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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <dc:date>2026-08-13T21:00:18+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Hommage au Président tunisien Béji Caïd Essebsi</title>
   <pubDate>Thu, 25 Jul 2019 16:27:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Hommage au Président tunisien Béji Caïd Essebsi, par Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre     <div>
      Le Président Béji Caïd Essebsi que j’avais rencontré le 22 février dernier restera comme la figure tutélaire de la jeune démocratie tunisienne refondée en 2014.       <br />
              <br />
       Il a été le trait d’union entre la Tunisie indépendante de Bourguiba et le Printemps arabe réussi de la Tunisie.       <br />
              <br />
       Je m’incline devant sa disparition et exprime ma peine et ma profonde sympathie à son fils et à sa famille, ainsi qu’à Monsieur le Premier ministre, Youssef Chahed et à l’ensemble du peuple tunisien.       <br />
              <br />
       Je forme des vœux ardents pour que les prochaines élections permettent de consolider les acquis démocratiques de la Tunisie afin que celle-ci reste le phare de la démocratie dans le monde arabe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Hommage-au-President-tunisien-Beji-Caid-Essebsi_a2051.html</link>
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   <title>Communiqué à la suite de l'attentat terroriste du musée Bardo</title>
   <pubDate>Thu, 19 Mar 2015 19:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      L’attentat terroriste du musée du Bardo n’a qu’un objectif : casser le développement réussi de la démocratie tunisienne, et l’espoir que celle-ci représente pour le monde arabe tout entier.        <br />
              <br />
       La France doit prendre la tête d’un mouvement de solidarité de toutes les démocraties à l’égard de la Tunisie blessée.        <br />
              <br />
       Blessée mais toujours debout ! Tous les démocrates de par le monde se reconnaissent dans le combat du peuple tunisien pour pouvoir construire librement son avenir, à l’abri des chantages de la terreur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Communique-a-la-suite-de-l-attentat-terroriste-du-musee-Bardo_a1696.html</link>
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   <title>"France-Algérie, une ambition commune à forger au service de la paix dans le monde"</title>
   <pubDate>Sat, 18 Oct 2014 10:19:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Conférence de Jean-Pierre Chevènement, prononcé à l'Institut Français d'Alger, le 11 octobre 2014.     <div>
      Merci Monsieur l’Ambassadeur, merci Monsieur le Directeur de m’accueillir à l’Institut français d’Alger. Merci aussi à toutes les personnes ici présentes qui sont venues à ma rencontre, Français ou Algériens. Merci particulièrement aux personnalités algériennes que je reconnais, notamment le sénateur Benyounes, M. Omar Belhouchet directeur d’El Watan, et bien d’autres que je ne puis citer toutes.       <br />
              <br />
       Je suis venu en Algérie, guidé par l’amitié, avec une délégation de l’AFA, l’Association France Algérie, avec son secrétaire général, Monsieur Jean-Yves Autexier, ancien député et sénateur, son premier vice-président délégué, Monsieur Raoul Weexsteen que vous connaissez bien, qui est un chercheur éminent, et qui connaît bien l’Algérie. Je tiens à vous remercier, je tiens à remercier d’abord le gouvernement algérien de l’accueil qu’il m’a réservé mais aussi les Algériens que je m’efforce de rencontrer dans leur diversité. J’ai eu l’occasion déjà de voir Monsieur Belhouchet hier et puis d’autres encore, y compris en me rendant à Tizi Ouzou pour des raisons sur lesquelles je reviendrai tout à l’heure. J’ai pu avoir un contact avec les habitants et avec tout ce qui se fait de mieux dans cette terre de Kabylie qui est tellement riche, s’agissant de son patrimoine aussi bien matériel que spirituel. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Je suis frappé, je le dis chaque fois que je viens en Algérie, par tout ce qui se fait, la ville nouvelle de Tizi Ouzou, l’énorme chantier avec des dizaines de milliers de logements, un CHU, un grand stade et, puisque je parle de sport, je tiens à me réjouir de la victoire de l’Algérie sur le Malawi. Nous étions invités par M. Benyounès avec quelques ministres dont précisément le ministre des sports et nous avons suivi minute après minute le déroulement du match. Dès le début, 1-0 [applaudissements] et puis ensuite 2-0 dans le temps additionnel. Donc l’affaire était dans le sac pour ceux qu’on n’appelle plus les Fennecs mais les Guerriers du Désert. Ma culture footballistique s’est enrichie.       <br />
              <br />
       Alors, je me suis donné à moi-même un sujet difficile, un pensum que je vais peut-être vous infliger : « France-Algérie, une ambition commune à forger au service de la paix dans le monde ». Pourquoi pas ? C’est un sujet difficile. Je vais le traiter en quatre points.        <br />
              <br />
       Le monde est devenu plus complexe, plus difficile à gouverner. La France et l’Algérie peuvent constituer ensemble un binôme structurant pour le XXIème siècle. Nous avons de nombreux défis à relever ensemble et je les énumérerai en évoquant plus particulièrement le défi de l’Afrique dans laquelle, géographiquement, l’Algérie plonge profondément. Et je plaiderai pour une vision raisonnable et commune, qui est à notre portée.        <br />
              <br />
       Tout d’abord, l’Algérie, dit-on, est une jeune nation mais la France et l’Algérie sont un vieux couple. Cela pourrait se discuter parce que cette jeune nation pousse ses racines très loin dans le passé. Nous allons visiter les fouilles de la place des Martyrs demain et nous verrons que le passé de l’Algérie est très ancien, très riche. Mais on dit que c’est une jeune nation parce qu’elle a évidemment une démographie jeune, parce que, j’y reviendrai tout à l’heure, l’Algérie est pour la France le plus proche des grands pays émergents comme on dit aujourd’hui, dont la réussite nous importe au premier chef.       <br />
              <br />
       Et puis je dis que la France et l’Algérie sont un vieux couple. Effectivement, cela fait déjà un certain nombre de siècles, que nous avons appris à nous connaître. Mais le temps qui passe et les cinquante ans de l’indépendance, que nous avons commémorés en 2012, nous montrent que nous pourrons nous connaître toujours mieux, nous respecter, nous aimer, ce qui n’exclut pas de temps à autre des scènes de ménage… Mais ce n’est pas ce qui compte et, je peux le dire aujourd’hui, nos relations sont excellentes ; elles se portent bien. Il faut avoir à l’esprit que ce n’est jamais gagné, c’est un travail de tous les jours, Monsieur l’ambassadeur le sait parfaitement.       <br />
              <br />
       C’est une belle et noble bataille de rapprocher la France et l’Algérie, parce que naturellement nous devons enterrer définitivement les séquelles de l’esprit colonial : tout cela n’a plus de sens. Il faut regarder ensemble vers l’avenir avec des yeux neufs, et c’est là un défi permanent.       <br />
              <br />
       Je veux évoquer brièvement la France : c’est une vieille nation. Vous connaissez sa géographie, elle est au cœur de l’Europe occidentale, entre ses principaux pays. Sa démographie n’est pas si mauvaise que cela. Nous serons d’ici une trentaine d’années, une quarantaine d’années peut-être, le pays le plus peuplé d’Europe avec l’Allemagne. Je voudrais surtout insister sur le fait que la France n’est pas une nation occidentale comme les autres. La France est le pays - c’est l’histoire qui l’a fait ainsi - où s’est déroulée la Révolution française, avec ses principes toujours difficiles à appliquer bien entendu, mais caractérisée par une promesse, un engagement qui font qu’elle doit se sentir partie prenante de la famille de toutes les nations et pas seulement partie prenante de la famille des nations occidentales, comme l’avait dit un ancien président de la République.       <br />
              <br />
       La France a ouvert une dimension universaliste à laquelle elle doit rester fidèle. Ce n’est pas facile et elle y a manqué, notamment en Algérie, mais c’est toujours une exigence dont elle doit se rappeler, qui fait partie de l’histoire qui est la sienne. La France, chacun le sait, est membre du Conseil de sécurité des Nations unies, à titre permanent. C’est une des cinq puissances dotées et reconnues par le TNP, c’est le cinquième PNB mondial. C’est un pays qui se lamente sur lui-même. C’est un trait de caractère contemporain. Ça ne fut pas toujours le cas. Les Français ont péché autrefois par un excès d’arrogance mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. Nous restons la deuxième économie européenne, la première destination touristique mondiale et nos multinationales sont nombreuses, 31 dans les 500 premières. Elles sont plus nombreuses que les britanniques et les allemandes, même si le tissu de nos petites entreprises ou de nos moyennes entreprises est beaucoup moins fourni qu’outre-Rhin. Cela fait partie de nos handicaps qu’il faudrait rappeler. La langue française est parlée par 200 millions d’habitants. Sa culture reste appréciée par les élites du monde entier. J’ajoute que nous avons une recherche qui se tient bien.       <br />
              <br />
       Nous avons enfin un atout sur lequel je voudrais insister à Alger. C’est la présence sur notre sol d’une immigration nombreuse d’origine principalement maghrébine et notamment algérienne. C’est une chance pour la France ; c’est une chance - je le crois aussi - pour l’Algérie. J’observe la montée dans la société française de cadres, d’ingénieurs, de fonctionnaires, d’élus, d’artistes, d’architectes, de médecins, de commerçants et je peux dire que c’est assez impressionnant. On voit toujours le côté négatif des choses. Il existe aussi un aspect positif dont je voudrais témoigner devant vous. Je pense que cela fait partie à la fois de nos atouts et des vôtres.        <br />
              <br />
       J’en viens tout de suite à l’Algérie. L’Algérie est pour la France son vis-à-vis naturel de l’autre côté de la Méditerranée, la puissance centrale du Maghreb, un pays qui, je le disais tout à l’heure, s’étend jusqu’au fond de l’Afrique, qui a de très nombreux voisins, je ne vais pas les énumérer tous : le Mali, la Mauritanie, le Niger, la Libye, la Tunisie,… et ce n’est pas toujours facile. Le Maroc que je n’aurais garde d’oublier parce que la dimension maghrébine est très importante. La France doit avoir présent à l’esprit le fait que la constitution du Grand Maghreb, qui finira bien par survenir, sera une chance pour le développement de cette région et pour le développement de nos relations.        <br />
              <br />
       L’Algérie est un pays très vaste, il représente pratiquement cinq fois la superficie de la France, 2,3  millions de km2. Démographiquement, c’est un pays de près de 40 millions d’habitants, très jeune, qui maîtrise néanmoins sa démographie mais qui naturellement pèsera beaucoup plus lourd d’ici une trentaine d’années : je pense 60-65 millions d’habitants. Cela nécessite un investissement soutenu. Je vois ce que cela représente du point de vue de la formation, du logement, des infrastructures. Economiquement, c’est le premier PNB du Maghreb par habitant et en valeur absolue, c’est le quatrième de l’Afrique.       <br />
              <br />
       Enfin et surtout, l’Algérie c’est une histoire, une histoire prestigieuse qui témoigne des capacités, comme on dit, de résilience -je préfère dire : de résistance du peuple algérien, qui a surmonté l’épreuve de la colonisation, qui a conquis son indépendance et dont l’importance pour les autres peuples du monde a été et reste considérable : elle a marqué les années 1960-1970.       <br />
              <br />
       Je me souviens du prestige de l’Algérie, du président Ben Bella, du président Boumediene, de son ministre des affaires étrangères, Abdelaziz Bouteflika. C’était quelque chose qui faisait partie de ces années 1960 et qui reste profondément dans les consciences. Et j’observe aujourd’hui que l’Algérie, un moment isolée dans les années 1990, a retrouvé une forte capacité de rassemblement.       <br />
              <br />
       Enfin, je voudrais dire que l’Algérie est un Etat. Cela n’a l’air de rien, mais un Etat ce n’est pas à la portée de tout le monde. Quand on regarde la carte de l’Afrique, j’y viendrai tout à l’heure, on voit que très peu de pays peuvent dire qu’ils ont un Etat. L’Algérie a un Etat, c’est-à-dire qu’elle a d’abord un gouvernement avec des hommes et des femmes de qualité. J’ai fait la connaissance - je ne veux pas citer Monsieur Benyounès, on m’accuserait de flagornerie - mais par exemple votre ministre de l’Education nationale m’a fait grande impression et je pourrais dire cela de beaucoup d’autres, votre ministre des Affaires étrangères qui connaît admirablement les questions africaines, tout comme Monsieur Messahel, un expert reconnu. Je pourrais parler de la qualité des patrons de presse algériens. Je pourrais parler des écrivains, nous avons reçu Rachid Boudjedra il n’y a pas très longtemps à Paris, Boualem Sansal, d’autres encore, des hommes d’affaires - nous allons organiser un colloque avec des industriels algériens. L’Algérie enfin a une Administration qui maille son territoire et elle a une armée forte.       <br />
              <br />
       L’Algérie est un pays qui a beaucoup d’atouts, le FMI lui-même le soulignait il y a peu de temps. C’est une grande puissance énergétique. Monsieur Abdelmalek Sellal nous l’a rappelé. Et je dirais qu’il n’y a aucune raison de ne pas avoir confiance dans l’avenir d’un pays comme le vôtre. C’est un pays qui a la capacité d’aller loin et pour la France c’est aussi notre intérêt. L’Algérie est notre voisin, nous avons une relation humaine qui n’est pas difficile. Entre Algériens et Français, le courant passe facilement. Il y a toutes sortes de choses qui font que, peut-être parce que nous sommes des Méditerranéens, naturellement enjoués, nous aimons plaisanter, rire. Eh bien le contact s’établit assez facilement. J’ajoute que la langue y est aussi pour quelque chose. Kateb Yacine parlait de « butin de guerre » que le français représentait pour le Maghreb. Cela facilite beaucoup les choses.        <br />
              <br />
       Alors je voudrais parler maintenant des défis, en suivant le plan que je vous ai annoncé tout à l’heure, défis que nous devons relever ensemble. D’abord celui du co-développement, du développement en commun. J’évoquais ce colloque sur les échanges industriels franco-algériens qui sera conclu par Monsieur Bouchouareb et qui mettra l’accent non seulement sur la diversification nécessaire de l’économie algérienne mais aussi sur les apports que l’économie française peut réaliser à travers des investissements qui peuvent contribuer puissamment au décollage et à l’émergence. Je suis allé souvent en Chine, j’ai pu voir ce qui se faisait. La Chine a su tirer le meilleur parti de ce qu’on appelle les IDE, les investissements directs. Quand je vois les IDE français dans le monde, 2000 milliards de dollars, c’est quand même impressionnant. C’est un pays qui épargne depuis très longtemps, qui a placé son épargne à bon ou à mauvaise escient, avec bien sûr des expériences malheureuses, l’affaire des emprunts russes par exemple, mais qui ne gâchent pas notre relation. Je me rends quelque fois en Russie parce que je suis chargé d’une mission spéciale vis-à-vis de ce pays. C’est une tâche qui n’est pas toujours facile.       <br />
              <br />
       Mais il n’est pas normal que le Maghreb recueille seulement une vingtaine de milliards sur 2.000. Cela devrait être peut-être 200 milliards. Mais naturellement cela implique que les pays du Maghreb et notamment l’Algérie prennent les mesures qu’il faut pour canaliser ces investissements, et la technologie qui va avec, dans le sens que l’Algérie aura choisi. C’est sa responsabilité, c’est sa souveraineté.       <br />
              <br />
       Deuxième défi que nous avons à relever, c’est le défi de la sécurité dans le Sahel. J’étais venu l’année dernière avec le sénateur Larcher qui co-présidait une mission d’étude du Sénat français sur le Mali et le Sahel. Nous avions rencontré vos responsables. Monsieur Larcher est devenu président du Sénat - Monsieur Raffarin va devenir président de la commission des affaires étrangères et de la défense. Donc ce sont deux amis de l’Algérie qui, je pense, seront très utiles.       <br />
              <br />
       Le problème du Sahel est un problème difficile parce que nous avons affaire à des immensités : ce sont des milliers et des milliers de kilomètres et naturellement ce sont des zones de passage, des zones de trafics, de commerce. Il faut naturellement assurer un certain contrôle dans le bien de tous parce qu’il n’y a pas de développement sans sécurité. Naturellement, l’Algérie veut garder ses frontières sûres et solides. Sa constitution prévoit qu’elle ne sorte pas de ses frontières. Mais je dirais que le fait qu’un grand pays comme l’Algérie puisse déjà jouer ce rôle a un effet de stabilisation très important et une bonne entente entre nous, qui s’est créée, peut y contribuer.       <br />
              <br />
       Nous affrontons bien sûr le défi de la lutte contre le terrorisme global. Je ne veux pas mettre le terrorisme à toutes les sauces parce qu’on le fait trop facilement. Ce que je vise bien entendu, c’est l’islamisme radical, et j’ajoute : armé et global. C’est-à-dire qu’il peut y avoir des mouvements qu’on qualifie de terroristes mais qui sont en fait des mouvements de résistance, et je ne veux pas faire de confusion. Me trouvant en Algérie au lendemain de l’assassinat de l’un de nos malheureux compatriotes, je veux dire que l’amitié entre la France et l’Algérie n’est pas altérée par ce crime odieux parce que ces criminels, vous les avez connus, vous les avez subis, vous en avez souffert. Et je rends hommage à l’armée algérienne de l’effort qu’elle déploie pour retrouver les assassins. Monsieur le Premier ministre m’a indiqué que le Chef d’Etat-major en faisait un point d’honneur personnel à ce qu’ils puissent être arrêtés et déférés à la justice.       <br />
              <br />
       Je ne confonds pas l’islamisme radical avec l’islam et même pas avec l’islamisme politique tel qu’on a pu le voir se développer dans certains pays. Bien sûr il peut y avoir des parentés, mais ce n’est pas du même ordre. Nous devons rester fidèles au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures de pays comme l’Egypte où l’échec des Frères musulmans ne tient pas aux interventions extérieures mais essentiellement à la manifestation de leur incompétence. Je crois pouvoir le dire sans formuler un jugement qui porterait atteinte au principe de non-ingérence. Simplement, on doit pouvoir exprimer librement un certain nombre de commentaires.       <br />
              <br />
       Je voudrais dire quelques mots du défi de l’Afrique parce que l’Algérie est un des grands pays de l’Afrique. J’évoquais tout à l’heure le fait que c’est l’un des rares pays qui ait un Etat. On pourrait citer le Maroc, l’Egypte, l’Afrique du Sud et quelques autres. Mais pas beaucoup d’autres et c’est un problème majeur pour le développement.       <br />
              <br />
       On dit souvent que l’Afrique est le continent de l’avenir. Oui, il le faudrait, c’est nécessaire et l’Afrique a des ressources, pas seulement des matières premières mais des capacités humaines. Mais pour que l’économie et les sociétés africaines puissent se développer, il faut qu’un minimum d’ordre puisse être assuré, il faut que naturellement la vie économique puisse s’établir sur des bases stables et par conséquent, nous devons ensemble aider les pays africains à se construire sur des bases solides.       <br />
              <br />
       Le premier pays qui vient à l’esprit, c’est évidemment le Mali. Tout d’abord, son intégrité territoriale est hors de cause, il faut la préserver. Personne ne songe à modifier les frontières du Mali. La fragmentation du Mali ne serait pas une bonne chose.       <br />
              <br />
       Nous avons tous entendu parler de l’Azawad mais quand on regarde sur une carte ce que représentent les trois régions de Gao, Tombouctou et Kidal, elles représentent les deux tiers du Mali. Donc il est certainement raisonnable d’aller vers une certaine régionalisation au niveau de chacune de ces régions et d’aller plutôt vers un partage du pouvoir que vers un partage du territoire, comme nous l’a dit hier Monsieur Messahel. Je pense que c’est le bon sens.       <br />
              <br />
       Permettez à l’homme que je suis de faire un détour par les austro-marxistes, une variété de socialistes qui ne vous dira sans doute rien. C’était avant la guerre de 1914 dans l’Empire d’Autriche-Hongrie ; des gens comme Victor Adler, Otto Bauer avaient théorisé une idée de la nation fondée sur la culture, qui aurait évité selon eux ou qui était destinée à éviter le démembrement de l’Empire d’Autriche-Hongrie. Je pense que ces études, ces vieux livres que je ne voudrais pas exhumer trop longtemps, pourraient nous guider dans la recherche de solutions adaptées à la diversité des populations dans un pays comme le Mali. Mais aussi le Niger qui peut être cité en exemple parce qu’il a su trouver des formules de coexistence adaptées.       <br />
              <br />
       Si nous voulons lutter contre le terrorisme dit islamiste armé global, il faut encore assécher le terreau sur lequel il se développe. On dit que pour réduire les moustiques, il faut assécher les marais. Eh bien, il faut trouver un bon accord entre les communautés maliennes. L’Algérie s’y est essayée à plusieurs reprises, et c’est difficile. Depuis l’indépendance du Mali, en 1960, il y a eu peut-être cinq rebellions. Je sais que l’Algérie mène actuellement une médiation. Comment ne pas souhaiter sa réussite ? La France est aux côtés de l’Algérie pour l’aider à réussir dans ce travail.       <br />
              <br />
       Et nous savons aussi que le Mali ne sera vraiment un Etat qui tiendra debout que lorsqu’il aura une armée, parce que c’est nécessaire. Une armée qui soit réellement significative, ce qui implique un effort de formation que nous avons entrepris avec d’autres pays européens, mais c’est surtout nous qui portons cette tâche. L’Algérie peut aussi y aider de son côté sous des formes à déterminer. Ce n’est pas une intervention. C’est une politique de coopération pour la formation de soldats, pour qu’ils sachent en quelque sorte manœuvrer ensemble et faire respecter la loi et l’ordre car cela est tout à fait nécessaire.       <br />
              <br />
       Un mot sur la Libye. L’Algérie met l’accent sur un dialogue inclusif avec l’ensemble des parties prenantes. Vous savez que la Libye, pour des raisons sur lesquelles je ne vais pas revenir (…)a besoin de se réunir entre les éléments dit modernes, les éléments islamistes, les anciens kadhafistes, etc. Il faudrait que les Libyens puissent trouver ensemble le chemin de leur affirmation nationale. Il y a un million d’Egyptiens en Libye, un million de Libyens en Tunisie. Vous imaginez toutes les interconnections.       <br />
              <br />
       J’en viens naturellement à la Tunisie, C’est votre voisin dans le cadre du Maghreb. La Tunisie vient d’adopter une constitution qui ressemble beaucoup à celle que lui avait donnée le président Bourguiba. Elle va avoir des élections et il est évidemment de l’intérêt du Maghreb tout entier que cette expérience tunisienne réussisse. On ne peut rien dire de plus, puisqu’il va y avoir des élections, donc les élections donneront les résultats qu’elles donneront.       <br />
              <br />
       J’ai l’intention de vous dire deux mots de l’interconnexion, que j’ai pu vérifier sur le terrain en me rendant plusieurs fois dans le Sahel, entre le Sahel, le Maghreb, le Machrek, le Golfe et d’autres théâtres encore. Il y a non pas unité mais toutes sortes de connections sur lesquelles il faut réfléchir. Quand nous voyons aujourd’hui ce qu’il se passe en Irak, on voit bien que l’Irak ayant été détruit, sur le terreau de ce pays décomposé prospère le califat islamique, Daech, et la seule chose que je puisse dire, c’est qu’il me paraît évident qu’il faut dissocier les populations sunnites de Daech. C’est une responsabilité qui incombe d’abord au gouvernement irakien car il faudra d’abord reconstruire l’Irak.       <br />
              <br />
       Je ne suis pas de ceux qui se réjouissent de l’effacement des frontières entre l’Irak, la Syrie etc. Je pense que ces capitales s’imposaient naturellement. Damas, Bagdad ont été de grandes capitales dans l’histoire du monde arabe et on a constitué des Etats qui étaient certes fragiles, hétérogènes mais qu’il ne faut pas dissocier. Il faut au contraire respecter leur réalité, même s’ils n’ont qu’un siècle. Après tout, il vaut peut-être mieux des réalités patiemment construites que le désordre organisé. Je reviens (…) à ce qui était notre ambition commune : parvenir à une vision du monde raisonnable. D’abord il faut dire les responsabilités.       <br />
              <br />
       La lutte contre l’islamisme radical armé global, c’est d’abord l’affaire des musulmans qui doivent faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Ce fléau les afflige en premier, l’Algérie le sait. Naturellement, d’autres pays sont concernés : l’Amérique, l’Europe, l’Espagne, la Grande-Bretagne, la France, la Belgique et la Russie. Mais c’est quand même dans le monde musulman que doivent triompher les idées de démocratie et de progrès. Il y a des spécificités selon les pays. Par conséquent, je ne veux pas généraliser à l’excès.       <br />
              <br />
       Il y a aussi une responsabilité qui est une responsabilité occidentale qu’il ne faut pas nier. Le monde arabe, le monde musulman a subi toutes sortes de manipulations, d’instrumentalisations. Je pense même à Guillaume II, qui suscitait l’alliance du sultan contre la Grande-Bretagne en 1914, et les services secrets britanniques qui envoyaient Lawrence d’Arabie pour soulever les Arabes du Hedjaz. On pourrait trouver des exemples plus récents : le soutien de la CIA aux Frères musulmans contre Nasser ; ensuite le soutien de la CIA toujours appuyée sur l’ISI -les services secrets pakistanais- aux intégristes afghans, au Hezb-e-Islami de Gulbuddin Hekmatyar puis aux Talibans pour des raisons pétrolières ou gazières ou simplement pour faire pièce à l’URSS. Et on pourrait multiplier les exemples.        <br />
              <br />
       Le point qui est le plus choquant, je le sais, c’est le problème israélo-palestinien avec la politique du deux poids deux mesures. C’est là la matrice des tensions au Proche-Orient même s’il y a d’autres causes. Je prendrai un exemple : l’arrivée au pouvoir de l’imam Khomeiny a accru les tensions entre sunnites et chiites qui vivaient jusque-là, je dirais, en bon ménage. Les monarchies pétrolières ont réagi en développant le wahhabisme et même en finançant des mouvances terroristes. J’évoquais Ben Laden en Afghanistan. Tout cela, c’est encore une des manifestations de ce que l’on appelait « le grand jeu » au XIXème siècle et qui s’est continué pendant la Guerre froide. Donc on ne peut pas taire ces responsabilités mais il me semble qu’il ne faut jamais non plus occulter celles qui incombent à chaque peuple : chacun doit faire ce qu’il faut à domicile.       <br />
              <br />
       A cet égard, il faut souligner, me semble-t-il, l’actualité des valeurs de citoyenneté partout dans le monde. L’islamisme, c’est la thèse soutenue par un de vos collègues, Monsieur l’ambassadeur, Monsieur Brochant, est une réponse à ce qu’il appelle l’« hyperindividualisme libéral » porté par l’Occident. C’est une thèse qu’il développe en 900 pages, je ne vais pas la résumer. Mais c’est un livre qui m’a beaucoup intéressé – ce n’est pas un livre d’ailleurs, c’est une étude - qui m’a beaucoup intéressé parce je pense que nous avons besoin de valeurs collectives. Nous-mêmes, en France, je ressens que ces valeurs qu’on enseignait autrefois à l’école nous sont bien nécessaires. Le civisme serait quand même un ciment précieux dans nos sociétés. Et comment peut-on imaginer la démocratie dans le monde arabe - on a beaucoup parlé des printemps arabes - si on pense que la démocratie se résume aux élections ? La démocratie implique une éducation. Elle implique une réflexion, elle implique une prise de responsabilité collective. C’est tout cela que nous devons comprendre ensemble parce que rien de tout cela ne nous sépare. Nous avons là un lot commun d’idées à faire fructifier.       <br />
              <br />
       Tout cela doit déboucher sur une diplomatie de principes - je mets « principes » au pluriel - qui doit nous réunir. Nous devons agir dans le cadre de l’ONU. Bien entendu, le monde n’est plus ce qu’il était en 1945. Il y a 200 pays dans le monde. Il y en avait 51 à l’époque. Mais il y a un certain nombre de principes qui tiennent la route : le respect de l’intégrité territoriale des Etats, l’autodétermination de chaque peuple et l’action dans le cadre de l’ONU, ou dans le cadre d’organisations comme l’Organisation de l’Unité Africaine où je salue le rôle que joue l’Algérie. C’est très important parce qu’aujourd’hui on doit privilégier la voie du dialogue, de la conviction et de l’action solidaire.       <br />
              <br />
       Il faut toujours penser que la négociation, quand elle est possible, est préférable à la guerre car la guerre, quand on la déclenche, est une boite de Pandore. Le diable s’en échappe et il est très difficile de l’y faire rentrer. Nous l’avons vérifié puisque c’est le centième anniversaire du déclenchement du Premier conflit mondial. Il est la matrice du « terrible et court XXème siècle » dont a parlé l’historien britannique Hobsbawn. Mais prenez la guerre du Golfe. Elle a bien évidemment abouti à cet embargo cruel puis à cette invasion de l’Irak, à la destruction de ce pays, de son administration, de son armée, de son Etat avec les résultats que nous voyons : un Etat qui est divisé au moins en trois. Les chiites qui sont peut-être majoritaires mais qui sont, je dirais, dans leur région. Les sunnites, livrés à eux-mêmes, ont été abandonnés. Comme me dit un de mes amis, on voit des chiens méchants mais qui les a rendus méchants ? Donc il faudrait dissocier ces populations sunnites de Daech parce que je pense qu’elles ne se reconnaissent pas du tout dans cette organisation. Moi qui ai connu l’Irak d’autrefois, qui était un pays de haute culture, un pays de progrès à certains égards, je vois aujourd’hui le résultat. Donc nous devons toujours privilégier la négociation à la guerre. C’est ce que fait assez systématiquement, me semble-t-il, l’Algérie. Je ne saurais que l’approuver.       <br />
              <br />
       Nous ne devons pas non plus nous fixer d’objectifs qui soient au-delà de nos moyens. C’est une chose assez simple, mais quand on se fixe un objectif, il vaut mieux en avoir les moyens et bien mesurer le temps nécessaire pour atteindre l’objectif.       <br />
              <br />
       L’Algérie se conçoit comme une puissance régionale majeure qu’elle est incontestablement mais, je l’ai rappelé tout à l’heure, sa diplomatie est prestigieuse. Elle peut s’exercer, par exemple dans la mission que le secrétaire général de l’ONU avait confiée à Monsieur Lakhdar Brahimi sur des sujets difficiles. On n’en est d’ailleurs pas encore sorti, mais rien ne doit nous empêcher de peser ensemble politiquement dans le bon sens pour relever y compris des défis qui se manifestent sur des champs plus lointains mais qui ont des répercussions sur la région dans laquelle nous sommes. Qui peut croire que l’islamisme est simplement un problème algérien, un problème maghrébin, un problème sahélien ? C’est un problème beaucoup plus vaste. Donc nous pouvons y réfléchir ensemble. Nous avons tout à gagner à nous parler continûment, à confronter nos analyses, à rapprocher nos points de vue. Personne n’a la vérité infuse. Chacun a sa part de vérité. En confrontant nos points de vue, je pense que nous pouvons faire grandement avancer les choses.       <br />
              <br />
       Je vais conclure maintenant. Vous m’avez accordé une demi-heure. Je crois que je vais tâcher de me plier à la discipline que m’a fixée le directeur de l’Institut français. Celui-ci d’ailleurs ne s’appelle pas ainsi par hasard. Je vous ai mis l’eau à la bouche. Je vais donc dire tout de suite que c’est un amendement que j’ai présenté en pleine nuit au Sénat qui a fait préférer le nom d’ « Institut français » à celui d’« Institut Victor Hugo ». Vous risquiez de vous appeler « Institut Victor Hugo » alors que la littérature française est quand même plus riche que Victor Hugo, quels que soient finalement les mérites de cet immense poète. « Notre plus grand poète, hélas » disait Gide. Mais la littérature française est autre chose, donc vous vous appelez « Institut français ». Je veux conclure après cette incidente dont vous voudrez bien m’excuser.       <br />
              <br />
       Si l’Algérie et la France doivent se fixer cette ambition à vrai dire impressionnante, que j’évoquais tout à l’heure, il nous faut éviter tous les simplismes, tous les manichéismes, prendre conscience ensemble de la complexité des situations dans le monde du XXIème siècle, lutter ensemble contre toutes les formes de discrimination, de racisme, d’islamophobie, d’antisémitisme. En positif, faire triompher les valeurs de citoyenneté, de fraternité entre les peuples, les valeurs de paix et cela demande du courage. C’est Jaurès qui s’exprimait ainsi avant la Première Guerre mondiale : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire. C’est refuser de nous joindre, de nos mains et de notre bouche, aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ».        <br />
              <br />
       Je n’ai pas connu Jaurès… Mais j’ai connu Jacques Berque, qui était un de mes amis. Il est d’ailleurs Algérien, né à Frenda. C’était pour moi un ami très proche. Il a traduit le Coran en français et il me faisait remarquer que le Prophète, 44 fois - je n’ai pas vérifié mais je l’ai encore dans l’oreille – 44 fois, le Prophète faisait appel à la raison naturelle dans le Coran traduit par Jacques Berque. Le Prophète disait « il faut aller chercher le savoir jusqu’en Chine », c’est-à-dire à l’époque jusqu’à l’extrémité du monde. Je vois que vous savez le faire puisque vous avez des entreprises chinoises qui travaillent sur les chantiers algériens.       <br />
              <br />
       C’est donc et je conclurai par-là, sur les valeurs de savoir, de culture, de raison que nous forgerons ensemble un avenir meilleur. Je pense, parce que je connais l’Algérie et parce que je connais toutes ses possibilités dans tous les domaines, qu’elle et la France, ensemble, peuvent y contribuer grandement. Voyez la carte du monde. Regardez une mappemonde, il y a les Etats-Unis, qui restent, non plus l’hyperpuissance mais une très grande puissance, qui déclinent peut-être mais très doucement et qui font ce qu’il faut pour ne pas décliner trop vite. Et puis la Chine qui monte dont le produit égalera bientôt celui des Etats-Unis. Vous voyez bien tout ce qui se passe et la tentative des Etats-Unis de rassembler l’Occident autour d’eux et puis d’autre part les émergents. L’Occident heureusement est pluriel, comme je le disais tout à l’heure. Les émergents aussi d’ailleurs.       <br />
              <br />
       Le monde est donc compliqué mais ensemble, regardez la carte : la France et l’Algérie se touchent presque. Il n’y a que la Méditerranée à traverser. Il y a tant de choses entre nous et tant de liens humains. Donc c’est ce rapprochement vraiment inédit, exceptionnel, sans pareil, avec une compréhension qui peut-être spontanée, mais doit toujours être recherchée, qui peut former, je le disais tout à l’heure, un binôme structurant, une colonne vertébrale, quelque chose de solide pour le monde du XXIème siècle. Merci.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/France-Algerie-une-ambition-commune-a-forger-au-service-de-la-paix-dans-le-monde_a1667.html</link>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Le Maghreb et son nord"</title>
   <pubDate>Mon, 23 Jun 2014 12:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 17 février 2014 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6749323-10316756.jpg?v=1403520557" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Le Maghreb et son nord"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Le Maghreb et son nord"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil_a799.html">Accueil</a> de Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Que-peuvent-faire-l-Europe-et-la-France-au-Maghreb_a800.html">Que peuvent-faire l'Europe et la France au Maghreb ?</a> par M. Francis Ghilès, Senior Researcher au Centre d'Etude et de Documentation Internationale (CIDOB) de Barcelone, ancien correspondant du Financial Times pour l'Afrique du Nord       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-Maghreb-et-son-Nord-Perspectives-sur-Fond-de-Crise-Mondiale_a801.html">Le Maghreb et son nord. Perspectives sur fond de crise mondiale</a> par M. Walid Bel Hadj Amor, Directeur général adjoint du groupe Comete, Président du Centre tunisien de veille et d'intelligence économique       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-Maghreb-pont-entre-l-Europe-et-l-Afrique_a802.html">Le Maghreb pont entre l'Afrique et l'Europe</a> par M. Abderrahmane Mebtoul, Professeur des universités, expert international       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-integration-regionale-un-imperatif-et-non-une-option_a803.html">L'intégration régionale, un impératif et non une option</a> par Mostapha Bousmina, Chancelier de l'Académie Hassan II des Sciences et Techniques, président de l'Université Euro-méditerranéenne de Fès       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a804.html">Débat final</a> animé par Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-Maghreb-et-son-nord_r109.html">&quot;Le Maghreb et son nord&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.        <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/Le-Maghreb-et-son-nord_p91.html">&quot;Le Maghreb et son nord&quot;</a> est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.       
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Le-Maghreb-et-son-nord_a1643.html</link>
  </item>

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   <title>Les changements politiques dans le monde arabe</title>
   <pubDate>Wed, 05 Dec 2012 19:01:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement devant l'Académie des Sciences Morales et Politiques, lundi 3 décembre 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/4995382-7459420.jpg?v=1354731369" alt="Les changements politiques dans le monde arabe" title="Les changements politiques dans le monde arabe" />
     </div>
     <div>
      Les « révolutions arabes » ont surpris. Elles ont été saluées, dès le départ, avec d’autant plus de ferveur par l’opinion publique occidentale que celle-ci ne les avait pas vu venir.        <br />
              <br />
       L’enthousiasme qu’elles ont, d’emblée, suscité plonge ses racines dans une certaine mauvaise conscience, celle d’une trop longue tolérance à l’égard de régimes autoritaires et corrompus, vus comme un moindre mal pour des peuples considérés comme trop arriérés pour accéder à la démocratie. Or, brusquement, ces sociétés se réveillaient. Leur développement entrait en contradiction avec des régimes qui accaparaient le pouvoir depuis trop longtemps et dont la légitimité s’était érodée au fil du temps. Une vision quelque peu euphorisante s’est alors développée, celle d’un « printemps arabe » surgi au cœur de l’hiver 2011. A travers lui, les peuples arabes allaient rejoindre un mouvement universel vers la démocratie qu’avaient parcouru avant eux d’autres peuples, ceux d’Amérique latine, d’Europe du Sud puis de l’Est, après la chute du Mur de Berlin, voire d’Afrique.        <br />
              <br />
       Vision idéalisante, à coup sûr, car beaucoup de ces peuples avaient déjà connu la démocratie. Pour l’essentiel, les « révolutions arabes » entendent non pas « restaurer », mais « instaurer » la démocratie, avec, en Tunisie, un mot d’ordre qui vaut marque de fabrique : « Dégage ! ».       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      *       <br />
              <br />
       Tout aussi péremptoire aujourd’hui, une thèse inverse se fait jour : et si les « révolutions arabes » n’avaient été qu’une « ruse de l’Histoire », ayant seulement servi de fourrier à l’islamisme politique, comme on le voit en Egypte, cœur du monde arabe, avec la victoire des Frères musulmans ?       <br />
              <br />
       Il y a en fait deux temps dans les « révolutions arabes » : celui de leur éclosion et celui du processus électoral qui va révéler le « pays réel », en Tunisie et en Egypte notamment.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       Je propose d’abord de replacer l’analyse des révolutions arabes dans le mouvement de l’Histoire longue.       <br />
              <br />
       L’Islam est la religion de 1 200 millions d’hommes et de femmes, de l’Océan Atlantique aux confins de la Chine, de l’Afrique noire à l’Asie Centrale, et jusqu’aux mers du Sud (Indonésie, Philippines). L’Islam est plus qu’une religion. C’est une organisation sociale qui se veut fondée sur la parole incréée de Dieu, transmise par le Prophète, Mahomet, et sur la tradition. Depuis la fin du califat ottoman (1924), l’Islam ne répond plus à une organisation politique spécifique. Une seule nation a été bâtie sur l’Islam : c’est le Pakistan. La monarchie séoudienne n’est que la protectrice des « Lieux Saints ». Certes, la République islamique d’Iran repose, en dernier ressort, sur l’autorité religieuse, mais elle admet les élections et constitue, en quelque sorte, une forme de régime mixte appelé à évoluer encore.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       Le monde arabe nous intéresse d’abord parce qu’il est notre voisin, ensuite parce qu’il est au cœur du monde musulman et enfin parce qu’il est le théâtre de ces révolutions dites « arabes ». Une page, depuis 2011, s’y tourne incontestablement. Elle se tourne sur les régimes sclérosés, corrompus et dictatoriaux, en lesquels avaient fini par tourner les nationalismes arabes nés des révolutions qui avaient suivi la deuxième guerre mondiale et qui, à l’origine, aspiraient à accommoder à l’usage de l’Orient, les recettes de l’Occident (modernisation économique, socialisme arabe à travers l’intervention de l’Etat, laïcité).        <br />
              <br />
       Ces régimes nationalistes arabes, curieusement, avaient d’abord été combattus par l’Occident parce qu’ils remettaient en cause ses privilèges et parce qu’ils se sont peu à peu rapprochés de l’URSS. Les Etats-Unis, depuis 1945, ont préféré soutenir les monarchies du Golfe qui leur garantissaient le pétrole, même si le déplacement du centre de gravité du monde arabe consécutif aux « chocs pétroliers » allait faire monter l’influence d’un islamisme conservateur (dans ses deux variantes : traditionnelle (wahhabite) d’une part, plus moderne avec les Frères Musulmans égyptiens, d’autre part).        <br />
              <br />
       La création d’Israël en 1948 et son expansion ont conduit les Etats-Unis à s’engager de manière de plus en plus unilatérale à ses côtés d’où une montée continue de l’antiaméricanisme dans le monde arabe, particulièrement au Machreck. Rappelons cependant qu’en 1956, Eisenhower avait sauvé la mise de Nasser.        <br />
              <br />
       Dans l’échec global des nationalismes arabes, la responsabilité des sociétés arabes et de leurs leaders ne saurait malheureusement être éludée. Très marqués par la tradition patriarcale et la « verticalité » du pouvoir propre aux sociétés méditerranéennes, les pays arabes n’accèdent pas spontanément à la dimension « horizontale » du débat civique, fondé en Occident sur l’existence d’un citoyen censé « penser par lui-même ». Non que les sociétés arabes ne comportent pas beaucoup d’individualités brillantes, mais l’idée d’une relation politique d’égal à égal, fondée sur une démarche argumentée et démocratiquement sanctionnée, a eu longtemps peine à s’y faire jour. Ce serait tout l’intérêt du processus enclenché par les révolutions arabes si elles permettaient d’y remédier. Ce « travail de soi sur soi » des sociétés arabes est un préalable. Il a été entrepris par une jeunesse branchée sur le monde moderne mais assez généralement coupée des luttes d’indépendance menées, il y a plus d’un demi siècle par leurs aînés. Cette « révolution culturelle » dont le terreau est plus dans le réseau de la communication moderne que dans la lente sédimentation des Lumières, malgré les efforts d’alphabétisation et d’éducation réalisés par les régimes en place, ne peut s’effectuer que dans la durée. Les « révolutions arabes » n’en sont qu’à leur début. Elles apparaissent, au départ, comme une « rupture générationnelle » entre une jeunesse qui est bien de son temps et des structures de pouvoir aujourd’hui loin de leurs sources et souvent sclérosées.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Les Etats et les nations sont le cadre de mouvements dits du « printemps arabe »</b>       <br />
              <br />
       Les Etats et les nations, notamment ceux qui sont nés du partage de l’Empire Ottoman à la fin de la Première guerre mondiale, et sous la réserve d’une relative indépendance du Maghreb acquise dès la fin du XVIe siècle (après Lepante), constituent le cadre des « révolutions arabes ». Ces Etats, à majorité sunnite (à l’exception de l’Irak et de Bahrein), sont néanmoins divisés (minorités chrétiennes, chiites, druzes, kurdes, etc.). La colonisation a souvent favorisé l’expression de ces minorités. La majorité sunnite s’est ainsi retrouvée face à l’Occident dans des mouvements musulmans intégristes comme les Frères musulmans, fondés en Egypte dès 1928. Des régimes souvent minoritaires et autoritaires ont fini par s’imposer face à une politique occidentale marquée par un soutien inconditionnel à Israël et la méconnaissance persistante des droits du peuple palestinien. Les échecs successifs des Etats arabes face à Israël, la surenchère diplomatique et l’inefficacité économique ont entrainé dans les peuples du Machreck une forte culture du ressentiment. La négation des droits des Palestiniens a contribué aussi à une radicalisation islamiste que la politique occidentale a paradoxalement encouragée, à partir de 1956, pour contrer un nationalisme laïque suspecté de vouloir s’allier avec l’Union soviétique. Les Etats-Unis ont certes su préserver leur chasse gardée pétrolière en fragmentant le reste du monde arabe sur le plan communautaire et ethnique (Irak notamment mais aussi Soudan, voire Syrie). Les « révolutions arabes » se sont attaquées avec détermination aux pouvoirs autoritaires nés de cette histoire malheureuse, en se gardant dans un premier temps, au moins, des surenchères face à Israël ou aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       Il ne faut pas confondre concomitance et unité. Il y eut concomitance entre les évènements de Tunisie, du 17 décembre 2010 au 14 janvier 2011, et leur suite en Libye, en Egypte, au Maroc… Un indiscutable effet d’entraînement a eu lieu. Des traits communs apparaissent : partout des mouvements modernes à propulsion démocratique posent le problème de la participation de la majorité à la définition de son destin. Avec la liberté d’expression, la libération des prisonniers politiques, le pluralisme politique, un processus d’expression des sociétés se met en branle.  Bref, la forme est démocratique, même si elle ne préjuge pas du fond mais permet le développement de la conflictualité. Des forces qui pourraient s’opposer au mouvement - l’armée, les Etats-Unis -  laissent faire. Chacun de ces mouvements enfin porte la marque de l’histoire et des contradictions de la nation dans laquelle il se développe. C’est aussi pourquoi les révolutions arabes sont si diverses que le vocable qui les désigne perd progressivement de sa clarté initiale.       <br />
              <br />
       Partout, au départ, le culte du drapeau et l’affirmation de l’identité nationale se sont mnifestées, de Tunis à Bahreïn en passant par Le Caire. La fierté nationale a été un  carburant des soulèvements. Les acteurs ne se percevaient pas comme les artisans d’un « printemps arabe » embrassant tout le monde arabo-musulman, mais comme les acteurs d’une renaissance de leur pays, abaissé par les régimes autoritaires et corrompus. La forme nationale prise, au départ, par les révolutions arabes peut apparaître comme une forme de sécularisation à travers la revendication d’un Etat porteur de l’intérêt général.        <br />
              <br />
       Les mouvements populaires se développent selon une logique qui reflète l’histoire politique et sociale propre à chaque pays :        <br />
              <br />
       1.	En Tunisie, la cause de l’explosion tient sans doute à Ben Ali, au pouvoir autoritaire et policier, à la corruption et à l’accaparement des grandes sociétés par un clan familial. Elle tient aussi à la mise en œuvre de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne et au démantèlement de l’accord multi-fibres qui a détruit des dizaines de milliers d’emplois locaux. L’explosion tunisienne  tient enfin à la démocratisation de l’Ecole et de l’Université, en raison du nombre considérable de diplômés sans emploi. Ben Ali part dès lors qu’il comprend que l’armée le lâche.       <br />
              <br />
       2.	En Egypte, il était frappant de constater que la principale force d’opposition au régime Moubarak, les Frères musulmans, était au départ absente de la scène de la contestation. C’est l’armée, s’appuyant sur le mouvement de la place Tahrir, qui a écarté Moubarak. On a observé par la suite une prise en main progressive par les Frères musulmans,  au fur et à mesure que la population dans sa masse rejoignait le mouvement. La vraie révolution, ce n’est pas la manifestation du 25 janvier 2011, Place Tahrir, ni le départ du Raïs, le 11 février, mais les élections de l’automne qui ont envoyé 78 % de députés islamistes au Parlement. Comme en Tunisie, les Américains ont été plus des « facilitateurs » que des acteurs. Le libéralisme en économie professée par les islamistes y est sans doute pour quelque chose.        <br />
              <br />
       3.	En Libye, l’autocratie cruelle et bouffonne ne fut pas défaite en quelques jours, comme à Tunis, mais à la suite d’une longue période, où l’engagement de l’OTAN (7000 raids aériens) fut décisif. Les divisions anciennes du pays en tribus et le partage inégal de la richesse pétrolière, expliquent en partie aussi bien la révolte que le soutien reçu longtemps par le régime.        <br />
              <br />
       4.	A Bahreïn, le caractère propre de l’Etat, avec une population majoritairement chiite et une monarchie sunnite peut seul expliquer aussi bien le mouvement de protestation que son écrasement par l’armée séoudienne.         <br />
              <br />
       5.	Au Maroc, le mouvement du 20 février, animé par des jeunes et des diplômés, s’est heurté à l’agenda du roi, de l’USFP, comme à celui des islamistes. Il n’a guère prospéré. La reprise en main effectuée par le roi, organisant un referendum constitutionnel, avec 73% de participation et 97% de « oui »  a été approuvée par la majorité de la population. Puis aux élections législatives de novembre 2011, les islamistes du PJD sont arrivés en tête avec 27% des voix et le gouvernement Benkhirane compte 12 ministres islamistes. Le Maroc est un triangle dont le sommet, la monarchie, s’appuie sur deux pôles, l’un moderniste, l’autre islamiste.       <br />
              <br />
       6.	En Algérie, l’absence de grand mouvement populaire organisé de contestation ne se comprend qu’en référence à l’histoire récente du pays, et particulièrement la guerre civile des années 90 qui s’est soldée par l’échec des tentatives de prise de pouvoir par la force des islamistes. Les tentatives d’organisation d’un mouvement de protestation par le RCD, en janvier 2012, sont restées sans grand écho. Le traumatisme des années noires - le nombre des victimes est évalué à plus de 150.000 morts - et le fait que l’Algérie, pays relativement riche, ait su éteindre la contestation par des mesures ciblées touchant la consommation populaire, expliquent largement la situation.        <br />
              <br />
       7.	En Syrie, les mouvements populaires de contestation du régime dictatorial et policier de Bachar El Assad étaient dès le départ marqués par les divisions confessionnelles anciennes du pays. Le refus de l’accaparement de l’Etat par les Alaouites, sous le camouflage du Baath, nourrissait l’exigence démocratique. Mais la situation ne peut s’expliquer que par l’histoire du pays, par l’ascenseur social fourni par l’armée à la minorité méprisée des Alaouites et aux Chrétiens, et par l’écrasement des Frères musulmans en 1982. Très vite, surgissent aux côtés des manifestants civils des combattants armés venus de toute la région et se revendiquant de la cause islamiste. La révolution prend aujourd’hui les traits d’une guerre civile.       <br />
              <br />
       8.	L’insurrection populaire au Yémen fondée, au départ sur la contestation du pouvoir du président Saleh, n’a pu s’arracher aux tensions et divisions ethniques qui traversent un Etat récent, séparé puis réunifié au cours du dernier demi-siècle. La « solution yéménite », favorisée par l’Arabie Séoudite, n’empêche pas les islamistes radicaux de contrôler à présent l’est et le sud du pays.       <br />
              <br />
       9.	Au Nord Mali, la revendication indépendantiste touareg (MNLAzawad) a été rapidement écartée par AQMI, par le Mouvement pour l’unicité et pour le djihad en Afrique de l’ouest (Mudjao) et par le groupe Ansar Eddine, principalement touareg mais dans la mouvance intégriste. Les éléments djihadistes semblent avoir pris, dans la foulée d’un mouvement populaire, le contrôle de la situation.       <br />
              <br />
              <br />
               <br />
       <b>II – Des révolutions conservatrices ?</b>       <br />
              <br />
       Après la phase révolutionnaire proprement dite (« thawra  », en arabe), s’ouvre une deuxième séquence : celle du processus électoral. Alors que la première phase était portée par une jeunesse branchée, soutenue par une fraction des élites modernistes, la deuxième phase permet à la société profonde de s’exprimer : monde rural, faubourgs urbains, masses dont l’Islam est la référence et l’horizon, et cela d’autant plus que les organisations islamistes ont tissé depuis longtemps, avec la tolérance des autorités en place, un étroit réseau d’éducation et d’aide sociale.        <br />
              <br />
       Henry Laurens, professeur au Collège de France, explique que « la poussée de l’Islam est en bonne partie le fruit des progrès de l’éducation ». C’est moins d’une « réislamisation » qu’il s’est agi que d’un changement de l’islam sous l’effet de la scolarisation. En fait, la majorité de ces populations était analphabète et son islam consistait surtout en traditions et superstitions. Avec l’accès à l’alphabétisation, l’islam populaire s’est transformé en islam lu. Les gens ont acquis la possibilité de lire le Coran par eux-mêmes, pour commencer. Ils ont pu y puiser des arguments nouveaux. Cette acculturation religieuse n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé en Europe avec la Réforme protestante, puis la Contre-Réforme catholique, aux XVIe et XVIIe siècles ».        <br />
              <br />
       Il n’est pas étonnant dans ces conditions que les forces islamistes aient pris le dessus, dans des proportions d’ailleurs variables à l’occasion des élections. Bruno Etienne, quand il voulait expliquer à un public français ce qu’était l’islamisme disait que c’était « les bonnes sœurs + la CGT » ! A ceci près que l’islamisme s’accorde fort bien avec le libéralisme économique. Maxime Rodinson, dans « Islam et capitalisme » (1966), a bien montré que les textes fondateurs de l’Islam magnifient le commerce et la libre entreprise. Khadija, la femme du Prophète était d’ailleurs une grande « femme d’affaires » ...       <br />
              <br />
       1.	Le « printemps tunisien » fut plutôt un mai 68, mené par les jeunes, les étudiants, les diplômés, les couches évoluées … suivi de l’irruption dans les urnes d’une révolution conservatrice. Neuf mois après le départ de Ben Ali, le 23 octobre 2011, le parti Ennhada emporte quatre-vingt-neuf sièges sur deux cent dix-sept. Il forme le gouvernement avec l’appui de deux partis du Centre gauche, le Congrès pour la République (CPR) du Président Moncef Marzouki et « Ettakatol », dirigé par le Président de l’Assemblée Constituante, Mohamed Ben Jaafar. Le Président d’Ennhada, Rachid Ghannouchi, pratique une politique renvoyant dos à dos les « extrémistes », que sont, dans sa bouche, les « laïcs » se réclamant de Bourguiba, et les « salafistes », partisans d’un retour à la lettre du Coran. Même s’il garantit le code du statut personnel et les droits de la femme, Rachid Ghannouchi ne veut pas rompre le dialogue avec les salafistes. Le gouvernement est contraint de réprimer les assauts menés par ceux-ci contre des expositions culturelles ou même des postes de police. L’affaire prend de tout autres proportions quand c’est le Consulat américain qui est visé. La police est amenée à tirer. Le gouvernement est sur le fil du rasoir. L’opinion publique commence à se retourner, même si l’opposition, regroupée derrière M. Caïd Beji Essebsi, ancien Premier ministre de Bourguiba, peine à se regrouper, en butte aux attaques qui la décrivent comme préparant un retour en force de « l’Ancien Régime ». Le problème d’Ennhada, c’est d’abord le chômage, particulièrement celui des jeunes, et de ne pas se laisser déborder par les salafistes.        <br />
              <br />
       Libéral au plan économique, Ennhada ne l’est évidemment pas en matière de mœurs, mais peine à trouver des solutions. L’urgence est économique et sociale. Le tourisme par exemple, c’est aussi, comme le fait remarquer H. Laurens, « l’alcool et les femmes au visage découvert ». En attendant, l’Assemblée Constituante est en panne. Non seulement il n’y a toujours pas de Constitution, mais de nombreux problèmes sont irrésolus : le chômage des étudiants, les inégalités régionales, la question du marché noir, etc. C’est sur ce terreau que progresse la violence salafiste dont les acteurs sont issus d’une jeunesse marginalisée. L’UGTT, la puissante centrale syndicale qui a soutenu la Révolution, vient d’appeler au « dialogue national » pour « hisser l’intérêt général au-dessus du particulier ».        <br />
              <br />
       Les premières élections doivent avoir lieu probablement en juin 2013. Il n’est pas anormal qu’une transition vers la démocratie fasse apparaître des contradictions. La découverte du pluralisme et du débat est, en soi, chose positive. La Tunisie constitue un laboratoire qui montrera si une synthèse est possible entre l’islamisme politique et la démocratie.       <br />
              <br />
       2.	Le « printemps égyptien » a été suivi de deux séries de consultations électorales, remportées par les Frères musulmans. Victoire électorale aux législatives, avec 44% (la totalité islamisme plus salafisme dépassant 70% des voix) suivie d’un reflux aux  présidentielles avec 24% au premier tour (et 52% au second) L’élection de Mohamed Morsi a conduit à un effacement  politique de l’armée.        <br />
              <br />
       Ce qui est frappant en Egypte, c’est l’importance du vote islamiste aux législatives et son reflux à l’occasion de l’élection présidentielle. La forte capacité manœuvrière du nouveau Président, qui a bénéficié à l’évidence du soutien de l’administration Obama pour obtenir l’effacement des militaires, n’est pas de trop pour naviguer entre les écueils. En obtenant une trêve entre Israël et le Hamas, le Président égyptien a gagné une crédibilité nouvelle au plan international mais l’extension par décret de ses pouvoirs marque un seuil. Contre la rue, le Président Morsi choisit un référendum, le 15 décembre 2012, sur la Constitution proposée par les islamistes.       <br />
              <br />
       Henry Laurens porte sur l’évolution des « Frères Musulmans » égyptien le jugement suivant : « Les Frères musulmans sont condamnés à accepter le pluralisme de la société parce que c’est la condition pour eux d’accéder au pouvoir. Il me semble même qu’une frange au moins du mouvement a intégré la notion de pluralisme. Il y a vingt ans, j’aurais dit : les Frères musulmans sont unanimistes, ils sont adeptes de la « guerre des civilisations » qu’ils ont prônée avant que Huntington ne la théorise, ils croient au complot culturel de l’Occident pour détruire l’islam. Ce sont des antimodernes. Leurs idéologues d’aujourd’hui ne tiennent pas du tout ce discours. Ils ne sont plus dans le conflit entre ce qui est défini comme musulman et l’exogène. Ils insistent au contraire sur la compatibilité entre la modernité incarnée par l’Occident et l’islam. Le grand thème des élections a été l’élaboration de l’« Etat civil » (dawla madaniyya), sorte de mixte entre l’Etat de droit et la société civile. » Reste à savoir si la réalité, marquée par l’absence d’alternative aux islamistes, se conformera au discours des idéologues.       <br />
              <br />
       3.	En Libye, les forces « démocratiques » étaient surtout islamistes. Le mouvement était d’ailleurs parti de Benghazi, où le rigorisme religieux a toujours trouvé ses cadres. Le soutien du Qatar est allé jusqu’à une participation à la coalition armée. Rien d’étonnant à ce que la remise en vigueur de la charia ait été une des premières mesures annoncées. Les violences ethniques demeurent, notamment au Sud. Certes les Frères musulmans ont été battus aux élections par les « libéraux » de Mahmoud Jibril. Mais ce « libéralisme » tient plus d’un islamo-nationalisme, et son succès d’une défiance à l’égard de l’Egypte, protectrice des Frères musulmans.        <br />
              <br />
       4.	En Syrie, la réalité d’une guerre civile s’exacerbe. Elle évoque davantage ce qu’ont connu l’Algérie ou le Liban que les révolutions arabes de Tunisie ou d’Egypte. La Syrie est devenue un champ ouvert à toutes les ingérences. Il faut refonder un pacte national syrien qui implique le rapprochement des communautés et d’abord la trêve que recherche méritoirement Lakhdar Brahimi. Ce que peut-être l’« après Assad » n’apparaît pas clairement.        <br />
              <br />
       5.	Au Nord Mali une séquence analogue a été observée : les militants de l’indépendance touareg ont été rapidement supplantés par les islamistes radicaux, disposant des armements pris en Libye. Le contrôle du Nord par AQMI, le Mudjao et Ansar Dine, mouvement intégriste principalement touareg, pose la question de leur financement et de leur soutien.        <br />
              <br />
       6.	En somme, partout, sauf en Algérie et au Maroc,  les « printemps arabes » ont été pris en main aujourd’hui par les Frères musulmans ou les islamo-nationalistes. La question du djihadisme doit être traitée à part. Elle résulte de dérapages non contrôlés (Libye, Mali, Syrie, Yémen).       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – La stratégie des acteurs politiques</b>       <br />
              <br />
       1.	Examinons tout d’abord les puissances de la région.        <br />
              <br />
       Les monarchies du Golfe : Le wahhabisme s’est engagé de longue date dans une démarche hostile à l’égard des  régimes séculiers. C’était visible au sein de la Ligue arabe. Les attaques constantes d’Al Jazeera,  depuis très longtemps, contre la politique tunisienne, syrienne, égyptienne, n’étaient sans doute pas le fait du hasard. Les monarchies du Golfe se sont impliquées, par tous les moyens dont elles disposent aux côtés de la récupération islamiste des révoltes populaires, le Qatar soutenant plutôt les Frères musulmans et l’Arabie séoudite ne rechignant pas à aider les mouvements salafistes.       <br />
              <br />
       Le wahhabisme voit de plus, au Proche Orient, un nouvel épisode de sa rivalité à l’égard du chiisme.  Depuis l’essoufflement et la mort du baathisme et l’épuisement du nationalisme arabe, les deux pôles du Moyen Orient sont Téhéran (lié à la Syrie, au Hezbollah, au Bahreïn, et dans une large mesure aux nouveaux dirigeants irakiens) et Ryadh. Le Liban a toujours été la victime de cet affrontement. Et les Alaouites sont non seulement dans le camp de Téhéran, mais tenus au plan religieux pour renégats.  Seul Le Caire essaye de garder sa marge de manœuvre, à distance de Ryad et de Téhéran.        <br />
              <br />
       Le rôle de la Turquie est ambigu. La Turquie est une démocratie dont le parti dominant est un parti islamiste, l’AKP. Elle offre ce qui se rapproche le plus d’une « démocratie musulmane ». Mais Kemal Ataturk est passé par là et son modèle n’est pas facilement transposable. La Turquie actuelle tend à reprendre l’héritage de l’Empire ottoman. Mais son attitude de soutien à l’opposition syrienne est freinée par la crainte de voir se constituer au sud de ses frontières des zones kurdes autonomes. La Turquie a sans doute besoin à terme du maintien de l’intégrité de la Syrie.        <br />
              <br />
       2.	Les Etats-Unis avaient les meilleurs rapports avec Moubarak et Ben Ali. Ils avaient normalisé leurs relations avec Kadhafi et toléraient, au nom de la stabilité, Bachar el Assad et son régime. Mais ils ont été prompts à changer de monture quand ces régimes ont été contestés. Ils ont aussitôt soutenu les islamistes. Leur thèse est claire : si le suffrage universel  les désigne, ils deviennent des partenaires légitimes. Une alliance stratégique avait été déjà conclue avec l’Arabie séoudite depuis février 1945 –pacte du Quincy-. De même, en 1978, une alliance avait été conclue avec les islamistes contre l’URSS en Afghanistan, etc… Ce partage des rôles - les islamistes s’occupent de la charia et laissent les Américains s’occuper du pétrole – a montré ses limites. Par la pression militaire et par leurs subventions, les Etats-Unis espèrent contenir les élans anti-israéliens et antioccidentaux des islamistes. Dans le conflit sunnites-chiites, ils optent avec constance, après leurs déboires irakiens, contre Téhéran et ses alliés.       <br />
              <br />
       3.	La Russie et la Chine : il faut noter le souci de ces deux puissances de ne pas laisser le Proche Orient aux seuls Occidentaux. Les intérêts matériels (énergie notamment) ne sont pas seuls en cause. Ils ne souhaitent pas laisser se développer un « droit d’ingérence » qui, un jour, pourrait les prendre pour cible. L’interprétation extensive qui a été faite de la résolution 1973 sur la Libye les conforte dans leur détermination. La hantise de la Russie est de voir l’islamisme, qualifié de « wahhabite » s’incruster au Caucase, saper l’influence des Etats protégés de la CEI en Asie Centrale et gangréner les républiques musulmanes établies le long de la Volga (Tatarstan, dont la capitale, Kazan, à cinq cents kilomètres de Moscou, vient de connaître un attentat sanglant dirigé contre l’imam modéré dirigeant la grande Mosquée, Bachkirie). Il faut ajouter à cela la volonté de la Russie de Poutine, ostensiblement rechristianisé, de ranimer son rôle de  défenseur des chrétiens d’Orient, rôle qu’elle partageait dans le passé avec la France.       <br />
              <br />
       Dans les « printemps arabes », Téhéran n’est pas parvenu à jouer le rôle dont elle avait l’ambition. Israël, inquiet de l’islamisme et de la déstabilisation, a pour sa part insisté sur le péril iranien. La balkanisation de certains pays arabes n’est sans doute pas pour lui déplaire.       <br />
              <br />
       4.	La France s’est engagée depuis longtemps, lors de la première guerre du Golfe, sur la pente d’un certain suivisme à l’égard de la politique américaine au Moyen-Orient. La politique arabe d’inspiration gaullienne, on s’en souvient, avait été qualifiée, en mars 1991, de « succession d’illusions » par le ministre des Affaires étrangères de l’époque. L’arrivée au pouvoir de régimes islamistes dans le monde arabe ne peut que renforcer cette orientation qui va souvent au-delà d’une adaptation réaliste et n’hésite pas à « anticiper » (Libye-Syrie). La question de l’Etat palestinien est évidemment un marqueur d’autonomie central par rapport à la politique américaine. La reconnaissance d’un Etat palestinien peut conforter le courant laïque de la résistance palestinienne et contribuer à désamorcer les risques potentiels que comporte la montée de l’islamisme politique.       <br />
              <br />
       A Bahreïn, le silence radio a rapidement régné, tant le scénario réel était contradictoire avec la « doxa ».        <br />
              <br />
       Mais au Nord-Mali,  les contradictions sont là. Il nous faut ménager nos rapports avec les Etats africains amis. Une intervention militaire paraît inévitable. Mais la forme n’en est pas encore décidée. Alger qui tient les clés de la solution songe sans doute à une stratégie de division et de pourrissement telle qu’elle fut conduite pour réduire le GIA.       <br />
              <br />
              <br />
       Dans ce paysage  deux cas particuliers sont à signaler:       <br />
              <br />
       -	L’Algérie : Les élections de mai 2012 ont été jugées globalement sincères par les observateurs de l’Union européenne, d’une Fondation américaine, de la Ligue arabe et de l’Union africaine qui se sont déployés pour la première fois dans tout le pays. Le taux de participation – 43 % - peut paraître faible mais il est notablement supérieur au pronostic formulé dans les médias occidentaux (25 %). L’enseignement le plus fort est que la vague verte annoncée n’a pas eu lieu (les partis islamistes n’ont recueilli que 27% des voix) mais l’abstention traduit un retrait certain. Un fait a été ignoré : la présence de 30 % de femmes au sein de l’Assemblée Nationale.       <br />
              <br />
       -	Le Maroc : il faut évidemment prendre garde aux tensions éventuelles entre le roi et le gouvernement Benkhirane. Aujourd’hui, l’opinion se situe en arbitre et le roi peut choisir le moment et le thème pour contenir un PJD qui, avec 27% des voix, est puissant mais n’est pas le seul maître du jeu.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV – La balkanisation des Etats de la région</b>       <br />
              <br />
       L’un des changements les plus marquants dans la région est une tendance nette à la balkanisation des grands Etats. Les pays jadis dits du « front du refus » ont été les plus touchés par la balkanisation. L’Irak a vu son unité mise en cause par les divisions entre Arabes chiites, Arabes sunnites et Kurdes …  la partition du Soudan et la création du Sud-Soudan sont intervenues à l’issue d’un long processus de démembrement dont une des origines a été le conflit du Darfour, dossier très médiatisé par la presse américaine, et l’autre la résistance des minorités chrétiennes. La Libye, dans les faits, se retrouve fragmentée. En Syrie il n’est pas certain que l’issue écarte un éclatement du pays. Le Yémen a vu son unité encore plus fragilisée.        <br />
              <br />
       Le panislamisme, surtout dans sa forme wahhabite, n’est pas forcément contradictoire avec la tendance à la balkanisation, car il veut réduire les appartenances nationales au profit d’un  seul marqueur identitaire : la religion musulmane. La balkanisation-islamisation peut engendrer des affrontements  où nous serions sommés d’intervenir. La vieille thèse de l’Etat-nation serait bien plus utile à ces peuples. Le modèle de l’Etat-nation fondé sur la citoyenneté et non sur la communauté, l’ethnie ou la religion mérite d’être défendu face au modèle communautariste mais il ne peut l’être que par les peuples eux-mêmes.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>       <br />
       V – Quelle grille d’interprétation faut-il retenir de « l’islamisme politique » ?</b>       <br />
              <br />
       Le monde arabe est notre voisin. Il constitue une caisse de résonnance linguistique, culturelle, historique sans équivalent. Il est, qu’on le veuille ou non, le cœur du monde musulman de l’avenir duquel aucune grande puissance ne peut se désintéresser : Etats-Unis, Russie, Chine, Inde, Europe. Il y a une unité du  monde arabe et en même temps le monde arabe est divers. L’Islam, au XXIe siècle, est au cœur du monde. Nul ne peut se désintéresser de son avenir. Et en son centre, répétons-le, il y a le monde arabe.       <br />
              <br />
       Selon une thèse que j’emprunte en partie à Pierre Brochand, l’Islam serait de fait la principale force de résistance à la globalisation libérale que portent l’essor des nouvelles technologies de la communication, la libération des flux de capitaux, de marchandises et de services, sans parler des flux migratoires et enfin la dynamique de l’hyperindividualisme libéral. C’est surtout, selon moi, à ce dernier trait que l’Islam s’oppose le plus  fortement (il ne s’oppose pas à la libération des capitaux) ni plus généralement au libéralisme économique. La dynamique hyperindividualiste à quoi a abouti la civilisation occidentale n’est plus contrôlée. L’information circule à la vitesse de la lumière. Il y a 1,5 milliard d’utilisateurs d’internet dans le monde et 3,5milliards de portables. Cette révolution de l’information nourrit le consumérisme et l’hédonisme. La globalisation dévalorise tout ce qui est vertical (institutions, Etats, etc.) et donne l’illusion d’un monde enfin décloisonné, où l’individu est roi. Mais elle favorise aussi l’apparition de réseaux transnationaux (drogue, pornographie, criminalité, terrorisme) à la faveur des frustrations et des  déséquilibres qu’elle entraine. Dans ce monde interconnecté, nous sommes tous des « voisins obligés ». Cette globalisation d’origine occidentale, et particulièrement celle de l’information, se heurtent à la réalité du monde non occidental, chacun, en son sein, réagissant avec ses propres moyens pour mettre à profit ses atouts spécifiques (délocalisations industrielles – rente pétrolière – trafic de drogue – piraterie, immigration clandestine, etc.) au risque de l’« anomie » (j’appelle ainsi l’absence de toute règle ouvrant la voie à un monde de plus en plus chaotique.        <br />
              <br />
       Samuel Huntington a inventé, en 1994, l’expression de « choc des civilisations » : il visait principalement l’Islam qui oppose à l’hyperindividualisme libéral une réaction non étatique de même nature, qu’on peut qualifier d’« identitaire ».       <br />
              <br />
       Ses valeurs : primauté du groupe et de la famille patriarcale, hétéronomie absolue, confusion du public et du privé, du politique et du religieux, interdits sexuels, etc. l’opposent trait pour trait à l’hyperindividualisme porté par la globalisation libérale. L’Islam apparaît de fait, dans le monde d’aujourd’hui, comme le porteur par excellence de la tradition. Il n’en est certainement pas le seul vecteur, mais il est à coup sûr le plus dynamique. Il me paraît nécessaire cependant de bien distinguer entre l’Islam qui est d’abord une religion, même si elle tend à régenter l’espace social tout entier (mais quelle religion n’en a-t-elle pas eu la tentation ?), et par ailleurs l’islamisme qui est une idéologie politique et qui tend à la conquête du pouvoir politique. Il est de fait qu’après l’effondrement du communisme, l’islamisme, dans certaines de ses variantes (iranienne notamment), peut aussi vouloir récupérer une fonction contestatrice (anti-impérialisme, altermondialisme, etc.). Il est important de ne pas figer l’Islam dans une sorte d’essentialisme. L’Islam n’est pas un bloc. En son sein, coexistent des courants très divers.        <br />
              <br />
       Plusieurs sensibilités s’y expriment : des courants modernistes (c’était largement le cas du nationalisme arabe) mais aussi des réactions d’autodéfense par rapport à l’hyperindividualisme libéral confondu avec l’Occident qu’on peut distinguer selon le niveau de dissidence qu’elles expriment :        <br />
              <br />
       -	les réactions de rejet : le djihadisme ;       <br />
       -	les réactions de refus : l’islamisme politique       <br />
       -	les réactions de repli : l’islamisation des mœurs.       <br />
              <br />
       1.	Le djihadisme préconise le retour à la lettre du Coran et au califat originel, par la guerre à la fois contre l’Occident et contre ses suppôts locaux (les régimes « mécréants »). L’événement fondateur est, pour les djihadistes, l’invasion soviétique de l’Afghanistan. Mais le développement ultérieur du djihadisme renvoie à de graves crises d’identité, que ce soit en pays musulman ou dans les pays d’émigration, souvent, par défaut d’appartenance véritable des individus concernés. Les groupes djihadistes s’appuient sur un terreau beaucoup plus « porteur » que les groupuscules gauchistes des années 1970. C’est un terreau qu’il faut assécher si on veut pouvoir les réduire. Ils ne représentent d’ailleurs qu’une très petite minorité, chez des hommes jeunes, en pleine crise d’identité, mais la masse des musulmans, fondamentalement modérés, les rejette.       <br />
              <br />
       2.	L’autodéfense musulmane peut prendre en pays d’Islam la forme du refus : c’est l’islamisme politique qui recherche non la confrontation globale avec l’Occident mais la prise de pouvoir dans un pays donné par la voie des élections, avec l’objectif d’y imposer la « charia ». L’islamisme politique est pragmatique. Il ne remet pas en cause le marché. Il est ouvert aux compromis. La question qui se pose est de savoir s’il peut accepter le pluralisme, l’alternance, une totale liberté de conscience, d’opinion, bref de démocratie et qu’on puisse ainsi parler de « démocratie musulmane » comme il y a eu, après 1945, en Europe, une « démocratie chrétienne », notamment en Italie et en Allemagne. Peut-il constituer un « détour » vers la démocratie ? Henry Laurens semble le penser : « Le pouvoir pourrait bien se révéler être un cadeau empoisonné pour les islamistes. Ne l’oubliez pas, l’exercice du pouvoir n’a pas encore commencé. Même en Tunisie, pour le moment, on est encore à l’étape de la Constituante. Nous venons d’entrer dans une nouvelle phase qui ne sera sûrement pas la dernière.  Le moment arrive de la confrontation avec la réalité. Il va falloir se colleter avec les épines de la gestion quotidienne, maintenir l’ordre, assurer qu’il y ait des places dans les écoles, donner du travail aux jeunes. A tout cela, l’islam ne peut rien ».       <br />
              <br />
       Henry Laurens ajoute : « Il y aura des abcès de fixation, des crises dues aux tentatives de tester les nouveaux pouvoirs, comme cela se voit maintenant en Tunisie dans certaines universités à propos du port du niqab. Mais les courants majoritaires n’iront pas jusqu’à sacrifier l’économie. Les doctrines islamiques sont en général des doctrines solidaristes. Elles s’accommodent d’une médiocrité globale, mais où chacun a les moyens de vivre. … Rien n’empêche de penser que les islamistes d’ici à quelques années se seront délégitimés face à la pression des problèmes sociaux. Ils ont pu faire leur campagne électorale sur des thèmes identitaires,  mais ils sont rattrapés maintenant par le problème beaucoup plus redoutable de l’emploi. Ils ne sont pas pour bouleverser les choses ou créer un monde nouveau. Nous ne sommes pas en 1789 ou en 1917. L’objectif de la « révolution » est de faire coïncider le pouvoir avec la société. Or, les sociétés musulmanes sont conservatrices. Elles ne remettent pas en question les circuits de l’économie. Les révolutions arabes se sont faites dans un espace conservateur et au nom du principe du réel. ».       <br />
              <br />
       Cette vision du grand orientaliste s’avèrera sans doute juste dans la longue durée mais les hommes politiques agissent à court et moyen termes. L’islamisme politique comporte des dérives potentielles qu’il serait imprudent de ne pas envisager : complaisance à l’égard du salafisme et par ce biais du djihadisme, perturbations géopolitiques majeures, irréversibi-lité des processus engagés, degré d’emprise sur la société, s’agissant notamment du statut de la femme, et cela d’autant plus que les courants modernistes sont divisés et ne fournissent pas d’alternative politique.       <br />
              <br />
              <br />
       3.	Il est une troisième forme de réaction des sociétés musulmanes à l’hyperindividualisme libéral porté par l’Occident : c’est le repli, l’islamisation des mœurs, quelquefois encouragée par des gouvernements non-islamistes, mais dont il n’est pas aventuré de prédire qu’elle nourrira à terme l’islamisme politique et qui sera pénible voire insupportable aux Arabes qui n’ont pas la soumission au Coran comme dogme exclusif.        <br />
              <br />
       Il existe ainsi un savant dégradé de réactions défensives des sociétés musulmanes à la déferlante de l’hyperindividualisme libéral. Mais il y a aussi des synthèses modernistes en gestation. La tentation est toujours grande de s’incliner devant le fait accompli. On l’a vu en d’autres temps. Pour ma part, je ne crois pas qu’il faille « jeter le bébé avec l’eau du bain ». L’idée républicaine est aussi, pour le monde arabe, « une idée toujours neuve ». C’est ce que nous dit par exemple Georges Corm du Liban et du Moyen-Orient , mais qu’on perçoit très bien aussi dans la société algérienne.        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>VI – Quelle politique française vis-à-vis du monde arabe aujourd’hui ?</b>       <br />
              <br />
       La France doit, selon moi, rester fidèle à une politique de principes : respect de l’autodétermination des peuples dans le cadre de la Charte des Nations-Unies, refus de l’« ingérence », dialogue des cultures et des nations. Naturellement, la République française repose sur des valeurs, mais ces valeurs ne s’exportent pas à la pointe des baïonnettes ou par missiles guidés avec précision. La démocratie, en particulier, n’est pas, comme l’a bien vu Jacques Berque, un article d’exportation. Elle doit prendre appui, pour se développer, soit sur la transformation de concepts ou d’institutions traditionnels pour relever les défis du présent, soit sur l’emprunt à l’étranger de concepts et d’outils que les sociétés veulent s’approprier par nécessité de survie, comme ce fut le cas au Japon, à l’ère Meiji. C’est dans leurs propres motivations que les peuples arabes doivent ainsi trouver le ressort qui les fera acteurs et maîtres de leur destin. Jacques Berque récuse l’idée d’une guerre des civilisations. Il préconise le dialogue et je ne crois pas trahir son esprit en disant qu’il manifesterait une certaine empathie pour les révolutions arabes tout en tenant bon sur ce que nous appelons « les valeurs des Lumières ». Le Prophète lui-même, dans la traduction du Coran qu’a donnée Jacques Berque, fait quarante-quatre fois appel à la « raison naturelle » et exhorte ses disciples à « rechercher le Savoir jusqu’en Chine », alors l’extrémité du monde connu. La notion anglo-saxonne du « soft power » mérite d’être revisitée : de quelles valeurs voulons-nous réellement donner l’exemple ? L’hyperindividualisme libéral ? N’oublions pas que la Révolution française a mis le citoyen au-dessus de l’individu. Est-ce que les programmateurs de nos chaines télévisées se rappellent toujours que leurs émissions sont très regardées dans le monde arabe et particulièrement au Maghreb ?       <br />
              <br />
       Il me semble qu’une République française fidèle à ses valeurs d’égalité (ce qui manque le plus), de fraternité, de liberté d’esprit et qui ne ferait pas de la laïcité une arme contre les religions (ce qu’elle n’est pas et ne doit pas être), servirait utilement le dialogue avec le monde musulman.       <br />
              <br />
       La République ne se confond pas avec l’hyperindividualisme et encore moins avec l’anarchie. La République est d’abord celle des citoyens. Elle implique des règles. Il y a un siècle et demi que Lacordaire énonçait déjà qu’« entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère ».       <br />
              <br />
       L’islamisme politique est à coup sûr un courant important dans le monde musulman d’aujourd’hui. Il comporte des versions traditionnelles (wahhabite, déobandie) ou plus modernes (les Frères musulmans). Nous n’avons aucune assurance sur sa réversibilité, tant qu’il n’a pas démontré son respect de la volonté populaire et des libertés publiques. Nous ne savons pas non plus le degré d’emprise qu’il exercera sur les sociétés qu’il parviendrait à dominer politiquement (s’agissant notamment du statut de la femme).       <br />
              <br />
       Pour autant, la France doit rester fidèle, selon moi, au principe de non-ingérence, sans pour autant cesser d’affirmer les valeurs républicaines qui sont, si je puis dire, dans son génome.       <br />
              <br />
       Nous devons reconnaitre les gouvernements issus des urnes, qu’ils nous plaisent ou non, et donc continuer à reconnaitre des Etats et non des régimes.       <br />
              <br />
        Mais on peut aller plus loin, par des alliances stratégiques, avec les pays qui nous sont les plus proches. C’est évidemment le cas de l’Algérie et du Maroc. Si la France veut avoir une politique arabe, et plus généralement vers le Sud, l’Algérie est la clé du Sud, comme l’avait remarqué le général de Gaulle (de même que la réconciliation franco-allemande fut le point de départ d’une politique européenne). Il y a, des deux côtés, des adversaires à cette réconciliation. Celle-ci peut seule ouvrir la voie d’un avenir commun car au plan économique, politique, humain, les convergences sont innombrables. A condition d’avoir une politique !       <br />
              <br />
       Quelle politique arabe pour la France ? Il faut instaurer la cohérence : on ne peut pas à la fois hystériser l’islam en France et proposer « l’union pour la Méditerranée », comme la tentation s’en est manifestée.       <br />
              <br />
       On ne peut pas soutenir l’islamisme politique dans le monde arabe en fermant les yeux sur ses dérives djihadistes et combattre ce même djihadisme en Asie (Afghanistan) ou en Afrique (Mali). On ne doit pas faire non plus comme si l’islamisme politique était le seul régime qui convenait chez eux aux peuples arabes et prôner en même temps l’intégration en France de nos compatriotes de tradition musulmane. Nous éprouvons certes quelques difficultés de transmission des valeurs républicaines.  Mais ce n’est pas le problème de l’Islam. C’est le problème de la France !       <br />
              <br />
              <br />
       La France doit rester fidèle à son héritage républicain, et ne pas se rallier à la vulgate de l’hyperindividualisme libéral. Les valeurs républicaines sont souvent des valeurs héritées mais laïcisées. La France doit défendre les droits de l’Homme, certes, mais sans oublier ceux du Citoyen. Les seconds garantissent les premiers.       <br />
              <br />
       C’est ainsi, à bien y réfléchir, que la France rendra service à l’Occident lui-même. Elle rendra service aussi au monde musulman, en l’aidant à trouver le juste équilibre entre ce que Jacques Berque appelait « modernité » et « authenticité ».       <br />
               <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Les-changements-politiques-dans-le-monde-arabe_a1451.html</link>
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   <title>Syrie: Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l'ingérence"</title>
   <pubDate>Wed, 15 Aug 2012 17:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, mercredi 15 août 2012, 17h03.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/4619204-6913207.jpg?v=1345045220" alt="Syrie: Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l'ingérence"" title="Syrie: Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l'ingérence"" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, a dénoncé mercredi les &quot;professionnels de l'ingérence&quot; qui poussent, selon lui, la France &quot;à intervenir militairement&quot; en Syrie, dans une déclaration à l'AFP.       <br />
              <br />
       &quot;La Syrie n'est ni la Tunisie ni l'Egypte. C'est un pays plongé dans une guerre civile inspirée et alimentée de l'extérieur&quot;, estime-t-il.       <br />
              <br />
       Selon l'ancien ministre de la Défense, &quot;des professionnels de l'ingérence poussent aujourd'hui la France à intervenir militairement, fusse par la seule voie aérienne, en violation de la légalité internationale et au côté de pays dont les ambitions et les intérêts ne sont pas les nôtres&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Le précédent libyen ne saurait être invoqué&quot;, déclare-t-il. La résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU de mars 2011 a, selon lui, &quot;été interprétée au-delà de son objectif proclamé -la protection des civils-, jusqu'à un changement de régime dont l'une des conséquences a été la déstabilisation du Mali&quot;.       <br />
              <br />
       M. Chevènement rappelle que le président François Hollande &quot;a plusieurs fois souligné que la France n'interviendrait pas en dehors d'un résolution du Conseil de sécurité des Nations-unies&quot;. &quot;La politique de la France repose sur des principes et aucune campagne d'opinion ne doit l'en faire dévier&quot;, affirme-t-il.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Selon le sénateur du territoire de Belfort, &quot;la politique de +changement de régime+ a été pratiquée en Irak&quot; par l'ancien président américain George Bush en 2003, mais &quot;elle ne saurait aujourd'hui recevoir la caution de la France&quot;.       <br />
              <br />
       Dans le quotidien Le Monde, l'écrivain et essayiste Bernard-Henri Lévy, en pointe lors de l'intervention occidentale en Libye en 2011, a notamment lancé mardi un appel à une action militaire aérienne en Syrie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4619204-6913207.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Syrie-Jean-Pierre-Chevenement-denonce-les-professionnels-de-l-ingerence_a1419.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Les candidats pour les primaires sont interchangeables"</title>
   <pubDate>Sun, 29 May 2011 11:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement avec Le Bien Public, propos recueillis par Emmanuel Hasle, dimanche 29 mai 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3012584-4286260.jpg?v=1306659241" alt=""Les candidats pour les primaires sont interchangeables"" title=""Les candidats pour les primaires sont interchangeables"" />
     </div>
     <div>
      <b>Le Bien Public : L'affaire Dominique Strauss-Kahn. Comment l'avez-vous vécu à titre personnel?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> D'emblée, cette affaire m'a paru tellement extravagante que j'ai réservé toutes les hypothèses. La présomption d'innocence doit être défendue. Or le système judiciaire américain de type &quot;accusatoire&quot; ne le permet pas. Maintenant, si les faits imputés à Dominique Strauss-Kahn étaient avérés, je serais très déçu car il y aurait eu double violence.       <br />
              <br />
       <b>Comment avez-vous ressenti le traitement médiatique sur cette affaire? En a-t-on trop fait?</b>       <br />
       La chute d'un puissant cristallise toujours les pulsions et les passions.       <br />
              <br />
       <b>Les candidatures pour la succession de DSK sont ouvertes. Que pensez-vous de celle de Christine Lagarde? Faut-il la soutenir, avec ce risque d'une &quot;affaire Tapie&quot;?</b>       <br />
       Soyons tout à fait clair : je considère que l'action de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI a consisté à appliquer des politiques d'austérité renforcée, notamment en Europe. Et je ne suis pas dans le cortège des laudateurs.       <br />
              <br />
       Je distingue le fond politique et les aspects humains : sur le fond politique, je fais confiance à madame Lagarde pour continuer à impulser la même politique d'austérité renforcée Merkel/Sarkozy, puisqu'en définitive, c'est l'Allemagne qui dicte au reste de l'Europe ces politiques de restrictions budgétaires et salariales. Et monsieur Sarkozy ne fait qu'apposer sa signature, il se porte caution pour donner un vernis européen à ces politiques, que commencent à rejeter le peuple grec, le peuple portugais, le peuple espagnol, le peuple irlandais, et peut-être demain le peuple français.       <br />
              <br />
       En ce qui concerne la candidature de madame Lagarde : j'ai de l'estime pour elle, c'est une femme intelligente, je pourrais dire compétente, mais compétente pour quoi faire ? Je vous ai répondu là, elle est compétente pour continuer une politique que je n'approuve pas. Il faut imaginer et mettre en oeuvre une sortie de crise sous le signe de la croissance et non de l'austérité.       <br />
              <br />
       Cela dit, Madame Lagarde aurait dû attendre la réunion de la commission des requêtes de la Cour de justice de la République qui a été saisie et qui doit se réunir le 10 juin. Elle éviterait de prendre un risque inutile.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Croyez-vous que cette crise puisse toucher la France, comme on le voit actuellement avec la jeunesse espagnole dans la rue?</b>       <br />
       La monnaie unique a été une construction erronée dès le départ. Je vous rappelle que j'ai été parmi les opposants du Traité de Maastricht ; je considère que la dévolution de la souveraineté monétaire à une banque centrale européenne, construite sur le modèle de la Bundesbank allemande était une monumentale erreur.       <br />
              <br />
       Ce qui frappe aujourd'hui le plus, c'est la constante désindustrialisation du pays, que vous connaissez bien même à Dijon ! L'industrie, qui représentait 30 % de la valeur ajoutée en 1982 quand j'étais ministre de l'Industrie, ne représente plus que 13 % aujourd'hui. Ca, c'est pour moi le fait majeur, celui qui explique que notre déficit commercial n'a cessé de se creuser pour atteindre en 2010 - 53 milliards d'euros, c'est-à-dire autant en proportion que les Etats-Unis... Tout cela, c'est la conséquence de choix politiques erronés, qui ont été faits dans les années 80 et 90 : choix de dérégulation, l'acte unique, le choix d'une monnaie unique qui méconnaît la diversité, l'hétérogénéité des nations, qui n'ont pas les mêmes structures économiques, qui ne suivent pas les mêmes politiques, quoi n'ont pas les mêmes repères culturels.       <br />
              <br />
       Bref, on a fait comme si l'Europe était une zone monétaire homogène. On a fait litière des nations et on se retrouve piégé.       <br />
              <br />
       <b>Nous sommes en plein G8. Que peut-on faire pour aider les pays arabes dans leur transition démocratique? La France a-t-elle un rôle privilégié à jouer?</b>       <br />
       Je crois que cela va bien au-delà de l'aide financière qui est envisagée. Je pense qu'il faut créer une zone de co-développement. Si tant est que des délocalisations industrielles puissent se justifier, ce serait à destination de ces pays proches et largement francophones, et pas à destination des pays à très bas coût de l'Asie. Je pense qu'il faut créer un espace économique euro-méditerranéen. Cela répondrait à un intérêt réciproque.       <br />
              <br />
       <b>Il y a eu une polémique sur les migrants tunisiens et libyens aux portes de la France, avec une suspension des accords de Schengen. Fallait-il en arriver-là?</b>       <br />
       Je trouve que cette réponse n'a pas été à la hauteur de ce qui se passe dans le monde arabe. Il fallait d'abord distinguer entre les Libyens et les travailleurs immigrés africains qui fuyaient la Libye, et qui ressortissaient clairement de l'asile politique ; et, d'autre part, les Tunisiens, qui n'ont pas de raison politique de quitter leur pays et qui ne sont pas toujours les plus mal lotis dans la société tunisienne. Il y aurait pu y avoir un examen au cas par cas. Mais cette affaire a été traitée sans hauteur de vue et sans générosité.       <br />
              <br />
       <b>Avec le départ forcé de DSK, il reste François Hollande et Martine Aubry, pour l'instant, en tête des sondages pour les primaires du PS. Beaucoup s'interrogent sur la façon dont doivent être menées ces primaires. Quel est votre avis?</b>       <br />
       Par définition, en tant que président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), je n'ai pas voulu que notre parti trempe même l'extrémité d'un doigt de pied dans cette mécanique des primaires, dont on voit qu'elle est relativement à hauts risques. Il est évident que Martine Aubry est première secrétaire, mais François Hollande a aussi été premier secrétaire, et il a la possibilité d'être candidat, c'est tout à fait légitime. Cela dit, je crois que sur le fond, sur le problème principal qui est la question de l'euro et du redressement de l'Europe, la remise de la France sur orbite, ils ne se différencient pas fondamentalement l'un de l'autre, à ce jour.       <br />
              <br />
       <b>En cela, vous rejoignez les propos d'Arnaud Montebourg, tenus encore récemment. Vous-même, quel rôle comptez-vous jouer dans ces primaires, et au-delà, pour la présidentielle?</b>       <br />
       Je n'ai pas à intervenir dans les primaires. Les candidats pour les primaires du Parti socialiste, disons qu'ils sont interchangeables, à beaucoup d'égards. Je les connais l'un et l'autre, j'ai de l'estime et de la sympathie pour chacun. Disons que sur le plan idéologique, je me sens plus près de ce que dit Arnaud Montebourg, sur la démondialisation par exemple.       <br />
              <br />
       <b>Qui a alors l'envergure selon vous pour porter l'ensemble de la gauche à la présidentielle?</b>       <br />
       Je pense que pour répondre à la question, il faut savoir quel est l'homme d'Etat qui aura à la fois l'expérience, la culture et le courage de parler à l'Allemagne de Mme Merkel. Aujourd'hui, son gouvernement nous entraîne sur une mauvaise pente. Les plans de rigueur mis en oeuvre aboutissent à la récession : on le voit en Grèce ou au Portugal. La récession entraîne des moins-values fiscales; les déficits budgétaires se creusent, l'endettement s'accroît... Tout cela, c'est un cercle vicieux, on ne peut pas s'en sortir comme ça. Il faut inverser le mouvement général et faire de la zone euro une zone de croissance.       <br />
              <br />
       J'appelle de mes voeux un changement des règles du jeu de la zone euro. Sinon, nous irons vers la déconstruction de cette zone euro, qui, je le répète procède d'une grave erreur de conception, et il faut maintenant corriger le vice initial par une modification des statuts de la Banque centrale dont la mission doit être aussi de soutenir la croissance et l'emploi, et lutter contre la spéculation en rachetant les titres de dettes sur les marchés. Il faut aussi une relance salariale et un grand programme d'investissements financé par un emprunt européen. Mais les textes actuels ne l'autorisent pas. Il faut les changer.       <br />
              <br />
       Quant à savoir quel est le candidat idéal, c'est celui qui aura à la fois cette expérience, cette culture, ce courage, pour parler de l'Allemagne et permettre à la France et aux pays du sud de l'Europe de remonter la pente, de se réindustrialiser, de faire reculer le chômage, qui touche la jeunesse en priorité.       <br />
              <br />
       <b>Ce candidat, ce pourrait être vous?</b>       <br />
       J'ai réservé ma réponse. J'officialiserai cette décision à l'automne. J'attends d'ici là que les candidats potentiels fassent évoluer leurs discours.       <br />
              <br />
       <b>Avez-vous tout de même en tête un ou une candidate en tête qui pourrait incarner ce potentiel et ce changement que vous appelez de vos voeux, avec cette envergure d'homme d'Etat?</b>       <br />
       Je les aime toutes et tous ! Je les connais tous, et je les connais très bien. Donc, je vois leurs qualités, mais aussi leurs taches aveugles, sur l'Europe en particulier. Si j'ai dit que je serai candidat pour faire bouger les lignes. C'est donc pour faire bouger ce qu'ils ont dans leur tête. Ma candidature est une candidature pédagogique. Elle a pour but de faire entendre une voix, qui est la voix de l'intérêt général. Il faut remettre la France en marche. J'aurai naturellement mon opinion à donner aussi sur des questions essentielles, comme l'Ecole, l'énergie, la sécurité, l'immigration, ou plutôt l'intégration. Sur ces sujets, on m'entendra certainement.       <br />
              <br />
       <b>La sécurité et l'immigration, deux thèmes qui reviendront dans la campagne. Le Front national est aussi sur ces thématiques. N'y a-t-il pas là un risque électoraliste? Faut-il s'inquiéter de la montée du Front national dans les sondages et dans l'opinion publique?</b>       <br />
       Il faut être vigilant, mais tenir sur ces questions un discours solide, réaliste et républicain. Les Français ne cèderont pas à la démagogie du Front national, qui a fait de l'immigration le bouc-émissaire de tout ce qui ne va pas en France.  C'est une façon d'exonérer le capitalisme financier de ses responsabilités. Je ne dis pas que l'immigration ne pose pas de problème, mais ces problèmes sont solubles par la voie républicaine.       <br />
              <br />
               <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.bienpublic.com/fr/accueil/article/5170747/Jean-Pierre-Chevenement-Les-candidats-pour-les-primaires-sont-interchangeables.html">Le Bien Public</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Les-candidats-pour-les-primaires-sont-interchangeables_a1146.html</link>
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   <title>"Il faut évidemment casser le pacte de compétitivité"</title>
   <pubDate>Fri, 29 Apr 2011 13:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était jeudi 28 avril l’invité de l’émission « Face aux chrétiens » animée par Dominique Gerbaud sur Radio Notre Dame. Il répondait aux questions de Louis Daufresne (Radio Notre-Dame), Romain Mazenod (RCF) et Bernard Gorce (« La Croix »). L’émission est podcastée ci-dessous en trois parties.     <div>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
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   <title>Jean-Pierre Chevènement: "Une régulation des flux migratoires n’empêche pas une attitude plus généreuse"</title>
   <pubDate>Thu, 28 Apr 2011 23:05:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était jeudi 28 avril l’invité de l’émission « Face aux chrétiens » animée par Dominique Gerbaud sur Radio Notre Dame. Il répondait aux questions de Louis Daufresne (Radio Notre-Dame), Romain Mazenod (RCF) et Bernard Gorce (« La Croix »). L’ancien ministre réclame un plan Marshall pour les pays de la rive sud de la Méditerranée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2927975-4149187.jpg?v=1304024707" alt="Jean-Pierre Chevènement: "Une régulation des flux migratoires n’empêche pas une attitude plus généreuse"" title="Jean-Pierre Chevènement: "Une régulation des flux migratoires n’empêche pas une attitude plus généreuse"" />
     </div>
     <div>
      <b>Faut-il rétablir des contrôles aux frontières face à l’arrivée des migrants ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement:</b> Le problème est très mal posé. Distinguons celui des réfugiés, notamment libyens, qui doivent être accueillis au titre de l’asile, de celui des Tunisiens, qui viennent pour des raisons économiques. Les concernant, il faut examiner leur situation au cas par cas. Une régulation des flux migratoires est nécessaire mais rien n’empêche une attitude plus généreuse, plus ouverte vis-à-vis de ces migrants.       <br />
              <br />
       <b>Quelle doit être l’attitude de l’Europe vis-à-vis des pays arabes en pleine révolution ?  </b>       <br />
       L’interconnexion de toute la jeunesse de ces pays a été le vecteur des révolutions, notamment en Égypte et en Tunisie. Mais on n’a pas résolu le problème de fond qu’est le chômage de cette jeunesse, souvent formée et éduquée. Cette situation implique aujourd’hui un effort économique de l’Europe       <br />
              <br />
       Toutes nos aides ne doivent pas être concentrées sur les pays d’Europe centrale et orientale. Nous devons mettre aujourd’hui au moins 100 milliards d’euros pour les pays de la rive sud de la Méditerranée, un peu à l’exemple du plan Marshall des États-Unis.        <br />
              <br />
       Pour l’avenir et la sécurité de l’Europe, au nom de l’humanité du monde dans lequel nous allons vivre, donnons à ces peuples les moyens de restaurer leur dignité. Il s’agit d’un devoir impérieux de l’Europe.       <br />
              <br />
       <b>Arnaud Montebourg prône une « démondialisation  ». Seriez-vous prêt à soutenir sa candidature à la présidentielle  ?</b>       <br />
       Arnaud Montebourg a approfondi sa réflexion et ouvert des pistes intéressantes. Si j’étais socialiste, je le soutiendrais à l’occasion des primaires. Je constate que les quatre autres candidats les plus en vue ne diffèrent pas sur les orientations générales concernant l’euro et l’Europe.        <br />
              <br />
       Ils ne nous proposent comme solution qu’une intégration politique, toujours plus poussée, dans un système qui, en l’état actuel des textes profondément néolibéraux, nous engloutirait dans l’empire des marchés financiers.        <br />
              <br />
       Or, moi, je suis pour la nation républicaine, pas pour l’empire, quelle qu’en soit la forme. Si je suis candidat à la présidentielle, ce sera pour faire bouger les lignes.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Jean-Pierre-Chevenement-Une-regulation-des-flux-migratoires-n-empeche-pas-une-attitude-plus-genereuse-_EP_-2011-04-28-596154">La Croix</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/2927975-4149187.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-Une-regulation-des-flux-migratoires-n-empeche-pas-une-attitude-plus-genereuse_a1127.html</link>
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   <title>Révolutions arabes : "Aller à l’idéal mais comprendre le réel"</title>
   <pubDate>Wed, 16 Mar 2011 15:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      L’évolution de la situation en Libye met en valeur l’improvisation &quot;bernard henri-léviesque&quot; à laquelle le Président de la République s’est laissé aller en reconnaissant non pas un Etat mais un gouvernement, chose radicalement nouvelle dans la tradition diplomatique française. Il eût été prudent de s’assurer que le « transfert de légitimité » ainsi opéré correspondait bien à une inversion du rapport de forces sur le terrain que seule pouvait garantir une intervention extérieure potentielle (zone d’exclusion aérienne) dont les conditions n’ont jamais été réunies.       <br />
              <br />
       Le Président de la République repoussait, à juste titre, l’idée d’une intervention de l’OTAN mais c’était au bénéfice d’une intervention franco-britannique : il était sans doute bien jeune au moment du « coup de Suez », mais il semble avoir oublié que celui-ci n’a pas laissé que de bons souvenirs dans la région…       <br />
              <br />
       La communauté internationale ne peut agir qu’avec le soutien des pays arabes et notamment de l’Egypte pour contenir la violence exercée par le régime du Colonel Khadafi à l’égard de son peuple. On peut regretter l’irrésolution de la communauté internationale mais c’est toujours une erreur de mettre les orientations de notre diplomatie sous l’Empire de la Communication.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Que M. Bernard Henri-Lévy lance, dans la tradition de Malraux, des brigades internationales pour Benghazi, c’est son affaire ! Mais que la France s’isole au plan international en brandissant un sabre de bois est un faux-pas infiniment plus grave. On ne semble pas s’être avisé, en haut lieu, que, dans ce qu’il est convenu d’appeler « les révolutions arabes », le comportement de l’armée est décisif. En Tunisie comme en Egypte, elle a refusé de tirer sur les manifestants. Ce n’est pas le cas partout ailleurs. Chaque pays a une situation spécifique dont il serait opportun de s’aviser avant d’appeler inconsidérément des citoyens justement épris de démocratie à verser leur sang.        <br />
              <br />
       « Aller à l’idéal, mais comprendre le réel » disait Jaurès.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Revolutions-arabes-Aller-a-l-ideal-mais-comprendre-le-reel_a1094.html</link>
  </item>

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   <title>"Chevènement pense la France"</title>
   <pubDate>Wed, 09 Feb 2011 08:05:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Midi Libre, mercredi 9 février 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2680645-3789753.jpg?v=1297252785" alt=""Chevènement pense la France"" title=""Chevènement pense la France"" />
     </div>
     <div>
      <b>Midi Libre : Il y est beaucoup question d'Histoire, mais ce livre parle surtout d'avenir... Vous allez vous présenter en 2012 ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement:</b> Il est encore tôt. Je prendrai une décision à l'automne. Ce qui compte, c'est d'avoir un vrai projet. Rien ne serait pire que de décevoir.       <br />
               <br />
       <b>Vous ne craignez pas une dispersion des voix de gauche ?</b>       <br />
       En 1981, les candidatures de gauche n'ont pas empêché François Mitterrand d'être élu. Et en 2002, c'est l'absence de projet qui a fait problème, pas le nombre de candidatures.       <br />
               <br />
       <b>Dans votre livre, vous parlez beaucoup de l'Europe. Vous regrettez le social-libéralisme qui l'anime ?</b> J'évoque le processus qui a vu le néo-libéralisme se déguiser aux couleurs de l'Europe. Mais plutôt que de se demander comment nous en sommes arrivés là, il faut surtout savoir comment nous pouvons nous en sortir. Et comment la France peut y contribuer.       <br />
              <br />
       <b>Pensez-vous que le « moteur » franco-allemand peut encore fonctionner ?</b>       <br />
       Quand je vois la faiblesse des réactions contre le pacte de compétitivité présenté par Monsieur Sarkozy et Madame Merkel, je me demande : est-ce vraiment ce que nous voulons ? L'Europe a besoin d'une bonne entente franco-allemande. Mais il faut que la France s'affirme face à la conception 'boutiquière' de l'Allemagne d'Angela Merkel et sa culture de la stabilité. Il faut un grand projet, de la Méditerranée à la Russie, face aux hyper-puissances que sont les Etats-Unis et la Chine.       <br />
               <br />
       <b>La France a-t-elle un rôle particulier à jouer dans l'avenir des pays tels que la Tunisie ou l'Egypte ?</b>       <br />
       Nous avons beaucoup de liens avec les pays du pourtour méditerranéen. Nous devons rappeler qu'il n'y a pas de démocratie sans citoyenneté, sans esprit de responsabilité. Je suis contre le 'devoir d'ingérence', l'avenir de ces pays appartient aux peuples mais nous pouvons les aider. Si l'Europe donne des marchés à ces pays, ce sera une aide pour qu'ils aillent vers la démocratie en luttant contre la misère et le chômage.       <br />
               <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Philippe Mouret</span>       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.midilibre.com/articles/2011/02/09/FRANCE-CO-ODS-Chevenement-pense-la-France-1533133.php5">Midi Libre</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/2680645-3789753.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Chevenement-pense-la-France_a1076.html</link>
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   <title>"La gauche pouvait faire un autre choix que celui du capitalisme financier"</title>
   <pubDate>Thu, 20 Jan 2011 16:26:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement répondait aux questions de Roselyne Febvre dans l'émission "Politiques" sur France24 jeudi 20 janvier. L'émission est podcastée ci-dessous.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      Source : <a class="link" href="http://www.france24.com/fr/20110119-politiques-jean-pierre-chevenement-parti-socialiste-aubry-strauss-kahn">site de France24</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"Le candidat de la gauche en 2012 doit porter les idées de mon livre "La France est-elle finie?""</title>
   <pubDate>Tue, 18 Jan 2011 22:30:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement répondait aux questions de Patrick Simonin dans l'émission "L'invité" mardi 18 janvier sur TV5 Monde. L'émission est podcastée ci-dessous.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <title>"Il faut que la France équilibre le poids de l'Allemagne par une initiative européenne de croissance"</title>
   <pubDate>Mon, 17 Jan 2011 12:22:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l'émission "En route vers la présidentielle" sur Radio Classique et iTélé lundi 17 janvier. Il répondait aux questions de Guillaume Durand et de Mickaël Darmon.      <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2621620-3699548.jpg?v=1295262375" alt=""Il faut que la France équilibre le poids de l'Allemagne par une initiative européenne de croissance"" title=""Il faut que la France équilibre le poids de l'Allemagne par une initiative européenne de croissance"" />
     </div>
     <div>
      L'émission est podcastée ci-dessous
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l'émission "En route vers la présidentielle" sur Radio Classique et iTélé lundi 17 janvier. Il répondait aux questions de Guillaume Durand et de Mickaël Darmon.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
   <link>https://www.chevenement.fr/Il-faut-que-la-France-equilibre-le-poids-de-l-Allemagne-par-une-initiative-europeenne-de-croissance_a1061.html</link>
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   <title>"Le gouvernement français a été trop long à réagir comme il se devait à la situation en Tunisie"</title>
   <pubDate>Sun, 16 Jan 2011 23:19:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était dimanche 16 janvier l'invité d'Aymeric Caron dans son émission "Vous allez en entendre parler".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2620420-3697874.jpg?v=1295215971" alt=""Le gouvernement français a été trop long à réagir comme il se devait à la situation en Tunisie"" title=""Le gouvernement français a été trop long à réagir comme il se devait à la situation en Tunisie"" />
     </div>
     <div>
      L'émission est podcastée ci-dessous.       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Europe-1-le-19-20/Sons/Vous-allez-en-entendre-parler-16-01-11-374485/">site d'Europe1</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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 	<itunes:subtitle><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était dimanche 16 janvier l'invité d'Aymeric Caron dans son émission "Vous allez en entendre parler".]]></itunes:subtitle>
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 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
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   <title>Les idéaux républicains et démocratiques peuvent s'épanouir dans un pays de tradition musulmane</title>
   <pubDate>Sat, 15 Jan 2011 17:30:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le peuple tunisien nous est proche. Il vient de montrer une détermination et un courage exemplaires pour ouvrir la voie à une démocratie qu'il mérite pleinement. On ne peut que déplorer le sang versé mais des élections maintenant vont être organisées.     <div>
      Je souhaite qu'elles débouchent sur un gouvernement républicain, d'abord respectueux de ses citoyens et capable d'offrir à la jeunesse tunisienne les perspectives d'avenir en matière d'emploi et d'accomplissement civique auxquelles elle aspire justement.       <br />
              <br />
       La France et l'Europe ont une responsabilité essentielle pour associer la Tunisie à leur développement par l'investissement et par une offre croissante de débouchés. Il nous revient d'aider à la création d'une véritable euro-méditerranée.       <br />
              <br />
       La Tunisie n'est évidemment pas complètement à l'abri de l'intégrisme radical mais elle vient de montrer sa maturité démocratique à travers le comportement de sa jeunesse, de ses syndicats et de ses forces armées qui ont refusé de tirer sur les manifestants.       <br />
              <br />
       La Tunisie saura montrer que idéaux républicains et démocratiques peuvent s'épanouir dans un pays de tradition musulmane.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Les-ideaux-republicains-et-democratiques-peuvent-s-epanouir-dans-un-pays-de-tradition-musulmane_a1058.html</link>
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   <title>"Pour desserrer l'étau, il faut faire bouger la position allemande"</title>
   <pubDate>Thu, 13 Jan 2011 11:40:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de RFI jeudi 13 janvier 2011 à 8h20. Il répondait aux questions de Frédéric Rivière. L'émission est podcastée ci-dessous.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      Source : <a class="link" href="http://www.rfi.fr/emission/20110113-jean-pierre-chevenement-senateur-territoire-belfort-president-honneur-mouvement-re">site Internet de RFI</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/2612151-3685289.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Pour-desserrer-l-etau-il-faut-faire-bouger-la-position-allemande_a1051.html</link>
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   <title>Tunisie: la France devrait dénoncer "les tirs à balles réelles" (Chevènement)</title>
   <pubDate>Thu, 13 Jan 2011 11:37:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, jeudi 13 janvier 2011, 10h18     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2612174-3685318.jpg?v=1294913595" alt="Tunisie: la France devrait dénoncer "les tirs à balles réelles" (Chevènement)" title="Tunisie: la France devrait dénoncer "les tirs à balles réelles" (Chevènement)" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a estimé jeudi que même s'il fallait respecter la Tunisie comme &quot;pays indépendant&quot;, Paris serait &quot;bien inspiré&quot; de dénoncer &quot;les tirs à balles réelles&quot; contre les manifestants dans ce pays.       <br />
              <br />
       &quot;La Tunisie est un pays indépendant&quot; et &quot;il y a des limites à ce que nous pouvons faire pour intervenir dans ses affaires intérieures&quot; mais &quot;on ne peut qu'avoir le coeur serré en voyant le nombre de victimes beaucoup trop élevé&quot;, dans la répression des émeutes sociales, a déclaré M. Chevènement sur RFI.       <br />
       &quot;Je pense que le gouvernement français serait bien inspiré de faire savoir que les tirs à balles réelles sur les manifestants sont une méthode qu'il vaut mieux ne pas utiliser&quot;, a ajouté le sénateur du Territoire de Belfort, ancien ministre de François Mitterrand.       <br />
              <br />
       Selon lui, &quot;aujourd'hui nous nous trouvons devant une situation extrêmement difficile, déplorable pour un pays ami, proche de la France&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;La Tunisie du président (Zine El Abidine) Ben Ali est un pays qui s'est relativement développé plus vite que beaucoup d'autres, notamment dans le Maghreb, qui a fait un effort sérieux de développement et d'éducation mais qui du point de vue des libertés publiques a toujours laissé à désirer, ce n'est un mystère pour personne&quot;, a-t-il rappelé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Tunisie-la-France-devrait-denoncer-les-tirs-a-balles-reelles-Chevenement_a1052.html</link>
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