagement du territoire</title>
   <updated>2009-07-15T22:39:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Enrayer-le-declin-de-l-amenagement-du-territoire_a730.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2008-12-05T15:05:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention du sénateur Jean-Pierre Chevènement sur la politique des territoires au Sénat, jeudi 4 décembre 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1135584-1457501.jpg?v=1289480050" alt="Enrayer le déclin de l'aménagement du territoire" title="Enrayer le déclin de l'aménagement du territoire" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Ministre,       <br />
              <br />
       <b>Vous travaillez dans un contexte difficile.</b>       <br />
       Si déjà il n’est pas facile de séparer la mission dite « politique des territoires », dotée de 386 millions d’euros en autorisations d’engagement et de 375 millions en crédits de paiement, du rôle de l’Etat en matière d’aménagement du territoire, évalué à 5,6 milliards d’euros vous subissez de plein fouet les conséquences des politiques restrictives que votre gouvernement met en œuvre : ainsi pour ce qui concerne l’Administration de l’Etat à travers la révision générale des politiques publiques (RGPP), en fait une régionalisation des administrations déconcentrées qui fragilisera et marginalisera les départements périphériques. Ainsi encore, la réduction des moyens accordés aux collectivités territoriales. Or, on ne dira jamais assez à quel point les élus se sont eux-mêmes, au fil des ans, transformés en stratèges de l’aménagement des territoires pour renforcer l’attractivité et la compétitivité de ceux-ci. Il faut vous appuyer sur eux, Monsieur le Ministre, et c’est le rôle irremplaçable des contrats de plan que de favoriser les synergies entre les différents niveaux de collectivités à partir de quelques grandes priorités nationales. On nous rebat les oreilles avec la nécessité de clarifier les compétences entre différents niveaux de collectivités. Mais c’est très difficile en matière de développement économique par exemple, et les contrats de plan sont le meilleur outil pour faire jouer harmonieusement les compétences dites « croisées » qui sont inévitables et assurer ainsi la coopération la plus efficace entre les différents niveaux de collectivités.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Sur la période 2007-2013, les contrats Etat-régions et autres collectivités représentent des engagements de 28,2 milliards d’euros. Les retards pris sur les contrats de la génération précédente 2000-2006 n’ont pas encore été comblés – je l’observe sur le terrain à Belfort pour les bâtiments de l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard. Je doute fortement que les crédits du FNADT, vu leur proportion modeste, permettent non seulement de combler ces retards qui sont autant de manquements à la parole de l’Etat que de tenir les engagements pris à hauteur de 12,7 milliards pour la période 2007-2013. Il faut mentionner aussi la baisse des fonds européens consacrés à l’aménagement du territoire – 5,6 milliards de crédits FEDER seulement sont prévus sur sept ans, de 2006 à 2013. Cette régression est le fruit de l’élargissement dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas été négocié avec toutes les conséquences qu’il comporte sur la délocalisation de nos activités, particulièrement dans le secteur de l’automobile.       <br />
              <br />
       Les moyens dont vous disposez en propre sont donc modestes même si les dépenses fiscales liées à divers types d’exonérations s’y ajoutent pour un montant non négligeable puisqu’il dépasse le montant des crédits de paiement. Toutefois, l’action de la Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT) est, comme son nom l’indique, interministérielle par nature. Il vous appartient donc de réaliser au mieux les mises en synergie nécessaires pour aider à la mutation des territoires frappés par les réorganisations administratives et militaires, mais aussi par les effets de la crise économique, et je pense en particulier aux régions d’implantation de l’industrie automobile et de ses sous-traitants,  comme c’est d’ailleurs le cas pour le bassin d’emploi de Montbéliard-Belfort où vous êtes venu récemment.       <br />
              <br />
       Dans le contexte de la globalisation financière, votre tâche apparaît digne de Sisyphe : notre pays subit en effet, depuis les années quatre-vingt-dix, la distension croissante des liens entre les entreprises et les territoires, du fait d’une ouverture sans limites aux mouvements de capitaux,  résultant de l’Acte Unique européen d’abord, puis aux mouvements de marchandises, sous l’impulsion de l’OMC depuis 1994, réduisant de 14 % à 1% de 1992 à aujourd’hui le montant pondéré des droits de douane aux frontières de l’Union européenne. C’est la dictature des actionnaires et du profit financier qui s’est imposée aux entreprises et aux nations, réduisant bien souvent les managers et les hommes politiques au rang de spectateurs impuissants. Les entreprises françaises réalisent de plus en plus leurs chiffres d’affaires et leurs bénéfices à l’étranger. Un mouvement de délocalisation des activités productives vers les pays à bas salaires frappe notre pays. Dans ces conditions la croissance potentielle en France, comme d’ailleurs dans le reste de l’Europe, s’est réduite d’abord à 2 % puis à 1 %. La part de l’Europe à vingt-cinq dans le commerce mondial est aujourd’hui de 20 % contre 30 % en 1980, tandis que celle de la Chine a crû de 2,5 % à 14 %. Notre déficit commercial reflète cette perte d’attractivité.       <br />
              <br />
       L’avidité des actionnaires a aussi creusé les inégalités entre les entreprises elles-mêmes, au détriment des petites et dans les rémunérations, dont l’écart n’a jamais été aussi grand. La France populaire s’est réfugiée dans des zones périurbaines loin des centres-villes. Dans ce contexte de globalisation financière qui fracture la société française, il est bien difficile, Monsieur le Ministre, de mener à bien une politique d’aménagement du territoire rationnelle. L’erreur – mais elle vous est antérieure – consiste à substituer à la logique d’aménagement du territoire, à partir d’une vision d’ensemble que seul l’Etat peut assurer, une autre logique qui consiste à mettre en concurrence les territoires entre eux. C’est ce que symbolise, me semble-t-il, le passage de la DATAR à la DIACT. Ce sont les évolutions soi-disant « naturelles » du marché qui commandent. La Puissance publique n’intervient plus guère qu’à la marge, du fait même de l’insuffisance de ses moyens. Cette évolution se pare du masque du girondinisme pour mieux fustiger l’Etat jacobin, ce pelé, ce galeux d’où viendrait tout le mal Cette idéologie est pernicieuse. Les temps nous obligent au contraire à organiser, y compris en matière d’aménagement du territoire, le grand retour de l’Etat.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Je me bornerai à vous suggérer quelques pistes pour enrayer un déclin de l’aménagement du territoire qui n’était que trop prévisible.</b>       <br />
              <br />
       Un mot sur la DIACT (l’ancienne DATAR) d’abord. Il est regrettable que les activités de prospective aient été progressivement délaissées. La qualité des hommes et des équipes n’est pas en cause. C’est un mal plus général qui a également conduit à l’abandon du Commissariat Général du Plan, pour un vague Centre de prospective et d’analyses soi-disant stratégiques.       <br />
              <br />
       En réalité, c’est toute l’Administration économique de l’Etat qu’il faudrait reconstruire pour faire face à la crise économique actuelle. Les Etats nationaux, parce qu’ils ont seuls la légitimité de la démocratie, ont été appelés au secours en catastrophe. On a juxtaposé dans une certaine improvisation les plans nationaux tant en ce qui concerne le sauvetage des banques que la relance économique. Les règles européennes en matière de concurrence ont été suspendues. L’erreur serait de croire que cette suppression pourrait n’être que temporaire. Le temps est venu de concevoir à nouveau des politiques industrielles et des politiques d’équipement. Pour prendre un exemple, la juxtaposition de soixante-et-onze pôles de compétitivité ne saurait remplacer un Ministère de l’Industrie qui seul peut disposer d’une vue d’ensemble, éviter doublons et gaspillages, et donner les impulsions nécessaires en matière de recherche finalisée.       <br />
              <br />
       Il lui faudra aussi guider les choix du Fonds d’investissement stratégique dévoilé par le Chef de l’Etat. Avec 6 milliards de fonds propres plus 14 milliards de ressources d’emprunts, ce fonds ne suffira pas à défendre nos entreprises dont la capitalisation boursière a diminué de moitié mais atteint encore, pour les entreprises du CAC 40, plus de 700 milliards d’euros. Les fonds souverains étrangers disposent de capacités financières infiniment plus grandes : plusieurs milliers de milliards de dollars.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi il faudra aller beaucoup plus loin, Monsieur le Ministre, sur la voie de la réglementation des OPA voire de leur interdiction quand elles émanent d’entreprises non « opéables », comme c’était le cas pour le raid réussi de Mittal sur Arcelor. Car les entreprises ont une nationalité, celle de leur pays d’origine qui retentit sur l’emploi, la recherche et les choix d’implantation. Faut-il rappeler les conséquences du rachat de Pechiney par Alcan ? Celles d’Arcelor par Mittal ne sont que trop visibles. Dussè-je me faire taxer de patriotisme économique – quelle injure par les temps qui courent ! -, il est important de préserver la nationalité française de la plupart de nos entreprises en favorisant des pactes d’actionnaires stables.       <br />
              <br />
       L’Etat doit se doter des moyens durables d’une politique industrielle digne de ce nom. Assez de RGPP ! Il y a des équipes d’ingénieurs compétents à reconstituer au sein même du service public sur les décombres de l’ancien ministère de l’Industrie jadis mis à sac par M. Madelin et par ses successeurs.        <br />
              <br />
       Ce qui vaut pour le Ministère de l’Industrie vaut également pour l’aménagement du territoire.       <br />
       Vous mettez l’accent à juste titre sur les réseaux numériques et sur les liaisons ferroviaires à grande vitesse. Ils constituent avec le bon niveau de formation de notre main d’œuvre, de puissants atouts pour la compétitivité de la France. Mais il y a encore trop de zones d’ombre en matière de téléphonie mobile en dehors des grands axes ou des grandes agglomérations. Il n’y a pas de mystère à cela : c’est l’effet de l’abandon du service public au bénéfice des concessionnaires privés. C’est un plan d’ensemble qui serait nécessaire pour la téléphonie mobile comme pour l’accès au réseau à haut débit. Et puis, n’oubliez pas le réseau des villes moyennes et des petites villes qui contribue tant au charme et par conséquent aussi à l’attractivité de notre pays.       <br />
              <br />
       Vos moyens directs sont limités, Monsieur le Ministre, mais indirectement vous pouvez susciter les initiatives et les ripostes nécessaires à travers les autres ministères ou les grands opérateurs ou encore les grandes entreprises que vous pouvez éclairer et guider. Bref vous pouvez exercer une magistrature d’influence. Le plan de relance que les Pouvoirs publics doivent annoncer et dont ils vont devoir décliner les modalités devrait constituer pour vous l’occasion de faire prendre en compte les exigences de l’aménagement du territoire, en matière d’infrastructures de transport notamment, je pense en particulier à l’achèvement de la branche Est du TGV Rhin-Rhône, par la réalisation du tronçon qui va de Petit Croix dans le Territoire de Belfort à Lutterbach près de Mulhouse, qui fera gagner vingt-cinq minutes sur le trajet Strasbourg-Lyon, ou encore par la remise en service de la liaison ferroviaire Belfort-Delle et au-delà, la Suisse et l’Italie. Il y a sans doute des dizaines d’autres opérations utiles, réalisables à bref délai, et dont on ne se repentira pas si on les mène à bien dans les prochaines années.       <br />
              <br />
       La France n’est plus au centre de l’Europe. Avec l’élargissement à l’Est, le centre de gravité de celle-ci s’est déplacé. Ce peut être une chance pour le Nord et l’Est de la France si cruellement éprouvés par la désindustrialisation et par les restructurations militaires. Cette partie de notre pays est naturellement proche de l’Europe Centrale et les décisions de localisation des entreprises dépendent souvent de la proximité des marchés. C’est un atout pour le Nord et l’Est vde la France.        <br />
              <br />
       Dernière piste, Monsieur le Ministre, si l’on veut enrayer les délocalisations d’activité, il suffit de rétablir aux frontière de l’Union européenne le tarif extérieur commun qu’avaient prévu les « Pères Fondateurs » de l’Europe. Cette mesure seule inciterait les investisseurs à ne pas abandonner la vieille Europe et à y investir à nouveau. Dans un monde où la concurrence est asymétrique en raison des écarts de salaires et de protection sociale et où le souci de l’environnement est si inégalement partagé, il ne serait que naturel de prévoir des taxes anti-dumping social et des écotaxes. Encore faut-il en avoir la volonté et je n’ai entendu aucune proposition en ce sens de la présidence française de l’Union européenne.       <br />
              <br />
       Je ne vous ai pas parlé de la Corse, Monsieur le Ministre, à l’avenir de laquelle je reste attaché. Il s’y réalise un important programme d’investissement public. Peut-être pourriez-vous nous éclairer sur les réalisations et l’avancement de ce programme ?       <br />
              <br />
       Au total, Monsieur le Ministre, j’ai encore une raison de m’opposer au programme « politique des territoires », une raison que vous partagez sans doute, c’est son insuffisante, très insuffisante dotation en 2009 et surtout dans les deux années qui suivront.       <br />
              <br />
       Et c’est plus généralement une conception de l’Etat qui vous manque car il ne suffit pas d’être réactif, comme sait l’être le Président de la République à l’occasion : il faut inscrire son action dans la perspective longue d’un retour de la Puissance publique.       <br />
              <br />
       Bref, la crise n’est pas une parenthèse. C’est la fin d’une époque dominée par les dogmes du « tout-marché » comme si le marché était la clé de l’intérêt général.        <br />
              <br />
       Etes-vous en mesure, Monsieur le Ministre, de réhabiliter le long terme qui seul peut éclairer une véritable politique d’aménagement du territoire ? Le gouvernement auquel vous appartenez ne vous en donne pas les moyens. En a-t-il d’ailleurs la volonté ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Enrayer-le-declin-de-l-amenagement-du-territoire_a730.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Nicolas Sarkozy : le renoncement face à la mondialisation libérale</title>
   <updated>2008-04-25T15:20:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Nicolas-Sarkozy-le-renoncement-face-a-la-mondialisation-liberale_a608.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2008-04-25T15:16:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le Président de la République a complètement abandonné l’idée qu’avant d’adapter la France à une mondialisation dont il reconnaît lui-même le caractère déraisonnable, en évoquant un quadruple choc (du dollar, des subrpimes, du pétrole et des matières premières), il fallait changer les règles du jeu : prendre les moyens de lutter contre l’euro cher, protéger l’Europe contre des concurrences déloyales, mettre en oeuvre des politiques industrielles audacieuses.     <div>
      Le Président de la République, en quittant la posture de l’indépendance nationale, a renoncé à parler clair sur le dollar aux Etats-Unis et sur le yuan à la Chine. En faisant approuver le calamiteux traité de Lisbonne, pour les beaux yeux de Mme Merkel, il a renoncé à réorienter la construction européenne dans un sens plus conforme aux intérêts de la France.       <br />
              <br />
       C’est toute la partie volontariste de son programme électoral, celle que lui avait souflée Henri Guano, qui tombe à l’eau. Prendre les agences de notation comme boucs émissaires de ce renconcement relève d’une dérobade assez comique. « Notre capitalisme », explique le Président de la République, n’est pas moral. La belle découverte ! Et que nous propose Nicolas Sarkozy ? « Nous sommes dans un contexte international défavorable : raison de plus pour accélerer ». Le changement se réduit à 55 réformes visant à durcir la concurrence. Les renards apprécieront. Le poulailler, lui, a compris à quelle sauce il allait être mangé.       <br />
              <br />
       Quant au Président de la République, plus il accélerera, et plus il créera un fossé d’incompréhension entre lui même et l’opinion publique. Celle-ci ne peut comprendre le langage de l’adaptation passive à une mondialisation libérale désormais entrée en crise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Nicolas-Sarkozy-le-renoncement-face-a-la-mondialisation-liberale_a608.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Un grand parti de gauche pour un New Deal</title>
   <updated>2009-04-30T23:33:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Un-grand-parti-de-gauche-pour-un-New-Deal_a607.html</id>
   <category term="Grands textes" />
   <published>2008-04-23T14:58:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans l'édition du Monde du 24 avril 2008. L'électrochoc dont a besoin le Parti socialiste pour se reconstruire et l'emporter passe par une critique approfondie du capitalisme.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/919572-1137405.jpg?v=1289480131" alt="Un grand parti de gauche pour un New Deal" title="Un grand parti de gauche pour un New Deal" />
     </div>
     <div>
      Certains, à gauche, comptent sur la puissance du rejet du pouvoir en place : il suffirait, à leurs yeux, que le Parti socialiste désigne demain un candidat crédible, en cohérence avec le projet social-libéral qu'il porte depuis 1983, éventuellement corrigé à la marge. Pour d'autres, les trois échecs successifs du candidat socialiste à l'élection présidentielle (1995, 2002, 2007) ne sont pas l'effet du hasard, mais la conséquence d'une rupture profonde avec les couches populaires que Ségolène Royal n'a comblé qu'en partie en 2007.       <br />
              <br />
       La reconquête de l'électorat populaire n'est pas possible à partir de l'existant. Elle passe par l'organisation d'un électrochoc puissant, débouchant sur la création d'un grand parti de toute la gauche, à condition bien entendu qu'il porte un projet à la hauteur des défis de la crise qui vient. Le mouvement socialiste, depuis les origines, n'a jamais fait l'économie d'une critique du capitalisme de son temps. La refondation de la gauche aujourd'hui ne peut davantage faire l'économie d'une critique approfondie de la globalisation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Succédant à l'ère du New Deal (1945-1979), la globalisation libérale, voulue de longue date par les Etats-Unis, n'est pas qu'un phénomène économique - l'ouverture généralisée des marchés -, elle est aussi politique : elle ne marche qu'avec l'hégémonie des Etats-Unis, qui ont imposé le dollar comme monnaie mondiale et contrôlent, à travers leurs multinationales, l'essentiel des flux de richesses et notamment de matières premières. La globalisation, à travers la libération des mouvements de capitaux, a débouché sur la domination sans partage du capital financier. La crise financière actuelle trouve son origine dans le surendettement des ménages américains et dans les dérives de la sphère financière.       <br />
              <br />
       En réalité, les Etats-Unis n'ont plus les moyens de dominer seuls le monde. Leur politique de fuite en avant dans l'endettement intérieur et extérieur aussi bien qu'en politique étrangère, avec l'invasion de l'Irak, rencontre ses limites. La chute du dollar et l'enlisement militaire au Moyen-Orient rendent manifeste la <span style="font-style:italic">&quot;surextension impériale&quot;</span>, dont l'historien Paul Kennedy avait eu l'intuition dès 1987. Les Etats-Unis cherchent en Europe des supplétifs, mais rien ne saurait enrayer la marche vers un monde multipolaire, avec la montée des grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, etc.) et le retour de la Russie.       <br />
              <br />
       La seule question qui se pose est de savoir si nous prétendons contrarier cette évolution en nous mettant, au nom d'un &quot;occidentalocentrisme&quot; à courte vue, à la remorque de la politique néoconservatrice américaine, au risque de tensions et de conflits multipliés, ou si, au contraire, nous voulons que la France et l'Europe tiennent leur rôle pour faire prévaloir le dialogue des cultures et l'autorité du droit international sans lequel il ne peut y avoir de paix durable dans ce monde multipolaire. Ce choix est crucial. Il ordonne toute la politique française. Il n'est pas moins décisif pour la réussite d'un processus de refondation de toute la gauche.       <br />
              <br />
       Celle-ci, en effet, doit s'appuyer sur la crise de la globalisation financière pour dessiner les contours du monde nouveau. Les institutions internationales, qui sont au coeur de la globalisation (FMI, OMC), sont en pleine crise : le FMI, contrôlé en fait par les Etats-Unis qui y disposent d'un droit de veto, est frappé d'impuissance et personne n'imagine plus qu'une relance de la croissance puisse résulter d'une nouvelle libéralisation du commerce international. Les pays les plus libéraux aujourd'hui n'hésitent plus à recourir à l'intervention publique, comme si les nationalisations redevenaient légitimes, dès lors qu'il ne s'agit plus que de nationaliser des pertes.       <br />
              <br />
       La grande crise qui vient amènera un réexamen critique de tous les postulats libéraux (libre-échangisme, effacement de l'Etat, rejet des politiques industrielles au nom de la &quot;concurrence&quot;). Les règles de l'organisation monétaire et du commerce international sont à revoir. Un grand parti de toute la gauche, en France, doit se donner pour visée l'organisation d'un nouveau New Deal à l'échelle mondiale. Cette nouvelle donne monétaire, sociale, environnementale, implique la réunion de grandes conférences internationales entre pays industrialisés et pays émergents. Encore faut-il pour cela qu'une volonté politique s'exprime. Sinon à quoi servirait la gauche ? Et à quoi servirait la France ?       <br />
              <br />
       C'est cette visée qui donnera toute sa puissance et sa légitimité à l'effort de conviction que la gauche devra déployer aussi bien en France vis-à-vis du monde du travail qu'au plan international vers les formations progressistes et vers les pays émergents. C'est ainsi que la gauche française pourra donner une juste perspective aux luttes sociales, particulièrement en ce qui concerne les délocalisations et la préservation, en France et en Europe, d'un tissu productif moderne. La gauche française doit construire autour d'elle une vaste &quot;alliance des productifs&quot;.       <br />
              <br />
       Les institutions européennes auront à se réformer au feu de la crise. Le recentrage de l'Allemagne sur l'Europe, auquel nous devons contribuer, sera déterminant. Pour maintenir le tissu industriel, l'Etat ne devra se priver d'aucun moyen. Cette nouvelle donne suppose que la gauche française se réapproprie la tradition généreuse de Jaurès qui n'a jamais opposé l'internationalisme et la nation.       <br />
              <br />
       Ainsi, c'est à travers la conscience d'une tâche historique exceptionnelle qu'on relèvera la gauche. Je suis convaincu que l'organisation, dans tout le pays, de &quot;forums de l'unité&quot;, dès lors que seront abordés les débats de fond, permettra d'attirer des milliers de sympathisants aujourd'hui encore sur le reculoir. Nous créerons ainsi un mouvement irrésistible vers cet &quot;événement-électrochoc&quot; que serait une nouvelle refondation de la gauche, à l'image de celles qui, de 1905 à 1971, ont rythmé son histoire.       <br />
              <br />
       Un tel parti doit s'ouvrir à toutes les sensibilités. En effet, un &quot;parti révolutionnaire&quot; dressé contre un parti &quot;social-libéral&quot; ouvrirait un boulevard à la droite. Les communistes, dont l'histoire a eu sa grandeur, trouveront mieux qu'un rôle d'appoint au PS dans la création d'un grand parti de toute la gauche. L'expérience montre que le dialogue entre des sensibilités radicales, voire utopiques, et des sensibilités plus gestionnaires peut être fécond au sein d'une même organisation.       <br />
              <br />
       Une phase intérimaire de type fédéral ou confédéral entre les parties constitutives est peut-être inévitable, mais le temps presse. Les échéances sont proches. Ne sous-estimons pas les capacités de rebond de Nicolas Sarkozy. Créons, pendant qu'il en est temps, l'élan nécessaire. Construisons une véritable alternative en prenant appui sur les intérêts indissociables de la France et du monde du travail.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de Duel sur la 3 sur France 3 dimanche 16 décembre à 23h</title>
   <updated>2007-12-17T12:10:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-Duel-sur-la-3-sur-France-3-dimanche-16-decembre-a-23h_a512.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/799412-978441.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2007-12-14T20:00:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le thème de l'émission, présentée par Christine Ockrent, est "Mondialisation : la déferlante chinoise". Jean-Pierre Chevènement sera notamment confronté à Gérard Longuet.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/799412-978441.jpg?v=1289480122" alt="Jean-Pierre Chevènement invité de Duel sur la 3 sur France 3 dimanche 16 décembre à 23h" title="Jean-Pierre Chevènement invité de Duel sur la 3 sur France 3 dimanche 16 décembre à 23h" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Présentation du débat :</span>       <br />
       Quasiment troisième puissance mondiale et alors que Pékin va accueillir les JO en  2008, quels sont les atouts de la France et de l’Europe face à ce géant ? Premier producteur mondial de jouets, la Chine envahit le marché. A  l’heure où le père Noël fait ses emplettes, difficile d’ignorer les scandales de ces derniers mois : 21 millions de jouets rappelés pour des problèmes de sécurité sur fond de conditions de travail qui semblent parfois d’un autre âge.       <br />
              <br />
       <span class="u">Les invités politiques :</span>       <br />
       <ul class="list"><li>Gérard Longuet, Sénateur UMP de la Meuse (Lorraine), ancien ministre de l’Industrie du gouvernement Balladur (1993-1994)       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Pierre Chevènement, Président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen, ancien ministre de la Recherche et de l’Industrie du gouvernement Mauroy (1981-1983)       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://programmes.france3.fr/duel-sur-la-3/37429827-fr.php">Voir le programme complet et la vidéo sur le site de France 3</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-Duel-sur-la-3-sur-France-3-dimanche-16-decembre-a-23h_a512.html" />
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  <entry>
   <title>EAS tient la laisse</title>
   <updated>2007-05-15T17:21:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/EAS-tient-la-laisse_a336.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-05-15T17:16:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
M. Ernest-Antoine Seillière, Président de Businesseurope, adresse à M. Sarkozy à peine élu, une ferme mise en demeure dans Le Monde du 15 mai 2007 :     <div>
      <span style="font-style:italic">« Nous attendons que M. Sarkozy, avec son énergie et son talent, renoue les fils cassés en 2005 … Le protectionnisme européen est mort avec le marché unique… En Europe, on attend de M. Sarkozy qu’il engage ce qui aurait déjà dû l’être : l’adaptation du marché du travail, la flexisécurité, la réforme des systèmes de retraites … »</span>.       <br />
              <br />
       Pour bien se faire comprendre, il <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-909629,0.html">ajoute</a> : <span style="font-style:italic">« Les délocalisations ne sont qu’un phénomène marginal … A Businesseurope, on ne considère pas que l’euro soit à un niveau qui freine la croissance … </span>[Entre pays européens] <span style="font-style:italic">il n’y a pas de dumping social »</span>. Fermez le ban. La campagne électorale est terminée et M. Sarkozy est fermement prié d’oublier ses propos sur la préférence communautaire et la nécessité d’un euro compétitif. On ne saurait être plus clair pour rappeler à M. Sarkozy qui tient la laisse.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/EAS-tient-la-laisse_a336.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement et Pierre Lellouche débattent dans Le Figaro Magazine de la France dans la mondialisation</title>
   <updated>2008-07-01T15:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-et-Pierre-Lellouche-debattent-dans-Le-Figaro-Magazine-de-la-France-dans-la-mondialisation_a244.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/577348-704940.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2007-03-02T19:31:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Face à face paru dans Le Figaro Magazine, samedi 3 mars 2007     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/577348-704940.jpg?v=1289480117" alt="Jean-Pierre Chevènement et Pierre Lellouche débattent dans Le Figaro Magazine de la France dans la mondialisation" title="Jean-Pierre Chevènement et Pierre Lellouche débattent dans Le Figaro Magazine de la France dans la mondialisation" />
     </div>
     <div>
      <b>Le Figaro Magazine - Pourquoi la mondialisation fait-elle peur aux Français ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement</b> - Elle ne fait pas peur à tout le monde. Il y a ceux qui en profitent, des multinationales qui font des bénéfices à l'étranger et les plus fortunés qui effectuent des placements avantageux. Mais une majorité de Français, soucieux de l'avenir du pays, ressentent une profonde inquiétude. Nous sommes structurellement affrontés à des pays à très bas coûts salariaux, et qui ont une capacité technologique et scientifique égale à la nôtre, la Chine et l'Inde. Nous n'avons pas, au contraire des Etats-Unis, l'extraordinaire avantage d'une monnaie mondiale comme le dollar qui leur permet de vivre en déficit, c'est-à-dire à crédit. Enfin, l'Europe a anéanti le tarif extérieur commun, il n'y a plus de préférence européenne. En 1972, la moyenne des droits de douane était de 14,5%, elle est actuellement de 1,5%. L'Europe a vécu cinq siècles sur une position de rente objective. Tout cela est terminé. Je ne pense pas que cela puisse être toléré sans que l'Europe ne rétablisse une forme de préférence communautaire ou, en tout cas, qu'elle se donne les moyens d'une croissance plus forte. Rappelons qu'elle est aujourd'hui la lanterne rouge de la croissance mondiale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Pierre Lellouche</b> - Il règne une profonde inquiétude en France. Nous devons la prendre en compte. La mondialisation est là. Mais qu'est-ce que la mondialisation ? C'est la liberté totale des échanges grâce aux moyens modernes de communication et de transport de l'information, des matériels, des hommes et des capitaux. Et cela n'est pas aussi négatif que certains le disent. Au cours de mes nombreux voyages, je vois des zones de développement extraordinaires dans le monde, des pays qui étaient extrêmement pauvres et qui aujourd'hui décollent. Ce n'est pas parfait, il y a des inégalités, mais aussi un essor dans des pays comme l'Inde, la Chine, le Brésil, pour ne citer que les principaux... Curieusement, la gauche passe son temps à dénoncer le sous-développement du tiers-monde, mais s'affole quand ces pays commencent à créer des emplois. C'est le vieux discours du Zambèze contre la Corrèze, repris cette fois par la gauche. Pourtant, en Europe même, il y a de la croissance : en Espagne, en Irlande, en Pologne, en Scandinavie, dans les Etats baltes, au Royaume-Uni, aussi, qui connaît le plein emploi... Ces différences de croissance-là ne renvoient pas à la «malédiction» de la mondialisation mais à la performance de ces pays européens dans les conditions qui nous sont imposées. On ne peut expliquer les problèmes de la France que par les bas coûts salariaux dans les pays émergents. En Allemagne, ils sont tout aussi hauts que chez nous, voire plus, ce qui ne l'empêche pas d'être le premier exportateur du monde...       <br />
              <br />
       <b>J.-P. C.</b> - C'est parce que l'Allemagne dispose de créneaux porteurs dans les domaines de la machine-outil, de la pharmacie et de la chimie fine, ce que nous n'avons pas ! C'est vrai depuis la fin du XIXe siècle.       <br />
               <br />
       <b>P. L. </b>- Vous abondez dans mon sens. Nous devons lutter contre les faiblesses structurelles françaises chez nous. Comme nous, les Allemands ont le même euro et la même Banque centrale européenne. Pourquoi s'en sortent-ils et pas nous ? Quant aux tarifs extérieurs européens, à nous de les défendre quand c'est notre intérêt : voyez notre agriculture, la deuxième au monde après les Etats-Unis ! L'Europe est un formidable multiplicateur de puissance. J'ai négocié Iter pour la France. Nous avions l'Europe avec nous, nous l'avons emporté. Sans le bloc des 25, nous n'aurions pas réussi face au Japon et aux Etats-Unis, unis contre nous, à faire de notre pays le berceau de la fusion thermonucléaire.       <br />
               <br />
       La France est extrêmement créative. Mais l'argent de la recherche y est mal dépensé, les liens entre la recherche fondamentale, l'université, l'industrie et le capital-risque sont quasi inexistants. Notre système éducatif s'affaiblit et nos PME sont trop faibles, notamment par rapport aux entreprises allemandes. La France travaille moins que les autres : un tiers de moins que les Anglais et les Américains en moyenne, ce qui a fait passer notre pays en vingt-trois ans de la quatrième à la dix-septième place parmi les pays de l'OCDE. Ne nous étonnons donc pas que notre compétitivité baisse !       <br />
               <br />
       <b>J.-P. C.</b> - Vos arguments concernant l'Allemagne sont à courte vue. Si elle exporte autant, c'est parce que de nombreux pays émergents s'équipent actuellement. Mais ils ne s'équiperont pas toujours en Allemagne, ils développeront leur propre industrie de machines-outils, notamment la Chine. Ces avantages vont donc s'éroder. En Allemagne, du fait du freinage de la demande intérieure, le chômage atteint 4 millions de personnes et le sentiment de précarité touche un tiers de la population avec, de surcroît, des classes moyennes désorientées. Quant à l'Irlande, l'Espagne ou la Pologne, elles tirent plusieurs points de leur PIB des fonds structurels européens. De plus, l'Irlande a attiré des multinationales...       <br />
               <br />
       <b>P. L.</b> - Le chômage en Allemagne est concentré dans l'ex-RDA. Voyez la Bavière en plein emploi. Quant à l'Irlande, pourquoi attire-t-elle les multinationales ?       <br />
               <br />
       <b>J.-P. C.</b> - Déjà parce qu'on y parle anglais...       <br />
               <br />
       <b>P. L.</b> - Non, c'est surtout pour des raisons fiscales.       <br />
               <br />
       <b>J.-P. C.</b> - On n'y paye pas d'impôts. Mais si on ne paye plus d'impôts nulle part, que deviendront les services publics, qui sont quand même un élément de la compétitivité française ? Vous contestez mon argument sur la monnaie. Mais un euro qui s'est apprécié de 60% depuis 2000, cela pèse sur nos exportations. En quinze ans, l'Europe a perdu sept points de parts de marché dans les exportations mondiales. Cela se traduit naturellement dans les chiffres de l'emploi.       <br />
               <br />
       Je suis d'accord avec vous pour balayer devant notre porte. Il faut doper la recherche, mais ce sont les gouvernements de droite qui l'ont laissée s'étioler.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>La mondialisation remet-elle en cause le modèle social français ?</b>        <br />
       <b>J.-P. C.</b> - On ne peut pas se donner le modèle social chinois pour objectif !       <br />
               <br />
       <b>P. L.</b> - Pourtant, Ségolène Royal a vanté la justice chinoise...       <br />
               <br />
       <b>J.-P. C.</b> - En matière commerciale ! Mais elle a surtout insisté sur le fait que la Chine devait prendre en compte dans son développement les besoins de sa propre population, respecter les droits humains, y compris les droits sociaux ainsi que les normes environnementales, de façon à ce que la concurrence ne soit pas excessivement faussée. Elle a dit des choses que nos dirigeants n'osent pas dire habituellement aux Chinois. Notre déficit avec la Chine est de 15 milliards d'euros, la moitié de notre déficit total.       <br />
               <br />
              <br />
       <b>Mondialisation rime aussi avec délocalisation. Faut-il pénaliser les entreprises qui s'expatrient ?</b>        <br />
       <b>J.-P. C.</b> - Non. Mais il faut protéger davantage le marché européen, appliquer des normes de sécurité, faire en sorte que nos entreprises ne soient pas concurrencées de façon totalement déloyale sur leur propre territoire.       <br />
               <br />
       <b>P. L.</b> - La préférence communautaire est sans doute nécessaire dans les cas de dumping pratiqué par certains pays. Mais attention : 20% des emplois français proviennent des exportations. En érigeant des barrières, nous serions les premiers à nous tirer une balle dans le pied, en pénalisant nos ventes de centrales nucléaires, d'Airbus, de produits agroalimentaires...       <br />
               <br />
       <b>J.-P. C.</b> - Il ne s'agit pas de basculer dans un protectionnisme à courte vue, mais simplement de définir des règles plus justes pour retenir nos entreprises, empêcher l'érosion de notre tissu industriel, et faire en sorte que nos grandes sociétés trouvent davantage intérêt à fabriquer chez nous plutôt qu'en Europe de l'Est ou en Asie. Je constate avec regret qu'Alstom, qui vient de remporter un important marché de construction de centrales à cycles combinés au Vietnam, va produire la totalité de celles-ci dans ses usines chinoises.       <br />
               <br />
       <b>P. L.</b> - Mais qui a sauvé Alstom, sinon Nicolas Sarkozy ? Baissez les charges, laissez les gens travailler davantage, autorisez les magasins à ouvrir le dimanche et vous verrez que les entreprises produiront plus volontiers dans l'Hexagone ! Je suis étonné de voir comment la gauche veut parfois tout et son contraire. Finalement, nous sommes d'accord : il ne s'agit pas tant de pénaliser les entreprises qui délocalisent que d'offrir en France un cadre plus attractif donnant davantage de chances de réussir à ceux qui entreprennent. C'est ce que préconise Nicolas Sarkozy lorsqu'il propose de canaliser davantage l'épargne vers les entreprises, notamment les PME, au lieu de la laisser s'évaporer dans des impôts et des charges stériles.       <br />
               <br />
              <br />
       <b>L'Etat doit-il intervenir au nom du patriotisme économique ?</b>       <br />
       <b>J.-P. C.</b> - Quand les Américains sont confrontés à une entreprise chinoise souhaitant racheter l'un de leurs fleurons (Unocal), ils s'y opposent ; de même qu'ils se sont opposés au rachat de leurs ports par Dubaï. En France, il faut avancer sur la pointe des pieds pour ne pas choquer la Commission de Bruxelles : la petite liste des secteurs à protéger transmise par Dominique de Villepin à la Commission européenne a été aussitôt perçue comme une manifestation de protectionnisme excessif.       <br />
               <br />
       <b>P. L.</b> - Je crois moi aussi que la France a besoin d'une vraie politique industrielle.       <br />
               <br />
       <b>J.-P. C.</b> - Je me réjouis de voir que vous vous convertissez à une idée dont j'étais le chantre dans les années 80 !       <br />
               <br />
       <b>P. L.</b> - Vous n'en avez pas le monopole ! Pourquoi n'aurions-nous pas, à l'instar des Etats-Unis, un conseil scientifique chargé de définir clairement ce que nous voulons être dans les 20 années qui viennent, quels secteurs nous ambitionnons d'encourager et de quels moyens nous souhaitons nous doter en matière de recherche nucléaire, aéronautique, spatiale ? Je ne suis pas favorable à ce qu'on laisse les marchés financiers décider des chances industrielles de la France. Comme l'a très justement rappelé, récemment encore, Nicolas Sarkozy «le capitalisme ne survivra pas sans le respect d'un minimum de règles éthiques». L'Etat a un rôle à jouer dans un monde de plus en plus compétitif. Même dans les pays taxés d'ultralibéralisme comme les Etats-Unis, l'Etat intervient dans les secteurs stratégiques. Que George W. Bush décroche son téléphone pour vendre des Boeing ne me choque pas. A nous de faire de même.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Toute politique industrielle implique des choix. Quels secteurs encourager en priorité ?</b>       <br />
       <b>P. L.</b> - La France dispose de leaders mondiaux dans le pétrole, la défense, le nucléaire, l'eau, l'aéronautique, les grands systèmes informatiques, l'agroalimentaire. Ces grandes forces doivent être protégées et développées. A l'avenir, nous devons concentrer nos efforts sur des secteurs où notre valeur s'exprime. En avant toute sur les jobs avec de la qualification et de l'intelligence !       <br />
               <br />
       <b>J.-P. C.</b> - Je ne peux me résoudre à l'idée que la France devienne uniquement le pays du tourisme et du luxe. Même cela ne durerait pas toujours. Ne cessons pas de manufacturer et de produire en France ! Nous ne devons baisser les bras dans aucun domaine. Il n'y a pas d'industrie dépassée, il y a simplement des technologies dépassées. Défendons bec et ongles notre tissu industriel !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Jean-Marc Gonin et Ghislain de Montalembert.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-et-Pierre-Lellouche-debattent-dans-Le-Figaro-Magazine-de-la-France-dans-la-mondialisation_a244.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>François Bayrou remet ça !</title>
   <updated>2007-02-27T19:07:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Francois-Bayrou-remet-ca-_a239.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-02-27T19:05:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
M. Bayrou ne parle jamais des délocalisations industrielles. C’est un signe, non ?     <div>
      En, revanche M. Bayrou propose d’inscrire l’équilibre des finances publiques dans la Constitution. C’est ce que demande, comme par hasard, la Présidente du MEDEF, Mme Parisot.       <br />
       Il y a un mauvais usage des Constitutions : celui qui consiste à y inscrire les politiques à suivre et non pas seulement les règles du jeu. On l’a vu avec le projet de « Constitution européenne ». On connaît la suite. M. Bayrou veut remettre ça !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Francois-Bayrou-remet-ca-_a239.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Renversement de situations</title>
   <updated>2007-02-21T21:52:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Renversement-de-situations_a234.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-02-21T21:51:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Airbus veut délocaliser, en Amérique, en Chine, en Russie : l’euro est trop cher en France et en Allemagne. Le gouvernement allemand veut limiter les suppressions de postes dans les usines allemandes. C’est compréhensible. Mais Mme Merkel s’inquiète dès qu’à Paris on évoque une politique de change qui rendrait le cours de l’euro moins pénalisant. C’est moins compréhensible.       <br />
              <br />
       Le gouvernement allemand veut que les usines allemandes jouent un rôle de premier plan dans la fabrication de l’Airbus A 350, en particulier pour les panneaux en matière composite. En matière de technologie, la France ne surclasse pas l’Allemagne dans beaucoup de domaines.       <br />
              <br />
       Puis-je évoquer un souvenir de 1990 ? M. Jean-Luc Lagardère et M. Jürgen Schremp, alors Président de Daimler-Chrysler, avaient cherché à convaincre le ministre de la Défense de l’époque que j’étais, au cours d’un déjeuner, qu’une bonne coopération franco-allemande en matière aéronautique passait par la privatisation d’Aérospatiale, aucune affaire industrielle ne pouvant tolérer l’interventionnisme des Etats. J’avais fait valoir à M. Schremp qu’il fallait s’accommoder de la diversité des modèles nationaux pour avancer dans la coopération franco-allemande, les entreprises publiques françaises jouissant, en fait, d’une grande indépendance.       <br />
              <br />
       Dix ans après, en 2000, Aérospatiale a été privatisée au profit du groupe Lagardère. En regard j’observe, aujourd’hui que M. Thomas Enders, le co-Président allemand d’EADS, reçoit directement ses ordres de Madame Merkel, de son ministre de l’Economie, M. Glos et des ministres-présidents des Länder concernés. La presse économique allemande – le <span style="font-style:italic">Handelsblatt</span> et le <span style="font-style:italic">Financial Times Deutschland</span> – s’en inquiètent. Eux aussi retardent d’une guerre …
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Renversement-de-situations_a234.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>M. Sarkozy redécouvre « la plus-value » et met Marx au service des patrons</title>
   <updated>2007-02-13T17:08:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/M-Sarkozy-redecouvre-la-plus-value-et-met-Marx-au-service-des-patrons_a223.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-02-13T16:50:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
M. Sarkozy prétend relever « la valeur travail ».     <div>
      Notons d’abord que le candidat de l’UMP distingue soigneusement <span style="font-style:italic">« la valeur travail »</span> de la valeur du travail que les économistes appellent <span style="font-style:italic">« salaire »</span>. Il ne propose évidemment ni de relever le SMIC ni le niveau général des salaires.       <br />
              <br />
       Bizarrement il propose de détaxer les heures supplémentaires pour que ceux qui travailleront plus puissent gagner plus. Cela coûte cher (4,6 milliards d’euros) mais ne donnera pas de travail à ceux qui n’en ont pas.       <br />
              <br />
       M. Sarkozy par ailleurs ne dit mot de la pression des pays à très bas salaires qui constitue la véritable cause de la dévalorisation du travail dans les pays socialement avancés. Rien sur les moyens d’enrayer les délocalisations, à la différence de Ségolène Royal qui évoque <span style="font-style:italic">« une Europe qui protège et nous protège »</span>, l’inclusion de normes sociales et environnementales dans les règles de l’OMC et surtout une dynamisation de l’offre à l’échelle européenne par une politique de soutien à la croissance et à l’emploi et par des politiques communes notamment en matière industrielle.       <br />
              <br />
       M. Sarkozy croit tellement à <span style="font-style:italic">« la valeur travail »</span> qu’il propose de réserver aux détenteurs de gros patrimoines qui n’ont pas besoin de travailler l’essentiel de ses mesures fiscales :        <br />
       -Suppression de fait de l’impôt sur les successions dans lequel Léon Blum voyait, dans <span style="font-style:italic">A l’échelle humaine</span> (1946), un des principaux leviers pour réduire les inégalités sociales, en abolissant le privilège des fortunes héréditaires.       <br />
       -Bouclier fiscal à 50 % du revenu et exonérations de l’ISF (impôt sur la fortune) à hauteur de 50 000 euros, mesures qui signeraient la fin de ce dernier.       <br />
              <br />
       Tout cela est parfaitement cohérent : M. Sarkozy a lu <span style="font-style:italic">Le Capital</span> : il veut accroître la différence entre le travail effectué et le travail payé, ce que Marx (et Ricardo avant lui), appelait « la plus-value ». Il met Marx au service des patrons.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/M-Sarkozy-redecouvre-la-plus-value-et-met-Marx-au-service-des-patrons_a223.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Guerre idéologique</title>
   <updated>2007-02-12T16:24:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Guerre-ideologique_a220.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-02-12T16:00:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      1)p. I du supplément « Economie » :       <br />
       <span style="font-style:italic">« Selon M. Broyer qui a employé le modèle économétrique utilisé par les banquiers centraux eux-mêmes, pour mesurer l’impact de leurs décisions, le Vector autoregressive model (VAR) … la politique monétaire</span> [européenne] <span style="font-style:italic">serait responsable de moins de 4.000 chômeurs supplémentaires en France mais de 106.000 pour la zone euro. »</span>       <br />
              <br />
       2)p. II du même supplément dans la rubrique : « Questions-réponses » :       <br />
       <span style="font-style:italic">« Entre 1990 et 2006 la part de l’Asie hors Japon dans les exportations mondiales est passée de 13 à 23 %. … Celle des pays de la zone euro s’est réduite de 35 à 29 %. … Selon deux économistes de la Société Générale, l’appréciation de l’euro entre 2002 et 2006 a entraîné de 15 à 20 % de manque à gagner à l’exportation pour la zone euro. »</span>       <br />
              <br />
       3)Conclusion : les banquiers centraux, MM. Trichet et Cie, devraient appeler le <span style="font-style:italic">« modèle »</span> non pas VAR mais WAR (guerre) pour caractériser la guerre idéologique qu’ils nous font.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Guerre-ideologique_a220.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Lettre ouverte à la société des amis du CAC 40</title>
   <updated>2007-02-09T10:15:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Lettre-ouverte-a-la-societe-des-amis-du-CAC-40_a211.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-02-08T18:06:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Dans son <a class="link" href="http://blog.rtl.fr/rtl-aphatie">blog</a> du 5 février, l’un de ceux qui, dès potron-minet, mettent en scène notre vie politique, M. Jean-Michel Aphatie, déplore que dans mon <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Entretien-au-Parisien-M-Sarkozy-est-le-candidat-du-grand-capital-financier-mondialise_a202.html">interview au Parisien</a> de la veille, j’aie qualifié M. Sarkozy de <span style="font-style:italic">« candidat du grand capital financier mondialisé, derrière la tête duquel on aperçoit toutes les têtes du CAC 40 »</span>.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Ce top 40, </span>écrit-il, <span style="font-style:italic">est stigmatisé comme la quintessence du capitalisme que nous n’aimons pas, que nous n’aimerons jamais … Que reproche-t-on exactement</span> [à ces entreprises] <span style="font-style:italic">? D’exister tout simplement ? »</span>       <br />
              <br />
       Non, cher Jean-Michel Aphatie, je ne leur reproche pas d’exister. Je me borne à décrire la logique qui les meut. Nos grandes entreprises dont le capital est de plus en plus détenu par des fonds spéculatifs sont contraints, par la dictature de l’actionnariat qui les régit, à négliger le long terme, les investissements, la recherche, la formation et la promotion de leurs salariés. Les exigences de rentabilité exorbitantes de leurs actionnaires les conduisent à privilégier le court terme, les fusions acquisitions qui font monter la cote, ou à délocaliser leurs activités dans les pays à très bas salaires et sans protection sociale, au détriment de la stabilité et du progrès social dans les pays d’origine. Voyez le dernier fait d’armes de M. Tchuruk, ce prophète de <span style="font-style:italic">« l’entreprise sans usines »</span> : la fusion d’Alcatel-Lucent, à peine réalisée, débouche sur la suppression de 12.000 à 13.000 emplois ! Ce n’est pas à M. Jean-Michel Aphatie que je ferai le procès d’ignorer ce qu’est la théorie reine de l’acquisition de la valeur pour l’actionnaire et à quoi conduit son application. Tout cela a été fort bien développé par André Orléan et Jean-Luc Gréau, notamment par ce dernier dans un ouvrage profond intitulé <span style="font-style:italic">L’avenir du capitalisme</span> (chez Gallimard).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">« A quoi bon pointer le doigt sur ces entreprises,</span> demande M. Aphatie, <span style="font-style:italic">si n’en découle aucun mot d’ordre ? ».</span>        <br />
              <br />
       Non, cher Monsieur Aphatie, je ne m’en prends pas à ces entreprises mais à la dictature du capital financier qui conduit à la désindustrialisation de la France. Je propose d’y mettre un frein. Il me semble que si les pouvoirs publics avaient été plus attentifs à préserver « un noyau dur d’actionnaires » quelle qu’en soit la forme – public, privé ou salarial -, la France, depuis cinq ans, n’aurait pas vu Pechiney tomber aux mains d’Alcan, Arcelor de Mittal, Thomson de TCL, et les Chantiers de l’Atlantique du norvégien Aker Yards. Nous devrions savoir que quand les centres de décision émigrent, les laboratoires et les usines suivent. C’est justement parce que je pense à nos petits-enfants auxquels je ne voudrais pas léguer une France désindustrialisée que je ne me fais pas le défenseur aveugle des marchés financiers. J’aimerais vous convaincre que le souci de l’avenir de nos entreprises est antinomique avec le développement sans frein de la finance mondialisée.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       M. Claude Askolovitch relaie sur la gauche l’offensive de Jean-Michel Aphatie. <span style="font-style:italic">« Chevènement,</span> s’exclame-t-il sur son <a class="link" href="http://claude-askolovitch.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/02/06/un-petit-moment-d-eternite-ou-comment-la-gauche-creve-quand.html">blog</a> du 6 février, <span style="font-style:italic">n’a pas bougé d’un poil depuis la belle époque des seventies, quand la gauche « changeait la vie » … allait partir à l’assaut des monopoles … J’avais dix ans et mon Dieu, rien n’a donc changé ? »</span>       <br />
              <br />
       Mais si, cher Claude, les formes du capitalisme, justement ont changé. Il s’est mondialisé. Les marchés financiers ont pris le pouvoir. Les multinationales mettent en concurrence les territoires et les mains d’œuvre au mépris des droits sociaux les plus élémentaires et des normes environnementales qui devraient s’imposer à tous.        <br />
              <br />
       Mais sur le fond, croyez-vous, cher Claude, que l’essence du capitalisme ait vraiment changé ? Vous lisez trop le Nouvel Observateur qui est obligé de réinventer le monde toutes les semaines.        <br />
              <br />
       La vérité est que jamais depuis la « belle époque » d’avant 1914 le talon de fer du Capital n’a été plus brutal. Jamais la soif du profit n’a été plus inextinguible. Jamais la puissance de l’Argent n’a été plus arrogante et, il faut bien l’avouer, jamais plus timoré un socialisme qui n’a pourtant de raison d’être que s’il est d’abord la critique en acte du capitalisme.        <br />
              <br />
       Vous me reprochez de <span style="font-style:italic">« recharger les Lebel du socialisme ». « Quelle ironie,</span> écrivez-vous, <span style="font-style:italic">que cet excellent Chevènement soit encore audible et choyé, quelle rage que cet éternel retour ! ».</span> Ne connaissez-vous donc pas ma devise : <span style="font-style:italic">« Etiam mortuus redeo »</span> (1). C’est que rien de fondamental n’a vraiment changé : tel un vieil arbre que le vent des modes n’a pu déraciner, je contemple, avec Ségolène, un nouveau printemps de la gauche. N’avez-vous par perçu dans son remarquable discours du 6 février, les effluves d’une République plus jeune que jamais, car fidèle à elle-même ?       <br />
              <br />
       ----------       <br />
       1)Même mort je reviens
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Lettre-ouverte-a-la-societe-des-amis-du-CAC-40_a211.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Les mauvaises prescriptions du Docteur Douste</title>
   <updated>2007-01-30T15:15:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Les-mauvaises-prescriptions-du-Docteur-Douste_a196.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-01-30T15:12:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
M. Douste-Blazy, en bon médecin, vient de proposer, à Varsovie, à la conférence du collège de l’Europe de Natolin, de faire avaler la potion du traité constitutionnel en deux cuillerées successives :     <div>
      Une première permettrait d’instaurer ce qu’il appelle <span style="font-style:italic">« les avancées majeures du traité constitutionnel »</span>.       <br />
              <br />
       Ensuite seulement, l’Union se doterait d’un traité <span style="font-style:italic">« au champ plus large »</span>.        <br />
              <br />
       M. Douste Blazy ferait mieux d’utiliser son stéthoscope pour ausculter le malade. Celui-ci a les bronches encombrées par des sécrétions malsaines dues à une exposition prolongée au mauvais vent de l’ultralibéralisme : délocalisations industrielles, chômage de masse, précarité généralisée, etc.       <br />
              <br />
       C’est cette maladie-là, Docteur Douste, qu’il faut soigner en priorité par une réorientation économique et monétaire de la construction européenne. La prescription s’énonce simplement : gouvernement économique de la zone euro, inclusion du soutien à la croissance et à l’emploi parmi les objectifs statutaires de la Banque centrale, préférence européenne, etc.       <br />
              <br />
       Vous faites une erreur de diagnostic, Docteur Douste. C’est grave pour le malade ! Et de surcroît, vous vous exposez à vous faire radier de l’Ordre des médecins.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Les-mauvaises-prescriptions-du-Docteur-Douste_a196.html" />
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