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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <dc:date>2026-03-14T20:11:38+01:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>"L'état d'urgence a épuisé une bonne partie de son intérêt"</title>
   <pubDate>Wed, 27 Jan 2016 12:44:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de LCI, mardi 26 janvier 2016. Il répondait aux questions de Audrey Crespo-Mara.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.chevenement.fr/video/<iframe src="http://www.wat.tv/embedframe/985336chuPP3r12958234" frameborder="0" style="width: 600px; height: 337px;"></iframe><div class="watlinks" style="width:WIDTHpx;font-size:11px; background:#CCCCCC; padding:2px 0 4px 0; text-align: center;"><a rel="nofollow" target="_blank" class="waturl" href="http://www.wat.tv/video/audrey-crespo-mara-recoit-7pqmy_2exyh_.html" title="Vidéo Audrey Crespo-Mara re&ccedil;oit Jean-Pierre Chev&egrave;nement sur wat.tv"><strong>Audrey Crespo-Mara reçoit Jean-Pierre Chevènement</strong> sur WAT.tv</a>  </div>     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/L-etat-d-urgence-a-epuise-une-bonne-partie-de-son-interet_a1806.html</link>
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   <title>Le 13 novembre : une césure historique</title>
   <pubDate>Thu, 03 Dec 2015 19:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Les attentats du 13 novembre marquent une césure profonde dans l’Histoire longue de notre pays, un peu comme mai 1968 l’avait fait en sens inverse, en clôturant les trois décennies qu’avait dominées la figure du général de Gaulle et en donnant le champ libre à l’idéologie libérale-libertaire.       <br />
              <br />
       Le 13 novembre 2015 (le 13.11) donne son congé définitif à cette idéologie qui s’était épanouie dans les trois décennies du néolibéralisme triomphant.  L’Europe, telle qu’elle a été conçue et construite montre aujourd’hui ses limites : Schengen est une passoire. La monnaie unique a creusé le gouffre d’un chômage de masse qui touche d’abord les jeunes. La « défense européenne » apparaît pour ce qu’elle est : un mythe mité. La France doit d’abord compter sur ses propres forces.       <br />
              <br />
       C’est autour de la France et de la République que le pays se rassemble. La nation républicaine, communauté des citoyens, apparaît comme le recours, et non pas la nation ethnique. C’est la puissance tranquille de ce sursaut national qui frappe. La France sent qu’elle doit relever le défi d’une profonde mutation : l’intégration des jeunes nés de l’immigration. Le communautarisme n’est évidemment pas la réponse mais au contraire l’adhésion à la nation française de tous ceux qui, au fond d’eux-mêmes, doutaient et quelquefois se vivaient comme des « Français de papiers ». Ce temps est révolu : un Français, c’est un citoyen français. On a le droit de ne pas être français mais quand on l’est, c’est pour l’être pleinement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      De l’Etat hier venait tout le mal. Il incarne aujourd’hui le salut. Les nouveaux féodaux se croyaient à la mode. Le moment est venu de revenir à une conception républicaine de la décentralisation. L’hyperindividualisme se déchaînait. Le citoyen se réveille, car les droits de l’Homme ne peuvent être garantis que par l’exercice d’une citoyenneté active. Le civisme découle et se nourrit du patriotisme républicain. A la permissivité doit succéder le respect de la loi et de son esprit. Au laxisme maquillé aux couleurs de l’angélisme, le droit à la sûreté et le respect dû à la force publique, dès lors qu’elle est exercée au bénéfice de tous. Au pédagogisme qui plaçait l’élève construisant ses savoirs au centre de l’Ecole, doit succéder la reconstruction d’une Ecole républicaine moderne remettant à l’honneur la transmission et l’acquisition des savoirs et des valeurs.        <br />
              <br />
       A la politique extérieure inféodée doit succéder une politique étrangère indépendante. A l’occidentalisme et à l’interventionnisme extérieur systématique, une Europe européenne ouverte à la coopération la plus large et d’abord avec l’Afrique et le Moyen-Orient qu’il faut réconcilier avec la justice et ouvrir à la modernité. En matière militaire, la protection du territoire et des populations devra venir compléter la capacité de projection.       <br />
              <br />
       Une nouvelle période historique s’ouvre. La France pourrait y disparaître. Mais elle ne disparaîtra pas. Elle relèvera les défis qui sont devant elle. Il nous revient de construire la France moderne, ouverte, faisant de tous ses enfants, quelle que soit leur origine, autant de bras ouverts aux cultures du monde.        <br />
              <br />
       Le pire reste possible : l’engrenage des haines, des ressentiments et de la violence conduirait à la guerre civile. C’est ce que veulent les ennemis de la France. Mais le pire n’est pas sûr. Nous l’éviterons en relevant le défi moral qui nous a été jeté. C’est en elle-même que la France trouvera les ressources pour se mettre à la hauteur des temps difficiles qui sont devant elle : sang-froid, courage, générosité. Ce défi est aussi une chance, s’il est relevé. C’est pourquoi nous le relèverons, par la force de l’âme. Nous ferons ainsi surgir une France renouvelée, armée pour les défis du XXIe siècle. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Le-13-novembre-une-cesure-historique_a1783.html</link>
  </item>

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   <title>Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie</title>
   <pubDate>Tue, 17 Mar 2015 15:03:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au colloque "L'Après-janvier : plus que jamais la République laïque", organisé par le "Comité laïcité et République", samedi 14 mars 2015.     <div>
      Les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 à Paris comportent une leçon essentielle : ils illustrent  a contrario la pertinence de l’idéal laïc pour nous aider à relever le défi.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>I - La laïcité n’est pas tournée contre les religions. </b>       <br />
              <br />
       Définition de la laïcité : c’est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens (formés par l’Ecole de la République)  à s’entendre sur une idée du bien commun  (« Res Publica »), dans un espace public soustrait à l’empire des dogmes.       <br />
              <br />
       La laïcité n’est pas tournée contre les religions ; il y a une déontologie de l’Ecole laïque qu’on trouve dans la lettre de Jules Ferry aux instituteurs. Ne pas confondre laïcité à l’Ecole et liberté d’expression dans l’espace public. La seule limite à cette liberté c’est le refus de l’appel à la haine. Mais un professeur de dessin, à l’Ecole publique, ne peut caricaturer Mahomet.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Manifestation du 11 janvier 2015 : </span>       <br />
              <br />
       Ce que signifie « Je suis Charlie » : je n’admets pas qu’on porte atteinte à la liberté d’expression » et non  « Je suis sur la ligne éditoriale de Charlie ». Encore moins « Je suis contre l’Islam ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les premières victimes du terrorisme sont les musulmans. Il ne m’appartient pas de dire ce qu’est l’Islam. Il y a de multiples interprétations. L’Islam n’est pas plus incompatible avec la laïcité que ne l’était le catholicisme. Dans leur immense majorité, les musulmans de France y voient une religion de paix et de miséricorde. Le Coran comporte très souvent un appel à la rationalité. Il incite à aller « chercher le savoir jusqu’en Chine ».        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II - Le terrorisme djihadiste est un défi que la République peut relever avec sang froid, sérénité et sur la base de ses principes. </b>       <br />
              <br />
       Ce défi du terrorisme djihadiste se situe à l’intersection des tensions qui traversent notre société et des conflits qui frappent le monde arabo-musulman.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">1. En préalable, ai-je besoin de préciser mon refus de la « culture de l’excuse » ? </span>       <br />
              <br />
       Il y a des pauvres honnêtes et des riches malhonnêtes. Ahmedy Coulibaly n’était pas un enfant abandonné de la République. Rien ne légitime le passage à l’acte terroriste. La loi républicaine s’applique à tous (la loi et l’esprit de la loi) : je prendrai l’exemple de la prohibition des signes religieux ostentatoires à l’Ecole. Faut-il l’étendre à l’enseignement supérieur ? On sait ce que signifie le voile : le choix de l’enfermement communautariste. Qu’il soit porté par des adultes de plus de dix-huit ans ne change rien à l’affaire. Au contraire. Une disposition de loi sur les signes religieux ostentatoires à l’Université ne me gêne pas. Ce n’est pas une démarche ethnocentriste mais l’application du principe de laïcité dans l’espace de la formation de l’esprit. La Cour Constitutionnelle de Karlsruhe vient d’autoriser le port du voile par des enseignantes à l’Université. Laissons à la démocratie allemande le soin de faire en sorte que cette jurisprudence soit réformée. En France le Conseil d’Etat aussi a pu errer en 1989.       <br />
              <br />
       Les Français – je le crois - acceptent les étrangers qui acceptent de faire leur les valeurs et les lois de la République. Ce n’est pas un effort insurmontable.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">2. Il faut assécher le terreau où cette idéologie terroriste mortifère plonge ses racines.</span>       <br />
              <br />
       a) la fracture sociale ; le gouffre du chômage ; l’idéal laïc ne peut que combattre l’intégrisme « ordo-libéral » qui enferme l’Europe dans une stagnation économique à perte de vue.       <br />
              <br />
       b) Les conflits qui frappent le monde arabo-musulman        <br />
       <ul class="list"><li> Un peu de culture historique : les deux réponses du monde musulman au défi de l’Occident ont été :       <br />
       - la réponse modernisatrice (libérale ou socialiste : Wafd, Néo-Destour, nassérisme, Baath, etc.)       <br />
       - la réponse identitaire : Les Frères musulmans créés en 1928, quatre ans après l’abolition du califat.       
       </li></ul><ul class="list"><li> la guerre des Six jours signe la défaite du nationalisme arabe (1967)       
       </li></ul><ul class="list"><li> l’échec ultérieur du processus de paix entre Israël et la Palestine est une blessure jamais refermée.       
       </li></ul><ul class="list"><li> le basculement du centre de gravité du monde arabe vers le Golfe résulte des chocs pétroliers (1973-79).       
       </li></ul><ul class="list"><li> le wahhabisme, le salafisme deviennent « hégémoniques »       
       </li></ul><ul class="list"><li> les ingérences occidentales :       <br />
       - 1990 : la 1ère guerre du Golfe signe la fin de la politique arabe de la France       <br />
       - A l’attaque contre les Twin Towers, (11/09/2001), les Etats-Unis apportent une réponse inepte : en 2003 c’est l’invasion de l’Irak et la destruction subséquente de l’Etat irakien.       <br />
       - Avec l’effondrement de l’Irak et la prise du pouvoir par les Chittes, l’Iran devient la puissance régionale dominante.        
       </li></ul><ul class="list"><li> S’ensuit le conflit chiites, sunnites (2005 : assassinat d’Hariri. Daesch fait main basse sur la partie sunnite de l’Irak.       
       </li></ul><ul class="list"><li> les révolutions arabes débouchent sur une vague islamiste en Tunisie, en Egypte par la voie des urnes. En Syrie aussi, à travers une féroce guerre civile.       <br />
              <br />
              <br />
       Comment faire face ? Retrouver une utopie de progrès partagée ; le binôme France/Algérie peut être structurant pour l’avenir. Il faut saluer les efforts accomplis à partir du voyage de François Hollande à Alger en décembre 2012.        <br />
              <br />
       Le legs diplomatique des Anglo-Saxons dans la politique menée vis-à-vis de l’Orient musulman :        <br />
       - la subordination à l’Arabie Séoudite (et à Israël)  au Proche et Moyen-Orient.       <br />
       - Plus à l’Est, la création du Pakistan, Etat bâti sur la religion.        <br />
              <br />
       N’y a-t-il pas une autre manière, républicaine, d’affronter le défi ?        <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – L’enjeu : la crise de la démocratie.</b>       <br />
              <br />
       Trois crises se télescopent :        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> La crise du monde arabo-musulman       
       </li></ul><ul class="list"><li> Celle du capitalisme financier mondialisé. Une économie casino dominée par les gestionnaires de fonds où les préoccupations du court terme ont relégué à l’arrière plan le souci du long terme. Parallèlement a triomphé l’hyperindividualisme libéral qui dissout la République.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La crise d’une Europe hors sol, pensée en dehors des nations et de la démocratie. Cette conception d’une Europe « substitut » aux nations culmine dans le choix d’une monnaie unique. La crise de la monnaie unique fait ressortir le caractère technocratique des institutions européennes actuelles.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie.</span>       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> L’idéologie dite des « droits de l’homme » (de l’individu seul « sujet de droit ») aboutit à la dissolution du « commun », c’est-à-dire de la politique et des conditions mêmes d’exercice de la démocratie.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La pseudo souveraineté de l’individu aboutit à la dissolution du Peuple (des citoyens « en corps »), de la forme politique de l’Etat-nation, soit au nom de la « gouvernance » (européenne ou mondiale), soit au nom du « droit », voire du « devoir d’ingérence », dans l’ordre international.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous assistons au naufrage de la démocratie comme idéal de maîtrise collective et réfléchie de l’Histoire au nom d’une croyance anhistorique dans l’efficience des marchés.       <br />
              <br />
       La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes.        <br />
              <br />
       C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV – Il faut faire aimer la République</b>       <br />
              <br />
       La République porte des valeurs universelles, même si elle s’appuie sur des nations. La nation est l’espace privilégié de la démocratie et la brique de base de l’internationalisme.       <br />
              <br />
       Faut-il rappeler l’article 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »        <br />
              <br />
       Naturellement la Nation procède de la France. C’est au moment où celle-ci est devenue adulte qu’elle s’est proclamée souveraine. Ce renversement de principe aboutit, trois ans après, à la proclamation de la République. Il y a donc à la fois une césure et un continuum que les fondateurs de l’Ecole publique ont su mettre en scène.       <br />
              <br />
       Si j’explicite ainsi le lien qui unit la République à la France, c’est pour mieux mettre en valeur les conditions du rétablissement de la République.       <br />
       1. On ne peut pas aimer la République quand on n ‘aime pas sa langue et son Histoire. Comme ancien ministre de l’Education Nationale, j’observe :       
       </li></ul><ul class="list"><li> l’abandon de l’étude des grandes œuvres dans l’enseignement ;       
       </li></ul><ul class="list"><li> la disparition de fait, dans les programmes, de l’Histoire de France.       <br />
              <br />
       Or, un pays qui ne s’aime plus ne peut agréger de nouveaux citoyens       
       </li></ul><ul class="list"><li> il faut faire aimer la France à travers sa littérature et le patrimoine des grandes œuvres        
       </li></ul><ul class="list"><li> à travers son Histoire : le peuple qui a fait la Révolution française doit renouer avec un récit national non pénitentiel s’agissant de notre histoire au XIXe et XXe siècles. Il faut mettre en valeur non pas ceux qui ont failli mais ceux qui n’ont pas failli.       <br />
              <br />
       2. Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain – inséparable du combat pour la justice -, en France et dans le monde.  Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même. Hannah Arendt disait : « On n’enseigne que cela à quoi on croit ». Ce n’est pas seulement l’affaire du ministère de l’Education nationale. L’enjeu, c’est la parole publique en tous domaines.       <br />
              <br />
       Que croyons-nous ?        <br />
              <br />
       Non pas contre – certes il le faut – Contre le Front National bien sûr, mais en positif : comment voyons-nous l’avenir de notre société ? Et l’avenir du monde ? De quel projet sommes-nous porteurs ? La laïcité est un combat. C’est celui de la Raison qu’il faut remettre à l’œuvre dans l’Histoire, après trois décennies d’obscurantisme consenti, une histoire qui sera inséparablement la nôtre et celle des autres peuples.       <br />
              <br />
       Enoncer ce défi est une manière d’en prendre la mesure. Comme dit l’adage « Il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port ». Ce cap c’est celui de la République et de la laïcité retrouvées !</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Nous-sommes-confrontes-a-une-immense-crise-de-la-democratie_a1695.html</link>
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   <title>"Il faut une grande vue d'homme d’État pour sortir la France de la nasse"</title>
   <pubDate>Fri, 17 May 2013 10:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "Politiques" sur France 24 en partenariat avec L’Express et RFI, mercredi 15 mai. Il répondait aux questions de Roselyne Febvre (France 24), Frédéric Rivière (RFI), et Christian Makarian (L'Express).     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/ece8496cb24d43368da7b61279dc512011ff32c9" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">A propos des accusations de laxisme adressées à Manuel Valls concernant les débordements du Trocadéro : </span>       <br />
       <ul class="list"><li>C'est ridicule. Manuel Valls n'est ni un naïf, ni un angélique       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ce n'est pas parce qu'on est dans l'opposition qu'on peut dire n'importe quelle bêtise. Elle devrait essayer de hausser sa mire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ces violences au cœur de Paris sont tout à fait détestables </li></ul>[…] Ces débordements sont regrettables tout d'abord pour le sport. Cela donne une très mauvaise image, ce qui n'est pas tout à fait nouveau.       <br />
       <ul class="list"><li>J'entends tout ce qui se dit sur le PSG. Le club ferait bien de mettre un peu d'ordre parmi ses supporters.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Deuxième chose : il y a le problème des « sauvageons » dont j'avais parlé. C'est un problème d'éducation.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ne veux pas m'immiscer dans les rapports entre M.Valls et Mme Taubira. C'est toujours difficile entre Ministres de l’Intérieur et de la Justice mais ils essaient de bien s'entendre. Cela ne fonctionne pas aussi mal que l'on aurait pu le craindre.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Un certain nombre d'individus ont été interpellées. Ils peuvent être déférés en comparution immédiate. J'espère que la justice fera quelques exemples.       
       </li></ul><ul class="list"><li>« Sauvageons » c'est encore assez gentil car étymologiquement, c'est un arbre non greffé. Ce sont donc des enfants qui n'ont pas été éduqués et dont l'école n'a pas su s'occuper. Il y a une certaine démission de l'autorité.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a des limites que l'on n'ose plus tracer sous prétexte que distinguer ce serait discriminer. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">       <br />
       Concernant Bercy et ses 7 ministères</span>       <br />
       <ul class="list"><li>Honnêtement, je ne pense pas que ce soit le nombre de ministres qui pose problème.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Cependant, on n'entend pas la même chose dans la bouche de M. Montebourg et dans celle de M. Moscovici.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je trouve que ce qu'Arnaud Montebourg dit sur le « Made in France » et sur le nucléaire est juste.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Sur l'affaire de Florange, il était pour une nationalisation partielle. Cette position était un peu critiquable : il aurait fallu soit une nationalisation de toute la sidérurgie, soit une solution comme celle retenue par Jean-Marc Ayrault.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Un choix économique important a été fait avec le rapport Gallois : celui de la reconquête de la compétitivité de l'économie française. Sur ce choix, François Hollande demande à être jugé au bout de 5 ans. Le cap est fixé dans la bonne direction mais les moyens pris jusqu'à présent ne sont pas suffisants       <br />
       <span style="font-style:italic">       <br />
       A propos de la récession en Europe </span>       
       </li></ul><ul class="list"><li>C'est évidemment un problème très largement européen. En Italie, en Espagne, au Portugal la récession est plus profonde encore.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nous sommes aujourd'hui dessaisis de tous nos moyens : nous ne pouvons plus protéger notre économie, nous n'avons plus de souveraineté monétaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>De toutes les monnaies mondiales, l'euro est la plus surévaluée.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La monnaie unique est une erreur : on a mis ensemble des pays très hétérogènes par leurs structures économiques, leur niveau de vie, leurs orientations politiques.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a, en gros, deux pays excédentaires dans la zone euro : Pays-Bas et Allemagne.       
       </li></ul><ul class="list"><li>On a toujours sous-estimé le poids des facteurs monétaires A partir du moment où a été fait le choix d'une monnaie forte, la desindustrialisation s'est poursuivie.       
       </li></ul><ul class="list"><li>On ne voit pas trop comment peut être inversée la courbe du chômage sauf s'il y a une redéfinition de la politique monétaire à l'échelle européenne et qu'on essaye de faire de l'Europe une zone de croissance.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le TSCG, que je n'ai pas voté, nous met dans un système où nous avons de fait perdu notre souveraineté budgétaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Un économiste allemand a dit qu'il y avait 2 manières pour les pays déficitaires de sortir de cette situation : soit une dévaluation interne, donc salariale, soit une dévaluation classique. La première est beaucoup plus douloureuse.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le choix d'une monnaie commune aurait été infiniment plus judicieux que la monnaie unique.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Si nous faisons face à un choc extérieur grave, il faudra prendre des mesures courageuses pour reconquérir notre compétitivité. C'est à ce moment là que François Hollande sera jugé.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut avoir une vision large de l'Europe que nous devons construire entre les Etats-Unis et la Chine, la bipolarité du XXIe siècle. Nous ne pouvons pas être coincés entre les pinces de cette mâchoire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Avec la méthode communautaire, la Commission a le monopole de la proposition. C'est n'est plus possible à 27. Cette méthode n'a pas d'avenir       
       </li></ul><ul class="list"><li>La seule méthode qui s'impose car elle est réaliste est celle de la décision au niveau du Conseil européen.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Avec une récession, il y a des moins-values sociales qui se traduisent par des déficits publics qui se traduisent par un endettement croissant. Par conséquent on peut faire des politiques d'austérité de plus en plus intenables.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut une remise en cause profonde et comprendre les erreurs qui ont été commises : l'acte unique est la dérégulation à l'échelle européenne avec la Commission qui dit ce qu'il faut faire du point de vue de la concurrence, la monnaie unique est une hérésie et l'intégration ne conduit pas très loin car un pays comme l'Allemagne refusera toujours d'effectuer des transferts de 2% de PIB.       
       </li></ul><ul class="list"><li>François Hollande comprend qu'il est embarqué dans une situation très difficile       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nous avons laissé notre pays se désindustrialiser, et il se désindustrialise encore. Il est important de remuscler notre tissu productif.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut une grande vue d'homme d’État pour sortir de la France de la nasse où l'ont mené des choix politiques malheureux.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La thèse du patronat est qu'il faut raboter les avantages sociaux qui sont le résultat d'un bon siècle de lutte.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La Commission demande de très fortes baisses de dépenses de l'Etat. Sur quoi vont-elles être actées ? Les allocations familiales ? La santé ? La retraite ?       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a des reformes fines à faire dans tous les domaines. Il y beaucoup à faire en matière d'aide à l’emploi, de formation professionnelle       <br />
       <span style="font-style:italic">       <br />
       Sur le Mali</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li>Brillante opération militaire qui part d'une décision rapide et justifiée du Président de la République. La situation politique est plus compliquée.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Le fait que la France soit membre du Conseil de sécurité de l'ONU a facilité la mise sur pied d'une solution qui peut stabiliser le Mali : ce qu'on appelle la Minusma.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la Syrie</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je suis de ceux qui ont suggéré à François Hollande et Laurent Fabius de s'appuyer plutôt sur les intermédiaires       
       </li></ul><ul class="list"><li>Concernant la Russie, il faut arriver à une solution avec elle.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Il-faut-une-grande-vue-d-homme-d-Etat-pour-sortir-la-France-de-la-nasse_a1489.html</link>
  </item>

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   <title>La France à la reconquête de son destin (vidéo)</title>
   <pubDate>Fri, 02 Jul 2010 12:18:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Voici la vidéo du discours de clôture de Jean-Pierre Chevènement au Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Paris, dimanche 27 juin 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      Le texte de cette intervention est <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/La-France-a-la-reconquete-de-son-destin_a974.html">disponible ici</a>.       <br />
              <br />
       Vous pouvez également retrouver cette vidéo chapitrée en six parties sur <a class="link" href="http://www.youtube.com/user/jpchevenement#grid/user/438C315CBFB55FDC">YouTube</a>, <a class="link" href="http://www.dailymotion.com/playlist/x1cubo_jpchevenement_congres-mrc-2010">Dailymotion</a> et <a class="link" href="http://www.facebook.com/jpchevenement?v=app_2392950137">Facebook</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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  </item>

  <item>
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   <title>La France à la reconquête de son destin</title>
   <pubDate>Sun, 27 Jun 2010 12:41:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Grands textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Discours de clôture de Jean-Pierre Chevènement au Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Paris, dimanche 27 juin 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2190927-3054361.jpg?v=1476647029" alt="La France à la reconquête de son destin" title="La France à la reconquête de son destin" />
     </div>
     <div>
      Dans moins de deux ans d’ici, l’élection présidentielle qui est, dans le système politique français, l’élection primordiale, « la mère des batailles » en quelque sorte, nous donnera, si nous le voulons, l’occasion de peser pour redonner à notre pays, non pas un futur comme aujourd’hui, mais un avenir.       <br />
              <br />
       Le MRC est avant tout une ligne politique, indissociablement au service du monde du travail et au service de la France, continue dans la durée, à la fois cohérente et exigeante, ambitieuse enfin pour la République et pour la nation. Je vous parlerai de la crise qui est devant nous, des perspectives qu’elle offre à notre projet et enfin des moyens que nous avons de peser d’ici 2012 et après.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – La crise</b>       <br />
              <br />
       Elle est fondamentalement celle du capitalisme financier dont nous avons combattu la mise en place en France et en Europe, dès 1983. Elle est aussi la crise de la monnaie unique, celle de l’euro que nous avions prévue depuis la création de celui-ci en 1992 par le traité de Maastricht. Il n’y avait pas besoin d’être grand clerc pour deviner que l’abandon de la souveraineté monétaire à une Banque Centrale européenne indépendante, copiée sur le modèle allemand de la Bundesbank, conduirait à des tensions insupportables dans une Europe faite de nations diverses, aux structures économiques et aux cultures différentes, et aux politiques économiques souvent divergentes.       <br />
              <br />
       A ce pari fou sur une convergence économique improbable des nations dans la zone euro, nous avons dès le départ manifesté une opposition solidement argumentée, non pas contre l’Europe mais pour une Europe des peuples avec leurs nations et non pas sans elles, voire contre elles. L’heure des comptes est arrivée. L’arrogance de nos élites bien-pensantes perd déjà de sa superbe.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(La vidéo intégrale du discours)</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.chevenement.fr/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="104896" data="http://www.chevenement.fr/v/34b1bb00f2c040992badafe7acaf022216d74942" width="432" height="243"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/34b1bb00f2c040992badafe7acaf022216d74942"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      1.	La crise du capitalisme financier est inséparable de la déréglementation néolibérale mise en oeuvre dans le monde anglo-saxon d’abord par Mme Thatcher et M. Reagan, en Europe ensuite en vertu des traités européens et particulièrement de l’Acte Unique de 1987. Au nom de la « concurrence », trois cents directives européennes ont interdit les politiques industrielles et cassé les services publics. La seule régulation admise était celle du capital dont la liberté de mouvement, y compris vis-à-vis des pays tiers, a été consacrée le 1er janvier 1990. Tout le pouvoir aux actionnaires !        <br />
              <br />
       Leurs exigences de rentabilité ont fini par commander tous les choix économiques. Les délocalisations industrielles s’ensuivirent. L’épargne française s’est envolée à l’étranger, les capitaux investis à l’extérieur passant de 80 milliards d’euros en 1982 à 880 milliards en 2006, soit onze fois plus. Les effectifs employés dans l’industrie française ont fondu dans le même temps de 6 millions à 3,5 millions. Une quasi stagnation industrielle a marqué les deux dernières décennies, installant notre pays dans un chômage de masse (10 %), frappant particulièrement les jeunes (20 %).       <br />
              <br />
       Le capitalisme financier à l’anglo-saxonne est entré, depuis 2007, dans une crise de longue durée. Il a vu son principe se retourner contre lui avec la crise des subprimes. L’Hyperpuissance américaine, qui soutient le capitalisme financier comme la clé de voûte la cathédrale, s’est enlisée militairement et financièrement. Obama solde les comptes de G.W .Bush.       <br />
              <br />
       Dès le 4 septembre 2001, <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Discours-de-Vincennes_a30.html">je vous avais dit à Vincennes</a> : « Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ce sont les nations et les peuples qui font la permanence de l’Histoire ». Nous y sommes. Notre motion d’orientation fait une large place à l’analyse de cette crise que nous avions vu venir depuis longtemps, et en particulier à la situation de l’Europe prise en étau dans les tenailles du G2, ou si vous préférez de la « Chinamérique », je veux dire l’alliance objective des Etats-Unis, dont la monnaie - le dollar - est aussi la monnaie mondiale, et de la Chine qui a bâti sa croissance, tirée par l’exportation, sur l’exploitation par les multinationales d’une immense armée de réserve industrielle dont la qualité est d’ailleurs indéniable.        <br />
              <br />
       Le centre de gravité du monde a glissé vers le Pacifique. L’Europe est devenue un continent périphérique. Le traité de Lisbonne a achevé de la réduire à l’impuissance, à travers un mécanisme décisionnel opaque et inopérant. Quel échec  tous égards pour les prophètes de Maastricht !       <br />
              <br />
              <br />
       2.	La crise de l’euro manifeste la fragilité pour ne pas dire l’absurdité d’une construction européenne fondée sur la négation des nations et de leur irréductible diversité. Les marchés financiers s’en prennent au maillon faible, c’est-à-dire aux Etats de la zone euro, à commencer par ceux qui sont les plus endettés. Il est loin le temps où le général de Gaulle déclarait « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».       <br />
              <br />
       Invité à une émission de télévision, en février 2009, le Président de la République déclarait : « J’observe tous les jours l’évolution de ce qu’on appelle les « spreads », les primes de risque sur un certain nombre de pays. » Monnaie unique ou pas, la pression des marchés financiers recrée, non plus entre les monnaies mais entre les Etats, les tensions que reflétaient autrefois – avant 1999-, les parités monétaires affrontées à la spéculation. Quel désaveu pour cette monnaie unique, dès le départ mal pensée !       <br />
              <br />
       L’erreur initiale de la monnaie unique conçue à Maastricht et même avant, dès 1989, a été de faire comme si les nations n’existaient pas. La souveraineté monétaire de chaque pays a été transférée à une instance déconnectée du suffrage universel, la Banque Centrale Européenne indépendante, sans qu’ait été mis en place un gouvernement économique de la zone euro dont le rôle eût été de ne pas laisser se creuser les écarts de compétitivité entre les différents pays et d’ouvrir à tous un sentier de croissance partagé. Le mot « gouvernement économique » semble aujourd’hui accepté, y compris par Mme Merkel mais les interprétations divergent du tout au tout quant à son contenu.       <br />
              <br />
       Le Fonds européen de stabilisation financière, mis en place le 9 mai dernier, n’est pas un remède suffisant à la crise de l’euro. J’observe en effet que contre l’avis initial de la France, l’Allemagne a obtenu que chaque pays ne garantisse les futures levées d’argent qu’à hauteur de sa contribution au Fonds.       <br />
              <br />
       Le refus de la solidarité financière des Etats pour la mise en œuvre de plans de sauvetage éventuels est une grave faute. Un tel dispositif, en cas de crise grave, favorisera le creusement d’écarts de taux entre les différents pays. Bref, il aggravera la crise ! L’Europe navigue sur un volcan ! Ces Etats peuvent être acculés à la faillite par la pression des marchés. La responsabilité de tous ceux qui ont soutenu le traité de Maastricht et encore hier approuvé le traité de Lisbonne est engagée. « l’autocritique doit être partagée » entre le PS et l’UMP. Pour autant je ne pense pas qu’il faille faire la politique du pire en prenant par avance son parti du défaut possible de tel ou tel pays et de l’éclatement de la zone euro. La monnaie unique est devenue réalité. Elle a coûté beaucoup de sacrifices. Mais elle a eu aussi beaucoup d’inconvénients : un euro trop fort pénalise nos exportations et favorise les délocalisations industrielles. Certes, là où la BCE avait échoué : obtenir une parité un peu plus réaliste, la crise actuelle a provisoirement réussi mais la méthode n’est pas satisfaisante ! Elle est même franchement insuffisante. Nous sommes partisan de défendre la zone euro dans son intégrité mais en changeant les règles du jeu, en introduisant par exemple la croissance et l’emploi parmi les objectifs de la BCE. Le modèle américain, quoi ! Or, un concours de plans de rigueur s’organise dans toute la zone euro sous la pression des marchés financiers et à l’initiative de Mme Merkel. Il est sans doute nécessaire de responsabiliser les Etats. Solidarité de l’Europe et responsabilité des Etats sont deux principes qui doivent aller de pair.       <br />
              <br />
       Mais on ne peut raisonnablement demander à la Grèce de réduire son déficit de 13,6 % de son PIB en 2009 à 3 % d’ici à 2013. L’Irlande a de même un déficit de 13,4 %, le Portugal de 9,4 %, l’Espagne de 11,2 %. La purge imposée à ces pays, blocage voire diminution des salaires et des retraites à la clé, n’a aucune chance de réussir en si peu de temps.       <br />
              <br />
       En France, les engagements pris – réduire de 100 milliards notre déficit budgétaire d’ici 2013 - risquent de casser la reprise. Il eût fallu distinguer la bonne dette et la mauvaise : la bonne qui prépare l’avenir à travers l’investissement, et la mauvaise qui couvre les frais de fonctionnement et qu’il faut effectivement supprimer. Mais tout cela ne peut se faire sur le dos du monde du travail. Une réforme fiscale de grande ampleur s’impose. On ne peut pas non plus, pour équilibrer nos régimes de retraites mais aussi pour calmer les marchés financiers, remettre en cause la conquête essentielle qu’a été pour la classe ouvrière la retraite à soixante ans. L’espérance de vie pour les ouvriers est de sept ans inférieure à la moyenne. Nous demandons que pour les ouvriers de l’industrie, l’âge de départ à la retraite soit maintenu à soixante ans. Ce sera une bonne manière de revaloriser à la fois le travail et l’industrie.       <br />
              <br />
       Joseph Stiglitz l’a dit clairement « Si l’Union européenne continue dans la voie d’un plan coordonné d’austérité, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années trente, que ce n’est pas ce qu’il faut faire ! ». Le pronostic de Joseph Stiglitz pour la monnaie unique est pessimiste. Je le cite « Pour Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s’ils ont intérêt à poursuivre le plan d’austérité imposé par le FMI et par Bruxelles, ou au contraire, à redevenir maîtres de leur politique monétaire. » Le Président de la BCE a déclaré qu’il n’avait pas de plan B. Est-ce prudent ? Je ne le crois pas. Il faut préparer un plan B. Il n’est pas nécessaire de le dire. Mais il faut le faire.       <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a fait malheureusement à Mme Merkel deux concessions majeures en acceptant :       <br />
              <br />
       -	que le droit de vote d’un pays au sein du Conseil européen puisse être suspendu pour laxisme, en contravention avec les traités existants ;        <br />
       -	que la coordination économique et budgétaire s’opère au niveau de l’Union à vingt-sept, et pas au niveau des seize pays qui ont adopté la monnaie unique où se pose justement ce problème, les onze autres pays qui ont gardé leur monnaie pouvant procéder à des ajustements monétaires.       <br />
              <br />
       Même suivisme pour constitutionnaliser l’interdiction du déficit budgétaire. Cette reculade est inquiétante. M. Trichet a proposé un « fédéralisme budgétaire » qui priverait les Parlements nationaux de leur prérogative essentielle : le vote du budget de la nation. Ce n’est pas ainsi qu’on remédiera au déficit démocratique des institutions européennes.       <br />
              <br />
       Nous ne saurions accepter l’idée d’un visa préalable de la Commission européenne sur les budgets nationaux. C’est le Parlement qui vote le budget et personne d’autre. Monsieur Trichet sort de son rôle quand il parle de « fédéralisme budgétaire ». Ce discours ne peut avoir qu’un sens : soustraire à la délibération des Parlements l’élaboration des budgets. C’est une remise en cause fondamentale de la démocratie. Parler de fédéralisme relève de l’intoxication.        <br />
              <br />
       Celui-ci est impraticable : le budget européen dépasse à peine 1 % du PIB européen. Le taux moyen des prélèvements obligatoires en Europe est d’environ 40 %. Le mot « fédéralisme » dissimule en réalité la volonté de priver les peuples de toute possibilité d’expression et d’influence politique.       <br />
              <br />
       Ce qui serait raisonnable ce serait un processus itératif : le Conseil européen approuverait un cadre général de prévisions macroéconomiques, éventuellement ventilé par pays. Il reviendrait aux Parlements nationaux de délibérer et d’établir une programmation, d’ailleurs révisable, des recettes et des dépenses. En cas de désaccord, le Conseil européen chercherait à dégager un compromis, à charge par le gouvernement concerné de le faire ratifier par son Parlement. Il s’agirait donc d’un document de programmation concernant l’évolution de l’économie dans son ensemble aussi bien que celle des Finances publiques. Les parlements continueraient, dans ce cadre, à voter le budget.       <br />
              <br />
       Le gouvernement allemand devrait être incité à infléchir sa politique en relâchant la pression qu’il exerce notamment sur l’évolution des normes salariales. Sans doute est-ce là d’abord l’affaire du patronat et des syndicats. Mais dans le passé le gouvernement allemand n’a-t-il pas impulsé des plans comme l’Agenda 2010 ou les différents plans Harz, du nom du conseiller économique de M. Schröder ?       <br />
              <br />
       De même, la BCE devrait-elle être encouragée à ouvrir davantage le robinet monétaire, en prenant en pension, en cas de besoin manifeste et comme elle l’a déjà fait occasionnellement pour les titres de l’Etat grec, les titres d’emprunt d’Etat de façon à stopper la spéculation. Il y a là un vrai mécanisme de solidarité européenne défensive. Sur ce sujet, il est important qu’un accord intervienne entre la France et l’Allemagne avant le remplacement de M. Trichet à la tête de la BCE. M. Axel Weber, président de la Bundesbank, s’il est nommé à la place, doit l’être sur la base d’un contrat. La cohésion franco-allemande est sans doute nécessaire, mais elle ne saurait se confondre avec l’alignement !       <br />
              <br />
       On ne peut que regretter rétrospectivement le projet de monnaie commune soutenu en 1990 par la Grande-Bretagne, dit encore « hard écu », la monnaie commune ayant cours vers l’extérieur et laissant subsister, à l’intérieur, des monnaies nationales inconvertibles autrement qu’à travers un accord politique fixant leur parité par rapport à la monnaie commune. Ce système simple permettait, sous un « toit européen » commun, les ajustements monétaires rendus nécessaires par les évolutions divergentes que le pacte de stabilité de 1997, rudimentaire et arbitraire, n’a pas permis d’empêcher et qu’on ne pourra jamais empêcher, car ils sont enracinés dans les comportements nationaux façonnés par des siècles d’Histoire.       <br />
              <br />
              <br />
       La situation st aujourd’hui gravissime. Après la Grèce, ce peut être le tour d’un grand pays comme l’Espagne et ensuite le détricotage de toute la zone euro. Nous devons nous préparer à toutes les hypothèses en nous efforçant d’approfondir le dialogue avec l’Allemagne et d’élaborer des positions communes, y compris des scénarios alternatifs.        <br />
              <br />
       Nous savons ce que nous ne voulons pas : il ne serait pas réaliste et même franchement contraire à l’intérêt national de vouloir redécouper la zone euro pour en exclure les pays autrefois désignés comme « pays du club Med ». La France ne pourrait pas accepter une union monétaire à cinq ou six avec l’Allemagne et le Benelux. Ce qui reste de notre industrie n’y résisterait pas. Ce serait inacceptable pour l’idée que nous nous faisons de l’Europe. Nous devrons le faire savoir à nos amis allemands. La zone euro doit être défendue dans ses limites actuelles. Il serait inacceptable de revenir à la conception d’un noyau dur à cinq (Allemagne-Benelux-France) tel que proposé en 1994.        <br />
              <br />
       Pouvons-nous faire confiance aux milieux dirigeants français, toutes tendances confondues, pour manifester une telle volonté ? Non, nous ne le pouvons pas ! Ils ont trop investi sur l’Europe de Maastricht et sur la monnaie unique. Leur orgueil nourrit leur aveuglement. Nos élites, comme dans les années trente, manquent de confiance en la France. Voilà pourquoi nous devons peser. Ici et maintenant !        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Notre projet</b>       <br />
              <br />
       Notre projet est clairement de refaire de la France un grand pays industriel et technologique. Pour cela nous n’avons aucune confiance dans ceux qui nous ont fourvoyés.  Combien d’emplois ont créés en France depuis dix ans les entreprises du CAC40 ? A ma connaissance, aucun. Elles se développent à l’étranger. Nos dirigeants manifestent tous les jours à quel point ils ne croient pas en l’avenir de la France. Et nous, nous voulons rendre confiance à la France et à sa jeunesse. Nous voulons rendre à la France une éthique républicaine exigeante, et avec elle sa fierté et son ambition.       <br />
              <br />
       C’est possible ! Nos atouts restent immenses et d’abord dans la formation, la recherche, l’innovation, et ensuite dans notre épargne, l’une des plus élevées du monde ! Ce qui manque c’est la volonté de créer un cadre propice à la valorisation des atouts de la France. Notre mot d’ordre est le même qu’en 1981 : d’abord l’emploi !       <br />
              <br />
       Nous disons non à la dictature de l’Argent ! Non à « l’acquisition de la valeur par l’actionnaire », comme disent nos financiers. Nous voulons faire la Révolution. Au sens étymologique du terme : remettre les choses à l’endroit. Faire passer le souci de l’Homme avant celui de la Finance.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas si difficile que cela :       <br />
              <br />
       -	Il nous faut d’abord une monnaie qui n’écrase pas notre compétitivité.       <br />
       -	Et nous devons imaginer et mettre en œuvre un contrôle public du crédit, afin de soustraire le développement de nos entreprises à la dictature du court terme et à la myopie de nos élites financières.       <br />
              <br />
       Voilà le projet de salut public qui éclaire nos quarante propositions.       <br />
              <br />
       Nous voulons une autre Europe, fondée sur la démocratie qui vit dans les nations. Nous voulons une ligue de peuples étendue jusqu’à la Russie. Nous devons organiser la « résilience » de l’Europe. Certes, les temps où l’Europe dominait le monde sont définitivement derrière nous. Nous nous réjouissons du développement légitime de grands pays milliardaires en hommes. Mais pas au prix de la destruction de notre industrie, de notre modèle social et de notre avenir !       <br />
              <br />
       Je suis persuadé qu’un projet commun peut réunir Paris et Berlin vers la Russie d’une part, vers la Méditerranée et l’Afrique d’autre part. Et ce projet européen peut associer Rome, Madrid, Varsovie, et d’ailleurs toutes les autres capitales européennes. C’est de la « résilience » de l’Europe qu’il s’agit, bref de la survie d’un ensemble de nations libres, démocratiques et que nous voulons maintenir prospères. Oui le moment approche où il faudra repenser ce que le mot « Europe » veut dire !       <br />
              <br />
       Il faut faire bouger les lignes. Que le vrai débat s’ouvre. Nos élites ne comprennent qu’un langage : celui des rapports de forces. Nous sommes seuls ? Mais ouvrons les yeux : en Europe, les peuples n’acceptent pas la purge. Les Etats-Unis d’Obama non plus, qui ont besoin d’une locomotive européenne pour les aider à combler leurs déficits.        <br />
              <br />
       Regardons le calendrier : après 2012 en France, il y a en Allemagne 2013, l’échéance des élections générales ! Or, la gauche allemande reprend du poil de la bête, même si ses divisions entre le SPD, die Linke et les Verts constituent pour elle un handicap historique. Une France progressiste pourrait l’aider à surmonter ce handicap. Parions que de toute façon les évènements feront bouger les mentalités chez notre grand voisin. À condition que la France se tienne et qu’elle joue son rôle, celui de la nation forte qu’elle a été et qu’elle doit redevenir !       <br />
              <br />
       Je ne m’étends pas davantage sur notre projet : Il est de rendre la France exemplaire !       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Comment peser ?</b>       <br />
              <br />
       1. Comment d'abord mettre la France à la hauteur des formidables défis qui sont devant nous ?        <br />
              <br />
       Je ne dirai que peu de mots de Nicolas Sarkozy. Sa fonction n’est pas en cause. Il a été élu démocratiquement Président de la République. Mais c’est son projet, libéral, européiste et atlantiste que nous combattons. Il ne met pas la France sur la bonne pente. Nicolas Sarkozy peut être battu, mais il n’y a pas aujourd’hui d’alternative politiquement et intellectuellement construite : Le Parti socialiste reste prisonnier d’une vision libérale et européiste dépassée. Comme hier avec les Verts, au sein de la « gauche plurielle », l’alliance avec Europe Ecologie pose problème. Certes, sur divers sujets de société ou même de politique extérieure, et sur les questions environnementales, nous pouvons trouver des convergences ou des compromis avec cette formation, mais sa thématique (décroissance, sortie du nucléaire, rejet de la philosophie des Lumières, au nom de la contestation du « progrès »), tourne trop souvent le dos aux orientations d’une politique de salut public.       <br />
              <br />
       Comment, dans ces conditions, substituer une régulation politique à la dictature des marchés financiers, sinon en se tournant vers le peuple lui-même ? C’est tout simplement notre devoir, car il faut que notre peuple soit à nouveau rendu maître de son avenir.       <br />
              <br />
       2. Nous devons donc remédier à l’insuffisance de l’offre politique.        <br />
              <br />
       Non que les hommes ou les femmes qui prétendent à concourir soient médiocres.        <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a des défauts, mais il a aussi d’incontestables qualités, d’habileté et de pragmatisme. Cela ne suffit pas. Dominique de Villepin a beaucoup de qualités, mais il a aussi quelques défauts, par exemple d’avoir gardé sa carte à l’UMP.       <br />
              <br />
       Pouvons-nous nous tourner en confiance vers le PS ? Martine Aubry est une femme énergique. Elle donne le sentiment de savoir où elle va mais si son projet rencontrait le nôtre, elle ne nous marcherait pas sur les pieds tous les jours.        <br />
              <br />
       Je ne reviendrai pas sur les régionales où neuf de nos candidats, placés en position éligible et inamovible, aux termes mêmes de l’accord dûment paraphé par Martine et par moi-même, ont été purement et simplement éjectés entre les deux tours.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien sur les élections européennes où les conversations engagées ont tourné court, du fait du PS.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien sur les municipales où quand nous sommes en position forte, comme à Belfort, nous devons affronter une liste socialiste au premier tour. Encore, avec 13 % se désiste-t-elle au second tour pour la liste conduite par Etienne Butzbach qui l’avait nettement devancée au premier avec 33 % des voix.       <br />
              <br />
       Rien de tel aux sénatoriales, où le Président du Conseil général socialiste se maintient contre moi au deuxième tour bien que je l’aie devancé au premier. Cela ne m’a d’ailleurs pas empêché d’être élu contre le candidat de l’UMP, ce qui est normal, et contre celui du PS, ce qui ne l’est pas du tout.        <br />
              <br />
       Bref, le Parti socialiste ne nous tolère que lorsque cela lui est utile ou qu’il y est contraint. Autrement, il nous écrase. Il ne reconnaît pas la légitimité du débat qui nous oppose à lui sur maints sujets. Il est incapable d’une autocritique sérieuse, sur Maastricht par exemple ou sur 2002 où il nous transforme en bouc émissaire commode pour ne pas avoir à remettre en cause la ligne politique qui l’a conduit à la défaite. Il délaisse le social pour le sociétal et au point où il est parvenu, il transformerait volontiers la gauche en organisation caritative.       <br />
              <br />
       Dominique Strauss-Kahn, a de remarquables facilités intellectuelles. Comme Martine Aubry, je le connais bien. Nous avons eu longtemps des relations sympathiques. Sauf sur la politique industrielle, sur l’Europe dont, dans un rapport remis à Romano Prodi en 2004, il voulait faire une nation, thèse peu sérieuse pour un candidat potentiel à la Présidence de la République française, sauf enfin sur les plans de rigueur qu’il administre à la tête du FMI. Au sein de celui-ci, les Etats-Unis disposent d’une minorité de blocage. Etait-il si prudent de les introduire dans la bergerie européenne ? Et de mettre d’éventuels plans de sauvetage de l’euro sous tutelle américaine ?        <br />
              <br />
       Ségolène Royal est courageuse. Sa personnalité est charismatique. Elle n’a malheureusement pas respecté jusqu’au bout l’accord politique qui la liait à nous.        <br />
              <br />
       François Hollande est talentueux. C’est le meilleur orateur chez les socialistes. J’ajoute, à titre personnel, qu’il est très sympathique. Mais sur l’essentiel, ces quatre-là pensent la même chose. Ce sont des sociaux-libéraux. Ils ne voient rien, au-delà de l’horizon des marchés financiers. C’est embêtant.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien du Parti communiste et du Parti de gauche. Il faut d’abord qu’ils s’entendent sur la procédure.       <br />
              <br />
       3. Nous avions un moment envisagé, avec circonspection mais esprit d’ouverture, des primaires de toute la gauche. Elles n’auraient été possibles que sur la base d’un dessein à peu près partagé. Sinon le désistement n’aurait eu que le sens d’un ralliement. En sommes-nous là aujourd’hui ? Certainement pas. Il faut donc faire bouger les lignes !       <br />
              <br />
       Par ailleurs, il faudrait bien sûr un accord sur l’organisation de ces primaires. Mais les dirigeants du PS n’ont-ils pas commencé à vider eux-mêmes ces « primaires » de leur substance en passant par avance des pactes de désistement ? Pacte de Marrakech entre Dominique Strauss Kahn et Martine Aubry … Pacte du Boulevard Raspail où se sont rencontrées Ségolène Royal et Martine Aubry … François Hollande lui-même exprime sa crainte de passer pour un « diviseur » s’il se présente à ces primaires ! Bonjour l’ambiance !       <br />
              <br />
       Bref, les choses de ce côté là ne sont pas mûres … Il faudrait que sur tous les sujets de fond s’engage un débat fracassant !  Sinon ces primaires risquent de se résumer à une campagne médiatique arbitrée par les sondages.       <br />
              <br />
       Pouvons-nous changer la donne ?       <br />
              <br />
       4. Devant tant d’incertitudes, nous devons prendre nos résolutions.  Pour faire bouger les lignes et engager un débat sur le fond, le MRC doit se préparer à présenter un candidat républicain – je cite notre motion d’orientation. C’est la seule manière de faire que 2012 soit le début de la reconquête par la France de son destin.       <br />
              <br />
       La tâche est infiniment rude car la gravité de la situation financière va très vite mettre le salut public à l’ordre du jour. Ce n’est pas seulement une candidature républicaine qui fera bouger les lignes. Ce seront les évènements eux-mêmes. Pour préparer l’avenir d’une Europe des peuples, avec en son cœur une compréhension franco-allemande renforcée, il faut une France forte et une France capable de raisonner mondial. La crise du capitalisme financier mondialisé implique en effet une réponse mondiale. Notre meilleur allié aujourd’hui s’appelle Obama. Car le Président américain doit résorber les énormes déficits de la balance commerciale (700 milliards de dollars) et du budget général américain (12 % du PIB !).       <br />
              <br />
       Il ne le peut qu’à travers une croissance forte, non seulement aux Etats-Unis mais dans le reste du monde. Il doit pouvoir compter sur une France  capable de jouer son rôle de contrepoids en Europe, dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même. Car celle-ci réalise 60 % de son excédent commercial sur la zone euro. L’Allemagne aussi a ses problèmes. Elle connaît notamment une précarité grandissante. Une relance de la demande intérieure, y compris par la voie salariale, peut ranimer la croissance allemande. Bref un compromis européen est nécessaire à tous égards, y compris pour aider les Etats-Unis à surmonter leur crise.       <br />
              <br />
       Voilà le discours que devrait tenir un candidat républicain, animé d’une vision qui réponde à l’intérêt national mais plus largement encore à l’intérêt de l’Humanité tout entière dans cette période historique dangereuse où la guerre peut, comme dans toutes les périodes de crise, à tout moment, surgir à l’horizon.       <br />
              <br />
       5. Qui peut nous inspirer confiance dans ces circonstances difficiles ? Objectivement, il n’y a pas beaucoup d’hommes d’Etat à l’horizon. Certes on ne naît pas homme d’Etat. On le devient. Je suggère que nous ne prenions pas aujourd’hui de décision précipitée sur la personne du candidat républicain dont la France a besoin et que nous soutiendrons. Un candidat à la Présidence de la République peut être soutenu par un parti. Mais il ne peut être le candidat d’un parti. Pour ma part, vous le savez, je n’ai jamais été tenaillé depuis l’adolescence par l’envie rentrée de devenir Président de la République. Je n’ai pas calibré ma carrière en conséquence.       <br />
              <br />
       Je me suis borné à une fonction d’instituteur républicain, en quelque sorte, au sens étymologique du terme. Si je me suis résolu à être candidat en 2002, c’est pour témoigner d’une vision républicaine qui n’était portée par aucun autre. Je ne retire rien des vues que j’ai exprimées qui n’avaient en général que le défaut d’être prémonitoires. Sur l’Europe par exemple.       <br />
              <br />
       Je récuse évidemment le procès imbécile qui m’a été fait d’avoir fait perdre le candidat socialiste. Si 11 % des ouvriers seulement ont voté pour lui, ce n’est quand même pas la faute de Chevènement. Trêve donc de balivernes ! En démocratie il est légitime de porter le débat devant l’électeur.       <br />
              <br />
       Aujourd’hui, je ne veux rien exclure. Certes, je ne suis plus jeune. Mais l’expérience est irremplaçable. Depuis quarante ans, depuis le Congrès d’Epinay, j’ai vu qui était qui, qui faisait quoi. J’ai compris beaucoup de choses. Et je ne suis animé que par le souci de servir mon pays. J’observe qu’en 1917, Clemenceau avait soixante-dix-sept ans. Quelle leçon d’énergie il a laissée ! Celle-ci serait aujourd’hui bien nécessaire !       <br />
              <br />
       6. Quel profil d’ailleurs doit avoir un Président de la République par les temps qui courent ?       <br />
              <br />
       La hauteur de vues, c’est le principal.       <br />
       La volonté ensuite de rétablir dans l’Etat une stricte déontologie républicaine.        <br />
       Le souci enfin d’aller à l’essentiel, en laissant le Premier ministre gouverner et recevoir, par exemple, Thierry Henry.       <br />
              <br />
       Bref, du grand classique ! En outre, le souci de rassembler largement, sans sectarisme  et sans démagogie, car le Président de la République doit être « l’Homme de la Nation » et pas celui d’un parti. C’est ce qui est embêtant aujourd’hui : les institutions de la Vème République n’étaient pas faites pour être ainsi confisquées par deux partis. Il faudrait donner un peu d’air à tout cela ! Voilà pour le profil du candidat.       <br />
              <br />
       7. Le moment est-il venu de décider ? Chacun comprendra qu’il faut créer d’abord un espace politique. C’est là votre mission. Pour ma part, je porterai dans le pays le message de la République à chaque occasion       <br />
              <br />
       Comment créer cet espace politique ? Je ne vois qu’un moyen : convaincre nos concitoyens que ceux qui les ont fourvoyés depuis Maastricht, et même avant et jusqu’à Lisbonne en 2008, ne sont pas les mieux placés pour solliciter leur confiance. Faites donc entendre le langage de la vérité ! Vous le connaissez ! Faites connaître nos analyses et notre projet. Sachez que pour ma part, je suis disponible !  Alors, vous verrez, d'ici un an, vous ferez bouger les lignes. C’est ainsi que vous ferez revivre la République, que vous aiderez au grand retour de la France et que vous ouvrirez non pas un misérable futur, mais un bel avenir à notre jeunesse. 
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   <title>Se ressaisir pour réussir, par Jean-Pierre Chevènement, 29 mai 1983</title>
   <pubDate>Wed, 04 Apr 2007 21:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Grands textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Lors de cette intervention à la Convention nationale du Parti socialiste du 29 mai 1983, Jean-Pierre Chevènement dénoncait la politique de rigueur amorcée par François Mitterrand et Pierre Mauroy et expliquait les raisons de son départ du Gouvernement.     <div>
      Chers Camarades,       <br />
              <br />
       C'est la première fois que je m'exprime publiquement depuis mon départ du Gouvernement. J'ai quitté le Gouvernement très normalement car il ne peut pas y avoir deux politiques au Gouvernement. Mais il peut y en avoir deux à l'intérieur du parti. Ainsi à Metz, il y en avait deux politiques, l'une majoritaire, l'autre minoritaire...       <br />
              <br />
       Si j'ai réservé aux responsables du PS l'expression de ma pensée sur le cours politique actuel, c'est que j'ai toujours pris notre parti au sérieux et j'espère que vous prendrez ce que j'ai à vous dire aujourd'hui comme une marque de considération vis-à-vis des responsables que vous êtes.       <br />
              <br />
       La Ve République est aussi une République. Or, il n'y a jamais eu de République sans républicains. A plus forte raison je ne pense pas qu'on puisse regarder le parti comme mineur, le traiter comme un simple rouage de l'Etat. Au contraire. Le problème est aujourd'hui le suivant : si les socialistes ne maîtrisent pas l'Etat, c'est l'Etat non maîtrisé, c'est-à-dire l'Etat d'avant avec ses habitudes, avec ses routines, modelé par les intérêts qu'il a été façonné pour servir, qui, en définitive maîtrisera les socialistes. C'est pourquoi le PS doit être l'instrument de salut.       <br />
              <br />
       Le salut ne peut pas venir seulement d'en haut mais aussi d'en bas. C'est l'originalité de notre conception du socialisme, le socialisme autogestionnaire que de lier le mouvement d'en haut, l'action gouvernementale et le mouvement d'en bas, c'est-à-dire l'initiative décentralisée des citoyens, des producteurs et des collectivités, dans une cohérence d'ensemble qui ne peut venir que d'un projet historique partagé. D'un logiciel commun.       <br />
              <br />
       Les décisions - chacun peut l'observer - sont gouvernées par les rapports de forces. Or tout le monde pourrait s'exprimer en France ? La droite tiendrait le haut du pavé, les corporatismes déferleraient dans la rue ! Et seul le PS n'aurait le droit que de se taire !       <br />
              <br />
       Notre rôle est d'organiser le parti de la réussite. Nous en sommes tous comptables ! L'histoire nous jugera, et d'autant plus sévèrement qu'à la différence de ce qui s'était passé sous le Front populaire, le peuple nous a donné en 1981 toutes les responsabilités.       <br />
              <br />
       <b>I Prenons-nous aujourd'hui le chemin de la réussite ?</b>       <br />
              <br />
       Si je le pensais, je n'aurais pas quitté le Gouvernement. Oh certes je ne sous estime pas le bilan de tout ce qui a été accompli. Je sais à quel point la tâche du Gouvernement peut être rude. Mais s'agissant de la politique économique à laquelle je bornerai mon propos, je ne crois pas que ce serait servir demain le socialisme que de farder aujourd'hui la vérité.       <br />
              <br />
       « <span style="font-style:italic">Le courage, disait Jaurès, c'est de chercher la vérité et de la dire</span> ».       <br />
              <br />
       <b>A/ Or le moins qu'on puisse dire est que la politique choisie repose sur une conception qui n'a rien de particulièrement socialiste.</b>       <br />
              <br />
       En effet il s'agit d'une politique classique, déjà engagée en 1982, de réduction de la demande.       <br />
              <br />
       Le plan décidé en mars 1983 représente une ponction de 65 Milliards de Francs sur le revenu national qui a l'inconvénient de paraître comme la critique en acte de la politique dite de relance de 1981. Or contrairement à ce qu'on dit, ce n'est pas la relance qui a créé le déficit de notre commerce extérieur. Ce déficit préexistait, vous le savez bien, et l'envolée du dollar est largement responsable de son gonflement.       <br />
              <br />
       Le déficit venait du décalage des conjonctures entre la France et ses principaux partenaires (Allemagne, Angleterre, Etats-Unis). Tout se passe donc comme si la politique gouvernementale actuelle avait pour philosophie implicite : il faut assurer la convergence des politiques économiques, la mise à niveau des conjonctures, bref l'idée que nous ne sommes pas maîtres de notre politique ou que nous dépendons des autres. Ce qui n'est pas entièrement faux mais ce qui n'est pas non plus toute la vérité. Ainsi, comme soeur Anne, nous attendons la reprise américaine qui déjà en 1982 nous a fait défaut. C'est là un étrange paradoxe que de voir les socialistes compter en définitive pour le succès de leur politique sur la capacité du capitalisme à surmonter sa crise : Après tout si M. REAGAN avait raison ? et s'il réussissait ?       <br />
              <br />
       Un tel acte de foi aboutirait à la renonciation à ce qui fait l'originalité de notre conception qui a toujours privilégié l'action sur les structures par le plan et le secteur public.       <br />
              <br />
       Aussi bien, cette perspective - la reprise - n'est pas la plus probable, du fait de la lenteur de sa propagation (nous vendons fort peu aux Etats-Unis). Dès lors se pose la question de savoir à quel horizon il faut se placer pour juger du succès ou de l'échec : 6 mois comme l'indiquait Lionel JOSPIN ou 18 mois comme le demande J. DELORS ?       <br />
              <br />
       Outre qu'il est toujours imprudent de fonder son action sur une hypothèse optimiste, je crains que dans 18 mois il soit bien tard pour redresser la barre car au début de 1985 nous serons déjà dans la campagne des législatives !       <br />
              <br />
       <b>B/ Les conséquences à attendre de cette politique</b> ne sont malheureusement dès aujourd'hui que trop       <br />
       claires :       <br />
              <br />
       La courbe du <b>chômage</b> remontera dès juillet. La diminution des offres d'emploi est déjà très sensible.       <br />
              <br />
       Je ne pense pas par ailleurs que cette régulation par la demande réduise <b>l'inflation</b> qui en France est une inflation par les coûts à moins que, comme aux Etats-Unis, on veuille obliger les salariés à toutes les concessions et en particulier à accepter l'amputation de leurs salaires.       <br />
              <br />
       Le plus grave risque c'est <b>la réduction des investissements</b>. Les entreprises n'investissent pas sans carnets de commandes.       <br />
              <br />
       Les responsabilités que j'ai exercées m'ont très vite convaincu qu'on ne peut <b>pas déconnecter la politique industrielle de la politique économique générale</b>.       <br />
              <br />
       Or, si l'investissement, déjà très bas depuis plus de dix ans, continue à chuter, je me demande où va passer notre grand dessein de réindustrialisation.       <br />
              <br />
       <b>C/ Est-ce ce qu'il est convenu d'appeler, improprement d'ailleurs, le « plan DELORS », a au moins quelques chances de réussite ? Peut-il mettre un terme au processus d'endettement dans lequel la France est engagée ?</b>       <br />
              <br />
       La réponse est malheureusement négative : Le déficit en 1983 sera selon les meilleurs experts d'au moins 60 Milliards de Francs. Ce n'est pas tolérable.       <br />
              <br />
       Les sorties de capitaux ont atteint 80 Milliards de Francs en 1981 et près de 30 en 1982. Elles continuent faute que les anticipations sur le franc aient été durablement renversées. Le déficit des invisibles, phénomène nouveau, va s'alourdir avec le poids rapidement croissant de la dette.       <br />
       Bref les mesures adoptées - que je ne critique pas en elles-mêmes - sont trop dures pour ce qu'elles ont de mou et trop molles pour ce qu'elles ont de dur. Elles ne suffisent pas à écarter l'hypothèse que la France doive recourir un jour aux prêts du F.M.I. avec les conditions qu'on sait, qui signifieraient la ruine de notre entreprise.       <br />
              <br />
       <b>2) Les mesures adoptées nous mettent-elles à l'abri d'un nouvel ajustement monétaire ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Tant que le différentiel d'inflation avec l'Allemagne n'est pas réduit, la seule question qui se pose est de savoir quand aura lieu ce nouvel ajustement, tant il est vrai, comme l'avait rappelé le Président de la République le 23 Mars dernier, que nos dévaluations successives ne sont que la conséquence de notre excès d'inflation.</b>       <br />
              <br />
       Rester dans un système de parités fixes, dans l'état actuel de l'économie française et de l'environnement international, c'est poser sa tête sur le billot de la spéculation, s'offrir au couteau de tous ceux qui aspirent à mettre à mort notre entreprise.       <br />
              <br />
       Est-ce cela que nous voulons ? Nous, non ! mais d'autres oui !       <br />
              <br />
       Bref, pour sauvegarder nos réserves, il faut flotter... étant bien entendu que le flottement, si on n'a plus de réserves, ne nous permet pas forcément de les reconstituer !       <br />
              <br />
       Bref, ce qu'on appelle le « Plan Delors » peut être un élément d'une politique dont la cohérence reste à définir. Il n'est pas en lui-même une politique.       <br />
              <br />
       <b>D/ S'agit-il alors d'une « parenthèse », selon l'expression de Lionel JOSPIN, ou d'un «moment», comme l'a dit André -LAIGNEL ?</b>       <br />
              <br />
       Bref s'agit-il de mesures d'urgence adoptées sous la pression des nécessités ? Il y a malheureusement trop de signes en sens contraire. Il peut arriver qu'on dise le contraire de ce qu'on a annoncé mais il faut alors pouvoir s'en expliquer.       <br />
              <br />
       <b>1) Nous avons toujours énoncé que la régulation par le Plan devait l'emporter sur la régulation par le marché.</b>       <br />
              <br />
       Or le 9e Plan, dépourvu d'objectifs chiffrés, aussi bien que d'un noyau dur d'engagements qui constitueraient des moyens garantis, s'inscrit dans la tradition des 6, 7e et 8e Plan. C'est un exposé des motifs sans dispositif.       <br />
              <br />
       <b>2) Nous prônions une politique industrielle appuyée sur le secteur public</b> mais la mise en oeuvre des nationalisations bute sur ce concept ambigu d'autonomie de gestion. Qu'on m'entende bien : je suis plus que quiconque favorable à l'autonomie de gestion, dès lors qu'elle se situe en aval et non pas en amont des grandes orientations de la politique industrielle. Plus que jamais je crois au rôle d'entraînement que peuvent jouer les entreprises publiques sur le reste de l'économie. Pour y croire, il n'y a pas besoin d'être marxiste, il suffit d'avoir lu François PERROUX !       <br />
              <br />
       Après avoir renoncé à la relance par la consommation, il ne faudrait pas renoncer à la relance par l'investissement public qui ne dépend que de notre volonté, et pas davantage à la relance de l'effort de recherche, sérieusement mis à mal par la régulation budgétaire, malgré la loi d'orientation et de programmation votée l'an dernier.       <br />
              <br />
       <b>3) Nous avons toujours souhaité mettre le crédit au service du développement industriel et économique.</b>       <br />
              <br />
       Mais la réforme bancaire qu'on nous annonce est plus proche de l'immobilisme que de la révolution. La transformation de l'épargne liquide vers l'industrie n'est toujours pas envisagée. Les ressources du compte de développement industriel ne viendront pas en effet d'un livret d'épargne industrielle mais d'une épargne longue sur les possibilités desquelles on peut, à bon droit, s'interroger aujourd'hui. Pas davantage on n'aperçoit les effets du moratoire annoncé par le Président de la République dans son discours de Figeac.       <br />
              <br />
       <b>4) Enfin alors que nous avions toujours souhaité limiter le rôle du Ministère de l'Economie et des Finances,</b> qui n'en voit aujourd'hui la puissance reconstituée ? Certes le Ministère de l'Economie et des Finances se doit d'être le gardien des grands équilibres mais non le maître de toutes les décisions. Chaque Ministère doit disposer de son enveloppe pour pouvoir être responsabilisé et adapter son temps de réponse aux exigences de la vie économique. Notre organisation gouvernementale mérite d'être revue si nous voulons être plus efficaces !       <br />
              <br />
       On me dira que j'ai tort de vous dire tout cela.       <br />
              <br />
       Croyez que j'y ai bien réfléchi. Ce n'est pas de gaïté de coeur que je vous le dis mais parce que je crois que c'est le seul moyen de faire avancer les choses et de préserver nos chances de réussite.       <br />
              <br />
       <b>Lionel JOSPIN le disait il y a peu encore : « Le débat est l'oxygène du parti et le parti n'a pas débattu depuis 4 ans ! ».</b>       <br />
              <br />
       Alors aujourd'hui on ne voudrait plus de débat, et cela justement parce qu'il y aurait un objet au débat ! A la question de savoir s'il s'agit d'une parenthèse, il faut répondre aujourd'hui car dans 18 mois il sera trop tard.        <br />
              <br />
       On croit ouvrir une parenthèse. Et puis on s'aperçoit que c'est un virage et bientôt, si on n'a pas réagi, celui-ci prend la figure du destin.       <br />
              <br />
       <b>II D'où la nécessité d'organiser « le ressaisissement », pour la réussite.</b>       <br />
              <br />
       Un nouvel élan est devenu nécessaire. On me dit qu'est-ce que vous proposez ?... (interruption dans la salle) Eh bien vous pourriez déjà relire le Projet socialiste par exemple ! C'est plein d'idées dont on pourrait utilement s ' i n s p i r e r . . .       <br />
              <br />
       On nous dit « il n'y a pas d'autre politique ». Mais n'est-ce pas la tendance de tout gouvernement de croire qu'il n'y a pas d'autre politique que la sienne ?       <br />
              <br />
       Si je parle, m'adressant à la conscience de chaque militant, c'est que la vérité me paraît le dernier recours pour redresser un rapport de forces qui est en notre défaveur.       <br />
              <br />
       <b>A/ Tout d'abord il faut rester dans notre logique, celle du Projet socialiste</b>. Montrer plus de fermeté pour faire appliquer nos orientations. Plus de vraie rigueur, au sens de la gauche : rigueur intellectuelle et morale, cohérence entre les objectifs et les moyens, et pas au sens que la droite donne à ce terme : austérité qui finit toujours par retomber sur les mêmes.       <br />
              <br />
       Il faut d'abord compter sur nous-mêmes et moins sur les autres, surtout quand ils sont nos adversaires. Mobiliser le peuple en lui disant la vérité, le peuple de gauche bien sûr, mais au-delà, le peuple tout entier, car ce serait avoir une vue bien courte de la nature humaine que de ne croire les homme mus que par l'égoïsme à court terme.       <br />
              <br />
       <b>B/ Nous devons ensuite hiérarchiser nos priorités</b>       <br />
              <br />
       <b>1) L'urgence c'est la réduction du déficit commercial qui doit être supprimé dans l'année.</b>       <br />
              <br />
       Ensuite nous devons faire reculer le chômage, ce qui se passe par le maintien d'un certain taux de croissance et non d'abord par la réduction du temps de travail, qui soit alourdirait les coûts, soit diminuerait la masse salariale et nous enfoncerait encore plus dans la récession.Ces deux objectifs doivent être atteints simultanément.       <br />
              <br />
       <b>2) Enfin dans un deuxième temps il faut ramener le taux d'inflation</b> au niveau de l'Allemagne. 8% c'est encore trop. Une « opération-vérité » est nécessaire, le plus vite possible. Elle doit consister à déplacer trois points du P.N.B., deux pour annuler le déficit commercial, un pour accroître de 40 Milliards le niveau de l'investissement industriel.       <br />
              <br />
       <b>C/ Les mesures</b>       <br />
              <br />
       L'énoncé de mesures concrètes tombe toujours soit dans l'indifférence - car il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre - soit suscite avant même d'avoir été explicité, une levée de boucliers.       <br />
              <br />
       Ainsi à peine évoquée l'hypothèse d'une sortie du S.M.E., façon de se donner de l'air, je m'amuse de voir tant d'esprits distingués, de M. Olivier CHEVRILLON à M. Alain MINC, et jusqu'au plus petit chroniqueur de mon journal de province partir en guerre contre les méfaits du « protectionnisme » et d'une « muraille de Chine élevée autour de notre pré carré ».       <br />
              <br />
       Ah si tant de bons esprits mettaient autant d'énergie à explorer les issues plutôt qu'à les condamner ! Que n'ont-ils d'ailleurs crié leur angoisse quand M. GISCARD d'ESTAING sortait du serpent monétaire européen ! Et que ne se penchent-ils aujourd'hui sur le funeste destin de la Grande-Bretagne qui est dans le serpent sans y être (la livre compte dans l'ECU mais flotte librement) et qui aura cette année le taux de croissance le plus élevé d'Europe !       <br />
              <br />
       Et comment leur échappe-t-il que l'Italie, par l'institution d'un dépot préalable à l'importation, prend insensiblement le chemin du goulag ?       <br />
              <br />
       Mais c'est Monsieur BARRE, en définitive, qui dans la « Lettre de l'Expansion » donne le fin mot de l'affaire : « il faudrait - dit-il - sortir du serpent mais un gouvernement de gauche est trop discrédité pour le faire ». Tout le monde est ainsi d'accord : un gouvernement de gauche n'a pas d'autre issue que de se laisser pousser dans la nasse. Eh bien c'est ce que nous refusons, même s'il est devenu presque impossible de dessiner les contours d'une autre politique.       <br />
              <br />
       Je m'y essaierai pourtant en donnant l'exemple de mesures pratiques :       <br />
              <br />
       1) Tout d'abord renégocier notre participation au Système monétaire européen soit en y adoptant le statut de la livre britannique soit en donnant une plus grande flexibilité à son organisation, par la réalisation d'ajustements fréquents mais de très faible ampleur.       <br />
              <br />
       2) Ensuite se donner le temps de remuscler notre économie.       <br />
              <br />
       a) en réduisant au moins provisoirement l'offre extérieure par une mesure sur les importations et si nécessaire par la mise en oeuvre de clauses de sauvegarde temporaires sur certaines catégories de produits.       <br />
              <br />
       b) en stimulant l'offre intérieure - au lieu de la réduire comme c'est le cas aujourd'hui - et cela par une politique budgétaire et par une politique de crédit incitatives.       <br />
              <br />
       3) Transformer l'épargne liquide et l'orienter vers l'industrie ;       <br />
              <br />
       4) Faire jouer à l'Etat son rôle d'actionnaire et au secteur public son rôle d'entraînement.       <br />
              <br />
       5) Affirmer la fonction d'entrepreneur car il faut réconcilier la gauche et l'esprit d'entreprise, je parle évidemment des entrepreneurs entreprenants dont il faut faciliter les initiatives.       <br />
              <br />
       6) Combattre l'inflation à la racine en agissant sur la formation des prix et des revenus, ce qui suppose la mise en oeuvre annoncée par le Président de la République d'une véritable « politique de la répartition ».       <br />
              <br />
       7) Accélérer les programmes d'économies d'énergie, sérieusement mis à mal par la régulation budgétaire, car c'est un moyen privilégié de desserrer la contrainte extérieure.       <br />
              <br />
       8) Pour la même raison maintenir le programme électronucléaire car il est notre seule source d'énergie       <br />
       nationale disponible en quantités illimitées, alors que nous sommes les seuls au monde à maîtriser cette industrie avec les Etats-Unis et l'U.R.S.S.       <br />
              <br />
       9) A cette fin prendre toutes les mesures nécessaires pour favoriser la pénétration de l'électricité dans       <br />
       l'industrie, notamment par la voie tarifaire pour permettre le maintien et la modernisation en France même de l'industrie de l'aluminium et du chlore et valoriser ainsi nos atouts nationaux.       <br />
              <br />
       Ce ne sont là que quelques exemples d'une politique cohérente de croissance et d'indépendance.       <br />
       Mais bien entendu c'est l'équation politique de base capable de sous-tendre une telle politique, qui importe avant tout : il faut pour cela rassembler le pays autour de nous et non le diviser.       <br />
              <br />
       C'est possible sur des objectifs simples et accessibles : la République, la démocratie, la croissance, l'indépendance nationale.       <br />
              <br />
       Il y a un accord très large dans le pays pour ne pas revenir sur les avancées de Mai 81. Pour empêcher leur remise en cause, aussi bien par la récession que par la droite revancharde. C'est cette majorité là que nous devons rassembler. Pour construire une République moderne, une profonde réforme des mentalités est sans doute nécessaire. Peut-être faut-il se débarrasser de certaines       <br />
       idées fausses pour restaurer les valeurs du travail et de l'effort. Mais cela ne devrait pas nous gêner : ce sont les valeurs du Projet socialiste, celles de la connaissance, de la rigueur, de la mémoire et de la création.       <br />
              <br />
       Il y a dans le pays une majorité pour la réussite de la France. Sachons lui donner les moyens de s'exprimer.       <br />
              <br />
       La France avec un bon logiciel est un merveilleux matériel. Le Président de la République nous disait récemment : « Sans vous que pourrions-nous faire ? »       <br />
              <br />
       Mais le parti peut se tourner vers le gouvernement pour lui poser la même question, tant il est vrai que l'un ne peut rien sans l'autre.       <br />
              <br />
       François MITTERRAND nous a donné à Figeac un magnifique mot d'ordre : « Résister et conquérir ».       <br />
              <br />
       Rien n'est jamais possible en effet si au départ il n'y a pas le courage et la volonté.        <br />
              <br />
       Il n'y a pas d'exemple en effet que quiconque - homme, collectivité, nation - l'ait jamais emporté dans l'Histoire en refusant le combat. Et mieux vaudrait en tout état de cause être défait en combattant qu'en ayant refusé le combat.       <br />
              <br />
       Votre responsabilité est immense : c'est d'organiser le parti de la réussite. Pour cela aujourd'hui résistons ! Demain nous conquerrons !       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">L'intervention est téléchargeable ci-dessous au format PDF.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Se-ressaisir-pour-reussir-par-Jean-Pierre-Chevenement-29-mai-1983_a284.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-569942</guid>
   <title>En retard d’une guerre</title>
   <pubDate>Wed, 21 Feb 2007 21:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Nicolas Sarkozy met en avant la souplesse, la flexibilité, la fin des contraintes, etc. ainsi à travers la création d’un  « contrat unique de travail ». Pas de chance pour lui, la bilan du CNE (contrat nouvelle embauche) fait apparaître que moins de la moitié seulement de ces contrats débouche, à terme, sur l’emploi. Ségolène Royal n’a plus qu’à ajouter : « C’est la précarité qui tue la valeur travail ».       <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a calibré son programme en fonction d’une « certaine idée de la gauche », celle des 35 heures, du « partage du travail » et de l’assistanat. Pas de chance pour lui, Ségolène Royal réfute l’assistanat, vante le « donnant-donnant », se propose d’assouplir le régime des heures supplémentaires, met partout en regard des droits, les devoirs qui doivent les accompagner. Nicolas Sarkozy retarde d’une gauche. Il retarde d’une guerre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/En-retard-d-une-guerre_a233.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-550861</guid>
   <title>Les mauvaises prescriptions du Docteur Douste</title>
   <pubDate>Tue, 30 Jan 2007 15:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   M. Douste-Blazy, en bon médecin, vient de proposer, à Varsovie, à la conférence du collège de l’Europe de Natolin, de faire avaler la potion du traité constitutionnel en deux cuillerées successives :     <div>
      Une première permettrait d’instaurer ce qu’il appelle <span style="font-style:italic">« les avancées majeures du traité constitutionnel »</span>.       <br />
              <br />
       Ensuite seulement, l’Union se doterait d’un traité <span style="font-style:italic">« au champ plus large »</span>.        <br />
              <br />
       M. Douste Blazy ferait mieux d’utiliser son stéthoscope pour ausculter le malade. Celui-ci a les bronches encombrées par des sécrétions malsaines dues à une exposition prolongée au mauvais vent de l’ultralibéralisme : délocalisations industrielles, chômage de masse, précarité généralisée, etc.       <br />
              <br />
       C’est cette maladie-là, Docteur Douste, qu’il faut soigner en priorité par une réorientation économique et monétaire de la construction européenne. La prescription s’énonce simplement : gouvernement économique de la zone euro, inclusion du soutien à la croissance et à l’emploi parmi les objectifs statutaires de la Banque centrale, préférence européenne, etc.       <br />
              <br />
       Vous faites une erreur de diagnostic, Docteur Douste. C’est grave pour le malade ! Et de surcroît, vous vous exposez à vous faire radier de l’Ordre des médecins.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Les-mauvaises-prescriptions-du-Docteur-Douste_a196.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Le bon sens populaire</title>
   <pubDate>Thu, 16 Nov 2006 20:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
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      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/496355-607081.jpg?v=1289480116" alt="Le bon sens populaire" title="Le bon sens populaire" />
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      Première sortie « sur le terrain » après ma déclaration de campagne hier soir, à 16H00, à la « portière » de l’usine de Mandeure (Doubs) de Peugeot Motocycles (PMTC). L’entreprise a décidé de délocaliser en Chine, par un accord avec l’entreprise chinoise Jinan Quingqi, la production des petits scooters de 50 cm3 qui constituent l’essentiel de son activité, en continuant à produire sur le site de Mandeure des scooters à plus forte cylindrée (125 cm3, voire 250 cm3) comme le Satelis, le Geopolis, etc.       <br />
              <br />
       Si on prend en compte l’usine de moteurs de Dannemarie (Haut-Rhin), l’effectif global de PMTC est déjà passé de 1 600 salariés en 2002 à 1 140 en 2006.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/496355-607083.jpg?v=1289480116" alt="Le bon sens populaire" title="Le bon sens populaire" />
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      Le temps est étonnamment clément pour la saison : l’or des feuillages sur les bords du Doubs est vraiment splendide. Il y a là, devant la porte de l’usine, une trentaine de salariés dont de nombreux délégués syndicaux, avec un petit drapeau rouge, comme dans les films italiens. Le dialogue se noue très vite avec ces femmes et ces hommes de mon pays qui vivent avec de petits salaires (1 100 à 1 200 euros par mois) et qui se demandent comment maintenir en France l’outil de production. Ils se posent à juste titre la question de savoir si demain les Chinois qui payent leurs ouvriers environ 12 fois moins (100 dollars par mois) ne vont pas à leur tour fabriquer des 125 et 250 cm3. Qu’est-ce qui pourrait  les en empêcher ? Il n’est aucune  de nos capacités que les Chinois ne puissent acquérir... On sent les esprits partagés entre le fatalisme (que faire contre ce système financier qui nous dépasse tellement ?) et la révolte (qu’allons-nous devenir, nous et nos enfants ? Et Mandeure, Valentigney, Beaulieu, toutes ces petites villes industrielles des bords du Doubs ?).       <br />
              <br />
       Et les élus ? Leurs pensées se tournent, spontanément et paradoxalement à la fois, vers leurs élus de proximité, la Communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard. La discussion fort animée se poursuit près de deux heures, dehors d’abord, ensuite à l’intérieur d’un petit local syndical, autour d’un café chaud.       <br />
              <br />
       La discussion porte d’abord sur les formes de délocalisation : transferts de savoir faire et joint-venture comme ici, mais aussi stratégies d’investissement et de redéploiement des effectifs par les grands groupes industriels (Thomson) ou encore stratégies d’achats d’articles fabriqués dans les pays à très bas coût salarial des grandes surfaces (Auchan, etc.).        <br />
              <br />
       Le montant réel des effectifs employés dans l’industrie française supérieur à 6 millions de personnes fin 1982, alors que j’étais ministre de l’Industrie, est tombé à 3,8 millions aujourd’hui et les chutes d’emplois industriels s’accélèrent, particulièrement dans une région comme la nôtre dominée par l’automobile et la sous-traitance automobile. La création d’emplois tertiaires ne suffit pas à compenser cette hémorragie.        <br />
              <br />
       Une question domine : que faire ? Comment empêcher le patron de transférer techniques et capitaux ? Je leur réponds : euro moins cher, grâce à la reprise en mains de la Banque Centrale (en laquelle <span style="font-style:italic">Le Monde</span> d’aujourd’hui, dans son éditorial, persiste à voir un « bouc émissaire ») et surtout taxe antidumping social à l’échelle de l’Europe : j’explique que, s’il est normal que la Chine se développe, elle devrait le faire en s’appuyant moins sur l’exportation à prix cassés et davantage sur son marché intérieur : accepter la liberté syndicale, instaurer un salaire minimal, laisser le yuan s’apprécier à la mesure de ses excédents, etc.       <br />
              <br />
       Une question fuse : et l’Allemagne ? Acceptera-t-elle cette taxe antidumping social ?  N’est-ce pas le moment d’en saisir l’opinion publique, en Allemagne comme dans le reste de l’Europe ? N’est-ce pas le rôle de la France ? On ne peut pas faire l’économie de la lutte politique ! Vous êtes des citoyens ! Et en République, les citoyens en principe, sont les maîtres !       <br />
              <br />
       Un mot jaillit : « Protectionnisme ! ». Ce n’est pas politiquement correct. Mais dans un monde où les inégalités de coût salarial resteront, des décennies durant, de 1 à 10, voire davantage, le bon sens populaire a fait entendre sa voix...       <br />
              <br />
       Si l’Europe veut préserver son tissu industriel et conduire ses grands groupes à maintenir et développer leur implantation en Europe même, il n’y aura pas d’autre solution que d’aller vers une économie mondiale plus ou moins régionalisée.
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     <br style="clear:both;"/>
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