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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Syrie: Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l'ingérence"</title>
   <pubDate>Wed, 15 Aug 2012 17:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, mercredi 15 août 2012, 17h03.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/4619204-6913207.jpg?v=1345045220" alt="Syrie: Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l'ingérence"" title="Syrie: Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l'ingérence"" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, a dénoncé mercredi les &quot;professionnels de l'ingérence&quot; qui poussent, selon lui, la France &quot;à intervenir militairement&quot; en Syrie, dans une déclaration à l'AFP.       <br />
              <br />
       &quot;La Syrie n'est ni la Tunisie ni l'Egypte. C'est un pays plongé dans une guerre civile inspirée et alimentée de l'extérieur&quot;, estime-t-il.       <br />
              <br />
       Selon l'ancien ministre de la Défense, &quot;des professionnels de l'ingérence poussent aujourd'hui la France à intervenir militairement, fusse par la seule voie aérienne, en violation de la légalité internationale et au côté de pays dont les ambitions et les intérêts ne sont pas les nôtres&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Le précédent libyen ne saurait être invoqué&quot;, déclare-t-il. La résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU de mars 2011 a, selon lui, &quot;été interprétée au-delà de son objectif proclamé -la protection des civils-, jusqu'à un changement de régime dont l'une des conséquences a été la déstabilisation du Mali&quot;.       <br />
              <br />
       M. Chevènement rappelle que le président François Hollande &quot;a plusieurs fois souligné que la France n'interviendrait pas en dehors d'un résolution du Conseil de sécurité des Nations-unies&quot;. &quot;La politique de la France repose sur des principes et aucune campagne d'opinion ne doit l'en faire dévier&quot;, affirme-t-il.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Selon le sénateur du territoire de Belfort, &quot;la politique de +changement de régime+ a été pratiquée en Irak&quot; par l'ancien président américain George Bush en 2003, mais &quot;elle ne saurait aujourd'hui recevoir la caution de la France&quot;.       <br />
              <br />
       Dans le quotidien Le Monde, l'écrivain et essayiste Bernard-Henri Lévy, en pointe lors de l'intervention occidentale en Libye en 2011, a notamment lancé mardi un appel à une action militaire aérienne en Syrie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Chevènement à propos de Chirac: "il n'est pas bon de ramener la politique aux affaires"</title>
   <pubDate>Sat, 31 Oct 2009 11:02:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, samedi 31 octobre 2009, 9h35.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1678389-2263311.jpg?v=1289480084" alt="Chevènement à propos de Chirac: "il n'est pas bon de ramener la politique aux affaires"" title="Chevènement à propos de Chirac: "il n'est pas bon de ramener la politique aux affaires"" />
     </div>
     <div>
      L'ancien ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement estime à propos du renvoi en correctionnelle de l'ancien président Jacques Chirac qu'il <span style="font-style:italic">&quot;n'est pas bon de ramener la politique aux affaires&quot;</span>.       <br />
              <br />
       <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-au-Talk-Orange-Le-Figaro-sur-Jacques-Chirac-l-identite-nationale-le-traite-de-Lisbonne-et-2012_a870.html">Invité du Talk Orange-Le Figaro</a>, M. Chevènement, président d'honneur du MRC, dit qu'il <span style="font-style:italic">&quot;ne se réjouit pas de cette nouvelle&quot;</span>.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Il restera comme un homme qui s'est opposé à Georges Bush au moment de l'invasion de l'Irak&quot;. &quot;Il fallait beaucoup de fermeté et de courage. Cela restera dans l'histoire. Par contre, cette affaire, quelle qu'en soit l'issue judiciaire, n'y restera pas&quot;</span>, ajoute-t-il.       <br />
              <br />
       Pour lui, <span style="font-style:italic">&quot;il n'est pas bon de ramener la politique aux affaires&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1678389-2263311.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Chevenement-a-propos-de-Chirac-il-n-est-pas-bon-de-ramener-la-politique-aux-affaires_a871.html</link>
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   <title>Jean-Pierre Chevènement au Talk Orange-Le Figaro sur Jacques Chirac, l'identité nationale, le traité de Lisbonne et 2012</title>
   <pubDate>Sat, 31 Oct 2009 00:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Voici la vidéo de l'entretien de Jean-Pierre Chevènement à l'émission Le Talk avec Orange et Le Figaro vendredi 31 octobre.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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  </item>

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   <title>« Se préparer à faire la guerre » à l’Iran comme vient de le dire Bernard Kouchner témoigne d’une désinvolture dangereuse</title>
   <pubDate>Mon, 17 Sep 2007 16:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, lundi 17 septembre 2007.     <div>
      « Se préparer à  faire la guerre » à l’Iran comme vient de le dire Bernard Kouchner témoigne d’une désinvolture dangereuse. La France pourrait-elle sans renier les acquis de son indépendance s’aligner sur les vues des faucons de Washington ? A-t-on mesuré les conséquences d’un tel revirement de notre politique étrangère, alors qu’après l’invasion américaine en Irak, tout le Moyen-Orient s’enfonce dans une crise profonde ?       <br />
              <br />
       Le langage archaïque de la canonnière est inapproprié face à l’Iran. Il est contraire à nos intérêts les plus élémentaires. Inviter nos entreprises à ne pas investir en Iran c’est évidemment laisser libre cours à leurs concurrentes. L’Iran comme la Russie disposent des immenses réserves gazières sans lesquelles l’avenir énergétique de l’Europe est compromis. Le ministre des affaires étrangères dispose-t-il d’une stratégie approvisionnement de rechange ou rêve-t-il de réduire l’Iran, comme George Bush rêvait d’anéantir l’Irak, afin de disposer de ses ressources en hydrocarbures ?       <br />
              <br />
       La France n’a rien à gagner à épouser docilement les vues les plus agressives de la politique étrangère américaine. Nos intérêts sont différents. Bernard Kouchner ne l’avait pas vu lors de la guerre d’Irak qu’il approuva. Il ne doit pas recommencer la même erreur avec l’Iran.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Se-preparer-a-faire-la-guerre-a-l-Iran-comme-vient-de-le-dire-Bernard-Kouchner-temoigne-d-une-desinvolture-dangereuse_a422.html</link>
  </item>

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   <title>Qui veut faire l’ange fait la bête</title>
   <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 16:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   On aimerait que, de retour de Bagdad, le théoricien du droit d’ingérence humanitaire, Bernard Kouchner, qui avait inspiré en 1989 une intervention en ce sens de François Mitterrand à l’O.N.U., et qui s’était à l’époque dépensé sans compter pour la cause kurde, tant en Turquie qu’en Irak, fasse, vingt ans après, le bilan réel de son activisme.     <div>
      Faisons le compte :       <br />
       1) la première guerre du Golfe (1991) : 100.000 morts selon, une évaluation de l’Etat-major américain à la fin des opérations, en mars 1991 ;       <br />
       2) l’embargo maintenu pendant treize ans de 1990 à 2003 sur l’ensemble du peuple irakien, considéré comme solidaire du régime baathiste : 500.000 victimes, selon les estimations les plus mesurées, du fait de la malnutrition et des épidémies ;       <br />
       3) l’invasion de l’Irak en 2003 : 30.000 morts selon les estimations américaines (sans doute minorées) ;       <br />
       4) la guerre civile entre les « communautés » irakiennes (2003 – 2007) soit 400 à 500.000 morts selon une expertise scientifique anglo-américaine.       <br />
              <br />
       Au bas mot, cela fait un million de morts.       <br />
              <br />
       Je ne parle évidemment pas de l’aspect géopolitique : un boulevard ouvert à l’intégrisme, l’Irak brisé, face à un Iran désormais consacré comme la puissance dominante incontestée de la région, une <span style="font-style:italic">« guerre des civilisations »</span> dont on ne voit pas l’issue.       <br />
              <br />
       M. Kouchner déclare avoir sous-estimé le fanatisme des Irakiens <span style="font-style:italic">« quelle que soit leur communauté d’appartenance »</span>. Qui osera encore parler de la responsabilité des hommes politiques ?       <br />
              <br />
       Les idées valent à proportion inverse du sang versé.       <br />
              <br />
       La modération n’est pas glorieuse mais elle est plus humaine. <span style="font-style:italic">« Qui veut faire l’ange fait la bête »</span> (Pascal). L’ingérence est médiatique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Qui-veut-faire-l-ange-fait-la-bete_a408.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-702511</guid>
   <title>Kouchner en Irak: un « alignement de la France » sur la politique américaine, dénonce Chevènement</title>
   <pubDate>Mon, 20 Aug 2007 19:53:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche Associated Press, 20 août 2007, 19h17.     <div>
      Le voyage de Bernard Kouchner en Irak est &quot;totalement inopportun&quot;, dénonce lundi l'ancien ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement, qui estime qu'une semaine après la visite de Nicolas Sarkozy dans la propriété des Bush à Kennebunkport, la visite à Bagdad du ministre français des Affaires étrangères &quot;vient témoigner de l'alignement de la France&quot; sur la politique américaine.       <br />
              <br />
       &quot;Je trouve que cette visite de M. Kouchner à Bagdad apparaît comme un voyage à Canossa, quand les empereurs venaient, repentants, à genoux dans la neige, confesser leurs fautes au pape&quot;, a critiqué l'ancien député-maire du Territoire de Belfort sur Europe-1.       <br />
              <br />
       &quot;On a l'impression, huit jours après la visite de M. Sarkozy à M. Bush, que M. Kouchner vient témoigner de l'alignement de la France. Disons que le bénéfice du non-alignement de la France sur la politique américaine au moment de l'invasion de l'Irak est gaspillé&quot;, a encore estimé celui qui avait démissionné en 1991 de son poste de ministre de la Défense pour protester contre l'engagement de Paris au côté de Washington dans la guerre du Golfe.       <br />
              <br />
       En 2003, &quot;la France avait acquis aux yeux du monde arabe et du monde musulman une certaine stature et là, nous retombons lourdement du côté de ceux qui ont plus ou moins soutenu cette équipée&quot;, a-t-il poursuivi, après avoir souligné que &quot;ce n'était pas le moment pour la France de faire ce geste (...) important&quot;, le jugeant &quot;totalement inopportun&quot;.       <br />
              <br />
       Arrivé dimanche en Irak, M. Kouchner a été reçu lundi par le président Jalal Talabani et a rencontré d'autres responsables irakiens. Il a souhaité que les différentes communautés irakiennes soient associées à la lutte contre la violence, plaidant également pour une participation accrue des Nations unies. C'est le premier voyage d'un haut responsable gouvernemental français depuis l'intervention américaine en 2003.       <br />
              <br />
       ---------       <br />
       Ecouter l'intervention de Jean-Pierre Chevènement sur Europe 1 ci-dessous (lundi 20 août 2007, 18h15)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
 	<enclosure url="http://www.chevenement.fr/docs/audiovideo/europe1-20082007.mp3" length="0" type="audio/mpeg" />
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 	<itunes:subtitle><![CDATA[Dépêche Associated Press, 20 août 2007, 19h17.]]></itunes:subtitle>
 	<itunes:summary><![CDATA[Dépêche Associated Press, 20 août 2007, 19h17.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
   <link>https://www.chevenement.fr/Kouchner-en-Irak-un-alignement-de-la-France-sur-la-politique-americaine-denonce-Chevenement_a407.html</link>
  </item>

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   <title>La France contre les « neo-cons »</title>
   <pubDate>Mon, 05 Mar 2007 16:22:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   J’ai écouté attentivement l’allocution de Nicolas Sarkozy, consacrée à la politique extérieure et de sécurité.     <div>
      Nicolas Sarkozy, en rendant hommage à la politique de Jacques Chirac, a bien essayé de se dédouaner de l’erreur monumentale qu’il avait commise en septembre 2006 quand il était allé, à Washington, s’excuser de <span style="font-style:italic">« l’arrogance »</span> de la France  face à l’invasion de l’Irak par M. Bush. C’est en vain qu’il a cherché à se rattraper, le 28 février 2007, en saluant la politique extérieure de Jacques Chirac et en parlant d’<span style="font-style:italic">« aventure »</span> à propos de l’intervention américaine en Irak.       <br />
              <br />
       Une journaliste libanaise s’en étonnait : <span style="font-style:italic">« Vous avez changé sur l’Irak ? »</span>. A quoi Sarkozy répondait en la défiant de trouver une trace écrite de son adhésion à la guerre américaine. En effet, il n’y a aucune trace écrite de son approbation, mais il y a des traces orales de ses propos et des déclarations publiques d’hommes politiques favorables à l’intervention et connus pour leur étroite proximité avec lui : MM. Pierre Lellouche, Axel Poniatowski, Patrick Devedjian, etc.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      M. Sarkozy est peut-être habile mais Nicolas <span style="font-style:italic">« l’Américain »</span>, comme il se vantait lui-même d’être appelé, ne nous fera pas prendre des vessies pour des lanternes.       <br />
              <br />
       Lisons-le d’ailleurs plus attentivement : il exprime, dans sa doctrine de politique extérieure, une pensée étonnamment proche de celle des néo-conservateurs américains : comme eux, il déclare <span style="font-style:italic">« refuser le relativisme culturel »</span>. On croirait entendre Richard Perle, Paul Kagan, Paul Wolfowitz et leur maître à penser, Allan Bloom :       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Les valeurs doivent être imposées. Elles doivent vaincre d’autres valeurs opposées. Les cultures se livrent la guerre les unes aux autres et il est bien qu’il en soit ainsi : car c’est seulement en triomphant des autres et non en raisonnant avec eux qu’on peut affirmer des valeurs »</span>.       <br />
              <br />
       Dès lors les expressions employées par Nicolas Sarkozy : <span style="font-style:italic">« promouvoir les droits de l’Homme », « tous les peuples ont droit à la démocratie », « l’information planétaire interdit le silence »</span>, prennent tout leur sens : dans un monde dominé par une information unilatérale, le <span style="font-style:italic">« devoir d’ingérence »</span> nous conduira là où les Américains voudront nous faire aller.        <br />
              <br />
       La presse n’a pas relevé la pique adressée à Dominique de Villepin. Tandis que celui-ci avait souhaité l’évacuation des troupes américaines d’Irak <span style="font-style:italic">« avant la fin de 2008 »</span>, Nicolas Sarkozy opine doctement : <span style="font-style:italic">« La France n’est pas la mieux placée pour fixer un terme … Au gouvernement irakien (sic) de décider »</span>.       <br />
              <br />
       Pour qui a écouté Nicolas Sarkozy avec attention, l’importance accordée en matière de politique de défense aux projections de forces à l’extérieur, les fameuses <span style="font-style:italic">« OPEX »</span>, l’insistance mise sur les interventions <span style="font-style:italic">« préventives »</span> et la <span style="font-style:italic">« capacité de frappe dans la profondeur »</span> ne trompent pas : c’est vers une politique extérieure étroitement alignée sur celle des Etats-Unis que nous acheminerait le candidat « néo » conservateur s’il était élu.       <br />
              <br />
       Combien contrastent, en regard, les expressions fortes employées par Ségolène Royal lors de son intervention sur la défense, le 3 mars dernier :       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« La France et l’Europe sont attachées au multilatéralisme. Puissances militaires, mais sans ambition impériale, elles entendent contribuer à la sécurité collective fondée sur le respect du droit international … La défense nationale ne signifie pas la multiplication sans discernement d’opérations extérieures qui peuvent être fort éloignées de nos intérêts directs … Sécurité d’approvisionnement européenne signifie autonomie de l’Europe vis-à-vis des Etats-Unis dans le domaine de l’armement… Devant le désordre du  monde, nous devons faire émerger en Europe un acteur stratégique indépendant … Je n’engagerai qu’avec discernement nos armées dans des opérations extérieures, même si certaines sont indispensables pour préserver la paix ou contribuer à l’exécution des résolutions des Nations Unies. »</span>       <br />
              <br />
       En lisant attentivement l’un et l’autre des deux candidats, on voit bien que la défense européenne distincte de l’OTAN est pour Ségolène Royal une perspective essentielle, tandis que pour Nicolas Sarkozy, OTAN et défense européenne se superposent étroitement. Entre ces deux visions, il y a l’écart qui sépare l’espérance du renoncement, la volonté que la France ne sorte pas de l’Histoire et la résignation à l’ordre établi du monde.       <br />
              <br />
       De ces deux visions, quelle est la plus raisonnable, celle, à court terme, de Nicolas Sarkozy ou celle, à long terme, de Ségolène Royal ?       <br />
              <br />
       L’avenir de la France ne se trouve évidemment pas dans une vision néo-conservatrice de l’Histoire mais dans la promesse d’une <span style="font-style:italic">« Europe européenne »</span>, avec et par la France. On dit souvent que la France suit l’Amérique avec quelques années de retard. N’importons pas à la tête de l’Etat un néo-conservateur, quand les Américains vont donner congé à celui qu’il avaient élu ! Jouons la France contre les « néo-cons » !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-France-contre-les-neo-cons_a246.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-554111</guid>
   <title>Une girouette qui n’a pas l’excuse du vent</title>
   <pubDate>Fri, 02 Feb 2007 16:44:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      De la visite de M. Sarkozy en septembre dernier aux Etats-Unis où il a rencontré le président George W. Bush, les deux plus influents quotidiens américains, le <span style="font-style:italic">New York Times</span> et le <span style="font-style:italic">Washington Post</span>, ont relevé la tonalité pro-américaine. Il a <span style="font-style:italic">«prononcé, sans aucune honte, un discours pro-américain»</span>, relevait au terme de cette visite le <span style="font-style:italic">Washington Post</span>. <span style="font-style:italic">«Pour lui, le surnom de Sarko l’Américain n’est pas une insulte mais un honneur»</span>, soulignait pour sa part la correspondante à Paris du <span style="font-style:italic">New York Times</span>.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">«Son rejet d’un anti-américanisme primaire qui a dominé les relations américano-françaises depuis la guerre en Irak est courageux et rafraîchissant et devrait valoir à Sarkozy des amis à Washington»</span>, écrivait pour la part Sally McNamara, une experte des questions européennes au centre de réflexion néo-conservateur Heritage Foundation.       <br />
              <br />
       Et voilà que le 14 janvier 2007, M. Sarkozy est venu expliquer aux Français qu’il <span style="font-style:italic">«avait changé»</span> et que <span style="font-style:italic">«l’invasion de l’Irak était une faute»</span>.       <br />
              <br />
       Que s’est-il passé entre septembre 2006 et janvier 2007 pour que M. Sarkozy change aussi radicalement de position ?       <br />
              <br />
       A la place de nos amis américains, je me méfierais d’une telle girouette qui n’a même pas l’excuse du vent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Une-girouette-qui-n-a-pas-l-excuse-du-vent_a200.html</link>
  </item>

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   <title>Une bonne nouvelle : Gluglu colle à Nicolas</title>
   <pubDate>Mon, 29 Jan 2007 17:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Encore une bonne nouvelle : après Bernard Tapie, l’an dernier, voici qu’André Glucksman en cette fin janvier déclare « choisir Nicolas Sarkozy ».     <div>
      Normal : ils étaient tous deux favorables à l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Sous prétexte de « lutter contre les dictatures », voilà Gluglu qui colle à Nicolas. C’est à Bush, en fait, qu’ils collent tous les deux et au <span style="font-style:italic">french bashing</span> qui va avec, outre-Atlantique.       <br />
              <br />
       Encore une clarification bienvenue. Au moins nous savons « pourquoi nous combattons ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Une-bonne-nouvelle-Gluglu-colle-a-Nicolas_a195.html</link>
  </item>

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   <title>Conclusion de Jean-Pierre Chevènement au colloque La sécurité du Moyen Orient et le jeu des puissances</title>
   <pubDate>Tue, 02 Jan 2007 19:10:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La Fondation Res Publica organisait le 20 novembre 2006 un colloque intitulé La sécurité du Moyen Orient et le jeu des puissances. Voici la conclusion de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation. Les actes du colloque sont disponibles sur le site de la Fondation Res Publica.     <div>
      Vous avez tous fait assaut d’esprit de finesse. Vous ne me laissez que l’esprit de géométrie !        <br />
       Je vais  commencer par quelques chiffres : l’aide américaine à Israël s’élève à 3 milliards de dollars par an, la guerre en Irak a coûté, jusqu’à présent, 500 milliards de dollars. Comme vous l’a expliqué Sami Naïr, la production de pétrole en Irak est notablement inférieure à ce qu’elle était avant le début de l’invasion américaine (de 2,5 à 1,5Mbj). Le déficit de la balance des paiements américaine semble durablement fixé à au moins 700 milliards de dollars par an.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Lors du <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-avenir-du-dollar_r23.html">colloque de la Fondation Res Publica consacré à l’avenir du dollar</a>, nous avions constaté que l’endettement net des Etats-Unis croissait maintenant de manière exponentielle. Ceci fait planer une  incertitude sur l’avenir du dollar  en tant que monnaie mondiale. Jusqu’à présent, les Américains ont  cherché la solution du problème dans le contrôle des matières premières, notamment du pétrole et du gaz, et dans le développement d’une puissance militaire sans précédent et sans équivalent. Mais nous approchons du point de rupture et ces deux sujets, la question militaire, avec l’enlisement américain en Irak et celle de l’accès aux matières premières, se cristallisent dans cette région du Moyen-Orient. Il faut ajouter à cela le renchérissement du prix des matières premières lié aux besoins immenses de la Chine, de l’Inde, de l’Europe, des Etats-Unis etc. Nous sommes donc arrivés au point où la rupture ne peut plus être exclue.        <br />
              <br />
       Je ne récuse évidemment pas l’esprit de finesse qui est d’autant plus nécessaire que la situation paraît plus inextricable.        <br />
              <br />
       Quel est le point d’entrée ?  Israël ou la politique américaine ?        <br />
       Le retrait des forces américaines d’Irak est inscrit dans l’ordre des nécessités quelles que soient les inquiétudes que cette  éventualité suscite.  Dès mars 2003, j’avais écrit, dans un petit article donné au <span style="font-style:italic">Monde</span> : <span style="font-style:italic">« Du jour même de leur entrée à Bagdad se trouve posé le problème du retrait des forces américaines »</span>. Cette intuition est devenue aujourd’hui une évidence. Les Américains peuvent-ils ne pas se retirer d’Irak ? Ils ne le peuvent pas. On a vu le résultat des dernières élections de « mid-term ». Des élections présidentielles auront lieu en 2008. Les Américains vont s’accrocher mais n’ont pas d’autre solution que  le retrait, étant donné que celui-ci peut prendre des formes différentes, selon la relation que les Etats-Unis développeront avec l’Iran.         <br />
              <br />
       Pour revenir à la question précédente qui en commande beaucoup d’autres, je fais appel à l’esprit de géométrie : vous connaissez la loi de la gravitation universelle de Newton, (à laquelle je me tiens). Cette loi nous apprend que l’attraction qu’un corps exerce sur un autre dépend du volume comparé des deux corps. Le plus gros exerce une attraction plus forte sur le plus petit. Si j’applique la loi de Newton aux Etats-Unis et à Israël, je me dis qu’il faudrait peut-être regarder ce qui se passe aux Etats-Unis plutôt qu’en Israël. En effet, beaucoup de gens pensent que c’est Israël qui commande à la politique américaine, mais les choses sont plus compliquées. Cette vision, selon moi, n’est pas vraiment juste. C’est la politique américaine qui pèse sur Israël plutôt que l’inverse. Le premier grand échec américain dans la région en 1979, avec la perte de l’Iran comme allié stratégique, coïncide avec le durcissement de la politique israélienne. L’instabilité de l’Arabie Saoudite est une des causes majeures des deux guerres de Golfe (attentats de la Mecque en 1980 - attentats du 11 septembre 2001 impliquant des Saoudiens). L’approvisionnement pétrolier est au cœur des calculs géopolitiques américains relatifs à cette région. Du point de vue de l’Establishment conservateur américain, Israël a été aussi un pion de la puissance américaine dans cette région ô combien vitale pour elle   Les contradictions de la puissance américaine vont l’amener, peut-être  par le biais des conclusions de la commission présidée par Monsieur Baker ou d’autres néo-kissingeriens, à envisager la normalisation de ses rapports avec l’Iran et corollairement une solution durable du problème israélo-palestinien.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Hubert Védrine</b>       <br />
       Puis-je  apporter une précision ? Mon avis est plutôt que les Israéliens commandent à la politique israélienne, je ne pense pas qu’ils commandent à la politique américaine mais que ce qui se passe en Israël n’est pas commandé par la politique américaine.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement</b>       <br />
       C’est exact.       <br />
       Néanmoins on a vu se nouer dans les années quatre-vingt-dix une relation très particulière entre les néo-conservateurs américains et le Likoud israélien. Je n’ai pas besoin de citer le rapport d’une fondation néoconservatrice remis à Monsieur Netanyahou, alors Premier ministre israélien <span style="font-style:italic">« Pour un nouveau siècle américain »</span> qui, en 1996, préconisait l’occupation de la Mésopotamie. Ce rapport a été utilisé aux Etats-Unis pour instrumenter l’orientation, le cours même de la politique américaine après le 11 septembre 2001.        <br />
       Israël peut-il être conduit à accepter le retrait des colonies de Cisjordanie ? C’est cette question qui est posée.        <br />
       Israël peut-il être conduit à appliquer la résolution 242  (obligatoire, nous a dit l’ambassadeur Dejammet) qui date de 1967 ?        <br />
       Les Israéliens peuvent-ils y être conduits par un raisonnement qui donne la priorité à l’insertion réussie d’Israël dans sa région, en dépit de toutes les difficultés que cela impliquerait, compte tenu de l’état de décomposition politique dans les territoires palestiniens actuels. L’opinion publique en Israël me paraît mûre pour cette évolution.        <br />
       Cela ne passe-t-il pas aussi par la formation, sans doute nécessaire, d’un gouvernement d’union nationale chez les Palestiniens ?        <br />
              <br />
       Quant à l’avenir de l’Irak, je ne pense pas qu’on puisse l’imaginer sans l’accord des pays limitrophes : l’Iran, la Syrie, l’Arabie saoudite, et bien sûr, celui des Irakiens eux-mêmes. Je ne désespère pas que l’esprit national irakien ait survécu à la folie des affrontements communautaires mais il est difficile de le savoir vraiment. C’est peut-être aux Etats-Unis que les choses vont bouger. Elles peuvent bouger aussi en Israël pour d’autres raisons, distinctes (et que nous avons d’ailleurs intérêt à distinguer).       <br />
              <br />
       J’en viens à la politique française. Il me semble qu’elle mériterait d’être mise à jour.        <br />
       Un certain nombre des acteurs sur lesquels nous pesions n’existent plus ou existent moins : ces fameux acteurs étatiques dont nous parlait l’ambassadeur Nassif Hitti ; mais nous pouvons peut-être peser pour maintenir ouverte la voie du dialogue avec l’Iran, comme l’a préconisé l’ambassadeur Nicoullaud, et faire entendre aux Etats-Unis, à voix douce et très amicalement, que ce serait le bon sens. L’Iran qui est un grand pays n’ambitionne que d’être reconnu comme une puissance régionale. Puis nous pourrions faire comprendre aux Israéliens - qui disposent de deux cents armes atomiques, autant que nous puissions le savoir - que c’est peut-être dans la voie de ce compromis global, de ce « statut japonais » qu’il faut essayer d’orienter l’Iran. Car la guerre contre l’Iran, avec les frappes qu’elle impliquerait et l’ampleur de ces frappes, serait évidemment ravageuse et provoquerait une montée aux extrêmes déstabilisatrice pour le monde entier.       <br />
       Il me semble que la politique française pourrait aussi reprendre langue avec tous les acteurs de la région – étatiques ou non. Je pense que ce n’est pas une bonne chose que nous ayons perdu tout contact avec la Syrie.  Mais là-dessus les points de vue peuvent diverger. Nous sommes très attachés à la souveraineté et à l’indépendance du Liban mais aussi, ne l’oublions pas, à son amitié. N’y a-t-il pas, malgré tout, une vision d’ensemble à retrouver ? Sur ce point je ne suis pas tout à fait en phase avec la politique officielle (dans laquelle je me suis souvent reconnu, notamment dans les années 2002-2003 où le Président de la République a été, il faut le dire, à son meilleur).       <br />
              <br />
       Un mot sur notre rapport avec les Etats-Unis. N’avons-nous pas la possibilité de peser intelligemment sur la politique américaine, d’offrir à Israël une garantie internationale de sécurité et de faire savoir à l’Iran par différents canaux qu’on ne peut pas accepter le langage de son Président, Monsieur Ahmadinejad, niant à Israël le droit à l’existence ? Je sais pour avoir lu le livre de Monsieur Nicoullaud qu’il existe plusieurs niveaux de pouvoir en Iran : le Président élu mais aussi le Président du Conseil de discernement (qui, comme par hasard, est le candidat battu) ; il y a enfin et surtout Monsieur Ali Khamenei, le Guide suprême, qui décide en dernier ressort, dans une démocratie encadrée par la religion.       <br />
       Le garant suprême en Iran n’est ni le marxisme-léninisme ni le grand capital, contrairement aux démocraties populaires et aux démocraties occidentales, c’est Dieu lui-même, tel que l’interprètent les mollahs, bien sûr. C’est un système assez compliqué. Peut-être pourrions-nous amener l’Iran, non seulement à tenir un autre langage mais en fin de compte à reconnaître le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël.        <br />
       Est-ce un rêve de penser que cela sera un jour possible dans le cadre d’un compromis d’ensemble où Israël sera reconnu comme une puissance nucléaire (puisqu’elle l’est), comme on l’a fait pour l’Inde et le Pakistan et où bien sûr l’Iran verra reconnaître son droit à un plein développement ?       <br />
       Voilà quelques déductions trop logiques. Je n’ai pas besoin d’insister, Pascal l’a fait avant moi, sur la supériorité de l’esprit de finesse sur l’esprit de géométrie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Conclusion-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-colloque-La-securite-du-Moyen-Orient-et-le-jeu-des-puissances_a152.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>M. Baker et le prince de Lampedusa</title>
   <pubDate>Fri, 08 Dec 2006 12:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      L’establishment conservateur américain dispose d’esprits déliés. Monsieur James Baker en rendant public le <a class="link" href="http://tempsreel.nouvelobs.com/file/146932.pdf">rapport</a> du <span style="font-style:italic">« groupe d’études sur l’Irak »</span> illustre fort bien cette capacité à se projeter dans l’avenir en oubliant le passé.        <br />
              <br />
       Beaucoup n’oublient pas que M. Baker fut l’un des artisans de la guerre du Golfe aux côtés de George Bush père, une guerre qui a fouetté le développement de l’islamisme dans tout le monde arabo-musulman, avec Oussama Ben Laden et les attentats meurtriers qui en ont découlé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Mais, avec plus de prudence que George Bush junior, il avait reculé à prendre un aller simple pour Bagdad, sachant qu’il n’avait pas de billet de retour. Plutôt que d’ensabler les troupes américaines dans la profondeur irakienne, il avait choisi d’écraser le pays sous un tapis de bombes, puis d’asphyxier le peuple irakien par un embargo cruel, en installant les troupes américaines en Arabie séoudite. M. Baker a été à l’origine de l’aventure irakienne. Il ne faut pas l’oublier.       <br />
              <br />
       A coup sûr les solides conservateurs du bushisme première manière, leur sens des intérêts bien compris du commerce pétrolier, reprennent le dessus. L’aventurisme des néoconservateurs a conduit au fiasco. Les <span style="font-style:italic">« réalistes »</span> à la mode d’Henry Kissinger entendent à présent reprendre la main. <span style="font-style:italic">« Il faut bien que tout change pour que tout demeure »</span> : comme le vieil aristocrate du Guépard, M. Baker entend faire la part du feu pour préserver l’essentiel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/M-Baker-et-le-prince-de-Lampedusa_a118.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-481835</guid>
   <title>Un nouveau monde va naître</title>
   <pubDate>Fri, 21 Mar 2003 20:52:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   par Jean-Pierre Chevènement, Le Figaro, 21 mars 2003     <div>
      Ainsi George Bush, n'ayant pu obtenir la majorité au Conseil de sécurité pour l'autoriser, a déclenché la &quot;guerre préventive&quot; qu'il avait décidée contre l'Irak. Celle-ci ne porte pas seulement atteinte à la légalité internationale. Elle va ouvrir une ère de profonde déstabilisation.       <br />
              <br />
       Le corps expéditionnaire américain a été dimensionné pour occuper Bagdad après la première phase aérienne, dite &quot;Choc et effroi&quot;. Il y restera sans doute longtemps. Mais il se pourrait bien qu'à Bagdad commence la remise en cause de l'hégémonie américaine sur le monde, telle qu'elle avait été proclamée, il y a très exactement douze ans, par George Bush père, annonçant, le 2 mars 1991, un &quot;nouvel ordre mondial&quot; aux couleurs de l'Amérique : <span style="font-style:italic">&quot;Le syndrome du Vietnam a été enterré,</span> déclarait-il, <span style="font-style:italic">pour toujours dans les sables de l'Arabie.&quot;       <br />
       </span>       <br />
       Ce &quot;nouvel ordre mondial&quot; déroule en effet son implacable logique : après la relégation de l'Irak &quot;au stade de pays préindustriel&quot; annoncé par James Baker en 1990, et réalisée depuis douze ans par la guerre et l'embargo, c'est maintenant la Mésopotamie qui va être occupée. Mieux qu'à partir de l'Arabie saoudite, c'est de là que les Etats-Unis entendent pouvoir contrôler le Moyen-Orient et ses richesses pétrolières. C'est le moyen d'assurer durablement, croient-ils, leur hégémonie sur le reste du monde. Ce néoimpérialisme est-il bien raisonnable ?       <br />
              <br />
       Saddam sera balayé. On découvrira rapidement que là n'était pas le problème principal. Demain, l'armée américaine sera à Bagdad. C'est alors que les difficultés vont commencer. La guerre sera ravageuse pour les populations. Des milliers d'innocents vont périr. L'exode sera le lot des chrétiens et sans doute de beaucoup d'autres, si l'armée américaine ne parvient pas à maintenir l'ordre. Après Saddam, l'islamo-nationalisme sera maître des âmes, en Irak mais sans doute aussi ailleurs. Combien de temps faudra-t-il pour qu'il devienne maître du terrain ?       <br />
              <br />
       La première guerre du Golfe a enfanté d'al-Qaida. La seconde donnera des ailes au terrorisme. La Turquie ne tolérera pas un Kurdistan autonome. Ce n'est pas par hasard qu'elle refuse le passage des troupes américaines. Elle ne veut surtout pas que le Kurdistan irakien autonome puisse s'étendre aux champs pétrolifères de Kirkouk et de Mossoul. Al-Ansar et les fondamentalistes du Kurdistan irakien appuyés sur l'Iran risquent d'avoir de beaux jours devant eux. Le Sud chiite voudra rappeler qu'il est majoritaire en Irak. Les Iraniens, là encore, ne seront pas aux abonnés absents. En Jordanie et en Palestine, la dynastie bédouine risque de faire les frais de la politique d'Ariel Sharon. Enfin, la dimension de l'opinion publique mondiale, constamment sous-estimée par l'Administration américaine, va se révéler dans toute sa force.       <br />
              <br />
       Les Etats-Unis ne sont pas, comme en 1990-91, à la tête d'une coalition quasi-universelle. Ils n'ont pas le monde à leur botte. L'Occident n'est pas identifié aux Etats-Unis. Un môle de raison et de modération s'est construit entre Paris, Berlin et Moscou qui peut éviter une guerre des civilisations. Il est juste de reconnaître que c'est en grande partie à la fermeté tranquille de Jacques Chirac qu'on le doit. L'intoxication dans les médias devrait, en théorie, le céder à une information plus objective. Face à l'Eurasie, l'Amérique est une île. Est-ce un hasard si, ayant pris le parti de la guerre unilatérale, elle n'a été rejointe pour l'essentiel que par les gouvernements d'autres îles ? Les îles Britanniques, l'île-continent qu'est l'Australie, la presqu'île qu'est la péninsule ibérique, et du bout des lèvres, le Japon. Comment mieux décrire le rétrécissement de son aire d'influence directe (et je ne mentionne pas les opinions publiques hostiles, en Espagne et même en Grande-Bretagne) ? Il est difficile de dire si la coalition de la paix pourra se maintenir ou si, au contraire, les Etats-Unis sauront faire éclater le front qu'ils ont dressé contre eux. <span style="font-style:italic">&quot;Depuis que je sais ce qu'est une coalition</span>, disait Foch, <span style="font-style:italic">j'admire beaucoup moins Napoléon.&quot;</span> Observons cependant qu'en voulant s'installer en Mésopotamie, au coeur de l'Eurasie, les Etats-Unis ont déjà réussi à inquiéter ses principales composantes géopolitiques : l'Europe, la Russie, la Chine et même l'Inde, sans parler bien sûr du monde musulman.       <br />
              <br />
       Deux scénarios s'offrent à nous :       <br />
              <br />
        Ou bien, par une rapide victoire militaire en Irak et surtout par une complète réorientation de leur position sur la Palestine, les Etats-Unis parviennent à retourner rapidement en leur faveur l'opinion publique mondiale. La Bourse repart. Le dollar se reprend. Probabilité faible.       <br />
              <br />
        Ou bien, plus sûrement, l'enlisement se dessine au bout de quelques semaines, en Irak, en Palestine, dans le Golfe, dans les profondeurs du monde arabo-musulman. George Bush, à un an de l'élection présidentielle, ne semble pas en mesure d'imposer une paix juste entre les Palestiniens et Israël. Des régimes vacillent. L'opinion publique mondiale se cabre, si les victimes civiles de la guerre apparaissent trop nombreuses et si l'exode des populations se précipite. C'est à l'ONU qu'il appartiendra alors de se réunir à nouveau, comme l'a rappelé le président de la République. Les Etats-Unis, très vite, auront besoin d'elle. La France, fidèle à ses principes, a tout à gagner à rester ferme sur ses positions. Le temps joue pour elle, contrairement aux apparences immédiates.       <br />
              <br />
       Certes, le pronostic militaire à court terme est plutôt favorable aux Etats-Unis mais, à long terme, c'est beaucoup moins sûr. Les dérapages de tous ordres, presque inévitables dans le chaudron moyen-oriental, ouvriront la voie d'un monde durablement déséquilibré et disputé. Il faudra non seulement revenir devant l'ONU mais aussi penser les réformes profondes dont le monde a besoin : c'est tout le mécanisme de la globalisation financière qui est aujourd'hui en cause. Il est absurde que 80% de l'épargne mondiale soit drainée par les Etats-Unis pour éponger leur déficit. Bien sûr, un choc pétrolier peut rebattre les cartes, comme en 1973-74, au détriment de l'Europe, du Japon et de la Chine. Mais le même scénario ne peut être indéfiniment reproduit. Il vaudrait mieux chercher dans une profonde réforme des institutions financières internationales le ressort d'un modèle de développement plus soucieux des équilibres à long terme de l'humanité. Ce scénario n'a de chance de voir le jour qu'avec une Administration démocrate aux Etats-Unis, ressourcée dans les valeurs du New Deal. Il faudrait donc attendre au moins 2005 pour cela.       <br />
              <br />
       Aujourd'hui, il me semble que la diplomatie française doit multiplier les contacts pour maintenir, dans la période qui s'ouvre, la coalition de la paix qui s'était formée dans l'avant-guerre et ramener les Etats-Unis à composition, dans le cadre multilatéral duquel ils ont voulu se soustraire. Nous serons peut-être alors entrés, sans le savoir, dans un monde réellement multipolaire.       <br />
              <br />
       Bien sûr, l'Amérique et l'Europe devront toujours coopérer étroitement à l'avenir, mais dans un rapport plus équilibré. Pour cela, l'Europe devra se souvenir qu'elle ne peut peser que si elle est une et non pas deux : bref que si Paris et Berlin peuvent aussi compter sur Moscou.       <br />
              <br />
       Pour la construction européenne, la guerre d'Irak sonne le glas d'un Meccano institutionnel abstrait. On ne pourra plus déconnecter la construction européenne de son contenu. Or c'est bien la question du rapport à l'Amérique qui est le vrai discriminant. C'est pourquoi, contrairement à une opinion répandue, Jacques Chirac a eu raison, selon moi, de tancer quelque peu les candidats à l'adhésion qui n'ont vu dans l'Europe qu'un grand marché, et non pas le projet politique d'un continent s'appartenant lui-même.       <br />
              <br />
       L'événement a éclairé d'une lumière saisissante l'actualité et la nécessité de ce que, dans le jargon européen, on appelle &quot;coopération renforcée&quot; et d'abord, bien sûr, entre l'Allemagne et la France. Les conditions mûrissent pour que, sous la pression de leur opinion publique, d'autres pays rejoignent cette &quot;Europe européenne&quot; évoquée jadis par le général de Gaulle, seuls capables de faire reculer le spectre d'une guerre des civilisations.       <br />
              <br />
       En inscrivant la politique de la France dans une vision longue, le président de la République permet aux Français de se rassembler sur une position de raison et sur les valeurs de la citoyenneté, essentielles à la cohésion nationale.       <br />
              <br />
       Il rend également service à l'Occident, et à bien y réfléchir, aux Etats-Unis eux-mêmes, qui n'ont pas les moyens d'être durablement un empire et qu'il faudra aider à devenir simplement la grande nation qu'ils sont. Loin de tout antiaméricanisme, il appartient à la France, pays de mesure et de modération, d'y oeuvrer avec sang-froid et persévérance. L'opinion américaine est loin d'être rassemblée derrière George Bush et il faut faire confiance à la tradition démocratique des Etats-Unis pour que ceux-ci en viennent à une conception plus raisonnable de l'ordre international. Comme toujours, la guerre va accélérer l'inévitable. Le monde ancien vacille. Un monde nouveau va naître.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Les Etats-Unis et le reste du monde : une nouvelle donne se met en place</title>
   <pubDate>Tue, 25 Feb 2003 21:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
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   <![CDATA[
   par Jean-Pierre Chevènement, Le Figaro, 25 février 2003     <div>
      C'est un Américain, Paul Kennedy, qui, dès 1987, <span style="font-style:italic">&quot;Montée et chute des grandes puissances&quot;</span>,s'interrogeait sur la capacité des Etats-Unis à maintenir un équilibre raisonnable entre leurs engagements extérieurs et l'érosion relative des bases technologiques et économiques de leur puissance, face à l'évolution constante des structures de la production mondiale. Il les mettait en garde contre les dangers de la &quot;surexpansion impériale&quot;. Paul Kennedy avait déjà pointé une première faiblesse : leur déficit extérieur croissant et aujourd'hui colossal (près de 500 milliards de dollars par an) absorbe 80% de l'épargne mondiale. A elle seule, la dette extérieure américaine représente plus de deux fois la dette de tous les pays du tiers-monde. C'est une source d'extrême fragilité. Le surendettement des Etats-Unis est à la fois la conséquence et le régulateur de la globalisation financière : il faut, pour maintenir la croissance mondiale, que les Américains vivent très nettement au-dessus de leurs moyens, qui sont pourtant gigantesques. Un tel système ne peut pas durer toujours. Il est à la merci d'une crise de confiance qui entraînerait les Etats-Unis et, à leur suite, toute l'économie mondiale vers le fond. Sa réforme s'imposera tôt ou tard, quelles que soient aujourd'hui les tentations de la &quot;fuite en avant&quot;.       <br />
              <br />
       Une deuxième faiblesse tient, à mon sens, à ce que la technologie militaire américaine, sans cesse perfectionnée, si elle donne aux Etats-Unis la maîtrise de la mer, de l'air et de l'espace, ne leur permettra jamais de dominer la Terre et encore moins les âmes. 280 millions d'hommes ne peuvent pas en dominer 6 milliards.       <br />
              <br />
       Les Etats-Unis à eux seuls n'ont pas les moyens de dominer la Terre entière dans la durée. Comme le recommandait Paul Kennedy, il y a quinze ans, la sagesse pour les Etats-Unis, serait de gérer avec modération un déclin tout relatif et très confortable, mais, à la longue, inévitable.       <br />
              <br />
       Ce qui sépare aujourd'hui les Etats-Unis et l'Europe, c'est la croyance au diable. Gardons-nous de tout irénisme : le diable existe peut-être. Il est arrivé dans l'Histoire des phénomènes comme le nazisme qui en avaient au moins l'apparence. Et puis si, dans la longue durée, nous pouvons garder un certain optimisme sur l'avenir de notre planète, comme nous y incite Emmanuel Todd, ne sous-estimons ni le retard de la transition démographique dans des régions entières du monde, ni les progrès de l'anomie y compris dans nos sociétés, ni le ressentiment contre l'Occident dans les pays du Sud, et particulièrement en terre d'Islam.       <br />
              <br />
       Nul ne peut penser que le maintien de la paix, dans un monde troublé, puisse se passer d'un gendarme. L'illusion est de croire qu'un gendarme suffira pour cela. Il y faut autre chose : l'esprit de justice.       <br />
              <br />
       Si le diable existe, il ne faut pas voir le diable partout. Saddam Hussein n'est pas Hitler. Un proverbe allemand dit très justement qu'il faut <span style="font-style:italic">&quot;dédiaboliser le diable&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Malheureusement, les Etats-Unis ont tendance à voir le monde en noir et blanc, quitte à changer de diable de temps à autre. Un sain relativisme n'est nullement synonyme de lâcheté, comme on l'entend dire un peu trop souvent, ces temps-ci, outre-Atlantique. Il est préférable d'user de modération dans le traitement de problèmes complexes. C'est peut-être le fruit de l'expérience historique de la &quot;vieille Europe&quot;.       <br />
              <br />
       Si j'étais Américain, je serais à fond contre l'invasion de l'Irak. Les objectifs avancés par l'Administration de M. Bush sont tous grandement aléatoires :       <br />
              <br />
       1. Elle prétend empêcher la prolifération des armes de destruction massive, en éradiquant le régime irakien, prélude, en toute logique, à d'autres éradications. Pour le moment, c'est l'effet inverse qui se produit. Voir la Corée du Nord.       <br />
              <br />
       2. Elle prétend lutter contre le terrorisme. Elle risque de l'exacerber, en repoussant vers l'intégrisme fanatique les musulmans modérés.       <br />
              <br />
       3. M. Bush évoque un Etat palestinien. Il risque d'encourager la colonisation israélienne en Cisjordanie, avec des effets aisément prévisibles. La sécurité d'Israël n'est pas dans la radicalisation islamiste du monde arabe.       <br />
              <br />
       4. Les penseurs officiels nous expliquent qu'il faut &quot;démocratiser&quot; le Moyen-Orient, à commencer par l'Irak, pour pouvoir ensuite peser sur l'Arabie saoudite. Certes, les troupes américaines iront à Bagdad, mais il leur faudra en revenir ! Les choses étant ce qu'elles sont, et l'Irak ce qu'il est, elles risquent fort de laisser derrière elles, un régime à la Saddam Hussein sans Saddam Hussein, un pouvoir dictatorial fort pour maintenir, hors de l'orbite iranienne, l'unité d'un Irak composite, à majorité chiite, et dont les Kurdes voudront se séparer, au grand dam de la Turquie, qui ne l'acceptera pas. Bref, la guerre d'Irak provoquera un désordre bien plus grand que celui auquel elle prétend remédier.       <br />
              <br />
       5. M. Wolfowitz expliquait en 1992 que les Etats-Unis devaient veiller à ne pas voir surgir, en Europe ou en Asie, un rival potentiel. Mais les Américains ne sont-ils pas en train de creuser une profonde méfiance entre eux et le reste du monde ?       <br />
              <br />
       6. M. Cheney est très sensible à l'intérêt pour les Etats-Unis de contrôler directement des ressources pétrolières en quantités quasiment illimitées. Non seulement pour peser à long terme sur la Chine et sur l'Europe, mais aussi pour garantir le mode de vie américain, assez dispendieux en matière énergétique. Mais est-ce là un objectif bien raisonnable, si on se place à l'aune d'une écologie de l'Humanité, soucieuse de diversifier les énergies non fossiles, qui ne rejettent pas de gaz à effet de serre ?       <br />
              <br />
       7. Enfin, M. Bush veut certainement être réélu en 2004, mais le risque de choc pétrolier, au moins à court terme, et de récession économique mondiale, sans parler d'un probable enlisement dans la profondeur du monde arabo-musulman, du fait de la sous-estimation du facteur religieux, peuvent lui compliquer singulièrement la tâche.       <br />
              <br />
       Bref, les gains à attendre pour les Etats-Unis sont très inférieurs aux risques énormes de la guerre. Quos vult Jupiter perdere dementat (Jupiter rend fous ceux qu'il veut perdre...)       <br />
              <br />
       Depuis une bonne génération, les Etats-Unis semblent osciller entre deux tentations : celle de la domination unilatérale par l'exercice de la force militaire et celle de la coopération internationale, par la recherche d'un consensus. Ces deux visions, depuis longtemps, se complètent autant qu'elles ne s'opposent. Les &quot;Républicains&quot; américains n'ont pas le monopole de la vision unilatéraliste : M. Brezezinski et Mme Allbright, chez les Démocrates, n'étaient pas vraiment des colombes. Et il y a aussi chez les Républicains des hommes qui, tel M. Powel, cherchent à peser en faveur du multilatéralisme.       <br />
              <br />
       Le retour à celui-ci finira inévitablement par s'imposer, car la guerre qui vient est une guerre de trop : elle posera sans doute plus de problèmes qu'elle n'en résoudra. Pour préserver l'avenir de l'ONU, mieux vaut que l'organisation internationale soit contournée par les Etats-Unis plutôt que discréditée par le vote d'une deuxième résolution qui manifesterait sa complète instrumentation. Par-delà une opposition inévitable, la France et l'Europe devront garder à l'esprit que, en maintenant une politique distincte de celle des Etats-Unis, ils serviront aussi l'intérêt à long terme de ceux-ci, et pas seulement celui d'un monde organisé.       <br />
              <br />
       Quand le moment sera passé de la tentation de la recolonisation et venu celui du &quot;dégagement&quot;, (nous avons bien connu cela en Algérie), alors il faudra aussi penser l'avenir du Proche et du Moyen-Orient dans un monde qui sera encore, plus clairement demain qu'aujourd'hui, &quot;multipolaire&quot;. La communauté internationale tout entière (Etats-Unis, bien sûr, mais aussi Europe, y compris la Russie et pourquoi pas la Chine, l'Inde et le Japon) ne sera pas de trop pour garantir l'existence à la fois d'Israël et d'un Etat palestinien viable, ainsi que l'intégrité d'un Irak indépendant et souverain. La grande leçon de Jacques Berque était que le souci du développement ne pouvait se séparer du respect de l'authenticité de chaque peuple, qui commence par celui de sa dignité et de sa souveraineté.       <br />
              <br />
       Puissent les fleuves de sang, de haine et de ressentiment, dont le grondement emplit déjà l'horizon, ne pas nous empêcher de penser un meilleur avenir. Au-delà de la guerre, l'Europe est comptable des valeurs d'égalité, de laïcité, de tolérance qui peuvent seules fonder une paix de justice au Proche et au Moyen-Orient et le nécessaire combat contre le terrorisme. Il va donc falloir résister au déferlement mondial de la propagande et de l'intoxication que des &quot;élites&quot; complaisantes ne manqueront pas de relayer chez nous. Le président de la République, par sa résistance justement, a gagné en cinq mois, dans le monde entier, mais aussi en France, un précieux capital de sympathie. Résistance, c'est ce à quoi le peuple français et les peuples européens doivent aussi se préparer. La propagande s'épuisera et la raison reprendra ses droits. Si la France et l'Europe tiennent bon, ce ne peut être évidemment sur la base d'un pacifisme à courte vue. C'est notre responsabilité vis-à-vis du monde qui doit guider notre réflexion et notre action.       <br />
              <br />
       L'Europe doit se responsabiliser à la fois sur le plan militaire et économique. Les grandes nations d'Europe doivent d'abord se doter des moyens d'une défense capable de maintenir la paix sur notre continent et dans ses approches.       <br />
              <br />
       Il n'y a aucune raison que nous continuions à dépendre des Américains. Aucune alliance n'est possible entre &quot;des Etats-Unis faisant le dîner et l'Europe la vaisselle&quot; : aux premiers la guerre, aux seconds le service après vente. Les troupes américaines stationnées en Allemagne (le IXe corps) ont déjà, pour une large part, quitté leurs cantonnements. Y reviendront-elles ? Ce n'est pas évident du tout.       <br />
              <br />
       L'Europe doit aussi se montrer capable d'organiser son développement au plan économique. Il est navrant que nos gouvernements attendent, comme toujours, la reprise des Etats-Unis. La machine est grippée ! Il faut la réformer. Nous devons pour cela nous appuyer sur le marché intérieur européen afin d'organiser la relance. La Banque centrale européenne est impotente. Il faut réformer ses statuts, comme il faut réformer les critères du pacte de stabilité, en soustrayant du 3% de déficit budgétaire toléré les investissements répondant aux priorités européennes (infrastructures ferroviaires, reconstruction des banlieues, défense, développement technologique). L'épargne mondiale doit être canalisée vers les besoins prioritaires des pays du Sud (eau, agriculture, infrastructures, santé, éducation). Bref, nous devons imaginer entre les Etats-Unis, l'Europe (mais aussi le Japon) et les pays du Sud, une stratégie, comme on dit &quot;gagnant-gagnant&quot;, de relance concertée.       <br />
              <br />
       Il dépend de nous que la guerre accouche en définitive d'un autre monde, plus humain. Résister non pas contre les Etats-Unis, mais pour les aider à devenir la grande nation qu'ils sont et non un Empire dont ils n'ont pas les moyens dans la durée. Le peuple américain est capable de faire revivre à notre époque l'héritage des valeurs démocratiques, celles des Pères fondateurs et du New Deal.       <br />
              <br />
       La guerre qui vient, au-delà de la barbarie qu'elle va déchaîner, accouchera d'un monde nouveau. Les Etats-Unis, par la guerre, veulent remodeler le Moyen-Orient. C'est en réalité le monde tout entier et particulièrement la relation transatlantique qui en sortiront remodelées, pour le pire ou pour le meilleur. Pour le pire si nous, Européens, retombons prisonniers d'une relation de subordination mortifère. Pour le meilleur, si dans l'avenir peut se nouer entre les Etats-Unis et l'Europe, dans une relation d'égalité, une nouvelle alliance : une alliance pour le progrès. 
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