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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
  <link>https://www.chevenement.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-11T04:40:59+01:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Situation de l'Italie, réalité et perspectives"</title>
   <pubDate>Wed, 03 Apr 2019 13:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 5 décembre 2018 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/32274297-30107348.jpg?v=1554294964" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Situation de l'Italie, réalité et perspectives"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Situation de l'Italie, réalité et perspectives"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Accueil-des-intervenants_a1195.html">Accueil des intervenants</a>, par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/La-relation-franco-italienne-histoire-et-contenu_a1194.html">La relation franco-italienne, histoire et contenu</a>, par Loïc Hennekinne, ambassadeur de France en Italie de 2002 à 2005, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/La-crise-demographique-et-la-question-migratoire_a1193.html">La crise démographique et la question migratoire</a>, par Gérard-François Dumont, professeur à l’université Paris-Sorbonne, président de la revue Population &amp; Avenir, co-auteur avec Pierre Verluise de Géopolitique de l’Europe (Armand Colin, 2009)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Considerations-macro-economiques-sur-la-situation-italienne_a1192.html">Considérations macro-économiques sur la situation italienne</a>, par Olivier Passet, directeur des synthèses chez Xerfi       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/La-question-monetaire-l-euro-est-il-responsable-de-la-crise-italienne_a1191.html">La question monétaire : l'euro est-il responsable de la crise italienne ?</a>, par Jean-Michel Naulot, membre du collège de l’Autorité des Marchés financiers de 2003 à 2013, auteur de Eviter l'effondrement (Seuil ; 2017), membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Le-regard-de-l-historien-sur-la-nation-italienne_a1190.html">Le regard de l'historien sur la nation italienne</a>, par Gilles Pécout, recteur chancelier de l'académie de Paris et de la région d'Île-de-France, historien de l'Italie       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/L-implosion-du-systeme-politique-italien-Que-penser-du-populisme-comme-grille-de-lecture%C2%A0_a1189.html">L’implosion du système politique italien. Que penser du populisme comme grille de lecture ?</a>, par Marc Lazar, professeur des universités en histoire et sociologie politique à Sciences Po spécialiste de la vie politique italienne       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/La-crise-italienne-miroir-de-la-crise-europeenne_a1188.html">La crise italienne, miroir de la crise européenne ?</a>, par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Situation-de-l-Italie-realite-et-perspetives_r153.html">&quot;Situation de l'Italie, réalité et perspectives&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/shop/Situation-de-l-Italie-realite-et-perspectives_p141.html">&quot;Situation de l'Italie, réalité et perspectives&quot;</a> est également disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/32274297-30107348.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Situation-de-l-Italie-realite-et-perspectives_a2039.html</link>
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   <title>"France-Russie : s'appuyer sur les points de convergence"</title>
   <pubDate>Thu, 31 May 2018 09:25:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Zemmour & Naulleau sur Paris Première, mercredi 30 mai 2018 (à partir de 1h52).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.chevenement.fr/video/<iframe frameborder="0" width="600" height="338" src="//www.dailymotion.com/embed/video/x6kp54d" allowfullscreen allow="autoplay"></iframe>     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Sur la rencontre entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine – première visite du président français en Russie à l’occasion du Forum international économique de Saint-Pétersbourg, 24-25 mai       <br />
              <br />
       Il faut reconnaître au président Emmanuel Macron le talent de redresser des situations qui paraissaient très compromises:après l'affaire Skripal et celle des frappes americano-franco-britanniques sur la Syrie, il y avait un grand trou noir dans la relation franco-russe.       <br />
              <br />
       Après le très long tête-à-tête entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, le résultat a été tout à fait remarquable. Sans nier les désaccords, le président Macron a su trouver les points de convergence et prendre appui sur eux pour aller vers des solutions, sur l'Ukraine ou la Syrie, qui sont à la portée de la main. Je n'en dirais pas autant sur l'Iran, qui est un problème infiniment plus complexe et qui a pesé sur toute la rencontre car la décision du président Trump bouleverse évidemment la donne.       <br />
              <br />
       Cette visite a été un grand succès y compris au Forum, devant plus de 2000 hommes d'affaires, où étaient présents les présidents Macron et Poutine, le premier ministre japonais Shinzo Abe, un vice-premier ministre chinois et Madame Lagarde. Le discours d'Emmanuel Macron fut d'une rare qualité. Par ailleurs, de très grands contrats ont été signés.       <br />
              <br />
       On ne peut établir d'équivalence entre Donald Trump et Vladimir Poutine : Donald Trump procède souvent par foucades ; Vladimir Poutine est un homme d'Etat réaliste, qui est au pouvoir depuis 18 ans, qui est très populaire dans son pays. Il a été réélu avec 76 % des voix il y a peu avec un taux de participation très honorable de 67 %. C'est un autre type d'homme, un réaliste pragmatique. On le voit de manière caricaturale en France où, très souvent la Russophobie se dissimule sous la Poutinophobie, si je puis dire.       <br />
              <br />
       Poutine a cherché à redresser l'Etat en Russie, il y est parvenu d'une certaine manière puisque si l'on prend par exemple l'indicateur de développement humain, la Russie est maintenant à une place tout à fait honorable, ce qui n'était pas le cas quand Poutine est arrivé au pouvoir. Il y a eu une croissance assez forte pendant les 10 premières années, elle a ralenti mais elle reprend, et cela sera sans doute conforté par la remontée du prix du pétrole.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Sur la Syrie.       <br />
              <br />
       Il y a deux processus parallèles, qui ne se sont donc jamais rencontrés : celui d'Astana autour de la Russie, de l'Iran, de la Syrie et de la Turquie ; et le processus dit « <span style="font-style:italic">small group</span> », qui réunit les Occidentaux, la Jordanie, l'Arabie Saoudite et l'Egypte. Il faut que ces deux processus confluent à Genève, car c'est à Genève que se fera la conclusion politique inclusive qui permettra de mettre un terme à une guerre en Syrie qui n'a que trop duré.       <br />
              <br />
       Cette décision a été prise, qui prévoit qu'il y aura deux coordinateurs de part et d'autre pour faire en sorte que les deux démarches avancent de concert et aboutissent à une solution qui préserverait l'intégrité territoriale de la Syrie, accorderait un minium d'autonomie culturelle à un certain nombre de minorités sans remettre en cause l'unicité et la laïcité du gouvernement syrien qui nous tient à cœur ; faire en sorte que des initiatives humanitaires soient prises pour permettre la reconstruction de certains quartiers dévastés, le retour des réfugiés et enfin des élections pluralistes supervisées par l'ONU.       <br />
              <br />
       Tout cela prendra du temps mais il n'y a pas d'autre issue, sinon celle de se faire la guerre. Ce serait alors redonner sa chance à Daech. Il est important d'en finir avec Daech et trouver les bases d'un compromis possible.       <br />
              <br />
       Emmanuel Macron a cité deux personnages de <span style="font-style:italic">Guerre et Paix</span>, Bezoukhov et Karataïev, dont l'un finit par ranimer en l'autre la confiance qu'il avait perdue en la nature humaine.       <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Sur l'Ukraine       <br />
              <br />
       Le président Macron a expliqué qu'il y avait une fenêtre d'opportunité avant les élections ukrainiennes et après l'élection de Poutine. Il faut la saisir dans les semaines qui viennent au niveau des ministres des Affaires étrangères. Sur les points essentiels - l'opération de maintien de la paix, les élections locales, la réforme constitutionnelle en Ukraine, le retrait des armes lourdes - on peut trouver des solutions ; il est donc possible de mettre fin à un conflit qui est dit gelé mais qui peut redevenir chaud.       <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Sur l'Italie       <br />
              <br />
       L'Italie est un laboratoire qui nous a donné l'Empire romain, les Républiques de la Renaissance, le futurisme, le fascisme, Gramsci... C'est un pays inventif.       <br />
              <br />
       Je regrette que le président Mattarella ait refusé de tenir compte de l'accord qui s'était dégagé entre deux partis qui sont majoritaires à la Chambre ; les choses pouvaient évoluer. Le programme n'était pas très réaliste mais le programme commun en France l'était-il davantage ? On aurait vu assez rapidement que le programme était tout de même difficile à appliquer, peut-être une dissolution serait-elle intervenue, mais à un meilleur moment.       <br />
              <br />
       Monsieur Mattarella a fait appel à un spécialiste du FMI. Ce n'est quand même pas quelqu'un que les Italiens moyens peuvent aimer. Je ne crois pas qu'il sera investi par les Chambres, donc il va expédier les affaires courantes jusqu'aux prochaines élections...       <br />
              <br />
       Ce n'est pas la première fois qu'il y a un déni de démocratie </li></ul>[de Bruxelles]. Monsieur Berlusconi avait été congédié par Bruxelles à l'époque Barroso, avec Sarkozy et Merkel : on avait nommé un technocrate, Monsieur Monti, qui a été congédié aux élections un an après.       <br />
              <br />
       Il faut faire avec la démocratie, il faut respecter le vote, comme l'a rappelé le président Macron sans prendre parti dans les affaires de l'Italie.       <br />
              <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> En hommage à Serge Dassault       <br />
              <br />
       J'ai connu Serge Dassault quand il était déjà président de Dassault, j'ai fait partie de ceux qui ont bataillé pour faire homologuer le Rafale. Je salue un grand industriel français.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/France-Russie-s-appuyer-sur-les-points-de-convergence_a1985.html</link>
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   <title>"Il faut une grande vue d'homme d’État pour sortir la France de la nasse"</title>
   <pubDate>Fri, 17 May 2013 10:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "Politiques" sur France 24 en partenariat avec L’Express et RFI, mercredi 15 mai. Il répondait aux questions de Roselyne Febvre (France 24), Frédéric Rivière (RFI), et Christian Makarian (L'Express).     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">A propos des accusations de laxisme adressées à Manuel Valls concernant les débordements du Trocadéro : </span>       <br />
       <ul class="list"><li>C'est ridicule. Manuel Valls n'est ni un naïf, ni un angélique       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ce n'est pas parce qu'on est dans l'opposition qu'on peut dire n'importe quelle bêtise. Elle devrait essayer de hausser sa mire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ces violences au cœur de Paris sont tout à fait détestables </li></ul>[…] Ces débordements sont regrettables tout d'abord pour le sport. Cela donne une très mauvaise image, ce qui n'est pas tout à fait nouveau.       <br />
       <ul class="list"><li>J'entends tout ce qui se dit sur le PSG. Le club ferait bien de mettre un peu d'ordre parmi ses supporters.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Deuxième chose : il y a le problème des « sauvageons » dont j'avais parlé. C'est un problème d'éducation.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ne veux pas m'immiscer dans les rapports entre M.Valls et Mme Taubira. C'est toujours difficile entre Ministres de l’Intérieur et de la Justice mais ils essaient de bien s'entendre. Cela ne fonctionne pas aussi mal que l'on aurait pu le craindre.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Un certain nombre d'individus ont été interpellées. Ils peuvent être déférés en comparution immédiate. J'espère que la justice fera quelques exemples.       
       </li></ul><ul class="list"><li>« Sauvageons » c'est encore assez gentil car étymologiquement, c'est un arbre non greffé. Ce sont donc des enfants qui n'ont pas été éduqués et dont l'école n'a pas su s'occuper. Il y a une certaine démission de l'autorité.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a des limites que l'on n'ose plus tracer sous prétexte que distinguer ce serait discriminer. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">       <br />
       Concernant Bercy et ses 7 ministères</span>       <br />
       <ul class="list"><li>Honnêtement, je ne pense pas que ce soit le nombre de ministres qui pose problème.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Cependant, on n'entend pas la même chose dans la bouche de M. Montebourg et dans celle de M. Moscovici.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je trouve que ce qu'Arnaud Montebourg dit sur le « Made in France » et sur le nucléaire est juste.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Sur l'affaire de Florange, il était pour une nationalisation partielle. Cette position était un peu critiquable : il aurait fallu soit une nationalisation de toute la sidérurgie, soit une solution comme celle retenue par Jean-Marc Ayrault.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Un choix économique important a été fait avec le rapport Gallois : celui de la reconquête de la compétitivité de l'économie française. Sur ce choix, François Hollande demande à être jugé au bout de 5 ans. Le cap est fixé dans la bonne direction mais les moyens pris jusqu'à présent ne sont pas suffisants       <br />
       <span style="font-style:italic">       <br />
       A propos de la récession en Europe </span>       
       </li></ul><ul class="list"><li>C'est évidemment un problème très largement européen. En Italie, en Espagne, au Portugal la récession est plus profonde encore.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nous sommes aujourd'hui dessaisis de tous nos moyens : nous ne pouvons plus protéger notre économie, nous n'avons plus de souveraineté monétaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>De toutes les monnaies mondiales, l'euro est la plus surévaluée.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La monnaie unique est une erreur : on a mis ensemble des pays très hétérogènes par leurs structures économiques, leur niveau de vie, leurs orientations politiques.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a, en gros, deux pays excédentaires dans la zone euro : Pays-Bas et Allemagne.       
       </li></ul><ul class="list"><li>On a toujours sous-estimé le poids des facteurs monétaires A partir du moment où a été fait le choix d'une monnaie forte, la desindustrialisation s'est poursuivie.       
       </li></ul><ul class="list"><li>On ne voit pas trop comment peut être inversée la courbe du chômage sauf s'il y a une redéfinition de la politique monétaire à l'échelle européenne et qu'on essaye de faire de l'Europe une zone de croissance.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le TSCG, que je n'ai pas voté, nous met dans un système où nous avons de fait perdu notre souveraineté budgétaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Un économiste allemand a dit qu'il y avait 2 manières pour les pays déficitaires de sortir de cette situation : soit une dévaluation interne, donc salariale, soit une dévaluation classique. La première est beaucoup plus douloureuse.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le choix d'une monnaie commune aurait été infiniment plus judicieux que la monnaie unique.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Si nous faisons face à un choc extérieur grave, il faudra prendre des mesures courageuses pour reconquérir notre compétitivité. C'est à ce moment là que François Hollande sera jugé.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut avoir une vision large de l'Europe que nous devons construire entre les Etats-Unis et la Chine, la bipolarité du XXIe siècle. Nous ne pouvons pas être coincés entre les pinces de cette mâchoire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Avec la méthode communautaire, la Commission a le monopole de la proposition. C'est n'est plus possible à 27. Cette méthode n'a pas d'avenir       
       </li></ul><ul class="list"><li>La seule méthode qui s'impose car elle est réaliste est celle de la décision au niveau du Conseil européen.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Avec une récession, il y a des moins-values sociales qui se traduisent par des déficits publics qui se traduisent par un endettement croissant. Par conséquent on peut faire des politiques d'austérité de plus en plus intenables.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut une remise en cause profonde et comprendre les erreurs qui ont été commises : l'acte unique est la dérégulation à l'échelle européenne avec la Commission qui dit ce qu'il faut faire du point de vue de la concurrence, la monnaie unique est une hérésie et l'intégration ne conduit pas très loin car un pays comme l'Allemagne refusera toujours d'effectuer des transferts de 2% de PIB.       
       </li></ul><ul class="list"><li>François Hollande comprend qu'il est embarqué dans une situation très difficile       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nous avons laissé notre pays se désindustrialiser, et il se désindustrialise encore. Il est important de remuscler notre tissu productif.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut une grande vue d'homme d’État pour sortir de la France de la nasse où l'ont mené des choix politiques malheureux.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La thèse du patronat est qu'il faut raboter les avantages sociaux qui sont le résultat d'un bon siècle de lutte.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La Commission demande de très fortes baisses de dépenses de l'Etat. Sur quoi vont-elles être actées ? Les allocations familiales ? La santé ? La retraite ?       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a des reformes fines à faire dans tous les domaines. Il y beaucoup à faire en matière d'aide à l’emploi, de formation professionnelle       <br />
       <span style="font-style:italic">       <br />
       Sur le Mali</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li>Brillante opération militaire qui part d'une décision rapide et justifiée du Président de la République. La situation politique est plus compliquée.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Le fait que la France soit membre du Conseil de sécurité de l'ONU a facilité la mise sur pied d'une solution qui peut stabiliser le Mali : ce qu'on appelle la Minusma.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la Syrie</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je suis de ceux qui ont suggéré à François Hollande et Laurent Fabius de s'appuyer plutôt sur les intermédiaires       
       </li></ul><ul class="list"><li>Concernant la Russie, il faut arriver à une solution avec elle.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Il-faut-une-grande-vue-d-homme-d-Etat-pour-sortir-la-France-de-la-nasse_a1489.html</link>
  </item>

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   <title>Sommet Merkel-Sarkozy-Monti: Chevènement dénonce une dérive "disciplinaire"</title>
   <pubDate>Thu, 24 Nov 2011 16:18:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, jeudi 24 novembre 2011, 16h03.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3471150-4995817.jpg?v=1322147810" alt="Sommet Merkel-Sarkozy-Monti: Chevènement dénonce une dérive "disciplinaire"" title="Sommet Merkel-Sarkozy-Monti: Chevènement dénonce une dérive "disciplinaire"" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, candidat à la présidentielle française, a dénoncé jeudi dans le sommet Allemagne-France-Italie à Strasbourg la manifestation que l'Europe entrait dans un &quot;espace disciplinaire&quot;.       <br />
              <br />
       Le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le nouveau chef du gouvernement italien Mario Monti &quot;vont aborder la question du fédéralisme budgétaire purement coercitif, avec plafond de ressources, plancher de recettes, avertissements, amendes, traduction devant la cour de justice&quot;, a dit M. Chevènement à la presse lors d'une visite à Toulouse.       <br />
              <br />
       &quot;Personnellement, je combattrai cette conception d'un fédéralisme qui n'a rien de redistributeur, qui est un fédéralisme qui débouche sur un espace disciplinaire&quot;, a-t-il ajouté.       <br />
              <br />
       M. Monti n'est en fait qu'un &quot;gouverneur&quot; que &quot;M. Sarkozy et Mme Merkel se proposaient même d'aller installer&quot;, a dit M. Chevènement.       <br />
              <br />
       &quot;Nous entrons dans un espace disciplinaire (..) où notre budget est fait à Bruxelles&quot;, a-t-il dit, en posant la question: &quot;Qu'est-ce que c'est qu'une démocratie où le Parlement ne vote plus le budget?&quot;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Sommet-Merkel-Sarkozy-Monti-Chevenement-denonce-une-derive-disciplinaire_a1280.html</link>
  </item>

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   <title>"Il y a un rejet des élites financières. Vous appelez ça populisme, moi je l'appelle réaction populaire"</title>
   <pubDate>Tue, 22 Nov 2011 23:49:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Mardi Politique sur RFI, mardi 22 novembre 2011. Il répondait aux questions de Clarisse Vernhes (RFI), Roselyne Febvre (France 24), Acacio Pereira (20 Minutes) et Saïd Mahrane (Le Point)     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3463371-4984606.jpg?v=1322000485" alt=""Il y a un rejet des élites financières. Vous appelez ça populisme, moi je l'appelle réaction populaire"" title=""Il y a un rejet des élites financières. Vous appelez ça populisme, moi je l'appelle réaction populaire"" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de Danielle Mitterrand</span> : je ressens de l'émotion. Je salue une femme résistante, une femme libre qui, à la tête de sa fondation France Libertés, agissait pour les causes qu'elle croyait justes.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Elle ne se situait pas sur un plan politique. Elle se situait sur le plan des grandes causes humaines       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense que le candidat socialiste a trébuché tout seul. En 2002, j'ai dit des choses qui paraissent évidentes aujourd'hui : j'ai dénoncé la dictature des marchés financiers, j'ai proposé l'extension des missions de la BCE, j'ai demandé une politique industrielle, j'ai marqué des repères fermes sur l’École.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Est-ce que mes idées sont de trop ? Est-ce que d'autres les soutiennent avec autant de fermeté, de cohérence, de continuité ? D'autres sont-ils aussi légitimes que moi pour poser le problème de la monnaie unique, que j'ai combattue dès le départ avec le Traité de Maastricht alors que toutes nos élites de gauche et droite s'en portaient garantes ?</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>L'industrie est la base de tout et je vois la désindustrialisation depuis 1982.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut changer les règles de l'euro mais il faut surtout que ce soit une monnaie moins chère.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut permettre le &quot;quantitative easing&quot; qui pourrait permettre de financier un plan d'investissement à l’échelle européenne. Aujourd'hui la BCE est la seule Banque centrale à se priver de ce privilège       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut aussi qu'il y ait un gouvernement économique pour coordonner tout cela.       
       </li></ul><ul class="list"><li>On a dit beaucoup de bêtises, notamment que si les allemands avaient peur de l'inflation, c'était à cause du nazisme. Le nazisme n'a pas résulté de l'inflation mais de la déflation. Si aujourd'hui les Allemands ont peur de l'inflation c'est parce qu'on leur a confisqué leur épargne en 1948.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La France a de grand groupes mais ils font leur chiffre d'affaire à l’étranger. Il faudrait qu'ils se soucient davantage de leurs sous-traitants : les PME, PMI.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je suis un homme de gouvernement sérieux, responsable, ce que ne sont pas les autres. Les français qui m'ont connu dans différents ministères ont gardé un certain souvenir de l'action que j'ai menée. Ils savent que je me détermine en homme d’État, notamment sur l'euro.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Faire appel aux fonds chinois pour soutenir le FESF est une hérésie. Nous avons avec la Chine quelques contentieux. Les conditions d'une concurrence loyale avec la Chine sont loin d'être réunies. Elle aspire à être reconnue comme une pleine économie de marché, ce qu'elle n'est pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ressens une véritable angoisse pour l'avenir de la France, pour les générations futures. Je me dis que nous n'avons pas le droit de leur laisser un pays à la dérive.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense que ceux qui ont enterré la Nation l'ont fait trop vite.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut construire une Europe réaliste, confédérale, à géométrie variable et qui soit un pôle dans un monde multipolaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos du vote Front National</span> : Certains français se laissent aller à des réactions de colère qui les mènent dans l'impasse.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ne crois pas qu'on va pouvoir amener l'Allemagne autrement que dans une période de crise profonde à changer son point de vue. Elle est arc-boutée sur une orthodoxie monétariste à courte vue.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Malheureusement nous sommes aujourd'hui dans un alignement de la France sur l'Allemagne. Nous devons dialoguer mais ne pas nier que nous avons des divergences sur les questions monétaires et économiques, sur le nucléaire. Discutons !       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ce que nous appelons fédéralisme aujourd'hui c'est la fin de la démocratie. On nomme des gouverneurs à Rome ou Athènes.       
       </li></ul><ul class="list"><li>M. Zapatero est l'exemple d'un socialisme imbécile. Je ne l'ai jamais entendu définir une autre perspective que la rigueur.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'espère que la France échappera à un nouveau plan de rigueur. Je ne pense pas qu'il faille se placer dans cette optique étroitement budgétaire. Le triple A de M. Sarkozy, c'est triple zéro. M. Hollande doit faire l'effort de sortir de cette logique sarkozienne. Il faut se remettre dans une logique de dynamique, de croissance.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Si je suis candidat, malgré tous les inconvénients que je devinais, c'est tout simplement par patriotisme.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il n'y a que des oui-ouistes dans l'état major de François Hollande. Il n'y a que des Maastrichtiens là dedans.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de l'accord PS-EELV</span> : Je pourrais faire la liste de tout ce qui, dans cet accord, me hérisse le poil. Je regrette que le Parti Socialiste accepte de se mettre dans le main de cette organisation. C'est le syndrome de Stockholm.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il est temps de redresser la barre. Cet accord n'était pas opportun. Je souhaite qu'il y ait une gauche sérieuse, solide, responsable, républicaine, à la hauteur des défis sur tous les sujets. La France sera dans une crise grave.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ne crois pas qu'on puisse parler de droitisation. Les peuples sanctionnent l'incapacité, l'impuissance de leurs dirigeants, l'absence de démocratie réelle et le fait que nos orientations soient choisies par la BCE, la Commission.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a un rejet des élites financières. Vous appelez ça populisme, moi je l'appelle réaction populaire. Peut-on faire confiance à ceux qui nous ont fourvoyés pour nous sortir de l'ornière ?       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut se séparer du social-libéralisme pour aller vers un socialisme républicain, une gauche républicaine.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de la situation en Égypte</span> : Je ne pense pas qu'on puisse aller vers la démocratie avec un régime militaire. Je sais très bien que la démocratie est un processus et qu'elle implique un esprit de responsabilité.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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 	<itunes:subtitle><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Mardi Politique sur RFI, mardi 22 novembre 2011. Il répondait aux questions de Clarisse Vernhes (RFI), Roselyne Febvre (France 24), Acacio Pereira (20 Minutes) et Saïd Mahrane (Le Point)]]></itunes:subtitle>
 	<itunes:summary><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Mardi Politique sur RFI, mardi 22 novembre 2011. Il répondait aux questions de Clarisse Vernhes (RFI), Roselyne Febvre (France 24), Acacio Pereira (20 Minutes) et Saïd Mahrane (Le Point)]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
   <link>https://www.chevenement.fr/Il-y-a-un-rejet-des-elites-financieres-Vous-appelez-ca-populisme-moi-je-l-appelle-reaction-populaire_a1278.html</link>
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   <title>Crise de l'euro: la fin de la France ?</title>
   <pubDate>Wed, 16 Nov 2011 08:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans Les Echos, mercredi 16 novembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3436823-4945531.jpg?v=1321428130" alt="Crise de l'euro: la fin de la France ?" title="Crise de l'euro: la fin de la France ?" />
     </div>
     <div>
      Le sort de la monnaie unique se joue en Italie. Ce pays doit lever 300 milliards d'euros en 2012 à un taux qui dépasse 6 %. Intenable.       <br />
              <br />
       Le remplacement d'hommes politiques élus par des technocrates européens non élus, MM. Monti en Italie comme Papadémos en Grèce (à quand M. Trichet à Matignon ?) ne réglera rien.       <br />
              <br />
       En effet, les ressources disponibles du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), soit 250 milliards d'euros, sont radicalement insuffisantes pour faire face à la montagne de dettes des pays « sous tension » (plus de 3.000 milliards d'euros) et particulièrement au risque d'un défaut italien.       <br />
              <br />
       Le fameux « effet de levier » évoqué par le sommet européen de Bruxelles du 24 octobre 2011 pour multiplier les ressources du FESF par cinq a fait long feu : le « véhicule spécial » qui devait embarquer des « émergents » (Chine, Brésil, etc.) pour venir au secours de la monnaie unique est rentré vide du sommet du G20 à Cannes.       <br />
              <br />
       Après l'Italie, la France est en première ligne, compte tenu de la forte exposition des banques françaises dans la péninsule.       <br />
              <br />
       Le gouvernement français a fait une proposition intéressante : transformer le FESF en banque, pour l'adosser aux ressources théoriquement illimitées de la Banque centrale européenne. C'eût été le seul moyen de casser la spéculation pour, ensuite, relancer la croissance sur notre continent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Devant le refus allemand, la proposition française a été malheureusement retirée. Ceux qui nous parlent de « saut fédéral » nous dissimulent qu'il débouche sur un espace disciplinaire et une mise sous tutelle que les peuples n'accepteront pas, car les technocrates européens ne pourront pas supprimer les élections En fait, nul ne veut voir que le vice constitutif de la monnaie unique est d'avoir méconnu les réalités nationales : on ne peut pas transférer la souveraineté monétaire de dix-sept pays si différents par leurs structures économiques, politiques et mentales à une Banque centrale indépendante calquée sur le modèle de la Bundesbank allemande. Là est le péché contre l'esprit. Et tant qu'on n'aura pas pris en compte les réalités nationales on ne résoudra pas durablement la crise de l'euro.       <br />
              <br />
       Il n'y a aujourd'hui que deux chemins : soit on change l'architecture de la monnaie unique en étendant les prérogatives de la Banque centrale, soit on essaie de rectifier l'erreur initiale en revenant à l'idée de monnaie commune autrefois prônée par Pierre Bérégovoy.       <br />
              <br />
       Si la position du gouvernement allemand sur le rôle de la Banque centrale demeure inchangée, nous allons vers une dissociation de la zone euro à laquelle il vaudrait mieux se préparer pour en limiter les effets négatifs et ainsi préserver l'unité du marché européen. C'est le sens de la proposition que j'ai faite d'une mutation de l'euro de monnaie unique en monnaie commune. L'euro redeviendrait ce qu'était l'ECU, c'est-à-dire un panier de monnaies nationales dont les parités seraient périodiquement négociées pour tenir compte des écarts de compétitivité entre les pays. L'euro resterait la monnaie de transaction pour les échanges extérieurs. Les monnaies nationales seraient réservées aux échanges internes. Ainsi, un pôle européen respectueux des nations prendrait forme entre les Etats-Unis et la Chine. Le cours de l'euro serait fixé par les marchés. Il serait sans doute moins surévalué qu'aujourd'hui : cela redonnerait de l'air à la croissance et à l'investissement en Europe.       <br />
              <br />
       Le risque majeur pour la France, si l'Italie et l'Espagne devaient reprendre leur liberté monétaire, serait de rester collée à l'Allemagne dans une petite zone euro réduite à un noyau dur - Allemagne, Benelux, Autriche, France, comme le proposaient, en 1994, MM. Schäuble et Lammers.       <br />
              <br />
       Ce qui reste de l'industrie française ne résisterait pas à une nouvelle surévaluation de l'euro, conjuguée avec la dévaluation compétitive des pays du Sud. Or, malheureusement, les discours du président de la République (<span style="font-style:italic">« il faut en tout point imiter l'Allemagne »</span>) aussi bien que le tropisme des européistes benêts au sein du Parti socialiste nous enfermeraient dans ce cul-de-sac historique : la France, ayant abandonné sa base productive, deviendrait un parc d'attractions à l'extrémité du continent eurasiatique, où viendraient se reposer des guerriers économiques fatigués, allemands, chinois, japonais, américains, etc. Elle sortirait de l'Histoire. Je demande fermement que les candidats qui ambitionnent d'exercer la plus haute charge de l'Etat refusent clairement la perspective de cette petite zone euro qui serait tout simplement la fin de la France.        <br />
              <br />
       -----       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/0201744487344-crise-de-l-euro-la-fin-de-la-france-249727.php">LesEchos.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3436823-4945531.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Crise-de-l-euro-la-fin-de-la-France_a1267.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Une France sans usines, c'est la fin de la France: il nous faut un euro moins cher!"</title>
   <pubDate>Sun, 13 Nov 2011 22:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Radio France Politique, dimanche 13 octobre 2011. Il répondait aux questions de Jean-François Achilli, Marie-Eve Malouines, Hubert Huertas et Benoît Bouscarel. L'émission est podcastée ci-dessous.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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</object >
     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
       <ul class="list"><li>La tâche de François Hollande est difficile car non seulement il doit rassembler la gauche et au delà mais surtout car il doit remonter une pente : il a soutenu le traité  de Maastricht, le projet de Constitution européenne, le traité de Lisbonne. Il faut qu'il se rende compte que la crise de la monnaie unique procède de la monnaie unique elle même.       
       </li></ul><ul class="list"><li>François Hollande est un homme intelligent, habile. On peut espérer qu'il se mettra à la hauteur de la fonction à laquelle il est candidat.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'observe que sur les travaux de l'EPR de Flamanville, François Hollande a tenu des propos clairs. Je pense qu'en restant ferme il acquiert quelque chose qui le rapproche d'une stature de présidentiable.       
       </li></ul><ul class="list"><li>On voit que le capitalisme financier dans sa crise s'attaque maintenant aux États à travers les dettes souveraines, ce qui aboutit à une explosion des taux d'intérêts. L’Italie emprunte à 7%, c'est incroyable !       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le nucléaire est un atout de premier ordre pour l'industrie française. C'est un secteur public qui procure 140 000 emplois.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nous n'avons pas investi ds le nucléaire 500 milliards depuis un demi-siècle pour le voir partir en fumée, alors que nous sommes face à une crise sans précédent.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>Concernant le nucléaire, nous sommes face à un conflit de culture. C'est pour cela qu'aucune synthèse n'est possible. Vous avez une culture cartésienne, rationaliste et de l'autre côté une culture de la peur.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Une France sans usines, c'est la fin de la France. Je suis donc engagé pour un euro moins cher.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le 21 avril 2002 est un extincteur du débat. Qui a fait le lit du FN ? Qui a fait la campagne du candidat socialiste ? C'est lui, pas moi. Nous n'étions pas sur la même ligne.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Tous les socialistes ne m'en veulent pas. Certains ont compris ce qui s'était passé et ont fait leur autocritique. D'autres ne l'ont pas faite ce qui fait qu'ils cherchent à régler des comptes. Il s'agit d'étouffer ma voix.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Cette polémique sur mon logement m'inspire beaucoup de mépris. Elle date de 2008. Ma situation est parfaitement légale. Mon logement n'est pas un logement social. Mon loyer représente plus du quart de mon indemnité parlementaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le but de cette campagne insidieuse est clairement politique. Je ne vais pas vous dire quelle tendance politique est à la mairie de Paris et instrumente cette affaire. Il est trop facile de vouloir régler des comptes alors que le souci de tout homme de gauche devrait être de la mettre à la hauteur.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J’espère que les français entendront mon message qui se décline en 4 repères: 1/ une monnaie moins chère pour réindustrialiser le pays, 2/ la croissance plutôt que la stagnation en Europe, 3/ la souveraineté budgétaire et fiscale, 4/ une Europe réaliste, confédérale, à géométrie variable.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Luc Melenchon a des accents justes mais ce n'est pas tout à fait le même ton que moi       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je propose un plan A qui consiste à mettre un moteur dans la zone euro pour sauver la monnaie unique, si faire se peut, par l'adossement du FESF à la BCE. Si les Allemands refusent, le plan B s'imposera : une mutation de l'euro de monnaie unique en monnaie commune.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je veux que notre pays retrouve une base productive solide sans laquelle il n'y a pas protection sociale, pas d'emploi, pas d'avenir pour la jeunesse.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos du mariage homosexuel</span> : j'ai été à l'origine d'un projet de loi sur le contrat d'union civil. Le PACS est intervenu peu de temps après. Cependant, je ne vois pas en quoi, du point de vue des enfants, le mariage apporterait quelque chose.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La gauche finit par oublier les préoccupations des couches populaires en mettant en avant des thèmes de type sociétal. C'est une conversion qui correspond à un changement d’électorat. Je ne pense pas qu'il faille aller trop loin dans ce sens.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Le plan de secours aux banques en 2008 aurait dû déboucher sur une prise de contrôle du secteur bancaire. On a laissé se réinstaller les mauvaises habitudes. Voilà les banques à nouveau en difficulté et on va encore nous demander de venir à leur secours. Je voudrais qu'on ne fasse pas les mêmes erreurs.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nicolas Sarkozy a un horizon très limité : le triple A, un fédéralisme purement coercitif. Ça ne tient pas la route.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ce qui me paraît être le problème fondamental de la France aujourd'hui c'est la sortie de crise : dans quel état allons nous sortir de la crise ? Est-ce que ce sera encore un accélérateur du déclin de la France ?       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'aurais préféré que M. Silvio Berlusconi parte suite à des élections législatives plutôt que sous pression des marchés et de la pression insistante de Mme Merkel et M. Sarkozy. Le principe de non ingérence doit s'imposer en particulier aux pays européens       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a des courants qui se développent et pensent que mes analyses étaient bonnes : Jean-Luc Melenchon, Arnaud Montebourg. Peut-être que ces courants se rassembleront et peut-être influeront sur le Parti Socialiste pour l'amener, à la faveur des événements, à une ligne plus réaliste       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Sur sa candidature</span> : Vous connaissez mes convictions. Elles sont fortes. J'ai souvent montré que j'étais capable de les défendre jusqu'au bout.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ne suis pas favorable au retour de l'uniforme à l'école. Cela avait du bon quand cela existait mais on ne peut pas aller à ce point en arrière. Je suis en revanche pour l'interdiction des portables en cours.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je fais des propositions responsables. Je définis un plan A pour la monnaie unique et un plan B. Je tiens un discours que peut se traduire dans la réalité.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Une-France-sans-usines-c-est-la-fin-de-la-France-il-nous-faut-un-euro-moins-cher_a1260.html</link>
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   <title>Le rôle de la culture dans la construction de l’Europe</title>
   <pubDate>Wed, 14 Nov 2007 20:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement à l’Institut italien pour les études philosophiques de Naples le 10 novembre 2007     <div>
      Messieurs les Présidents,        <br />
       Mme et Messieurs les Recteurs et les Professeurs,        <br />
       Mesdames, Messieurs,       <br />
              <br />
       Je remercie l’Institut des Etudes philosophiques de Naples et d’abord son Président-fondateur, l’Avvocato Gerardo Marotta, de m’avoir invité à m’exprimer devant ce public éminent, sur le thème du rôle de la culture dans la construction de l’Europe.       <br />
              <br />
       On a fait dire à Jean Monnet que, si l’Europe était à refaire, il faudrait commencer par la culture. Ce mot est apocryphe. Il n’a jamais été prononcé et pour cause : la méthode de Jean Monnet était de partir de l’économie et de créer, par une méthode dite des « petits pas », une série de « faits accomplis » successifs : marché commun d’abord du charbon et de l’acier, puis généralisé, passage de l’union douanière à l’intégration économique, puis de celle-ci à l’intégration monétaire, et enfin de cette dernière à l’unité politique.       <br />
              <br />
       On sait que les choses ne se sont pas passées ainsi. La création de la monnaie unique n’a pas débouché sur l’unité politique au sein d’une Fédération, comme Jean Monnet, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi et Robert Schumann le souhaitaient : l’intégration économique ne crée pas un sentiment d’appartenance. L’Europe reste faite de plus d’une trentaine de nations qui n’entendent pas disparaître. Le mot attribué faussement à Jean Monnet est plus qu’un vain regret : un constat d’impuissance car il n’indique aucun mode d’emploi pour créer un sentiment commun d’appartenance, bref une identité politique. L’idée d’un « patriotisme constitutionnel » développé par Jürgen Habermas ne peut concerner que l’élite restreinte qui peut se reconnaître dans des principes généraux de droit, inévitablement très abstraits. Les peuples ne peuvent adhérer à ces principes qu’à travers la démocratie qui vit dans les nations. Or il n’y a pas de nation européenne, même s’il existe une culture européenne. L’expérience de l’Histoire enseigne seulement qu’une identité politique se crée par rapport à une autre identité, perçue comme plus ou moins menaçante. La question mérite d’être posée de savoir s’il est souhaitable de créer une telle identité européenne et dans quelle conjoncture historique elle pourrait l’être, bref quelles sont les tâches de l’Esprit européen aujourd’hui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>I – Où en est l’idée européenne ?</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A) Accomplissements</span>       <br />
              <br />
       La construction européenne a certes permis –ou en tout cas n’a pas empêché- la réalisation de multiples accomplissements depuis un demi-siècle, date de la signature du traité de Rome, en 1957.       <br />
              <br />
       D’abord la reconstruction de l’Europe occidentale qui avait précédé le marché commun mais que celui-ci poursuivit, l’Europe atteignant en 1974 un niveau économique égal à celui des Etats-Unis.        <br />
              <br />
       Ensuite l’extension de la Communauté européenne aux pays de l’Europe du Sud à peine sortis de régimes dictatoriaux : Grèce - Espagne - Portugal, leur offrant un rattrapage inespéré.        <br />
              <br />
       Enfin l’élargissement aux pays d’Europe centrale et orientale, surgis des décombres du communisme, élargissement qui leur a ouvert un horizon de prospérité et de démocratie partagées.        <br />
              <br />
       La chute du mur de Berlin et l’effondrement pacifique du communisme ont été une victoire de l’esprit européen et des valeurs universelles qu’il symbolise et auxquelles s’étaient ralliés les dirigeants soviétiques de l’époque, particulièrement Mikhaïl Gorbatchev. Cet effondrement pacifique a clos ce que l’historien britannique Hobsbawm a appelé « le court vingtième siècle, l’âge des Extrêmes » mais elle ne signifie pas la fin de l’Histoire.       <br />
              <br />
       Depuis un demi-siècle, l’Europe, et particulièrement l’Allemagne, ont également intégré la mémoire de la Shoah dans leur conscience historique, sans qu’on puisse dire que ce travail de mémoire soit achevé, parce qu’il interroge, à travers l’antisémitisme chrétien, les fondements mêmes de la conscience européenne depuis le Haut-Moyen-Age, parce qu’ensuite il met en lumière la réaction violente portée aux idées de 1789 et à la montée du socialisme, portée par le racialisme et les nationalismes ethniques de la fin du XIXe siècle, et enfin parce qu’il met en cause la responsabilité des différentes nations européennes, qui ont plus ou moins laissé s’accomplir le génocide hitlérien, à commencer bien sûr par l’Allemagne et les spécificités de son Histoire.        <br />
              <br />
       La stigmatisation de la lâcheté d’une part des élites européennes ne saurait pour autant signifier la dissolution des nations frappées d’un discrédit par amalgame. Car la nation républicaine, communauté de citoyens, n’est pas la nation ethnique. Elle en est l’antithèse et à bien des égards l’antidote. Cette distinction est évidemment essentielle : la nation ne doit pas être confondue avec le nationalisme qui en est la perversion.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B) Déclin</span>       <br />
              <br />
       Si l’Europe, ravagée par deux guerres mondiales, a donc opéré depuis un demi-siècle un rétablissement spectaculaire, on peut se demander si, dans l’histoire longue, elle n’a pas amorcé un déclin qui la conduirait, après cinq siècles d’hégémonie mondiale, à l’effacement. Depuis le quattrocento italien, avec l’éclosion de la Renaissance dans les villes italiennes, Venise, Gêne et Florence notamment, la suprématie de l’Europe dans le monde a été portée par ses nations : l’Espagne au seizième siècle, la France au dix-septième et dix-huitième siècles, l’Angleterre jusqu’en 1914. Avec les deux guerres mondiales, l’hégémonie passe définitivement de l’Europe aux Etats-Unis. La décolonisation met fin ensuite aux Empires coloniaux de la Grande-Bretagne, de la France, de la Hollande, de la Belgique et du Portugal.       <br />
              <br />
       Plus profondément l’implosion démographique (le taux de fécondité est de 1,45 en moyenne en Europe alors qu’il faut 2,1 pour assurer le renouvellement des générations) laisse prévoir une régression forte de l’Europe dans le monde. La population des « Douze » est passée de 9,8 % de la population mondiale en 1960 à moins de 6 % aujourd’hui, et 4,2 % en 2020. La population de l’ensemble de l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural, soit 650 millions d’habitants (10 % de la population mondiale) régresse parallèlement. L’Europe, à l’échelle du monde, se rétrécit comme peau de chagrin. Cette stagnation démographique ne rend pas plus facile l’intégration des immigrés, bien au contraire.        <br />
              <br />
       Au plan économique, la croissance européenne depuis 1974, à la suite des chocs pétroliers et des nouvelles règles du jeu monétaires imposées par les Etats-Unis après la fin du système de Bretton Woods, a diminué de moitié en rythme annuel. Dans la globalisation économique, la montée des pays émergents à bas coûts salariaux, entraîne une délocalisation massive de la production de l’Europe, principalement vers l’Asie.        <br />
              <br />
       A l’échelle mondiale, la zone euro connaît ainsi la croissance la plus faible. L’effort de recherche stagne par rapport à l’envol des Etats-Unis, du Japon, et bientôt de la Chine. En matière de politique extérieure, l’Europe est dans l’étroite dépendance des Etats-Unis, ce qui complique sa relation aussi bien avec la Russie qu’avec le monde musulman. Or, l’Europe peut-elle être l’Europe sans la Russie et sans la Méditerranée ? Cet effacement programmé de l’Europe peut-il être conjuré ?       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Y a-t-il une réponse dans la philosophie ?</b>       <br />
              <br />
       Ce n’est pas parce que je parle à l’Institut Italien pour les Etudes Philosophiques de Naples que je vous ferai cette réponse : l’Europe ne peut se sauver, selon moi, que par une réforme intellectuelle et morale et d’abord dans les concepts.       <br />
              <br />
       Cette réforme est nécessaire :       <br />
              <br />
       -	d’abord à la réaffirmation de l’Europe comme actrice de son destin ;       <br />
       -	ensuite à l’expression d’une raison laïque accordée aux exigences de notre temps.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A) Les deux défis posés à l’Europe pour qu’elle retrouve une fonction médiatrice dans le monde</span>.       <br />
              <br />
       1.	Le premier défi n’est pas celui du Sud ou plus précisément celui de l’intégrisme islamique qui est d’abord un phénomène de réaction à la globalisation. Le vrai défi est celui de la globalisation elle-même, c’est-à-dire d’une organisation plus rationnelle ou moins irrationnelle du monde. Sans être un expert, on peut dire que l’économie mondiale marche sur la tête : les Etats-Unis, en proie au déficit et à l’endettement, drainent 80 % de l’épargne mondiale, particulièrement celle de pays pauvres ou émergents, pour financer leur hégémonie. Ce modèle de développement n’est pas « soutenable ».       <br />
              <br />
       Le principal obstacle à la Raison est aujourd’hui l’incapacité des Etats-Unis et d’ailleurs aussi la nôtre, de penser un monde qu’ils ne domineraient pas eux-mêmes, seuls et directement. Le vrai problème, non seulement pour les Etats-Unis mais pour le monde entier, est de penser la fin inévitable de l’Empire américain, confrontés, comme l’avait reconnu dès 1987 l’historien américain. Paul Kennedy, dans <span style="font-style:italic">Rise and Fall of the great nations</span>, à la <span style="font-style:italic">« surextension de sa puissance »</span>, c’est-à-dire à l’insuffisance de ses moyens pour faire face à des engagements multipliés à l’excès, comme on le voit aussi bien avec la crise du dollar qu’avec l’enlisement militaire au Moyen-Orient. Comment penser une transition assumée en commun, de l’unilatéralisme vers un monde multipolaire, où l’Europe serait évidemment alliée des Etats-Unis mais ne serait pas leur vassale ?       <br />
              <br />
       Les Etats-Unis resteront, en effet, quoi qu’il arrive, une nation incontournable mais l’Europe peut, de par son histoire et son imbrication avec d’autres continents, jouer un rôle de médiatrice entre les cultures, au service de la paix dans le monde, bref redevenir un acteur mondial.       <br />
              <br />
       2.	Le deuxième défi est celui de l’hyperindividualisme porté par une société qui a perdu le sens du collectif à force de proclamer les droits de l’Homme, en oubliant ceux du citoyen. La proclamation en toutes circonstances de droits illimités aboutit à des exigences elles-mêmes illimitées et insusceptibles d’être satisfaites. Il n’existe plus de principe de réalité dans des sociétés qui ont oublié que les droits de l’Homme proclamés en 1789 étaient aussi ceux du Citoyen. Or, l’exercice de la citoyenneté est ce qui permet de définir le bien commun, c’est-à-dire des priorités et des règles. Telle est la définition classique de la République au sens étymologique du terme : la <span style="font-style:italic">res publica</span>. L’exercice de la citoyenneté implique donc le civisme, c’est-à-dire le sens de la responsabilité des citoyens vis-à-vis de la cité à laquelle ils appartiennent. On comprend bien que le civisme ne va pas sans un patriotisme raisonnable, car « la citoyenneté ne va pas sans abnégation », selon un mot que j’emprunte à l’historien français Claude Nicolet.       <br />
              <br />
       Ce sentiment d’appartenance à une entité politique historiquement constituée est évidemment fondamental, si on veut aider nos sociétés à dominer l’hyperindividualisme qui les caractérise en tant que sociétés de droits potentiellement illimités, sans la contrepartie de devoirs équivalents. Les cités de l’Antiquité ou de la Renaissance italienne ont été remplacées, à l’époque contemporaine, par les nations mais on ne voit pas que les nations aient été nulle part remplacées dans le monde, qu’on pense aux Etats-Unis, à la Chine, au Japon, au Brésil, à la Turquie ou à l’Iran. Même en Europe l’idée d’un « patriotisme constitutionnel » se substituant aux patriotismes nationaux a fait long feu, comme on l’a vu avec l’échec du projet de Constitution européenne.        <br />
              <br />
       Il y a un bon usage à rechercher des nations européennes et de la diversité nationale de l’Europe, car c’est à partir des nations qu’on peut retrouver une citoyenneté à la fois nationale et européenne efficace, et que les peuples européens peuvent redevenir ensemble, à l’échelle mondiale, des acteurs conscients de leur histoire. Il ne faut donc pas s’enfermer dans l’opposition factice entre droits de l’homme abstraits et nations démonisées, car confondues avec la conception ethnique, évidemment source de dérives nationalistes. Il faut concevoir une Europe de nations citoyennes.        <br />
              <br />
       A cet égard la diversité de l’Europe est un atout plus qu’un handicap pour réapprendre ce qu’est l’esprit de la Cité. Il serait d’abord absurde de vouloir nier la spécificité des nations qui ont été le cadre de l’épanouissement des libertés et de la démocratie en Europe. La démocratie moderne doit beaucoup à l’héritage des cités italiennes, à l’<span style="font-style:italic">Habeas corpus</span> britannique, à la Révolution française, aux libertés précocement conquises par les cantons suisses et par les Pays Bas. Ne cherchons pas à gommer la spécificité des peuples qui s’enracinent dans la diversité des héritages culturels : langues et religions, chaque nation ayant conquis, au long des siècles, sa propre forme de démocratie et de citoyenneté. C’est en effet la citoyenneté qui permet de contenir les ethnicismes, les revendications  particularistes, les communautarismes et surtout, enfin, d’intégrer les immigrés.       <br />
              <br />
       La nation reste le cadre de la démocratie et le lieu de la solidarité. La diversité de l’Europe – plus de cinquante peuples, si on inclut la Russie – est une chance, si cette diversité n’empêche pas les convergences nécessaires pour l’établissement d’une République européenne, à partir des nations définies comme « communautés de citoyens ». On ne gagnerait rien à arraser les spécificités nationales pour créer  un « peuple européen » artificiel. Les vieilles nations européennes avec le rayonnement mondial de leurs langues, de leur patrimoine et de leurs cultures, et avec leurs prolongements ultramarins sur d’autres continents pèsent plus que l’agrégat qu’elles constitueraient ensemble sous l’égide d’un fédérateur extérieur. Surtout il serait vain, comme je crois l’avoir montré, de vouloir créer un civisme européen qui ne s’inscrirait pas dans le prolongement des civismes nationaux. Seules les nations fournissent aujourd’hui le cadre opératoire d’un civisme réellement efficient. Le défi aujourd’hui est d’assurer la convergence de ces prises de conscience. Le dialogue des nations européennes est à cet égard incontournable. On peut cependant penser que les prises de conscience se feront de façon décalée et progressive. L’Avvocato Gerardo Marotta invite les philosophes à se tourner vers les sciences. La biologie montre que les organismes vivants progressent toujours par différenciation. L’avenir de la construction européenne est bien évidemment dans la géométrie variable, dans la constitution de cercles concentriques à partir des nations et de la volonté démocratiquement exprimée par elles, le premier cercle étant naturellement constitué à mes yeux par la zone euro, un ensemble de 300 millions d’habitants, soit autant que les Etats-Unis, ensemble dont la colonne vertébrale va de l’Italie vers les Flandres, la voie de communication européenne par excellence depuis le Moyen-Age. C’est à cette échelle que les nations de la vieille Europe peuvent réapprendre ce qu’est l’esprit de la cité, sans laquelle il n’y a pas de liberté. L’Europe ne se fera pas contre les nations mais avec elles.       <br />
              <br />
       L’unité européenne est une réalité historique. C’est cette réalité culturelle en même temps que les solidarités nées de la géographie qui peuvent fonder les convergences nécessaires. Les nations européennes forment depuis des siècles un système de vases communicants, une véritable « République européenne » nourrie d’échanges culturels et intellectuels constants, et cela dès le Moyen Age, quand s’est constitué le réseau des monastères, des cathédrales et des Universités. C’est à partir de la Renaissance italienne que les idées des Lumières se sont peu à peu propagées à toute l’Europe. Machiavel, Giordano Bruno, Galilée, Bacon, Descartes, Spinoza, Locke, Montesquieu, Rousseau, Kant, Hegel, Marx, Freud, Gramsci, Croce, ce ne sont là que quelques-uns de ces grands esprits européens qui ont reculé les limites du monde et celles de notre compréhension.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B) Qu’a à dire l’Esprit européen aujourd’hui si on veut que l’Europe puisse retrouver une fonction médiatrice à l’échelle du monde ?</span>       <br />
              <br />
       L’identité culturelle de l’Europe procède évidemment du double héritage d’Athènes et de Jérusalem. L’universalisme est un idéal mais l’Europe qui y prétend, ne le réalise pas spontanément. L’Islam et plus encore les civilisations de l’Asie n’entrent pas aisément dans notre conception du monde. Parmi les sources de l’esprit européen, j’ai mis Athènes en premier parce que c’est bien évidemment à Athènes que nous devons l’idée de la liberté, non pas seulement politique mais aussi philosophique, l’esprit de la recherche, l’esprit de Prométhée. Là sont les racines de notre culture. Comme ancien ministre de l’Education Nationale, j’ai toujours regretté qu’on veuille mettre l’élève et la pédagogie au centre de l’Ecole et non pas le savoir et la culture. Notre avenir ne se fera pas sans un retour aux sources humanistes de notre culture qui sont d’abord dans la Grèce et dans Rome. Le « magister » n’est pas le « dominus » qui règne sur sa maison. Il est l’intercesseur entre le patrimoine du Savoir et l’élève. Comme la cité est antérieure aux citoyens auxquels elle a permis de conquérir leurs droits, de même le Savoir et le patrimoine de la Culture préexistent à l’élève et d’ailleurs aussi au professeur. C’est la conscience de cette antériorité qui fonde l’Ecole et sa capacité à transmettre.  C’est donc dans le Savoir et dans sa compétence propre que s’enracine l’autorité du « maître » (celui qui enseigne). C’est là la base de toute réforme intellectuelle et morale et d’abord d’une réforme de l’enseignement qui conditionne le reste, jusques et y compris la reconquête d’une liberté civique authentique.       <br />
              <br />
       La deuxième source de notre culture est à Jérusalem. C’est au judéo-christianisme que nous devons l’idée d’égalité, celle de tous les hommes égaux devant le Créateur, ainsi que l’idée de la conscience inséparable de l’idée du salut de l’âme individuelle, et enfin celle d’un temps fléché par l’annonce du Messie, et donc l’idée du progrès. Les lumières ont sécularisé cet héritage judéo-chrétien. Il serait absurde de vouloir aujourd’hui rejudaïser ou rechristianiser  des valeurs désormais laïcisées.       <br />
              <br />
       Athènes et Jérusalem constituent encore aujourd’hui deux fleuves distincts dans notre civilisation. Le supplice de Giordano Bruno, qui n’a pas voulu abjurer ce à quoi il croyait, le 17 février 1600, n’est pas si lointain. Bruno a affirmé ainsi un idéal très moderne : l’autonomie de la réflexion philosophique, nourrie de la recherche scientifique de son temps. Il l’a fait face aux dogmes qui, aujourd’hui comme hier, veulent s’imposer au mépris de la Raison.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">C) Actualité de la laïcité</span>       <br />
              <br />
       La laïcité me paraît donc être une valeur essentielle pour notre temps. L’Europe a été ravagée jadis par les guerres de religions. Ces guerres ne sont pas derrière nous.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">1.	La théorie de la « guerre des civilisations »</span> est aujourd’hui grosse d’affrontements meurtriers. Rien n’autorise à confondre l’Islam, le judaïsme ou le christianisme qui sont des religions avec leurs dérives fondamentalistes. Il faut aussi bien distinguer les religions, les cultures qui impliquent généralement une langue, et les civilisations.  La civilisation musulmane, par exemple, a connu son apogée il y a plus de dix siècles. L’Europe ne se résume plus à la Chrétienté. Le judaïsme enfin n’est pas la religion d’Eretz Israel. Vouloir réduire les affrontements qui se sont produits depuis 622 entre l’Europe et l’Orient à un conflit entre l’Islam et la Chrétienté est évidemment réducteur : conquêtes arabes, croisades, Reconquista espagnole, poussée de l’Empire ottoman, colonisations, guerres de libération balkaniques, décolonisation, conflit israélo-palestinien, guerre d’Afghanistan, terrorisme islamiste, guerres américaines au Moyen-Orient, ces différents épisodes ont leur spécificité et ne peuvent être inscrits dans la grille de lecture unique et prédéterminée d’un conflit de religions ou de civilisations. L’Histoire est autrement plus complexe. Elle a donné à voir aussi des alliances de revers et des périodes d’échange féconds et pacifiques. Cette vision fige l’Islam et la Chrétienté à un moment de leur évolution où la religion imposait sa domination à l’ensemble de la vie sociale. Elle fait l’impasse sur le mouvement de la sécularisation qui a d’abord touché l’Europe mais qui concerne aussi aujourd’hui les sociétés musulmanes. Elle concourt à figer l’autre dans une essence diabolisée. Cette conception du conflit des civilisations a remplacé comme par hasard la guerre froide après l’effondrement du communisme. Comme s’il était besoin de conserver un adversaire identifié au Mal (« l’Empire du mal », « l’axe du mal »).        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">2.	La spécificité européenne.</span> Toutes les sociétés n’accordent évidemment pas à la religion la même place : la religion imprègne plus fortement les sociétés musulmanes voire la société américaine que les sociétés européennes. Celles-ci sont davantage marquées par l’esprit du rationalisme laïque. Est-ce la marque d’un retard et d’une forme de « relativisme culturel » condamnable, comme l’affirment derrière le philosophe américain Allan Bloom, certains néo-conservateurs pour lesquels seule la guerre peut affirmer la supériorité d’un système de valeurs sur un autre ? Un discours analogue avait été tenu en Allemagne dans les années vingt par les théoriciens de la « Révolution conservatrice ». Ce rationalisme laïque de l’Europe contemporaine n’est-il pas plutôt la marque d’une retenue ou d’un sens de la mesure déjà illustré par les anciens Grecs – « Rien de trop » disaient-ils – retenue sans laquelle il n’y a ni dialogue ni échange possibles ?       <br />
              <br />
       Ainsi la dissolution du système soviétique a plus résulté d’un phénomène de décomposition idéologique que d’un redoublement de la guerre froide. Faut-il rappeler que les premiers efforts de désarmement, dont j’ai d’ailleurs été le témoin comme ministre de la Défense à cette époque, et les accords d’Helsinki en novembre 1989 précédèrent l’effondrement de l’URSS ? Nous étions alors en pleine « détente » ! C’est la crise de l’eschatologie communiste non seulement dans les masses mais au sein même de la nomenklatura qui a fait vaciller un système sclérosé et miné de contradictions nationales autant que sociales.       <br />
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       Les milieux néo conservateurs veulent substituer aujourd’hui le mythe du « fascislamisme » au mythe du communisme totalitaire. Mais cette vision manichéenne plaquée sur l’Islam fait bon marché des réalités et des contradictions dans lesquelles se débattent les sociétés musulmanes, affrontées à la globalisation.       <br />
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       Un système technique ne crée pas – nous l’avons vu – un sentiment d’appartenance. On ne peut pas plaquer du dehors un « progrès » qu’une culture ne se serait pas approprié par la voie de ses propres déterminations. Telle était la pensée de l’orientaliste français Jacques Berque. La culture est inévitablement le lieu d’une confrontation parce qu’elle est, ne serait-ce que par frottement et plus souvent par affrontement, « la forge de l’identité », comme l’a écrit le philosophe français Régis Debray.       <br />
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       Reste que ce qui apparaît depuis trois décennies comme le « retour du religieux » n’est peut-être qu’une « ruse de la Raison ». Le dialogue même implique entre ses partenaires un « différentiel ». L’Islam est multiple et les sociétés musulmanes du Maghreb à l’Iran sont engagées dans une profonde transition démographique, comme l’a montré le sociologue et démographe Emmanuel Todd. Cette transition démographique laisse entrevoir un avenir pacifié, car cette transition est elle-même révélatrice de profondes modifications socioculturelles, notamment les progrès de l’alphabétisation. Les sociétés musulmanes connaissent avec retard la même évolution que nos sociétés. L’Europe ne doit pas se laisser entraîner dans la soi-disant « guerre des civilisations » qui n’est que le masque pseudo religieux de rivalités géopolitiques et énergétiques bien réelles. C’est par excellence le travail qui incombe à l’esprit européen : nous aider à voir clair dans un monde où la religion et le sentiment de l’identité sont souvent instrumentés à des fins de domination.       <br />
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       Après deux guerres mondiales, l’Europe reste, à juste titre, éprise de paix. La majorité des peuples européens a été hostile à l’invasion de l’Irak en 2003. Nous devons résister aujourd’hui à la logique de guerre avec l’Iran. Il n’est pas non plus inévitable qu’une nouvelle guerre froide s’installe sur notre continent face à la Russie. Celle-ci connaît sans doute de graves problèmes intérieurs, mais nous ne devons pas chercher à la déstabiliser, car la Russie fait partie de l’Europe et elle est utile à l’Europe. La Raison à laquelle je fais appel n’est donc pas une raison abstraite. C’est une Raison concrète qui intègre toutes les dimensions économiques, sociales, culturelles, géopolitiques, scientifiques de l’actuelle globalisation.        <br />
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       On sait que la première globalisation, sous l’égide de la Grande-Bretagne, a débouché sur la première guerre mondiale. On peut dire avec le recul que l’esprit européen avait largement capitulé devant un certain irrationalisme.       <br />
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       Nous vivons aujourd’hui la seconde globalisation sous égide américaine. L’Europe a un rôle important à jouer car les Etats-Unis ne peuvent plus faire n’importe quoi comme en Irak. Ce n’est pas rendre service aux Etats-Unis de célébrer les « valeurs américaines » comme si elles étaient spontanément des valeurs universelles. Le retour au multilatéralisme dépend de la volonté européenne, de l’esprit public européen qu’il appartient à la philosophie de faire se lever.       <br />
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       Qu’est-ce donc que l’Esprit européen ? C’est l’esprit de liberté qui toujours nie les idées reçues. Cet esprit de liberté dressé contre les conformismes dominants est évidemment universel. Il ne saurait être confiné au petit cap européen même s’il appartient à l’Europe de reconquérir une citoyenneté efficace vis-à-vis d’elle-même comme vis-à-vis du reste du monde, en forgeant ce que le général de Gaulle appelait « une Europe européenne ». Cet esprit européen renaissant doit combattre partout les régressions fondamentalistes. Un néo-conservateur américain, Robert Kagan, a comparé, en 2003, l’Europe à Venus et l’Amérique à Mars. Je suggérerais plutôt pour l’Europe la figure d’Apollon, le Dieu de la Lumière car c’est d’abord de lumières que notre monde a besoin.
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   <link>https://www.chevenement.fr/Le-role-de-la-culture-dans-la-construction-de-l-Europe_a481.html</link>
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