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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-18T02:43:51+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie</title>
   <pubDate>Tue, 17 Mar 2015 15:03:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au colloque "L'Après-janvier : plus que jamais la République laïque", organisé par le "Comité laïcité et République", samedi 14 mars 2015.     <div>
      Les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 à Paris comportent une leçon essentielle : ils illustrent  a contrario la pertinence de l’idéal laïc pour nous aider à relever le défi.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>I - La laïcité n’est pas tournée contre les religions. </b>       <br />
              <br />
       Définition de la laïcité : c’est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens (formés par l’Ecole de la République)  à s’entendre sur une idée du bien commun  (« Res Publica »), dans un espace public soustrait à l’empire des dogmes.       <br />
              <br />
       La laïcité n’est pas tournée contre les religions ; il y a une déontologie de l’Ecole laïque qu’on trouve dans la lettre de Jules Ferry aux instituteurs. Ne pas confondre laïcité à l’Ecole et liberté d’expression dans l’espace public. La seule limite à cette liberté c’est le refus de l’appel à la haine. Mais un professeur de dessin, à l’Ecole publique, ne peut caricaturer Mahomet.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Manifestation du 11 janvier 2015 : </span>       <br />
              <br />
       Ce que signifie « Je suis Charlie » : je n’admets pas qu’on porte atteinte à la liberté d’expression » et non  « Je suis sur la ligne éditoriale de Charlie ». Encore moins « Je suis contre l’Islam ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les premières victimes du terrorisme sont les musulmans. Il ne m’appartient pas de dire ce qu’est l’Islam. Il y a de multiples interprétations. L’Islam n’est pas plus incompatible avec la laïcité que ne l’était le catholicisme. Dans leur immense majorité, les musulmans de France y voient une religion de paix et de miséricorde. Le Coran comporte très souvent un appel à la rationalité. Il incite à aller « chercher le savoir jusqu’en Chine ».        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II - Le terrorisme djihadiste est un défi que la République peut relever avec sang froid, sérénité et sur la base de ses principes. </b>       <br />
              <br />
       Ce défi du terrorisme djihadiste se situe à l’intersection des tensions qui traversent notre société et des conflits qui frappent le monde arabo-musulman.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">1. En préalable, ai-je besoin de préciser mon refus de la « culture de l’excuse » ? </span>       <br />
              <br />
       Il y a des pauvres honnêtes et des riches malhonnêtes. Ahmedy Coulibaly n’était pas un enfant abandonné de la République. Rien ne légitime le passage à l’acte terroriste. La loi républicaine s’applique à tous (la loi et l’esprit de la loi) : je prendrai l’exemple de la prohibition des signes religieux ostentatoires à l’Ecole. Faut-il l’étendre à l’enseignement supérieur ? On sait ce que signifie le voile : le choix de l’enfermement communautariste. Qu’il soit porté par des adultes de plus de dix-huit ans ne change rien à l’affaire. Au contraire. Une disposition de loi sur les signes religieux ostentatoires à l’Université ne me gêne pas. Ce n’est pas une démarche ethnocentriste mais l’application du principe de laïcité dans l’espace de la formation de l’esprit. La Cour Constitutionnelle de Karlsruhe vient d’autoriser le port du voile par des enseignantes à l’Université. Laissons à la démocratie allemande le soin de faire en sorte que cette jurisprudence soit réformée. En France le Conseil d’Etat aussi a pu errer en 1989.       <br />
              <br />
       Les Français – je le crois - acceptent les étrangers qui acceptent de faire leur les valeurs et les lois de la République. Ce n’est pas un effort insurmontable.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">2. Il faut assécher le terreau où cette idéologie terroriste mortifère plonge ses racines.</span>       <br />
              <br />
       a) la fracture sociale ; le gouffre du chômage ; l’idéal laïc ne peut que combattre l’intégrisme « ordo-libéral » qui enferme l’Europe dans une stagnation économique à perte de vue.       <br />
              <br />
       b) Les conflits qui frappent le monde arabo-musulman        <br />
       <ul class="list"><li> Un peu de culture historique : les deux réponses du monde musulman au défi de l’Occident ont été :       <br />
       - la réponse modernisatrice (libérale ou socialiste : Wafd, Néo-Destour, nassérisme, Baath, etc.)       <br />
       - la réponse identitaire : Les Frères musulmans créés en 1928, quatre ans après l’abolition du califat.       
       </li></ul><ul class="list"><li> la guerre des Six jours signe la défaite du nationalisme arabe (1967)       
       </li></ul><ul class="list"><li> l’échec ultérieur du processus de paix entre Israël et la Palestine est une blessure jamais refermée.       
       </li></ul><ul class="list"><li> le basculement du centre de gravité du monde arabe vers le Golfe résulte des chocs pétroliers (1973-79).       
       </li></ul><ul class="list"><li> le wahhabisme, le salafisme deviennent « hégémoniques »       
       </li></ul><ul class="list"><li> les ingérences occidentales :       <br />
       - 1990 : la 1ère guerre du Golfe signe la fin de la politique arabe de la France       <br />
       - A l’attaque contre les Twin Towers, (11/09/2001), les Etats-Unis apportent une réponse inepte : en 2003 c’est l’invasion de l’Irak et la destruction subséquente de l’Etat irakien.       <br />
       - Avec l’effondrement de l’Irak et la prise du pouvoir par les Chittes, l’Iran devient la puissance régionale dominante.        
       </li></ul><ul class="list"><li> S’ensuit le conflit chiites, sunnites (2005 : assassinat d’Hariri. Daesch fait main basse sur la partie sunnite de l’Irak.       
       </li></ul><ul class="list"><li> les révolutions arabes débouchent sur une vague islamiste en Tunisie, en Egypte par la voie des urnes. En Syrie aussi, à travers une féroce guerre civile.       <br />
              <br />
              <br />
       Comment faire face ? Retrouver une utopie de progrès partagée ; le binôme France/Algérie peut être structurant pour l’avenir. Il faut saluer les efforts accomplis à partir du voyage de François Hollande à Alger en décembre 2012.        <br />
              <br />
       Le legs diplomatique des Anglo-Saxons dans la politique menée vis-à-vis de l’Orient musulman :        <br />
       - la subordination à l’Arabie Séoudite (et à Israël)  au Proche et Moyen-Orient.       <br />
       - Plus à l’Est, la création du Pakistan, Etat bâti sur la religion.        <br />
              <br />
       N’y a-t-il pas une autre manière, républicaine, d’affronter le défi ?        <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – L’enjeu : la crise de la démocratie.</b>       <br />
              <br />
       Trois crises se télescopent :        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> La crise du monde arabo-musulman       
       </li></ul><ul class="list"><li> Celle du capitalisme financier mondialisé. Une économie casino dominée par les gestionnaires de fonds où les préoccupations du court terme ont relégué à l’arrière plan le souci du long terme. Parallèlement a triomphé l’hyperindividualisme libéral qui dissout la République.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La crise d’une Europe hors sol, pensée en dehors des nations et de la démocratie. Cette conception d’une Europe « substitut » aux nations culmine dans le choix d’une monnaie unique. La crise de la monnaie unique fait ressortir le caractère technocratique des institutions européennes actuelles.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie.</span>       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> L’idéologie dite des « droits de l’homme » (de l’individu seul « sujet de droit ») aboutit à la dissolution du « commun », c’est-à-dire de la politique et des conditions mêmes d’exercice de la démocratie.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La pseudo souveraineté de l’individu aboutit à la dissolution du Peuple (des citoyens « en corps »), de la forme politique de l’Etat-nation, soit au nom de la « gouvernance » (européenne ou mondiale), soit au nom du « droit », voire du « devoir d’ingérence », dans l’ordre international.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous assistons au naufrage de la démocratie comme idéal de maîtrise collective et réfléchie de l’Histoire au nom d’une croyance anhistorique dans l’efficience des marchés.       <br />
              <br />
       La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes.        <br />
              <br />
       C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV – Il faut faire aimer la République</b>       <br />
              <br />
       La République porte des valeurs universelles, même si elle s’appuie sur des nations. La nation est l’espace privilégié de la démocratie et la brique de base de l’internationalisme.       <br />
              <br />
       Faut-il rappeler l’article 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »        <br />
              <br />
       Naturellement la Nation procède de la France. C’est au moment où celle-ci est devenue adulte qu’elle s’est proclamée souveraine. Ce renversement de principe aboutit, trois ans après, à la proclamation de la République. Il y a donc à la fois une césure et un continuum que les fondateurs de l’Ecole publique ont su mettre en scène.       <br />
              <br />
       Si j’explicite ainsi le lien qui unit la République à la France, c’est pour mieux mettre en valeur les conditions du rétablissement de la République.       <br />
       1. On ne peut pas aimer la République quand on n ‘aime pas sa langue et son Histoire. Comme ancien ministre de l’Education Nationale, j’observe :       
       </li></ul><ul class="list"><li> l’abandon de l’étude des grandes œuvres dans l’enseignement ;       
       </li></ul><ul class="list"><li> la disparition de fait, dans les programmes, de l’Histoire de France.       <br />
              <br />
       Or, un pays qui ne s’aime plus ne peut agréger de nouveaux citoyens       
       </li></ul><ul class="list"><li> il faut faire aimer la France à travers sa littérature et le patrimoine des grandes œuvres        
       </li></ul><ul class="list"><li> à travers son Histoire : le peuple qui a fait la Révolution française doit renouer avec un récit national non pénitentiel s’agissant de notre histoire au XIXe et XXe siècles. Il faut mettre en valeur non pas ceux qui ont failli mais ceux qui n’ont pas failli.       <br />
              <br />
       2. Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain – inséparable du combat pour la justice -, en France et dans le monde.  Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même. Hannah Arendt disait : « On n’enseigne que cela à quoi on croit ». Ce n’est pas seulement l’affaire du ministère de l’Education nationale. L’enjeu, c’est la parole publique en tous domaines.       <br />
              <br />
       Que croyons-nous ?        <br />
              <br />
       Non pas contre – certes il le faut – Contre le Front National bien sûr, mais en positif : comment voyons-nous l’avenir de notre société ? Et l’avenir du monde ? De quel projet sommes-nous porteurs ? La laïcité est un combat. C’est celui de la Raison qu’il faut remettre à l’œuvre dans l’Histoire, après trois décennies d’obscurantisme consenti, une histoire qui sera inséparablement la nôtre et celle des autres peuples.       <br />
              <br />
       Enoncer ce défi est une manière d’en prendre la mesure. Comme dit l’adage « Il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port ». Ce cap c’est celui de la République et de la laïcité retrouvées !</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Nous-sommes-confrontes-a-une-immense-crise-de-la-democratie_a1695.html</link>
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   <title>A Bruxelles, on a répondu à Poutine : "Allez vous faire foutre !"</title>
   <pubDate>Fri, 13 Feb 2015 11:10:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1, jeudi 12 février 2015. Il répondait aux questions de Patrick Roger, Catherine Nay, Olivier Duhamel et Serge July.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Partie 1</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> L'accord de Minsk 2 est une victoire du bon sens. C'est aussi une victoire de François Hollande, qui avait entrepris de longue date une sorte de médiation dans cette affaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je m'étais rendu en Russie, au début du mois de mai 2014, pour rencontrer Vladimir Poutine, à la demande de François Hollande, avec une lettre de sa part que j'ai transmise à Vladimir Poutine. Nous avons eu un long entretien, en tête à tête, pour essayer de débroussailler cette question difficile, qu'on aurait pu éviter.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La crise ukrainienne est très largement née d'un mal-entendu. Dans le cadre du Partenariat oriental, l'UE a négocié avec l'Ukraine un accord d'association, c'est à dire de libre-échange, en « oubliant » qu'il y avait déjà un libre-échange entre la Russie et l'Ukraine, que ces deux économies étaient très intriquées, et que tout cela allait poser beaucoup de problèmes compte tenu de la situation financière difficile de l'Ukraine. Poutine m'a dit qu'il était allé en janvier 2014 à Bruxelles, pour demander à voir M. Barrosso, et puis d'autres, et on lui a répondu : « <span style="font-style:italic">Mais cette affaire ne vous regarde pas</span> ». Et je vais vous rapporter quelque chose qui vous surprendra, ce qu'on lui a répondu, c'est : « <span style="font-style:italic">Allez vous faire foutre !</span> ». « <span style="font-style:italic">L'Ukraine est un pays souverain, vous n'avez absolument rien à voir dans la négociation d'un accord d'association entre l'UE et l'Ukraine</span> ». </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur le dossier ukrainien</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Il y a un accord qui a été négocié. L'UE a mis 560 millions de dollars sur la table, les Russes 15 milliards, un rabais du prix du gaz, et Yanoukovitch, président de l'Ukraine à ce moment là, qui a très mauvaise réputation, mais enfin qui a quand même été élu, a dit qu'on allait reporter l'accord avec l'UE pour regarder un peu ce qu'il y a dedans. J'observe qu'aujourd'hui on a reporté à la fin-2015 la mise en œuvre de cet accord, qui pose évidemment beaucoup de problèmes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Peu de gens (parmi les élites) connaissent les problèmes de l'Ukraine. La plupart ne savent même pas situer l'Ukraine sur une carte ! Ils ne savent pas que c'est un pays hétérogène, dont la partie occidentale a appartenu à l'Autriche-Hongrie avant 1914, à la Pologne avant 1939, tandis que l'est faisait partie de la Russie comme la Franche-Comté de la France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe ne doit pas se construire contre la Russie. Quiconque connaît le peuple russe sait que c'est un peuple européen, que la Russie apporte beaucoup à la culture européenne.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je me réjouis de l'initiative commune franco-allemande, remarquable, d'autant plus que jusqu'à maintenant, la France et l'Allemagne n'ont pas vraiment tiré ensemble dans la même direction.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a des gens qui voudraient ressusciter la Guerre froide, parce qu'ils n'ont pas de culture. Ils sont les héritiers d'une façon de voir, et puis si on raisonne en géopolitique, il y a des gens pour qui l'Ukraine a quelque chose de spécifique. Brezinski, qui a été un conseiller de Carter, et qui reste une personnalité influente aux USA, a écrit dans un livre de 1998 que, pour empêcher la Russie de redevenir une grande puissance, il fallait soustraire l'Ukraine à son influence. Il a un peu changé d'avis aujourd'hui. Mais j'observe qu'il y a les révolutions de couleurs, la Révolution Orange en 2004, qu'en 2008 les USA de Bush voulaient faire entre l'Ukraine dans l'OTAN – la France et l'Allemagne s'y étaient opposées... </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Partie 2</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le dossier ukrainien (suite)</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Ma rencontre avec Poutine en mai 2014 avait aussi pour objet de préparer sa venue en France, à l'occasion des célébrations de commémoration du Débarquement, et notamment sa rencontre avec Porochenko – c'est le format Normandie, qui s'est imposé progressivement, et qui hier a obtenu des résultats remarquables.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je me suis rendu depuis à Moscou, quand c'était utile. J'y suis allé au mois de septembre pour voir le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine. Je m'efforce, en tant que représentant économique de la diplomatie française en Russie, de développer nos échanges avec la Russie. C'est 9 milliards d'exportations pour nous en 2012, le seul marché du monde avec Singapour où la France a gagné des parts de marché depuis 2000, où il y a des enjeux stratégiques colossaux.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Pourquoi l'accord a abouti ? Je pense qu'il y avait la volonté de François Hollande de ne pas laisser entrer l'Europe dans un processus de Guerre froide. Les Allemands étaient plus partagés, malgré leurs considérables intérêts économiques en Russie, parce qu'ils sont également soumis aux pressions des États-Unis.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Après la tentative d'adhésion à l'OTAN, il y a eu la tentative d'accord d'association, les événements de Maiden, qui peuvent être vus comme une révolution, si on se place du côté européen, et comme un coup d'Etat si on se place du point de vue russe... N'est-il pas idiot de vouloir enfermer l'Ukraine dans un choix impossible : l'Europe ou la Russie ? L'Ukraine est entre la Russie et l'Europe !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les sanctions ont un effet très rude sur la Russie, mais aussi sur nous. Nos exportations vers la Russie vont diminuer de 3 milliards, ce qui n'est pas tout à fait négligeable quand on a un déficit commercial de 53 milliards. Cela dit l'effet des sanctions est bien moindre que l'écroulement des prix du pétrole, passé de 115$ le baril au mois de juin à 55 aujourd'hui. C'est 35% du PIB russe, la moitié des recettes fiscales, 60% des exportations russes, c'est donc une variable fondamentale, et Poutine est obligé de tenir compte de tout cela.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut écouter la Russie, prendre en compte ce qu'elle dit, si on veut construire une grande Europe. Avoir avec un partenariat avec la Russie, c'est l'intérêt de tous les européens, c'est le bon sens.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Peut-être qu'il vaut mieux dépendre de la Russie pour le gaz que du Qatar, enfin ça se discute !       
       </li></ul><ul class="list"><li> François Hollande a montré beaucoup de détermination, beaucoup de conviction dans cette affaire là. Il a obtenu ce résultat, ces accords, il faut le mettre à son actif. C'est un homme très calme, et ce sang froid, cette sérénité a été apprécié en cette circonstance, et aussi au début de l'année au moment des attentats, et cela n'empêche pas la détermination.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <b>Partie 3</b>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Je ne m'exprime pas sur l'affaire DSK. Cela ne m'intéresse pas.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Après les attentats</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Vous l'avez peut-être lu, un philosophe allemand, Peter Sloterdijk, a dit qu'il avait été surpris par la capacité du peuple français à se lever, à faire bloc, à montrer que la République était une idée toujours vivante. Et venant de Sloterdijk, qui n'est pas tendre pour la France en général, et bien c'est tout à fait étonnant de voir son admiration pour la dignité du peuple français, sa volonté de vivre dans un pays où l'on peut dire ce que l'on veut.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Cette réaction du peuple français est formidable. Elle nous a donné une visibilité mondiale, qu'on ne croyait plus avoir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La République ne passe pas par les gènes. La république est une création politique, très politique, de la France, qui est devenue une nation et qui s'est considérée ensuite comme une République.  C'est tout un corps de règles, c'est une communauté de citoyens, cela passe par la séparation de l’Église et de l’État, la laïcité, le vivre-ensemble, le respect des opinions de l'autre, mais en même temps l'écoute, la confiance faite à la raison naturelle pour s'entendre sur ce qu'est l'intérêt général. Bref, un code très élaboré.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La République ne demande pas que l'islam s'adapte à la mentalité française, mais que l'islam soit compatible avec la République, tout simplement, qu'il respecte la séparation entre le domaine du religieux, de la croyance, de la transcendance, et puis la sphère publique, qui est la sphère du débat, la sphère civique. On peut être Français et musulman sans aucun problème si on accepte cela.         
       </li></ul><ul class="list"><li> Il ne faut pas vivre cet événement dans le temps de la communication qui est celui du court terme. Il faut avoir une vision stratégique. L'intégration de jeunes générations, venues d'ailleurs, à la République et à la France, c'est probablement l'affaire de une, deux, trois générations. Je recommande beaucoup de calme, de sang froid, une vision à long terme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> D'abord, il faut savoir qui nous sommes. Nous sommes la France, la nation, la République,  mais la République comme communauté de citoyens, sans distinction d'origine. Nous devons d'abord avoir la fierté de ce qu'est la France, de notre histoire, sans la laisser polluer par des repentances souvent injustifiées. Un pays qui s'aime peut agréger ; un pays qui se débine tous les jours n'aspire aucun attrait.         
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce n'est pas incompatible de dire que ces manifestations ont été un sursaut, mais que le pays connaît des difficultés. La production industrielle est 15% en dessous de son niveau de 2007, c'est une réalité. Mais il n'y a pas que cela : il y a de moins en moins de suicides, d'homicides, on ne le dit jamais !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que les problèmes de l'islam doivent d'abord être traités par les musulmans. La fondation Res Publica, que je préside, va organiser un colloque intitulé « stratégies de déradicalisation ». Comment peut-on aboutir à cela ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les institutions représentatives du culte musulman sont critiquées, mais il faut laisser aux choses le temps de se faire. C'est moi qui ait lancé la consultation sur l'islam de France, en 1999. Cela a été repris par Nicolas Sarkozy qui a créé le CFCM. Cela n'a pas donné des résultats mirobolants jusqu'à présent, mais le problème de la construction des mosquées, par exemple, a été quasiment résolu.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On avait évoqué une fondation créé par des entreprises privées travaillant avec des pays de tradition musulmane pour le financement, cela ne s'est pas fait par manque de volonté politique. Et même chose pour la formation des imams : ça a fini par se faire, à Strasbourg – je l'avais suggéré à l'époque – mais à une beaucoup trop petite échelle. J'avais suggéré un Institut des Hautes Etudes Musulmanes, cela n'a pas été suivi des faits, parce que je me suis heurté à un certain nombre de blocages. Mais ces idées feront leur chemin. Et je suis absolument persuadé que nous allons réussir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je préfère le terme d'intégration à celui d'assimilation. L'assimilation se réfère à une identité figée, immobile. J'avais confié une mission à Jacques Berque en 1985 à ce sujet, un rapport public intitulé « l'immigration à l'école de la République ». Jacques Berque me disait que la France a une identitié qui a évolué lentement : des apports italiens au XVIe et XVIIe siècles, espagnols, anglais, allemands, maintenant arabes... Cette identité est évolutive. Donc n'employons pas le mot assimilation, n'employons pas non plus le mot insertion, qui donne l'impression que c'est une gousse d'ail dans le rôti, employons le mot intégration. Intégration, ça veut dire que la France garde une identité structurée. Sa personnalité peut changer au fil des siècles, mais elle reste structurée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France n’intègre pas aujourd'hui, mais c'est d'abord sa responsabilité. Elle ne s'aime pas. Son histoire, elle ne l'enseigne plus. Son récit national est brisé. Il n'y a pas une lecture cohérente  de notre histoire au XXe siècle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France doit résoudre ses problèmes d'emplois, qui touchent beaucoup de jeunes.         
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Partie 4</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la fusion Alstom/GE</span>       <br />
       <ul class="list"><li> J'avais salué l'accord intervenu entre Alstom et General Electrics, sur le rachat de la branche énergie d'Alstom, que j'avais trouvé équilibré, au mois de juin. Cet accord prévoyait la création de trois co-entreprises. Mais, l'information m'est venue à l'oreille que le partage dans ces co-entreprises n'était pas tout à fait 50/50, entre Alstom et GE : GE a une ou deux actions de plus, notamment dans la filiale stratégique qui concerne les turbines à vapeur et les turbines nucléaires. Je me suis intéressé d'un peu plus près à l'affaire, je suis allé voir Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, il y a quelques jours, j'ai pris connaissance du fond du dossier, que je connaissais pas, en particulier des annexes en Anglais, et je me suis aperçu qu'en effet, dans l'accord initial, il y avait ce petit déséquilibre qui entraîne de gros déséquilibres dans la gestion.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je considère que la présentation qui avait été faite de l'accord au mois de Juin n'était pas exacte. Les pouvoirs publics ont présenté cet accord comme étant équilibré, et je pense qu'il n'est pas si équilibré que cela, même si l’État conserve un droit de veto sur certaines décisions. Je suis en train d'étudier ce dossier, qui est épais, et il y a des points qui me paraissent obscurs, notamment s'agissant de la propriété de la turbine Arabelle : est-ce que la licence appartient à une entité française, où à une co-entreprise ? Ce point n'est pas clair.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Emmanuel Macron m'a reçu avec franchise et nous sommes en train de travailler pour que les intérêts du pays soit le mieux possible préservés. La turbine Arabelle est une énorme turbine que nous exportons à la Chine, à la Russie. Il faut être sûr qu'à un moment donné il n'y aurait pas de conflits d'intérêts avec les États-Unis.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Loi Macron</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La loi Macron est très complexe parce qu'elle touche a des sujets très divers. Soutenir l'investissement, c'est bien. Mais sur le travail le dimanche, j'ai toujours été réticent.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Front National et Europe</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le taux de chômage est de 13,5% dans la 4ème circonscription du Doubs, l'une des plus ouvrières de France. Peugeot est le premier employeur de la région. L'Etat a fait quelque chose de bien pour Peugeot, en montant au capital pour équilibrer l'arrivée des chinois de Dongfeng.        
       </li></ul><ul class="list"><li> En même temps, il faut le dire, la montée du chômage n'est pas enrayée. Pour moi, la monnaie unique est un choix eronné. Je ne suis pas contre l'Europe, je tiens à le préciser. Je crois en la solidarité croissante des nations européennes. Mais je pense que le fait d'avoir voulu la même monnaie pour des pays aussi différents que l'Allemagne et la Grèce, cela ne marche pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que l'échec de l'euro fait voter FN parce que cela ralentit beaucoup la croissance de la France, et depuis très longtemps. Au temps de M. Balladur, quand nous sommes restés accrochés au Deutsche Mark, alors que toutes les autres monnaies européennes dévaluaient, en 1993, M. Sarkozy était ministre du Budget, notre endettement est passé de 32% du PIB en 1991 à 58% en 1997. L'histoire de l'endettement de la France tient beaucoup à nos erreurs de politique monétaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La monnaie unique empêche une flexibilité qui est la règle partout dans le monde, et notamment entre les pays du Nord et Sud de l'Europe, qui n'est pas la même. Alors, ou on redresse la compétitivité défaillante de ces pays par des plans de dévaluation interne, en réduisant les salaires, les retraites, la protection sociale, et on a vu l'échec que cela donne en Grèce, en l'Espagne... ou bien on essaye de penser plus finement et introduire des clauses de flexibilité monétaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ces réformes monétaires sont difficiles parce que nos amis Allemands sont ce qui sont, leurs incontestables qualités qui sont aussi des défauts quelque fois : leur orthodoxie ordolibérale est excessive, et notamment vis-à-vis de la Grèce. Il faudrait donner à ce pays un peu de souplesse pour lui donner le temps de récupérer. Je pense que ce serait bon aussi pour la France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si les ouvriers sentaient qu'il y avait des repères sûrs dans l'Etat, le pays, etc, ils redresseraient la tête, ils auraient davantage confiance, et plutôt que d'égarer leur confiance à Marine le Pen, ils l'apporteraient à des républicains anthentiques.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/A-Bruxelles-on-a-repondu-a-Poutine-Allez-vous-faire-foutre-_a1691.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Le récit national a été brisé"</title>
   <pubDate>Tue, 03 Feb 2015 19:08:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement pour La Vie, le 3 février 2015. Propos recueillis par Pascale Tournier et Henrik Lindell.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7423645-11437459.jpg?v=1422987788" alt=""Le récit national a été brisé"" title=""Le récit national a été brisé"" />
     </div>
     <div>
      <b>La Vie : Depuis les attentats à Paris, on reparle plus que jamais des valeurs républicaines, du besoin de sécurité et de la cohésion nationale. Aviez-vous raison avant tout le monde ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> J'ai toujours mis l'accent, dans les fonctions que j’ai exercées, sur le civisme, la cohésion sociale et nationale qui vont de pair. Les positions que j’ai prises sur l'école, la sécurité, une politique européenne engendrant une croissance continue du chômage, la montée des communautarismes, anticipaient de deux ou trois décennies...       <br />
              <br />
       <b>Les attentats révèlent-ils un manque de cohésion nationale ?</b>       <br />
       Ces attentats sont le fait de gens qui sont nés et ont été élevés en France, mais qui ne se sentent pas Français. Bien sûr, il y a une résonance entre, d’une part, les plaies de la société française comme le chômage des jeunes et la délinquance, et, d'autre part, les conflits du Proche et Moyen-Orient. Mais cela n’excuse rien. Quand on voit le parcours d'Amedy Coulibaly, on découvre qu'il avait un BEP maintenance de l'audiovisuel, qu'il travaillait et qu'il avait un salaire de plus de 2000 euros par mois. Il ne faisait pas partie des jeunes les plus déshérités, loin de là. Il y a donc une dimension idéologique prépondérante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Le service civique est-il une réponse ?</b>       <br />
       En partie. J’ai regretté la suppression du service national par Jacques Chirac en 1996. Je vous rappelle que ce service comportait plusieurs volets : le service militaire (qui représentait à peine la moitié du service national) et différentes formes de service dans les hôpitaux, la lutte contre les incendies et d'autres missions d'intérêt général. Selon moi, on aurait dû les développer. Les besoins ne manquent pas.       <br />
              <br />
       <b>Et aujourd'hui ?</b>       <br />
       Je suis favorable au rétablissement d’un service national obligatoire de deux à trois mois, avec un volet militaire pour ceux qui souhaiteraient ensuite souscrire à un volontariat, « service long », ou un engagement de cinq ans. Pour acquérir les rudiments, deux à trois mois suffisent. Ce peut être utile pour l’avenir...       <br />
              <br />
       <b>Mais comment résoudre cette équation, alors qu'on est dans une logique de réduction des déficits ?</b>       <br />
       C’est impossible dans la logique actuelle. Et la prise de conscience par les Européens des dangers de l’islamisme radical est insuffisante. Parmi les réponses qu'a pu apporter récemment le gouvernement figure notamment le renforcement du statut des professeurs... Sur l'école, Najat Vallaud-Belkacem a trouvé le ton juste pour parler de l'autorité des maîtres. La plupart des ministres de l'Éducation nationale n’ont pas accordé à l'éducation civique et à l'Histoire la place qu’elles méritaient. Plus généralement, l'école a suivi une pente laxiste, au prétexte de « pédagogisme ». Or la clé, c'est l'école et particulièrement la formation et l’autorité des maîtres. Il lui revient de remédier à cette sécession morale et civique qui existe chez certains jeunes par rapport à la République et à la France.       <br />
              <br />
       <b>« Sécession », que voulez-vous dire ?</b>       <br />
       Ignorance mais aussi rupture. Il faut revenir à la transmission des connaissances et des valeurs et notamment à l'enseignement de l'Histoire de France. Nous sommes passés de l’infatuation à la repentance. C’est excessif. Comment intégrer à la France des jeunes venus d’ailleurs quand notre pays passe son temps à se dénigrer ? Quid de la lutte contre les inégalités dans les quartiers défavorisés ? J’ai été maire pendant plus de vingt ans. La politique de la ville est nécessaire mais elle ne suffit pas. Le problème est social et aussi culturel : il faut casser l’omerta – la loi du silence – qui pèse sur certains quartiers, et pour cela faire prévaloir le civisme sur le communautarisme.       <br />
              <br />
       <b>Vous dites parfois que les religions jouent un rôle d’élévation morale</b>.       <br />
       Oui. Elles ont contribué à l’éducation et à l’élévation morale de l’humanité. C’est incontestable. C’est vrai du christianisme mais aussi de l’Islam. Celui-ci a apporté une haute idée de l’égalité entre les hommes. L’islam est la deuxième religion de France. En 1999, j’ai voulu favoriser un islam de France compatible avec la République, avec des lieux de culte dignes. Ce qui laisse à désirer, c’est la formation des imams, leur connaissance du français et de la société française.       <br />
              <br />
       <b>Pour la gauche au pouvoir aujourd'hui, l'idée de la nation n'est pas toujours promue. Comment la définiriez-vous ?</b>       <br />
       Quand je mets en avant la nation, il s'agit bien évidemment de la nation politique, de la communauté des citoyens. Elle s’oppose à la nation de souche, ethnico-culturelle, qui avait été théorisée en Allemagne au XIXe siècle. Les Allemands eux-mêmes en sont revenus, puisqu’ils ont instauré le droit du sol en 1999. La nation républicaine, c’était déjà le thème illustré par Renan en 1889. Elle est fondée sur la volonté et sur l’adhésion. Elle transcende les différences ethniques et religieuses et s’oppose aux communautarismes. L’opinion publique française, après la Première Guerre mondiale, s’est tournée vers les grandes idéologies transnationales : vers Moscou et le bolchévisme ; vers Rome et le fascisme ; puis vers Berlin et le nazisme. Certains ont pensé que l’avenir était là et non plus dans la nation française. Le récit national a été brisé. En France, malgré l’effort de Charles de Gaulle pendant les années 50 et 60, le balancier est reparti dans le sens d'une idéologie transnationale : une Europe qui au lieu de se bâtir dans le prolongement des nations entend se substituer à elles. Je propose de ramener le balancier à un niveau plus juste. Nous avons besoin d’une histoire de notre pays qui ne soit pas un sujet de honte ou d’opprobre, mais qui ressuscite une certaine estime de soi sans laquelle aucun peuple ne peut avancer.       <br />
              <br />
       <b>La victoire de Syriza en Grèce, la saluez-vous ?</b>       <br />
       Oui, bien sûr, mais je mets en garde contre les illusions qu'elle peut comporter. S'il s'agit seulement d'obtenir un rabais de sa dette pour la Grèce, on fera fausse route. Cette victoire doit permettre de poser le problème de l'Europe dans son ensemble, et donc celui de la monnaie unique. Si elle permet de remettre en cause des politiques d'austérité en introduisant de la flexibilité dans le système trop rigide de l’euro monnaie unique, elle aura vraiment fait avancer les choses.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lavie.fr/actualite/france/pour-jean-pierre-chevenement-le-recit-national-a-ete-brise-03-02-2015-60144_4.php">LA VIE</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Le-recit-national-a-ete-brise_a1688.html</link>
  </item>

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   <title>"Comment éviter l'éclatement sauvage de la zone euro"</title>
   <pubDate>Mon, 02 Feb 2015 11:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro, le 31 janvier 2015. Propos recueillis par Vincent Tremolet de Villiers et Anne-Laure Debaecker.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7414660-11422771.jpg?v=1422872185" alt=""Comment éviter l'éclatement sauvage de la zone euro"" title=""Comment éviter l'éclatement sauvage de la zone euro"" />
     </div>
     <div>
      <b>LE FIGARO : Que vous inspirent les résultats des élections en Grèce ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre CHEVÈNEMENT :</b> C'est un problème européen et ce n'est qu'accessoirement un problème grec : une telle secousse politique aurait pu se produire en Espagne, au Portugal ou ailleurs. Un pays qui perd 25 % de son PIB en cinq ans et dont 50 % des jeunes sont au chômage est forcément amené à réagir. Syriza n'est pas un parti, c'est un rassemblement dirigé par des universitaires dont l'esprit est celui du mouvement Attac. Leur victoire traduit un sentiment de dignité blessée dans le peuple grec. La question qui se pose maintenant est de savoir qui va payer.       <br />
              <br />
       <b>Qui ?</b>       <br />
       La dette grecque, qui est détenue pour l'essentiel par les États européens, soit directement, soit indirectement à travers le Fonds européen de stabilité financière (FSF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES), s'élève à un peu plus de 220 milliards d'euros. Les créanciers sont les contribuables, d'abord de l'Allemagne pour 73 milliards, de la France pour 55, de l'Italie pour 48 et de l'Espagne, pour 33 milliards. Toute remise de dette à la Grèce va provoquer des réclamations de la part d'autres pays : Espagne, Italie, Portugal...       <br />
              <br />
       <b>Que faire ?</b>       <br />
       La voie la plus raisonnable serait celle qui nous acheminerait vers une monnaie commune européenne.       <br />
              <br />
       <b>Sortir de la monnaie unique ?</b>       <br />
       Le fonctionnement de la monnaie unique entraîne une polarisation de la richesse à une extrémité, l'Europe du Nord, et du sous-développement à une autre, l'Europe du Sud. En l'absence de transferts massifs, inenvisageables compte tenu de leur ampleur (environ 10 % du PIB annuel pour les pays, les plus riches de façon à ce qu'une véritable péréquation puisse s'établir) la monnaie unique est non viable. On peut acheter du temps, c'est ce que fait M. Draghi, mais arrivera un jour où certains pays, notamment l'Allemagne, ne voudront plus payer. C'est également le cas de la France, qui ne dit rien parce qu'elle est aveuglée par l'idéologie. Mais les Allemands sont autrement vétilleux dès lors qu'il s'agit de leur portefeuille. Par conséquent, la bonne solution serait de faire un euro-drachme. Et, pour rétablir la compétitivité des pays en difficulté, de recréer des subdivisions nationales : euro-lire, euro-peseta, etc., pour faire l'économie de dévaluations internes excessivement douloureuses qui ancrent l'Europe dans une stagnation de longue durée. Une monnaie, c'est fait pour un pays.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Rares sont ceux qui proposent cette porte de sortie...</b>       <br />
       Je reconnais que les esprits ne sont pas encore mûrs pour choisir cette solution à la fois viable et européenne. Nous irons donc vers un moratoire de quelques années sur une partie de la dette grecque et sur un rééchelonnement de l'ensemble, mais les difficultés n'auront été que repoussées.       <br />
              <br />
       <b>L'euro baisse...</b>       <br />
       Il faut subordonner la solution des problèmes européens au retour de la croissance. La chute de l'euro par rapport au dollar peut aider au retour de la croissance, mais n'oublions jamais qu'elle est plus le résultat d'un dollar fort que de la politique de M. Draghi. Est-ce que la politique de la Fed va se maintenir dans les prochaines années ?       <br />
              <br />
       <b>Le risque d'une sortie de l'euro est considérable...</b>       <br />
       J'ai employé, à ce sujet, la métaphore de l'avion dont on ne saute pas sans parachute : on essaie de gagner le poste de pilotage pour le faire atterrir en toute sécurité. C'est la raison pour laquelle je préconise un débat de fond. Nous sommes obligés de choisir entre les inconvénients. Celui du système actuel : une stagnation de longue durée avec déjà 3,5 millions de chômeurs plein et d'une désindustrialisation continue. En 2014, notre compétitivité s'est encore détériorée : nous sommes à 12,3 % des exportations de la zone euro, alors qu'en 2000, nous étions à plus de 16 %. Comment la France pourrait-elle financer notre défense à terme si la base productive continue à se réduire ? Comment maintenir un modèle social avancé avec une production durablement stagnante alors que le nombre d'inactifs ne cesse de croître ?       <br />
              <br />
       Nous avons donc le choix entre l'inconvénient de la monnaie unique et l'invention de formules innovantes et forcément risquées.       <br />
              <br />
       <b>Comment faire pratiquement pour sortir de la monnaie unique ?</b>       <br />
       Cela suppose une concertation entre pays européens et d'abord un accord entre la France et l'Allemagne. C'est ce que je propose pour éviter un éclatement sauvage de la zone euro. La France ne doit pas prendre la responsabilité de quitter la zone euro, mais faire des propositions pour l'adapter, la réformer, y introduire de la flexibilité. Elle doit faire comprendre le bien-fondé de cette position. Je pense qu'elle trouvera des échos dans de nombreux pays, et pas seulement dans ceux du sud de l'Europe, mais aussi dans les pays du Nord comme l'Allemagne qui ne veulent pas sacrifier leur compétitivité à une mutualisation des dettes.       <br />
              <br />
       <b>A-t-on suffisamment poussé l'intégration européenne ?</b>       <br />
       Le saut fédéral implique des transferts considérables entre des pays dont le revenu par tête tourne autour de 40 000 euros par habitant et des pays qui sont à 12 000 dans la meilleure hypothèse. Des économistes allemands ont indiqué que dans une vraie fédération pour égaliser les prestations sociales, faire en sorte que tous payent les impôts de la même manière, il faudrait que l'Allemagne transfère chaque année 10 % de sa richesse soit 300 milliards d'euros et la France 200 milliards. Où les trouver ?       <br />
              <br />
       Il y a un très grand irréalisme dans ce parti pris fédéraliste, or on fait de la bonne politique à partir des réalités. Je me sens beaucoup plus européen que les idéologues qui veulent construire une Europe dans les nuées au lieu de partir des réalités qui sont d'abord nationales.       <br />
              <br />
       Donc l'épisode grec fera mûrir les solutions. Est-ce qu'il les permettra ? C'est un peu tôt. Mais il peut permettre des bonds conceptuels. Car nos élites de droite et de gauche, associées dès le début à une politique sans sens ont de la peine à reconnaître leur erreur initiale.       <br />
              <br />
       Depuis le premier matin, ce système a un péché originel, et le péché originel, on ne s'en débarrasse jamais ! Sauf à mettre le système à la réforme...       <br />
              <br />
       <b>L'élection grecque peut-elle avoir un effet de propagation dans d'autres pays ?</b>       <br />
       Le rejet des politiques d'austérité existe ailleurs mais comment en serait-il autrement ? On a voulu réduire drastiquement les déficits avant d'avoir rétabli la croissance.       <br />
              <br />
       Les États-Unis, eux, avaient un déficit de 9 % de leur PIB il y a quelques années. Aujourd'hui, ils sont à 2,6 %. Ils y sont parvenus en rétablissant la croissance à 4,5 %. L'Europe a fait l'inverse. Le niveau de la production stagne en Europe et est inférieur aujourd'hui à ce qu'il était en 2007.       <br />
              <br />
       Le système de la monnaie unique, bien loin de rapprocher les peuples, les divise.       <br />
              <br />
       <b>Le clivage souverainiste/fédéraliste va-t-il remplacer le clivage droite/gauche ?</b>       <br />
       Tsipras, en réalité, est aussi fédéraliste : il veut rester dans la zone euro, mais ne veut pas les obligations qui en résultent. Ce que vous dessinez est une ligne de fracture entre ceux qui acceptent la ligne Merkel, c'est-à-dire la conjugaison de plans d'austérité simultanés dans tous les pays européens, et ceux qui essayent de penser à partir des réalités nationales, une Europe qui priorise la croissance.       <br />
              <br />
       <b>Les attentats qui ont frappé la France l'ont aussi transformée...</b>       <br />
       Le 11 janvier a été une manifestation de résistance, de dignité. Il a exprimé le refus de céder sur les principes et la volonté de vivre dans une société fondée sur la liberté. Les gens n'ont pas manifesté pour la ligne éditoriale de Charlie Hebdo mais pour dire leur attachement à un mode de vie, à une civilisation, à ce qu'on appelle la République. Le président de la République a su offrir le visage de la France dans l'épreuve, et le premier ministre a trouvé les mots qu'il fallait.       <br />
              <br />
       <b>Que faire maintenant ?</b>       <br />
       Notre problème, ce sont les ratés de l'intégration. Mais comment peut-on intégrer les jeunes nés de l'immigration à un pays qui se débine en permanence et qui n'enseigne plus sa propre histoire ? Est-ce que les jeunes Français ont une vision positive de leur pays ? Qu'est devenu le récit national ? Comment a-t-on pu tolérer que celui forgé au XIXe  siècle par Michelet se soit complètement effacé ? Quel est le récit national de la France au XXe siècle ? Il serait temps de s'y mettre... Le plus urgent, c'est de faire France : de remettre en marche la machine à intégrer. Les attentats du 7-9 janvier se sont produits à l'intersection des conflits du Proche et du Moyen-Orient et de la crise de la société française. Si la France ne restaure pas sa cohésion nationale, elle importera le conflit israélo-palestinien sur son territoire.       <br />
              <br />
       <b>Quels sont nos moyens ?</b>       <br />
       Le sentiment national me paraît être le fond de l'affaire : dire qu'il faut transmettre les valeurs de la République, c'est trop faible : il faut transmettre l'amour de la France. Le réapprendre. D'abord l'Europe a besoin de la France : avec l'Allemagne comme seule prescriptrice, un déséquilibre s'est installé. Et puis pour faire reculer les communautarismes, il faut relever l'idée de la France. La France n'a pas terminé son histoire. Le reste du monde a besoin d'elle : car elle a posé des repères, défini des concepts. La nation comme communauté de citoyens par exemple. La France a beaucoup d'atouts dont elle n'a pas toujours conscience. Le 11 janvier, elle a retrouvé sa fierté. Ce qui est le commencement de tout.       <br />
              <br />
       <b>On a proposé l'instauration de rituels républicains. Que vous inspirent ces propositions ?</b>       <br />
       J'avais regretté la suspension du service national en 1996. Un service national très court serait bien adapté. Il faut une formule qui aille de 2 à 4 mois et qui comporte, en matière militaire, aussi des formules de volontariat - un service long.       <br />
              <br />
       Une garde nationale serait utile, ne serait-ce que pour la protection des points sensibles. Mais l'essentiel est de créer une cohésion nationale. C'était une vertu du service militaire : il brassait des gens de toutes catégories sociales.       <br />
              <br />
       <b>Partagez-vous la crainte d'une guerre civile ?</b>       <br />
       Qu'il y ait des gens qui ne veulent pas de bien à la France, c'est certain. Et s'ils pouvaient susciter une guerre civile, ils le feraient. Mais on en est loin : l'immense majorité des Français reste attachée à l'idée d'une République laïque et tolérante. L'immense majorité des musulmans qui vivent sur notre sol sait d'intuition que respect de la loi, et de l'esprit de la loi républicaine fait partie du pacte qui les lie à la France.       <br />
              <br />
       La France ne va pas changer de civilisation. Les principes républicains sont profondément ancrés dans nos mentalités. C'est un acquis formidable mais il faut faire vivre la République dans tous les domaines : la politique économique et européenne d'abord. Mais aussi dans le domaine international où la France doit se comporter, non pas comme un fer de lance de l'occidentalisme (nous payons aussi nos erreurs en Libye et en Syrie), mais comme une nation indépendante qui soit un pont entre l'Occident dont elle fait partie et les nations dites émergentes qui se reconnaissent dans son modèle. Le président Sarkozy a dit un jour que la France « faisait partie de la famille des nations occidentales » , je dirais surtout qu'elle fait partie de la grande famille des nations humaines. C'est une nation mondiale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Comment-eviter-l-eclatement-sauvage-de-la-zone-euro_a1687.html</link>
  </item>

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   <title>"Le terrorisme est à l'intersection des maux de notre société et des conflits du Moyen-Orient"</title>
   <pubDate>Thu, 29 Jan 2015 23:32:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Canal Plus, jeudi 29 janvier 2015. Il répondait aux questions de Emilie Besse.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/859b92d887423c596277ad67f21d56cc50b64b70" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Je pense que la République est sortie grandie. La réaction du peuple Français qui s'est manifestée dans la rue, était une réaction de dignité, de fierté, des valeurs que la République incarne.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ces attentats étaient malheureusement prévisible, parce que le terrorisme est à l'intersection des maux de notre société et des conflits du Moyen-Orient. Il faudrait s'interroger sur le bien fondé de la politique suivie à l'égard de l'Irak depuis 1990-1991.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Se replier sur soi ? Non justement. Je préconise de travailler avec les Etats établis, de respecter la Charte de l'ONU, fondée sur l'auto-détermination de chaque pays et le respect de son intégrité, et par conséquent je pense que l'intervention crée beaucoup plus de maux que ceux auxquels elle est censée remédier.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le sauvageon, en vieux Français, c'est un arbre non greffé. Et je pointais une absence d'éducation. Des enfants qui étaient laissés devant le poste de télévision, et dont on avait oublié de s'occuper. S'il y a trop de sauvageons, à la fin ils finissent par être très sensible à des propagandes, très vulnérables finalement.        
       </li></ul><ul class="list"><li> François Hollande et Manuel Valls ont pris la juste mesure de l'événement. Ils ont su y répondre avec empathie et avec beaucoup de fermeté. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Le-terrorisme-est-a-l-intersection-des-maux-de-notre-societe-et-des-conflits-du-Moyen-Orient_a1684.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Conversion républicaine"</title>
   <pubDate>Fri, 23 Jan 2015 12:58:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Jean-Pierre Chevènement, parue dans Marianne le 22 janvier 2015.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7384417-11371344.jpg?v=1422014941" alt=""Conversion républicaine"" title=""Conversion républicaine"" />
     </div>
     <div>
      Le peuple français s’est mis debout, le 11 janvier 2015, pour dire son attachement à la République. D’abord à un mode de vie fondé sur la liberté et particulièrement celle de s’exprimer, bref à une civilisation. Il a refusé le chantage à la peur que prétend exercer sur lui un terrorisme d’un autre âge.  Mais ce sursaut républicain devra s’inscrire dans la longue durée. En effet, nous n’éradiquerons pas facilement ce terrorisme là, qui se développe à l’intersection des plaies de notre société et des conflits qui frappent le monde musulman (1200 millions d’hommes et de femmes). Il faudra des années, voire des décennies, pour y parvenir.       <br />
              <br />
       La raison en est simple : Pour venir à bout du terrorisme, il faut le couper de sa base potentielle. Aucune action policière, si efficace qu’ait été celle qui a été conduite et si nécessaire soit-elle dans les temps à venir, ne peut se substituer à cet axe stratégique fondamental.        <br />
              <br />
       Les pays européens ont connu des mouvements terroristes dans les années 1970-1980 (Fraction armée rouge, Brigades rouges, Action directe). Ces mouvements ont échoué parce que les masses ouvrières dont ils se réclamaient ne se reconnaissaient  nullement dans leurs méthodes et dans leurs objectifs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Il en va différemment avec le djihadisme armé. Celui-ci prétend imposer par la terreur – et d’abord aux musulmans – son identité politico-religieuse totalitaire, basée sur le retour à l’Islam des origines. Il naît du salafisme, lui même encouragé par le wahabisme. L’explosion de la richesse pétrolière dans les pays du Golfe depuis le début des années 1970 a fait basculer vers ceux-ci le centre de gravité du monde arabe et d’une partie du monde musulman. Sous l’influence de leurs « fondations », l’influence du salafisme a grandi partout, des confins pakistanais au Sahel africain, en passant par le cœur du monde arabe, le Machrek. Al Quaïda est née comme une projection du Moyen-Orient sur l’Afghanistan. Daesh est d’abord le fruit vénéneux de la politique américaine vis-à-vis de l’Irak.  Mais nos banlieues elles-mêmes ne sont pas épargnées. Les conflits du Moyen-Orient, favorisés par le non règlement du problème israélo-palestinien depuis plusieurs décennies et attisés par un interventionnisme occidental à courte vue (Irak, Libye, Syrie), ont malheureusement l’avenir devant eux : on n’assèchera pas facilement le terreau des conflits dans le monde arabo-musulman. Peut-être pourrons-nous aider à préserver le Maghreb.        <br />
              <br />
              <br />
       Prévisible depuis longtemps [1], le conflit qui frappe la France à son tour  s’alimente à deux sources : la perte de repères d’une jeunesse précarisée et le sentiment d’injustice et de persécution que le monde musulman éprouve à tort ou à raison à l’endroit du monde occidental. A raison, parce que l’interventionnisme paré de prétextes humanitaires hypocrites a trop souvent pris le relais du colonialisme. Mais à tort aussi dans la mesure où l’Islam, tenté il y a un siècle par la réforme (la « Nadha ») ne l’a pas vraiment réalisée, n’acceptant pas un rapport libre à la religion qui dégagerait en lui d’immenses potentialités. Malek Chebel rappelle un hadith du Prophète : « Allah a voulu se faire connaître. Il a créé le monde pour que l’Homme, saisi de sa Sublime Beauté, puisse le vénérer à sa guise » [2].       <br />
              <br />
       Faire de l’Islam en France un Islam éclairé qui rayonnerait dans le monde musulman, telle était l’intuition de Jacques Berque. Elle m’a inspiré, en 1999, le lancement d’une consultation (« Istichara ») ouverte à toutes les sensibilités musulmanes présentes sur notre sol (y compris l’UOIF et le Tabligh). Toutes ont contresigné une déclaration portant sur les principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les Pouvoirs publics et le culte musulman en France [3] (laïcité, séparation de l’Eglise et de l’Etat égalité homme-femme, etc.). Sans doute certains problèmes – la formation des imams - sont restés pendants mais, aujourd’hui, les musulmans disposent dans la plupart de nos villes de lieux de cultes dignes. Un Islam compatible avec la République doit pouvoir combattre et isoler les tentations de djihadisme armé de quelques voyous égarés.       <br />
              <br />
              <br />
       Ce terrorisme djihadiste frappe d’abord les musulmans. Dois-je rappeler que plus de cent journalistes algériens ont payé de leur vie, dans les années 1990, la conquête de leur liberté d’expression face à l’obscurantisme ? Refusons les amalgames trop rapides qui confondraient l’ensemble des musulmans avec une poignée de fanatiques. Ce serait faire le jeu du terrorisme. Les agressions contre les lieux de culte musulmans ne sont pas seulement odieuses et criminelles. Elles sont imbéciles. Combattre le terrorisme, c’est aussi combattre l’esprit de croisade. C’est aux musulmans d’abord qu’il revient pourtant de séparer le bon grain de l’ivraie. Les pays occidentaux peuvent les y aider et d’abord en ne multipliant pas les ingérences expéditionnaires et déstabilisatrices.        <br />
              <br />
       La France, parce qu’elle a une politique claire, est fondée à demander à ses citoyens, qu’ils soient musulmans, juifs ou chrétiens, de ne pas importer sur son sol le conflit israélo-palestinien, a fortiori sous la forme d’horribles attentats antisémites qui frappent des Français en raison de leur religion.        <br />
              <br />
              <br />
       La France, parce qu’elle a une politique claire, est devant un défi de longue durée. Il lui faut aussi balayer devant sa porte. Ce n’est pas la République qui est la cause des ratés de l’intégration des jeunes issus de l’immigration dans la communauté des citoyens. C’est le défaut ou l’insuffisance de République.        <br />
              <br />
       De bons apôtres présentent le multiculturalisme comme remède alors qu’il n’est bien souvent que l’alibi des communautarismes. Il faut, au contraire, défendre la République comme un régime où, en dehors de ce qui est prohibé par la loi, la liberté est la règle. Une certaine bien-pensance s’en prend à la laïcité présentée comme « agressive ». La laïcité se borne à séparer le domaine du religieux propre à chacun de l’espace commun où tous les citoyens  sont conviés, à travers l’exercice de leur raison naturelle, à participer à la définition de l’intérêt général. La laïcité n’est nullement dirigée contre les religions. La lettre de Jules Ferry aux instituteurs (1883) rappelle que le maître, dans ses cours d’éducation morale, ne peut rien avancer devant ses élèves, qui blesserait la conscience d’un de leurs parents. Un professeur de dessin dans l’Ecole de la République ne saurait caricaturer Mahomet. La République, pour être refondée, doit l’être sur la base de concepts clairs.        <br />
              <br />
              <br />
       La République a besoin d’un nouveau programme du CNR [4] pour résorber les fractures de notre société. Il y a, bien évidemment, celle que crée le chômage et d’abord celui des jeunes. Chacun le ressent : l’Europe doit rompre avec une politique de stagnation économique qui détruit des emplois au lieu d’en créer.        <br />
              <br />
       Outre l’emploi, il y a aussi l’éducation et la culture. Il faut mettre l’accent sur ce qui unit et non sur ce qui divise, sur ce qui rassemble et non sur ce qui sépare. Arrêtons avec le « droit à la différence » qui débouche toujours sur la différence des droits.        <br />
              <br />
       Pour la gauche, qui a deux ans devant elle, le moment est venu de faire cette « conversion républicaine » à laquelle elle a trop souvent tourné le dos (affaire du voile en 1989). On entend encore récemment que l’addition des minorités permettrait de remplacer la majorité populaire dans laquelle la gauche trouvait traditionnellement sa base et sa raison d’être. L’heure de la refondation républicaine ne sonnera pas deux fois. Un pays qui ne s’aime plus ne saurait intégrer de nouveaux citoyens. Le récit national français a été détruit par tous ceux qui, dans leur tête, avaient déjà abandonné la France à Le Pen il y a trente ans : il faut reconstruire ce récit national, rompre avec les discours masochistes, aider la France à retrouver l’estime de soi, sans laquelle elle ne pourra surmonter sa crise d’identité actuelle. Là est le rôle, magnifique, de l’Ecole de la République. Pour transmettre les connaissances et les valeurs républicaines, pour expliquer la laïcité, pour faire aimer la France, notamment  à travers sa littérature et son histoire, les programmes de l’Ecole devront être revus et publiés sous une forme accessible à tous. Il faut à nouveau étudier les grandes œuvres. La formation des maîtres est la clé : « on ne transmet, disait Hannah Arendt, que cela à quoi on croit ».       <br />
              <br />
       L’accès à la citoyenneté permettra seul d’« assécher le terreau » où peut germer le terrorisme djihadiste. Cela prendra du temps mais cela donnera du sens à la politique.       <br />
              <br />
              <br />
       Je n’ai rien dit au chapitre de la sécurité parce que le Président de la République, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, assurant une efficace coordination des forces de police et de gendarmerie, se sont montrés tout à fait à la hauteur des évènements et que je leur fais confiance pour perfectionner notre dispositif centralisé de lutte contre le terrorisme, tout en préservant l’Etat de droit.        <br />
              <br />
       Pour autant la refondation républicaine est une tâche autrement plus vaste. Elle sera de longue haleine.  C’est une immense révolution intellectuelle et morale qu’il faut conduire.        <br />
              <br />
       L’unité nationale qui s’est manifestée le 11 janvier sera fondatrice si le gouvernement parle clair et juste en tous domaines et s’il appelle la France à l’exigence et à l’effort. Le monde dans lequel nous sommes entrés est difficile. Il ne nous fait et ne nous fera pas de cadeaux. La gauche est-elle capable d’effectuer, au bord du gouffre, cette « conversion républicaine »  à laquelle j’ai souvent appelé ?       <br />
              <br />
       Le peuple français n’attend que cela. Il a déjà rendu à la France ce qui lui faisait le plus défaut : la fierté. La France, nation suprêmement politique, peut encore, si nous le voulons, montrer le chemin à une Europe et à un monde qui ont besoin d’être éclairés par les valeurs que la République incarne.       <br />
              <br />
       ----------------       <br />
       [1] Jean-Pierre Chevènement, <span style="font-style:italic">Défis républicains</span>, Fayard, 2004, p. 388-415.        <br />
       [2] Malek Chebel, <span style="font-style:italic">L'inconscient de l'Islam</span>, CNRS Editions, décembre 2014.        <br />
       [3] Cette Déclaration du 28 janvier 2000 contresignée par le Ministre de l'Intérieur est reproduite dans l'annexe 4 de <span style="font-style:italic">Défis républicains</span>, livre que j'ai publié chez Fayard en 2004.        <br />
       [4] Conseil National de la Résistance. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Conversion-republicaine_a1681.html</link>
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   <title>"Chevènement: un professeur de dessin n'aurait pas le droit de caricaturer Mahomet à l'école"</title>
   <pubDate>Sat, 17 Jan 2015 17:53:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, 17 juillet 2015, 17h20.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7363172-11336479.jpg?v=1421514238" alt=""Chevènement: un professeur de dessin n'aurait pas le droit de caricaturer Mahomet à l'école"" title=""Chevènement: un professeur de dessin n'aurait pas le droit de caricaturer Mahomet à l'école"" />
     </div>
     <div>
      L'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement a jugé samedi sur Europe 1 que &quot;<span style="font-style:italic">Charlie Hebdo a le droit de faire ce qu'il veut</span>&quot; mais qu'à l'école &quot;<span style="font-style:italic">un professeur de dessin n'aurait pas le droit de faire la caricature de Mahomet</span>&quot;.       <br />
              <br />
       L'ancien ministre de l'Intérieur et de la Défense, a estimé par ailleurs qu'il &quot;<span style="font-style:italic">n'y a pas besoin d'un Patriot act</span>&quot; en France sur le modèle de la législation adoptée aux Etats Unis après le 11 septembre 2001 &quot;<span style="font-style:italic">car nous devons nous défendre par les moyens du droit</span>&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">Nous avons des procédures tout à fait adaptées et peut-être peut-on faciliter les interceptions de sécurité pour tout ce qui relève du terrorisme</span>&quot;, a-t-il ajouté, en citant aussi la nécessité d'un fichier des personnes voyageant par avion.       <br />
                 <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">La police de proximité que j'avais créée et que Monsieur Sarkozy a laissé dépérir nous manque beaucoup parce qu'il faut connaître le terrain</span>&quot;, a-t-il aussi regretté.       <br />
              <br />
       Le fondateur du Mouvement républicain et citoyen et ancien ministre de l'Education s'est livré à un vibrant plaidoyer de la laïcité, qui &quot;<span style="font-style:italic">n'est pas tournée contre les religions</span>&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">Charlie Hebdo a le droit de faire ce qu'il veut, c'est la liberté d'expression, mais dans l'école un professeur de dessin n'aurait pas le droit de faire la caricature de Mahomet</span>&quot;. Il a cité à l'appui une lettre de Jules Ferry aux enseignants : &quot;<span style="font-style:italic">vous devez toujours vous interroger sur le fait que ce que vous allez dire ne doit pas blesser non seulement la conscience de l'enfant, mais aussi la conscience de ses parents</span>&quot;.       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement a été reçu samedi matin par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a reçu après lui successivement trois autres de ses prédécesseurs place Beauvau, Claude Guéant, Jean-Louis Debré et Dominique de Villepin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Chevenement-un-professeur-de-dessin-n-aurait-pas-le-droit-de-caricaturer-Mahomet-a-l-ecole_a1679.html</link>
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   <title>Terrorisme : "pas besoin d'un Patriot Act" à la française</title>
   <pubDate>Sat, 17 Jan 2015 14:20:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1 samedi 17 janvier 2015. Il répondait aux questions de David Abiker.      <div>
      <ul class="list"><li> Il faut pérenniser le sursaut républicain qui s'est manifesté le 11 janvier. Le peuple français s'est dressé pour proclamer, quasi unanime, son refus du chantage à la peur, pour proclamer son attachement à un mode de vie fondé sur la vie, qu'on appelle la République. Il s'agit de promouvoir une vraie refondation républicaine, et cela, dans la durée.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce n'est pas le premier attentat terroriste qui frappe la France, et il y en aura d'autres encore ! C'est une affaire de longue haleine. Il y en a pour des années, voir des décennies. Donc, il faut s'armer dans cette perspective.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai dit à la ministre de l’Éducation nationale que l’école est l'outil de transmission des connaissances, mais aussi des valeurs républicaines. Elle a pour tâche de faire aimer la France. Comment  pourrait-on intégrer des jeunes à la France, si la France ne s'aime pas elle même ? Et cela passe par la littérature, les grandes œuvres, l'histoire de France, un récit national lisible, alors qu'il a été détruit pour ce qui concerne au moins le XXe siècle. Bref un pays mentalement, moralement, intellectuellement, redressé.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'avais réintroduit l'instruction civique au primaire et au collège. Cela n'a pas suffit parce qu'on étudie les institutions locales et non la République, et le corps de principes qu'elle représente. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Je dois dire que le Président de la République, François Hollande, le Premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, se sont montrés tout à fait à la hauteur dans cette situation difficile.        <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai dit au ministre de l'Intérieur que naturellement, il fallait prendre toutes les mesures qui nous permettraient d'assécher le terreau sur lequel se développe le terrorisme. Il faut évidemment ne pas faire d'amalgames avec les peuples musulmans qui ont leurs problèmes. Il y a des conflits qui sont naturellement connectés à ce qui se passez chez nous.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a chez nous dans les banlieues des problèmes qui sont des ratés de l'intégration... Mais c'est le défaut de République qu'il faut mettre en cause, et pas la République elle-même. Et quand j'entends certains prôner le multiculturalisme, je pense qu'ils sont complètement à côté de leurs pompes. C'est de l'angélisme, et c'est ne pas voir que ce qui est important aujourd'hui, c'est de favoriser ce qui unit, ce qui rassemble, et non pas ce qui différencie, ce qui divise.        <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut restaurer les maîtres dans leur autorité, y compris pécuniairement.        <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut distinguer la liberté d'expression, que rien ne doit entraver, de la laïcité. La laïcité, c'est la distinction de la religion et de l'espace commun qui est régit par la politique, c'est la confiance faite à la raison humaine pour déterminer l'intérêt général, indépendamment des dogmes, et par conséquent Charlie Hebdo à le droit de faire ce qu'il veut, c'est la liberté d'expression, mais dans l'école, un professeur de dessin n'aurait pas le droit de faire la caricature de Mahomet.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La laïcité n'est pas du tout tournée contre les religions : mais c'est une belle tradition dont nous pouvons nous enorgueillir.        <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> L'axe stratégique, c'est assécher le terreau sur lequel le terrorisme prospère. C'est un problème de politique générale. Il n'y a aucun domaine qui ne soit concerné, y compris la politique économique, y compris la politique européenne, qui nous a engagé dans une stagnation de longue durée, dont on voit les résultats : 3,5 millions de chômeurs. Cela touche particulièrement une jeunesse précarisée, avec des taux de chômage qui dépasse 40% dans certaines villes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le ministère de l'Intérieur a, sur le plan législatif, déjà beaucoup de moyens, depuis la loi de 1986, qui centralise les enquêtes et jugements, et qui donne satisfaction, améliorée à plusieurs reprises et pas plus tard qu'en 2014. Par conséquent, pas besoin d'un <span style="font-style:italic">Patriot Act</span> parce que nous devons nous défendre par les moyens du droit. Mais nous avons quand même des procédures tout à fait adaptée, et peut-être peut-on faciliter les interceptions de sécurité pour tout ce qui concerne le terrorisme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Oui à la coopération européenne en matière de sécurité, mais le problème n'est pas là : la sécurité reste l'apanage du national, c'est la responsabilité de l’État, du gouvernement. Il doit faire ce qu'il faut. Des moyens supplémentaires sont prévus dans le renseignement. Le regroupement de la DST et des RG en 2008 n'a pas eu que des effets positifs. La présence des RG dans les quartiers, et surtout la police de proximité, que j'avais créée, que M. Sarkozy a laissé dépérir, tout cela nous manque beaucoup, parce qu'il faut connaître le terrain. C'est tout à fait essentiel.        <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> L'idée d'une déchéance de nationalité pour les terroristes ne me choque pas. Mais il y a une règle qui veut qu'on enlève pas sa nationalité aux personnes qui n'ont pas une double nationalité. Sinon, ils deviennent dit-on des apatrides, mais les apatrides sont protégés par la convention de New-York ! Donc je ne comprends pas très bien les termes du problème. De toute façon, ce n'est pas l'essentiel. Ne nous égarons pas dans des diversions politiciennes.        <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Faut-il rétablir la conscription ? J'étais opposé à sa suppression. Mais on peut développer un service civique, le rendre obligatoire pour une durée évidemment courte. Il faut renforcer la cohésion de la nation française.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut surtout que la France revienne au premier plan, parce que l'Europe se fait dans le prolongement des nations, et pas en substitution à elles. C'est là l'erreur qui, peut-être, a été commise dans le passé. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Aucune démocratie n'a été renversé par le terrorisme. Nous pouvons faire face"</title>
   <pubDate>Fri, 09 Jan 2015 01:03:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'un des invités du 22h de Public Sénat, jeudi 8 janvier 2015. Il répondait aux questions de Sonia Mabrouk.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Première partie de l'émission</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Deuxième partie de l'émission</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">Verbatim :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> La réprobation est unanime dans l'opinion publique française, vis-à-vis d'actes aussi monstrueux, et qui frappent des journalistes – dont certains étaient des amis, je pense à Georges Wolinski – ou des policiers dans l'accomplissement de leur mission. Je voudrais qu'on ait une pensée pour leurs familles, parce que les policiers défendent la liberté des citoyens. Les citoyens se reconnaissent dans le combat que ceux-ci mènent à l'heure qu'il est pour arrêter ces criminels.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La France ne cédera pas devant le terrorisme. Aucune démocratie n'a été, en quelque sorte, renversé par le terrorisme. Nous pouvons faire face. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Il est tout à fait important de comprendre ces itinéraires de radicalisation, qui concernent des petits voyous au départ, mais qui par le biais d'un engagement dans une filière djihadiste, en sont arrivés à devenir des terroristes tout à fait redoutable. Je pense qu'il faudra les chercher un à un, sans pitié, et leur appliquer toute la rigueur des lois républicaines, en les durcissant au besoin, s'il le faut.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faudra, le moment venu, l'émotion passée, s'interroger avec objectivité, sérénité, exigence, sur les facteurs de ce terrorisme islamiste radical. Il y a des facteurs internationaux, et il faudrait peut-être revisiter l'Irak, la Libye, la Syrie, pour savoir si les Occidentaux ont toujours fait des choix judicieux. Je pense que la guerre en Irak n'était pas un choix très judicieux. Il y a des facteurs propres à la société française, qui favorisent la contagion.        
       </li></ul><ul class="list"><li> S'il y a une chose à retenir, c'est que pour venir à bout du terrorisme, il faut le dissocier du terreau sur lequel il pourrait prospérer, et par conséquent bien distinguer l'islam, religion pacifique de millions de Français, ou de résidents établis légalement sur notre sol, et puis d'autre part l'islamisme. Il y a la variante islamisme politique, et puis il y a le salafisme, et les dérives radicales djihadistes, terroristes. Ce ne sont pas les mêmes choses. Il ne faut pas procéder par amalgames. Il est important de dessouder les terroristes de ce qu'ils recherchent comme terreau pour pouvoir se cacher, poursuivre leurs entreprises.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Tous les pays des mondes musulmans sont confrontés à des problèmes divers, de sorte qu'aujourd'hui en France, on fait aujourd'hui face à une menace permanente, diffuse, qui n'est jamais tout à fait la même.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Algérie a connu une décennie terrible dans les années 90, une guerre civile épouvantable, pour se débarrasser du GIA, du GSPC. Il semble que l'Algérie est quand même retrouvée un certain équilibre, et il faut s'en féliciter.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Mais le problème n'est pas le même dans la zone sahélienne, où il y a toute une efflorescence d'influences venues des pays du Golfe, car depuis les grands chocs pétroliers, le centre du monde arabo-musulman a basculé vers le Golfe. Là nous sommes en présence d'une autre école, le wahhabisme, le salafisme, dont les dérives sont connues, et qu'on observe également, mais c'est encore un autre problème, au Caucase, et aussi au Pakistan, encore un autre problème, un Etat fondé sur la religion au moment de la partition des Indes britanniques.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Par conséquent, ne confondons pas tout, et examinons le problème de nos djihadistes, un bon millier de jeunes paumés, qui se sont laissés embarqués dans ce genre d'affaires, sans doute pour donner un sens à leur pauvre existence.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Interrogeons nous aussi sur ce que peut et doit faire une République active. La laicité n'est dirigée contre aucune religion. Il faut le dire et le répéter. Mais il y aussi des valeurs d'égalité, de promotion : il faut que chacun sente que l'avenir lui est ouvert. J'avais jadis créé les commissions d'accès la citoyenneté. Il y a toute une action multiforme, ce qui a été fait en direction d'un islam de France, éclairé.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Tous les musulmans de France sont horrifiés par ce qui s'est passé, et en même temps terrorisés par les amalgames, les assimilations, toujours possible. Donc nous-même, rappelons nous que pour venir à bout du terrorisme, il faut les dissocier de ceux qu'ils voudraient amalgamer à leur combat. Gardons tout notre sang-froid, notre résolution, notre détermination, à extirper ce mal, en prenant les moyens et le temps nécessaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'objectif de la traque, c'est bien sûr de les arrêter, mais s'ils mettent en danger la vie des fonctionnaires de police ou de gendarmerie, il y a la légitime défense.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Clemenceau disait que le Sénat, c'est le temps de la réflexion. Nous sommes prisonniers du court terme. Or il faut voir loin. Il faut affirmer les valeurs républicaines, ne pas se laisser aux dérives de l'hyper individualisme libéral. Les valeurs républicaines, ce sont aussi des valeurs d'ordre, de progrès, de civisme. Cette leçon s'adresse à tous.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il ne faut pas se réfugier dans un occidentalisme à courte vue. Revenons sur l'Irak, la Syrie, la Libye : il y a eu beaucoup d'erreurs. Il ne suffit de dire qu'on va faire des élections pour que la démocratie s'installe. Il faut l'éducation, les Lumières, la réflexion approfondie. Et tout cela passe par un dialogue qui, quelque fois, peut-être un peu conflictuel.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai lancé la consultation sur l'islam de France, associant toutes les sensibilités, et ensuite Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l'Intérieur, a mis sur pied ce Conseil Français du Culte Musulman, qui doit encore se développer dans la durée. Il a un rôle à jouer. Qu'est ce que c'est en réalité ? Un acte de confiance dans un islam de progrès, éclairé. C'est la leçon que je retiens de Jacques Berque, qui pensait qu'un islam de France éclairé serait un phare pour le reste du monde.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ceux qui se sont attaqués à des lieux de culte musulmans font le jeu des terroristes, car il faut absolument couper ces groupes terroristes de la base dont ils espèrent qu'elle va les soutenir. Faisons vivre ensemble la laïcité, qui respecte toutes les religions, y compris celle de ceux qui n'en ont pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a la mobilisation du peuple français, pour défendre la liberté de s'exprimer, et manifester son horreur devant un acte ignoble, mais plus profondément, il y a les valeurs républicaines qu'il faudra faire vivre. Et cela, c'est beaucoup plus difficile, parce que cela demande un travail d'éducation, qui en France est à beaucoup d'égards à refaire. Cette immense effort de refondation de la République, c'est celui qui nous attend, et c'est comme cela que le peuple français, comme je le crois, manifestera sa résilience.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La formation des imams en France est une des clefs du problème. Mais il faudrait encore que les propositions, qui ont été faites il y a longtemps, soit suivies.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Péguy disait que « la mystique républicaine, c'est quand on meurt pour la République ». Alors lui il est mort, mais il y a plusieurs manières de mourir. Vivre avec abnégation, c'est une façon de servir la République.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je dis aux Français que l'heure est au sang froid, à la détermination, et demain à la réflexion. Il faudra des capacités d'analyses, peut-être d'auto-critique, jusqu'à un certain point, pour cerner le problème dans sa globalité. Chacun comprend que ce n'est pas un problème simple. On a vu la pointe de l'iceberg qui émerge. Mais il faut comprendre le monde dans lequel nous sommes. Si la République fait ce travail, mais qui demande du courage, de l'exigence, alors on pourra avoir confiance en elle.  </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Aucune-democratie-n-a-ete-renverse-par-le-terrorisme-Nous-pouvons-faire-face_a1676.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>L’heure est au sang-froid et à l’union nationale</title>
   <pubDate>Wed, 07 Jan 2015 16:25:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      L’attaque meurtrière contre Charlie Hebdo est une déclaration de guerre à la démocratie républicaine et aux libertés qui la fondent.        <br />
              <br />
       J’exprime ma profonde compassion aux familles des victimes de cet attentat ignoble. Connaissant  très bien, personnellement, Cabu et Wolinski et leur profond humanisme, j’éprouve un sentiment particulier de révolte. Je m’incline aussi, comme ancien ministre de l’Intérieur, devant les deux policiers touchés dans leur mission de sécurité.       <br />
              <br />
       L’islamisme radical armé ne nous laisse  pas le choix du terrain sur lequel le combattre. Il ne doit, bien entendu, pas être confondu avec l’Islam dont l’immense majorité des fidèles réprouve aussi cette violence barbare. Cet attentat est aussi un mauvais coup porté à la citoyenneté et à la coexistence des religions dans notre République. Car elle fera le jeu de tous les extrémismes. L’heure est au sang-froid et à l’union nationale contre le terrorisme, sans distinction de race et de religion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/L-heure-est-au-sang-froid-et-a-l-union-nationale_a1675.html</link>
  </item>

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