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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-16T15:00:43+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Le drame d’Alstom témoigne du déclin du patriotisme des élites en France</title>
   <pubDate>Thu, 06 Jun 2019 14:27:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une tribune de Jean-Pierre Chevènement, parue dans Le Figaro, le 5 juin 2019.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/34530898-31570192.jpg?v=1559825665" alt="Le drame d’Alstom témoigne du déclin du patriotisme des élites en France" title="Le drame d’Alstom témoigne du déclin du patriotisme des élites en France" />
     </div>
     <div>
      Belfort, dont le nom symbolise l’esprit de résistance, se bat à nouveau le dos au mur. Or General Electric, auquel la branche énergie d’Alstom a été vendue en 1999 pour les turbines à gaz et en 2015 pour le reste, vient d’annoncer la suppression de plus de mille emplois, le quart de son effectif, la moitié de ceux qui travaillent dans le secteur des turbines à gaz, à tel point que la pérennité du site paraît menacée. C’est évidemment un crève-cœur pour le maire de Belfort que j’ai été pendant plus de vingt ans, mais plus encore un épisode symbolique d’un processus de désindustrialisation, lui-même indissociable de la financiarisation et du démantèlement de nos grands groupes industriels depuis plus de deux décennies.        <br />
              <br />
       J’espère encore que le Président de la République ne voudra pas laisser associer son nom à cette débâcle et saura trouver le moyen de pérenniser ce grand site industriel français dont les salariés sont fiers des produits de hautes technologie qu’ils fabriquent. Encore aimerais-je ne pas entendre le porte-parole du gouvernement expliquer que Belfort et ses turbines à gaz seraient sacrifiées sur l’autel de la « transition écologique ». On croit entendre Flaubert qui, sous le mot « époque » notait. « Notre époque est une époque de transition » (<span style="font-style:italic">Dictionnaire des idées reçues</span>).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le marché des turbines à gaz connait un fléchissement temporaire. Mais les énergies renouvelables sont des énergies intermittentes. Il faut donc suppléer à leur insuffisance. Ce n’est pas s’avancer beaucoup que de dire que le gaz fera mieux l’affaire dans la prochaine décennie que le charbon (pour de bonnes raisons) et que le nucléaire (pour de mauvaises). Sinon, pourquoi nos amis Allemands s’acharneraient-ils à construire un nouveau gazoduc à travers la Baltique ? Ce dérapage ne doit pas occulter l’essentiel : la France et l’Europe auront encore besoin de maintenir une industrie de production électrique diversifiée. C’est pourquoi j’ai regretté que l’État ait cédé en 1999 et 2014 un fleuron technologique et qu’il ait refusé, en 2017, de monter au capital des trois « co-entreprises » qui avaient été prévues, dans le protocole d’accord de 2014, pour ancrer General Electric à Alstom et au tissu industriel français.       <br />
              <br />
       Le drame que vit Belfort est un drame national, celui de l’abandon de l’industrie française par nos élites financiarisées. Revenons sur l’exemple de Belfort : au départ était un vaste conglomérat fabriquant des turbines nucléaires, hydrauliques à vapeur ou à gaz, des locomotives de fret ou à grande vitesse, des moteurs, des aimants etc.       <br />
              <br />
       La Compagnie Générale d’Électricité, devenue Alcatel-Alstom en 1991, était traditionnellement dirigée par de grands industriels tels que Pierre Suard. Les choses changent au milieu des années 1990 quand Serge Tchuruk introduit la notion « d’entreprise sans usines » (c’est le début des délocalisations) et de « pures players » (c’est la spécialisation par produits). L’entreprise est alors filialisée. Alcatel met Alstom en Bourse en 1999, après avoir prélevé un « dividende exceptionnel » de 5 milliards d’euros. Alstom, fragilisée, commet l’erreur de racheter les turbines à gaz de son concurrent suisse ABB dont les défauts techniques apparaissent très vite et de vendre à General Electric son usine de Belfort. Son PDG, Pierre Bilger, conduit Alstom à la faillite en 2003. Il a encore assez d’honneur pour refuser une prime de départ de 4 millions de dollars.       <br />
              <br />
       Député-maire de Belfort à l’époque, j’obtiens de Jacques Chirac, président de la République, une renationalisation partielle d’Alstom : l’État monte au capital (20%) et rassemble près de 60 banques qui se portent caution. Un nouveau PDG est nommé, Patrick Kron. Le Commissaire européen, M. Mario Monti, oblige alors Alstom à se séparer de ses chantiers navals. Sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Économie et des Finances, l’entreprise reprend des couleurs. L’État cède sa participation à Bouygues en 2006. Déçu par l’absence des synergies qu’il espérait, Bouygues sera vite pressé de reprendre sa mise. C’est alors qu’intervient l’épisode du rachat par General Electric de la branche Power d’Alstom (les turbines autres qu’à gaz, y compris les turbines nucléaires Arabelle).       <br />
              <br />
       Appuyé par le « Department of Justice » américain qui prend en otage, en l’emprisonnant plus de deux ans au total, un haut cadre d’Alstom, Frédéric Pierucci1, au prétexte de corruption en Indonésie, General Electric convainc le PDG d’Alstom, M. Kron, de vendre pour 12 milliards d’euros une entreprise qui est la troisième mondiale, au motif qu’elle n’aurait pas la « taille critique ». M. Kron plaide coupable. Alstom est mise à l’amende pour près de 1 milliard de dollars. Le rachat d’Alstom par General Electric est présenté à l’opinion publique française comme une alliance d’égal à égal avec trois « co-entreprises » à 50-50, tromperie manifeste, car General Electric est majoritaire dans les trois « co-entreprises ». Ainsi s’impose « l’extraterritorialité » du droit américain !       <br />
              <br />
       Trois ans plus tard, en 2017, l’État refuse de monter au capital des co-entreprises où General Electric est majoritaire. Le leurre se dissipe. Non seulement General Electric ne crée pas les 1000 emplois qu’il avait promis mais il en supprime autant. M. Kron qui a entrepris de vendre son entreprise sans même en référer à son ministre, part avec une indemnité qui excède largement les 4 millions d’euros. Il n’a pas la décence d’y renoncer, contrairement à son prédécesseur, M. Bilger. La cupidité a définitivement triomphé de l’ancien « esprit de service public ». Entre-temps, M. Tchuruk a vendu Alcatel, jadis le numéro 1 mondial des télécommunications, au finlandais Nokia qu’un groupe américain a depuis lors absorbé.       <br />
              <br />
       On voit les ravages qu’a faits dans les élites industrielles françaises la théorie devenue dominante de la « création de la valeur pour l’actionnaire » : tout pour l’actionnaire ! Haro sur les salariés et foin de l’intérêt national !       <br />
              <br />
       En vingt ans, l’ex Compagnie Générale d’Électricité a quasiment disparu : les Chantiers de l’Atlantique sont aux mains de Ficantieri. Ne restent que les câbles et Alstom-Transport qu’on a offert à Siemens, au prétexte de la taille des géants chinois concurrents : à ce compte, c’est toute l’industrie française qu’il faudrait brader ! Heureusement, la Commission européenne, pour des raisons qui lui appartiennent, a mis son hola à cette opération !       <br />
              <br />
       Les financiers ont ainsi définitivement pris le pas sur les industriels dans nos grands groupes et dans l’État lui-même : le ministère de l’Industrie, avec ses équipes d’ingénieurs compétents pour chaque branche a disparu. Il a été démantelé (sous Alain Madelin) et absorbé par le ministère de l’Économie et des Finances (sous Dominique Strauss-Kahn).       <br />
              <br />
       Il n’y a plus d’État : celui-ci est gangrené de l’intérieur par les lobbies français et étrangers (cabinets d’audit, conseils juridiques, communicants). La confiance est tombée très bas chez les salariés, y compris les cadres, chez les industriels fournisseurs, chez les élus de terrain et plus généralement dans la population, vis-à-vis des responsables de nos grands groupes mais aussi des politiques.       <br />
              <br />
       La désindustrialisation de la France est le trait dominant des trente dernières années (les « trente piteuses »). Ce que j’ai décrit pour Alcatel-Alstom s’applique hélas à Pechiney, à Arcelor, à Lafarge, à Technip et à d’autres. Pechiney aurait pu racheter Alcan. La Commission européenne s’y est opposée au nom de la concurrence : c’est Alcan qui a racheté Pechiney. Arcelor était le produit d’une fusion « européenne » entre le français Usinor-Sacilor, l’espagnol Aceralia et le luxembourgeois Arbed. La société luxembourgeoise qui en a résulté, Arcelor qu’on nous a présentée comme l’exemple même des « champions européens » du futur, a été absorbée par Mittal, sans que le gouvernement français puisse juridiquement s’y opposer. Lafarge a été avalée par le suisse Holcim sous le leurre d’une « fusion entre égaux ». Technip, fleuron du parapétrolier français et création de l’institut français du Pétrole, organisme public, a été livrée à son concurrent américain par son patron parvenu à l’âge de la retraite. Que penser d’un pays qui se laisse ainsi dépouiller de ses fleurons ?       <br />
              <br />
       La part des effectifs employés dans l’industrie a chuté de plus de moitié depuis 1983, de 6 à 3 millions. Le rapport Gallois (2012) a établi que la part de l’industrie dans le PIB est passée de plus de 20% dans les années 1980 à 11% en 2010 (contre 22% en Allemagne). Des pays voisins ont su préserver leur tissu industriel (Allemagne, Suisse, Suède, Italie du Nord). Pourquoi ?       <br />
       La taille des grands groupes français n’a en rien préservé l’industrie dans notre pays. Au contraire, ils sont beaucoup plus exposés à la logique financière.       <br />
              <br />
       Un patriotisme au moins local a survécu chez nos voisins. En France au contraire, nos élites considèrent que le patriotisme comme ringard. L’esprit de service public, particulièrement dans les grands corps de l’État, a déserté. Les meilleurs choisissaient jadis le service de l’État. La multiplication, pour ne pas dire la généralisation, des pantouflages chez les titulaires des grandes postes montre qu’à l’esprit de service public se sont progressivement substitués chez ces derniers sinon la cupidité, du moins le souci de s’agréger à l’aristocratie financière.       <br />
              <br />
       Le corps des Mines et l’Inspection des Finances étaient l’orgueil de notre administration. Aujourd’hui, ils fournissent les plus notoires des transfuges. Le Président Macron veut à juste titre supprimer l’ENA et rebâtir Notre-Dame. Mais c’est la patriotisme français et l’esprit de service public qu’il faut relever !       <br />
              <br />
       Quand nos décideurs n’attachent plus d’importance au caractère public ou privé du capital ou à la nationalité d’une entreprise, c’est que les critères financiers dans leur esprit ont pris le dessus. Tout se passe comme si les élites françaises convaincues depuis la fin des années 1970 de l’avènement d’une « société postindustrielle » avaient, dans les dernières décennies, sacrifié l’industrie aux services et à la finance.       <br />
              <br />
       Nos élites ont renoncé à l’ambition gaullo-pompidolien qui consistait à faire de la France une grande puissance scientifique, technologique et industrielle.       <br />
              <br />
       Après des siècles de grandeur militaire et impériale, c'était le moyen que les deux premiers Présidents de la Vème République avaient imaginé pour que la France continue à jouer dans la cour des Grands et ne se laisse pas définitivement distancée par l'Allemagne, le Japon, sans parler aujourd'hui de la Chine.        <br />
              <br />
       La droite s'est détournée du gaullisme. La gauche a très vite abandonné son projet « industrialiste ». La logique de la financiarisation (&quot;l'acquisition de la valeur par l'actionnaire&quot;) a tout balayé.       <br />
              <br />
       Est-il encore temps de redresser le cap ? Comment convaincre nos élites de changer de mentalité et de réintroduire la France dans leur vision du monde ?        <br />
              <br />
       En France, tout a toujours procédé d'une impulsion donnée par l'État, car seul l'État peut remédier aux &quot;ferments de dispersion&quot; jadis discernés par le général de Gaulle, encore accrus aujourd'hui par la financiarisation du capitalisme. Seul l'État peut corriger ces travers par une intervention directe au niveau des grands groupes industriels et par un transfert de l'épargne vers les grands projets industriels et technologiques d'avenir. Le Président de la République saura-t-il se ressourcer, dans la deuxième partie de son quinquennat, à l'esprit du gaullisme qui est aussi celui de nos institutions et de la République elle-même ?        <br />
              <br />
       La nécessaire révolution culturelle dans nos élites pourrait alors s'accomplir. La bataille que mène Belfort pour rester une grande cité industrielle et technologique prendrait alors valeur de test du vouloir vivre national. C’est l’esprit de nos élites qui en est l’enjeu. Continuer Belfort, ce sera continuer la France !       <br />
              <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/economie/jean-pierre-chevenement-le-drame-d-alstom-temoigne-du-declin-du-patriotisme-des-elites-en-france-20190604">Le Figaro</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/34530898-31570192.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Le-drame-d-Alstom-temoigne-du-declin-du-patriotisme-des-elites-en-France_a2048.html</link>
  </item>

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   <title>GE Belfort, la responsabilité de l’Etat</title>
   <pubDate>Tue, 28 May 2019 15:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué de Jean-Pierre Chevènement     <div>
      Ce matin, la direction du groupe américain General Electric a annoncé la suppression de 1 050 emplois sur Belfort, 800 dans les turbines à gaz, 250 dans le centre de services installé il y a deux ans, conformément aux engagements pris, et désormais voué à la fermeture.        <br />
              <br />
       Le coup est terrible pour Belfort, qui voit de surcroît l’exécution des nouvelles commandes transférée aux Etats-Unis.        <br />
       Dans ce sinistre industriel, la responsabilité de l’Etat est doublement engagée. D’abord pour avoir accepté, dans la plus grande opacité, un accord déséquilibré avec General Electric en 2014. Ensuite pour n’être pas monté au capital pour y remplacer Bouygues en 2017 et ainsi donner vie aux trois « co-entreprises » prévues entre Alstom et General Electric. « Tout pour les actionnaires, haro sur les salariés ! », ainsi se résume ce bradage à 12,5 milliards d’euros.        <br />
              <br />
       Belfort est un grand site industriel français depuis 1878. Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan « America first ! » ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris, et qu’ensuite il ne donne pas une vigoureuse impulsion aux projets de diversification industrielle qui existent en matière aéronautique comme dans la maintenance nucléaire.        <br />
              <br />
       Belfort est une ville résistante. Elle espère que son gouvernement ne la livrera pas une seconde fois.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/GE-Belfort-la-responsabilite-de-l-Etat_a2047.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Alstom – General Electric : les engagements pris doivent être tenus</title>
   <pubDate>Fri, 15 Jun 2018 11:22:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué de Jean-Pierre Chevènement.     <div>
      J'ai écrit à Monsieur Bruno Le Maire en date du 4 mai 2018 pour lui demander où en étaient les engagements pris par General Electric en 2015 lors du rachat de la branche énergie d'Alstom.        <br />
              <br />
       La <a class="link" href="https://minefi.hosting.augure.com/Augure_Minefi/r/ContenuEnLigne/Download?id=35E1E6FF-73BF-45CD-BAA4-6D43F875520D&amp;filename=542%20-%20CP%20%20Entretien%20entre%20Bruno%20Le%20Maire%20et%20John%20Flannery%20pr%C3%A9sident.._.pdf">réponse</a> qui vient de tomber n'est pas satisfaisante.        <br />
              <br />
       Les engagements pris, même dans un univers ultra-libéral, doivent être tenus, <span style="font-style:italic">pacta sunt servanda</span>. Ce n'est pas nuire à l'attractivité de la France que de faire respecter l'autorité de l’État. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Alstom-General-Electric -les-engagements-pris-doivent-etre-tenus_a1987.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Patriotisme économique et Europe européenne"</title>
   <pubDate>Sat, 04 Apr 2015 11:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement paru dans Défis, avril 2015.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7641273-11809118.jpg?v=1428165278" alt=""Patriotisme économique et Europe européenne"" title=""Patriotisme économique et Europe européenne"" />
     </div>
     <div>
      <b>Défis : La notion de patriotisme économique vous paraît-elle légitime dans le discours politique ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Le patriotisme économique doit être soigneusement distingué du nationalisme économique. Le patriotisme économique est la défense de l’intérêt général du pays concerné, et cet intérêt général ne s’oppose pas forcément à un intérêt plus vaste. Il n’y a sur un aussi vaste sujet que des réponses particulières. Par exemple, la France est aujourd’hui un pays en voie de rapide désindustrialisation dont le déficit commercial en 2012 atteignait 75 milliards d’euros. Face à une telle désindustrialisation, il est nécessaire de se préoccuper de redresser le cours des choses, si l’on raisonne à l’aune des intérêts de la France. Mais qui raisonne encore aujourd’hui dans l’univers politique et économique à l’aune des intérêts de la France ? Le paradigme européen s’est substitué au paradigme national dans les années 1980- 1990 et aujourd’hui parler d’intérêt national est très mal perçu par un certain nombre de gens. C’est une erreur car, hormis le cas des très jeunes Etats qui ne constituent peut–être pas encore véritablement des Etats-nations (notamment en Afrique), le monde reste fait de nations. Les pays dit « émergents » sont des nations sûres d’elles-mêmes, conquérantes, qui veulent laver l’humiliation qu’elles considèrent avoir subie à l’époque où elles étaient colonisées ou plus ou moins mises en coupe réglée, comme la Chine. On ne peut pas comprendre le dynamisme chinois actuel sans avoir saisi que la Chine souhaitait purger le siècle d’éclipse qu’elle a connu du milieu du 19ème siècle jusqu’à 1949.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Également, la nation américaine est sûre d’elle-même. Elle a une conscience d’empire d’une certaine manière, comme nous avons pu l’avoir avant 1940, en tout cas avant 1914. On s’identifie assez naturellement à un pays qui est la super puissance reconnue. Par conséquent, les Etats-Unis, même si leur modèle social, d’organisation, plus communautariste, est assez différent du nôtre, sont rassemblés par une foi dans leur « destinée manifeste » qui fait contraste avec le désenchantement, le désarroi français. Aujourd’hui, le French Bashing, qui n’est jamais mieux pratiqué qu’à l’intérieur de nos frontières, la repentance systématique pour des faits qui peuvent être regrettables mais qui ne sont jamais examinés sous tous leurs aspects (considération des ombres et des lumières), démontrent que la France est incontestablement un pays en situation de grande faiblesse psychologique qui mérite qu’on se mobilise pour lui si on veut le sauver.       <br />
              <br />
       Regardons en Europe, croyez-vous que le sentiment national ait disparu ? L’Allemagne a magnifiquement utilisé la carte européenne pour retrouver son unité et sa puissance internationale mais elle n’a pas toujours suivi la ligne dans laquelle le général de Gaulle s’était engagé et qui consistait à ne pas faire d’un atlantisme exclusif l’unique avenir de l’Europe. Elle poursuit aujourd’hui ses intérêts sans trop de complexes. La règle d’or, adoptée en 2009 et qui sera étendue au reste de l’Europe en 2012, la politique énergé- tique de Madame Merkel, qui constitue un virage complet sans concertation préalable avec quiconque, et la politique étrangère de la Chancelière à l’Est et au Sud, dans laquelle il est difficile pour un Européen de se reconnaitre, sont des exemples emblématiques de cette volonté allemande.       <br />
              <br />
       On voit bien que lorsqu’il y a débat entre l’Europe et la Chine, par exemple sur les panneaux solaires, c’est l’Allemagne, seul pays européen à avoir un excédent sur la Chine, qui impose l’armistice, par peur d’une réaction chinoise qui affecterait l’exportation de ses biens d’équipement.       <br />
              <br />
       Les nations existent donc encore. La question est de savoir si la France peut encore avoir les moyens d’exister. L’Europe, c’est aussi un rapport de forces au sein du tandem France/Allemagne. Alors que dans l’Europe à six, la France jouait le premier rôle, l’Allemagne étant divisée, dans l’Europe à 28, l’Allemagne a une place centrale à la fois pour des raisons géographiques, géopolitiques, économiques, industrielles et politiques. Toutefois, la faiblesse de la France est un élément de déséquilibre de la construction européenne et constitue donc un problème très grave pour l’avenir de l’Europe toute entière.       <br />
              <br />
       <b>Quel regard portez-vous sur la gestion des enjeux industriels ?</b>       <br />
       Je suis peiné de voir avec quel dédain les dossiers comme celui de notre sidérurgie ont été traités. La privatisation d’Usinor-Sacilor dans les années 80-90, la constitution d’un groupe sidérurgique européen, « Arcelor », dont le siège a été fixé à Luxembourg, a ôté à la France tout pouvoir lorsque Mittal a lancé son OPA. Ainsi, 50 ans après le traité de CECA, la sidérurgie française disparaissait. L’Allemagne quant à elle n’a pas perdu ThyssenKrupp, que je sache.       <br />
              <br />
       L’Etat peut agir mais dans le cadre des « obligations européennes ». C’est le Commissaire à la concurrence qui fait la loi, soit pour interdire une acquisition, comme dans le cas du projet de rachat d’Alcan par Pechiney, soit pour obliger une cession, comme dans le cas des Chantiers navals de l’Atlantique cédés par Alstom à une entreprise norvégienne. On peut ici reprocher aux hommes politiques d’avoir accepté cette réglementation sans aucun contrôle des Etats. Beaucoup de voix se sont d’ailleurs élevées pour critiquer les conditions dans lesquelles la Commission européenne exerce sa mission de contrôle de la concurrence.       <br />
              <br />
       Il faut aussi parler des consommateurs. Le réflexe consistant à acheter un produit français s’est quand même largement perdu (le « Made in France », etc.). Je ne parle pas de l’exil fiscal de certains contribuables en Belgique qui me consterne en tant que citoyen.       <br />
              <br />
       La notion de patriotisme me paraît légitime dès lors qu’elle n’est pas non plus exacerbée. Je ne suis pas partisan du repli, du protectionnisme mais plutôt d’une certaine harmonisation au niveau européen. Par exemple, le tarif extérieur commun qui était une marque de fabrique du marché commun au départ a quasiment disparu, érodé successivement par l’Uruguay Round, le GATT puis par l’OMC. Je suis donc plutôt partisan d’une monnaie qui nous permette de nous battre à armes égales, et ce n’est pas le cas aujourd’hui.       <br />
              <br />
       Je suis pour le patriotisme économique. Rééquilibrer nos comptes extérieurs est un impératif essentiel. Il faut que la France retrouve son équilibre commercial. Je ne crois pas beaucoup aux politiques de déflation interne, elles sont trop douloureuses et peuvent être en définitive contre-productives surtout quand elles sont menées simultanément dans tous les pays d’Europe. La politique du taux de change est un point fondamental. Nous avons un change surévalué depuis très longtemps, à l’exception d’une très courte période de 1998 à 2001 qui a correspondu à la période du dollar fort. Un pays qui a une monnaie surévaluée et qui ne possède pas de pôles de compétitivité situés dans le haut de gamme est un pays qui ne peut qu’assister à l’érosion des marges de ses entreprises et à sa marginalisation industrielle. Il y a une corrélation extrêmement forte entre le taux de change et le déficit commercial. L’éducation, la formation professionnelle, la recherche notamment industrielle, l’innovation, le tissu productif, l’aide apportée aux petites et moyennes entreprises industrielles sont également importants mais ils ne sont pas du même ordre, ils n’ont pas le même effet structurant dans le court et moyen terme.       <br />
              <br />
       <b>Pensez-vous que les confrontations industrielles et commerciales contemporaines puissent légitimement s’inscrire dans la sémantique de la « guerre économique » ?</b>       <br />
       Dans la sémantique non, car je ne pense pas qu’il faille parler de guerre économique. La guerre n’est jamais souhaitable si elle est évitable. Je pense qu’il faut défendre nos intérêts. Il ne faut pas être naïf vis-à-vis de notre environnement géoéconomique. Jean-Michel Quatrepoint a publié un livre de qualité sur la querelle des empires, les rapports entre les Etats-Unis, la Chine, et l’Allemagne (1). L’Allemagne est aujourd’hui l’atelier industriel du monde pour le haut de gamme mais combien de temps encore avant qu’elle ne soit remplacée par la Chine ? Il faut étudier ces phénomènes, il faut être réaliste. Si nous ne sommes pas soucieux de réindustrialiser le pays à travers des technologies numériques ou la robotisation, nous ne reconstruirons pas une structure industrielle solide.       <br />
              <br />
       La stratégie économique des grands pays est très mal étudiée. Je suis frappé de voir que les responsables politiques abordent les dossiers de manière très sectorielle, sans vue d’ensemble, sans voir ce qu’est en réalité la stratégie elle-même, ce qui fait l’originalité d’un pays par rapport à l’autre. La France, par exemple, a un déficit dans le domaine de l’automobile de 10 milliards. En 2006, nous avions un excédent de 10 milliards. L’Allemagne a elle un excédent de 100 milliards. En matière de biens d’équipement également, l’Allemagne a un excédent de 80 milliards. Dans quel secteur sommes-nous mieux placés que l’Allemagne ? Celui de l’aéronautique (20 milliards contre 13) et de l’agroalimentaire mais cela ne se joue qu’à 2 ou 3 milliards près. On ne regarde qu’avec peu d’attention les balances commerciales et les balances des paiements courants, les documents de base qu’il faut connaître et analyser pour comprendre ce qui nous arrive.        <br />
              <br />
       Il faut analyser l’état des pays, établir un diagnostic et comprendre leur projet. Quel est le projet de l’Allemagne ? Les Allemands exportent de plus en plus hors de l’UE, vers la Russie, la Chine, l’Inde, mais surtout vers les Etats-Unis. Cela explique beaucoup de choses par rapport au Traité Transatlantique. Les grands groupes allemands y sont en effet favorables car il leur permettrait de créer des plateformes à bas coûts à la frontière des Etats-Unis et du Mexique. Mais ce n’est peut-être pas dans l’intérêt de tous les Allemands de favoriser une politique qui va aboutir à la délocalisation de grandes unités de production aujourd’hui allemandes. Que va-t-il rester de la politique allemande dite du Standort Deutschland ? Parce qu’il y a des visions contradictoires dans la stratégie mondiale. La stratégie du capitalisme avancée avec le néo libéralisme a consisté à délocaliser une grande partie des unités de production vers les pays à bas coûts, tout en maintenant la centralisation des dividendes. Le capital ne reste pas dans les pays où il est investi, il revient. Mais en même temps, au bout de 20 ans, on s’aperçoit que la balance commerciale américaine est déficitaire de 500 à 600 milliards de dollars dont 200 par rapport à la Chine. M. Obama s’attache aujourd’hui à poursuivre une stratégie de relocalisation industrielle. Les systèmes économiques ne sont pas gouvernés par la raison politique, ils ont leur propre logique qui échappe à la volonté consciente des hommes. On devra s’interroger un jour, quand on fera le bilan, sur la signification de l’expérience néolibérale menée sous l’impulsion de Mme Tatcher, M. Reagan et plus particulièrement pour l’Europe continentale de M. Delors.        <br />
              <br />
       Ce qui fait défaut à la France est une vision stratégique, une compréhension fine des objectifs poursuivis par les diffé- rents pays, pour mieux se positionner elle-même. La zone euro représente à peine 40% des débouchés de l’Allemagne. Cette dernière s’est servie de la zone euro comme d’un tremplin pour conquérir les marchés mondiaux, parce qu’elle est un acteur mondial, contrairement à la France, à l’Italie et à la Grande-Bretagne. Les hommes politiques français ont une vision extrêmement étroite du champ des relations internationales, très politique. A titre d’exemple, le fait que le pouvoir européen serait concentré à la fois autour de l’Allemagne et de la France est un point de vue plutôt français, en démontre l’absence de traduction en allemand de l’expression « couple franco-allemand ». Nous ne pouvons actuellement parler de « politique industrielle européenne ». La France est aujourd’hui davantage dans une position de « suiveur ». Elle se voit imposer sans concertation des décisions qui ont été prises ailleurs.       <br />
              <br />
       <b>Vos ouvrages ont exploré la fragilisation de l’idée de Nation. N’est-ce pas cette dernière qui nous rend vulnérable dans ce contexte de l’affrontement compétitif mondial ?</b>       <br />
       La mise en commun des souverainetés rêvée par Jean Monnet était celle de deux pays profondément atteints par la Seconde Guerre mondiale ; l’Allemagne et l’Italie, et d’un troisième qui avait miraculeusement récupéré sa souveraineté grâce au Général de Gaulle et qui était en fait le véritable obstacle à une organisation technocratique, au sein d’un marché sous ombrelle américaine constitué de ce qui restait de l’Europe, la partie non vassalisée par l’Union soviétique. A ainsi été créée une sorte de tête de pont sous tutelle américaine. Mais le visage de l’Europe s’est métamorphosé depuis lors. L’erreur serait de croire que l’Europe est restée la même depuis les années fondatrices. Les hommes politiques français de l’époque avaient fait le deuil de la nation et considéraient que les autres pays le faisaient également. Ils n’imaginaient pas que l’Allemagne, l’Italie, ne puissent pas en faire autant. Continuant d’adopter le schéma de pensée des années 50-60, ils n’ont jamais retrouvé le souci d’équilibrer – même d’un point de vue européen, s’ils avaient été vraiment perspicaces – le rapport de forces franco-allemand, actuellement rompu. Et, à plus long terme, l’Allemagne souffrira d’une France trop affaiblie. La France était l’élément d’équilibre qui permettait à l’Europe d’exister politiquement. Là, nous sommes tombés trop bas et nous sommes maltraités. Les Français le ressentent, même s’ils ne le disent pas.       <br />
              <br />
       La construction d’une « Europe européenne » qui aurait ses intérêts distincts de ceux des Etats-Unis avait peu d’importance pour Jean Monnet. Beaucoup pensaient que l’Europe allait pouvoir un jour se substituer à la France. Mais s’ils s’étaient vraiment interrogés, ils auraient compris qu’ils lâ- chaient la proie pour l’ombre. Malheureusement, la France est aujourd’hui placée dans une situation très difficile. Ce n’est toutefois pas une nouveauté, cela s’inscrit dans le fil d’une longue histoire...       <br />
              <br />
       <b>L’affaire Alstom a donné lieu à l’élargissement du décret de 2005 (2) sur les secteurs stratégiques, y adhérez-vous ?</b>       <br />
       Le désengagement de Bouygues ne suffisait pas à légitimer l’abandon d’Alstom à General Electric, il apparaissait normal que l’Etat français réagisse. Alstom, c’est la sédimentation de la commande publique depuis 1879. L’élargissement du décret de 2005 sur le contrôle des investissements étrangers a permis à l’Etat d’engager des négociations avec General Electric.       <br />
              <br />
       Il faut regarder ce qu’il se passe en dessous des événements qu’on nous donne à voir, regarder les tendances longues. On observe ainsi que le déclin de la France remonte à une période lointaine. Déjà très affaiblie économiquement en 1914 par rapport à l’Allemagne, la France sort en outre appauvrie démographiquement de la Première guerre mondiale. Elle a aussi perdu la remarquable combinaison de politique extérieure et de politique de défense dont elle avait su se doter avant 1914. Bien que le général de Gaulle réussît à remettre la France en piste durant les Trente glorieuses, cette dernière est, depuis le milieu des années 70, sur une pente déclinante... Il sera difficile pour la France de se relever. Ce nouvel élan nécessiterait un changement d’état d’esprit et un retour de confiance de la France en elle-même. C’est parce que nos classes dirigeantes ont cessé depuis longtemps de croire à la France qu’il est si difficile de remotiver le pays dans son ensemble. Mais tout n’est peut-être pas perdu...       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>A Bruxelles, on a répondu à Poutine : "Allez vous faire foutre !"</title>
   <pubDate>Fri, 13 Feb 2015 11:10:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1, jeudi 12 février 2015. Il répondait aux questions de Patrick Roger, Catherine Nay, Olivier Duhamel et Serge July.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Partie 1</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> L'accord de Minsk 2 est une victoire du bon sens. C'est aussi une victoire de François Hollande, qui avait entrepris de longue date une sorte de médiation dans cette affaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je m'étais rendu en Russie, au début du mois de mai 2014, pour rencontrer Vladimir Poutine, à la demande de François Hollande, avec une lettre de sa part que j'ai transmise à Vladimir Poutine. Nous avons eu un long entretien, en tête à tête, pour essayer de débroussailler cette question difficile, qu'on aurait pu éviter.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La crise ukrainienne est très largement née d'un mal-entendu. Dans le cadre du Partenariat oriental, l'UE a négocié avec l'Ukraine un accord d'association, c'est à dire de libre-échange, en « oubliant » qu'il y avait déjà un libre-échange entre la Russie et l'Ukraine, que ces deux économies étaient très intriquées, et que tout cela allait poser beaucoup de problèmes compte tenu de la situation financière difficile de l'Ukraine. Poutine m'a dit qu'il était allé en janvier 2014 à Bruxelles, pour demander à voir M. Barrosso, et puis d'autres, et on lui a répondu : « <span style="font-style:italic">Mais cette affaire ne vous regarde pas</span> ». Et je vais vous rapporter quelque chose qui vous surprendra, ce qu'on lui a répondu, c'est : « <span style="font-style:italic">Allez vous faire foutre !</span> ». « <span style="font-style:italic">L'Ukraine est un pays souverain, vous n'avez absolument rien à voir dans la négociation d'un accord d'association entre l'UE et l'Ukraine</span> ». </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur le dossier ukrainien</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Il y a un accord qui a été négocié. L'UE a mis 560 millions de dollars sur la table, les Russes 15 milliards, un rabais du prix du gaz, et Yanoukovitch, président de l'Ukraine à ce moment là, qui a très mauvaise réputation, mais enfin qui a quand même été élu, a dit qu'on allait reporter l'accord avec l'UE pour regarder un peu ce qu'il y a dedans. J'observe qu'aujourd'hui on a reporté à la fin-2015 la mise en œuvre de cet accord, qui pose évidemment beaucoup de problèmes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Peu de gens (parmi les élites) connaissent les problèmes de l'Ukraine. La plupart ne savent même pas situer l'Ukraine sur une carte ! Ils ne savent pas que c'est un pays hétérogène, dont la partie occidentale a appartenu à l'Autriche-Hongrie avant 1914, à la Pologne avant 1939, tandis que l'est faisait partie de la Russie comme la Franche-Comté de la France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe ne doit pas se construire contre la Russie. Quiconque connaît le peuple russe sait que c'est un peuple européen, que la Russie apporte beaucoup à la culture européenne.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je me réjouis de l'initiative commune franco-allemande, remarquable, d'autant plus que jusqu'à maintenant, la France et l'Allemagne n'ont pas vraiment tiré ensemble dans la même direction.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a des gens qui voudraient ressusciter la Guerre froide, parce qu'ils n'ont pas de culture. Ils sont les héritiers d'une façon de voir, et puis si on raisonne en géopolitique, il y a des gens pour qui l'Ukraine a quelque chose de spécifique. Brezinski, qui a été un conseiller de Carter, et qui reste une personnalité influente aux USA, a écrit dans un livre de 1998 que, pour empêcher la Russie de redevenir une grande puissance, il fallait soustraire l'Ukraine à son influence. Il a un peu changé d'avis aujourd'hui. Mais j'observe qu'il y a les révolutions de couleurs, la Révolution Orange en 2004, qu'en 2008 les USA de Bush voulaient faire entre l'Ukraine dans l'OTAN – la France et l'Allemagne s'y étaient opposées... </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Partie 2</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le dossier ukrainien (suite)</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Ma rencontre avec Poutine en mai 2014 avait aussi pour objet de préparer sa venue en France, à l'occasion des célébrations de commémoration du Débarquement, et notamment sa rencontre avec Porochenko – c'est le format Normandie, qui s'est imposé progressivement, et qui hier a obtenu des résultats remarquables.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je me suis rendu depuis à Moscou, quand c'était utile. J'y suis allé au mois de septembre pour voir le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine. Je m'efforce, en tant que représentant économique de la diplomatie française en Russie, de développer nos échanges avec la Russie. C'est 9 milliards d'exportations pour nous en 2012, le seul marché du monde avec Singapour où la France a gagné des parts de marché depuis 2000, où il y a des enjeux stratégiques colossaux.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Pourquoi l'accord a abouti ? Je pense qu'il y avait la volonté de François Hollande de ne pas laisser entrer l'Europe dans un processus de Guerre froide. Les Allemands étaient plus partagés, malgré leurs considérables intérêts économiques en Russie, parce qu'ils sont également soumis aux pressions des États-Unis.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Après la tentative d'adhésion à l'OTAN, il y a eu la tentative d'accord d'association, les événements de Maiden, qui peuvent être vus comme une révolution, si on se place du côté européen, et comme un coup d'Etat si on se place du point de vue russe... N'est-il pas idiot de vouloir enfermer l'Ukraine dans un choix impossible : l'Europe ou la Russie ? L'Ukraine est entre la Russie et l'Europe !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les sanctions ont un effet très rude sur la Russie, mais aussi sur nous. Nos exportations vers la Russie vont diminuer de 3 milliards, ce qui n'est pas tout à fait négligeable quand on a un déficit commercial de 53 milliards. Cela dit l'effet des sanctions est bien moindre que l'écroulement des prix du pétrole, passé de 115$ le baril au mois de juin à 55 aujourd'hui. C'est 35% du PIB russe, la moitié des recettes fiscales, 60% des exportations russes, c'est donc une variable fondamentale, et Poutine est obligé de tenir compte de tout cela.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut écouter la Russie, prendre en compte ce qu'elle dit, si on veut construire une grande Europe. Avoir avec un partenariat avec la Russie, c'est l'intérêt de tous les européens, c'est le bon sens.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Peut-être qu'il vaut mieux dépendre de la Russie pour le gaz que du Qatar, enfin ça se discute !       
       </li></ul><ul class="list"><li> François Hollande a montré beaucoup de détermination, beaucoup de conviction dans cette affaire là. Il a obtenu ce résultat, ces accords, il faut le mettre à son actif. C'est un homme très calme, et ce sang froid, cette sérénité a été apprécié en cette circonstance, et aussi au début de l'année au moment des attentats, et cela n'empêche pas la détermination.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <b>Partie 3</b>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Je ne m'exprime pas sur l'affaire DSK. Cela ne m'intéresse pas.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Après les attentats</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Vous l'avez peut-être lu, un philosophe allemand, Peter Sloterdijk, a dit qu'il avait été surpris par la capacité du peuple français à se lever, à faire bloc, à montrer que la République était une idée toujours vivante. Et venant de Sloterdijk, qui n'est pas tendre pour la France en général, et bien c'est tout à fait étonnant de voir son admiration pour la dignité du peuple français, sa volonté de vivre dans un pays où l'on peut dire ce que l'on veut.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Cette réaction du peuple français est formidable. Elle nous a donné une visibilité mondiale, qu'on ne croyait plus avoir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La République ne passe pas par les gènes. La république est une création politique, très politique, de la France, qui est devenue une nation et qui s'est considérée ensuite comme une République.  C'est tout un corps de règles, c'est une communauté de citoyens, cela passe par la séparation de l’Église et de l’État, la laïcité, le vivre-ensemble, le respect des opinions de l'autre, mais en même temps l'écoute, la confiance faite à la raison naturelle pour s'entendre sur ce qu'est l'intérêt général. Bref, un code très élaboré.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La République ne demande pas que l'islam s'adapte à la mentalité française, mais que l'islam soit compatible avec la République, tout simplement, qu'il respecte la séparation entre le domaine du religieux, de la croyance, de la transcendance, et puis la sphère publique, qui est la sphère du débat, la sphère civique. On peut être Français et musulman sans aucun problème si on accepte cela.         
       </li></ul><ul class="list"><li> Il ne faut pas vivre cet événement dans le temps de la communication qui est celui du court terme. Il faut avoir une vision stratégique. L'intégration de jeunes générations, venues d'ailleurs, à la République et à la France, c'est probablement l'affaire de une, deux, trois générations. Je recommande beaucoup de calme, de sang froid, une vision à long terme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> D'abord, il faut savoir qui nous sommes. Nous sommes la France, la nation, la République,  mais la République comme communauté de citoyens, sans distinction d'origine. Nous devons d'abord avoir la fierté de ce qu'est la France, de notre histoire, sans la laisser polluer par des repentances souvent injustifiées. Un pays qui s'aime peut agréger ; un pays qui se débine tous les jours n'aspire aucun attrait.         
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce n'est pas incompatible de dire que ces manifestations ont été un sursaut, mais que le pays connaît des difficultés. La production industrielle est 15% en dessous de son niveau de 2007, c'est une réalité. Mais il n'y a pas que cela : il y a de moins en moins de suicides, d'homicides, on ne le dit jamais !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que les problèmes de l'islam doivent d'abord être traités par les musulmans. La fondation Res Publica, que je préside, va organiser un colloque intitulé « stratégies de déradicalisation ». Comment peut-on aboutir à cela ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les institutions représentatives du culte musulman sont critiquées, mais il faut laisser aux choses le temps de se faire. C'est moi qui ait lancé la consultation sur l'islam de France, en 1999. Cela a été repris par Nicolas Sarkozy qui a créé le CFCM. Cela n'a pas donné des résultats mirobolants jusqu'à présent, mais le problème de la construction des mosquées, par exemple, a été quasiment résolu.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On avait évoqué une fondation créé par des entreprises privées travaillant avec des pays de tradition musulmane pour le financement, cela ne s'est pas fait par manque de volonté politique. Et même chose pour la formation des imams : ça a fini par se faire, à Strasbourg – je l'avais suggéré à l'époque – mais à une beaucoup trop petite échelle. J'avais suggéré un Institut des Hautes Etudes Musulmanes, cela n'a pas été suivi des faits, parce que je me suis heurté à un certain nombre de blocages. Mais ces idées feront leur chemin. Et je suis absolument persuadé que nous allons réussir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je préfère le terme d'intégration à celui d'assimilation. L'assimilation se réfère à une identité figée, immobile. J'avais confié une mission à Jacques Berque en 1985 à ce sujet, un rapport public intitulé « l'immigration à l'école de la République ». Jacques Berque me disait que la France a une identitié qui a évolué lentement : des apports italiens au XVIe et XVIIe siècles, espagnols, anglais, allemands, maintenant arabes... Cette identité est évolutive. Donc n'employons pas le mot assimilation, n'employons pas non plus le mot insertion, qui donne l'impression que c'est une gousse d'ail dans le rôti, employons le mot intégration. Intégration, ça veut dire que la France garde une identité structurée. Sa personnalité peut changer au fil des siècles, mais elle reste structurée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France n’intègre pas aujourd'hui, mais c'est d'abord sa responsabilité. Elle ne s'aime pas. Son histoire, elle ne l'enseigne plus. Son récit national est brisé. Il n'y a pas une lecture cohérente  de notre histoire au XXe siècle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France doit résoudre ses problèmes d'emplois, qui touchent beaucoup de jeunes.         
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/6426cd0558ad527f08764c8b1dd908bd9776b8f4" width="608" height="372">
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     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Partie 4</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la fusion Alstom/GE</span>       <br />
       <ul class="list"><li> J'avais salué l'accord intervenu entre Alstom et General Electrics, sur le rachat de la branche énergie d'Alstom, que j'avais trouvé équilibré, au mois de juin. Cet accord prévoyait la création de trois co-entreprises. Mais, l'information m'est venue à l'oreille que le partage dans ces co-entreprises n'était pas tout à fait 50/50, entre Alstom et GE : GE a une ou deux actions de plus, notamment dans la filiale stratégique qui concerne les turbines à vapeur et les turbines nucléaires. Je me suis intéressé d'un peu plus près à l'affaire, je suis allé voir Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, il y a quelques jours, j'ai pris connaissance du fond du dossier, que je connaissais pas, en particulier des annexes en Anglais, et je me suis aperçu qu'en effet, dans l'accord initial, il y avait ce petit déséquilibre qui entraîne de gros déséquilibres dans la gestion.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je considère que la présentation qui avait été faite de l'accord au mois de Juin n'était pas exacte. Les pouvoirs publics ont présenté cet accord comme étant équilibré, et je pense qu'il n'est pas si équilibré que cela, même si l’État conserve un droit de veto sur certaines décisions. Je suis en train d'étudier ce dossier, qui est épais, et il y a des points qui me paraissent obscurs, notamment s'agissant de la propriété de la turbine Arabelle : est-ce que la licence appartient à une entité française, où à une co-entreprise ? Ce point n'est pas clair.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Emmanuel Macron m'a reçu avec franchise et nous sommes en train de travailler pour que les intérêts du pays soit le mieux possible préservés. La turbine Arabelle est une énorme turbine que nous exportons à la Chine, à la Russie. Il faut être sûr qu'à un moment donné il n'y aurait pas de conflits d'intérêts avec les États-Unis.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Loi Macron</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La loi Macron est très complexe parce qu'elle touche a des sujets très divers. Soutenir l'investissement, c'est bien. Mais sur le travail le dimanche, j'ai toujours été réticent.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Front National et Europe</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le taux de chômage est de 13,5% dans la 4ème circonscription du Doubs, l'une des plus ouvrières de France. Peugeot est le premier employeur de la région. L'Etat a fait quelque chose de bien pour Peugeot, en montant au capital pour équilibrer l'arrivée des chinois de Dongfeng.        
       </li></ul><ul class="list"><li> En même temps, il faut le dire, la montée du chômage n'est pas enrayée. Pour moi, la monnaie unique est un choix eronné. Je ne suis pas contre l'Europe, je tiens à le préciser. Je crois en la solidarité croissante des nations européennes. Mais je pense que le fait d'avoir voulu la même monnaie pour des pays aussi différents que l'Allemagne et la Grèce, cela ne marche pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que l'échec de l'euro fait voter FN parce que cela ralentit beaucoup la croissance de la France, et depuis très longtemps. Au temps de M. Balladur, quand nous sommes restés accrochés au Deutsche Mark, alors que toutes les autres monnaies européennes dévaluaient, en 1993, M. Sarkozy était ministre du Budget, notre endettement est passé de 32% du PIB en 1991 à 58% en 1997. L'histoire de l'endettement de la France tient beaucoup à nos erreurs de politique monétaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La monnaie unique empêche une flexibilité qui est la règle partout dans le monde, et notamment entre les pays du Nord et Sud de l'Europe, qui n'est pas la même. Alors, ou on redresse la compétitivité défaillante de ces pays par des plans de dévaluation interne, en réduisant les salaires, les retraites, la protection sociale, et on a vu l'échec que cela donne en Grèce, en l'Espagne... ou bien on essaye de penser plus finement et introduire des clauses de flexibilité monétaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ces réformes monétaires sont difficiles parce que nos amis Allemands sont ce qui sont, leurs incontestables qualités qui sont aussi des défauts quelque fois : leur orthodoxie ordolibérale est excessive, et notamment vis-à-vis de la Grèce. Il faudrait donner à ce pays un peu de souplesse pour lui donner le temps de récupérer. Je pense que ce serait bon aussi pour la France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si les ouvriers sentaient qu'il y avait des repères sûrs dans l'Etat, le pays, etc, ils redresseraient la tête, ils auraient davantage confiance, et plutôt que d'égarer leur confiance à Marine le Pen, ils l'apporteraient à des républicains anthentiques.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/A-Bruxelles-on-a-repondu-a-Poutine-Allez-vous-faire-foutre-_a1691.html</link>
  </item>

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   <title>Alstom - General Electric: les intérêts de la France préservés</title>
   <pubDate>Fri, 20 Jun 2014 20:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Sous réserve d’informations complémentaires, je considère que le compromis auquel le gouvernement est parvenu avec General Electric préserve les intérêts de la France.       <br />
              <br />
       La montée de l’Etat au capital d’Alstom à hauteur de 20% est un peu faible. Mais d’autres garanties semblent avoir été prises.       <br />
              <br />
       Il faut féliciter le Président de la République et le gouvernement, tout spécialement Arnaud Montebourg, d’être parvenus à ce résultat qui paraissait hors d’atteinte il y a deux mois quand l’annonce d’une simple reprise d’Alstom par General Electric a été faite.       <br />
              <br />
       Je forme mes vœux pour la réussite de la coopération Alstom-General Electric dont j’espère qu’elle s’avèrera aussi fructueuse dans l’avenir que celle tissée depuis quarante ans dans les moteurs d’avions entre General Electric et Snecma-Safran.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Alstom-General-Electric-les-interets-de-la-France-preserves_a1642.html</link>
  </item>

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   <title>M. Meslot et Alstom</title>
   <pubDate>Wed, 28 May 2014 17:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Je regrette que M. Damien Meslot, Député-Maire de Belfort et Président de la Communauté de l’Agglomération Belfortaine, appuie sans aucune restriction le rachat d’Alstom par General Electric.        <br />
              <br />
       Je considère que la présence au capital, directe ou indirecte, de l’Etat préserverait mieux les intérêts à long terme de l’industrie française et de l’emploi. Une telle présence de l’Etat n’empêcherait nullement la conclusion d’un partenariat avec une entreprise extérieure si telle était l’intérêt d’Alstom, dont le nom et le renom ne doivent pas disparaître. Tel est l’intérêt bien compris, aussi bien du pays que du Territoire de Belfort
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/M-Meslot-et-Alstom_a1634.html</link>
  </item>

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   <title>Un actionnaire public pour remplacer Bouygues au capital d’Alstom</title>
   <pubDate>Fri, 23 May 2014 18:36:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      J’ai rencontré plusieurs des acteurs du dossier Alstom et sensibilisé directement les autorités de l’État.        <br />
              <br />
       J’apprécie positivement le « décret Montebourg » qui donne à l’Etat en France (comme aux États-Unis, en Allemagne, en Italie et en Espagne) la possibilité de s’opposer à la vente d’un actif majeur du point de vue de notre indépendance énergétique.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Alstom est décrit comme trop petit</b> (20 milliards du CA contre 78 à Siemens et 146 à General Electric). Cela vient du fait que ces deux dernières entreprises sont des conglomérats industriels qui regroupent par exemple le matériel médical (pour les deux), les moteurs d’avions pour General Electric, etc.       <br />
              <br />
       Alstom, lui aussi, faisait partie d’un conglomérat : la CGE (Compagnie Générale d’Electricité dirigée par Ambroise Roux avant 1981). Nationalisée en 1982, la CGE devenue Alcatel Alstom regroupait :       <br />
              <br />
       1. le téléphone (Alcatel)       <br />
              <br />
       2. l’énergie (Alstom) : turbines à vapeur et à gaz, turbines « Arabelle » pour le nucléaire, alternateurs, moteurs, transmission, design des centrales thermiques (à vapeur, au gaz ou à cycle combiné (Plant »), hydraulique, etc.        <br />
              <br />
       3. l’ingénierie électrique : Cegelec, filiale d’Alstom jusqu’au début des années 2000 ;       <br />
              <br />
       4. la construction navale (Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire) ;       <br />
              <br />
       5. le transport ferroviaire : locomotives de fret et de voyageurs – trains à grande vitesse – tramways – métros).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>II – Le démantèlement du groupe Alcatel-Alstom</b> est la conséquence non seulement de la privatisation intervenue en 1986-87, mais d’une longue suite d’erreurs caractéristiques de la « financiarisation » qui a suivi le départ de Pierre Suard (et de P. Desgeorges), avec l’adoption par Serge Tchuruk, devenu Président d’Alcatel-Alsthom, de la théorie du « pure player » :       <br />
              <br />
       1. mise en bourse d’Alstom préalablement délestée de sa trésorerie par Alcatel (1996) ;       <br />
              <br />
       2. cession des Cables de Lyon devenus Nexans ;       <br />
              <br />
       3. rachat désastreux par le Président d’Alstom, M. Bilger, des turbines à gaz d’ABB (Brown-Boveri, groupe helvetico-germano-suédois, basé à Baden près de Zurich) et abandon corrélatif des turbines à gaz fabriquées à Belfort sous licence General Electric depuis vingt ans. Cette opération autorisée en mars 1999 par Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l’Economie et des Finances,  s’est révélée une terrible erreur : General Electric, qui travaille aussi dans les moteurs d’avion (et dans l’armement) reçoit des aides considérables du budget fédéral américain au titre des « études » : or les turbines d’avion sont des turbines à gaz : les deux technologies sont très proches.       <br />
              <br />
       Comme il fallait s’y attendre, les turbines d’ABB révélèrent rapidement leurs défauts : Alstom a essuyé des pertes considérables qui l’ont conduit à une quasi faillite en 2003. Quand Patrick Kron, dans le Monde du 30 avril 2014 déclare « Alstom a vendu dix turbines à gaz en un an, alors que CE en a vendu trente en un trimestre », il énonce la conséquence directe de l’énorme erreur commise en 1999 par le patron d’Alstom de l’époque, M. Bilger (je n’ai à aucun moment été consulté sur cette décision de politique industrielle, bien qu’alors ministre de l’Intérieur mais aussi élu de Belfort et du Territoire de Belfort).       <br />
              <br />
       4. Cégelec, filiale d’ingénierie d’Alstom, a été rachetée au début des années 2000 grâce à une opération de LBO par le directeur général d’Alstom de l’époque qui en est devenu président. Cégelec, à ma connaissance a disparu aujourd’hui.       <br />
              <br />
       5. Menacée de faillite au printemps 2003, Alstom n’a dû son salut qu’à la montée au capital de l’Etat décidée par le président de la République, Jacques Chirac, alerté par mes soins. Le secrétaire général adjoint, J.P. Denis, a été convoqué dans le bureau du Président de la République et a reçu mission de réunir les soixante banques, dont trente étrangères et notamment américaines, pour réunir les 11 milliards de cautions dont Alstom avait besoin pour ne pas mettre la clé sous la porte. Il était déjà question d’une reprise par Siemens. Le Ministre de l’Economie et des Finances, (M. Mer, a commis l’erreur  de ne pas informer Bruxelles) attira sur Alstom les foudres du Commissaire à la Concurrence, M. Monti. Celui-ci qui voulait un rachat par Siemens et déjà la fermeture du site de Belfort, s’est heurté au Ministre de l’Economie et des Finances qui avait succédé à M. Mer, Nicolas Sarkozy. Celui-ci a obtenu l’autorisation de Bruxelles de faire monter l’Etat au capital d’Alstom mais M. Monti  a posé comme condition à « l’aide d’Etat » fournie à Alstom la cession d’une part des chantiers navals de Saint-Nazaire à un repreneur norvégien qui s’en est défait ensuite au profit d’un Coréen, et d’autre part la vente de la branche T and D (transmission et distribution) reprise par Areva.       <br />
              <br />
       6. L’Etat a ensuite cédé sa participation (en 2006) à Bouygues, Alstom étant alors en plein redressement. Les synergies alors escomptées à travers le génie civil et surtout le rachat d’Areva ne se sont pas concrétisés. Bouygues n’a plus d’intérêt réel pour maintenir sa participation dans Alstom. La volonté de Bouygues de se dégager d’Alstom est le facteur déclencheur de la crise actuelle. S’il faut lui trouver un successeur, mieux vaudrait un groupe français, de préférence public, ayant de réelles synergies avec Alstom.       <br />
              <br />
       7. Je n’épiloguerai pas sur le sort funeste d’Alcatel, contraint à fusionner avec l’américain Lucent. La proposition de « l’entreprise sans usines » de M. Tchuruk devenait réalité…        <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Que faire ?</b>       <br />
              <br />
       Alstom n’a pas le couteau sous la gorge (son plan de charges est encore bien garni), mais a certainement besoin à terme d’un adossement financier français (entreprises publiques ou Etat en tant qu’ »actionnaire avisé »). Un partenariat extérieur peut être intéressant.       <br />
              <br />
       1.  Les synergies avec General Electric sont à première vue plus évidentes qu’avec Siemens. Alstom est meilleur pour les turbines à vapeur que General Electric. Plus de 20 % du parc mondial installé l’est sous licence Alstom. General Electric est déjà présent dans les turbines à gaz, au cœur même du site Alstom de Belfort (respectivement 1800 et 2800 emplois sur un total de 6500 emplois sur le site Techn’hom). Un rapprochement favoriserait la production de centrales à cycle combiné (vapeur + gaz).        <br />
              <br />
       Alstom est « dans le coup » pour les centrales à charbon (probablement le premier mondial) avec ou sans rétention de CO2. La technologie  « avec rétention de CO2»  se  rapproche de celle des turbines à gaz. Alstom est également dans le coup pour le transport et la distribution d’électricité, secteur qui intéresse fortement GE, et pour l’hydraulique (position mondiale) et les stations de pompage (eau douce, eau de mer).        <br />
              <br />
       Alstom est encore peu présent dans le solaire et pas du tout dans le biogaz, à la différence de GE, et très peu dans l’éolien terrestre. Quant à l’éolien « off shore », les coûts de production demeurent prohibitifs à l’heure où les économies sont à l’ordre du jour. Dans le domaine nucléaire, Belfort est le centre d’excellence d’Alstom. Il souffre de la rareté des commandes (à part l’EPR de Flamanville, une turbine géante Arabelle pour la centrale de Saint-Pétersbourg, et bien sûr la maintenance du parc existant).       <br />
              <br />
       Si un accord devait intervenir avec GE, Alstom devrait obtenir d’être le Centre européen (y compris pour le Moyen-Orient et l’Afrique) de certains pôles (thermique à Belfort– hydraulique – transport et distribution d’électricité). Il ne suffit pas de localiser en France des « sièges européens ». Il faut, à mon sens, conserver une part importante dans le capital d’Alstom à l’Etat et/ou à un groupe public. Qui tient le capital, détient la décision.       <br />
              <br />
       La question se pose de savoir si une ou plusieurs co-entreprises peuvent être constituées dans un rapport de forces au capital qui maintiennent Alstom comme le grand acteur français de la production énergétique. Le nom et le renom « Alstom » ne doivent pas disparaître.        <br />
              <br />
       Un second problème est lié aux privilèges extraterritoriaux (embargos, sanctions, amendes) que s’octroient les Américains en s’appuyant sur l’immensité de leur marché, leur protection militaire et donc la dépendance de leurs « alliés », et enfin la part de technologie américaine contenue dans les produits.        <br />
              <br />
       Quelles assurances le gouvernement américain et General Electric sont-ils prêts à donner à ce sujet ? C’est une question décisive pour notre indépendance.        <br />
              <br />
       A supposer que ces points puissent être éclaircis, un partenariat équilibré pourrait être noué avec General Electric en matière énergétique. Resterait pendant le sort d’Alstom Transport. L’apport par General Electric de son département signalisation faciliterait à coup sûr un accord.       <br />
              <br />
              <br />
       2. La deuxième piste de coopération concerne Siemens, qui à ce jour, 23 mai, n’a pas encore déposé d’offre.       <br />
              <br />
       Si deux géants européens pouvaient être constitués dans le domaine de l’énergie et du transport ferroviaire sur le modèle d’Airbus (avec égalité au capital d’un partenaire allemand et d’un partenaire français, de préférence public), cette perspective aurait évidemment un sens.        <br />
              <br />
       Il faut en effet se donner les moyens de traiter les redondances manifestes entes Alstom et Siemens, tant dans le secteur énergétique (turbines à vapeur) que dans le secteur transport.       <br />
              <br />
       Les sites des deux groupes en Europe sont nombreux. Avec la cogestion et la puissance du syndicat IG Metall, on peut être sûr que les sites allemands seront bien défendus. La situation n’est pas la même du côté français. Traditionnellement la France compense « l’individualisme » bien connu de ses acteurs par la présence de l’Etat au capital.       <br />
              <br />
       S’agissant des turbines nucléaires les actionnaires français doivent être majoritaires dans une filiale ad hoc pour privilégier l’indépendance de la filière nucléaire française.       <br />
              <br />
       Si Belfort devait devenir « Headquarter » dans le cadre d’un accord Alstom-Siemens pour les turbines à vapeur, comme cela m’a été dit, la question du site allemand de Duisburg devrait être traitée en parallèle. A noter que General Electric propose également de faire de Belfort son siège européen pour la fabrication de ses centrales non seulement à gaz mais aussi à vapeur et à cycles combinés. Tout cela mérite d’être clairement explicité. L’avenir du site de Belfort où coexistent déjà les turbines à vapeur d’Alstom et les turbines à gaz de General Electric doit être traité sous toutes ses dimensions (production, recherche, diversification, emplois).       <br />
              <br />
       S’agissant du transport ferroviaire, il convient de se rappeler que le chiffre d’affaires du secteur est environ le tiers du secteur énergétique. L’échange énergie contre transport ferroviaire serait déséquilibré : un cheval contre une alouette.       <br />
              <br />
              <br />
       La perte d’un « fleuron national » comme Alstom serait la marque du déclassement de la France par rapport aux « grands pays » qui conservent ou construisent leurs « champions » : GE, Siemens, Hitachi, Shangaï Electric, Rosatom etc.       <br />
              <br />
       Dans le ballet des avocats et banquiers d’affaires, consultants, communicants, lobbystes en tout genre qui tournoient autour du dossier Alstom, l’État doit présenter en toute clarté ses analyses, ses critères et ses choix à la représentation nationale, car s’agissant d’Alstom, c’est bien de l’intérêt national qu’il s’agit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Un-actionnaire-public-pour-remplacer-Bouygues-au-capital-d-Alstom_a1632.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Qui tient le capital, tient la décision</title>
   <pubDate>Fri, 16 May 2014 10:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Jean-Pierre Chevènement, Sénateur du Territoire de Belfort a reçu ce jour, à son bureau belfortain, M. Steve Bolze, Président de General Electric Power and Water, Madame Clara Gaymard, Présidente General Electric Europe et Vice-présidente GE International, ainsi que M. Ricardo Cordoba, Président GE Energie Europe de l’Ouest et Afrique du Nord et M. François Cavan, directeur du site GE belfortain.       <br />
               <br />
       M. Steve Bolze a développé l’idée qu’Alstom avait, sur plusieurs marchés et dans l’avenir, un problème de taille. Alstom et General Electric sont complémentaires en terme de technologies et de marchés.       <br />
               <br />
       Jean-Pierre Chevènement a posé le problème d’un partenariat dans le capital de l’éventuelle, ou des éventuelles entités qui pourraient être constituées. Il a enfin insisté sur la préservation du nom &quot;Alstom&quot;.       <br />
               <br />
       La localisation du siège européen à Belfort pour toutes les catégories de centrales est évidemment un point important. Mais il n’est pas le seul. L’association au capital est un point décisif car en dernier ressort, qui tient le capital, tient la décision.       <br />
               <br />
       Il est évident que l’acquisition par Alstom Transports de l’activité signalisation de General Electric peut constituer un atout supplémentaire dans cette association industrielle.       <br />
              <br />
       L’entretien s’est déroulé dans une atmosphère très cordiale. Jean-Pierre Chevènement est déjà intervenu auprès du Président de la République et du ministre de l’industrie, M. Arnaud Montebourg. Il reverra ces autorités ainsi que le Premier Ministre dans les prochains jours.       <br />
        
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Qui-tient-le-capital-tient-la-decision_a1628.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Alstom : "Le langage des généraux de 1940"</title>
   <pubDate>Thu, 01 May 2014 16:53:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Public Sénat, mercredi 30 avril 2014. Il répondait aux questions de Delphine Girard.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/2436e3ec591c398ebc6ca774e5d9b759a84e7216" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express : </span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Alstom</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Je constate qu'en matière d'industrie, nous allons de démantèlements en démantèlements.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On nous dit qu'Alstom est aujourd'hui trop petit dans la mondialisation. Mais n'oublions pas qu'Alstom faisait partie d'un grand groupe, la Compagnie Générale d'Electricité, qui comportait également Alcatel, dans les télécommunications, Nexans, les Chantiers de l'Atlantique, et d'autres filiales encore.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on sépare Alstom de sa branche énergie, il ne restera que la banche transports, dont le chiffre d'affaires est de 6 milliards d'euros. On dire alors que c'est encore trop petit. La France serait devenue trop petite, on peut brader tout cela, cela n'a plus aucune espèce d'importance.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crois qu'il faut absolument combattre ce point de vue, car il est important que la France garde des centres de décision.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crains beaucoup d'autres interventions du même genre par la suite.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le cauchemar de 2003, lorsque l'État s'était porté au secours d'Alstom, c'est le fruit des erreurs de gestion des dirigeants de l'époque, qui ont racheté des turbines à gaz fabriquées en Suisse qui ne marchent pas, qui ont mis l'entreprise quasiment en faillite.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si l'on regarde par rapport à Siemens ou General Electrics, la France avait un conglomérat tout à fait aussi important. Mais d'opérations en opérations, avec la théorie du <span style="font-style:italic">one player</span> comme ils disent, c'est à dire « un métier, une société », on a des sociétés trop petites. Ce sont les mêmes qui nous ont expliqué qu'il fallait des entreprises sans usines. Ces théoriciens du libéralisme nous font beaucoup de mal. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Alstom fait des bénéfices (4 à 5% de rentabilité), a des commandes (50 milliards, environ 3 ans d'activité), donc ce n'est pas du tout une entreprise au bord du gouffre. Pourquoi se jeter dans les bras de General Electrics, si ce n'est pour faire monter le cours de l'action ? C'est une opération financière, intéressante pour les actionnaires, et du point de vue des dirigeants, qui seront sûrement beaucoup mieux rémunérés si le siège social est à l'étranger plutôt qu'en France, puisque les habitudes, qui sont déjà très mauvaises en France, sont encore pires dans un certain nombre d'autres pays étrangers comme les États-Unis ou la Suisse.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Comment faire pour maintenir les centres de décisions en France ? L'État peut-être présent à travers la Caisse des Dépôts. Qu'est-ce qui empêche de créer une<span style="font-style:italic"> golden share</span>, comme dans les pays anglo-saxons ? Une <span style="font-style:italic">golden share</span>, c'est un droit de veto qui est accordé à l'État, du point de vue de l'intérêt général, sur les décisions qui sont prises.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Quand on voit les erreurs de gestion de la direction d'Alstom, on se dit qu'il vaudrait quand même mieux qu'il y ait un regard plus objectif, qui soit jeté par des gens qui se préoccupent vraiment de l'intérêt de la France, de son tissu industriel.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Siemens ressemble davantage à Alstom qu'à General Electrics. GE ne fabrique pas de turbines à vapeur, Alstom et Siemens en fabriquent. Alstom recevrait l'ICE de Siemens, qui viendrait s'ajouter au TGV... mais je pense que le choix n'est pas soit GE soit Siemens : nous avons peut-être la possibilité d'une solution qui préserverait la nationalité française du capital. Sans exclure l'adossement à un groupe étranger, on pourrait faire monter au capital Areva, ou Safran, de façon à préserver une majorité au capital française.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Safran travaille déjà en coopération avec GE sur les moteurs d'avions, et ça se passe très bien, c'est une très belle réussite industrielle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Montebourg se plaint, à mon avis à juste raison, de ne pas avoir été mis au courant des négociations. Il y avait lieu de se cabrer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'État a un point de vue à faire valoir. Ce n'est pas un intérêt parmi d'autres : c'est le point de vue des intérêts de la France. Réduire le déficit du commerce extérieur, défendre l'emploi, les salariés : tout cela, c'est à l'État républicain de s'en assurer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On ne peut pas dire : « j'assume le démantèlement d'Alstom » ou de tel autre. Cela, excusez-moi de vous le dire, c'est le langage des généraux de 1940.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Plan de stabilité</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> L'affaire était bizarre : il y a déjà eu un vote de confiance il y a 15 jours, et là, en plus, il y avait deux documents dont le plan de stabilité, qui découlait du TSCG. Les députés MRC avaient voté contre le TSCG, il était normal qu'ils votent contre le plan.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Du point de vue de la compétitivité, le pacte de compétitivité n'est pas formidable : les quelques centimes que les entreprises pourront gagner sont immédiatement annulés par la moindre variation du cours de l'euro, qui est déjà beaucoup trop cher. De plus, ce plan est indiscrimé : toutes les entreprises, la grande distribution, les banques, peuvent y prétendre.         
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense qu'il faut absolument faire baisser la valeur de la monnaie pour que l'économie française puisse respirer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut ramener l'abstention et les votes contre des députés de gauche à de justes proportions : c'est un coup de semonce qui ne signifie pas qu'ils ne font pas confiance au gouvernement et à Manuel Valls, qui a beaucoup de qualités, mais qui doit aussi écouter ce qu'il lui est dit par la représentation parlementaire.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le Sénat</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Personne ne sait jamais comment les grands électeurs, qui élisent les sénateurs, vont voter. Il n'est pas possible de prédire que le Sénat basculera automatiquement à droite au moment des prochaines élections sénatoriales, en septembre. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Alstom : "Qui tient le capital tient la décision"</title>
   <pubDate>Thu, 01 May 2014 13:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de BFMTV, mercredi 30 avril 2014. Il répondait aux questions de Olivier Truchot.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/eee5f7c15d90a865ce0a5b640530131e13cd63b5" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Je ne fais pas confiance au conseil d'administration d'Alstom, qui nous dit aujourd'hui que l'offre de General Electrics (GE) est la meilleure, parce que, si déjà aujourd'hui co-existent à Belfort Alstom et la filiale turbines à gaz de GE, c'est parce que Alstom a vendu sa filiale turbines à gaz à GE pour racheter celle d'un groupe suisse. Cette opération a conduit au fiasco.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je souhaite que le capital d'Alstom reste majoritairement français, car qui tient le capital tient la décision.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On peut faire monter au capital d'Alstom des entreprises ou l'Etat à une position majoritaire, ou minoritaire, Safran par exemple. Safran produit le moteur d'avion CFM56, une belle réussite, une excellente coopération, entre Safran et GE. Tachons de trouver un équilibre ! Je préférerai que ce soit 49% du capital pour GE et 51% pour la partie française. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> L'Etat en tant qu'actionnaire avisé peut céder des parts dans telle ou telle entreprise, et utiliser les sommes dont il disposera pour les replacer dans Alstom, si nécessaire. La caisse des dépôts, qui est déjà dans le capital pour un très petit montant, pourrait accroître sa participation.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Etat a quand même son mot à dire dans l'avenir d'Alstom. Même Patrice Kron, le PDG d'Alstom, l'a reconnu (difficilement).        
       </li></ul><ul class="list"><li> Arnaud Montebourg essaye d'étudier d'autres offres concurrentes, et je pense que s'il fait monter les enchères, du point de vue de l'intérêt national, il agit dans le bon sens. Et on ne peut pas le critiquer non plus de ne pas avoir réagi. Arnaud Montebourg a fait entendre la voix de l'Etat, et c'était nécessaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'offre de Siemens, c'est « un cheval, une alouette ». Le ferroviaire allemand qui serait laissé à Alstom a certes des développements intéressants devant lui, mais cela ne se compare pas à l'énergie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'énergie c'est d'immenses marchés, d'immenses possibilités, qui s'ouvrent pour nos exportations. Or la France doit rééquilibrer son commerce extérieur. Alors si nous laissons tout partir à l'étranger, après l'acier, l'aluminium, le ciment, le PVC, maintenant l'énergie : à ce moment que restera t-il de la France ? Nous serons un pays vidé de ses industries. Nous serons le parc d'attractions du reste de l'Europe et du monde.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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  </item>

  <item>
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   <title>"L'État doit monter au capital d'Alstom"</title>
   <pubDate>Tue, 29 Apr 2014 08:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro-vox, le lundi 28 avril 2014. Propos recueillis par Alexandre Devecchio.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6574977-9916623.jpg?v=1398753656" alt=""L'État doit monter au capital d'Alstom"" title=""L'État doit monter au capital d'Alstom"" />
     </div>
     <div>
      <b>Le Figaro-vox : Vous avez demandé au Premier ministre d'empêcher un «transfert de propriété» entre Alstom et General Electric. Quelles seraient les conséquences d'un tel transfert ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Avant tout, l'Etat ne peut accepter de se laisser spolier par la manœuvre éclaire et inconsciente de l'actuel PDG, Monsieur Kron qui lui doit tout. En 2004 Alstom ( qui avait le même PDG qu'aujourd'hui) avait été sauvé à grands frais du dépôt de bilan par un plan de refinancement mis en place avec l'aide l'Etat. Et, du nucléaire au TGV, Alstom est le fruit de plus d'un siècle de commandes publiques.       <br />
              <br />
       Il est évident aujourd'hui que la France ne peut abandonner le secteur de l'énergie de production. La reprise de la branche énergie d'Alstom porterait un coup fatal à l'indépendance de notre filière électronucléaire. Elle signifierait l'abandon par la France d'un des derniers pans de son industrie d'équipement: turbines à vapeur, alternateurs de moyenne et de grande puissance ... Ce serait un curieux signe à l'heure où le gouvernement parle de transition énergétique et de lutte contre la désindustrialisation.       <br />
              <br />
       General Electric a déjà repris en 1999 la branche «turbines à gaz» quand Alstom a choisi de reprendre les turbines à gaz fabriquées en Suisse. Ce fut une énorme erreur à laquelle Alstom a failli ne pas survivre. Avec le recul de quinze ans, nous constatons que cette opération autorisée par le Gouvernement de l'époque a abouti à deux résultats: Alstom a vu sa part du marché dans les turbines à gaz, qu'elle fabrique désormais en Suisse, se réduire considérablement. Et General Electric, s'il a dans un premier temps développé ses fabrications à Belfort, relocalise aujourd'hui une part de ses fabrications aux États-Unis, conformément à la volonté du Président Obama.       <br />
              <br />
       La fuite des centres de décision est dramatique et aura à terme des conséquences sur l'emploi et sur la capacité de la France à peser dans la bataille économique mondiale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Comment l'Etat peut-il concrètement empêcher cette vente ?</b>       <br />
       L'Etat peut très bien considérer que la participation faible de la caisse de dépôts lui donne le droit de s'opposer à une telle session. Cette décision peut être ratifiée par un vote du parlement pour que la volonté nationale s'exprime. Monsieur Kron n‘ira pas à l'encontre de celle-ci.       <br />
              <br />
       <b>Siemens a fait une contre-proposition. Cela vous paraît-il une meilleure alternative ?</b>       <br />
       La proposition de Siemens, c'est un peu «je te donne une alouette, tu me donnes un cheval». Sans mésestimer l'importance de la division ferroviaire allemande, l'activité énergie d'Alstom est une acquisition d'une valeur stratégique incomparable. Pour l'heure, la contre-proposition de Siemens ne me paraît donc pas à la hauteur.       <br />
              <br />
       <b>Existe-t-il une solution française? L'Etat doit-il nationaliser Alstom ?</b>       <br />
       L'Etat peut céder une autre participation et monter au capital d'Alstom aux conditions fixées par le droit communautaire. Safran, qui coopère déjà avec General Electric, pourrait prendre une part de l'entreprise. Enfin, je ne suis pas opposé à ce qu'Alstom soit adossé à une entreprise étrangère à condition que celle-ci demeure minoritaire et que le centre de décision reste en France.       <br />
              <br />
       <b>Le gouvernement, qui avait refusé l'option de la nationalisation dans le cas d'Arcelor, semble pour l'heure essentiellement obsédé par la recherche de 50 milliards d'euros d'économies. A-t-il, selon vous, vraiment pris conscience de l'enjeu stratégique que représente l'industrie ?</b>       <br />
       L'argent public sera mieux utilisé de la sorte que par la distribution indiscriminée de 50 milliards d'euros à toutes les entreprises y compris les grandes banques ou les sociétés de grandes distributions qui ne rentrent pas dans la compétition industrielle mondiale.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/28/31001-20140428ARTFIG00363-jean-pierre-chevenement-l-etat-doit-monter-au-capital-d-alstom.php">Le Figaro-vox</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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  </item>

  <item>
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   <title>Alstom : "Le contrôle du capital doit rester français"</title>
   <pubDate>Mon, 28 Apr 2014 11:18:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de RMC lundi 28 avril 2014. Il répondait aux questions de Jean-Jacques Bourdin.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/5b135bc9a7de62912d7bd5dc048ac9f98fa2577d" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>        <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Alstom n'a pas le couteau sous la gorge. Il faut savoir que le groupe a 50 milliards de commandes, 3 ans de plan de charge, une marge bénéficiaire, une rentabilité de 4%. On nous présente le problème comme : est-ce Siemens ? Est-ce General Electric ? Non, le problème ne se pose pas du tout comme ça !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le contrôle du capital doit rester français. Pour moi, il est hors de question que le contrôle du capital passe sous pavillon étranger, qu'il soit américain ou allemand.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je veux dire à Arnaud Montebourg que l'offre Siemens me paraît très déséquilibrée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le secteur de l'énergie c'est 70% du chiffre d'affaires d'Alstom, et c'est l'avenir, car on aura toujours besoin de l'énergie, et l'énergie est au cœur de l'industrie. Si la France abandonne l'énergie, c'est un pan entier de nos industries d'équipements, c'est tout l'électro-nucléaire qui disparaît.        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est une bien curieuse façon d'engager la « transition énergétique » que de commencer par brader ce qui est notre principal actif ! </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Il y a d'autres solutions. L’État peut monter au capital. L'Etat peut obtenir d'autres entreprises françaises  qu'elles montent au capital d'Alstom. Ca peut être Areva, ça peut être Safran, qui fait des turbines pour les avions - c'est une technologie très voisine, et Safran travaille déjà avec General Electrics pour produire le CFM 56, un très gros moteur d'avion qui a beaucoup de succès.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Safran a toutes les capacités techniques, financières, managériales pour monter au capital d'Alstom. Naturellement il faut lever des fonds. L'Etat peut y aider, mais il est parfaitement possible d'avoir une solution française, s'adossant ou non à un investisseur extérieur – ça peut être General Electrics beaucoup plus que Siemens dans le contexte actuel, dont l'offre est profondément déséquilibrée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Montebourg est parfaitement légitime à demander du temps. Une entreprise comme Alstom est installée à Belfort depuis 1880 (locomotives), avant de faire des turbines, des alternateurs, des armements... La richesse d'Alstom est constituée de l'effort national depuis un siècle et demi.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce sont des opérations purement financières visant à faire monter le cours de l'action, et peut être, à délocaliser le siège social, ce qui autorise de plus grandes rémunérations pour les dirigeants – je ne parle pas précisément d'Alstom, mais de Lafarge.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Etat doit intervenir absolument : c'est le principe d'une politique industrielle. Nous avons perdu l'aluminum, Pechiney, dans des conditions invraisemblables. Le PVC, Arkema, filiale de Total passée sous contrôle étranger, le ciment, Lafarge, l'acier avec Arcelor Mittal, maintenant l'électro-mécanique : mais jusqu'où ne descendrons nous pas ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France devient insignifiante parce qu'elle l'a bien voulue. C'est la croyance en la France, c'est la volonté de prendre des décisions à l'aune des intérêts de la France qui fait défaut. Nous ne sommes pas le pistolet sur la tempe.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Alors qu'on se prépare à donner 35 milliards aux entreprises, sans aucune contrepartie, de manière indiscriminée, aussi bien aux grandes banques qu'aux grands groupes de distribution, alors que nous avons 60 milliards de déficit commercial, on laisserait partir à l'étranger un centre de décision majeur ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le défaut de compétitivité de l'économie française vient très largement de la surévaluation de l'euro. Elle tient aussi à beaucoup d'autres facteurs, mais dans l'immédiat la France supporte un euro surévalué. Et ce que va procurer aux entreprises le transfert de 35 à 40 milliards d'euros, représente 3 ou 4 centimes de variation de l'euro. Or, pensez que l'euro est passé de 82 centimes de dollar en 2002 à 1,60 en 2006 et aujourd'hui à 1,40 !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le compte n'y est pas, notre politique n'est pas bien calibrée. PMF disait : « <span style="font-style:italic">il n'y a pas de politiques sans risque, mais il y a des politiques sans chances</span> ». </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/6571824-9911740.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Alstom-Le-controle-du-capital-doit-rester-francais_a1621.html</link>
  </item>

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   <title>Réaction de Chevènement à une possible reprise d'Alstom par GE</title>
   <pubDate>Sat, 26 Apr 2014 12:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   AFP, samedi 26 avril 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6567642-9905137.jpg?v=1398509188" alt="Réaction de Chevènement à une possible reprise d'Alstom par GE" title="Réaction de Chevènement à une possible reprise d'Alstom par GE" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, sénateur du territoire de Belfort, président d'honneur du MRC et ancien ministre, notamment de l'Industrie : &quot;Il est inacceptable que le rachat du secteur énergie d'Alstom par General Electric mette l'Etat devant le fait accompli (...) Je demande que le Conseil d'administration d'Alstom, appelé à entériner un tel accord, soit repoussé à une date permettant aux services du ministre de l'Industrie de faire leur travail. Je suggère que l'Etat monte en capital s'il le faut pour remplacer les actionnaires défaillants. Cet argent sera mieux utilisé de cette façon que par la distribution indiscriminée de 50 milliards d'euros à toutes les entreprises y compris les grandes banques ou les grandes sociétés de distribution qui ne rentrent pas dans la compétition industrielle&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Reaction-de-Chevenement-a-une-possible-reprise-d-Alstom-par-GE_a1620.html</link>
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   <title>Alstom: Chevènement (MRC) écrit à Valls pour empêcher un "transfert de propriété" à General electric</title>
   <pubDate>Sat, 26 Apr 2014 09:09:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, 25 avril 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6566931-9904159.jpg?v=1398479389" alt="Alstom: Chevènement (MRC) écrit à Valls pour empêcher un "transfert de propriété" à General electric" title="Alstom: Chevènement (MRC) écrit à Valls pour empêcher un "transfert de propriété" à General electric" />
     </div>
     <div>
      Le sénateur MRC du Territoire-de-Belfort, Jean-Pierre Chevènement, a demandé vendredi au Premier ministre de &quot;faire valoir aux actionnaires et aux dirigeants des groupes concernés&quot; qu'un &quot;transfert de propriété est hors de question&quot; entre Alstom et General electric.       <br />
              <br />
       Des rumeurs de rachat global du groupe français par le géant américain General electric ont semé le trouble jeudi, le gouvernement temporisant vendredi en annonçant qu'il travaillait &quot;à d'autres solutions&quot; et affichant sa &quot;vigilance patriotique&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Je vous demande instamment, Monsieur le Premier ministre, de bien vouloir faire valoir aux actionnaires et aux dirigeants des groupes concernés que ce transfert de propriété est hors de question. A travers les marchés publics, l'État a les moyens de se faire entendre&quot;, écrit le président d'honneur du Mouvement Citoyen et Républicain (MRC).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Il demande une &quot;prompte intervention&quot; de Matignon, faisant valoir que &quot;la reprise de la branche énergie d'Alstom porterait un coup fatal à l'indépendance de notre filière électronucléaire. Elle signifierait l'abandon par la France d'un des deniers pans de son industrie d'équipement&quot;.       <br />
              <br />
       Le sénateur du Territoire-de-Belfort, où l'usine Alstom est un des maillons forts de l'économie locale, poursuit : &quot;Le groupe américain a déjà repris en 1999 la branche 'turbines à gaz' quand Alstom a choisi de reprendre les turbines à gaz fabriquées en Suisse. Ce fut une énorme erreur à laquelle Alstom a failli ne pas survivre&quot;.       <br />
              <br />
       Il fait valoir que &quot;General Electric, s'il a dans un premier temps développé ses fabrications à Belfort, tend aujourd'hui à relocaliser une part de ses fabrications aux États-Unis, ce qui correspond, semble t-il, aux orientations données par le Président Obama&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Comme l'observe le journal les Echos, la fuite des centres de décision est dramatique : lorsqu'on mesure pleinement les conséquences, comme à la guerre il sera trop tard pour livrer bataille&quot;, conclut-il.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/6566931-9904159.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Alstom-Chevenement-MRC-ecrit-a-Valls-pour-empecher-un-transfert-de-propriete-a-General-electric_a1619.html</link>
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   <title>Alstom: lettre de Jean-Pierre Chevènement au Premier Ministre Manuel Valls</title>
   <pubDate>Sat, 26 Apr 2014 09:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Lettre de Jean-Pierre Chevènement au Premier Ministre Manuel Valls, en réaction au rachat supposé de la branche Energie d’Alstom par General Electric, en date du 25 avril 2014. Une correspondance de même nature a également été adressée le même jour à M. le Ministre de l’Economie et du Redressement Productif Arnaud Montebourg.     <div>
      Monsieur le Premier Ministre,       <br />
               <br />
       La presse économique (<span style="font-style:italic">Les Echos</span> du 25 avril 2014 et <span style="font-style:italic">Le Figaro économie</span> du même jour) annoncent comme très avancé le projet de rachat de la branche énergie (Alstom Power) par General Electric.       <br />
               <br />
       Le groupe américain a déjà repris en 1999 la branche « turbines à gaz » quand Alstom a choisi de reprendre les turbines à gaz fabriquées en Suisse.       <br />
               <br />
       Ce fut une énorme erreur à laquelle Alstom a failli ne pas survivre.       <br />
               <br />
       Avec le recul de quinze ans, nous constatons que cette opération autorisée par le Gouvernement de l’époque a abouti à deux résultats : Alstom a vu sa part du marché dans les turbines à gaz, qu’elle fabrique désormais en Suisse, se réduire considérablement. Par ailleurs, General Electric, s’il a dans un premier temps développé ses fabrications à Belfort, tend aujourd’hui à relocaliser une part de ses fabrications aux États-Unis, ce qui correspond, semble t-il, aux orientations données par le Président Obama.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Cette évolution illustre la nécessité de maintenir en France les centres de décision, comme vous l’avez d’ailleurs évoqué. Nous savons ce que nous a coûté l’abandon d’Usinor-Sacilor à Arcelor, au prétexte de constituer un groupe européen, puis à Mittal, la France s’étant désarmée en acceptant le choix du Luxembourg pour l’implantation du siège social d’Arcelor.       <br />
               <br />
       Il en est allé de même avec Péchiney, abandonné à Alcan sur décision de la Commission européenne avec comme conséquence la fermeture de l’usine de St Jean de Maurienne.       <br />
               <br />
       Hier, c’était le tour de Lafarge dont le siège social a été délocalisé de Paris à Zurich.       <br />
               <br />
       Aujourd’hui, la reprise de la branche énergie d’Alstom porterait un coup fatal à l’indépendance de notre filière électronucléaire. Elle signifierait l’abandon par la France d’un des deniers pans de son industrie d’équipement : turbines à vapeur, alternateurs de moyenne et de grande puissance etc.       <br />
               <br />
       Comme l’observe le journal <span style="font-style:italic">Les Echos</span>, la fuite des centres de décision est dramatique : lorsqu’on mesure pleinement les conséquences, comme à la guerre il sera trop tard pour livrer bataille.       <br />
               <br />
       C’est pourquoi je vous demande instamment, Monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir faire valoir aux actionnaires et aux dirigeants des groupes concernés que ce transfert de propriété est hors de question. A travers les marchés publics, l’État a les moyens de se faire entendre.       <br />
               <br />
       Vous remerciant d’une prompte intervention, je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de ma considération distinguée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Alstom-lettre-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-Premier-Ministre-Manuel-Valls_a1618.html</link>
  </item>

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