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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-12T12:12:49+01:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie</title>
   <pubDate>Tue, 17 Mar 2015 15:03:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au colloque "L'Après-janvier : plus que jamais la République laïque", organisé par le "Comité laïcité et République", samedi 14 mars 2015.     <div>
      Les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 à Paris comportent une leçon essentielle : ils illustrent  a contrario la pertinence de l’idéal laïc pour nous aider à relever le défi.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>I - La laïcité n’est pas tournée contre les religions. </b>       <br />
              <br />
       Définition de la laïcité : c’est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens (formés par l’Ecole de la République)  à s’entendre sur une idée du bien commun  (« Res Publica »), dans un espace public soustrait à l’empire des dogmes.       <br />
              <br />
       La laïcité n’est pas tournée contre les religions ; il y a une déontologie de l’Ecole laïque qu’on trouve dans la lettre de Jules Ferry aux instituteurs. Ne pas confondre laïcité à l’Ecole et liberté d’expression dans l’espace public. La seule limite à cette liberté c’est le refus de l’appel à la haine. Mais un professeur de dessin, à l’Ecole publique, ne peut caricaturer Mahomet.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Manifestation du 11 janvier 2015 : </span>       <br />
              <br />
       Ce que signifie « Je suis Charlie » : je n’admets pas qu’on porte atteinte à la liberté d’expression » et non  « Je suis sur la ligne éditoriale de Charlie ». Encore moins « Je suis contre l’Islam ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les premières victimes du terrorisme sont les musulmans. Il ne m’appartient pas de dire ce qu’est l’Islam. Il y a de multiples interprétations. L’Islam n’est pas plus incompatible avec la laïcité que ne l’était le catholicisme. Dans leur immense majorité, les musulmans de France y voient une religion de paix et de miséricorde. Le Coran comporte très souvent un appel à la rationalité. Il incite à aller « chercher le savoir jusqu’en Chine ».        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II - Le terrorisme djihadiste est un défi que la République peut relever avec sang froid, sérénité et sur la base de ses principes. </b>       <br />
              <br />
       Ce défi du terrorisme djihadiste se situe à l’intersection des tensions qui traversent notre société et des conflits qui frappent le monde arabo-musulman.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">1. En préalable, ai-je besoin de préciser mon refus de la « culture de l’excuse » ? </span>       <br />
              <br />
       Il y a des pauvres honnêtes et des riches malhonnêtes. Ahmedy Coulibaly n’était pas un enfant abandonné de la République. Rien ne légitime le passage à l’acte terroriste. La loi républicaine s’applique à tous (la loi et l’esprit de la loi) : je prendrai l’exemple de la prohibition des signes religieux ostentatoires à l’Ecole. Faut-il l’étendre à l’enseignement supérieur ? On sait ce que signifie le voile : le choix de l’enfermement communautariste. Qu’il soit porté par des adultes de plus de dix-huit ans ne change rien à l’affaire. Au contraire. Une disposition de loi sur les signes religieux ostentatoires à l’Université ne me gêne pas. Ce n’est pas une démarche ethnocentriste mais l’application du principe de laïcité dans l’espace de la formation de l’esprit. La Cour Constitutionnelle de Karlsruhe vient d’autoriser le port du voile par des enseignantes à l’Université. Laissons à la démocratie allemande le soin de faire en sorte que cette jurisprudence soit réformée. En France le Conseil d’Etat aussi a pu errer en 1989.       <br />
              <br />
       Les Français – je le crois - acceptent les étrangers qui acceptent de faire leur les valeurs et les lois de la République. Ce n’est pas un effort insurmontable.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">2. Il faut assécher le terreau où cette idéologie terroriste mortifère plonge ses racines.</span>       <br />
              <br />
       a) la fracture sociale ; le gouffre du chômage ; l’idéal laïc ne peut que combattre l’intégrisme « ordo-libéral » qui enferme l’Europe dans une stagnation économique à perte de vue.       <br />
              <br />
       b) Les conflits qui frappent le monde arabo-musulman        <br />
       <ul class="list"><li> Un peu de culture historique : les deux réponses du monde musulman au défi de l’Occident ont été :       <br />
       - la réponse modernisatrice (libérale ou socialiste : Wafd, Néo-Destour, nassérisme, Baath, etc.)       <br />
       - la réponse identitaire : Les Frères musulmans créés en 1928, quatre ans après l’abolition du califat.       
       </li></ul><ul class="list"><li> la guerre des Six jours signe la défaite du nationalisme arabe (1967)       
       </li></ul><ul class="list"><li> l’échec ultérieur du processus de paix entre Israël et la Palestine est une blessure jamais refermée.       
       </li></ul><ul class="list"><li> le basculement du centre de gravité du monde arabe vers le Golfe résulte des chocs pétroliers (1973-79).       
       </li></ul><ul class="list"><li> le wahhabisme, le salafisme deviennent « hégémoniques »       
       </li></ul><ul class="list"><li> les ingérences occidentales :       <br />
       - 1990 : la 1ère guerre du Golfe signe la fin de la politique arabe de la France       <br />
       - A l’attaque contre les Twin Towers, (11/09/2001), les Etats-Unis apportent une réponse inepte : en 2003 c’est l’invasion de l’Irak et la destruction subséquente de l’Etat irakien.       <br />
       - Avec l’effondrement de l’Irak et la prise du pouvoir par les Chittes, l’Iran devient la puissance régionale dominante.        
       </li></ul><ul class="list"><li> S’ensuit le conflit chiites, sunnites (2005 : assassinat d’Hariri. Daesch fait main basse sur la partie sunnite de l’Irak.       
       </li></ul><ul class="list"><li> les révolutions arabes débouchent sur une vague islamiste en Tunisie, en Egypte par la voie des urnes. En Syrie aussi, à travers une féroce guerre civile.       <br />
              <br />
              <br />
       Comment faire face ? Retrouver une utopie de progrès partagée ; le binôme France/Algérie peut être structurant pour l’avenir. Il faut saluer les efforts accomplis à partir du voyage de François Hollande à Alger en décembre 2012.        <br />
              <br />
       Le legs diplomatique des Anglo-Saxons dans la politique menée vis-à-vis de l’Orient musulman :        <br />
       - la subordination à l’Arabie Séoudite (et à Israël)  au Proche et Moyen-Orient.       <br />
       - Plus à l’Est, la création du Pakistan, Etat bâti sur la religion.        <br />
              <br />
       N’y a-t-il pas une autre manière, républicaine, d’affronter le défi ?        <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – L’enjeu : la crise de la démocratie.</b>       <br />
              <br />
       Trois crises se télescopent :        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> La crise du monde arabo-musulman       
       </li></ul><ul class="list"><li> Celle du capitalisme financier mondialisé. Une économie casino dominée par les gestionnaires de fonds où les préoccupations du court terme ont relégué à l’arrière plan le souci du long terme. Parallèlement a triomphé l’hyperindividualisme libéral qui dissout la République.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La crise d’une Europe hors sol, pensée en dehors des nations et de la démocratie. Cette conception d’une Europe « substitut » aux nations culmine dans le choix d’une monnaie unique. La crise de la monnaie unique fait ressortir le caractère technocratique des institutions européennes actuelles.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie.</span>       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> L’idéologie dite des « droits de l’homme » (de l’individu seul « sujet de droit ») aboutit à la dissolution du « commun », c’est-à-dire de la politique et des conditions mêmes d’exercice de la démocratie.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La pseudo souveraineté de l’individu aboutit à la dissolution du Peuple (des citoyens « en corps »), de la forme politique de l’Etat-nation, soit au nom de la « gouvernance » (européenne ou mondiale), soit au nom du « droit », voire du « devoir d’ingérence », dans l’ordre international.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous assistons au naufrage de la démocratie comme idéal de maîtrise collective et réfléchie de l’Histoire au nom d’une croyance anhistorique dans l’efficience des marchés.       <br />
              <br />
       La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes.        <br />
              <br />
       C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV – Il faut faire aimer la République</b>       <br />
              <br />
       La République porte des valeurs universelles, même si elle s’appuie sur des nations. La nation est l’espace privilégié de la démocratie et la brique de base de l’internationalisme.       <br />
              <br />
       Faut-il rappeler l’article 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »        <br />
              <br />
       Naturellement la Nation procède de la France. C’est au moment où celle-ci est devenue adulte qu’elle s’est proclamée souveraine. Ce renversement de principe aboutit, trois ans après, à la proclamation de la République. Il y a donc à la fois une césure et un continuum que les fondateurs de l’Ecole publique ont su mettre en scène.       <br />
              <br />
       Si j’explicite ainsi le lien qui unit la République à la France, c’est pour mieux mettre en valeur les conditions du rétablissement de la République.       <br />
       1. On ne peut pas aimer la République quand on n ‘aime pas sa langue et son Histoire. Comme ancien ministre de l’Education Nationale, j’observe :       
       </li></ul><ul class="list"><li> l’abandon de l’étude des grandes œuvres dans l’enseignement ;       
       </li></ul><ul class="list"><li> la disparition de fait, dans les programmes, de l’Histoire de France.       <br />
              <br />
       Or, un pays qui ne s’aime plus ne peut agréger de nouveaux citoyens       
       </li></ul><ul class="list"><li> il faut faire aimer la France à travers sa littérature et le patrimoine des grandes œuvres        
       </li></ul><ul class="list"><li> à travers son Histoire : le peuple qui a fait la Révolution française doit renouer avec un récit national non pénitentiel s’agissant de notre histoire au XIXe et XXe siècles. Il faut mettre en valeur non pas ceux qui ont failli mais ceux qui n’ont pas failli.       <br />
              <br />
       2. Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain – inséparable du combat pour la justice -, en France et dans le monde.  Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même. Hannah Arendt disait : « On n’enseigne que cela à quoi on croit ». Ce n’est pas seulement l’affaire du ministère de l’Education nationale. L’enjeu, c’est la parole publique en tous domaines.       <br />
              <br />
       Que croyons-nous ?        <br />
              <br />
       Non pas contre – certes il le faut – Contre le Front National bien sûr, mais en positif : comment voyons-nous l’avenir de notre société ? Et l’avenir du monde ? De quel projet sommes-nous porteurs ? La laïcité est un combat. C’est celui de la Raison qu’il faut remettre à l’œuvre dans l’Histoire, après trois décennies d’obscurantisme consenti, une histoire qui sera inséparablement la nôtre et celle des autres peuples.       <br />
              <br />
       Enoncer ce défi est une manière d’en prendre la mesure. Comme dit l’adage « Il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port ». Ce cap c’est celui de la République et de la laïcité retrouvées !</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Nous-sommes-confrontes-a-une-immense-crise-de-la-democratie_a1695.html</link>
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   <title>L’ambition ne va pas sans effort</title>
   <pubDate>Wed, 19 Jun 2013 17:36:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat sur le projet de loi Enseignement supérieur et recherche, mercredi 19 juin 2013.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/5625942-8391373.jpg?v=1371656863" alt="L’ambition ne va pas sans effort" title="L’ambition ne va pas sans effort" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Président,       <br />
       Madame le Ministre,       <br />
              <br />
       Pour la première fois, un projet de loi vise à définir une stratégie d’ensemble à la fois pour l’enseignement supérieur et pour la recherche.       <br />
              <br />
       Je tiens à saluer cette ambition qui répond au défi que nous jettent les pays avancés -Etats-Unis, Japon, Allemagne- mais aussi de plus en plus les pays émergents : Corée, Chine, Inde en particulier.       <br />
              <br />
       Les vieux pays industrialisés n’ont plus le monopole de la science et de la technologie. C’est une situation radicalement nouvelle, à laquelle nous ne pouvons répondre que par un effort accru. Cet effort ne peut pas être qu’un effort budgétaire, même si nous apprécions la « sanctuarisation » de votre budget, en elle-même insuffisante d’ailleurs, si nous comparons notre effort de recherche à celui des pays les plus avancés, à commencer par celui de notre plus proche voisin. Cet effort accru doit être l’effort de tous et d’abord de nos chercheurs et de nos universitaires.       <br />
              <br />
       Vous avez présenté, à juste titre, Madame le Ministre, ses insuffisances, qu’il s’agisse du taux d’échec trop élevé de nos étudiants en licence ou la trop faible valorisation de notre recherche.       <br />
              <br />
       Il ne suffit pas d’inscrire dans la loi l’objectif du transfert des résultats de la recherche dans la production. La recherche technologique (10% seulement de notre dépense intérieure de recherche) et le transfert sont, vous l’avez dit devant l’Assemblée nationale, nos deux points faibles par rapport à nos concurrents qui par exemple consacrent plus de 20% de leur effort de recherche à la recherche technologique.       <br />
              <br />
       Peut-on remédier à cette situation en se bornant à rendre un hommage -sans doute justifié- à notre recherche fondamentale et en proclamant la confiance du gouvernement à l’égard de la communauté universitaire et scientifique ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Vous savez bien que non. Vous nous proposez, à juste titre, de prendre des mesures regroupées dans un « livre de transfert » et de favoriser l’innovation en créant de nouvelles plateformes de transfert technologique. Vous voulez que le titre de docteur soit reconnu dans les conventions collectives et vous demandez parallèlement la reconnaissance du doctorat dans les grilles de la Fonction Publique. Vous avez raison. Mais il faut obtenir les deux à la fois. Sinon ce serait perpétuer le déséquilibre entre une recherche publique bien dotée et une recherche industrielle privée trop faible.       <br />
              <br />
       Mais il serait aussi souhaitable de favoriser une relation plus étroite entre l’industrie, la formation et la recherche. Je prends l’exemple d’une région comme celle de Belfort-Montbéliard, où sont implantées de grandes entreprises mondialisées comme Peugeot, Alstom, General Electric ou Faurecia, et où s’est développé un tissu industriel dense. Une véritable stratégie nationale de développement de la recherche et de l’enseignement supérieur devrait comporter un contrat de site propre à la Communauté d’universités et d’établissements de Bourgogne et de Franche-Comté et visant à la création d’un pôle ingénierie dont le centre de gravité serait naturellement le Nord-Est Franche-Comté.        <br />
              <br />
       Vous avez évoqué, à juste titre, un « Etat-stratège ». Il serait normal que celui-ci applique son effort non pas seulement aux métropoles mais aussi à des pôles industriels comme celui-là. Je souhaite qu’il figure dans le contrat du site et, parallèlement dans le contrat du plan État Région 2014-2020.       <br />
       *       <br />
       Vous avez aussi évoqué, Madame le Ministre, la démocratie et la collégialité dans les universités. Cela est fort souhaitable, mais les hommes sont les hommes : l’Université et la recherche – ceux qui ont siégé longtemps dans les Conseils d’administration des Universités le savent bien – ne sont pas à l’abri des corporatismes. C’est pourquoi M. Mézard, président du groupe RDSE et moi-même avons déposé un amendement prévoyant que le Président du Conseil d’Administration pourrait présider le Conseil académique ou déléguer sa présidence. Je sais qu’il est à la mode de critiquer l’autorité, le centralisme réputé jacobin, mais enfin il ne faut pas de dyarchie à la tête des Universités : d’un côté un président du conseil d’administration prétendument stratège, et de l’autre, un président de Conseil académique maître des moyens et des personnels. Sinon l’autonomie des universités donnerait le jour à des bateaux ivres. Il n’est certes pas souhaitable de réduire les conseils scientifiques à un rôle purement consultatif, mais la présidence ne se partage pas. Nous n’avons pas la tradition des universités anglo-saxonnes. Il ne peut y avoir deux présidents dont l’autorité de l’un pourrait bloquer celle de l’autre. La confiance, il faut la créer ! Commençons donc par l’institution d’un président délégué !       <br />
       *       <br />
       J’approuve Madame la ministre, l’objectif de 50% d’une classe d’âge au niveau de la licence, déjà affirmé en 2000 par le sommet européen de Lisbonne. Nous en sommes aujourd’hui à 37% selon vos déclarations un peu optimistes, me semble-t-il.        <br />
              <br />
       Il faut d’abord rappeler que les « bacs pros » que j’avais créés en 1985 ne visaient qu’exceptionnellement la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur. Le but était de former des personnels qualifiés pour les entreprises.       <br />
              <br />
       Ceux qui le souhaitaient auraient dû et doivent s’inscrire dans les sections de techniciens supérieurs (STS) plutôt qu’en licence. Sans doute faut-il multiplier les STS. Désormais vous allez pouvoir agir à ce niveau.        <br />
       Quant aux bacheliers technologiques, la fixation des quotas dans les IUT doit se faire en concertation avec les établissements. L’orientation par l’échec n’est jamais souhaitable ! Il faut renforcer la formation générale dans les bacs technos pour que ceux-ci puissent poursuivre en plus grand nombre des études universitaires. Sinon l’objectif des 50% restera inaccessible avec les seuls bacs généraux qui représentent la moitié des bacheliers soit moins de 30% d’une classe d’âge.       <br />
              <br />
       En tout cas les mesures que vous proposez pour assurer une meilleure continuité entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur vont dans le bon sens. Vous avez raison de vouloir une spécialisation progressive des études de licence. C’était autrefois le rôle de ce qu’on appelait les IPES. La baisse du niveau scolaire que constatent non seulement les indicateurs PISA mais même M Antoine Prost, éminent spécialiste de l’éducation, nous amènent à y revenir. Refonder c’est tout reprendre à la base !       <br />
              <br />
       De même l’alternance dans l’enseignement supérieur, notamment par la voie de l’apprentissage a encore beaucoup de progrès à faire dans notre pays.       <br />
              <br />
       Un mot encore sur les Ecoles supérieures du professorat et de l’Education. Il ne suffit pas de former les futurs enseignants à l’intérieur de l’Université ou au contact du terrain. Si on veut vraiment refonder l’Ecole de la République, il faut qu’ils puissent bénéficier de cours obligatoires de philosophie et d’histoire. Il faut surtout qu’ils puissent transmettre à la jeunesse l’Histoire inséparable de la France et de la République.       <br />
              <br />
       Je voudrais pour terminer, Madame la Ministre, évoquer le problème de l’introduction d’enseignements en anglais, puisque c’est de cela qu’il s’agit, dans notre enseignement supérieur. Cet enseignement en anglais se fait dès aujourd’hui dans les grandes écoles -vous avez recensé 600 formations-et à l’université-vous en avez dénombré 190- en parfaite contradiction avec notre Constitution- et pas seulement avec la loi Toubon. On aurait attendu de l’Etat qu’il réagisse. Il ne suffit pas de constater. Il y a là une grave faute du précédent gouvernement. Je souhaite que vous ne vous inscriviez pas dans sa continuité. Il faut distinguer en effet l’attractivité de nos universités et le souci de défendre et promouvoir la langue française, dont Braudel disait qu’elle était à 80% constitutive de notre identité.       <br />
              <br />
       L’attractivité de nos universités dépend de nombreux facteurs, à commencer par la politique des visas excessivement restrictive, comme j’ai pu le constater en Russie. Il y a dans ce grand pays 7 millions d’étudiants dont 800 000 apprennent le français. Or nous n’accueillons dans nos universités que 4 000 étudiants russes contre 16 000 en Allemagne. Le taux de refus des visas atteint 37% en 2013, deux fois plus que l’année précédente. Nous ne devons pas rougir d’accueillir des étudiants venus du monde arabe et d’Afrique : ces pays connaîtront à leur tour le phénomène de l’émergence, et nous devons les y aider. Ce sera aussi une chance pour la France.       <br />
              <br />
       Certes je ne méconnais pas l’intérêt d’attirer des Indiens, des Pakistanais ou des Bangladais. Mais est-ce en organisant des cours en anglais que nous allons inverser les flux ? Je crains bien plutôt qu’en favorisant de trop larges exceptions au principe de l’enseignement obligatoire en français, nous ne donnions l’exemple d’un grand manque de confiance en nous et en l’avenir de la langue française.       <br />
              <br />
       Le sabir qu’est l’anglais international favorise l’imprécision des concepts. Même les Britanniques dans nos Congrès scientifiques réclament la traduction simultanée, car ils ne comprennent pas nos chercheurs quand ils croient s’exprimer en anglais. Le français doit pouvoir tout dire.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi, sans exclure que des formations puissent être assumées dans une autre langue que le français à partir d’un niveau Master, j’ai déposé un amendement visant à restreindre le champ trop large des exceptions faites au principe constitutionnel de l’enseignement en français. J’ai bien noté qu’une mise à niveau en français des étudiants étrangers qui ne pratiquent pas notre langue serait assurée et qu’une « évaluation » serait faite à l’occasion de l’obtention du diplôme. Ce mot d’ « évaluation »est faible. Je préfèrerais qu’un pourcentage soit fixé pour l’enseignement dispensé en français et qu’une épreuve en français figure parmi celles qui conditionnent l’obtention du diplôme.       <br />
              <br />
       Ne donnons pas le signe fâcheux que nous ne croyons plus à l’avenir de la langue française. Je sais, Madame la Ministre, que tel n’est pas votre propos. Il ne faut pas polluer un débat essentiel sur l’excellence et l’attractivité de notre recherche et de notre enseignement supérieur par une disposition mal comprise. Il y a un juste équilibre pour permettre de mobiliser sur votre projet et sans restriction, toutes les forces de la France !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/L-ambition-ne-va-pas-sans-effort_a1493.html</link>
  </item>

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   <title>Faire de l’immigration étudiante et professionnelle un atout pour la France</title>
   <pubDate>Thu, 25 Apr 2013 10:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, lors du débat sur l'immigration professionnelle et étudiante, mercredi 24 avril 2013.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/5449565-8130348.jpg?v=1366877199" alt="Faire de l’immigration étudiante et professionnelle un atout pour la France" title="Faire de l’immigration étudiante et professionnelle un atout pour la France" />
     </div>
     <div>
      Madame et Monsieur le Ministre,       <br />
              <br />
       Les orientations fixées par le Président de la République et le pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, en application du rapport Gallois, mettent à l’ordre du jour ce débat sur l’immigration étudiante et professionnelle.       <br />
              <br />
       Je tiens à vous féliciter, Madame et monsieur les Ministres, ainsi que les services de l’immigration du Ministère de l’Intérieur pour l’excellent rapport que vous nous avez fourni sur l’immigration professionnelle et étudiante.        <br />
              <br />
       Le rapport nous rappelle excellemment que les flux très importants d’immigration sont régis dans des domaines essentiels par des règles qui s’imposent à la France : réfugiés et malades (environ 20 000 admissions au séjour) ; immigration familiale (près de 90 000 admissions qui pour les trois quarts contribuent à alimenter le marché du travail) ; immigration en provenance de l’Union européenne (5 000 au titre des nouveaux Etats-membres en phase transitoire et 150 000 au titre de la procédure « salariés détachés »). En chiffres absolus, les flux d’immigration (entrées-sorties) sont plus faibles en France que dans tous les autres grands pays d’Europe occidentale : 110 000 en France contre 200 000 au Royaume-Uni, et 300 000 en Allemagne, pays qui adapte, il est vrai, sa politique migratoire à sa situation démographique.        <br />
              <br />
       L’immigration en France reflète un moindre niveau de qualification. Si les flux sur lesquels nous pouvons agir sont importants pour ce qui concerne les étudiants (environ 60 000 admissions), l’immigration de travail est particulièrement faible et nous met derrière les autres grands pays en Europe : près de 18 000 seulement en 2011.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Deux axes d’effort sont nécessaires :       <br />
              <br />
       <b>Tout d’abord il faut accroître encore l’attractivité universitaire de la France.</b>       <br />
       Pour l’accueil des étudiants étrangers, la France occupe le cinquième rang mondial derrière les Etats-Unis (près de 700 000), juste derrière le Royaume Uni (près de 400 000), l’Australie et l’Allemagne (près de 300 000) avec laquelle nous sommes presque à égalité. Nous accueillons en effet près de 290 000 étudiants qui représentent plus de 15% des inscrits (11% en licence, 19% en master et 41,3% en doctorat). Cette dernière proportion est un des signes de l’excellence. Nous le devons à la qualité de la recherche française.       <br />
              <br />
       Cette performance est le résultat d’une politique lancée en 1998-1999, de concert entre les trois ministres de l’éducation nationale, de l’Intérieur et des affaires étrangères de l’époque. Ce n’est pas M Guéant qui était à la manœuvre !       <br />
              <br />
       Près de la moitié des 284 659 étudiants étrangers est originaire de pays d’Afrique (Maroc, Algérie, Tunisie, Sénégal notamment), 21,4% d’un pays d’Asie (Chine et Vietnam) et 18,6% de l’Union européenne.       <br />
              <br />
       Je tiens à attirer votre attention sur un point essentiel : s’il est vrai que les étudiants chinois sont nombreux - environ 10% du total (plus de 30 000 soit plus de 10% du total des étudiants étrangers et c’est une bonne chose), les étudiants russes ne sont qu’1,7% (un peu plus de 4 000), les Brésiliens : 1,6% et les Indiens : 0,7%. C’est là qu’il nous faut faire davantage pour attirer des étudiants dont les pays d’origine sont déjà et seront de plus en plus les grandes puissances du XXIème siècle !       <br />
              <br />
       Permettez-moi d’ouvrir une parenthèse concernant la Russie. Il y a sept millions d’étudiants en Russie souvent de très bon niveau : 800 000 apprenants de français maîtrisant souvent remarquablement notre langue. Or il n’y a qu’un peu plus de 4 000 étudiants russes en France, quatre fois moins qu’en Allemagne.       <br />
              <br />
       Il n’y a certes que 50 000 étudiants russes effectuant une mobilité internationale mais cette situation va changer rapidement.       <br />
              <br />
       Un programme fédéral d’excellence « Education globale » vient d’être lancé par le gouvernement russe pour l’envoi de 1 000 boursiers russes par an dans des établissements d’enseignement supérieur étrangers. Ils y sont déjà 50 000.       <br />
              <br />
       Il faut être clair : si la France ne modifie pas ses règles d’admission et ne facilite pas l’octroi de visas « études longues », nous ne pourrons soutenir, dans la durée, la croissance de nos exportations en Russie (+22% en 2012).        <br />
              <br />
       Le taux de refus de visas étudiants qui était de 17% en 2011 est monté à 34% en 2012 du fait de la politique à courte vue appliquée par Campus France et de l’attitude frileuse des bureaux parisiens qui refusent une procédure simplifiée d’inscription dans des établissements supérieurs dont la liste aurait été arrêtée de concert avec la partie russe.        <br />
              <br />
       Une présélection au niveau des établissements supérieurs est la façon la plus efficace d’attirer en France les meilleurs étudiants. Il faut partir des besoins : ceux de la France et ceux du pays-source qui bien souvent se rejoignent. Ainsi, la Russie aimerait orienter ses étudiants et particulièrement ses boursiers vers nos écoles d’ingénieurs qui bénéficient d’une excellente réputation mondiale. N’est-il pas possible de définir des quotas d’étudiants russes au niveau de chaque école d’ingénieurs ?       <br />
              <br />
       Si notre réglementation s’oppose à ces mesures simples et pratiques, comme je l’ai lu, il faut changer notre réglementation ! J’ajoute que la reconnaissance mutuelle des diplômes constituerait un pas important pour la facilitation de la mobilité des étudiants entre nos deux pays.       <br />
              <br />
       Je me réjouis que le gouvernement se propose d’accorder aux étudiants étrangers de plein droit, et non plus au cas par cas, au gré des préfectures, des visas correspondant à la durée de leurs études et de prolonger ces visas d’une année pour leur permettre de faire une première expérience professionnelle en France après l’obtention de leur diplôme. Il est bon également que les doctorants étrangers puissent bénéficier d’un visa permanent afin de mener leurs recherches dans des laboratoires français sans être suspendus à d’aléatoires renouvellements de titres de séjour.       <br />
              <br />
       Enfin, l’ouverture d’un guichet unique dans la plupart des campus, regroupant des représentants des préfectures et des services sociaux peut faciliter l’accueil pratique des étudiants. Un accompagnement personnalisé manque. Ne serait-il pas possible de recruter des emplois jeunes pour cela ?       <br />
              <br />
       Pour promouvoir l’accueil d’étudiants étrangers peut-être pourra-t-on associer les collectivités locales attachées au développement universitaire. Je ne prendrai qu’un exemple, celui de Belfort-Montbéliard – 6 000 étudiants à peine pour une agglomération de 300 000 habitants. La question d’une modulation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers doit être tranchée. Pour ma part je n’y suis pas favorable. Elle irait à l’encontre de l’objectif poursuivi : il faut hisser la France au troisième rang mondial pour l’accueil des étudiants étrangers. La formation des élites étrangères participe à l’inclusion de la France dans la mondialisation des échanges, au développement de la francophonie et de notre culture et au rayonnement de nos universités.       <br />
              <br />
       <b>J’en viens maintenant à l’immigration professionnelle</b>. Celle-ci représente, en France, environ 12 % des nouvelles admissions au séjour de ressortissants étrangers. La France accueille aujourd’hui environ deux fois moins d’immigrés qualifiés que le Royaume-Uni et trois fois moins que l’Allemagne. La délivrance de l’autorisation de travail conditionne en France l’admission au séjour, en fonction notamment de la situation de l’emploi. La France comptant plus de trois millions de chômeurs, il est inenvisageable de supprimer ce système d’autorisation. Il vaut mieux former les chômeurs – Français et immigrés légalement installés – dans le secteur des métiers dits « sous tension ». Mais, il est devenu nécessaire d’assouplir et d’alléger le système de l’autorisation de travail, notamment pour attirer la main d’œuvre qualifiée.       <br />
              <br />
       N’hésitons pas à multiplier les dispenses pour les travailleurs très qualifiés et accordons plus largement des dérogations dans le cadre d’accords bilatéraux. Si je prends l’exemple de la Russie, le Président de la République, lors de son dernier voyage à Moscou, a déclaré qu’il était indispensable d’encourager les hommes d’affaires, les investisseurs, les artistes, les chercheurs, les étudiants à se rendre en France sans difficulté. J’y ajoute les touristes. Maintenant – si je puis citer le général de Gaulle – « l’intendance doit suivre » !       <br />
              <br />
       Concernant l’immigration professionnelle, la carte « compétences et talents » est demeurée un titre marginal. S’agissant de l’immigration de travail qualifié, les préfectures ont été sensibilisées, mais dans le mauvais sens. Il serait temps, Monsieur le ministre, de former les personnels à une meilleure prise en compte de l’intérêt national, tel que nous le percevons.       <br />
              <br />
       N’hésitez pas, Monsieur le ministre, à simplifier les titres de séjour existants, à en modifier les critères de délivrance, à diminuer le nombre des pièces justificatives et à créer de nouveaux outils à destination de l’immigration professionnelle qualifiée. Le système de pré-validation des dossiers pour les grandes entreprises, comme les préinscriptions dans les universités, est ce qui permet le mieux de « coller aux besoins ». L’immigration de travail est un terrain excellent pour le « choc de simplification » annoncé par le Président de la République !       <br />
              <br />
       Trop souvent et à tort, l’immigration professionnelle et même étudiante apparaît comme un danger pour certains de nos concitoyens. Il nous revient à tous de démontrer combien celle-ci peut constituer un atout pour la France, notamment pour ce qui concerne le redressement de notre commerce extérieur. Nous vous faisons confiance, Madame et Monsieur les ministres pour aller de l’avant audacieusement, au service de la France !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/5449565-8130348.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Faire-de-l-immigration-etudiante-et-professionnelle-un-atout-pour-la-France_a1482.html</link>
  </item>

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   <title>80% d’une classe d’âge au niveau du bac ? Une exigence républicaine</title>
   <pubDate>Fri, 19 Jun 2009 16:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'éducation nationale, sénateur du Territoire de Belfort, vendredi 19 juin 2009.     <div>
      Comme Ministre de l’Education Nationale, et de concert avec Roland Carraz, Secrétaire d’Etat aux enseignements technologiques, j’ai entrepris de promouvoir l'enseignement technologique et professionnel par une <a class="link" href="http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000693428">loi votée en novembre 1985</a> (n°85-1371), qui crée notamment les baccalauréats professionnels. Cette loi répond à l'objectif de 80% d'une classe d'âge atteignant le niveau du baccalauréat en l'an 2000.       <br />
              <br />
       Or une confusion regrettable semble persister entre le nombre de jeunes poursuivant leurs études jusqu’au <span style="font-style:italic">« niveau du bac »</span>, en gros à l’âge de 18 ans, et le nombre de bacheliers, confusion relayée par un certain nombre d’<a class="link" href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/18/depuis-1995-la-france-stagne-a-64-de-bacheliers_1208159_3224.html">articles parus dans la presse</a> cette semaine.       <br />
              <br />
       Le fait que 64% d’une même génération décroche le bac est indépendant de l’objectif des <span style="font-style:italic">« 80% au niveau du bac »</span>. Tout dépend du niveau d’exigence qu’à mon sens il faut maintenir pour concilier la quantité et la qualité. Comme le disait Paul Langevin à la Libération : <span style="font-style:italic">« L’Ecole doit assurer la promotion de tous, et la sélection des meilleurs »</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      L’augmentation du flux de lycéens de 1984 à 1995 a résulté d’une volonté politique progressiste, celle d’une gauche républicaine, soucieuse de l’intérêt du pays. La création des baccalauréats professionnels y a certes contribué (127 000 candidats cette année), mais elle n’y aurait pas suffi (le total des candidats en 2009 a atteint 622 000 dont 331 000 au baccalauréat général). La décentralisation de la construction des lycées au niveau des régions, résultant de la loi votée en novembre 1985, a également joué un rôle important dans la promotion des études longues en modernisant et renouvelant le parc de nos lycées.       <br />
              <br />
       Ce n’est pas seulement le Japon, mais pratiquement tous les grands pays développés qui, au milieu des années 80, avaient déjà atteint l’objectif des 70 à  80% de jeunes ayant fait des études jusqu’à l’âge de 18 ans. C’est cette considération qui, en 1984, m’a paru déterminante. Ma <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/18/depuis-1995-la-france-stagne-a-64-de-bacheliers_1208159_3224.html">prétendue</a> <span style="font-style:italic">« fascination »</span> pour le Japon qui, à bien des égards d’ailleurs (enseignement supérieur, recherche) mériterait de servir d’exemple, est anecdotique.       <br />
              <br />
       La politique volontariste que j’ai menée a porté ses fruits jusqu’en 1995. Elle a représenté un progrès incontestable que traduit aujourd’hui le doublement du nombre de lycéens et d’étudiants par rapport à 1985. Là comme ailleurs, c’est l’intérêt du pays qui commande.       <br />
              <br />
       Le problème posé depuis 1996, c’est la stagnation du nombre d’élèves parvenant au niveau du bac, c'est-à-dire poursuivant des études longues jusqu’à 18 ans. La solution n’est pas de faciliter l’accès au bac par un rabais d’exigence, mais de revaloriser les filières qui doivent l’être : baccalauréats technologiques et professionnels d’abord, en leur accordant les moyens en personnels et en locaux qu’ils méritent, filière littéraire ensuite, injustement négligée et qui a impérativement besoin d’être renforcée, car elle aussi répond à un besoin social incontestable.       <br />
              <br />
       ----------       <br />
       Voir le droit de réponse paru <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/carnet/article/2009/06/25/une-lettre-de-jean-pierre-chevenement-le-monde-date-vendredi-26-juin_1211367_3382.html">dans Le Monde</a> le 25 juin 2009.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/80-d-une-classe-d-age-au-niveau-du-bac-Une-exigence-republicaine_a809.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-532974</guid>
   <title>Jacques Chirac et l’enseignement supérieur</title>
   <pubDate>Mon, 08 Jan 2007 15:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Le Président est le plus implacable procureur de son propre bilan en matière d’enseignement supérieur quand il propose, dans ses « vœux aux forces vives », le 4 janvier dernier, <span style="font-style:italic">« de consacrer à nos étudiants autant que le font les autres grandes nations, soit 30 % de plus qu’actuellement »</span>.        <br />
              <br />
       Cette priorité tardive est quand même une bonne idée que la gauche peut reprendre à son compte à condition de l’assortir de réformes profondes : rapprochement d’universités pour leur donner la taille critique, réforme de la loi de janvier 1984 sur l’enseignement supérieur en vue de renforcer la capacité d’action à long terme des Présidents d’Université, mobilité accrue entre grands organismes de recherche et établissements d’enseignement supérieur, toutes choses qui ne pourront être menées à bien sans une intense concertation, sur le modèle du grand colloque national que j’avais organisé en 1981-1982 sur la recherche et la technologie. Il y a du pain sur la planche !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Jacques-Chirac-et-l-enseignement-superieur_a162.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
