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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <dc:date>2026-10-17T11:41:22+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Migrants : "La vraie solution, c'est le co-développement"</title>
   <pubDate>Sun, 09 Aug 2015 11:05:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Itélé, dimanche 2 août 2015. Il répondait aux questions de Jean-Alexandre Baril.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.chevenement.fr/video/<div><iframe webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen width="480" height="270" frameborder="0" scrolling="no" src="http://player.canalplus.fr/embed/?param=itele_vod&vid=1294516"></iframe></div><div style="width:472px;font-size:11px; background:#EBEBEB; border:1px solid #D6D6D6; margin-top:5px; padding:4px 0 4px 6px; font-family:Arial, Helvetica, sans-serif; -moz-border-radius:3px; -webkit-border-radius:3px;"><a target="_blank" style="text-decoration:none; color:#666;" href="http://www.itele.fr/redirect?vid=1294516&sc_cmpid=SharePlayerEmbed"><span style="color:#000; font-weight:bold;">J-P Chevènement : "L'euro est une mauvaise monnaie"</span> - Le 02/08/2015 à 20h00</a></div>     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'immigration irrégulière</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Il y a une certaine hypocrisie sur ce dossier. D'une part on ne peut que plaindre les migrants, manifester de la compassion pour leur sort. D'autre part on affirme notre indignation pour les passeurs, notre volonté de réprimer leur activité criminelle. Mais on n'empêchera pas les migrants de passer à travers les mailles du filet. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Les causes nous échappent très largement : les conflits dans les pays d'Afrique ou du Moyen-Orient, les États faillis, qui n'existent plus ou peut-être n'ont jamais existé, et puis enfin, la misère. Il y aura 2 milliards d'habitants en Afrique en 2050.         
       </li></ul><ul class="list"><li> En ce qui concerne l'Europe, je n'ai jamais été très favorable aux accords de Schengen. Les frontières avaient ceci de bon qu'elles permettaient des contrôles successifs. Je ne propose pas qu'on revienne là-dessus, mais le cas échéant il faut savoir rétablir des contrôles temporaires.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La vraie solution, c'est le co-développement. Nous pouvons y contribuer. Je pense que si on mettait davantage d'argent dans l'éducation, l'agriculture, l'énergie, trois domaines bien ciblés, on pourrait déjà faire en sorte que les choses s'améliorent, sachant que cela dépend d'abord des Africains.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la Grèce, l'austérité et l'euro</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> L'endettement de la Grèce à hauteur de 177% de son PIB est le résultat d'une chute de son PIB de 25%, depuis qu'on a appliqué les politiques d'austérité, depuis 2010. La médecine administrée à la Grèce a échoué.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'arbre grec nous cache la forêt de l'euro. L'euro est une monnaie mal conçue, qui juxtapose des pays très différents. Les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent. Il faut passer de la monnaie unique à une monnaie commune, c'est à dire une devise que nous aurions en commun et qui servirait pour les échanges internationaux, tout en réintroduisant des éléments de flexibilité à l'intérieur de l'Europe.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Dans l'immédiat, on ne peut pas jeter la Grèce dans les ténèbres, et la politique de M. Schäuble n'était pas admissible. Dans l'immédiat, je crois qu'il était bien de la garder dans la zone euro, mais on n'a fait que gagner du temps. On n'a pas résolu le problème. Le problème, c'est la redéfinition des règles de l'euro.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le Président de la République dit qu'il faut aller vers toujours plus d'intégration. Moi je ne le crois pas : je crois qu'il faut ralentir, trouver des modalités plus souples de fonctionnement, et permettre à l'Europe une croissance plus forte.        
       </li></ul><ul class="list"><li> De toute façon les pays européens ne seront pas remboursés, donc si on diminuait de moitié la dette grecque, ce serait une bonne chose. Mais le FMI pose d'autres conditions pour un sauvetage de la Grèce avec lesquelles je ne suis pas vraiment d'accord.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Migrants-La-vraie-solution-c-est-le-co-developpement_a1741.html</link>
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   <title>"Le référendum grec est légitime et démocratique"</title>
   <pubDate>Fri, 03 Jul 2015 12:44:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé au Figaro, vendredi 3 juillet 2015. Propos recueillis par Alexandre Devecchio.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7980719-12415497.jpg?v=1435920666" alt=""Le référendum grec est légitime et démocratique"" title=""Le référendum grec est légitime et démocratique"" />
     </div>
     <div>
      <b>LE FIGARO : Le premier ministre Alexis Tsipras va soumettre le plan d'aide à la Grèce à référendum. Que vous inspire cette décision ?</b>       <br />
       <b>JEAN-PIERRE CHEVÈNEMENT :</b> Cela me paraît être une décision démocratique et légitime. Le plan d'aide est très critiquable. Les institutions de Bruxelles auraient pu bouger sur au moins deux volets. D'abord, le volet financier : le premier ministre grec demandait qu'on allonge de cinq à neuf mois la durée du plan d'aide actuel. Cela était tout à fait raisonnable. Ensuite, sur le volet de la dette. Des Prix Nobel d'économie comme Joseph Stiglitz ou Paul Krugman, mais aussi en France le directeur de la recherche et des études de Natixis, Patrick Artus, qui n'a rien d'un gauchiste, s'accordent à reconnaître que la dette grecque, qui représente 177 % du PIB, n'est pas soutenable ni donc remboursable. Il y a une volonté punitive dans ce « plan d'aide » : on voulait par avance donner une leçon au Portugal, à l'Espagne, à l'Italie, voire à la France. Plus largement, il est le symbole de l'échec de la « règle d'or » imposée en 2012 à tous les pays d'Europe après avoir été adoptée par l'Allemagne dès 2009. Mais ce qui vaut pour l'Allemagne ne peut pas valoir pour tous les autres. On touche au vice originel de la monnaie unique qui juxtapose des pays très hétérogènes et fait diverger leurs économies au lieu de les faire converger. Par un mécanisme bien connu, les zones les plus productives ont vu leur production croître tandis que les zones moins compétitives ont vu la leur décliner et se sont donc appauvries. Il y a un défaut de conception au départ dont le résultat était tout à fait prévisible.       <br />
              <br />
       <b>Certains dirigeants européens se sont agacés de cette décision. Comprenez-vous cette réaction ?</b>       <br />
       Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dit : « Il n'y a pas de démocratie en Europe en dehors des traités. » Or le traité de Lisbonne reprend la quasi-totalité, la « substance » comme l'a dit M me Merkel, du projet de « traité constitutionnel » qui avait justement été rejeté par le peuple français en 2005 par référendum. Par ailleurs, M. Juncker ne me paraît pas le mieux placé pour mener le combat du oui au référendum grec. En effet, il a été un excellent premier ministre luxembourgeois mais du point de vue du Luxembourg qu'il a organisé, avec succès, comme un véritable paradis fiscal ! Cela ne le qualifie pas pour prêcher la solidarité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Pourquoi ces démocrates revendiqués semblent-ils redouter le choix du peuple ?</b>       <br />
       L'Europe s'est construite par effraction et l'essence du système européen est oligarchique. Le Conseil européen des chefs d'État est la seule institution légitime, mais ne se réunit que périodiquement et ne dispose pas d'outils pour traduire ses impulsions. La Commission européenne est composée de hauts fonctionnaires qui ne sont pas élus mais nommés de manière très opaque. Comme l'affirme la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe, le Parlement européen n'est pas un parlement. Il ne peut pas l'être car il n'y a pas de peuple européen, mais une trentaine de peuples différents. Dès le départ, l'Europe repose sur un postulat non vérifié : on a voulu faire l'Europe contre les nations ; on pensait qu'elle pouvait s'y substituer. Or les nations sont le cadre d'expression de la démocratie. Il faut désormais aller sur la voie de l'Europe confédérale, la seule qui soit légitime et démocratique : celle qu'avait proposée le général de Gaulle en 1962 avec le plan Fouchet. Seule une Europe à géométrie variable, souple envers chaque pays, pourra avancer. Cette nouvelle Europe aurait vocation à déboucher sur une « Europe européenne » et non inféodée. Le traité transatlantique, s'il était adopté, serait un nouveau coup porté à ce qui reste de notre souveraineté. Celui-ci ne comporte pas d'avantages évidents pour la France et nous soumettrait à des normes et juridictions influencées par les États-Unis. J'attends que la France fasse entendre sa voix sur un sujet qui, du temps du général de Gaulle, ne serait pas passé inaperçu.       <br />
              <br />
       <b>Sur le fond, êtes-vous favorable au oui ou au non comme Alexis Tsipras ?</b>       <br />
       Je n'ai pas à me prononcer à la place du peuple grec qui doit prendre ses responsabilités. C'est un peuple courageux. Il l'a montré à plusieurs reprises dans son histoire : dans sa guerre d'indépendance puis, en 1940, face à l'Italie fasciste qu'il a fait reculer et face à l'invasion nazie en 1941. Traditionnellement, il y a un sentiment philhéllène qui s'exprime en France. Je me compte d'ailleurs parmi les gens qui aiment la Grèce car pour moi ce pays représente aussi l'Antiquité, le grec ancien, la démocratie. Ne serait-ce que pour avoir eu jadis un accessit au concours général de version grecque, je ne peux pas leur en vouloir ! Sans la Grèce, il manquerait quelque chose d'essentiel à l'Europe.       <br />
              <br />
       <b>Pour le président la Commission européenne, un non voudrait dire, indépendamment de la question posée, que la Grèce dit non à l'Europe. Partagez-vous ce point de vue ?</b>       <br />
       C'est absurde ! Comment un président de la Commission européenne peut-il parler ainsi ? Il confond la zone euro qui compte dix-huit membres et l'Union européenne qui en regroupe vingt-huit. Il existe donc dix pays qui ne sont pas dans l'union monétaire et qui sont dans l'Union européenne. La Grèce restera dans l'Europe. Et si elle doit sortir de l'euro, nous devons l'aider à le faire dans des conditions qui ne soient pas trop douloureuses. Si la Grèce sort de l'euro, elle dévaluera sa monnaie qu'on pourrait appeler l'euro-drachme et rester attachée à l'euro dans un rapport stable de l'ordre de 70 %. Il faudrait restructurer la dette à due proportion. Cette hypothèse est réaliste et remettrait la Grèce sur un sentier de croissance. Elle rendrait le pays encore plus attractif pour les touristes. Elle permettrait à la balance agricole grecque de redevenir excédentaire, ce qu'elle était avant l'euro, et de développer une économie de services notamment dans la logistique et les transports. C'est un pays magnifique, l'un des plus beaux endroits du monde, qui bénéficie d'une véritable attractivité sur le plan géographique et d'un patrimoine historique pratiquement sans équivalent. La Grèce a les moyens de se redresser.       <br />
              <br />
       <b>Au-delà du cas grec, l'éclatement voire la disparition de la monnaie unique sont-ils inévitables ?</b>       <br />
       La monnaie unique a énormément accru les divergences de compétitivité entre pays européens. Prenons le cas de l'économie française. Elle avait un déficit commercial par rapport à l'Allemagne de 28 milliards de francs en 1983. Aujourd'hui, le déficit de la France sur l'Allemagne serait selon certaines sources (Eurostat) de 35 milliards d'euros. Comme l'euro représente six fois et demie le franc, le déficit a au moins quadruplé en tenant compte de l'inflation depuis 1983. La monnaie unique, qui a définitivement empêché la France de dévaluer, nous met une sorte de noeud coulant qui se resserre. Nous sommes désormais tombés au niveau d'industrialisation de la Grèce (12 % du PIB). Nos fleurons du CAC 40 se développent, mais à l'étranger.       <br />
              <br />
       <b>Une sortie ordonnée de la zone euro ou du moins de la monnaie unique est-elle possible ?</b>       <br />
       Lorsqu'on a fait fausse route, il faut savoir revenir à la bifurcation et prendre la bonne direction. La monnaie commune pourrait être celle-ci. L'euro perdurerait comme symbole de notre volonté d'aller vers une Europe toujours plus unie, mais deviendrait monnaie commune et non plus unique. Elle serait valable dans les échanges internationaux en gardant des subdivisions nationales : l'euro-drachme, l'euro-lire, l'euro-mark, l'euro-franc, etc. Certains pays pourraient augmenter de quatre ou cinq pour cent la valeur de leur monnaie interne, d'autres la garder stable et certains, comme la Grèce, la diminuer. Tous les deux ou trois ans, on pourrait procéder à de légers ajustements pour tenir compte des compétitivités relatives qui permettraient de tenir dans la durée. Cette monnaie commune serait le panier des subdivisions nationales. Elle serait cotée sur le marché mondial des devises. Rien de plus simple ; le monde est flexible. Il y aurait une cotation qui interviendrait tous les jours et une certaine stabilité s'installerait entre cette monnaie commune, le dollar et le yuan. Derrière tout cela se profile la réorganisation du système monétaire international profondément malade.       <br />
              <br />
       <b>Après les attentats de janvier, la France a une nouvelle fois été victime du terrorisme. Avons-nous sous-estimé la menace ?</b>       <br />
       Elle était tout à fait prévisible. J'ai dit à l'époque au président de la République que nous allions avoir devant nous des décennies de terrorisme. Aucune démocratie n'a chaviré à cause de celui-ci. Il s'agit d'une réalité douloureuse, mais auquel un grand État doit savoir faire face. Pour réduire le terrorisme, il faut garder son sang-froid, avoir une vue large et longue, une parole publique claire. Le but des islamistes est de créer un affrontement du monde musulman tout entier contre l'Occident. Ils veulent le choc des civilisations, mais nous ne devons pas tomber dans ce piège. Il faut assécher le terreau sur lequel le terrorisme djihadiste se développe. C'est beaucoup plus difficile qu'à l'époque d'Action directe car ce mouvement terroriste n'avait absolument aucun soutien dans la classe ouvrière française, alors qu'aujourd'hui un certain nombre de jeunes « paumés » peuvent être tentés par une démarche de radicalisation. Mais il faut rejeter par avance toute culture de l'excuse !       <br />
              <br />
       <b>Manuel Valls a eu tort d'utiliser le terme de « choc de civilisation »...</b>       <br />
       Il faudrait lui donner le temps de s'expliquer. Samuel Huntington, lui-même, n'employait pas ce mot pour le recommander, mais pour montrer qu'il était à l'horizon. Je réfute l'idée du choc des civilisations : c'est ce que veut Daech. Ne tombons pas dans ce piège. Mais la menace de ruptures majeures pour la France vient incontestablement non pas de l'Est, mais du Sud, notamment pour des raisons démographiques. Dans l'Afrique subsahélienne, il existe des pays dont le taux de fécondité va jusqu'à sept enfants par femme. Il sera impossible de promouvoir le développement dans ces pays s'ils ne font pas l'effort de se responsabiliser et si les religions ne nous y aident pas.       <br />
              <br />
       <b>Notre pays est en proie à une crise économique et sociale, mais aussi à une crise identitaire profonde. Ce type d'attentat peut-il déstabiliser la société en profondeur ?</b>       <br />
       Nous avons des tensions liées à la situation économique et des tensions qui résultent de la concentration de populations immigrées dans certains quartiers ou dans certaines zones, comme la Seine-Saint-Denis ou les quartiers Nord de Marseille. Tout cela témoigne d'une grande cécité historique de la part des pouvoirs publics. Il faut mener une politique d'intégration, mais cela suppose d'abord que la France s'aime assez elle-même pour donner envie à ses enfants de s'intégrer à elle.       <br />
              <br />
       <b>Un mot sur Charles Pasqua...</b>       <br />
       Il a marqué la Place Beauvau comme ministre de l'Intérieur. Charles Pasqua était un homme qui avait été formé dans la Résistance et qui avait sans doute gardé de cette période des méthodes pas toujours très orthodoxes. On le lui a reproché. Mais cela ne doit pas masquer l'essentiel : il était un patriote et un grand serviteur de l'État. À titre personnel, je n'ai pas oublié qu'en 1992, nous avons livré un combat commun contre le traité de Maastricht, puis, en 2005, contre le traité constitutionnel européen. J'appréciais aussi l'acteur qu'il était dans tous les sens du terme. Il a puissamment animé notre scène politique, si bien que même ses adversaires ne pouvaient pas le détester.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/07/02/31007-20150702ARTFIG00313-jean-pierre-chevenement-le-referendum-grec-est-legitime-et-democratique.php">LE FIGARO</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/7980719-12415497.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Le-referendum-grec-est-legitime-et-democratique_a1731.html</link>
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   <title>"Comment éviter l'éclatement sauvage de la zone euro"</title>
   <pubDate>Mon, 02 Feb 2015 11:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro, le 31 janvier 2015. Propos recueillis par Vincent Tremolet de Villiers et Anne-Laure Debaecker.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7414660-11422771.jpg?v=1422872185" alt=""Comment éviter l'éclatement sauvage de la zone euro"" title=""Comment éviter l'éclatement sauvage de la zone euro"" />
     </div>
     <div>
      <b>LE FIGARO : Que vous inspirent les résultats des élections en Grèce ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre CHEVÈNEMENT :</b> C'est un problème européen et ce n'est qu'accessoirement un problème grec : une telle secousse politique aurait pu se produire en Espagne, au Portugal ou ailleurs. Un pays qui perd 25 % de son PIB en cinq ans et dont 50 % des jeunes sont au chômage est forcément amené à réagir. Syriza n'est pas un parti, c'est un rassemblement dirigé par des universitaires dont l'esprit est celui du mouvement Attac. Leur victoire traduit un sentiment de dignité blessée dans le peuple grec. La question qui se pose maintenant est de savoir qui va payer.       <br />
              <br />
       <b>Qui ?</b>       <br />
       La dette grecque, qui est détenue pour l'essentiel par les États européens, soit directement, soit indirectement à travers le Fonds européen de stabilité financière (FSF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES), s'élève à un peu plus de 220 milliards d'euros. Les créanciers sont les contribuables, d'abord de l'Allemagne pour 73 milliards, de la France pour 55, de l'Italie pour 48 et de l'Espagne, pour 33 milliards. Toute remise de dette à la Grèce va provoquer des réclamations de la part d'autres pays : Espagne, Italie, Portugal...       <br />
              <br />
       <b>Que faire ?</b>       <br />
       La voie la plus raisonnable serait celle qui nous acheminerait vers une monnaie commune européenne.       <br />
              <br />
       <b>Sortir de la monnaie unique ?</b>       <br />
       Le fonctionnement de la monnaie unique entraîne une polarisation de la richesse à une extrémité, l'Europe du Nord, et du sous-développement à une autre, l'Europe du Sud. En l'absence de transferts massifs, inenvisageables compte tenu de leur ampleur (environ 10 % du PIB annuel pour les pays, les plus riches de façon à ce qu'une véritable péréquation puisse s'établir) la monnaie unique est non viable. On peut acheter du temps, c'est ce que fait M. Draghi, mais arrivera un jour où certains pays, notamment l'Allemagne, ne voudront plus payer. C'est également le cas de la France, qui ne dit rien parce qu'elle est aveuglée par l'idéologie. Mais les Allemands sont autrement vétilleux dès lors qu'il s'agit de leur portefeuille. Par conséquent, la bonne solution serait de faire un euro-drachme. Et, pour rétablir la compétitivité des pays en difficulté, de recréer des subdivisions nationales : euro-lire, euro-peseta, etc., pour faire l'économie de dévaluations internes excessivement douloureuses qui ancrent l'Europe dans une stagnation de longue durée. Une monnaie, c'est fait pour un pays.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Rares sont ceux qui proposent cette porte de sortie...</b>       <br />
       Je reconnais que les esprits ne sont pas encore mûrs pour choisir cette solution à la fois viable et européenne. Nous irons donc vers un moratoire de quelques années sur une partie de la dette grecque et sur un rééchelonnement de l'ensemble, mais les difficultés n'auront été que repoussées.       <br />
              <br />
       <b>L'euro baisse...</b>       <br />
       Il faut subordonner la solution des problèmes européens au retour de la croissance. La chute de l'euro par rapport au dollar peut aider au retour de la croissance, mais n'oublions jamais qu'elle est plus le résultat d'un dollar fort que de la politique de M. Draghi. Est-ce que la politique de la Fed va se maintenir dans les prochaines années ?       <br />
              <br />
       <b>Le risque d'une sortie de l'euro est considérable...</b>       <br />
       J'ai employé, à ce sujet, la métaphore de l'avion dont on ne saute pas sans parachute : on essaie de gagner le poste de pilotage pour le faire atterrir en toute sécurité. C'est la raison pour laquelle je préconise un débat de fond. Nous sommes obligés de choisir entre les inconvénients. Celui du système actuel : une stagnation de longue durée avec déjà 3,5 millions de chômeurs plein et d'une désindustrialisation continue. En 2014, notre compétitivité s'est encore détériorée : nous sommes à 12,3 % des exportations de la zone euro, alors qu'en 2000, nous étions à plus de 16 %. Comment la France pourrait-elle financer notre défense à terme si la base productive continue à se réduire ? Comment maintenir un modèle social avancé avec une production durablement stagnante alors que le nombre d'inactifs ne cesse de croître ?       <br />
              <br />
       Nous avons donc le choix entre l'inconvénient de la monnaie unique et l'invention de formules innovantes et forcément risquées.       <br />
              <br />
       <b>Comment faire pratiquement pour sortir de la monnaie unique ?</b>       <br />
       Cela suppose une concertation entre pays européens et d'abord un accord entre la France et l'Allemagne. C'est ce que je propose pour éviter un éclatement sauvage de la zone euro. La France ne doit pas prendre la responsabilité de quitter la zone euro, mais faire des propositions pour l'adapter, la réformer, y introduire de la flexibilité. Elle doit faire comprendre le bien-fondé de cette position. Je pense qu'elle trouvera des échos dans de nombreux pays, et pas seulement dans ceux du sud de l'Europe, mais aussi dans les pays du Nord comme l'Allemagne qui ne veulent pas sacrifier leur compétitivité à une mutualisation des dettes.       <br />
              <br />
       <b>A-t-on suffisamment poussé l'intégration européenne ?</b>       <br />
       Le saut fédéral implique des transferts considérables entre des pays dont le revenu par tête tourne autour de 40 000 euros par habitant et des pays qui sont à 12 000 dans la meilleure hypothèse. Des économistes allemands ont indiqué que dans une vraie fédération pour égaliser les prestations sociales, faire en sorte que tous payent les impôts de la même manière, il faudrait que l'Allemagne transfère chaque année 10 % de sa richesse soit 300 milliards d'euros et la France 200 milliards. Où les trouver ?       <br />
              <br />
       Il y a un très grand irréalisme dans ce parti pris fédéraliste, or on fait de la bonne politique à partir des réalités. Je me sens beaucoup plus européen que les idéologues qui veulent construire une Europe dans les nuées au lieu de partir des réalités qui sont d'abord nationales.       <br />
              <br />
       Donc l'épisode grec fera mûrir les solutions. Est-ce qu'il les permettra ? C'est un peu tôt. Mais il peut permettre des bonds conceptuels. Car nos élites de droite et de gauche, associées dès le début à une politique sans sens ont de la peine à reconnaître leur erreur initiale.       <br />
              <br />
       Depuis le premier matin, ce système a un péché originel, et le péché originel, on ne s'en débarrasse jamais ! Sauf à mettre le système à la réforme...       <br />
              <br />
       <b>L'élection grecque peut-elle avoir un effet de propagation dans d'autres pays ?</b>       <br />
       Le rejet des politiques d'austérité existe ailleurs mais comment en serait-il autrement ? On a voulu réduire drastiquement les déficits avant d'avoir rétabli la croissance.       <br />
              <br />
       Les États-Unis, eux, avaient un déficit de 9 % de leur PIB il y a quelques années. Aujourd'hui, ils sont à 2,6 %. Ils y sont parvenus en rétablissant la croissance à 4,5 %. L'Europe a fait l'inverse. Le niveau de la production stagne en Europe et est inférieur aujourd'hui à ce qu'il était en 2007.       <br />
              <br />
       Le système de la monnaie unique, bien loin de rapprocher les peuples, les divise.       <br />
              <br />
       <b>Le clivage souverainiste/fédéraliste va-t-il remplacer le clivage droite/gauche ?</b>       <br />
       Tsipras, en réalité, est aussi fédéraliste : il veut rester dans la zone euro, mais ne veut pas les obligations qui en résultent. Ce que vous dessinez est une ligne de fracture entre ceux qui acceptent la ligne Merkel, c'est-à-dire la conjugaison de plans d'austérité simultanés dans tous les pays européens, et ceux qui essayent de penser à partir des réalités nationales, une Europe qui priorise la croissance.       <br />
              <br />
       <b>Les attentats qui ont frappé la France l'ont aussi transformée...</b>       <br />
       Le 11 janvier a été une manifestation de résistance, de dignité. Il a exprimé le refus de céder sur les principes et la volonté de vivre dans une société fondée sur la liberté. Les gens n'ont pas manifesté pour la ligne éditoriale de Charlie Hebdo mais pour dire leur attachement à un mode de vie, à une civilisation, à ce qu'on appelle la République. Le président de la République a su offrir le visage de la France dans l'épreuve, et le premier ministre a trouvé les mots qu'il fallait.       <br />
              <br />
       <b>Que faire maintenant ?</b>       <br />
       Notre problème, ce sont les ratés de l'intégration. Mais comment peut-on intégrer les jeunes nés de l'immigration à un pays qui se débine en permanence et qui n'enseigne plus sa propre histoire ? Est-ce que les jeunes Français ont une vision positive de leur pays ? Qu'est devenu le récit national ? Comment a-t-on pu tolérer que celui forgé au XIXe  siècle par Michelet se soit complètement effacé ? Quel est le récit national de la France au XXe siècle ? Il serait temps de s'y mettre... Le plus urgent, c'est de faire France : de remettre en marche la machine à intégrer. Les attentats du 7-9 janvier se sont produits à l'intersection des conflits du Proche et du Moyen-Orient et de la crise de la société française. Si la France ne restaure pas sa cohésion nationale, elle importera le conflit israélo-palestinien sur son territoire.       <br />
              <br />
       <b>Quels sont nos moyens ?</b>       <br />
       Le sentiment national me paraît être le fond de l'affaire : dire qu'il faut transmettre les valeurs de la République, c'est trop faible : il faut transmettre l'amour de la France. Le réapprendre. D'abord l'Europe a besoin de la France : avec l'Allemagne comme seule prescriptrice, un déséquilibre s'est installé. Et puis pour faire reculer les communautarismes, il faut relever l'idée de la France. La France n'a pas terminé son histoire. Le reste du monde a besoin d'elle : car elle a posé des repères, défini des concepts. La nation comme communauté de citoyens par exemple. La France a beaucoup d'atouts dont elle n'a pas toujours conscience. Le 11 janvier, elle a retrouvé sa fierté. Ce qui est le commencement de tout.       <br />
              <br />
       <b>On a proposé l'instauration de rituels républicains. Que vous inspirent ces propositions ?</b>       <br />
       J'avais regretté la suspension du service national en 1996. Un service national très court serait bien adapté. Il faut une formule qui aille de 2 à 4 mois et qui comporte, en matière militaire, aussi des formules de volontariat - un service long.       <br />
              <br />
       Une garde nationale serait utile, ne serait-ce que pour la protection des points sensibles. Mais l'essentiel est de créer une cohésion nationale. C'était une vertu du service militaire : il brassait des gens de toutes catégories sociales.       <br />
              <br />
       <b>Partagez-vous la crainte d'une guerre civile ?</b>       <br />
       Qu'il y ait des gens qui ne veulent pas de bien à la France, c'est certain. Et s'ils pouvaient susciter une guerre civile, ils le feraient. Mais on en est loin : l'immense majorité des Français reste attachée à l'idée d'une République laïque et tolérante. L'immense majorité des musulmans qui vivent sur notre sol sait d'intuition que respect de la loi, et de l'esprit de la loi républicaine fait partie du pacte qui les lie à la France.       <br />
              <br />
       La France ne va pas changer de civilisation. Les principes républicains sont profondément ancrés dans nos mentalités. C'est un acquis formidable mais il faut faire vivre la République dans tous les domaines : la politique économique et européenne d'abord. Mais aussi dans le domaine international où la France doit se comporter, non pas comme un fer de lance de l'occidentalisme (nous payons aussi nos erreurs en Libye et en Syrie), mais comme une nation indépendante qui soit un pont entre l'Occident dont elle fait partie et les nations dites émergentes qui se reconnaissent dans son modèle. Le président Sarkozy a dit un jour que la France « faisait partie de la famille des nations occidentales » , je dirais surtout qu'elle fait partie de la grande famille des nations humaines. C'est une nation mondiale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/7414660-11422771.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Comment-eviter-l-eclatement-sauvage-de-la-zone-euro_a1687.html</link>
  </item>

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   <title>"La France comprend que c’est dans la République qu’elle peut trouver l’issue"</title>
   <pubDate>Sun, 01 Feb 2015 12:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé à "La Voix du Nord", samedi 31 janvier 2015. Propos recueillis par Olivier Berger.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7414557-11422632.jpg?v=1422791893" alt=""La France comprend que c’est dans la République qu’elle peut trouver l’issue"" title=""La France comprend que c’est dans la République qu’elle peut trouver l’issue"" />
     </div>
     <div>
      <b>Terrorisme VS République</b>       <br />
              <br />
       « Ces actes barbares étaient malheureusement prévisibles, à l’intersection des plaies de notre société et des conflits aux Proche et Moyen-Orient. De toute évidence, une frange de jeunes ne se sent pas du tout intégrée. Ils sont « français de papier » comme ils disent. Se pose le problème de la politique d’intégration, de l’emploi, de l’école mais plus profondément, de la France elle-même. Un pays qui ne s’aime pas peine inévitablement à intégrer de nouveaux citoyens.       <br />
              <br />
       Il faut revoir profondément le rôle de l’École, restaurer un récit national honnête mais valorisant. Il y a du pain sur la planche mais la France n’est pas le pays aveuli que décrit avec talent le dernier roman de Michel Houellebecq (<span style="font-style:italic">Soumission</span>). La France n’est pas encore soumise, comme l’a montré le sursaut de dignité et de fraternité du 11 janvier. Au bord du gouffre, elle comprend que c’est dans la République qu’elle peut trouver l’issue. »       <br />
              <br />
       <b>libération de Kobané en Syrie</b>       <br />
              <br />
       « Il faudra un retournement des populations arabes de Syrie et d’Irak pour venir à bout de Daech. Une coalition étrangère ne pourra gagner seule en comptant sur les Kurdes et des bombes guidées par laser. Nous payons l’énorme bêtise américaine de l’invasion de l’Irak. Enfin, la Turquie, l’Iran, la Syrie n’accepteront jamais la création d’un État kurde indépendant. La liste des erreurs commises dans cette région serait trop longue… »       <br />
              <br />
       <b>victoire de Syriza en Grèce</b>       <br />
              <br />
       « Ce succès est une réaction de dignité d’un peuple poussé à bout. Il marque le rejet de la droite classique et surtout du parti socialiste, le PASOK. Le succès de Syriza pose aussi le problème de la monnaie unique. L’erreur serait d’en faire un problème grec alors qu’il est européen. Car qui va payer en définitive ? Si on réduit de moitié sa dette, l’Allemagne devra sortir pas loin de 40 milliards d’euros et la France pas loin de 30…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Un « euro-drachme » (<span style="font-style:italic">l’euro pour les échanges extérieurs, le drachme pour l’intérieur</span>) dévalué de 30 % permettrait de redonner de la compétitivité à la Grèce et d’alléger sa dette. Le péché originel est d’avoir créé une monnaie unique pour des pays très différents. Les richesses s’accumulent à un pôle et la pauvreté à un autre.       <br />
              <br />
       Il faut remettre en cause les politiques d’austérité qui n’ont abouti qu’à une récession prolongée. Les États-Unis n’ont pas commencé par réduire leur déficit budgétaire mais ont d’abord fait revenir la croissance. C’est ce que Mario Draghi propose mais pourquoi la BCE (Banque centrale européenne) ne l’a-t-elle pas fait en 2009-2010 ? »       <br />
              <br />
       <b>L’Europe sortie de l’Histoire</b>       <br />
              <br />
       « L’Europe est sortie de l’Histoire, en tant que grand acteur géopolitique, ruinée par deux guerres mondiales et une mise en tutelle acceptée depuis lors. On le voit face au terrorisme. Seule la France a été capable de réagir au Mali. La défense de l’Europe aujourd’hui, c’est l’OTAN. Dans le conflit russo-ukrainien, quelle erreur d’avoir en quelque sorte sommé l’Ukraine de choisir entre l’Europe et la Russie ! C’est idiot tant ce pays est composite ! L’Europe d’aujourd’hui, dominée par une Allemagne profondément pacifiste, ne peut avoir ni politique de défense ni donc de politique extérieure.       <br />
              <br />
       L’Europe doit se faire dans le prolongement des nations et non pas comme substitut aux nations. La nation est le cadre de la démocratie et de la solidarité. Restons fidèles à la conception républicaine de la nation, communauté de citoyens, qui n’a rien à avoir avec le nationalisme. C’est la leçon que nous donnent les événements récents ! »       <br />
              <br />
       SOURCE : <a class="link" href="http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/jean-pierre-chevenement-la-france-comprend-que-c-est-ia0b0n2635279">La Voix du Nord</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/7414557-11422632.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-France-comprend-que-c-est-dans-la-Republique-qu-elle-peut-trouver-l-issue_a1686.html</link>
  </item>

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   <title>"Il ne faut rien cacher au peuple"</title>
   <pubDate>Wed, 23 May 2012 17:34:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement à l'Express paru dans l'édition du 23 mai 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/4275766-6462660.jpg?v=1337786861" alt=""Il ne faut rien cacher au peuple"" title=""Il ne faut rien cacher au peuple"" />
     </div>
     <div>
      <b>L'Express: Est-il raisonnable d'engager des dépenses supplémentaires au vu de la situation des finances publiques?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement:</b> François Hollande a pris un engagement : en cinq ans, réduire à zéro le déficit public. Dans le collectif budgétaire de l'été, il engagera des dépenses, fortes symboliquement, telles que le relèvement  de l’allocation de rentrée scolaire ou la mise à la retraite des personnes qui auront cotisé quarante et une années à l'âge de soixante ans. Tout cela étant compensé à l’euro près.       <br />
              <br />
       <b>Faut-il bloquer le prix de l'essence?</b>       <br />
       Oui si les prix remontaient. Ce n’est pas la tendance.       <br />
       <b>       <br />
       Un audit est commandé: est-ce le prélude à l'abandon de certaines promesses?</b>       <br />
       La situation du pays est d'une telle gravité qu'il ne faut rien cacher au peuple. Le président Hollande, comme Mendès-France autrefois, saura dire pourquoi on ne peut pas tout faire tout de suite.       <br />
       <b>       <br />
       Faut-il demander des économies aux collectivités locales?</b>       <br />
       Il y a encore des doubles emplois entre administrations, mais cela ne représente pas une immense perspective d'économies.       <br />
              <br />
       <b>La presse étrangère analyse la victoire de Hollande comme un vote des Français contre l'austérité. Qu'en pensez-vous?</b>       <br />
        C'est une appréciation trop rapide. La politique arrêtée par François Hollande est rigoureuse, mais elle tend à restaurer la croissance.       <br />
              <br />
       <b>Comment réindustrialiser la France?</b>       <br />
       Il faut d’abord stopper la désindustrialisation, qui se poursuit depuis le milieu des années 70: nous avions alors près de six millions de travailleurs dans l'industrie, il en reste un peu plus de trois. La fin de la surévaluation de l'euro est une condition du redressement économique. L’effritement de l’euro est de ce point de vue une bonne chose. Mais nous sommes encore loin du point bas de l’euro 82 centimes de dollar en 2000 et même de son cours de lancement : 1,16 dollars.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Le nouveau pouvoir a-t-il les bons outils pour réindustrialiser?</b>       <br />
       François Hollande va mobiliser 12 milliards pour les entreprises industrielles, à travers le livret d’épargne industrie. L'épargne française, c'est 16% du revenu. C’est un atout majeur. Il faut la réorienter vers le tissu des PMI, car elle s'investit trop au-delà des frontières: 150 milliards quittent le pays chaque année, alors que 50 milliards seulement de capitaux étrangers s’investissent en France. Les avoirs français à l’étranger hors de notre pays représentaient 80 milliards il y a tente ans, contre 2000 milliards aujourd'hui: c'est colossal! Il faut rééquilibrer les flux avec une vue d'ensemble, qui fait défaut aujourd'hui car il n'y a plus de vrai ministère de l'Industrie. Aujourd’hui, c’est une coquille vide.       <br />
              <br />
       <b>Le ministère du redressement productif confié à Arnaud Montebourg vous semble-t-il une bonne idée?</b>       <br />
       Beaucoup dépendra du décret d'attribution et des services et moyens qui seront placés sous son autorité.       <br />
              <br />
       <b>Les placements des fonds souverains dans notre industrie sont-ils une bonne chose?</b>       <br />
       Oui, s'ils ne s'attaquent pas aux bijoux de famille.       <br />
              <br />
       <b>Peut-on vraiment être un président &quot;normal&quot;?</b>       <br />
       Donner l'apparence d'un homme normal à l’Elysée dépasse à coup sûr les capacités d’un homme  vraiment normal. François Hollande y réussit parfaitement.        <br />
              <br />
       <b>Que pensez-vous du nouveau gouvernement ?</b>       <br />
       Rajeunissement des cadres, parité, cela va dans le bon sens ! J’ai confiance dans la solidité de Jean-Marc Ayrault et de l’équipe de tête. Un bémol cependant : Le Mouvement républicain et citoyen n’y est pas représenté. Je ne parle pas de moi évidemment : j’avais fait connaître, en apportant mon soutien à François Hollande, le 13 mars que je n’étais pas candidat à une fonction gouvernementale.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Christophe Barbier et Philippe Manière</span>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4275766-6462660.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Il-ne-faut-rien-cacher-au-peuple_a1400.html</link>
  </item>

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   <title>La monnaie unique a été une erreur, mais il n’est jamais trop tard pour rectifier une erreur</title>
   <pubDate>Thu, 08 Dec 2011 09:40:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans le quotidien belge Le Soir, jeudi 8 décembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3522037-5073362.jpg?v=1323333654" alt="La monnaie unique a été une erreur, mais il n’est jamais trop tard pour rectifier une erreur" title="La monnaie unique a été une erreur, mais il n’est jamais trop tard pour rectifier une erreur" />
     </div>
     <div>
      La crise de l’euro était prévisible. Les vices inhérents à la conception d’une monnaie unique déconnectée des économies et des peuples ne pouvaient conduire à une prospérité commune.       <br />
              <br />
       Il était absurde de vouloir imposer à 17 pays très différents par leurs structures économiques et politiques, et par leurs cultures, un mark-bis. La monnaie unique a creusé les écarts de compétitivité en Europe, entre un Nord industriel (essentiellement l’Allemagne) à la balance commerciale fortement excédentaire (entre 150 et 200 milliards d’euros par an) et un Sud déficitaire en voie de désindustrialisation. L’euro est une monnaie surévaluée de 25%, qui écrase la compétitivité de la plupart des pays membres de la zone. La monnaie unique devait réunir les peuples, elle les divise.       <br />
              <br />
       Faute d’anticipation, faute d’ambition pour l’avenir, c’est aujourd’hui la débâcle qui menace la zone euro tout entière.       <br />
              <br />
       Le Fonds de stabilisation créé pour éteindre l’incendie n’a plus de réserves disponibles qu’à hauteur de 250 milliards d’euros face à des montagnes de dettes : ainsi l’Italie doit lever, à elle seule, près de 300 milliards en 2012. Le Fonds n’a pu bénéficier de l’effet de levier du « véhicule spécial » que les grands Etats émergents ont refusé d’alimenter au sommet du G20 à Cannes. Une cinquantaine de banques sont aujourd’hui en situation de préfaillite. Les taux d’emprunt à dix ans ne cessent de s’élever (près de 7% en Italie, 6% en Espagne, 5% en Belgique). La zone euro manque des instruments monétaires et financiers pour faire face à la crise. Les Etats comme la Banque Centrale interviennent trop peu et trop tard.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les plans de rigueur impulsés par les institutions européennes conduisent à la récession économique. Comme le rappellent des économistes comme Joseph Stiglitz et Paul Krugman, seule une politique de relance de l’activité pourrait réenclencher un cercle vertueux. L’Europe est la seule zone du monde à s’interdire la relance de l’activité économique : elle ne pourra ni se désendetter ni éviter une stagnation, voire une dépression, de longue durée.       <br />
              <br />
       Sur la base de ce constat, quelle est aujourd’hui la sortie de crise possible ?       <br />
              <br />
       Le scénario Merkel-Sarkozy de désendettement des Etats dans un contexte de rigueur renforcée est une faute contre le bon sens. La discipline budgétaire qui serait imposée aux Etats membres par des sanctions rapides et automatiques appliquées par la Commission ne pourra conduire, de plan d’austérité en plan d’austérité, qu’à enfoncer les pays un peu plus encore dans la récession. L’Allemagne même ne pourra à terme y échapper.       <br />
              <br />
       Il faut trouver, et vite, d’autres solutions. La voie d’un nouveau traité est inadaptée, trop longue, trop juridique, trop tracassière. La crise n’attendra pas : le défaut d’un Etat, la faillite de plusieurs banques ne sont plus des hypothèses théoriques. La solution de bon sens est de donner enfin à la BCE les pouvoirs normaux de toute banque centrale : interventions sur le marché de la dette, pour dissuader la spéculation, et sur le change, pour faire retrouver à l’euro un cours moins surévalué (son cours de lancement était à 1,16 dollars, plus de 20% en dessous du cours actuel), création monétaire aussi, dans une mesure contenue à un niveau raisonnable, seule manière de pouvoir, à travers des avances au FESF et à la BEI, financer un plan de relance. Celui-ci devrait comporter un volet salarial, car c’est la déflation salariale, notamment en Allemagne, qui a creusé depuis le début des années 2000 les écarts de compétitivité. Un plan d’investissement permettrait enfin d’accélérer le développement des infrastructures et de « doper » la recherche et les universités.       <br />
              <br />
       Dans le cas où l’Allemagne refuserait soit l’extension des missions de la BCE, soit le lancement d’eurobonds, il faudrait alors préparer une mutation de l’euro si le défaut des Etats et les faillites bancaires devaient se produire. Une approche responsable en cas de défaut d’un grand pays serait d’avoir prévu et organisé par avance le retour à une monnaie commune utilisable dans les transactions internationales, les devises nationales flottant dans une proportion définie au départ et renégociée périodiquement sur la base de la compétitivité relative des différents pays membres de ce SME-bis. Ainsi pourrions-nous préserver l’unité et la cohérence du marché européen, en évitant les « dévaluations compétitives ». Ce système de monnaie commune avait été envisagé à la fin des années 1980. La monnaie unique a été une erreur, mais il n’est jamais trop tard pour rectifier une erreur.       <br />
              <br />
       Deux idées devraient ainsi guider les dirigeants européens : on ne peut pas sortir de la crise contre les peuples et l’Europe ne doit pas être la seule zone au monde à s’enfoncer dans la « décroissance ».       <br />
              <br />
       -----       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2011-12-08/la-monnaie-unique-a-ete-une-erreur-mais-il-n-est-jamais-trop-tard-pour-rectifier-une-erreur-882501.php">Le Soir</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3522037-5073362.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-monnaie-unique-a-ete-une-erreur-mais-il-n-est-jamais-trop-tard-pour-rectifier-une-erreur_a1303.html</link>
  </item>

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   <title>Une nouvelle saignée pour l’économie française</title>
   <pubDate>Mon, 07 Nov 2011 20:49:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Le Premier ministre a revêtu les habits du Docteur Diafoirus pour administrer une nouvelle saignée à l’économie française. Il s’agit non pas de protéger les Français mais de convaincre les agences de notation et  d’enrayer la spéculation. La monnaie unique est un tonneau des Danaïdes où s’engloutit l’effort des Français. Le malade finira par mourir guéri.       <br />
               <br />
       Il y avait d’autres moyens : la mobilisation des ressources de la Banque centrale et un plan de relance à l’échelle européenne. Celui-ci permettrait de résorber la dette.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Une-nouvelle-saignee-pour-l-economie-francaise_a1250.html</link>
  </item>

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   <title>Il est temps de changer de route</title>
   <pubDate>Thu, 27 Oct 2011 17:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Question d’actualité de Jean-Pierre Chevènement concernant le sommet européen du 26 octobre 2011, Sénat, jeudi 27 octobre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/0a93f0f20d541787bf7577c6d0bd238fda4406d0" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      L’arbre grec ne doit pas cacher la forêt, c’est-à-dire la crise de la monnaie unique dans son ensemble. Cinq pays sont actuellement sous tension : outre la Grèce, le Portugal, l’Irlande, et plus gravement l’Espagne et l’Italie. La dette cumulée de ces pays dépasse 3000 milliards d’euros. Ces pays doivent emprunter à des taux voisins ou supérieurs à 6 %. Ce n’est pas tenable. Les ressources du Fonds européen de stabilité financière – 440 milliards d’euros – sont insuffisantes, comme il ressort des chiffres.       <br />
              <br />
       Le gouvernement français avait fait une proposition intéressante : transformer le Fonds européen de stabilité financière en banque pour l’adosser aux ressources illimitées de la Banque Centrale européenne. Cette proposition a été écartée par l’Allemagne. Elle n’est plus sur la table mais le problème de l’insuffisance des ressources du Fonds européen de stabilité financière reste.       <br />
              <br />
       L’accord de Bruxelles ce matin parle de « l’optimisation du Fonds européen de stabilité financière. Il a retenu deux options de base pour obtenir un « effet de levier » capable d’augmenter les ressources du Fonds européen de solidarité financière       <br />
              <br />
       -	Un mécanisme de garantie partielle de 20 à 30 % sur les émissions de dette des pays sous tension.       <br />
       -	Et par ailleurs la création d’un ou de plusieurs « véhicules spéciaux », c’est-à-dire de fonds d’investissements ouverts aux investisseurs internationaux, privés et publics.       <br />
              <br />
       Le Président Von Rompuy a agité le chiffre de 1000 milliards pour indiquer l’effet de « maximisation » qui serait ainsi obtenu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Ces perspectives sont très aléatoires :       <br />
              <br />
       -	Les pays sous tension craignent de voir s’instaurer un double régime pour leurs dettes : celles qui seront garanties à 20 et 30 % et les autres avec des taux d’intérêts différents.       <br />
       -	Quant à la création des « véhicules spéciaux », elle nous met à la merci des investisseurs internationaux : Chine et FMI, c’est-à-dire du Congrès américain.       <br />
       Nous n’avons aucune assurance sur la mise en œuvre opérationnelle de ces deux mécanismes. Ce sont des rustines ou des promesses de rustines. Dans l’état actuel des choses, les ressources du Fonds européen de solidarité financière restent insuffisantes. L’accord obtenu est un trompe l’œil.       <br />
              <br />
       Vous nous faites aller de « sommet décisif » en « sommet historique ». Il en sera ainsi tant qu’une solution viable où la Banque centrale européenne acquérerait les mêmes prérogatives que la FED américaine n’aura pas été adoptée.       <br />
              <br />
       Dans l’immédiat que voyons-nous ? Trois choses :       <br />
              <br />
       1.	un euro qui caracole à 1,40 dollar. Ce n’est pas un signe de bonne santé pour notre économie et sa compétitivité. Les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne sont d’accord sur un point : un euro cher, trop cher pour que les pays de l’Europe méditerranéenne puissent espérer restaurer leur compétitivité. Ils deviendront un vaste Mezzogiorno. Quant à la réindustrialisation de la France, Bonjour les dégâts !       <br />
              <br />
       2.	Et par ailleurs des politiques de rigueur généralisées qui conduiront l’Europe à la récession et l’enfermeront encore plus dans la spirale des déficits et de la dette. Aucune initiative de croissance n’est prise à l’échelle de l’Europe et de la zone euro.       <br />
              <br />
       3.	Enfin, l’encadrement des budgets nationaux se resserre. Après la souveraineté monétaire, c’est la souveraineté budgétaire et fiscale qui vont disparaître.       <br />
              <br />
       Monsieur Juppé parle de fédéralisme. Mais c’est le fédéralisme du pauvre qui se met en place, un fédéralisme purement coercitif qui vise à faire de l’Europe un espace essentiellement disciplinaire.       <br />
              <br />
       Il est temps de changer de route. Monsieur le Premier ministre, de réconcilier l’Europe avec le progrès et la démocratie. Cela passe par une révision d’ensemble de l’architecture de la zone euro et particulièrement du rôle de la Banque Centrale. Vous étiez bien partis. Il est dommage que vous ayez abandonné en route vos positions sur la Banque Centrale.       <br />
              <br />
       D’autres, je l’espère, sinon vous, les reprendront.       <br />
              <br />
       ------       <br />
       <a class="link" href="http://www.gouvernement.fr/premier-ministre/reponse-du-premier-ministre-a-jean-pierre-chevenement-groupe-rdse-lors-des-question">Lire la réponse du Premier ministre François Fillon</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3389106-4870901.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Il-est-temps-de-changer-de-route_a1236.html</link>
  </item>

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   <title>"Les papes de la monnaie unique sont devant leurs responsabilités"</title>
   <pubDate>Wed, 14 Sep 2011 21:11:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Patrick Simonin sur TV5 Monde, mercredi 14 septembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/fa1e013818b504ef50841c896300bfde310b4b50" width="608" height="372">
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</object >
     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express:</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Je me suis toujours défini comme républicain       
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous avons abandonné notre souveraineté monétaire par le traité de Maastricht en 1992 que j'ai combattu.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il est évident qu'on ne créé pas une monnaie unique avec dix sept pays aussi différents par l'économie, les orientations politiques, la langue, les repères culturels. Tout cela ne pouvait pas tenir.       <br />
       Les écarts se sont creusés, la spéculation s'y est mis. La crise de l'euro n'est qu'un avatar de la crise du capitalisme financier qui a commencé en 2008.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut soit revoir l'architecture de l'euro, en donnant à la Banque centrale la possibilité d'acheter des obligations des titres de dettes publique pour casser la spéculation, soit alors revenir à la monnaie commune.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La monnaie commune, ce serait un toit européen commun, une devise européenne (l'euro) constituée d'un panier de monnaies nationales qui pourraient fluctuer dans certaines marges négociées, pour éviter des dévaluations compétitives. Ce serait un projet raisonnable.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Aujourd'hui, il n'y a pas de vision.       
       </li></ul><ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">A propos des eurobonds :</span> La dette allemande, c'est 2 000 milliards d'euros. Est-ce que les Allemands vont garantir 2 000 milliards supplémentaires ? Et la France dont la dette est de 1650 milliards ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> La solidarité européenne ne sera jamais la solidarité nationale       
       </li></ul><ul class="list"><li> Si la Grèce ne retrouve pas sa compétitivité, elle ne pourra pas rembourser sa dette. Et comment le pourrait-elle, si elle n'opère pas de dévaluation par rapport à l'euro qui est très surévalué par rapport à son cours de lancement.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Après l'Espagne et l'Italie, c'est le tour de la France.       
       </li></ul><ul class="list"><li> On peut rembourser sa dette quand on a une croissance, des plus-values fiscales.       
       </li></ul><ul class="list"><li> On ne peut pas renouveller l'opération de 2008. Ce qui est à l'ordre du jour, c'est la mise sous tutelle publique du système bancaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut surtout penser un système qui tienne la route à long terme.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La France a 30 milliards d'euros de déficit par rapport à l'Allemagne. C'est 6 fois plus qu'en 1982 !       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le programme socialiste a éviter d'aborder le sujet de l'avenir de l'euro       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le PS et la droite sont parfaitement complices dans cette affaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Les papes de la monnaie unique sont devant leurs responsabilités       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je vais faire des propositions qu feront je l'espère bouger les lignes.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3273804-4689084.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Les-papes-de-la-monnaie-unique-sont-devant-leurs-responsabilites_a1208.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Pour Chevènement, la règle d'or budgétaire est en fait une "règle d'airain"</title>
   <pubDate>Thu, 08 Sep 2011 19:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, jeudi 8 septembre 2011, 19h33.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3253743-4659596.jpg?v=1315504067" alt="Pour Chevènement, la règle d'or budgétaire est en fait une "règle d'airain"" title="Pour Chevènement, la règle d'or budgétaire est en fait une "règle d'airain"" />
     </div>
     <div>
      Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement, a jugé jeudi que la règle d'or budgétaire était en fait une &quot;règle d'airain&quot; qui aurait, si elle était adoptée, des &quot;effets déflationnistes&quot;.       <br />
              <br />
       L'ancien ministre a été reçu jeudi après-midi par François Fillon qui a entamé la veille une série de &quot;consultations&quot; sur la &quot;règle d'or&quot; budgétaire, après quoi le chef de l'Etat décidera de convoquer ou non les parlementaires en Congrès pour se prononcer sur cette règle.       <br />
              <br />
       &quot;J'ai expliqué au Premier ministre que la règle d'or, qui est pour moi une règle d'airain, aurait inévitablement des effets déflationnistes, qu'elle était très rigide, qu'elle nous conduirait à mettre le doigt dans le fédéralisme budgétaire qui serait en réalité un carcan coercitif&quot;, a déclaré à la presse M. Chevènement.       <br />
              <br />
       &quot;Je pense que les peuples accepteraient difficilement ses conséquences, on peut l'accepter du point de vue de l'effet d'annonce mais une fois qu'on met le doigt dans cet engrenage, il faut savoir où cela conduit&quot;, a conclu M. Chevènement, qui n'exclut pas de se présenter à la présidentielle de 2012.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3253743-4659596.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Pour-Chevenement-la-regle-d-or-budgetaire-est-en-fait-une-regle-d-airain_a1201.html</link>
  </item>

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   <title>Vingt ans de laisser-faire, ça suffit !</title>
   <pubDate>Wed, 07 Sep 2011 12:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans Causeur n°39, septembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3249279-4653366.jpg?v=1315390324" alt="Vingt ans de laisser-faire, ça suffit !" title="Vingt ans de laisser-faire, ça suffit !" />
     </div>
     <div>
      La France est un pays dont la base industrielle s’est rétrécie (30 % de la valeur ajoutée en 1982, 13 % aujourd’hui) et dont le commerce extérieur est presque aussi gravement déficitaire que celui des Etats-Unis (70 milliards d’euros en 2011 pour la France – 600 milliards de dollars pour les Etats-Unis).       <br />
              <br />
       Le discours sur l’endettement public de la France (1 650 milliards d’euros, soit 85 % du PIB) peut être trompeur. Il est dans la moyenne de la zone euro (85 %). L’endettement public des Etats-Unis atteint, lui, 100 % du PIB. Celui du Japon 200 %. Ce qui rend le problème de la dette publique française préoccupant, c’est sa détention, à près des deux tiers, par des « non-résidents » : on s’étonnera que les ménages français, relativement peu endettés et dont l’épargne est abondante (16 % du revenu), ne soient pas admis à souscrire aux émissions de dette publique : ce privilège est réservé aux banques …       <br />
              <br />
       Si on veut prendre une vue d’ensemble, la France n’est pas débitrice à l’égard du reste du monde. Elle est même créancière nette. Par exemple, nos investissements  à l’étranger, qui étaient de 82 milliards, en 1982, atteignent 1 600 milliards d’euros aujourd’hui. Le patrimoine global français atteint 10 000 milliards d’euros, soit cinq fois le revenu national annuel, un record historique : mais il s’agit pour plus de moitié de la valeur estimée au prix du marché des patrimoines immobiliers. Ce niveau record ne doit pas faire illusion : il traduit surtout l’intensité de la spéculation immobilière depuis une trentaine d’années.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Au total,  il y a donc deux visions de la pauvreté ou de la richesse de la France selon qu’on se place du point de vue financier ou du point de vue de l’économie réelle. De ce point de vue, la France est un pays déclinant, dont la production industrielle a été largement délocalisée et dont les parts de marché à l’exportation ont fondu de manière spectaculaire (5,6 % encore en 2000, 3,6 % aujourd’hui).       <br />
              <br />
       C’est cette déconnection que je voudrais mettre en valeur :        <br />
              <br />
       Les Français, surtout les plus riches, se sont considérablement enrichis. L’économie française, elle, s’est fragilisée. Il y a beaucoup de gens pauvres ou très modestes (le salaire médian est inférieur à 1 500 euros), beaucoup de chômeurs (plus de 9 % de la population active, 23  % chez les jeunes).       <br />
              <br />
       Au fond tout s’est passé comme si depuis plus de deux décennies, les intérêts des classes possédantes avaient divergé d’avec les intérêts du pays. Le développement d’un capitalisme financier globalisé a abouti à de très fortes délocalisations industrielles, à l’exode à l’étranger d’une part importante de notre épargne, à l’envol de la richesse des classes possédantes, et à une précarité croissante pour les couches populaires et pour une part importante de la jeunesse. Ce qu’on appelle la « globalisation » a exercé un effet de fracture sur la société française que les choix de rigueur en cours et la récession à nouveau menaçante ne peuvent que creuser encore.       <br />
              <br />
       Ou bien nous poursuivrons sur le chemin de la globalisation et le déclin économique dont les couches salariées font les frais s’accélèrera encore, ou bien un mouvement inverse interviendra (rupture avec la logique des marchés financiers, relocalisations industrielles, réinvestissement de l’espace national par les grands groupes d’origine française, redémarrage de l’investissement productif dans nos entreprises).       <br />
              <br />
       Ce dernier choix, fondé sur une croissance endogène, et qu’il faudrait penser à l’échelle européenne, serait seul conforme à l’intérêt national. Il heurtera les intérêts à courte vue des classes possédantes. Il suppose un euro beaucoup moins cher qu’aujourd’hui. Autant dire qu’il passera par de fortes secousses au triple plan national, européen et international. Ces secousses sont inévitables. Le redressement de la France n’est possible qu’à deux conditions : au prix de beaucoup d’efforts d’abord et seulement si les Français, dans les temps difficiles qui s’annoncent, savent se rassembler sur l’intérêt de la France et sur la nécessité de partager cet effort.       <br />
              <br />
       -----       <br />
       <a class="link" href="http://www.causeur.fr/">Causeur</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3249279-4653366.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Vingt-ans-de-laisser-faire-ca-suffit-_a1199.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>La "règle d'airain" nous conduit au gouffre et consacre le triomphe des oligarchies financières: les candidats socialistes doivent changer de logique!</title>
   <pubDate>Mon, 05 Sep 2011 10:33:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Julien Arnaud sur LCI, lundi 5 septembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.chevenement.fr/video/<div><object width="600" height="337,5" id="wat_6901749"><param name="movie" VALUE="http://www.wat.tv/swf2/247487nIc0K116901749"></param><param name="allowFullScreen" VALUE="true"></param><param name="allowScriptAccess" VALUE="always"></param><embed src="http://www.wat.tv/swf2/247487nIc0K116901749" type="application/x-shockwave-flash"  allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="600" height="337,5"></embed></object></div>     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim Express :</span>       <br />
       <ul class="list"><li>Dominique Strauss-Kahn se range parmi les fédéralistes à tout crin. Ce n'est pas vraiment mon cas. Je pense que l'Europe sera forte de ses nations et de l'entente de ses nations et qu'on ne peut pas la coiffer par un mécanisme qui serait aux antipodes de la démocratie.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le président en exercice ne doit pas avoir de comptes à rendre à des juges, sauf en cas de haute trahison, etc. Mais je pense qu'il faut séparer les pouvoirs pendant la mandature du président. Et qu'ensuite il rende des comptes.       <br />
       Le procès doit avoir lieu, même en l'absence de Jacques Chirac.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos des déclarations de Ségolène Royal et de François Hollande déclarant qu'ils pourraient voter la &quot;règle d'or&quot; après 2012 :</span>       <br />
       C'est tomber dans le piège ouvert par Nicolas Sarkozy. Cette &quot;règle d'or&quot; est une programmation de l'austérité à perpétuité.       <br />
       C'est la fin de la démocratie. Nous avons déjà perdu notre souveraineté monétaire avec le traité de Maastricht, et maintenant la suite logique, c'est que nous perdons notre souveraineté budgétaire.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La &quot;règle d'or&quot; est pernicieuse, elle dessaisit le Parlement de son droit d'élaborer le budget, de son droit d'amendement, de propositions de lois, de son droit d'initiatives. C'est rompre le &quot;fil ténu qui relie encore l'Europe à la démocratie&quot;, comme le disait Hubert Védrine.       <br />
       Et puis la perspective, c'est la récession. Voyez la Grèce : PIB moins 5%. La production grecque a diminué de 9% en deux ans. L'incohérence des marchés est totale : ils veulent serrer la vis mais s'effraient que les perspectives de croissance ne soient pas au rendez-vous.       <br />
       Cette &quot;règle d'airain&quot; nous conduit au gouffre, elle va dans le sens du triomphe des oligarchies financières. J'aimerai que les candidats socialistes changent de logique. Pour rembourser la dette, il y a deux méthodes : soit vous serrez la vis et vous réduisez le budget, soit vous avez un plan de croissance et des plus values fiscales. Imaginez un plan de croissance au niveau européen. On pourrait demander à l'Allemagne de relancer la machine.       <br />
       <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de 2012 :</span> je me déciderai à l'automne.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de la Présidence du Sénat :</span> il faudrait que le Sénat passe à gauche, et que les socialistes me le demandent. A ce moment-là (ironique), j'y réfléchirais !</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3243471-4644463.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-regle-d-airain-nous-conduit-au-gouffre-et-consacre-le-triomphe-des-oligarchies-financieres-les-candidats-socialistes_a1198.html</link>
  </item>

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   <title>Entretien à Nice Matin: "Le programme du PS n'est pas finançable"</title>
   <pubDate>Sun, 04 Sep 2011 17:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Nice Matin, dimanche 4 septembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3242419-4642896.jpg?v=1315151359" alt="Entretien à Nice Matin: "Le programme du PS n'est pas finançable"" title="Entretien à Nice Matin: "Le programme du PS n'est pas finançable"" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Le sénateur de Belfort est à Carros pour présenter son &quot;contrat républicain&quot;... et s'avancer vers la candidature… Il n'est pas encore candidat, mais il en a déjà le costume…  Sa vision de la France et le peu de confiance qu'il attribue aux candidats socialistes le rapprochent, peu à peu, d'une nouvelle candidature aux présidentielles… Décryptage.</span>       <br />
              <br />
       <b>Nice Matin: Vos idées forces pour ce contrat républicain ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement</b>: D'abord il faut voir la profondeur de la crise dans laquelle nous sommes. La crise de l'euro était prévisible dès le départ. C'est une monnaie qui a été construite sans, voire contre les nations.       <br />
              <br />
       Aujourd'hui, les marchés financiers spéculent contre tous les États qui apparaissent affaiblis par l'ampleur de leur dette et il y a lieu d'être très inquiet sur l'avenir de l'euro. J'ai suggéré que la banque centrale européenne rachète en masse les obligations des pays attaqués, comme l'Italie et l'Espagne.       <br />
              <br />
       Nécessité fait loi, elle a commencé à le faire au mois d'août mais dans des proportions insuffisantes.       <br />
       Il faut une remise des compteurs à zéro, penser qu'on ne peut pas maintenir un système de protection sociale avancé sans une base productive forte.       <br />
              <br />
       Or nous avons laissé notre industrie péricliter. La situation est gravissime. C'est à une révolution aussi profonde que celle à laquelle nous avons procédé en 1944 avec le Conseil national de la Résistance qu'il faut procéder. mais nous ne sommes pas en 1944, nous sommes plutôt en 1939…       <br />
              <br />
       <b>La dette publique augmente et vous préconisez de relancer les investissements. Un cercle vicieux, non ?</b>       <br />
       Il faut inverser cette logique.Pour résorber la dette il faut de la croissance, des recettes fiscales, des excédents et par conséquent si on veut se lancer dans une austérité généralisée comme Merkel et Sarkozy nous le proposent avec leur pseudo-règle d'or que j'appelle règle d'airain, on va au gouffre…       <br />
              <br />
       <b>Devant ce constat pourquoi ne pas lancer dès aujourd'hui votre candidature aux présidentielles 2012 ?</b>       <br />
       Il faut que les Français comprennent la nécessité d'une politique alternative. Pour le moment on les balade avec la règle d'or, avec les primaires socialistes dont on voit que tous les candidats se situent dans la même logique que M. Sarkozy, sans vision de l'avenir, sans comprendre qu'ils vont devoir prendre des mesures plus audacieuses, plus courageuses… Pour en revenir à ma candidature, j'officialiserai ma décision dans le courant de l'automne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Où en êtes-vous de vos relations avec les socialistes ?</b>       <br />
       J'ai des relations amicales avec la plupart de leurs candidats. Mais il faut que le débat progresse, qu'il s'élève. Et les événements vont nous y aider. Ma candidature permettra de créer un recours pour la suite car la France en aura besoin…       <br />
              <br />
       <b>Vous jugez sévèrement leurs primaires…</b>       <br />
       Le programme qui les unit annule l'intérêt de cette compétition certes d'hommes et de femmes estimables… L'une a de beaux yeux, l'autre est brillant et amusant, la troisième sincère, le quatrième enjôleur, mais nous ne sommes pas au comice agricole, au foirail pour juger la bête comme Chirac le faisait au salon de l'agriculture. Sur quoi se différencient-ils ? Quelles perspectives offrent-ils ? Leur programme est un leurre, il n'est pas finançable dans l'état actuel du système euro. Ils le disent d'ailleurs eux-mêmes…       <br />
              <br />
       <b>Le 21 avril 2002 un mauvais souvenir ?</b>       <br />
       Le peuple français a fait ce jour-là une erreur en pensant que Le Pen pouvait être autre chose qu'une impasse…       <br />
              <br />
       <b>Mais encore…</b>       <br />
       Lionel Jospin avait un projet à l'eau de rose, ma candidature était justifiée. Mes interventions de la campagne 2002 n'ont d'ailleurs pas pris une ride !       <br />
              <br />
       <b>Vous sortez un livre d'entretiens croisés avec le ministre de l'Éducation Luc Chatel. Lui avez-vous soufflé l'idée du retour à la morale sur les bancs de l'école ?</b>       <br />
       Je m'en étais déclaré partisan il y a quelque temps… Depuis la fin du service militaire, l'école est la seule grande institution publique à rassembler toute la jeunesse. C'est à elle de donner les repères que sont le patriotisme, le civisme, le respect des règles du vivre ensemble.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Christian Huault</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Entretien-a-Nice-Matin-Le-programme-du-PS-n-est-pas-financable_a1195.html</link>
  </item>

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   <title>On veut nous imposer une "règle d'airain" qui nous conduit tout droit vers le gouffre qu'on prétend éviter</title>
   <pubDate>Wed, 31 Aug 2011 11:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL, mercredi 31 août 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/2c41cb82f5d68feb380794348f78ba32d023f445" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <b>Jean Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Pierre Chevènement.       <br />
       Jean-Pierre Chevènement </b>: Bonjour, Jean Michel Apathie       <br />
              <br />
       <b>Votre lointain successeur Luc Chatel annonce, ce matin dans &quot;Le Parisien&quot;, qu'il a décidé de réintroduire la morale dans l'école primaire ; et le maître, dit il, va consacrer le plus régulièrement possible, quelques minutes à un petit débat philosophique, à un échange sur le vrai, le faux, le respect des règles, le courage, la franchise, le droit à l'intimité. Sans doute, la liste n'est elle pas close. Soutenez-vous, l'initiative de Luc Chatel, Jean-Pierre Chevènement ?</b>       <br />
       S'il s'agit d'une morale républicaine, oui. C'est-à-dire qu'il faut déduire la morale du civisme. Il est évident qu'il ne faut pas aller vers le conditionnement des esprits. Ce n'est pas le rôle de l'Education nationale.       <br />
              <br />
       <b>Mais en gros, vous soutenez Luc Chatel, c'est une bonne idée ?</b>       <br />
       Je pense, étant donné l'évolution de la société, du rôle des familles qui, malheureusement, s'effacent, il est bon que l'école, qui est quand même la grande institution dans laquelle se retrouve tous les Français, la dernière, joue également ce rôle.       <br />
              <br />
       <b>Donc un bon point pour Luc Chatel. Je signale au passage à nos auditeurs, que vous venez d'avoir un dialogue avec Luc Chatel que les éditions Plon ont publié sous la direction de Nicolas Beytout.</b>       <br />
       Je le suggère à Luc Chatel dans ce livre...       <br />
              <br />
       <b>... Le retour de la morale ?</b>       <br />
       Oui.       <br />
              <br />
       <b>Donc, c'est vous alors ?</b>       <br />
       Non, non, je ne le prétends pas. Il ne m'écoute pas en tout, malheureusement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Mais là, il vous a sans doute un peu écouté. Un autre débat dans cette rentrée, des manuels des classes de Première en Sciences et vie de la terre, expose aux lycéens, la théorie du &quot;genre sexuel&quot;, selon laquelle, je cite, un de ces manuels et je résume sans doute la pensée : &quot;Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons pour autant nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Ceci relevant surtout de la construction culturelle ou de la construction sociale&quot;. Et alors des députés de droite, disent &quot;c'est scandaleux, c'est de l'idéologie, ce ne sont pas des faits scientifiques. Il faut retirer ceci des manuels, interdire ces manuels&quot;. Les soutenez-vous ?       <br />
       </b>Je n'ai pas lu ce manuel. Il me parait absolument évident que le sexe ne résulte pas seulement d'une construction culturelle. Mais on peut très bien expliquer aussi que il y a des rôles que l'on attribue aux hommes ou aux femmes, et qu'après tout on peut dépasser cela. On l'a vu d'ailleurs dans le domaine du travail.       <br />
              <br />
       <b>Donc vous retireriez ou pas cet enseignement ?</b>       <br />
       Je juge sur pièce.       <br />
              <br />
       <b>Vous êtes un peu prudent !</b>       <br />
       Non, je juge sur pièce. Ça mérite d'être examiné.       <br />
              <br />
       <b>Allez, c'est un débat compliqué, je vous l'accorde. Nouvelle économique d'hier soir : le déficit budgétaire prévu en 2011, sera plus important, à cause notamment d'une mauvaise rentrée sur les sociétés. Ce qui traduit un ralentissement de l'activité en France. Bercy prévoit qu'au lieu de 91 milliards de déficit, en 2011, il y en aura 95. Ce qui est évidemment pas une bonne nouvelle. Ça laisse un autre choix qu'une politique de rigueur, Jean-Pierre Chevènement, quand les déficits ne sont plus maîtrisables, qu'ils sont à ce niveau : 95 milliards d'euros de déficit cette année ?</b>       <br />
       Mais je vous fais observer que cet accroissement du déficit résulte d'une moindre croissance. C'est à dire qu'il y a moins de rentrée fiscale et la question qui se pose est la suivante : est ce que c'est en réduisant encore les dépenses, dans les domaines d'ailleurs, publics ou privés qu'on va retrouver un trend de croissance, une tendance générale à la croissance positive. Moi, je pense qu'on ne peut réduire la dette que si...       <br />
              <br />
       <b>... On augmente le déficit, c'est ça ?...</b>       <br />
       Non !... Que s'il y a une croissance, et je pense qu'aujourd'hui en Europe, on est en train de se laisser enfermer dans un cercle vicieux : rigueur, récession, moins values fiscales, déficit, endettement...       <br />
              <br />
       <b>A ce cercle vicieux, vous opposez un autre cercle vicieux. C'est-à-dire que pour faire de la croissance, il faut faire de la dépense publique, et si on fait de la dépense publique, on fait du déficit...</b>       <br />
       Non, non, je pense qu'on peut faire autrement. Par exemple, j'ai écrit au Président de la République, au début du mois d'août, pour lui dire qu'il fallait que la Banque centrale européenne rachète des titres de la dette publique espagnols et italiens.       <br />
              <br />
       <b>Ce qui ne règle pas le problème...</b>       <br />
       La crise de l'euro est là, elle nous pend au bout du nez. C'est dramatique, et c'est au nom de la crise de l'euro qu'on veut nous imposer une soit disant &quot;règle d'or&quot; que j'appelle moi, &quot;règle d'airain&quot;, et qui nous conduit tout droit vers le gouffre qu'on prétend éviter. Je pense que la monétisation d'une partie de la dette que réalisent les Etats-Unis, le Federal Reserve Board américain, la Banque Centrale américaine a pris en pension 1500 milliards de dollars de bons du trésor. De ce côté-ci de l'Atlantique, on a acheté 60 milliards d'euros l'an dernier, 50 au mois d'août. Sa fait 110. C'est très peu. C'est moins d'un dixième.       <br />
              <br />
       Donc, je pense que il faut se donner une souplesse, une mobilité et une légère inflation contribuerait aussi à rendre plus facile, en même temps que la croissance, le problème de la résorption de la dette. Bien évidemment, il faudra résorber la dette.       <br />
              <br />
       <b>On n'y échappera pas !</b>       <br />
       Mais vous savez, les Américains avaient une dette en 1950 de 350% de leur PIB. Ils l'ont résorbée. Comment ? Par la croissance.       <br />
              <br />
       <b>Et bien très bien, faisons comme les américains dans les années 50. Compte tenu de ce contexte économique, c'est sérieux quand la gauche dit : &quot;Tiens, si on gagne l'élection présidentielle, on reviendra à la retraite à 60 ans&quot;. C'est sérieux de dire ça, Jean-Pierre Chevènement ?</b>       <br />
       Moi, je ne raisonne pas comme ça. Je pense que la retraite doit dépendre du nombre des annuités de cotisations.       <br />
              <br />
       <b>Donc ne vous ne croyez pas à la retraite à 60 ans, au retour à la retraite à 60 ans, vous n'y croyez pas ?</b>       <br />
       Je pense que c'est une bonne réforme pour les ouvriers, pour les gens qui travaillaient de leurs mains, qui avaient des métiers pénibles.       <br />
              <br />
       <b>Vous croyez au retour à la retraite à 60 ans ?</b>       <br />
       Je pense que le problème ne doit pas être posé uniquement à travers l'âge. C'est la durée de cotisations qui compte.       <br />
              <br />
       <b>On précisera tout ça... Martine Aubry a dit hier soir, à propos de Dominique Strauss Kahn : &quot;Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l'attitude de DSK vis-à-vis des femmes&quot;.  Peut-être des hommes pensent-ils comme les femmes ? Et vous, vous en pensez quoi, personnellement de DSK .</b>       <br />
       Écoutez, je n'ai pas l'expérience de Martine Aubry pour parler de ces choses là. Je pense, je me suis exprimé clairement. J'ai défendu la présomption d'innocence. Maintenant, il faut que Dominique Strauss-Kahn s'explique un jour, et qu'il le fasse publiquement.       <br />
              <br />
       <b>Pour dire quoi ?</b>       <br />
       Pour dire ce qui s'est passé.       <br />
              <br />
       <b>Il doit le faire ?</b>       <br />
       Je pense qu'il faudra qu'il le fasse. Mais moi, je ne veux pas lui mettre le couteau sous la gorge. Je pense qu'il a le droit de souffler, de se reconstruire un peu. Enfin, il prendra la parole quand il le jugera utile.       <br />
              <br />
       <b>François Hollande est le favori des primaires au sein du parti socialiste. Il ferait un bon Président de la République, François Hollande, Jean-Pierre Chevènement ?</b>       <br />
       Favori, en fonction des sondages publiés.       <br />
              <br />
       <b>De l'air du temps ?</b>       <br />
       On ne sait pas très bien qui votera dans ces primaires. C'est très aléatoire.       <br />
              <br />
       <b>Vous vous échappez de ma question.</b>       <br />
       Non, pas du tout. J'ai de la sympathie pour François Hollande. C'est un homme très fin, astucieux. Et je pense qu'il serait un bon président en période normale. Simplement, la période n'est pas normale. Nous allons vers des secousses énormes.       <br />
              <br />
       <b>Alors qui ferait un bon président, en période anormale d'après vous ?</b>       <br />
       Écoutez, il faut vraiment une vision d'homme d'Etat. Il faut savoir que les atouts de la France ne sont pas immenses.       <br />
              <br />
       <b>Vous pensez à quelqu'un ?</b>       <br />
       Ils existent, il faut les jouer avec beaucoup de méthode, beaucoup de sang froid. Je pense que nos rapports avec l'Allemagne, sont tout à fait décisifs. Il faut obtenir de l'Allemagne qu'elle assouplisse sa position sur les questions monétaires. Notamment sur l'architecture de la monnaie unique, le rôle de la banque centrale est essentiel.       <br />
              <br />
       <b>Vous pensez à quelqu'un pour un Président en situation anormale ? Vous avez un profil en tête ?</b>       <br />
       Ça se fabrique, ce sont des qualités qui s'acquièrent..       <br />
              <br />
       <b>Et puis on a huit mois pour le fabriquer, Jean-Pierre Chevènement.</b>       <br />
       Je pense que la campagne est longue. J'aurais l'occasion de m'exprimer d'ici la fin de l'automne, vous en saurez plus à ce moment-là.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.rtl.fr/actualites/politique/article/jean-pierre-chevenement-hollande-ferait-un-bon-president-en-periode-normale-7714676868">RTL.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3232566-4627370.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/On-veut-nous-imposer-une-regle-d-airain-qui-nous-conduit-tout-droit-vers-le-gouffre-qu-on-pretend-eviter_a1192.html</link>
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