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 <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-16T08:52:52+02:00</updated>
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   <title>"Si Macron l'emporte, que restera-t-il du PS?"</title>
   <updated>2017-01-11T16:08:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Si-Macron-l-emporte-que-restera-t-il-du-PS_a1901.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2017-01-11T16:08:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement à La Provence, propos recueillis par Marie-Cécile Berenger, mercredi 11 janvier 2017.     <div>
      <b>La Provence: Vous dressez un diagnostic inquiétant de la mondialisation...       <br />
       Jean-Pierre Chevènement: </b>Nous sommes frappés depuis 30 ans par la désindustrialisation, un chômage de masse, une certaine désagrégation du pays, et maintenant la montée du terrorisme djihadiste. C'est la conséquence de cette mutation du capitalisme qui a entraîné &quot;la gouvernance par les nombres&quot;. Les phénomènes comme le Brexit sont les symptômes d'un monde qui va changer de paradigme. On sent un recentrage au moins des grands pays sur ce qu'on aurait appelé autrefois une sphère de co-prospérité, on va voir l'Amérique se replier sur elle-même, la Chine entraîner l'Asie dans son orbite.       <br />
              <br />
       L'Europe a encore sa place ? La question est de savoir si l'Europe peut modifier son modèle de développement imposé par l'Allemagne, un modèle mercantiliste. Il est temps qu'en France, une voix s'élève pour rectifier la trajectoire. L'Europe a toujours sa place mais il faut qu'elle la taille en partenariat étroit avec la Russie.       <br />
              <br />
       <b>Quel serait votre candidat idéal à la présidentielle ?</b>       <br />
       Fillon pour la politique étrangère, Valls pour les soucis de l'État, de l'ordre public, de la lutte contre le terrorisme, Montebourg pour le made in France, la politique industrielle, l'État stratège et la critique de la politique européenne. Le pays attend une vision cohérente à long terme et aujourd'hui, il n'a pas son compte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Cette vision pourrait sortir de la primaire socialiste ?</b>       <br />
       Je ne crois pas, c'est pourquoi je me tiens en dehors. Le Parti socialiste est arrivé au bout de son cycle depuis longtemps et la montée de Macron traduit le désaveu des Français. Il a eu l'art de ne pas s'avancer beaucoup dans le domaine des propositions. Il peut contenter tout le monde ainsi.       <br />
              <br />
       <b>Il est populiste ?</b>       <br />
       Il n'entre pas dans la catégorie habituelle de populisme, il est assez habile pour ne pas décevoir une partie de ses soutiens.       <br />
              <br />
       <b>Il y aura encore un PS demain ?</b>       <br />
       Ce n'est pas sûr. Si Macron l'emporte devant ses concurrents de gauche au premier tour de la présidentielle, qu'est-ce qui restera du PS ? Le pays a besoin d'un gouvernement républicain énergique, d'un pôle républicain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>"Je ne suis pas partisan du grand bond en arrière social de François Fillon"</title>
   <updated>2017-01-08T15:28:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Je-ne-suis-pas-partisan-du-grand-bond-en-arriere-social-de-Francois-Fillon_a1900.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2017-01-04T12:30:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Laurence Ferrari sur ITélé, mardi 3 janvier 2017.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>A propos des primaires à gauche</title>
   <updated>2016-12-07T13:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/A-propos-des-primaires-a-gauche_a1893.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2016-12-07T13:18:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Je n’entends pas prendre position dans les primaires organisées par le parti socialiste auquel je n’appartiens plus depuis 1993.        <br />
              <br />
       Arnaud Montebourg a toujours tenu des positions méritoires et continues sur la nécessité d’une politique industrielle fondée sur le patriotisme économique. De même a-t-il constamment pointé les vices de conception de l’actuelle construction européenne.        <br />
              <br />
       Manuel Valls quant à lui a pris la mesure des problèmes de sécurité que le pays va devoir affronter. Son sens de l’autorité de l’Etat est indéniable.        <br />
              <br />
       Les orientations portées par ces deux candidats sont à mes yeux plus complémentaires qu’opposées.       <br />
              <br />
       La France, qui seule compte, est placée devant deux défis :        <br />
       -	relever l’idée républicaine dans sa cohérence et dans son exigence ;       <br />
       -	se plier en tous domaines à un devoir de vérité et accomplir un effort de rigueur qui, pour être accepté, devra être équitablement partagé.       <br />
              <br />
       Sur ces deux sujets, le pays mérite un débat approfondi et sans démagogie.       <br />
              <br />
       A ce stade, j’entends avant tout préserver ma liberté de jugement et d’expression afin de faire valoir ces exigences et ainsi servir le pays.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
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   <title>"Contester Angela Merkel, ce n’est pas de la germanophobie"</title>
   <updated>2011-12-19T18:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Contester-Angela-Merkel-ce-n-est-pas-de-la-germanophobie_a1323.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2011-12-19T18:18:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement au magazine Causeur paru dans le numéro de décembre 2011     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3564211-5141721.jpg?v=1324314834" alt=""Contester Angela Merkel, ce n’est pas de la germanophobie"" title=""Contester Angela Merkel, ce n’est pas de la germanophobie"" />
     </div>
     <div>
      <b>Élisabeth Lévy:  Trois d’entre nous ont fait campagne avec vous en 2002, et nous revoilà dix ans après ! Votre candidature à la présidentielle de 2012 nous offre l’occasion de juger ce qu’il reste de nos accords et de nos désaccords.        <br />
       Commençons par une mauvaise blague : j’ai récemment vu la marionnette de Jospin aux Guignols se plaindre de votre nouvelle candidature ... Vous voulez encore faire perdre la gauche, mon cher Jean-Pierre ? </b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement:</b> Cette question est réglée depuis longtemps. Il me suffit de rappeler mes thèmes de campagne de 2002 : je pense avoir été l’un des rares hommes politiques à dénoncer l’hubris du capitalisme financier, la logique à court terme des marchés et le risque inquiétant de leur omnipotence.        <br />
              <br />
       Souvenez-vous de l’université d’été du MEDEF (septembre 2001) où j’ai critiqué la théorie de l’acquisition de la valeur par l’actionnaire, ou du discours de Vincennes (9 septembre 2001) où j’ai présenté mes orientations fondamentales, rappelant notamment que l’horizon de l’Histoire, ce n’étaient pas les marchés financiers mais les nations et les peuples. Je prônais déjà l’élargissement des missions de la Banque centrale, le redressement de l’Europe à partir des nations, la restauration d’une politique industrielle impulsée par un Etat stratège, sans compter quelques repères fermes dans des domaines comme l’école, l’immigration et la sécurité. Ma ligne actuelle reste fidèle à ces grands axes. Je n’ai que le tort d’avoir eu raison trop tôt. La crise ouverte en 2008 et plus encore la crise de l’euro auraient dû, en bonne logique, amener les socialistes qui m’ont transformé en bouc émissaire du 21 avril, à réviser leur jugement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>EL: Mais c’est votre positionnement « Ni droite ni gauche » qui vous a permis de créer le « rassemblement républicain » autour de ces thèmes ! </b>       <br />
       Je n’ai jamais employé cette expression « ni droite ni gauche ». J’ai dit – ce qui est tout à fait différent : « au-dessus de la droite, au-dessus de la gauche, telles qu’elles sont devenues, il y a la République   ! » Ce n’est pas parce que j’ai levé le voile sur la collusion entre la droite et le PS sur la dérégulation libérale et sur la monnaie unique et leur égale inconsistance sur la plupart des sujets que j’ai perdu de vue la bipolarisation de notre vie politique. J’ai par ailleurs affirmé l’enracinement de la droite et de la gauche  dans notre Histoire depuis 1789, ce qui ne m’a pas empêché de fustiger leurs dérives respectives.       <br />
              <br />
       L’Acte Unique, ratifié en 1986 par un gouvernement de droite avec l’appui du PS, puis le traité de Maastricht, voté en 1992 à l’initiative du PS avec le soutien de Chirac, Balladur, Giscard et Sarkozy, ont bien révélé l’allégeance commune des deux partis majoritaires au néolibéralisme alors triomphant. Allégeance plus ou moins grimée aux couleurs de l’Europe. Ainsi dans la même période, la gauche se détournait du peuple et la droite abandonnait la nation.        <br />
              <br />
       <b>EL: Enfin, rappelez-vous, c’était « bonnet rose » et « rose bonnet » !</b>       <br />
       Non, vous apportez de l’eau au moulin de mes adversaires. J’en ai appelé beaucoup plus profondément à la République, qui se trouve bien au-dessus de la gauche et de la droite telles qu’elles sont devenues, et qui est le seul cap susceptible de redonner du sens et une vision à l’action politique. Tout ce qui s’est passé depuis 2008 m’a malheureusement donné raison. Presque tous les dirigeants, de droite comme de gauche, se retrouvent coincés par les effets de la dérégulation à laquelle ils ont prêté la main! J’invite donc les responsables des dégâts qu’ils déclarent aujourd’hui vouloir combattre, à faire leur autocritique. Ce serait un gage de leur sincérité future.       <br />
              <br />
       <b>EL: Je ne comprends toujours pas : pourquoi, en ce cas, continuer à vous dire de gauche ? Peut-on se réclamer d’une gauche rêvée en dénonçant la gauche réelle ?</b>       <br />
       La gauche, c’est d’abord une idée, vieille de deux siècles. Elle se définit dès 1789, par la foi dans un nouveau départ de l’Humanité fondé sur la raison, l’égalité des hommes et sur la citoyenneté. Ce sont des valeurs universelles qui vont à l’encontre de la fixité des origines et des valeurs de l’Ancien Régime, l’inégalité des hommes assignés à un ordre, la tradition et le privilège garantis par le droit divin. En même temps, je sais très bien que la France a existé avant la République. Dans « La France est-elle finie ? », je rappelle que la France a été la matrice de la République, que l’Edit de Nantes a précédé la liberté de conscience affirmée par la Révolution et que par conséquent la France depuis longtemps portait en elle les valeurs républicaines. La République rompt avec l’ordre ancien qui définissait les Français par leur appartenance à tel ou tel ordre, elle ne fait pas pour autant table rase du passé. Pour moi, la République est le nom moderne de la France. C’est pourquoi il faut protéger la langue française, enseigner notre histoire telle qu’elle s’est faite depuis le partage de l’Empire de Charlemagne, préserver les valeurs de transmission liées à l’école, les valeurs simples que sont la bonne éducation, la politesse, le travail bien fait, etc. Ce sont des valeurs de civilisation qui appartiennent aussi bien à la gauche qu’à la droite, et qu’il faut savoir protéger. Bref la gauche, selon moi, doit aussi veiller à la « transmission » : l’Ecole de ce point de vue est le meilleur exemple du redressement nécessaire.       <br />
              <br />
       <b>EL: Peut-être voulez-vous parler de valeurs qui n’appartiennent ni à la gauche ni à la droite » … </b>       <br />
       Vous poussez le bouchon un peu loin ! Il existe encore à gauche des gens fidèles à l’héritage de la culture républicaine ! J’aimerais que la gauche tout entière se réapproprie l’héritage républicain, qu’elle ferme cette parenthèse « libérale -libertaire » qui a accompagné idéologiquement son ralliement au néolibéralisme.         <br />
              <br />
       <b>Gil Mihaely: Si vous appartenez toujours à cette famille politique, pourquoi n’avez-vous pas, à l’image de Jean-Michel Baylet, participé aux primaires « citoyennes » qui avaient précisément pour but de la rassembler ?</b>       <br />
       Ces primaires m’auraient mis à la merci du courant central social-libéral du PS. Les deux candidats en tête, Aubry et Hollande, différent par leurs tempéraments, mais défendent une ligne politique voisine. J’aurais donc été en concurrence avec Montebourg, dont le score a d’ailleurs surpris beaucoup de monde. Je n’avais ni envie ni intérêt à me mettre dans cette situation qui m’aurait lié par la suite. Je suis conscient que ma candidature m’expose à tous les coups, mais cela importe peu quand on considère l’importance des enjeux. La hargne des bien-pensants et de leurs journaux est pour moi un brevet de vertu républicaine. Dans la crise gravissime que nous traversons, ma voix est plus légitime que d’autres et il est de mon devoir de la faire entendre.        <br />
              <br />
       <b>GM: Si Montebourg avait remporté les primaires, vous seriez-vous présenté ?</b>       <br />
       Montebourg développe deux analyses très intéressantes, l’une sur la nécessité de reprendre le contrôle du système financier, et l’autre sur la protection de notre industrie. Il est plus évasif sur d’autres questions, par exemple sur la crise de l’euro. J’ai été l’un des rares à critiquer en 1992 le transfert de la souveraineté monétaire de la France et des autres pays européens, à un aréopage de banquiers irresponsables dont l’unique mission était de lutter contre l’inflation. J’ai refusé que l’on transpose à toute l’Europe les statuts de la Bundesbank et que l’on fasse une monnaie européenne calquée sur le mark. L’idée qu’en piquant son mark à l’Allemagne on allait corseter du même coup la puissance allemande était une idée courte. Le mark était une monnaie faite sur-mesure pour l’Allemagne, pas pour la plupart des autres pays européens – dont la France ! Le constater n’est pas tomber dans la germanophobie.       <br />
              <br />
       <b>GM: Faut-il comprendre que pour vous, l’inflation ne représente pas un danger ? Les Allemands ne partagent pas ce point de vue…  </b>       <br />
       Il suffit d’allumer la radio ou la télévision pour comprendre à quel point l’ignorance historique conduit certains journalistes à dire des sornettes sur les Allemands. Ce n’est pas l’inflation mais la déflation qui a conduit au nazisme. La politique du chancelier Brüning a créé 8 millions de chômeurs au début des années 30. Si les Allemands sont traumatisés par l’inflation aujourd’hui, la confiscation de 85 % de leurs avoirs en banque au moment de la création du deutschemark par les Américains y est peut-être pour quelque chose ! Evidemment l’inflation n’est pas aujourd’hui le principal danger (du fait de la pression exercée par les pays à très bas coût). Ce qui menace, c’est la déflation !       <br />
              <br />
       <b>Basile de Koch: Vous n’avez toujours pas répondu à la question qu’Élisabeth a tenté à plusieurs reprises de vous poser sur l’obsolescence des vieux clivages ... Mais ce n’est pas la première fois que vous esquivez de la sorte : c’était déjà le cas il y a dix ans ! Alors si vous pouviez répondre à cette question aujourd’hui, ça nous éviterait de vous la reposer dans dix ans…</b>       <br />
       Je dois me méfier de mes « soutiens » quand ils interprètent mal ma pensée. Mon parcours parle pour moi. Je suis un homme de gauche mais un homme de gauche indépendant, bref je suis d’abord un républicain. D’autres ont évolué en sens inverse. Nous pouvons nous retrouver sur la République et ce qu’elle signifie.       <br />
              <br />
       <b>EL: Beaucoup de « gens de droite » vous ont rejoint en 2002 ! Je le sais, j’y ai contribué en les persuadant les uns après les autres que vous ne retourneriez pas ensuite au bercail.</b>       <br />
       Nous nous sommes très bien entendus avec beaucoup de ces républicains « venus de l’autre rive », parce qu’ils ont éprouvé ce besoin d’un  dépassement nécessaire. Mais puis-je vous suggérer de ne pas vous-même « revenir au bercail » ?       <br />
              <br />
       <b>BdK: Il est vrai néanmoins que l’histoire vous a donné raison. Vous vouliez faire bouger les lignes ? Eh bien, elles bougent. Outre Montebourg, Mélenchon, Dupont-Aignan et même Marine Le Pen ont adopté les grandes lignes de votre discours économique, alors ... </b>       <br />
       Vous avez raison, en gros. Sauf sur un point : La nature du Front National n’a pas changé. Il s’est développé et prospère toujours sur la xénophobie ! Quant à mon discours économique, il est trop finement argumenté pour pouvoir être repris par le premier venu …       <br />
              <br />
       <b>BdK: Mais je ne vous parle pas de ça ... Posons le problème autrement. En 2002, vous étiez le seul à défendre haut et fort la souveraineté budgétaire et fiscale, l’Europe confédérale redressée et le remplacement de la monnaie unique par une monnaie commune, nous vous en donnons volontiers acte. Mais dix ans plus tard, pourquoi vouloir à tout prix n’être encore que le candidat d’une fraction minoritaire de la gauche – alors même que vos idées pourraient être l’épicentre d’un rassemblement beaucoup plus large ?</b>       <br />
       Je veux rassembler, mais pas à partir de la droite. Qu’entends-je par là ? Les idées de liberté, d’égalité et de fraternité ont été critiquées dès le départ en France par Bonald, Joseph de Maistre et en Angleterre par Edmund Burke, parce que leur contenu universaliste ne permettait pas selon eux de rendre compte des particularités humaines. Je crois pour ma part que tout en les comprenant il faut dépasser les particularités. Peu importe qu’un être humain soit jaune, noir ou blanc, il est d’abord un être humain.        <br />
              <br />
       <b>BdK: Vous auriez pu faire figurer les rouges dans votre énumération. Si je vous suis, même les gens de droite sont des êtres humains ?</b>       <br />
       Même eux, je ne les exclus pas du genre humain …       <br />
              <br />
       <b>BdK : Je peux en tout cas vous dire que des gens de droite se réclamant de Bonald ou de Burke - dont généralement ils n’ont jamais entendu parler – je n’en connais pas…</b>       <br />
       On peut se réclamer d’idées dont on ignore qui les a professées au départ ...        <br />
              <br />
       <b>BdK: Connaissez-vous des électeurs de droite qui professent des thèses contre-révolutionnaires au nom de l’absolutisme et du droit divin ? En avez-vous rencontrés qui affirment que tous les hommes ne sont pas égaux ?</b>       <br />
       Il faut avoir l’oreille fine. On peut être imprégné d’une tradition idéologique sans la connaître, peut-être même sans le savoir. Il y a des préjugés et un sectarisme de droite comme il y a des préjugés et un sectarisme de gauche. Je m’en tiens également éloigné. Pour moi, le monde de l’universalisme a, sur celui des particularismes, l’avantage de la solidité. La société des identités, des communautés voire des communautarismes trouve en face d’elle l’idée républicaine, celle d’une société de citoyens. Dans une perspective séculaire, je fais confiance à la force de l’idée républicaine.        <br />
              <br />
       <b>EL: Excusez-moi, c’est exactement le contraire ! La République est en train de s’effondrer devant les injections conjointes et contradictoires de « diversité «  et de « métissage ». Vous devriez en parler à vos amis de gauche.</b>       <br />
       Certaines femmes et certains hommes de gauche se croient en effet « plus à gauche » parce qu’ils défendent la  « différence »,  alors qu’ils tournent le dos aux idéaux universalistes. Au nom de la « différence », ils piétinent sans en avoir pleinement conscience l’égalité dont ils nourrissent par ailleurs les envolées lyriques de leurs discours stéréotypés. Si l’absolutisme de la particularité est mortifère, l’universalité ne saurait être un absolu. Du reste, de même qu’il y a des différences entre Herder et Bonald, il n’y a pas eu une seule expression de l’universalisme révolutionnaire. « La Révolution est un bloc » disait Clémenceau. Force est cependant de reconnaître que dans cette cathédrale, il y avait beaucoup de chapelles … Robespierre lui-même disait avec bon sens que Paris n’était pas la capitale du monde et que les peuples n’aimaient pas les missionnaires bottés. Ce sont les plus inconséquents des révolutionnaires, les Girondins, qui ont déclaré la guerre à l’Autriche et à la Prusse. Quant au métissage, je suis pour : y a-t-il plus belle reconnaissance de l’Egalité ?       <br />
              <br />
       <b>EL: Je me demande si l’inconséquence n’est pas parfois préférable à la certitude. Mais passons. Ne croyez-vous pas que ce qu’il y a de plus universel aujourd’hui, c’est le capitalisme ?</b>       <br />
       Le capitalisme mondialisé se fiche éperdument des valeurs. Ou plus exactement il ne s’intéresse qu’à une seule valeur, l’argent. C’est le seul universel qu’il connaisse.        <br />
              <br />
       <b>BdK: Je reviens à la charge, mon général ! Voyez-vous une quelconque filiation entre ce libéral anglais de Burke et ce patriote français de Dupont-Aignan ? </b>       <br />
       Non, Dupont-Aignan s’inscrit plutôt dans la filiation de de Gaulle.        <br />
              <br />
       <b>BdK:  Il sera ravi de l’apprendre ! Mais alors, son petit particule Debout la République n’appartient pas à la droite telle que vous la définissez…</b>       <br />
       De Gaulle lui-même, dont le père était dreyfusard, a compris que la devise de la France Libre ne pouvait  pas seulement être « Honneur et Patrie » mais aussi « Liberté, Egalité, Fraternité ». Dans un magnifique discours du 22 juin 1940, il a développé l’idée que si la France ne restait pas dans le camp de la liberté, elle cesserait d’être une grande nation. Ce pourquoi son choix n’était pas seulement celui de l’Honneur mais plus profondément encore celui de l’intérêt national       <br />
              <br />
       <b>EL: Mais enfin, vous êtes plus proche de Dupont-Aignan que du moins moderniste des socialistes.</b>       <br />
       J’ai beaucoup d’estime pour lui, je trouve son parcours politique intéressant. Mais comme le disait Adenauer, les hommes sont ce qu’ils sont et Nicolas Dupont-Aignan ne vit pas dans la stratosphère : comme moi à Belfort, il doit se faire réélire à Yerres. Lui a choisi la droite, moi la gauche. Moi, j’ai choisi la meilleure : celle des ouvriers d’Alstom, de Peugeot, etc. Notez par ailleurs, que je me suis toujours défini comme républicain et non comme souverainiste. Pour moi, comme pour le général De Gaulle, la souveraineté et la démocratie sont les deux faces d’une même médaille. L’affirmation de la souveraineté nationale doit aller de pair avec l’exigence démocratique, celle d’une République sociale.        <br />
              <br />
       <b>BdK: Je ne lâche pas : et Péguy, il était de gauche ?</b>       <br />
       Péguy était un être complexe dont se réclament aujourd’hui à la fois la droite et la gauche       <br />
              <br />
       <b>BdK: Et alors quoi, seul Péguy a le droit d’être complexe ? Moi aussi, j’ai envie d’être complexe !</b>       <br />
       Je ne vous en empêche pas. Bien au contraire ! Qui a fait plus d’efforts que moi pour comprendre la manière dont raisonnent les gens de droite ? Je suis prêt à faire encore un effort pour vous.       <br />
              <br />
       <b>BdK: Ça finit par être vexant ! C’est comme si, dans le métro chevènementiste, la première classe était réservée aux universalistes-de-gauche  labellisés, tandis que les autres – étaient relégués en seconde – et encore : juste le temps de leur choper leur bulletin de vote …</b>       <br />
       La droite et la gauche sont deux familles constituées de courants multiples. Lorsque je dis que je suis un homme de gauche, c’est en raison de mon parcours, de mon action et sans doute aussi de ma philosophie. Mais cette histoire ne m’empêche pas de penser librement et de tendre la main aux républicains de l’autre rive chaque fois que l’intérêt général le commande, et je pense l’avoir suffisamment démontré. En revanche, à l’exception du général De Gaulle qui a su accueillir les socialistes à Londres et les communistes pendant la Résistance, je ne vois pas beaucoup de républicains de droite qui aient  emprunté la même démarche. Le programme national de la Résistance n’est pas franchement de droite à ce que je sache ! C’est au cœur de l’épreuve que le dépassement a pu avoir lieu. Eh bien, le temps de l’épreuve est devant nous. Pour surmonter cette crise profonde, il faudra donc rassembler, et au-delà de la gauche.        <br />
              <br />
       <b>EL: Vous appelez au rassemblement, mais vos troupes se sont bien dispersées. De Henri Guaino à l’Élysée à Eric Coquerel au Front de gauche en passant par le PS, les Verts et même le FN, les chevènementistes de 2002 se sont répartis sur tout l’échiquier politique. </b>       <br />
       Un seulement et un seul a rejoint le FN, Bertrand Dutheil de la Rochère, qui a oublié que 1789 séparait la droite de la gauche. Il a sans doute une circonstance atténuante : trop d’aïeux, de trop haut lignage … Mais vous avez raison : mon armée est petite. Comme disait Barrès, « Le ventre et  l’esprit se nourrissent à des sources différentes » ...       <br />
              <br />
       <b>EL: Au lieu de bondir à la simple évocation du FN comme si l’important était de se disculper, vous devriez peut-être vous demander pourquoi des gens qui ne viennent pas de l’extrême droite ont franchi le pas. Des idiots ? Des salauds ?</b>       <br />
       Le noyau organisationnel du Front National a des racines historiques assez fétides dans la collaboration et dans l’OAS. Ceux qui le rejoignent aujourd’hui le font pour d’autres raisons, mais il est trop facile de faire de l’immigration la source de tous nos maux ! C’est un bouc émissaire facile. Enfin, il faut le redire : le Front National est, de toute façon, une impasse politique. …       <br />
              <br />
       <b>EL: Quelques mois avant de rallier le FN, au moment des grandes célébrations du 10 mai 1981, Bertrand Dutheil de la Rochère a publié sur Causeur un texte avec lequel vous seriez bien plus d’accord que moi. Il était le même homme qu’aujourd’hui, non ? </b>       <br />
       Je vous ai déjà dit – par ironie bien sûr - que je lui accordais des circonstances atténuantes, même s’il a été exclu dans l’heure du MRC – et à juste titre.        <br />
              <br />
       <b>BdK: Donc c’est moins grave qu’il ait rejoint le « noyau fétide » !</b>       <br />
       Non, c’est suicidaire.       <br />
              <br />
       <b>EL: Mais enfin, vous voyez bien que Marine Le Pen cherche plutôt à capter les frustrés de la  République que les ennemis de la République !</b>       <br />
       Vous ne pouvez pas faire comme si la fille ne procédait pas du père. Qu’elle cherche à récupérer les frustrés de la République devrait inciter les républicains à se mettre davantage à la hauteur …        <br />
              <br />
       <b>EL: Ses électeurs, en tout cas une écrasante majorité d’entre eux.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>BdK: En parlant de « faire barrage au FN », vous reprenez l’imprécation « antifasciste » de l’après – 21 avril 2002 ?</b>       <br />
       Non ! Il n’y a jamais eu de menace fasciste dans les deux semaines qui ont suivi le 21 avril. C’était une « manip ». Pour reconquérir l’électorat qui cède aux sirènes du Front National, il faut s’attaquer au chômage, aux inégalités, repenser l’Europe, et surtout organiser le grand retour de la République.       <br />
              <br />
       <b>EL: Vous savez bien que ce sont aussi les ratés de l’intégration des immigrés et les difficultés d’assimilation de l’islam qui sont en cause.       <br />
       Croyez-vous vraiment que les gens qui sont tentés par le FN veulent sortir de l’euro ? Le mot « République » suffit-il à effacer la fragmentation géographique et culturelle des classes populaires ? Gilles Kepel a montré le poids croissant de l’appartenance musulmane dans deux villes de la banlieue parisienne. Et quand Claude Guéant propose de réduire de 10 % le flux d’immigration légale, toute votre famille si sympathiquement universaliste pousse des hurlements parce que pour elle, le petit blanc, prolo déclassé ou menacé de l’être, est un salopard xénophobe et rétrograde. Et votre priorité est de faire savoir à la bonne presse que vous n’avez pas succombé à la tentation lepéniste ! Vous regardez trop Canal + ! </b>       <br />
       Il doit y avoir erreur sur la personne : la bonne presse et Canal + me font rarement des fleurs, et pour ma part je n’éprouve nul mépris pour le prolo déclassé. Revenons aux choses sérieuses. La tendance au repli communautaire s’est renforcée dans notre société de plus en plus plombée par un chômage de masse. J’ai l’impression que Gilles Kepel confond l’islamisation avec le communautarisme. Celui-ci se manifeste – il est vrai - surtout sous la forme du respect de prescriptions alimentaires et religieuses, comme la nourriture hallal ou l’observation du Ramadan mais c’est sous la pression de la communauté. Si on regarde les statistiques, la fréquentation des mosquées par les musulmans en France n’est guère supérieure à celle des chrétiens dans les églises. Ce repli communautariste illustre, en réalité, la tendance à l’exclusion sociale. Il se drape dans le voile religieux, voire fondamentaliste pour marquer son extériorité à une société jugée « impie » et que d’ailleurs les valeurs républicaines irriguent de moins en moins …        <br />
              <br />
       <b>EL: L’immigration massive n’a-t-elle pas freiné le processus d’intégration ?</b>       <br />
       Il est évidemment plus difficile d’intégrer en période de crise économique. Mais on ne parle que des trains qui déraillent. J’ai rencontré, il y a peu de temps, un pneumologue d’origine algérienne qui souhaite pourvoir continuer à travailler en France ; eh bien, il m’a fallu une demi-heure pour comprendre qu’il n’était pas français, tant il s’exprimait dans un langage choisi. À long terme, je crois fondamentalement à la capacité d’intégration de la France. Bien sûr, il y a des réticences ; mais si la France s’aimait un peu plus, si on enseignait son histoire non pas comme une faillite, mais comme une somme d’efforts toujours inachevés pour faire triompher les idéaux républicains, elle intègrerait plus facilement. C’est parce que ses élites se sont détournées d’elle qu’il lui est plus difficile de « faire France » avec ses étrangers.       <br />
              <br />
       <b>Daoud Boughezala. En attendant le triomphe de la Raison républicaine, on a l’impression que vous êtes tiraillé entre deux temporalités et donc entre deux logiques. Vous vous réclamez d’une gauche éternelle et d’idéaux qui n’ont rien à voir avec les dogmes du capitalisme mondialisé devant lesquels se soumet la gauche réelle. Donc vous êtes tenté de prôner le dépassement des clivages d’hier. Et vous ne ménagez pas vos critiques aux uns ni aux autres. Et en même temps, vous finissez toujours par vous inscrire dans cette gauche réelle, comme si l’allégeance au mythe devait obligatoirement l’emporter. Votre nouvelle mission, si je vous ai bien entendu, est de « mettre François Hollande  à la hauteur des défis de la France. »</b>       <br />
       Pas plus lui qu’un autre. Sarkozy aussi et les Français de manière générale, il faudrait les mettre à la hauteur ! D’ailleurs Nicolas Sarkozy, sur la question monétaire, est allé dans le sens que je souhaitais en avançant la proposition d’adosser le Fonds européen de stabilité financière (FESF) aux ressources de la Banque Centrale. Dommage qu’il ait retiré sa proposition ! La période historique particulière que nous traversons exige, comme pendant l’Occupation, un rassemblement républicain très large. La crise du capitalisme financier offre l’occasion de sortir de l’impasse néo-libérale et de s’unir dans l’effort de redressement de la France et de l’Europe. Ne jouons pas avec les mots : vous connaissez mon parcours. J’ai été l’un des auteurs du Programme commun de la gauche ; c’est moi que Mitterrand a chargé de rédiger le projet qui a inspiré les 110 propositions de 1981. En 1983, nos chemins ont commencé à diverger. Je ne pensais pas que nous irions jusqu’à l’application de l’Acte unique, qui a levé toutes les restrictions aux mouvements de capitaux, à l’intérieur de l’Union européenne mais aussi vis-à-vis des pays tiers ; ni jusqu'à l’abandon de la souveraineté monétaire de la France, prélude à l’abandon de la souveraineté budgétaire et fiscale - ce vers quoi M. Sarkozy nous conduit avec son projet de « nouveau traité européen ».       <br />
              <br />
       <b>GM: Mais enfin, François Hollande en fera autant … </b>       <br />
       L’itinéraire de François Hollande n’est pas le mien mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Or, François Hollande est tout sauf un imbécile. Au regard de la crise actuelle, il a besoin de préciser ses analyses et ses préconisations ; par exemple, est-il prêt à poser la question de la Banque centrale comme je le fais dans « Sortir la France de l’impasse » . C’était mon « plan A. Mais il suppose l’accord de l’Allemagne.        <br />
              <br />
       Et puis il y a « le plan B », qui est la mutation de l’euro monnaie unique en monnaie commune – c’est-à-dire en monnaie utilisée par tous les pays d’Europe pour leurs échanges extérieurs, chacun retrouvant en interne sa propre monnaie, les parités étant révisées périodiquement pour permettre de corriger les écarts de compétitivité entre pays européens. Quelle est la position de François Hollande et du PS sur ces perspectives ? Nous n’avons pas encore eu des réponses claires. Mais avec l’accélération de la crise, les lignes commencent à bouger de part et d’autre.       <br />
              <br />
       <b>DB: Quoi qu’il en soit, à la fin, vous vous rallierez à François Hollande. N’avez-vous jamais l’impression de ne pas être vraiment libre ? </b>       <br />
       Vous savez tout mieux que moi. ? Etre libre, c’est avoir l’esprit libre. Pour le reste, toute campagne a sa logique J’ai été très content d’entendre François Hollande chanter une ode à la croissance à l’université d’été de La Rochelle, dans le bien-nommé  Collège de l’Oratoire, mais je ne l’ai pas encore entendu dire par quel moyen il compte sortir de la logique de la réduction de la dette par l’austérité. C’est seulement par l’organisation de la croissance à l’échelle européenne qu’on parviendra à réduire l’endettement et les déficits.        <br />
              <br />
       <b>EL: Emmanuel Todd affirme au contraire que toute relance dans le cadre libre-échangiste ne fera que relancer l’économie chinoise.</b>       <br />
       Comment, en effet, protéger notre industrie ? Tout d’abord, on doit substituer une perspective de croissance en Europe à la perspective de récession dans laquelle nous sommes engagés aujourd’hui à travers les plans d’austérité que Mme Merkel veut généraliser à l’ensemble du continent. Il faudrait mettre en œuvre  un plan européen d’investissement et de croissance, soutenu par  l’intervention de la Banque centrale. La politique de l’euro fort, celle de la rente et de la finance a laminé la production au détriment du monde du travail et des salariés. Nous devons impérativement restaurer notre base productive. Encore faut-il s’attaquer aux vraies causes de son érosion. L’euro est une monnaie branlante mais surévaluée de 25 % par rapport à son cours de lancement, qui s’élevait à 1,16$ et qui a atteint 1,60$ en 2008 et 1.37$ aujourd’hui. Comment notre industrie, handicapée par une monnaie aussi écrasante, pourrait-elle redevenir compétitive ? Cela, M. Sarkozy n’en a pas soufflé mot dans son discours de Toulon du 1er décembre. Pour ma part, je crois plus à l’efficacité de la protection monétaire qu’à la reconstitution d’un tarif extérieur commun dont ni l’Allemagne, ni la Grande-Bretagne, ni les pays européens « libéraux » ne veulent.       <br />
              <br />
       <b>EL: Au sujet de l’intervention de la BCE et de la monétisation d’une partie de la dette, vous avez reconnu que Nicolas Sarkozy s’était heurté au refus allemand. Que faut-il faire, passer au plan C, c’est-à-dire la rupture unilatérale ? </b>       <br />
       Non, il faut instaurer un débat public européen avec tous les acteurs politiques et sociaux en Allemagne mais aussi dans les autres pays européens. Contester les orientations monétaires  de la CD-CSU, ce n’est pas de la germanophobie ! Plutôt que de ranimer des querelles franco-françaises, M. Juppé ferait mieux de s’interroger sur la meilleure manière de défendre les intérêts de la France et, j’ajoute, ceux de l’Europe.       <br />
              <br />
       <b>EL: Vous pensez, sans doute à raison, que pour sortir du marasme, les pays Européens doivent mener des efforts concertés. Mais il faut, disiez-vous, prendre acte de la réalité. Or, la réalité c’est que depuis des années, il n’y a pas en Europe de gouvernants prêts à aller dans la direction que vous indiquez. </b>       <br />
       Il y a des élections en France et en Italie en 2012, et en Allemagne en 2013. Notre tâche est d’organiser le débat républicain en amont de ces élections. Un débat sans tabou.       <br />
              <br />
       <b>GM: Que vous inspire l’appel à la décroissance lancé par les Verts, notamment dans son articulation avec la question énergétique ?</b>       <br />
       Toutes les énergies viennent du soleil. Les énergies fossiles sont issues de la photosynthèse, les énergies renouvelables viennent, soit directement du soleil comme le solaire, thermique ou photovoltaïque, soit du vent lorsqu’il s’agit des éoliennes, qui lui aussi, indirectement, vient du soleil. Seul le nucléaire ne vient pas du soleil mais de la matière. Pour la France, le nucléaire est une énergie abondante et bon marché. Il sera indéfiniment renouvelable, grâce au réacteur de quatrième génération qui fabriquera lui-même son combustible. Il est absurde que la France, qui est à l’avant-garde mondiale dans ce secteur, renonce à sa capacité de produire une énergie qui coûte 45 € le mégawatt/heure, contre 70 € pour le gaz, 90 € pour l’éolien et 250 € pour le solaire photovoltaïque. J’ajoute que l’électricité produite à partir des centrales nucléaires permet aussi de soulager le déficit de notre balance commerciale.       <br />
              <br />
       <b>EL: D’accord mais peut-être faut-il réfléchir au paradigme de la croissance qui érige le « toujours plus » en horizon indépassable – et à l’arrivée le « droit acquis » en dogme. Faut-il laisser cette réflexion aux adeptes de la couche lavable ?</b>       <br />
       Les pays émergents ont confiance dans leur avenir, dans leur technologie et dans leur industrie. Ils ne se posent pas la question de la décroissance, contrairement à l’Occident qui fait de « l’heuristique de la peur » théorisée par le philosophe allemand Hans Jonas, le guide de son action. Il faudra bien, cependant, prendre en compte la croissance démographique et économique de l’Asie et anticiper l’épuisement des énergies d’origine fossile, donc préparer la transition énergétique et modifier le contenu de notre croissance. Bref, il ne faut pas renoncer à la croissance mais changer notre modèle de croissance.       <br />
              <br />
       <b>EL: On a le droit de s’interroger sur le matérialisme et l’économisme qui font que, de bas en haut de l’échelle sociale, on apprécie la réussite d’une existence à l’aune des biens matériels qu’on a pu accumuler. </b>       <br />
       Vous voyez midi à votre porte, chère Élisabeth. Tout le monde ne vit pas très bien en France. Le revenu médian s’élève à 1500 euros par mois. De plus en plus de gens ont du mal à joindre les deux bouts. Je suis l’élu d’une région ouvrière et industrielle, qui connaît en même temps un chômage élevé. Pour autant, quand je parle de la nation ou de la République, je ne fais pas de la croissance matérielle l’objectif ultime. Bien sûr qu’il y a des valeurs qui sont aussi et peut-être plus importantes que l’accumulation des biens matériels.        <br />
              <br />
       <b>Marc Cohen: En attendant, il ne faudrait pas que la campagne électorale soit réservée aux bac + 12. Si la bataille se joue sur des enjeux aussi pointus, personne n’y comprendra rien et tout le monde dira n’importe quoi. Même nous si ça se trouve.</b>       <br />
       Il faudra expliquer simplement aux Français les données complexes du problème, en présentant des cas concrets, en montrant, par exemple, la situation intenable dans laquelle l’Italie est embourbée. Voilà un pays qui doit lever 300 milliards d’euros dans l’année qui vient, et qui doit emprunter à 7 %. C’est intenable ! Alors que les banques peuvent emprunter à la Banque centrale à 1,25 % c’est grotesque ! Tout le monde peut comprendre que l’enjeu principal de la crise est le maintien de la base productive des pays industrialisés donc l’avenir de nos retraites et de l’assurance-maladie. Il faut bien faire comprendre aux électeurs que la France ne peut sacrifier, sur l’autel de l’euro fort tel qu’il a été façonné par ses dirigeants, de gauche et de droite, sa substance économique, son modèle social et sa démocratie.        <br />
              <br />
       <b>MC: Pour la majorité des gens, il n’est pas évident d’établir le lien entre des causes complexes qui appartiennent à la sphère technique de la finance et les effets économiques et sociaux tels qu’ils peuvent les constater tous les jours …</b>       <br />
       Il faut politiser les enjeux. C’est un conflit entre les marchés financiers et les peuples. C’est la survie de notre pays dont il est question. Notre base industrielle a diminué de moitié depuis 1980 : hier 6 millions de personnes travaillaient dans l’industrie. Aujourd’hui 3,2 millions. Tout le monde peut comprendre que cette dégradation ne peut se poursuivre. Le temps est venu pour la France de se réveiller parce que,  une France sans usines serait une France tout simplement sortie de l’Histoire, une France finie ...       <br />
              <br />
       <b>DB: En attendant, sortons quelques instants de nos frontières. Vous  avez approuvé la résolution 1973 de l’ONU, qui a autorisé les frappes de l’OTAN en Libye pour protéger la population civile. Il y a 20 ans, alors que Saddam Hussein avait envahi un Etat souverain, vous vous étiez opposé à la première guerre du Golfe. N’y a-t-il pas là une contradiction ?</b>       <br />
       Je n’ai rien approuvé du tout. Sur l’intervention en Libye, le Parlement n’a été sollicité sur un vote que le 11 juillet 2011. Je me suis abstenu pour tenir compte du contexte des révolutions arabes en Tunisie et en Egypte mais j’ai exprimé de fortes réserves. L’intervention en Libye, décidée par la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU, repose sur le principe de la responsabilité de protéger les populations civiles, principe reconnu par l’ONU en 2005. Rien à voir avec l’ingérence qui n’est pas un droit et que l’ONU condamne. J’ai émis des réserves en ce qui concerne l’interprétation de la résolution n° 1973 parce que la responsabilité que l’on prend en soutenant un mouvement qui se réclame des droits de l’homme ne s’arrête pas lorsque celui-ci est victorieux. Si la protection des civils était légitime à Benghazi, elle continuait à l’être à Syrte. Il y avait là une politique du « deux poids, deux mesures » difficile à admettre.        <br />
       Je suis convaincu que l’interprétation extensive de la résolution 1973 nuira à l’avenir à la notion de « responsabilité de protéger ». Ni la Chine ni la Russie ne s’y laisseront reprendre.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>GM: A-t-on, selon vous, fait  une interprétation trop extensive de la résolution 1973 ?</b>       <br />
       Certainement. Que fallait-il faire ? Après l’intervention justifiée sur Benghazi, on aurait pu favoriser un processus politique et faire en sorte que la région soit moins déstabilisée qu’elle ne l’est aujourd’hui. D’ailleurs, le black-out total des informations sur le terrain est assez déconcertant.        <br />
              <br />
       <b>GM: Et les guerres entre milices ne sont pas de bon augure non plus... </b>       <br />
       Regardez le résultat de la guerre en Irak. L’Iran est devenu la puissance dominante de la région. A la veille de la première guerre du Golfe, j’avais reçu le secrétaire américain à la Défense de l’époque, Dick Cheney qui souhaitait connaître mon avis sur les conséquences. Je lui ai fait part de mon inquiétude quant au risque d’intégrisme, l’écrasement de l’Irak baasiste et laïc ouvrant un boulevard à l’expansion du courant islamiste fondamentaliste. En Libye on court maintenant un risque similaire.        <br />
              <br />
       <b>EL: Il faudrait donc appliquer le principe du moindre mal et privilégier les dictatures autoritaires et laïques au détriment des  dictatures islamistes et théocratiques. </b>       <br />
       Il faut toujours raisonner en tenant compte du contexte historique. Forgée à la fin du XIXe siècle, la philosophie de la Nahda (la renaissance en arabe) a donné naissance d’abord à des mouvements parlementaires auxquels ont succédé des révolutions nationalistes, des régimes socialistes laïcs. Ces régimes nationalistes arabes se sont développés dans les années 50, en Égypte avec Nasser en 1952, puis à partir de 1958 en Syrie et en Irak avec les révolutions baasistes. Ils ont, au départ, bénéficié d’une certaine vitalité, puis se sont sclérosés. Une génération nouvelle a émergé, obéissant à un paradigme culturel nouveau. C’est la génération Internet. Elle réclame la démocratie. Des élections sont organisées. Elles donnent une majorité au courant islamiste qui n’est pas le courant réformateur de la Nahda. Maintenant il faut faire avec.        <br />
              <br />
       <b>GM: Vous avez été nommé au ministère de la Défense quelques semaines après l’affaire de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie.  Que pensez-vous de l’interprétation de ces événements que donne Matthieu Kassovitz dans son film L’ordre et la morale? </b>       <br />
       Ma campagne me laisse peu de temps pour aller au cinéma. J’ai vu La Haine de Kassovitz. L’opposition entre les « beurs » et les « keufs » m’a paru extrêmement réductrice. Concernant la prise d’otages d’Ouvéa, nommé ministre de la Défense peu après, je me souviens seulement que j’ai suspendu l’officier de gendarmerie responsable du transport du blessé qui est mort dans la voiture qui l’emmenait à l’hôpital.        <br />
              <br />
       <b>EL: Il y a dix ans, vous critiquiez ouvertement l’hyperpuissance américaine. Aujourd’hui, considérez-vous que c’est la Chine qui est la nouvelle puissance impériale ?</b>       <br />
       J’ai toujours distingué le peuple américain de l’administration américaine. L’Amérique d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. Renouer avec la politique de George W. Bush ne serait pas une bonne chose pour les Etats-Unis ni pour l’Europe et le monde d’ailleurs. Même si la crise du capitalisme financier a démontré les limites du modèle américain, le tournant Obama en 2008 a soulevé un vent de liberté et de nouveauté qui me fait souhaiter sa réélection en 2012. Obama a compris que le monde est devenu multipolaire, que les intérêts de l’Amérique sont interdépendants de ceux des autres acteurs internationaux et qu’il doit gérer le rapport avec la Chine, puissance montante du XXIème siècle. Quant à l’Europe, elle doit échapper à la tenaille du G2, cette Chinamérique qui est la bipolarité du XXIe siècle et organiser sa résilience, sa capacité de survie en tant qu’ensemble de nations libres et démocratiques. En tout cas, j’espère que la voie ouverte pas Obama ne se refermera pas. S’il pouvait être élu pour quatre mandats comme Roosevelt, ce serait très bien.        <br />
              <br />
       <b>GM: Ce n’est plus possible aujourd’hui, il y a la limite des deux mandats.</b>       <br />
              <br />
       <b>BdK: Reste toujours la solution Poutine : des pauses entre deux doubles mandats pendant vingt ans renouvelables…</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>MC: Au soir du 21 avril, l’ambiance était glaciale rue de Paradis, au siège du Pôle Républicain. Vos propres partisans semblaient obnubilés par le piètre score de Jospin, et beaucoup se sentaient coupables de ne pas avoir « voté utile » dès le premier tour. </b>       <br />
       Le résultat m’a également  surpris et déçu mais je n’ai éprouvé aucun sentiment de culpabilité. J’ai défendu une autre politique, voilà tout. Et la suite m’a donné raison. Le vote « Front National » était et reste une impasse. Pour reprendre la boutade du chancelier Adenauer, « les Français sont ce qu’ils sont et il n’y en a pas d’autres ». Il faut faire avec ceux qu’on a. Je n’abandonnerai jamais la rude tâche de former l’esprit public. J’espère y parvenir aussi avec ceux qui se disaient mes partisans. Même avec vous, on devrait pouvoir y arriver !       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.causeur.fr/%C2%AB-contester-angela-merkel-ce-n%E2%80%99est-pas-de-la-germanophobie-%C2%BB,14099">Causeur.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Contester-Angela-Merkel-ce-n-est-pas-de-la-germanophobie_a1323.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Hollande et Sarkozy me semblent prisonniers de l'horizon du triple A"</title>
   <updated>2011-11-10T14:43:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Hollande-et-Sarkozy-me-semblent-prisonniers-de-l-horizon-du-triple-A_a1251.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2011-11-08T21:46:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était mardi 8 novembre 2011 l'invité du Chat du Monde.fr. Voici ses réponses ci-dessous.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3417645-4916313.jpg?v=1320785213" alt=""Hollande et Sarkozy me semblent prisonniers de l'horizon du triple A"" title=""Hollande et Sarkozy me semblent prisonniers de l'horizon du triple A"" />
     </div>
     <div>
      <b>Antoine : Soutenez-vous les indignés qui manifestent à la Défense ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Oui, je suis de cœur avec eux. Cette crise fait beaucoup de victimes. Y compris, souvent, chez les jeunes. Pour beaucoup, l'avenir s'est rétréci. Il est scandaleux que l'Europe soit enkystée dans une stagnation économique de longue durée. L'euro devait nous protéger mais dans la zone euro, il y a plus de 10 % de chômeurs.       <br />
              <br />
       Est-il normal que la Banque centrale européenne puisse prêter des centaines de milliards d'euros aux banques à 1,25 %, que les banques puissent acheter des titres d'Etat qui leur rapportent entre 2 et 7 %, et que la Banque centrale ne puisse pas intervenir sur les marchés de la dette pour casser d'emblée la spéculation?       <br />
              <br />
       Si on savait que la Banque centrale pouvait casser une spéculation à la hausse, les spéculateurs y perdraient leurs chemises, ils renonceraient. Pour moi, la seule manière de sauver la monnaie unique serait de donner à la Banque centrale européenne les mêmes prérogatives que celles de la Banque centrale américaine, la Fed. Cette dernière a acheté près de 2 000 milliards de bons du trésor américain.       <br />
              <br />
       <b>Visiteur :  Quel est votre avis sur la façon avec laquelle Nicolas Sarkozy (et ses ministres de l'intérieur) a (ont) traité la question des minorités en France ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Ils ont oublié que le peuple français se définit comme un peuple de citoyens. Je suis hostile à la stigmatisation aussi bien qu'à l'instrumentalisation de telle ou telle minorité ou communauté.       <br />
              <br />
       J'aimerais dire quelque chose à propos de M. Sarkozy. Tel Tarzan qui saute de liane en liane, il ébaubit le peuple. Mais jusqu'à quand ? Prenons le sommet de Bruxelles. Le Fonds de stabilité européen se révélait insuffisant. On allait créer un véhicule spécial pour attirer les investisseurs internationaux, chinois, brésiliens, américains, etc... et M. Sarkozy de tendre la sébile à M. Hu Jintao [le président chinois] et à Mme Tilma Roussef [la présidente brésilienne].       <br />
              <br />
       Que croyez-vous qu'il arriva ? La sébile resta vide. Le mendiant aurait dû ravaler son humiliation. Heureusement, M. Obama, lui-même en mal de réélection, l'a couvert d'éloges. Ceux-ci ont fait oublié l'échec sensationnel du G20 dont personne ne semble encore s'être avisé. Mais maintenant, c'est M. Fillon qui a saisi une autre liane, nous entraînant dans un ballet torride dont les Français commencent à se demander s'il ne serait pas temps de l'arrêter.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Guest : Comment jugez-vous les résultats de la politique industrielle menée ces dernières années ? Que proposez-vous pour les années à venir ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> La France a abandonné sa politique industrielle depuis une trentaine d'années. Elle a choisi la monnaie forte et celle-ci a favorisé les délocalisations industrielles.       <br />
              <br />
       Une monnaie moins chère est une condition essentielle de la réindustrialisation de la France. Ce n'est évidement pas la seule. Il faut mettre le paquet sur les technologies nouvelles et, d'abord, sur celle du numérique. Sans oublier aucun des secteurs que vous avez mentionnés.       <br />
              <br />
       Car comme me le disait un de mes prédécesseurs, Pierre Dreyfus, il n'y a pas de vieilles industries, il n'y a que des technologies obsolètes. Bien entendu, il faudrait canaliser notre épargne très importante, 17 % de notre revenu, vers l'industrie plutôt que vers des placements à l'étranger.       <br />
              <br />
       Savez-vous que ceux-ci étaient de 80 milliards d'euros quand j'étais ministre de l'industrie en 1982, et qu'ils dépassent aujourd'hui 1 600 milliards ?       <br />
              <br />
       <b>Minitel  : La crise financière, la crise de l'Euro vous donne en grande partie raison. Comment se fait-il alors que votre parti soit si marginal et votre candidature jugée illégitime ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement : </b>Je ne sais pas si j'ose vous répondre par une citation de Barrès : &quot;Le ventre et l'esprit se nourrissent à des sources différentes&quot;.       <br />
              <br />
       <b>AutrePolitique : Peut-on réindustrialiser la France sans quitter l'Union Européenne, qui interdit le protectionnisme ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> L'Europe doit se protéger des concurrences déloyales. Elle le pourrait mieux déjà si sa monnaie n'était pas surévaluée de 25 % par rapport au dollar et bien davantage par rapport au yuan. Il sera difficile d'aller vers un protectionnisme européen, compte tenu de l'opposition de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et des PECO. Mais on peut sans doute créer une taxe carbone et maintenir des droits anti-dumpings sur un fondement social ou environnemental.       <br />
              <br />
       Ce sont les Etats-Unis qui donneront le la en matière de protection. L'Europe en est malheureusement incapable.       <br />
              <br />
       <b>Franck : Vous critiquez l'horizon du triple A, mais quelle alternative proposez vous pour pouvoir continuer a emprunter ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Je propose une action politique vigoureuse auprès de l'ensemble des acteurs politiques et sociaux, en Allemagne d'abord, mais aussi dans les autres pays d'Europe. Le but serait d'élaborer un plan de relance à l'échelle européenne se substituant à la conjugaison d'un grand nombre de plans d'austérité dans pratiquement tous les pays d'Europe.       <br />
              <br />
       Pour cela, il faudrait admettre que la Banque centrale puisse faire des avances au Fonds européen de stabilité financière. Les moyens de celui-ci sont dramatiquement insuffisants, avec 250 milliards d'euros disponibles alors que la dette des cinq pays sous tension dépasse 3 000 milliards. L'Italie, aujourd'hui, emprunte à 6,7 % à dix ans.       <br />
              <br />
       Ces échéances de dettes en 2012 atteindront 300 milliards d'euros. C'est intenable. On nous a beaucoup parlé de la Grèce, mais l'arbre grec nous cache la forêt de l'euro et d'abord l'arbre italien, sans parler de l'arbre espagnol, de l'arbre portugais et peut-être un jour de l'arbre français.       <br />
              <br />
       La deuxième préconisation, c'est un emprunt européen pour financer, par exemple, un plan de transition énergétique, la construction de transports et de villes durables, un grand effort de recherche dans toutes les technologies de l'avenir (biotechnologie, nanotechnologie, énergies nouvelles, etc.).       <br />
              <br />
       <b>Marini : L'écologie est-elle un concept incompatible avec la croissance et donc toute sortie de crise ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Non. Encore faut-il s'entendre sur ce que l'on appelle écologie. Si on entend par là la conscience des limites physiques de notre planète, je suis pour. Mais trop souvent, l'écologie sur le plan culturel se présente comme une idéologie de la peur. Cette idéologie s'est développée en Allemagne après la fin de la deuxième guerre mondiale. Un philosophe allemand, Hans Jonas, avait parlé de l'heuristique de la peur. En français, la peur est bonne conseillère.       <br />
              <br />
       Cela a donné la société du risque d'Ulrich Beck et puis le principe de précaution qui a été introduit dans notre constitution en 2004, alors que ce principe n'a rien de scientifique. Pour ma part, je reste cartésien, je crois aux ressources de la raison. Je suis pour la liberté de la recherche et je crois que celle-ci peut apporter beaucoup de solutions aux problèmes que nous nous posons et qui peuvent rester provisoirement irrésolus.       <br />
              <br />
       L'homme n'a vraiment volé qu'avec Clément Ader puis Louis Blériot. Il a attendu pour cela quelques millénaires.       <br />
              <br />
       <b>Lazzuli  : Que pensez-vous de la déclaration de François Hollande qui veut préserver la construction d'un EPR de Flammanville ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement : </b>C'est l'intérêt de la France. L'électricité d'origine nucléaire est deux fois moins chère que celle qui provient de l'éolien marin. Et cinq à six fois moins cher que celle qui vient du solaire photovoltaïque, dont les panneaux sont fabriqués en Chine. Nous sommes en négociation avec la Grande-Bretagne (six EPR), la Chine (deux EPR), l'Inde (deux EPR), la Finlande, la Pologne, la République tchèque et d'autres pays encore.       <br />
              <br />
       <b>Ginette Dugeno  : Voulez-vous faire sortir la France de l'Union européenne ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement : </b>Non. Mais je pense que l'Union européenne n'est pas mûre pour le fédéralisme. Elle peut être une confédération car les nations européennes sont une famille de peuples.       <br />
              <br />
       Il faut faire évoluer avec pragmatisme la construction européenne sans jamais perdre de vue l'objectif qu'avait fixé jadis le général de Gaulle. Une Europe européenne, actrice de son destin qui soit elle-même un pôle dans le monde de demain qu'on nous décrit comme multipolaire. Bien entendu, cette Europe sera à géométrie variable. Il faut avancer avec ceux qui le veulent, conformément à la doctrine posée par la jurisprudence de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.       <br />
              <br />
       Je regrette que trop peu de Français ne connaissent pas ses attendus. Ceux-ci sont pourtant lumineux. L'Union européenne est une organisation internationale, elle juxtapose une trentaine de peuples et la souveraineté réside dans chacun d'eux. C'est pourquoi les droits du Parlement, en l'occurrence le Bundestag doivent être respectés. Il faut réconcilier l'Europe avec le progrès et avec la démocratie. Voilà ma ligne, elle n'est pas nationaliste, ni souverainiste, elle est tout simplement républicaine.       <br />
              <br />
       <b>sim :  Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, qu'est-ce qui vous distingue de Nicolas Dupont-Aignan ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Nous n'avons pas le même itinéraire, même si nous pouvons converger sur de nombreux points. J'ai de l'estime pour M. Dupont-Aignan. Je pense néanmoins que sa préconisation de sortie de l'euro a besoin d'être sérieusement étayée, nuancée. Autant, on pouvait être contre le traité de Maastrich, qui a créé la monnaie unique en 1992, autant, aujourd'hui, la monnaie unique est un fait, certes fragile, attaqué de toute part par la spéculation. Mais quand un avion a pris de la hauteur, on ne saute pas par le hublot, on cherche à en prendre les commandes pour atterrir en douceur.       <br />
              <br />
       Je me résume. Je souhaite que de cette période très difficile, les peuples d'Europe puissent se sortir à moindres frais.       <br />
              <br />
       <b>CMC  : Pourquoi n'avez vous pas été candidat à la primaire socialiste ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Parce que c'étaient des primaires socialistes. Ouvertes, certes, mais le centre de gravité devait inévitablement déboucher sur la désignation d'un candidat social libéral. Sur ce point, François Hollande et Martine Aubry ne se distinguent guère. Arnaud Montebourg est arrivé troisième avec un score remarquable de 17 % qui m'a impressionné.       <br />
              <br />
       Je ne suis pas sûr que je l'aurais fait, même si j'aurais fait mieux que 0,6 % comme M. Baylet. Bref, je ne voulais pas me mettre à la merci de l'opinion majoritaire au sein du Parti socialiste ou dans sa mouvance. Je représente une sensibilité républicaine. Je suis un homme de gauche indépendant. Je préfère avoir un dialogue avec les autres partis de gauche. Sans me fondre d'emblée dans une absence épaisse.       <br />
              <br />
       <b>Yoann : Que répondez-vous à ceux qui pensent que votre candidature risque de nous faire revivre le même scénario que le 21 avril 2002 ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement : </b>Le 21 avril 2002, c'est l'extincteur du débat politique. Une fois que l'on a crié &quot;21-avril&quot;, il n'y a plus de place pour argumenter. En 2002, je critiquais déjà l'omnipotence des marchés financiers, je préconisais le redressement de l'Europe, l'élargissement des missions de la Banque centrale européenne au soutien à la croissance et à l'emploi, le renouveau de la politique industrielle, l'affirmation de repères clairs en matière d'éducation, de sécurité et d'intégration. Je n'avais que le tort d'avoir raison trop tôt.       <br />
              <br />
       <b>Louloutte : Que pensez-vous de la candidature de Mélenchon ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement : </b>M. Mélenchon a fait beaucoup de progrès depuis le traité de Maastricht. J'ai de la sympathie pour son effort qui est méritoire. Mais je ne crois pas qu'il sera présent au second tour.       <br />
              <br />
       <b>Sim : Quels sont vos points de désaccord avec le Front de Gauche ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Mon principal désaccord est le suivant. Je pense qu'il faut s'appuyer sur la souveraineté nationale pour exercer un effet de levier, en Europe et dans le monde. Accessoirement, bien que ces sujets soient importants, je ne suis pas pour la sortie du nucléaire, qui renchérirait de 50% la facture de l'électricité des couches populaires, auxquelles M. Mélenchon et moi-même nous nous adressons. Et je n'ai jamais été pour une régularisation générale des sans-papiers.       <br />
              <br />
       <b>Relique : Quelles mesures soutenues par Hollande ou par Mélenchon pourraient vous permettre de les soutenir ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Je pense que M. Hollande a défini deux axes qui me paraissent justes. La priorité à la jeunesse et à l'éducation et la nécessité d'une réforme fiscale qui réponde au souci de la justice sociale. L'effort est nécessaire, mais il doit être équitablement partagé. Et surtout, il doit avoir un sens. Or, aujourd'hui, M. Hollande comme M. Sarkozy me paraissent prisonniers de l'horizon du triple A.       <br />
              <br />
       <b>Jean Bar : Arnaud Montebourg propose que les députés ne puissent être investis après 67 ans. Vous qui le soutenez, ne devriez-vous pas renoncer ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Oui, c'est un léger point de divergence que j'ai avec lui. Beaucoup de nos grands hommes d'Etat avaient dépassé cet âge. Je ne suis pas pour des limites d'âge. Il y a des jeunes qui sont déjà vieux et des vieux qui restent jeunes très longtemps.       <br />
              <br />
       <b>Aurélien  : Quel regard portez-vous sur le ralliement de plusieurs de vos anciens soutiens à Marine Le Pen ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> C'est le cas d'un seul, Bertrand Dutheil de La Rochère, qui a été exclu dans l'heure et n'a entraîné absolument aucun militant derrière lui. Dutheil a oublié qu'entre le MRC et le FN, il y a une différence, c'est 1789, la citoyenneté, l'égalité humaine. Valeurs auxquelles nous avons la faiblesse de tenir.       <br />
              <br />
       <b>Modeste : Vous engagerez vous à quitter votre appartement du parc social de la Ville de Paris que vous occupez depuis de nombreuses années afin qu'une personne plus nécessiteuse puisse en profiter à juste titre ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Je ne suis pas dans un appartement HLM. Ma situation est parfaitement légale. Je paie le loyer que le bailleur me demande puisque je suis dans un appartement ILN, immeuble à loyer normal. Un homme politique doit s'attendre à toutes les attaques. Et celle-là ne me surprend pas.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Chat Modéré par Eric Nunès et Thomas Wieder</span>       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2011/11/08/hollande-et-sarkozy-prisonniers-de-l-horizon-du-triple-a-selon-chevenement_1600769_1471069.html?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter#xtor=RSS-3208001">Lemonde.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Hollande-et-Sarkozy-me-semblent-prisonniers-de-l-horizon-du-triple-A_a1251.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de me porter candidat"</title>
   <updated>2011-11-06T01:46:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/J-ai-beaucoup-reflechi-et-j-ai-decide-de-me-porter-candidat_a1247.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2011-11-06T00:44:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement a annoncé officiellement sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 lors du 20h de France 2, samedi 5 novembre 2011. Il répondait aux questions de Laurent Delahousse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/3a44a369fe1b3f848281918265a19ba253f2137e" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de la crise</span> : Je suis un de ceux, avec le regretté Philippe Seguin, qui ont combattu le traité de Maastricht, la monnaie unique. Le vice est dans la monnaie unique car elle a juxtaposé 17 pays très différents par leurs structures économiques, leur langue, leur culture, leurs options politiques. Les écarts se sont creusés : l'Allemagne excédentaire, industrielle au nord et les pays d'Europe du sud, déficitaires, en voie de désindustrialisation.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a des courants républicains très différents qui, sans se dire ouvertement chevènementistes, défendent des idées proches de miennes et je salue le progrès des idées d'Arnaud Montebourg au sein du PS.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de sa non-participation aux primaires socialistes</span> : Je me serais mis à la merci du résultat donc d'une ligne politique qui n'est pas la mienne.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense qu'il y a deux solutions à la crise actuelle : soit on renforce la Banque centrale européenne et alors on peut garder la monnaie unique, soit on ne peut pas car l'Allemagne s'y refuse et il faut envisager la mutation de la monnaie unique en une monnaie commune.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de me porter candidat pour faire bouger les lignes c'est à dire pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis. Nous sommes dans l’œil du cyclone.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de sa responsabilité dans le 21 avril 2002 </span>: Le problème est de savoir ce qu'ont dit les candidats . J'ai mis en garde contre l'omnipotence des marchés financiers, j'ai proposé de redresser l'Europe, de la réindustrialiser, de fixer des repères clairs en termes de sécurité, d'école.       
       </li></ul><ul class="list"><li>En 2002 j'avais le tort d'avoir raison avant tout le monde. Je n'accepte pas que ceux qui font le lit du Front national en se ralliant au néolibéralisme puissent me transformer en bouc émissaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de François Hollande</span> : c'est un homme intelligent. On peut l'aider à se mettre à la hauteur.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je développerai quatres repères fondamentaux dans la période troublée qui est devant nous : une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation, la croissance plutôt que la récession, la souveraineté de la France, les droits du parlement c'est-à-dire souveraineté budgétaire et fiscale et enfin une Europe redressée, confédérale, démocratique.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je veux mettre d'aplomb la République.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/J-ai-beaucoup-reflechi-et-j-ai-decide-de-me-porter-candidat_a1247.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Que le débat commence</title>
   <updated>2011-10-17T10:19:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Que-le-debat-commence_a1230.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2011-10-17T10:11:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Je félicite François Hollande pour sa victoire aux primaires socialistes, qui permet au débat présidentiel de s'ouvrir.       <br />
              <br />
       Pour sortir la France de l'impasse, il va falloir parler sérieusement de la crise de l'euro et de la réindustrialisation du pays, condition de la survie de notre modèle social.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Que-le-debat-commence_a1230.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Ce sont les événements qui vont faire bouger les esprits"</title>
   <updated>2011-10-15T09:10:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Ce-sont-les-evenements-qui-vont-faire-bouger-les-esprits_a1229.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2011-10-15T08:58:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement au journal Le Pays, samedi 15 octobre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3354485-4816825.jpg?v=1318662434" alt=""Ce sont les événements qui vont faire bouger les esprits"" title=""Ce sont les événements qui vont faire bouger les esprits"" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, sénateur (MRC) du Territoire de Belfort et, peut-être, candidat à l’élection présidentielle, est l’auteur d’un nouvel ouvrage : Sortir la France de l’impasse. Un livre-programme pour 2012.       <br />
              <br />
       <b>Le Pays: Les choix politiques faits depuis les années quatre-vingt ont mis, dites-vous, la France dans une impasse. Vos positions sont, vous le soulignez dans le livre, dans la droite ligne de ce vous disiez en 2002. Pourquoi seriez-vous entendu cette fois?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement:</b> Il y a un fait massif : c’est la crise que j’avais vu venir depuis longtemps puisque je n’avais accepté ni la dérégulation financière ni la monnaie unique. Crise du capitalisme financier à partir de 2008, crise de l’euro depuis 2010. Cette dernière n’est pas le fait du hasard, elle résulte du vice constitutif de l’euro qui a voulu donner la même monnaie à dix-sept pays que tout opposait, structures économiques, orientations politiques, culture etc.       <br />
              <br />
       Il est difficile, aujourd’hui, de faire confiance pour nous en sortir à ceux qui nous ont conduits dans l’ornière. Je vous rappelle que l’Acte unique et le Traité de Maastricht ont été votés par la droite et le PS.       <br />
              <br />
       <b>Et donc ?</b>       <br />
       Ce sont les événements qui vont faire bouger les esprits. Du moins, je l’espère.       <br />
              <br />
       <b>Qu’est-ce qui, aujourd’hui, pourrait vous inciter à ne pas être candidat à l’élection présidentielle?</b>       <br />
       Ce qui pourrait m’amener à changer de point de vue ? Soit un événement majeur, hélas prévisible, c’est-à-dire la crise de l’euro, soit une évolution politique claire du candidat socialiste sur ces questions qui ne sont jamais abordées. J’ai très peu entendu parler de la crise de l’euro pendant la campagne des primaires. Nous dansons sur un volcan et chacun fait comme si en mai prochain nous allions nous offrir du muguet.       <br />
              <br />
       Comment l’Europe pourrait-elle s’identifier à un projet de monnaie unique qui apparaît de plus en plus comme un pont suspendu au-dessus du vide ? Il faut, pendant qu’il est encore temps, proposer une réforme profonde, essentiellement l’accroissement des missions de la Banque centrale européenne ou bien alors organiser la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune. C’est le sens de mon livre.       <br />
              <br />
       <b>La crise de l’euro pourrait vous inciter à ne pas être candidat?</b>       <br />
       Je parle de l’effondrement de l’euro : un événement tel qu’il dessillerait les yeux. Mon souci c’est qu’au milieu des secousses prévisibles, la France garde le cap de l’intérêt national.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Avez-vous les 500 signatures nécessaires pour vous présenter à l’élection présidentielle? Et les moyens financiers?</b>       <br />
       Je pars du principe que le mouvement se crée de lui-même. On apprend à marcher en marchant.       <br />
              <br />
       <b>Concernant l’Europe, beaucoup des solutions que vous avancez impliquent un profond changement de la position allemande.</b>       <br />
       J’ai proposé deux projets. Le premier reste encore jouable à l’heure qu’il est : il s’agit d’autoriser la banque centrale européenne (BCE) à racheter les titres de dettes publiques des pays menacés par la spéculation. C’est ce que fait la banque centrale américaine. Il s’agit de casser la spéculation et de soutenir la croissance à l’échelle européenne. C’est quand même plus intelligent de financer la recherche ou les TGV que de venir au secours des banques pour leur permettre de continuer comme avant à spéculer et à encaisser des bonus.       <br />
              <br />
       Il faut convaincre l’Allemagne qui a intérêt à la survie de la zone euro : celle-ci est le marché intérieur de son industrie. Si nous n’y parvenons pas, il faudra réaliser la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune.       <br />
              <br />
       <b>Faut-il mettre les banques sous tutelle?</b>       <br />
       Il faut un contrôle public du crédit. C’est une grave erreur d’avoir dénationalisé les banques et d’abord celles que le général de Gaulle avait nationalisées à la Libération (BNP, Société générale, Crédit lyonnais).       <br />
              <br />
       <b>Vous écrivez « qu’un pays qui croit en lui et en ses valeurs suscite plus facilement le désir d’appartenance ». Vous ajoutez que « la repentance est un exercice malsain ». Certains ont compris que vous vouliez mettre sous le boisseau les pages peu reluisantes de l’Histoire de France.</b>       <br />
       C’est mal me connaître. Je préfère la conscience à la repentance. La conscience est un exercice de la raison, elle prend en compte à la fois les ombres et les lumières. Mais je ne me range pas au nombre de ceux qui passent leur temps à baver sur la France. Je considère que notre histoire n’est pas une faillite mais illustre simplement la difficulté que les idées républicaines ont eue à s’imposer. Par exemple, pendant les années 30 et 40 ou bien encore dans les guerres de décolonisation.       <br />
              <br />
       <b>Croyance dans le progrès, dans les valeurs républicaines, défense de la Nation comme cadre naturel de la démocratie… Que répondez-vous à ceux qui trouvent votre approche, disons, un peu surannée?</b>       <br />
       Je leur réponds qu’ils n’ont rien à mettre à la place et que je préfère le fondamental à l’éphémère.       <br />
              <br />
       <b>Vous êtes partisan du nucléaire. L’argument de la sûreté est « faible » selon vous. Vous pouvez affirmer qu’il n’y aura jamais d’accident grave sur le territoire national?</b>       <br />
       ll n’y a pas d’activité humaine sans risque mais on ne peut pas vivre sous l’empire de la peur. L’extraction minière ou l’industrie chimique ont fait un nombre de victimes incommensurablement supérieur au nucléaire qui, en France, n’en a fait aucune depuis soixante-dix ans. Moi je regarde la facture d’électricité. Je sais que le kWh d’électricité solaire photovoltaïque est huit à dix fois plus cher que le kWh d’électricité nucléaire. Et l’éolien deux fois plus cher. Est-ce que les Français sont prêts à voir leur facture augmenter de 50 % voire davantage ?       <br />
              <br />
       <b>Concernant la primaire…</b>       <br />
       Je ne veux pas me mettre là-dedans. Dès le départ nous avons considéré que la loyauté, si nous participions aux primaires, imposerait de respecter la discipline en faveur du candidat qui en sortirait le mieux placé. Or, le PS étant l’organisateur, nous pouvions penser que celui qui serait désigné serait à l’image des choix politiques portés depuis une bonne vingtaine d’années…       <br />
              <br />
       <b>Vous avez néanmoins cité Arnaud Montebourg…</b>       <br />
       C’est l’exception qui confirme la règle. Mais je reconnais qu’Arnaud Montebourg a marqué un point. Cela montre qu’il y a dans la société française une sensibilité importante qui remet en cause une mondialisation financière dont les dégâts sont partout visibles.       <br />
              <br />
       ----       <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Céline Mazeau </span>       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lepays.fr/actualite/2011/10/15/ce-sont-les-evenements-qui-vont-faire-bouger-les-esprits">LePays.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Ce-sont-les-evenements-qui-vont-faire-bouger-les-esprits_a1229.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Le succès d'Arnaud Montebourg m'a fait plutôt plaisir car il porte des idées que je crois justes"</title>
   <updated>2011-10-10T22:27:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Le-succes-d-Arnaud-Montebourg-m-a-fait-plutot-plaisir-car-il-porte-des-idees-que-je-crois-justes_a1228.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-10-10T22:26:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Laurent Ruquier et de son équipe pour l’émission "On va s'gêner" sur Europe 1, lundi 10 octobre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3341739-4797348.jpg?v=1318273768" alt=""Le succès d'Arnaud Montebourg m'a fait plutôt plaisir car il porte des idées que je crois justes"" title=""Le succès d'Arnaud Montebourg m'a fait plutôt plaisir car il porte des idées que je crois justes"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos du livre d'entretiens avec Luc Chatel «Le monde qu'on leur prépare »</span> : Luc Chatel est un homme très habile. Il se garde bien d'être en désaccord avec moi.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a franche opposition de conceptions. Monsieur Chatel défend l’École comme une entreprise qu'il faut manager. Je défends l'idée que l’École est plutôt une institution de la République qui repose sur des valeurs permanentes : le savoir, l'effort, l'autorité des maîtres.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a également de totales divergences sur l'économie. Lui est un des chantres de la mondialisation heureuse et moi, je suis plutôt un critique de la mondialisation libérale telle qu'elle s'est faite.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le succès d'Arnaud Montebourg m'a fait plutôt plaisir car il porte des idées que je crois justes.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Cette mondialisation biaisée au profit de pays à très bas coûts, avec une euro surévalué par rapport au dollar et au yuan, aboutit à la désindustrialisation de la France, à un chômage de masse.       
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de sa célèbre phrase « un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne »</span> : C'est un principe déontologique. Même François Mitterrand parlait avec beaucoup de fierté de sa démission du gouvernement Laniel quand ce dernier avait envoyé le Sultan Mohammend V à Madagascar. Mitterrand avait démissionné pour montrer son désaccord.        
       </li></ul><ul class="list"><li>De plus 3 fois c'est relativement peu. J'aurais pu démissionner beaucoup plus de fois.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Sur la décision à venir d'Arnaud Montebourg</span> : C'est difficile de donner un conseil. J'ai beaucoup de sympathie pour les candidats qui restent en lice. J'apprécie le talent de François Hollande et la sincérité de Martine Aubry.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai un peu de peine pour Ségolène car j'ai gardé beaucoup de sympathie pour elle. Je lui dis que ce n'est qu'un moment à passer. Courage Ségolène!</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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 	<itunes:subtitle><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Laurent Ruquier et de son équipe pour l’émission "On va s'gêner" sur Europe 1, lundi 10 octobre 2011.]]></itunes:subtitle>
 	<itunes:summary><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Laurent Ruquier et de son équipe pour l’émission "On va s'gêner" sur Europe 1, lundi 10 octobre 2011.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
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   <title>Chevènement sur le score de Montebourg: "le vent se lève"</title>
   <updated>2011-10-24T20:02:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Chevenement-sur-le-score-de-Montebourg-le-vent-se-leve_a1227.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-10-10T11:41:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, lundi 10 octobre, 10h51.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3339875-4794417.jpg?v=1319479214" alt="Chevènement sur le score de Montebourg: "le vent se lève"" title="Chevènement sur le score de Montebourg: "le vent se lève"" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), s'est réjoui lundi matin du bon score d'Arnaud Montebourg à la primaire socialiste, y voyant la force de ses propres idées contre &quot;la mondialisation libérale&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Le vent se lève&quot;, écrit l'ancien ministre de François Mitterrand dans sa lettre d'information. Le score du député de Saône-et-Loire (17%, arrivé troisième dimanche) &quot;traduit l'existence forte à gauche des idées que nous portons, visant à remettre en cause la mondialisation libérale&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Ce score manifeste l'exigence d'un redressement par rapport au social-libéralisme&quot;, poursuit le sénateur. &quot;Nous avons besoin de règles, de protections, d'un Etat stratège, d'une Europe de la croissance&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Chevenement-sur-le-score-de-Montebourg-le-vent-se-leve_a1227.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le vent se lève</title>
   <updated>2011-10-10T15:40:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Le-vent-se-leve_a1226.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2011-10-10T10:21:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le score d'Arnaud Montebourg traduit l'existence forte à gauche des idées que nous portons visant à remettre en cause la mondialisation libérale.     <div>
      Les gens comprennent les conditions biaisées qui sont faites à l'économie française par la concurrence des pays à bas coûts et la surévaluation de l'euro, d'où découlent la désindustrialisation et le chômage qui frappe d'abord la jeunesse.       <br />
              <br />
       Ce score manifeste l'exigence d'un redressement par rapport au social-libéralisme.       <br />
              <br />
       Nous avons besoin de règles, de protections, d'un Etat stratège, d'une Europe de la croissance.       <br />
              <br />
       A l'occasion du débat des primaires, la question de l'euro n'a pas été évoquée. Il serait temps de revoir les règles de l'euro, et notamment le rôle de la Banque centrale, sujet que Mme Merkel et M. Sarkozy se refusent à aborder.       <br />
              <br />
       Plus que jamais, il faut sortir la France de l'impasse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Le-vent-se-leve_a1226.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"On ne sortira pas de la crise de la dette sans croissance, sans plus-values fiscales"</title>
   <updated>2011-10-03T21:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/On-ne-sortira-pas-de-la-crise-de-la-dette-sans-croissance-sans-plus-values-fiscales_a1223.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3319684-4762270.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-10-02T14:43:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "C'est arrivé cette semaine" sur Europe 1, samedi 1er octobre 2011. Il répondait aux questions de Dominique Souchier. Le podcast est disponible ci-dessous     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3319684-4762270.jpg?v=1317561330" alt=""On ne sortira pas de la crise de la dette sans croissance, sans plus-values fiscales"" title=""On ne sortira pas de la crise de la dette sans croissance, sans plus-values fiscales"" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Sur la présidence du Sénat</span> : J'ai déclaré dimanche soir que l'alternance était en marche et qu'elle devait se produire. L'honnêteté, la clarté, la transparence veulent que la formation qui a gagné le plus de sièges, le Parti Socialiste (25 sièges), accède au plateau, c'est la démocratie.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai lancé une boutade, qui était celle d'Edgar Faure : &quot;Il ne faut jamais être candidat à un poste qu'on ne vous propose pas&quot; et j'ai ajouté qu'il ne faut jamais dire qu'on ne sera jamais candidat. Cela a entraîné des commentaires, il faut bien que vous puissiez alimenter le système.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La clarté et la démocratie exigent que ce qui s'est passé dans les urnes se traduise au niveau de l'élection du président.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Sur les primaires socialistes</span> : Ce qui m'a frappé dans ces deux débats, c'est que l'on n'a pratiquement pas abordé la question de l'euro, de l'avenir de l'euro, de la manière dont on allait redynamiser l'Europe pour en faire une zone de croissance.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense que la France et l'Allemagne continueront ensemble leur histoire, ou alors elles en sortiront ensemble.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai dit qu'il fallait donner à la Banque Centrale Européenne des attributions qu'aujourd'hui elle n'a pas, en vertu des textes d'ailleurs, pour soutenir la croissance et l'emploi, racheter les titres de dette publique, casser la spéculation, améliorer le taux de change qui aujourd'hui est surévalué et favorise la désindustrialisation du pays, et que cela, c'est un débat qu'il faut avoir !       
       </li></ul><ul class="list"><li>On ne sortira pas de la crise de la dette sans croissance, sans plus-values fiscales.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je rappelle que l'Allemagne apporte 220 milliards à la caisse commune, la France, on l'oublie, 159 milliards, et je dis simplement que le montant du Fonds Européen de Stabilité Financière n'est pas suffisant pour venir au secours de pays qui pourraient être attaqués, comme l'Espagne ou l'Italie.       
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>Je ne pense pas que l'on puisse aller vers une conception purement coercitive de l'Europe. L’Europe ne peut pas être un mécanisme de coercition, il faut que l'Europe soit identifiée au progrès.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense qu'il faudrait élargir les missions de la B.C.E. pour que nous ayons une sortie de crise concertée des deux côtés de l'Atlantique, fondée sur ce que l'on appelle &quot;quantitative easing&quot;, la relance monétaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense que l'Europe doit reposer <span style="font-style:italic">in fine</span> sur la responsabilité des États : j'ai toujours été partisan de construire l'Europe à partir des nations, les nations ont une responsabilité, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas une certaine solidarité européenne mais la solidarité européenne ne sera jamais aussi grande que la solidarité nationale.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut quand même que cette solidarité nationale joue d'abord, et l'Allemagne a fait beaucoup pour les länder de l'Est : elle ne peut pas faire pour le Péloponnèse, l'Algarve, la Calabre et d'autres l'effort qu'elle a fait pour le Mecklembourg, le Brandebourg, la Thuringe, la Saxe, etc. C'est tout à fait compréhensible.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je dis que sans croissance, nous ne pourrons pas relever nos finances publiques, parce que pour rembourser la dette, il vaut mieux avoir des plus-values fiscales que des moins-values. Or, la récession, comme en Grèce qui aura perdu 10 points de son PIB, creuse le déficit et accroît l'endettement. C'est une spirale négative. Il faut imaginer un cercle vertueux.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "C'est arrivé cette semaine" sur Europe 1, samedi 1er octobre 2011. Il répondait aux questions de Dominique Souchier. Le podcast est disponible ci-dessous]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
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   <title>Aveuglement et arrogance</title>
   <updated>2011-09-19T21:22:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Aveuglement-et-arrogance_a1215.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2011-09-19T21:21:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Les ministres des Finances européens réunis à Wroclaw à la fin de la semaine dernière ont fait la preuve à la fois de beaucoup d’aveuglement et d’arrogance vis-à-vis du Secrétaire d’Etat américain au Trésor.       <br />
              <br />
       Celui-ci a eu raison de pointer :        <br />
       - le risque d’une nouvelle récession mondiale ;       <br />
       - l’insuffisance du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour faire face aux crises à venir ;       <br />
       - la nécessité de faire intervenir la Banque Centrale européenne pour racheter de la dette souveraine avec la garantie du FSEF pour exercer un « effet de levier ».       <br />
              <br />
       Ces recommandations de bon sens ont été balayées par MM. Schaüble, Juncker et Trichet au nom d’une orthodoxie maastrichtienne qui conduit au gouffre.       <br />
              <br />
       Pourtant il est évident qu’une sortie de crise doit être envisagée à travers une relance coordonnée de part et d’autre de l’Atlantique, appuyée sur l’action des deux banques centrales, le Federal Reserve Board et la Banque Centrale européenne.       <br />
              <br />
       Curieusement, la question de l’euro et de son avenir, et d’une « sortie de crise » par le haut a été la grande absente du débat télévisé des primaires socialistes, jeudi 15 septembre. A l’exception, peut-être d’Arnaud Montebourg, ils foncent tous vers 2012, prisonniers de la « règle d’airain », la tête dans un sac.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Aveuglement-et-arrogance_a1215.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La "règle d'airain" nous conduit au gouffre et consacre le triomphe des oligarchies financières: les candidats socialistes doivent changer de logique!</title>
   <updated>2011-09-05T10:34:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/La-regle-d-airain-nous-conduit-au-gouffre-et-consacre-le-triomphe-des-oligarchies-financieres-les-candidats-socialistes_a1198.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3243471-4644463.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-09-05T10:33:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Julien Arnaud sur LCI, lundi 5 septembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.chevenement.fr/video/<div><object width="600" height="337,5" id="wat_6901749"><param name="movie" VALUE="http://www.wat.tv/swf2/247487nIc0K116901749"></param><param name="allowFullScreen" VALUE="true"></param><param name="allowScriptAccess" VALUE="always"></param><embed src="http://www.wat.tv/swf2/247487nIc0K116901749" type="application/x-shockwave-flash"  allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="600" height="337,5"></embed></object></div>     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim Express :</span>       <br />
       <ul class="list"><li>Dominique Strauss-Kahn se range parmi les fédéralistes à tout crin. Ce n'est pas vraiment mon cas. Je pense que l'Europe sera forte de ses nations et de l'entente de ses nations et qu'on ne peut pas la coiffer par un mécanisme qui serait aux antipodes de la démocratie.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le président en exercice ne doit pas avoir de comptes à rendre à des juges, sauf en cas de haute trahison, etc. Mais je pense qu'il faut séparer les pouvoirs pendant la mandature du président. Et qu'ensuite il rende des comptes.       <br />
       Le procès doit avoir lieu, même en l'absence de Jacques Chirac.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos des déclarations de Ségolène Royal et de François Hollande déclarant qu'ils pourraient voter la &quot;règle d'or&quot; après 2012 :</span>       <br />
       C'est tomber dans le piège ouvert par Nicolas Sarkozy. Cette &quot;règle d'or&quot; est une programmation de l'austérité à perpétuité.       <br />
       C'est la fin de la démocratie. Nous avons déjà perdu notre souveraineté monétaire avec le traité de Maastricht, et maintenant la suite logique, c'est que nous perdons notre souveraineté budgétaire.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La &quot;règle d'or&quot; est pernicieuse, elle dessaisit le Parlement de son droit d'élaborer le budget, de son droit d'amendement, de propositions de lois, de son droit d'initiatives. C'est rompre le &quot;fil ténu qui relie encore l'Europe à la démocratie&quot;, comme le disait Hubert Védrine.       <br />
       Et puis la perspective, c'est la récession. Voyez la Grèce : PIB moins 5%. La production grecque a diminué de 9% en deux ans. L'incohérence des marchés est totale : ils veulent serrer la vis mais s'effraient que les perspectives de croissance ne soient pas au rendez-vous.       <br />
       Cette &quot;règle d'airain&quot; nous conduit au gouffre, elle va dans le sens du triomphe des oligarchies financières. J'aimerai que les candidats socialistes changent de logique. Pour rembourser la dette, il y a deux méthodes : soit vous serrez la vis et vous réduisez le budget, soit vous avez un plan de croissance et des plus values fiscales. Imaginez un plan de croissance au niveau européen. On pourrait demander à l'Allemagne de relancer la machine.       <br />
       <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de 2012 :</span> je me déciderai à l'automne.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de la Présidence du Sénat :</span> il faudrait que le Sénat passe à gauche, et que les socialistes me le demandent. A ce moment-là (ironique), j'y réfléchirais !</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/La-regle-d-airain-nous-conduit-au-gouffre-et-consacre-le-triomphe-des-oligarchies-financieres-les-candidats-socialistes_a1198.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Entretien à Nice Matin: "Le programme du PS n'est pas finançable"</title>
   <updated>2011-09-04T17:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Entretien-a-Nice-Matin-Le-programme-du-PS-n-est-pas-financable_a1195.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2011-09-04T17:52:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Nice Matin, dimanche 4 septembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3242419-4642896.jpg?v=1315151359" alt="Entretien à Nice Matin: "Le programme du PS n'est pas finançable"" title="Entretien à Nice Matin: "Le programme du PS n'est pas finançable"" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Le sénateur de Belfort est à Carros pour présenter son &quot;contrat républicain&quot;... et s'avancer vers la candidature… Il n'est pas encore candidat, mais il en a déjà le costume…  Sa vision de la France et le peu de confiance qu'il attribue aux candidats socialistes le rapprochent, peu à peu, d'une nouvelle candidature aux présidentielles… Décryptage.</span>       <br />
              <br />
       <b>Nice Matin: Vos idées forces pour ce contrat républicain ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement</b>: D'abord il faut voir la profondeur de la crise dans laquelle nous sommes. La crise de l'euro était prévisible dès le départ. C'est une monnaie qui a été construite sans, voire contre les nations.       <br />
              <br />
       Aujourd'hui, les marchés financiers spéculent contre tous les États qui apparaissent affaiblis par l'ampleur de leur dette et il y a lieu d'être très inquiet sur l'avenir de l'euro. J'ai suggéré que la banque centrale européenne rachète en masse les obligations des pays attaqués, comme l'Italie et l'Espagne.       <br />
              <br />
       Nécessité fait loi, elle a commencé à le faire au mois d'août mais dans des proportions insuffisantes.       <br />
       Il faut une remise des compteurs à zéro, penser qu'on ne peut pas maintenir un système de protection sociale avancé sans une base productive forte.       <br />
              <br />
       Or nous avons laissé notre industrie péricliter. La situation est gravissime. C'est à une révolution aussi profonde que celle à laquelle nous avons procédé en 1944 avec le Conseil national de la Résistance qu'il faut procéder. mais nous ne sommes pas en 1944, nous sommes plutôt en 1939…       <br />
              <br />
       <b>La dette publique augmente et vous préconisez de relancer les investissements. Un cercle vicieux, non ?</b>       <br />
       Il faut inverser cette logique.Pour résorber la dette il faut de la croissance, des recettes fiscales, des excédents et par conséquent si on veut se lancer dans une austérité généralisée comme Merkel et Sarkozy nous le proposent avec leur pseudo-règle d'or que j'appelle règle d'airain, on va au gouffre…       <br />
              <br />
       <b>Devant ce constat pourquoi ne pas lancer dès aujourd'hui votre candidature aux présidentielles 2012 ?</b>       <br />
       Il faut que les Français comprennent la nécessité d'une politique alternative. Pour le moment on les balade avec la règle d'or, avec les primaires socialistes dont on voit que tous les candidats se situent dans la même logique que M. Sarkozy, sans vision de l'avenir, sans comprendre qu'ils vont devoir prendre des mesures plus audacieuses, plus courageuses… Pour en revenir à ma candidature, j'officialiserai ma décision dans le courant de l'automne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Où en êtes-vous de vos relations avec les socialistes ?</b>       <br />
       J'ai des relations amicales avec la plupart de leurs candidats. Mais il faut que le débat progresse, qu'il s'élève. Et les événements vont nous y aider. Ma candidature permettra de créer un recours pour la suite car la France en aura besoin…       <br />
              <br />
       <b>Vous jugez sévèrement leurs primaires…</b>       <br />
       Le programme qui les unit annule l'intérêt de cette compétition certes d'hommes et de femmes estimables… L'une a de beaux yeux, l'autre est brillant et amusant, la troisième sincère, le quatrième enjôleur, mais nous ne sommes pas au comice agricole, au foirail pour juger la bête comme Chirac le faisait au salon de l'agriculture. Sur quoi se différencient-ils ? Quelles perspectives offrent-ils ? Leur programme est un leurre, il n'est pas finançable dans l'état actuel du système euro. Ils le disent d'ailleurs eux-mêmes…       <br />
              <br />
       <b>Le 21 avril 2002 un mauvais souvenir ?</b>       <br />
       Le peuple français a fait ce jour-là une erreur en pensant que Le Pen pouvait être autre chose qu'une impasse…       <br />
              <br />
       <b>Mais encore…</b>       <br />
       Lionel Jospin avait un projet à l'eau de rose, ma candidature était justifiée. Mes interventions de la campagne 2002 n'ont d'ailleurs pas pris une ride !       <br />
              <br />
       <b>Vous sortez un livre d'entretiens croisés avec le ministre de l'Éducation Luc Chatel. Lui avez-vous soufflé l'idée du retour à la morale sur les bancs de l'école ?</b>       <br />
       Je m'en étais déclaré partisan il y a quelque temps… Depuis la fin du service militaire, l'école est la seule grande institution publique à rassembler toute la jeunesse. C'est à elle de donner les repères que sont le patriotisme, le civisme, le respect des règles du vivre ensemble.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Christian Huault</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Entretien-a-Nice-Matin-Le-programme-du-PS-n-est-pas-financable_a1195.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Chevènement déplore une primaire PS "funambulesque" où personne ne parle de l'euro</title>
   <updated>2011-08-29T20:13:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Chevenement-deplore-une-primaire-PS-funambulesque-ou-personne-ne-parle-de-l-euro_a1191.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2011-08-29T16:11:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, lundi 29 août 2011, 15h49.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3228473-4620927.jpg?v=1314627010" alt="Chevènement déplore une primaire PS "funambulesque" où personne ne parle de l'euro" title="Chevènement déplore une primaire PS "funambulesque" où personne ne parle de l'euro" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a déploré lundi que les candidats socialistes à la présidentielle ne parlent pas de la &quot;question centrale&quot; de l'euro dans la crise, jugeant cette primaire &quot;funambulesque&quot;.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-sur-Europe-1-une-primaire-funambulesque_a1190.html">Interrogé sur Europe1</a>, le sénateur de Belfort a estimé qu'il ne s'était &quot;pas passé grand chose&quot; à La Rochelle lors de l'université d'été du PS. S'il est &quot;normal&quot; que les candidats &quot;s'envoient des petites piques&quot;, il s'est demandé &quot;à quoi ser(vai)t l'exercice comme ils ont le même programme&quot;. &quot;C'est un peu funambulesque&quot;, selon lui.       <br />
              <br />
       Et puis, &quot;aucun des candidats n'a abordé la question centrale&quot; de l'euro, alors que &quot;c'est ça le problème&quot;, selon lui.       <br />
              <br />
       &quot;L'euro est victime d'une erreur de conception. On a mis ensemble des pays dont l'économie est très différente, entre l'Allemagne et la Grèce, même l'industrie en France pèse moins de deux fois l'industrie allemande&quot;, il y a aussi &quot;des mentalités très différentes, des repères culturels très différents et avec ça, on ne fait pas une zone monétaire homogène&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Pour lui, &quot;la solution la plus efficace, - aucun des candidats, sauf Arnaud Montebourg, ne s'oriente dans cette direction - , c'est de changer l'architecture de la zone euro&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;On a l'orthodoxie absolue, la Banque centrale indépendante, une seule mission la lutte contre l'inflation et on ne s'occupe pas de la croissance&quot;, ni de l'emploi, ni de la politique de change&quot;, a-t-il fait valoir.       <br />
              <br />
       L'ex-ministre a également souligné que l'euro était une &quot;monnaie très surévaluée&quot;, ce qui &quot;pèse sur l'activité économique et favorise les délocalisations industrielles&quot;. &quot;Il faut changer la perspective&quot; et &quot;aucun des candidats&quot; PS ne le dit &quot;clairement&quot;, a-t-il dit.       <br />
              <br />
       Comme on lui demandait s'il serait candidat à la présidentielle, M. Chevènement (5,3% en 2002) a répondu : &quot;mon seul objectif est de peser, de mettre la France à la hauteur des problèmes qu'elle va devoir affronter&quot;.       <br />
              <br />
       Récemment, M. Chevènement qui avait soutenu Ségolène Royal en 2007, a affirmé que s'il était au PS, il soutiendrait Arnaud Montebourg.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Chevenement-deplore-une-primaire-PS-funambulesque-ou-personne-ne-parle-de-l-euro_a1191.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement sur Europe 1 : une primaire "funambulesque"</title>
   <updated>2011-08-29T13:29:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-sur-Europe-1-une-primaire-funambulesque_a1190.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2011-08-29T13:01:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1 lundi 29 août à 7h45. Il répondait aux questions de Bruce Toussaint.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.chevenement.fr/video/<iframe frameborder="0" width="600" height="337" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xkrppf?width=600&hideInfos=1"></iframe>     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de l'Université d'été de La Rochelle</span> : Aucun des candidats n'a abordé la question centrale qui pèse comme une épée de Damoclès : l'euro.</li></ul>       
       <ul class="list"><li>J'ai écrit au président de la République Nicolas Sarkozy pour lui demander d'encourager la BCE à acheter des obligations des dettes italiennes et espagnoles.</li></ul>        
       <ul class="list"><li>Mon seul objectif est de mettre la France à la hauteur des problèmes qu'elle va affronter.</li></ul>       
       <ul class="list"><li>Je pense que l'euro est victime d'une erreur de conception. On a mis ensemble des pays des pays très différents, avec des mentalités et des repères culturels très différents. Avec ça, on ne fait pas une zone monétaire homogène.</li></ul>       
       <ul class="list"><li>La solution la plus efficace, et je constate qu’aucun candidat socialiste, sauf peut-être Arnaud Montebourg, ne l’a proposée, c’est changer l’architecture de la zone euro. Tout cela a été fait lors de la négociation du traité de Maastricht, en 1989. On a l'orthodoxie absolue, une banque centrale indépendante avec une seule mission : lutter contre l'inflation. On ne s'occupe pas de la croissance, on ne s'occupe pas de l'emploi, ni de la politique de change. L’euro est une monnaie très surévaluée. Ça pèse sur l’activité économique. Ça favorise les délocalisations industrielles. Il faut changer la perspective. Tout cela, personne ne le dit clairement.</li></ul>       
       <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos des candidats socialistes</span> : A partir du moment où il y a plusieurs candidats, il est normal qu'ils s'envoient des petites piques. Mais, comme ils ont le même programme, on se demande à quoi sert l'exercice. C'est un peu funambulesque!</li></ul>       
       <ul class="list"><li>Je ne dis pas que je ne trouve pas beaucoup de qualités, à François Hollande, à Martine Aubry, à Ségolène Royal. Je les connais tous personnellement. Ce sont des amis. Mais ils n'ont pas posé ce qui serait l'équation de la réussite.</li></ul>       
       <ul class="list"><li>Je souhaite qu'une victoire de la gauche, probable et à laquelle j'entendrai contribuer en pesant dans la bonne direction, ne soit pas suivie d'une déception.</li></ul>       
       <ul class="list"><li>Il faut élever le débat, mettre la France à la hauteur des défis et poser la question de l'euro comme elle ne l'a jamais été. </li></ul>       
       <ul class="list"><li>Les candidats socialistes, malheureusement, se laissent réduire au débat qu'a voulu M. Sarkozy sur sa soit-disant « règle d'or », qui n'est en fait qu'une règle d'airain.</li></ul>       
       <ul class="list"><li>Si il y avait quelque chose pour me dissuader de participer aux primaires, c’est le spectacle que cela peut donner aujourd’hui. Aucune chance de faire passer ses idées dans ce contexte-là</li></ul>       
       <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Sur la question de la sécurité</span> : j'avais créé une police de proximité dont l'idée était de faire travailler ensemble une police territorialisée et la population, les associations, les responsables d'établissements scolaires pour faire en sorte que tout le monde se mette à la tâche de la répression de la délinquance, qui est insupportable. Cette réforme a été étouffée par M. Sarkozy. C'est dommage.</li></ul>       
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/L-interview-de-Bruce-Toussaint/Videos/Une-primaire-funambulesque/">Europe1.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-sur-Europe-1-une-primaire-funambulesque_a1190.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les candidats pour les primaires sont interchangeables"</title>
   <updated>2011-05-29T11:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Les-candidats-pour-les-primaires-sont-interchangeables_a1146.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2011-05-29T11:00:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement avec Le Bien Public, propos recueillis par Emmanuel Hasle, dimanche 29 mai 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3012584-4286260.jpg?v=1306659241" alt=""Les candidats pour les primaires sont interchangeables"" title=""Les candidats pour les primaires sont interchangeables"" />
     </div>
     <div>
      <b>Le Bien Public : L'affaire Dominique Strauss-Kahn. Comment l'avez-vous vécu à titre personnel?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> D'emblée, cette affaire m'a paru tellement extravagante que j'ai réservé toutes les hypothèses. La présomption d'innocence doit être défendue. Or le système judiciaire américain de type &quot;accusatoire&quot; ne le permet pas. Maintenant, si les faits imputés à Dominique Strauss-Kahn étaient avérés, je serais très déçu car il y aurait eu double violence.       <br />
              <br />
       <b>Comment avez-vous ressenti le traitement médiatique sur cette affaire? En a-t-on trop fait?</b>       <br />
       La chute d'un puissant cristallise toujours les pulsions et les passions.       <br />
              <br />
       <b>Les candidatures pour la succession de DSK sont ouvertes. Que pensez-vous de celle de Christine Lagarde? Faut-il la soutenir, avec ce risque d'une &quot;affaire Tapie&quot;?</b>       <br />
       Soyons tout à fait clair : je considère que l'action de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI a consisté à appliquer des politiques d'austérité renforcée, notamment en Europe. Et je ne suis pas dans le cortège des laudateurs.       <br />
              <br />
       Je distingue le fond politique et les aspects humains : sur le fond politique, je fais confiance à madame Lagarde pour continuer à impulser la même politique d'austérité renforcée Merkel/Sarkozy, puisqu'en définitive, c'est l'Allemagne qui dicte au reste de l'Europe ces politiques de restrictions budgétaires et salariales. Et monsieur Sarkozy ne fait qu'apposer sa signature, il se porte caution pour donner un vernis européen à ces politiques, que commencent à rejeter le peuple grec, le peuple portugais, le peuple espagnol, le peuple irlandais, et peut-être demain le peuple français.       <br />
              <br />
       En ce qui concerne la candidature de madame Lagarde : j'ai de l'estime pour elle, c'est une femme intelligente, je pourrais dire compétente, mais compétente pour quoi faire ? Je vous ai répondu là, elle est compétente pour continuer une politique que je n'approuve pas. Il faut imaginer et mettre en oeuvre une sortie de crise sous le signe de la croissance et non de l'austérité.       <br />
              <br />
       Cela dit, Madame Lagarde aurait dû attendre la réunion de la commission des requêtes de la Cour de justice de la République qui a été saisie et qui doit se réunir le 10 juin. Elle éviterait de prendre un risque inutile.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Croyez-vous que cette crise puisse toucher la France, comme on le voit actuellement avec la jeunesse espagnole dans la rue?</b>       <br />
       La monnaie unique a été une construction erronée dès le départ. Je vous rappelle que j'ai été parmi les opposants du Traité de Maastricht ; je considère que la dévolution de la souveraineté monétaire à une banque centrale européenne, construite sur le modèle de la Bundesbank allemande était une monumentale erreur.       <br />
              <br />
       Ce qui frappe aujourd'hui le plus, c'est la constante désindustrialisation du pays, que vous connaissez bien même à Dijon ! L'industrie, qui représentait 30 % de la valeur ajoutée en 1982 quand j'étais ministre de l'Industrie, ne représente plus que 13 % aujourd'hui. Ca, c'est pour moi le fait majeur, celui qui explique que notre déficit commercial n'a cessé de se creuser pour atteindre en 2010 - 53 milliards d'euros, c'est-à-dire autant en proportion que les Etats-Unis... Tout cela, c'est la conséquence de choix politiques erronés, qui ont été faits dans les années 80 et 90 : choix de dérégulation, l'acte unique, le choix d'une monnaie unique qui méconnaît la diversité, l'hétérogénéité des nations, qui n'ont pas les mêmes structures économiques, qui ne suivent pas les mêmes politiques, quoi n'ont pas les mêmes repères culturels.       <br />
              <br />
       Bref, on a fait comme si l'Europe était une zone monétaire homogène. On a fait litière des nations et on se retrouve piégé.       <br />
              <br />
       <b>Nous sommes en plein G8. Que peut-on faire pour aider les pays arabes dans leur transition démocratique? La France a-t-elle un rôle privilégié à jouer?</b>       <br />
       Je crois que cela va bien au-delà de l'aide financière qui est envisagée. Je pense qu'il faut créer une zone de co-développement. Si tant est que des délocalisations industrielles puissent se justifier, ce serait à destination de ces pays proches et largement francophones, et pas à destination des pays à très bas coût de l'Asie. Je pense qu'il faut créer un espace économique euro-méditerranéen. Cela répondrait à un intérêt réciproque.       <br />
              <br />
       <b>Il y a eu une polémique sur les migrants tunisiens et libyens aux portes de la France, avec une suspension des accords de Schengen. Fallait-il en arriver-là?</b>       <br />
       Je trouve que cette réponse n'a pas été à la hauteur de ce qui se passe dans le monde arabe. Il fallait d'abord distinguer entre les Libyens et les travailleurs immigrés africains qui fuyaient la Libye, et qui ressortissaient clairement de l'asile politique ; et, d'autre part, les Tunisiens, qui n'ont pas de raison politique de quitter leur pays et qui ne sont pas toujours les plus mal lotis dans la société tunisienne. Il y aurait pu y avoir un examen au cas par cas. Mais cette affaire a été traitée sans hauteur de vue et sans générosité.       <br />
              <br />
       <b>Avec le départ forcé de DSK, il reste François Hollande et Martine Aubry, pour l'instant, en tête des sondages pour les primaires du PS. Beaucoup s'interrogent sur la façon dont doivent être menées ces primaires. Quel est votre avis?</b>       <br />
       Par définition, en tant que président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), je n'ai pas voulu que notre parti trempe même l'extrémité d'un doigt de pied dans cette mécanique des primaires, dont on voit qu'elle est relativement à hauts risques. Il est évident que Martine Aubry est première secrétaire, mais François Hollande a aussi été premier secrétaire, et il a la possibilité d'être candidat, c'est tout à fait légitime. Cela dit, je crois que sur le fond, sur le problème principal qui est la question de l'euro et du redressement de l'Europe, la remise de la France sur orbite, ils ne se différencient pas fondamentalement l'un de l'autre, à ce jour.       <br />
              <br />
       <b>En cela, vous rejoignez les propos d'Arnaud Montebourg, tenus encore récemment. Vous-même, quel rôle comptez-vous jouer dans ces primaires, et au-delà, pour la présidentielle?</b>       <br />
       Je n'ai pas à intervenir dans les primaires. Les candidats pour les primaires du Parti socialiste, disons qu'ils sont interchangeables, à beaucoup d'égards. Je les connais l'un et l'autre, j'ai de l'estime et de la sympathie pour chacun. Disons que sur le plan idéologique, je me sens plus près de ce que dit Arnaud Montebourg, sur la démondialisation par exemple.       <br />
              <br />
       <b>Qui a alors l'envergure selon vous pour porter l'ensemble de la gauche à la présidentielle?</b>       <br />
       Je pense que pour répondre à la question, il faut savoir quel est l'homme d'Etat qui aura à la fois l'expérience, la culture et le courage de parler à l'Allemagne de Mme Merkel. Aujourd'hui, son gouvernement nous entraîne sur une mauvaise pente. Les plans de rigueur mis en oeuvre aboutissent à la récession : on le voit en Grèce ou au Portugal. La récession entraîne des moins-values fiscales; les déficits budgétaires se creusent, l'endettement s'accroît... Tout cela, c'est un cercle vicieux, on ne peut pas s'en sortir comme ça. Il faut inverser le mouvement général et faire de la zone euro une zone de croissance.       <br />
              <br />
       J'appelle de mes voeux un changement des règles du jeu de la zone euro. Sinon, nous irons vers la déconstruction de cette zone euro, qui, je le répète procède d'une grave erreur de conception, et il faut maintenant corriger le vice initial par une modification des statuts de la Banque centrale dont la mission doit être aussi de soutenir la croissance et l'emploi, et lutter contre la spéculation en rachetant les titres de dettes sur les marchés. Il faut aussi une relance salariale et un grand programme d'investissements financé par un emprunt européen. Mais les textes actuels ne l'autorisent pas. Il faut les changer.       <br />
              <br />
       Quant à savoir quel est le candidat idéal, c'est celui qui aura à la fois cette expérience, cette culture, ce courage, pour parler de l'Allemagne et permettre à la France et aux pays du sud de l'Europe de remonter la pente, de se réindustrialiser, de faire reculer le chômage, qui touche la jeunesse en priorité.       <br />
              <br />
       <b>Ce candidat, ce pourrait être vous?</b>       <br />
       J'ai réservé ma réponse. J'officialiserai cette décision à l'automne. J'attends d'ici là que les candidats potentiels fassent évoluer leurs discours.       <br />
              <br />
       <b>Avez-vous tout de même en tête un ou une candidate en tête qui pourrait incarner ce potentiel et ce changement que vous appelez de vos voeux, avec cette envergure d'homme d'Etat?</b>       <br />
       Je les aime toutes et tous ! Je les connais tous, et je les connais très bien. Donc, je vois leurs qualités, mais aussi leurs taches aveugles, sur l'Europe en particulier. Si j'ai dit que je serai candidat pour faire bouger les lignes. C'est donc pour faire bouger ce qu'ils ont dans leur tête. Ma candidature est une candidature pédagogique. Elle a pour but de faire entendre une voix, qui est la voix de l'intérêt général. Il faut remettre la France en marche. J'aurai naturellement mon opinion à donner aussi sur des questions essentielles, comme l'Ecole, l'énergie, la sécurité, l'immigration, ou plutôt l'intégration. Sur ces sujets, on m'entendra certainement.       <br />
              <br />
       <b>La sécurité et l'immigration, deux thèmes qui reviendront dans la campagne. Le Front national est aussi sur ces thématiques. N'y a-t-il pas là un risque électoraliste? Faut-il s'inquiéter de la montée du Front national dans les sondages et dans l'opinion publique?</b>       <br />
       Il faut être vigilant, mais tenir sur ces questions un discours solide, réaliste et républicain. Les Français ne cèderont pas à la démagogie du Front national, qui a fait de l'immigration le bouc-émissaire de tout ce qui ne va pas en France.  C'est une façon d'exonérer le capitalisme financier de ses responsabilités. Je ne dis pas que l'immigration ne pose pas de problème, mais ces problèmes sont solubles par la voie républicaine.       <br />
              <br />
               <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.bienpublic.com/fr/accueil/article/5170747/Jean-Pierre-Chevenement-Les-candidats-pour-les-primaires-sont-interchangeables.html">Le Bien Public</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Les-candidats-pour-les-primaires-sont-interchangeables_a1146.html" />
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  <entry>
   <title>"Il faut tourner la page de l'affaire DSK"</title>
   <updated>2011-05-29T10:54:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Il-faut-tourner-la-page-de-l-affaire-DSK_a1145.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2011-05-29T10:25:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement avec La Voix du Nord, dimanche 29 mai 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3012579-4286256.jpg?v=1306659325" alt=""Il faut tourner la page de l'affaire DSK"" title=""Il faut tourner la page de l'affaire DSK"" />
     </div>
     <div>
      <b>&gt; L'affaire Strauss Kahn:</b>       <br />
       J'ai dit qu'après cette affaire plus rien ne serait comme avant parce que cela va changer beaucoup de choses en matière de politique intérieure. Mais je ne peux pas le mesurer car je ne connais pas la suite du dossier. On a vécu deux épisodes douloureux avec un accusé présumé innoccent et une victime qui doit être présumée comme telle. On a connu quelque chose de très violent. La chute d'un puissant cristallise toujours beaucoup de passion. Il faut que la justice fasse son travail, et nous, que nous tournions la page, que l'on s'occupe des problèmes de fond.       <br />
              <br />
       <b>&gt; Les présidentielles et le PS:</b>       <br />
       Je ne vois pas beucoup de différences de pensées entre Martine Aubry, François Hollande et Dominique Strauss-Kahn en matière de capitalisme financier et de crise de l'euro. Je mettrai de côté Arnaud Montebourg. Il faut se mettre à la hauteur du défi que représente la domination des marchés financiers et la nécessité d'un protectionnisme européen. Si on ne change pas les règles vis-à-vis de l'euro, on va à l'explosion. Il faut poser les vrais problèmes quitte à se fâcher avec la chancelière allemande : les statuts de la Banque centrale européenne, lever l'interdiction de lancer un emprunt européen, et ne plus simplement parler de budget mais d'économie. Je n'ai pas partagé les options de Dominique Strauss Kahn à la tête du Fonds monétaire international, qui consistaient en des plans d'austérité.       <br />
              <br />
       <b>&gt; La tentation du vote extrême après l'affaire DSK :</b>       <br />
       Il faut lutter contre cette tentation et contre l'assimilation de toute la classe politique. Il s'agit d'un comportement individuel. Je pense qu'après la période de Sarkozy, on a besoin de se reposer. Le président a voulu entreprendre beaucoup trop de réformes mal pensées et notamment celle concernant les collectivités locales qui a créé un pataquès inutile.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Arras/actualite/Secteur_Arras/2011/05/29/article_jean-pierre-chevenement-il-faut-tourner.shtml">La Voix du Nord</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Il-faut-tourner-la-page-de-l-affaire-DSK_a1145.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement face à la rédaction de Nice Matin</title>
   <updated>2011-02-25T10:51:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-face-a-la-redaction-de-Nice-Matin_a1086.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2011-02-25T10:26:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement, Nice Matin, 25 février 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2722710-3852208.jpg?v=1298624874" alt="Jean-Pierre Chevènement face à la rédaction de Nice Matin" title="Jean-Pierre Chevènement face à la rédaction de Nice Matin" />
     </div>
     <div>
      En réserve de la République, mais certainement pas sur la touche. Avec des convictions toujours aussi ancrées, Jean-Pierre Chevènement sème en ce moment les petits cailloux qui lui permettront « le moment venu » de s’aventurer sur le chemin tortueux qui mène à l’Élysée. Ses cailloux à lui, ce sont ses idées, égrénées au fil des 310 pages de son nouveau livre au titre évocateur, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/La-France-est-elle-finie_a1027.html">La France est-elle finie ?</a>. Souveraineté, République, Nation : des valeurs majuscules que Chevènement défend inlassablement, rencontre après rencontre, dédicace après dédicace comme hier après-midi à Nice. Malade d’« une France qui ne s’aime plus », pourfendeur d’une « gauche française ralliée au néolibéralisme », le sénateur du Territoire de Belfort n’exclut pas d’incarner lui-même la « candidature alternative » qu’il appelle de ses vœux. Un brin superstitieux (« en 2001, je m’étais déclaré un 4 septembre, le jour de la proclamation de la IIIe République »), il se décidera avant la fin de l’année. « Il faut qu’un espace s’ouvre », confie avec un ton professoral celui qui rappelle avoir réuni sur son nom « un million et demi de Français au premier tour de la présidentielle de 2002 ». Déçu de ne pas bénéficier d’une exposition médiatique plus forte, enrageant de « ne même plus figurer dans les sondages où apparaissent des gens que je ne connais même pas », Chevènement croit autant en ses idées qu’à son destin. Mais où diable se situe-t-il sur l’échiquier politique ? « Au dessus ». Tout est dit, sans modestie de façade. Pour lui, c’est sûr, « l’avenir est ouvert ». Et puis, glisse-t-il au détour d’une question, « j’ai atteint l’âge où on peut devenir président de la République… »       <br />
              <br />
       Denis Carreaux, rédacteur en chef.       <br />
       ------       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« La dérégulation de l'économie a provoqué la désindustrialisation de la France » </span>       <br />
              <br />
       <b>Nice-Matin: La France serait-elle en meilleure santé si la gauche vous avez écouté en ne prenant pas le tournant de la rigueur en 1983 et en refusant le traité de Maastricht ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement:</b> La crise de la France est ancienne, elle date de l’après Première guerre mondiale. Mais, dans les années 80-90, la gauche, en choisissant de passer un compromis avec le néolibéralisme triomphant, a accepté la dérégulation et la libéralisation des mouvements de capitaux qui expliquent largement les délocalisations de ces dernières années. Elle a mis le doigt dans un engrenage qu’on pouvait éviter à l’époque : la France pesait encore assez lourd en Europe pour imposer un système d’économie mixte.       <br />
              <br />
       <b>La crise du capitalisme financier vous donne, en quelque sorte, raison 25 ans plus tard…</b>       <br />
       C’est la dictature de l’actionnariat qui l’a emporté, une dérégulation de l’économie qui a provoqué la désindustrialisation de la France. Quand j’étais ministre de l’Industrie, celle-ci pesait 30 % de la valeur ajoutée contre 13 % aujourd’hui. Comment un pays dont la base productive se rétrécit à ce point peut préserver ses retraites ou son assurance-maladie ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Peut-on réindustrialiser ?</b>       <br />
       Il est toujours difficile de remonter la pente quand on l’a dévalée ! On aurait, en tout cas, pu maintenir en France davantage d’usines d’assemblage, consacrer plus de moyens à la recherche et ne pas faire la part belle aux délocalisations. Les Allemands, eux, ont sous-traité dans les pays d’Europe centrale mais ont gardé la maîtrise de l’assemblage, ils ont des positions monopolistiques dans beaucoup de domaines, tout cela leur assure un excédent commercial de 150 milliards, à l’inverse la France connaît un déficit de 52 milliards.       <br />
              <br />
       <b>Les 35 heures ont-elles joué dans ces délocalisations ?</b>       <br />
       Les 35 heures ont certainement pesé sur nos coûts à un moment où les Allemands prenaient une position inverse en comprimant les salaires. Mais c’est la surévaluation de notre monnaie - le franc, puis l’euro fort - qui a constitué le facteur décisif.       <br />
              <br />
       <b>L’essentiel de nos problèmes vient donc de l’euro fort ?</b>       <br />
       Une monnaie surévaluée est très pénalisante pour l’industrie en nous faisant perdre des parts de marché à l’exportation. Et c’en est fini des ajustements maintenant qu’il est impossible de dévaluer. Plutôt que les plans de rigueur qui sont aujourd’hui avancés, je propose des politiques économiques harmonisées et privilégiant la croissance.       <br />
              <br />
       <b>Pour desserrer l’étau de l’euro, vous demandez la révision des statuts de la Banque centrale européenne ou la réglementation des marchés des devises. On n’en prend pas le chemin…</b>       <br />
       Si ce plan A, d’une réforme à froid, ne marche pas, il faut garder un plan B sous le coude. S’il y a une crise qui met l’Espagne voire l’Italie en dehors de l’euro, la France ne pourra pas résister, entre l’Allemagne d’un côté et ces pays qui deviendront hypercompétitifs. Notre voisin d’outre-Rhin sera alors bien obligé de discuter d’une réforme.       <br />
              <br />
       <b>L’Allemagne ne peut-elle pas être tentée par le cavalier seul avec son économie dominante ?</b>       <br />
       Politiquement, cela ne la conduirait nulle part. Elle est aussi tributaire des marchés européens où elle exporte 70 % de sa production.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Primaires socialistes : « Rien ne paraît clair » </span>       <br />
              <br />
       <b>Quand on vous lit, quand on vous connait, on ne voit pas comment vous pourriez soutenir DSK.</b>       <br />
       Et quand vous connaissez DSK aussi. Mais il faut faire confiance à la perfectibilité de l’être humain. La gauche est un optimisme, fondamentalement. Il faudrait donc que Dominique Strauss-Kahn trouve son chemin de Damas. Mais les choses seront différentes de ce qu’elle sont aujourd’hui lorsqu’il se sera porté candidat.       <br />
              <br />
       <b>Les primaires socialistes sont-elles une bonne idée ?</b>       <br />
       J’ai été très surpris par la manière dont Martine Aubry a déclaré qu’il n’y aurait pas de concurrence entre elle et DSK. On a parlé d’un pacte de Marrakech auquel Ségolène Royal semblait un moment s’être ralliée.       <br />
              <br />
       <b>Elle a changé d’avis depuis car elle est en campagne...</b>       <br />
       C’est exact, mais même Martine Aubry ne paraît plus aussi sure, si j’en juge par les appels venant de ses amis. Rien ne paraît clair. Je ne sais plus très bien à quel saint il faut se vouer.       <br />
              <br />
       <b>Quel candidat socialiste est compatible  avec le MRC ?</b>       <br />
       Pour le moment, si j’en juge par le fait qu’il vaudrait mieux se fier à quelqu’un qui ne nous ait pas mis dans l’ornière, pour pouvoir nous en sortir, je n’en vois pas un qui soit absolument sans défaut.       <br />
              <br />
       <b>Pensez-vous trouver mieux au Front de gauche ?</b>       <br />
       Jean-Luc Mélenchon a fait un parcours méritoire depuis le traité de Maastricht qu’il avait approuvé mais il lui reste encore à comprendre que la souveraineté nationale et pour tout dire la France est un levier indispensable si on veut faire bouger l’Europe, la redresser, et que la France redevienne le modèle républicain qu’elle n’aurait jamais du cesser d’être.       <br />
              <br />
       <b>Quelles relations avez-vous avec le PS ?</b>       <br />
       Le MRC a une influence sur une frange du PS et certains n’hésitent pas à la reconnaître comme Arnaud Montebourg, Manuel Valls qui, dans le domaine de la sécurité me déborde quasiment, ou François Hollande.       <br />
              <br />
       <b>Un candidat unique à gauche c’est possible ?</b>       <br />
       Le bon candidat pour la gauche serait celui qui a tenu compte de tout ce qui s’est passé depuis 1981, de la crise et des leçons de la crise, et capable d’anticiper assez loin pour nous donner des raisons d’espérer.       <br />
              <br />
       <b>La gauche peut-elle échouer en 2012 ?</b>       <br />
       Les sondages ne sont pas porteur pour Sarkozy qui bénéficie d’un exceptionnel discrédit. Il faudrait que la gauche en fasse beaucoup pour ne pas l’emporter.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic"> « Vers une candidature en 2012 ? »</span>       <br />
              <br />
       <b>Au début du mois de janvier, vous avez évoqué votre candidature potentielle à l’élection présidentielle de 2012 ? Où en est votre réflexion ?</b>       <br />
       Le MRC peut avoir d’autres candidats que moi ! Je crois à une candidature alternative. Je crois qu’il faut porter à la tête de l’Etat quelqu’un qui ait clairement à l’esprit un besoin de changements politiques. Il ne faut pas confier les rênes de l’Etat à des gens qui nous ont égarés. Pour sortir de l’impasse il ne faut pas faire confiance à ceux qui nous y ont conduits.       <br />
              <br />
       <b>Quelles circonstances vous inciteraient à vous présenter ?</b>       <br />
       Je demanderai aux candidats potentiels du Parti socialiste de se positionner. Si la parenthèse libérale ouverte en 83 dont parle Lionel Jospin et qui n’a jamais été vraiment refermée demeure, il faudra imaginer un troisième homme et faire en sorte qu’il ait une chance de l’emporter. Il représenterait une autre politique : avec sagesse, subtilité, sens de l’Etat et en même temps en prenant clairement ses distances avec des politiques qui ont échoué ou avec des tropismes politiques erronés dans des domaines variés comme la sécurité ou l’école. Des tropismes qui ne permettent pas de gouverner la France car la France est très difficile à gouverner. La gauche a un vrai travail à faire là-dessus. Car elle ne doit pas seulement gagner elle doit aussi réussir. Je considère par ailleurs que pour être candidat il faut avoir une chance de gagner.       <br />
              <br />
       <b>Quels seraient les contours de votre programme ?</b>       <br />
       Je n’aurai pas grand-chose à changer à mon discours de 2002. Il faut un redressement de la construction européenne et relancer la politique industrielle de la France. Sur l’école, le civisme, la sécurité, le rôle de la France en Europe et dans le monde : mes propos de 2002 me paraissent valables. Il faudrait actualiser car dix ans ont passé. Mais je n’ai pas de raison de changer les orientations de fond. J’étais en avance en 2002. En 2012, le discours pourrait être adéquat.       <br />
              <br />
       <b>Certains vous font porter le poids de la défaite de la gauche le 21 avril 2002. Quel est votre regard aujourd’hui ?</b>       <br />
       Vous savez c’est une défausse facile. On cherche un bouc émissaire à une défaite qu’on devrait s’attribuer à soi-même. Quand un projet recueille 11 % d’approbation chez les ouvriers, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans le projet lui-même. Ce n’est pas la peine de s’en prendre à Pierre, Paul, Jacques ou Jean-Pierre ou Christiane !       <br />
              <br />
       <b>Quand vous prononcerez-vous ?</b>       <br />
       Avant la fin de l’année 2011 !       <br />
              <br />
       <b>Où vous situez-vous sur l’échiquier politique ?</b>       <br />
       Au-dessus ! Les Français souffrent de ne pas avoir de perspective. Je constate que le courant de pensée que je représente et qui a obtenu 1,54 million de voix en 2002 n’est pas reçu à l’Elysée alors qu’on reçoit M. de Villepin qui pourtant ne s’est jamais compté dans une élection. Je constate que les sondages ne mentionnent jamais mon nom ! C’est frappant ! Alors qu’on cite gens inconnus, des personnes que je ne connais même pas.       <br />
              <br />
       <b>Comment analysez-vous le succès de votre livre ?</b>       <br />
       C’est le signe que mes idées intéressent.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic"> « Beaucoup de gens rejettent l'image que la droite et la gauche donnent en Corse »</span>       <br />
              <br />
       <b>Lors des dernières élections territoriales en Corse, un électeur sur trois a voté nationaliste : cela vous surprend ?</b>       <br />
       Beaucoup de gens rejettent l’image que la droite et la gauche donnent en Corse. Il y a là une carence sur laquelle il faut s’interroger. Je constate quand même qu’une majorité de Corses a rejeté le projet de statut de territoire d’outre-mer concocté depuis les accords de Matignon pour la Corse en 2003. Il y a donc une majorité de Corses qui, contre l’avis de tous les partis de droite et de gauche y compris les partis indépendantistes, ont dit « non on veut rester français avec des départements ». C’est quand même quelque chose qui en dit long. Ce serait aussi une erreur de vouloir revenir sur les affaires de statut. Je crois percevoir un certain danger qui consisterait à vouloir rouvrir la question du statut de la Corse qui n’a jamais conduit nulle part. La priorité en Corse c’est le développement économique, l’enseignement, le développement de l’esprit public, du civisme, du respect de la loi. Tout cela est parfaitement compatible avec l’identité culturelle particulière de la Corse qu’il ne faut pas opposer à l’identité républicaine.       <br />
              <br />
       <b>La Corse bat chaque année des records en matière d’homicides, aujourd’hui comme à l’époque où vous étiez ministre de l’Intérieur. Avoir privilégié la lutte contre les attentats nationalistes au détriment des crimes de droit commun, n’est-ce pas une erreur de tous les gouvernements ?</b>       <br />
       Souvent les deux se sont confondus. A une certaine époque, en particulier dans les années 80 et 90, l’interpénétration entre les mouvements indépendantistes et le grand banditisme était forte.       <br />
       La loi doit être respectée par tous. Il n’y a pas lieu de distinguer un assassinat selon qu’il est commis pour des mobiles idéologiques ou bassement intéressés. De toute façon il faut condamner toute espèce de recours à la violence et tout homicide. Je n’oublie pas qu’on a quand même abattu un préfet de la République, Claude Erignac, qui se promenait sans aucune protection la nuit dans une rue d’Ajaccio. Ce n’était pas un acte courageux et c’est une litote.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Débat animé par Denis Carreaux, rédacteur en chef ; André Fournon, secrétaire général de la rédaction ; Philippe Courtois, directeur du développement éditorial et Eric Néri, adjoint au directeur départemental des Alpes-Maritimes</span>       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.nicematin.com/article/cote-dazur/jean-pierre-chevenement-face-a-la-redaction">Nice Matin</a>
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