<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
  <link>https://www.chevenement.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-16T10:50:40+02:00</dc:date>
  <image>
   <url>https://www.chevenement.fr/var/style/logo.jpg?v=1299438702</url>
   <link>https://www.chevenement.fr/</link>
   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  </image>
  <geo:lat>48.8565993</geo:lat>
  <geo:long>2.3165333</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-1338827</guid>
   <title>La crise fait revenir la Nation au premier plan et démontre sa solidité</title>
   <pubDate>Thu, 23 Apr 2009 14:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Portrait de Jean-Pierre Chevènement par Philippe Plassart et Julien Tarby, paru dans Le Nouvel Economiste, 23 avril 2009, n°1473.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1338827-1766593.jpg?v=1469969429" alt="La crise fait revenir la Nation au premier plan et démontre sa solidité" title="La crise fait revenir la Nation au premier plan et démontre sa solidité" />
     </div>
     <div>
      Conversation sous forme de confession politique avec le “Che”. Sous les ors de la salle des pas perdus du Sénat.       <br />
              <br />
       On ne s'attendait pas à retrouver le “Che” dans un fauteuil de sénateur. S'il avoue s'y trouver “un peu par hasard”, suite à une déconvenue électorale dans son bastion belfortain, il semble y avoir trouvé assez vite ses marques, fort de sa longue expérience de la vie politique. Qu'on l'aime ou pas, Jean-Pierre Chevènement figure parmi les plus lourds de la politique française. Il fut la cheville ouvrière de l'alliance avec le PC et le concepteur des 101 propositions qui allaient amener Mitterrand au pouvoir. Depuis lors, sa vie politique a été ponctuée par trois démissions gouvernementales, une sécession corps et bien d'avec le Parti socialiste, une campagne prometteuse à la présidentielle de 2002 qui le plaçait au statut enviable de “troisième homme” mais qui finira dans les décombres de la poussée lepéniste à moins de 6 %...       <br />
       Aujourd'hui, l'homme, outrage du temps passant, semble en avoir rabattu sur ses ambitions. Feinte ? “Même mort, je reviendrai”, prévient-il, reprenant la maxime latine devenue fétiche depuis sa résurrection post-comatique. Donnant la clé de sa longévité : “Pour survivre en politique, l'essentiel est d'être en harmonie avec soi-même et avec ce que l'on croit.” Et quand Jean-Pierre Chevènement, l'artisan des nationalisations de 1981, plaide aujourd'hui pour une politique industrielle et une programmation dans laquelle l'Etat aurait plus que son mot à dire, il prouve sa constance.       <br />
       <span style="font-style:italic">Par Philippe Plassart et Julien Tarby</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      ------------------------------------       <br />
       &quot;Les conséquences de la crise sont loin d’avoir été toutes tirées. Beaucoup des tenants de la doctrine officielle estiment qu’elle ne sera qu’une parenthèse. Et qu’une fois celle-ci refermée, il sera possible de repartir comme avant. Ceux-là font une grave erreur. Il n’y a plus de boussole, les repères ont été perdus. Il faut faire un saut conceptuel pour imaginer les trente prochaines années. Rien ne serait plus nécessaire que de cerner ce que l’on veut pour le monde de l’après-pétrole, du combat contre le réchauffement climatique. Or on ne sait pas où on va. Une politique industrielle à moyen terme serait plus que jamais utile. L’Etat est légitime, s’il le juge nécessaire, pour réinvestir les secteurs stratégiques. Il y a certainement place pour une planification rénovée. J’emploie à dessein ce mot “planification” car il ne fait pas moderne, mais la notion de “programmation” convient très bien à sa place. On va y revenir. Mon combat est à contre-courant. Je note qu’avec la crise, la nation sur laquelle certains s’acharnent montre sa solidité. Les plans de relance sont conçus à cette échelle, ensuite on les coordonne. Et ce n’est pas étonnant. La nation qui vient du fond de l’histoire est la brique de base à partir de laquelle on peut bâtir. Tout ce qu’on a fait miroiter par ailleurs — le régionalisme, le communautarisme — ne tient pas la route quand les temps sont difficiles.       <br />
              <br />
       <b>Républicain d’abord</b>       <br />
       Pour éviter tout malentendu, je ne me présente jamais comme souverainiste, notion accolée à des courants avec lesquels je ne me sens aucune affinité. Je suis d’abord républicain. Pour moi la démocratie ne peut pas s’exercer sans la souveraineté. Charles de Gaulle l’a dit : ce sont l’avers et l’envers d’une même médaille. Mais qu’on ne s’y méprenne pas : cela ne veut pas dire que je suis contre le partage des compétences dès lors que l’on contrôle démocratiquement leur exercice. Par exemple, dès lors que l’euro existe, non seulement j’admets mais je revendique un gouvernement économique de la zone euro. Je ne regrette absolument pas les combats que j’ai menés ces trente dernières années. Ils témoignent peut- être d’une opiniâtreté excessive, trait de caractère, dit-on, des Belfortains. Ma première inclinaison a été pour Mendès France à 15 ans. Ensuite, j’ai conçu, avec d’autres, au Ceres, la stratégie du programme commun et de l’alliance avec le Parti communiste, comme moyen de redynamiser la gauche, de provoquer l’alternance et de mettre en œuvre un programme progressiste. Par la suite, je n’ai jamais donné dans les “ponts aux ânes” libéraux. Je n’ai jamais été pour le Matif, la Bourse remplaçant la banque, la Commission faisant régner la loi de la concurrence sur le marché européen. Je me suis opposé en Conseil des ministres à la libéralisation des capitaux sans contrepartie sur le plan de l’harmonisation fiscale. De même, je n’étais pas favorable au traité de Maastricht qui donnait une totale indépendance en dehors de tout contrôle du suffrage universel. J’ai le sentiment, permettez-moi de le dire à la lumière de la situation d’aujourd’hui, que tout cela était tout à fait justifié, si bien que je ne me sens pas en porte-à- faux avec moi-même, comme certains socialistes qui ont en quelque sorte adoubé le libéralisme dans leur propre maison. Et qui sont obligés aujourd’hui de se contorsionner. Je n’ai jamais fait des marchés financiers l’horizon de l’humanité.       <br />
              <br />
       <b>La pédagogie par la démission</b>       <br />
       Certes j’ai démissionné trois fois mais en même temps, j’ai été l’un des ministres les plus longtemps en poste au gouvernement avec Jack Lang. Mes démissions ne doivent pas oblitérer les décisions que j’ai prises : la relance de la recherche en 1981-1982, le redressement de l’école publique en 1984, avec l’instauration en particulier du baccalauréat professionnel, la défense, et le plan armée 2000, la police de proximité, l’intercommunalité, la définition d’un équilibre dans la politique de l’immigration. Il est vrai cependant qu’à plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion de marquer nettement mon désaccord ; une première fois au moment du tournant libéral en 1983, une deuxième fois avec la guerre du Golfe en janvier 1991 et enfin au sujet de la Corse, la République et de l’Europe en 2000. Pour moi, cela fait partie de la déontologie républicaine car il y a des moments où il faut savoir dire non et prendre du champ. Sous la IIIe République, ce type de décisions était très courant. Cela s’est perdu parce que sous la Ve République et jusqu’à la dernière réforme constitutionnelle, le démissionnaire ne retrouvait pas automatiquement son siège de député, son suppléant devant démissionner mais sans que rien ne l’y oblige.       <br />
              <br />
       Le mien l’a fait sans aucune difficulté. Démissionner ? C’est toujours une décision douloureuse, surtout si on quitte un gouvernement dans lequel on a le sentiment d’œuvrer utilement. Je ne l’ai jamais prise facilement. Pour moi, ces démissions avaient une dimension pédagogique pour “marquer le coup”. En 1983, contre le “tout marché” dont trop de camarades étaient devenus les thuriféraires ; en 1991, contre l’aberration des guerres Nord-Sud et du clash des civilisations. En 2000, contre la dissolution de la nation.       <br />
              <br />
       Faisant le constat de mon incapacité à pouvoir changer le cours des choses de l’intérieur, je prends alors date. Ma démission de 1983 trouve aujourd’hui à mon sens, vingt-cinq ans plus tard, toute sa justification. Idem pour celle de 1991, ou quand la France a refusé en 2003 de cautionner l’invasion de l’Irak. Quant à la Corse, les Corses eux-mêmes ont rejeté le statut particulier qu’on leur offrait en 2003 et les Français ont dit non en 2005 à la Constitution européenne ; il y a toujours dans la démission un pari sur l’avenir. A court terme, la réaction des gens est variable. Beaucoup s’écartent de vous dès lors que vous n’êtes plus en mesure de distribuer les postes et les honneurs. Et en quittant un gouvernement, vous perdez beaucoup de moyens. En même temps, certains vous soutiennent tandis que chez d’autres ce comportement suscite de l’incompréhension. Le temps en général éclaircit les choses. Par exemple, à Belfort, les gens n’ont pas compris sur le coup ma démission au moment de la guerre du Golfe. Sans doute peuvent-ils mieux la comprendre aujourd’hui.       <br />
              <br />
       <b>La ressource intellectuelle</b>       <br />
       Pour faire de la politique dignement, il faut défendre des idées que l’on croit justes. Cela passe par un investissement intellectuel collectif. On est plus intelligent à plusieurs que tout seul. J’ai toujours eu cette capacité à fédérer autour de moi des compétences de qualité. Il faut pour cela une certaine exigence intellectuelle et une certaine rectitude et aussi incarner quelque chose à un moment donné. Je pense que j’ai incarné une conception républicaine que la gauche pouvait signifier et apporter à la France.       <br />
              <br />
       Le Ceres était un think-tank composé de jeunes gens de 20 à 25 ans dont beaucoup sortaient de l’ENA ou de l’X. Son premier opuscule sur les nationalisations publié en avril 1968 avait pour thème la gauche et la politique industrielle. Et quatorze ans plus tard, la gauche au pouvoir conduisait son programme de nationalisations. Cela prouve que les idées anticipatrices peuvent cheminer. Par la suite j’ai créé un club, République moderne, en lettre mensuelle. Et il y a cinq ans, j’ai fondé une fondation, Res Publica. Celle-ci a une production intellectuelle abondante. Elle doit en être à son quarantième cahier sur des sujets extrêmement variés qui vont de l’école à l’Allemagne, la Russie, l’Onu, le décollage du Maghreb, l’instruction civique. Du Ceres à Res Publica, les ressorts sont les mêmes : les participants apportent leur contribution parce qu’ils ont envie d’agir et de s’inscrire dans une perspective. Mon ancrage local au territoire de Belfort est tout aussi essentiel. J’ai été élu député du Territoire de Belfort en 1973 - cela fait 38 ans - et mon mandat de sénateur court jusqu’en 2014. C’est dire combien je me suis puissamment investi dans la destinée de ce territoire. Sans lui, ma vie politique, singulièrement depuis que je suis sénateur, n’aurait pas le même intérêt. “Même mort, je reviens !” J’ai fais mienne cette devise latine depuis mon coma. Pour survivre en politique, l’essentiel est d’être en harmonie avec soi-même, avec ce que l’on croit, et avoir des convictions. Des convictions non pas figées — mes grands-parents m’en ont forgé de fortes que je renie pas — mais avec la volonté de comprendre le monde dans lequel on est et non pas tel qu’on voudrait qu’il soit. Mes analyses, je les ai puisées à la fois à la tradition républicaine, à Jaurès, à l’analyse de Marx — je dis bien à l’analyse, pas au prophétisme. Un creuset que je ne récuse pas car encore aujourd’hui, ces grilles de lecture m’ont paru assez sûres. Il convient bien sûr de toujours essayer de se perfectionner et d’actualiser ses interprétations. Les cahiers de Res Publica y contribuent.       <br />
              <br />
       <b>L’Europe, l’Allemagne</b>       <br />
       Je ne suis pas en campagne. Ces élections n’ont pas à mes yeux beaucoup de signification. Le Parlement de Strasbourg est une institution fantôme qui ne forme aucune volonté générale. Les députés s’y expriment trois minutes tour à tour. C’est plutôt un alibi pratique qu’un outil de démocratie. J’observe que dans la vie politique française, personne n’a pu faire prospérer un succès à ces élections. Ni Le Pen, ni de Villiers, ni Pasqua, ni Tapie. C’est une élection où chaque force politique mesure son influence. Cela permet aussi d’investir à Strasbourg les recalés du suffrage universel. Qui connaît le nom de son député européen ? On a prétendu rapprocher les députés européens des électeurs en découpant la France en cinq grandes régions, on les en a encore davantage éloignés. C’est pourquoi mon mouvement ne concourt pas à ses élections. Pour ma part, je voterai blanc. Les relations entre la France et l’Allemagne sont un sujet très ancien et très difficile ; force est de constater que les rapports franco-allemands ne sont jamais spontanément au beau fixe. A amener ces deux peuples contigus à travailler ensemble est une tâche à renouveler en permanence. Il faut qu’ils se persuadent l’un l’autre qu’aucun d’eux ne peut dominer l’Europe d’une manière ou d’une autre, soit par la diplomatie, la technologie ou l’industrie. Et que l’ère du leadership européen est close. Conscients de leur solidarité de destin, Français et Allemands peuvent ensemble impulser une grande politique européenne. Trop souvent, il y a d’un côté une certaine arrogance ou de l’autre une certaine suffisance qu’il faut surmonter. Le traité de Lisbonne va avoir des conséquences dommageables. Il va créer un déséquilibre durable entre la France et l’Allemagne, cette dernière disposant d’un tiers de voix supplémentaires au Conseil européen. Cela rompt les équilibres fondateurs établis en 1951 par les pères fondateurs – l’exacte parité des votes entre les deux pays quoi qu’il puisse arriver. Il s’agit pour le coup d’une véritable rupture.       <br />
              <br />
       Quant à la réintégration de la France dans l’Otan, c’est une erreur.       <br />
              <br />
       <b>L’Otan, l’Irak</b>       <br />
       Intégrer l’Otan ? Personne ne nous demandait de prendre cette décision. Elle va nous entraîner dans des guerres qui ne seront pas les nôtres, comme par exemple l’affaire d’Afghanistan. Cela correspond à un tropisme de la politique américaine, l’élargissement vers l’Est. Je fais tout à fait crédit aux initiatives prises ou à venir de Barack Obama. Mais sa présidence ne sera qu’un moment de l’histoire, alors que l’alliance de l’Otan perdure depuis 1949. La distance marquée par le général de Gaulle aurait dû être conservée. Quant à l’intégration ou pas de la Turquie, elle est d’abord une affaire européenne et on aimerait bien que les limites de l’Europe soient fixées par les Européens eux-mêmes, et non pas par les Américains. Je suis très américanophile et le peuple américain est très hospitalier. Mais l’administration américaine, c’est autre chose. Elle mène une politique qui vise à dominer le monde et les Etats-Unis n’ayant plus les moyens de le dominer, ils ont besoin d’auxilliaires qu’ils viennent chercher en Europe ou ailleurs. Obama a bien compris que l’Amérique vivait au-dessus de ses moyens. J’attends de voir comment il va réussir à sortir son pays du guêpier moyen-oriental.       <br />
              <br />
       L’Irak est un pays composite, une sorte de Grand Liban. Saddam Hussein avait un régime qui se voulait laïque, par rapport à un environnement plus fondamentaliste. En écrasant l’Irak, on a ouvert la voie aux fondamentalistes. Al Qaida ne se serait pas développé si les troupes américaines ne s’étaient pas installées durablement en Arabie Saoudite. Par ailleurs on a redonné un rôle prédominant à l’Iran dans la région. Etait-ce très intelligent ? Saddam Hussein avait proposé au Russe Primakov — j’ai encore le télégramme — que son armée évacue le Koweït et son remplacement par des troupes arabes. Proposition sans suite. Or les responsables politiques doivent pouvoir porter un jugement sur une situation. Si l’on pouvait sortir pacifiquement de cette situation, c’était cent fois préférable plutôt que d’ouvrir la voie à la famine, à l’encagement et au final à l’invasion du pays et à son explosion. Disant cela, on veut me faire passer pour un soutien inconditionnel de Saddam Hussein. Cela relève de procédés de propagande auxquels se heurtent tous ceux qui se mettent contre le flot dominant.       <br />
              <br />
       <b>L’Etat, les élites, la jeunesse</b>       <br />
       Sarkozy cite souvent le cas d’Alstom. Pourquoi ne pourrait-on pas imaginer que l’Etat prenne des participations stratégiques dans des secteurs absolument stratégiques ? On ne peut pas faire l’impasse sur une politique industrielle à moyen terme. Je crains que l’on cherche à changer les choses pour que rien ne change. Aujourd’hui, il faut penser les nouvelles formes d’énergie, une économie sans effet de serre qui permette de nourrir la planète. Dans ce domaine de l’éducation, il y a tout à faire et à refaire dans notre pays. Je m’inquiète beaucoup du déclin des filières scientifiques. Car l’avenir d’un pays se dessine par la science. Il est question paraît-il de supprimer la filière S. Complètement stupide. On encourage les jeunes à faire des métiers qui ne préparent pas l’avenir du pays. Les projets individuels sont déconnectés d’une ambition collective. Or l’un ne va pas sans l’autre. Il n’y pas d’épanouissement individuel s’il n’y a pas en même temps de succès collectif. Le manque de patriotisme des élites m’alarme. De même que les progrès de la démagogie à tous les niveaux, cette idée répandue que tout à chacun a droit à tout : les uns ont droit aux parachutes dorés et les autres à des pensions de retraite revalorisées ad vita eternam. Or cela ne marche pas comme cela. On oublie de mettre l’accent sur l’intelligence, la production, l’industrie, la technologie et la compréhension du monde. Pour la France et l’Europe, ce monde-là n’est pas facile car nous rapetissons à toute vitesse. Le concept de nation républicaine a été sapé méthodiquement. Ce faisant, on sape le civisme et c’est le règne du chacun pour soi. Nous sommes à un moment de l’esprit public où l’esprit national a été considérablement dévalué. Cela vient de très loin. On a connu cela pendant l’entre-deux-guerres, sous Vichy et la collaboration.&quot;       <br />
              <br />
       <b>Bio express       <br />
       Parcours national tourmenté</b>       <br />
       Jean-Pierre Chevènement est né le 9 mars 1939 à Belfort. Sorti de l’ENA, il adhère à la SFIO en 1964 et fonde avec d’autres en 1966 le Ceres qui deviendra un des principaux courants du PS à partir du congrès d’Épinay de 1971. Pendant ce temps, JPC est élu député aux élections législatives de 1973 à 1997, et en 2000, dans le Territoire de Belfort. De même il a été maire de Belfort entre 1983 et 2007. Ministre de la Recherche sous Pierre Mauroy, il refuse de participer au troisième gouvernement pour s’opposer au “tournant libéral” du PS. Ministre de l’Education nationale sous Laurent Fabius puis ministre de la Défense sous Michel Rocard, il démissionne en 1991 pour s’opposer à la guerre des Etats-Unis contre l’Irak. En 1992 il quitte la direction du PS afin de faire campagne pour le non au traité de Maastricht. Il fonde en 1992 le Mouvement des citoyens (MDC) et démissionne du PS. Ministre de l’Intérieur du gouvernement de Lionel Jospin, il démissionne en 2000 pour s’opposer au processus de Matignon visant à donner le pouvoir législatif à la Corse. Candidat à l’élection présidentielle de 2002, il obtient 5,33 %. Il devient président de la Fondation de recherche Res Publica. J.T       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.nouveleconomiste.fr/s1473/AVH-Chevenement.html">Le Nouvel Economiste</a>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vous pouvez également télécharger ci-dessous le portrait tel qu'imprimé par Le Nouvel Economiste</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1338827-1766593.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-crise-fait-revenir-la-Nation-au-premier-plan-et-demontre-sa-solidite_a792.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-704922</guid>
   <title>Qui veut faire l’ange fait la bête</title>
   <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 16:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   On aimerait que, de retour de Bagdad, le théoricien du droit d’ingérence humanitaire, Bernard Kouchner, qui avait inspiré en 1989 une intervention en ce sens de François Mitterrand à l’O.N.U., et qui s’était à l’époque dépensé sans compter pour la cause kurde, tant en Turquie qu’en Irak, fasse, vingt ans après, le bilan réel de son activisme.     <div>
      Faisons le compte :       <br />
       1) la première guerre du Golfe (1991) : 100.000 morts selon, une évaluation de l’Etat-major américain à la fin des opérations, en mars 1991 ;       <br />
       2) l’embargo maintenu pendant treize ans de 1990 à 2003 sur l’ensemble du peuple irakien, considéré comme solidaire du régime baathiste : 500.000 victimes, selon les estimations les plus mesurées, du fait de la malnutrition et des épidémies ;       <br />
       3) l’invasion de l’Irak en 2003 : 30.000 morts selon les estimations américaines (sans doute minorées) ;       <br />
       4) la guerre civile entre les « communautés » irakiennes (2003 – 2007) soit 400 à 500.000 morts selon une expertise scientifique anglo-américaine.       <br />
              <br />
       Au bas mot, cela fait un million de morts.       <br />
              <br />
       Je ne parle évidemment pas de l’aspect géopolitique : un boulevard ouvert à l’intégrisme, l’Irak brisé, face à un Iran désormais consacré comme la puissance dominante incontestée de la région, une <span style="font-style:italic">« guerre des civilisations »</span> dont on ne voit pas l’issue.       <br />
              <br />
       M. Kouchner déclare avoir sous-estimé le fanatisme des Irakiens <span style="font-style:italic">« quelle que soit leur communauté d’appartenance »</span>. Qui osera encore parler de la responsabilité des hommes politiques ?       <br />
              <br />
       Les idées valent à proportion inverse du sang versé.       <br />
              <br />
       La modération n’est pas glorieuse mais elle est plus humaine. <span style="font-style:italic">« Qui veut faire l’ange fait la bête »</span> (Pascal). L’ingérence est médiatique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Qui-veut-faire-l-ange-fait-la-bete_a408.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-531651</guid>
   <title>Extraits du livre « Le Vert et le Noir, intégrisme, pétrole, dollar », paru aux Editions Grasset en 1995</title>
   <pubDate>Sat, 06 Jan 2007 11:21:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Grands textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Novembre 1994 : Jean-Pierre Chevènement, alors député à l’Assemblée Nationale, effectuait une tournée au Moyen-Orient (Jordanie – Irak – Israël – Palestine). Il était chargé par le Premier ministre de l’époque, Edouard Balladur, d’une missive à Saddam Hussein tendant à la reconnaissance par l’Irak de la frontière avec le Koweit.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/531651-649466.jpg?v=1289480117" alt="Extraits du livre « Le Vert et le Noir, intégrisme, pétrole, dollar », paru aux Editions Grasset en 1995" title="Extraits du livre « Le Vert et le Noir, intégrisme, pétrole, dollar », paru aux Editions Grasset en 1995" />
     </div>
     <div>
      « Voilà donc Saddam Hussein. Cette vie pleine de bruit et de fureur ne prend sens qu’à la lumière du rêve arabe de forcer les passages de l’Histoire, à partir de ce pays forgé par la violence. Entrevoyant et le rêve fracassé et le bilan désastreux pour l’Irak de quinze années de guerre, je suis frappé par la diction mesurée et précise de l’homme, sa maîtrise de soi, le regard distancié qu’il paraît garder sur la marche du monde. Il me réitère la volonté de l’Irak de privilégier sa relation avec la France, pour autant que celle-ci en aura elle-même la volonté. Je crois deviner que ce temps ne durera pas toujours : Saddam Hussein sait désormais ce que sont les rapports de forces, dans le monde de l’après-guerre froide.       <br />
              <br />
       Une des premières questions que je posai à Saddam Hussein fut de savoir la raison des mouvements de troupes irakiennes aux approches du Koweit, au début d’octobre. N’avait-il pas fourni un prétexte aux Américains ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Voici sa réponse : « Ce n’est pas à vous que j’apprendrai que toutes les armées du monde ont besoin d’une « réserve générale ». La garde républicaine est notre « réserve générale ». Les principales menaces éventuelles sont au Sud en provenance de l’Iran et de « camps d’entraînement » regroupant d’anciens prisonniers et des « saboteurs » réfugiés en 1991 en Arabie Séoudite. L’essentiel de nos forces est statique. Il est normal qu’une armée fasse des exercices pour tester ses capacités de mobilité et de déploiement. » Et l’un de ses proches ajoutera : « On n’envahit pas le Koweit avec deux divisions  … alors qu’il y avait 500.000 soldats irakiens en 1990. »       <br />
              <br />
       Le ministre de l’Information m’assura plus tard que les photos satellite exhibées par Mme Albright au Conseil de Sécurité ne pouvaient montrer que des chars enterrés, en position défensive selon la méthode soviétique.       <br />
       Ces explications paraissent rétrospectivement assez convaincantes. Elles sont corroborées par les informations dont nous disposons maintenant de source américaine. Comment se fait-il alors que les Irakiens aient été incapables de faire entendre leur voix au début d’octobre 1994 ? Absence du sens de la communication ? Asservissement de l’information à la seule thèse américaine ? Tarek Aziz m’assurera que, revenu lui-même de New York à Bagdad au milieu de la crise, il avait trouvé le président irakien à mille lieues de se douter de l’ampleur prise par l’affaire dans les médias du monde entier. Le blocus n’est pas que commercial. Il touche aussi l’information et par conséquent l’intelligence du monde extérieur.       <br />
              <br />
       Comme j’incitais Saddam Hussein, me faisant l’avocat de la position du gouvernement français, à reconnaître la résolution 833, délimitant le nouveau tracé de la frontière avec le Koweït, je l’entendis me répondre d’abord : « Où est passée la volonté d’indépendance de la France ? Depuis plusieurs années, le gouvernement français m’a habitué à un langage flexible, à des phrases mouvantes, à un flou permanent … Après le discours de François Mitterrand à l’ONU le 24 septembre 1990, j’ai fait une déclaration télévisée pour faire connaître une appréciation positive. Mais nous n’avons jamais pu engager le dialogue direct avec la France. La seule réponse qui nous a été faite publiquement a été « l’application des résolutions des Nations Unies » et bien entendu uniquement de celles qui concernaient l’Irak. »       <br />
              <br />
       Malgré son désabusement, il réitère les espoirs qu’il conserve en la France : « Quel dommage, me dit-il, que je n’aie jamais pu rencontrer François Mitterrand ! » Je lui dis l’avoir proposé au président après mon précédent voyage en 1990, et qu’à l’époque il n’en avait pas écarté l’idée. Tarek Aziz s’exclame alors – ce sera sa seule interruption - : « Si cela s’était fait, la guerre eût été évitée ! … »       <br />
              <br />
       Comme j’argumentais que la frontière avec le Koweït était un sujet sensible, que là se situait l’origine du conflit, que le gouvernement français avait déjà montré un signe d’ouverture, en refusant la création par la résolution 949 d’une zone d’exclusion terrestre que les Etats-Unis voulaient imposer, au sud de l’Irak, je l’entendis me dire : « J’adhère à la logique de votre position. Mais si nous reconnaissons le nouveau tracé de la frontière du Koweït, qui nous garantit qu’alors de nouvelles conditions inacceptables ne seront pas posées à l’égard des Chiites et des Kurdes qui seront autant d’ingérences dans les affaires intérieures de l’Irak ? … Vous revenez d’une région chiite. Vous avez pu constater que le gouvernement a la situation bien en main. La création d’une zone d’exclusion terrestre serait bien évidemment la porte ouverte à l’Iran. Mais aujourd’hui, en dehors de quelques incursions, il n’y a pas de problèmes de maintien de l’ordre au Sud … Il n’en va pas de même en pays kurde. Là, il y a des problèmes, mais qui ne datent pas d’hier. Quand le général (Jacques) Mitterrand m’a rendu visite en décembre 1989 chez moi, dans le Nord, le pays était calme : il a pu s’en assurer lui-même. Les Kurdes, comme les Chiites, sont d’abord des prétextes pour porter atteinte à la souveraineté de l’Irak … Partout on s’insurge contre la violence, en Algérie, en Egypte. Mais quand il y a des attentats en Irak, on appelle cela « lutte pour les droits de l’Homme » … quand l’Iran envoie des saboteurs en Irak, là il ne s’agit plus de violence, mais de lutte pour le droit des Chiites et des Kurdes. »       <br />
              <br />
       J’entendis le lendemain le même son de cloche chez le ministre de l’Information : « Pour l’Occident il y a les bons Chiites, en Irak, et les mauvais Chiites, au Liban, ceux du Hezbollah … De même, il y a les bons Kurdes en Irak, et il y a les mauvais Kurdes, en Turquie, dont les Etats occidentaux ne se soucient guère. L’Iran peut financer au Kurdistan irakien un troisième parti islamique, qui se développe désormais à côté des deux autres, celui de Barzani (le PDK) et celui de Talegani (l’UPK) … Chaque semaine, des villages irakiens sont bombardés par l’aviation turque, parce qu’ils sont censés abriter des camps du PKK . De tout cela, l’Occident n’a cure … »       <br />
              <br />
       Saddam Hussein tira à mon intention une conclusion simple : « Satisfaire aux résolutions de l’ONU est un exercice impossible. La seule chose qui compte, c’est la volonté des Etats-Unis. Les résolutions de l’ONU ne sont que l’habillage de la volonté des Etats-Unis de remettre l’Irak sous contrôle. »       <br />
              <br />
       Après que je me fus beaucoup dépensé à la fois pour rétablir une certaine idée du rôle que la France pourrait encore jouer à l’avenir, et pour assouplir la position de l’Irak vis-à-vis  des exigences du Conseil de Sécurité, Saddam Hussein en vint à ce qui, pour lui, était évidemment le cœur de sa préoccupation : la défense de l’indépendance irakienne.       <br />
              <br />
       « Ce qui est devant nous, me dit-il, c’est le risque d’une totale mainmise américaine sur le pétrole irakien. Le pétrole, pour les Etats-Unis, c’est le moyen de régler à leur convenance leurs rapports futurs avec l’Europe et le Japon. Ou bien la France est capable de comprendre que l’indépendance de l’Irak sert sa propre indépendance et celle des autres peuples, ou bien, si elle ne le comprend pas, comment donc défendre à sa place des intérêts vitaux dont elle semble n’avoir plus conscience ? Si la France à l’avenir veut encore peser en Europe, elle a besoin d’être présente au Moyen-Orient … »       <br />
              <br />
       Je ne puis m’empêcher d’évoquer, en l’écoutant, le propos d’un de mes amis palestiniens, grand connaisseur des choses du Moyen-Orient, à qui j’exposait les buts humanitaires et politiques de mon voyage et mon souci de ne pas y mêler de considérations commerciales : « But Irak is only FOB ! Only business  »       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       Si fort que je m’en désole pour le peuple irakien, là est bien le nœud de la question : mais à supposer que Saddam veuille traiter avec les Etats-Unis, les Etats-Unis sont-ils prêts à traiter avec lui ? N’incarne-t-il pas la volonté d’indépendance des Arabes en général et de l’Irak en particulier ? Un tel personnage est-il « fiable » pour l’Amérique ?       <br />
              <br />
       Je crus alors percevoir dans la bouche du président irakien une nuance de fatalisme qui ne lui était pas ordinaire : « Les Américains se comportent, me dit-il, comme de simples marchands de canons. Ils installent des « Patriot »  au Koweït, alors qu’ils savent pertinemment qu’il n’y a plus de missile irakien capable de dépasser 150 km. Ils annoncent le déploiement dans toute la région d’avions A10, « tueurs de chars ».        <br />
              <br />
       S’agit-il simplement d’une promotion commerciale à l’exportation, ou envisagent-ils sérieusement d’attaquer à nouveau l’Irak ? Qu’y gagneront-ils ? Quoi qu’ils fassent, les Américains n’ont pas les moyens de dominer durablement la région … Que feront-ils en cas d’agression de l’Iran contre les pays du Golfe ? En écrasant l’Irak, ils ont seulement excité la haine des peuples arabes à leur égard … »       <br />
              <br />
       Et comme je lui faisais observer que l’intégrité de l’Irak restait un objectif de la communauté internationale : « L’Irak, poursuivit-il, a contribué dans le passé à la stabilité de la région contre l’Iran, mais a été mal récompensé … J’espère, en vous entendant, que l’Irak, à l’avenir, pourra à nouveau jouer un rôle actif dans l’équilibre et la stabilité régionale, car les Etats-Unis ne le peuvent pas. »       <br />
              <br />
       En évoquant la paix dans la région, Saddam Hussein me facilitait la transition :        <br />
       « La prochaine étape de mon voyage, lui dis-je, sera Jérusalem – ce qu’il savait déjà. J’y rencontrerai le ministre des Affaires Etrangères d’Israël, Shimon Peres. L’homme a une vision. C’est assez rare, au Proche-Orient. Il sait qu’il n’y a pas de paix durable, de la Méditerranée au Golfe, en dehors de la reconnaissance des droits du peuple palestinien et il mesure aussi l’importance de l’Irak dans la région. »       <br />
              <br />
       La réponse ne se fit pas attendre : « Je n’ai pas l’intention d’envoyer une lettre à M. Peres. En revanche, vous pouvez répéter à M. Peres ce que nous vous avons dit. Naturellement vous êtes libre aussi de vos commentaires. L’Irak a choisi une fois pour toutes le développement et l’indépendance. Partout on s’insurge contre la violence et le terrorisme. Sauf en Irak où l’on prend prétexte du droit des Kurdes et des Chiites … C’est le triomphe du « deux poids, deux mesures ». L’Irak aspire à la paix et à la stabilité dans la région. J’espère qu’il pourra y apporter sa contribution… La clé de la paix au Proche-Orient, c’est le sort du peuple palestinien. Malgré l’injustice et l’agression subies par l’Irak, je veux garder confiance en l’avenir … »       <br />
              <br />
       Tarek Aziz, que j’avais vu l’avant-veille, avait déjà développé à mon intention le point de vue irakien : « L’Irak a connu deux guerres, avec l’Iran puis avec les Etats-Unis. Notre pays veut la paix. Nous n’avons pas été à l’origine du conflit israélo-palestinien. C’est un conflit qui existe en dehors de nous. Nous n’avons d’ailleurs pas de frontière commune avec Israël. Notre position est que les Palestiniens doivent se déterminer par eux-mêmes. Nous n’avons pas à être plus palestiniens que les Palestiniens. De même, les gouvernements d’Egypte, de Syrie, de Jordanie sont d’abord responsables devant leurs propres peuples. Qu’ils se déterminent par eux-mêmes ! Nous nous abstenons de les critiquer officiellement. Mais comment ne serions-nous pas frappés par le « deux poids deux mesures » dans l’application par l’ONU des résolutions 242 et 338  ? L’Irak n’a pas choisi la voie du fondamentalisme islamique. Il a choisi la voie de la modernisation. L’extrémisme islamiste est le principal facteur de déstabilisation de la région. Il s’enracine dans la misère, le désespoir, le sentiment d’injustice. Comme tous les extrémismes – communisme, fascisme -, il prospère sur le terreau des difficultés sociales du peuple. L’Irak a choisi une autre voie : moderniser son économie, améliorer le logement, l’habitat, promouvoir l’éducation, maîtriser les technologies. C’est à l’Occident de savoir quelle voie il veut favoriser dans le monde arabe. Tous les régimes de la région sont fragiles. L’intérêt bien compris de l’Occident serait d’avoir affaire à un Irak moderne. L’Irak est un pays riche, héritier d’une grande civilisation, ouvert aux contacts avec le monde extérieur … Quant au « processus de paix », nous considérons qu’il reste ambigu sur le point principal, qui est l’avenir du peuple palestinien. »       <br />
              <br />
       ----------       <br />
       <a class="link" href="http://astore.amazon.fr/chevenement20-21/detail/2246506719/171-0583632-7256260">Acheter cet essai dans la boutique en ligne du site</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div align="center"><iframe src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?t=chevenement20-21&o=8&p=8&l=as1&asins=2246506719&fc1=650032&IS2=1&lt1=_blank&lc1=000000&bc1=000000&bg1=EFEFCC&f=ifr" style="width:120px;height:240px;" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" frameborder="0"></iframe></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/531651-649466.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Extraits-du-livre-Le-Vert-et-le-Noir-integrisme-petrole-dollar--paru-aux-Editions-Grasset-en-1995_a161.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-531649</guid>
   <title>Extraits du livre « Une certaine idée de la République  m’amène à … » paru aux Editions Albin Michel, en 1992</title>
   <pubDate>Sat, 06 Jan 2007 11:06:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Grands textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Janvier 1990 : Rencontre Jean-Pierre Chevènement – Saddam Hussein Jean-Pierre Chevènement était alors ministre de la Défense. Il était envoyé à Bagdad par le Président de la République pour conditionner à l’apurement de la dette irakienne envers la France la poursuite de la coopération franco-irakienne.     <div>
      « L’Irak fut le dernier pays dans lequel je me rendis à la fin janvier 1990 sur mandat du président de la République et du Premier ministre. Le contentieux financier (25 milliards de francs d’impayés) dominait et obscurcissait nos relations. Saddam Hussein, qui me reçut deux heures, répondit en politique aux observations que je lui fis. Ses vrais soucis étaient ailleurs : l’évolution du prix du pétrole, la normalisation, trop rapide à son gré, des relations de l’Occident avec l’Iran, dont l’esprit de revanche, me dit-il, ne s’éteindrait jamais, et enfin l’affaissement de l’Union soviétique et les risques d’isolement qui ne manqueraient pas d’en résulter pour l’Irak, si celui-ci ne trouvait pas en Europe et au Japon de nouveaux partenaires. Il fut davantage question du rééquilibrage de notre coopération en vue de reconstruire l’économie irakienne que de coopération militaire : aussi bien, les ressources étaient-elles limitées au montant des remboursements.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les Irakiens semblaient désireux d’échapper à ce carcan et allèrent jusqu’à évoquer l’achat par la France de pétrole irakien « en terre », ce qui, pour un pays qui avait nationalisé l’IPC  moins de vingt ans auparavant, témoignait d’un grand pragmatisme ! Pendant tout l’entretien, Saddam Hussein manifesta une attention constante et un sens aigu de l’argumentation, insistant sur le besoin qu’avait l’Irak de se refaire, souhaitant voir y contribuer la France, à laquelle, me dit-il, il avait toujours réservé, en raison de sa politique indépendante, un traitement privilégié. De même nous conseillait-il de resserrer nos liens avec l’Arabie Séoudite sans doute trop exclusivement tournée, à ses yeux, vers les Etats-Unis.       <br />
              <br />
       Le ton était courtois et même à certains moments d’une cordialité appuyée : « Seule la France nous a compris dans notre confrontation avec l’Iran parce qu’elle a eu l’expérience du fanatisme et des guerres de religion, alors que l’Amérique sans histoire et sans mémoire, a joué double jeu. Nos pays se comprennent car ils sont adossés à des millénaires d’histoire … »       <br />
              <br />
       Ce n’est qu’à la fin que le ton se durcit : après m’avoir entraîné à part avec l’interprète, Saddam se plaignit que son envoyé spécial à Paris le mois précédent, Saadoun Hammadi, n’ait pas été reçu au niveau où il aurait dû l’être. Quand les Russes avaient refusé d’ouvrir un centre culturel irakien à Moscou, me dit-il, il avait fait fermer le leur à Bagdad. Quelle prévenance, au contraire, ne montrait-il pas à l’égard de l’envoyé du président et du gouvernement français : il avait décalé son voyage au Caire où il devait rencontrer Moubarak d’une demi-journée pour me recevoir ! Les deux dernières minutes en disaient plus long que les deux heures qui les avaient précédées. »       <br />
              <br />
       -----------       <br />
       <a class="link" href="http://astore.amazon.fr/chevenement20-21/detail/2226056920/171-0583632-7256260">Acheter cet essai dans la boutique en ligne du site</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Extraits-du-livre-Une-certaine-idee-de-la-Republique-m-amene-a-paru-aux-Editions-Albin-Michel-en-1992_a160.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
