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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-16T10:33:35+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Langues régionales : les enjeux masqués d’une révision constitutionnelle</title>
   <pubDate>Mon, 02 Nov 2015 11:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Jean-Pierre Chevènenement et Marie-Françoise Bechtel (députée de l'Aisne) parue dans Marianne.fr le 1er novembre 2015.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/8464630-13297195.jpg?v=1446461078" alt="Langues régionales : les enjeux masqués d’une révision constitutionnelle" title="Langues régionales : les enjeux masqués d’une révision constitutionnelle" />
     </div>
     <div>
      Faut-il permettre la ratification complète de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ? Le premier Ministre s’est offusqué de ce que le Sénat ait rejeté la semaine dernière le projet de réforme constitutionnelle qui lui a été présenté après un tour de piste avorté l’an dernier.       <br />
              <br />
       La vivacité d’une indignation d’où la rhétorique n’est peut-être pas absente n’a d’égal que le côté ressassé d’une antienne, celle de la revendication régionaliste appuyée sur des mouvements qui n’ont jamais voulu désarmer. Depuis en effet qu’en 1999 la France a ratifié la Charte sous les seules réserves des stipulations qui entreraient en contradiction avec notre Constitution, les partisans d’un régionalisme maximaliste n’ont eu de cesse de remonter à l’assaut sur cette question.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Or de quoi s’agit-il réellement ? De priver les langues régionales d’un droit de cité ? Sûrement pas. Aujourd’hui la loi, dans notre pays, n’empêche ni l’enseignement ni l’utilisation des langues régionales. On peut aujourd’hui sur tout le territoire lire les panneaux de signalisation en deux langues, obtenir tout document administratif traduit en langue régionale, enfin et surtout scolariser ses enfants dans des établissements qui offrent soit un enseignement optionnel soit une immersion totale. Cet effort scolaire est financé par l’Etat pour près de 300 000 enfants dans 13 académies avec plus de 1100 enseignants dont 600 titulaires d’un Capes. Tout cela vient, rappelons-le, de ce que la France a ratifié de larges parties de la Charte. Rien n’empêche d’ailleurs que la mise en valeur de ce riche patrimoine, auquel nous sommes tous légitimement attachés, fasse l’objet d’une loi de programmation permettant sa préservation et son développement, objectif culturel parfaitement défendable. Rien de tout cela ne demande une réforme constitutionnelle, c’est seulement une question de choix législatifs et de moyens financiers. APPELLE-T-ON AUJOURD’HUI À UNE NOUVELLE CONCEPTION DE LA RÉPUBLIQUE ?       <br />
              <br />
       Mais alors que veut-on de plus ? Les gouvernements Juppé (1996) puis Jospin (1999) avaient en effet renoncé à une ratification totale qui se heurtait à des obstacles constitutionnels et non des moindres, en premier lieu l’unité du peuple français.        <br />
              <br />
       Ces obstacles auraient-ils miraculeusement disparu ? Ou bien nous appelle-t-on aujourd’hui à une nouvelle conception de la République ? Telle est la question savamment obscurcie dans le débat grâce à un projet de révision constitutionnelle qui se prétend, chose inédite, conforme à la Constitution tout en inventant une lecture de la Charte qui est explicitement contraire à celle-ci. Autrement dit une révision qui n’en est pas une et une ratification avec des « réserves d’interprétation » qui sont exclues par la Charte elle-même.       <br />
              <br />
       Regardons donc aujourd’hui ce que ne permet pas la loi. C’est le moyen d’être éclairé sur ce que cherche ce projet de révision constitutionnelle. Ce que ne permet pas aujourd’hui la loi est d’abord la « co-officialité » des actes d’administration et de justice, qui deviendraient obligatoirement bilingues : comme l’a dit et répété le Conseil constitutionnel ce serait là une atteinte à unité du peuple français et à l’indivisibilité de la République.  C’était vrai hier, cela reste vrai aujourd’hui. Quant à l’investissement massif dans les écoles privées dévolues aux langues régionales ou encore  au recrutement d’agents publics - fonctionnaires ou magistrats - sur leurs  compétences linguistiques, ce serait porter atteinte à la laïcité tant par le financement excessif des établissements privés que par la fin de la neutralité de la fonction publique. C’est toucher au pacte républicain lui-même.        <br />
              <br />
       La conclusion est simple : c’est bien pour les Bretons, Basques, Alsaciens ou Occitans « de souche » - ceux du moins qui se voient tels-que serait faite cette réforme. On verra ainsi au sein de départements dans lesquels se mêlaient depuis des siècles natifs et « implantés », se séparer dans les écoles comme devant les guichets administratifs ou aux greffes de justice deux populations, trois en comptant les  migrants qui ne parlent pas la langue : le meilleur laboratoire possible pour inciter au développement des communautarismes…       <br />
              <br />
       Les Français veulent-ils tout cela ? Les en a-t-on même informés ? Le Constituant va-t-il, sans vrai débat citoyen, décider de changer non seulement la lettre mais l’esprit d’une Constitution qui affirme dans son article 1er que l’indivisibilité de la République est la source de l’égalité entre les citoyens et de l’unicité du peuple français ? Voulons-nous frayer la voie en France à des mouvements indépendantistes inspirés des exemples catalan, écossais ou flamand ?       <br />
              <br />
       A l’heure où ce ne sont partout que proclamations des valeurs de la République ou de la cohésion nationale, cette initiative a quelque chose de surréaliste.       <br />
              <br />
       La République n’est pas un monument historique. Elle ne demande qu’à vivre dans le dépassement des différences pour construire cet espace commun que les Grecs appelaient la koinè, l’intérêt commun. Seule une telle République peut parler au peuple. Au lieu d’alimenter des tentations centrifuges qui ne font qu’accentuer le repli identitaire, mal de notre temps, méditons plutôt cette phrase de Nelson Mandela : « Sans langue commune, on ne peut pas parler à un peuple ni le comprendre ».       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.marianne.net/agora-langues-regionales-les-enjeux-masques-revision-constitutionnelle-100237699.html">MARIANNE</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Langues-regionales-les-enjeux-masques-d-une-revision-constitutionnelle_a1767.html</link>
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   <title>"Le problème principal du PS ? Sa résistance au réel !"</title>
   <pubDate>Sat, 03 Dec 2011 12:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Atlantico, samedi 3 décembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3501597-5042081.jpg?v=1322913292" alt=""Le problème principal du PS ? Sa résistance au réel !"" title=""Le problème principal du PS ? Sa résistance au réel !"" />
     </div>
     <div>
      <b>Atlantico: Vous avez exprimé de &quot;très fortes inquiétudes&quot; à propos de l'accord conclu entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Quelles sont-elles précisément?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement:</b> Cet accord met en cause l’avenir de notre pays sur des questions fondamentales : l’avenir du nucléaire qui engage notre indépendance mais aussi l’emploi, notre capacité d’exportation, sans que soit garante, car tout cela est plus idéologique que réfléchi, une préservation de l’environnement. On ne peut aussi que s’inquiéter du projet - nuancé depuis, compte tenu de la levée de boucliers qu’il a suscité - d’abandonner notre siège au Conseil de sécurité de l’ONU qui a permis jusqu’ici de faire entendre une voix traditionnellement indépendante, celle de la France.       <br />
              <br />
       Ce projet est d’ailleurs en pleine contradiction avec la volonté, marquée par l’accord, d’avancer vers une politique internationale plus juste, avec par exemple la reconnaissance d’un Etat palestinien. Cet abandon n’aurait pas permis de faire entendre une voix raisonnable sur la guerre en Irak. Quant à l’idée d’exprimer une politique commune à une vingtaine d’Etats qui poursuivent des objectifs divergents et ne parviendraient donc pas à s’entendre, elle ne grandirait pas l’image de l’Europe.       <br />
              <br />
       <b>En quoi cet accord met-il en péril la souveraineté française?</b>       <br />
       Pour les raisons déjà indiquées : notre indépendance énergétique, la voix de la France dans le monde sont des éléments indissociables de l’exercice de notre souveraineté. De même d’ailleurs on ne pourrait ratifier la Charte des langues régionales et minoritaires sans revenir sur la définition même de la République française : ce n’est pas moi qui le dit c’est le Conseil constitutionnel, consulté en 1999. Si l’on veut préserver nos langues régionales qui sont une richesse, cette ratification est inutile ; si l’on veut se marier en breton, divorcer en catalan ou passer des actes de vente en auvergnat, modifions notre Constitution ! Tout cela est régressif, cela rappelle les projets régionalistes qui avaient tant de succès chez ceux qui furent les inspirateurs du Maréchal Pétain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Sur le plan intérieur, la République est-elle menacée?</b>       <br />
       Cela fait longtemps qu’un délitement de la République s’installe,  lié au recul de la conscience collective, à la montée des valeurs marchandes, à la mise en scène de questions de société – principe de précaution droit à la différence, repentance - qui masquent les vrais enjeux, ceux d’une égalité exigeante, d’une émancipation de la conscience individuelle, qui sont eux-mêmes indispensables à l’exercice réel d’une citoyenneté vivante et non de façade.       <br />
              <br />
       <b>D'un point de vue politique, le Parti socialiste s'est-il laissé déborder par EELV?</b>       <br />
       Sans doute, mais cela ne serait pas arrivé s’il était pourvu d’un logiciel républicain, cohérent et ambitieux. L’écologie politique offre une alternative à ceux qui ne savent plus très bien où habitent leurs repères.       <br />
              <br />
       <b>Vous avez &quot;taclé&quot; sévèrement le bilan du PS de ces 10 dernières années. Quel est le problème principal de ce parti, selon vous?</b>       <br />
       La résistance au réel : le rejet  par le peuple français du traité de Lisbonne était aussi un jugement sur les errements de la construction européenne. La crise formidable qui secoue la zone euro est un signal plus fort encore. Jusqu’à quand l’idéologie européiste et fédéraliste servira-t-elle à ce parti d’alibi pour ne pas regarder en face les enjeux et reconsidérer les solutions ?       <br />
              <br />
       <b>Pouvez-vous nous certifier aujourd'hui que vous irez jusqu'au bout de votre candidature pour la présidentielle à venir?</b>       <br />
       Je suis candidat pour faire bouger les lignes. Je mets mes forces dans cette bataille parce que je la crois dans l’intérêt  du pays tout entier. Ce n’est pas moi qui détient la clé de ce qui surviendra dans les mois à venir.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.atlantico.fr/decryptage/jean-pierre-chevenement-probleme-principal-ps-resistance-au-reel-accord-eelv-socialiste-237220.html">Atlantico.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Le-probleme-principal-du-PS-Sa-resistance-au-reel-_a1298.html</link>
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   <title>Accord PS/EELV: "très fortes inquiétudes" de Chevènement</title>
   <pubDate>Sat, 19 Nov 2011 16:01:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, samedi 19 novembre 2011, 13h52.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3453189-4967937.jpg?v=1321714950" alt="Accord PS/EELV: "très fortes inquiétudes" de Chevènement" title="Accord PS/EELV: "très fortes inquiétudes" de Chevènement" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, candidat à la présidentielle et président d'honneur du MRC, a exprimé samedi auprès de l'AFP, ses &quot;très fortes inquiétudes&quot; à propos de l'accord conclu entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) pour 2012.       <br />
              <br />
       Cet accord prévoit notamment &quot;un siège européen&quot; comme membre permament du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les cinq membres permanents sont Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie.       <br />
              <br />
       &quot;J'exprime de très fortes inquiétudes après avoir lu le texte de l'accord PS-EELV&quot;, a-t-il déclaré en expliquant que ces &quot;inquiétudes ne concernaient pas seulement l'aspect nucléaire civil, à (ses) yeux totalement irréaliste, mais aussi le siège européen qui ne peut que procéder d'une européanisation du siège de la France de membre permanent au conseil de sécurité de l'Onu&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      M. Chevènement a dénoncé en outre la suppression du droit de veto, prévu dans l'accord PS/EELV.       <br />
              <br />
       Le candidat s'est inquiété également &quot;de l'avenir de notre dissuation nucléaire et de la décision de ratifier la charte des langues régionales et minoritaires&quot; qui déboucherait, selon lui, sur &quot;la co-officialité de plus de 70 langues sur le territoire national&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;J'ai l'impression, a conclu M. Chevènement, que le parti socialiste, depuis une dizaine d'années, n'a rien appris et rien oublié&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Accord-PS-EELV-tres-fortes-inquietudes-de-Chevenement_a1273.html</link>
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   <title>La France a-t-elle écrasé ses régions ?</title>
   <pubDate>Tue, 05 Jan 2010 15:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien croisé entre Jean-Pierre Chevènement et Jean-Pierre Raffarin, L’Express, 24 décembre 2009, propos recueillis par Michel Feltin.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1798519-2448091.jpg?v=1289480095" alt="La France a-t-elle écrasé ses régions ?" title="La France a-t-elle écrasé ses régions ?" />
     </div>
     <div>
      <b>L'Express : Pour faire vivre ensemble des Provençaux et des Bretons, des Alsaciens et des Béarnais, la France a créé un Etat central fort. Cette unification a-t-elle abouti à l’écrasement des identités régionales ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> le grand historien Fernand Braudel disait : « la France a un nom : diversité ». Notre pays se situe en effet au carrefour des influences celtique, germanique et méditerranéenne. Plus qu’une donnée géographique, la France est donc une construction politique, qui s’est constituée à partir de l’Etat. Pour autant, je ne crois pas à la fable de l’uniformité française ! Notre pays reste panaché. Simplement - et heureusement ! - il y a des éléments d’unité. Comment ferais-je pour dialoguer avec M. Raffarin si nous ne disposions pas d’une langue commune ?        <br />
       <b>Jean-Pierre Raffarin :</b> Mon constat est le même : la France est incroyablement diverse. Quant à savoir si elle est un produit de la géographie, de l’histoire, voire un être moral - « une personne », disait Michelet - c’est une question ancienne. Personnellement, je crois qu’elle est un peu tout cela à la fois. Certes, la géographie est dominante. Certes, la monarchie, puis la République, ont recherché la centralisation. Mais j’observe surtout une succession de mouvements contraires, une alternance perpétuelle entre l’expression de la géographie - la diversité - et l’effet de l’histoire - l’unité. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Aurait-on pu imaginer une France fédérale, comme il existe une Suisse et une Allemagne fédérales ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Ce serait méconnaître la nature de la nation française ! Vous évoquez deux communautés organiques surgies de l’histoire, autour des tribus germaniques ou des cantons fondateurs de la Confédération Hélvétique, qui se sont unies par le bas. En France, nous avons connu l’inverse : un mouvement d’agrégation continu par le pouvoir royal. Ce fut très long : à la fin de l’Ancien régime, Voltaire écrivait encore qu’en parcourant la France, on changeait plus souvent de loi que de cheval ! C’est à cela que la Révolution a mis un terme, parce qu’au nom de l’égalité, elle a voulu que la loi fût la même pour tous. La Révolution a fait œuvre de modernisation,  notamment en créant les départements.       <br />
              <br />
       <b>Des départements qui avaient aussi pour but de couper les liens des Français avec leurs anciennes provinces, quitte à choisir des entités artificielles… </b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Moins artificielles qu’on ne l’a dit, mais il y avait en effet l’idée de créer un «homme nouveau», le citoyen.        <br />
              <br />
       <b>La Révolution et la République ont également lutté très vigoureusement contre les langues régionales pour imposer le français comme langue nationale. Aujourd’hui que notre unité est acquise et que la République a triomphé, n’est-il pas temps de sauver ces langues menacées de disparition ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Raffarin :</b> Il faut les garder vivantes. Mais il ne faut pas que le souci identitaire entraîne un repli sur soi.        <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Il faut les cultiver mais se méfier des revendications qui avancent masquées. Sur l’île de Beauté, la connaissance du corse est devenue nécessaire pour recruter des professeurs d’école. Cette « corsisation » des emplois est antirépublicaine.       <br />
       <b>Jean-Pierre Raffarin :</b> Les langues régionales sont une question non pas politique, mais culturelle. Il faut mener des actions vigoureuses pour les valoriser, créer des grammaires, aider les artistes, développer l’enseignement. Mais, dans un monde très ouvert, il ne faut pas donner le sentiment que la France se replie. Les identités fortes sont les identités ouvertes sur les autres, comme le montre l’exemple de la Catalogne.        <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> N’oubliez pas les risques d’exacerbation des revendications particularistes. Regardez la Belgique ou la Catalogne! Ce que nous avons fait en France n’est pas si mal. Notre construction millénaire doit se manier avec précaution.        <br />
       <b>Jean-Pierre Raffarin :</b> Je partage ce point de vue. C’est pourquoi la décentralisation à la française, c’est-à-dire une délégation du pouvoir de haut en bas, de l’Etat vers les collectivités locales, correspond à notre tradition. A l’inverse du fédéralisme, qui consiste en une délégation de pouvoir du bas vers le haut. J’ai fait inscrire dans la Constitution notre projet : « la République décentralisée ».       <br />
              <br />
       <b>Avec Paris, la France dispose d’une des rares « villes-monde », capable de rivaliser avec Tokyo, New-York et Londres. Est-ce un atout ou un inconvénient, dans la mesure où la puissance de la capitale a entraîné un affaiblissement des autres villes ? </b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> C’est un atout, évidemment ! On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.        <br />
       <b>Jean-Pierre Raffarin :</b> Nous sommes tout de même dans un système où il existe une relation hiérarchique entre une région et toutes les autres. Faute de politique d’aménagement du territoire digne de ce nom, on laisse beaucoup trop Paris fragiliser les autres villes.       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Je ne suis pas d’accord. Car Paris est aussi une force de brassage. Lorsque j’étais ministre, j’ai envoyé des préfets alsaciens dans les Pyrénées et des recteurs languedociens en Bretagne. La France est un pays aéré parce qu’elle mélange constamment ses différentes composantes.        <br />
       <b>Jean-Pierre Raffarin :</b> Pas du tout. Le brassage des élites existe, mais les grands lycées parisiens aspirent les talents de nos régions. Je suis révolté lorsque je vois un jeune Poitevin contraint de suivre une classe préparatoire dans la capitale avec l’espoir d’intégrer une grande école. Car, ensuite, très peu d’entre eux reviennent.        <br />
              <br />
       <b>Peut-on dire qu’il y a eu continuité de la centralisation française, de la monarchie à la République ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> C’est plus compliqué. Il y a eu un mouvement de centralisation, mais la Révolution n’a pas touché aux communes, elles-mêmes issues des 44 000 paroisses du Moyen-Age. C’est un élément très fort de diversité qui a été respecté. Il y a eu ensuite la loi de 1871, qui a créé les conseils généraux élus, et celle de 1884 sur l’élection des maires par les conseils municipaux. Il y aura bien plus tard les lois Defferre des années 1980 et la réforme Raffarin de 2003. Encore faut-il ajouter la loi de 1999, qui a développé les intercommunalités.       <br />
       <b>Jean-Pierre Raffarin :</b> Cela illustre mon idée-force : la France a connu des mouvements d’alternance entre les exigences de cohérence et de proximité. Globalement, on constate un certain équilibre, avec des excès de temps en temps. C’est le cas, hélas, en ce moment, avec la réforme de la taxe professionnelle. Car on ne peut pas rendre les élus responsables des dépenses en les privant de toute autonomie sur les recettes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <title>A propos de la signature par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires</title>
   <pubDate>Wed, 16 Jan 2008 18:03:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Deux amendements, <a class="link" href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/0561/056100012.asp">l'un d'origine PS</a>, l'autre <a class="link" href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/0561/056100013.asp">UMP</a>, visaient à introduire dans le texte du traité de Lisbonne la <a class="link" href="http://conventions.coe.int/Treaty/Commun/QueVoulezVous.asp?NT=148&amp;CM=2&amp;DF=18%2F04%2F02&amp;CL=FRE">Charte européenne des langues régionales et minoritaires</a>. On voit bien où ses parlementaires veulent nous conduire : vers la co-officialité du français et de telle ou telle langue régionale ou minoritaire.       <br />
       Délié du traité de Lisbonne, l'examen de l'adhésion de la France à la Charte européenne des langues régionales et minoritaires a finalement été renvoyé à après les municipales, mais ce sont toujours les mêmes forces que l'on voit à l'oeuvre en faveur de la fragmentation de l'espace républicain et de la dissolution de la nation française.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/A-propos-de-la-signature-par-la-France-de-la-Charte-europeenne-des-langues-regionales-et-minoritaires_a538.html</link>
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