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  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
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  <dc:date>2026-06-15T04:10:36+02:00</dc:date>
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   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
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   <title>« Conférence Sara Yalda » avec Jean-Pierre Chevènement (transcription)</title>
   <pubDate>Thu, 30 Apr 2020 07:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Transcription exclusive de la « Conférence Sara Yalda » du mardi 19 février 2019 autour de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, président de la Fondation Res Publica, auteur de "Passion de la France" (Collection Bouquins) et Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro, animateur du FigaroVox, auteur de "Recomposition" (Editions du Cerf, 2019).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/44830261-36470758.jpg?v=1586877466" alt="« Conférence Sara Yalda » avec Jean-Pierre Chevènement (transcription)" title="« Conférence Sara Yalda » avec Jean-Pierre Chevènement (transcription)" />
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     <div>
      <b>Alexandre Devecchio : Cher Jean-Pierre Chevènement, au-delà de votre action politique, je retiens votre puissant travail de transmission. Vous possédez cette qualité très rare d'être à la fois un acteur et un passeur. Pour ma génération, celle de la mondialisation malheureuse, qui est née au lendemain de la chute du mur de Berlin, vous êtes le Président dont nous serons à jamais orphelins, mais aussi un maître qui nous a donné les clés pour comprendre notre nouveau monde globalisé, pour voir, au-delà du conformisme de la droite et de la gauche et de leurs fantasmes de démocratie hors-sol, l'idéal que pouvait encore représenter l'État-nation.</b>       <br />
              <br />
       <b>C'est pourquoi en lisant votre dernier livre, la comparaison avec Marc Bloch m'a sauté aux yeux. Passion de la France, c'est votre Étrange défaite à vous. Mais là où Marc Bloch se contentait de faire le procès-verbal de l'année 1940, vous êtes le greffier du demi-siècle qui vient de s'écouler. Et c'est malheureusement une nouvelle fois la défaite de la France que vous nous racontez, non pas cette fois une débâcle militaire face à l'Allemagne, mais une défaite économique, culturelle et morale dans la mondialisation. Cependant, comme Marc Bloch à nouveau, vous ne cédez jamais au désespoir, et même au plus profond de la nuit vous indiquez le chemin pour retrouver la lumière. Vous explorez le passé pour mieux éclairer le présent. Explorer le passé pour éclairer le présent, c'est ce que nous allons faire ce soir, en remontant le fil du temps avec vous.</b>       <br />
              <br />
       <b>Commençons par revenir au tout début : vous êtes né en 1939, un an avant justement la débâcle décrite par Marc Bloch. Dans l'introduction de Passion de la France, il y a cette phrase très forte : « On ne naît pas impunément en 1939. Il me semble que j'ai ressenti tout petit la brûlure d'une défaite sans précédent dans l'histoire de notre pays. » D'une certaine manière, votre date de naissance a-t-elle déterminé un partie de votre destin, en particulier votre destin politique ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Merci cher Alexandre. Je vais répondre à cette question mais auparavant je veux remercier Jean-Luc Barré qui m'a fait l'honneur de m'inviter dans la collection <span style="font-style:italic">Bouquins</span>. Je veux remercier Anne-Rita Crestani-Mermillod, et puis tous les collaborateurs de la collection, qui ont participé à sa confection et à son lancement. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Évidemment, tout petit, je n'ai pas connu mon père. Il a été fait prisonnier en juin 1940. Il était dans l'armée du Nord qui se repliait pour éviter d'être prise en tenaille par la percée allemande de Sedan. Il a été fait prisonnier, m'a-t-il raconté, après s'être caché pendant trois jours, comme il le pouvait, dans un champ de betteraves. Je ne l'ai pas revu avant l'âge de six ans, Par conséquent j'ai été élevé par ma mère dans un petit village du Haut-Doubs, dans une école car elle était institutrice. Il est même arrivé que, dans cette école, les Allemands s'installent au premier étage, nous cantonnant ma mère et moi au rez-de-chaussée. Pour ma mère, c'étaient « les Boches », dès le départ. En plus, ils avaient brûlé les trois maisons de ma grand-mère le 18 juin 1940, ce qui avait divisé ma famille entre ceux qui pensaient que le 18 juin c'était trop tard pour résister, et ceux qui pensaient que tant que l'armistice n'avait pas été signé (et l'armistice n'a été signé que le 25 juin) ils avaient raison de se battre, dussent les maisons grand-maternelles partir en fumée. C'était mon enfance. J'ai donc vécu le passage incessant des soldats allemands. J'ai ressenti physiquement l'occupation. Je ressentais surtout l'attente de ma mère, et sa colère contre ceux qui ne s'étaient pas battus comme ils devaient le faire. J'ai ressenti cette profonde humiliation et en même temps j'ai gardé des souvenirs de la Libération, de la joie que c'était de retrouver mon père… Disons que c'est une autre histoire… Mais j'ai quand même ressenti au fond de moi-même ce qu'était la plus profonde défaite que la France ait jamais subie.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Quand on lit votre livre, on comprend que cette défaite et la Seconde Guerre mondiale sont en fait le point d'orgue d'une guerre de trente ans qui a commencé en 1914.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : On ne peut comprendre 1940 et l'effondrement que cela constitue que si on se souvient qu'en 1914 la France, agressée, a résisté, a perdu un million et demi de jeunes gens, trois millions de blessés et de mutilés. Mais comme l'a dit René Girard, « on ne fait pas deux fois Verdun ». La France en 1940 est isolée. Je pense qu'on ne peut et qu'on ne doit reconstruire le récit national, qui a été mis en forme par Michelet et Lavisse au XIXème siècle puis diffusé très largement par l'École républicaine, que si on comprend bien à quel point 1914-1918 est le moment tournant où la République à la fois triomphe et s'affaisse. Elle ne se relèvera plus, puisque en 1940 nos généraux, et Marc Bloch le raconte dans <span style="font-style:italic">L’Étrange défaite</span>, se préoccupaient quinze jours après la percée de Sedan de quelle forme pourrait revêtir la capitulation… C'est le témoignage de Marc Bloch qu'il recueille de la bouche du général Blanchard qui commandait les armées du Nord. Pour comprendre cette défaite, il faut se remettre dans la perspective de l'époque : le haut-commandement souhaitait mettre fin à une guerre qu'il jugeait absurde. Car si une guerre devait avoir lieu, c'était la guerre de l'Allemagne contre l'URSS, pas contre la France. C'était une méprise, cette « drôle de guerre », il ne fallait pas la faire. Il fallait la finir le plus vite possible, à moindres frais. C'était le raisonnement de notre haut-commandement mais aussi de nos élites, si l'on veut bien comprendre le contexte de l'avant-guerre – Munich, le pacte germano-soviétique et puis l'effondrement de la France et de son armée qui passait pour la première du monde mais qui n'a pas tenu très longtemps, compte-tenu de l'état d'esprit de ceux qui la commandaient.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Lors du centenaire de l'Armistice de 1918, Emmanuel Macron a mis en cause les nationalismes. Les nations européennes sont-elles responsables de la guerre ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Je pense que c'est un contresens, une lecture très superficielle. Ce ne sont pas les peuples qui se sont rués les uns contre les autres en 1914. Les soldats ont reçu leur fascicule de mobilisation, il n'y avait pas le choix. Ils ont gagné leurs affectations. Et puis quand on leur a dit de marcher, ils ont marché. Et quand ils ont rencontré l'ennemi, ils se sont battus. Avec des pertes immenses, comme vous le savez, en une seule journée, vingt-neuf mille soldats français tombent, en août 1914. Les Allemands, bien sûr, avaient pénétré en France en passant par la Belgique, en application du plan Schlieffen, mais on leur a fait croire à la menace russe : il fallait en finir avec la France pour ensuite en découdre avec la Russie. En réalité, les responsables de la guerre, c'est une poignée de décideurs allemands pour la plupart : Guillaume II, le chancelier Bethmann Hollweg, le chef d'état major Moltke, le fils du Moltke de 1870, et puis en Autriche-Hongrie le chef d'état-major Von Hötzendorf qui, après l'attentat de Sarajevo, a emporté son gouvernement avec lui, c'était le moyen de river son clou au gouvernement de Belgrade, aux Serbes. C'est cela l'origine factuelle de la Première Guerre mondiale.        <br />
              <br />
       Mais quand on veut en comprendre la genèse d'ensemble, il faut revenir aux contradictions de la première mondialisation sous égide britannique qui avait commencé dans la deuxième partie du XIXème siècle et qui avait vu une puissance montante, l'Allemagne, s'affirmer sur le continent au risque de le dominer. Et l'Allemagne l'aurait dominé. Mais, comme elle n'avait pas supporté que Napoléon domine l'Europe un siècle auparavant, l'Angleterre ne pouvait pas le permettre. Ce qui fait que la caractéristique de « guerre mondiale » est très liée aux conflits de deux hégémonies : <span style="font-style:italic">l'hegemon</span> descendant, qui était <span style="font-style:italic">l'hegemon</span> britannique, et puis celui qui voulait sa place au soleil, <span style="font-style:italic">l'hegemon</span> allemand. Cette guerre a été pensée : le plan Schlieffen date de 1905, au moins. Il consistait à se défaire de la France en cinq semaines pour pouvoir ensuite se retourner contre la Russie. On oublie souvent que, par suite d'accords d'états-majors, la Russie s'était engagée vis-à-vis de la France, dans les trois semaines suivant l'éclatement de la guerre si elle parvenait à envahir la Prusse-Orientale, ce qu'elle a fait… D'où le fait que les Allemands aient été obligés de diriger vers l'Est deux corps d'armée, ce qui a contribué à la victoire de la Marne.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Nous reviendrons sur la question de la construction européenne, mais à travers cette vision qui met en cause les nationalismes s'agit-il de dévaloriser la nation pour mettre en avant une conception post-nationale de l'Europe ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : On peut le dire, oui. Il est évident que le discrédit des nations européennes n'a pas d'équivalent dans le monde : où que vous alliez, en Chine, au Vietnam, en Amérique du Sud, en Turquie, en Iran, ça n'existe pas, mais en Europe le discrédit des nations a été systématiquement voulu et organisé. Il a des causes objectives : du point de vue de l'Allemagne et de l'Italie après la Deuxième Guerre mondiale, c'était quand même difficile de se refaire. Pour la France, c'est de Gaulle qui avait maintenu à flot, par sa résistance pensée et organisée jusqu'à la victoire, une certaine idée de la France à laquelle les Français s'étaient peu à peu ralliés. Il est évident que la Résistance, la France libre, ont été au départ le fait d'une minorité, une minorité héroïque, à l'esprit sacrificiel. C'est une minorité que la grande masse des Français a rejointe. Un historien a fait justice de tout cette école qui ne cesse de vouloir enfoncer la France ou de la discréditer et de Gaulle lui-même l'a dit, le peuple français ne s'est jamais trompé sur un point, c'est que l'ennemi pour lui était toujours resté l'ennemi, c'est-à-dire que la puissance occupante qui, dès 1941, a commencé à fusiller, à massacrer, c'était l'ennemi, c'était l'agresseur ; l'envahisseur, c'était Hitler. Et le peuple français dans sa masse ne s'est jamais trompé sur ce point. Je vais vous raconter une histoire : ma mère m'interdisait de monter à l'étage où étaient les soldats allemands car elle me disait : « S'ils te donnent des bonbons, ce seront des bonbons empoisonnés ». Je monte, bien entendu, et les Allemands ne m'ont pas donné de bonbons, mais une orange. C'était probablement l'époque où ils étaient en Tunisie. J'ai goûté pour la première fois du fruit défendu ! J'en ai déduit que ma mère avait une vision un peu sommaire des Allemands, en tout cas tous n'étaient pas forcément mauvais. Mais malgré tout, ils étaient les occupants, et quand on voyait passer les colonnes de prisonniers sur les camions, mon cousin Denis et moi-même leur lancions des graviers qui ne les atteignaient pas…       <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Le traité de Versailles et la responsabilité de la France jugée trop sévère avec l'Allemagne sont souvent mis en cause pour expliquer la Seconde Guerre mondiale. Partagez-vous cette analyse ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Non, c'est l'écriture superficielle de l'histoire. Le grand défaut du traité de Versailles, c'est que les États-Unis ne l'ont pas signé et qu'ils n'ont pas garanti la France contre une agression allemande, comme Wilson s'était engagé à le faire vis-à-vis de Clemenceau. Il y a aussi les considérations économiques, celles de Keynes dans <span style="font-style:italic">Les Conséquences économiques de la paix</span>, mais c'est une vision elle-même réductrice, pour une raison très simple : en 1932, toutes les réparations ont été annulées et auparavant deux plans (Dawes et Young) avaient considérablement diminué le montant de ses réparations. Mais surtout, la paix de Versailles était fondée sur le principe d'auto-détermination des peuples, donc on a laissé l'Allemagne au centre de l'Europe, soixante millions d'habitants, et puis on a créé tout un tas de petites nations qui par la suite étaient des proies faciles. Mais c'était la tâche qui incombait à Clemenceau quand il a fallu redessiner la carte de l'Europe. Cette carte valait ce qu'elle valait, mais elle existe toujours : la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie, etc., ce sont des pays qui sont nés du traité de Versailles. Le principe des nationalités a été appliqué jusqu'au bout à ce moment-là. Donc je crois qu'il faut éviter de faire porter au traité de Versailles une responsabilité qui n'est pas vraiment la sienne. À la fin de la Première Guerre mondiale, il fallait bien redécouper l'Europe, et ce sont le retour à l'isolationnisme des États-Unis et le fait que les Britanniques voyaient s'installer avec suspicion ce qu'ils craignaient devoir être une nouvelle hégémonie française, qui ont mis notre pays dans une situation de grande faiblesse. D'autre part, la Révolution bolchevique nous avait privés de l'allié de revers qu'avait été pour nous la Russie. C'est la loi de l'histoire. Il fallait repenser à neuf les contours de l'Europe.        <br />
              <br />
       Ceux qui ont voulu discréditer les nations, ce sont ceux qui pensaient qu'on pouvait construire l'Europe en dehors de cette brique de base de la démocratie qu'est la nation. Pour que la démocratie s'exerce, il faut un sentiment d'appartenance, et ce sentiment est d'abord national. Et en voulant substituer à la nation une Europe qui ne répond pas au même sentiment d'appartenance, on affaiblit la démocratie, on transfère d'immenses pouvoirs à des instances qui n'ont de comptes à rendre à personne, qui ne sont pas démocratiquement désignées, et on crée les conditions d'une rupture profonde, d'une fracture entre le peuple d'une part et puis ceux qui le dirigent d'autre part. Je n'épilogue pas.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Vous écrivez, toujours dans l'introduction : « Il n'y avait pas pour moi de plus bel idéal que de servir la France et de l'aider à se relever d'un désastre inouï mais dont j'étais loin encore de mesurer la profondeur. » Malgré le général de Gaulle, la France s'est-elle jamais remise de la débâcle ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Le général de Gaulle avait un mot : « Il ne faut jamais désespérer ». Je pense que la France vient du fond des âges, comme le disait, encore lui, le général de Gaulle. La France est un pays qui a plus de mille ans d'histoire. C'est une langue, c'est une civilisation, c'est un trésor que nous devons transmettre aux générations qui viennent même si elles ne sont pas forcément demandeuses, mais un jour elles verront l'importance de la nation, qui est la condition de la liberté, de la citoyenneté et de la dignité. Par conséquent, ce travail, il faut le faire. Même si j'ai été témoin de cette longue période de cinquante ans de combat politique, à contre-courant, je pense que ce combat n'a pas été inutile, car il a forgé un esprit de résistance, maintenu des militants combatifs, des gens qui pensaient que la France devait continuer.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : La guerre d'Algérie aura également un grand impact sur votre destin puisque vous êtes appelé trois ans après le bac en 1961. En 1962, après ce qu'on appelle le cessez-le-feu, vous vous portez volontaire pour être chef de cabinet du préfet d'Oran… A cette époque, vous vous sentez gaulliste ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : La raison était simple, surtout après l'avoir vue et découverte : l'Algérie devait devenir indépendante. C'est une bonne réponse à ceux qui m'accusent aujourd'hui d'être nationaliste. Je suis naturellement pour la liberté de la nation française, mais je suis pour la liberté de toutes les nations. Aujourd'hui, si on avait voulu maintenir cette union fictive entre la France et l'Algérie, cela n'aurait pas tenu. Ce n'était pas possible parce qu'il y avait un peuple algérien, sa réalité était visible à l'œil nu. Mais cela s'est fait à travers d'immenses souffrances, qu'on aurait peut-être pu éviter à travers une vision un peu plus grandiose que celle qui était la nôtre. A certains égards, Napoléon III avait eu l'idée du royaume arabe, d'une association entre nos deux nations. Il y a des gens qui ont pensé à la fusion des deux nations : j'ai retrouvé chez Bugeaud, le conquérant de l'Algérie, des pages sur l'union des Français et des Arabes de 1850. Ce rêve de créolisation était encore porté un siècle plus tard par un arabisant que j'ai bien connu, qui était un de mes maîtres à penser, Jacques Berque, Il pensait que cela pouvait se faire.        <br />
              <br />
       Qu'en sera-t-il demain ? Je pense que la France a une dimension méditerranéenne, je pense qu'elle doit maintenir ce cap, elle ne doit pas être réduite au finistère européen. La France est ouverte aux océans, sur la Méditerranée, sur le continent. Elle doit cultiver ces trois tropismes pour être elle-même.       <br />
              <br />
       L'Algérie m'a marqué. Surtout, j'y ai vécu des événements, à l'âge de 22 ou 23 ans, qui auraient pu être traumatisants. J'ai vu la mort à plusieurs reprises, devant moi. Mais cela ne m'a pas impressionné. Elle est passée à côté de moi. Surtout, j'ai vu un écroulement, celui de l'Algérie française, les convulsions de la période de l'OAS. J'ai vu l'arrivée de l'indépendance, l'armée algérienne venant du Maroc. J'ai été pris moi-même dans les événements d'Oran, j'ai été enlevé ou j'ai failli être enlevé, j'en ai réchappé. J'étais un miraculé prédestiné ! Ensuite j'ai réfléchi à ce que pouvait être l'évolution des sociétés, cela m'a orienté vers le monde arabe. Ce monde arabe m'a interrogé. Orientaliste est un mot fort, mais je suis devenu quelqu'un que le destin de ces pays de la Méditerranée et de l'Orient a toujours interpellé. On ne peut pas comprendre l'attitude qui a été la mienne pendant la guerre du Golfe, tragique erreur géopolitique que j'ai immédiatement identifiée, si on ne se réfère pas à mon passé de sous-lieutenant SAS (Sections Administratives Spécialisées, ce qu'on appelait autrefois les bureaux arabes, les affaires algériennes). On était en contact avec la population. C'est cette proximité, ce sentiment d'empathie, d'égalité profonde, avec ces peuples qui au fond ne demanderaient qu'à nous aimer si nous étions capables de les aimer nous-mêmes, qui a été pour moi un événement durable. En même temps, l'Algérie a été un événement fondateur, j'ai réalisé que je voulais faire quelque chose pour la France. Je n'étais pas du tout un tiers-mondiste. Je suis entré ultérieurement au Parti socialiste, pour le subvertir, pour faire l'union de la gauche, provoquer cette alternance qui me paraissait être l'avenir, préparer l'après-de Gaulle. Car il y a quand même un grand écart d'âge entre le général de Gaulle et moi ! De retour des djebels algériens, je me suis dit qu'il fallait préparer la suite avec la gauche dans la tradition républicaine, dans la lignée de Carnot, de Gambetta, de Clemenceau. J'ai pris ce chemin, en même temps c'était celui auquel me conduisait mon éducation laïque. Mes deux parents étaient deux instituteurs laïques, ce qui n'empêchait pas ma mère d'aller à l'église. Le matin elle allait communier, et l'après-midi elle allait faire signer les pétitions du CNAL (Comité National d'Action Laïque).        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Avant d'évoquer la révolution à gauche, vous vouliez faire une autre révolution, celle de l'Ena. Dans L'Enarchie, que vous écrivez avec Didier Motchane et Alain Gomez en 1967, vous décrivez l'École nationale de l'administration comme une « institution dévoyée qui prépare d'excellents fonctionnaires, c'est-à-dire de fidèles intendants du néocapitalisme, ayant un sens élevé du service public, c'est-à-dire ne se mêlant en aucun cas de juger ce qu'ils font ». L'Ena explique-t-elle la fracture actuelle entre les élites politiques et le peuple ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Tout ce que nous avons écrit non seulement s'est vérifié mais s'est vérifié au centuple. Ce petit pamphlet écrit en 1967 au sortir de l'Ena en trois semaines n'a pas pris une ride. Nous préconisions l'abolition des Grands Corps, ceux-ci sont toujours debout. L'Ena a empiré considérablement par rapport à ce qu'elle était. A l'époque, elle portait encore l'esprit de la Résistance qui l'avait créée. Aujourd'hui, elle est devenue une école qui a le monopole du recrutement des hauts postes dans la fonction publique. Mais une grande partie de notre personnel politique à haut niveau est également issue de l'Ena. Troisième catastrophe, les grandes entreprises françaises recrutent également chez les anciens inspecteurs des Finances ou chez les anciens élèves de l'Ena. Nous avons une école qui est l'école de formation des élites politiques publiques, privées. C'est une horreur. C'est un phénomène que je ne souhaite à aucun pays. En plus, nous l'exportons, en Chine par exemple ! Je souhaiterais qu'on revienne à une formation continue des fonctionnaires, et que l'on fasse par exemple une École des hautes études administratives à mi-parcours, à 35 ou 40 ans. On pourrait faire une année sabbatique où on approfondirait certaines disciplines – diplomatie, droit administratif, comptabilité nationale, toutes choses auxquelles on ne nous a pas formés. Car l'Ena est une école où on n'apprend rien ! C'est un concours à l'entrée, assez difficile à l'époque, car il y avait beaucoup de candidats. Toujours difficile à la sortie, car il y a une sélection féroce pour permettre aux mieux notés l'accès aux Grand Corps de l'État. Or il n'est pas sain de figer trop jeune les carrières…        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Pourquoi avoir finalement choisi de vous engager à gauche ? Pourquoi à l'époque pensiez-vous que seule l'union de la gauche pouvait redresser la France ? N'avez-vous pas changé d'avis depuis, de fait ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : De fait, oui ! Mais à l'époque, il y avait une chose qui ne pouvait pas redresser la France, c'était le parti gaulliste tel qu'il était installé, avec ses grands barons. On avait pu le constater quand Giscard d'Estaing s'est prononcé pour le « Non » au référendum de 1969, et quand, après la candidature ratée de Jacques Chaban-Delmas, on a vu l'extraordinaire débandade de ceux qui étaient les grands féaux du gaullisme. Il n'en est resté aucun, sauf peut-être Philippe Séguin, le seul qui soit resté fidèle. La droite a choisi l'argent, Séguin se trouvait très isolé, d'où une carrière assez difficile, lui aussi. Quant à moi, au moins j'aurai essayé, et j'aurai contribué à porter la gauche au pouvoir, évidemment sur un programme, et son avant-projet que François Mitterrand m'avait confié le soin de rédiger. Ce programme est un programme assez gaulliste, on a repris en matière institutionnelle, en matière de défense, en matière de politique étrangère, les idées du gaullisme. C'est la base sociale que nous voulions changer. Nous voulions faire une politique progressiste, plus juste, plus égale, plus démocratique. Mais nous ne voulions pas casser l'inspiration initiale du général de Gaulle, dont je pense toujours qu'elle était bonne. Je pense qu'il a eu une vision à la hauteur du siècle, une vision de l'histoire qui tient la route. C'est la seule à laquelle on pourra se raccrocher à l'avenir si on veut reconstruire un destin pour la France.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : En 1979, à la veille du congrès de Metz, François Mitterrand vous fait cette confidence : « Nous sommes d'accord sur tout, Jean-Pierre, sauf sur un point : je ne crois pas, hélas, que la France, à notre époque, puisse faire autre chose que passer à travers les gouttes… ». François Mitterrand n'a jamais cru le redressement possible, contrairement à vous.</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Il faut toujours faire entrer en ligne de compte les générations. François Mitterrand est né en 1916, c'est l'année de Verdun. Il a fait son service militaire à la fin des années 30. Il ne pensait pas grand bien de l'armée française. Il disait par exemple, avant la drôle de guerre : « une armée qui met des bandes molletières aux jambes de ses soldats ne peut pas être une armée victorieuse ». Mitterrand a vécu 1940. Il a été fait prisonnier, il s'est évadé à plusieurs reprises. Il a fait un détour par Vichy car il croyait, je pense de bonne foi, compte tenu de ses origines bourgeoises et très à droite, qu'à Vichy pouvait se faire ce que le Royaume de Prusse avait fait pour la Reine Louise au temps de Napoléon… Il est très vite revenu de ses illusions, et en 1943 il a rejoint la Résistance, mais néanmoins, avec cette idée que la puissance américaine était désormais la ligne d'horizon. Je pense que François Mitterrand a retiré de cette jeunesse brisée une leçon qui était une leçon de trop grande modestie par rapport à ce qu'étaient le rôle et le rang de la France. Je pense que la France est une réalité spirituelle, Mitterrand la voyait plutôt comme une réalité charnelle, à travers ses paysages notamment, mais il ne l'a pas vécue comme une « exigence de grandeur », comme le général de Gaulle. Tout cela, c'était du passé. Par contre François Mitterrand a vu l'Europe, mais un peu comme un substitut.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Après 1981, le premier virage a été le tournant de la rigueur deux ans après l'élection de François Mitterrand. Pour beaucoup d'observateurs, ce revirement prématuré a montré qu'il n'y avait pas d'autre politique possible. Partagez-vous ce point de vue ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Je ne partage pas du tout ce point de vue. Je pense qu'il y a eu un seul et même tournant, qui a été le ralliement progressif au néolibéralisme. On savait que le vent avait tourné après l'arrivée au pouvoir de Thatcher, Reagan, même si on n'appelait pas encore ce courant le néolibéralisme. On savait que les Dieux étaient Milton Friedman, Friedrich Hayek, les Chicago Boys. C'était l'utopie d'un marché parfait qu'on pouvait mettre en modèle mathématique, des prix Nobel français d'économie ont d'ailleurs été récompensés pour cette démarche (Tirolle récemment). C'était le triomphe de <span style="font-style:italic">l'homo economicus</span>. On pouvait réduire le monde au marché. Des <span style="font-style:italic">optima</span> s'établissaient naturellement. Par conséquent, il fallait détruire l'État, ou plus exactement les régulations que l'État faisait prévaloir, il fallait s'en prendre à cette idée de l'État jacobin, en fait républicain, régulateur, orientateur du long terme, pour faire triompher le marché. Ceux qui ont porté cette idéologie se trouvaient à la fois à droite et curieusement à gauche.       <br />
              <br />
       Ce tournant de 1983, c'est d'abord l'alignement du franc sur le mark, le refus de sortir du Système monétaire européen, alors que je pense que, pour maintenir une industrie compétitive, il fallait d'emblée une forte dévaluation du franc par rapport au mark. Un ministre allemand de l'époque, Otto Lambsdorff, disait lui-même que le SME était un « système de subvention à l'industrie allemande » car, disait-il, « avec votre inflation nous avons toujours 10, 15, 20 points de plus que vous en termes de compétitivité ». Si j'en crois les analyses du FMI aujourd'hui, l'euro est une monnaie qui est sous-évaluée pour l'Allemagne de 18 % et surévaluée pour la France de 7 %, soit un différentiel de compétitivité entre la France et l'Allemagne de 25 %. Le déficit commercial pour la France vis-à-vis de l'Allemagne était de 28 milliards de francs en 1982, il est aujourd'hui de 17 milliards d'euros, ce qui représente le quart du total de notre déficit commercial. En monnaie courante, nous avons quadruplé notre déficit vis-à-vis de l'Allemagne. La France a toujours aujourd'hui un problème de compétitivité car on n'a pas voulu remettre les compteurs à zéro. On a essayé de comprimer les coûts du travail par la « déflation interne », cela a donné les résultats que vous savez. On a toujours voulu s'accrocher au mark alors que toutes les autres monnaies européennes dévaluaient en 1992. Nos taux d'intérêt ont bondi à 20 %, la production s'est effondrée, le budget est tombé dans un déficit profond mais le franc a collé au mark. La récession de 1993 a été un coup très dur pour l'économie française, elle a fait bondir notre endettement de 32 % à l'époque à un peu moins de 60 % en 1997. Je pense que les choix qui ont été faits au début des années 80 ont été cruciaux – l'accrochage du franc au mark, ensuite la dérégulation dans ce qu'on a appelé l'Acte unique qui en a été la base juridique. C'était le Marché unique : tous les pouvoirs donnés à la Commission européenne qui allaient pondre trois cents directives pour libérer les mouvements de capitaux, libérer les services, la directive Bolkenstein…. et créer une inégalité fondamentale entre le capital d'un côté et le travail de l'autre, et ce à l'échelle mondiale, comme l'a très bien vu un économiste américain, Rawi Abdelal. Autour de Delors, Chavransky à l'OCDE, et l'ancien directeur du Trésor qui est devenu le président du FMI Camdessus, des règles qui sont celles du néolibéralisme à l'échelle mondiale ont été mises en place au niveau européen, au niveau de l'OCDE. Ce traité de Luxembourg dit Acte unique est négocié en 1985 par Roland Dumas sous l'impulsion de Jacques Delors, mais il ne sera ratifié que sous Jacques Chirac, avec ce même argument qu'avait donné Roland Dumas : « le Marché unique, c'est la perfection du Marché commun ». Un jour, le Conseil des ministres a reçu à 10h un document de quatre cents pages. Et à 11h30, « qui est contre ? », personne ne se manifeste. Monsieur de Lipkowsky, un ministre de Jacques Chirac, quelques années plus tard, en 1987, répétait en commission des Finances devant les députés le même argument que celui de Roland Dumas, « le Marché unique est la perfection du Marché commun ». On a transféré d'immenses pouvoirs à la Commission européenne sans mesurer qu'on allait changer de système économique et politique.        <br />
              <br />
       Ensuite on a fait la monnaie unique entre des pays dont les économies étaient très hétérogènes sans correction. Un économiste, Robert Mundell, a montré que faute de telles compensations, corrections, la monnaie unique aboutit à la polarisation d'un côté de la richesse et de la pauvreté de l'autre. Cela explique les fractures qui traversent les sociétés européennes aujourd'hui, entre les économies du Sud, du pourtour de la Méditerranée, profondément dégradées, et les économies du Nord de l'Europe, industrielles, qui ont été renforcées.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Voyez-vous dans la crise des gilets jaunes les conséquences des choix effectués en 1983 ?</b>        <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : C'est incontestable, mais pas seulement les décisions de 1983 : il y a eu le traité de Lisbonne, véritable déni du suffrage universel. Le projet de Constitution européenne, rejeté par référendum en 2005, a été repris quasiment intégralement par le traité de Lisbonne, passé à l'époque grâce à un accord entre le Président Sarkozy et le Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, car il fallait passer par le Congrès, avoir les deux tiers des voix de tous les parlementaires. Il y a aussi le traité dit TSCG, d'autres réglementations sur lesquelles je passe, il y a un ensemble de dérégulations qui aboutissent à ce système déséquilibré dont nous avons hérité avec des fractures qui sont économiques – la désindustrialisation profonde de notre pays, un vrai décrochage industriel, le deuxième de notre histoire après celui de la fin du XIXème siècle, il faudra le remonter –, fractures sociales – chômage, paupérisation, un économiste, Branko Milanovic [1], a montré que dans tous les pays industrialisés, les classes moyennes, notamment les classes moyennes inférieures, avaient vu leur niveau de revenus diminuer ou stagner ; en France il a plutôt stagné mais comme les charges augmentent plus vite, notamment les charges dites contraintes comme la fiscalité sur l'essence, l'énergie, nous avons un problème d'étranglement ; en revanche dans les pays émergents, vous avez une augmentation du revenu de ces classes moyennes ; si on fait le bilan de trente ou quarante ans de mondialisation, les très riches ont vu leurs revenus exploser partout (82 % des richesses produites en 2017 ont bénéficié aux 1 % les plus riches) mais les revenus des autres catégories sociales ont fortement divergé.       <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : A l'alignement économique a correspondu un alignement géopolitique. En janvier 1991, vous démissionnez une deuxième fois pour marquer votre opposition à la première guerre en Irak. En quoi ce conflit marque-t-il l'émergence d'un nouvel ordre mondial ou plutôt d'un nouveau désordre mondial ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Au départ, on nous parle de nouvel ordre mondial. Mais il va s'avérer très vite que c'est un nouveau désordre. On ne brise pas impunément un État. Même si l'Irak est un État qui n'a qu'un siècle, il avait une administration, une armée, une police, une structure. Évidemment, cela reposait sur un équilibre entre les chiites et les sunnites, arabes ou kurdes. Mais c'était un équilibre extrêmement fragile. Je me souviens encore d'une réflexion de Jacques Chirac : « Je ne connais pas de général sunnite capable de prendre la place de Saddam Hussein », c'était en septembre 2002, il était parfaitement informé. En 1991, nous nous sommes alignés sur les États-Unis qui soutenaient l'Arabie Saoudite depuis le pacte du Quincy en 1945. C'est cela qui a modelé la politique moyen-orientale des États-Unis. Quant à la France qui avait un rôle de médiation au Proche-Orient, nous avons abandonné notre politique arabe qui était d'accompagner les forces de progrès dans le monde arabe ; nous sommes restés sur cette ligne depuis, on l'a vu en Libye ou même en Syrie. Cet alignement sur le fondamentalisme ou l'islamisme radical est devenu l'une des caractéristiques non avouée de notre politique étrangère. Dans la guerre froide, les États-Unis soutenaient les éléments réactionnaires, rétrogrades, dans le monde musulman, au détriment des éléments les plus avancés, ceux qui voulaient la réforme, la <span style="font-style:italic">nahda</span>, c'est-à-dire mettre le monde arabe à l'heure de la modernité.       <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Si la politique des néoconservateurs américains est un facteur d'explication de la montée en puissance de l'islamisme, n'y-a-t-il pas une radicalisation intrinsèque à l'islam lui-même ? Hassan el-Banna fonde la confrérie des Frères musulmans dès 1928…</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Si bien sûr, vous avez raison de le rappeler, car il faut comprendre la réalité comme un tout. L'islamisme radical n'est qu'une des facettes de la globalisation. S'agissant de l'islam lui-même, il y a toujours eu une tradition conservatrice, qui a même triomphé au IXème siècle, c'est la tradition du hanbalisme, c'est-à-dire une interprétation littéraliste des textes sacrés de l'islam. Cette tradition s'est perpétuée au moment des croisades et des invasions mongoles, avec Ibn Taymiyya, puis à l'époque contemporaine en Arabie saoudite dès 1845 avec Abdelwahhab, c'est ce qu'on a appelé le wahhabisme, puis en 1928 avec la confrérie des Frères musulmans, quatre ans après le démantèlement du Califat ottoman. Pour comprendre ce qui se passe dans le monde musulman, il faut bien voir qu'il y a eu une réaction par rapport à l'Occident qui avait accumulé, grâce aux grandes découvertes et grâce à l'esprit de la Renaissance qui a repris l'héritage de l'Antiquité, une avance scientifique, intellectuelle, technologique qui a laissé derrière lui les pays d'Orient. Ceux-ci ont réagi de deux manières : il y a eu la réponse modernisatrice, la <span style="font-style:italic">nahda</span>, et puis il y a eu une autre réaction, celle du repli sur les certitudes et sur les dogmes, les préceptes du Prophète, c'est la réponse identitaire, et forcément régressive, car il s'est passé beaucoup de choses depuis le VIIème siècle de notre ère. Le monde musulman est aujourd'hui un monde troublé mais que nous n'aidons pas à trouver son chemin. La politique arabe suivie par le général de Gaulle après la fin de la guerre d'Algérie était beaucoup plus prometteuse que celle que nous menons aujourd'hui à la remorque des États-Unis.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Pour dépasser le consensus néolibéral et mondialiste, vous êtes candidat à l'élection présidentielle en 2002. L'idée républicaine est au cœur de votre campagne. Ce que vous appelez la République, n'est-ce pas tout simplement la nation et ce que vous appelez le républicanisme une forme de patriotisme ou même de nationalisme ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : En 2002, vous savez, on m'a fait beaucoup grief d'avoir été candidat à la présidence de la République. Mais je peux vous dire que c'était très difficile, il faut être très courageux pour accomplir un tel acte. Il faut avoir le sentiment qu'on détient une parcelle de la vérité. Ayant vu le Parti socialiste se comporter comme il l'a fait lors de la guerre du Golfe, ayant lu le traité de Maastricht – c'était un bréviaire néolibéral, c'était la doxa de l'ordo-libéralisme allemand, c'était l'austérité budgétaire à perpétuité, c'était quelque chose qui était une impasse tellement reconnaissable pour quelqu'un qui comme moi avait fait le congrès d'Épinay, qui avait écrit le projet de programme du Parti socialiste, négocié le Programme commun, rédigé le Projet socialiste pour les années 1980, me mettant en contradiction avec toutes mes motivations et toutes mes fidélités –, l'honneur me conduisait à être candidat. Je ne vois pas pourquoi je n'aurais pas pu défendre mes idées. On a bien admis que Noël Mamère soit candidat pour les Verts, Robert Hue pour le Parti communiste, Christiane Taubira pour les Radicaux, pourquoi est-ce que le courant républicain n'aurait pas pu avoir son expression ? J'avais d'autant plus de raison de le faire que c'était pour moi un impérieux devoir moral et politique. Je savais, c'était mon intuition, que je dépasserais la barre des 5 %. Cela n'a pas été évident. Simplement en dépassant les 5%, je dépassais tous les autres candidats de gauche, en dehors du Parti socialiste qui avait pour lui le poids des habitudes.       <br />
              <br />
       J'ai défendu l'idée républicaine car je la crois juste en tant qu'idée cohérente, reposant sur l'idée d'un peuple de citoyens qui exercent la souveraineté. La Révolution a fait descendre le droit du ciel sur la terre, c'est une expression de Michelet. Cette conception républicaine implique des citoyens, des citoyens capables de réfléchir par eux-mêmes, formés par l'école, mais pas n'importe quelle école, l'école républicaine, l'école laïque. Cette école qui nous permet de discerner du point de vue de l'intérêt général, ce qui est bien et ce qui est mal. Pour moi c'était un devoir de maintenir cette idée républicaine contre le libéralisme ou le néolibéralisme ambiant et généralisé. On me dit « c'est du patriotisme exacerbé » ; effectivement la République ne s'exerce que dans des cadres d'allégeance ou d'appartenance qu'on peut facilement identifier : la nation est la brique de base. Mais ce n'est pas du nationalisme. On confond deux conceptions de la nation qui sont opposées : la conception française, celle de la Révolution, c'est une communauté de citoyens, des citoyens décidant par eux-mêmes, des hommes libres. Ce n'est pas la conception ethnique, celle qui peut être raciste ou simplement ethnoculturelle, de la nation, mais qui ne permet pas cette grande fraternité humaine que permet la République. Donc la conception républicaine de la nation est le meilleur barrage à la conception de l'extrême droite qui ne peut conduire qu'à de redoutables impasses.       <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : L'« Europe souveraine » d'Emmanuel Macron n'est-elle pas tout simplement l'Europe post-nationale et post-démocratique que vous combattez ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Ça c'est à voir. Puisque, quand Emmanuel Macron parle d'« Europe souveraine », défend-il une « Europe européenne » comme disait le général de Gaulle, et l'idée d'une Europe qui existe par elle-même comme entité stratégique ? Une Europe qui ne se réduit pas à un marché, mais qui est capable d'avoir une politique extérieure, même si c'est à géométrie variable ? Une Europe qui peut avoir une politique de défense, et un certain nombre d'attributs qui lui permettent d'exister comme entité autonome dans le jeu international ? Par exemple, en matière d'investissements, un certain contrôle et une protection de ses intérêts ? C'est cette Europe européenne que je défends. Si par « souveraineté européenne », on entend une instance à laquelle on délègue tous les pouvoirs qui ensuite sont exercés sans contrôle… Je vois qu'on a adopté par exemple il y a peu une directive dite « Gaz » qui réglemente l'accès au marché européen des gazoducs, comprendre les gazoducs en provenance de Russie. Cette directive donne à la Commission le pouvoir de définir les règles qui obligeront l'entreprise qui est propriétaire du gaz à recourir à des sous-traitants qui le transporteront parce que le producteur ne peut pas être le transporteur. On voit tout de suite la mine d'obstacles qui va se créer pour les exportations de gaz russe. Comme si nous étions plus dépendants de la Russie au niveau du gaz que la Russie en tant que fournisseur par rapport l'Europe. Comme s'il valait mieux dépendre de l'Iran, du Qatar ou des États-Unis que de la Russie. On manque là de bon sens. Je crains que cette idée de « souveraineté européenne » mal formulée, mal comprise, débouche sur un système qui nous prive encore une fois du droit de décider, qui est la vraie cause de la crise démocratique que nous vivons. L'espace de la loi, l'espace de la liberté du Parlement s'est réduit comme peau de chagrin, à force de transferts de pouvoirs à la Commission européenne, mais aussi à des entités spécialisées, aux Autorités administratives indépendantes, mais aussi par le fait de la prolifération jurisprudentielle du Conseil d'État, de la Cour de cassation, du Conseil constitutionnel ou des Cours européennes [2]. Cela aboutit à un quasi-total dessaisissement des élus que nous désignons par rapport à la décision politique, c'est une vraie crise de la démocratie... Si nous n'en prenons pas toute la mesure, si nous ne nous réveillons pas à temps, nous irons vers de grandes secousses.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Un partenariat entre la Russie et l'Europe peut-il être l'une des clefs d'un nouvel équilibre mondial ?</b>       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : Si nous voulons exister dans le monde de demain, regardons-le : il y a la Chine, un milliard quatre cents millions d'hommes, et dont le PNB en termes de parité de pouvoir d'achat dépasse celui des États-Unis, et en termes comptables en dollars courants le dépassera d'ici quatre ou cinq ans. C'est une immense puissance qui surgit à l'horizon. Déjà les Américains organisent un « quad », à l'initiative du Président Trump, avec l'Inde, l'Australie et le Japon dans le Pacifique, pour contenir la Chine. L'avenir du XXIème siècle, c'est cette bipolarité entre les États-Unis et la Chine, et nous, les Européens, ne pesons pas. Nous ne sommes pas capables de faire prendre en compte nos intérêts, ni par les Chinois,comme dans l'industrie des panneaux solaires, dont la Chine a désormais le monopole au plan mondial, ni par les États-Unis qui nous imposent l'extraterritorialité de leur droit, ce qui fait que nos entreprises obéissent davantage au gouvernement de Washington qu'à ceux de Berlin, de Londres ou de Paris. Nous sommes désarmés, car nous avons peur des sanctions américaines [3]. L'Europe est à revoir, à réorganiser, peut-être par un nouveau traité, en substituant d'autres critères à celui qui domine actuellement, la concurrence pure et parfaite. Ce pourrait être l'intérêt européen, à la lumière duquel on pourrait faire une politique commerciale, une politique industrielle, une politique de recherche, une politique technologique dans le domaine du numérique par exemple.        <br />
              <br />
       <b>Alexandre Devecchio : Pour finir, on découvre dans votre livre que votre vision de la Révolution n'est ni marxiste, ni libérale, mais métaphysique. Une vision métaphysique de la France et même de l'Europe, est-ce ce qui manque à nos hommes politiques depuis le général de Gaulle ?</b>         <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement : C'est la conception de Michelet, reprise par Jaurès, Péguy et le général de Gaulle : la France a fait une Révolution tout à fait unique. En disant « c'est désormais le peuple qui est le siège de la souveraineté, on ne va pas accepter que l'autorité soit définie en vertu du droit divin et que le moindre chefaillon détienne de Dieu son autorité », on va considérer que la manière dont se définit l'autorité se fait à partir de la légitimité populaire. C'est le peuple français qui, en dernier ressort, est le souverain et c'est à lui, dans des formes constitutionnelles à établir, qui se gouverne à lui-même. C'est l'idéal ancien, qui nous vient de l'Antiquité, de Rome et des cités grecques, de l'auto-gouvernement. C'est l'idéal républicain. C'est l'idée de citoyens, hommes libres qui réfléchissent en conscience, à partir d'une culture, d'une éducation, de règles qu'ils se sont faites leurs. Et en même temps, ce sont les héritiers d'une longue histoire, ils sont les comptables de cette histoire vis-à-vis des générations à venir. La France, ce ne sont pas seulement les soixante-six millions de Français d'aujourd'hui, ce sont les centaines de millions de Français passés et à venir. Ce sont les morts et ce sont les vivants de demain et d'après-demain. Nous sommes responsables à leur égard de ce que nous leur transmettrons. C'est là le fondement d'un patriotisme républicain qui n'est pas une religion de la nation mais qui est un idéal de liberté individuelle et collective. À certains égards, on pourrait parler de transcendance républicaine car c'est un idéal qui dépasse nos vies. Qu'est-ce que la transcendance si ce n'est l'idée qu'il y a quelque chose au-dessus de nous ? Qu'est-ce que le patriotisme républicain si ce n'est le sentiment qu'il y a quelque chose derrière nous et quelque chose devant nous ? Un pays qui a su susciter Jeanne d'Arc dans un village lorrain perdu dans la Meuse, ou de Gaulle au moment de l'effondrement le plus total de ses institutions, c'est un pays qui ne mérite pas de disparaître. Pour d'autres raisons qui tiennent à la littérature, à notre langue, à notre culture, à notre façon d'être, à notre civilisation, nous avons en quelques sortes ce devoir de maintenir.       <br />
              <br />
       [1] Dans <span style="font-style:italic">Inégalités mondiales. Le destin des classes moyennes, les ultra-riches et l'égalité des chances</span> (La Découverte, 2019)       <br />
       [2] Voir sur ce sujet les actes du colloque de la Fondation Res Publica du 22 octobre 2018  <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Le-droit-contre-la-loi_r151.html">« Le droit contre la loi »</a>       <br />
       [3] Voir sur ce sujet les actes du colloque de la Fondation Res Publica du 24 septembre 2018 <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/L-Europe-face-a-l-extraterritorialite-du-droit-americain_r150.html">« L'Europe face à l'extraterritorialité du droit américain »</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/ Conference-Sara-Yalda -avec-Jean-Pierre-Chevenement-transcription_a2098.html</link>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Iran, Etats-Unis, où la crise au Moyen-Orient nous conduit-elle ?"</title>
   <pubDate>Wed, 25 Mar 2020 15:05:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   Les actes du colloque du 5 février 2020 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/44032555-36144182.jpg?v=1585146313" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Iran, Etats-Unis, où la crise au Moyen-Orient nous conduit-elle ?"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Iran, Etats-Unis, où la crise au Moyen-Orient nous conduit-elle ?"" />
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     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Introduction_a1269.html">Introduction</a>, par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/L-Iran-face-a-ses-adversaires_a1268.html">L’Iran face à ses adversaires</a>, par Jean-Claude Cousseran, Diplomate, secrétaire général de l’Académie diplomatique internationale, directeur général de la Sécurité extérieure de 2000 à 2002       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/La-crise-du-nucleaire-iranien_a1267.html">La crise du nucléaire iranien</a>, par François Nicoullaud, Diplomate, ambassadeur de France en Iran de 2001 à 2005       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Le-rituel-repetitif-de-la-crise-Iran-Etats-Unis_a1266.html">Le rituel répétitif de la crise Iran États-Unis</a>, par Pierre Conesa, Ancien haut fonctionnaire de la Défense, auteur de <span style="font-style:italic">Dr. Saoud et Mr Jihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite</span> (Robert Laffont : 2016), membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/L-impuissance-strategique-de-l-Occident-au-Moyen-Orient_a1264.html">L’impuissance stratégique de l’Occident au Moyen-Orient</a>, par Renaud Girard, Grand reporter, chroniqueur international au <span style="font-style:italic">Figaro</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a1263.html">Débat final</a>.       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Iran-Etats-Unis-ou-la-crise-au-Moyen-Orient-nous-conduit-elle_r163.html">&quot;Iran, Etats-Unis, où la crise au Moyen-Orient nous conduit-elle ?&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/shop/Iran-Etats-Unis-ou-la-crise-au-Moyen-Orient-nous-conduit-elle_p151.html">&quot;Iran, Etats-Unis, où la crise au Moyen-Orient nous conduit-elle ?&quot;</a> est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/44032555-36144182.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Iran-Etats-Unis-ou-la-crise-au-Moyen-Orient-nous-conduit-elle_a2087.html</link>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Défis énergétiques et politique européenne"</title>
   <pubDate>Wed, 16 Oct 2019 11:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 18 juin 2019 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/38365705-33524528.jpg?v=1571220229" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Défis énergétiques et politique européenne"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Défis énergétiques et politique européenne"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Introduction_a1236.html">Introduction</a>, par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Contexte-mondial-les-mouvements-de-fond-dans-la-geopolitique-de-l-energie_a1235.html">Contexte mondial, les mouvements de fond dans la géopolitique de l’énergie</a>, par Olivier Appert, conseiller au Centre Énergie de l'Ifri, ancien Président-directeur général d'IFP Énergies nouvelles et du Conseil Français de l'Energie, et membre de l'Académie des Technologies       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/L-Union-europeenne-au-coeur-de-la-nouvelle-geostrategie-de-la-transition-energetique-2030-2040_a1234.html">L’Union européenne au cœur de la nouvelle géostratégie de la transition énergétique, 2030-2040</a>, par Viviane Du Castel, analyste géopolitique et géostratégique, auteur de Transition énergétique et changement climatique : enjeux et défis géoénergétiques de l’Union européenne, (Connaissances et savoirs, 2017), Choix énergétiques : quels enjeux ? (L’Harmattan, 2015), La sécurité des approvisionnements énergétiques-enjeux et défis pour l’Union européenne, (L’Harmattan, 2014)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Reconquerir-l-autonomie-de-decision-dans-l-interet-du-consommateur-particulier-et-industriel-Le-sens-de-l-interet_a1233.html">Reconquérir l’autonomie de décision dans l’intérêt du consommateur particulier et industriel. Le sens de l’intérêt général et l’utilité d’une vision à long terme</a>, par Henri Proglio, ancien Président-directeur général d’EDF       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/R-D-verrous-technologiques-a-faire-sauter-horizons-de-temps-pour-la-maturite-des-technologies-en-question_a1232.html">R&amp;D, verrous technologiques à faire sauter, horizons de temps pour la maturité des technologies en question</a>, par Pierre Papon, professeur d’Université, ancien Directeur général du CNRS puis de l’IFREMER, auteur, entre autres, de Vers une énergie durable (avec Daniel Clément) (Le Pommier, 2010) et 2050 : quelles énergies pour nos enfants ? (Le Pommier, 2017), membre du Conseil d'administration de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a1231.html">Débat final</a>.       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Defis-energetiques-et-politique-europeenne_r159.html">&quot;Défis énergétiques et politique européenne&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/shop/Defis-energetiques-et-politique-europeenne_p147.html">&quot;Défis énergétiques et politique européenne&quot;</a> est également disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/38365705-33524528.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Defis-energetiques-et-politique-europeenne_a2066.html</link>
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   <title>G7 d'Emmanuel Macron : Du grand jeu ! </title>
   <pubDate>Sun, 08 Sep 2019 15:09:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une tribune de Jean-Pierre Chevènement, parue dans l'hebdomadaire Marianne, le vendredi 6 septembre 2019.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/37121061-32894959.jpg?v=1568633900" alt="G7 d'Emmanuel Macron : Du grand jeu ! " title="G7 d'Emmanuel Macron : Du grand jeu ! " />
     </div>
     <div>
      Au plan international le G7 de Biarritz, précédé de la visite de Vladimir Poutine à Brégançon, a permis à Emmanuel Macron de prendre une stature nouvelle. Au-delà de la floraison des initiatives, le président de la République a affirmé une grille de lecture du monde originale et qui répond à l’intérêt national. C’est clair et c’est nouveau.       <br />
              <br />
       Je résume : nous vivons la fin de l’hégémonie occidentale sur le monde. L’inspiration politique est clairement du côté des puissances dites « émergentes » : Chine, Russie, Inde. (À cette liste, j’ajouterai la Turquie et l’Iran).       <br />
              <br />
       Dans ce contexte, les vieilles nations européennes sont-elles condamnées à être « les alliées minoritaires » des États-Unis ou de la Chine ? Ou bien se ressourçant dans ce qu’elles ont apporté de meilleur, l’idéologie des Lumières, peuvent-elles encore peser et avoir leur part du jeu ?       <br />
              <br />
       C’est bien évidemment cet objectif qu’affirme le président de la République, et à juste raison, car le peuple français ne peut se définir que dans son « rapport au monde ». La France, nation suprêmement politique, a besoin d’un projet à l’échelle du monde, pour fonder une identité heureuse et qui lui corresponde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Dans son discours aux ambassadeurs, le président de la République a énuméré cinq priorités dont l’ordre n’est pas indifférent : d’abord la France, puissance de médiation et d’équilibre ; ensuite la construction d’une « souveraineté européenne » ; en troisième lieu, un partenariat renouvelé avec la Méditerranée et l’Afrique, enfin une diplomatie des « bien communs » et pour ce qui est de la méthode, l’éloge de la « prise de risque ».       <br />
              <br />
       Lui-même en donne l’exemple, s’agissant de la Russie qu’il s’agit d’arrimer à l’Europe, parce que c’est son intérêt et parce que c’est le nôtre. En effet, ni l’Union européenne ni la Russie ne pèsent aujourd’hui assez lourds pour être autre chose que des « juniors partners » vis-à-vis des États-Unis pour l’Europe, ou de la Chine pour la Russie.       <br />
              <br />
       Deux réunions vont avoir lieu à bref délai : l’une des ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays pour explorer les voies et moyens d’une « architecture de sécurité et de confiance » en Europe, l’autre en « format Normandie » avec les quatre présidents russe, ukrainien, allemand et français, pour permettre enfin l’application des accords de Minsk (février 2015). C’est une vision stratégique : celle d’une Europe sans conflits gelés et sans nouvelle course aux armements, une véritable vision d’homme d’État qui n’est pas sans rappeler la vision gaullienne de 1966 : « détente, entente et coopération ». Naturellement, il ne faut pas sous-estimer les résistances et les oppositions : celles de certains de nos alliés, voisins de la Russie, qui voudraient prendre en otage la politique étrangère de l’Union européenne tout entière. D’autres qui ne veulent tout simplement pas voir s’affirmer une Europe autonome. Or ce qui compte pour la France c’est l’intérêt général européen qui passe par une véritable autonomie stratégique.       <br />
              <br />
       Et puis il y a les réticences de « l’État profond » pointées directement par le chef de l’État. Elles s’expriment déjà à voix basse. Pour en prendre la mesure et éventuellement les combattre, il suffira de prendre connaissance des nominations dans les hauts postes…       <br />
              <br />
       La réussite de cette grande politique mérite d’être pleinement soutenue, car elle correspond à l’intérêt du pays. Seule l’association de l’Europe et de la Russie peut nous permettre de jouer dans le jeu mondial, entre les États-Unis et la Chine. J’entends déjà (et encore) s’exprimer les critiques : les Français n’aimeraient pas l’image de « premier de la classe » que donne le président de la République. Préféreraient-ils avoir, à la place, le dernier de la classe ?       <br />
              <br />
       Je n’ai rien abandonné de ma liberté d’esprit. Je ne suis le féal de personne, mais je crois le moment venu de dire que des patriotes sincères, y compris se situant à gauche peuvent et doivent soutenir cette vision de notre politique étrangère, digne de la France et conforme aux intérêts de l’Europe. Car il faudra faire plier les résistances.       <br />
              <br />
       J’entends déjà s’élever le concert des sceptiques : ne serons-nous pas bloqués par le fonctionnement des institutions de Bruxelles ? Ce n’est un mystère pour personne que nos attentes concernant un budget de la zone euro ont été déçues.       <br />
              <br />
       Mais c’est le mérite du président de la République de ne pas être resté sur cette déception et d’avoir relancé le projet européen par là où on ne l’attendait pas. L’apurement des contentieux avec la Russie ouvre à terme la perspective d’une « Europe européenne ». Rien n’est encore acquis et la vigilance des patriotes – je veux dire des « vrais Européens » – ne doit pas se relâcher. « L’État profond » n’a pas dit son dernier mot. C’est le mérite du président de la République d’avoir mis les cartes sur la table. Du grand jeu ! Enfin, les difficultés vont pouvoir commencer...       <br />
              <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="https://www.marianne.net/politique/en-dialoguant-avec-la-russie-emmanuel-macron-mene-une-politique-digne-de-la-france">Marianne</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/37121061-32894959.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/G7-d-Emmanuel-Macron-Du-grand-jeu-_a2056.html</link>
  </item>

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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Où vont les Etats-Unis ?"</title>
   <pubDate>Mon, 08 Apr 2019 14:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 29 janvier 2019 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/32461174-30254589.jpg?v=1554728067" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Où vont les Etats-Unis ?"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Où vont les Etats-Unis ?"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Introduction_a1202.html">Introduction</a>, par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Comment-se-porte-l-economie-americaine%C2%A0-1_a1201.html">Comment se porte l’économie américaine ?</a>, par Florence Pisani, Director of Economic Research, Candriam. co-auteur de L'économie américaine (La Découverte, 2018)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Analyse-de-la-situation-politique_a1200.html">Analyse de la situation politique</a>, par André Kaspi, historien, spécialiste des Etats-Unis, auteur, entre autres, de Les Américains (2 tomes, rééd. 2014, Points) et Les Présidents américains, en collaboration avec Hélène Harter (Tallandier, 2012)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/E-pluribus-plures%C2%A0-l-impact-electoral-des-recompositions-demographiques-aux-Etats-Unis_a1199.html">E pluribus plures : l’impact électoral des recompositions démographiques aux États-Unis</a>, par Lauric Henneton, maître de conférences à l’Université de Versailles Saint-Quentin, auteur de La Fin du rêve américain (Odile Jacob, 2017), et Histoire religieuse des Etats-Unis (Flammarion, 2012)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/La-politique-etrangere-de-Donald-Trump_a1198.html">La politique étrangère de Donald Trump</a>, par Laurence Nardon, Chercheur, responsable du programme Amérique du Nord de l'Ifri, auteur de Les Etats-Unis de Trump en 100 questions (Tallandier, 2018)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Ruptures-et-continuites-de-la-politique-etrangere-des-Etats-Unis_a1197.html">Ruptures et continuités de la politique étrangère des États-Unis</a>, par Alain Dejammet, ambassadeur de France, président du Conseil scientifique de la fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Le-poids-de-la-Cour-supreme-des-Etats-Unis-le-troisieme-pouvoir-sur-le-processus-electoral_a1196.html">Le poids de la Cour suprême des États-Unis, le troisième pouvoir, sur le processus électoral</a>, par Michel Suchod, diplomate, ancien parlementaire, membre du Conseil scientifique de la fondation Res Publica       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Ou-vont-les-Etats-Unis_r154.html">&quot;Où vont les Etats-Unis ?&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/shop/Ou-vont-les-Etats-Unis_p142.html">&quot;Où vont les Etats-Unis ?&quot;</a> est également disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/32461174-30254589.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Ou-vont-les-Etats-Unis_a2041.html</link>
  </item>

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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "L'Europe face à l'extraterritorialité du droit américain"</title>
   <pubDate>Mon, 26 Nov 2018 15:48:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 24 septembre 2018 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/28171054-27955638.jpg?v=1543245297" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "L'Europe face à l'extraterritorialité du droit américain"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "L'Europe face à l'extraterritorialité du droit américain"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Accueil_a1168.html">Accueil</a>, par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Guerre-economique-comment-les-Etats-Unis-la-font-par-la-loi_a1167.html">Guerre économique, comment les États-Unis la font par la loi</a>, par Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, auteur de <span style="font-style:italic">Alstom, un scandale d’Etat</span> (Fayard, 2015)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/L-extraterritorialite-comme-outil-geopolitique-prolongement-des-sanctions-internationales_a1166.html">L’extraterritorialité comme outil géopolitique, prolongement des sanctions internationales</a>, par Sylvie Matelly, économiste, directrice adjointe de l’IRIS       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Comment-lutter-contre-l-extraterritorialite-du-droit-americain-Les-reponses-juridiques-et-fiscales-et-l-intelligence_a1165.html">Comment lutter contre l’extraterritorialité du droit américain ? Les réponses juridiques et fiscales, et l’intelligence économique</a>, par Olivier de Maison Rouge, avocat (cabinet Lex Squared), docteur en droit       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Comment-affronter-l-offensive-judiciaire-americaine-Comment-mobiliser-le-renseignement-francais_a1164.html">Comment affronter l’offensive judiciaire américaine ? Comment mobiliser le renseignement français?</a>, par Claude Revel, co-auteur de <span style="font-style:italic">L’autre guerre des États-Unis</span> avec Éric Denécé (Robert Laffont, 2005), ancienne déléguée interministérielle à l’Intelligence économique       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Quelle-protection-face-a-l-extraterritorialite-du-droit-americain-Les-propositions-du-rapport-de-la-Commission-d-enquete_a1163.html">Quelle protection face à l’extraterritorialité du droit américain ? Les propositions du rapport de la Commission d’enquête sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle</a>, par Olivier Marleix, député de l'Eure-et-Loir, président de la Commission d’enquête sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle, notamment dans les cas d’Alstom, d’Alcatel et de STX       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a1162.html">Débat final</a>       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/L-Europe-face-a-l-extraterritorialite-du-droit-americain_r150.html">&quot;L'Europe face à l'extraterritorialité du droit américain&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/shop/L-Europe-face-a-l-extraterritorialite-du-droit-americain_p138.html">&quot;L'Europe face à l'extraterritorialité du droit américain&quot;</a> est également disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/28171054-27955638.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-L-Europe-face-a-l-extraterritorialite-du-droit-americain_a2009.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Les Européens se sont accommodés de la vassalité</title>
   <pubDate>Tue, 06 Nov 2018 10:04:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une tribune de Jean-Pierre Chevènement, parue dans Marianne, le 2 novembre 2018.     <div>
      La vassalisation actuelle de l'Europe, telle qu'on peut l'observer face aux initiatives de Donald Trump, a des racines très anciennes. L' « Euramérique » n'est pas tombée du ciel. Ainsi, c'est sous Obama qu'a été imposée l'extraterritorialité du droit américain.       <br />
              <br />
       Ce qui est nouveau, avec Donald Trump, ce n'est pas la volonté de prolonger la suprématie des Etats-Unis au XXIe siècle pour enrayer la montée en puissance de la Chine. Ce sont les méthodes : ainsi la remise en cause du dogme libre-échangiste par un protectionnisme destiné à restaurer le « site de production » américain, ou la dénonciation unilatérale de l'accord de dénucléarisation de l'Iran de juillet 2015 pour imposer un blocus destiné à saper la prépondérance de ce pays au Moyen-Orient, résultat non voulu de la guerre du Golfe.       <br />
              <br />
       <b>Timide riposte</b>       <br />
              <br />
       Face à la taxation de l'acier et de l'aluminium par les Etats-Unis, l'Union européenne n'a exercé qu'une timide riposte en taxant le beurre de cacahuètes. Inversement, elle hésite à taxer les GAFA. L'Allemagne sait qu'elle n'est pas en position de force. Son commerce extérieur est excédentaire de 49 milliards d'euros sur les Etats-Unis. Elle est prise en otage à travers son industrie automobile, très fortement implantée sur le marché américain. Elle craint la taxation de ses grosses cylindrées. C'est la raison pour laquelle l'Europe tout entière fait profil bas, dans une guerre commerciale d'ailleurs principalement dirigée contre la Chine, dont l'excédent commercial sur les Etats-Unis approche les 244 milliards d'euros !       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les Européens ont des intérêts légitimes à défendre aussi bien vis-à-vis de la Chine que des Etats-Unis. Mais il ne leur est pas encore venu à l'esprit que la bonne posture pour les défendre était l'indépendance. Le marché unique européen est un immense marché. La place de l'Union européenne dans le commerce international est bien supérieure à celle des Etats-Unis. Mais ceux-ci sont un Etat, tandis que l'Union européenne à 27 est majoritairement composée d'Etats dont la protection américaine est l'horizon et le libre-échangisme la philosophie. Le marché européen n'est un atout que sur le papier. Atout entièrement virtuel, impotence conjuguée bien réelle !       <br />
              <br />
       L'Union européenne paraît ainsi bien incapable de desserrer les pinces du G2, c'est-à-dire du condominium sino-américain sur le monde, dont l'horizon, en quelques années, s'est considérablement rapproché.       <br />
              <br />
       L'Europe assiste comme médusée au changement de paradigme qui caractérise la politique américaine, la substitution au libre-échangisme et au multilatéralisme des quatre dernières décennies d'une juxtaposition de « deals » pragmatiques (ainsi l'accord avec le Mexique) ou brutaux : ainsi la dénonciation du traité - dit &quot; 5+1&quot; - avec l'Iran et le rétablissement d'un blocus destiné à provoquer un «changement de régime».       <br />
              <br />
       Les cinq autres pays signataires (France, Grande-Bretagne, Russie, Chine plus l'Allemagne) peuvent bien déclarer maintenir leur signature au bas du traité de dénucléarisation de l'Iran. Les entreprises européennes, quant à elles, ne maintiennent pas leurs projets d'investissements. C'est ainsi que Total, Renault, Peugeot et Airbus ont plié bagage avant toute concertation entre Européens. Si « juteux » que soit le marché iranien, les intérêts de nos entreprises aux Etats-Unis sont plus considérables encore. Leur peur des sanctions extraterritoriales l'emporte sur toute autre considération. La France, et les autres pays européens, se trouvent ainsi piégés par la « globalisation ». L'extraterritorialité du droit américain s'impose, parce que dans l'esprit des dirigeants européens, il n'y a pas de substitut historiquement concevable à la suprématie américaine. Envolées les illusions du multilatéralisme, les gouvernements européens n'attendent un répit provisoire d'ailleurs que d'un changement de majorité au Congrès en novembre prochain.       <br />
              <br />
       C'est dire que notre diplomatie est littéralement tétanisée par un rapport de forces doublement défavorable : d'abord entre les Etats-Unis et l'Europe au détriment de celle-ci, et ensuite en Europe même, par le déséquilibre croissant entre l'Allemagne et la France, lui-même conséquence des choix erronés faits dans la période 1980-1990 : ralliement au néolibéralisme, au prétexte de « l'Europe ».       <br />
              <br />
       L'administration américaine, à travers le système Swift qui régit les transactions financières internationales, connaît parfaitement celles qui dérogent aux règles qu'elle a fixées à l'encontre des pays considérés par elle comme « déviants ». Pour échapper aux sanctions extraterritoriales américaines, le nouveau ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, a proposé dans une déclaration à la presse de construire un système financier indépendant des Etats-Unis et du dollar, une sorte de « Fonds monétaire européen », et un système de paiement Swift associé qui permettrait de s'affranchir des contrôles de l'administration américaine. Que n'avait-il pas dit ! Il s'est fait immédiatement tancer par la chancelière, nullement désireuse de s'engager dans une confrontation avec Donald Trump.       <br />
              <br />
       En France, notre ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a, lui aussi, souhaité « la création d'instruments de financement indépendants qui n'existent pas aujourd'hui [...] pour que l'Europe soit un continent souverain et non un vassal ». A défaut d'outil européen, on pourrait envisager la création d'une institution du type BFCE (Banque française du commerce extérieur), travaillant uniquement en euros et n'utilisant que des équipements dans lesquels n'entrerait aucun composant américain. Cela, la France, à une autre époque, était capable de le faire pour se doter d'une force de dissuasion. Elle n'en paraît plus capable aujourd'hui, car il lui faudrait pour cela agir de manière autonome.       <br />
              <br />
       Or l'euro, malgré les rodomontades qui ont précédé l'adoption du traité de Maastricht, n'a pas été créé pour concurrencer le dollar : il n'est que son petit frère qui doit lui tenir la main. Certes l'euro représente plus d'un quart des réserves des banques centrales et un cinquième des transactions mondiales. Mais la part de l'Europe dans le commerce mondial est bien supérieure à celle des Etats-Unis. Ce qui fait défaut chez les Européens, c'est la volonté politique. Pour que l'euro pèse, il faudrait sans doute des émissions d'obligations en euros dont l'Allemagne ne veut pas. Comment sortir de ce cercle vicieux de l' « Euramérique » ? La souveraineté implique une volonté, c'est-à-dire un effort. La vassalité est un confort. Les Européens jusqu'ici s'en sont accommodés.       <br />
              <br />
       <b>Savoir &quot;jouer mondial&quot;</b>       <br />
              <br />
       Ne serait-il pas temps pour la France de réapprendre à « jouer mondial », d'anticiper sur la réforme du système monétaire international et sur l'avènement d'une « Europe européenne » ? Notre politique n'est pas vouée au suivisme. Elle devrait épouser davantage les contours d'un monde de plus en plus polycentrique. L'indépendance est un bien en soi, quel que soit le cadre dans lequel elle s'exerce, parce qu'elle permet de « faire levier ».       <br />
              <br />
       Rien ne doit empêcher la France de se doter des moyens d'une politique indépendante pour défendre ses intérêts légitimes. Charles de Gaulle, alors président de la République, lançait cette boutade : « Mon verre est petit. Mais je bois dans mon verre. Et je trinque tout alentour ! » Avec l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie, bien sûr, mais aussi la Russie sans laquelle il n'y a pas d'Europe européenne, sans oublier en route la Grande-Bretagne et pour finir les Etats-Unis et la Chine qui ne sont pas les ennemis de la France. A la bonne vôtre !       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="https://www.marianne.net/debattons/tribunes/les-europeens-se-sont-accommodes-de-la-vassalite-par-jean-pierre-chevenement">Marianne</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Les-Europeens-se-sont-accommodes-de-la-vassalite_a2004.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "L'avenir des relations germano-américaines"</title>
   <pubDate>Sat, 13 Jan 2018 20:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 18 septembre 2017 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/19473566-23344389.jpg?v=1515872124" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "L'avenir des relations germano-américaines"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "L'avenir des relations germano-américaines"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Accueil_a1065.html">Accueil</a> de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Introduction_a1064.html">Introduction</a>, par Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, auteur de « Le choc des empires, États-Unis, Chine, Allemagne : Qui dominera l'économie-monde ? », (Gallimard/Le Débat, 2014)       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Decryptage-des-relations-germano-americaines-sous-l-angle-economique_a1063.html">Décryptage des relations germano-américaines sous l’angle économique</a>, par Rémi Bourgeot, économiste, chercheur associé à l'IRIS       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/La-degradation-des-relations-diplomatiques-entre-l-Allemagne-et-les-Etats-Unis-et-ses-consequences_a1062.html">La dégradation des relations diplomatiques entre l’Allemagne et les États-Unis et ses conséquences</a>, par Bernard de Montferrand, ambassadeur de France en Allemagne de 2007 à 2011       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Allemagne-Etats-Unis-quelques-lecons-de-l-histoire_a1061.html">Allemagne/États-Unis : quelques leçons de l’histoire</a>, par Edouard Husson, vice-président de l'université Paris Sciences &amp; Lettres (PSL Research university), membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a1060.html">Débat final</a>       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque  <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/L-avenir-des-relations-germano-americaines_r141.html">&quot;L'avenir des relations germano-américaines&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.fondation-res-publica.org/shop/L-avenir-des-relations-germano-americaines_p129.html">Le cahier imprimé du colloque &quot;L'avenir des relations germano-américaines&quot;</a> est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/19473566-23344389.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-L-avenir-des-relations-germano-americaines_a1965.html</link>
  </item>

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   <title>L’Europe face aux relations sino-américaines</title>
   <pubDate>Sat, 02 Sep 2017 16:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, au séminaire de la Fondation Prospective et Innovation, Futoroscope de Poitiers, 25 août 2017. Ce texte s'appuie sur un travail d'analyse des chiffres du commerce extérieur réalisé par la Fondation Res Publica : « Une vue d'ensemble sur les relations commerciales internationales ».     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/16898368-21513748.jpg?v=1779518463" alt="L’Europe face aux relations sino-américaines" title="L’Europe face aux relations sino-américaines" />
     </div>
     <div>
      Un grand merci d’abord à Jean-Pierre Raffarin et à sa Fondation « Prospective et Innovation » pour ce onzième colloque consacré à la Chine dont vous êtes devenu, Monsieur le Premier Ministre, le meilleur connaisseur parmi nos responsables politiques. Comment l’Europe peut-elle se positionner utilement dans la relation sino-américaine ?        <br />
              <br />
       <b>I - L’imprévisibilité de Trump a ses racines dans les déséquilibres  mondiaux croissants induits par la mondialisation.</b>       <br />
              <br />
       L’accession de Donald Trump à la Présidence des Etats-Unis « rend tout et son contraire possible » (comme l’a fort bien dit le romancier américain Philippe Roth). Le bras de fer envisagé par Donald Trump avec la Chine et avec l’Europe, principaux fournisseurs de l’économie américaine, a jusqu’ici tourné court. L’approche de Trump qui entend redresser une situation américaine compromise, repose sur une vision économique qu’on peut trouver brutale et marquée d’un économicisme simplet. Essayons cependant d’en comprendre la logique : elle repose sur le constat bien réel d’un déficit commercial abyssal (719 milliards d'euros) que Trump voudrait réduire.        <br />
              <br />
       A – Analysons d’abord ce déséquilibre commercial dans lequel Trump voit, du point de vue des Etats-Unis, la principale menace à résorber.       <br />
              <br />
       1. L’excédent chinois sur les Etats-Unis atteint 330 milliards d’euros en 2016 (contre 100 en 2001). Il a donc triplé. Du point de vue des Etats-Unis, le taux de couverture des imports (435 milliards) par les exports (104 milliards) est de moins du quart ! Mais c’est la conséquence de la politique initiée et suivie par tous les gouvernements américains depuis Nixon-Mao, et surtout Deng-Xiao Ping-Reagan. Le déficit des Etats-Unis avec l’Allemagne est moindre mais reste conséquent : il atteint un peu moins de 50 milliards d’euros par an, avec l'Union Européenne, il atteint 128 milliards. Quant au déficit de l’Union européenne vis-à-vis de la Chine, il atteint 238 milliards d’euros en 2016, moindre donc de 100 milliards que le déficit américain. Le problème principal du point de vue de    Donald Trump et de ses soutiens est donc celui du déséquilibre du commerce extérieur des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      2. La Chine et l’Allemagne sont les deux premiers exportateurs mondiaux en dehors des Etats-Unis. 1 895 milliards d'euros pour la première, 1 211 pour la seconde qui arrive presque à faire jeu égal avec les Etats-Unis dont les exportations ont atteint, en 2016, 1 313 milliards (contre 2 032 pour les importations. Le déficit commercial global des Etats-Unis est donc de 719 milliards d'euros soit un taux de couverture des importations globales par les exports de 65 %. Même si le dollar reste la monnaie mondiale, on conçoit qu’il y ait pour les dirigeants américains de quoi s’inquiéter ! Ainsi, l’emploi textile aux Etats-Unis a-t-il été divisé par dix depuis 2001 (de 1 million d’emplois à 100 000).       <br />
              <br />
       3. Une analyse fine des statistiques du commerce extérieur des trois principales puissances industrielles et commerciales du monde montre que le déficit américain s’observe vis-à-vis de l’Allemagne comme de la Chine sur les machines industrielles. Vis-à-vis de l’Allemagne, il concerne aussi les produits automobiles. Vis-à-vis de la Chine les produits textiles confectionnés. La Chine est devenue une puissance industrielle majeure même si elle enregistre encore un déficit pour les produits de la navigation aérienne et spatiale. Elle dégage même un excédent sur l’Allemagne dans le domaine des machines industrielles (5.8 milliards, les exports chinoises sur l’Allemagne étant de 21 milliards et celles de l’Allemagne sur la Chine de 15 milliards). Pour compléter le tableau des déséquilibres de l’économie mondiale, il faut cependant souligner l’émancipation des Etats-Unis dans le domaine de l’énergie, grâce au gaz de schiste.       <br />
              <br />
       4. Ainsi, l’économie chinoise a muté. Elle fabrique de plus en plus de produits de haute technologie. Ses investissements à l’étranger ont doublé en 2016 atteignant plus de 211 milliards de dollars (en flux) contre 97 en 2015 (et 104 milliards pour le seul premier semestre 2017).        <br />
              <br />
       L’Etat chinois essaie de reprendre la main sur quatre grands groupes qui ont multiplié les acquisitions à l’étranger. Il s’agit de mettre fin à des fuites de capitaux dans des secteurs comme le loisir, l’immobilier, l’hôtellerie, etc. jugés non « stratégiques » pour l’économie nationale.       <br />
              <br />
       5. La relation sino-européenne répond à des caractéristiques différentes. D’abord le marché européen est le plus vaste (46 000 milliards de $, si on inclut les échanges intracommunautaires. Dans les faits, il a la taille du marché américain. Ainsi le poids du commerce extérieur de l’Union européenne avec la Chine (515 milliards d’euros, soit 15 %) approche-t-il le poids du commerce extérieur sino-américain mais le déficit commercial de l’Union européenne n’atteint, si l’on peut dire, que 238 milliards d’euros.       <br />
              <br />
       Si les importations venant de Chine représentent 20 % du total des importations européennes totales de l’Union européenne, les exportations vers la Chine représentent 10 % seulement en 2016, soit un peu plus que la Suisse, 8 % ! Le déficit des pays européens vis-à-vis de la Chine est général à tous les pays. Il est à peu près équivalent en valeur absolue pour l’Allemagne (- 18 milliards) et pour la France (- 17) mais pas en valeur relative (les exportations allemandes vers la Chine atteignent 77 milliards d’euros en 2016 contre 46 pour la France).       <br />
              <br />
       6. Quoi qu’on pense du style et des initiatives de Monsieur Trump, il y a un déséquilibre réel des échanges que les variations monétaires permettent de corriger avec l’Allemagne (appréciation de 17 % de l'euro depuis janvier 2017) plus qu’avec la Chine (stabilité relative du yuan à environ 6.8 dollars). En fait, la guerre des monnaies se livre essentiellement entre l’Europe et les Etat-Unis.       <br />
              <br />
       7. L’imprévisibilité de la nouvelle Administration américaine pourra-t-elle être réduite au fil du temps ?  L’Europe peut-elle proposer une autre perspective que l’affrontement ? Certes il est légitime qu’elle défende, elle aussi, ses intérêts.       <br />
              <br />
       a) Il paraît justifié que l’Europe se dote de mécanismes de contrôle des investissements stratégiques, comme le demandent l’Allemagne, la France et l’Italie. Une certaine souplesse sera sans doute laissée aux Etats. L’Union européenne n’entend donc pas restreindre les investissements chinois mais mieux les canaliser dans l’intérêt mutuel. Les rachats doivent se faire à l’amiable et avec l’accord des gouvernements concernés.        <br />
       b) La question du protectionnisme de fait des méga-entreprises chinoises par rapport aux entreprises européennes est régulièrement posée par la Chambre de Commerce européenne à Pékin. Elle doit être traitée.        <br />
       c) Mais les questions principales sont entre l'Europe et les Etats-Unis (parité euro-dollar, contrôle des GAFA).       <br />
              <br />
              <br />
       B – Comme l’a fait justement observer Jean-Pierre Raffarin, l’Europe et la Chine, situées aux extrémités de l’Eurasie, n’ont pas de rivalité géopolitique. Il y a même depuis la fin du Moyen-Age une tradition ancienne de sinophilie en Europe.       <br />
              <br />
       Il faut donc harmoniser l’intérêt européen, l’intérêt américain et l’émergence pacifique de la Chine désormais entrée dans une nouvelle phase, celle d’une économie développée.        <br />
              <br />
       <b>II. - Le rôle principal de l’Europe devrait être d’offrir une vision politique : la réconciliation des pays du Nord - Etats-Unis, Europe, Russie, Chine - pour répondre aux défis majeurs de notre temps venus du Sud.</b> Les déséquilibres (Afrique, monde musulman principalement) : multiplication des Etats fragiles voire faibles, terrorisme djihadiste, blocages de l’Islam, déséquilibres démographiques et flux migratoires croissants et inabsorbables par le Nord. Il faut faire mûrir une « nouvelle donne », solvabiliser les pays pauvres, les aider à maîtriser leur démographie, à assurer leur sécurité et à fixer leur population en y multipliant les emplois sur place.       <br />
              <br />
       Bien sûr, il y a des problèmes pendants au Nord (Corée du Nord, Ukraine notamment) mais c’est au Sud que se font jour les déséquilibres les plus préoccupants. Plutôt que d’avoir une réaction purement défensive vis-à-vis de la Chine, l’Europe et les Etats-Unis devraient associer leurs efforts à ceux de la Chine pour offrir un horizon de progrès aux peuples du Sud. A cet égard, le projet dit « OBOR » (<span style="font-style:italic">one belt, one road</span>), autrement dit celui de nouvelles routes de la soie, offre de grandes opportunités. Non seulement sur le plan technique et financier (le Président Xi a annoncé des investissements à hauteur de plusieurs centaines de  milliards de dollars) mais aussi sur le plan géopolitique.        <br />
              <br />
       Distinguons dans ce projet OBOR plusieurs axes :       <br />
       a) un axe terrestre septentrional par la Russie ;       <br />
       b) un axe plus méridional par le Kazakhstan, le Turkménistan, puis l’Iran ou la Turquie via la Caspienne et l’Azerbaïdjan. Ce deuxième axe est plus aléatoire géopolitiquement ;       <br />
       c) un troisième axe, maritime, via le détroit de Malacca, que pourraient raccourcir une voie à travers la Birmanie et une autre via le Pakistan, vers Djibouti puis Suez, ou vers l’Ethiopie, ou vers Mombasa et l’Afrique orientale.        <br />
              <br />
       Ce projet OBOR peut contribuer non seulement à résoudre les problèmes de la Chine, ce qui est de sont point de vue, légitime (consolidation de sa croissance et sécurisation de ses approches), mais il peut aider les pays du Sud à relever leurs propres défis qui sont gigantesques.       <br />
              <br />
       <b>III – Le projet OBOR répond certes à une vision géopolitique</b>       <br />
              <br />
       1. La géopolitique classique (Mahan, Mackinder, Haushofer) distinguait les <span style="font-style:italic">« puissances de la Mer »</span> et les <span style="font-style:italic">« puissances de la Terre »</span>. Les Etats-Unis sont évidemment aujourd’hui maîtres des mers face à l’Eurasie et, en son sein, la Chine, puissance de la Terre par excellence. La Chine est un pays enclavé, entouré au Sud et à l’Ouest de montagnes très élevées. C’est seulement vers le Nord qu’elle est ouverte sur le désert mongol ou la taïga sibérienne. Mais le projet OBOR peut s’analyser aussi comme une diversification des voies de passage vers le reste de l’Asie, l’Europe et l’Afrique, et comme un possible contournement terrestre de la voie maritime à travers les îles de la Sonde. En ce sens, il requiert au premier chef, la coopération de la Russie et du Kazakhstan (près de 10 000 kilomètres de frontières communes si on inclut la Mongolie). L’axe principal relie le Sin-Kiang chinois et le Kazakhstan, puis la Russie. Le contournement de la voie maritime passe par une étroite coopération entre la Chine et la Russie qui peut aider à stabiliser l’Asie centrale face au défi de l’Islamisme radical. Ce caractère stratégique de la Russie met en lumière l’importance de ce « trou noir » de la géopolitique mondiale qu’est l’Ukraine.  Si ce conflit se transformait en abcès de fixation durable, c’est la pertinence de la route de la voie terrestre qui serait remise en cause, mais, au-delà, la vision d’un  Nord réconcilié pour aider les pays du Sud à « faire face ».       <br />
              <br />
       2. Le rapprochement de la Russie avec la Chine au sein de l’Organisation de Shanghai au plan sécuritaire a été accéléré au plan économique par les sanctions occidentales. Le gazoduc qui doit livrer 38 milliards de m3 à la Chine sera opérationnel en 2019. Xi Jing Ping, à Moscou, vient d’annoncer la création d’un fonds d’investissement de 10 milliards de dollars pour favoriser l’innovation dans l’économie russe. Le rapprochement n’est peut-être pas aussi rapide qu’espéré mais il entre dans la réalité. Il y a encore d'autres projets (gazoduc, lignes ferroviaires), néanmoins en retard.       <br />
              <br />
       3. Le bon sens est de réduire l’abcès ukrainien. Il faut que l’Ukraine et la Russie acceptent les accords de Minsk et ce qui va avec : une neutralisation « à l’autrichienne » de l’Ukraine qui deviendrait un pont entre l’Europe et la Russie et une œuvre commune des deux Europe pour assurer son développement.        <br />
              <br />
       <b>IV – Que peut donc faire l’Europe dans le contexte actuel ?</b>       <br />
              <br />
       1. La Chine a un projet : consolider à l’échelle mondiale sa montée en puissance, en sécurisant ses voies d’approvisionnement et de trafic et en désenclavant des régions pourvoyeuses de matières premières dont l’économie chinoise a besoin.       <br />
              <br />
       2. Les Etats-Unis ont aussi un projet : le maintien de leur leadership ou en tout cas le ralentissement de son érosion.       <br />
              <br />
       3. Quant à l’Europe, qui a été le carrefour du monde et à l’origine des premières mondialisations, ambitionne-t-elle de retrouver un rôle à sa mesure de pont entre les nations et les différentes aires culturelles du monde ? Cette ambition, elle l’a de toute évidence sacrifiée sur l’autel d’un économicisme à courte vue. Elle doit renouer avec la politique, la grande politique, la politique mondiale ! C’est ce à quoi répond la volonté du nouveau Président français de rééquilibrer l’Europe pour la dynamiser.       <br />
              <br />
       Même si le Parlement européen peut jouer un rôle utile dans la prise de conscience collective ce qui fait défaut à  l’Europe c’est la capacité stratégique que les institutions à vingt-sept interdisent même si la Commission peut jouer un rôle dans la négociation commerciale et la régulation de la concurrence si elle remonte la pente de son ultralibéralisme congénital. Le maintien de l’embargo européen sur les armes destinées à la Chine, 28 ans après 1989, comme l’extraterritorialité du droit américain, manifestent la dépendance, en apparence, irréversible de l’Union européenne par rapport aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       4. L’Ukraine a été deux fois dans le passé au cœur des affrontements géopolitiques majeurs (de 1917 à 1920 puis de 1941 à 1943). Elle risque de le redevenir au XXIe siècle, terrain de confrontation entre les Etats-Unis et la Chine, par Europe et Russie interposées, comme un expert russe des relations internationales, Monsieur Karaganov, en développe la thèse.       <br />
              <br />
       5. L’enjeu d’une monnaie mondiale s’apprécie notamment à travers les politiques de sanctions extraterritoriales que s’autorisent aujourd’hui les Etats-Unis, à partir du privilège que leur confère l’utilisation mondiale de leur monnaie. La guerre des monnaies est une menace toujours présente à l’horizon. La monnaie unique et la lourdeur des institutions de l’Union européenne la mettent en situation de faiblesse structurelle. L’Union européenne tire des bénéfices de la croissance chinoise : la Chine la fournit en produits de qualité à bas coûts. Elle exerce un effet stimulant sur ses entreprises mais aussi un effet d’érosion sur le tissu industriel européen. L’Union européenne trouve aussi en la Chine un pays qui souscrit à sa dette mais son endettement la conduit à parler doucement à son banquier. Or, il faut pouvoir se parler franchement.       <br />
              <br />
       6. L’Europe, pour être à l’initiative, a besoin de mobiliser ses Etats et d’abord les principaux – France - Allemagne (sans oublier l’Italie et l’Espagne au sein de la zone euro). Ce ne peut être qu’à partir du Conseil européen qui a la légitimité pour cela. L’Union européenne évoluera, selon moi, vers une Europe à géométrie variable que pourrait structurer un pôle franco-allemand rééquilibré. Mais ce rééquilibrage est-il à notre portée ? L’Europe est-elle capable de mettre sur la table 150 milliards d’euros, comme l’a suggéré un précédent intervenant.       <br />
              <br />
       7. Il y a une opportunité historique pour l’Europe et pour le monde. Elle est politique. Cette occasion s’appelle peut-être Donald Trump, si les Européens comprennent qu’ils doivent d’abord compter sur eux-mêmes. Verrons-nous s’opérer le sursaut d’un « gaullisme européen » ? Celui-ci consisterait à convaincre les Etats-Unis de l’intérêt d’une grande alliance du Nord au service non seulement du Sud mais aussi des intérêts généraux de l’Humanité.       <br />
              <br />
       8. La Chine donne l’exemple d’une gestion placide des tensions créées par Donald Trump.  Mais sa politique en mer de Chine suscite des interrogations … La Chine est en marche vers la puissance mondiale et pas seulement régionale. Mais cela devrait la rendre prudente. Toute puissance génère des contre-puissances. Un faux pas est toujours possible. Est-il envisageable que l’Europe et la Chine se rapprochent assez pour co-gérer avec les Etats-Unis l’émergence de nouveaux équilibres dans le monde et offrir aux peuples du Sud un horizon de progrès ?	       <br />
       ⁃ en Asie du Nord Est ;       <br />
       ⁃ en Asie du Sud-Est et du Sud ;       <br />
       ⁃ en Asie Centrale ;       <br />
       ⁃ au Moyen-Orient ;       <br />
       ⁃ en Afrique et en Amérique latine ?       <br />
              <br />
       Le projet OBOR va modeler autour de la Chine une ceinture d’Etats dont beaucoup sont déjà dans son orbite. Il doit viser plus loin. La Chine doit montrer qu’à sa permanente référence à l’harmonie, correspondent un vrai désir de partager les responsabilités du monde et le souci d’une gestion prudente des inévitables tensions qui résulteront de son émergence. Il faut donner du temps au temps pour que se crée entre tous les peuples du monde « l’intimité culturelle » dont a justement parlé Jean-Pierre Raffarin.       <br />
              <br />
       <b>V - Est-il envisageable de créer un monde multipolaire où l’Europe aiderait la Chine dans son émergence pacifique non pas contre mais avec les Etats-Unis et au service de l’Humanité tout entière ?</b>       <br />
              <br />
       1. La Chine a besoin de la Russie, mais pour la Russie la Chine ne peut remplacer l’Europe.       <br />
              <br />
       2. Les défis qui assaillent l’Europe lui commandent de se rapprocher de la Chine et de la Russie, tout en conservant leurs liens avec les Etats-Unis.        <br />
              <br />
       3. Sur le climat, l’environnement, la lutte contre l’islamisme radical, le développement de l’Afrique (délocalisation industrielles, achats de produits manufacturés made in Africa, fixation de la main d’œuvre sur place, maintien de la stabilité politique), il y a des convergences évidentes.       <br />
              <br />
       Y-a-t-il un conflit irréductible entre l’Occident et le BRICs ? Je ne le crois pas, le BRICs sont multiples. Les Etats-Unis et l’Europe ne sont pas la même chose. Il faut éviter de durcir les oppositions. Nos pays sont certes différents mais les valeurs individuelles et les valeurs collectives sont également nécessaires à la civilisation. Il faut refuser les oppositions manichéennes et comprendre historiquement les problèmes. Ainsi, les Etats-Unis, à l’époque des «barons brigands» (à la fin du XIXème siècle) restaient quand même une démocratie riche de potentialités !       <br />
              <br />
       <b>Conclusion</b>       <br />
       Mais stratégiquement l’Europe veut-elle exister ? Il lui manque un dessein, celui de faire l’Europe avec les nations car la vie démocratique et l’influx politique passent par elles. Il faut le comprendre pour désembourber l’Europe, au service d’un projet qui puisse unir l’Humanité. La France peut y trouver un rôle digne d’elle.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.chevenement.fr/L-Europe-face-aux-relations-sino-americaines_a1937.html</link>
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   <title>Alliés des Etats-Unis mais non alignés sur eux</title>
   <pubDate>Wed, 09 Nov 2016 10:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      La victoire de Donald Trump est à coup sûr une défaite de l’establishment. Venant après le Brexit, elle est une nouvelle pierre jetée dans le jardin de la globalisation néolibérale.        <br />
              <br />
       Elle devrait aussi inciter les Européens à penser l’avenir d’une Europe européenne, de l’Atlantique à la Russie, capable de se déterminer par elle-même, alliée des Etats-Unis mais non alignée sur eux.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/Allies-des-Etats-Unis-mais-non-alignes-sur-eux_a1883.html</link>
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   <title>"Il n'y a plus beaucoup d'hommes d'Etat aujourd'hui!"</title>
   <pubDate>Sat, 05 Nov 2016 16:58:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Alain Marschall et Olivier Truchot dans les Grandes Gueules sur RMC, vendredi 4 novembre 2016.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/10527360-17292725.jpg?v=1478361167" alt=""Il n'y a plus beaucoup d'hommes d'Etat aujourd'hui!"" title=""Il n'y a plus beaucoup d'hommes d'Etat aujourd'hui!"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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 	<itunes:subtitle><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Alain Marschall et Olivier Truchot dans les Grandes Gueules sur RMC, vendredi 4 novembre 2016.]]></itunes:subtitle>
 	<itunes:summary><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Alain Marschall et Olivier Truchot dans les Grandes Gueules sur RMC, vendredi 4 novembre 2016.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author></itunes:author>
   <link>https://www.chevenement.fr/Il-n-y-a-plus-beaucoup-d-hommes-d-Etat-aujourd-hui_a1880.html</link>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "Etats-Unis, horizon 2017"</title>
   <pubDate>Mon, 11 Jul 2016 18:22:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 18 avril 2016 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/9829229-15888401.jpg?v=1468254274" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "Etats-Unis, horizon 2017"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "Etats-Unis, horizon 2017"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil_a962.html">Accueil</a> de Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Introduction_a963.html">Introduction</a> de Loïc Hennekinne, ambassadeur de France, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-situation-economique-des-Etats-Unis-a-l-aube-des-elections-du-8-novembre-2016-Ou-en-est-on-aujourd-hui_a964.html">La situation économique des États-Unis à l’aube des élections du 8 novembre 2016. Où en est-on aujourd’hui?</a>, par Christine Rifflart, économiste senior au Département analyse et prévision de l’OFCE, professeur à Sciences Po       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Sur-les-elections-primaires_a965.html">Sur les élections primaires</a>, par André Kaspi, historien, spécialiste des États-Unis, auteur, entre autres, de « Les Américains » (2 tomes, rééd. 2014, Points) et « Les présidents américains », en collaboration avec Hélène Harter (Tallandier, 2012)       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Bilan-et-perspectives-de-la-politique-etrangere-americaine_a966.html">Bilan et perspectives de la politique étrangère américaine</a>, par Kareen Rispal, ministre plénipotentiaire, directrice des Amériques et des Caraïbes, ministère des Affaires étrangères et du Développement international       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a967.html">Débat final</a>       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Etats-Unis-horizon-2017_r130.html">&quot;Etats-Unis, horizon 2017&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       Les actes du colloque &quot;Etats-Unis, horizon 2017&quot; sont disponibles <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/Etats-Unis-horizon-2017_p118.html">à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/9829229-15888401.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Etats-Unis-horizon-2017_a1844.html</link>
  </item>

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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "L’extraterritorialité du droit américain"</title>
   <pubDate>Fri, 11 Mar 2016 17:18:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les actes du colloque du 1er février 2016 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/9104123-14484911.jpg?v=1457712849" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "L’extraterritorialité du droit américain"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "L’extraterritorialité du droit américain"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil_a949.html">Accueil</a> de Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Une-offensive-judiciaire-globale_a950.html">Une offensive judiciaire globale</a>, par Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, auteur de &quot;Alstom, un scandale d’État – Dernière liquidation de l’industrie française&quot; (Fayard : août 2015)       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-imperium-normatif-et-juridique-americain-et-le-systeme-de-financement-du-Department-of-Justice_a951.html">L’imperium normatif et juridique américain et le système de financement du Department of Justice</a>, par Hervé Juvin, président de l’Observatoire Eurogroup Consulting, auteur de‎ « Le Mur de l'Ouest n'est pas tombé : Les idées qui ont pris le pouvoir et comment le reprendre » (Pierre-Guillaume de Roux : 2015)       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Les-sanctions-commerciales-imposees-par-les-Etats-Unis-et-leurs-consequences-sur-le-droit-et-les-normes-au-niveau-global_a952.html">Les sanctions commerciales imposées par les États-Unis et leurs conséquences sur le droit et les normes au niveau global</a>, par Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Quelles-parades_a953.html">Quelles parades?</a>, par Francis Gutmann, Secrétaire général du Quai d'Orsay de 1981 à 1985       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Quel-arsenal-juridique-opposer-aux-Etats-Unis_a954.html">Quel arsenal juridique opposer aux États-Unis?</a>, par Paul-Albert Iweins, avocat, président du Conseil national des barreaux de 2006 à 2009, associé au cabinet Taylor Wessing       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a955.html">Débat final</a>       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-extraterritorialite-du-droit-americain_r129.html">&quot;L’extraterritorialité du droit américain&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       Les actes du colloque &quot;L’extraterritorialité du droit américain&quot; sont disponibles <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/L-extraterritorialite-du-droit-americain_p117.html">à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/9104123-14484911.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-L-extraterritorialite-du-droit-americain_a1820.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Politique étrangère et intérêt national</title>
   <pubDate>Fri, 19 Feb 2016 09:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Discours de Jean-Pierre Chevènement, devant le groupe de travail "politique étrangère de la France" de l'IFRI, jeudi 18 février 2016.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/8976001-14242447.jpg?v=1455870864" alt="Politique étrangère et intérêt national" title="Politique étrangère et intérêt national" />
     </div>
     <div>
      <b>Introduction</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Principes</span>       <br />
              <br />
       La place de la politique étrangère dans les institutions peut être centrale ou subordonnée : c’est ainsi que Couve de Murville écrit « C’est devenu presque un lieu commun de dire que la Ve République pendant onze ans, fut d’abord sinon essentiellement, une politique extérieure, la pensée du général de Gaulle ayant été tout entière dominée par la volonté de rendre à la France dans le monde, la place et le rôle qu’il estimait devoir lui revenir, et son action, dans tous les autres domaines, ne visait qu’à réunir les moyens d’atteindre cet objectif suprême. » (1)       <br />
              <br />
       Cette ambition n’a pas survécu longtemps au général de Gaulle. Les choix opérés par les Présidents Giscard d’Estaing et Mitterrand en matière européenne ont abouti à des transferts massifs de souveraineté que leurs successeurs n’ont nullement remis en cause, bien au contraire ; Notre diplomatie a conduit la France à revenir dans le giron de l’Alliance atlantique, et cela bien après la fin de la guerre froide : le retour à l’organisation militaire intégrée de l’OTAN intervient en 2008, presque vingt ans après la chute du Mur de Berlin.        <br />
              <br />
       Pourtant l’indépendance nationale n’a rien perdu de son sens dans un monde « zéropolaire ». Reste à le démontrer, comme y incite le rapport Védrine sur la réintégration de l’organisation militaire de l’OTAN par la France. Si l’indépendance redevient le maître mot de notre politique étrangère, si la France continue à se définir comme pont entre les cultures et trait d’union entre les nations, alors la politique étrangère peut redevenir centrale dans notre politique car elle éclaire et donne sens à l’ensemble.        <br />
              <br />
       Reste le problème des moyens : La France se flatte encore de disposer de la gamme complète des instruments de la puissance. A l’horizon 2050, elle peut théoriquement demeurer dans le peloton de tête des dix ou douze premières nations (Le P5, l’Allemagne, le Japon, l’Inde, le Brésil et un petit nombre d’« émergents »). Mais si l’érosion de sa substance matérielle, principalement industrielle, se poursuit, la contradiction apparaîtra entre une économie déclinante et le maintien des outils de sa puissance. C’est la question des moyens qui, alors, devient centrale.       <br />
              <br />
       A quelles conditions soutenables la France peut-elle retrouver la croissance nécessaire à son maintien au rang des grandes nations indépendantes ? La dialectique de la fin et des moyens, dans le cadre des contraintes européennes que nous avons acceptées, pose le problème de la volonté politique. En d’autres termes, la France a-t-elle les ressources non seulement matérielles mais aussi morales qui lui permettent de rester une « grande nation » ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>I – L’intérêt national aujourd’hui</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">1.	De l’effacement au regain du sentiment national</span>       <br />
              <br />
       Peu de décisions aujourd’hui se prennent encore explicitement à l’aune de l’intérêt national (quel est sur tel ou tel dossier l’intérêt du pays ?). Le concept même est devenu évanescent. On évoque plus volontiers les « valeurs » qui fonderaient la politique étrangère de la France que son « intérêt » qui serait, par définition, médiocre. La référence aux « Droits de l’Homme », abstraitement définis, a relégué à l’arrière-plan l’intérêt du pays et l’adage gaullien selon lequel « il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités ». On a oublié que le réalisme en politique étrangère était plus soucieux des moyens de la France et souvent plus conforme aux intérêts de l’Humanité : « aller à l’idéal et comprendre le réel », disait déjà Jaurès.        <br />
              <br />
       Le sentiment de la France s’est affaissé, particulièrement dans les élites, depuis le début des années 1970, renouant ainsi avec une évolution déjà sensible dans les années 1920-1940. Fin du gaullisme ? Ressac à retardement des années quarante ? Remords colonial ? Choix de l’Europe, « notre avenir », ou tout simplement effet de trois décennies de « globalisation », comme disent les Anglo-Saxons, où l’idée de la France se dissout, presque par définition, dans le « global » ?         <br />
              <br />
       Or, le vent a, semble-t-il, tourné. La crise de 2008 n’a pas été surmontée. La mécanique européenne s’est enlisée : avec la crise de la monnaie unique et celle des migrants dans l’espace Schengen, l’idéologie du « postnational » a fortement reculé dans l’opinion. Surtout, depuis les attentats de 2015, le peuple français se resserre autour de la Nation, de la République et de leurs symboles. Un  regain de patriotisme se manifeste dans le peuple. La nation reprend des couleurs. Le besoin se fait sentir de « recaréner » la République pour affronter la zone de tempêtes dans laquelle nous sommes entrés, sans doute pour longtemps.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">2.	Intérêt national, intérêt européen, intérêt de l’Humanité</span>       <br />
              <br />
       Pour relever la notion même d’intérêt national, il faut évidemment l’inscrire dans un « grand dessein ». Celui-ci peut-il être « l’Europe » ? Mais laquelle ? L’Union européenne à vingt-huit ? La zone euro à dix-neuf ? Ou la « Grande Europe », celle de la géographie, incluant la Russie ? Les contours de l’Europe sont flous. Le sentiment d’appartenance va d’abord à la nation. A la différence des Etats-Unis créés, au départ, autour de treize colonies britanniques, l’Europe est faite d’une trentaine de peuples dont l’identité s’enracine dans une Histoire séculaire, voire millénaire. L’impossibilité de faire émerger à vue d’homme une « nation européenne » rend illusoire aujourd’hui, et sans doute pour longtemps, l’idée d’un « grand saut fédéral ». On le voit avec la monnaie unique, coiffant une zone économique hétérogène où les écarts se creusent naturellement sans que des transferts financiers d’ampleur puissent les compenser, pour des raisons politiques plus encore que juridiques (clause de « no bail out » (2)). Beaucoup plus réaliste que l’idée d’une Fédération européenne, en l’absence d’un sentiment d’appartenance européenne assez puissant, apparaît l’idée d’une Confédération, tendant à bâtir pour le siècle qui vient, une « Europe européenne », renforçant dans les domaines essentiels les solidarités qui unissent, de fait, les grands pays européens. Une telle confédération, née du sentiment d’une solidarité de destin, reposerait sur des coopérations renforcées et peut impliquer des délégations de compétences pourvu qu’elles soient démocratiquement contrôlées. Cette voie est la seule qui permette de concilier l’idée européenne et le respect de la démocratie, à laquelle les peuples européens sont attachés.       <br />
              <br />
       On ne peut donc substituer « l’intérêt européen » à l’intérêt national. L’intérêt de l’Humanité, d’un point de vue éthique, est d’ailleurs au-dessus de l’intérêt européen. La République a le souci des valeurs universelles, mais dans le respect des principes du droit international (souveraineté, liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes). L’intérêt européen se confond trop souvent avec la promotion des standards et des normes de l’économie ou de la démocratie libérales, au risque, parfois, de l’ingérence. L’intérêt national consiste donc en priorité, selon moi, à défendre et à fortifier la République dans le cadre d’un grand dessein européen (« l’Europe européenne ») et mondial (le développement et la paix).        <br />
              <br />
       La globalisation libérale modifie la hiérarchie des puissances. La montée de la Chine et des émergents entraîne un déclin relatif des pays anciennement industrialisés. Mais ces mutations ne doivent pas conduire à restaurer des « blocs » : l’Occident d’un côté, les émergents de l’autre. L’Occident est pluriel et les émergents le sont aussi. La globalisation, fondée sur la croyance en l’efficience des marchés, conduit en fait au chaos. Pour le prévenir, elle suscite des formes nouvelles d’allégeance. De nouveaux « blocs » apparaissent dans la vie internationale (l’OTAN, les BRICS, etc.). Mais ces blocs sont largement artificiels. Ils coagulent toujours des nations : ce sont les nations qui restent les briques de base de l’ordre international. Le rôle de la France est de contribuer au dialogue des nations et des cultures parce qu’elle n’est pas un pays « occidental » comme un autre. Parce qu’elle a une vocation universaliste, elle ne peut réduire sa politique étrangère à un simple « occidentalisme ». L’indépendance doit rester le maître-mot de notre politique extérieure. Toute politique étrangère est porteuse d’une vision du monde. C’est cette « Weltanschaung » républicaine, au sens classique du terme, qui doit inspirer la politique étrangère de la France dans les temps difficiles qui sont devant nous. La République n’est pas un concept dépassé. Face aux intégrismes religieux, il y a un recours : c’est le patriotisme républicain. La République est, depuis deux siècles, le nom moderne de la France. Celle-ci plonge ses racines dans un passé plus ancien dont la République est l’héritière. Il n’y a donc pas lieu d’opposer la France et la République. Ceux qui pensent que la France a commencé en 1789 se trompent, comme se trompent ceux qui pensent qu’elle s’est arrêtée en 1789. Le patriotisme républicain englobe tout notre passé. C’est cet enracinement dans notre plus vieille histoire qui nous permettra de faire reculer l’hydre du terrorisme et de donner son plein sens à la laïcité : non pas un simple « édit de tolérance », mais une croyance profonde en la capacité des citoyens à trouver ensemble, par l’exercice de la Raison naturelle et dans une fraternité en action, la définition du bien commun. Le patriotisme républicain fait corps avec toute notre Histoire, comme l’ont toujours compris les grands fondateurs ou refondateurs de la République, de Ferry à De Gaulle, sans oublier Marc Bloch. C’est ce patriotisme républicain qui nous permettra de « faire France » à nouveau et de continuer notre Histoire.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">3.	Comme le patriotisme républicain, le concept d’intérêt national (« Quel est l’intérêt du pays ? ») ne peut donc se comprendre pleinement qu’à la lumière des réalités qui ont façonné la France, celles de la géographie et celles de l’histoire longue.</span>       <br />
              <br />
       <span class="u">a)	La France, c’est d’abord sa géographie particulière </span>       <br />
       « Tout pays, disait Napoléon, a la politique de sa géographie ». La France est à la fois un cap et un isthme.        <br />
       -	Elle est le cap du continent eurasiatique. Les migrations s’arrêtent à l’Océan. Son peuple est naturellement issu de mélanges. De cette situation de cap de l’Eurasie découlent deux tropismes : l’un continental, l’autre océanique et deux axes de politique étrangère : l’un tourné vers l’Europe, l’autre vers le grand large, c’est-à-dire vers le monde.       <br />
       -	Mais la France est aussi un isthme entre la Manche et la Méditerranée : Elle est donc naturellement un trait d’union entre le Sud et le Nord de l’Europe. Il lui incombe donc de rendre vivable cette coexistence de deux Europe(s) très différentes. De son ouverture méditerranéenne découlent également deux politiques étrangères : l’une tournée vers l’Afrique, l’autre vers le Proche et le Moyen-Orient.        <br />
       -	La géographie a également donné à la France une richesse agricole longtemps sans équivalent en Europe et par conséquent une démographie qui a été longtemps dominante et pourrait le redevenir au XXIe siècle, après un hiver démographique prolongé, de la fin du XVIIIe siècle à 1945.       <br />
              <br />
       <span class="u">b)	Plus encore que de la géographie, la France est le fruit de l’Histoire : elle est une création suprêmement politique :</span>       <br />
              <br />
       -	La vocation à l’indépendance :        <br />
       La France n’est ni l’Allemagne ni l’Angleterre. Dès le Moyen-Age, elle s’est distinguée des deux autres principales puissances européennes avec lesquelles elle aurait pu se confondre : l’Allemagne (« le roi de France est empereur en son Royaume ») et l’Angleterre (Jeanne d’Arc, à la fin de la guerre de Cent Ans  entend « bouter l’Anglais hors de France »). La France est ainsi indépendante par vocation.        <br />
              <br />
       Elle a su, après Pavie (1525), desserrer l’étreinte de l’Empire de Charles Quint et établir pendant plus d’un siècle et demi (1648-1815) une hégémonie continentale.  Mais elle a perdu à Trafalgar et Waterloo la guerre d’hégémonie maritime et mondiale qu’elle avait engagée avec l’Angleterre qui a su coaliser l’Europe contre la Révolution et l’Empire. Cette défaite manifeste le handicap qui résulte de notre double vocation maritime et continentale. Ce handicap est l’envers de nos atouts.        <br />
              <br />
       -	Mais la défaite militaire et politique de la France en 1815 a eu pour contrepartie une victoire intellectuelle et morale, celle des principes posés par la Révolution française.        <br />
       La Révolution française a dans l’Histoire de la France une centralité incontestable : proclamation des droits de l’Homme et du Citoyen, de la souveraineté nationale et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, affirmation de la laïcité dans l’espace public et du rôle de l’Ecole dans la formation du citoyen, construction d’un modèle républicain fondé sur le triptyque – liberté – égalité – fraternité – et doté d’une dynamique propre (la République, en 1945, s’est voulue « sociale ») recherche, en toutes circonstances, d’un intérêt général commun à tous les citoyens, idée du service public,  définition de « biens communs ».        <br />
              <br />
       -	Ce modèle républicain français qui a besoin d’être constamment refondé s’est répandu largement et a influencé l’Europe (traité de Versailles) et le reste du monde à commencer, dès le XIXe siècle, par l’Amérique Latine. Les anciens Empires coloniaux et l’Empire soviétique ont accouché ensuite de jeunes nations, il est vrai aujourd’hui souvent encore fragiles. Mais il n’y a pas de raison de penser que le modèle républicain soit périmé. Simplement il lui faut du temps pour s’inscrire peu à peu dans l’Histoire. Il est frappant de voir que le modèle issu de la Révolution française a survécu à celui né de la Révolution de 1917, qui prétendait le dépasser.        <br />
              <br />
       La France s’était créée, au XIXe siècle, en compensation de ses déboires continentaux (Waterloo et Sedan), un deuxième Empire colonial d’où procèdent aujourd’hui une vingtaine de nations indépendantes mais qui ont partagé un temps notre Histoire. Les deux guerres mondiales ont marqué la fin de l’hégémonie des nations européennes au profit des Etats-Unis mais aussi la victoire des idéaux démocratiques d’où ont découlé aussi la décolonisation et la généralisation au monde entier du modèle de l’Etat-nation. Dans ce bilan – provisoire – de l’Histoire, la France peut reconnaître la trace d’une influence dont elle n’a pas à rougir et dont les autres peuples n’ont pas perdu le souvenir.       <br />
              <br />
       <span class="u">c)	La France doit au général de Gaulle d’avoir, au XXe siècle, sauvegardé et modernisé le modèle républicain.</span>       <br />
       Il a, de 1940 à 1945, maintenu la France parmi les démocraties combattantes et ainsi remise au rang des vainqueurs à l’issue d’une longue guerre de trente ans (1914-45). Il a donné à la Libération un contenu économique et social avancé au modèle républicain, à travers le programme du CNR.        <br />
       En 1958, les institutions de la Ve République ont fait du Président de la République « l’homme de la nation ». Le français, consacré comme langue de la République, est aussi aujourd’hui la langue de la francophonie (plus de 200 millions de locuteurs). La dissuasion nucléaire permet à la France d’assurer sa défense par elle-même, en dernier ressort. C’est le fondement ultime qui autorise l’exercice d’une politique étrangère indépendante. La France, enfin, est depuis 1945 l’un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies. A ce titre, elle se doit de respecter et de faire respecter la légalité internationale, à commencer par les principes qui fondent l’ordre international : souveraineté des Etats, autodétermination des peuples, non-ingérence, concept que vise à tempérer, depuis 2005, la notion de « responsabilité de protéger ».        <br />
              <br />
       Si je rappelle ces principes, c’est qu’ils doivent être intégrés par nos décideurs, qui ont eu tendance à s’en écarter ces dernières années (Lybie, Syrie) au plus grand dommage non seulement des populations concernées et de la stabilité du monde mais aussi du rôle de médiation qui, dans un monde pluriel, devrait naturellement incomber à la France.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">4.	On ne peut pas définir une politique étrangère sans une certaine projection vers ce que sera le XXIe siècle.</span>       <br />
              <br />
       a)	<span class="u">La montée des pays dits émergents et d’abord de la Chine restera la tendance de fond</span>, par-delà les phases de ralentissement voire de crise. La démographie, l’effet de rattrapage, la mondialisation même, y contribueront. Par temps de crise, ces pays sauront, grâce à l’effet de taille, se doter mieux que d’autres de plans nationaux de développement.       <br />
              <br />
       b)	Dans ces conditions, <span class="u">les Etats-Unis</span> verront inéluctablement s’éroder leur poids relatif qui reste, aujourd’hui encore, dominant. Ils ont pu vérifier les limites du « hard power » et répugnent aux engagements au sol. Le Président Obama a entrepris une reconversion de leur politique extérieure, mais le « smart power » que les Etats-Unis exercent se fait autant au détriment de leurs alliés que de leurs adversaires : je veux notamment parler de l’extraterritorialité du droit américain qui pénalise gravement nos entreprises, non seulement par le fait des amendes colossales qui leur sont infligées que par l’effet de tétanisation exercé sur nos banques. Nous perdons ainsi des milliards de dollars dans notre commerce avec la Russie et avec l’Iran par l’effet d’une interprétation extensive des sanctions internationales et notamment américaines. <span class="u">Notre tradition d’indépendance nationale devrait nous conduire à suspendre la ratification du traité de libre-échange transatlantique tant qu’un accord ne sera pas intervenu pour mettre un terme à l’abus de position dominante manifeste que constitue l’extraterritorialité du droit américain.</span>        <br />
              <br />
       c)	 Notre politique étrangère s’est coulée depuis une douzaine d’années dans <span class="u">un « occidentalisme » à courte vue</span>, comme s’il fallait resserrer les rangs derrière les Etats-Unis face à la montée des émergents (Chine, Russie, Iran, etc.). Si les Etats-Unis restent nos alliés de toujours et si notre alliance reste structurante pour le monde de demain, ils doivent aussi respecter nos intérêts. Ce n’est pas le cas dans nos rapports avec la Russie et l’Iran par exemple. Il ne faut donc pas confondre alliance et alignement. Avant de faire partie de la famille des nations occidentales, la France fait partie de la famille des nations humaines. Tout en restant fidèle à ses engagements vis-à-vis de ses alliés européens et occidentaux, la France doit développer ses relations avec les émergents lointains que sont la Chine, l’Inde, le Brésil, mais aussi les émergents plus proches que sont la Turquie et surtout l’Iran avec lequel il est temps de rebâtir une relations de long terme, et bien sûr le monde arabe, notre voisin immédiat : le Maghreb, l’Egypte, le Machreck et les pays du Golfe.       <br />
              <br />
       d)	<span class="u">L’indépendance de notre politique étrangère qui répond à la vocation de la France reste une posture adaptée au monde actuel.</span> L’Occident est pluriel. La France y tient une place originale. Mais les émergents eux-mêmes sont pluriels. Nous ne sommes pas dans un match où des puissances anciennement colonisées ou dominées par l’Occident auraient résolu de concert de prendre une revanche historique sur une Europe qui les aurait jadis humiliées. Au contraire, beaucoup d’entre eux ont besoin que l’Europe s’affirme comme un acteur indépendant et non comme un « sous-ensemble » dominé par les Etats-Unis. Evitons les manichéismes. Nous ne sommes pas engagés dans une guerre de civilisations. Il appartient à la France de rompre les engrenages fatals dont se nourrissent l’islamisme radical d’un côté et le néoconservatisme occidentaliste de l’autre.       <br />
              <br />
       e)	<span class="u">Notre posture au XXIe siècle.</span>       <br />
       -	Il faut dépasser ces cycles de ressentiment et développer l’empathie à l’égard d’aires culturelles que nous devons connaître mieux. Le monde est pluriel et le maintien du rôle de la France implique que nous restions un passeur entre les cultures.       <br />
       -	L’empathie à l’égard des autres ne signifie pas le déni de soi-même. Notre modèle républicain, souvent critiqué, est plus probablement en avance sur beaucoup d’autres, car la laïcité est une garantie de paix civile entre les citoyens et de concorde entre les religions. Nous n’avons pas à nous excuser d’être ce que nous sommes. Simplement devons-nous faire comprendre le modèle républicain sans agressivité, à la lumière de l’Histoire et des valeurs qu’il porte de liberté et de paix civile.       <br />
       -	Notre politique étrangère doit rompre aussi bien avec un occidentalisme inféodé qu’avec une version pénitentielle de notre Histoire. Le récit national a ses ombres, mais il a aussi ses lumières : le pays qui a fait la Révolution française n’a pas à rougir de son Histoire et la France n’occupe pas la première place au podium des méfaits du colonialisme. Bref, dans nos rapports internationaux, nous devons assumer ce qui fait l’originalité et l’universalité de la France, dans l’esprit de ce que j’ai appelé, comme ministre de l’Education Nationale, « l’élitisme républicain », soucieux simultanément d’assurer l’égalité des chances entre les hommes et de reconnaître les mérites de chacun. La France, au XXIe siècle,  doit continuer d’incarner à la fois la démocratie et l’excellence. Nous ne ferons pas, en effet, l’économie de l’effort et de l’innovation, dans une compétition mondiale exacerbée.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – La question de l’Europe est évidemment centrale dans la définition de notre politique étrangère.</b>       <br />
              <br />
       Il y a soixante-cinq ans qu’a été engagée, à l’initiative de la France par un geste généreux à l’égard de l’Allemagne, celui de Robert Schuman, en 1950, et celui du général de Gaulle, en 1962, la construction européenne : cela nous donne plus qu’un droit d’aînesse : une responsabilité particulière dans la refondation de l’Europe.  Bien sûr notre économie a besoin d’être adossée à un marché puissant : l’Europe, au sens large, représente 70 % de nos exportations. Mais force est de reconnaître que l’Europe à vingt-huit n’est plus l’Europe à Six des commencements.       <br />
              <br />
       Les élargissements successifs ont déporté vers l’Est le centre de gravité de la construction européenne. La construction communautaire, avec sa Commission à vingt-huit, est devenue impotente et inefficace et de surcroît illisible pour les peuples. J’observe simplement la montée en puissance dans les institutions européennes du Conseil européen, tout simplement parce que les chefs d’Etats et de gouvernement incarnent seuls une légitimité démocratique évidente. En effet, le Parlement européen « juxtapose la représentation de vingt-huit peuples », aux dires mêmes du Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe, bref il n’est pas vraiment un Parlement, en l’absence d’un « demos européen ». La démocratie implique un sentiment d’appartenance qui rend acceptable la loi de la majorité par la minorité. Ce sentiment d’appartenance existe dans les nations. Au niveau européen il y a seulement le sentiment d’appartenir à une même famille de nations. Ainsi, nous rapprochons-nous du modèle gaulliste de « l’Europe des nations » : il faut pour cela outiller le Conseil européen et sans doute à terme revoir les traités pour enregistrer le déplacement vers le Conseil européen du centre de gravité des institutions européennes.       <br />
              <br />
       Tout aussi importante est la question de nos relations avec la Russie. Dans l’Europe à vingt-huit, la relation avec la Russie est prise en otage par les pays de l’Union européenne qui sont ses voisins et qui relaient trop facilement un vieux rêve de la politique étrangère américaine consistant à enfoncer, à travers l’Ukraine, un coin entre l’Europe et la Russie. Ce dessein méconnaît une réalité profonde : la Russie est non seulement un pays européen mais un pays essentiel à l’Europe. Ce serait une hérésie de vouloir  construire l’Europe contre la Russie. Celle-ci éprouve le sentiment de ne pas avoir été payée de retour, après la chute du communisme en 1989-91, à laquelle elle a contribué de manière décisive. Nous avons beaucoup d’intérêts communs, économiques et géopolitiques. Dans des régions comme le Caucase et l’Asie Centrale, nous n’avons pas intérêt à l’affaiblissement de la Russie. Celle-ci est un partenaire incontournable sur un grand nombre de dossiers. Elle est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. L’Europe ne pèsera pas au plan international, si elle n’établit pas de relations de confiance avec la Russie.        <br />
              <br />
       Le « partenariat oriental », conçu en 2009, n’a pas tenu compte des intérêts de la Russie et a abouti à une crise ukrainienne qui était parfaitement évitable dans le cadre d’une vaste zone de libre échange, de l’Atlantique au Pacifique. L’enlisement du processus de Minsk, suite au refus de l’Ukraine d’appliquer le volet politique de l’accord et notamment d’adopter une révision constitutionnelle prévoyant la décentralisation du Donbass, risque de conduire à un nouveau conflit. Cette fixation sur l’Ukraine nous détourne des vraies menaces – le terrorisme djhihadiste – et des vrais défis -  le non-développement et la crise migratoire. La levée des sanctions frappant la Russie devrait être à l’ordre du jour de la politique étrangère française. Pour peser dans le monde au XXIe siècle dominé par les Etats-Unis et la Chine, l’Europe et la Russie doivent redéfinir leur partenariat sur la base de leurs intérêts communs. Il faut donc travailler au rétablissement de relations confiantes et d’un équilibre stable de sécurité en Europe garanti par un nouveau traité incluant l’ensemble des pays européens et les Etats-Unis. C’est la seule voie raisonnable, si nous ne voulons pas recréer sur notre continent une nouvelle guerre froide, grosse de conflits politiques et militaires qui nous détourneraient de l’essentiel : la pacification durable du Moyen-Orient et une initiative majeure de co-développement avec l’Afrique.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Le Proche et le Moyen-Orient constituent par excellence la région où la France peut jouer un rôle utile en exerçant une puissance de médiation. </b>       <br />
              <br />
       Entre Israël, la Palestine et le monde arabo-musulman, une occasion unique se présente encore de faire reconnaître à la fois un Etat palestinien dans ses frontières de 1967, et la garantie de la sécurité d’Israël, par la présence à ses frontières de contingents militaires des cinq pays membres permanents du CSNU.        <br />
              <br />
       Un désordre sans précédent s’est installé au Moyen-Orient depuis un demi-siècle, du fait d’interventions extérieures déstabilisatrices (Irak, Lybie, Syrie) mais aussi de facteurs endogènes (échec des nationalismes arabes, montée de l’islamisme radical, absence de démocratie, impasse des « révolutions arabes », antagonismes politico-religieux, etc.). On ne remédiera pas à ce désordre sans revenir à quelques principes simples :       <br />
              <br />
       1.	Le soi-disant Etat-islamique est une menace pour le monde entier, et d’abord pour les pays musulmans. Son élimination rapide est une priorité.       <br />
       2.	Plutôt qu’un remodelage du Moyen-Orient, gros de nouveaux conflits, il faut s’orienter vers la restauration de l’intégrité territoriale des Etats qui existent depuis un siècle (Irak, Syrie notamment), à condition qu’ils soient rendus vivables pour leurs populations : Irak fédéral, gouvernement représentatif à Damas. La crise syrienne n’est pas seulement une crise interne (« révolution arabe »). Elle est aussi depuis 2012 une guerre par procuration entre l’Arabie Séoudite, le Qatar et la Turquie d’une part et l’Iran d’autre part. Il est temps de le reconnaître.       <br />
       3.	Le début de la restauration d’une gouvernance mondiale entre les Etats-Unis et la Russie, après l’accord du 14 juillet 2015 avec l’Iran, doit s’approfondir et recueillir le soutien de la France. Celle-ci doit jouer un rôle de pont et non de frein pour la normalisation des rapports intersyriens comme des relations entre l’Arabie Séoudite et l’Iran. L’alignement pur et simple sur l’Arabie Séoudite n’est pas une politique. Le gouvernement français doit concourir à la réussite de la Conférence de Genève sur la Syrie : un gouvernement d’union nationale doit pouvoir préparer des élections ouvertes à tous sous l’égide des Nations Unies. Il ne sert à rien de poser des conditions qui rendent tout progrès ultérieur impossible. La France ne peut jouer un rôle de médiation que si elle apparaît comme un pays indépendant et non aligné par avance sur les positions de tel ou tel protagoniste.        <br />
       4.	Les quatre acteurs régionaux principaux : Turquie – Iran  - Egypte – Arabie Séoudite doivent contribuer à éteindre les conflits en cours au Yémen et à réduire le terrorisme d’un soi-disant Etat islamique là où il se manifeste.        <br />
       5.	De même faut-il associer l’Egypte et l’Algérie au règlement de l’affaire libyenne. Cela passe par la reconstitution d’un gouvernement libyen unique et la construction d’un Etat.       <br />
       6.	Au total, la France, de concert avec les Etats-Unis et la Russie, doit faire prévaloir le principe de la stabilité des Etats non seulement en Irak et en Syrie mais aussi :       <br />
       -	en Egypte       <br />
       -	au Yémen par une reprise des relations entre l’Arabie Séoudite et l’Iran ;       <br />
       -	en Turquie où le problème kurde doit être réglé « en interne » ;       <br />
       -	en Lybie, enfin, où le soutien de l’Algérie est crucial.       <br />
              <br />
              <br />
       IV – De même <b>en Afrique</b>, la stabilité des pays du Sahel implique que soient reconstituées (ou  constituées) dans chaque pays des forces régaliennes (armée-police) sans lesquelles il n’y aura pas de sécurité ni par conséquent  de développement. Les déséquilibres démographiques faciles à anticiper sont colossaux. Ils commandent une initiative européenne, voire mondiale, de grande ampleur pour aider les Etats africains et notamment ceux du Sahel à se mettre sur pied et à engager un immense effort de développement en matière d’agriculture, d’eau, d’électricité, d’infrastructures de transports et de télécommunications, d’éducation à la santé et à la maîtrise de la démographie, d’enseignement enfin. La francophonie doit comporter en priorité un projet de formation des enseignants. Elle a besoin d’être repensée (ou même simplement pensée). Or, le projet francophone aujourd’hui n’est pas porté par l’Etat français. Il a été délégué à des Agences qui ne disposent que de moyens médiocres en dehors de la bonne volonté de ceux qui les animent. Il y a une contradiction manifeste entre le discours sur la francophonie et la réalité de l’action publique. Ce problème doit être traité au plus haut niveau. L’Afrique doit aussi se développer au plan industriel, en visant d’abord à satisfaire ses besoins de base : industries agroalimentaires, textiles, habillement, chaussures, etc. Il n’y a aucune raison pour que ne s’y développent pas par ailleurs, dans ces secteurs ou dans d’autres, des unités de production compétitives à l’échelle mondiale.       <br />
              <br />
       Il faudra favoriser les investissements croisés entre notamment l’Europe, le Maghreb et les Etats du Sahel de façon à stabiliser cette région fragile qui pourrait, en l’absence d’une telle initiative, devenir une véritable « mine » pour toute l’Afrique et pour l’Europe, à l’horizon d’une quinzaine d’années.        <br />
              <br />
       Le reste de l’Afrique a davantage de ressources et d’atouts, mais les Etats aussi y sont fragiles. La France a une responsabilité particulière parce qu’elle connaît l’Afrique et parce que celle-ci est partiellement francophone mais ses moyens ne lui permettront pas de faire face, si elle ne suscite pas une initiative européenne « Afrique », de grande ampleur. Il est vain de croire que la force Barkhane pourra assurer longtemps la sécurité des pays du Sahel et plus généralement des pays africains. C’est à eux qu’il revient de prendre rapidement la relève, à peine de graves mécomptes dans un avenir proche.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>V – Asie et Amérique Latine</b>       <br />
              <br />
       Si elle veut rester une puissance mondiale, la France ne peut être absente de l’Asie. C’est le continent de l’avenir mais c’est là aussi que résident les plus graves menaces pour la paix du monde. La France doit s’investir en Asie et d’abord à travers l’apprentissage des langues par ses nationaux : chinois en premier lieu mais aussi japonais, coréen, hindi, ourdou, vietnamien, bahasa indonesia. La France doit avoir une politique à long terme avec la Chine, l’Inde, le Japon. Politique de paix et d’équilibre mais aussi volonté de tisser des liens privilégiés entre notamment la Chine et l’Europe. En effet, la Chine a besoin d’un interlocuteur politique en Europe et la France comme l’Europe ont besoin de pouvoir dialoguer avec la Chine pour ne pas se laisser enfermer dans les pinces du G2.       <br />
              <br />
       De même, l’Amérique Latine à laquelle nous relient de profondes affinités culturelles a besoin d’une Europe indépendante des Etats-Unis. La latinité doit être une composante de notre politique étrangère … Une France indépendante retrouverait en Amérique Latine le prestige qu’elle a laissé s’éroder.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>VI – Europe européenne et choix du monde</b>       <br />
              <br />
       1.	Au total la France ne doit pas renoncer au choix européen mais en revoir les modalités pour construire une « Europe européenne » capable d’exister par elle-même et pour elle-même, bref d’être un acteur à part entière de la politique mondiale. Un tel choix implique le resserrement des solidarités entre les grands Etats européens, au plan économique, industriel, technologique mais aussi en politique extérieure pour faire face aux défis que constituent l’abus de leur position dominante par les Etats-Unis, le rachat éventuel de nos entreprises stratégiques par l’une ou l’autre des Superpuissances de demain, et enfin les menaces de déstabilisation venues du Sud : terrorisme, immigration non contrôlée. L’accueil durable sur notre sol doit être proportionné à la capacité d’intégration du pays. Pour continuer à « faire France » à nouveau, il faut que le pays ait envie de faire d’étrangers des Français et prenne les moyens d’une véritable politique d’intégration. Il faut aussi que les nouveaux citoyens aient envie de s’intégrer à la France. C’est l’image que donne la France, à elle-même et aux autres, qu’il faut relever. Dans ces conditions, l’immigration pourra être un atout pour la France.        <br />
              <br />
       2.	La construction d’une « Europe européenne » est un projet de longue haleine. Elle ne dispense nullement la France de faire le choix du monde, bien au contraire. Les grandes entreprises multinationales françaises sont les vecteurs privilégiés de cette ouverture mais y contribuent aussi nos 125 000 entreprises exportatrices encore trop peu nombreuses par rapport aux 350 000 allemandes ainsi que nos 2,5 millions de concitoyens vivant à l’étranger. Le réseau de nos établissements d’enseignement joue également un rôle majeur. Enfin, les DOM-TOM doivent davantage contribuer au rayonnement de la France dans leur espace géographique.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>VII – La contradiction majeure : entre les outils et les moyens de la puissance.</b>       <br />
              <br />
       La France pourra-t-elle maintenir un réseau diplomatique qui est le deuxième mondial, une dissuasion nucléaire crédible, une capacité de « projection de forces » significative, tout en veillant à la protection de son territoire et de sa population,  si elle ne sort pas de la stagnation dans laquelle elle semble s’être enfermée depuis près de dix ans ?        <br />
              <br />
       Notre compétitivité stagne ou s’érode si on la mesure par le déficit de  nos échanges de produits manufacturés (hors énergie et matériels de défense) : 23 Milliards  en 2015 contre 13,7 en 2008 et par la faible progression de nos exportations globales (455 Milliards en 2015 contre 417,6 Milliards en 2008). Notre tissu industriel s’effiloche. Nos grands groupes passent sous pavillon étranger (Arcelor, Pechiney, Alcatel, Alstom, Lafarge). Rien de tout cela n’était inévitable.       <br />
              <br />
       Dans le système de la monnaie unique, nous ne pouvons plus dévaluer. Nous avons laissé se creuser l’écart avec nos compétiteurs européens : écart des coûts, salariaux et généraux d’abord, mais aussi de la compétitivité par l’innovation, du fait de la réduction des marges des entreprises qui n’investissent pas assez, notamment dans la recherche. Nous enregistrons ainsi un déficit avec tous les pays de la zone euro. Soit on change ce système (monnaie commune par exemple), soit on opère les fameuses « réformes » que tous les gouvernements appellent de leurs vœux sans que le contenu en soit jamais précisément défini. J’ai cru comprendre qu’il s’agissait principalement du temps de travail, du coût du travail à travers les heures supplémentaires et de la durée de l’indemnisation du chômage. J’observe que ces réformes doivent être politiquement soutenables. Si elles intervenaient, elles ne le feraient pas dans le même contexte économique porteur que les réformes Schröder de 2004. Le chemin de la dévaluation compétitive, s’il est suivi par tous, nourrit la récession. C’est bien le reproche qui est fait à la monnaie unique dans tous les pays du Sud de l’Europe. Globalement d’ailleurs, le taux de croissance dans la zone euro est inférieur de moitié à celui des Etats-Unis et inférieur à celui de nombreux pays européens situés en dehors (Grande-Bretagne, Suède, Pologne, etc.) sans parler de la Chine et de l’Inde qui caracolent entre 6,5 et 7,5 %.        <br />
              <br />
       Le peuple français peut-il être convaincu de la nécessité de l’effort ? Nous ne travaillons pas assez. Mais la répartition et la rémunération de l’effort comptent aussi parce que la demande est le moteur de la croissance. Naturellement la politique salariale devrait être définie à l’échelle européenne. J’entends que la compétitivité par les coûts passe aussi par des économies. Certaines ont été effectuées. D’autres sont certainement possibles … Mais j’observe que les réformes autour desquelles on fait grand tapage – la réforme territoriale par exemple – ne rapportent en fait aucune économie mais constitueront au contraire un facteur de dispersion et de désorganisation des Administrations régionalisées de l’Etat.        <br />
              <br />
       Le modèle mercantiliste allemand (excédent commercial de 8,5 points du PIB) doit tenir compte des responsabilités qui incombent à l’Allemagne en Europe. Un modèle de développement plus tourné vers le marché intérieur permettrait de nourrir une croissance européenne plus forte.       <br />
              <br />
       Que faire ? La compétitivité par l’innovation est préférable à la compétitivité par les salaires. Mais le niveau de l’investissement en France ne permet pas de nourrir assez les innovations. Nous voilà « au rouet », ramenés au casse-tête des parités internes à l’euro. Il serait souhaitable de combler les écarts qui se sont creusés depuis 1999 entre grands pays industriels européens. Pouvons-nous convaincre nos amis allemands de mener en Europe une stratégie plus coopérative ? S’ils veulent que la France puisse jouer, à leurs côtés,  son rôle d’équilibre et de proposition en Europe, ils le comprendront, dans leur intérêt même. Mais s’ils restent indifférents à la strangulation ottomane dont souffre, pour des raisons historiques et structurelles anciennes, l’économie française par rapport à la leur, en régime de change bloqué, il appartiendra à un gouvernement français désireux de prévenir une dérive extrémiste, de prendre les mesures que commande le salut public, et cela dans l’intérêt de l’Europe tout entière. Le temps des choix difficiles est devant nous. Les marges sont étroites. Seul y réussira un gouvernement de large rassemblement qui devra inventer une politique assez nouvelle et ambitieuse pour qu’elle puisse susciter l’adhésion populaire.       <br />
              <br />
       Le peuple français est ainsi placé en face de choix décisifs : Quel est aujourd’hui l’intérêt du pays ? Voulons-nous que la France reste une grande nation et sommes-nous prêts à en prendre les moyens ou acceptons-nous l’effacement de la France ? Un regain de patriotisme s’observe dans notre peuple depuis les attentats de 2015. Mais il faut que ce patriotisme inspire l’action collective et que les élites elles-mêmes en donnent l’exemple, notamment  à la tête de nos grandes entreprises par les choix de localisation, la politique des rémunérations ou par le comportement quotidien (refus de l’évasion fiscale et de la débine permanente de la France). Si une rupture s’opère dans l’attitude des élites, je suis convaincu que le peuple, dans sa masse, acceptera de relever le défi de l’effort. Là est la clé. La France, comme elle a su le faire à plusieurs reprises dans son Histoire, a besoin de prendre un nouveau départ. Sinon, de crise en crise, ce serait l’effacement et la fin de la France. Qui se résignerait d’un cœur  léger, à la disparition de ce qui fut une très grande chose ? Pour ma part, je garde confiance : les secousses prévisibles à l’horizon favoriseront ce nouveau départ, si une élite, dès aujourd’hui, se dégage pour le préparer.       <br />
              <br />
       -----       <br />
       1. Couve de Murville, <span style="font-style:italic">Une politique étrangère, 1958-1969</span>, p. 15, Plon 1971.       <br />
       2.  Clause qui interdit le renflouement des Etats.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"La Turquie porte une certaine responsabilité dans le développement de Daesh"</title>
   <pubDate>Wed, 02 Dec 2015 11:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de RFI, mercredi 2 décembre 2015. Il répondait aux questions de Frédéric Rivière.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li> J'ai été surpris de la démarche dans laquelle l'UE a été entraînée. Je pense que la Turquie porte une certaine responsabilité dans le développement du soi-disant État Islamique, et dans la prise de contrôle de régions entières de la Syrie. La Turquie a une longue frontière avec la Syrie, et on sait qu'elle n'a pas fait tout ce qu'il fallait pour endiguer Daesh, on l'a vu au moment des combats autour de la ville de Kobané. Donc je pense que la Turquie a à se mettre en règle avec la communauté internationale, qui a autorisé tous les moyens nécessaire contre Daesh. La balle est plutôt dans le camp de la Turquie, or on a l'impression que par une habile diplomatie, les choses ont été renversées. C'est l'UE qui va avancer 3 milliards d'euros pour permettre à la Turquie de retenir des réfugiés syriens. C'est méconnaître la nature du conflit syrien que de penser qu'un certain nombre de pays, dont la Turquie, n'y sont pour rien.        
       </li></ul><ul class="list"><li> A mes yeux, il est incontestable que les flux pétroliers dont disposent Daesh ne peuvent s'écouler qu'à travers la frontière turque.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'objectif d'une grande coalition unique est souhaitable. Il se heurte au fait que les pays participants ont des agendas différents. Ce que j'ai dit sur la Turquie tout à l'heure ne doit pas faire croire que je n'ai pas de compréhension pour les problèmes qu'affrontent la Turquie. Il est évident qu'un état kurde indépendant est insupportable pour la Turquie, qui défend son intégrité territoriale. Le problème kurde doit être résolu à travers des dispositions qui débouchent sur une certaine décentralisation ou régionalisation. Mais pour autant la Turquie n'est pas délivrée des obligations qu'elle a vis-à-vis de la communauté internationale. On ne peut pas laisser une organisation comme l'Etat Islamique disposer d'un territoire à partir duquel elle fomente des attentats dans le monde entier. Nous sommes tous menacés, pas seulement les Occidentaux, mais les musulmans eux-mêmes, ceux qui sont considérés comme mécréants, apostats, ainsi que les juifs et les « croisés ». Par conséquent il n'y a aucun pays qui ne soit pas menacé, donc il faut une coalition générale. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Je pense que l'évolution de la politique française vers la Russie est normale, et je tiens à saluer les efforts qu'a fait le Président de la République pour y arriver. Je pense que quand on regarde les choses au sol, il y a 100 000 soldats syriens, moins de 10 000 rebelles dits modérés, si tant est que cette expression a un sens. Elle doit avoir un sens pour quelqu'uns d'entre eux. Mais rapidement on s'aperçoit que la rébellion était surtout islamiste.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le problème c'est de rendre le régime syrien différent, de rendre le gouvernement syrien plus représentatif qu'il n'est aujourd'hui, en s'appuyant non seulement sur les minorités, qui sont nombreuses en Syrie, mais également sur une fraction du monde sunnite. Et de la même manière, il faudrait que l'objectif en Irak soit un Irak fédéral, parce que tous les sunnites irakiens ne se sont pas livrés à Daesh par hasard, mais par la politique ultra-sectaire du Premier ministre irakien Al-Maliki. Et la réélection d'Al-Maliki au moment même où les Etats-Unis quittaient l'Irak a été le signal d'une rechute des provinces de l'ouest irakien, qui se sont tournées non plus vers Al Qaeda comme précédemment, mais vers Daesh. Il faut apporter des solutions politiques, et quand ces solutions politiques auront été davantage affinées, vous verrez que la résistance de Daesh à ce moment-là cédera. Le problème militaire deviendra alors résiduel. On ne fait pas une guerre sans avoir clairement défini ses objectifs : la restauration des frontières des Etats, la transformation des institutions de ces pays de façon à ce que ces pays deviennent vivables pour leurs populations. Mais cela doit se faire par la négociation entre les différents membres de la coalition, c'est ce qui en fait la difficulté.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les attentats du 13 novembre sont une césure dans l'histoire longue de notre pays. Il est évident que rien ne pourra plus être comme avant.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe telle qu'elle a été conçue a montré ses limites dans différents domaines. La monnaie unique a creusé le gouffre du chômage, qui n'est pas pour rien dans la deshérence d'une jeunesse que l'on n'arrive pas à intégrer. Schengen est moribond. Schengen ne permet aucun contrôle sérieux aux frontières de l'Union Européenne. Et l'Europe de la défense, on voit que la France est largement seule. Nous ne sommes pas vraiment aidés par l'Europe.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le fédéralisme n'existe pas en Europe parce qu'il supposerait des transferts financiers qui sont hors d'atteinte, et dont les pays riches, l'Allemagne au premier chef, ne veut pas. L'intégration, c'est le fait de transférer des pouvoirs à des autorités européennes qui ne sont pas responsable devant quelque corps électoral que ce soit. Cela veut dire une Europe technocratique, et cela ne marche pas dans aucun domaine. Par conséquent, quand j'entends dire qu'on va faire une agence européenne de renseignement, c'est ubuesque. Qui sera responsable ? Il faut une responsabilité ! Or en démocratie, la souveraineté c'est le peuple ! C'est la souveraineté nationale ! Alors on peut déléguer des compétences à condition qu'elles soient contrôlées, mais la responsabilité doit être quelque part. Par conséquent il faut construire une Europe confédérale, ou intergouvernementale, et ne pas continuer dans la voie qui a été choisie jusqu'à aujourd'hui et qui montre toutes ses limites. Et encore c'est une litote. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-Turquie-porte-une-certaine-responsabilite-dans-le-developpement-de-Daesh_a1782.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Pour éradiquer le terrorisme, il faut l'isoler"</title>
   <pubDate>Mon, 23 Nov 2015 19:32:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1, dimanche 22 novembre 2015. Il répondait aux questions de Sonia Mabrouk et Patrick Roger, et échangeait avec l'historien Benjamin Stora.      <div>
      <ul class="list"><li> C'est un terrorisme qui se dit djihadiste, et qui a frappé presque tous les pays. Mais je pense que plutôt que de parler d'une « guerre contre la terreur » comme le faisait George Bush, qui globalisait excessivement le problème, il faut toujours essayer de comprendre pour essayer de résoudre politiquement les problèmes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France a réagi, à juste titre, au Mali. Elle s'est engagée en Irak puis en Syrie, mais uniquement au niveau de son aviation. Elle a, à mon avis, outrepassée la résolution de l'ONU qui concernait la protection des populations civiles en Libye, avec les résultats que l'on voit. Mais je ne veux pas ramener le terrorisme djihadiste aux erreurs qui ont pu être commises de la part des Américains ou de notre part. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Pour comprendre les origines de ce terrorisme djihadiste, il faut bien voir que, dans le monde musulman, il y avait eu une réponse progressiste. Elle avait été plus ou moins libérale ou socialiste, mais elle a été discréditée. Et puis, il y avait une réponse identitaire. Il faut rappeler que les Frères Musulmans ont été créé en 1928, et cette réponse identitaire a pris le dessus.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous sommes en présence d'un phénomène qu'il faut bien décrire, car il faut connaître l'ennemi. L'ennemi c'est une idéologie fanatique, qui est au croisement : 1/ du salafisme, qui est une variante obscurantiste de l'islam, 2/ d'une idéologie qui s'est substituée à l'anti-impérialisme de jadis, et qui fait de la lutte contre les juifs et les croisés son mot d'ordre. C'est à ce syncrétisme, à cette jonction, que nous sommes affrontés aujourd'hui.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Cette idéologie les rend haineux à l'égard de l'Occident en général, de notre mode de vie aussi. Le fait que les attentats du 13 novembre aient frappé des gens qui pour se divertir étaient au Stade de France, ou au Bataclan, ou à la terrasse des cafés, n'est pas tout à fait un hasard. C'est notre jeunesse et notre mode de vie qui ont été ciblés. C'est aussi un hyper-individualisme, auquel les société très traditionnelles réagissent négativement.        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est une guerre qui nous a été déclarée par l’État Islamique. La plupart des tueurs étaient passés par la Syrie. Il faut les éradiquer, oui, mais ce sera difficile, parce que le terreau sur lequel se développent les terroristes est profond et large. Contrairement au terrorisme que nous avons connu autrefois, aujourd'hui nous avons affaire à des gens qui bénéficient de sympathies diffuses, de réseaux diversifiés, mondialisés – c'est aussi le produit de la mondialisation, le produit d'internet. C'est quelque chose qui est beaucoup plus difficile à combattre.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La société française à sa responsabilité, bien évidemment, dans le terreau en lui-même qui a fait prospérer le terrorisme... le niveau élevé du chômage, les villes ou quartiers ghettos, les insuffisances qu'on remarque dans différents domaines... mais enfin, il ne faut pas voir que les insuffisances. Mais je ne préconise pas du tout une « culture de l'excuse », au contraire : je pense que même s'il y a des causes sociales, quand même, beaucoup de ces jeunes ont bénéficié d'un système scolaire qui est encore très performant, où il n'y a pas de racisme, où ils ont été accueilli par des enseignants qui de ce point de vue là sont impeccables, et auxquels il faut rendre hommage ! Ils bénéficient d'une protection sociale parmi les plus avancées du monde. Et évidemment, du point de vue du logement, il y a une concentration de populations issues de l'immigration dans certains quartiers. Cela est un problème. L'action de l'ANRU, si elle est développée, doit permettre de « reconquérir » ces territoires, de ne pas accepter cet espèce d'enfermement communautaire que l'on peut observer à l’œil nu. Mais pas de culture de l'excuse, parce que la raison du passage à l'acte est toujours idéologique : celle que je décrivais tout à l'heure. Il ne faut pas de repentance, mais il faut corriger les erreurs commises, et il y en a eu beaucoup, dans beaucoup de domaines.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Face à Daesh, il y a un ordre de priorité qui s'impose : il faut d'abord éradiquer Daesh. Et je pense que la France a fait des erreurs d'appréciation, notamment a sous-estimé les appuis dont Bachar Al-Asad disposait encore dans la société syrienne. Nous avons par contre surestimé les rebelles syriens.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous aurions pu garder une position de médiation, parce que c'est cela qu'il faut faire aujourd'hui.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On peut toujours dire « Bachar doit partir » mais s'il part, ce qu'il reste de l’État syrien, avec tous ses défauts caricaturaux, s'effondre. Je pense qu'il faut prendre le problème plus intelligemment, séquencer le problème, et c'est le mérite de François Hollande d'avoir fait évolué notre position sur le sujet.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Hollande va rencontrer cette semaine Cameron, Merkel, Obama, Poutine et Erdogan. Il faut mettre d'accord tous ces gens-là, qui n'ont pas le même agenda, car dire qu'on va faire une coalition, c'est bien, mais il faut donner les objectifs politiques.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Pour éradiquer le terrorisme, il faut l'isoler. C'est une loi générale. Pour isoler le terrorisme des populations, il faut mettre en priorité les solutions politiques. Les solutions militaires existent, mais à-côté. Et il faut voir à quoi servent les armes que l'on utilise. Si on prend par exemple la première et la deuxième guerre du Golfe, elles ont abouti toutes les deux à la destruction de l'Etat irakien. On a donné les sunnites de l'ouest de l'Irak à Daesh. C'était pas l'objectif visé. Et on a installé l'Iran comme puissance dominante de la région. C'était pas non plus l'objectif visé. Donc il faut avoir une idée de ce que l'on veut faire. Or, en l'occurrence, face à Daesh, il faut rendre la Syrie et l'Irak vivable, du point de vue de leurs régimes politiques, pour leurs populations.        <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> En Irak, Daesh est le produit de la destruction de l'Etat irakien, qui était un Etat difficile, pour un pays composite, fragile. Aujourd'hui, il faut arriver avec l'aide des Russes et des Iraniens à faire que le gouvernement irakien donne leur place aux sunnites de l'ouest irakien, là où sont des villes comme Ramadi, Tikrit, etc. Il y a cinq ou six millions de sunnites, eh bien il faut qu'ils puissent vivre avec la part qui leur revient du pétrole, et puis leur propre administration.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si cela leur est offert, Daesh se dissoudra, et la lutte sera aisée. C'est un point décisif !        
       </li></ul><ul class="list"><li> De la même manière, s'il y a un gouvernement représentatif qui se constitue en Syrie, avec pour objectif d'aller vers des élections sous le contrôle de l'ONU, les populations de l'est de la Syrie prendront toute leur distance vis à vis de gens qui quand même ne sont pas sympathiques !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que si la perspective politique est clairement dessinée, l'action militaire sera plus facile. Je ne pense pas que les actions militaires ne sont jamais nécessaires, mais aujourd'hui, vous le voyez bien, les bombardements à partir de l'air ne suffisent pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> S'il n'y a pas une liaison entre les forces aériennes et au sol des gens qui disent où il faut frapper, cela ne marche pas ! C'est la raison pour laquelle la coopération entre l'armée russe et l'armée syrienne de Bachar Al-Asad fonctionne. Alors que les frappes françaises et américaines sont guidées par des gens qui sont des spécialistes du renseignement, peut-être y a t-il aussi quelques forces spéciales, mais je n'en suis pas sûr.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne dis pas qu'il faut une intervention terrestre, non. Je dis que, dans l'état actuel des choses, si une intervention terrestre était décidée, il faut que l'arrière plan politique soit clarifiée, et puis il faut que les pays de la région interviennent : la Turquie, l'Iran, l'Egypte, la Jordanie et d'autres.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Au moment des révolutions arabes, nous avons été un peu pris de court, nous, la France, en Tunisie, en Egypte. Et c'est en quelque sorte pour se racheter, pour prendre le train en marche, que M. Sarkozy, poussé par des notabilités médiatiques – je pense à M. Bernard Henri-Lévy – est intervenu en Libye, a rompu les relations diplomatiques avec la Syrie. Et l'argument du dictateur, c'est toujours un mauvais argument ! Il vaut mieux avoir un Etat, même avec tous les défauts, que le chaos, l'anarchie, ce que nous voyons ! Et finalement le terrorisme djihadiste qui a une base territoriale à partir de laquelle il peut nous frapper.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Très vite en Syrie, c'est devenu une guerre par procuration, entre l'Iran d'un côté, les monarchies du Golfe de l'autre, et puis la Turquie. Dans cette affaire-là, nous nous sommes trouvés aspirés dans un camp, et je pense que nous avons manqué à notre rôle de médiation. La France doit être une puissance de médiation. Entre qui ? Plus généralement, entre l'Occident et les pays émergents. C'est ce qui manque depuis vingt ans ! Il faut restaurer une gouvernance mondiale, c'est fondamental si on veut résoudre politiquement les deux problèmes qui se posent, l'Irak et la Syrie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On prête à de Gaulle ce que l'on appelle la politique arabe de la France, qui consistait simplement à appuyer les facteurs de progrès dans le monde arabo-musulman. C'est cela le bon sens. Les Américains depuis 1945 ont un lien particulier avec l'Arabie Saoudite. Et l'idéologie wahhabite s'est développée avec les chocs pétroliers, qui ont rendu ces États pétroliers immensément riches, et aujourd'hui on observe les progrès du salafisme d'un bout à l'autre du monde musulman.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe n'a pas de vision. Au plan international, elle n'existe pas, sauf à travers les initiatives de la France. Et je salue encore une fois l'intervention au Mali, qui était nécessaire. C'était justifié.        <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai toujours dit que c'était faute de République que l'intégration de certaines populations se fait mal ou insuffisamment, mais ce n'est pas la faute de la République, c'est faute de République, que ce soit en matière de politique économique, de lutte contre le chômage, que ce soit dans l'école, qui doit transmettre des connaissances et des valeurs, que ce soit dans la politique urbaine, dans la politique du logement, où on accepte des concentrations de populations issues de l'immigration. Mais il faut éviter la repentance, parce qu'il n'y a pas de culture de l'excuse pour le passage à l'acte des terroristes se disant djihadiste. Je crois que nous devons réagir face à cela avec une certaine unité nationale, et avec une attitude à la Clemenceau. Du temps de Clemenceau, le Parlement n'a jamais cessé de fonctionner, ses commissions investiguaient sur le terrain, et même si Clemenceau donnait confiance en la victoire, le pays restait une démocratie vivante.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La peur est mauvaise conseillère. Évitons tout ce qui nous conduirait à un engrenage de haine, à une spirale de vengeance, à ce que René Girard appelait la violence mimétique. Je pense que c'est un danger.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je reviens au principe de base : pour éradiquer le terrorisme, il faut l'isoler de la population, le couper de la population. Donc il faut faire confiance aux Français en général pour ne pas favoriser les amalgames stupides, et en même temps, il faut faire confiance aux Français nés des dernières vagues de l'immigration, aux musulmans, pour isoler ceux qui auraient des parcours de radicalisation.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si nous voulons désamorcer la bombe qu'est le Sahel en Afrique, nous devons agir ensemble, avec les pays maghrébins. La réponse aux problèmes que je vois venir à long terme est dans le co-développement. Nous ne devons pas oublier le rôle que doivent jouer ces pays du Maghreb.        <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai toujours combattu la suppression du service national. Une pétition vient d'être lancée par une parlementaire, Mme Marie-Françoise Bechtel pour le rétablissement d'un service national court, avec des formules de volontariat service long. Une trentaine de parlementaires l'ont déjà signé, et beaucoup de citoyens. Je pense qu'il faut intégrer cela si on veut donner une profondeur et une solidité à notre défense à long terme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> D'ors et déjà, il s'est passé un événement capital suite à ces monstrueux attentats : on s'est rendu compte que l'on ne remplacera pas la nation. Dans l'épreuve, on se resserre autour de la nation, autour d'une conception républicaine, communauté de citoyen, on chante la Marseillaise. La nation ouverte, qui tend la main, qui parle au monde, qui est fidèle à sa devise liberté égalité et surtout fraternité.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que Michel Onfray est un philosophe qui a pointé certaines responsabilités occidentales dans ce qui se passe : les deux guerres du Golfe, la destruction de l'Etat irakien... mais cela ne doit pas nous faire oublier les causes endogènes : le développement du wahhabisme, d'une idéologie mortifère qui est à mon avis le cœur de ce qu'est aujourd'hui l'ennemi. Mais je voudrais dépasser tout cela en disant qu'à mon avis il a voulu dire qu'il fallait donné priorité à la politique plutôt qu'au traitement militaire, et pour moi la politique passe avant le militaire, le militaire doit être au service de la politique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Dans les secousses que nous vivons, il peut y avoir quelque chose de positif pour l'intégration, pour que l'on fasse aimer la France et pour que la France continue. Parce que tout le monde se resserre autour de la France. C'est notre patrimoine commun.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"La souveraineté, c'est la démocratie"</title>
   <pubDate>Thu, 12 Nov 2015 20:17:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Radio Classique et LCI, mercredi 11 novembre 2015. Il répondait aux questions de Guillaume Durand.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     <div>
      <ul class="list"><li> Le 11 novembre commémore tous ceux qui sont mort pour la France à l'occasion de tous les conflits, les deux guerres mondiales, mais aussi les autres conflits.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Bien sûr, c'est le 11 novembre 1918, une victoire à l'arrachée, à bien des égards surprenante, car la France est affaiblie en Europe. Je rappelle : Trafalgar et Waterloo, elle avait perdu l'hégémonie mondiale et maritime ; 1870, Sedan, un rival surgissait sur le continent ; et en 1914-1918, la France est l'âme de la coalition. Elle tient en 1914 grâce à aux russes, ce qu'on oublie toujours de rappeler, parce que les Russes attaquent en Prusse orientale, et obligent deux corps d'armées allemands à courir aux frontières de l'est, donc nous permet de tenir sur la Marne.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce conflit, très cher payé, et qui aboutit à une paix fragile, parce qu'elle n'était pas garantie par les Etats-Unis, contrairement aux engagements de Wilson vis à vis de Clemenceau, n'a pas empêché une surenchère du pangermanisme, sous la forme la pire qui soit, puisque c'était le nazisme.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> C'était un sursaut français, mais aussi anglais. Je pense qu'il faut bien voir que la guerre de 14-18, c'est surtout l'intervention de la Grande-Bretagne, qui n'était pas prévue par les Allemands, au moment du viol de la neutralité belge, parce que les Britanniques ne pouvaient pas accepter que le continent soit dominé par l'Allemagne, pas plus qu'ils ne l'avaient accepté de Napoléon.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Aujourd'hui, tous les peuples européens ont chuté. Il n'y en a aucun qui ne puisse considérer qu'il est plus puissant aujourd'hui qu'il ne l'était en 1914. Et le déclin de la France est parallèle à celui des autres puissances européennes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Cette situation devrait nous conduire à définir une confédération européenne, qui nous permettrait d'agir ensemble, pour peser dans le monde de demain. Parce que ce qui s'est passé après les deux guerres mondiales, c'est le passage de l'hégémonie, qui était européenne, aux États-Unis. Le XXIe siècle, ce sera les Etats-Unis et la Chine. Que va faire l'Europe ? Est-ce que nous serons capable, non pas de substituer une nation européenne aux nations qui existent – il y a une trentaine de nations en Europe – mais une confédération européenne, enjambant même la Méditerranée, parce que l'espace euro-africain est très important ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si nous sommes capables d'avoir cette vision d'avenir, je pense que nous remonterons la pente.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'erreur est antérieure à François Hollande et Nicolas Sarkozy. On a cru substituer l'Europe aux nations. L'erreur, c'est la génération Giscard-Schmidt, et Mitterrand quand même aussi, il faut bien le dire, parce que le traité de Maastricht, c'est François Mitterrand : on crée une monnaie unique, on abandonne notre souveraineté monétaire, nos frontières (Schengen). Le résultat n'est quand même pas brillant.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je rappelle que c'est à 1% de majorité que le traité de Maastricht a été approuvé, et qu'en 2005 c'est 55% des Français qui ont rejetté le projet de traité constitutionnel de M. Giscard d'Estaing.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis patriote, mais je n'emploie pas le mot souverainiste, non pas que j'ai quelque chose contre la souveraineté. Je rappelle que le titre I de la constitution c'est « De la souveraineté ». La souveraineté, c'est la démocratie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut proportionner l'accueil à la capacité d'intégration. Si nous sommes capables d'intégrer, bien entendu, nous pouvons accueillir. De toute façon, la solution est à la fois une régulation des flux de migrants, qui est nécessaire, et qu'il faudra aborder beaucoup plus sérieusement que cela n'a été fait jusqu'à présent, et puis d'autre part un renforcement de l'intégration, ce qui suppose que nous aimions nous-mêmes, que nous croyons à la France, qu'elle ait encore un avenir, qu'elle peut donner sens à l'Europe.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si nous donnons envie d'adhérer à un projet républicain, Français et européen, les jeunes issus de l'immigration peuvent avoir envie de s'agréger à cette nation, qui garde un horizon. Si par contre, elle n'a plus d'horizon, qu'elle ne pense qu'à la fatalité de son déclin, et si elle entend ses élites qui n'ont de cesse que la France est faite pour être enterrée, à ce moment là, on n'a pas envie de s'intégrer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Florian Philippot a peut-être été dans un de mes comités de soutien, il y avait quand même beaucoup de monde, mais je ne l'ai pas rencontré. De toute façon, le Front National, c'est un génome d'extrême-droite, et c'est sur les problèmes de la relation de la France au reste du monde quelque chose qui n'est pas acceptable. Je pense que la nation, c'est l'idée républicaine de la nation, tournée vers l'autre, vers l'amitié avec les autres peuples, vers l'intérieur de la France, c'est l'amitié civique. Tout cela, je ne le trouve pas dans le programme du Front National.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La réflexion sur la fusion des listes PS et UMP dans les régions où le FN pourrait l'emporter est tout à fait prématurée. Je pense que le moment n'est pas venu de spéculer. Je pense que la priorité est à la campagne : il faut trouver de bons arguments et faire une campagne digne. Je suis tout à fait hostile à l'hystérisation du débat politique. Je pense qu'il faut analyser les arguments, débattre.        
       </li></ul><ul class="list"><li> En tant que patriote français, je pense que la France doit avoir une relation spéciale avec la Russie. Je rappelais la Première Guerre mondiale, j'aurais aussi pu rappeler la Seconde : Stalingrad... C'est quand même eux qui ont payé le plus lourd tribut. Et je pense que c'est rester dans une bonne tradition, qui est non seulement celle de la Troisième République, mais celle du gaullisme, que de penser qu'il y a place pour le dialogue avec la Russie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous avons avec la Russie des ennemis communs. Il y a Daesh. Nous devons travailler ensemble à trouver une solution politique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est mal poser le problème que de poser la question du départ de Bachar El Asad. On personnalise le problème. La vraie question, c'est l'Etat. Il faut maintenir un Etat. Bachar il peut disparaître, personne n'y est attaché, mais il faut que l'Etat syrien demeure, et que par accord politique, on arrive à consolider les bases de cet Etat, à vaincre Daesh, Al Qaeda. Le régime peut évoluer, on peut discuter. Les modérés existent sur le terrain, on les soutient depuis trois ans, mais à un moment donné il faut tirer les conclusions qui s'imposent. Il faut rendre la Syrie vivable pour son peuple.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'origine principale des migrants à l'avenir ne sera pas la Syrie ou l'Irak, ce sont des pays relativement peu peuplés. Regardez l'Afrique, voyez les problèmes qui se posent, du Sahel à la Corne de l'Afrique. Si nous ne les prenons pas dès maintenant en prenant à bras le corps la question du co-développement, c'est une bombe que nous laisserons exploser dans quinze ou vingt ans. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.chevenement.fr/La-souverainete-c-est-la-democratie_a1771.html</link>
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   <title>"La politique européenne est très largement déterminée par les Etats-Unis" </title>
   <pubDate>Mon, 02 Nov 2015 13:43:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Arte, dimanche 1er novembre 2015. Il répondait aux questions de John Paul Lepers.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li> La fonction de représentant spécial de la France en Russie que le Président de la République m'avait confié en 2012 est purement bénévole. Cela avait un sens au moment où elle m'a été proposée, et qui aujourd'hui est évidemment rendue peu effective par les sanctions qui frappent la Russie. Je m'efforce d'intervenir au niveau politique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai quand même l'espoir que si les accords de Minsk sont appliqués, les sanctions seront levées au mois de janvier 2016, je l'espère.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Barack Obama, en sautant de son hélicoptère, avait dit au mois de juin dernier, que naturellement, les sanctions seraient renouvelées. Je pense que les Européens n'avaient pas encore eu le temps de se réunir. Je pense que, très largement, la politique est déterminée par les États-Unis. Il y a quand même un pays qui est un peu plus égal que tous les autres, qui donc donne le « la ». </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Par rapport aux États-Unis, les Russes sont loin d'être les plus forts ! La Russie est aujourd'hui une puissance relativement faible. Mais les États-Unis sont la nation incontournable : c'est eux qui dirigent.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que nous sommes alliés des Américains, mais nous ne sommes pas leurs vassaux.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les sanctions qui frappent la Russie frappent aussi l'Europe, puisque la moitié du commerce extérieur russe se fait aussi avec l'Europe. Qu'est ce que les Russes font avec les Etats-Unis ? 2 ou 3%, donc pour les Américains ce n'est en aucune manière une gène ! Mais c'est très gênant pour la France, l'Allemagne, l'Italie : nos exportations ont pratiquement diminué de moitié alors que nous devons quand même gagner notre vie. En France nous exportions 9 milliards et nous devrions être à 4,5 milliards cette année.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le contrat pour les deux navires de type Mistral était prévu depuis longtemps. C'était des coques non-armées, qui devaient aller dans le Pacifique à Vladivostok, et je pense que le principe de respect des contrats signés pouvait parfaitement être défendu. Maintenant, mon action a plutôt consisté à essayer d'ouvrir une voie diplomatique. Je suis allé à Sotchi le 4 mai 2014 pour préparer la venue à Paris de Vladimir Poutine. Il m'a alors indiqué que le problème des régions russophones de l'est ukrainien devait êtreréglé à l'intérieur de l'Ukraine, par une politique de décentralisation qui donnerait à ces populations, qui parlent le Russe, qui sont orthodoxes, dont certaines sont rattachées au Patriarcat de Moscou, un minimum d'autonomie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il aurait mieux valu ne pas placer l'Ukraine devant un choix impossible : soit vous êtes avec la Russie, soit vous êtes avec l'Europe, mais plutôt leur dire que l'on va s'associer avec les Russes pour ler aider à se constituer en Etat, à se moderniser. Si le projet d'accord entre les Européens et l'Ukraine avait été discuté avec la Russie, la crise aurait été parfaitement évitable.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que l'on fait beaucoup de procès d'intention à Vladimir Poutine. C'est un homme que j'ai vu, c'est incontestablement un homme intelligent. Ce n'est pas un enfant de choeur. Disons qu'il faut juger Poutine sur son bilan. Il a quand même redressé économiquement la Russie, redressé l'Etat, et les Russes lui en savent gré puisqu'il y a aujourd'hui une majorité de plus de 70% qui considèrent qu'il défend au mieux les intérêts de la Russie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne dis pas que c'est la démocratie, mais pour qu'il y ait une démocratie qui fonctionne, il faut qu'il y ait une opposition. Il n'y a pas d'opposition qui pourrait prendre le pouvoir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Tout ce qui est dit en Occident est trop souvent biaisé et il y a un formatage d'opinion pour essayer de nous faire comprendre que la Russie c'est le mal, que nous sommes revenus à l'époque de la Guerre froide, qu'il faut voir le monde en noir et blanc. Moi je pense au contraire qu'il faut toujours essayer de comprendre ce qu'il y a dans la tête de l'autre, quand même c'est le rôle des diplomates.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que Vladimir Poutine a un projet de modernisation de la Russie, il veut en faire un grand pays moderne. La démocratie serait beaucoup mieux portée par la modernisation de la Russie, le développement des classes moyennes, qui portent des idées plus proches des nôtres, plus démocratiques, et c'est en cela que je mets l'espoir d'une démocratie toujours meilleure en Russie, beaucoup plus que dans les pressions, dans les agressions ou dans les sanctions que nous pourrions faire subir à la Russie, qui se croyait assez proche de l'Europe et qui découvre une Europe qui ne correspond pas à l'idée qu'elle s'en faisait.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crois savoir que la Russie n'a pas encouragé la Grèce dans le sens que vous dites, d'ailleurs les Grecs voulaient rester dans l'euro, c'est plutôt M. Schauble qui voulait qu'ils sortent.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je voudrais simplement dire pour conclure que je crois à l'Europe, mais l'Europe doit se faire dans le prolongement des nations, car l'Europe ce n'est pas les Etats-Unis d'Amérique. Il faut s'appuyer sur la démocratie qui vit dans les nations pour faire non seulement une confédération, mais même mettre en commun certaines compétences à condition qu'on en contrôle l'exercice de manière démocratique. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.chevenement.fr/La-politique-europeenne-est-tres-largement-determinee-par-les-Etats-Unis_a1768.html</link>
  </item>

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   <title>Syrie : "l'humanisme consiste à abréger un conflit plutôt qu'à le prolonger"</title>
   <pubDate>Fri, 23 Oct 2015 18:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans l'Hémicyle, vendredi 23 octobre 2015.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/8427033-13227816.jpg?v=1445616961" alt="Syrie : "l'humanisme consiste à abréger un conflit plutôt qu'à le prolonger"" title="Syrie : "l'humanisme consiste à abréger un conflit plutôt qu'à le prolonger"" />
     </div>
     <div>
      Le terrorisme djihadiste est un défi qu’on ne relèvera que dans  la longue durée. Il faudra assécher le terreau où cette idéologie mortifère plonge ses racines, en particulier les conflits du monde arabo-musulman qui ont leurs causes endogènes mais que les États-Unis ou nous-mêmes avons souvent contribué à allumer, que ce soit en Irak ou en Libye, ou entretenus, comme c’est le cas en Syrie, pays désormais dévasté par la guerre. Afin de rendre possible l’éradication de Daech, à la fois en Syrie et en Irak et dans les délais les plus courts, la France doit hiérarchiser ses priorités, et retrouver un rôle de médiateur et facilitateur dans les relations internationales, sans mélanger droit-de-l’hommisme et politique.       <br />
              <br />
       Daech est une menace pour les pays musulmans d’abord mais aussi pour les autres, la Russie comme l’Occident. C’est un défi commun. Avant de former une coalition, il faut définir l’objectif politique. La France n’a rien à gagner à la fragmentation du Moyen-Orient. Elle doit s’efforcer de restaurer ou préserver l’intégrité territoriale et l’unité des États concernés en les rendant vivables pour leurs habitants : un Irak fédéral donnant une place aux sunnites de l’Ouest, une Turquie qui devrait trouver une solution durable et pacifique à la question kurde à l’intérieur de ses frontières, une Syrie, enfin, dont le régime devrait à long terme se démocratiser et s’ouvrir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Que Bachar el-Assad soit un dictateur brutal ne fait aucun doute, mais son élimination aboutirait à ouvrir les portes de Damas à Daech. D’un côté, les frappes opérées par la coalition internationale dirigée par les États-Unis ont montré leur insuffisance. De l’autre, les alliés en Syrie, qu’on dit « modérés », n’existent pas. L’« Armée de la conquête », soutenue par l’Arabie saoudite et par la Turquie, et présente dans le nord-ouest de la Syrie, n’est pas une alternative. Elle est en fait composée pour l’essentiel d’un groupe djihadiste, al-Nosra, qui est une filiale syrienne d’Al-Qaïda, et d’un groupe salafiste Ahrar al-Sham. Faut-il préférer Al-Qaïda à Daech ? Le recul et la disparition de Daech ne pourront se faire sans le concours du régime de Bachar el-Assad, ni sans un dialogue avec la Russie, dont les frappes sont efficaces parce qu’elles sont coordonnées avec les forces gouvernementales à terre.       <br />
              <br />
       Nous ne devons pas non plus oublier que Daech n’est pas un phénomène né en Syrie. Al-Baghdadi a commencé par proclamer son califat en Irak, dans les régions occidentales dont la population sunnite s’est sentie rejetée par la politique sectaire du gouvernement du Premier ministre al-Maliki. C’est ensuite que cet « État islamique »(EI) s’est étendu en Syrie, en profitant du vide politique créé par la guerre civile.       <br />
              <br />
       Toute politique, pour avoir du sens, doit partir des réalités. Notre position « à l’ouest de l’Ouest », comme je l’ai dit à la tribune du Sénat, en septembre 2013, ne peut conduire qu’à l’isolement de la France. On ne combat pas efficacement le terrorisme par des moyens militaires seulement, mais à partir de vues politiques justes. Comme dit l’adage « Il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port ». Seule une coalition des grandes puissances d’une part, mais aussi des puissances régionales de l’autre avec la Turquie, l’Iran, l’Égypte et les pays arabes du Golfe, permettra de vaincre Daech. Nous devons éviter de rentrer dans son jeu en envoyant des troupes au sol, sans parler du risque d’enlisement, faute d’objectif clair, car Daech ne veut rien tant qu’une guerre de civilisations, entre les musulmans ralliés à sa bannière et un « Occident » unique et fantasmé engagé dans une nouvelle croisade. L’éradication de l’EI est d’abord l’affaire des peuples concernés, notamment les peuples irakien et syrien, que nous pourrions aider à s’en débarrasser. Cela pourrait se faire à travers l’appui de forces militaires terrestres, locales de préférence, au besoin soutenues par les grandes puissances dès lors qu’il y aurait un mandat clair de l’Onu.       <br />
              <br />
       Énoncer ce défi est une manière d’en prendre la mesure, d’autant que la question migratoire, directement liée au chaos syrien, se fait chaque jour plus pressante. Il s’agira de faire en sorte que les quatre millions de réfugiés qui se trouvent majoritairement en Turquie, en Jordanie, au Liban, mais aussi en Europe, puissent revenir en Syrie et reconstruire leur pays. Le mécanisme d’accueil mis en place au niveau européen est acceptable dans l’urgence afin de venir en aide aux réfugiés qui ont gagné les côtes européennes, mais il faut surtout tarir la source de ces flux de réfugiés, c’est-à-dire rétablir la paix : l’humanisme consiste à abréger un conflit plutôt qu’à le prolonger.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lhemicycle.com/5103-syrie-lhumanisme-consiste-a-abreger-un-conflit-plutot-qua-le-prolonger/">L'HEMICYCLE</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Syrie-l-humanisme-consiste-a-abreger-un-conflit-plutot-qu-a-le-prolonger_a1765.html</link>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Le Moyen-Orient dans la politique étrangère des puissances"</title>
   <pubDate>Thu, 08 Oct 2015 12:46:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
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   Les actes du colloque du 29 juin 2015 sont en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/8363427-13108628.jpg?v=1444301119" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Le Moyen-Orient dans la politique étrangère des puissances"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Le Moyen-Orient dans la politique étrangère des puissances"" />
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      <ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil-de-Jean-Pierre-Chevenement_a898.html">Accueil</a> de Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica.        
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Introduction_a899.html">Introduction</a> de Loïc Hennekinne, ambassadeur de France, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-impuissance-des-puissances-Israel-Palestine-un-conflit-septuagenaire_a900.html">L'impuissance des puissances. Israël-Palestine : un conflit septuagénaire</a>, par Bertrand Badie, professeur de Relations Internationales à Sciences Po       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-importance-du-facteur-energetique-et-ses-repercussions-politiques-depuis-1945-et-a-l-epoque-de-la-Guerre-Froide_a901.html">L'importance du facteur énergétique et ses répercussions politiques depuis 1945 et à l'époque de la Guerre Froide</a>, par Francis Perrin, président de Stratégies et Politiques énergétiques, et directeur de la revue &quot;Pétrole et gaz arabes&quot;       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-Iran-et-la-valse-hesitation-des-puissance_a902.html">L'Iran et la valse hésitation des puissance</a>, par François Nicoullaud, ancien ambassadeur en Iran       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-jeu-avec-le-feu-du-facteur-religieux-sunnisme-contre-chiisme_a903.html">Le jeu avec le feu du facteur religieux : sunnisme contre chiisme</a>, par Flavien Bourrat, spécialiste du monde arabe, ancien chef du bureau Maghreb Proche Orient à la Délégation aux Affaires Stratégiques du ministère de la Défense       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Conclusion-de-Jean-Pierre-Chevenement_a904.html">Conclusion</a> de Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a905.html">Débat final</a> animé par Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica.        <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-Moyen-Orient-dans-la-politique-etrangere-des-puissances_r123.html">&quot;Le Moyen-Orient dans la politique étrangère des puissances&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.        <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque &quot;Le Moyen-Orient dans la politique étrangère des puissances&quot; <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/Le-Moyen-Orient-dans-la-politique-etrangere-des-puissances_p111.html">est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.</a></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Le-Moyen-Orient-dans-la-politique-etrangere-des-puissances_a1760.html</link>
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