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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>"La gauche semble avoir oublié les leçons des années Jospin"</title>
   <pubDate>Mon, 30 Dec 2013 09:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Mediapart, paru le 29 décembre 2013. Propos recueillis par Lénaig Bredoux et Stéphane Alliès le 17 octobre 2013.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6178637-9232223.jpg?v=1388393272" alt=""La gauche semble avoir oublié les leçons des années Jospin"" title=""La gauche semble avoir oublié les leçons des années Jospin"" />
     </div>
     <div>
      <b>Mediapart : Dans votre livre, vous partez de la guerre de 14-18 pour alerter sur la possibilité d’une nouvelle catastrophe européenne – un intertitre pose même la question d’un « nouvel avant-14 ». Est-ce une façon de faire un parallèle avec une volonté de domination allemande sur l'Europe ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Je compare deux mondialisations libérales. Ce qui me paraît original dans cet ouvrage, c’est la théorie de l’hegemon que j'y développe : un marché libéral ne se soutient pas sans une puissance hégémonique. Au XIXe siècle, c’est la Grande-Bretagne, avec une puissance montante jusqu’à 1914, qui est l’Allemagne. Depuis 1945, la mondialisation est sous l’égide des États-Unis.       <br />
              <br />
       La deuxième mondialisation va plus vite que la première, mais il y a la même modification dans la hiérarchie des puissances – avec les pays émergents. Bien que nous soyons dans des périodes différentes, il faut y être très attentif. La première a conduit à la Première Guerre mondiale, qui fut la boîte de Pandore d’où s’échappent tous les démons du « court XXe siècle », selon l’expression d’Eric Hobsbawn.       <br />
              <br />
       Car la guerre de 1914-1918 est en réalité une guerre de 30 ans, qui se termine en 1945. Non pas que je veuille assimiler la Deuxième et la Première guerre mondiale, mais on peut dire que, d’une certaine manière, la Deuxième a été une surenchère du pangermanisme sur la défaite de 1918. En 1914, c’est déjà l’Allemagne qui déclenche la guerre pour desserrer ce qu’elle perçoit comme un encerclement par la France et la Russie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Mais vous analysez le pangermanisme du début du XXe siècle et renvoyez ensuite à la politique européenne aujourd’hui. En estimant que ce sont uniquement les vues d’Angela Merkel qui s’imposent. On peut y voir une volonté de tracer un parallèle…</b>       <br />
       Il y a une constante, qui est celle de la puissance de l’économie allemande, que l’on peut constater à l’aune de leurs exportations, et je pense qu’il y a des continuités en Histoire, avec des tendances longues. Aujourd’hui par exemple, l’Allemagne est parvenue à reconstituer la « Mitteleuropa » avec une implantation à l’Est sans commune mesure avec celle de la France. En Russie, il y a 3 000 implantations allemandes, il y en a 440 françaises. En Ukraine, c’est encore plus marqué. Mais aujourd’hui, l’Allemagne n’a plus de dessein de domination politique et militaire – ne serait-ce que pour une question de démographie.       <br />
              <br />
       Elle doit cependant être consciente des responsabilités qui sont les siennes et de la position centrale qu’elle occupe aujourd’hui. L’Europe n’est pas le levier d’Archimède de la politique française. L’Europe franco-centrée a duré jusqu’à 1989-1990. Aujourd’hui, elle est germano-centrée – et l’élargissement à 28 ne fait que le renforcer pour des questions géographiques contre lesquelles la France ne peut rien.       <br />
              <br />
       L’Allemagne doit donc régler son problème avec l’Europe : comment trouver une issue à la contradiction qui y est la sienne ? Elle exporte de plus en plus en dehors de l’Union européenne, depuis 2011, et son excédent commercial est réalisé presque aux trois-quarts en-dehors de l’Europe. Elle est excédentaire vis-à-vis de la Chine, elle est très présente à l’Est. L’Allemagne est aujourd’hui un pays très extraverti vis-à-vis de l’Europe. Comment concilier cela avec la monnaie forte, l’euro, qui condamne les pays du Sud à avoir un chômage massif ? Les Allemands hésitent. Plusieurs économistes et certains hommes politiques, comme Oskar Lafontaine, disent aujourd’hui qu’il faudrait rétablir des marges d’ajustement pour la monnaie entre les pays.       <br />
              <br />
       <b>Quand vous avez envisagé de vous présenter à la présidentielle, vous vouliez déjà réformer radicalement la monnaie unique, en parlant de monnaie commune, que vous défendez à nouveau dans votre livre. Mais concrètement, comment y aboutir ?</b>       <br />
       On ne peut pas y parvenir sans l’Allemagne. Le système de la monnaie unique va s’épuiser au fil du temps. Ces difficultés ne sont pas derrière nous. On pourrait imaginer que la banque centrale européenne intervienne, mais les Allemands n’y sont pas prêts. L’autre solution est de rétablir des marges de fluctuation tout en gardant un toit commun. Il faut garder l’idée européenne, mais l’adapter à ce que sera le XXIe siècle, dans un monde de plus en plus dominé par la bipolarité entre les États-Unis et la Chine.       <br />
              <br />
       <b>Comment expliquez-vous que, si en France, plusieurs ouvrages montrent des inflexions sur la question européenne, votre position soit politiquement si minoritaire ?</b>       <br />
       Parce qu’il est très difficile d’amener à revoir leur position des gens qui ont vu dans la monnaie unique une sorte de Graal. Ils ont pensé qu’on pouvait faire une Nation. Pour une fédération, il faudrait faire des transferts massifs. C’est impossible ! Quand un problème est insoluble, il faut en changer les données. Cela doit se faire par une concertation étroite et par l’entente des deux pays qui ont porté la monnaie unique sur les fonds baptismaux, la France et l’Allemagne. L’Europe est une Europe des nations : il faut revoir son architecture institutionnelle et l’élargir. L’Europe va du Maghreb à la Russie. C’est la solution pour rompre le tête-à-tête entre la Chine et les États-Unis.       <br />
              <br />
       <b>Pour revenir à 1914, la commémoration suscite un débat sur le choix fait par François Hollande de célébrer les deux guerres en même temps. Vous le soutenez, en parlant de « guerre de trente ans » ?</b>       <br />
       La guerre de 30 ans est une expression de De Gaulle et de Churchill, ensuite reprise par Staline.       <br />
              <br />
       <b>Mais comprenez-vous la controverse ?</b>       <br />
       Il va y avoir une controverse sur ceux qui sont à l’origine de la Première Guerre mondiale : selon moi, ce sont les élites allemandes. La responsabilité incombe aux dirigeants du Second Reich. Pas au traité de Versailles. C’est impossible de ne pas lier les deux. Il est évident que la Deuxième procède de la Première.       <br />
              <br />
       <b>Certes, mais elles ne sont pas de la même nature…</b>       <br />
       Sauf que le souvenir de la Deuxième efface celui de la Première. De toute façon, c’est la Première que l’on va commémorer.       <br />
              <br />
       <b>À plusieurs reprises dans votre livre, vous liez les deux, mais, d’un autre côté, vous vous référez souvent au “politiquement correct” de la commémoration. Quel est le sens de cette expression ? On a la sensation que c’est une façon de disqualifier par avance ceux qui sont en désaccord avec vous…</b>       <br />
       C’est généralement plutôt l’inverse qui se produit ! C’est ceux qui ne sont pas d’accord avec moi qui ne veulent même pas citer mon nom… Ce que j’appelle “politiquement correct”, c’est l’idée qu’en Europe, les nations ont disparu ou sont vouées à disparaître. Je pense que ce n’est pas le cas et que l’Europe telle qu’on l’a voulu, en substitution des nations, est une erreur.       <br />
              <br />
       <b>Mais en quoi est-ce “politiquement correct” ?</b>       <br />
       J’ai vécu cela durant les trente dernières années. Les dirigeants de droite et de gauche ont expliqué que la France est notre passé, et que l’Europe est notre patrie ! Or on ne peut pas partir d’une table rase. L’histoire de l’Europe, c’est l’histoire de ses nations, avec ses splendeurs et ses horreurs. Le déclin européen aujourd’hui s’explique aussi parce qu’on a cassé le moteur, celui de la démocratie et de la responsabilité, en transférant des pouvoirs à des instances obscures. Pourquoi l’Europe n’a pas surmonté les ruines des deux guerres mondiales ? Parce qu’elle a accepté l’hégémonie américaine sous l’ombrelle de l’Europe post-nationale imaginée par Jean Monnet. La construction européenne est marquée au sceau de l’économicisme – c’est une affaire de marchands –  et de l’évidement des souverainetés nationales en ce qu’elles sont le cadre des démocraties.       <br />
              <br />
       <b>Quand vous parlez de Jean Monnet, vous parlez « d’économicisme venu d’ailleurs », plus précisément des pays anglo-saxons. La France n’est pas responsable de ses propres erreurs ou de sa conversion libérale ? Vous ne parlez pas non plus de la politique coloniale de la France et de sa gestion catastrophique de la décolonisation, comme si ce n’était pas une raison de son affaiblissement…</b>       <br />
       L’« économicisme venu d’ailleurs », c’est l’idée qu’on va faire l’Europe par le marché, d’abord dans le domaine du charbon et de l’acier, avec déjà un mécanisme de responsabilisation via une haute autorité. Quant à l’empire colonial, il ne joue qu’un rôle marginal du point de vue économique. En 1914, il ne représentait que 10 % des investissements français à l’étranger. En 1945, c’est 30 %, mais cela change vite avec la CECA. L’empire colonial n’a jamais été une affaire économique.       <br />
              <br />
       <b>Dans le livre, vous livrez une ode au peuple russe…</b>       <br />
       J’ai appris à lire dans Pouchkine. J’ai de la sympathie pour le peuple russe. Je n’oublie pas ce qu’on lui doit, je n’oublie pas Stalingrad, ni son rôle, souvent sous-estimé dans la Première Guerre mondiale. Il y a 22 ans que l’URSS a disparu. L’avenir est de penser l’Europe avec la Russie. Il faut une grande Europe, tournée également vers l’Afrique.       <br />
              <br />
       <b>Vous appelez à rompre avec la « russophobie ambiante ». Mais quelle est-elle, autre qu’un regard critique sur les droits de l’Homme ? Vous dites que ce n’est pas un régime autocratique et que Poutine a toujours respecté la Constitution…</b>       <br />
       Votre vision est tout à fait réductrice. Prenons l’exemple de Navalny : il a été concurrent à la mairie de Moscou, il n’est pas frappé d’une peine de prison et il faut connaître ses thèses qui ne sont pas tout à fait d’extrême gauche… Sinon vous parlez du mariage pour tous ? Il faut respecter l’idée que la sensibilité de la société russe n’est pas la nôtre. La société égyptienne et les pays musulmans ne pensent pas non plus comme nous sur ces sujets.       <br />
              <br />
       <b>Il ne s’agit pas de mariage pour tous, mais d’une loi qui réprime l’homosexualité…</b>       <br />
       Non ! C’est une loi qui réprime la propagande de l’homosexualité vis-à-vis des mineurs. Mais en France, vous avez une loi qui réprime les comportements sexuels…       <br />
              <br />
       <b>Mais pas plus homosexuels qu’hétérosexuels ! En Russie, il s’agit d’une loi homophobe.</b>       <br />
       En 1982, nous distinguions encore sous Mitterrand…       <br />
              <br />
       <b>Oui, c’était le délit pénalisant l’homosexualité.</b>       <br />
       Eh bien, c’est très récent. La Russie applique sa Constitution avec continuité depuis 1993. Si vous prenez la Révolution française de 1789 vingt ans après, combien de Constitutions n’avons-nous pas eues ? Je ne dis pas que tout est parfait. Mais en Russie, il existe un moratoire sur la peine de mort. Il y a d’autres pays qui ne le font pas.       <br />
              <br />
       <b>Il ne s’agit pas de dire que c’est pire en Russie que partout ailleurs dans le monde !</b>       <br />
       Oui, mais cela ne mérite pas quatre articles russophobes par jour.       <br />
              <br />
       <b>Mais ce n’est pas de la russophobie.</b>       <br />
       Vous savez bien qu’il existe une tradition de russophobie très ancienne en France.       <br />
              <br />
       <b>Tout comme il existe une russophilie ancienne !</b>       <br />
       Ce que je dis, c’est que les articles dans la presse sont excessifs et qu’il est important que nous soyons présents en Russie, sauf à laisser la place à d’autres.       <br />
              <br />
       <b>Mais ce n’est pas contradictoire !</b>       <br />
       Mais si.       <br />
              <br />
       <b>Vous êtes représentant spécial pour la Russie dans le cadre de la diplomatie économique voulue par Laurent Fabius. Quel est votre rôle ?</b>       <br />
       Il s’agit de mettre un peu d’huile dans les rouages. J’ai réussi à arranger quelques affaires pour permettre à Michelin d’acquérir un terrain. J’ai vu les ministres de part et d’autre. J’ai travaillé aussi le rachat par Schneider de Samara Electroshield – une affaire qui était bloquée, et je me suis occupé du Superjet 100, dont nous faisons le moteur et le tiers de l’avion à travers une coopération entre Soukhoil et des entreprises françaises.       <br />
              <br />
       <b>Vous êtes rémunéré ?</b>       <br />
       C’est totalement gracieux. Je n’ai pas perçu un centime. À part les voyages qui sont pris en charge – j’en ai fait six.       <br />
              <br />
       <b>Vous vous battez aussi pour que les étudiants russes obtiennent plus de visas. Pourquoi n’avez-vous pas fait preuve du même volontarisme pour une collégienne kosovare, Leonarda ?</b>       <br />
       S’il suffit d’avoir un enfant scolarisé en France pour échapper aux lois sur le séjour, c’est un peu facile !       <br />
              <br />
       <b>Mais même sous Sarkozy, c’était le sens de la circulaire de 2005…</b>       <br />
       Tout pays doit maîtriser sa législation sur le séjour.       <br />
              <br />
       <b>Ne faut-il pas aussi maîtriser son langage ? À propos de Léonarda, vous avez parlé de « sans-papiérisme » et de « sans-frontiérisme », des termes que Marine Le Pen n’ose même plus prononcer ?</b>       <br />
       Ce n’est pas moi qui ai inventé l’appellation de l’association Resf (Réseau éducation sans frontière), dans laquelle de nombreux militants socialistes sont investis. C’est une position irresponsable pour un parti de gouvernement. Quand il y a une opposabilité du travail, on n’accorde pas de séjour. Dans les métiers sous tension, c’est possible. Dans un pays de 3 millions de chômeurs, c’est nécessaire. La gauche se tirerait une balle dans le pied en donnant le spectacle d’un laxisme qui ne pourrait faire que le jeu du Front national.       <br />
              <br />
       <b>La politique actuelle de Manuel Valls en matière d’immigration, qui ressemble à celle de Nicolas Sarkozy, repose sur la même doctrine que la vôtre quand vous étiez ministre de l’intérieur. Pourtant le FN n’a pas diminué. Votre argument ne se heurte-t-il pas à la réalité électorale ?</b>       <br />
       Sa progression dure depuis trente ans. Avec un creux quand j’ai été ministre de l’intérieur.       <br />
              <br />
       <b>C’était la période de la scission avec le MNR de Bruno Mégret !</b>       <br />
       Oui, mais à l’époque, j’avais fait voter une loi sur le séjour et le droit d’asile qui a contribué à faire se dissiper certaines peurs qui prospèrent sur le terrain de la misère sociale.       <br />
              <br />
       <b>Il y a eu dix lois sur l’immigration sous Nicolas Sarkozy…</b>       <br />
       C’était excessif. Contrairement à ce que vous semblez penser, je me félicite que soient bientôt abolies les peines plancher ou qu’on en ait terminé avec la course aux chiffres. Ne gâchons pas cette interview par des polémiques subalternes…       <br />
              <br />
       <b>Depuis votre loi, on ne peut pas dire qu’il y a eu de périodes laxistes…</b>       <br />
       Seulement 30 % des reconduites à la frontière sont effectives, du fait de la grande possibilité de recours et d’appels. Donc, nous avons un régime très respectueux des libertés pour les gens qui demandent à bénéficier du droit d’asile.       <br />
              <br />
       J’ai quand même envie de vous interpeller : vous voyez que nous vivons dans une dictature permanente de l’émotion et de l’immédiateté, où on s’appuie sur les gens les plus fragiles pour agiter le Landerneau. Ces petits groupes associatifs, qui font beaucoup de bruit, bénéficient d’une audience exceptionnelle. Des lycéens descendent dans la rue, émus et sensibilisés mais sans être au fait de la législation en matière de droit d’asile. Vous voyez bien que tout cela repose sur un socle émotionnel extrêmement fragile. Un homme politique se retrouve alors soumis quotidiennement à des brassées d’injures, pour avoir uniquement fait appliquer la loi. Être ministre de l’intérieur expose à des attaques constantes.       <br />
              <br />
       <b>Mais cette émotion, que vous interprétez comme une « dictature », a été exprimée par la majorité de la gauche. Hormis Ségolène Royal (7 % à la primaire socialiste) et vous (une poignée de parlementaires), pas grand monde n’a soutenu Manuel Valls (5 % à la primaire)…</b>       <br />
       Interrogez les élus socialistes, qui savent très bien ce que pensent les électeurs. Beaucoup de socialistes m’ont félicité… Ce ne sont pas ceux qui crient le plus fort qui sont forcément les plus nombreux. Les sondages l’ont montré d’ailleurs…       <br />
              <br />
       <b>Est-ce que c’est possible d’être ministre de l’intérieur et de gauche ?</b>       <br />
       Vous posez le problème de la répression. Je vous répondrai en citant Freud : « Il n’y a pas de civilisation sans répression. » Je ne suis pas du tout un amateur de répression, comme je ne pensais pas du tout devenir un jour ministre de l’intérieur. Mais je m’efforce en tout domaine d’être un homme politique responsable, ce qui m’expose à aller contre l’émotion et l’immédiateté. Ce n’est pas facile, car la gauche n’a pas toujours le sens des réalités et semble avoir oublié les leçons des années Jospin.       <br />
              <br />
       <b>La dernière fois que nous nous étions vus, avant l’élection de François Hollande, nous vous demandions si vous pensiez qu’il ferait différemment de Lionel Jospin. Et vous nous aviez répondu : « Un gouvernement qui procèderait d’une majorité de gauche ne pourrait aller à l’encontre aussi durement et bêtement contre les aspirations de ceux qui lui ont fait confiance. » À l’aune de cette phrase, quel bilan faites-vous de ce pronostic ?</b>       <br />
       Je pense qu'il a commencé à prendre le problème par le bon bout avec le rapport Gallois. Il en a résulté des textes qui ont été difficiles à voter pour moi, mais que je considère comme nécessaires, comme l’Ani ou les retraites. Je m’interroge néanmoins sur la possibilité de remonter quinze points de compétitivité perdus avec des réformes structurelles. Personnellement, je n'y crois pas, et c’est pour ça que je prône la mise en œuvre d’une monnaie commune, afin que chaque pays puisse renouer avec la croissance à son rythme. Quand il y a eu le tournant de 1983, j’étais ministre de l’industrie et me prononçais déjà pour une politique de l’offre et un franc faible face au mark.       <br />
              <br />
       Aujourd’hui, je suis légitimiste, François Hollande a été élu pour 5 ans. Mais le jour où je lui ai apporté mon soutien, c’était avec les yeux ouverts et la bouche fermée.       <br />
              <br />
       Souce : <a class="link" href="http://www.mediapart.fr/journal/france/291213/chevenement-la-gauche-semble-avoir-oublie-les-lecons-des-annees-jospin?page_article=1">Mediapart</a>       <br />
              <br />
       ----       <br />
       Boîte noire de Mediapart : Cet entretien a eu lieu le 17 octobre dernier, en pleine affaire Leonarda et peu après la sortie de l'ouvrage de Jean-Pierre Chevènement, qui était alors en pleine campagne promotionnelle et enchaînait les interviews tous azimuts. Alors pris par d'autres contraintes d'actualité, nous l'avions remisé jusqu'ici, avant de le retranscrire à la mi-décembre. L'échange a duré un peu plus d'une heure, et a eu lieu dans les bureaux parisiens de la fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       -----       <br />
       Découvrez le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/1914-2014/">1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?</a> (éditions Fayard)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.chevenement.fr/La-gauche-semble-avoir-oublie-les-lecons-des-annees-Jospin_a1573.html</link>
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   <title>"Le déclin des nations européennes n'est pas irréversible"</title>
   <pubDate>Thu, 24 Oct 2013 00:19:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1 Nuit mercredi 23 octobre 2013. Il répondait aux questions de Emmanuel Faux.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Retrouver la mémoire du passé</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Mon livre compare la mondialisation britannique avant la guerre de 1914, et la mondialisation américaine après 1945. J'introduis dans cette analyse la théorie de l<span style="font-style:italic">'hegemon</span> qui sert à expliquer les causes profondes du déclenchement de la 1ère GM : la rivalité pour l'hégémonie entre l'Empire britannique et la puissance montante, l'Allemagne impériale. De même aujourd'hui entre les USA et la Chine : cette rivalité structure le XXIe siècle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je donne un sens à la 1ère GM : non pas mort, décadence et repentance, tristesse, absurdité, mais au contraire, une épreuve pour une France dont la survie était menacée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je replace par ailleurs la guerre de 1914 dans le contexte d'une guerre de 30 ans durant jusqu'en 1945.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut avoir cette vision pour renouer avec le récit national et en même temps comprendre que le déclin des nations européennes n'est pas irréversible. Il faut simplement retrouver la mémoire.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Critique de l'Europe actuelle et projet d'une Europe des nations </span>       <br />
       <ul class="list"><li> Après 1945 l'hégémonie européenne est passée aux USA. Mais en même temps il y a eu un processus d'endormissement politique de l'Europe. L'Europe de Jean Monnet, l'Europe post-nationale, l'Europe qui nie le politique, l'Europe qui tourne le dos à la démocratie, pour inventer les « solutions » technocratiques très loin des préoccupations des peuples.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La monnaie unique a été un pêché capital : elle a juxtaposé des économies de niveau très différents, elle n'est donc pas viable à long terme, il faut imaginer autre chose : la monnaie commune.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Moi je propose une grande Europe de la Méditerranée à la Russie, une Europe confédérale, une Europe des Nations qui met en commun certaines politiques mais pas toutes. Une Europe de peuples libres.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe peut à nouveau façonner son histoire à condition de rompre avec le modèle actuel qui est débilitant, anesthésiant, mortifère.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je critique cette idéologie européiste qui aboutit à une Europe du capital. Je suis pour une Europe des nations, démocratique, et pour une fine compréhension de la France, de l'Allemagne et de leurs relations.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Allemagne est dans une contradiction entre son ouverture sur le grand large (son excédent est fait au ¾ hors UE, elle est excédentaire sur la Chine) et en même temps elle est en Europe et dans les problèmes européens dont elle ne peut se détourner.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France n'est plus le pays n°1, mais elle reste n°2 et notre pays a une capacité politique qui est tout à fait original et qui demeure. La France reste une grande puissance politique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Faire rentrer la Turquie dans les institutions européennes telles qu'elles fonctionnent aujourd'hui ou plutôt telles qu'elles ne fonctionnement plus, cela n'a pas de sens. Mais dans une conception confédérale élargie, comme je le propose, oui, avec la Russie, l'Ukraine, les pays du Maghreb. On fera une Europe à géométrie variable.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Politique intérieure</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Manuel Valls est un bon ministre de l'Intérieur. Il sait faire prévaloir la loi, c'est à dire l'intérêt général, mais en même temps il l'applique humainement, comme je l'ai fait moi-même quand j'ai régularisé sur critères d'intégration une partie des étrangers en situation irrégulière – pas tous. Je pense qu'il est un atout pour le gouvernement.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La remise en cause du droit du sol est absurde. C'est une idée nauséabonde. La proposition Copé qui plus est ne concernerait pas plus de 5 ou 6 personnes par an. C'est une mauvaise idée chipée au FN qui ne correspond absolument pas à la situation du pays.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut donner la priorité aux problèmes économiques, sociaux, se donner les moyens de faire reculer le chômage. Tant qu'on aura pas remis en cause le mécanisme mortifère de la monnaie unique, on y arrivera pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> S'il n'y a pas une grande vue d'homme d'Etat pour comprendre que la reconquête de la compétitivité, objectif fixé par le rapport Gallois, passe par un ajustement monétaire, on y arrivera pas. La monnaie unique crée un équilibre de sous-emploi.        <br />
              <br />
       -----       <br />
       Découvrez le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/1914-2014/">1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?</a> (éditions Fayard)       <br />
              
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/5983986-8921257.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Le-declin-des-nations-europeennes-n-est-pas-irreversible_a1532.html</link>
  </item>

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   <title>"Peut-on faire confiance pour nous tirer d'affaire à ceux qui nous ont mis dans l'impasse?"</title>
   <pubDate>Thu, 06 Jan 2011 12:08:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de la matinale de France Inter jeudi 6 janvier à 8h20. Il répondait aux questions de Patrick Cohen, Bernard Guetta et Thomas Legrand. Il y expose les grandes lignes de son nouveau livre "La France est-elle finie?" et revient sur le grand vent de dérèglementations et d'abandons de souveraineté que la gauche et la droite ont mis en oeuvre depuis 1983. L'émission est podcastée ci-dessous en deux parties.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
       <ul class="list"><li>&quot;La France s'est ralliée au néo-libéralisme dans les années 1980, alors que la gauche était venue au pouvoir pour appliquer un tout autre programme&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li>&quot;Le véritable auteur de la marginalisation des souverainetés nationales est Jean Monnet&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li>&quot;La libération des capitaux à l'égard de tous les pays extérieurs, y compris les paradis fiscaux,c'est l'Acte Unique en 1987 voté par les socialistes et par la droite alors majoritaire. La concurrence libre et non faussée, la fin de toute politique industrielle, la libéralisation des services publics, c'est encore l'Acte unique. La Banque Centrale Européenne et la monnaie forte, cela se fait en deux temps : 1983 et 1992, on en voit le résultat.&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li>&quot;La monnaie unique est une entreprise mal pensée et mal conçue&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li>&quot;la gauche française croyait en 1981 découvrir les Indes, c'est-à-dire le socialisme. Elle a découvert l'Amérique, c'est-à-dire le néo-libéralisme. Le mirage européen lui a fait perdre le peuple français&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li>&quot;1983 est le moment décisif : est acceptée en Europe la politique de Thatcher et de Reagan&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li>&quot;Peut-on faire confiance aujourd'hui pour nous tirer d'affaire à ceux qui nous ont mis dans cette situation ? : les socialistes et la droite&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li>&quot;Les socialistes tournent comme des ours en cage dans la contradiction dans laquelle les a enfermés François Mitterrand&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li>&quot;François Mitterrand est l'homme qui a porté la gauche au pouvoir. Ce n'était pas à la portée de n'importe qui&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li>&quot; Au fond, ce qui met les socialistes dans la difficulté, c'est que Mitterrand leur a fait endosser tous les choix néo-libéraux au nom de l'Europe mal conçue qui niait les nations&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li>&quot;Je ne propose pas de sortir de la monnaie unique. J'étais contre le traité de Maastricht. J'étais contre le décollage de l'avion. Maintenant, l'avion a décollé, je ne propose pas de sauter par le hublot. Je propose de se rapprocher de la cabine de pilotage, de prendre en main les commandes, et de réaliser l'atterrissage en douceur et de changer les règles du jeu de l'euro sur trois points : une modification des statuts de la banque centrale pour qu'elle privilégie l'emploi, une initiative européenne de croissance ; le rachat des titres de dette par la banque centrale des pays menacés ; enfin l'émission d'eurobonds qui marquerait davantage la solidarité financière des pays européens.       <br />
              <br />
              <br />
       La seconde partie (13 minutes) ci-dessous:</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
       &quot;Nous sommes un marché ouvert à tous les vents. L'Europe ne nous protège pas. Nous sommes démunis&quot;       <br />
       &quot;Nous n'avons plus ni monnaie, ni protections commerciales, ni droit autonome, ni défense et notre tissu industriel ne cesse de s'éroder&quot;       <br />
       &quot;Chacun comprend qu'un pays qui n'a plus de base industrielle ne peut plus maintenir son modèle social&quot;       <br />
       &quot;On peut imaginer des éco-taxes, des écluses, une politique monétaire avec un euro moins fort&quot;       <br />
       &quot;Si nous ne parvenons pas à réformer l'euro, il faut un plan B&quot;       <br />
       &quot;Il faut faire comprendre à l'Allemagne qu'elle fait aussi partie de l'Europe, que l'euro n'est pas seulement la monnaie de l'Allemagne : c'est un travail de conviction qu'il faut opérer sur l'Allemagne&quot;       <br />
       &quot;Si la gauche peut faire son examen de conscience et opérer une révolution culturelle, alors elle sera en capacité de relever la France&quot;       <br />
       &quot;La gauche peut gagner en 2012 mais elle ne doit pas décevoir&quot;       <br />
       &quot;La France doute d'elle-même depuis très longtemps et a besoin de davantage d'estime de soi&quot;       <br />
       &quot;La solidarité européenne pourrait être perfectionnée par la voie d'eurobonds émis sous la signature conjointe de la France et l'Allemagne&quot;       <br />
       &quot;Les socialistes ne sont pas prêts à affrontrer les défis qui sont devant nous&quot;       <br />
       &quot;Les socialistes ne doivent pas choisir la voie de la fuite en avant avec une autorité budgétaire indépendante sur le modèle de la Banque centrale&quot;       <br />
       &quot;L'idée qu'on va se faire élire président de la République française pour donner plus de pouvoir à M. Barroso est comique&quot;       <br />
       &quot;La France doit peser pour que l'Allemagne revoie ses positions&quot;       <br />
       &quot;J'ai de l'estime pour Jean-Luc Mélenchon, mais ce n'est pas du tout ce que je veux faire. M. Mélenchon veut créer un pôle de radicalité à la gauche du Parti socialiste. Moi je veux rassembler tous les Français qui pourraient se reconnaître dans un candidat qui serait l'homme de la Nation pour ouvrir une véritable alternative&quot;.       <br />
       &quot;Je ne vois pas grande différence entre ce que propose M. Sakozy et ce que propose M. Strauss-Kahn&quot;       <br />
       &quot;Si je devais me présenter en 2012, ce serait par devoir.&quot;       <br />
       &quot;Il faut servir la France&quot;       <br />
       &quot;Je rendrai publique ma décision avant l'automne 2011 pour la présidentielle&quot;       <br />
       &quot;[Concernant la présidence du Sénat] Je vois que certains écrivent cela, mais c'est pour mieux se débarrasser de moi dans d'autres compétitions&quot;.       <br />
              <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/La-France-est-elle-finie_a1027.html">Commander &quot;La France est-elle finie?&quot;</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Peut-on-faire-confiance-pour-nous-tirer-d-affaire-a-ceux-qui-nous-ont-mis-dans-l-impasse_a1034.html</link>
  </item>

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   <title>Traité de Lisbonne : rien n'est réglé, tout commence !</title>
   <pubDate>Sun, 02 Dec 2007 18:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Projet d'intervention de Jean-Pierre Chevènement au rassemblement national pour un référendum sur le projet de «constitution européenne bis», dimanche 2 décembre 2007. Seul le prononcé fait foi.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/788993-966187.jpg?v=1289480121" alt="Traité de Lisbonne : rien n'est réglé, tout commence !" title="Traité de Lisbonne : rien n'est réglé, tout commence !" />
     </div>
     <div>
      Le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de Constitution européenne à 55 % des voix. De ce rejet les raisons sont de deux ordres :       <br />
              <br />
       -	refus d’une Europe libérale, s’offrant, impotente, à tous les coups d’une concurrence faussée ;       <br />
       -	attachement à la souveraineté nationale, garante de la démocratie alors que maints hérauts du « oui » ne se cachaient pas de vouloir donner au traité constitutionnel la valeur d’une véritable Constitution européenne, l’emportant sur les Constitutions nationales. Ces deux ordres de raisons ne sont pas contradictoires. Ils sont complémentaires : l’étouffement de la démocratie et la régression sociale avancent de pair.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Le traité de Lisbonne est un déni de démocratie.</b>       <br />
              <br />
       Ce coup de force à la fois contre la République et contre le monde du travail a été en partie déjoué puisque le mot de « Constitution » ne figure plus dans le texte du traité de Lisbonne.        <br />
              <br />
       Celui-ci n’en reprend pas moins sur le fond toutes les dispositions du projet de Constitution européenne. M. Sarkozy n’y a rien changé d’essentiel et il ne lui appartient pas de dire que la disparition du mot « Constitution » représente un changement suffisant pour réaliser le dépassement du « oui » et du « non » au référendum du 29 mai.       <br />
              <br />
       Les modifications apportées sont, comme l’a souligné M. Giscard d’Estaing le 17 juillet devant le Parlement européen, « purement cosmétiques ». <span style="font-style:italic">« En termes de contenu</span> –je le cite- <span style="font-style:italic">les propositions demeurent largement inchangées. Elles sont juste présentées de façon différente … Les gouvernements européens se sont mis d’accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler »</span>. On ne peut exprimer plus clairement que par la bouche de l’ancien Président le mépris revanchard de nos élites pour la démocratie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      M. Sarkozy se targue d’avoir fait disparaître la concurrence libre et non faussée des objectifs de l’Union mais celle-ci réapparaît dans le protocole n° 6 au rang des principes que l’Union doit faire respecter. C’est prendre les citoyens pour des gogos !        <br />
              <br />
       Si, comme s’en flatte le président de la République, une base juridique existe désormais pour une directive concernant les services d’intérêt général, la Commission vient de faire savoir qu’elle n’avait pas l’intention de prendre une telle directive ! Nouvelle mystification !        <br />
              <br />
       Enfin si le traité de Lisbonne ne reprend pas la troisième partie du projet de Constitution relative au contenu des politiques, c’est tout simplement parce que les traités antérieurs auxquels il s’intègre, comportent par définition ces dispositions. Le corpus d’ensemble a la même valeur juridique, de Rome à Lisbonne, en passant par Luxembourg, Maastricht, Amsterdam et Nice. Qu’on ne nous fasse pas prendre des vessies pour des lanternes !       <br />
              <br />
       M. Sarkozy ne peut donc prétendre, comme il l’a fait <a class="link" href="http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution_du_president_de_la_republique_a_l_occasion_de_la_grande_reunion_publique_sur_le_theme_de_l_europe.78984.html">dans son discours de Strasbourg</a>, le 2 juillet 2007, avoir réalisé la synthèse du « oui » et du « non » et le dépassement des contradictions. Car il n’est pas vrai que dans le traité de Lisbonne, <span style="font-style:italic">« l’Europe,</span> comme il le prétend,  <span style="font-style:italic">se donne les moyens d’agir et de se protéger »</span>. Au contraire ! M. Sarkozy, comme nous le verrons, a avalé la substance de la Constitution sans obtenir en échange aucune contrepartie ! M. Sarkozy n’est donc aucunement fondé à soutenir que son élection à la Présidence de la République, le 6 mai 2007, lui donne les mains libres pour réinterpréter – que dis-je ? – pour bafouer la volonté du peuple français, clairement exprimée le 29 mai 2005.       <br />
              <br />
       Au demeurant, aucune procédure de révision constitutionnelle n’est aussi contraignante que l’obligation de réunir l’unanimité des vingt-sept Etats signataires pour modifier le texte des traités. Nous sommes enfermés dans un carcan dont il ne sera pas possible de se défaire à moins d’une révolution  bien improbable à l’échelle des vingt-sept, sauf à quitter l’Union européenne.       <br />
              <br />
              <br />
       Pour faire accepter la ratification par la voie parlementaire du traité de Lisbonne qui reprend, comme l’avait souhaité Madame Merkel, la <span style="font-style:italic">« substance de la Constitution »</span>, M. Sarkozy use d’un subterfuge grossier : il prétend avoir couvert par son élection à 53% de voix comme président de la République, le non-respect du parallélisme des formes : en effet ce qui a été rejeté par référendum ne devrait pouvoir être rétabli que par la voie du suffrage universel. Ainsi en est-il expressément stipulé par la Constitution italienne et même par celle de l’Etat de Californie. Telle n’est pas l’interprétation de M. Sarkozy. Celui-ci pendant la campagne présidentielle a bien annoncé l’adoption d’un traité simplifié par la voie parlementaire. C’est vrai ! Mais ce n’est pas un traité simplifié qu’il nous propose aujourd’hui : 256 pages au total, un empilement d’articles modifiant les traités existants. C’est un traité complexifié à l’excès, illisible même par des parlementaires chevronnés !       <br />
              <br />
       Le mot de traité simplifié n’est encore employé que par quelques thuriféraires zélés de l’actuelle majorité. Le Conseil européen, à juste titre, n’a pas utilisé cette expression mais celle de « traité modificatif ». M. Sarkozy annonçait un « mini traité » : c’est une maxi-traîtrise !       <br />
              <br />
       Il y a en effet une règle en démocratie : c’est la souveraineté du Peuple. Ne pas respecter la souveraineté populaire constitue un véritable déni de démocratie, l’équivalent de ce que le professeur Anne-Marie Le Pourhiet a appelé un <span style="font-style:italic">« coup d’Etat »</span>. Le Président de la République nous objecte que la voie parlementaire est employée dans la plupart des autres pays européens. Mais il n’y a qu’en France, aux Pays-Bas et en Espagne qu’on a précédemment demandé au peuple de se prononcer par la voie du référendum.       <br />
              <br />
       Assez de tours de passe-passe ! Le parallélisme des formes exige le référendum ! La seule question à se poser est de savoir s’il est possible d’imposer au Président de la République d’en passer par un référendum. La réponse s’impose à quiconque a examiné les textes et pris au sérieux les engagements des différents candidats à la récente élection présidentielle : oui cette possibilité existe !       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Il est possible d’imposer à M. Sarkozy la voie du référendum.</b>       <br />
              <br />
       L’article 88-1 a été révisé par prétérition pour permettre la ratification de la Constitution européenne depuis lors rejetée par le peuple. Le Conseil Constitutionnel avait considéré, par une décision du 19 novembre 2004, que de nombreuses clauses du traité constitutionnel <span style="font-style:italic">« affectaient les conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale »</span>, notamment des transferts de compétence en matière de contrôle aux frontières et de coopération judiciaire, civile ou pénale privant ainsi la France de tout pouvoir propre d’initiative, ou encore l’extension des domaines régis par le vote à la majorité qualifiée ou conférant une fonction décisionnelle au Parlement européen lequel –je cite– <span style="font-style:italic">« n’est pas l’émanation de la souveraineté nationale »</span>.       <br />
              <br />
       Le Conseil Constitutionnel avait donc exigé une révision préalable de la Constitution, révision à laquelle il a été procédé. Mais cette révision est devenue caduque par la volonté du peuple français, car elle visait expressément la Constitution européenne, je cite l’article 88-2, deuxième alinéa de notre Constitution : <span style="font-style:italic">« La France peut participer à l’Union européenne dans les conditions prévues par le traité établissant une Constitution pour l’Europe signé le 29 octobre 2004 »</span>. Patatras ! Le 29 mai 2005 le peuple français a mis bas ce bel édifice !        <br />
              <br />
       Il faut tout recommencer. Consulter d’abord le Conseil Constitutionnel sur le traité de Lisbonne. Il est fort à prévoir que pour les mêmes raisons que précédemment, le Conseil demandera la révision de la Constitution afin d’autoriser la ratification du traité de Lisbonne. C’est alors que le Président de la République devra convoquer les Assemblées parlementaires puis le Congrès pour modifier l’article 88-1.       <br />
              <br />
       Mais comme le stipule l’article 89 de la Constitution relatif à la révision, celle-ci - à défaut d’être approuvée par la voie référendaire qui est le mode normal de révision - doit réunir la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès. Les deux cinquièmes du Congrès, à supposer que tous les parlementaires votent, cela fait 363 voix. Or cette minorité de blocage existe si tous les parlementaires se souviennent des engagements qu’ils ont pris à travers les candidats qu’ils ont soutenus pendant la campagne présidentielle.       <br />
              <br />
       La gauche et les Verts ont 352 élus à l’Assemblée et au Sénat. Deux non inscrits à l’Assemblée appartenant à « Debout la République » et deux non-inscrits au Sénat, militant pour un référendum. Trois députés du Modem se souviendront que leur chef s’était lui aussi prononcé pour un référendum. Enfin, je n’ose pas croire que les sénateurs et députés de l’UMP qui se sont toujours dits « souverainistes » (je pense par exemple à MM. Pasqua, Guillet, Myard et d’autres encore) puissent se laisser aller à approuver un projet de révision constitutionnelle si contraire à la souveraineté nationale.        <br />
              <br />
       En comptant bien, j’ai trouvé les 363 parlementaires qui peuvent faire obstacle à cette révision. Les Républicains comptent sur eux. Nous comptons sur leur courage, sur leur respect de la démocratie. Nous ne leur demandons même pas ce qu’ils pensent sur le fond du traité. Là n’est pas la question qui sera posée aux Assemblées parlementaires et au Congrès réuni à Versailles. La question sera beaucoup plus simple, ce sera une question préjudicielle : la représentation nationale va-t-elle couvrir l’intention du Président de la République de s’asseoir sur le suffrage universel ? Va-t-elle à son tour piétiner la démocratie ?        <br />
              <br />
       A tous ces parlementaires, et aussi aux autres d’ailleurs, je demande : comment pourriez-vous demain déplorer la crise de la démocratie, le fossé entre le peuple et les élites, l’abaissement du Parlement, si vous deviez vous-mêmes consacrer par votre vote le droit du Président de la République de déclarer nul et non avenu un vote référendaire aussi explicite que celui du 29 mai 2005 ? Songez-y : à quelles crises futures exposeriez-vous ainsi la démocratie en France et à quel discrédit soumettriez-vous une construction européenne, non seulement coupée des peuples, mais retournée contre eux et particulièrement contre le peuple français et le peuple hollandais. Or ces deux peuples sont deux des six des peuples fondateurs ayant engagé en 1957, par le traité de Rome, cette construction européenne. Combien fragiliseriez-vous encore l’édifice !       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       Je sais bien que le bureau national du PS s’est prononcé au fond par une majorité nette mais nullement écrasante, tout en laissant la liberté de vote aux parlementaires. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit : c’est une question préjudicielle qui est posée : <span style="font-style:italic">« Faites-vous, ou non, fi de la démocratie telle qu’elle s’est exprimée par la voix du référendum populaire, c’est-à-dire par la voix du Souverain lui-même, le Peuple, dont vous êtes les représentants »</span> ?       <br />
              <br />
       Je rappelle aux parlementaires socialistes l’engagement pris par leur parti dans son projet adopté à l’unanimité en 2006 de soumettre tout nouveau traité institutionnel à référendum, engagement repris par leur candidate pendant la campagne présidentielle de 2007. On ne peut pas en appeler au peuple pour construire une opposition  républicaine à M. Sarkozy et dans le même temps s’asseoir non seulement sur les engagements pris à son égard mais encore sur sa volonté même. Par son vote au Congrès le parti socialiste dira s’il est un parti d’opposition  républicaine ou si MM. Kouchner et Jouyet n’étaient au fond que ses éclaireurs de pointe dans sa conversion au libéralisme. Je me refuse à croire que le PS fera ainsi la courte échelle à M. Sarkozy !       <br />
              <br />
       Ce rappel vaut aussi pour M. Bayrou et pour les parlementaires du Modem. Vous aussi vous préconisiez un nouveau référendum il y a sept mois de cela. L’auriez-vous oublié. Vous dites « vouloir l’Europe ». Mais voulez-vous l’Europe contre la démocratie ? Et croyez-vous ainsi pouvoir un jour constituer un recours ?        <br />
              <br />
       Le <a class="link" href="http://www.nousvoulonsunreferundum.eu">Comité national pour le Référendum</a> et bien d’autres forces se sont réunis pour rappeler aux électeurs et par conséquent aux parlementaires que le peuple français a la mémoire longue. Il se souviendra de ceux qui l’auront respecté mais aussi de ceux qui lui auront manqué !       <br />
              <br />
       J’ose enfin espérer que beaucoup de parlementaires de la majorité, en conscience, ne prendront pas part au vote. Car la question préjudicielle qui est posée dépasse les clivages habituels : elle est, en effet, celle de la démocratie elle-même. Et si les courageux n’étaient pas assez nombreux pour réunir les deux cinquièmes des suffrages exprimés, j’ose espérer encore que, comme en juillet 1940, ils seraient plus que 80 à s’opposer !       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Le fond : la France diminuée et ligotée, la démocratie garrottée, le monde du travail livré au capital financier.</b>       <br />
              <br />
       Et voilà que je suis obligé d’en venir au fond car, à travers le traité de Lisbonne, c’est de l’indépendance nationale, de la démocratie, de la prospérité et de l’avenir même de notre pays qu’il s’agit. Il n’y a en effet aucune des critiques faites au défunt projet de Constitution européenne qui ne puisse être faite au traité de Lisbonne.       <br />
              <br />
              <br />
       D’abord une chose qui n’est jamais dite, mais qui est peut-être  la plus importante : la France, à compter de 2014, va perdre 25 % de son poids par rapport à l’Allemagne par le fait de la prise en compte de la démographie dans les votes au Conseil. Et cela au mépris de l’engagement initial pris par le Chancelier Adenauer en 1951 vis-à-vis de Jean Monnet. Celui-ci lui déclarait le 4 avril 1951 : <span style="font-style:italic">« Je suis autorisé à vous proposer que les rapports entre la France et l’Allemagne soient régis par le principe d’égalité au Conseil comme à l’Assemblée et dans les institutions européennes actuelles ou ultérieures, que la France y entre seule ou avec l’Union française, que l’Allemagne soit celle de l’Ouest ou qu’elle soit réunifiée … L’esprit de discrimination a été la cause des plus grands malheurs du monde. La Communauté est un effort pour le faire reculer »</span>.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Vous savez,</span> lui répondit le Chancelier Adenauer, <span style="font-style:italic">combien je suis attaché à l’égalité des droits pour mon pays dans l’avenir, et quelle condamnation je porte sur les entreprises de domination où il a été entraîné par le passé. Je suis heureux de donner mon plein accord à votre proposition, car je ne conçois pas de Communauté hors de l’égalité totale »</span>. Ces propos figurent dans les <span style="font-style:italic">Mémoires</span> de Jean Monnet, aux éditions Fayard, pages 414 et 415.       <br />
              <br />
       Or cette égalité entre la France et l’Allemagne est dans l’intérêt de l’Europe elle-même. La relation franco-allemande est fondamentale. Mais pour aller de l’avant, elle doit être équilibrée. Car cette relation indispensable n’est pas aussi facile que le disent les faiseurs de chimères. Faut-il évoquer les relations industrielles ? Elles sont tapissées de conflits : Sanofi-Aventis, EADS, Siemens-Alstom, Galileo. La politique monétaire ? La politique budgtétaire ? Madame Merkel, peu après son arrivée à la Chancellerie, a déclaré vouloir <span style="font-style:italic">« mettre l’Allemagne au sommet de l’Europe »</span>. De son côté, M. Sarkozy, dans son discours de Strasbourg du 2 juillet dernier, nous conte maintes fariboles sur l’euro cher, le gouvernement économique de la zone euro ou sur la protection communautaire. Ces fariboles l’autorisent – croit-il – à proclamer : « La France est de retour ! ». En réalité, M. Sarkozy a lâché la proie pour l’ombre.       <br />
              <br />
       Ajouterai-je qu’à partir de 2014, la France pourra se voir privée de représentant à la Commission, en vertu du <span style="font-style:italic">« principe de rotation strictement égalera entre les Etats »</span> pour la désignation des Commissaires ? La France égale Malte ! Et tout cela, toutes ces réformes institutionnelles sous le fallacieux prétexte de sortir du traité de Nice pour adopter le fonctionnement des institutions européennes à l’Europe élargie à vingt-sept ! Mais si tout cela était vrai, on n’aurait pas remis à 2014 la pondération démographique des votes au Conseil. Ou alors faut-il croire qu’on a pris son parti de l’immobilisme pendant les six prochaines années et peut-être même jusqu’en 2017 ? L’hypocrisie triomphe : en réalité, le traité de Nice a bon dos : ses pires détracteurs sont paradoxalement ceux qui l’ont signé. Nos dirigeants n’ont pas osé s’appuyer sur le « non » du peuple français pour défendre ses intérêts légitimes. Tout cela a un nom : cela s’appelle le renoncement de la France.       <br />
              <br />
       Le traité de Lisbonne fait reculer la France et il fait reculer la démocratie. Les nouvelles compétences partagées définies par les articles 3 à 6 le sont inégalement. Il est clairement énoncé qu’en ces domaines, très nombreux et importants, les Etats membres exercent leurs compétences quand l’Union a cessé d’exercer les siennes ou a décidé de ne plus les exercer. D’immenses domaines relèveront désormais de deux instances oligarchiques : la Commission à laquelle nous abandonnerons plus encore le droit d’initiative et la Cour de Justice chargée d’interpréter la Charte des droits fondamentaux, au détriment pour l’essentiel du Parlement français.       <br />
              <br />
       Dans quarante nouveaux domaines, le vote au Conseil interviendra à la majorité qualifiée et sera couvert par l’illusoire co-décision d’un Parlement fantôme, dépourvu de légitimité, en l’absence d’un peuple européen.       <br />
              <br />
              <br />
       Avec la démocratie, ce sont les droits des travailleurs qui reculent. La logique du capitalisme financier aujourd’hui dominant dans le système de la globalisation est naturellement contraire à l’intérêt des peuples européens. La mise en concurrence des territoires et des mains d’œuvre qui est le cœur de la philosophie des traités européens à l’intérieur comme vis-à-vis des pays tiers, entraîne délocalisations, chômage, stagnation des salaires et du pouvoir d’achat, démantèlement de la protection sociale. En échange de toutes les concessions qu’il a faites, M. Sarkozy n’a rien obtenu à Lisbonne.       <br />
              <br />
       Où a-t-il vu, comme il le déclarait à Strasbourg le 2 juillet dernier, que l’Europe à Lisbonne se soit donné <span style="font-style:italic">« les moyens d’agir et de se protéger »</span> ? <span style="font-style:italic">« De ne pas accepter sa désindustrialisation, de ne pas rester les bras croisés devant les délocalisations, de lutter contre les dumpings, d’instaurer une préférence communautaire, de mettre en œuvre des politiques industrielles »</span> ?       <br />
              <br />
       M. Sarkozy dit avoir fait la synthèse entre le « oui » et le « non », <span style="font-style:italic">« en mettant l’euro au service de la croissance et de l’économie. » « Nous n’avons pas créé la deuxième monnaie du monde</span> – je le cite – <span style="font-style:italic">pour ne pas nous en servir »</span>. Mais tout le monde peut constater que depuis que M. Sarkozy a été élu, l’euro s’est renchéri de dix centimes de dollars, passant de 1,38 à 1,48 dollar. Or que dit le traité de Lisbonne à ce sujet ? Rien de neuf s’agissant de la Banque Centrale européenne qui guerroie toujours - en toute indépendance - contre les moulins de l’inflation et maintient ses taux d’intérêt tandis que le Federal Reserve Board baisse les siens de manière répétée. Et l’Eurogroupe ? Le traité de Lisbonne, comme la Constitution européenne, le définit toujours comme <span style="font-style:italic">« instance informelle »</span>, seulement habilitée à <span style="font-style:italic">« discuter »</span> -je cite- les questions relatives à la monnaie unique qui n’incombent pas à la Banque Centrale, c’est-à-dire sur rien. Là est la vraie, l’immense contradiction  du Président Sarkozy, le volontarisme en bandoulière mais pieds et poings liés par un traité de Lisbonne dont je me demande s’il l’a jamais lu. A vrai dire, je ne me le demande pas : il est illisible. Ainsi le désastre social est-il à l’horizon !       <br />
              <br />
              <br />
       Pour tous ceux qui se font une certaine idée de la France, enracinés dans la certitude maintes fois vérifiée qu’elle est presque par nature dressée contre toute hégémonie, parce qu’elle s’appelle liberté, comment le traité de Lisbonne ne les ferait-il pas frémir ? Il faudrait donc qu’avant toute initiative sur la scène internationale - article 17 bis - la France consulte le Conseil Européen ou le Conseil des ministres des Affaires Etrangères présidé par le « Haut représentant » de l’Union pour la politique étrangère et de sécurité ? De même - article 19 - faudrait-il demander au Conseil de Sécurité de l’ONU l’audition du « Haut représentant » avant que la France fasse connaître sa position ?       <br />
              <br />
       Ainsi corsetée, notre diplomatie serait réduite au silence ! Imagine-t-on qu’en 2003, par exemple, ligotée dans l’Europe à vingt-sept par de telles obligations, la France eût pu faire connaître son opposition à l’invasion de l’Irak ? Non, évidemment la France n’aurait pas pu aller ainsi, à la fois contre les Etats-Unis et contre l’Union européenne. A quoi riment donc ces dispositions, sinon à faire taire la voix de la France ? C’est de cela dont les Etats-Unis ont besoin : d’une Europe soumise et d’une France réduite au silence. Et c’est cela que M. Sarkozy accorde à l’Hyperpuissance, non pas seulement un alignement de principe, toujours réversible dans un pays démocratique mais beaucoup plus que cela : c’est l’assurance d’un acquiescement automatique de l’Union européenne à toutes les décisions américaines dans un monde que les Etats-Unis ne peuvent plus dominer seuls. Soyons clairs : dans l’Europe de Lisbonne, il n’y aura plus de place pour la voix d’une France libre et indépendante. Si les Etats-Unis décident demain de frapper l’Iran, l’Union européenne bénira !       <br />
              <br />
       Lisons plus avant le traité de Lisbonne, article 23 : la défense européenne n’existera que <span style="font-style:italic">« conforme aux engagements souscrits dans le cadre de l’OTAN par les pays qui en sont membres et qui ont choisi d’en faire le cadre d’élaboration de leur défense et l’instance de sa mise en œuvre »</span>. Ce texte a au moins un mérite : il est cohérent avec le souhait formulé par M. Sarkozy de faire réintégrer par la France les structures militaires de l’OTAN, dont le général de Gaulle nous avait fait sortir en 1964.       <br />
              <br />
       Or, la France a-t-elle moins besoin aujourd’hui qu’hier d’une défense indépendante, dans un monde devenu multipolaire et pas simplement bipolaire ? Certainement pas ! Plus que jamais nous avons besoin de ne pas nous laisser entraîner dans des guerres qui ne seraient pas les nôtres. Evidemment tout cela ne rime pas avec la diplomatie de l’ingérence, soi-disant humanitaire mais si souvent inhumanitaire. Et comme on n’a jamais vu les faibles s’ingérer dans les affaires des forts, nous voici mis à la remorque de l’Hyperpuissance. M. Sarkozy pendant la campagne nous a beaucoup parlé de Guy Mocquet, ce héros de la Résistance, mais c’était pour nous faire oublier de Gaulle et pour nous faire découvrir l’Amérique, ou plutôt l’Euramérique, bref l’Europe des Etats-Unis à laquelle rêvent depuis si longtemps nos élites fatiguées.       <br />
              <br />
              <br />
       Voilà donc le traité de Lisbonne : la France diminuée, ligotée, la démocratie garrottée, le monde du travail livré sans défense au capital financier. Ce destin est-il fatal ? L’Europe précipitée au siècle dernier de son piédestal, est-elle vouée à un déclin irrémédiable que ne camouflera pas longtemps une servitude volontaire ?       <br />
              <br />
       Car le vent de la révolte se lèvera ! C’est pourquoi, aujourd’hui, il faut qu’il y ait une résistance ! C’est pourquoi il est important que des républicains unissent leurs forces par-delà les sectarismes pour dire non à la Constitution bis, non à l’esbroufe, non à ceux qui veulent bafouer la démocratie.       <br />
              <br />
       Ce n’est pas avec le traité de Lisbonne que nous ouvrirons la voie d’une France libre et juste, pour construire une Europe européenne, c’est-à-dire indépendante. En gardant la confiance du peuple, nous bâtirons au contraire un recours républicain. D’autres configurations apparaîtront en France et en Europe. C’est avec notre volonté que nous bâtirons ces nouvelles configurations au service d’une Europe européenne, avec la confiance retrouvée du peuple dans son destin, dans la démocratie et dans les destinées de la France, avec la République ! Rien n’est réglé ! Tout commence !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Traite-de-Lisbonne-rien-n-est-regle-tout-commence-_a497.html</link>
  </item>

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   <title>Le rôle de la culture dans la construction de l’Europe</title>
   <pubDate>Wed, 14 Nov 2007 20:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement à l’Institut italien pour les études philosophiques de Naples le 10 novembre 2007     <div>
      Messieurs les Présidents,        <br />
       Mme et Messieurs les Recteurs et les Professeurs,        <br />
       Mesdames, Messieurs,       <br />
              <br />
       Je remercie l’Institut des Etudes philosophiques de Naples et d’abord son Président-fondateur, l’Avvocato Gerardo Marotta, de m’avoir invité à m’exprimer devant ce public éminent, sur le thème du rôle de la culture dans la construction de l’Europe.       <br />
              <br />
       On a fait dire à Jean Monnet que, si l’Europe était à refaire, il faudrait commencer par la culture. Ce mot est apocryphe. Il n’a jamais été prononcé et pour cause : la méthode de Jean Monnet était de partir de l’économie et de créer, par une méthode dite des « petits pas », une série de « faits accomplis » successifs : marché commun d’abord du charbon et de l’acier, puis généralisé, passage de l’union douanière à l’intégration économique, puis de celle-ci à l’intégration monétaire, et enfin de cette dernière à l’unité politique.       <br />
              <br />
       On sait que les choses ne se sont pas passées ainsi. La création de la monnaie unique n’a pas débouché sur l’unité politique au sein d’une Fédération, comme Jean Monnet, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi et Robert Schumann le souhaitaient : l’intégration économique ne crée pas un sentiment d’appartenance. L’Europe reste faite de plus d’une trentaine de nations qui n’entendent pas disparaître. Le mot attribué faussement à Jean Monnet est plus qu’un vain regret : un constat d’impuissance car il n’indique aucun mode d’emploi pour créer un sentiment commun d’appartenance, bref une identité politique. L’idée d’un « patriotisme constitutionnel » développé par Jürgen Habermas ne peut concerner que l’élite restreinte qui peut se reconnaître dans des principes généraux de droit, inévitablement très abstraits. Les peuples ne peuvent adhérer à ces principes qu’à travers la démocratie qui vit dans les nations. Or il n’y a pas de nation européenne, même s’il existe une culture européenne. L’expérience de l’Histoire enseigne seulement qu’une identité politique se crée par rapport à une autre identité, perçue comme plus ou moins menaçante. La question mérite d’être posée de savoir s’il est souhaitable de créer une telle identité européenne et dans quelle conjoncture historique elle pourrait l’être, bref quelles sont les tâches de l’Esprit européen aujourd’hui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>I – Où en est l’idée européenne ?</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A) Accomplissements</span>       <br />
              <br />
       La construction européenne a certes permis –ou en tout cas n’a pas empêché- la réalisation de multiples accomplissements depuis un demi-siècle, date de la signature du traité de Rome, en 1957.       <br />
              <br />
       D’abord la reconstruction de l’Europe occidentale qui avait précédé le marché commun mais que celui-ci poursuivit, l’Europe atteignant en 1974 un niveau économique égal à celui des Etats-Unis.        <br />
              <br />
       Ensuite l’extension de la Communauté européenne aux pays de l’Europe du Sud à peine sortis de régimes dictatoriaux : Grèce - Espagne - Portugal, leur offrant un rattrapage inespéré.        <br />
              <br />
       Enfin l’élargissement aux pays d’Europe centrale et orientale, surgis des décombres du communisme, élargissement qui leur a ouvert un horizon de prospérité et de démocratie partagées.        <br />
              <br />
       La chute du mur de Berlin et l’effondrement pacifique du communisme ont été une victoire de l’esprit européen et des valeurs universelles qu’il symbolise et auxquelles s’étaient ralliés les dirigeants soviétiques de l’époque, particulièrement Mikhaïl Gorbatchev. Cet effondrement pacifique a clos ce que l’historien britannique Hobsbawm a appelé « le court vingtième siècle, l’âge des Extrêmes » mais elle ne signifie pas la fin de l’Histoire.       <br />
              <br />
       Depuis un demi-siècle, l’Europe, et particulièrement l’Allemagne, ont également intégré la mémoire de la Shoah dans leur conscience historique, sans qu’on puisse dire que ce travail de mémoire soit achevé, parce qu’il interroge, à travers l’antisémitisme chrétien, les fondements mêmes de la conscience européenne depuis le Haut-Moyen-Age, parce qu’ensuite il met en lumière la réaction violente portée aux idées de 1789 et à la montée du socialisme, portée par le racialisme et les nationalismes ethniques de la fin du XIXe siècle, et enfin parce qu’il met en cause la responsabilité des différentes nations européennes, qui ont plus ou moins laissé s’accomplir le génocide hitlérien, à commencer bien sûr par l’Allemagne et les spécificités de son Histoire.        <br />
              <br />
       La stigmatisation de la lâcheté d’une part des élites européennes ne saurait pour autant signifier la dissolution des nations frappées d’un discrédit par amalgame. Car la nation républicaine, communauté de citoyens, n’est pas la nation ethnique. Elle en est l’antithèse et à bien des égards l’antidote. Cette distinction est évidemment essentielle : la nation ne doit pas être confondue avec le nationalisme qui en est la perversion.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B) Déclin</span>       <br />
              <br />
       Si l’Europe, ravagée par deux guerres mondiales, a donc opéré depuis un demi-siècle un rétablissement spectaculaire, on peut se demander si, dans l’histoire longue, elle n’a pas amorcé un déclin qui la conduirait, après cinq siècles d’hégémonie mondiale, à l’effacement. Depuis le quattrocento italien, avec l’éclosion de la Renaissance dans les villes italiennes, Venise, Gêne et Florence notamment, la suprématie de l’Europe dans le monde a été portée par ses nations : l’Espagne au seizième siècle, la France au dix-septième et dix-huitième siècles, l’Angleterre jusqu’en 1914. Avec les deux guerres mondiales, l’hégémonie passe définitivement de l’Europe aux Etats-Unis. La décolonisation met fin ensuite aux Empires coloniaux de la Grande-Bretagne, de la France, de la Hollande, de la Belgique et du Portugal.       <br />
              <br />
       Plus profondément l’implosion démographique (le taux de fécondité est de 1,45 en moyenne en Europe alors qu’il faut 2,1 pour assurer le renouvellement des générations) laisse prévoir une régression forte de l’Europe dans le monde. La population des « Douze » est passée de 9,8 % de la population mondiale en 1960 à moins de 6 % aujourd’hui, et 4,2 % en 2020. La population de l’ensemble de l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural, soit 650 millions d’habitants (10 % de la population mondiale) régresse parallèlement. L’Europe, à l’échelle du monde, se rétrécit comme peau de chagrin. Cette stagnation démographique ne rend pas plus facile l’intégration des immigrés, bien au contraire.        <br />
              <br />
       Au plan économique, la croissance européenne depuis 1974, à la suite des chocs pétroliers et des nouvelles règles du jeu monétaires imposées par les Etats-Unis après la fin du système de Bretton Woods, a diminué de moitié en rythme annuel. Dans la globalisation économique, la montée des pays émergents à bas coûts salariaux, entraîne une délocalisation massive de la production de l’Europe, principalement vers l’Asie.        <br />
              <br />
       A l’échelle mondiale, la zone euro connaît ainsi la croissance la plus faible. L’effort de recherche stagne par rapport à l’envol des Etats-Unis, du Japon, et bientôt de la Chine. En matière de politique extérieure, l’Europe est dans l’étroite dépendance des Etats-Unis, ce qui complique sa relation aussi bien avec la Russie qu’avec le monde musulman. Or, l’Europe peut-elle être l’Europe sans la Russie et sans la Méditerranée ? Cet effacement programmé de l’Europe peut-il être conjuré ?       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Y a-t-il une réponse dans la philosophie ?</b>       <br />
              <br />
       Ce n’est pas parce que je parle à l’Institut Italien pour les Etudes Philosophiques de Naples que je vous ferai cette réponse : l’Europe ne peut se sauver, selon moi, que par une réforme intellectuelle et morale et d’abord dans les concepts.       <br />
              <br />
       Cette réforme est nécessaire :       <br />
              <br />
       -	d’abord à la réaffirmation de l’Europe comme actrice de son destin ;       <br />
       -	ensuite à l’expression d’une raison laïque accordée aux exigences de notre temps.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A) Les deux défis posés à l’Europe pour qu’elle retrouve une fonction médiatrice dans le monde</span>.       <br />
              <br />
       1.	Le premier défi n’est pas celui du Sud ou plus précisément celui de l’intégrisme islamique qui est d’abord un phénomène de réaction à la globalisation. Le vrai défi est celui de la globalisation elle-même, c’est-à-dire d’une organisation plus rationnelle ou moins irrationnelle du monde. Sans être un expert, on peut dire que l’économie mondiale marche sur la tête : les Etats-Unis, en proie au déficit et à l’endettement, drainent 80 % de l’épargne mondiale, particulièrement celle de pays pauvres ou émergents, pour financer leur hégémonie. Ce modèle de développement n’est pas « soutenable ».       <br />
              <br />
       Le principal obstacle à la Raison est aujourd’hui l’incapacité des Etats-Unis et d’ailleurs aussi la nôtre, de penser un monde qu’ils ne domineraient pas eux-mêmes, seuls et directement. Le vrai problème, non seulement pour les Etats-Unis mais pour le monde entier, est de penser la fin inévitable de l’Empire américain, confrontés, comme l’avait reconnu dès 1987 l’historien américain. Paul Kennedy, dans <span style="font-style:italic">Rise and Fall of the great nations</span>, à la <span style="font-style:italic">« surextension de sa puissance »</span>, c’est-à-dire à l’insuffisance de ses moyens pour faire face à des engagements multipliés à l’excès, comme on le voit aussi bien avec la crise du dollar qu’avec l’enlisement militaire au Moyen-Orient. Comment penser une transition assumée en commun, de l’unilatéralisme vers un monde multipolaire, où l’Europe serait évidemment alliée des Etats-Unis mais ne serait pas leur vassale ?       <br />
              <br />
       Les Etats-Unis resteront, en effet, quoi qu’il arrive, une nation incontournable mais l’Europe peut, de par son histoire et son imbrication avec d’autres continents, jouer un rôle de médiatrice entre les cultures, au service de la paix dans le monde, bref redevenir un acteur mondial.       <br />
              <br />
       2.	Le deuxième défi est celui de l’hyperindividualisme porté par une société qui a perdu le sens du collectif à force de proclamer les droits de l’Homme, en oubliant ceux du citoyen. La proclamation en toutes circonstances de droits illimités aboutit à des exigences elles-mêmes illimitées et insusceptibles d’être satisfaites. Il n’existe plus de principe de réalité dans des sociétés qui ont oublié que les droits de l’Homme proclamés en 1789 étaient aussi ceux du Citoyen. Or, l’exercice de la citoyenneté est ce qui permet de définir le bien commun, c’est-à-dire des priorités et des règles. Telle est la définition classique de la République au sens étymologique du terme : la <span style="font-style:italic">res publica</span>. L’exercice de la citoyenneté implique donc le civisme, c’est-à-dire le sens de la responsabilité des citoyens vis-à-vis de la cité à laquelle ils appartiennent. On comprend bien que le civisme ne va pas sans un patriotisme raisonnable, car « la citoyenneté ne va pas sans abnégation », selon un mot que j’emprunte à l’historien français Claude Nicolet.       <br />
              <br />
       Ce sentiment d’appartenance à une entité politique historiquement constituée est évidemment fondamental, si on veut aider nos sociétés à dominer l’hyperindividualisme qui les caractérise en tant que sociétés de droits potentiellement illimités, sans la contrepartie de devoirs équivalents. Les cités de l’Antiquité ou de la Renaissance italienne ont été remplacées, à l’époque contemporaine, par les nations mais on ne voit pas que les nations aient été nulle part remplacées dans le monde, qu’on pense aux Etats-Unis, à la Chine, au Japon, au Brésil, à la Turquie ou à l’Iran. Même en Europe l’idée d’un « patriotisme constitutionnel » se substituant aux patriotismes nationaux a fait long feu, comme on l’a vu avec l’échec du projet de Constitution européenne.        <br />
              <br />
       Il y a un bon usage à rechercher des nations européennes et de la diversité nationale de l’Europe, car c’est à partir des nations qu’on peut retrouver une citoyenneté à la fois nationale et européenne efficace, et que les peuples européens peuvent redevenir ensemble, à l’échelle mondiale, des acteurs conscients de leur histoire. Il ne faut donc pas s’enfermer dans l’opposition factice entre droits de l’homme abstraits et nations démonisées, car confondues avec la conception ethnique, évidemment source de dérives nationalistes. Il faut concevoir une Europe de nations citoyennes.        <br />
              <br />
       A cet égard la diversité de l’Europe est un atout plus qu’un handicap pour réapprendre ce qu’est l’esprit de la Cité. Il serait d’abord absurde de vouloir nier la spécificité des nations qui ont été le cadre de l’épanouissement des libertés et de la démocratie en Europe. La démocratie moderne doit beaucoup à l’héritage des cités italiennes, à l’<span style="font-style:italic">Habeas corpus</span> britannique, à la Révolution française, aux libertés précocement conquises par les cantons suisses et par les Pays Bas. Ne cherchons pas à gommer la spécificité des peuples qui s’enracinent dans la diversité des héritages culturels : langues et religions, chaque nation ayant conquis, au long des siècles, sa propre forme de démocratie et de citoyenneté. C’est en effet la citoyenneté qui permet de contenir les ethnicismes, les revendications  particularistes, les communautarismes et surtout, enfin, d’intégrer les immigrés.       <br />
              <br />
       La nation reste le cadre de la démocratie et le lieu de la solidarité. La diversité de l’Europe – plus de cinquante peuples, si on inclut la Russie – est une chance, si cette diversité n’empêche pas les convergences nécessaires pour l’établissement d’une République européenne, à partir des nations définies comme « communautés de citoyens ». On ne gagnerait rien à arraser les spécificités nationales pour créer  un « peuple européen » artificiel. Les vieilles nations européennes avec le rayonnement mondial de leurs langues, de leur patrimoine et de leurs cultures, et avec leurs prolongements ultramarins sur d’autres continents pèsent plus que l’agrégat qu’elles constitueraient ensemble sous l’égide d’un fédérateur extérieur. Surtout il serait vain, comme je crois l’avoir montré, de vouloir créer un civisme européen qui ne s’inscrirait pas dans le prolongement des civismes nationaux. Seules les nations fournissent aujourd’hui le cadre opératoire d’un civisme réellement efficient. Le défi aujourd’hui est d’assurer la convergence de ces prises de conscience. Le dialogue des nations européennes est à cet égard incontournable. On peut cependant penser que les prises de conscience se feront de façon décalée et progressive. L’Avvocato Gerardo Marotta invite les philosophes à se tourner vers les sciences. La biologie montre que les organismes vivants progressent toujours par différenciation. L’avenir de la construction européenne est bien évidemment dans la géométrie variable, dans la constitution de cercles concentriques à partir des nations et de la volonté démocratiquement exprimée par elles, le premier cercle étant naturellement constitué à mes yeux par la zone euro, un ensemble de 300 millions d’habitants, soit autant que les Etats-Unis, ensemble dont la colonne vertébrale va de l’Italie vers les Flandres, la voie de communication européenne par excellence depuis le Moyen-Age. C’est à cette échelle que les nations de la vieille Europe peuvent réapprendre ce qu’est l’esprit de la cité, sans laquelle il n’y a pas de liberté. L’Europe ne se fera pas contre les nations mais avec elles.       <br />
              <br />
       L’unité européenne est une réalité historique. C’est cette réalité culturelle en même temps que les solidarités nées de la géographie qui peuvent fonder les convergences nécessaires. Les nations européennes forment depuis des siècles un système de vases communicants, une véritable « République européenne » nourrie d’échanges culturels et intellectuels constants, et cela dès le Moyen Age, quand s’est constitué le réseau des monastères, des cathédrales et des Universités. C’est à partir de la Renaissance italienne que les idées des Lumières se sont peu à peu propagées à toute l’Europe. Machiavel, Giordano Bruno, Galilée, Bacon, Descartes, Spinoza, Locke, Montesquieu, Rousseau, Kant, Hegel, Marx, Freud, Gramsci, Croce, ce ne sont là que quelques-uns de ces grands esprits européens qui ont reculé les limites du monde et celles de notre compréhension.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B) Qu’a à dire l’Esprit européen aujourd’hui si on veut que l’Europe puisse retrouver une fonction médiatrice à l’échelle du monde ?</span>       <br />
              <br />
       L’identité culturelle de l’Europe procède évidemment du double héritage d’Athènes et de Jérusalem. L’universalisme est un idéal mais l’Europe qui y prétend, ne le réalise pas spontanément. L’Islam et plus encore les civilisations de l’Asie n’entrent pas aisément dans notre conception du monde. Parmi les sources de l’esprit européen, j’ai mis Athènes en premier parce que c’est bien évidemment à Athènes que nous devons l’idée de la liberté, non pas seulement politique mais aussi philosophique, l’esprit de la recherche, l’esprit de Prométhée. Là sont les racines de notre culture. Comme ancien ministre de l’Education Nationale, j’ai toujours regretté qu’on veuille mettre l’élève et la pédagogie au centre de l’Ecole et non pas le savoir et la culture. Notre avenir ne se fera pas sans un retour aux sources humanistes de notre culture qui sont d’abord dans la Grèce et dans Rome. Le « magister » n’est pas le « dominus » qui règne sur sa maison. Il est l’intercesseur entre le patrimoine du Savoir et l’élève. Comme la cité est antérieure aux citoyens auxquels elle a permis de conquérir leurs droits, de même le Savoir et le patrimoine de la Culture préexistent à l’élève et d’ailleurs aussi au professeur. C’est la conscience de cette antériorité qui fonde l’Ecole et sa capacité à transmettre.  C’est donc dans le Savoir et dans sa compétence propre que s’enracine l’autorité du « maître » (celui qui enseigne). C’est là la base de toute réforme intellectuelle et morale et d’abord d’une réforme de l’enseignement qui conditionne le reste, jusques et y compris la reconquête d’une liberté civique authentique.       <br />
              <br />
       La deuxième source de notre culture est à Jérusalem. C’est au judéo-christianisme que nous devons l’idée d’égalité, celle de tous les hommes égaux devant le Créateur, ainsi que l’idée de la conscience inséparable de l’idée du salut de l’âme individuelle, et enfin celle d’un temps fléché par l’annonce du Messie, et donc l’idée du progrès. Les lumières ont sécularisé cet héritage judéo-chrétien. Il serait absurde de vouloir aujourd’hui rejudaïser ou rechristianiser  des valeurs désormais laïcisées.       <br />
              <br />
       Athènes et Jérusalem constituent encore aujourd’hui deux fleuves distincts dans notre civilisation. Le supplice de Giordano Bruno, qui n’a pas voulu abjurer ce à quoi il croyait, le 17 février 1600, n’est pas si lointain. Bruno a affirmé ainsi un idéal très moderne : l’autonomie de la réflexion philosophique, nourrie de la recherche scientifique de son temps. Il l’a fait face aux dogmes qui, aujourd’hui comme hier, veulent s’imposer au mépris de la Raison.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">C) Actualité de la laïcité</span>       <br />
              <br />
       La laïcité me paraît donc être une valeur essentielle pour notre temps. L’Europe a été ravagée jadis par les guerres de religions. Ces guerres ne sont pas derrière nous.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">1.	La théorie de la « guerre des civilisations »</span> est aujourd’hui grosse d’affrontements meurtriers. Rien n’autorise à confondre l’Islam, le judaïsme ou le christianisme qui sont des religions avec leurs dérives fondamentalistes. Il faut aussi bien distinguer les religions, les cultures qui impliquent généralement une langue, et les civilisations.  La civilisation musulmane, par exemple, a connu son apogée il y a plus de dix siècles. L’Europe ne se résume plus à la Chrétienté. Le judaïsme enfin n’est pas la religion d’Eretz Israel. Vouloir réduire les affrontements qui se sont produits depuis 622 entre l’Europe et l’Orient à un conflit entre l’Islam et la Chrétienté est évidemment réducteur : conquêtes arabes, croisades, Reconquista espagnole, poussée de l’Empire ottoman, colonisations, guerres de libération balkaniques, décolonisation, conflit israélo-palestinien, guerre d’Afghanistan, terrorisme islamiste, guerres américaines au Moyen-Orient, ces différents épisodes ont leur spécificité et ne peuvent être inscrits dans la grille de lecture unique et prédéterminée d’un conflit de religions ou de civilisations. L’Histoire est autrement plus complexe. Elle a donné à voir aussi des alliances de revers et des périodes d’échange féconds et pacifiques. Cette vision fige l’Islam et la Chrétienté à un moment de leur évolution où la religion imposait sa domination à l’ensemble de la vie sociale. Elle fait l’impasse sur le mouvement de la sécularisation qui a d’abord touché l’Europe mais qui concerne aussi aujourd’hui les sociétés musulmanes. Elle concourt à figer l’autre dans une essence diabolisée. Cette conception du conflit des civilisations a remplacé comme par hasard la guerre froide après l’effondrement du communisme. Comme s’il était besoin de conserver un adversaire identifié au Mal (« l’Empire du mal », « l’axe du mal »).        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">2.	La spécificité européenne.</span> Toutes les sociétés n’accordent évidemment pas à la religion la même place : la religion imprègne plus fortement les sociétés musulmanes voire la société américaine que les sociétés européennes. Celles-ci sont davantage marquées par l’esprit du rationalisme laïque. Est-ce la marque d’un retard et d’une forme de « relativisme culturel » condamnable, comme l’affirment derrière le philosophe américain Allan Bloom, certains néo-conservateurs pour lesquels seule la guerre peut affirmer la supériorité d’un système de valeurs sur un autre ? Un discours analogue avait été tenu en Allemagne dans les années vingt par les théoriciens de la « Révolution conservatrice ». Ce rationalisme laïque de l’Europe contemporaine n’est-il pas plutôt la marque d’une retenue ou d’un sens de la mesure déjà illustré par les anciens Grecs – « Rien de trop » disaient-ils – retenue sans laquelle il n’y a ni dialogue ni échange possibles ?       <br />
              <br />
       Ainsi la dissolution du système soviétique a plus résulté d’un phénomène de décomposition idéologique que d’un redoublement de la guerre froide. Faut-il rappeler que les premiers efforts de désarmement, dont j’ai d’ailleurs été le témoin comme ministre de la Défense à cette époque, et les accords d’Helsinki en novembre 1989 précédèrent l’effondrement de l’URSS ? Nous étions alors en pleine « détente » ! C’est la crise de l’eschatologie communiste non seulement dans les masses mais au sein même de la nomenklatura qui a fait vaciller un système sclérosé et miné de contradictions nationales autant que sociales.       <br />
              <br />
       Les milieux néo conservateurs veulent substituer aujourd’hui le mythe du « fascislamisme » au mythe du communisme totalitaire. Mais cette vision manichéenne plaquée sur l’Islam fait bon marché des réalités et des contradictions dans lesquelles se débattent les sociétés musulmanes, affrontées à la globalisation.       <br />
              <br />
       Un système technique ne crée pas – nous l’avons vu – un sentiment d’appartenance. On ne peut pas plaquer du dehors un « progrès » qu’une culture ne se serait pas approprié par la voie de ses propres déterminations. Telle était la pensée de l’orientaliste français Jacques Berque. La culture est inévitablement le lieu d’une confrontation parce qu’elle est, ne serait-ce que par frottement et plus souvent par affrontement, « la forge de l’identité », comme l’a écrit le philosophe français Régis Debray.       <br />
              <br />
       Reste que ce qui apparaît depuis trois décennies comme le « retour du religieux » n’est peut-être qu’une « ruse de la Raison ». Le dialogue même implique entre ses partenaires un « différentiel ». L’Islam est multiple et les sociétés musulmanes du Maghreb à l’Iran sont engagées dans une profonde transition démographique, comme l’a montré le sociologue et démographe Emmanuel Todd. Cette transition démographique laisse entrevoir un avenir pacifié, car cette transition est elle-même révélatrice de profondes modifications socioculturelles, notamment les progrès de l’alphabétisation. Les sociétés musulmanes connaissent avec retard la même évolution que nos sociétés. L’Europe ne doit pas se laisser entraîner dans la soi-disant « guerre des civilisations » qui n’est que le masque pseudo religieux de rivalités géopolitiques et énergétiques bien réelles. C’est par excellence le travail qui incombe à l’esprit européen : nous aider à voir clair dans un monde où la religion et le sentiment de l’identité sont souvent instrumentés à des fins de domination.       <br />
              <br />
       *       <br />
       *   *       <br />
              <br />
       Après deux guerres mondiales, l’Europe reste, à juste titre, éprise de paix. La majorité des peuples européens a été hostile à l’invasion de l’Irak en 2003. Nous devons résister aujourd’hui à la logique de guerre avec l’Iran. Il n’est pas non plus inévitable qu’une nouvelle guerre froide s’installe sur notre continent face à la Russie. Celle-ci connaît sans doute de graves problèmes intérieurs, mais nous ne devons pas chercher à la déstabiliser, car la Russie fait partie de l’Europe et elle est utile à l’Europe. La Raison à laquelle je fais appel n’est donc pas une raison abstraite. C’est une Raison concrète qui intègre toutes les dimensions économiques, sociales, culturelles, géopolitiques, scientifiques de l’actuelle globalisation.        <br />
              <br />
       On sait que la première globalisation, sous l’égide de la Grande-Bretagne, a débouché sur la première guerre mondiale. On peut dire avec le recul que l’esprit européen avait largement capitulé devant un certain irrationalisme.       <br />
              <br />
       Nous vivons aujourd’hui la seconde globalisation sous égide américaine. L’Europe a un rôle important à jouer car les Etats-Unis ne peuvent plus faire n’importe quoi comme en Irak. Ce n’est pas rendre service aux Etats-Unis de célébrer les « valeurs américaines » comme si elles étaient spontanément des valeurs universelles. Le retour au multilatéralisme dépend de la volonté européenne, de l’esprit public européen qu’il appartient à la philosophie de faire se lever.       <br />
              <br />
       Qu’est-ce donc que l’Esprit européen ? C’est l’esprit de liberté qui toujours nie les idées reçues. Cet esprit de liberté dressé contre les conformismes dominants est évidemment universel. Il ne saurait être confiné au petit cap européen même s’il appartient à l’Europe de reconquérir une citoyenneté efficace vis-à-vis d’elle-même comme vis-à-vis du reste du monde, en forgeant ce que le général de Gaulle appelait « une Europe européenne ». Cet esprit européen renaissant doit combattre partout les régressions fondamentalistes. Un néo-conservateur américain, Robert Kagan, a comparé, en 2003, l’Europe à Venus et l’Amérique à Mars. Je suggérerais plutôt pour l’Europe la figure d’Apollon, le Dieu de la Lumière car c’est d’abord de lumières que notre monde a besoin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Le-role-de-la-culture-dans-la-construction-de-l-Europe_a481.html</link>
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   <title>Pour Politis, « Chevènement croque Monnet »</title>
   <pubDate>Thu, 22 Mar 2007 14:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Chevènement croque Monnet, Denis Sieffert, Politis, 22 mars 2007, p.9. Le directeur de la publication de Politis recommande la lecture du dernier essai de Jean-Pierre Chevènement, La Faute de M. Monnet (Fayard, 2006).     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/592666-723416.jpg?v=1289480117" alt="Pour Politis, « Chevènement croque Monnet »" title="Pour Politis, « Chevènement croque Monnet »" />
     </div>
     <div>
      Extrait :       <br />
       &quot;Un court et brillant essai sur « l’inspirateur » de la construction européenne.       <br />
       « L’Inspirateur » : c’est de Gaulle qui avait ainsi surnommé Jean Monnet. On imagine l’accent de dédain qui devait accompagner cette drôle d’allégorie. Les deux hommes se sont beaucoup détestés. Il est vrai que, pendant la guerre, Monnet a tout essayé pour décrédibiliser aux yeux des Américains le chef de la France libre. Jean-Pierre Chevènement le raconte dans un court et brillant essai qu’il vient de consacrer à Jean Monnet&quot;.       <br />
              <br />
       Pour lire la suite, acheter <span style="font-style:italic">Politis</span> en kiosques ou l'article sur <a class="link" href="http://www.politis.fr/Chevenement-croque-Monnet,666.html">le site Internet de Politis</a>.       <br />
       La présentation de <span style="font-style:italic">La Faute de M. Monnet</span> figure <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/La-Faute-de-M-Monnet-La-Republique-et-l-Europe_a19.html">ici</a>. L'ouvrage peut-être acheté <a class="link" href="http://astore.amazon.fr/chevenement20-21/detail/2213630836/171-7186772-5655457">ici</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Pour-Politis-Chevenement-croque-Monnet_a264.html</link>
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   <title>La Faute de M. Monnet. La République et l'Europe</title>
   <pubDate>Tue, 24 Oct 2006 00:13:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Derniers essais]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Second volume de la collection «L'idée républicaine» éditée par les éditions Fayard. La Faute de M. Monnet. La République et l'Europe, Jean-Pierre Chevènement, Fayard, 2006, 148 pages     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/477031-584037.jpg?v=1289480116" alt="La Faute de M. Monnet. La République et l'Europe" title="La Faute de M. Monnet. La République et l'Europe" />
     </div>
     <div>
      Né à Belfort d’un couple d’instituteurs. Économiste, ancien élève de l’Ena. Membre du parti socialiste depuis 1964, animateur du Ceres, membre des instances nationales du PS, chargé de l’élaboration du programme du parti en 1971 et en 1979-1980. Député de Belfort. Sous la présidence de François Mitterrand est successivement ministre d’État chargé de la recherche et de l’Industrie, ministre de l’Économie, ministre de la Défense. Crée en 1992 le Mouvement des Citoyens. Élu maire de Belfort (1983, 1997 et 2001). Ministre de l’Intérieur sous le gouvernement Jospin. Auteur d’une dizaine d’ouvrages, dont <span style="font-style:italic">La République contre les bien-pensants</span> (Plon, 1999) et aux Éditions Fayard <span style="font-style:italic">Défis républicains</span> (2004) ainsi que <span style="font-style:italic">Pour l’Europe votez non !</span> (2005).       <br />
              <br />
       Jean Monnet écrivait d’Alger, en mai 1943, à Henri Hopkins, conseiller du Président Roosevelt : <span style="font-style:italic">« Il faut le détruire »</span>, en parlant du général de Gaulle. La reconstitution des souverainetés nationales en Europe était la hantise de Jean Monnet. Dès cette époque, il pense l’organisation future de l’Europe contre l’idée de souveraineté. Prescience géniale de la nécessité de constituer l’Europe comme un grand marché régi par une autorité supranationale unique ou complot objectif contre le souveraineté populaire, qui est au principe de la République, au bénéfice d’un capitalisme euratlantique dominé par les Etats-Unis ?       <br />
              <br />
       Plus de soixante ans après, le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de <span style="font-style:italic">« Constitution européenne »</span>. La <span style="font-style:italic">« méthode Monnet »</span>, celle des engrenages et des faits accomplis, peut-être utile pendant un temps, a trouvé ses limites. Dans la <span style="font-style:italic">« mondialisation »</span>, la République entend à nouveau faire entendre sa voix, celle des peuples.       <br />
              <br />
       C’est cette voie nouvelle, celle d’une autre Europe, que Jean-Pierre Chevènement propose d’explorer : comment articuler l’idée européenne et la souveraineté populaire, le progrès social et l’exigence démocratique ? Ne serait-il pas temps aussi de penser l’Europe dans sa grande dimension, jusqu’à la Russie, pour construire avec les peuples qui le voudront, l’acteur stratégique dont nous avons besoin au XXIe siècle ? Pour faire marcher ensemble l’Europe et la République, le moment est venu d’inventer, audacieusement.       <br />
              <br />
       Cet ouvrage est disponible à l'achat dans la <a class="link" href="http://astore.amazon.fr/chevenement20-21/detail/2213630836/171-7186772-5655457">boutique en ligne de ce site</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <br style="clear:both;"/>
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