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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-13T14:27:47+01:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>"L'héritage de Clemenceau, c'est l'universalisme"</title>
   <pubDate>Sat, 15 Mar 2014 14:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l'émission "Entre les lignes" sur LCP, samedi 15 mars 2014. Il répondait aux questions de Frédéric Haziza.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/0cc786781369b662f5e8a393635ce5ddc2c06d2f" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Clemenceau est un homme très original. Il est tout à fait contre la colonisation : il considère que l'essentiel se joue en Europe, que la colonisation, c'est du temps perdu. En plus, il est très hostile à l'idée qu'il y a des civilisations supérieures, et d'autres inférieures.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Clemenceau a passé cinq ans aux USA, juste après la guerre de Sécession. Il parlait très bien l'anglais. Il connaissait très bien le monde anglo-saxon. Mais il s'intéressait beaucoup aussi à l'Asie, et au Japon : il est très japonophile, il est en même temps japonisant. Il s'intéresse aux objets d'arts. Ça montre une grande d'ouverture d'esprit. Il s'intéresse aussi à l'histoire des religions. Lui-même est un anticlérical mais il s'intéresse à la manière dont les gens donnent sens à leur vie, à travers Confucius, Boudha, Lao-Tseu, au shintoïsme...        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a très peu d'hommes politiques qui pourraient écrire le livre que Clemenceau a écrit très vieux : « <span style="font-style:italic">Au soir de la pensée</span> » où il récapitule tout ce qu'il pense sur un tas de sujets extrêmement divers. Ce serait très intéressant d'obliger nos politiques à écrire un « <span style="font-style:italic">Au soir de la pensée</span> », ce serait très instructif !       
       </li></ul><ul class="list"><li> Clemenceau a donné l'idée du titre du « <span style="font-style:italic">J'accuse</span> » à Émile Zola. C'est un républicain : il croît à l'égalité des hommes. Tous les hommes ont un potentiel qu'ils doivent exprimer. Et Clemenceau a multiplié, tout au long de sa vie, des gestes vraiment émouvants.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crois, comme Clemenceau, que la règle protège la liberté, et que souvent la liberté laissée à elle-même peut aller à l'oppression. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> C'est très difficile de prendre pour modèle Clemenceau, car c'est un homme admirable. C'est un des grands hommes de l'histoire de France. Au XXe siècle, c'est lui qui a permis à la France de tenir en 1917, au moment le plus terrible, quand la Russie avait abandonné le combat, les Américains n'étaient pas encore arrivés, nous étions tous seuls face à l'Allemagne qui avait rapatrié ses troupes de l'est à l'ouest. C'est lui qui par son énergie a maintenu la résistance française, et a valu, longtemps après, que la France soit considérée encore comme une grande puissance, et ait sa place au Conseil de sécurité de l'ONU. Sans Clemenceau, ce ne serait pas le cas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Clemenceau était certainement un universaliste, mais c'était aussi un patriote français.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si de Gaulle a pu lancer l'appel du 18 juin, s'il y a eu la Résistance, la France libre, on le doit à Clemenceau.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Clemenceau a affirmé que, quand il était jeune, il croyait en la bonté spontanée du suffrage universel, et avec l'âge il a un peu évolué. Pour lui, le Sénat, c'est le temps de la réflexion.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crois que c'est très injuste de reprocher le traité de Versailles à Clemenceau. Wilson avait posé le principe de l'auto-détermination des peuples. La grande faiblesse de ce traité, signé par Wilson, c'est que les Américains ne l'ont pas ratifié. Les garanties données par Wilson n'ont pas été honorées. Il y avait donc dès le départ une faiblesse fondamentale : le traité de Versailles ne pouvait tenir que si les États-Unis donnaient leur garantie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'héritage de Clemenceau, c'est l'universalisme : l'idée que la France est un pont vers les autres cultures. Il est pas du tout occidentaliste, comme on dit aujourd'hui, il essaye toujours de se mettre dans la tête des autres, voir comment ils raisonnent. Et naturellement, l'amour de la France, et l'idée que la République est une idée toujours neuve.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que la France a besoin de repères pour s'en sortir. Et, ça ne peut pas venir de la droite ou de la gauche seulement : la France a besoin de se projeter dans l'avenir pour savoir quel rôle elle peut jouer, en Europe et dans le monde. Et cela demande beaucoup de réflexion, de réalisme, et en même temps de générosité, d'ouverture d'esprit. Je pense que de ce point de vue là, Clemenceau reste un modèe. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Non au déclassement stratégique de la France</title>
   <pubDate>Tue, 28 May 2013 17:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, lors du débat sur Livre blanc de la défense, mardi 28 mai 2013.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/5554058-8285484.jpg?v=1369755621" alt="Non au déclassement stratégique de la France" title="Non au déclassement stratégique de la France" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Président,       <br />
       Monsieur le Premier Ministre       <br />
       Messieurs les ministres,       <br />
              <br />
       Dans ces temps de grande disette budgétaire, nous apprécions que vous ayiez su obtenir du Président de la République le maintien à son niveau actuel de notre effort de défense, c'est-à-dire 31,4 milliards d’euros pour le budget de la Défense en 2014.       <br />
              <br />
       Ce résultat est à porter à votre actif, M le Ministre de la Défense et du renfort que vous ont apporté tous ceux qui, au Sénat, avec le Président de la commission des affaires étrangères et des forces armées, ont aidé à éviter, au moins pour le moment, le déclassement stratégique qu’eût entrainé une baisse significative des crédits militaires. Le risque a été écarté aussi par l’éclatante démonstration d’efficacité qui a été faite par nos soldats, appelés à sauvegarder l’intégrité, la souveraineté et la liberté de la République du Mali.       <br />
              <br />
       Le Président de la République a annoncé que nos forces armées disposeraient de 365 milliards d’euros sur la période 2014-2025, dont 179,2 pour celle couverte par la loi de programmation militaire de 2014 à 2020.       <br />
              <br />
       Pour maintenir une France forte, le Président de la République a estimé ce chiffre réaliste. Il faudra faire avec.       <br />
              <br />
       J’approuve par ailleurs le recentrage opéré par le Livre blanc 2013 sur l’Afrique, notamment sahélienne, de la définition de notre zone d’intérêts prioritaires. Je l’avais déjà réclamée, mais en vain, lors du débat du 15 juillet 2009 sur l’adoption de la loi de programmation militaire 2008-2013.       <br />
              <br />
       Certaines orientations positives du Livre blanc de 2008 ont été confirmées comme l’accent mis sur la connaissance et l’anticipation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Nous sommes évidemment concernés par la montée des tensions en Asie, ne serait ce que par le «pivotement » des forces américaines, de l’Atlantique vers le Pacifique, qui obligera l’Europe, dans l’avenir, à pourvoir davantage à sa défense. Or force est de constater que la plupart des pays européens, à l’exception de la Grande-Bretagne et de la France, se sont installés dans un climat de fausse sécurité.       <br />
              <br />
       Non pas vis-à-vis de la Russie qui n’est plus une menace militaire pour l’Europe, mais est davantage préoccupée par la montée de l’islamisme radical dans le Caucase et l’Asie centrale.       <br />
              <br />
       Que la Russie soit aussi une puissance énergétique de première grandeur ne constitue pas davantage une menace, mais au contraire une opportunité. Le fournisseur, qui n’est d’ailleurs pas le seul, dépend autant du client que celui-ci de celui-là.        <br />
              <br />
       Les « menaces de la faiblesse », notamment en Afrique, me paraissent autrement plus graves. C’est de ces menaces que la plupart des pays européens n’ont pas pris conscience. Les pays du Nord de l’Europe s’en sont remis, un peu trop facilement, aux pays du Sud de garder leurs frontières, et aux Etats-Unis et à la France, de préserver l’équilibre fragile, du Moyen-Orient, pour les premiers, et de l’Afrique pour la seconde.       <br />
              <br />
       L’Europe serait bien avisée d’aider à la formation d’armées africaines opérationnelles et à la constitution, à l’échelon régional, de forces de réaction rapides africaines, à partir d’états-majors permanents capables d’entraîner régulièrement des unités professionnelles dédiées dans chaque pays. C’est ce qui a manqué à la CEDEAO et a obligé la France à intervenir en premier au Mali, à l’appel de ses autorités légitimes, parce qu’elle seule pouvait le faire. Je constate que la France contribue pour la moitié à la force européenne, d’ailleurs insuffisamment calibré, de formation des forces maliennes.       <br />
              <br />
       Dans l’immédiat, vous avez conjuré, Monsieur le Ministre de la défense, le risque d’un déclassement stratégique de la France. Mon groupe vous en sait gré.       <br />
              <br />
       Mais ce risque n’est pas écarté pour toujours par l’arbitrage du Président de la République. Je ne parle pas seulement des recettes exceptionnelles-5,9 milliards- qu’il faudra trouver et, je l’espère, autrement que par la liquidation des participations de l’Etat dans le secteur des industries de défense.       <br />
              <br />
       Non, je veux surtout parler de la dégradation de notre situation économique et par conséquent budgétaire, qui résulte de la mécanique mise en place par le traité dit TSCG, dont les effets récessifs, en Europe, risquent de se faire sentir durant une longue période.       <br />
              <br />
       En effet, les moteurs de la croissance-consommation, exportations, investissement- y sont en panne, sauf peut-être, encore que faiblement, en Allemagne. Celle-ci consacre d’ailleurs à sa défense des crédits légèrement supérieurs aux nôtres, en volume. L’Allemagne a entrepris de professionnaliser, à son tour, son armée. Ses capacités en seront accrues, mais dans le cadre de l’OTAN. Celle-ci vaut, aux yeux de son opinion, fondamentalement pacifiste, comme une sorte de traité de réassurance, contre des dangers qu’elle a d’ailleurs de la peine à discerner.       <br />
              <br />
       La dissuasion nucléaire est garantie par les déclarations du Président de la République, mais pour combien de temps ?        <br />
              <br />
       On entend de plus en plus s’élever des voix qui se plaignent de l’effet d’éviction qu’elle exercerait sur les crédits attribués aux forces conventionnelles. Ces critiques à courte vue oublient que la dissuasion est l’outil de notre autonomie stratégique et politique et qu’elle seule peut garantir le maintien d’une diplomatie indépendante et nous tenir à l’abri de guerre qui ne seraient pas les nôtres.       <br />
              <br />
       Le Président Obama vient d’affirmer sa volonté d’aller plus loin que le Traité New Start dans la voie du désarmement nucléaire. A tous ceux qui se laisseraient porter par l’opinion, je veux rappeler que les Etats-Unis disposent aujourd’hui de 1654 têtes nucléaires déployées, sans compter les milliers de têtes non déployées qui n’ont jamais été incluses dans un accord. En regard, la France dispose de moins de 300 têtes, c’est à dire beaucoup moins que la Russie et même que la Chine. Le principe de la stricte suffisance nous interdit de descendre en dessous de quatre sous marins lanceurs d’engins et de deux escadrons aériens. Si les armes nucléaires tactiques américaines étaient retirées d’Europe, nous serions le seul pays en dehors de la Russie, à disposer d’armes nucléaires sur le continent. C’est une garantie de l’équilibre et de la paix sur celui-ci. C’est pourquoi nous ne sommes pas membres du « groupe des plans nucléaires » de l’OTAN, et devons continuer à nous en tenir à l’écart.       <br />
              <br />
       Sans doute, avez-vous raison d’affirmer l’objectif d’une défense européenne, comme le croyant, l’existence de Dieu. Mais la volonté politique chez nos partenaires, fait aujourd’hui défaut. Comme le dit le traité de Lisbonne de 2008, les pays de l’Union européenne membres de l’OTAN contribuent à l’élaboration et à la mise en œuvre de leur défense dans le cadre de cette alliance. Même après avoir rejoint, en 2012, l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, la France ne peut renoncer à assurer elle-même, en ultime ressort, le soin de sa défense.       <br />
              <br />
       C’est la condition de notre indépendance et donc du maintien de l’esprit de défense dans le pays.       <br />
              <br />
       La République française est aujourd’hui confrontée au défi de l’islamisme radical. Il ne faut surtout pas confondre celui-ci avec l’Islam qui est la religion de 1200 millions d’hommes et de femmes. Nous devons tout faire, au contraire pour aider les peuples musulmans, dans le respect de leur authenticité, à trouver leur place dans le monde moderne.       <br />
              <br />
       A ce défi, la sophistication des armements n’est pas une réponse suffisante. La bonne réponse est d’abord humaine et politique.       <br />
              <br />
       A cet égard, je ne saurais trop approuver le principe de la différentiation des forces posées par le Livre blanc. Evitons, par une course excessive à la technologisation, de réduire encore le nombre des hommes dans les armées.       <br />
              <br />
       Nous avons besoin de soldats qui comprennent d’autres civilisations que la nôtre. C’était jadis une des traditions de l’armée française. Elle a donné les Lyautey, les Gallieni, les Charles de Foucauld, et combien d’autres ! Il serait temps de réinvestir dans la formation des officiers le champ de la compréhension humaine, et de favoriser l’apprentissage des langues, orientales et africaines. Cela couterait moins cher que les missiles guidés avec précision, mais ce ne serait pas de l’argent perdu !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Non-au-declassement-strategique-de-la-France_a1490.html</link>
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   <title>Mieux vaut une absence d’accord qu’une négociation bâclée</title>
   <pubDate>Thu, 25 Jun 2009 17:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement, Sénateur du Territoire de Belfort, lors du débat sur le volet agricole de la négociation de l'OMC au Sénat, jeudi 25 juin 2009.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1454250-1932981.jpg?v=1289480070" alt="Mieux vaut une absence d’accord qu’une négociation bâclée" title="Mieux vaut une absence d’accord qu’une négociation bâclée" />
     </div>
     <div>
      La décision quant à la conclusion du cycle de Doha a été reportée à la demande de la nouvelle Administration américaine qui a demandé un délai pour pouvoir examiner ce qu’il y a sur la table.       <br />
              <br />
       Ce report est une relativement bonne nouvelle car, comme l’Europe, les Etats-Unis, depuis Roosevelt, protègent leur agriculture. Ils n’ont d’ailleurs pas maintenu le découplage des aides qu’ils ont introduit pendant deux ans. Ce report nous donne un délai de réflexion opportun avant la révision de la politique agricole commune prévue après 2013.        <br />
              <br />
       L’agriculture, en effet, comme les industries lourdes, exige des investissements à long terme. Les éleveurs qui quittent leurs exploitations ne se remplacent pas. La population active agricole dans le monde représente encore plus de deux hommes sur cinq. Elle est souvent majoritaire dans les pays du Sud, comme en Chine ou en Inde ou en Afrique. En Europe, la moyenne exploitation agricole façonne la plupart de nos paysages. L’alimentation enfin est une préoccupation qui s’impose prioritairement à tout gouvernement en quantité et en qualité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(l'intégralité de l'intervention de Jean-Pierre Chevènement en vidéo)</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      C’est pourquoi nous ne pouvons qu’être inquiets en lisant les propos de M. Lamy, directeur général de l’OMC le 10 mai 2009 :       <br />
              <br />
       « L’intégration mondiale en matière agricole nous permet d’envisager l’efficience au-delà des frontières nationales … en déplaçant la production agricole vers les lieux plus appropriés. » M. Lamy précise que les rendements sont généralement plus élevés sur les grandes propriétés foncières que sur les petites exploitations. « Nous devons nous rappeler, ajoute-t-il, que les frontières nationales n’ont été définies par rien d’autre qu’un long jeu historique de chaises musicales. »       <br />
              <br />
       Ce mépris des sociétés rurales et des communautés historiquement constituées que sont les nations est tout à fait caractéristique de la pensée libérale la plus dogmatique. Malheureusement c’est cette pensée dogmatique qui domine les travaux de l’OMC appliqués à l’agriculture. Trois orientations dominent la négociation :       <br />
       -	l’amélioration de l’accès aux marchés,       <br />
       -	la réduction tendant vers l’élimination des subventions à l’exportation,       <br />
       -	la réduction substantielle des mesures de soutien interne « ayant pour effet de distordre les échanges », tout se passant comme si un libre-échangisme sans frontières et des prix qui sont bien souvent des prix de braderie devaient servir d’étalon ou de paradigme aux politiques agricoles.        <br />
              <br />
       Ainsi la négociation se déroule-t-elle dans un cadre libéral fixé à l’avance. Si le projet de libéralisation des marchés agricoles s’était concrétisé avant 2006, on peut être sûr que la crise alimentaire de 2007-2008 aurait été beaucoup plus grave. Cette orientation « laissez-fairiste » pèse évidemment dès aujourd’hui sur l’adaptation de la politique agricole européenne commune et déboucherait à terme en 2014 sur son démantèlement, s’il n’y était mis bon ordre d’ici là.        <br />
              <br />
       Il est regrettable que, sous présidence française, les 11 et 12 décembre 2008, dans le cadre d’un « bilan de santé de la PAC », la décision ait été prise de relever de 1% chaque année les quotas laitiers, en attendant leur suppression définitive en 2014. Cette décision était particulièrement inopportune, compte tenu de la chute des prix du lait, d’environ 50% depuis leur pic à l’automne 2007. Plus généralement la réduction des droits de douane qui résulterait d’un accord à l’OMC se traduirait par des importations massives de viande bovine, ce qui pénaliserait un grand nombre de petites et moyennes exploitations françaises dans des régions de moyenne montagne.       <br />
              <br />
              <br />
       Certes la PAC actuelle est critiquable. Elle a été minée dès le départ par la fixation de prix irréalistes et mal hiérarchisés. Devant des excédents imprévus à l’origine, il a été mis fin à la politique de soutien des marchés. La politique agricole commune, révisée en 1992 à l’initiative du Commissaire Mac Sharry, a instauré des paiements directs aux agriculteurs, en contrepartie de baisses de prix drastiques.        <br />
              <br />
       Les réformes ultérieures, en 1999 et 2003, ont persévéré dans la même voie : celle du découplage des soutiens et des prix en favorisant des rentes de situation rigides, au prorata des surfaces exploitées, sans aucune modulation liée à la conjoncture ou aux productions qu’il eût fallu ou non encourager. Il faut rompre avec la pensée libérale dogmatique qui gouverne une politique agricole commune inefficace, coûteuse, et par conséquent fragile. Il faut, pour cela, fonder la future politique agricole commune, de l’après 2013, sur un concept cohérent basé sur l’objectif d’une relative autosuffisance alimentaire de l’Europe.        <br />
              <br />
       Les grands pays d’Asie dont la population dépasse le milliard chercheront leur sécurité alimentaire, sans qu’on puisse exclure qu’ils deviennent, au-delà de la crise économique actuelle et au fur et à mesure de leur industrialisation, des importateurs de produits agricoles, du fait de la rareté de leurs ressources en terres et en eau et de la montée de classes moyennes, dont les habitudes alimentaires se modifieront profondément. Ces pays devront limiter ces importations pour privilégier leurs propres producteurs qui représentent encore plus de la moitié de leur population active. C’est ainsi qu’on a déjà vu l’Inde, l’an dernier, refuser la conclusion du cycle de Doha plutôt que de sacrifier ses 700 millions de petits agriculteurs. Si ces pays acceptaient que leurs paysans quittent leurs terres, l’exode rural ne se dirigerait pas seulement vers leurs villes. Il contribuerait aussi à gonfler le nombre des migrants vers nos pays.       <br />
              <br />
       Comme l’a fort bien écrit M. Pierre Lelong, ancien directeur du Fonds de régularisation des marchés agricoles, prenant le contrepied de M. Lamy : « La théorie des avantages comparatifs ignore le fait qu’à l’échelle planétaire, les hommes et les sociétés ne sont guère délocalisables ». Quant aux Etats-Unis ils ne peuvent à la fois soutenir un libéralisme de principe, subventionner leur agriculture et inonder de leurs produits les économies des pays les moins avancés.        <br />
              <br />
       Il faut donc revenir à des notions simples :       <br />
              <br />
       1.	D’abord admettre qu’il n’y a pas de vérité en matière de prix agricoles en dehors d’une zone géographique donnée, tant les paramètres sociaux, géographiques et environnementaux sont nombreux et hétérogènes. Il y a quelque chose de juste dans la recherche d’une certaine autosuffisance agricole à l’échelle de grandes régions du globe : non que le marché n’ait plus aucun rôle à jouer, mais ce rôle, s’il n’est pas marginal, ne saurait être essentiel. Le commerce agricole ne représente d’ailleurs qu’une faible partie de la production agricole et moins du dixième du commerce mondial. C’est dire que l’exception libre-échangiste britannique telle qu’elle a existé depuis 1846 ne peut se comprendre que dans le cadre d’un monde organisé pour le plus grand profit de la puissance impériale dominante qu’était alors le Royaume-Uni.       <br />
              <br />
       2.	En second lieu, il faut dire que l’intervention sur les marchés et donc par les prix, est la façon la moins coûteuse et la plus efficace de soutenir le revenu des agriculteurs et d’orienter les productions. Il faudrait donc rompre avec le système qui privilégie les aides directes. Or, c’est justement pour se conformer aux exigences de l’OMC, celui d’aides censées « ne pas distordre la concurrence », qu’on remplit des « boites vertes » de mesures budgétaires coûteuses et à l’efficacité problématique. Or, l’évolution probable des prix agricoles vers une hausse modérée à long terme, telle qu’elle résulte d’une prévision récente de l’OCDE et de la FAO, offre une opportunité exceptionnelle pour revenir aux concepts raisonnables qui fondaient la première politique agricole commune.       <br />
              <br />
       3.	En troisième lieu, cette action doit être conçue en terme de régularisation plutôt que de soutien, en fonction d’une grille de prix ne s’écartant pas trop, par souci d’économie, des prix internationaux observés sur le long terme, et tenant compte de multiples paramètres régionaux (hommes, terroirs, ressources en eau, débouchés, etc.).       <br />
              <br />
       4.	En quatrième lieu, les mécanismes de régularisation doivent, autant que possible, associer les producteurs d’une manière décentralisée et converger avec les actions de conversion et d’orientation nécessaires.       <br />
              <br />
       Bref, il faut trouver un équilibre, à travers des prix modérés, entre les exigences de la cohésion à l’intérieur de l’Union européenne et le souci de nos relations avec les pays tiers, sans oublier le cas spécifique des pays d’Afrique.       <br />
              <br />
       Pour élaborer un concept cohérent, à même de fonder une PAC renouvelée et viable, il faut donc partir d’une idée simple : le monde de demain ne sera pas celui des marchés agricoles unifiés sur lesquels s’effectuerait l’essentiel des transactions en fonction de prix internationaux variables et difficilement prévisibles. L’agriculture ne peut s’accommoder d’aussi grands aléas.       <br />
              <br />
       Le monde de demain sera composé de quelques grands espaces agricoles dont il faudra organiser les relations commerciales. Chacun d’eux recherchera autant qu’il le pourra à atteindre une certaine autosuffisance. Mais la dépendance par rapport aux marchés et donc aux prix internationaux ne s’exercera qu’à la marge. Une telle orientation permettrait de sauver les paysanneries européennes ou plutôt ce qu’il en reste. Cela éviterait un immense gaspillage, car il sera coûteux et difficile de rebâtir des systèmes agricoles, après qu’on les aura laissé péricliter voire disparaître. Une telle orientation doit commander notre attitude dans les négociations à l’OMC.       <br />
              <br />
       Disons les choses clairement : ces négociations ont été mal engagées sur des bases faussées dès l’origine.       <br />
              <br />
              <br />
       Le projet de l’OMC concernant l’agriculture de juillet 2008 était fondé, je le rappelle :       <br />
              <br />
       1.	sur la réduction globale du soutien interne censé avoir des « effets de distorsion sur les échanges » ;       <br />
       2.	sur une réduction des tarifs empêchant le libre accès aux marchés ;       <br />
       3.	sur la suppression des aides à l’exportation.       <br />
              <br />
       Comme chacun le sait, ce projet n’a pas abouti à ce jour et le Directeur général de l’OMC l’a remis en chantier, sans pour autant s’écarter des principes qui le fondent, à savoir la théorie libérale des avantages comparatifs.       <br />
              <br />
       1.	C’est ainsi que la mesure globale de soutien (MGS) censée fausser les échanges devrait être réduite de 80% pour l’Union européenne, 70 % pour les Etats-Unis et le Japon, 55 % pour le reste. Ces réductions auraient été mises en œuvre sur cinq ans pour les pays développés, huit ans pour les pays sous-développés.        <br />
              <br />
       Trois observations s’imposent à ce stade :       <br />
              <br />
       a)	L’Union européenne est le continent le plus pénalisé.       <br />
       b)	Les pays en voie de développement constituent une catégorie fourre-tout : on y trouve aussi bien certains pays du groupe de Cairns que les pays les moins avancés. Ce choix privilégie les grandes exploitations latifondiaires au détriment de la moyenne exploitation agricole européenne.       <br />
       c)	Enfin, les réductions s’appliquent pour l’essentiel à la catégorie « orange » et épargne la catégorie dite « verte », c’est-à-dire les aides découplées du revenu. Conclure sur ces bases la négociation engagée à l’OMC ce serait figer la politique agricole commune qui repose déjà, pour l’essentiel, sur le découplage des aides d’avec la production et la fragiliser gravement pour l’avenir.       <br />
              <br />
       L’Union européenne ne devrait pas accepter de conduire à l’OMC un accord qui l’empêcherait de revenir à un système d’aides plus raisonnable, fondé principalement sur des prix garantis modérés à la production. Un tel système éviterait le gaspillage et permettrait de réduire le coût de la PAC, dans des conditions qui seraient à la fois conformes aux intérêts de la France, compte tenu des avantages agricoles naturels dont elle dispose et à celui des paysanneries européennes, et acceptable pour nos partenaires européens.       <br />
              <br />
              <br />
       2.	Par ailleurs, les réductions de tarifs selon la méthode de l’étagement frapperaient plus sévèrement l’Union européenne que ses concurrents potentiels. Pour l’Union européenne, l’abaissement prévu est de :        <br />
       -	70 % pour les tarifs supérieurs à 75 %       <br />
       -	64 % pour les tarifs compris entre 50 % et 75 %       <br />
       -	57 % pour les tarifs compris entre 20 % et 50 %       <br />
       -	50 % pour les tarifs inférieurs à 20 %       <br />
              <br />
       Il resterait peu de choses de la protection tarifaire pour l’agriculture européenne. Par comparaison, les pays dits en voie de développement, parmi lesquels des grands pays comme le Brésil verraient abaisser de :        <br />
       -	46,7 % les tarifs supérieurs à 130 %       <br />
       -	42,7 % les tarifs compris entre 80 % et 130 %       <br />
       -	38 % les tarifs compris entre 30 % et 80 %       <br />
       -	33,3 % les tarifs inférieurs à 30 %       <br />
              <br />
       C’est donc d’un véritable démantèlement tarifaire qu’il s’agirait pour l’Europe  et de surcroît asymétrique, avec des pays comme le Brésil disposant d’avantages comparatifs supérieurs aux nôtres.       <br />
              <br />
       La politique agricole commune initiale avait été fondée sur le principe des prélèvements à l’importation, remplacés, sous la pression de l’OMC, par des droits de douane, d’abord variables, puis fixes. Le dernier acte serait accompli avec le véritable démantèlement tarifaire dont le projet de l’OMC a dessiné la perspective. Si on peut admettre que les PMA d’Afrique disposent de contingents tarifaires en franchise de droits, il est légitime de protéger nos agriculteurs contre la concurrence de « pays neufs » qui pour des raisons géographiques peuvent produire à très bas coût.        <br />
              <br />
              <br />
       3.	Une troisième catégorie de mesures concerne l’élimination d’ici 2013 de subventions à l’exportation, à commencer par leur réduction de moitié dans une première étape. Il n’est pas du tout certain que ces mesures bénéficient aux agriculteurs de pays les moins avancés qui, en cas de famine ou de crise alimentaire grave ou même de pénurie structurelle, peuvent avoir besoin d’importer à bas prix. Il faudrait veiller qu’au-delà de l’aide alimentaire d’urgence, nos exportations vers les grands pays importateurs de demain ne seront pas handicapées. La visibilité manque pour prendre aujourd’hui de pareils engagements. Mais j’admets que plutôt qu’aux subventions à l’exportation on préfère développer les possibilités de stockage pour reporter la production sur une période moins excédentaire. Une certaine régulation de la production éviterait d’ailleurs tout écart durable entre production et consommation.       <br />
              <br />
              <br />
       D’une manière générale il faut opposer au libre-échangisme doctrinaire le principe d’une concurrence équitable dans les échanges internationaux. Nous voyons les produits industriels fabriqués dans les pays à bas coût envahir nos marchés à des prix de dumping, qu’il s’agisse de dumping social, monétaire ou environnemental. La France et l’Europe seraient bien inspirées de ne pas poursuivre dans le domaine agricole le désarmement unilatéral auquel elles ont procédé en matière industrielle.       <br />
              <br />
       De lourdes menaces pèsent sur l’avenir de l’agriculture française à l’OMC et au niveau européen dans le cadre de la révision de la PAC après 2013 dont on peut craindre le démantèlement, si la négociation de Doha aboutit à une diminution drastique de la protection douanière et des subventions agricoles.       <br />
              <br />
       Or nous savons très bien que d’autres intérêts sont en jeu, notamment dans les services et que le gouvernement peut très bien être tenté de faire prévaloir l’intérêt de quelques multinationales sur celui des agriculteurs. Ces multinationales ne sont bien souvent françaises que de nom. Leur logique de développement, essentiellement financière, est très éloignée des intérêts de l’économie française.       <br />
              <br />
       Nous demandons à être rassurés quant à votre détermination pour éviter que la Commission européenne ne soit tentée, encore une fois, de brader les intérêts de l’agriculture. Ce n’est pas le protectionnisme qui a créé la crise économique actuelle. C’est la liberté absolue laissée aux capitaux de spéculer et aux multinationales de se déplacer, et dans une économie totalement ouverte  qui nous désarme face à la concurrence sauvage du dollar ou des pays à très bas coûts salariaux.       <br />
              <br />
       Je souhaite que la France défende ses intérêts qui sont aussi ceux de l’Europe. Celle-ci doit assumer pour l’essentiel son autosuffisance alimentaire. Elle doit veiller à l’équilibre de sa société où il n’est pas nécessaire que l’exode rural vienne gonfler le nombre des chômeurs. Elle doit veiller  à la protection de ses paysages et à la qualité de son alimentation. Bien entendu il convient de traiter à part les pays les moins avancés dont le destin est lié au nôtre – je pense à l’Afrique et aux Caraïbes. Ces pays ont besoin de pouvoir accéder à notre marché pour leurs productions qui généralement ne concurrencent guère les nôtres, pour des raisons climatiques. Ces pays en voie de développement ne sont pas ceux du groupe de Cairns. Ceux-ci ne sont plus depuis longtemps des pays en voie de développement.       <br />
              <br />
       La crise alimentaire de 2006-2008 a montré que l’équilibre alimentaire du monde était loin d’être assuré dans le long terme. La situation de l’Afrique est à cet égard particulièrement préoccupante. L’Europe, en raison de son histoire mais aussi de sa proximité géographique, a le devoir de s’en préoccuper si l’on veut éviter de grands mouvements migratoires. On ne peut confier cette mission aux seules lois du marché.       <br />
              <br />
       L’Afrique est le prolongement naturel de l’Europe. Notre continent a le droit de se protéger vis-à-vis des grands pays neufs qui n’ont pas les mêmes contraintes. L’Europe peut pourvoir pour l’essentiel à ses besoins alimentaires. Cet objectif d’une relative autosuffisance alimentaire ne nous coupera pas du marché mondial, mais le remettra à sa place qui ne saurait être la première. Car d’autres considérations économiques, sociales, sanitaires, environnementales, doivent primer.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi nous attendons, Madame la Ministre, que la France utilise, le cas échéant, son droit de veto à l’OMC pour faire obstacle à la conclusion d’une négociation qui empêcherait une réorientation efficace de la politique agricole commune. Mieux vaut une absence d’accord qu’une négociation bâclée, car l’avenir de l’agriculture française et européenne est incompatible avec l’acceptation du cadre libéral mondialisé. L’OMC mériterait mieux son nom si les marchés étaient véritablement organisés. C’est l’organisation qui manque. Dans le sigle de l’OMC, le « O » aujourd’hui n’a pas sa place. Nous ne voulons pas que notre agriculture disparaisse comme ont déjà disparu des pans entiers de notre industrie. Nous voulons une Europe qui protège et non une Europe ouverte et offerte, simple relais du libéralisme mondialisé.       <br />
              <br />
       -------------       <br />
       Voir aussi les actes du colloque du 9 juin 2008 de la Fondation Res Publica <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Quelle-politique-agricole,-au-defi-de-la-crise-alimentaire-mondiale-_r46.html">&quot;Quelle politique agricole, au défi de la crise alimentaire mondiale ?&quot;</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1454250-1932981.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Mieux-vaut-une-absence-d-accord-qu-une-negociation-baclee_a813.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>L'idée républicaine et l'idée de citoyenneté aujourd'hui</title>
   <pubDate>Tue, 23 Dec 2008 20:07:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Canevas d’intervention de Jean-Pierre Chevènement pour le débat avec le Professeur Higuchi, le 19 décembre 2008 à la Maison franco-japonaise de Tokyo.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1157261-1490898.jpg?v=1289480056" alt="L'idée républicaine et l'idée de citoyenneté aujourd'hui" title="L'idée républicaine et l'idée de citoyenneté aujourd'hui" />
     </div>
     <div>
      <b>Introduction : Cinquante ans de Ve République</b>       <br />
              <br />
       La Ve République a cinquante ans mais la République française en a 216. La Ve République a été fondée par le général de Gaulle en réaction aux errements et à l’instabilité du régime d’Assemblée qui avait conduit la IIIe République à sa perte et enlisé la IVe République dans le bourbier des guerres coloniales.       <br />
              <br />
       La Ve République « donne une tête à l’Etat », selon l’expression du général de Gaulle. Le pouvoir du Président de la République n’a cessé de s’y affirmer, notamment depuis l’élection de celui-ci au suffrage universel décidée par référendum en 1962. Depuis lors, tout montre que le peuple français n’entend pas renoncer à cette élection présidentielle au suffrage universel qui est devenue le moment charnière de la vie politique française.       <br />
              <br />
       Au fil des décennies, le fait majoritaire s’est imposé. Il existe aujourd’hui un bipartisme de fait. Ce fait majoritaire a relativisé la nécessité du parlementarisme rationalisé voulu au départ par Michel Debré mais la forme parlementaire du régime demeure, avec la responsabilité devant le Parlement du gouvernement dont le Chef est nommé par le Président de la République. La réforme institutionnelle de juillet 2008 préserve cette responsabilité du gouvernement et donc cette dyarchie du pouvoir exécutif mais elle a élargi sensiblement les pouvoirs du Parlement, tirant ainsi les conséquences des réformes de 2001 (quinquennat) et 2002 (inversion des échéances électorales).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Plus contestable est l’extension de la saisine, même indirecte, du Conseil Constitutionnel par tous les citoyens, sans parler bien entendu des limitations apportées à l’exercice de la souveraineté nationale par les traités européens et notamment par le traité de Maastricht et par le traité de Lisbonne, non encore ratifié.       <br />
              <br />
       L’évolution de la Ve République est ainsi ambivalente même si la réforme de juillet 2008 marque, du point de vue des pouvoirs du Parlement, une avancée peu contestable.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Souveraineté populaire, citoyenneté, école.</b>       <br />
              <br />
       Dans la conception républicaine classique, héritée de la Révolution française, la souveraineté populaire repose sur les individus en tant que citoyens, « le peuple en corps » disent les juristes. Le citoyen n’est pas seulement l’individu jouissant de ses droits naturels et pourvu de sensibilité, de désirs divers et bien sûr de besoins, c’est un individu rationnel conscient de devoir de participer à l’élaboration de la volonté générale, c’est-à-dire de la loi, avec les droits et les devoirs qu’elle comporte. Le citoyen c’est une parcelle du « Souverain » (en d’autres termes le Peuple).       <br />
              <br />
       Cette « citoyenneté » s’apprend, et c’est la raison pour laquelle la tradition républicaine, de Condorcet à Jules Ferry, a toujours mis un accent particulier sur le rôle de l’Ecole. Non pas une école qui participerait à une sorte de « bourrage de crânes » et de conditionnement des esprits, mais bien au contraire une Ecole destinée à former le jugement critique du citoyen, bref sa « capacité à penser par lui-même ».       <br />
              <br />
       L’Ecole républicaine éduque à la liberté : elle est naturellement laïque car elle présuppose un espace commun à tous les citoyens en dehors des dogmes révélés : celui de la « raison naturelle », chose du monde la mieux partagée selon Descartes. L’Ecole républicaine porte par ailleurs des valeurs : égalité, fraternité nullement antinomiques avec la première de ses missions : l’éducation à la liberté c’est-à-dire à l’autonomie.       <br />
              <br />
       On fait souvent valoir aujourd’hui que cette école parce qu’elle était l’Ecole de la République a participé à l’exaltation du sentiment national. On confond me semble-t-il deux choses : le patriotisme républicain ouvert à l’universel et le nationalisme de repli. Il me semble que l’Ecole républicaine a toujours enseigné, quand elle l’a enseigné, le patriotisme républicain, socle du civisme, plutôt que le nationalisme. On pourrait même dire que de 1919 à 1940 elle était plutôt ouverte à l’influence du pacifisme. De façon générale cependant, l’école républicaine telle qu’elle avait été conçue par la Révolution et telle que l’a mise en œuvre la IIIe République dite souvent « République enseignante » a plutôt formé des citoyens, leur transmettant une éducation morale et civique respectueuse de la liberté de chacun et qui se voulait universelle.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – « L’idée républicaine » et le concept de citoyenneté sont aujourd’hui battue en brèche dans le contexte de la globalisation financière.</b>       <br />
              <br />
       1.	L’individu avant d’être considéré comme un citoyen libre a d’abord été identifié par l’économie politique anglaise à un agent économique soi-disant rationnel : « l’homo oeconomicus »  agissant sur le marché. La conception anglo-saxonne fondée sur la supériorité, en tous domaines, de l’économie de marché (Hayek – Friedman à notre époque) a inspiré les politiques de dérégulation mises en œuvre d’abord aux Etats-Unis dans les années soixante-dix, quatre-vingt du dernier siècle et généralisée plus ou moins au reste de la planète dans les années quatre-vingt-dix, deux mille. Le Président Reagan avait défini le programme dès 1980 : « L’Etat n’est pas la solution à nos problèmes. Il est le problème ».       <br />
              <br />
       2.	La souveraineté populaire a été ainsi confisquée par la souveraineté des marchés et d’abord des marchés financiers. Historiquement il est intéressant d’observer que la « dérégulation financière » (libération des mouvements de capitaux, prééminence de la bourse, effacement du rôle des banques) a précédé la dérégulation commerciale (OMC 1994). Les marchés financiers sont devenus la force directrice de l’économie, provoquant une série de bulles spéculatives qui ont éclaté de 1996-97 à 2000, puis en 2007-2008.       <br />
              <br />
       3.	La dépossession de la souveraineté populaire en Europe notamment s’est souvent camouflée derrière des instances technocratiques.       <br />
       a)	Par exemple les instances européennes : Commission, Banque Centrale, Cour de Justice de l’Union européenne, institutions entièrement déconnectées du suffrage universel avec un Parlement européen alibi car n’exprimant aucune « volonté générale ». L’Europe a ainsi évolué pour l’essentiel vers une zone de libre échange dérégulée.       <br />
       b)	On peut observer une évolution comparable à l’échelle mondiale :       <br />
       -	pratique des sommets restreints aux grands pays industrialisés (G5 puis G8) à partir des années 1970-80 jusqu’à aujourd’hui ;       <br />
       -	rôle du FMI dans les plans d’ajustement structurels appliqués aux pays en voie de développement dans les années quatre-vingt ;       <br />
       -	rôle de l’OMC qui remplace le GATT après 1994 dans le désarmement tarifaire et contingentaire.       <br />
       c)	L’Asie est sans doute un cas spécifique : le libre échange à l’extérieur n’a généralement pas eu son pendant dans l’ordre interne. La croissance est tirée par l’exportation. Le marché intérieur reste souvent protégé (c’est plus ou moins le cas du Japon hisoriquement, de la Corée, de l’ASEAN et maintenant de la Chine). Il faudrait discuter, me semble-t-il, de ce « capitalisme asiatique » dont l’ancien Premier ministre de Singapour, M. Lee Kuan Yew, s’était fait le théoricien.       <br />
              <br />
       4.	La crise financière actuelle illustre les excès du capitalisme financier et met parallèlement en cause le rôle de l’Hyperpuissance américaine dans la genèse et la propagation de la crise.       <br />
              <br />
       Les déséquilibres économiques fondamentaux de l’économie américaine (déficits – endettement) nourrissent une fuite en avant dans la sophistication des produits financiers (« économie virtuelle ») aussi bien que dans l’aventurisme extérieur (contrôle des sources d’approvisionnement en pétrole – guerre d’Irak – conflits autour du pétrole et du gaz de la Caspienne - tracé des oléoducs dans le Caucase – tensions avec la Russie).       <br />
              <br />
       5.	Dans ce contexte, la conception individualiste, républicaine ou encore « citoyenne » de la démocratie est affrontée :       <br />
              <br />
       a)	<span style="font-style:italic">Soit à un mouvement de décomposition interne</span> théorisé en France par Marcel Gauchet : c’est la démocratie des droits revendiqués qui étouffe la démocratie « citoyenne » (la citoyenneté associant les droits et les devoirs). L’hyperindividualisme libéral met la citoyenneté active en vacances.       <br />
              <br />
       b)	<span style="font-style:italic">Soit au retour en force du « holisme »</span> (du grec holos : tribu)  c’est-à-dire des identités dites « naturelles » préconstituées : nationalismes ethniques ou nationalismes de grande puissance (Etats-Unis, Russie, Chine) opposés à la conception républicaine de la nation définie comme « communauté de citoyens », ouverte à l’universel.       <br />
       Louis Dumont a jadis fondé une distinction entre les peuples traditionnellement dits « holistes » (Allemagne, Japon) et les peuples individualistes (France – Etats-Unis), l’Angleterre constituant sans doute une « synthèse » des deux. La France et les Etats-Unis ne sont d’ailleurs pas à l’abri de réactions nationalistes (le « Front National » en France – les néo conservateurs américains). Le retour du « holisme » peut aussi prendre la forme du « communautarisme soit ethnique soit religieux (intégrismes islamiste, juif ou chrétien : on le voit aux Etats-Unis avec la force du fondamentalisme chrétien).       <br />
              <br />
       c)	<span style="font-style:italic">Enfin il faut évoquer la crise de l’Ecole</span> affrontée à la puissance manipulatrice des médias de masse et à la montée de la violence scolaire. Les fractures de la société font irruption dans l’Ecole. L’Ecole est remise en cause par les mouvements libertaires (contestation du « Savoir » et des valeurs de la connaissance et par conséquent de l’autorité des maîtres, autant que par la puissance de l’Argent (ségrégation scolaire) ; « L’effet télé » peut-il être compensé par « l’effet Internet » ? Plus que jamais le redressement de l’Ecole comme service public conditionne l’avenir de la démocratie. Il n’y a pas de République sans Ecole forte et assurée de ses valeurs.       <br />
              <br />
       Au total, la volonté populaire est aujourd’hui prise en otage : un nouveau conformisme s’est installé, fondé sur l’idée que les hommes, collectivement, ne peuvent pas changer le cours d’une Histoire qui les dépasse. Plus subtilement un prétendu « Cercle de la Raison » veut imposer un dogmatisme libéral étouffant.       <br />
              <br />
       Mais ce dogme est profondément remis en cause par la crise économique et financière actuelle. L’élection de Barak Obama a fait lever des espoirs qui, espérons-le, ne seront pas déçus. « Yes, we can », c’est un beau slogan pour une démocratie citoyenne active mais le nouveau Président devra tenir compte du fait que les Etats-Unis doivent aujourd’hui accepter la multipolarité du monde et qu’ils ne peuvent plus dominer seuls la planète, d’autant qu’ils vivent aujourd’hui très au-dessus de leurs moyens. Pourront-ils remettre en cause leur mode de vie dispendieux et revenir à un sain multilatéralisme ? Vis-à-vis de l’Europe, sur le terrain des rapports avec le Moyen-Orient et avec la Russie qui sont tous deux des sujets de contentieux ? Vis-à-vis de l’Asie aussi, et de la Chine en particulier, avec laquelle ils entretiennent un rapport ambigu d’alliance et de rivalité ?       <br />
              <br />
       Quelle place pour le Japon dans ce monde « multipolaire » ? Mais  le mot « multipolarité » n’est-il pas lui-même déjà dépassé ? Le monde, fondamentalement, reste un monde de nations. Celles-ci doivent inventer des formes de coopération nouvelles, particulièrement au plan régional, mais tout en restant sous l’égide de l’ONU qui doit symboliser l’universalité du droit.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Vers une nouvelle donne (un nouveau « New Deal »)</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A)	Le monde a profondément changé depuis la fin de la guerre froide.</span>       <br />
              <br />
       1.	Le déclin de l’Europe et du Japon mais aussi des Etats-Unis.       <br />
       2.	la montée des pays émergents et le retour de la Russie.       <br />
       3.	La crise du monde musulman.       <br />
       4.	Le Sud délaissé (Afrique, Asie profonde, pays andins).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B)	Les axes possibles d’une stratégie destinée à surmonter la crise.</span>       <br />
              <br />
       1.	Dans l’immédiat une relance coordonnée à l’échelle mondiale est nécessaire. Les Etats-Unis ne peuvent pas relancer « en solitaire », comme en 2002-2003, sauf à détériorer encore plus leurs « fondamentaux » et à aller vers une nouvelle crise plus profonde encore que l’actuelle. Les pays excédentaires du point de vue du commerce extérieur et de l’épargne (Chine-Japon-Allemagne) doivent participer à la relance économique mondiale. La garantie des Etats est nécessaire : le retour du politique clôt le cycle de la « globalisation financière ».       <br />
              <br />
       2.	Il faut articuler la relance de l’économie avec la conception d’un nouveau modèle de développement répondant aux besoins de l’humanité et d’une société du XXIe siècle respectueuse des besoins sociaux et de l’environnement.       <br />
              <br />
       Il faut gérer deux transitions        <br />
       a)	celle de l’unipolarité dominée par les Etats-Unis à la multipolarité du monde voire à une certaine bipolarité avec le dépassement vers 2025-2030 des Etats-Unis par la Chine en termes de PNB)       <br />
       b)	deuxième transition : faire que le modèle de développement du Nord puisse évoluer pour devenir transposable au Sud. Trouver un équilibre entre les deux trajectoires économiques et sociales, du Nord qui doit préserver ses équilibres sociaux (problèmes de délocalisations d’activités) et du Sud qui doit trouver un modèle de développement harmonieux, en se fondant aussi sur les besoins de sa population.       <br />
              <br />
       3.	Citons comme axes d’effort et d’investissement principaux :       <br />
       a)	la révolution énergétique (« l’après-pétrole »)       <br />
       b)	la lutte contre le réchauffement climatique et l’émission de gaz à effet de serre : tout cela implique d’énormes investissements ;       <br />
       c)	la préservation des biens rares de l’humanité (eau – air – sols - matières premières, etc.)       <br />
       d)	l’accent mis sur les valeurs d’égalité et sur les besoins sociaux fondamentaux :       <br />
       -	infrastructures dans les pays du Sud (agriculture, eau, hôpitaux, transports) – financées le cas échéant par l’émission de droits de tirage spéciaux (DTS émis par le FMI)       <br />
       -	Education – formation – recherche       <br />
       -	Protection sociale – conciliation entre l’activité professionnelle des femmes et leur épanouissement personnel et familial.       <br />
              <br />
       4.	La reconstruction (ou la construction) d’Etats « républicains » est une tâche majeure des temps à venir :       <br />
       -	fonction d’anticipation, de programmation, de politique industrielle       <br />
       -	reprise en main du crédit par l’Etat       <br />
       -	la notion de service public couplée avec la valeur d’égalité a un grand avenir : il faut penser des Etats modernes avec des services publics performants et justes.       <br />
              <br />
       5.	Cette période de transition (à plusieurs niveaux : géopolitique : entre les Etats-Unis et la Chine – économique et sociale : entre deux modèles de développement et pour l’accès aux matières premières) peut être la source de fortes tensions, voire de guerres :       <br />
       -	dans le monde musulman (conflits israélo-palestinien, Irak-Iran, Golfe, Afghanistan et Pakistan – Pakistan et Inde, Cachemire)       <br />
       -	en Europe (Balkans – Caucase)       <br />
       -	en Asie de l’Est (Taïwan – Corée).       <br />
       La mobilisation pour la paix peut être un puissant vecteur de solidarité à l’échelle mondiale       <br />
               <br />
       6.	La démocratie n’est pas un article d’exportation. Chaque peuple doit trouver son propre chemin, d’où l’importance du « dialogue des cultures ». Néanmoins il faut préserver l’idée de valeurs universelles et améliorer l’ordre juridique international existant : ne pas opposer l’ONU et les organisations régionales. Améliorer la légitimité de l’ONU par une réforme du Conseil de Sécurité.        <br />
              <br />
       L’idée « constitutionnaliste » et « l’idée républicaine » sont des valeurs d’avenir aussi dans le monde extraoccidental. Mais elles ne doivent pas prendre la forme hypocrite d’un impérialisme culturel. Chaque peuple doit trouver sa propre voie pour associer les droits de l’homme et du citoyen car la liberté nationale et la démocratie sont les deux faces d’une même médaille.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Quelques réflexions sur le Japon de 2008</title>
   <pubDate>Tue, 23 Dec 2008 19:35:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   S’il est vrai, comme le dit Paul Morand, que pour connaître un pays il faut y passer trente ans ou trois jours, rien ne vaut, quand on effectue un court séjour au Japon que de commencer par la visite du fameux sanctuaire Yasukuni.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1157221-1490831.jpg?v=1289480054" alt="Quelques réflexions sur le Japon de 2008" title="Quelques réflexions sur le Japon de 2008" />
     </div>
     <div>
      Celui-ci, sorte de musée des guerres menées par le Japon depuis le début de l’ère Meiji, est à la fois un mémorial – les noms de tous les soldats tombés pour le Japon s’y trouvent consignés – et un sanctuaire <span style="font-style:italic">shinto</span>, où l’âme des héros est censée devoir vivre toujours. Le <a class="link" href="http://www.yasukuni.or.jp/english/">sanctuaire Yasukuni</a> est une fondation privée. Il cristallise des passions violentes, depuis qu’y ont été inscrits – une initiative privée, mais on l’imagine, avec l’accord des bonzes – le nom des sept condamnés à mort des procès de Tokyo, au lendemain de la seconde guerre mondiale, à commencer par celui du général Hideki Tojo, Premier ministre au moment de l’attaque de Pearl Harbor et qui déclara alors : <span style="font-style:italic">« Il y a des moments où un homme doit être capable de se jeter dans le vide ». « Un homme oui, mais un peuple ? »</span> interroge le Professeur Yoïchi Higuchi, avec lequel j’aurai à débattre le lendemain. Le propos du général Tojo me fait penser à celui du chancelier allemand Bethmann-Hollweg, le jour où l’Allemagne déclara la guerre à la fois à la Russie et à la France, le 2 août 1914 : <span style="font-style:italic">« Wir springen in das Schwartze »</span> (<span style="font-style:italic">« Nous sautons dans le noir »</span>).       <br />
              <br />
       La visite de l’ancien Premier ministre Koizumi au sanctuaire Yasukuni avait provoqué un tollé en Chine. C’est le dilemme de tous les Premiers ministres japonais : y aller ou pas ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Yasukuni illustre la profondeur des plaies laissées dans la conscience nationale du peuple japonais et dans celle des autres peuples d’Asie (Chine, Corée notamment) par le souvenir de la <span style="font-style:italic">« grande guerre de l’Asie de l’Est »</span> (1931-45).       <br />
              <br />
       A vrai dire Yasukuni n’est pas qu’une sorte de Musée de l’Armée, comme on en trouve aux Invalides. C’est une revisitation de l’Histoire qui, pour minorer les responsabilités du Japon, prend évidemment le contre-pied de la version officielle. Tout commence avec le Commodore Perry qui avec ses croiseurs cuirassés contraignit le shogunat à ouvrir le Japon, fermé depuis deux siècles à l’Occident. S’ensuivirent la chute de Shogunat, la restauration de l’Empereur et la proclamation de l’« Ere Meiji » : se mettre à l’école de l’Occident, mais pour mieux lui résister, avec un slogan simple <span style="font-style:italic">« Technologie occidentale, âme japonaise »</span> ou encore selon une autre formule <span style="font-style:italic">« Sortir d’Asie, rejoindre l’Occident »</span>. Comment ne pas comprendre ce mouvement de libération nationale, en quelque sorte préventif ?       <br />
              <br />
       Le problème vient qu’à se mettre à l’école de l’Occident, le Japon va lui emprunter le meilleur et le pire. Dès 1895, c’est la première guerre sino-japonaise. Le Japon annexe Taïwan. En 1890, c’est la conquête et l’annexion de la Corée. On nous montre l’armée japonaise débarquant dans la baie d’Inchon, près de Séoul. En 1904-1905, c’est la guerre avec la Russie tsariste : les Japonais emportent Port Arthur (Daïren), puis Moukden. La flotte russe de secours, venue de St-Petersbourg et de Sébastopol en empruntant le chemin du cap de Bonne Espérance, est défaite à son tour par la marine impériale japonaise embossée derrière les îles TsuShima. La paix est bientôt faite à Portsmouth. C’est un triomphe pour le Japon qui, l’ayant emporté sur l’immense Empire russe, s’affirme à l’égal des puissances européennes. On peut dire que le Japon alors, « entre dans la cour des Grands ».       <br />
              <br />
       Le Japon a ainsi emprunté à l’Occident le meilleur : la technologie et même le parlementarisme. La Charte impériale de 1889 reconnaît sous l’autorité divine de l’Empereur le pouvoir de la Diète qui sera élue à partir de 1925 au suffrage universel masculin.        <br />
              <br />
       Mais le Japon a aussi emprunté à l’Occident le moins bon et même le pire : l’impérialisme. Celui-ci va se manifester particulièrement dans la seconde guerre sino-japonaise : celle qui commence par « l’incident » du pont Marco-Polo, en 1931, et par l’invasion de la Mandchourie bientôt devenue « Mandchuku », sous le règne de Pu-Yi, règne évidemment factice, car ce sont les militaires japonais qui tirent les ficelles.       <br />
              <br />
       Yasukuni passe très vite sur « l’incident de Nankin », en fait des massacres de civils présentés comme ceux de soldats en fuite. La guerre de Chine est une première illustration du révisionnisme historique qui a cours dans certains milieux proches du PLD (parti libéral démocrate), au pouvoir depuis cinquante ans. Mais Yasukuni met aussi en scène les efforts répétés de la diplomatie japonaise pour desserrer l’embargo sur le pétrole que les Etats-Unis ont instauré, en mai 1941, à l’encontre du Japon. Yasukuni montre le visage impassible du secrétaire d’Etat américain Cordell Hull devant les négociateurs japonais impuissants.        <br />
              <br />
       On voit par ailleurs l’armée impériale japonaise aux Philippines, en Insulinde, en Birmanie, aux frontières de l’Inde britannique. Le message subliminal est que le Japon bien évidemment a ébranlé de manière décisive la domination occidentale sur l’Asie : une grande carte montre à travers la date des indépendances que l’Asie a précédé d’une bonne quinzaine d’années les indépendances africaines. Yasukuni, bien sûr, est aussi un hommage aux soldats japonais qui de la bataille de Midway (juin 1942) à la capitulation finale en août  1945, vont livrer une héroïque résistance à la progression des forces américaines dans le Pacifique. Mais le message principal n’est évidemment pas là : Yasukuni fait voir comme une montée continue l’histoire du Japon du choix de l’occidentalisation au milieu du XIXe siècle, jusqu’à l’écrasement final moins d’un siècle plus tard.       <br />
              <br />
       Yasukuni fait comprendre à l’inverse le choix des démocrates japonais comme le professeur Hoïchi Higuchi de rompre en visière avec le militarisme japonais et de contrecarrer toute tentation « nationaliste ».       <br />
              <br />
       A vrai dire, la configuration idéologique est paradoxale et le débat du lendemain, 19 décembre 2008, à la maison franco-japonaise le fera bien voir, entre le Professeur Higuchi, éminent spécialiste de droit institutionnel comparé et moi-même, débat arbitré par le Professeur Nobutaka Miura, intellectuel plein d’une grande finesse et lui aussi parfait francophone.        <br />
              <br />
       Le Professeur Higuchi illustre la permanence d’un courant démocrate tourné vers l’Occident qui s’était déjà épanoui au Japon de 1910 à 1925 sous le nom de <span style="font-style:italic">« démocratie taïsho »</span>. Cette démocratie s’appuyait sur la Charte Impériale de 1889 pour imposer la garantie des droits, la séparation des pouvoirs et la responsabilité du gouvernement devant la Diète. Le Professeur Higuchi se présente comme un ferme soutien de la Constitution de 1946 et de sa clause pacifiste de l’article 9, tout en refusant la subordination de la politique étrangère du Japon à celle des Etats-Unis. Paradoxalement les courants nationalistes au Japon qui critiquent la « Constitution américaine » de 1946, imposée par Mac Arthur, sont aussi les principaux soutiens de l’étroite alliance nippo-américaine. Comment y voir clair dans cette controverse ? Le Professeur Higuchi par exemple refuse toute perspective pour le Japon de se doter d’armes nucléaires, même sous la forme gaulliste d’une dissuasion minimale, visant à ne pas faire dépendre le Japon de la protection nucléaire américaine en cas de conflit avec la Chine (les Etats-Unis disposent d’armes nucléaires stationnées au Japon ou dans les ports japonais). Bien entendu, le Japon a signé le traité de non-prolifération nucléaire mais chacun sait qu’il fait partie des puissances qui approchent le seuil critique : il peut, s’il le décide, se doter, en peu de mois, de lanceurs et de têtes nucléaires. Mais une telle décision, outre qu’elle serait illégale du point de vue du droit international – et bien évidemment du point de vue constitutionnel japonais - serait inacceptable pour la Chine, la plupart des pays d’Asie et, j’ajoute, sans doute pour les Etats-Unis.       <br />
              <br />
       Le Professeur Higuchi – et c’est la clé du paradoxe apparent de sa position – ambiguïté qu’il revendique d’ailleurs – tient à ce qu’il considère comme prioritaire une réconciliation de fond avec les peuples de l’Asie et d’abord avec le peuple chinois. Il y a une deuxième raison à ce paradoxe apparent. Le Professeur Higuchi pointe l’insuffisance de la démocratie japonaise, l’absence actuelle de véritable débat entre les citoyens sur les questions de fond. Situation curieuse au moment où la Diète japonaise est elle-même divisée (le parti libéral-démocrate est majoritaire à la Chambre des représentants, mais la majorité est détenue à la Chambre haute (Chambre des Conseillers) par le parti démocrate du Japon.       <br />
              <br />
       Des rencontres que j’ai pu avoir avec les parlementaires des deux partis, il apparaît que les différences programmatiques ne sont pas immédiatement perceptibles. Au fond le discours du parti démocrate se résume simplement : pour la première fois depuis cinquante ans, le peuple japonais va avoir la chance de connaître une véritable alternance (les élections législatives auront lieu au plus tard en septembre 2009, et peut-être avant, si l’actuel Premier ministre, M. Taro Aso, le décide).       <br />
              <br />
       Le parti démocrate entend rompre avec « le pouvoir des hauts-fonctionnaires » (au METI (ministère des finances et de l’industrie) qui a remplacé le MITI (ministère de l’Industrie et du commerce international) et au Ministère des Affaires Etrangères (le <span style="font-style:italic">Gaimusho</span>). Selon le parti démocrate, cette rupture est fondamentale. A ma question sur les inflexions politiques à apporter, la réponse est assez vague : elle tient pour l’essentiel à un surcroît de décentralisation. En fait, ni la relation avec les Etats-Unis ni l’avenir des relations avec la Chine, ni le contenu d’une relance économique chiffrée à 200 milliards de dollars, mais non encore votée par le Parlement, ni la question du chômage qui dépasse à nouveau 5% ne sont au cœur du débat. L’avenir des retraites et leur financement et la prorogation de missions de soutien logistique aux forces de l’OTAN dans l’Océan Indien constituent pour la presse les thèmes principaux de préoccupation d’une opinion publique qui s’exprime jusqu’à présent plus par la voix des sondages que par celle des urnes.       <br />
              <br />
       La question est souvent évoquée d’un « projet national japonais » qui souderait le peuple japonais dans une nouvelle ambition collective, comparable au désir de rattrapage de l’Occident pendant l’ère Meiji ou à la volonté de reconstruction après la deuxième guerre mondiale et pendant toute la période de « haute croissance » (jusqu’en 1990). Faute qu’une réponse claire y soit apportée, la crainte s’exprime, par exemple chez le Professeur Higuchi, que l’emporte encore une fois la tentation du « bon vieux nationalisme ».        <br />
              <br />
       Il y a sans aucun doute d’autres directions à explorer :       <br />
              <br />
       -	D’abord <span style="font-style:italic">l’activation d’une véritable démocratie japonaise</span> enracinée dans les choix de l’individu-citoyen (et non de l’individu consommateur). Il se peut que l’alternance probable en 2009 marque le début de cette activation bien nécessaire selon le Professeur Higuchi qui déplore le poids du conformisme social et politique dans son pays.       <br />
              <br />
       -	Ensuite dans <span style="font-style:italic">le rapprochement du Japon avec la Chine et la Corée</span>, non seulement sur le plan économique (dès aujourd’hui la Chine est le premier client et le premier fournisseur du Japon) mais aussi sur le plan politique, culturel et psychologique. A la différence de l’Europe, l’Asie n’a pas tourné la page de la deuxième guerre mondiale. Défaut de « repentance » de la part du Japon ? Instrumentation par le gouvernement chinois des souvenirs amers de l’occupation  japonaise ? Volonté des Etats-Unis de tenir le couvercle fermé, la relation sino-américaine primant évidemment toutes les autres ? La complémentarité du développement avancé du Japon et du développement en cours de la Chine est évidente. Aucun peuple de l’Asie ne peut souhaiter une guerre qui serait ravageuse, que ce soit à propos de la Corée ou de Taiwan. Reste que le rattrapage des Etats-Unis par la Chine est inscrit à l’horizon des vingt ou trente prochaines années. La question de ces trente années n’ira pas sans tension. Le Japon pourra-t-il contribuer à les atténuer ? et même pourrait-il se tenir à l’écart d’un dérapage ?       <br />
              <br />
       Le Japon a un rôle à jouer vis-à-vis  de toutes les puissances asiatiques hors la Chine (ASEAN, Inde) et vis-à-vis de l’Australie pour créer un contexte favorable à la coopération et à la paix. On souligne souvent la progression des budgets de défense de la Chine (+ 17 % par an). C’est oublier que la Chine part d’assez bas et que son budget de défense n’est sans doute que le dixième de celui des Etats-Unis. Reste que la Chine est une puissance nucléaire et spatiale et que sa marine dispose avec la proximité des côtes chinoises d’un avantage stratégique en mer de Chine, que ne contrebalance que la présence d’une flotte et de forces armées américaines dans les ports du Japon et en Corée.       <br />
              <br />
       Le Japon depuis 1990 (l’éclatement de la bulle immobilière et de la bulle financière) n’a connu qu’une croissance ralentie (1). Au moment où, à partir de 2005-2006 il paraissait en sortir, le voilà à nouveau frappé par la crise. L’économie japonaise en 2008 est entrée en récession. La dette publique japonaise se situe à un niveau record – 170% du PNB- très au-dessus de l’Italie (110 %) et même de l’Allemagne et de la France (un peu en dessous de 70%), mais cette considération doit être tempérée par une autre, tenant au faible endettement des ménages japonais et à l’assainissement de leur système bancaire depuis près de vingt ans. La dette privée (ménages et entreprises) est de 80 % du PNB au Japon contre 170 % aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       Cette situation des finances publiques pourrait faire penser que la « remboursabilité » de la dette publique est un problème soutenable. Ce serait oublier cependant que la Banque du Japon maintient depuis quinze ans un taux d’intérêt extrêmement bas, voire proche de zéro, condition qui en Europe n’est pas et ne peut pas être remplie, compte tenu du statut de la BCE. Les inégalités ont crû au Japon comme ailleurs. Les efforts de réduction du déficit budgétaire ont été contrariés par le déficit croissant des pensions. Le nombre de personnes retraitées qui ont repris un travail ne cesse cependant d’augmenter (2). Il est néanmoins certain que, outre le vieillissement, la diminution de la population pose désormais problème.       <br />
              <br />
       L’économie japonaise est frappée de langueur. Les exportateurs français de produits de luxe constatent la saturation du marché. Dans ces conditions y a-t-il beaucoup à attendre des efforts de relance que s’apprête à faire le gouvernement japonais ? Un facteur positif domine cependant le paysage : le Japon consacre à la recherche et à l’innovation 3,5 % de son produit intérieur brut, et cela, pour l’essentiel, à travers ses grandes et moyennes entreprises privées, dynamisées par le METI. C’est cette recherche industrielle que la France n’a pas su développer malgré le lancement en 1983 de « programmes mobilisateurs » qui ont bien vite tourné court, et malgré l’expérience récente d’une soixantaine de pôles de compétitivité souvent peu ou pas articulés entre eux.        <br />
              <br />
       Je m’étais rendu au Japon en 1981 comme ministre de la Recherche, puis en 1990 comme ministre de la Défense. Je constate en 2008 qu’il y a toujours des leçons à prendre au Japon !       <br />
              <br />
       Je conclurai ces brèves considérations par un retour comparatif sur nos deux démocraties :       <br />
              <br />
       La Constitution de 1946 a, au Japon, un rôle structurant du point de vue de l’identité nationale (comme la loi fondamentale allemande de 1949 en Allemagne). C’est pourquoi le Professeur Higuchi peut parler comme J. Habermas en Allemagne de « patriotisme constitutionnel ». L’exemple de la Constitution américaine de 1787 pourrait être évoqué mais il ne me paraît pas significatif : la Constitution américaine est réellement fondatrice du lien national qu’ont contracté entre elles les treize anciennes colonies britanniques.       <br />
              <br />
       Rien de tel en France : c’est la République qui structure l’identité nationale. Malgré les états de service de la Constitution de la Ve République, elle n’est pas « fondatrice ». La France a une identité républicaine née de la Révolution française. Elle n’a pas d’identité constitutionnelle (malgré l’emploi de cette expression par le Conseil Constitutionnel, en 2003, pour limiter par avance l’emprise de la « Constitution européenne » que le peuple, alors, n’avait pas encore rejetée).        <br />
              <br />
       Et la République, c’est d’abord le débat civique dans un espace commun, soustrait à l’empire des dogmes.        <br />
              <br />
       Pour la curiosité du lecteur, je joins à cette courte note le canevas de l’intervention que j’ai prononcée en partie et développée à la maison franco-japonaise de Tokyo, m’efforçant de dissiper le malentendu qui existe à propos de la nation (entendue comme nation civique (démos) et non comme nation « holiste » (ethnos)), souvent confondue avec le nationalisme qui en est une maladie, alors qu’elle est d’abord le cadre de l’expression démocratique légitime.        <br />
              <br />
       Les récents développements de la crise en Europe l’ont montré abondamment : ce sont les Etats-nationaux qui, parce qu’ils sont démocratiquement légitimes, ont pu imposer des plans de sauvegarde bancaire ou des plans de relance, l’Europe n’ayant fourni que le cadre – plus ou moins cohérent – de leur emboîtage.       <br />
              <br />
       Peut-il exister une « République européenne » ? m’ont demandé mes interlocuteurs japonais. Certainement, leur ai-je répondu, car la République se définit plus à partir de la « Res Publica » - la chose publique - que par opposition à un système monarchique.       <br />
              <br />
       Or, il y a certainement une « res publica » européenne, comme il y a d’ailleurs une « res publica » universelle, et donc potentiellement une « République universelle ». Simplement, il faut partir de la « brique de base » - la nation – qu’il faut rendre consciente d’elle-même civiquement en tant que « communauté de citoyens » et non idolâtrer ou démoniser, au risque de faire le jeu des ennemis de la démocratie.       <br />
              <br />
       -------------       <br />
       1) 4 % de 1980 à 1990 ; 1,64% de 1990 à 1995 ; 1,28 % de 1995 à 2003.       <br />
       2) 21,7 % de la population de plus de 65 ans contre 2,8 % en Allemagne et 1,3 % en France.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1157221-1490831.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Quelques-reflexions-sur-le-Japon-de-2008_a736.html</link>
  </item>

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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : L'Asie vue d'Europe</title>
   <pubDate>Tue, 25 Nov 2008 16:16:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 8 septembre sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1122479-1436873.jpg?v=1289480050" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : L'Asie vue d'Europe" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : L'Asie vue d'Europe" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil-par-Jean-Pierre-Chevenement_a324.html">Accueil de Jean-Pierre Chevènement</a>, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-France,-l-Europe,-l-Asie_a325.html">La France, l’Europe, l’Asie</a>, par Loïk Hennekinne, Ambassadeur de France,       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-Asie-ou-des-Asies,-continent-de-contrastes-et-de-diversite_a326.html">L’Asie ou des Asies, continent de contrastes et de diversité</a>, par Valérie Niquet, Directrice du Centre Asie de l’IFRI       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-Asie-face-a-la-crise-financiere_a327.html">L'Asie face à la crise financière</a>, par Michel Fouquin, Directeur adjoint du CEPII,        
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-Japon,-ex-number-one-_a328.html">Le Japon, ex « number one »</a>, par Jean-Marie Bouissou, Directeur de recherches à Sciences Po       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-Chine-scenario-pour-le-futur_a329.html">La Chine : scénario pour le futur</a>, par Claude Martin, Ambassadeur de France,       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-Inde-atouts-et-defis_a330.html">L’Inde : atouts et défis</a>, par Philippe Humbert, Co-Président de l’Europe-India Businessgroup       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-Asie-est-elle-une-priorite-pour-la-France-et-pour-l-Europe-_a331.html">L’Asie est-elle une priorité pour la France et pour l’Europe ?</a>, par Jean-Pierre Raffarin, Sénateur, ancien Premier ministre,       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Conclusion-de-Jean-Pierre-Chevenement_a332.html">Conclusion de Jean-Pierre Chevènement</a>, président de la Fondation Res Publica       <br />
              <br />
       Voir le dossier en ligne <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-Asie-vue-d-Europe_r47.html">sur le site de la Fondation Res Publica</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1122479-1436873.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-L-Asie-vue-d-Europe_a722.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>La Chine vue de l'Inde</title>
   <pubDate>Wed, 27 Aug 2008 11:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au colloque organisé à Poitiers, le 21 août 2008, par la Fondation « Prospective et Innovation » sous la présidence de M. Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, sur le thème « La Chine vue de l’Inde : Une lecture politique des relations Inde-Chine ».     <div>
      Monsieur le Premier ministre,        <br />
       Messieurs les Ministres,       <br />
       Mesdames, Messieurs,       <br />
              <br />
       Le fait est là : La Chine a creusé l’écart. Depuis 1979 et le tournant opéré par Deng Xioping (« Peu importe qu’un chat soit blanc ou noir, l’important est qu’il attrape des souris »), le PIB de la Chine a été multiplié par sept. Le PIB chinois aux taux de change courants, pèse aujourd’hui 3.100 milliards de dollars et se rapproche de celui du Japon (5.000 milliards de dollars).       <br />
              <br />
       Ce développement a été tiré par les multinationales qui représentent plus de 60 % des exportations chinoises. Il s’inscrit naturellement dans le cadre du rapprochement entre la Chine et les Etats-Unis, entamé dès 1972 par la visite à Pékin du Président Nixon à Mao Tsetoung. Il y a une alliance de fait qui s’exprime par le soutien que la Chine, avec ses réserves libellées en dollar et placées en bons du Trésor américain, apporte au cours du dollar. Les firmes multinationales américaines mais aussi japonaises et européennes captent environ 70 % de la valeur ajoutée par la maîtrise qu’elles conservent encore de la technologie et de la distribution. Cette alliance est naturellement tissée de rivalités.       <br />
              <br />
       Quoi qu’il en soit, la Chine est devenue, vis-à-vis de tous les pays de l’Asie orientale, le premier client et le premier fournisseur, y compris vis-à-vis du Japon. Sa croissance agit comme un formidable moteur pour le développement de toute la région.       <br />
              <br />
       Notons que dans le même temps (les trente dernières années), la croissance du PIB indien a été sensiblement moins rapide que celle de la Chine. Le PIB indien pèse environ trois fois moins que le PIB chinois, même si la croissance indienne, largement tirée par les services aux entreprises, a eu tendance à s’accélérer nettement ces dernières années.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>I – La prospective est un exercice nécessaire mais difficile.</b>       <br />
              <br />
       On peut s’interroger en effet sur la méthode qui consiste à prolonger les tendances observées. Cette méthode fait l’impasse sur les faiblesses respectives et quelquefois communes des économies chinoise et indienne (la dépendance, par exemple, aux importations de matières premières, notamment énergétiques, l’importance de la population active agricole (44 % et 60 %), les faiblesses politiques, etc.).       <br />
              <br />
       La plupart des projectionnistes s’accordent cependant à prévoir que l’économie chinoise, en termes de PIB, rattrapera l’économie américaine vers 2025-2030. La Chine sera alors la première économie mondiale et le PIB de l’Inde pèsera à peu près ce que pèse aujourd’hui le PIB de la Chine. Toutefois la croissance indienne devrait s’accélérer du fait de la croissance de la population active en Inde, relativement au vieillissement prévisible de la population chinoise. Le renversement démographique devrait intervenir entre 2025 et 2030. En 2050, la population active indienne dépassera 900 millions alors que celle de la Chine, du fait de la politique de l’enfant unique, plafonnera autour de 750 millions. Evidemment. L’accélération de la croissance indienne suppose que l’Inde résolve ses problèmes d’investissement, en particulier dans le domaine des infrastructures, de l’éducation et de la santé, et qu’elle puisse développer son industrie grâce notamment aux investissements extérieurs, ce qui implique un environnement politique stable. Notons que dès aujourd’hui, les échanges sino-indiens, qui étaient presque nuls en 1997 (un milliard de dollars), atteignent quarante milliards de dollars. La Chine est devenue le premier fournisseur de l’Inde, avant les Etats-Unis. L’objectif 2010 est de faire passer les échanges sino-indiens à soixante milliards de dollars. L’Inde, en effet, occupe encore une position secondaire dans les échanges intra-asiatiques. Le commerce extérieur chinois atteint deux cents milliards de dollars avec le Japon, cent sept avec l’ASEAN, cent six avec la Corée, le Commerce extérieur entre le Japon et l’ASEAN atteignant cent quarante et un milliards de dollars.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Essayons d’affiner la prospective en évoquant d’abord un scénario de développement pacifique.</b>       <br />
              <br />
       Du fait même de son dynamisme économique et du mouvement centripète que celui-ci exerce sur toute l’Asie orientale, la Chine a, je le crois, intérêt à la paix. Je ne le crois pas seulement parce que je l’ai entendu dans la bouche des dirigeants chinois, mais parce que le temps joue évidemment en faveur de la Chine et jouera aussi, avec un certains temps de décalage, en faveur de l’Inde, surtout si celle-ci sait attirer les investissements étrangers. Les deux grands pays milliardaires pèseront ensemble 30 % de l’économie mondiale en 2030, ce qui correspondra à leur poids relatif dans la population mondiale et traduira un rééquilibrage historique par rapport à la situation qui prévalait dans le monde d’avant la circumnavigation et l’expansion européenne.       <br />
              <br />
       La Chine a intérêt à la paix : en témoignent les voyages multipliés de ses plus hautes Autorités : Hu Jintao à New-Dehli et à Tokyo en 2006, aux visites de réciprocité du Premier ministre indien Manmohan Singh à Pékin en janvier 2007, et des Premiers ministres japonais Abe en 2007 et Fukuda prévue à la fin de 2008. La Chine exercice dès aujourd’hui une sorte d’hégémonie régionale et pas seulement sur le plan économique. Elle ne peut ignorer que la plupart des pays de l’Asie du Sud-Est éprouvent un sentiment d’inquiétude à son sujet du fait de son système politique plus rigide que celui de l’Inde. Celle-ci garde le souvenir de l’humiliation infligée en 1962. Le Japon lui-même est comme tétanisé : il est perdant en cas de tension avec la Chine qui est devenue son premier débouché, tant pour son commerce que pour ses investissements. Mais si le développement actuel se poursuit, il lui faudra maintenir son avance technologique, ce qui sera de plus en plus difficile du fait de son vieillissement et du rattrapage accéléré de la Chine qui, dès aujourd’hui, on l’a rappelé, forme, chaque année, près de 600.000 ingénieurs.       <br />
              <br />
       Il faut sans doute relativiser la puissance militaire actuelle de la Chine dont l’effort de défense, même s’il est rapidement croissant, n’atteint que le dixième du budget militaire américain. Le meilleur argument de la Chine est son développement même qui tire celui de ses voisins. Il est certain qu’une réévaluation du yuan créerait un contexte plus favorable pour les investissements chinois à l’extérieur et surtout pour le développement de la sous-traitance dans les pays à bas coût de la zone (Vietnam, Pakistan, Inde, BenglaDesh, Indonésie, etc.).       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Mais ce scénario pacifique dépend en dernier ressort de la relation que la Chine et les Etats-Unis sauront ou non maintenir dans les temps à venir.</b>       <br />
              <br />
       Deux crises potentielles obscurcissent l’horizon : la relation de la Chine avec Taïwan, dont on peut imaginer une absorption au moins économique, mais sans solution politique prévisible, et la réunification de la Corée avec l’aval et sous la protection de Pékin.       <br />
              <br />
       Monsieur l’Ambassadeur Kanwal Sibal a évoqué à juste titre ce matin le rôle des Etats-Unis dans la relation sino-indienne et plus généralement dans l’équilibre de sécurité de toute la région. Les Etats-Unis restent, en effet, pour des raisons militaires évidentes, la puissance dominante dans le Pacifique. Ils se sont efforcés de créer un « arc de sécurité » en Asie de l’Est, avec le Japon dont la posture de défense n’a cessé de se renforcer, avec l’Indonésie et surtout l’Australie (même si son Premier ministre travailliste actuel apparaît soucieux de ménager la Chine), et enfin avec l’Inde, en offrant à celle-ci un accord de coopération nucléaire qui vaut partenariat stratégique. Les éléments d’un « containment » vis-àvis de la Chine sont donc dès aujourd’hui bien présents. L’Administration américaine souhaite utiliser l’Inde comme frein aux ambitions chinoises. Dans le « monde postaméricain » décrit par un auteur américano-indien, Fareed Zakaria, les Etats-Unis se voient comme le moyeu d’une roue de bicyclette, chaque rayon figurant la relation qu’ils entretiennent avec chaque pôle de la vie internationale : ils sont une sorte de « hub », d’intermédiaire obligé, partant du principe que chaque pays, là où il est placé, préfère le leadership global de Washington à l’hégémonie de son voisin régional. L’Inde, pour les Etats-Unis, est un contrepoids nécessaire à la Chine. Aussi bien l’Inde a besoin des investissements occidentaux pour une stratégie de rattrapage et de développement à long terme. Un tel resserrement des relations avec l’Inde s’appuie sur des affinités culturelles : un anthropologue ne disait-il pas que « L’Europe s’arrête à l’Inde » (les langues indo-européennes étaient toutes plus ou moins apparentées au sanscrit) ? Un tel scénario de « danse triangulaire » entre la Chine, l’Inde et les Etats-Unis, ceux-ci intervenant comme « maître de ballet » n’est pourtant pas écrit.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV – L’Inde a certes besoin des pays occidentaux, mais il est probable qu’elle veuille garder un certain « quant à soi » dans sa relation avec les Etats-Unis.</b>       <br />
              <br />
       Il y a des inconvénients certains à entrer dans une alliance globale et rigide, où l’analyse de la menace est faite par le partenaire principal de manière unilatérale (on le voit aujourd’hui avec le concept de « guerre contre la terreur », trop largement défini puisqu’il ne distingue pas entre le dessein politique d’un nouveau califat appuyé sur le terrorisme (Al Quaïda), et les réactions blessées de sociétés ultratraditionnalistes face à une modernité agressive dont les méthodes tout aussi condamnables s’inscrivent cependant dans une autre perspective).       <br />
              <br />
       Quelle sera l’attitude de l’Inde en cas de conflit dans le détroit de Formose ? Et plus encore en cas de crise au sujet de la Corée ? Les causes de conflits ne manquent pas, qu’il s’agisse de l’accès aux matières premières, de l’impossibilité de reproduire le modèle de développement occidental sans grave crise environnementale, ou de sujets plus localisés        <br />
              <br />
       Il y a aussi, en effet, la question du Pakistan, soutenu à la fois par les Etats-Unis et par la Chine, mais dont les intrications avec l’Afghanistan peuvent donner à réfléchir. Le problème du Cachemire reste pendant. On peut concevoir toutes les raisons conduisant l’Inde à garder ses distances vis-à-vis des puissants protecteurs du Pakistan, tout en renforçant sa posture de dissuasion nucléaire. Le « pouvoir égalisateur de l’atome » a joué jusqu’à présent aussi bien dans la relation sino-indienne que dans la relation indo-pakistanaise. On peut s’interroger cependant sur les risques de prolifération dans la région (l’Iran sans doute, mais aussi le Japon qui est proche du seuil critique et qui peut être tenté par une stratégie d’autonomisation). Reste que jusqu’à présent, l’atome dans la région a plutôt favorisé la paix (y compris entre la Russie et la Chine).       <br />
              <br />
       Pour toutes ces raisons, l’Inde n’a pas intérêt, selon moi, quelque inquiétude qu’elle puisse éprouver à l’égard de la Chine, à se laisser entraîner dans une stratégie d’alliance inégale, au-delà de ses intérêts et de ses possibilités. Bien entendu des scénarios de crise peuvent naître et d’abord pour des raisons économiques : récession aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, qui se répercutera inévitablement sur la croissance chinoise, montée du protectionnisme aux Etats-Unis, crise de la globalisation, tendances à la régionalisation du commerce mondial. La Chine pourrait s’orienter vers un développement, plus autocentré sur elle-même et sur sa région.       <br />
              <br />
       Mais ni la Chine ni l’Inde n’ont intérêt à des scénarios de confrontation extrême, parce qu’à long terme, ces deux grands pays seront les gagnants d’une compétition économique mondiale pacifique, avec un décalage dans le temps qui se réduira d’ailleurs progressivement.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>V – Et l’Europe là-dedans ? et j’ajouterai même : et la France ?</b>       <br />
              <br />
       Il me semble que nous devrions réévaluer profondément notre attitude vis-à-vis de l’Asie : là-bas en effet sera de plus en plus le centre de gravité du monde. Ce qui vaut pour l’Inde vaut pour l’Europe et pour la France : nous ne devons pas nous laisser impliquer dans des systèmes d’alliance trop rigides qui pourraient nous entraîner au-delà de nos intérêts et de nos possibilités. Tout pays digne de ce nom a un centre de gravité dont il doit être conscient. A cet égard l’idéologie des droits de l’homme, déconnectée des droits du citoyen, nous enchaîne à la stratégie des Etats-Unis qui dominent la sphère de la communication à l’échelle mondiale. Dans le monde multipolaire qui vient, la France et l’Europe doivent avoir leur place. Encore faudrait-il qu’elles se souviennent de la place qu’elles occupent sur la carte du monde. Nous n’avons pas intérêt à nous laisser entraîner dans des conflits où nos intérêts ne sont pas engagés. Il est dangereux d’étendre excessivement l’OTAN vers l’Est. Faut-il rappeler qu’au sommet de Williamsburg, en 1983, le Président Reagan voulait inclure le Japon dans l’OTAN ? Dès aujourd’hui, on voit l’inconvénient de nous laisser impliquer dans une région comme le Caucase, au mépris des vrais intérêts de l’Europe qui ne comptera dans le monde de demain que si elle sait maintenir un partenariat avec la Russie.       <br />
              <br />
       Rappelons que la première mondialisation, la mondialisation britannique d’avant 1914, s’est terminée avec la première guerre mondiale, elle-même produite par les conflits d’hégémonie mais aussi par l’enchaînement mécanique d’alliances trop rigides et l’absence d’un véritable lieu de concertation internationale. Il y a intérêt à conserver une certaine plasticité aux relations internationales. L’Europe aussi a intérêt à la paix entre l’Inde et la Chine. Cela dépend certes de la Chine mais aussi peut-être des Etats-Unis. L’Europe doit préserver son indépendance. A la France d’y veiller et de faire qu’au prochain sommet de l’ASEM à Pékin, le 23 octobre prochain, on ne parle pas seulement des sujets qui fâchent mais aussi des coopérations positives qui doivent se développer dans un monde multipolaire et pacifique, régi par le droit et animé par le souci de l’intérêt mutuel.       <br />
              <br />
       -----------       <br />
       Voir <a class="link" href="http://www.carnetjpr.com/2008/08/19/la-chine-vue-de-linde/">le programme du colloque</a> « La Chine vue de l’Inde : Une lecture politique des relations Inde-Chine ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-Chine-vue-de-l-Inde_a662.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.chevenement.fr,2026:rss-999660</guid>
   <title>Colloque de la Fondation Res Publica : l'Asie vue d'Europe</title>
   <pubDate>Mon, 28 Jul 2008 17:34:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Poursuite du cycle de colloques de la Fondation Res Publica lundi 8 septembre 2008 à 18h à la Maison de la Chimie (28, rue Saint Dominique 75007 Paris). En voici le programme ci-dessous.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/999660-1250988.jpg?v=1289480136" alt="Colloque de la Fondation Res Publica : l'Asie vue d'Europe" title="Colloque de la Fondation Res Publica : l'Asie vue d'Europe" />
     </div>
     <div>
      Avec la participation de :       <br />
       <ul class="list"><li>Loïk Hennekinne, ambassadeur de France       
       </li></ul><ul class="list"><li>Valérie Niquet, directrice du Centre Asie de l'IFRI       
       </li></ul><ul class="list"><li>Michel Fouquin, directeur-adjoint de CEPII       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Marie Bouissou, chercheur au CERI et à l'INALCO       
       </li></ul><ul class="list"><li>Claude Martin, ambassadeur de France       
       </li></ul><ul class="list"><li>Philippe Humbert, co-président de l'Europe-India Businessgroup       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Pierre Raffarin, Sénateur, ancien Premier Ministre       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       <br />
              <br />
       Inscrivez-vous à l'adresse électronique <a class="link" href="javascript:protected_mail('res-publica@wanadoo.fr')" >res-publica@wanadoo.fr</a> (Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes). Pour consulter les travaux de la Fondation Res Publica, fondation reconnue d'utilité publique par décret du 30 décembre 2005, une seule adresse : <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org">www.fondation-res-publica.org</a>.</li></ul>
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   <title>La réintégration dans l'OTAN serait une faute contre la liberté de la France et contre l’indépendance d’une Europe européenne</title>
   <pubDate>Wed, 12 Sep 2007 20:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, mercredi 12 septembre 2007.     <div>
      Il est dérisoire de prétendre, comme vient de le faire M. Morin, ministre de la défense, que la France gagnerait en influence en revenant dans la structure militaire intégrée de l’Alliance. Elle y serait conduite, au contraire, à suivre des décisions prises par Washington. Nos armées, sous commandement du Supreme Allied Commander in Europe, nommé par le Président des Etats-Unis, seraient impliquées dans des opérations décidées par d’autres.        <br />
              <br />
       Non seulement la défense de la France ne reposerait plus sur ses propres forces, mais nous nous trouverions impliqués dans des conflits dont d’autres décideraient à notre place. Nous serions contraints d’endosser des stratégies d’affrontement avec la Russie, l’Asie et le monde arabe, en complète contradiction avec les intérêts de la France et de l’Europe.       <br />
              <br />
       Ce serait un retour de quarante années en arrière que signifierait la réintégration complète de la France dans l’O.T.A.N. L’indépendance de la diplomatie et de la défense de notre pays repose en effet depuis 1966, sur cette décision capitale du général de Gaulle.       <br />
              <br />
       Une telle réintégration serait une faute contre la liberté de la France et contre l’indépendance d’une Europe européenne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>https://www.chevenement.fr/La-reintegration-dans-l-OTAN-serait-une-faute-contre-la-liberte-de-la-France-et-contre-l-independance-d-une-Europe_a420.html</link>
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