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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-13T21:08:04+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>"Nous avons fait en Libye très exactement ce que nous reprochons aux Américains d'avoir fait en Irak en 2003"</title>
   <pubDate>Mon, 04 May 2015 11:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1, dimanche 3 mai 2015. Il répondait aux questions de Sonia Mabrouk et Patrick Roger.      <div>
      <span style="font-style:italic">Sur le Front National </span>       <br />
       <ul class="list"><li> Si Jean-Marie le Pen ne peut plus s'exprimer au nom du Front National, il s'exprimera comme Jean-Marie le Pen. Et entre Jean-Marie le Pen et le Front National, il y a quand même, dans la tête de tous les Français, un signe d'égalité. Donc je pense que les ennuis commencent pour le Front National.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le FN était une petite entreprise familiale, qui capte des électorats extrêmement divers. A l'origine, c'était une sédimentation de toutes les extrêmes droites, rameutées par Jean-Marie le Pen, avec beaucoup d'excès. Ensuite, après la « parenthèse » libérale, ou le tournant de la rigueur, une partie de l'électorat populaire s'est détaché de la gauche, et est venu vers le Front National. Il y a là des déclassés, des gens qui ne savent plus très bien où ils sont, et qui, par colère, par frustration, votent pour un parti qui est très dangereux pour l'avenir, parce que naturellement, s'il devait un jour venir au pouvoir, ce ne serait pas bon pour la France, ni pour son image.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai pensé à un moment à un jeu de rôle entre Marine le Pen et Jean-Marie le Pen, mais je crois que ce n'est pas une bonne hypothèse. Je pense qu'il y a, en effet, une divergence de fond : Jean-Marie le Pen ne voulait pas venir au pouvoir. Sa fille, elle, le veut. Il est évident que, si elle devait y parvenir un jour, ce serait avec la droite, ou une partie de la droite.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'électorat du Front National est divers et friable. S'il y avait des gens qui proposaient vraiment une alternative à la politique qui est menée sans discontinuer par tous les gouvernements depuis trop longtemps, qui a gonflé le chômage, s'il y avait une politique qui donne à la jeunesse le moyen de se projeter vers l'avenir, alors, à ce moment-là, on verrait que le Front National peut se dissocier, et que son électorat n'est pas si solide que cela.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Florian Philippot m'utilise comme caution républicaine. Moi je ne le connais pas. Il y a plus de 1,5 millions de gens qui ont voté pour moi en 2002, et il m'a, paraît-il, soutenu. Il dit que je suis son mentor, mais j'ai sûrement eu sur lui une influence très faible, à en juger par son parcours ultérieur. Ce n'est pas un très bon élève, je n'ai pas envie de lui donner une bonne note voyez-vous !</b>       
       </li></ul><ul class="list"><li> </li></ul>[<span style="font-style:italic">Par rapport aux débordements lors du rassemblement FN du 1er mai</span>] Je ne vais pas m’immiscer dans cette affaire. Disons simplement que personne n'est véritablement dans son droit. Ni les Femen, ni le service d'ordre du FN, ni même l'hôtel. Mais c'est un fait divers qu'il ne faut pas grossir plus que cela. Je suis un vieil homme politique, j'ai l'habitude des réunions troublées ! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur l'enquête à propos des viols d'enfants Centrafricains par des militaires français</span>       <br />
       <ul class="list"><li><b> Si ces faits étaient avérés, ils doivent être sévèrement sanctionnés, car on ne peut pas laisser porter atteinte à l'honneur du drapeau, l'honneur du soldat, comme l'a dit le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian. </b>       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai été à Bangui pendant les premiers mois de l'opération Sangaris. C'était une opération extrêmement difficile, dans un pays où il y a eu des coups d'Etats mais jamais d'Etat, dans un pays en proie a quelque chose de plus atroce d'une guerre civile, la suspicion d'une communauté se disant chrétienne vis-à-vis d'une communauté se disant musulmane, en fait très proches l'une et l'autre de l'animisme ; aucune structure, aucun ordre, et pour les soldats qui devaient rétablir un minimum de concorde, c'était vraiment difficile, parce qu'ils étaient confrontés à des éléments incontrôlés, dans un contexte très dur. J'ai beaucoup admiré le travail des soldats.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut que les faits soit reconnus, avérés. On est dans le temps de l'enquête. Essayons de bien voir ce dont il s'agit. Et surtout, laissons l'armée au-dessus de cela. L'armée rend beaucoup de services et s'acquitte avec beaucoup de professionnalisme des tâches qui lui sont confiées. Son intervention au Mali a permis qu'un grand pays, au cœur de l'Afrique de l'ouest, ne bascule pas dans le djihadisme.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Budget de la Défense</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Le Président de la République vient de rendre un arbitrage budgétaire qui était important. Il a pris une sage décision</b> compte tenu de ce qu'on demande aussi à nos armées. Depuis la suppression du service national, notre armée est devenue une armée de projection. Ce système est efficace, encore faut-il que les décisions d'intervention soient prises à bon escient.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Intervention en Libye</span>        
       </li></ul><ul class="list"><li> Un exemple de mauvaise décision : la Libye. L'intervention a été mal conduite, parce qu'elle avait un objectif précis, qui était la protection des populations de Benghazi. Il suffisait d'arrêter les colonnes de Kadhafi – c'était le mandat de l'ONU – mais nous n'étions pas mandaté pour renverser le régime de Kadhafi.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Nous avons fait en Libye très exactement ce que nous reprochons aux Américains d'avoir fait en Irak en 2003. </b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Lutte contre le terrorisme</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Affecter en permanence, dans le cadre du plan Vigipirate, 7000 hommes à la défense de tous les points sensibles, de tous les édifices religieux, pose un problème d'efficacité. Est-on sûr d'exercer une action réellement dissuasive ? Je me permets d'exprimer un certain doute</b>. Bien sûr, il faut que la présence de l'armée soit visible. C'est rassurant pour la population. Mais <b>je pense que l'essentiel des moyens doit-être consacré au renseignement, à la police – c'est d'ailleurs ce que le gouvernement est en train de faire avec le projet de loi sur le renseignement. Je pense que ce projet de loi est nécessaire.</b> Naturellement, il faut veiller à ce que cela se fasse dans le respect des libertés républicaines, et par conséquent il faut un contrôle sur l'action qui est exercée par les services. Au moins les services ne pourront pas faire n'importe quoi : c'est dans un cadre légal qu'ils devront agir.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Exportation des Rafales</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>La vente des Rafales à l'exportation ne saurait que me réjouir, car j'ai été un de ceux qui ont défendu le Rafale.</b> J'étais ministre de la Défense au moment où le Premier ministre n'était pas d'accord. Maintenant cet avion se vend : on voit que des avions comme cela peuvent durer très longtemps et peuvent être très utiles dans certains types d'opérations.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la situation au Moyen-Orient</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis favorable à ce qu'il y ait un équilibre de sécurité au Moyen-Orient, entre l'Arabie Saoudite et ses alliés, et puis l'Iran.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Depuis l'intervention américaine en Irak, on s'est mis dans cette région du monde à la remorque des Américains</b>, qui eux-mêmes ont avec un pacte avec l'Arabie Saoudite depuis 1945.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Aujourd'hui les Américains cherchent à promouvoir un accord avec l'Iran sur le nucléaire, et naturellement, cela provoque un certain agacement à Riyad.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le dossier ukrainien</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Les Américains ont, au sein de l'UE a 28, des pays qui soutiennent leur politique. Ce sont les pays voisins de la Russie, la Grande-Bretagne, et quelques autres. D'autres pays traînent un peu les pieds parce que, malgré tout, il y a un intérêt majeur à ce que se développent de bonnes relations, économiques, énergétiques, politiques, entre l'Europe occidentale et la Russie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le peuple russe est un grand peuple européen : qui pourrait le contester ? Son apport à la culture, à la civilisation, est tout à fait considérable.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Je souffre, et même quelques fois j'ai honte, de voir la russophobie tout à fait excessive, caricaturale, délirante, de certains médias. </b>       
       </li></ul><ul class="list"><li> On ne peut pas demander à la Russie, qui était encore un pays communiste en 1991, de franchir en 25 ans le chemin que nous avons mis deux siècles à parcourir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'erreur a été de mettre l'Ukraine devant un choix impossible, un dilemme : ou bien vous êtes avec l'Europe, ou bien vous êtes avec la Russie. Or l'Ukraine est un pays composite avec beaucoup de minorités. L'Europe et la Russie devraient coopérer pour aider l'Ukraine à surmonter ses problèmes, qui sont énormes, sur le plan économique : chômage, déficit, inflation, endettement...        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Commémoration par la Russie des 70 ans de la victoire des troupes soviétiques sur l'Allemagne nazie</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce n'est pas à moi de dire si Hollande ou Merkel devaient y aller ou pas. Ce que j'observe, c'est que Vladimir Poutine est venue pour la cérémonie anniversaire du débarquement en Normandie. Cela a été très utile puisque cela a permis de mettre sur pied le format quadripartite de négociation qui a débouché sur les accords de Minsk II. Depuis, il ne s'est pas passé quoi que ce soit qui justifierait une sorte de mise à l'écart de la Russie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Qui peut contester que la victoire sur l'Allemagne nazie ait d'abord été obtenue par les troupes soviétiques ? Je pense qu'il faut savoir comprendre ce que signifie la Deuxième Guerre mondiale pour la Russie, et notamment ses 25 millions de morts. Comment n'aurions-nous pas un minimum de respect ?</b>        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y aura, à l'occasion de ces commémorations, un responsable français de très haut niveau, mais ce n'est pas à moi de vous dire qui.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Affaire de la « jupe trop longue »</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Je ne suis pas naïf. La loi interdit les signes ostentatoires d'appartenance religieuse. Ces gamines sont très malignes. Il y a un petit côté provocation. </b>       
       </li></ul><ul class="list"><li> L'islamisme est capable de déplacer la manière dont il nous défie : nous, la République, la France.         
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Ne rentrons pas dans une surenchère : il ne faut pas revoir la loi, il faut l'appliquer. </b>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne serais pas contre un retour de l'uniforme à l'école. Cela avait du bon en mettant tout le monde sur un pied d'égalité. Mais, j'admets que peut-être les mœurs ont tellement évoluées que cela serait difficile à appliquer. Donc je ne fais pas de propositions irréalistes.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Réforme du collège</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Beaucoup de gens, y compris de gauche, sont très inquiets de cette réforme des collèges. <b>Je ne sais pas qui compose ce Conseil National des Programmes, mais vous connaissez cette affaire : quand on dit à une commission « dessinez moi un cheval », elle vous dessine un dromadaire !</b> C'est exactement ce qu'il vient d'arriver.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Dans un langage abscons, on supprime l'enseignement de certaines tranches de l'histoire. <b>Il est temps de revenir à une version non-pénitentielle de notre histoire. On peut être fiers d'être Français !</b> Il suffit quand même de montrer ceux qui n'ont pas failli et pas toujours ceux qui ont failli ! Il n'y a pas que des horreurs dans l'histoire de France ! Et nous pouvons être fiers d'être le pays qui a fait la Révolution française, qui a été la matrice du monde moderne, à l'échelle mondiale !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Pour aider les élèves à faire leur chemin dans un monde très complexe,  il faut aussi demander un certain effort à l'élève.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les fondamentaux à l'école sont la base à partir de quoi on peut construire la liberté de penser par soi-même et de comprendre ce qui vous entoure.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On vous dit que la querelle des républicains et des pédagogistes est dépassée, mais lisez les 500 pages épouvantables de charabia sur la réforme des programmes et vous comprendrez qu'elle n'est pas dépassée, que ce sont toujours les mêmes qui sévissent !        
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Je suis pour l'interdisciplinarité, comme on dit, mais à condition que les fondements disciplinaires soient bien assurés, parce que l'interdisciplinarité sur la base de rien, c'est également rien. </b>       
       </li></ul><ul class="list"><li> A l'école, on devrait s'intéresser plus aux grandes œuvres. Il n'en est pas du tout fait mention dans ces nouveaux programmes. Une pièce de Molière, de Racine, une fable de la Fontaine, un texte de Maupassant, de Mérimée, de Victor Hugo, c'est formidable, et cela fait rentrer l'élève dans un monde merveilleux, celui de la fiction.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce n'est pas l'administration qui commande rue de Grenelle : c'est un réseau dans l'administration qui fait que, quelque que soit le gouvernement, progresse toujours la même conception assez débile des choses.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Si je pouvais donner un conseil à Najat Vallaud-Belkacem, ce serait : ces programmes, qu'elle n'a pas commandé, qui viennent d'arriver, j'aimerais qu'elle les retire, pour se donner le temps de la réflexion.</b> Qu'elle reprenne l'affaire en main !        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Dialogue avec l'acteur Jacques Weber </span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a deux choses dans ce que dit Jacques Weber : d'abord, le fatalisme, la résignation, un monde où s'est installé des millions de chômeurs, une pauvreté, une précarité insupportable que nous ne voulons pas voir. <b>Madame Thatcher avait résumé cela dans une formule, « TINA » : « There Is No Alternative » (il n'y a pas d'autres politiques possibles). Moi j'ai toujours pensé le contraire. </b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Réfugiés, Afrique et co-développement</span>        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a un homme politique qui a dit que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais il faut prendre le problème autrement : comment l'Afrique peut-elle se stabiliser dans la durée ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous savons que l'Afrique est malheureusement accablée par une croissance démographique excessive, qui crée des déséquilibres très profonds. Pourtant il y a un courant dit « afro-optimiste » : l'Afrique a toutes ses chances, elle a beaucoup de terres, de richesses, il y a des classes moyennes qui se forment...        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je sais par expérience que, sans Etat, il n'y a pas de développement. Pas d'Etat, donc pas de sécurité. Si l'armée française a une petite justification, dans le cadre de l'ONU et de l'Union africaine, c'est effectivement de préserver les conditions de paix et de stabilité qui permettront le développement.        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est l'affaire des Africains de se développer et nous de les aider à le faire. <b>J'avais inventé un concept de « co-développement », qui vaut ce qu'il vaut car il faudra le mettre en pratique. Mais je pense qu'il faut essayer de penser l'Afrique sur le siècle qui vient – ce sera difficile – et se délivrer d'obsessions qui n'ont pas de raison d'être : on ne va pas arrêter l'immigration ! On peut la réguler, cela est nécessaire. </b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A propos du changement de nom de l'UMP</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on est vraiment républicain, il faut considérer que tous les citoyens ont le droit de se dire républicain. Si on veut faire appel à leur esprit républicain, on ne peut pas dire qu'on sera un parti qui au nom de la République, serait déjà la République !        
       </li></ul><ul class="list"><li> <b>Je pense qu'il y a une espèce d'imitation un peu bête de ce qui se fait en Amérique : appelons-les « the Americans » ou « the Republicans » ! </b>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Cette proposition de nom est la négation même de la République. C'est franchement ridicule.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur une vie politique</span>        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je n'ai pas voulu être Président de la République. J'ai aidé F. Mitterrand à devenir Premier secrétaire du Parti Socialiste et j'ai essayé de pousser dans la direction que je croyais juste. <b>En 2002, j'ai jeté quelques jalons qui valent toujours pour aujourd'hui.</b> A mon avis, ces idées progressent : tout le monde se dit républicain aujourd'hui. Mais qui comprend vraiment l'exigence de ce que cela représente ? </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"La France et les OPEX"</title>
   <pubDate>Fri, 31 Oct 2014 11:41:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Jean-Pierre Chevènement dans "La Croix", vendredi 31 août 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7129746-10928063.jpg?v=1414752459" alt=""La France et les OPEX"" title=""La France et les OPEX"" />
     </div>
     <div>
      Le concept d’« opération extérieure » ne va pas de soi : la Défense nationale exclut, par définition, les guerres d’agression. Il est vrai que la France a contracté des alliances, ainsi l’alliance atlantique, ou souscrit à des obligations dans le cadre de l’Union européenne. Mais ces obligations ne peuvent résulter que d’agressions dirigées contre nos partenaires euro-atlantiques. Dans les faits, 23 sur 28 des membres de l’Union européenne sont membres de l’Alliance atlantique dont la principale puissance est constituée par les États-Unis d’Amérique, garants, en dernier ressort, de la sécurité de l’ensemble, grâce à leur arsenal nucléaire. Compte tenu des incertitudes liées à leur emploi, la France a entendu se doter d’une dissuasion nucléaire fondée sur le principe de stricte suffisance, afin de pouvoir garantir, en tout état de cause, son indépendance et ses intérêts vitaux. La France a par ailleurs signé un certain nombre d’accords de défense avec plusieurs États africains dont l’indépendance remonte à un peu plus d’un demi-siècle.       <br />
              <br />
       Enfin et surtout, la France, depuis 1945, est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. C’est de là que résulte la légitimité des opérations extérieures qu’elle peut être amenée à conduire. Ainsi les interventions au Mali (Serval) et en Centrafrique (Sangaris) réunissent-elles les conditions de légitimité d’une « opération extérieure » : appel du gouvernement de l’État menacé ou agressé, résolution du Conseil de sécurité autorisant le déploiement de forces armées. Ainsi en va-t-il également pour la force d’interposition (Casques bleus) mise en place par l’ONU au Liban et à laquelle la France contribue. C’est ainsi le Conseil de sécurité qui définit la légitimité des « Opex ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La France est bien placée, comme membre permanent du Conseil de sécurité, et eu égard aux responsabilités qu’elle assure dans les opérations de maintien de la paix, pour établir la légalité internationale des opérations extérieures. C’est pourquoi, à mon sens, elle ne saurait y manquer sans grave dommage pour elle-même et pour la paix dans le monde.       <br />
              <br />
       L’argument selon lequel le droit de veto dont disposent également la Russie et la Chine rendrait le Conseil de sécurité impotent ne peut être retenu valablement : d’abord parce qu’il part d’un point de vue étroitement « occidentaliste » : le P3 (États-Unis – Grande-Bretagne – France) concentrerait la légitimité véritable. Cette vision, outre qu’elle méconnaît le rôle croissant des pays émergents, occulte le fait qu’il est toujours possible de négocier : ainsi l’a-t-on vu pour l’élimination de l’arsenal chimique syrien par accord entre les États-Unis et la Russie. Cet accord a rendu inutile des frappes militaires projetées des États-Unis et de la France sur les forces armées syriennes, qui, en l’absence d’une résolution du CSNU, eussent été manifestement illégales. De même peut-on soutenir que l’intervention de l’Otan en Libye a dépassé l’objectif fixé par les Nations unies : la protection des populations civiles de Benghazi, et non le changement de régime. On en voit les résultats non seulement sur le terrain libyen mais également dans la détérioration de l’atmosphère des relations internationales depuis 2011.       <br />
              <br />
       Les interventions de l’Otan au Kosovo (1999) et des États-Unis en Irak (2003), en l’absence d’une résolution du CSNU les y autorisant, avaient déjà créé un fâcheux précédent. Les frappes aériennes effectuées contre l’État islamique par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne en Irak, en septembre-octobre 2014, l’ont été à la demande du gouvernement irakien de Bagdad et avec l’assentiment du Conseil de sécurité. Il n’en va pas de même des frappes américaines, britanniques exercées en Syrie contre le même adversaire, bien que le gouvernement de Damas – reconnu par les Nations unies – semble les tolérer.       <br />
              <br />
       Ainsi les OPEX conduites par la France respectent-elles, à ce jour, la légalité internationale : la tentation de s’écarter de cette dernière pour effectuer des frappes en Syrie doit être repoussée. Elle ne serait conforme ni au bon sens ni au rôle reconnu de la France comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Les moyens de la France ne sont pas illimités. Ils doivent être utilisés au service du droit et à bon escient, de préférence dans les zones géographiques où la France exerce traditionnellement son influence : en Afrique par exemple plutôt qu’en Irak où nous jouons les mouches du coche depuis trop longtemps.       <br />
              <br />
       En tout état de cause, la France n’a rien à gagner à agir en dehors du droit international dont elle est l’une des cinq puissances garantes. Négocier, négocier toujours est pour la France la posture dont elle ne doit se défaire à aucun prix, sauf si, à bout d’arguments, le CSNU l’y autorise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/La-France-et-les-OPEX_a1670.html</link>
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   <title>"Sur les questions énergétiques, le gouvernement est l'otage des Verts"</title>
   <pubDate>Wed, 26 Feb 2014 10:37:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de RTL mercredi 26 février 2014. Il répondait aux questions de Jean-Michel Apathie.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le dossier centrafricain</span>       <br />
       <ul class="list"><li> J'ai voté hier la prolongation de l'opération Sangaris en Centrafrique, parce que, dans une affaire comme celle-là, très difficile, dans un pays ou l’État n'a jamais existé, où les structures d'autorité se sont effondrées, il y a un devoir d'action, plus que d'assistance. Il y a un mandat des Nations Unies, c'est la condition de tout. Mais il y a pour la France les liens de l'histoire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Notre intervention a au moins évité des massacres de masse. Les difficultés sont réelles, néanmoins la perspective de mise en œuvre d'une opération de maintien de la paix de l'ONU est le terme logique de l'intervention française.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les grands pays de l'Europe occidentale, ne sont pas au rendez-vous de cette intervention.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'Ukraine</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut avoir un peu de culture historique. La première Russie, c'était l'Ukraine. Ensuite il y a eu une migration vers Moscou devant l'invasion mongole. Enfin l'Empire russe s'est rattaché l'Ukraine en 1647. C'est une vieille affaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je me méfie toujours un peu de l'ingérence. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> C'est une révolution, mais on peut aussi appeler cela un coup d'état, cela dépend du point de vue que l'on a. Pour les Ukrainiens de l'est, qui sont pour la plupart russophones, ce qui s'est passé à Kiev ne leur a pas plu.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'opposition a refusé le compromis négocié par les Européens, et le président Ianoukovitch a été destitué. Je constate qu'il y a un grave risque de guerre civile.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous devons avoir pour but de faire de l'Europe un continent de paix. Nous ne devons pas rallumer une nouvelle Guerre Froide.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je constate que quand il s'agit de passer à la caisse, l'UE se tourne vers le FMI, parce que les caisses sont vides. Non seulement l'Ukraine est un pays très hétérogène, mais en plus il est quasiment en faillite.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe n'est guère en état de procéder à un nouvel élargissement à l'est, alors que le premier a coûté très cher. Je pense en tout cas que ce n'est pas l'intérêt de la France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il n'y a pas à avoir peur de la Russie. La réaction russe a été modérée et fondée sur le principe de non-ingérence. Ce dont il faut avoir peur, c'est d'une révolte des régions de l'est et du sud.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je souhaite que nous allions vers une conférence incluant l'Ukraine, l'Europe et la Russie, parce qu'on ne résoudra pas ce problème sans le concours de la Russie, avec peut être les États-Unis bien entendu, peut-être le FMI aussi car il faudra payer.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les rapports entre EELV et la majorité</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Cécile Duflot montre que le sens de l’État s'est un peu perdu. Je note que le gouvernement tolère cette expression divergente. Il ne devrait pas.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Sur les questions énergétiques, le gouvernement est l'otage des Verts. Quand on veut faire des économies en France, quand on dit que le principal souci c'est la compétitivité du pays, on ne fait pas une politique énergétique qui consiste à subventionner à fonds perdu des énergies immatures et à vouloir fermer une centrale nucléaire, ce qui coûterait des milliards.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je n'ai rien contre Cécile Duflot, c'est une femme très sympathique. Mais je pense qu'il faut de l'ordre et de la clarté dans l’État.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ma maxime : « un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne » me paraît plus que jamais d'actualité, parce que je pense que l’État est à bien des égards à relever en France. Mais cela, c'est une affaire ancienne. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>L'histoire nous crée un devoir d'humanité</title>
   <pubDate>Tue, 25 Feb 2014 21:07:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat dans le cadre du débat concernant la prolongation de l'intervention des forces armées en République centrafricaine, mardi 25 février 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      La décision d’intervenir en République centrafricaine a sans doute été tardive, eu égard aux violences initialement perpétrées par la Seleka mais une intervention ne pouvait avoir lieu en dehors d’un mandat du Conseil de Sécurité des Nations-Unies.       <br />
              <br />
       On aurait pu espérer un retour au calme plus rapide par l’exercice de ce que certains ont appelé un « effet de sidération ». C’était compter sans le potentiel de haines mis en mouvement et sans les violences aveugles déchaînées par les milices « anti-balaka », abusivement décrites comme des milices « chrétiennes ». L’Afrique n’est plus ce qu’elle était : les autorités traditionnelles se sont effondrées. Aucun Etat digne de ce nom ne les a remplacées. L’usage des armes à feu s’est banalisé. La République Centrafricaine était déjà réputée être « la cendrillon de l’Afrique », selon un ouvrage de Louis Brustier ; Georges Conchon s’en inspirait en 1964 pour écrire l’« Etat sauvage » dans un ouvrage qui reçut alors le prix Goncourt. Les choses depuis lors ne se sont pas arrangées : la Centre Afrique a toujours été sous-administrée et mal gouvernée. Au point de déliquescence où les choses en étaient arrivées, notre intervention a-t-elle du moins évité des massacres de masse, comme le Ministre de la Défense l’a souligné devant la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées le 17 février dernier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      1 600 hommes ont été envoyés, auxquels 400 ont été ajoutés pour répondre à l’appel du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban-Ki-Moon. A cela il faut bien sûr ajouter les contingents de la MICSA, 6000 hommes provenant des Etats frontaliers : Tchad – Cameroun – Congo-Brazzaville – République démocratique du Congo, ou voisins : Gabon – Guinée Equatoriale – Burrundi et Rwanda.        <br />
              <br />
       Le 20 janvier 2014, il a été décidé d’envoyer une force européenne de 500 hommes composée de soldats estoniens, lettons, géorgiens, polonais, portugais, roumains qui permettait au moins de relayer sur Bangui la force Sangaris. L’effectif total des forces engagées ne suffira pas à ramener la sécurité sur toute l’étendue d’un pays dont la superficie équivaut à celle de la France. La première priorité consiste à sécuriser la route qui rejoint Bangui à Douala pour permettre l’acheminement de vivres et ainsi enrayer la famine. La décision de mise en œuvre du programme alimentaire mondial (PAM) permettra-t-elle de l’éviter ?       <br />
              <br />
       Il paraît clair à ce stade que l’armée française n’est pas faite pour des missions d’interposition. Les effectifs disponibles ne le permettent pas et surtout nos forces armées ont été conçues pour remplir des missions d’intervention dont il est important qu’elles restent limitées dans le temps et non des missions d’interposition qui immobilisent des effectifs pendant des années. Nous risquons d’être pris dans un engrenage si une opération de maintien de la paix n’est pas promptement décidée et mise en œuvre par l’ONU.       <br />
       *       <br />
       Force nous est de constater, en RCA comme sur d’autres théâtres, la faiblesse de la solidarité internationale, financière d’abord, comme vous l’avez souligné Monsieur le Ministre, mais aussi politico-militaire. Il est frappant de constater que les pays européens qui ont annoncé un concours sont pour la plupart des pays périphériques. Aucun, à part le Portugal, n’appartient à l’Europe d’avant la chute du Mur. Cela fait réfléchir à ce qu’il faut attendre de la « défense européenne », thème si fréquemment mis en avant, y compris par le « Livre blanc ». Comment ne pas relever la sous-estimation frappante par nos partenaires européens des risques entraînés par le naufrage de certains Etats africains ? Ni l’Allemagne, ni la Grande-Bretagne, ni l’Italie, ni l’Espagne  ne se sentent véritablement concernés, si on en juge par la modestie, voire l’inexistence, de leur contribution. Or, l’Afrique aura doublé sa population en 2050 et l’Afrique sahélienne triplé. Aucun développement harmonieux ne pourra se produire si les conditions de sécurité qui permettent l’essor des activités économiques ne sont pas réunies.       <br />
              <br />
       Il paraît clair que les grands pays européens n’ont pas pris la mesure des risques de l’islamisme radical et du djihadisme armé pour l’Afrique mais aussi pour l’Europe, et pas davantage des risques humanitaires et migratoires induits. L’absence de développement ne peut que conduire à des formes de régression barbares dont nous avons eu un premier avant-goût avec l’application de la charia dans le domaine pénal dans le Nord du Mali, en 2012-2013.       <br />
              <br />
       C’est l’honneur de la France d’avoir pris conscience de ces dangers et d’avoir secouru le Mali, comme d’avoir pris les devants en République Centre-africaine, en anticipant une opération de maintien de la paix de l’ONU qu’il serait encore plus difficile de mettre en route, si la France n’avait pas manifesté sa réactivité.        <br />
              <br />
       C’est  pourquoi je vous apporte le soutien des sénateurs du groupe RDSE car l’Histoire a existé. Elle nous a liés, il y a plus d’un siècle, aux populations de l’Oubangui-Chari. Nous n’oublions pas que les territoires de l’Afrique Equatoriale française ont rallié la France Libre, dès le mois d’août 1940, sous l’impulsion du gouverneur Eboué et des colonels Leclerc et Larminat.        <br />
              <br />
       L’histoire a existé et par delà l’époque révolue de l’Union française et de la Communauté, elle nous crée encore des devoirs. Si la France n’avait pas envoyé ses soldats en avant-garde d’une mission d’interposition qui, encore une fois, incombe à l’ONU, quelle autre nation l’aurait fait ? Certes nous voyons bien les risques de l’engrenage, Monsieur le Ministre, mais nous devons aussi sous-peser les inconvénients, ceux de l’action et ceux de l’inaction, comme le Président de la République, votre collègue et vous-même l’avez fait. Dès lors qu’il existait un mandat de l’ONU, nous vous donnons raison d’avoir fait prévaloir les considérations d’humanité. Non que celles-ci ne soient pas quelquefois le paravent de desseins moins avouables. Mais, en l’occurrence, nous n’en voyons pas. Certes la RCA occupe en Afrique une position stratégique à la frontière de pays instables comme le Nigéria et le Nord du Cameroun menacés par Boka-Haram, ou bien à la frontière du Sud-Soudan dont la sécession d’avec le Soudan n’a pas eu que des résultats heureux. Nous le constatons dans ce pays plongé lui aussi dans le chaos.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi nous approuvons le souci que vous avez manifesté, en accord avec l’Union Africaine et les Etats riverains, de refuser une partition entre l’Est de la RCA, principalement musulman, et le Sud animiste et chrétien.  Certes il faudra du temps pour construire un Etat centrafricain  et sans doute faudra-t-il envisager  une très forte décentralisation pour tenir compte de la diversité des territoires et de leur peuplement. Les mécanismes de l’aide internationale et leur territorialisation doivent être conçus de manière à tenir compte de l’hétérogénéité du pays. Cependant, dans l’immédiat, l’accent doit être mis sur les prérogatives régaliennes d’un Etat qui est à bâtir de fond en comble : lui donner une police, une armée, une justice, un système pénitentiaire. Lors du sommet franco africain du 7 décembre, le Président Hollande a évoqué la formation de 20 000 soldats africains par an, dans le cadre de l’Union africaine, j’imagine. Pouvez-vous nous dire où en est ce projet dont nous mesurons l’ambition et les moyens qu’il requiert ?  Car, comme vous l’avez dit vous-même : « Que faire des coupeurs de chemins et des brigands dès lors qu’ils auront été arrêtés et jugés, s’il n’y a pas de prison pour les mettre hors d’état de nuire ?       <br />
              <br />
       A plus long terme, pouvons-nous cependant imaginer une stabilisation de la région dans le seul cadre centrafricain ? La République centre-africaine se situe à la charnière entre les régions islamisées du Nord et les régions du Sud, animistes ou chrétiennes. Il est très important d’assurer la coexistence de ces populations. Seul un gouvernement d’union nationale peut le permettre. Faut-il beaucoup attendre des élections dans un pays dont une partie de la population n’est même pas inscrite sur les listes électorales ? N’y a-t-il pas lieu de mettre en place des commissions de réconciliation à l’image de celles qui ont été instituées en Afrique du Sud et au Rwanda ?       <br />
              <br />
       Certains en viennent à imaginer des regroupements régionaux inédits, allant du Cameroun au Kenya en passant par la République Centre-africaine et le Soudan du Sud, avec une façade sur l’Atlantique et une autre sur l’Océan indien. Il me semble qu’on ne doit rien exclure a priori. L’Afrique a son Histoire devant elle. Si le respect des frontières héritées de la période coloniale est sans doute sage dans l’immédiat, on ne doit pas écarter à l’avenir la perspective de regroupements régionaux plus vastes, à condition qu’ils soient voulus par les populations, concertés dans le cadre de l’Union africaine et de l’Organisation des Nations Unies et ratifiés par les peuples. La France ne doit pas se substituer à l’ONU. Son intervention au service de l’Afrique et des Africains ne peut être que provisoire. Il doit donc y avoir une date butoir à l’opération Sangaris : celle de la mise en place par l’ONU d’une opération de maintien de la paix. Le désengagement militaire est le terme normal de notre intervention, ce qui ne signifie nullement un désengagement sur le plan politique, administratif et financier. Quels que soient les qualités de nos soldats, il ne serait pas sain qu’ils se substituent durablement aux administrateurs et aux coopérants civils.       <br />
              <br />
       L’opération Sangaris entraînera un surcoût annuel de 200 millions d’euros, selon les déclarations que vous avez faites devant la Commission de la Défense et des Forces armées, essentiellement du fait des rémunérations et des dépenses de logistique. Mais nous connaissons la fragilité des équilibres définis par la loi de programmation militaire. Il est donc très important que celle-ci soit non seulement épargnée par les coupes budgétaires mais aussi réalisée dans tous ses aspects – je pense en particulier aux recettes exceptionnelles.        <br />
              <br />
       Au total, et malgré les réserves que j’ai exprimées au nom d’un nécessaire devoir de vigilance, les sénateurs du groupe RDSE approuveront, comme moi-même et à l’unanimité, la prolongation de l’opération Sangaris. Ils expriment par la même occasion l’affectueuse sollicitude de la nation aux hommes qui en ont la charge.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/L-histoire-nous-cree-un-devoir-d-humanite_a1597.html</link>
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   <title>"La crise ukrainienne peut devenir gravissime et mettre en jeu la paix de l'Europe"</title>
   <pubDate>Tue, 25 Feb 2014 13:20:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de LCI lundi 24 février 2014. Il répondait aux questions de Michel Field.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la crise ukrainienne</span>       <br />
       <ul class="list"><li> La crise ukrainienne peut devenir gravissime et mettre en jeu la paix de l'Europe. Rien moins que cela, car l'Ukraine, c'est la 1ère Russie. Et depuis 1647, l'Ukraine fait partie de l'Empire russe. Elle a gagné son indépendance à la fin de 1991, il y a 22 ans, à la chute de l'URSS.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le Président ukrainien a été répudié par son propre parti. On  ne peut que prendre acte de l'auto-dissolution du gouvernement légal.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a eu une certaine légèreté de l'UE, en ce sens qu'elle a proposé un accord d'association avec pour certains une perspective d'adhésion à terme. Or il faut le dire : le temps des élargissements à l'est est révolu. Et on a fait miroiter à l'Ukraine des sommes que de toute évidence l'Europe n'était pas prête à débourser. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Il faut bien dire que certains éléments de l'opposition sont extrémistes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut essayer de trouver un accord entre les pays de l'Union Européenne, qui ne sont pas sur la même longueur d'onde (les pays limitrophes sont assez désireux de reculer encore la frontière de l'UE, les autres sont plus réticents).        
       </li></ul><ul class="list"><li> Allons vers une solution négociée avec Moscou : il faut traiter sur le même pied l'Ukraine et la Russie. L'UE n'a pas a pratiquer une politique d'ingérence et à essayer de dresser l'Ukraine contre la Russie. Notre intérêt est de parvenir à une certaine libéralisation, au sens économique du terme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Une partition ne serait souhaitable pour personne.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il ne faut pas garder des lunettes de la Guerre Froide. Nous sommes au XXIe siècle, qui sera dominé par la Chine et les États-Unis. Les peuples européens ont intérêt à terme à envisager une Confédération de peuples libres. C'est la seule manière pour eux de rester dans le jeu.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'opération en Centrafrique</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je vais voter pour la prolongation de l'opération militaire, qui a un caractère humanitaire. C'est quelque chose qui relève plus d'une mission d'interposition. Il faudrait que cela soit couvert rapidement par une force de maintien de la paix et que l'ONU prenne le relais.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut aider à la constitution (je n'ose pas dire reconstitution) d'un État centrafricain. Actuellement, il n'y a ni armée, ni police, ni justice, ni prison. Il y a des milices, qu'elles soient dites musulmanes ou dites chrétiennes – ça n'a d'ailleurs rien à voir ni avec l'islam ni avec le christianisme. Nous sommes confrontés à une situation très difficile.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Sans doute le degré de haine et la déliquescence de l’État centrafricain ont été sous-estimés. De plus il n'y a pas eu l'effet de sidération que l'on pouvait espérer avec l'arrivée des troupes françaises.        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est un travail de longue haleine. Nous travaillons pour les Africains, au service de l'Afrique. Je pense qu'il n'y a pas d'arrière-plan caché.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis plutôt pour la non-ingérence mais j'admets cette intervention parce que l'ONU l'a validé et parce que il y a les liens de l'histoire.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la position d'EELV au sein de la majorité</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne demande aucune peine. Il n'y a pas péril en la demeure. Mais je trouve que Nantes, St-Nazaire et Rennes, ça fait bien un million d'habitants, il est quand même normal qu'ils aient un grand aéroport. Je ne trouve pas ça choquant. Je trouve un peu énervant cette prise en otage par des petits groupes violents et par un parti politique qui déclare appartenir à la majorité de la politique gouvernementale qui doit quand même obéir à un certain bon sens.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/La-crise-ukrainienne-peut-devenir-gravissime-et-mettre-en-jeu-la-paix-de-l-Europe_a1596.html</link>
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   <title>"La vision européenne de Hollande ne remet pas assez en cause les choix qui ont été faits avant lui"</title>
   <pubDate>Tue, 07 Jan 2014 22:18:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de #DirectPolitique, l'émission politique de Linternaute.com et de Ouest-France mardi 7 janvier. Il était interrogé par Fabien Dabert et Michel Urvoy.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/La-vision-europeenne-de-Hollande-ne-remet-pas-assez-en-cause-les-choix-qui-ont-ete-faits-avant-lui_a1577.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Comment le FN, parti des anciens collabos et des anciens de l'OAS, pourrait-il devenir un parti gaulliste ?"</title>
   <pubDate>Sat, 14 Dec 2013 19:45:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de France 3 Franche Comté, samedi 14 décembre 2013. Il débattait avec Alain Joyandet dans l'émission "La voix est libre", animée par Catherine Eme-Ziri et Jérémy Chevreuil.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">(Retrouvez la première partie de l'émission ci-dessus, et la seconde partie en bas de l'article)</span>       <br />
              <br />
       <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur Matignon</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Je n'ai pas du tout envie de prendre la place de M. Ayrault. C'est une place qui n'est pas enviable, sauf si on a les mains pour faire une autre politique. Ce serait un cas de figure tout à fait différent. Mais je ne l'envisage pas, et je ne pense pas que ce soit dans les intentions de François Hollande, aujourd'hui, de changer franchement de cap.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Lorsque j'ai apporté mon soutien à François Hollande, les yeux ouverts, j'ai dit que j'excluais de redevenir ministre. Je l'ai été à cinq reprises pendant presque 10 ans, bien que j'ai démissionné trois fois.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je considère qu'il y a une équation générale, qui est malheureusement erronée, depuis près de trois décennies. On a voulu substituer l'Europe à la nation, une dérégulation totale, un choix de monnaie unique qui juxtapose des économies profondément hétérogènes, et on le voit bien, ça ne marche pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne me situe pas vraiment au niveau des partis politiques. J'essaye de regarder ce qui est conforme à l'intérêt du pays. Je m'exprime raisonnablement.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je trouve qu'on ne se pose pas les questions de fond. François Hollande est là depuis longtemps. Il ne mérite pas le flot d'avanies dont il est accablé.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/1914-2014/">Dans mon dernier livre</a>, j'essaye de prendre la mesure du siècle écoulé. Je compare deux mondialisations. Je vois qu'à l'intérieur de chacunes d'elles, il y a une modification profonde de la hiérarchie des puissances. Alors qu'on voyait monter l'Allemagne impériale, aujourd'hui c'est la Chine.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La montée fantastique de l'Allemagne impériale aboutit à la Première Guerre mondiale, dont je donne une explication rationnelle, alors qu'aujourd'hui un silence total prévaut, parce que le politiquement correct est immense. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur les questions de politiques extérieures</span>       <br />
       <ul class="list"><li> J'ai toujours considéré qu'en politique extérieure, l'indépendance nationale, la politique gaullienne, la non-ingérence, devaient prévaloir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne pense pas qu'on puisse dire que la France soit devenue « le gendarme de l'Afrique ». Il y a une résolution de l'ONU, c'est très important, qui nous donne un mandat, celui d'aider les forces africaines à remettre un peu d'ordre en Centrafrique, qui en a bien besoin. Si la France peut aider, c'est tout à fait souhaitable.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Cela se révèle être une mission assez difficile. Les forces adverses ont des éléments incontrôlés.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on n'a pas l'autorisation des Nations Unies, il ne faut pas intervenir. Je m'étais prononcé contre une intervention en Syrie.       
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Histoire a tissé entre la France et l'Afrique des liens qu'il est hypocrite de vouloir nier.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe a été la grande absente en Centrafrique, au Mali également. L'impotence stratégique de l'Europe n'est plus à démontrer. L'Europe n'a pas la capacité de se mouvoir et de décider. L'Europe à 28 est extrêmement lourde : il y a des pays qui ne veulent pas intervenir, comme l'Allemagne, qui sont profondément pacifistes, d'autres qui ne veulent pas intervenir parce qu'ils n'y voient pas l'intérêt... Je ne veux pas les citer tous, car la liste serait longue.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le problème de fond, c'est que les Etats en Afrique sont très fragiles. Les armées sont quasi-inexistantes, elles sont déliquescentes. Si malheureusement, la France doit intervenir, ce n'est pas comme gendarme de l'Afrique. Le but c'est de faire en sorte que la défense de l'Afrique soit assumée par les Africains. Dans l'immédiat, ce n'est pas possible. Le renfort d'éléments français reste nécessaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe doit contribuer, au moins financièrement. J'ai proposé de soustraire du montant des déficits autorisés les budgets de la défense, ou au moins ce qui est en surplus pour des missions qu'aucun autre État en Europe n'est capable d'accomplir.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ca devrait faire réfléchir sur l'Europe. L'Europe n'est qu'un mot. Elle n'existe pas.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'emploi</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le déclin de l'emploi industriel a commencé il y a un peu plus de trente ans. J'étais ministre de l'Industrie, et j'ai démissionné de mes fonctions, car j'ai pensé que l'accrochage du franc au mark, c'est à dire une monnaie forte, dont la monnaie unique fut la suite, était une idée suicidaire pour notre industrie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous avions à l'époque près de 6 millions d'emplois industriels, aujourd'hui c'est à peine plus de 3 millions. C'est une tendance de longue durée, dont tous les gouvernements sont responsables.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je revendique l'antériorité par rapport à tous les autres, puisque  j'ai été le premier à dire que l'on faisait fausse route.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la réforme de l'Etat</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ceux qui disent qu'il faut baisser les dépenses publiques en général ne disent jamais lesquelles en particulier il faudrait baisser.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la relance de la croissance</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> François Hollande a été élu pour cinq ans. Il est là jusqu'en 2017. Il me semble déraisonnable de le critiquer sans cesse. On finit par se tirer une balle dans le pied à force de diaboliser les dirigeants de son pays.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La TVA sociale, c'est ce qu'on fait les Allemands. Mais il y a de bons moments pour le faire et d'autres ou c'est plus difficile. Quand le pouvoir d'achat souffre, et c'est le cas aujourd'hui, augmenter la TVA de 3 points n'est peut être pas tout à fait raisonnable.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le rapport Gallois a donné certaines indications qui sont justes. L'objectif d'améliorer la compétitivité du pays a été fixé. Nous y sommes un peu parvenu, le déficit de la balance commerciale a baissé de 15 milliards d'euros depuis deux ans. Mais je pense que ça ne suffira pas : il faut donc poser le problème au niveau européen.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Soit il y a une relance allemande, mais ce n'est pas le petit SMIC qui va entrer en vigueur en 2016 qui changera grand chose, soit la BCE joue son rôle de banque centrale et verse des liquidités dans le système, soit alors il faut revoir cette erreur qu'a été la monnaie unique et la transformer en monnaie commune, pour permettre qu'il y ait des marges d'ajustements monétaires entre les différents pays.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur PSA</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous devons soutenir Peugeot, mais pas sans contreparties. L'Etat va rentrer au capital de Peugeot, Dongfeng, une entreprise chinoise, aussi. Le problème de débouchés de Peugeot va se trouvé résolu par le fait qu'il va trouver des marchés en Asie, aujourd'hui le centre de gravité de l'économie mondiale.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le retrait de General Motors n'empêche pas la poursuite des coopérations industrielles.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous avons de très bonnes nouvelles pour l'emploi dans l'industrie automobile dans la Franche Comté du nord. Il faut quand même le souligner !        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les questions d'Education nationale</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne conteste pas la baisse du niveau de la formation. Mais je salue le rapport très récent de l'inspection nationale, qui montre que les enseignants aujourd'hui ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour redresser les choses.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Un point essentiel, c'est ce qu'on appelle « l'effet maître » que l'enseignant crée avec l'élève. D'une certaine manière, il n'y a pas de dossiers plus important que la formation des enseignants.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je regrette que l'on ait parlé beaucoup trop des rythmes scolaires, comme si ce n'était pas une évidence qu'il fallait revenir à une semaine de 4,5 jours !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je n'ai jamais dit que je voulais 80% d'une classe d'âge au Bac quand j'étais ministre de l'Education nationale, mais « au niveau » du bac : sans rabais d'exigence justement. Je n'ai jamais demandé à ce que l'on note les copies sur 22 au lieu du 20 !       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis pour l'élitisme républicain, parce que je pense que les enfants des milieux les plus démunis ont besoin d'une école forte, d'une pédagogie structurée, un peu directive, sur laquelle il puisse s'appuyer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La mode aujourd'hui c'est que les enfants doivent construire leur savoir. Ce sont les pédagogies constructivistes. C'est l'enfant qui doit redécouvrir les théorèmes de Thalès ou réinventer seuls les tables de Pythagore ! Alors évidemment, cela ne marche pas !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut mettre le paquet sur les disciplines fondamentales : le français, les mathématiques, l'histoire et la géographie.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les sujets de de sécurité</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La philosophie de l'ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs, c'est la priorité à l'éducation. On s'est aperçu à un moment que ça ne marchait plus pour un certain nombre de jeunes, notamment les multirécidivistes. Donc je pense toujours que la priorité doit aller à l'éducation, mais à un moment, il faut que l'enfant sente la présence d'une autorité forte. L'Etablissement Public d'Insertion de la Défense est, à cet égard, un très bon exemple de ce que l'on peut faire.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le seul reproche que je peux faire à Valls, c'est de ne pas avoir fait une Zone de Sécurité Prioritaire à Belfort !        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la redistribution des cartes en Europe</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je précise que je ne suis pas candidat à Matignon, sauf si on changeait complètement de politique, et il n'en est pas pour l'instant question. Mais ce dont la France a besoin, c'est d'une redistribution des cartes qui impliquent forcément nos partenaires européens et surtout allemands. C'est avec eux qu'il faut négocier des changements profonds. Cela ne se fera pas sans des secousses que je vois venir. Et je m'en inquiète. Et je ne dis pas comme Marine Le Pen qu'on va s'en sortir en quittant tout. C'est une négociation qu'il faut avoir avec l'Allemagne.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'idée européenne est une belle idée. Mais la méthode choisie, faire en sorte que cette Europe se fasse en substitut des nations, voir contre elles, donner des pouvoirs extraordinaires à une technocratie, tout cela est une erreur. La monnaie unique a été un choix erroné. Il faut le reconnaître, revenir en arrière, choisir une meilleure bifurcation, penser d'autres règles du jeu, construire une Europe à l'échelle du XXIe car, dans la rivalité sino-américaine, il y a place pour une grande Europe, de la Méditerranée à l'Oural. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur les élections municipales à Belfort et les sénatoriales</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Etienne Butzbach, élu maire MRC de Belfort, a été débauché par le PS en 2012. Je pense que c'était une grave erreur de la part d'Yves Ackermann, le président du Conseil général du Territoire de Belfort. Je crains fort que, dans ces conditions, la ville de Belfort change de mains.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai été maire pendant plus de 20 ans. Je ne serai pas candidat. J'essayerai d'éclairer les Belfortins sur le choix qu'ils devront faire, à la lumière des intérêts de Belfort et de la République.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a un candidat du MRC, Bastien Faudot, qui va solliciter les suffrages des électeurs. Je lui souhaite bon vent !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Pour les sénatoriales, j'attendrai le 15 juin avant de faire connaître ma décision.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les tentatives de récupération auxquelles se livrent le FN</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Paul-Marie Couteaux, ex-pasquaïen, aujourd'hui au RBM, m'a apporté un soutien en 2002, dont je me serais d'ailleurs volontiers passé.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a un garçon que je connais pas, que je n'ai jamais rencontré, qui s'appelle Florian Philippot, qui dit que le FN est le vrai parti gaulliste. Mais enfin, le parti de Jean-Marie Le Pen, c'était des anciens de la Collaboration, de Vichy, des anciens de l'OAS... Je ne sais pas  par quelle transmutation ils sont devenus le vrai parti gaulliste ! Tout cela, c'est un pot de peinture.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai démissionné en 1983 pour protester contre le choix structurant d'accrocher le franc au mark fort. Le Pen a gagné les élections européennes en 1984. Alors, je pense quand même avoir mis clairement le curseur au bon endroit, et avoir le privilège de l'antériorité sur tous les autres.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Aujourd'hui, ceux qui ont fait le lit de Le Pen, en faisant une dérégulation totale, ou qui ont fait le petit bois en parlant des immigrés comme des gens qui avaient une odeur, dont il faudrait se méfier, c'est ces gens-là qui disent aujourd'hui sur moi des choses déraisonnables.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je regarde avec une distance amusée les essais de récupération auxquels certains se livrent. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Comment-le-FN-parti-des-anciens-collabos-et-des-anciens-de-l-OAS-pourrait-il-devenir-un-parti-gaulliste_a1567.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Centrafrique : "L'impotence stratégique de l'Europe est démontrée"</title>
   <pubDate>Sat, 14 Dec 2013 13:15:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de PolitiqueS sur LCP samedi 14 décembre 2013. Il répondait aux questions de Serge Moati.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les différentes interventions internationales de la France</span>       <br />
       <ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">(A propos des interventions au Mali et en Centrafrique) </span>Qui pourrait le faire si la France ne le fait pas ? Je ne vais pas souligner l'impotence stratégique de l'Europe. Elle est démontrée. Elle est incapable de réagir. D'autres pays pourraient intervenir, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, mais ils ne connaissent pas ces régions.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je souligne que c'est à la demande de l'ONU, et dans le cadre d'une résolution, que la France intervient à des fins essentiellement humanitaires, et pour remettre ce pays sur les rails, ce qui est déjà beaucoup plus difficile.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France n'est pas seule : il y a une force, la MISCA, qui regroupe les troupes du Tchad, du Congo, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, du Gabon, et le président Hollande a annoncé la formation de 20 000 soldats africains par an, ce qui est un objectif extrêmement ambitieux.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France intervient en accord avec l'Afrique, et ses organisations internationales, comme l'Union Africaine. Elle ne peut pas le faire autrement. C'est un point essentiel.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si elle avait eu lieu, l'intervention en Syrie aurait été une très grave erreur, qui nous aurait entraîné dans une guerre que l'ONU n'aurait pas autorisée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Cela aurait ressemblé à la guerre d'Irak. On en voit aujourd'hui le résultat. L'Iran est devenue la puissance dominante dans la région. On a aussi ouvert la voie à l'islamisme radical. Et cette intervention a été ressentie comme une guerre impérialiste, non seulement dans l'ensemble du monde arabe, mais aussi dans l'ensemble du tiers-monde.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France ne doit pas supporter seule le coup de cette mission en Centrafrique. M. Von Rompuy au sommet africain a annoncé que l'Europe mettrait 50 millions d'euros. Ca ne suffira pas, mais c'est un début.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Premier passage sur le livre « 1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire ? »</span>       <br />
       <ul class="list"><li> J'ai démissionné en 1983, au moment de l'accrochage du franc sur le mark allemand.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La monnaie unique est une erreur : elle juxtapose des pays très différents, elle méconnaît l'histoire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je montre dans mon livre comment les nations européennes ont été dévalorisées. On a confondu nation et nationalisme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les nations européennes ne voulaient pas la guerre. Aucune.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la situation en Corse</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Les tirs contre des casernes de gendarmerie, où vivent des femmes et des enfants et pas seulement des gendarmes, sont évidemment inacceptables à tous égards : on s'attaque aux soldats de la loi, et on s'attaque à des familles.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense qu'il est regrettable d'avoir levé le préalable de l'arrêt des violences avant l'ouverture de discussions, qui n'ont d'ailleurs pas véritablement abouties.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense qu'il faut être ferme, l'Etat doit être ferme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les Corses ne souhaitent pas échapper à la loi républicaine, bien au contraire ils la souhaitent, parce que c'est ce qui peut garantir la sécurité, et il ne faut pas laisser la Corse dériver comme une île mafieuse au milieu de la Méditerranée.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Etre ministre de l'Intérieur sous un gouvernement de gauche</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il est plus difficile d'être ministre de l'Intérieur à gauche qu'à droite, parce qu'il y a à gauche un courant angélique, qui ne voit pas la réalité. La réalité, ce sont aussi des criminels, des trafiquants, etc. Par conséquent, il faut faire face, et les policiers et les gendarmes le font avec beaucoup de courage, avec des pertes. Il y a chaque année des centaines de blessés.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut aborder ces problèmes sans démagogie, bien entendu, comme le fait très souvent la droite ou l'extrême-droite, mais aussi sans angélisme, sans culture de l'excuse. Il y a des pauvres honnêtes et des riches malhonnêtes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je soutiens l'action de Manuel Valls, qui est utile au gouvernement et à la gauche.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la situation économique européenne, l'Allemagne et l'euro</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je soutiens le gouvernement les yeux ouverts. Et j'ai toujours déclaré que je ne souhaitais pas revenir au gouvernement. Ma parole reste, et restera, libre.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'aborde les problèmes de la politique économique, en montrant que le cap qui a été choisi, il y a déjà plusieurs décennies, nous conduit à une stagnation prolongée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Allemagne est dans une situation très particulière. Elle a 7% d'excédents commerciaux. Désormais, elle exporte plus en dehors de l'UE qu'en son sein. Elle oblige les autres pays européens, et notamment les pays de l'Europe du Sud, à accepter un programme de rigueur, qui se traduit par un chômage qui progresse (en Espagne il est de 27% de la population active). En moyenne il est supérieur à 12% en Europe.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a un réglage à faire, qui est difficile, dont l'heure approche inévitablement. On ne peut pas continuer sur cette pente, ce n'est pas possible.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Aujourd'hui, on peut imaginer une relance de l'activité économique par l'Allemagne. Mais elle sera modeste. C'est l'instauration d'un SMIC en Allemagne en 2016, à 8,50€/h. C'est peu. Il y aurait l'action de la BCE, mais celle-ci est étroitement cadenassée par ses statuts, qui découlent du traité de Maastricht.        
       </li></ul><ul class="list"><li> A terme, la transformation de l'euro de monnaie unique en monnaie commune, serait le bon sens. Cela permettrait des ajustements monétaires beaucoup moins douloureux que les déflations internes qu'on impose à un certain nombre de pays, y compris à la France.         <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Seconde partie sur le livre « 1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire ? »</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> L'essentiel de mon livre consiste à dire qu'il nous faut travailler sur des concepts solides. La nation, pas le nationalisme. Il faut retrouver confiance dans nos nations. On se sert de la Première Guerre mondiale pour les dévaloriser, comme si c'était elles qui avaient provoqué la guerre, alors que ce sont des décideurs inconscients qui ont jeté les peuples dans la guerre, dont ils sous-estimèrent l'ampleur et la durée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Mon livre est une leçon pour l'avenir. La gestion de la relation sino-américaine va poser problème.        
       </li></ul><ul class="list"><li> De même, la manière dont l'Europe a été mise à l'écart, parce que Jean Monnet l'a construite à l'ombre de la puissance militaire américaine, et sur la base du marché, dans une vision purement mercantile, en tenant les nations aussi loin que possible de la décision, a aboutit à un système qui ne marche pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faudrait aller à une Europe qui se préoccupe de l'essentiel, qui s'appuie sur les démocraties, donc les nations, pour vraiment faire émerger une politique industrielle, une politique énergétique, une politique de défense, au service de la paix bien entendu, et une politique extérieure qui nous permettrait d'exister au XXIe siècle.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Les 140 secondes du Lab d'Europe 1 »</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">(Manuel Valls est-il le meilleur élève du gouvernement?)</span> Mais qui est le maître ?       
       </li></ul><ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">(Est-ce que vous l'imaginez à Matignon ?)</span> C'est le choix du Président de la République.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">(Vous qui avez été ministre de l'Industrie, entres autres choses, quelle note vous accordez aujourd'hui à Arnaud Montebourg pour son action ?)</span> Une bonne note.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">(On approche de Noël. Si vous deviez offrir quelque chose à Cécile Duflot?)</span> Quelque chose pour ses enfants. Je crois qu'elle a quatre enfants.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">(Sur le web, certains de vos proches font circuler un Tumblr – c'est une sorte de blog – qui s'appelle </span> <a class="link" href="http://lecheamatignon.tumblr.com/">#LeCheAMatignon</a>, <span style="font-style:italic">êtes-vous au courant et que dites-vous de cette hypothèse?)</span> J'ai lu ça avec surprise dans un journal du soir. Je pense que ça ne répond pas du tout à la situation actuelle. Si vous voulez, il faudrait une situation vraiment très difficile, et elle l'est, mais vous savez on a appelé Clemenceau après l'échec de l'offensive du chemin des Dames, les mutineries, les grèves pacifistes. Disons que c'était la fin. Et on a appelé Clemenceau dans une situation d'extrême urgence, et encore, il fallait qu'il y ait Poincaré. Donc toutes ces conditions ne sont pas réunies.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">(Des anciens chevènementistes, comment Florian Philippot ou Paul-Marie Couteaux, se retrouvent au FN. Comment vous l'expliquez?)</span> Je vous interdis de parler d'anciens chevènementistes, parce que j'ai eu 1 520 000 électeurs, et forcément parmi ceux-là, il y en a quelques uns qui peuvent avoir rejoint le FN. C'est le cas d'un monsieur que je connais pas, Florian Philippot, quand à Paul-Marie Couteaux il a en effet été très jeune au CERES, mais ensuite il est passé chez Pasqua, chez de Villiers, et s'il m'a apporté un soutien en 2002, finalement je m'en serai bien passé.        <br />
              <br />
       -----       <br />
       Découvrez le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/1914-2014/">1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?</a> (éditions Fayard)</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <title>"Dans la guerre des monnaies, l'Europe joue avec les bras attachés dans le dos"</title>
   <pubDate>Thu, 12 Dec 2013 22:04:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Activ' Radio mercredi 11 décembre 2013. Il répondait aux questions de Timothée Maymon.      <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6132320-9158115.jpg?v=1386863035" alt=""Dans la guerre des monnaies, l'Europe joue avec les bras attachés dans le dos"" title=""Dans la guerre des monnaies, l'Europe joue avec les bras attachés dans le dos"" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express : </span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Dans les commémorations du centenaire de 1914, il y a beaucoup de malentendus. On lit toujours le passé à la lumière du présent, mais on ne comprend pas ce qui s'est passé quand on essaye de discréditer les nations, comme si elles étaient à l'origine de la Première Guerre mondiale. Je crois que ce n'est pas le cas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'idée du livre est de comparer les deux mondialisations, la mondialisation britannique, avant 1914, et ensuite la mondialisation américaine, après 1945. Dans les deux cas, on voit se modifier profondément la hiérarchie des puissances. Les causes profondes de la Première Guerre mondiale sont là.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les élites allemandes, pénétrées d'idées pangermanistes, ont pris tout une série de décisions inconsidérées, précipitant la guerre, donnant son caractère véritablement mondial à ce conflit.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les historiens aujourd'hui s'intéressent surtout à l'histoire des mentalités. Ils ne cherchent pas à comprendre ce qui, au cours du siècle, a entraîné la marginalisation de l'Europe. Je tire de mon livre des réflexions pour aujourd'hui.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> L'Europe, depuis 1945, s'est faite à l'ombre de la tutelle américaine, dans le contexte de la Guerre froide d'abord, dans le cadre de l'OTAN aujourd'hui, et, par ailleurs, c'est une Europe qui s'est faite par le marché, qui a suivi le mouvement de dérégulation initié dans les pays anglo-saxons.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous avons aujourd'hui une Europe ultralibérale, très ouverte à la concurrence des produits à très bas coûts. Elle a de nombreux handicaps, sur le plan monétaire, notre monnaie est la plus surévaluée du monde, et nous ne sommes pas capables de nous défendre. L'impotence stratégique est ce que caractérise l'Europe.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crois qu'il faut reprendre l'Europe sur des bases nouvelles. Je propose bien entendu que l'on revienne sur la monnaie unique, en conservant l'euro, non plus comme monaie unique mais comme monnaie commune, et par conséquent que la France et l'Allemagne se concertent pour changer les règles du jeu, pour retrouver la croissance et l'emploi.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faudrait simplifier aussi le fonctionnement des institutions européennes. Il faut partir des nations, parce que les nations sont le cadre de la démocratie. On a pas le droit de les discréditer comme on le fait trop souvent à travers la description de la Première Guerre mondiale, qui a certes été une horreur, mais une horreur qui n'a pas été voulue par les nations. Les opinions publiques étaient partout pacifiques. Ce sont les décideurs, notamment allemands, qui ont précipité la Première Guerre mondiale, sans mesurer ni l'ampleur ni la longueur du conflit.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Dans la guerre des monnaies, l'Europe joue avec les bras attachés dans le dos. La BCE n'a qu'une seule mission : lutter contre l'inflation. Donc nous avons une monnaie qui détruit la compétitivité de nos produits, en tout cas c'est vrai pour la France et les pays du Sud.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le chômage est important en France, il l'est plus encore en Espagne et en Grèce où il atteint 27% de la population active. Donc il faudrait une politique de relance, plutôt qu'une politique de contraintes budgétaires très strictes, qu'impliquent le traité budgétaire européen, le TSCG. La Banque Centrale pourrait y contribuer par un nouveau train d'avances aux banques, ou même par le rachat de dettes souveraines.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Fondamentalement, le vice constitutif de la monnaie, qui consiste à avoir juxtaposé des économies très différentes entre elles, ne pourra être corrigé que si on passe à un euro monnaie commune. Pour l'expliquer rapidement : la monnaie commune juxtapose des monnaies nationales, qui fluctuent dans des bandes resserrées, avec des parités négociées, qui doivent tenir compte de la compétitivité de chaque pays, de façon à ce que chaque pays puisse renouer avec la compétitivité, la croissance, l'emploi.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il n'y a pas de raison pour que l'Europe soit condamnée à une stagnation économique de très longue durée. Or aujourd'hui, c'est ce qui se profile devant nous.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faudrait une vraie discussion entre la France et l'Allemagne, par forcément sur la place publique d'ailleurs. Mais il est temps de revenir aux fondamentaux et de reprendre la construction européenne sur des bases solides.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France intervient en Centrafrique avec l'accord des Africains, pour enrayer un génocide dont on a déjà vu les prémices, pour désarmer les milices, de faire en sorte que la République centrafricaine retrouve des autorités légitimes. Donc j'approuve cette opération, mais en même temps, elle ne doit pas s'éterniser, ni être à la charge de la France seule. L'ONU et l'UE doivent assumer le financement de cette opération, qui encore une fois, n'est pas faite pour durer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il est plus facile de prendre un billet d'aller que de retour. Ce n'est certes pas facile de quitter un pays une fois qu'on a commencé à y intervenir, mais c'est cependant bien ce vers quoi il faut aller, en formant notamment des forces africaines capables de prendre le relais.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je n'entends nullement remplacer Jean-Marc Ayrault qui, dans le cadre étroit qui lui est laissé, se débrouille aussi bien que possible.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis pour un changement de politique, que j'ai expliqué. Nous nous sommes orientés depuis très longtemps dans une voie qui n'est pas la bonne, avec des choix erronés. Un grand travail de remise au clair doit s'effectuer. Cela demande des choix très courageux.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne suis pas candidat pour un poste ministériel. En aucune manière je ne suis prêt à prendre de responsabilités qui ne correspondraient pas à un changement profond de politique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les Français me positionnent <span style="font-style:italic">(comme ministrable ou premier-ministrable, ndlr)</span> parce qu'ils pensent qu'un changement de politique est nécessaire. Mais ils ne sont pas encore assez nombreux...        
       </li></ul><ul class="list"><li> Mon soutien aux municipales ira naturellement aux candidats du MRC, parti auquel j'appartiens.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les élections européennes promettront plus sûrement d'exprimer ce qu'est la politique du MRC, car les élections municipales ont souvent un enjeu local. Il se peut que naturellement ces élections municipales soient nationalisées par les électeurs, mais je pense quand même qu'il y a beaucoup de considérations locales.        <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.activradio.com/2013/12/11/jean-pierre-chevenement-dans-la-loire/">Activ' Radio</a>       <br />
              <br />
       -----       <br />
       Découvrez le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/1914-2014/">1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?</a> (éditions Fayard)</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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