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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-08T23:10:57+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>"Le combat contre l'islamisme radical est un combat pour la civilisation"</title>
   <pubDate>Thu, 11 Sep 2014 10:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de I-télé mercredi 10 septembre 2014. Il répondait aux questions de Laurence Ferrari.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A propos d'une éventuelle intervention militaire contre l'Etat islamique</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Quelques conditions doivent être réunies pour une intervention militaire contre l'Etat islamique : un mandat des Nations Unies (donc l'accord des principales puissances), réunir les forces nécessaires, et un certain nombre de pays notamment de la région (les pays arabes, mais je pense aussi à l'Iran).        
       </li></ul><ul class="list"><li> Chacun sait que l'Etat islamique est aussi en Syrie. Des formes de collaborations avec ce pays devront-être trouvées.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Cette situation ne résulte pas de rien : elle résulte des ingérences occidentales.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On a désigné un nouveau gouvernement irakien, rassemblant un peu plus, à côté des chiites et des Kurdes, les sunnites, qui avaient été laissés pour compte. Donc la vraie question, c'est de reconstruire l'Irak.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Mieux valait influait sur une dictature laïque, qui était quand même sensible à nos pressions, que d'ouvrir un cycle de vingt ans de guerre, qui a probablement causé près d'un million de morts, et qui a détruit un Etat, qu'il va falloir reconstruire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut respecter les frontières tracées à la fin de la Première Guerre mondiale. Chacun voit bien qu'il y a deux grandes capitales, Bagdad et Damas. Il est donc normal qu'il y ait deux grands États arabes. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> On oublie constamment que dans cette affaire, ceux qui souffrent de l'islamisme radical, ce sont d'abord les musulmans, et pas seulement les journalistes américains. Bien sûr, j'ai beaucoup de compassion pour eux, mais en même temps ce sont des centaines de milliers de musulmans qui sont assassinés, dont on coupe les mains, les pieds. Il y a aussi les chrétiens d'orient, et les Yézidis. Donc il faut aussi attendre que les musulmans cherchent à se défaire de cette engeance obscurantiste, qui a été trop soutenue par le passé.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce n'est pas aux troupes à terre de l'Occident de réduire l’État islamique. On peut aider les Irakiens, par des frappes aériennes, de différentes manières. Nous devons être là pour les aider, non pour nous substituer à eux. Cela ferait une différence avec les premières guerres d'ingérence de 1991 et 2003.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut être très prudent avec cette notion d'ingérence. On ne peut pas aller, comme cela, dans un pays, sans l'aval de la communauté internationale. La seule base légale, c'est une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Situation en Libye</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> On peut dire de la Libye ce que j'ai dit de l'Irak : cette intervention mal conçue a été détournée de son objectif officiel, la protection des civils, puisque le vrai objectif était le changement de régime. Je ne pense pas que le résultat soit tellement brillant.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si le gouvernement légal en Libye appelle au secours, et s'il y a un mandat de l'ONU, je pense que le combat contre l'islamisme radical est un combat pour la civilisation. Mais je pense qu'il doit être mené en priorité par les musulmans eux-mêmes, parce que c'est d'abord leur affaire de séparer le bon grain de l'ivraie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Avons nous les moyens de ces interventions ? La situation financière de la France est très tendue. Je pense qu'il ne faut pas donner à l'armée française des tâches qui sont au-dessus de ses moyens. En Afrique elle a fait un travail remarquable.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conflit en Ukraine</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a quand même des guerres qui s'arrêtent : l'Ukraine, où un accord a été passé, qui prévoit des élections dans les districts de Louhansk et de Donetsk. J'espère que cet accord sera suivi des faits, contrairement aux précédents, de telle manière qu'un compromis puisse intervenir, car nous n'avons absolument pas intérêt à recréer la Guerre froide.        
       </li></ul><ul class="list"><li> M. Poutine ne va pas reconstituer l'URSS. Il veut moderniser la Russie, et veut que son pays soit respecté. Naturellement, les responsabilités sont partagées dans cette affaire. C'est l'UE qui a négocié, sans prendre garde à l'environnement géopolitique, un accord d'association avec l'Ukraine. La Russie s'est fâchée après l'accord du mois de février, négocié par les Européens et non respecté, qui a été suivi de l'éviction d'un président corrompu mais élu. Et par conséquent il y a eu l'annexion de la Crimée, qu'on peut regretter parce que non conforme au droit international. Cette situation, il faut essayer de la résorber – M. Porochenko et M. Poutine ont l'air de s'entendre – parce que c'est vraiment l'intérêt de l'Europe.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Crise économique française et européenne</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La situation économique, là encore, était prévisible. Le traité budgétaire européen (TSCG), qui nous oblige à réduire nos déficits tous ensemble, était un traité récessionniste.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Un jour, il faudra poser le problème avec l'Allemagne, et lui dire qu'elle ne peut pas aller bien, si tant est qu'elle aille bien, si elle triomphe sur les ruines de l'Europe. Ce n'est pas l'intérêt de l'Allemagne. Nous devons aider les allemands à prendre conscience de cette situation, et du danger qu'elle représente.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Avons-nous des leçons à donner aux Allemands ? Mais nous avons fait des choses dont nous pouvons être fier. Les Français ne sont quand même pas si mauvais, dans beaucoup de domaines !        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la situation de Thomas Thévenoud</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je déconseille aux Français de suivre l'exemple de Thévenoud, qui a payé de lourdes pénalités !        
       </li></ul><ul class="list"><li> S'il doit démissionner ? C'est une affaire qu'il doit régler avec sa conscience. Je ne veux pas participer à quelques curées que ce soit, vis à vis d'un homme qui n'est même pas à terre, qui est plus que bas.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les révélations concernant la vie privée de François Hollande</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne commente pas la vie privée, mais je vais vous dire une chose. Je connais François Hollande. Je suis absolument convaincu que François Hollande n'a pas dit ce que Valérie Trierweiler a entendu. Certes François Hollande a un humour ravageur, quelque fois un peu dur, mais il n'est jamais dans l'ignoble. En tout cas moi je ne l'ai jamais entendu dans ce registre. Et je mets gravement en doute ce genre de propos rapportés.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le Président est élu jusqu'en 2017. Il y a un gouvernement. Qu'ils réussissent, c'est ce que tous les Français devraient souhaiter. Qu'ils en prennent les moyens, c'est une autre affaire, dont on peut débattre ! </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Le-combat-contre-l-islamisme-radical-est-un-combat-pour-la-civilisation_a1658.html</link>
  </item>

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   <title>Europe : la volonté de faire bouger les choses existe-t-elle ?</title>
   <pubDate>Tue, 20 May 2014 18:05:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, dans le cadre du débat sur les perspectives de la construction européenne, mardi 20 mai 2014.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      Monsieur le Ministre,       <br />
              <br />
       Alors que vous venez de prendre vos fonctions, permettez-moi d’effectuer ce bref rappel :       <br />
              <br />
       Quand le gouvernement, le 19 octobre 2012, a demandé au Parlement de ratifier le traité dit TSCG, « sur la stabilité, la coordination et la gouvernance », il nous a incités, je cite votre prédécesseur, M. Cazeneuve, à « dépasser le traité pour le contextualiser ».       <br />
              <br />
       Ce traité pose le principe d’un retour à l’équilibre budgétaire, sous le contrôle de la Commission européenne et selon un calendrier fixé par elle. Il était facile de prévoir, comme je l’ai fait à cette tribune le 20 octobre 2012, en défendant avec mon collègue Pierre-Yves Colombat, une exception d’irrecevabilité, que ce traité « nous [entrainerait] dans une spirale récessionniste dont nous ne [sortirions] que par une crise politique et sociale de grande ampleur ».       <br />
              <br />
       Nous y sommes : la mise en œuvre de plans d’austérité budgétaire simultanés dans la plupart des pays d’Europe, si elle a permis de contenir leur déficit global à 3 % du PNB, les a plongés dans une stagnation économique de longue durée. Au premier trimestre 2014 la croissance est nulle en France, négative en Italie (- 0,1 %), à Chypre (- 0,7 %), en Grèce (- 1,1 %), au Portugal (- 0,7 %), mais aussi aux Pays-Bas (- 1,4 %) et en Finlande (-0,4 %). Seule l’Allemagne, avec une croissance de 0,8 %, permet à la zone euro d’afficher une croissance globale de 0,2 %. Sur l’ensemble de l’année, la croissance ne dépassera pas 1 %. Cette stagnation plombe l’économie mondiale car partout ailleurs les taux de croissance prévus sont de deux et demi à sept fois supérieurs. En terme de PNB, les pays de la zone euro, en dehors de l’Allemagne, n’ont pas, en 2013, ou ont à peine retrouvé, en ce qui concerne la France, le niveau de 2008. Là est l’origine d’un déclassement que l’opinion perçoit de plus en plus.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La chute de l’investissement est générale. Le chômage atteint, dans le pays de l’Europe du Sud, des niveaux sans précédent en Grèce et en Espagne (26 %), mais aussi au Portugal  (18 %), en Italie (13 %) et en France (11 %).       <br />
              <br />
       Le seul point positif pour la zone euro est l’excédent global de la balance commerciale, mais il est essentiellement dû à l’excédent allemand (200 milliards d’euros en 2013). L’amélioration constatée en Espagne et au Portugal tient pour beaucoup à la contraction des importations. Pour des raisons qui résultent de la spécialisation haut de gamme de son économie, l’Allemagne bénéficie du cours de l’euro qui, à l’inverse, pénalise les autres pays moins bien placés dans la division internationale du travail et qui ne peuvent s’ajuster qu’en comprimant leurs salaires et leurs investissements. Cet écart de compétitivité structurel au sein de la zone euro révèle le défaut de conception de la monnaie unique, évidemment inadaptée à une zone économique hétérogène. La seule issue économique à long terme est la « Mezzogiornisation », c’est-à-dire la régression, de l’ensemble des pays de l’Europe du Sud.        <br />
              <br />
       Le seul moyen d’éviter cette issue serait la transformation négociée de l’euro en monnaie commune, chaque monnaie nationale devenant une subdivision de celle-ci, exactement comme entre 1999 et 2002 où n’existait qu’une monnaie scripturale, c’est-à-dire bancaire, à une différence près toutefois : les parités fixes entre ces subdivisions seraient ajustables en fonction de critères objectifs (écarts de productivité ou soldes de la balance extérieure). On ferait ainsi l’économie des dévaluations internes si douloureuses qu’elles ne manqueront pas de se traduire dimanche prochain dans les résultats des prochaines élections européennes. On peut prévoir sans risque de se tromper une abstention massive. Celle-ci sera la réponse une nouvelle fois apportée au déni de démocratie qu’a constitué le traité de Lisbonne de décembre 2007 après le non massif – 55 % - des Français au projet de Constitution européenne, le 29 mai 2005.       <br />
              <br />
       Cette solution politique du problème posé par l’euro est une idée qui commence déjà à faire son chemin dans un pays comme l’Allemagne. Celle-ci a fort bien su s’accommoder, dans le passé, d’une révolution lente mais continue du cours de sa monnaie.       <br />
              <br />
              <br />
       Nous sommes aujourd’hui, Monsieur le Ministre, dans un cercle vicieux. La stagnation économique pèse sur les rentrées fiscales et rend plus difficile la réduction du déficit budgétaire.  La stagnation du PNB, voire sa baisse ou même son effondrement en Grèce, au Portugal, ou en Espagne, ont fait s’envoler l’endettement. Nous sommes « au rouet », comme disait Montaigne. En juin 2013 – je n’ai pas mis à jour mes statistiques mais la tendance s’est encore aggravée – le niveau de l’endettement atteignait 94 % pour l’Espagne, 133 % pour l’Italie, 126 % pour l’Irlande, 131 % pour le Portugal et 170% pour la Grèce. Pour celle-ci et pour l’Irlande, et peut-être pour Chypre, une restructuration de la dette est inévitable.       <br />
              <br />
       On s’ébaubit volontiers de ce que les pays fortement endettés de la zone euro peuvent désormais se refinancer à long terme à des taux moins élevés, de l’ordre de 3 ou 4 % par an. Mais c’est oublier que la Banque Centrale européenne a ouvert, aux banques italiennes et espagnoles notamment, des prêts colossaux qui leur permettent des placements très avantageux dans la dette souveraine de leurs pays. Cette injection de liquidités n’est d’ailleurs pas suffisante pour ranimer le crédit aux entreprises et sortir la zone euro du marasme. Notre gouvernement demande à la Banque Centrale européenne d’agir pour faire baisser le cours de l’euro surévalué pour l’économie française notamment, mais il ne l’est pas pour l’Allemagne qui a beau jeu d’invoquer, à l’appui d’une interprétation excessivement stricte du traité de Maastricht, l’article 88 de sa loi fondamentale qui prohibe tout prêt de la Banque Centrale à l’Etat empêchant ainsi ce que les Anglo-Saxons appellent le « quantitative easing ».       <br />
              <br />
       Ce que font les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon, nous ne pouvons plus nous le permettre depuis que nous avons signé le traité de Maastricht. Les pratiques que la loi fondamentale allemande prohibe - et la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe veille au respect de la règle – nous sont par là même interdites. Qui, en 1992, en avait informé les citoyens français et autres européens ? Une patiente recherche entreprise pour la Fondation Res Publica, a fait cependant apparaître que le premier Président de la BCE, M. Duisenberg, retenait la possibilité évoquée par les ministres des Finances réunis en décembre 1997 de « formuler des orientations générales en matière de change, uniquement dans des circonstances exceptionnelles, par exemple – je le cite – lorsque le taux de change de l’euro subit des divergences manifestes et persistantes ».       <br />
              <br />
       N’est-ce pas le cas aujourd’hui ? Le cours de l’euro est supérieur de 15 à 20 % à son cours de lancement. Il faudrait proposer d’introduire des montants compensatoires monétaires, au-delà de certains déséquilibres externes (trois années d’excédent au-delà de 6 % comme prévu par l’Union ou quatre points du PNB d’excédent et deux points de déficit, comme proposé par les Etats-Unis au G20 de Séoul).       <br />
              <br />
       Sans doute faudrait-il tester la possibilité de réunir une majorité au Conseil des gouverneurs de la BCE pour introduire des mesures correctrices à l’intérieur de l’Union européenne en matière de taux d’intérêt ou de taux de change. Si une telle perspective s’avérait définitivement impossible, du fait de l’obstruction de l’Allemagne, il faudrait mettre à l’étude un nouveau traité introduisant la monnaie commune, après une plage de transition à laquelle peut nous conduire rapidement l’instabilité non corrigée du système financier international.        <br />
              <br />
       Cessons de nous raconter des histoires sur la crise de l’euro enfin surmontée ou sur l’Union bancaire ou encore sur la taxe sur les transactions financières internationales à la base si étroite qu’elle ne rapportera que 5 milliards d’euros par an. Réforme cosmétique ! Pour l’union bancaire c’est le modèle chypriote qui a été retenu par M. Dijsselbloem, c’est-à-dire la mise à contribution en cas de faillite bancaire des créanciers et des déposants au-delà du montant garanti, c’est-à-dire 100 000 euros, le meilleur moyen de déclencher des réactions systémiques, en cas de crise, bref le contraire de l’objectif poursuivi !       <br />
              <br />
              <br />
       Or une crise n’est nullement à exclure, Monsieur le Ministre, quand on connaît l’importance de la finance de l’ombre, le montant astronomique des crédits dérivés – dix fois le PNB mondial – ou plus prosaïquement le chiffre des engagements des banques européennes sur la Russie.        <br />
              <br />
       Ce monde est dangereux. Gardons-nous, Monsieur le Ministre, de l’aborder avec des idées trop simples. Donnons leur place à la raison – je pense à la crise ukrainienne qui requiert une solution politique dégagée des préjugés russophobes - mais donnons aussi sa place à la créativité – je pense là à la politique monétaire européenne, excessivement rigide.        <br />
              <br />
       Un nouveau mandat va être défini pour la Commission européenne qui succédera à celle présidée par M. Barroso. C’est, Monsieur le Ministre, la dernière occasion de faire bouger les choses par la voie d’une politique concertée au niveau européen. Mais la volonté existe-t-elle de dépasser les idées toutes faites pour faire réellement bouger les choses ? J’aimerais, là-dessus, Monsieur le Ministre, vous entendre, avec des propositions précises qui pourraient être acceptées par l’Allemagne avec laquelle nous savons que vous travaillez sans relâche pour ouvrir à l’Europe un meilleur horizon.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Europe-la-volonte-de-faire-bouger-les-choses-existe-t-elle_a1629.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Comment le FN, parti des anciens collabos et des anciens de l'OAS, pourrait-il devenir un parti gaulliste ?"</title>
   <pubDate>Sat, 14 Dec 2013 19:45:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de France 3 Franche Comté, samedi 14 décembre 2013. Il débattait avec Alain Joyandet dans l'émission "La voix est libre", animée par Catherine Eme-Ziri et Jérémy Chevreuil.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">(Retrouvez la première partie de l'émission ci-dessus, et la seconde partie en bas de l'article)</span>       <br />
              <br />
       <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur Matignon</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Je n'ai pas du tout envie de prendre la place de M. Ayrault. C'est une place qui n'est pas enviable, sauf si on a les mains pour faire une autre politique. Ce serait un cas de figure tout à fait différent. Mais je ne l'envisage pas, et je ne pense pas que ce soit dans les intentions de François Hollande, aujourd'hui, de changer franchement de cap.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Lorsque j'ai apporté mon soutien à François Hollande, les yeux ouverts, j'ai dit que j'excluais de redevenir ministre. Je l'ai été à cinq reprises pendant presque 10 ans, bien que j'ai démissionné trois fois.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je considère qu'il y a une équation générale, qui est malheureusement erronée, depuis près de trois décennies. On a voulu substituer l'Europe à la nation, une dérégulation totale, un choix de monnaie unique qui juxtapose des économies profondément hétérogènes, et on le voit bien, ça ne marche pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne me situe pas vraiment au niveau des partis politiques. J'essaye de regarder ce qui est conforme à l'intérêt du pays. Je m'exprime raisonnablement.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je trouve qu'on ne se pose pas les questions de fond. François Hollande est là depuis longtemps. Il ne mérite pas le flot d'avanies dont il est accablé.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/1914-2014/">Dans mon dernier livre</a>, j'essaye de prendre la mesure du siècle écoulé. Je compare deux mondialisations. Je vois qu'à l'intérieur de chacunes d'elles, il y a une modification profonde de la hiérarchie des puissances. Alors qu'on voyait monter l'Allemagne impériale, aujourd'hui c'est la Chine.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La montée fantastique de l'Allemagne impériale aboutit à la Première Guerre mondiale, dont je donne une explication rationnelle, alors qu'aujourd'hui un silence total prévaut, parce que le politiquement correct est immense. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur les questions de politiques extérieures</span>       <br />
       <ul class="list"><li> J'ai toujours considéré qu'en politique extérieure, l'indépendance nationale, la politique gaullienne, la non-ingérence, devaient prévaloir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne pense pas qu'on puisse dire que la France soit devenue « le gendarme de l'Afrique ». Il y a une résolution de l'ONU, c'est très important, qui nous donne un mandat, celui d'aider les forces africaines à remettre un peu d'ordre en Centrafrique, qui en a bien besoin. Si la France peut aider, c'est tout à fait souhaitable.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Cela se révèle être une mission assez difficile. Les forces adverses ont des éléments incontrôlés.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on n'a pas l'autorisation des Nations Unies, il ne faut pas intervenir. Je m'étais prononcé contre une intervention en Syrie.       
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Histoire a tissé entre la France et l'Afrique des liens qu'il est hypocrite de vouloir nier.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe a été la grande absente en Centrafrique, au Mali également. L'impotence stratégique de l'Europe n'est plus à démontrer. L'Europe n'a pas la capacité de se mouvoir et de décider. L'Europe à 28 est extrêmement lourde : il y a des pays qui ne veulent pas intervenir, comme l'Allemagne, qui sont profondément pacifistes, d'autres qui ne veulent pas intervenir parce qu'ils n'y voient pas l'intérêt... Je ne veux pas les citer tous, car la liste serait longue.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le problème de fond, c'est que les Etats en Afrique sont très fragiles. Les armées sont quasi-inexistantes, elles sont déliquescentes. Si malheureusement, la France doit intervenir, ce n'est pas comme gendarme de l'Afrique. Le but c'est de faire en sorte que la défense de l'Afrique soit assumée par les Africains. Dans l'immédiat, ce n'est pas possible. Le renfort d'éléments français reste nécessaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe doit contribuer, au moins financièrement. J'ai proposé de soustraire du montant des déficits autorisés les budgets de la défense, ou au moins ce qui est en surplus pour des missions qu'aucun autre État en Europe n'est capable d'accomplir.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ca devrait faire réfléchir sur l'Europe. L'Europe n'est qu'un mot. Elle n'existe pas.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'emploi</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le déclin de l'emploi industriel a commencé il y a un peu plus de trente ans. J'étais ministre de l'Industrie, et j'ai démissionné de mes fonctions, car j'ai pensé que l'accrochage du franc au mark, c'est à dire une monnaie forte, dont la monnaie unique fut la suite, était une idée suicidaire pour notre industrie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous avions à l'époque près de 6 millions d'emplois industriels, aujourd'hui c'est à peine plus de 3 millions. C'est une tendance de longue durée, dont tous les gouvernements sont responsables.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je revendique l'antériorité par rapport à tous les autres, puisque  j'ai été le premier à dire que l'on faisait fausse route.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la réforme de l'Etat</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ceux qui disent qu'il faut baisser les dépenses publiques en général ne disent jamais lesquelles en particulier il faudrait baisser.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la relance de la croissance</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> François Hollande a été élu pour cinq ans. Il est là jusqu'en 2017. Il me semble déraisonnable de le critiquer sans cesse. On finit par se tirer une balle dans le pied à force de diaboliser les dirigeants de son pays.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La TVA sociale, c'est ce qu'on fait les Allemands. Mais il y a de bons moments pour le faire et d'autres ou c'est plus difficile. Quand le pouvoir d'achat souffre, et c'est le cas aujourd'hui, augmenter la TVA de 3 points n'est peut être pas tout à fait raisonnable.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le rapport Gallois a donné certaines indications qui sont justes. L'objectif d'améliorer la compétitivité du pays a été fixé. Nous y sommes un peu parvenu, le déficit de la balance commerciale a baissé de 15 milliards d'euros depuis deux ans. Mais je pense que ça ne suffira pas : il faut donc poser le problème au niveau européen.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Soit il y a une relance allemande, mais ce n'est pas le petit SMIC qui va entrer en vigueur en 2016 qui changera grand chose, soit la BCE joue son rôle de banque centrale et verse des liquidités dans le système, soit alors il faut revoir cette erreur qu'a été la monnaie unique et la transformer en monnaie commune, pour permettre qu'il y ait des marges d'ajustements monétaires entre les différents pays.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur PSA</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous devons soutenir Peugeot, mais pas sans contreparties. L'Etat va rentrer au capital de Peugeot, Dongfeng, une entreprise chinoise, aussi. Le problème de débouchés de Peugeot va se trouvé résolu par le fait qu'il va trouver des marchés en Asie, aujourd'hui le centre de gravité de l'économie mondiale.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le retrait de General Motors n'empêche pas la poursuite des coopérations industrielles.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous avons de très bonnes nouvelles pour l'emploi dans l'industrie automobile dans la Franche Comté du nord. Il faut quand même le souligner !        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les questions d'Education nationale</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne conteste pas la baisse du niveau de la formation. Mais je salue le rapport très récent de l'inspection nationale, qui montre que les enseignants aujourd'hui ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour redresser les choses.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Un point essentiel, c'est ce qu'on appelle « l'effet maître » que l'enseignant crée avec l'élève. D'une certaine manière, il n'y a pas de dossiers plus important que la formation des enseignants.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je regrette que l'on ait parlé beaucoup trop des rythmes scolaires, comme si ce n'était pas une évidence qu'il fallait revenir à une semaine de 4,5 jours !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je n'ai jamais dit que je voulais 80% d'une classe d'âge au Bac quand j'étais ministre de l'Education nationale, mais « au niveau » du bac : sans rabais d'exigence justement. Je n'ai jamais demandé à ce que l'on note les copies sur 22 au lieu du 20 !       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis pour l'élitisme républicain, parce que je pense que les enfants des milieux les plus démunis ont besoin d'une école forte, d'une pédagogie structurée, un peu directive, sur laquelle il puisse s'appuyer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La mode aujourd'hui c'est que les enfants doivent construire leur savoir. Ce sont les pédagogies constructivistes. C'est l'enfant qui doit redécouvrir les théorèmes de Thalès ou réinventer seuls les tables de Pythagore ! Alors évidemment, cela ne marche pas !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut mettre le paquet sur les disciplines fondamentales : le français, les mathématiques, l'histoire et la géographie.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les sujets de de sécurité</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La philosophie de l'ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs, c'est la priorité à l'éducation. On s'est aperçu à un moment que ça ne marchait plus pour un certain nombre de jeunes, notamment les multirécidivistes. Donc je pense toujours que la priorité doit aller à l'éducation, mais à un moment, il faut que l'enfant sente la présence d'une autorité forte. L'Etablissement Public d'Insertion de la Défense est, à cet égard, un très bon exemple de ce que l'on peut faire.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le seul reproche que je peux faire à Valls, c'est de ne pas avoir fait une Zone de Sécurité Prioritaire à Belfort !        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la redistribution des cartes en Europe</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je précise que je ne suis pas candidat à Matignon, sauf si on changeait complètement de politique, et il n'en est pas pour l'instant question. Mais ce dont la France a besoin, c'est d'une redistribution des cartes qui impliquent forcément nos partenaires européens et surtout allemands. C'est avec eux qu'il faut négocier des changements profonds. Cela ne se fera pas sans des secousses que je vois venir. Et je m'en inquiète. Et je ne dis pas comme Marine Le Pen qu'on va s'en sortir en quittant tout. C'est une négociation qu'il faut avoir avec l'Allemagne.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'idée européenne est une belle idée. Mais la méthode choisie, faire en sorte que cette Europe se fasse en substitut des nations, voir contre elles, donner des pouvoirs extraordinaires à une technocratie, tout cela est une erreur. La monnaie unique a été un choix erroné. Il faut le reconnaître, revenir en arrière, choisir une meilleure bifurcation, penser d'autres règles du jeu, construire une Europe à l'échelle du XXIe car, dans la rivalité sino-américaine, il y a place pour une grande Europe, de la Méditerranée à l'Oural. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur les élections municipales à Belfort et les sénatoriales</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Etienne Butzbach, élu maire MRC de Belfort, a été débauché par le PS en 2012. Je pense que c'était une grave erreur de la part d'Yves Ackermann, le président du Conseil général du Territoire de Belfort. Je crains fort que, dans ces conditions, la ville de Belfort change de mains.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai été maire pendant plus de 20 ans. Je ne serai pas candidat. J'essayerai d'éclairer les Belfortins sur le choix qu'ils devront faire, à la lumière des intérêts de Belfort et de la République.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a un candidat du MRC, Bastien Faudot, qui va solliciter les suffrages des électeurs. Je lui souhaite bon vent !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Pour les sénatoriales, j'attendrai le 15 juin avant de faire connaître ma décision.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les tentatives de récupération auxquelles se livrent le FN</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Paul-Marie Couteaux, ex-pasquaïen, aujourd'hui au RBM, m'a apporté un soutien en 2002, dont je me serais d'ailleurs volontiers passé.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a un garçon que je connais pas, que je n'ai jamais rencontré, qui s'appelle Florian Philippot, qui dit que le FN est le vrai parti gaulliste. Mais enfin, le parti de Jean-Marie Le Pen, c'était des anciens de la Collaboration, de Vichy, des anciens de l'OAS... Je ne sais pas  par quelle transmutation ils sont devenus le vrai parti gaulliste ! Tout cela, c'est un pot de peinture.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai démissionné en 1983 pour protester contre le choix structurant d'accrocher le franc au mark fort. Le Pen a gagné les élections européennes en 1984. Alors, je pense quand même avoir mis clairement le curseur au bon endroit, et avoir le privilège de l'antériorité sur tous les autres.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Aujourd'hui, ceux qui ont fait le lit de Le Pen, en faisant une dérégulation totale, ou qui ont fait le petit bois en parlant des immigrés comme des gens qui avaient une odeur, dont il faudrait se méfier, c'est ces gens-là qui disent aujourd'hui sur moi des choses déraisonnables.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je regarde avec une distance amusée les essais de récupération auxquels certains se livrent. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Comment-le-FN-parti-des-anciens-collabos-et-des-anciens-de-l-OAS-pourrait-il-devenir-un-parti-gaulliste_a1567.html</link>
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   <title>"Barack Obama a besoin que l'Europe ne s'enfonce pas dans une politique récessive"</title>
   <pubDate>Fri, 09 Nov 2012 11:37:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité du Rendez-vous RFI - France 24, jeudi 8 novembre 2012. Il répondait aux questions de Roselyne Febvre et Frédéric Rivière     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>La réélection de Barack Obama était bien la moindre des choses compte tenu de la difficulté de la tâche qui lui incombe. Il a été élu en 2008 au moment où éclatait la grande crise du capitalisme financier globalisé. Il a  donc dû faire face, avec un relatif succès, aux problèmes de chômage, mais on sent bien qu'il a besoin de davantage de temps. Rappelez-vous que Roosevelt a exercé 4 mandats.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Barack Obama a traité des problèmes de société, des questions de santé, de chômage. Il a redonné une perspective à l'économie américaine : la réindustrialisation.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Il a posé le problème d'un certain rééquilibrage avec la Chine et, de ce point de vue là, on remarquera qu'il a désengagé les Etats-Unis d'une direction erronée choisie par l'administration républicaine : la guerre en Afghanistan et en Irak. Barack Obama a vu assez clairement que le problème était entre les États-Unis et la Chine, deuxième puissance économique mondiale.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il n'a pas du tout été question de l'Europe durant cette campagne. Les Européens devraient se poser la question de savoir s'ils ont pris le problème par le bon bout et si, avec la monnaie unique, ils n'ont pas mis la charrue avant les bœufs.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Du point de vue économique, l'élection de Barack Obama va dans le sens de ce que souhaite François Hollande, c'est à dire la relance concertée à l'échelle mondiale. Les États-Unis ont également besoin que l'Europe ne s'enfonce pas dans une politique récessive comme c'est le cas aujourd'hui, sous le coup des plans de rigueur multipliés.       
       </li></ul><ul class="list"><li>L'impulsion peut venir des États-Unis mais elle peut également venir de la Chine, de la Russie, des pays émergents : tous ont besoin d'une Europe qui retrouve la voie de la croissance. De ce point de vue là, nous devons pouvoir exercer sur Mme Merkel une certaine pression pour l'amener à revoir un peu sa copie.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>En anglais, il y existe ce que l'on appelle un <span style="font-style:italic">policy mix</span>, c'est à dire un mix de politiques budgétaire et monétaire. On pourrait tout à fait imaginer que le BCE ait une politique de création monétaire comme la Fed, la banque d'Angleterre ou celle du Japon. Il faudrait  qu'elle ait une vision un peu plus dynamique des années qui viennent pour relancer l'activité économique à l'échelle mondiale. Naturellement cela suppose une concertation à l'échelle du G20.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a un équilibre entre la Chine et les États-Unis puisque les Chinois sont les premiers créanciers des Américains. En même temps, il y a un déficit commercial des États-Unis vis à vis de la Chine qui est à peu près de 300 milliards de dollars par an. Barack Obama voudrait une certaine réévaluation du yuan pour permettre aux entreprises américaines de se développer à nouveau sur leurs marchés. Les Chinois sont prêts à faire un effort du point de vue social, de l’élévation du niveau de vie de leurs classes moyennes.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut privilégier autant que faire se peut la concertation avec la Chine. Il faudrait également que l'Europe se soucie de ses propres intérêts.        
       </li></ul><ul class="list"><li>L'idée que l'on pourrait faire des élections générales en Chine est prématurée. Ce que l'on peut espérer, c'est que la Chine aille vers une certaine décentralisation et une association de la population aux impulsions données. Mais il ne faut pas se raconter d'histoires : le Parti Communiste restera la force directrice pendant encore pas mal de temps. Simplement, il doit tenir compte d'une société qui évolue.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Les Chinois sont très vigilants quant aux pressions qui pourraient être exercées sur eux-mêmes. Ils ont par exemple été très irrités par l’interprétation qui a été donnée de la résolution 1973 sur la Libye. Ils considèrent que nous sommes allés trop loin. Les Chinois, comme les Russes d'ailleurs, sont également très vigilants concernant la Syrie pour que l'on en revienne au respect de la souveraineté des États.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il semble bien que Bachar El-Assad devra quitter le pouvoir en Syrie. Cependant, il n'y a pas d'autre issue qu'une certaine négociation. Il faut également trouver un équilibre entre les différentes communautés.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Personnellement, je crois à la force de l'Etat-Nation, qui repose sur l'idée de la citoyenneté. Je ne crois pas que la dissociation ethnique soit la bonne solution. Je pense qu'il vaut mieux maintenir l’équilibre des États, que nous avons hérité de l'Histoire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La Nation est la formule moderne qui permet de faire vivre ensemble des gens différents. Je crois à la modernité de la Nation, ce qui ne signifie pas que les Nations ne coopèrent pas entre elles.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Voilà 30 ans que je souligne le décrochage industriel de la France et que je mets l'accent sur la nécessité d'une politique industrielle. Le rapport Gallois est un rapport lucide, courageux.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La France a beaucoup d'atouts sur le plan industriel, il est temps qu'elle les mobilise. Nous avons par exemple des grands groupes mondiaux mais nous ne nous intéressons pas au développement de notre tissu de PME industrielles.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Redonner de la compétitivité à l'économie française, c'est le bon sens. En temps normal, nous aurions dévalué. On ne peut plus à cause de la monnaie unique.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le problème de la monnaie unique n'est pas un problème de dette mais de compétitivité, qui est très différente selon les économies hétérogènes qui composent la zone euro.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'approuve les décisions prises par Jean-Marc Ayrault. C'est un homme courageux, droit, sincère. Il a pris connaissance du rapport Gallois et s'est laissé convaincre. Je suis derrière lui pour appuyer ce qui me paraît être une ligne de salut pour l'économie française dans les prochaines années.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La gauche a pris conscience du déclin industriel. Il y a eu un état des lieux, notamment la conférence sociale au moins de juillet. François Hollande y a d'ailleurs dit qu'on ne pouvait pas continuer à asseoir sur le travail le coût de la protection sociale. Il faut le temps d'en tirer les conclusions et de faire bouger les esprits de nos amis socialistes mais ils ont évolué positivement et les choix faits par François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont tout de même les bons.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La direction prise est la bonne. C'est le choix du patriotisme français et de ce point de vue là, ça ne peut pas être seulement le choix de la gauche mais bien de toutes les forces de la France.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Je ne voterai pas le traité européen"</title>
   <pubDate>Thu, 06 Sep 2012 12:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité du 22h de Public Sénat, mercredi 5 septembre 2012. Il répondait aux questions de Sonia Maabrouk et Jean-Louis Gombeaud.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express:</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">Concernant le tarif du gaz et de l'électricité</span> : Il est vrai que l’énergie est chère et sera de plus en plus chère. Il ne faut pas oublier un facteur de renchérissement qui est le prix des énergies dites « renouvelables » qui sont subventionnées par les consommateurs à travers une contribution spéciale.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le gouvernement met en œuvre ses engagements. Il le fait à son rythme, il l'accélère même puisque la rentrée parlementaire était normalement la semaine prochaine. Qu'il s'agisse des emplois d'avenir, des contrats de génération, de la fiscalité, ce qui avait été annoncé est en train de se produire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Les mesures prises dans le domaine de l'emploi, les emplois d'avenir par exemple, sont très judicieuses comme l'étaient les emplois jeunes qu'avait inventés Martine Aubry autrefois.  Elles peuvent freiner l'augmentation du chômage, qui a dépassé la barre des 3 millions, voire l'inverser. De même pour les contrats de génération.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Tout cela peut agir mais superficiellement car, fondamentalement, les raisons du chômage sont dans la récession qui guette toute l'Europe et dans laquelle beaucoup de pays sont déjà engagés.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Il est évident que c'est une décennie perdue qui est devant nous si nous ne prenons pas des mesures pour réorienter l'Europe et faire en sorte qu'elle retrouve le sentier de la croissance.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>Je suis dans la majorité présidentielle donc je voterai le budget. C'est tout de même l'essentiel. J'ai annoncé après le retrait de ma candidature pédagogique que je soutiendrai François Hollande les yeux ouverts. Par conséquent, c'est les yeux ouvert que je vais continuer de le soutenir.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Sur le TSCG, très franchement, il n'a pas été renégocié. Je vous dis clairement, comme les députés MRC l'ont déjà annoncé, moi en tant que sénateur, je ne le voterai pas non plus. Mais je le ferai d'une manière positive pour encourager le gouvernement à aller plus loin.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de l’hypothèse d'une non-ratification du traité</span> : Soyons sérieux (...) En France, la droite a déjà annoncé qu'elle voterait le traité. Que quelques député de gauche manquent à l'appel, cela ne changera rien au résultat.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ce traité va nous imposer une restriction très forte puisqu'il va falloir réduire le déficit à 0,5% du PIB, ce qui est très faible. En plus de cela, on veut épurer le stock de dette pour le faire redescendre à 60.(...) Cela implique un resserrement de la ceinture très fort. Comment toutes ces politiques mises en œuvre simultanément dans toute l'Europe ne provoqueraient-elles pas un enfoncement dans la récession ? Moi je ne comprends pas. Où sont les moteurs de croissance ?       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le pacte de croissance est insuffisant. Les fonds FEDER (Fonds européen de développement régional) existaient déjà, ils ne sont que réorientés. L'augmentation de capital de la BEI (Banque européenne d'investissement) permettra de financer 50 milliards de prêt mais encore faudra-t-il que l'on trouve des gens pour investir. Ce n'est pas suffisant par rapport à l'ampleur des sacrifices qui seront demandés.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Une chose encore n'a pas été vue aujourd'hui : ce n'est pas la crise de la dette, comme on dit, c'est la crise de la monnaie unique, qui méconnaît les différences de structures, de compétitivité.       
       </li></ul><ul class="list"><li>A<span style="font-style:italic"> propos du non-cumul des mandats</span> : Je suis dans la situation du mandat unique en ce moment. Je ne suis plus que sénateur du Territoire-de-Belfort. Cependant, j'ai acquis beaucoup d’expérience en exerçant différents mandats, notamment celui de maire qui est extrêmement instructif et vous met au contact du citoyen. Si je n'avais pas été maire je n'aurais pas fait un certain nombre de lois qui se sont avérées utiles : l'intercommunalité, par exemple.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Comprendre le réel</title>
   <pubDate>Thu, 05 Jul 2012 16:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement sur le Sommet européen des 28 et 29 juin 2012, Sénat, jeudi 5 juillet 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      Monsieur le Premier ministre,       <br />
              <br />
       La France se trouve aujourd’hui dans une situation très difficile, dont sa désindustrialisation, continue depuis près de trois décennies, l’érosion de sa compétitivité et, enfin, un chômage frappant 10% de sa population active sont les symptômes les plus significatifs.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi, comme les autres parlementaires du MRC, je soutiens l’effort nécessaire auquel appelle le gouvernement pour réorienter l’Europe et redresser l’appareil productif. A titre personnel, j’apprécie votre détermination : Un discours de vérité peut seul créer la confiance.       <br />
              <br />
       La situation dégradée de l’économie française n’est pas le fait du hasard. Elle résulte de choix de dérégulation effectués depuis vingt-cinq ans dans le cadre de l’Acte unique et constamment poursuivis sous l’impulsion de la Commission européenne.       <br />
              <br />
       Je n’ai pas besoin de rappeler le choix qui a été le mien en 1992 quant à la création d’une monnaie unique. Nous voyons aujourd’hui les effets négatifs d’un transfert de la souveraineté monétaire de dix-sept pays très différents par leurs structures, à une Banque Centrale aux statuts copiés sur ceux de la Bundesbank allemande.       <br />
              <br />
       C’est tout ce passif qu’il nous faut aujourd’hui remonter par un effort de dialogue et par la réunion de toutes les bonnes volontés : comment regagner les quinze à vingt points de compétitivité perdus par rapport à l’Allemagne depuis la création de la monnaie unique ? La dévaluation aujourd’hui n’est plus possible. Il faut donc retrouver des marges de manœuvre. Cela ne sera pas possible par une sorte de déflation interne. Il faudra aussi faire évoluer profondément les règles de la monnaie unique. C’est ce que le Président de la République a commencé à faire, au sommet européen des 28 et 29 juin derniers.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      François Hollande a su trouver, sur le thème de la croissance notamment, des convergences avec le Président Obama mais aussi en Europe avec nos partenaires : l’Italie de M. Monti et l’Espagne de M. Rajoy notamment, sans oublier l’Allemagne avec le gouvernement de laquelle des compromis dynamiques ont été passés. Au lieu de mettre systématiquement ses pas dans ceux de Mme Merkel, François Hollande, à la différence de son prédécesseur, a cherché à nouer un dialogue constructif avec l’ensemble de nos partenaires. Ce premier sommet a été un succès du point de vue de l’opinion publique et il a été salué comme tel par les marchés financiers. La France, non seulement n’a pas été isolée, mais il est apparu qu’il était possible d’amener Mme Merkel à faire des concessions dont l’ampleur reste certes encore à vérifier. Les oiseaux de mauvais augure en sont aujourd’hui pour leurs frais. De ce sommet, François Hollande est sorti à son avantage.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Je passerai rapidement sur le plan de croissance</b> qui résultera de l’augmentation des prêts de la BEI (60 milliards d’euros), du redéploiement des fonds structurels (55 milliards) et d’une innovation, les « project bonds », pour un montant encore limité de 4 à 5 milliards. Mais il faut un début à tout !       <br />
              <br />
       A supposer que ces moyens nouveaux puissent être rapidement mis en œuvre, leur montant égal à 1% du PIB européen ne pourra cependant pas contrebalancer l’effort de restriction réclamé au nom du « traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » (TSCG) négocié par M. Sarkozy.       <br />
              <br />
       Il est donc indispensable que d’autres moyens soient mis en œuvre :       <br />
              <br />
       - <span style="font-style:italic">relance salariale</span> dans tous les pays dont la compétitivité le permet ;       <br />
              <br />
       - <span style="font-style:italic">relance monétaire</span> à travers des prêts de la BCE, mieux ciblés pour financer l’économie réelle.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, l’abaissement du taux d’intérêt directeur de la BCE à moins de 1 % devrait intervenir incessamment. Le robinet monétaire doit couler si le robinet budgétaire est fermé.       <br />
              <br />
       Il faut souligner enfin que l’euro reste une monnaie surévaluée qui pénalise nos exportations. Tout devrait être fait pour amener l’euro à retrouver un cours au moins égal à son cours de lancement (1,16 dollar) afin de relancer la compétitivité des économies européennes.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Le sommet européen des 28-29 juin a également abouti à deux mesures importantes :</b>       <br />
               <br />
       1. <span style="font-style:italic">La recapitalisation directe des banques</span>, notamment espagnoles, par le mécanisme européen de stabilité (MES), dès lors qu’une supervision bancaire au niveau de la BCE aura été instituée.       <br />
              <br />
       2. En deuxième lieu, <span style="font-style:italic">le rachat direct par le MES de titres de la dette publique sur le marché secondaire</span>, pour alléger, autant que faire se peut, la pression de taux d’intérêt exorbitants comme ceux exigés de l’Italie par les marchés financiers.       <br />
              <br />
       3. D’autres résultats ont été obtenus : ainsi la mise en place <span style="font-style:italic">d’une taxe sur les transactions financières</span> pour les Etats qui le décideront : au moins neuf dans le cadre d’une coopération renforcée. Reste à fixer la destination du produit de cette taxe.  Il me semble que celui-ci pourrait utilement abonder les ressources du MES.       <br />
              <br />
       <b>        <br />
       III – Les ressources du MES</b>       <br />
              <br />
       Celles-ci  - 800 Milliards en théorie, si on ajoute le solde disponible du FESF – ne sont pas suffisantes eu égard aux besoins prévisibles des Etats sous tension et des banques les plus fragiles. Il est intenable pour l’Italie ou l’Espagne de devoir continuer à emprunter à dix ans à 6 %.       <br />
              <br />
       1. Il est regrettable que le MES n’ait pas été adossé aux ressources en principe illimitées de la Banque Centrale européenne. Seul un tel adossement – grâce à l’octroi au MES d’une licence bancaire – permettrait de décourager la spéculation. Il faut rendre le MES « bancarisable », car, ne l’oublions pas, ses ressources viennent des Etats et d’émissions que ceux-ci seront amenés à garantir, comme le rappelait il y a quelques mois Mme Bricq, alors rapporteure générale de la Commission des Finances du Sénat. Cela signifie que le contribuable français garantira pour un montant de cent quarante-deux milliards les prêts ou les interventions que le MES sera amené à effectuer (si on fait le total du capital appelé et du capital appelable).       <br />
              <br />
       Je ne pense pas qu’on puisse indéfiniment alourdir pour des montants aussi considérables la dette de la France. Les Français sont prêts à répondre à l’appel que vous avez lancé non pas pour remplir un tonneau des Danaïdes mais pour permettre le redressement productif du pays. L’Allemagne, qui s’est engagée à hauteur de 190 milliards,  devrait accepter que la Banque Centrale européenne garantisse la stabilité financière du Système monétaire et pas seulement la valeur de la monnaie, en recourant au besoin à la création monétaire. Ce « saut qualitatif » se produira inévitablement, selon moi, à l’occasion d’une crise de plus grande ampleur.       <br />
              <br />
       2.     Il semble que les conditionnalités des futures interventions du MES doivent encore être précisées. Un mémorandum d’accord doit être préparé à ce sujet. J’aimerais connaître la position du gouvernement quant au contenu de ce mémorandum et à l’assouplissement des garanties demandées. Comme l’a rappelé le Président Hollande, la France est à la fois un pays du Sud et un pays du Nord de l’Europe. Elle est donc susceptible d’être aidée par le MES, mais elle est aussi  et, d’abord, un grand pays contributeur, le deuxième après l’Allemagne.       <br />
              <br />
       3.     La mise en place d’une supervision bancaire sous l’égide de la BCE portera inévitablement atteinte aux prérogatives qui demeurent encore aujourd’hui celles de la Banque de France. Pouvez-vous nous en dire davantage sur le projet d’union bancaire ?       <br />
              <br />
               <br />
       <b>IV – J’en viens maintenant pour finir au traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG)</b>, signé le 20 mars dernier. Ce traité donne à la Commission de Bruxelles des pouvoirs de décision en matière budgétaire. Je me suis déjà exprimé à ce sujet à cette tribune. Le transfert des pouvoirs budgétaires aux institutions de Bruxelles pose la question du rôle du Parlement dont la raison d’être historique s’enracine dans le contrôle de l’impôt. Il ne doit pas signifier l’acheminement vers ce que Jürgen Habermas et Hubert Védrine ont appelé une « Europe post démocratique » ou des technocrates, européens ou non, se substitueraient aux élus du peuple.       <br />
              <br />
       C’est tout le problème de la légitimité démocratique qui se pose dans une Europe où, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, la démocratie s’exprime essentiellement dans le cadre national.       <br />
              <br />
       Certains évoquent sans y avoir sérieusement réfléchi un « grand saut fédéral ».  J’ai toujours dit que ce grand saut serait un saut dans le vide. Ce serait, comme l’a écrit Bruno Amable, « un saut mortel pour la protection sociale ». La solidarité en Europe reste nationale à 97,5 %, puisque le budget européen ne représente que 1 % du PIB européen, alors que le niveau moyen des prélèvements obligatoires atteint 40 % dans l’Union. On ne peut pas déduire de la monnaie unique une Union politique qui consisterait à harmoniser les transferts au niveau européen. Ce serait ouvrir la voie à des résistances nationales parfaitement justifiées, car chaque système, historiquement constitué au niveau national, comporte des niveaux de protection et des spécificités irréductibles. L’uniformisation est une impasse. On ne peut pas davantage appeler « fédéral » un système de régulation budgétaire essentiellement coercitif.       <br />
              <br />
       Il est vrai que l’idée d’un « fonds de rédemption » pour la fraction de la dette publique correspondant à un niveau pouvant aller jusqu’à 60 % du PIB de chaque pays a été avancée et le Président Hollande a proposé à cet effet un système d’eurobonds. La mutualisation des dettes publiques pourrait s’effectuer jusqu’à un certain seuil si l’Allemagne et la France y consentaient. On peut comprendre les réticences de l’Allemagne devant les eurobonds : celle-ci n’est pas prête à donner aux pays les moins compétitifs et les plus endettés une carte de crédit qui s’imputerait sur son propre compte. Un tel système de mutualisation limitée, appelé « Fonds de rédemption », impliquerait évidemment, s’il voyait le jour, des contrôles et des garanties, bref des disciplines. On retrouverait le problème de la légitimité démocratique.       <br />
              <br />
               <br />
       <b>Conclusion</b>       <br />
              <br />
       Le vrai problème entre les différents pays de la zone euro est la différence de leurs niveaux de compétitivité et l’ampleur des déséquilibres commerciaux entre eux.       <br />
              <br />
       Comment résoudre ce casse-tête ? J’ai proposé qu’on étudie sérieusement pour l’avenir à moyen terme le modèle d’une monnaie commune plutôt qu’unique. Il n’est pas interdit de rechercher des solutions innovantes aux crises de la zone euro. Celles-ci ne sont pas derrière nous. De sommet de la dernière chance en sommet de la dernière chance, les dirigeants de la zone euro ont su reculer les échéances. Mais rien ne peut dispenser d’une réflexion d’ensemble sur l’avenir de la zone euro.       <br />
              <br />
       Le Parlement doit être mieux informé des projets de la Commission, qu’il s’agisse du document dit des quatre présidents, de la supervision bancaire, d’un futur système de garantie des dépôts des épargnants ou du projet européen de résolution des crises bancaires. Pour le moment, c’est la Commission qui veut s’ingérer dans la procédure budgétaire. Il serait temps qu’à l’inverse, les Parlements soient saisis des projets de la Commission européenne. Il est trop tôt, Monsieur le Ministre, pour apprécier complètement la portée des avancées effectuées au sommet européen des 28 et 29 juin derniers. Mettons à profit les mois d’été pour évaluer plus justement les progrès à réaliser en Europe en matière de solidarité et de démocratie. Gardons-nous des pièges de l’idéologie. L’Europe européenne que nous voulons se fera à partir des réalités qui sont d’abord nationales.  Nous faisons confiance au Président de la République, élu par la nation, pour ouvrir un chemin conforme à la maxime de Jaurès : « Aller à l’idéal et comprendre le réel ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Comprendre-le-reel_a1411.html</link>
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   <title>Nous voulons une autre Europe, solidaire et volontaire</title>
   <pubDate>Wed, 18 Apr 2012 10:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et Guillaume Bachelay parue dans le quotidien Libération, mercredi 18 avril 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/4102168-6225494.jpg?v=1334667321" alt="Nous voulons une autre Europe, solidaire et volontaire" title="Nous voulons une autre Europe, solidaire et volontaire" />
     </div>
     <div>
      Nous représentons trois générations de militants et responsables de gauche. Trois générations aussi de républicains inquiets de l’Europe telle qu’elle va, ou plutôt telle qu’elle ne va pas.        <br />
              <br />
       En 2005, nous avons refusé le traité constitutionnel au nom d’une Europe plus offensive et moins naïve dans la mondialisation. Depuis, la réalité a hélas dépassé nos craintes. Elus de territoires industriels, nous vivons les effets de l'investissement timide, de la concurrence rigide, de la politique monétaire fautive, de la stratégie commerciale passive.        <br />
              <br />
       Pro-européens convaincus mais alter-européens résolus, nous voulons que l’Europe soit la puissance solidaire et volontaire qu'attendent les peuples. C’est pour que le changement en France rende possible le changement en Europe que nous nous engageons aux côtés de François Hollande.       <br />
              <br />
       En 2007, le candidat sortant avait promis de se battre pour une Europe qui protège. Ont suivi cinq ans de renoncements face à l’ultra-libéralisme et à l’hyper-austérité sur le continent. L’agenda social et les enjeux commerciaux n’ont pas été inscrits à l’ordre du jour de la présidence française de l’UE en 2008, pas plus qu’ils n’ont été abordés au G20 que M. Sarkozy présida en 2011.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les pactes « de compétitivité » et « pour l’euro plus », conçus par le président français et la chancelière Merkel, ont imposé le versant libéral du modèle allemand : pseudo-règles d'or dans les constitutions des Etats, désindexation des salaires sur les prix, retraite progressivement reculée à 67 ans, harmonisation de l’impôt sur les sociétés vers le moins-disant. En revanche, ont été ignorées des solutions, positives celles-là, éprouvées outre-Rhin tels que le financement des PME ou la formation des salariés.        <br />
              <br />
       Même approche pour le « Traité de stabilité » adopté à l’initiative des droites franco-allemandes : tout pour l'austérité, rien contre la récession et le chômage. Qu'elle étrangle le peuple grec ou asphyxie l’Espagne n’ébranle pas leur dogmatisme.        <br />
              <br />
       Face à cette panne d’Europe, l’élection de François Hollande est d’intérêt général européen.        <br />
       Parce que son projet vise à dépasser le Oui et le Non de 2005 sur la base d’une synthèse dynamique. Parce qu’il sait que sans relance de gauche, l’Europe libérale ne fera que renforcer les inégalités sociales et géographiques.       <br />
              <br />
       François Hollande renégociera et complètera l’accord européen pour combattre la crise et préparer l’après-crise. Dès son élection, il proposera à nos partenaires un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance : coordination des politiques économiques pour des projets d’infrastructures énergétiques, de transport et de santé ; fonds européen face aux marchés avec la Banque centrale européenne ; euro-obligations pour financer les grands chantiers et mutualiser une partie des dettes souveraines ; reprise en main du secteur bancaire ; réciprocité commerciale face au dumping ; politique du taux de change pour en finir avec l’euro cher qui plombe les entreprises européennes. Afin de relever ensemble ces défis, François Hollande proposera un traité d'amitié dans l'égalité entre la France et l’Allemagne. Cinquante ans après le texte de l'Elysée signé par De Gaulle et Adenauer, il symbolisera la nouvelle espérance européenne.       <br />
              <br />
       De son côté, le candidat sortant agite les peurs : « vous n’y arriverez pas ». Ce n’est pas parce qu’il a déserté la cause de l’Europe et échoué à changer la vie des Européens qu’il doit interdire à la gauche de vouloir réussir.        <br />
              <br />
       Au fond, ce qu'il dit importe peu. Déterminante, en revanche, est la mobilisation des citoyens – et d’abord à gauche – à l’heure où peuvent bouger les lignes et où la gauche européenne a tiré les leçons de l’expérience.        <br />
              <br />
       A la fin des années 1990, le libéralisme était triomphant. Aujourd'hui, les solutions régulatrices et interventionnistes sont portées à tous les échelons : par les socialistes français et leurs alliés, par le SPD allemand, par le Parti socialiste européen. A gauche en Europe, tous en conviennent : nous vivons une crise de système et non de conjoncture.        <br />
              <br />
       En 1997, rares étaient les dirigeants à considérer que l’Europe faisait fausse route. En 2012, alors qu’une nouvelle crise financière est possible et que l'Union compte 25 millions de chômeurs, la prise de conscience se généralise. Certes, face à l’urgence, les dirigeants européens ont accepté les conditions dictées par les conservateurs allemands pour tenter de juguler la spéculation. Les pays qui avaient le couteau sous la gorge n’ont guère eu le choix. Quant à M. Sarkozy, il les a acceptées sans ciller, commettant à nos yeux sa plus lourde faute. Si la réduction de l’endettement ne fait pas débat – il en va de la souveraineté du politique face aux marchés –, le consensus grandit pour admettre que l’austérité généralisée relève du suicide collectif et non du plan de sauvetage. La dette ou la diète n’est pas une alternative.       <br />
              <br />
       Pour s'enclencher, la réorientation européenne doit être portée par un pays et un responsable profondément attachés à la construction européenne. C’est le cas de la France, pays fondateur dont les choix furent souvent des avant-gardes. C’est le cas de François Hollande, militant inlassable de l’unité des Européens, qui sait que les révoltes doivent trouver un débouché politique dans les réformes. Changer d'Europe suppose d'être sérieusement à gauche et d’une gauche sérieuse.        <br />
              <br />
       Droite austéritaire ou gauche de croissance ? Le choix de l'élection présidentielle ne concerne pas 43 millions d’électeurs français, mais un demi-milliard de citoyens ou futurs citoyens en Europe. Une fois encore, pour une Europe de progrès, la France a rendez-vous avec l’Histoire.        <br />
              <br />
       -------       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement</b>, président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC).       <br />
       <b>Arnaud Montebourg</b>, député PS de Saône-et-Loire.        <br />
       <b>Guillaume Bachelay</b>, vice-président PS de la Région Haute-Normandie.        <br />
              <br />
       Via <a class="link" href="http://www.liberation.fr/politiques/2012/04/17/nous-voulons-une-autre-europe-solidaire-et-volontaire_812385">Liberation</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Nous-voulons-une-autre-Europe-solidaire-et-volontaire_a1387.html</link>
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   <title>"Les mesures que propose M. Sarkozy, notamment la hausse de la TVA, sont injustes et inefficaces"</title>
   <pubDate>Mon, 30 Jan 2012 22:56:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l’émission "Une heure avec" sur LCI, lundi 30 janvier 2012. Il répondait aux questions de Michel Field.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/73e146c31c1837e4ce1164d8ec4bf37179dd0171" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>Ma candidature n'est en aucun cas une candidature démagogique. Par conséquent, je me donne une certaine souplesse. Si j'obtiens mes parrainages et que je pense que cela peut être utile, je me maintiendrai. Si, par contre, je trouve qu'il y a une fenêtre politique pour peser, je le ferai. Cependant, le moment n'est pas venu.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je n'ai pas grand chose à changer, aujourd'hui, à la thématique de ma campagne de 2002 qui était, à bien des égards, prémonitoire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut bien me reconnaître le mérite d'une certaine continuité depuis 1992.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Avec la monnaie unique, nous avons crée quelque chose qui ne tient pas la route. Il aurait peut-être fallu y penser plus tôt.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La désindustrialisation est ma grande angoisse pour l'avenir de la France. On ne peut pas maintenir un grand pays avec une protection sociale efficace, avec des services publics performants quand sa base industrielle se réduit. Or, elle est passée de 25% du PIB à 12%.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai toujours été frappé de constater que nos périodes de désindustrialisation coïncidaient avec les périodes de surévaluation monétaire.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>Il faudrait que la BCE se préoccupe du taux de change. Or, le traité de Maastricht a donné son indépendance à la Banque centrale. On a copié le modèle allemand.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je suis partisan d'une Banque centrale qui puisse intervenir sur les marchés de la dette, agir sur le change, soutenir la croissance et l'emploi, faire en sorte que l'euro tourne autour de 1 dollar. Alors, croyez moi, le vent de la croissance s’élèverait sur toute l'Europe.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Les mesures que propose M. Sarkozy, notamment la hausse de la TVA, sont injustes et inefficaces. Les facteurs décisifs sont les facteurs de long terme : la technologie, l'innovation, la recherche, les PME-PMI, une banque nationale de l'industrie, idée que je développe depuis 1983.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Avec le projet de traité européen écrit par Mme Merkel et approuvé par M. Sarkozy, nous nous enfermons dans un cycle de récession de longue durée.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La proposition de Nicolas Sarkozy concernant la TVA n'est pas la bonne mais c'est la proposition d'un homme acculé, enfermé dans un système de contrainte qu'il s'avère impuissant à desserrer.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je suis partisan de récréer un Ministère de l'Industrie. Ceux qui ont peur de l’État oublient que la France s'est tenue dans l'histoire car elle avait un État.       
       </li></ul><ul class="list"><li>L’Europe a embrassé le néolibéralisme avec l'Acte Unique. Je l'ai vécu de l’intérieur.  Tout cela s'est fait avec des gouvernements de gauche et de droite. Le traité de Maastricht est une erreur commise en commun. Aujourd'hui nous sommes prisonniers de cette construction et on voit se creuser un fossé de plus en plus grand entre l'Europe du Nord et celle du Sud.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La France marche au projet. Et la pays sent bien qu'il n'y en a pas. Il faut lui donner le sentiment du rôle qu'il peut jouer en Europe.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'aimerais que les hommes politiques tiennent un discours de long terme, un discours d'effort mais confiant car la France en Europe, ça compte. La France est une grande puissance politique. Elle doit le rester.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La panne de l’Éducation Nationale s'explique par le fait qu'on ne met plus le paquet dans les petites classes pour détecter les enfants dont le bagage lexical et syntaxique est insuffisant. Il faut absolument remettre à niveau ces enfants.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nous devons également agir dans l'enseignement supérieur. Il faut garder à l'esprit que nous avons pris des engagements à Lisbonne et à Barcelone, dans des sommets européens, qui étaient de porter 50% d'une classe d'âge au niveau de la licence.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il ne faut jamais oublier les fondamentaux de l’École qui sont la connaissance, l'effort, l'autorité et le responsabilité du maître. Il faut revaloriser les enseignants, notamment dans la considération qu'ils ont d'eux mêmes.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos des révolutions arabes</span>: Je ne suis pas partisan de l'ingérence. Je ne pense pas que c'est à la France de dire ce qu'un autre pays doit faire. En revanche, quand un pays prend ses affaires en main, quand il y a une volonté de renouveau qui s'exprime, la France doit naturellement sympathiser avec ces idéaux.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Les-mesures-que-propose-M-Sarkozy-notamment-la-hausse-de-la-TVA-sont-injustes-et-inefficaces_a1356.html</link>
  </item>

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   <title>"Contester Angela Merkel, ce n’est pas de la germanophobie"</title>
   <pubDate>Mon, 19 Dec 2011 18:18:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement au magazine Causeur paru dans le numéro de décembre 2011     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3564211-5141721.jpg?v=1324314834" alt=""Contester Angela Merkel, ce n’est pas de la germanophobie"" title=""Contester Angela Merkel, ce n’est pas de la germanophobie"" />
     </div>
     <div>
      <b>Élisabeth Lévy:  Trois d’entre nous ont fait campagne avec vous en 2002, et nous revoilà dix ans après ! Votre candidature à la présidentielle de 2012 nous offre l’occasion de juger ce qu’il reste de nos accords et de nos désaccords.        <br />
       Commençons par une mauvaise blague : j’ai récemment vu la marionnette de Jospin aux Guignols se plaindre de votre nouvelle candidature ... Vous voulez encore faire perdre la gauche, mon cher Jean-Pierre ? </b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement:</b> Cette question est réglée depuis longtemps. Il me suffit de rappeler mes thèmes de campagne de 2002 : je pense avoir été l’un des rares hommes politiques à dénoncer l’hubris du capitalisme financier, la logique à court terme des marchés et le risque inquiétant de leur omnipotence.        <br />
              <br />
       Souvenez-vous de l’université d’été du MEDEF (septembre 2001) où j’ai critiqué la théorie de l’acquisition de la valeur par l’actionnaire, ou du discours de Vincennes (9 septembre 2001) où j’ai présenté mes orientations fondamentales, rappelant notamment que l’horizon de l’Histoire, ce n’étaient pas les marchés financiers mais les nations et les peuples. Je prônais déjà l’élargissement des missions de la Banque centrale, le redressement de l’Europe à partir des nations, la restauration d’une politique industrielle impulsée par un Etat stratège, sans compter quelques repères fermes dans des domaines comme l’école, l’immigration et la sécurité. Ma ligne actuelle reste fidèle à ces grands axes. Je n’ai que le tort d’avoir eu raison trop tôt. La crise ouverte en 2008 et plus encore la crise de l’euro auraient dû, en bonne logique, amener les socialistes qui m’ont transformé en bouc émissaire du 21 avril, à réviser leur jugement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>EL: Mais c’est votre positionnement « Ni droite ni gauche » qui vous a permis de créer le « rassemblement républicain » autour de ces thèmes ! </b>       <br />
       Je n’ai jamais employé cette expression « ni droite ni gauche ». J’ai dit – ce qui est tout à fait différent : « au-dessus de la droite, au-dessus de la gauche, telles qu’elles sont devenues, il y a la République   ! » Ce n’est pas parce que j’ai levé le voile sur la collusion entre la droite et le PS sur la dérégulation libérale et sur la monnaie unique et leur égale inconsistance sur la plupart des sujets que j’ai perdu de vue la bipolarisation de notre vie politique. J’ai par ailleurs affirmé l’enracinement de la droite et de la gauche  dans notre Histoire depuis 1789, ce qui ne m’a pas empêché de fustiger leurs dérives respectives.       <br />
              <br />
       L’Acte Unique, ratifié en 1986 par un gouvernement de droite avec l’appui du PS, puis le traité de Maastricht, voté en 1992 à l’initiative du PS avec le soutien de Chirac, Balladur, Giscard et Sarkozy, ont bien révélé l’allégeance commune des deux partis majoritaires au néolibéralisme alors triomphant. Allégeance plus ou moins grimée aux couleurs de l’Europe. Ainsi dans la même période, la gauche se détournait du peuple et la droite abandonnait la nation.        <br />
              <br />
       <b>EL: Enfin, rappelez-vous, c’était « bonnet rose » et « rose bonnet » !</b>       <br />
       Non, vous apportez de l’eau au moulin de mes adversaires. J’en ai appelé beaucoup plus profondément à la République, qui se trouve bien au-dessus de la gauche et de la droite telles qu’elles sont devenues, et qui est le seul cap susceptible de redonner du sens et une vision à l’action politique. Tout ce qui s’est passé depuis 2008 m’a malheureusement donné raison. Presque tous les dirigeants, de droite comme de gauche, se retrouvent coincés par les effets de la dérégulation à laquelle ils ont prêté la main! J’invite donc les responsables des dégâts qu’ils déclarent aujourd’hui vouloir combattre, à faire leur autocritique. Ce serait un gage de leur sincérité future.       <br />
              <br />
       <b>EL: Je ne comprends toujours pas : pourquoi, en ce cas, continuer à vous dire de gauche ? Peut-on se réclamer d’une gauche rêvée en dénonçant la gauche réelle ?</b>       <br />
       La gauche, c’est d’abord une idée, vieille de deux siècles. Elle se définit dès 1789, par la foi dans un nouveau départ de l’Humanité fondé sur la raison, l’égalité des hommes et sur la citoyenneté. Ce sont des valeurs universelles qui vont à l’encontre de la fixité des origines et des valeurs de l’Ancien Régime, l’inégalité des hommes assignés à un ordre, la tradition et le privilège garantis par le droit divin. En même temps, je sais très bien que la France a existé avant la République. Dans « La France est-elle finie ? », je rappelle que la France a été la matrice de la République, que l’Edit de Nantes a précédé la liberté de conscience affirmée par la Révolution et que par conséquent la France depuis longtemps portait en elle les valeurs républicaines. La République rompt avec l’ordre ancien qui définissait les Français par leur appartenance à tel ou tel ordre, elle ne fait pas pour autant table rase du passé. Pour moi, la République est le nom moderne de la France. C’est pourquoi il faut protéger la langue française, enseigner notre histoire telle qu’elle s’est faite depuis le partage de l’Empire de Charlemagne, préserver les valeurs de transmission liées à l’école, les valeurs simples que sont la bonne éducation, la politesse, le travail bien fait, etc. Ce sont des valeurs de civilisation qui appartiennent aussi bien à la gauche qu’à la droite, et qu’il faut savoir protéger. Bref la gauche, selon moi, doit aussi veiller à la « transmission » : l’Ecole de ce point de vue est le meilleur exemple du redressement nécessaire.       <br />
              <br />
       <b>EL: Peut-être voulez-vous parler de valeurs qui n’appartiennent ni à la gauche ni à la droite » … </b>       <br />
       Vous poussez le bouchon un peu loin ! Il existe encore à gauche des gens fidèles à l’héritage de la culture républicaine ! J’aimerais que la gauche tout entière se réapproprie l’héritage républicain, qu’elle ferme cette parenthèse « libérale -libertaire » qui a accompagné idéologiquement son ralliement au néolibéralisme.         <br />
              <br />
       <b>Gil Mihaely: Si vous appartenez toujours à cette famille politique, pourquoi n’avez-vous pas, à l’image de Jean-Michel Baylet, participé aux primaires « citoyennes » qui avaient précisément pour but de la rassembler ?</b>       <br />
       Ces primaires m’auraient mis à la merci du courant central social-libéral du PS. Les deux candidats en tête, Aubry et Hollande, différent par leurs tempéraments, mais défendent une ligne politique voisine. J’aurais donc été en concurrence avec Montebourg, dont le score a d’ailleurs surpris beaucoup de monde. Je n’avais ni envie ni intérêt à me mettre dans cette situation qui m’aurait lié par la suite. Je suis conscient que ma candidature m’expose à tous les coups, mais cela importe peu quand on considère l’importance des enjeux. La hargne des bien-pensants et de leurs journaux est pour moi un brevet de vertu républicaine. Dans la crise gravissime que nous traversons, ma voix est plus légitime que d’autres et il est de mon devoir de la faire entendre.        <br />
              <br />
       <b>GM: Si Montebourg avait remporté les primaires, vous seriez-vous présenté ?</b>       <br />
       Montebourg développe deux analyses très intéressantes, l’une sur la nécessité de reprendre le contrôle du système financier, et l’autre sur la protection de notre industrie. Il est plus évasif sur d’autres questions, par exemple sur la crise de l’euro. J’ai été l’un des rares à critiquer en 1992 le transfert de la souveraineté monétaire de la France et des autres pays européens, à un aréopage de banquiers irresponsables dont l’unique mission était de lutter contre l’inflation. J’ai refusé que l’on transpose à toute l’Europe les statuts de la Bundesbank et que l’on fasse une monnaie européenne calquée sur le mark. L’idée qu’en piquant son mark à l’Allemagne on allait corseter du même coup la puissance allemande était une idée courte. Le mark était une monnaie faite sur-mesure pour l’Allemagne, pas pour la plupart des autres pays européens – dont la France ! Le constater n’est pas tomber dans la germanophobie.       <br />
              <br />
       <b>GM: Faut-il comprendre que pour vous, l’inflation ne représente pas un danger ? Les Allemands ne partagent pas ce point de vue…  </b>       <br />
       Il suffit d’allumer la radio ou la télévision pour comprendre à quel point l’ignorance historique conduit certains journalistes à dire des sornettes sur les Allemands. Ce n’est pas l’inflation mais la déflation qui a conduit au nazisme. La politique du chancelier Brüning a créé 8 millions de chômeurs au début des années 30. Si les Allemands sont traumatisés par l’inflation aujourd’hui, la confiscation de 85 % de leurs avoirs en banque au moment de la création du deutschemark par les Américains y est peut-être pour quelque chose ! Evidemment l’inflation n’est pas aujourd’hui le principal danger (du fait de la pression exercée par les pays à très bas coût). Ce qui menace, c’est la déflation !       <br />
              <br />
       <b>Basile de Koch: Vous n’avez toujours pas répondu à la question qu’Élisabeth a tenté à plusieurs reprises de vous poser sur l’obsolescence des vieux clivages ... Mais ce n’est pas la première fois que vous esquivez de la sorte : c’était déjà le cas il y a dix ans ! Alors si vous pouviez répondre à cette question aujourd’hui, ça nous éviterait de vous la reposer dans dix ans…</b>       <br />
       Je dois me méfier de mes « soutiens » quand ils interprètent mal ma pensée. Mon parcours parle pour moi. Je suis un homme de gauche mais un homme de gauche indépendant, bref je suis d’abord un républicain. D’autres ont évolué en sens inverse. Nous pouvons nous retrouver sur la République et ce qu’elle signifie.       <br />
              <br />
       <b>EL: Beaucoup de « gens de droite » vous ont rejoint en 2002 ! Je le sais, j’y ai contribué en les persuadant les uns après les autres que vous ne retourneriez pas ensuite au bercail.</b>       <br />
       Nous nous sommes très bien entendus avec beaucoup de ces républicains « venus de l’autre rive », parce qu’ils ont éprouvé ce besoin d’un  dépassement nécessaire. Mais puis-je vous suggérer de ne pas vous-même « revenir au bercail » ?       <br />
              <br />
       <b>BdK: Il est vrai néanmoins que l’histoire vous a donné raison. Vous vouliez faire bouger les lignes ? Eh bien, elles bougent. Outre Montebourg, Mélenchon, Dupont-Aignan et même Marine Le Pen ont adopté les grandes lignes de votre discours économique, alors ... </b>       <br />
       Vous avez raison, en gros. Sauf sur un point : La nature du Front National n’a pas changé. Il s’est développé et prospère toujours sur la xénophobie ! Quant à mon discours économique, il est trop finement argumenté pour pouvoir être repris par le premier venu …       <br />
              <br />
       <b>BdK: Mais je ne vous parle pas de ça ... Posons le problème autrement. En 2002, vous étiez le seul à défendre haut et fort la souveraineté budgétaire et fiscale, l’Europe confédérale redressée et le remplacement de la monnaie unique par une monnaie commune, nous vous en donnons volontiers acte. Mais dix ans plus tard, pourquoi vouloir à tout prix n’être encore que le candidat d’une fraction minoritaire de la gauche – alors même que vos idées pourraient être l’épicentre d’un rassemblement beaucoup plus large ?</b>       <br />
       Je veux rassembler, mais pas à partir de la droite. Qu’entends-je par là ? Les idées de liberté, d’égalité et de fraternité ont été critiquées dès le départ en France par Bonald, Joseph de Maistre et en Angleterre par Edmund Burke, parce que leur contenu universaliste ne permettait pas selon eux de rendre compte des particularités humaines. Je crois pour ma part que tout en les comprenant il faut dépasser les particularités. Peu importe qu’un être humain soit jaune, noir ou blanc, il est d’abord un être humain.        <br />
              <br />
       <b>BdK: Vous auriez pu faire figurer les rouges dans votre énumération. Si je vous suis, même les gens de droite sont des êtres humains ?</b>       <br />
       Même eux, je ne les exclus pas du genre humain …       <br />
              <br />
       <b>BdK : Je peux en tout cas vous dire que des gens de droite se réclamant de Bonald ou de Burke - dont généralement ils n’ont jamais entendu parler – je n’en connais pas…</b>       <br />
       On peut se réclamer d’idées dont on ignore qui les a professées au départ ...        <br />
              <br />
       <b>BdK: Connaissez-vous des électeurs de droite qui professent des thèses contre-révolutionnaires au nom de l’absolutisme et du droit divin ? En avez-vous rencontrés qui affirment que tous les hommes ne sont pas égaux ?</b>       <br />
       Il faut avoir l’oreille fine. On peut être imprégné d’une tradition idéologique sans la connaître, peut-être même sans le savoir. Il y a des préjugés et un sectarisme de droite comme il y a des préjugés et un sectarisme de gauche. Je m’en tiens également éloigné. Pour moi, le monde de l’universalisme a, sur celui des particularismes, l’avantage de la solidité. La société des identités, des communautés voire des communautarismes trouve en face d’elle l’idée républicaine, celle d’une société de citoyens. Dans une perspective séculaire, je fais confiance à la force de l’idée républicaine.        <br />
              <br />
       <b>EL: Excusez-moi, c’est exactement le contraire ! La République est en train de s’effondrer devant les injections conjointes et contradictoires de « diversité «  et de « métissage ». Vous devriez en parler à vos amis de gauche.</b>       <br />
       Certaines femmes et certains hommes de gauche se croient en effet « plus à gauche » parce qu’ils défendent la  « différence »,  alors qu’ils tournent le dos aux idéaux universalistes. Au nom de la « différence », ils piétinent sans en avoir pleinement conscience l’égalité dont ils nourrissent par ailleurs les envolées lyriques de leurs discours stéréotypés. Si l’absolutisme de la particularité est mortifère, l’universalité ne saurait être un absolu. Du reste, de même qu’il y a des différences entre Herder et Bonald, il n’y a pas eu une seule expression de l’universalisme révolutionnaire. « La Révolution est un bloc » disait Clémenceau. Force est cependant de reconnaître que dans cette cathédrale, il y avait beaucoup de chapelles … Robespierre lui-même disait avec bon sens que Paris n’était pas la capitale du monde et que les peuples n’aimaient pas les missionnaires bottés. Ce sont les plus inconséquents des révolutionnaires, les Girondins, qui ont déclaré la guerre à l’Autriche et à la Prusse. Quant au métissage, je suis pour : y a-t-il plus belle reconnaissance de l’Egalité ?       <br />
              <br />
       <b>EL: Je me demande si l’inconséquence n’est pas parfois préférable à la certitude. Mais passons. Ne croyez-vous pas que ce qu’il y a de plus universel aujourd’hui, c’est le capitalisme ?</b>       <br />
       Le capitalisme mondialisé se fiche éperdument des valeurs. Ou plus exactement il ne s’intéresse qu’à une seule valeur, l’argent. C’est le seul universel qu’il connaisse.        <br />
              <br />
       <b>BdK: Je reviens à la charge, mon général ! Voyez-vous une quelconque filiation entre ce libéral anglais de Burke et ce patriote français de Dupont-Aignan ? </b>       <br />
       Non, Dupont-Aignan s’inscrit plutôt dans la filiation de de Gaulle.        <br />
              <br />
       <b>BdK:  Il sera ravi de l’apprendre ! Mais alors, son petit particule Debout la République n’appartient pas à la droite telle que vous la définissez…</b>       <br />
       De Gaulle lui-même, dont le père était dreyfusard, a compris que la devise de la France Libre ne pouvait  pas seulement être « Honneur et Patrie » mais aussi « Liberté, Egalité, Fraternité ». Dans un magnifique discours du 22 juin 1940, il a développé l’idée que si la France ne restait pas dans le camp de la liberté, elle cesserait d’être une grande nation. Ce pourquoi son choix n’était pas seulement celui de l’Honneur mais plus profondément encore celui de l’intérêt national       <br />
              <br />
       <b>EL: Mais enfin, vous êtes plus proche de Dupont-Aignan que du moins moderniste des socialistes.</b>       <br />
       J’ai beaucoup d’estime pour lui, je trouve son parcours politique intéressant. Mais comme le disait Adenauer, les hommes sont ce qu’ils sont et Nicolas Dupont-Aignan ne vit pas dans la stratosphère : comme moi à Belfort, il doit se faire réélire à Yerres. Lui a choisi la droite, moi la gauche. Moi, j’ai choisi la meilleure : celle des ouvriers d’Alstom, de Peugeot, etc. Notez par ailleurs, que je me suis toujours défini comme républicain et non comme souverainiste. Pour moi, comme pour le général De Gaulle, la souveraineté et la démocratie sont les deux faces d’une même médaille. L’affirmation de la souveraineté nationale doit aller de pair avec l’exigence démocratique, celle d’une République sociale.        <br />
              <br />
       <b>BdK: Je ne lâche pas : et Péguy, il était de gauche ?</b>       <br />
       Péguy était un être complexe dont se réclament aujourd’hui à la fois la droite et la gauche       <br />
              <br />
       <b>BdK: Et alors quoi, seul Péguy a le droit d’être complexe ? Moi aussi, j’ai envie d’être complexe !</b>       <br />
       Je ne vous en empêche pas. Bien au contraire ! Qui a fait plus d’efforts que moi pour comprendre la manière dont raisonnent les gens de droite ? Je suis prêt à faire encore un effort pour vous.       <br />
              <br />
       <b>BdK: Ça finit par être vexant ! C’est comme si, dans le métro chevènementiste, la première classe était réservée aux universalistes-de-gauche  labellisés, tandis que les autres – étaient relégués en seconde – et encore : juste le temps de leur choper leur bulletin de vote …</b>       <br />
       La droite et la gauche sont deux familles constituées de courants multiples. Lorsque je dis que je suis un homme de gauche, c’est en raison de mon parcours, de mon action et sans doute aussi de ma philosophie. Mais cette histoire ne m’empêche pas de penser librement et de tendre la main aux républicains de l’autre rive chaque fois que l’intérêt général le commande, et je pense l’avoir suffisamment démontré. En revanche, à l’exception du général De Gaulle qui a su accueillir les socialistes à Londres et les communistes pendant la Résistance, je ne vois pas beaucoup de républicains de droite qui aient  emprunté la même démarche. Le programme national de la Résistance n’est pas franchement de droite à ce que je sache ! C’est au cœur de l’épreuve que le dépassement a pu avoir lieu. Eh bien, le temps de l’épreuve est devant nous. Pour surmonter cette crise profonde, il faudra donc rassembler, et au-delà de la gauche.        <br />
              <br />
       <b>EL: Vous appelez au rassemblement, mais vos troupes se sont bien dispersées. De Henri Guaino à l’Élysée à Eric Coquerel au Front de gauche en passant par le PS, les Verts et même le FN, les chevènementistes de 2002 se sont répartis sur tout l’échiquier politique. </b>       <br />
       Un seulement et un seul a rejoint le FN, Bertrand Dutheil de la Rochère, qui a oublié que 1789 séparait la droite de la gauche. Il a sans doute une circonstance atténuante : trop d’aïeux, de trop haut lignage … Mais vous avez raison : mon armée est petite. Comme disait Barrès, « Le ventre et  l’esprit se nourrissent à des sources différentes » ...       <br />
              <br />
       <b>EL: Au lieu de bondir à la simple évocation du FN comme si l’important était de se disculper, vous devriez peut-être vous demander pourquoi des gens qui ne viennent pas de l’extrême droite ont franchi le pas. Des idiots ? Des salauds ?</b>       <br />
       Le noyau organisationnel du Front National a des racines historiques assez fétides dans la collaboration et dans l’OAS. Ceux qui le rejoignent aujourd’hui le font pour d’autres raisons, mais il est trop facile de faire de l’immigration la source de tous nos maux ! C’est un bouc émissaire facile. Enfin, il faut le redire : le Front National est, de toute façon, une impasse politique. …       <br />
              <br />
       <b>EL: Quelques mois avant de rallier le FN, au moment des grandes célébrations du 10 mai 1981, Bertrand Dutheil de la Rochère a publié sur Causeur un texte avec lequel vous seriez bien plus d’accord que moi. Il était le même homme qu’aujourd’hui, non ? </b>       <br />
       Je vous ai déjà dit – par ironie bien sûr - que je lui accordais des circonstances atténuantes, même s’il a été exclu dans l’heure du MRC – et à juste titre.        <br />
              <br />
       <b>BdK: Donc c’est moins grave qu’il ait rejoint le « noyau fétide » !</b>       <br />
       Non, c’est suicidaire.       <br />
              <br />
       <b>EL: Mais enfin, vous voyez bien que Marine Le Pen cherche plutôt à capter les frustrés de la  République que les ennemis de la République !</b>       <br />
       Vous ne pouvez pas faire comme si la fille ne procédait pas du père. Qu’elle cherche à récupérer les frustrés de la République devrait inciter les républicains à se mettre davantage à la hauteur …        <br />
              <br />
       <b>EL: Ses électeurs, en tout cas une écrasante majorité d’entre eux.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>BdK: En parlant de « faire barrage au FN », vous reprenez l’imprécation « antifasciste » de l’après – 21 avril 2002 ?</b>       <br />
       Non ! Il n’y a jamais eu de menace fasciste dans les deux semaines qui ont suivi le 21 avril. C’était une « manip ». Pour reconquérir l’électorat qui cède aux sirènes du Front National, il faut s’attaquer au chômage, aux inégalités, repenser l’Europe, et surtout organiser le grand retour de la République.       <br />
              <br />
       <b>EL: Vous savez bien que ce sont aussi les ratés de l’intégration des immigrés et les difficultés d’assimilation de l’islam qui sont en cause.       <br />
       Croyez-vous vraiment que les gens qui sont tentés par le FN veulent sortir de l’euro ? Le mot « République » suffit-il à effacer la fragmentation géographique et culturelle des classes populaires ? Gilles Kepel a montré le poids croissant de l’appartenance musulmane dans deux villes de la banlieue parisienne. Et quand Claude Guéant propose de réduire de 10 % le flux d’immigration légale, toute votre famille si sympathiquement universaliste pousse des hurlements parce que pour elle, le petit blanc, prolo déclassé ou menacé de l’être, est un salopard xénophobe et rétrograde. Et votre priorité est de faire savoir à la bonne presse que vous n’avez pas succombé à la tentation lepéniste ! Vous regardez trop Canal + ! </b>       <br />
       Il doit y avoir erreur sur la personne : la bonne presse et Canal + me font rarement des fleurs, et pour ma part je n’éprouve nul mépris pour le prolo déclassé. Revenons aux choses sérieuses. La tendance au repli communautaire s’est renforcée dans notre société de plus en plus plombée par un chômage de masse. J’ai l’impression que Gilles Kepel confond l’islamisation avec le communautarisme. Celui-ci se manifeste – il est vrai - surtout sous la forme du respect de prescriptions alimentaires et religieuses, comme la nourriture hallal ou l’observation du Ramadan mais c’est sous la pression de la communauté. Si on regarde les statistiques, la fréquentation des mosquées par les musulmans en France n’est guère supérieure à celle des chrétiens dans les églises. Ce repli communautariste illustre, en réalité, la tendance à l’exclusion sociale. Il se drape dans le voile religieux, voire fondamentaliste pour marquer son extériorité à une société jugée « impie » et que d’ailleurs les valeurs républicaines irriguent de moins en moins …        <br />
              <br />
       <b>EL: L’immigration massive n’a-t-elle pas freiné le processus d’intégration ?</b>       <br />
       Il est évidemment plus difficile d’intégrer en période de crise économique. Mais on ne parle que des trains qui déraillent. J’ai rencontré, il y a peu de temps, un pneumologue d’origine algérienne qui souhaite pourvoir continuer à travailler en France ; eh bien, il m’a fallu une demi-heure pour comprendre qu’il n’était pas français, tant il s’exprimait dans un langage choisi. À long terme, je crois fondamentalement à la capacité d’intégration de la France. Bien sûr, il y a des réticences ; mais si la France s’aimait un peu plus, si on enseignait son histoire non pas comme une faillite, mais comme une somme d’efforts toujours inachevés pour faire triompher les idéaux républicains, elle intègrerait plus facilement. C’est parce que ses élites se sont détournées d’elle qu’il lui est plus difficile de « faire France » avec ses étrangers.       <br />
              <br />
       <b>Daoud Boughezala. En attendant le triomphe de la Raison républicaine, on a l’impression que vous êtes tiraillé entre deux temporalités et donc entre deux logiques. Vous vous réclamez d’une gauche éternelle et d’idéaux qui n’ont rien à voir avec les dogmes du capitalisme mondialisé devant lesquels se soumet la gauche réelle. Donc vous êtes tenté de prôner le dépassement des clivages d’hier. Et vous ne ménagez pas vos critiques aux uns ni aux autres. Et en même temps, vous finissez toujours par vous inscrire dans cette gauche réelle, comme si l’allégeance au mythe devait obligatoirement l’emporter. Votre nouvelle mission, si je vous ai bien entendu, est de « mettre François Hollande  à la hauteur des défis de la France. »</b>       <br />
       Pas plus lui qu’un autre. Sarkozy aussi et les Français de manière générale, il faudrait les mettre à la hauteur ! D’ailleurs Nicolas Sarkozy, sur la question monétaire, est allé dans le sens que je souhaitais en avançant la proposition d’adosser le Fonds européen de stabilité financière (FESF) aux ressources de la Banque Centrale. Dommage qu’il ait retiré sa proposition ! La période historique particulière que nous traversons exige, comme pendant l’Occupation, un rassemblement républicain très large. La crise du capitalisme financier offre l’occasion de sortir de l’impasse néo-libérale et de s’unir dans l’effort de redressement de la France et de l’Europe. Ne jouons pas avec les mots : vous connaissez mon parcours. J’ai été l’un des auteurs du Programme commun de la gauche ; c’est moi que Mitterrand a chargé de rédiger le projet qui a inspiré les 110 propositions de 1981. En 1983, nos chemins ont commencé à diverger. Je ne pensais pas que nous irions jusqu’à l’application de l’Acte unique, qui a levé toutes les restrictions aux mouvements de capitaux, à l’intérieur de l’Union européenne mais aussi vis-à-vis des pays tiers ; ni jusqu'à l’abandon de la souveraineté monétaire de la France, prélude à l’abandon de la souveraineté budgétaire et fiscale - ce vers quoi M. Sarkozy nous conduit avec son projet de « nouveau traité européen ».       <br />
              <br />
       <b>GM: Mais enfin, François Hollande en fera autant … </b>       <br />
       L’itinéraire de François Hollande n’est pas le mien mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Or, François Hollande est tout sauf un imbécile. Au regard de la crise actuelle, il a besoin de préciser ses analyses et ses préconisations ; par exemple, est-il prêt à poser la question de la Banque centrale comme je le fais dans « Sortir la France de l’impasse » . C’était mon « plan A. Mais il suppose l’accord de l’Allemagne.        <br />
              <br />
       Et puis il y a « le plan B », qui est la mutation de l’euro monnaie unique en monnaie commune – c’est-à-dire en monnaie utilisée par tous les pays d’Europe pour leurs échanges extérieurs, chacun retrouvant en interne sa propre monnaie, les parités étant révisées périodiquement pour permettre de corriger les écarts de compétitivité entre pays européens. Quelle est la position de François Hollande et du PS sur ces perspectives ? Nous n’avons pas encore eu des réponses claires. Mais avec l’accélération de la crise, les lignes commencent à bouger de part et d’autre.       <br />
              <br />
       <b>DB: Quoi qu’il en soit, à la fin, vous vous rallierez à François Hollande. N’avez-vous jamais l’impression de ne pas être vraiment libre ? </b>       <br />
       Vous savez tout mieux que moi. ? Etre libre, c’est avoir l’esprit libre. Pour le reste, toute campagne a sa logique J’ai été très content d’entendre François Hollande chanter une ode à la croissance à l’université d’été de La Rochelle, dans le bien-nommé  Collège de l’Oratoire, mais je ne l’ai pas encore entendu dire par quel moyen il compte sortir de la logique de la réduction de la dette par l’austérité. C’est seulement par l’organisation de la croissance à l’échelle européenne qu’on parviendra à réduire l’endettement et les déficits.        <br />
              <br />
       <b>EL: Emmanuel Todd affirme au contraire que toute relance dans le cadre libre-échangiste ne fera que relancer l’économie chinoise.</b>       <br />
       Comment, en effet, protéger notre industrie ? Tout d’abord, on doit substituer une perspective de croissance en Europe à la perspective de récession dans laquelle nous sommes engagés aujourd’hui à travers les plans d’austérité que Mme Merkel veut généraliser à l’ensemble du continent. Il faudrait mettre en œuvre  un plan européen d’investissement et de croissance, soutenu par  l’intervention de la Banque centrale. La politique de l’euro fort, celle de la rente et de la finance a laminé la production au détriment du monde du travail et des salariés. Nous devons impérativement restaurer notre base productive. Encore faut-il s’attaquer aux vraies causes de son érosion. L’euro est une monnaie branlante mais surévaluée de 25 % par rapport à son cours de lancement, qui s’élevait à 1,16$ et qui a atteint 1,60$ en 2008 et 1.37$ aujourd’hui. Comment notre industrie, handicapée par une monnaie aussi écrasante, pourrait-elle redevenir compétitive ? Cela, M. Sarkozy n’en a pas soufflé mot dans son discours de Toulon du 1er décembre. Pour ma part, je crois plus à l’efficacité de la protection monétaire qu’à la reconstitution d’un tarif extérieur commun dont ni l’Allemagne, ni la Grande-Bretagne, ni les pays européens « libéraux » ne veulent.       <br />
              <br />
       <b>EL: Au sujet de l’intervention de la BCE et de la monétisation d’une partie de la dette, vous avez reconnu que Nicolas Sarkozy s’était heurté au refus allemand. Que faut-il faire, passer au plan C, c’est-à-dire la rupture unilatérale ? </b>       <br />
       Non, il faut instaurer un débat public européen avec tous les acteurs politiques et sociaux en Allemagne mais aussi dans les autres pays européens. Contester les orientations monétaires  de la CD-CSU, ce n’est pas de la germanophobie ! Plutôt que de ranimer des querelles franco-françaises, M. Juppé ferait mieux de s’interroger sur la meilleure manière de défendre les intérêts de la France et, j’ajoute, ceux de l’Europe.       <br />
              <br />
       <b>EL: Vous pensez, sans doute à raison, que pour sortir du marasme, les pays Européens doivent mener des efforts concertés. Mais il faut, disiez-vous, prendre acte de la réalité. Or, la réalité c’est que depuis des années, il n’y a pas en Europe de gouvernants prêts à aller dans la direction que vous indiquez. </b>       <br />
       Il y a des élections en France et en Italie en 2012, et en Allemagne en 2013. Notre tâche est d’organiser le débat républicain en amont de ces élections. Un débat sans tabou.       <br />
              <br />
       <b>GM: Que vous inspire l’appel à la décroissance lancé par les Verts, notamment dans son articulation avec la question énergétique ?</b>       <br />
       Toutes les énergies viennent du soleil. Les énergies fossiles sont issues de la photosynthèse, les énergies renouvelables viennent, soit directement du soleil comme le solaire, thermique ou photovoltaïque, soit du vent lorsqu’il s’agit des éoliennes, qui lui aussi, indirectement, vient du soleil. Seul le nucléaire ne vient pas du soleil mais de la matière. Pour la France, le nucléaire est une énergie abondante et bon marché. Il sera indéfiniment renouvelable, grâce au réacteur de quatrième génération qui fabriquera lui-même son combustible. Il est absurde que la France, qui est à l’avant-garde mondiale dans ce secteur, renonce à sa capacité de produire une énergie qui coûte 45 € le mégawatt/heure, contre 70 € pour le gaz, 90 € pour l’éolien et 250 € pour le solaire photovoltaïque. J’ajoute que l’électricité produite à partir des centrales nucléaires permet aussi de soulager le déficit de notre balance commerciale.       <br />
              <br />
       <b>EL: D’accord mais peut-être faut-il réfléchir au paradigme de la croissance qui érige le « toujours plus » en horizon indépassable – et à l’arrivée le « droit acquis » en dogme. Faut-il laisser cette réflexion aux adeptes de la couche lavable ?</b>       <br />
       Les pays émergents ont confiance dans leur avenir, dans leur technologie et dans leur industrie. Ils ne se posent pas la question de la décroissance, contrairement à l’Occident qui fait de « l’heuristique de la peur » théorisée par le philosophe allemand Hans Jonas, le guide de son action. Il faudra bien, cependant, prendre en compte la croissance démographique et économique de l’Asie et anticiper l’épuisement des énergies d’origine fossile, donc préparer la transition énergétique et modifier le contenu de notre croissance. Bref, il ne faut pas renoncer à la croissance mais changer notre modèle de croissance.       <br />
              <br />
       <b>EL: On a le droit de s’interroger sur le matérialisme et l’économisme qui font que, de bas en haut de l’échelle sociale, on apprécie la réussite d’une existence à l’aune des biens matériels qu’on a pu accumuler. </b>       <br />
       Vous voyez midi à votre porte, chère Élisabeth. Tout le monde ne vit pas très bien en France. Le revenu médian s’élève à 1500 euros par mois. De plus en plus de gens ont du mal à joindre les deux bouts. Je suis l’élu d’une région ouvrière et industrielle, qui connaît en même temps un chômage élevé. Pour autant, quand je parle de la nation ou de la République, je ne fais pas de la croissance matérielle l’objectif ultime. Bien sûr qu’il y a des valeurs qui sont aussi et peut-être plus importantes que l’accumulation des biens matériels.        <br />
              <br />
       <b>Marc Cohen: En attendant, il ne faudrait pas que la campagne électorale soit réservée aux bac + 12. Si la bataille se joue sur des enjeux aussi pointus, personne n’y comprendra rien et tout le monde dira n’importe quoi. Même nous si ça se trouve.</b>       <br />
       Il faudra expliquer simplement aux Français les données complexes du problème, en présentant des cas concrets, en montrant, par exemple, la situation intenable dans laquelle l’Italie est embourbée. Voilà un pays qui doit lever 300 milliards d’euros dans l’année qui vient, et qui doit emprunter à 7 %. C’est intenable ! Alors que les banques peuvent emprunter à la Banque centrale à 1,25 % c’est grotesque ! Tout le monde peut comprendre que l’enjeu principal de la crise est le maintien de la base productive des pays industrialisés donc l’avenir de nos retraites et de l’assurance-maladie. Il faut bien faire comprendre aux électeurs que la France ne peut sacrifier, sur l’autel de l’euro fort tel qu’il a été façonné par ses dirigeants, de gauche et de droite, sa substance économique, son modèle social et sa démocratie.        <br />
              <br />
       <b>MC: Pour la majorité des gens, il n’est pas évident d’établir le lien entre des causes complexes qui appartiennent à la sphère technique de la finance et les effets économiques et sociaux tels qu’ils peuvent les constater tous les jours …</b>       <br />
       Il faut politiser les enjeux. C’est un conflit entre les marchés financiers et les peuples. C’est la survie de notre pays dont il est question. Notre base industrielle a diminué de moitié depuis 1980 : hier 6 millions de personnes travaillaient dans l’industrie. Aujourd’hui 3,2 millions. Tout le monde peut comprendre que cette dégradation ne peut se poursuivre. Le temps est venu pour la France de se réveiller parce que,  une France sans usines serait une France tout simplement sortie de l’Histoire, une France finie ...       <br />
              <br />
       <b>DB: En attendant, sortons quelques instants de nos frontières. Vous  avez approuvé la résolution 1973 de l’ONU, qui a autorisé les frappes de l’OTAN en Libye pour protéger la population civile. Il y a 20 ans, alors que Saddam Hussein avait envahi un Etat souverain, vous vous étiez opposé à la première guerre du Golfe. N’y a-t-il pas là une contradiction ?</b>       <br />
       Je n’ai rien approuvé du tout. Sur l’intervention en Libye, le Parlement n’a été sollicité sur un vote que le 11 juillet 2011. Je me suis abstenu pour tenir compte du contexte des révolutions arabes en Tunisie et en Egypte mais j’ai exprimé de fortes réserves. L’intervention en Libye, décidée par la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU, repose sur le principe de la responsabilité de protéger les populations civiles, principe reconnu par l’ONU en 2005. Rien à voir avec l’ingérence qui n’est pas un droit et que l’ONU condamne. J’ai émis des réserves en ce qui concerne l’interprétation de la résolution n° 1973 parce que la responsabilité que l’on prend en soutenant un mouvement qui se réclame des droits de l’homme ne s’arrête pas lorsque celui-ci est victorieux. Si la protection des civils était légitime à Benghazi, elle continuait à l’être à Syrte. Il y avait là une politique du « deux poids, deux mesures » difficile à admettre.        <br />
       Je suis convaincu que l’interprétation extensive de la résolution 1973 nuira à l’avenir à la notion de « responsabilité de protéger ». Ni la Chine ni la Russie ne s’y laisseront reprendre.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>GM: A-t-on, selon vous, fait  une interprétation trop extensive de la résolution 1973 ?</b>       <br />
       Certainement. Que fallait-il faire ? Après l’intervention justifiée sur Benghazi, on aurait pu favoriser un processus politique et faire en sorte que la région soit moins déstabilisée qu’elle ne l’est aujourd’hui. D’ailleurs, le black-out total des informations sur le terrain est assez déconcertant.        <br />
              <br />
       <b>GM: Et les guerres entre milices ne sont pas de bon augure non plus... </b>       <br />
       Regardez le résultat de la guerre en Irak. L’Iran est devenu la puissance dominante de la région. A la veille de la première guerre du Golfe, j’avais reçu le secrétaire américain à la Défense de l’époque, Dick Cheney qui souhaitait connaître mon avis sur les conséquences. Je lui ai fait part de mon inquiétude quant au risque d’intégrisme, l’écrasement de l’Irak baasiste et laïc ouvrant un boulevard à l’expansion du courant islamiste fondamentaliste. En Libye on court maintenant un risque similaire.        <br />
              <br />
       <b>EL: Il faudrait donc appliquer le principe du moindre mal et privilégier les dictatures autoritaires et laïques au détriment des  dictatures islamistes et théocratiques. </b>       <br />
       Il faut toujours raisonner en tenant compte du contexte historique. Forgée à la fin du XIXe siècle, la philosophie de la Nahda (la renaissance en arabe) a donné naissance d’abord à des mouvements parlementaires auxquels ont succédé des révolutions nationalistes, des régimes socialistes laïcs. Ces régimes nationalistes arabes se sont développés dans les années 50, en Égypte avec Nasser en 1952, puis à partir de 1958 en Syrie et en Irak avec les révolutions baasistes. Ils ont, au départ, bénéficié d’une certaine vitalité, puis se sont sclérosés. Une génération nouvelle a émergé, obéissant à un paradigme culturel nouveau. C’est la génération Internet. Elle réclame la démocratie. Des élections sont organisées. Elles donnent une majorité au courant islamiste qui n’est pas le courant réformateur de la Nahda. Maintenant il faut faire avec.        <br />
              <br />
       <b>GM: Vous avez été nommé au ministère de la Défense quelques semaines après l’affaire de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie.  Que pensez-vous de l’interprétation de ces événements que donne Matthieu Kassovitz dans son film L’ordre et la morale? </b>       <br />
       Ma campagne me laisse peu de temps pour aller au cinéma. J’ai vu La Haine de Kassovitz. L’opposition entre les « beurs » et les « keufs » m’a paru extrêmement réductrice. Concernant la prise d’otages d’Ouvéa, nommé ministre de la Défense peu après, je me souviens seulement que j’ai suspendu l’officier de gendarmerie responsable du transport du blessé qui est mort dans la voiture qui l’emmenait à l’hôpital.        <br />
              <br />
       <b>EL: Il y a dix ans, vous critiquiez ouvertement l’hyperpuissance américaine. Aujourd’hui, considérez-vous que c’est la Chine qui est la nouvelle puissance impériale ?</b>       <br />
       J’ai toujours distingué le peuple américain de l’administration américaine. L’Amérique d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. Renouer avec la politique de George W. Bush ne serait pas une bonne chose pour les Etats-Unis ni pour l’Europe et le monde d’ailleurs. Même si la crise du capitalisme financier a démontré les limites du modèle américain, le tournant Obama en 2008 a soulevé un vent de liberté et de nouveauté qui me fait souhaiter sa réélection en 2012. Obama a compris que le monde est devenu multipolaire, que les intérêts de l’Amérique sont interdépendants de ceux des autres acteurs internationaux et qu’il doit gérer le rapport avec la Chine, puissance montante du XXIème siècle. Quant à l’Europe, elle doit échapper à la tenaille du G2, cette Chinamérique qui est la bipolarité du XXIe siècle et organiser sa résilience, sa capacité de survie en tant qu’ensemble de nations libres et démocratiques. En tout cas, j’espère que la voie ouverte pas Obama ne se refermera pas. S’il pouvait être élu pour quatre mandats comme Roosevelt, ce serait très bien.        <br />
              <br />
       <b>GM: Ce n’est plus possible aujourd’hui, il y a la limite des deux mandats.</b>       <br />
              <br />
       <b>BdK: Reste toujours la solution Poutine : des pauses entre deux doubles mandats pendant vingt ans renouvelables…</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>MC: Au soir du 21 avril, l’ambiance était glaciale rue de Paradis, au siège du Pôle Républicain. Vos propres partisans semblaient obnubilés par le piètre score de Jospin, et beaucoup se sentaient coupables de ne pas avoir « voté utile » dès le premier tour. </b>       <br />
       Le résultat m’a également  surpris et déçu mais je n’ai éprouvé aucun sentiment de culpabilité. J’ai défendu une autre politique, voilà tout. Et la suite m’a donné raison. Le vote « Front National » était et reste une impasse. Pour reprendre la boutade du chancelier Adenauer, « les Français sont ce qu’ils sont et il n’y en a pas d’autres ». Il faut faire avec ceux qu’on a. Je n’abandonnerai jamais la rude tâche de former l’esprit public. J’espère y parvenir aussi avec ceux qui se disaient mes partisans. Même avec vous, on devrait pouvoir y arriver !       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.causeur.fr/%C2%AB-contester-angela-merkel-ce-n%E2%80%99est-pas-de-la-germanophobie-%C2%BB,14099">Causeur.fr</a>
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     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"On ne sortira pas de la crise de la dette sans croissance, sans plus-values fiscales"</title>
   <pubDate>Sun, 02 Oct 2011 14:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "C'est arrivé cette semaine" sur Europe 1, samedi 1er octobre 2011. Il répondait aux questions de Dominique Souchier. Le podcast est disponible ci-dessous     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3319684-4762270.jpg?v=1317561330" alt=""On ne sortira pas de la crise de la dette sans croissance, sans plus-values fiscales"" title=""On ne sortira pas de la crise de la dette sans croissance, sans plus-values fiscales"" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Sur la présidence du Sénat</span> : J'ai déclaré dimanche soir que l'alternance était en marche et qu'elle devait se produire. L'honnêteté, la clarté, la transparence veulent que la formation qui a gagné le plus de sièges, le Parti Socialiste (25 sièges), accède au plateau, c'est la démocratie.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai lancé une boutade, qui était celle d'Edgar Faure : &quot;Il ne faut jamais être candidat à un poste qu'on ne vous propose pas&quot; et j'ai ajouté qu'il ne faut jamais dire qu'on ne sera jamais candidat. Cela a entraîné des commentaires, il faut bien que vous puissiez alimenter le système.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La clarté et la démocratie exigent que ce qui s'est passé dans les urnes se traduise au niveau de l'élection du président.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Sur les primaires socialistes</span> : Ce qui m'a frappé dans ces deux débats, c'est que l'on n'a pratiquement pas abordé la question de l'euro, de l'avenir de l'euro, de la manière dont on allait redynamiser l'Europe pour en faire une zone de croissance.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense que la France et l'Allemagne continueront ensemble leur histoire, ou alors elles en sortiront ensemble.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai dit qu'il fallait donner à la Banque Centrale Européenne des attributions qu'aujourd'hui elle n'a pas, en vertu des textes d'ailleurs, pour soutenir la croissance et l'emploi, racheter les titres de dette publique, casser la spéculation, améliorer le taux de change qui aujourd'hui est surévalué et favorise la désindustrialisation du pays, et que cela, c'est un débat qu'il faut avoir !       
       </li></ul><ul class="list"><li>On ne sortira pas de la crise de la dette sans croissance, sans plus-values fiscales.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je rappelle que l'Allemagne apporte 220 milliards à la caisse commune, la France, on l'oublie, 159 milliards, et je dis simplement que le montant du Fonds Européen de Stabilité Financière n'est pas suffisant pour venir au secours de pays qui pourraient être attaqués, comme l'Espagne ou l'Italie.       
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>Je ne pense pas que l'on puisse aller vers une conception purement coercitive de l'Europe. L’Europe ne peut pas être un mécanisme de coercition, il faut que l'Europe soit identifiée au progrès.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense qu'il faudrait élargir les missions de la B.C.E. pour que nous ayons une sortie de crise concertée des deux côtés de l'Atlantique, fondée sur ce que l'on appelle &quot;quantitative easing&quot;, la relance monétaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense que l'Europe doit reposer <span style="font-style:italic">in fine</span> sur la responsabilité des États : j'ai toujours été partisan de construire l'Europe à partir des nations, les nations ont une responsabilité, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas une certaine solidarité européenne mais la solidarité européenne ne sera jamais aussi grande que la solidarité nationale.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut quand même que cette solidarité nationale joue d'abord, et l'Allemagne a fait beaucoup pour les länder de l'Est : elle ne peut pas faire pour le Péloponnèse, l'Algarve, la Calabre et d'autres l'effort qu'elle a fait pour le Mecklembourg, le Brandebourg, la Thuringe, la Saxe, etc. C'est tout à fait compréhensible.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je dis que sans croissance, nous ne pourrons pas relever nos finances publiques, parce que pour rembourser la dette, il vaut mieux avoir des plus-values fiscales que des moins-values. Or, la récession, comme en Grèce qui aura perdu 10 points de son PIB, creuse le déficit et accroît l'endettement. C'est une spirale négative. Il faut imaginer un cercle vertueux.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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 	<itunes:subtitle><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "C'est arrivé cette semaine" sur Europe 1, samedi 1er octobre 2011. Il répondait aux questions de Dominique Souchier. Le podcast est disponible ci-dessous]]></itunes:subtitle>
 	<itunes:summary><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "C'est arrivé cette semaine" sur Europe 1, samedi 1er octobre 2011. Il répondait aux questions de Dominique Souchier. Le podcast est disponible ci-dessous]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
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   <title>Pourquoi je serai candidat</title>
   <pubDate>Sat, 25 Jun 2011 15:25:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Campagne présidentielle de 2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans cette brochure de 24 pages, Jean-Pierre Chevènement expose les raisons de sa future candidature.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3081233-4395221.jpg?v=1309007609" alt="Pourquoi je serai candidat" title="Pourquoi je serai candidat" />
     </div>
     <div>
      <b>La France est mal partie. Plus de deux millions d’emplois industriels ont disparu depuis 1983. Notre pays s’est installé dans un chômage de masse structurel </b>(environ 9 % de la population active), <b>désespérant pour sa jeunesse</b>. C’est que, depuis trente ans, notre base industrielle se rétrécit : l’industrie est passée de 30 % à 13 % de la valeur ajoutée. Nos parts de marché, à l’échelle mondiale, se sont réduites (de 5,5 % à 3,6 %). Le déficit de notre commerce extérieur s’est creusé à 51 milliards d’euros en 2010 (un record qui met la France, toutes proportions gardées, dans une situation déficitaire comparable à celle des Etats-Unis).       <br />
              <br />
       Plus grave encore,<b> la France ne maîtrise plus les moyens de l’action économique et politique, ni sa monnaie, ni son commerce extérieur, ni ses flux financiers, ni son droit devenu un droit subordonné.</b> En réintégrant l’OTAN enfin, la France est revenue dans le bercail atlantique, à la remorque d’intérêts qui ne sont pas les siens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Comment en est-on arrivé là ?</b></div>
     <div>
      <b>Cette situation résulte, pour l’essentiel, de choix politiques associant le Parti socialiste et la droite </b>: Acte Unique (1985-1987), traité de Maastricht (1992), pacte de stabilité et de croissance (1997), OMC (1994), traité de Lisbonne (2008), copie conforme du projet de traité constitutionnel rejeté, trois ans avant, par 55 % du peuple français.       <br />
              <br />
       <b>L’adoption de la monnaie unique en réponse à la réunification allemande a été une monumentale erreur </b> de nos classes dirigeantes, toutes tendances confondues : l’euro est un mark-bis. Or, le mark était une monnaie faite pour l’Allemagne, qui dispose d’un fort tissu de PMI exerçant pour la plupart, dans leur spécialité, un monopole technique à l’échelle mondiale. L’euro convient à l’Allemagne mais pas à la France dont les exportations dépendent beaucoup plus des prix. L’euro, cela va sans dire, convient encore moins aux pays sous-industrialisés de l’Europe du Sud. C’est de surcroît une monnaie surévaluée qui écrase notre compétitivité et celle de la plupart des pays européens. On ne peut envisager de  réindustrialiser le pays sans un euro durablement moins cher.       <br />
              <br />
       La crise financière et économique mondiale de 2008-2009 et la crise de l’euro de 2010 viennent sanctionner <b>une autre erreur majeure d’orientation, l’acceptation de la dérégulation néolibérale et le choix de construire l’Europe sans, voire contre, ses nations.</b> L’Europe, dès avant le traité de Lisbonne s’était dotée d’institutions (Commission, Cour de justice) permettant de verrouiller les pays de l’Union au sein de ce modèle. Ces choix mortifères n’ont pu procéder que d’un <b>profond manque de confiance de la France en elle-même</b>, lui-même né du doute issu des malheurs de notre Histoire dans la première moitié du vingtième siècle. <b>C’est cette confiance qu’il faudra restaurer et d’abord pour redresser l’Europe qui a besoin d’une France forte.</b>       <br />
              <br />
       Le capitalisme financier que nous avons laissé s’installer <b>depuis la fin des années 1980 est un système de prédation</b> : il confisque au profit de la sphère financière les bénéfices de l’économie réelle. <b>Ce système qui a explosé en vol en 2008</b> a été ravalé avec l’appui  massif des Etats, c’est-à-dire des contribuables. <b>Mais tout est reparti comme avant</b> : aux Etats-Unis, comme en Europe, les banques ont renoué avec les super profits et avec des bonus extravagants.       <br />
              <br />
       Parallèlement,<b> la crise de l’euro n’a été que reportée par la mise en place de mécanismes de stabilisation insuffisants</b> pour renflouer les pays qui chavirent. Les économies des pays dits « périphériques » sont engagées dans un cercle vicieux de récession, entraînant moins-values fiscales, déficits budgétaires accrus, et explosion de l’endettement public. <b>Les plans d’aide peuvent se surajouter les uns aux autres : ils ne font que reculer l’échéance, dès lors que la tendance récessive de l’économie n’a pas été renversée par une politique de croissance</b> conçue et mise en œuvre à l’échelle européenne, ce que ni l’organisation de l’UE ni la volonté des Etats qui la composent ne permettent aujourd’hui.       <br />
              <br />
       <b>Or, face à ces défis redoutables, quelle est la réaction de ceux qui s’apprêtent à solliciter les suffrages des Français ?</b>       <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy est tétanisé par les marchés financiers : « Si on n’avait pas fait la réforme des retraites et le « 1 sur 2 » dans la Fonction publique, écrit-il, la France ne serait plus notée « triple A », ce qui nous permet d’emprunter à 3,6 %, quand la Grèce emprunte, elle, à 16 %, à échéance de dix ans »1. Comment mieux avouer que<b> la souveraineté nationale est désormais passée dans les mains de « Standard and Poors » ? Le pacte dit « de compétitivité » imposé par Mme Merkel conduit l’Europe et la France dans le mur.</b> La croissance, quand elle subsiste, est trop faible pour permettre le retour à l’équilibre. L’Europe tout entière est emportée dans un déclin accéléré. L’Allemagne elle-même est fragilisée par la crise dans le reste de la zone euro. Sa politique à courte vue l’enferme dans une contradiction insoluble : à quoi bon la recherche de la compétitivité sur les marchés émergents, si la contrepartie est la chute de ses exportations sur la zone euro, où l’Allemagne réalise 60 % de ses excédents ?        <br />
              <br />
       Ce manque de volonté au plan européen se redouble d’un constat d’impuissance au plan mondial. À l’échelle mondiale, les facteurs de crise demeurent : importance des actifs toxiques et du « système bancaire de l’ombre » (le marché des « dérivés » représente 650 000 Milliards de dollars, dix fois le PIB mondial !), déséquilibres macro-économiques loin d’avoir été résorbés entre la Chine et le reste du monde comme entre l’Allemagne et les autres pays de la zone euro. Quant à la réforme du système monétaire international, c’est une affaire de long terme !       <br />
              <br />
       Au quotidien, notre politique reste donc à la merci des marchés financiers, de leurs secousses et de l’appréciation des agences de notation.       <br />
              <br />
       Y a-t-il une probabilité que l’un des candidats socialistes potentiels permette de nous soustraire à la dictature des marchés financiers ? Si on met à part l’évocation par Arnaud Montebourg d’une « démondialisation » dont les modalités restent encore floues, <b>aucun candidat potentiel n’esquisse la moindre autocritique par rapport aux choix du parti socialiste qui ont permis l’installation du capitalisme financier dans notre pays. Le droit d’inventaire, si souvent évoqué, n’a jamais été exercé. La « parenthèse libérale », ouverte en 1983, n’a jamais été refermée</b> ni par François Mitterrand ni par Lionel Jospin. Le « bon bilan » autoproclamé des années 1997-2002 pèse comme un couvercle sur l’esprit critique des dirigeants. C’est pourquoi les candidats socialistes potentiels ont tant de mal à remettre en cause le système de contraintes héritées de choix qu’ils ont avalisés par conformisme et auquel ils devraient immédiatement faire face s’ils revenaient aux affaires : la financiarisation de l’économie qu’a permise l’Acte Unique européen, le libre-échangisme inégal codifié par l’OMC et prêché par son directeur Pascal Lamy, et surtout le système de l’euro qui met l’Etat emprunteur à la merci des marchés financiers. <b>Tout laisse à penser que la tyrannie du « triple A » s’exercerait sur les socialistes comme sur l’actuel Président de la République, faute qu’ils aient élaboré dans leur tête une stratégie alternative. </b>Reconnaissons à leur décharge que l’entreprise est exceptionnellement difficile.       <br />
              <br />
       <b>Le projet socialiste 2012 peut paraître comporter à première vue quelques dispositions méritoires mais il est plus probable qu’il est destiné à fonctionner comme un leurre. Le montant des mesures proposées (de 25 à 100 milliards d’euros, selon les estimations) n’est pas finançable dans le cadre actuel du système de l’euro</b>. De surcroît, une lecture attentive montre que les mesures qui seraient décisives ne sont que timidement évoquées, quand, encore, elles le sont. <b>Le projet socialiste 2012 est muet sur la crise de l’euro. Il n’affronte pas vraiment les problèmes auxquels la gauche victorieuse serait inévitablement confrontée.</b> Et comment croire que la création d’une banque d’investissement pour soutenir l’industrie pourrait être autre chose qu’un faux-semblant, si on ne reréglemente pas la sphère financière et si on ne remet pas en cause les règles européennes sur la libre concurrence et la libre circulation des capitaux ?       <br />
              <br />
       <b>Un candidat crédible à la Présidence de la République française doit pouvoir parler à l’Allemagne (pour le moment celle de Mme Merkel) le langage de la franchise qui est aussi celui de la véritable amitié</b>. Quelles que soient les divergences actuelles sur la politique économique et monétaire, sur le nucléaire et sur la politique en Méditerranée ou sur la défense, les intérêts de la France et de l’Allemagne sont solidaires dans le long terme. Ou bien nos deux pays trouveront le moyen de continuer de concert leur Histoire, ou bien ils sortiront ensemble de l’Histoire, comme l’Egypte antique ou les cités de l’Ancienne Grèce. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Comment parler à l’Allemagne ?</b></div>
     <div>
      L’Allemagne est prise dans une contradiction dont elle doit sortir : elle a fait de la zone euro son marché intérieur. Elle y réalise 60 % des ses excédents commerciaux. Mais dans le même temps, elle vise la compétitivité sur les marchés extérieurs, et cela au prix d’une compression salariale qui, depuis 2000, a déséquilibré presque tous ses partenaires européens. Si tous avaient mené la même politique qu’elle, l’Europe tout entière aurait plongé dans la récession dès 2003. En fait l’Allemagne peut-elle concevoir avec nous un projet d’« Europe européenne » pour le XXIè siècle, ou bien reste-t-elle prisonnière d’un projet national à courte vue ? L’Allemagne croit trouver dans la technologie et la compétitivité sur les marchés émergents un remède à sa démographie vieillissante. Mais y a-t-il une réponse autre qu’européenne à la montée des pays de l’Asie ? L’Allemagne peut-elle séparer son sort de celui du reste de l’Europe ? L’Allemagne a fait l’impasse sur le nucléaire. C’est un pari hasardeux et coûteux. L’Allemagne n’a pas de politique extérieure et de défense qui lui soit propre. Ainsi, la dimension méditerranéenne du projet européen semble lui échapper. Or, les Etats-Unis se détourneront toujours plus de l’Europe. Cette impasse, à long terme, est grosse de périls. Il est capital qu’une bonne entente franco-allemande assure les fondements d’un projet européen cohérent, à l’Est comme au Sud. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>De nouvelles règles du jeu pour la zone euro</b></div>
     <div>
      Dans l’immédiat, il faut donc amener l’Allemagne à revoir ses choix économiques et à accepter la renégociation des règles du jeu de la monnaie unique. C’est un enjeu prioritaire. Les questions à traiter sont <b>d’abord la modification des statuts de la BCE, dont la mission doit être étendue au soutien de la croissance et de l’emploi, à l’intervention sur le marché des changes ainsi qu’au rachat des titres de dettes des Etats sur les marchés financiers ce qui permettrait de casser la spéculation.</b> Il faut trouver un bon compromis entre le principe de responsabilité des Etats inscrit dans les traités, et que l’Allemagne défend à juste titre, et la nécessaire solidarité entre Etats, même si le degré de solidarité, au sein de l’Europe, ne peut pas avoir la même force qu’au sein de chaque nation. <b>Plutôt que d’abonder constamment le Fonds européen de stabilisation financière et de multiplier les « conditionnalités » vis-à-vis des pays déficitaires, ne vaut-il pas mieux élargir le rôle de la Banque Centrale ?</b> Une certaine imprévisibilité de la politique monétaire permettrait de mieux contenir la spéculation que des engagements publics faciles à déjouer. Enfin, il ne faut pas renoncer à <b>reréglementer les marchés financiers</b>, en interdisant certains types de transactions (sur les titres d’assurances, par exemple) aux non-détenteurs des titres de dette concernés. La reréglementation de la sphère financière s’imposera à la prochaine crise. Encore faut-il y être prêt !        <br />
              <br />
       <b>L’Europe doit ensuite pouvoir emprunter pour financer une politique d’investissement et de recherche</b>, ce qui implique la modification des traités européens actuels. Depuis 1994, la Commission européenne parle de financer ainsi un vaste programme d’infrastructures. Mais rien ne se fait, parce que les textes ne le permettent tout simplement pas. Ainsi l’Europe sombre-t-elle dans le psittacisme1 …       <br />
              <br />
       <b>Le plus important est de rompre avec la politique d’austérité à perte de vue qu’entraînerait mécaniquement l’application du pacte Merkel-Sarkozy</b>, dit abusivement de compétitivité. Il est nécessaire de <b>concevoir une initiative de croissance</b> à l’échelle de l’Europe tout entière. Cette initiative pourrait s’appuyer d’abord sur une <b>relance salariale</b> dans les pays excédentaires conjuguée avec une <b>politique de change</b> destinée à faire baisser le cours de l’euro vis-à-vis des principales devises. Nous nous heurterons là à la solidarité objective des Etats-Unis et de la Chine qui ont également intérêt à un euro surévalué. L’expérience historique montre que la réforme du système monétaire international est une affaire de longue durée. Mais certaines mesures correctrices doivent intervenir rapidement pour préfigurer le sens souhaitable de l’évolution.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Réforme du système monétaire international et protection</b></div>
     <div>
      Le yuan est sous-évalué et tant que le déficit de l’Union européenne sur la Chine avoisinera les 200 Milliards d’euros, la première sera fondée à prendre des mesures correctrices. Quant aux Etats-Unis, ils sont tentés de faire baisser le cours du dollar, grâce à leur politique de « planche à billets », pour favoriser à la fois la réduction de leur déficit commercial et leur réindustrialisation. Il est vrai que pour continuer à attirer l’épargne extérieure, ils ne doivent pas trop affaiblir le dollar. Mais rien ne justifie une parité de l’euro avec le dollar supérieure de 20 %, voire davantage, au cours de lancement de la monnaie unique (1,16 dollar pour un euro). Le libre-échangisme actuel est biaisé par des asymétries qu’il faudrait corriger sans tarder (coûts de main d’œuvre – absence d’harmonisation sociale et environnementale – privilège du dollar). Car, comme le disait Keynes, « à long terme, nous serons tous morts » !         <br />
              <br />
       Mais là encore tout laisse penser que le retour à un degré de <b>protection raisonnable</b>, à l’échelle des grandes régions mondiales (Amérique, Asie, Europe) ne pourra intervenir qu’à l’occasion d’une prochaine crise. Encore faudrait-il qu’un éventuel Président de la République de gauche s’y soit mentalement préparé.       <br />
              <br />
       La zone euro ne peut pas rester indéfiniment la lanterne rouge de la croissance mondiale. Elle doit renouer avec le dynamisme de grands projets technologiques, allumer de nouveaux moteurs, rompre avec l’immobilisme qui n’avantage que les rentiers et condamne au déclassement les nouvelles générations. Elle doit affronter sans préjugés la question de l’approvisionnement et de la production énergétiques pour le siècle qui vient.       <br />
              <br />
       C’est tout cela qu’il faut faire entendre à l’Allemagne si nous voulons bâtir une identité européenne qui ait un contenu et à laquelle finalement tous, y compris l’Allemagne, ont intérêt.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un plan B</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3081233-4396311.jpg?v=1309007610" alt="Pourquoi je serai candidat" title="Pourquoi je serai candidat" />
     </div>
     <div>
      <b>Si ce « plan A » qui implique la modification des règles du jeu de la zone euro</b> et l’inversion vers la croissance d’une politique qui pousse aujourd’hui à la récession ne pouvait être mis en œuvre, du fait de l’inertie des milieux dirigeants allemands et de la complicité des élites financières et rentières dans le reste de l’Europe, il faudrait se préparer à de fortes secousses non seulement dans les pays périphériques aujourd’hui sous tente à oxygène (Grèce, Irlande, Portugal), mais aussi dans de grands pays comme l’Espagne, voire l’Italie, ou même la Belgique. Plutôt que d’attendre massivement l’explosion en vol de l’euro, il serait préférable de <b>préparer un « plan B »</b>. Il s’agirait d’abord de <b>transformer l’euro de monnaie unique en « monnaie commune »</b>, valable dans les transactions internationales. Il s’agirait ensuite de ressusciter un SME bis, permettant des ajustements négociés à l’intérieur de fourchettes de parités entre des monnaies nationales rétablies mais uniquement pour les transactions intérieures à la zone euro rénovée. Les pays aujourd’hui asphyxiés pourraient ainsi retrouver une compétitivité raisonnable. La Grèce devrait peut-être dévaluer de 40 % par rapport à l’euro. Celui-ci, redevenu, comme avant 2002, un panier de monnaies continuerait à fluctuer vis-à-vis du dollar, du yen, du yuan, de la livre britannique, etc.       <br />
              <br />
       Cette « politique harmonisée », en vue de sortir du système de la monnaie unique pour y substituer une monnaie commune, éviterait les « dévaluations compétitives ». Elle préserverait un « toit européen ». Elle permettrait surtout l’extension de la zone euro à la Grande-Bretagne, aux pays scandinaves, aux PECO’s qui s’en tiennent, à juste titre, éloignés, mais aussi à la Russie, à l’Ukraine, aux pays de l’Euroméditerranée, etc. Ce serait un système réaliste pour tout le monde, où des ajustements de parité négociés permettraient de corriger les déséquilibres commerciaux excessifs. Le cours de l’euro redeviendrait plus raisonnable. On s’étonne que les responsables des grands pays européens n’aient pas préparé ce « plan B », par prudence d’abord mais aussi par souci bien compris de l’intérêt général des peuples européens. Cécité ? Dogmatisme ? Inféodation à la rente financière et aux couches sociales privilégiées, voire à de « grands intérêts » extérieurs ?  Il y a sans doute une part de tout cela dans l’épais manteau de conformisme qui empêche nos soi-disant « maîtres du monde » de penser le bien public.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Remettre la France sur une pente ascendante</b></div>
     <div>
      Nous nous acheminons ainsi vers de violentes secousses auxquelles les candidats potentiels du Parti socialiste ne semblent pas s’être mentalement préparés. Leur pragmatisme aligné dissimule en fait une insuffisance de réflexion et une absence complète de volontarisme. Qu’attendons-nous donc d’un candidat de gauche pour qu’une victoire, en mai 2012, ne débouche pas très rapidement sur des déceptions et des frustrations qui provoqueraient assez vite la coagulation de la droite revenue à l’opposition et de l’extrême droite maquillée sous les traits de Marine Le Pen ?        <br />
       Non pas des promesses qu’il ne pourrait tenir mais la ferme volonté de remettre la France sur une pente ascendante.        <br />
              <br />
       Que signifie d’abord cette expression « remettre la France sur une pente ascendante » ?       <br />
              <br />
       Des choses simples : <b>réinscrire la France sur un trend de croissance à long terme. Il est impossible de préserver l’Etat social sans un appareil productif capable de le financer.</b> Veiller à sa <b>réindustrialisation</b>, en lui faisant prendre le train de la <b>révolution technologique du XXIè siècle</b> : la révolution numérique, en drainant vers l’industrie notre abondante épargne en reréglementant le secteur bancaire, en faisant en sorte que les multinationales françaises renvoient l’ascenseur, en échange de l’aide multiforme qu’elles reçoivent et investissent davantage sur le territoire national, en suscitant enfin la création et le développement de PMI à haute intensité technologique, sur le modèle allemand. Un tel <b>projet de réindustrialisation s’inscrit dans la perspective d’une démondialisation marchande et financière</b>. Il faut remettre un peu de viscosité dans une économie mondiale imprudemment globalisée et décompartimentée.       <br />
              <br />
       Parallèlement, un Président de la République de gauche aurait l’impérieux devoir d’organiser un <b>nouveau « grand bond en avant » de l’Ecole républicaine</b>, pour réduire de quatre à un l’échec scolaire et donner à la moitié d’une classe d’âge la possibilité d’accéder à un diplôme de l’enseignement supérieur long (50 % donc contre 25 % aujourd’hui), sur le modèle des pays scandinaves ou des pays de l’Asie Orientale. Ce grand bond en avant implique une réforme de la formation des maîtres, une claire priorité donnée à l’école primaire et la réforme des bacs technologiques pour remédier à la panne de l’Ecole qui depuis 1995 ne porte plus que 68 % des jeunes « au niveau du bac ». Sur 500 000 bacheliers chaque année, la moitié seulement est apte à poursuivre des études supérieures longues. Ce « pari sur l’intelligence » est évidemment indissociable du grand objectif de l’Ecole républicaine qui est de former des citoyens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Savoir projeter la France vers le monde</b></div>
     <div>
      La France conserve de grands atouts : la qualité de son peuple, sa démographie, sa position géographique au cœur de l’Europe Occidentale, son ouverture vers l’océan atlantique, la Méditerranée et l’Afrique, ainsi que vers l’Europe Continentale, la modernité de l’idée républicaine qu’attestent les mouvements démocratiques enclenchés en Tunisie et en Egypte, sa langue et sa culture, sa diplomatie mondiale, sa défense et sa dissuasion nucléaire, son épargne abondante (17 % de son revenu, comme l’Allemagne et le Japon), un réseau de firmes mondiales qui la met au troisième rang derrière les Etats-Unis et le Japon, au niveau de la Grande-Bretagne et de la Chine.        <br />
              <br />
       On ne peut pas demander à un candidat à la Présidence de la République un plan détaillé d’action dans l’ordre international. Rappelons que De Gaulle a essayé de 1958 à 1968 plusieurs politiques (vers les Etats-Unis, vers l’Allemagne, vers l’URSS et la Chine). <b>Ce qu’on peut demander à un Président de la République de gauche, c’est un patriotisme profond, un dévouement entier au peuple français, un sens élevé de l’Etat, un mental d’acier pour jouer avec méthode, mais aussi pragmatisme, les atouts de la France.</b>       <br />
              <br />
       Dans la situation actuelle de la France où la plupart de nos choix sont contraints par notre appartenance à l’Union européenne, nous devons influencer celle-ci de manière décisive. La France n’est peut-être plus le numéro un en Europe, ce rôle étant aujourd’hui tenu par l’Allemagne, mais celle-ci a ses faiblesses. Elle a besoin de la France pour donner un vernis européen à sa politique. <b>Nicolas Sarkozy a tort de donner sans conditions ni contreparties la caution qu’il apporte à Mme Merkel pour mettre en œuvre des politiques sans imagination qui ne donnent pas d’autre horizon à l’Europe qu’une austérité à perpétuité.</b> C’est en réalité le choix du déclin, peut-être encore confortable pour nos élites rentières, mais de plus en plus douloureux pour notre peuple et d’abord sa  jeunesse qui subissent un chômage de masse, le creusement d’inégalités scandaleuses et insupportables, la précarité pour beaucoup et un déclassement de plus en plus prononcé. La France a un besoin de croissance d’autant plus impératif que sa démographie est plus vigoureuse que celle de ses voisins.       <br />
              <br />
       <b>C’est cet abandon à un déclin programmé dont il faut inverser le cours</b>, en desserrant progressivement les bandelettes d’un néolibéralisme aujourd’hui en crise et en réformant les textes européens imprégnés de cette philosophie. Comment le faire, sinon en parlant à l’Allemagne, aujourd’hui celle de Mme Merkel, le langage de la franchise que la conscience d’une véritable solidarité de destin autorise ? Entre l’Europe nordique et l’Europe méditerranéenne, nos deux nations remplissent une fonction d’équilibre. Elles doivent s’entendre dans leur intérêt même. Un siècle et demi de guerres les a opposées. Elles ont failli faire chavirer le monde. L’hégémonie européenne n’y a pas survécu. La France se souvient qu’à deux reprises, au XXè siècle, elle a failli périr. L’Allemagne elle-même a payé de son écrasement matériel et moral et d’un demi-siècle de division la folie de ses dirigeants. Nous avons voulu tirer un trait définitif sur cette période. Il est très important que nous sachions ensemble <b>opérer les changements qui s’imposent aujourd’hui : l’Europe ne doit pas être écrasée dans les pinces de la « Chinamérique », cette alliance conflictuelle mais objective de l’Hyperpuissance d’hier et de la Superpuissance de demain. Au contraire, elle doit s’affirmer elle-même comme un pôle, dans un monde devenu multipolaire. Or, cela passe d’abord par une entente profonde de nos deux peuples.</b>       <br />
              <br />
       <b>Il faut donc que le Président de la République française sache parler un langage clair à l’Allemagne, un langage sans arrogance, au contraire, plein du respect que mérite un grand peuple.</b> Les grandes qualités de l’Allemagne, sa discipline même, sa cohésion ne l’autorisent cependant pas à méconnaître l’intérêt général européen. C’est celui-ci qui est à redéfinir à l’aune des réalités mondiales actuelles que nous ne devons pas affronter avec les recettes du passé. L’Allemagne par égoïsme a courte vue commettrait des erreurs aussi funestes que celles qui, à la fin du XIXè siècle ou dans les années trente, ont conduit au naufrage, un naufrage collectif qui a d’abord été le sien. Si nous nous plaçons dans l’horizon des marchés financiers, nous oublierons les peuples. Or, ce sont ceux-ci qui, dans la longue durée, façonnent l’Histoire. Il faut rechercher les arguments qui montrent à l’Allemagne que son intérêt à long terme est dans un changement de cap.       <br />
              <br />
       <b>Il faut donc que le Président de la République française trouve dès aujourd’hui le langage qu’il faut pour parler</b>, non seulement à la Chancelière mais à l’opinion publique allemande et à toutes les forces politiques qui entrent dans le fonctionnement de la démocratie allemande. <b>L’intérêt européen au XXIe siècle est forcément aussi celui de l’Allemagne. Il faut lui en faire prendre conscience par un langage clair et fort. L’Europe ne peut retrouver une croissance forte que si elle est capable de protéger raisonnablement son marché.</b>       <br />
              <br />
       Un candidat de gauche à la Présidence de la République doit commencer à réunir les concours nécessaires aussi dans les autres pays pour <b>réorienter le cours de la politique européenne</b>. Le débat devrait faire rage au sein du PSE (parti socialiste européen). On attendrait du candidat de gauche à la Présidence de la République française qu’il propose <b>la réunion d’une « Conférence européenne » sur les moyens de surmonter la crise et sur la modification des règles du jeu afin de jeter les bases d’un pacte de  prospérité pour l’Europe. Il faut y associer nos voisins, la Russie mais aussi les pays de la rive Sud de la Méditerranée qui ont besoin de notre aide pour réussir leur révolution démocratique.</b>       <br />
              <br />
       Il doit se rendre aux Etats-Unis pour étudier les modalités d’une « sortie de crise par le haut », concertée entre les deux rives de l’Atlantique.       <br />
              <br />
       Il doit également se rendre à Pékin pour refonder notre partenariat stratégique et pour que la Chine prenne mieux en considération  les intérêts des couches salariées dans les anciens pays industriels et les nécessités d’un « juste échange ». Il lui faudra trouver les leviers de négociation nécessaires, en faisant appel aux intérêts à moyen terme de la Chine.       <br />
              <br />
       Bien sûr, Nicolas Sarkozy va se mettre en avant à l’occasion du G20 qu’il préside mais le G20 n’est pas un organe d’exécution. Il n’en sortira pas grand-chose dans l’immédiat. C’est au mieux un forum utile. Certains l’ont décrit comme un « GO » (gentil organisateur). Ce qui sera décisif, ce seront les décisions que les pays de la zone euro pourront prendre entre eux au titre <b>d’un véritable gouvernement économique et monétaire pour reréglementer les marchés financiers, interdire les paradis fiscaux, casser la spéculation, dépoussiérer les textes, relancer la croissance, etc. </b>       <br />
              <br />
       À défaut d’une telle action, c’est le plan B qui s’imposera : une mutation si possible harmonisée de l’euro qui de monnaie unique pourrait devenir monnaie commune. Ainsi la France doit-elle avoir plusieurs fers au feu. Nos partenaires doivent être convaincus que nous ne pratiquerons pas la politique du « chien crevé au fil de l’eau ». Si l’objectif central est bien la réindustrialisation du pays, nous devons être capables de créer pour cela les conditions les plus favorables.       <br />
              <br />
       <b>D’un candidat de gauche à la Présidence de la République, la France est en droit d’attendre non pas un projet tout ficelé mais une large vision, une ligne directrice, une volonté et, bien sûr, une capacité pédagogique. Un cap.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un cap républicain</b></div>
     <div>
      Qui dit pédagogie dit forcément République. Il s’agit, en présentant au débat collectif un projet que puissent s’approprier les citoyens, de créer les conditions qui permettront de battre en brèche la domination des marchés financiers.       <br />
              <br />
       Il faudra donc <b>rappeler le lien entre la République et ses valeurs fondatrices, au premier chef les valeurs d’égalité mais aussi les valeurs de la connaissance, la laïcité, l’Ecole, la Science</b>. Rien n’est plus éloigné de l’idéal républicain que la technophobie ambiante. La République est fille des Lumières. Elle ne doit pas laisser se rompre ce cordon ombilical, comme y inciteraient les tenants d’un nouvel obscurantisme opposant à l’Homme une Nature divinisée. La République rejette donc l’épithète méprisante de « scientiste » que voudraient lui accoler ces nouveaux obscurantistes.        <br />
              <br />
       Il nous faut <b>organiser la transition énergétique</b> pour lutter contre l’émission de gaz à effet de serre et pour préparer l’après-pétrole. Un accord se fera facilement sur la nécessité d’économiser l’énergie. Pour le reste, on ne peut faire l’impasse sur le coût de l’électricité. Le kWh d’origine éolienne est près de deux fois plus cher que le kWh du nucléaire ou du gaz. Le solaire photovoltaïque près de dix fois plus cher, dans l’état actuel de la recherche. Cet écart ne se résorbera pas avant longtemps.       <br />
              <br />
       <b>Le choix du nucléaire est stratégique pour la France</b>. Nous sommes dans cette filière au premier rang mondial. Le choix inverse de l’Allemagne ne modifiera pas ceux de la Chine, de l’Inde et des grands pays émergents. Le Japon lui-même ne remet pas en cause le nucléaire. S’il y a des leçons à tirer de l’accident de Fukushima, dont l’origine est un tsunami géant qui n’avait pas été prévu, c’est la nécessité de maintenir l’industrie nucléaire dans le giron de la puissance publique pour le soustraire à une logique de rentabilité à courte vue, et d’établir l’indépendance des autorités de sûreté.       <br />
              <br />
       Le pari de l’Allemagne sur les énergies renouvelables est un pari hautement aléatoire qui risque de déboucher dans les prochaines années sur le développement de nouvelles centrales à charbon. Il faudra penser à long terme le problème de l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Pour cela, il faudra d’abord que s’instaure un climat de sérénité dans le débat.        <br />
              <br />
       Le choix de maintenir la filière nucléaire au cœur de notre approvisionnement énergétique est capital. C’est un grand atout de la France que nous ne laisserons pas brader. Même élu avec l’appoint des Verts, un Président de la République de gauche doit être capable d<b>’imposer un débat vigoureux sur la politique énergétique de la France</b>, à l’abri du terrorisme intellectuel des antinucléaires et dans le seul souci de l’intérêt national. C’est aussi à cela qu’on jugera s’il peut porter « le destin de la France ».       <br />
              <br />
       <b>La République est ennemie de tout dogme</b> : elle fait confiance aux citoyens, à la lumière de leur seule raison naturelle, pour définir le bien commun. La République est naturellement « enseignante ». Elle doit former des républicains.<b> L’Ecole doit redevenir une priorité budgétaire de l’Etat</b>, avec trois axes majeurs : la formation des enseignants, l’Ecole primaire pour éradiquer l’échec scolaire, l’enseignement supérieur enfin, où doit s’organiser le grand bond en avant rendu nécessaire par les exigences de la compétition mondiale.       <br />
              <br />
       N’oublions pas, cependant, que le projet de la République est aussi un projet philosophique, étroitement lié à ce que Condorcet appelait « les progrès de l’Esprit humain ». L’Ecole républicaine doit former des citoyens. Bien sûr la République est ouverte en permanence au débat, à la remise en cause. Elle est ce régime qui s’est donné la liberté à la fois comme fin et comme moyen.       <br />
              <br />
       À cet égard, il serait bon de remettre au goût du jour ce que Claude Nicolet appelait la laïcité ou la République intérieure, c’est-à-dire à la fois l’esprit de libre examen et l’esprit « juste », attentif à toutes les argumentations. C’est notre héritage et c’est notre meilleur viatique pour affronter l’avenir.       <br />
              <br />
       C’est l’arme la plus efficace pour tenir en lisière les fondamentalismes, les communautarismes et plus généralement le différentialisme qui, sous des apparences généreuses, remet en cause les fondamentaux de la République. La laïcité n’est pas seulement une arène de neutralité. Elle est un état d’esprit. Un acte de confiance en l’Homme.       <br />
              <br />
       De même convient-il d’<b>affirmer avec force la conception républicaine de la nation, fondée sur le consentement et l’adhésion</b>. Ainsi ferons-nous reculer les partisans d’une identité figée, frileuse, contraire à la définition républicaine de la France, aussi bien que les idéologies qui sanctifient la différence au mépris de l’égalité.       <br />
              <br />
       Cette philosophie républicaine a évidemment des conséquences directes sur l’Ecole dont la tâche – transmettre des connaissances et former le jugement - doit être constamment rappelée à ceux qui, à divers prétextes, rabaissent le niveau d’exigence.        <br />
              <br />
       <b>La République a également des implications en matière de sécurité et d’intégration des jeunes nés de l’immigration </b>: la loi républicaine, la même pour tous, doit être intériorisée et respectée par chacun. Ainsi verrons-nous reculer le racisme plus sûrement qu’à travers la discrimination positive ou par le biais d’une judiciarisation de l’espace public. La liberté d’expression est au fondement de la République. Elle doit être défendue contre tous les terrorismes intellectuels, y compris celui du « politiquement correct ». Mais cela suppose des républicains combatifs, capables d’argumenter par eux-mêmes, et de ne pas laisser les adversaires de la République s’ériger hypocritement en victimes.       <br />
              <br />
       <b>L’exigence républicaine est plus que jamais actuelle. Elle commande un combat sur deux fronts : d’abord contre la droite et l’extrême droite</b> « identitaires », contre le racisme, les injustices et les inégalités dont souffrent les jeunes nés de l’immigration, mais aussi contre l’idéologie victimaire – compassionnelle, l’angélisme, la culture de l’excuse, bref contre le différentialisme, souvent plus difficile à combattre car paré des meilleures intentions et qui se manifeste souvent au sein de la gauche elle-même. Ainsi la tâche de la gauche républicaine est difficile mais elle répond seule à l’intérêt profond du pays. Or, comment la gauche pourrait-elle appeler à l’effort et se maintenir au pouvoir si son action ne paraissait pas d’abord inspirée par le souci de l’intérêt général ?       <br />
              <br />
       <b>Un Président de la République de gauche doit ainsi réaffirmer l’identité républicaine de la France</b>. C’est nécessaire à l’intérieur. Mais c’est nécessaire aussi vis-à-vis de l’extérieur. Le monde ne ressemblera plus jamais à celui dominé par l’Europe puis par les Etats-Unis que nous avons connu. Des nations milliardaires en hommes qui sont aussi des civilisations millénaires – la Chine et l’Inde – se sont réveillées. Les nations émergentes, particulièrement en Asie, se sont saisies de la technologie qu’elles maîtrisent désormais aussi bien que nous. Nous entrons dans une phase de l’Histoire où des identités conquérantes apparaissent déjà à l’horizon. Mais nous n’avons aucune raison de ne pas défendre et illustrer notre modèle politique et notre modèle social, y compris dans l’intérêt bien compris des peuples des nations émergentes.       <br />
              <br />
       La seule réponse idéologique que nous pouvons donner est l’affirmation de l’identité républicaine de la France. La France a préexisté à la République. Celle-ci n’est pas née sur une table rase mais elle a refondé notre identité collective. La République est le nom moderne de la France. <b>Le patriotisme républicain qui est l’amour des siens se différencie du nationalisme qui est la haine des autres</b>. La mission pédagogique de la France doit donc s’exercer sans faiblesse.       <br />
              <br />
       C’est en affirmant la conception républicaine de la Nation que nous servirons le mieux la cause des autres peuples et d’abord des peuples européens. Le but pour la France est de faire avancer l’idée d’<b>une Confédération européenne élargie à la Russie, à l’Est, et à l’Euroméditerranée, au Sud</b>. Un Président de la République de gauche doit <b>offrir une perspective de civilisation.</b>       <br />
              <br />
       Remettre la France dans le jeu, en ce début du XXIè siècle, ne peut se faire qu’avec un grand dessein.       <br />
              <br />
       Notre pays a failli périr deux fois au XXè siècle : en 1914-18 et en juin 1940. Il lui faut surmonter le doute qui l’étreint depuis lors. L’Europe que Jean Monnet a voulu faire, essentiellement par le marché et contre les nations, était une idée courte. <b>Le « pari pascalien » de François Mitterrand sur un au-delà des nations appelé « Europe » trouve aujourd’hui ses limites dans les modalités choisies qui la confondaient avec la mondialisation néolibérale. Le moment est venu de les remettre en cause, sans abandonner le grand dessein géopolitique visant à resserrer la solidarité des peuples européens.</b>       <br />
              <br />
       <b>Une nouvelle grande page est à écrire : ni la République ni la France ne doivent disparaître. Elles se sauveront ensemble l’une et l’autre.</b>       <br />
              <br />
       La République parce qu’elle offre à chaque nation le moyen de concilier son legs historique particulier avec les exigences de l’universel.       <br />
              <br />
       La France parce qu’elle est un facteur d’équilibre essentiel pour l’Europe à construire et qu’elle doit rester un phare pour l’Humanité tout entière, encore loin d’avoir su définir, pour chacune de ses nations, un chemin d’universalisation. On pourra discuter longtemps de la nation et de la citoyenneté, de la laïcité et de la sécularisation, de la démocratie et de la République :<b> il est essentiel que la France redevienne une grande nation politique, capable de faire vivre chez elle ses valeurs, pour éclairer le chemin de l’Humanité. C’est cette foi hors du commun qu’on attend du prochain Président de la République française.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/2012/</link>
  </item>

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   <title>Déclaration de Jean-Pierre Chevènement en tant que Président du MRC</title>
   <pubDate>Tue, 24 Mar 2009 15:50:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Je maintiens, en dehors de toute volonté polémique, et contrairement à ce qu’affirme L’Humanité (*), que les organisations regroupées au sein du « Front de gauche » n’ont pas voulu d’un accord acceptable par le Mouvement Républicain et Citoyen.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1287790-1690458.jpg?v=1289480066" alt="Déclaration de Jean-Pierre Chevènement en tant que Président du MRC" title="Déclaration de Jean-Pierre Chevènement en tant que Président du MRC" />
     </div>
     <div>
      Après quatre semaines de discussions épuisantes sur trois textes successifs qui ont été soumis par Francis Parny et que Sami Naïr et moi-même  avons cherché à amender, la discussion a achoppé sur quatre points dont l’un est évidemment essentiel : la souveraineté nationale parce qu’elle donne un point d’appui pour redresser la construction européenne.        <br />
              <br />
       Les autres points (1. refus d’employer le mot <span style="font-style:italic">« croissance »</span> même assorti des épithètes <span style="font-style:italic">« social et écologique »</span> ;  2. refus d’accepter l’expression <span style="font-style:italic">« l’exigence républicaine »</span> ; et enfin 3. exigence d’une régularisation de tous les sans papiers, en dehors de tout critère d’intégration et même <span style="font-style:italic">« dans le cadre d’une stratégie de codéveloppement »</span>), ont révélé que nos interlocuteurs n’avaient pas la volonté d’aboutir. Nous étions prêts à renoncer à l’expression <span style="font-style:italic">« souveraineté nationale »</span> à condition que fût pris en compte l’amendement suivant : <span style="font-style:italic">« On ne construira pas l’Europe sans et à plus forte raison contre les nations qui sont le cadre privilégié</span> [ou premier] <span style="font-style:italic">de l’expression démocratique et de la solidarité »</span>. Cette demande a été rejetée. Nos interlocuteurs ont allégué une <span style="font-style:italic">« souveraineté européenne »</span> qui n’existe pas, ou évoqué une <span style="font-style:italic">« assemblée constituante européenne »</span> dont la réunion n’est pas à l’ordre du jour.       <br />
              <br />
       La composition des listes n’a été abordée qu’à la fin. Nous demandions quinze candidats titulaires sur soixante-neuf. Nos partenaires de négociation nous ont offert neuf candidats titulaires et suppléants sur un total de cent trente huit (69+69). Il n’est pas besoin d’en rajouter.       <br />
              <br />
       Un ralliement piteux n’eût été conforme ni à notre identité ni à notre dignité.  Le but poursuivi par nos interlocuteurs était de « plumer la volaille républicaine » et non de se donner les moyens de redresser la construction européenne en s’appuyant sur la volonté des peuples, à commencer par le nôtre.        <br />
              <br />
       Je le regrette profondément. D’autres échéances se présenteront.       <br />
              <br />
       (*) cf. <a class="link" href="http://www.humanite.fr/2009-03-24_Politique_Le-MRC-refuse-toute-alliance-a-gauche">l'article</a> de l'édition du 24 mars 2009.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1287790-1690458.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Declaration-de-Jean-Pierre-Chevenement-en-tant-que-President-du-MRC_a782.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Le rapport Attali aurait pu être écrit il y a 50 ans</title>
   <pubDate>Thu, 24 Jan 2008 13:08:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, jeudi 24 janvier 2007.     <div>
      Le <a class="link" href="http://www.liberationdelacroissance.fr/files/rapports/rapportCLCF.pdf">rapport Attali</a> aurait pu être écrit il y a 50 ans. Il se serait alors appelé le « rapport Rueff-Armand », rapport d’inspiration libérale qui, depuis un demi-siècle, dort au fond des tiroirs.        <br />
              <br />
       Curieusement, dans ce  rapport censé « libérer la croissance », il n’y a rien sur la monnaie, rien sur l’Europe, rien sur la mondialisation et sur la nécessité d’une protection sélective de nos industries.       <br />
              <br />
       C’est un rapport déconnecté du réel. Il convient à tout le monde à droite et à gauche, du moins au sein de ce qu’Alain Minc appelait le « cercle de la raison » : ceux qui ont tellement intériorisé les contraintes de l’existant qu’ils prennent les chauffeurs de taxi pour bouc émissaire de la crise qui nous vient d’Amérique.... On chercherait en vain dans le  rapport Attali  un mot sur la crise financière et la récession en marche et sur les moyens de l’enrayer. Dommage : Tant de frilosité étonne chez un esprit réputé si inventif.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Le-rapport-Attali-aurait-pu-etre-ecrit-il-y-a-50-ans_a544.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-580091</guid>
   <title>La chute des Bourses modifie les anticipations</title>
   <pubDate>Tue, 06 Mar 2007 19:19:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Un signe qui ne trompe pas. Les conjoncturistes révisent leurs prévisions de croissance à la baisse pour 2007 et 2008. Voilà qui ne facilite pas la tâche du prochain Président de la République mais qui rendra probablement beaucoup plus audibles des propositions comme une initiative de relance en Europe, une politique monétaire plus soucieuse de la croissance, un gouvernement économique de la zone euro.        <br />
              <br />
       En Allemagne, le DGB et le SPD vont se réveiller et la grande coalition à l’approche des échéances de 2009 risque de s’en trouver fragilisée. En France les thèses de Ségolène Royal s’en trouveront renforcées.
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     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.chevenement.fr/La-chute-des-Bourses-modifie-les-anticipations_a249.html</link>
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