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 <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-10T21:48:32+02:00</updated>
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   <title>Une confédération européenne, pour continuer notre Histoire</title>
   <updated>2019-06-06T14:28:00+02:00</updated>
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   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2019-05-30T15:00:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une tribune de Jean-Pierre Chevènement, parue dans l'hebdomadaire Marianne, le 24 mai 2019.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/34167468-31301550.jpg?v=1558971903" alt="Une confédération européenne, pour continuer notre Histoire" title="Une confédération européenne, pour continuer notre Histoire" />
     </div>
     <div>
      La dégradation de l'environnement stratégique de l'Europe (unilatéralisme américain, accès de la Chine aux hautes technologies, montée de l'islamisme radical au Moyen-Orient et en Afrique, crises migratoires à venir) nous fait découvrir la sagesse de l'adage prêté à Sun Tzu : « Si tu veux la paix, ne laisse pas le désordre s'installer à tes portes. » En tout domaine, nos dépendances et nos vulnérabilités sont destinées à s'accroître. La construction de l'Europe était censée nous prémunir contre ces menaces. Placés désormais au pied du mur, les Européens s'aperçoivent que les plans de la maison qu'on leur a construite étaient faux. L'Europe telle qu'elle a été pensée par Jean Monnet a été fondée sur l'idée du marché. Pour tout ce qui est la défense et la stratégie, elle s'en est remise, dès les années 50, aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       Au cœur du « marché unique » dont Jacques Delors a été l'artisan principal, il y a le principe néolibéral de la concurrence que la Commission européenne a été chargée de mettre en œuvre. L'essentiel de ce qui est stratégique (défense, politique industrielle, construction de « champions numériques ») a été laissé en jachère. Certes, l'existence d'un grand marché est un atout dont il ne faut pas priver nos entreprises. Encore faudrait-il que ce grand marché soit défendu vis-à-vis de l'extérieur et harmonisé à l'intérieur. Or, l'Europe à 27 n'a pas de conscience stratégique ni de ferme volonté politique : elle avance peut-être, mais au « rythme européen », c'est-à-dire à pas de tortue. La monnaie unique a ralenti la croissance de la zone euro et a accru les divergences en son sein. Surévaluée pour les pays de l'Europe du Sud, au dire du FMI lui-même, elle est sous-évaluée pour l'Allemagne. Il en résulte des distorsions insoutenables sur le long terme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Par ailleurs, l'euro ne peut pas être un rival du dollar pour faire pièce à l'extraterritorialité du droit américain, car il faudrait pour cela une capacité politique à affronter les Etats-Unis qui n'existe pas, notamment en Allemagne, devenue pays leader. Elle n'entend pas, enfin, affronter la superpuissance monétaire et militaire américaine dont elle craint les mesures de rétorsion commerciale. C'est pourquoi l'euro ne peut jouer le rôle international que les signataires du traité de Maastricht faisaient jadis miroiter aux électeurs. Il faudrait pour cela une révolution des mentalités qui prévalent outre-Rhin. A défaut d'une négociation qui substituerait à la monnaie unique une monnaie commune et restaurerait des marges de flexibilité entre les pays utilisateurs, la monnaie unique est un carcan qui nous expose à des secousses à répétition. C'est ainsi que la méthode des « faits accomplis » chère à Jean Monnet crée des « effets de cliquet » rendant la marche arrière impraticable.       <br />
              <br />
       De même a-t-on voulu créer avec les accords de Schengen un espace de libre circulation qui a consisté à reculer nos frontières aux côtes italiennes, espagnoles ou grecques, indéfendables ou mal défendues. Or, on ne peut pas attendre raisonnablement de tous ces pays qu'ils se conforment à des règles et surtout à des pratiques communes. Le rétablissement des frontières nationales, d'ailleurs prévu par les accords de Schengen, est devenu une pratique quasi permanente.       <br />
              <br />
       Dès lors, la question se pose aux gouvernements : que faire ? Je propose d'y répondre avec pragmatisme. Bien évidemment, il faut d'abord conserver le marché unique, si possible en le renforçant. Est-ce possible dans l'état actuel de la construction européenne ? Il faut l'essayer. C'est pourquoi l'idée d'une conférence européenne sur le modèle de la conférence de Messine (1955) mérite d'être soutenue. Pourra-t-on modifier les traités pour doter l'Europe d'une véritable politique commerciale, pour instaurer un contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques ? Ce serait déjà bien d'y parvenir, à défaut de réformer les institutions européennes elles-mêmes. On voit bien pour cela ce qu'il faudrait faire : créer une confédération européenne à géométrie variable, avec des institutions resserrées et rendues plus fonctionnelles, et un contrôle démocratique effectif, réintroduisant les parlements nationaux dans le circuit des décisions. Mais, en dehors d'une crise majeure, ces objectifs paraissent beaucoup trop ambitieux à ce jour.       <br />
              <br />
       C'est pourquoi, au risque de paraître timoré, je propose qu'on recherche un « traité dans le traité » avec les pays qui souhaitent que l'Europe, au XXIe siècle, se définisse comme une « union stratégique », et pas seulement comme un marché. Ce traité devrait au moins réunir idéalement les quatre premiers pays de l'Union européenne : Allemagne, France, Italie, Espagne. Il pourrait s'élargir au Royaume-Uni pour ce qui concerne la défense. Il ne paraît pas raisonnable aujourd'hui que ce traité s'élargisse à la Pologne qui adonné trop de gages de la priorité accordée aux Etats-Unis pour assurer sa défense. Si nous voulons que l'Europe reste ou plutôt redevienne, au XXI siècle, un acteur stratégique autonome à vocation mondiale, il faudra mettre sur pied un budget spécifique, en dehors du budget actuel de l'Union européenne.       <br />
              <br />
       Il faudra en effet financer des Gafam européens, des programmes d'armement qui ne nous rendent pas dépendants de partenaires extérieurs. Ces outils sont la condition d'une autonomie stratégique européenne. A défaut d'une confédération en bonne et due forme, nous retomberions dans la nécessité d'en passer par les coopérations renforcées, structurées, voire tout simplement par des accords d'Etat à Etat, tels ceux signés récemment entre l'Allemagne et la France pour le char ou le système aérien du futur. En tout domaine, nous nous heurtons à la question de la volonté politique, et d'abord en Allemagne. Celle-ci semble considérer qu'elle peut se conduire comme une grosse Suisse de 82 millions d'habitants. C'est une profonde erreur.       <br />
              <br />
       Trump et Xi Jinping ou leurs successeurs sont là pour longtemps et les déséquilibres du monde inscrits à l'horizon ne feront que s'accentuer. Pour être au rendez-vous de l'histoire, il faudra que les grands chocs à venir suscitent au niveau des grands Etats, de la France à la Russie en passant par l'Allemagne, la mobilisation psychologique et politique nécessaire. Espérons qu'il sera encore temps de réagir. Aujourd'hui, nous ne pouvons que préparer le terrain au surgissement de cette confédération européenne que le général de Gaulle appelait « l'Europe européenne ». Et il faudra, bien sûr, répondre à la question principale : à quels défis devrons-nous prioritairement faire face ? La sécurité européenne passe par le règlement du conflit ukrainien et la restauration d'un partenariat stratégique avec la Russie. Celle-ci n'est pas une menace que l'Europe ne peut contenir. Au contraire, nous avons beaucoup d'intérêts géostratégiques en commun. N'usons pas nos forces à préparer les guerres du passé.       <br />
              <br />
       Les principaux défis s'appellent le développement de l'Afrique, la stabilité et la paix au Moyen-Orient. L'extrême fragilité de beaucoup d'Etats au sud et au sud-est de l'Europe peut offrir au djihadisme et à l'islamisme radical des bases offensives que l' « archipélisation » des sociétés européennes peut rendre redoutables. Il y a par ailleurs le « grand jeu » mondial entre les Etats-Unis et la Chine qui rend nécessaire que l'Europe puisse exister stratégiquement, indépendamment de ces deux hyperpuissances. Pour jouer dans la cour des grands, l'Europe doit retrouver l'usage de ses vieilles nations. Ce sont elles qui ont porté son histoire dans le passé, et ce sont elles, mais cette fois unies et confédérées, qui lui permettront de la continuer.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="https://www.marianne.net/debattons/editos/jean-pierre-chevenement-une-confederation-europeenne-pour-continuer-notre-histoire">Marianne</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Refaire l'Europe ? Aperçu rétrospectif et esquisse d'une politique"</title>
   <updated>2014-01-26T15:55:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Refaire-l-Europe-Apercu-retrospectif-et-esquisse-d-une-politique_a1585.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2014-01-26T15:54:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les actes du colloque du 2 décembre 2013 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6265458-9363631.jpg?v=1390748031" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Refaire l'Europe ? Aperçu rétrospectif et esquisse d'une politique"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Refaire l'Europe ? Aperçu rétrospectif et esquisse d'une politique"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Presentation_a773.html">Présentation</a> de Alain Dejammet, Président du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Expose-de-M-Pierre-de-Boissieu_a774.html">Exposé de M. Pierre de Boissieu</a> de Pierre de Boissieu, ancien directeur des Affaires économiques et financières du MAE au moment de Maastricht, ancien représentant de la France auprès de l’UE de 1993 à 1999, secrétaire général Conseil de l’UE de 1999 à 2011       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-intervention-de-M-Jean-Michel-Quatrepoint_a775.html">Débat : intervention de Jean-Michel Quatrepoint</a>, par Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-intervention-de-M-Gabriel-Robin_a776.html">Débat : intervention de M. Gabriel Robin</a>, Intervention de M. Gabriel Robin, ambassadeur de France, ancien directeur des Affaires politiques au MAE, ancien ambassadeur auprès de l’OTAN, au colloque : &quot;Refaire l'Europe ? Aperçu rétrospectif et esquisse d'une politique&quot; du 2 décembre 2013.       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-intervention-de-M-Jean-Pierre-Chevenement_a777.html">Débat : intervention de M. Jean-Pierre Chevènement</a>, par M. Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a778.html">Débat final</a>, animé par M. Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Refaire-l-Europe%C2%A0-Apercu-retrospectif-et-esquisse-d-une-politique_r107.html">&quot;Refaire l'Europe ? Aperçu rétrospectif et esquisse d'une politique&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.        <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque &quot;Refaire l'Europe ? Aperçu rétrospectif et esquisse d'une politique&quot;<a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/Cahier-Refaire-l-Europe%C2%A0-Apercu-retrospectif-et-esquisse-d-une-politique_p89.html"> est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation</a></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Refaire-l-Europe-Apercu-retrospectif-et-esquisse-d-une-politique_a1585.html" />
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  <entry>
   <title>"Je pense qu'on ira inéluctablement vers une Europe à géométrie variable"</title>
   <updated>2014-01-26T15:08:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Je-pense-qu-on-ira-ineluctablement-vers-une-Europe-a-geometrie-variable_a1584.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2014-01-25T19:35:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de la Fondation Pour l'Innovation Politique (Fondapol) mardi 14 janvier 2014, pour un débat sur le thème : "Où en est l'Europe ?". Le débat était animé par Dominique Reynié.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/4cd35b0667708f1f9c22f9a29f1cd54b991cdae9" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Quelques distinctions introductives au débat</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Le mot « libéral » ne me fait pas peur politiquement parlant bien sûr, ni même économiquement. Simplement, je ne crois pas à la théorie de l'efficience des marchés.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne suis pas non plus contre l'idée européenne, mais contre l'idéologique européiste, que je distingue de l'idée européenne.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Chacun comprend que les nations européennes ont une certaine solidarité de destin, qu'elles doivent resserrer leur cohésion. Le débat qui se pose, c'est de savoir comment cela doit se faire, avec quelles modalités, et comment celles qui ont prévalues ont été choisies.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Les deux mondialisations libérales et leurs conséquences</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Dans mon livre, je compare deux mondialisations, celle sous égide britannique, qui se termine en 1914, et celle sous égide américaine, qui commence après 1945 et culmine aux alentours de l'an 2000.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ces deux mondialisations induisent des modifications dans la hiérarchie des puissances. Dans la première mondialisation, l'Allemagne est poussée au premier rang. La Première Guerre mondiale a son origine profonde dans cette modification de l'équilibre des puissances.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je caractérise la Première Guerre mondiale comme une guerre anglo-allemande plutôt que franco-allemande.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Dans la seconde mondialisation, on observe le même mouvement avec la Chine, qui se développe même encore plus rapidement que l'Allemagne il y a un siècle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Dans la mondialisation libérale, quelle qu'elle soit, il faut un patron, un <span style="font-style:italic">hegemon</span>. Les conflits pour l'hégémonie sont évidemment ce qui doit attirer le regard, et aussi conseiller la prudence aux uns et aux autres.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'espère que nous éviterons que la seconde mondialisation se termine comme la première.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Critique de la construction européenne actuelle </span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le déclin de l'Europe est spectaculaire dans tous les domaines (démographique, économique, commercial). L'accélération à travers la crise de 2008 est frappante.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe est également absente des affaires diplomatiques et militaires. Quand une crise survient, notamment en Afrique, c'est une nation, la France, qui intervient, parce que seules les nations ont l'agilité nécessaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La thèse que je soutiens dans mon livre, c'est que les nations européennes ne méritent pas le discrédit dont elles font l'objet, parce que ce ne sont pas les nations qui ont fait la guerre de 1914. De nombreux historiens s'accordent sur ce point.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La responsabilité politique de cette guerre est évidemment celle d'un étroit cénacle de dirigeants politiques, à la tête des empires centraux, l'Allemagne impériale et l'Autriche-Hongrie.         
       </li></ul><ul class="list"><li> La Première Guerre mondiale a été la matrice du XXe siècle et de ses horreurs : le communisme, le fascisme, la Seconde Guerre mondiale, même si on ne peut bien comprendre l'accession des nazis au pouvoir qu'en introduisant la grande crise des années 1930.        
       </li></ul><ul class="list"><li> A l'arrière plan de cela, il y a ce qu'explique très bien Joschka Fisher : l'alliance de classe entre les junkers de l'est et la bourgeoisie industrielle de l'ouest, qui a remis le pouvoir à Hitler en 1933 et qui ne s'est dissocié d'Hitler qu'en 1944.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Après 1945, ce qui interroge, c'est la façon dont l'Europe a été reconstruite, sous l'impulsion de Jean Monnet. C'est une Europe qui se fait par le marché, autour d'une Commission en principe en charge d'un intérêt général européen – chose curieuse, car en principe l'intérêt général se définit par le débat républicain – et sous l'ombrelle américaine – c'est la Guerre Froide, l'OTAN, une OTAN survivant à l'effondrement de l'URSS. Cela aboutit à une Europe construite en dehors des nations.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe aujourd'hui repose sur une croyance en l'efficience des marchés, qui procède de l'Acte unique, duquel la Commission européenne a tiré des centaines de directives. Cette croyance est à mes yeux quelque peu magique. Elle fait litière de toute politique industrielle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les institutions pour l'essentiel sont technocratiques. Le Parlement européen ne représente pas un peuple européen mais juxtapose la représentation de 28 peuples. La Commission comme la Cour de justice sont par définition des instances composées de gens non élus. La Banque centrale est coupée de toute influence relevant des gouvernements ou du suffrage universel.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il n'est pas tout à fait étonnant, aux vus des résultats bien différents de ceux annoncés au moment du référendum sur le traité de Maastricht, que les peuples se sentent assez éloignés de cette construction.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe à 28 n'est plus l'Europe à 6, où la France jouait le premier rôle. Depuis l'effondrement de l'URSS et la réunification allemande, c'est une Europe germano-centrée.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Pour une Europe des nations</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce que je mets en cause, ce n'est pas la construction de solidarités toujours croissantes entre les peuples européens, c'est la méthode choisie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La monnaie unique juxtapose des économies nationales très différentes, hétérogènes. Sans avoir lu Robert Mundell, on peut comprendre que dans une telle union monétaire imparfaite, où les transferts sont impossibles et même impensables, cela ne peut pas marcher.       
       </li></ul><ul class="list"><li> On ne bâtit rien de solide sur des rêves. Il faut partir de la réalité, c'est à dire les nations, parce que c'est là où on s'entend. Elles peuvent mettre en commun l'essentiel : l'économie, la monnaie, l'énergie, la défense, la politique étrangère. Pour le reste, on devrait laisser aux nations la liberté de décider de ce qui après tout les regardent.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Cette mise en commun ne pourrait se faire que dans le cadre d'une Europe à géométrie variable.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On gagnerait à redéfinir le cadre géographique de l'Europe, à accepter des partenariats stratégiques avec la Russie, la Turquie, les pays du Maghreb.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les institutions européennes doivent être assouplies. Ce qui est légitime, c'est le Conseil européen, l'assemblée des Chefs d'états et de gouvernements. Ce n'est pas un hasard si on voit les progrès de l'intergouvernemental et le déclin du communautaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La monnaie unique polarise les richesses à un pôle et le sous-développement à un autre. C'est la théorie et c'est aussi la pratique. A terme, je ne crois pas que la monnaie unique soit viable. Peut-on la transformer en monnaie commune ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je finirai sur une citation de M. Von Rompuy : « <span style="font-style:italic">La différence entre l'Europe et une locomotive, c'est que quand la locomotive déraille, elle s'arrête</span> ».        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Réponses aux questions de Dominique Reynié</span>       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense quand même qu'il faut distinguer nation et nationalisme. Le nationalisme est une perversion de la nation. La nation est le cadre de la démocratie, et est devenue le lieu de la solidarité.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La nation est le cadre de la démocratie parce que c'est là où on s'entend, et que ce n'est pas facile de faire accepter la loi d'une majorité à une minorité. Ce n'est possible que dans un cadre ancien, reconnu, la nation, où existe ce sentiment d'appartenance sans lequel il ne peut y avoir de démocratie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je veux distinguer la nation citoyenne, conception de la Révolution française, de la nation ethnique, qui n'est pas notre concept. Et le concept de nation citoyenne en Europe est loin d'avoir pris le dessus.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La nation est la brique de base de l'internationalisme, ou en tout cas d'une construction européenne éventuelle. De ce point de vue là, l'idée républicaine transcende les frontières d'une nation. On peut très bien avoir un intérêt général européen, et même un intérêt général de l'humanité toute entière. Ces concepts peuvent s'emboiter avec les intérêts nationaux, légitimes par ailleurs.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Allemagne refuse les transferts pour la monnaie unique, mais prétend imposer des disciplines aux autres pays. N'y a t-il pas un vice de conception originel dans la monnaie unique ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Un <span style="font-style:italic">hegemon</span> est nécessaire pour faire fonctionner la mondialisation, parce que le marché a besoin de règles, sans lesquelles elle n'existe pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a un redoutable conflit d'hégémonie qui se profile à l'horizon du siècle, c'est celui entre la Chine, qui aspire tous les pays asiatiques dans son sillage, et les États-Unis, observant avec inquiétude la montée de cet astre au firmament.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Pour résister à la mondialisation, il vaudrait mieux une monnaie moins chère (l'euro est surévalué) plutôt qu'un protectionnisme tarifaire.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Le Conseil européen devrait pouvoir fonctionner, dans certains cas au moins, à géométrie variable.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis effrayé de la légèreté de ce que se disent les dirigeants à propos de l'évolution des révolutions arabes, par exemple.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je peux dire que les conditions dans lesquelles on peut engager une guerre ne sont guère différentes que celles qui prévalaient en 1914. En réalité la planification militaire n'est pas connue par les dirigeants politiques, qui vont la découvrir au dernier moment, et quand ils engagent la force, c'est souvent sans en avoir mesuré les conséquences.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut sortir de la repentance. Dans ses rapports avec l'Allemagne, l'impérialisme français ne joue aucun rôle ! C'est quand même la France qui est envahie ! Elle n'est pas en situation de provoquer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La colonisation française était une réaction de compensation politique à l'humiliation qu'avait été la défaite de 1870-71. La France ne voulait pas être marginalisée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on fait l'impasse complète sur le fait que l'état-major allemand était imprégné des idées pangermanistes, on ne comprend pas, par exemple, le plan Schlieffen.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne reviens pas sur le Conseil européen à géométrie variable, dont je suis partisan. C'est inévitablement la direction vers laquelle on ira. Vous avez le débat en Grande-Bretagne sur le fait de savoir si le pays doit faire partie de l'UE : bien évidemment oui, mais dans le cadre d'une UE assouplie, à géométrie variable. Je pense également que madame Merkel, au fond d'elle-même, a accepté cette perspective.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Que peuvent faire les nations ? Elles peuvent s'entendre, tout simplement.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La compétitivité n'est pas seulement une question monétaire. C'est une question plus profonde qui consiste à remonter nos handicaps et à valoriser nos atouts. Nous ne valorisons pas assez l'atout recherche et intellectuel de la France. Nos handicaps sont bien connus en matière industriel et d'esprit national. Nous avons un pays qui se débine, au niveau de nos élites.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense qu'il est temps de reconstruire le récit national, qui a été systématiquement rabaissé depuis 50 ans. On peut lire cette histoire de deux manières : fin de l'histoire ? Ou au contraire capacité de résilience. La suite n'est pas écrite, et on pourra lire l'histoire d'une façon ou d'une autre selon la suite. Mais nous ne nous donnons pas les moyens d'écrire cette suite.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On peut considérer que les Poilus sont morts pour que vive la France. Alors si on considère que la France est morte, c'est vain. Ils sont morts pour rien. Mais si on considère que la France doit continuer, ils ne sont pas morts pour rien, ils sont morts pour la France.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Les élections européennes sont des élections intérieures. Personne ne connaît son député européen. Ce dernier a un pouvoir de décision maigre, mal compris par les citoyens.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le Parlement européen ne représente pas un peuple européen, mais juxtapose la représentation de l'ensemble des peuples qui composent l'Union Européenne, ainsi que l'a affirmé la Cour constitutionnelle allemande.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le Parlement européen élu au suffrage universel est-il un progrès par rapport à l'ancienne Assemblée européenne, composée de députés nationaux ? Moi personnellement je ne le crois pas, parce que dans le précédent système, il y avait une articulation entre la démocratie nationale et le niveau européen qui était beaucoup plus intéressante que ce qui existe aujourd'hui avec le Parlement européen actuel.        <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.fondapol.org/debats/debat-ou-en-est-leurope-jean-pierre-chevenement-et-dominique-reynie/">Fondapol</a>        <br />
              <br />
       -----       <br />
       Découvrez le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/1914-2014/">1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?</a> (éditions Fayard)</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Je-pense-qu-on-ira-ineluctablement-vers-une-Europe-a-geometrie-variable_a1584.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Renouer avec le roman national"</title>
   <updated>2014-01-16T12:45:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Renouer-avec-le-roman-national_a1581.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/6236207-9317790.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2014-01-16T12:45:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Valeurs Actuelles, jeudi 16 janvier 2014, propos recueillis par Geoffroy Lejeune et Pierre Dumazeau.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6236207-9317790.jpg?v=1389872265" alt=""Renouer avec le roman national"" title=""Renouer avec le roman national"" />
     </div>
     <div>
      <b>Valeurs Actuelles: Vous publiez “1914-2014, l’Europe sortie de l’Histoire ? ”, un réquisitoire contre les politiques européennes menées depuis la Première Guerre mondiale…</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> C’est avant tout une mise en cause de la dévalorisation des nations, et tout particulièrement de la nôtre à la seule fin de justifier la construction d’une Europe a-nationale, post-démocratique et en définitive inféodée ! L’analyse historique montre que les nations ne sont pas à l’origine de la Première Guerre mondiale, mais que c’est un tout petit groupe d’hommes qui a décidé d’une guerre préventive dont, au fond, l’Allemagne n’avait pas besoin.       <br />
              <br />
       Ce premier conflit, suivi de la Seconde Guerre mondiale — je les lie toutes deux dans une analyse qui court de 1914 à 1945 —, a vu le monde passer de la première mondialisation, sous égide britannique, à la seconde, dominée par les États-Unis. Aujourd’hui, le monde bascule vers l’Asie-Pacifique et vers une nouvelle bipolarité entre la Chine et les États-Unis.       <br />
              <br />
       <b>L’Europe, feignez-vous de vous interroger dans votre livre, serait donc sortie de l’Histoire ?</b>       <br />
       Oui, dès lors que la reconstruction de l’Europe s’est faite sur les plans de Jean Monnet, c’est-à-dire uniquement à travers le marché, une vision anglo-saxonne et sous protection militaire des États-Unis. Les institutions dont s’est dotée l’Europe sont essentiellement technocratiques — elles n’ont aucun compte à rendre devant les électeurs —, comme la Commission européenne, la Banque centrale, la Cour de justice de l’Union européenne… Ces institutions reposent sur une nouvelle forme de « despotisme éclairé ». Or, l’Europe ne peut se faire contre la démocratie, et par conséquent contre les nations. Pour exister à nouveau dans l’Histoire, l’Europe doit s’appuyer sur les nations, leur redonner confiance, les sortir du discrédit où elles ont été reléguées pour des crimes que les peuples en tant que tels n’ont pas commis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>La dévalorisation des nations, selon vous, désarme l’Europe face à la montée des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), pays animés par un fort sentiment national…</b>       <br />
       Si les nations européennes ne retrouvent pas leur sentiment à la fois national et européen, afin de définir très vite des politiques en matière de monnaie, d’énergie, de croissance, d’industrie, de défense, de politique extérieure, de sécurité, alors oui, elles seront marginalisées progressivement par ces puissances émergentes. Quand l’Europe, ou du moins ses principales nations, sera capable de définir des politiques communes sur ces sujets majeurs, alors la Commission européenne n’aura plus besoin de réglementer la teneur en cacao du chocolat !       <br />
              <br />
       <b>Nous ne construirons pas l’Europe des nations, dites-vous, sans souveraineté des États. Dans ce marasme européen, la France est-elle plus en déclin que ses partenaires ?</b>       <br />
       L’abandon de notre souveraineté monétaire a entraîné celui de notre souveraineté budgétaire. Une Europe qui aurait globalement une monnaie moins surévaluée d’environ 20% connaîtrait à nouveau la croissance, pourrait rembourser ses déficits, investir et, s’il y avait un ou deux hommes d’État disponibles, renouer avec la place qui doit être la sienne sur la scène mondiale.       <br />
              <br />
       Plus généralement, et pour sortir du déclin, la France doit retrouver confiance en elle-même, renouer avec un récit national et cesser de se dévaloriser. Mon livre veut aussi rétablir ce récit national, à la fois véridique et roboratif. Je peux paraître isolé, mais beaucoup de Français, dans les profondeurs du pays, croient encore en la France. Tout simplement parce qu’ils n’ont rien d’autre.       <br />
              <br />
       <b>Vous dites, au sujet de l’Europe, “s’il y avait un homme d’État”… Est-ce à dire qu’il n’en existe pas ?</b>       <br />
       J’attends qu’il se manifeste, à travers une vision de ce que peut être au XXIe siècle le rôle de la France.       <br />
              <br />
       <b>N’avez-vous pas l’impression, en tant qu’homme de gauche, que vous prêchez dans le désert au sein de la majorité à laquelle vous appartenez ?</b>       <br />
       Je donne des avis que je crois juste à François Hollande. Il m’entend ou ne m’entend pas. J’espère que ce n’est pas totalement inutile. J’ai déclaré le 11 mars 2012 le soutenir « les yeux ouverts ». Je n’ai en rien renoncé à ma liberté d’expression.       <br />
              <br />
       <b>Vos idées ont toutefois percé chez des responsables politiques comme Nicolas Dupont-Aignan. Que lui manque-t-il pour que son combat puisse servir ?</b>       <br />
       Je suis reconnaissant à Nicolas Dupont-Aignan du combat qu’il mène pour faire bouger les idées au sein de la droite, où il est l’un des rares à maintenir l’héritage du gaullisme. Mais il faut du temps et des circonstances pour que les idées puissent porter. Plus généralement, je pense qu’il faut faire confiance au patriotisme des Français. Au-dessus de la droite et au-dessus de la gauche, il y a la République, qui est le nom moderne de la France. C’est mon credo.       <br />
              <br />
       <b>Que vous inspire le fait que vos idées soient aujourd’hui revendiquées par Florian Philippot, le principal conseiller de Marine Le Pen ?</b>       <br />
       Cela relève de l’art du camouflage. Je ne connais pas Florian Philippot, je ne veux pas mettre en doute sa bonne foi personnelle, mais le Front national portera toujours, à mes yeux, l’héritage de Vichy, de la collaboration, de l’OAS. De surcroît, le passage de ce parti de l’ultralibéralisme au colbertisme modernisateur me laisse immensément sceptique. Je ne crois pas en sa capacité d’incarner le salut public. Il porte gravement tort à l’image que le monde se fait de la France. Notre pays a besoin d’un sursaut républicain et pas d’un spasme rétrograde.       <br />
              <br />
       <b>Que vous évoque l’idée d’un gouvernement d’union nationale ?</b>       <br />
       Je préfère que l’on parle de “salut public”, notion qui, contrairement à l’union nationale, inclut un contenu. Si un tel gouvernement devait voir le jour, le critère pour y appartenir devrait être essentiellement le dévouement à la chose publique, le courage, la capacité à appliquer une politique qui valorise nos atouts et comble nos handicaps. Il y a du pain sur la planche !       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://valeursactuelles.com/%E2%80%9Crenouer-roman-national%E2%80%9D">Valeurs Actuelles</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Renouer-avec-le-roman-national_a1581.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La logique des "élites" n'est pas le bien du peuple mais la préservation de leurs privilèges"</title>
   <updated>2013-10-23T22:35:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/La-logique-des-elites-n-est-pas-le-bien-du-peuple-mais-la-preservation-de-leurs-privileges_a1531.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2013-10-23T19:22:00+02:00</published>
   <author><name>Julien Landfried</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était présent mardi 22 octobre 2013 dans les locaux de Twitter France, pour une séance de questions/réponses libre avec les utilisateurs du réseau social. C'était la première "tweetinterview" du genre en France pour un homme politique.     <div>
      <blockquote class="twitter-tweet"><p>Merci à tous pour vos questions et <a href="https://twitter.com/TwitterFrance">@TwitterFrance</a> pour son invitation <a href="https://twitter.com/search?q=%23livreJPC&amp;src=hash">#livreJPC</a> <a href="https://twitter.com/search?q=%23beret&amp;src=hash">#beret</a> <a href="http://t.co/vArEPamfCV">pic.twitter.com/vArEPamfCV</a></p>&mdash; J-P. Chevènement (@chevenement) <a href="https://twitter.com/chevenement/statuses/392690255935328257">October 22, 2013</a></blockquote>
<script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div class="storify"><iframe src="//storify.com/chevenement/mes-reponses-aux-questions-des-twittos/embed" width="100%" height=750 frameborder=no allowTransparency=true></iframe><script src="//storify.com/chevenement/mes-reponses-aux-questions-des-twittos.js" type="text/javascript" language="javascript"></script><noscript>[<a href="//storify.com/chevenement/mes-reponses-aux-questions-des-twittos" target="_blank">View the story "Questions/réponses avec Jean-Pierre Chevènement" on Storify</a>]</noscript></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/La-logique-des-elites-n-est-pas-le-bien-du-peuple-mais-la-preservation-de-leurs-privileges_a1531.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Seize thèses pour penser l'avenir</title>
   <updated>2009-08-31T12:29:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Seize-theses-pour-penser-l-avenir_a835.html</id>
   <category term="Grands textes" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1560897-2088348.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-08-31T12:29:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Développements de Jean-Pierre Chevènement, après son intervention à l'université d’été du Parti socialiste à La Rochelle, samedi 29 août 2009. (Ce texte n’est pas celui de l’intervention de Jean-Pierre Chevènement. Il la nourrit et la développe)     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1560897-2088348.jpg?v=1477349311" alt="Seize thèses pour penser l'avenir" title="Seize thèses pour penser l'avenir" />
     </div>
     <div>
      <b>Première thèse : Le cycle néo-libéral se ferme</b>       <br />
              <br />
       Le problème de la gauche aujourd’hui est que, confrontée à la grande crise du capitalisme financier, qu’elle a non seulement laissé s’installer mais fortement contribué à mettre ou à maintenir en selle en Europe, en France après 1983, en Grande-Bretagne avec Tony Blair, en Allemagne avec Gerhard Schröder, et en Italie avec Romano Prodi, elle se bat les flancs sans voir quoi d’autre mettre à la place. C’est une crise de l’imagination qui n’est pas sans lien avec une pratique politique opportuniste qui a éloigné de la gauche les couches populaires.        <br />
              <br />
       Pour beaucoup de femmes et d’hommes se disant « de gauche », la dictature de l’actionnariat à travers les marchés financiers régentant l’allocation du capital, la production, les échanges et la reproduction sociale paraît être aujourd’hui inévitable et comme procédant de la nature des choses. Sans doute la gauche sociale-libérale peut-elle imaginer quelques correctifs à la marge (RMI, CMU) mais la domination des marchés financiers qui s’est installée depuis trente ans sur les décombres du fordisme, du keynésianisme, de l’Etat-providence et des régulations nationales, semble borner son horizon. Cette gauche doit donc penser l’impensable : qu’il puisse y avoir un « au-delà » du capitalisme financier, que les marchés financiers  ne bornent pas l’horizon de l’Humanité, que ce sont les peuples et les nations qui font l’Histoire et qu’il est temps de remettre celle-ci consciemment en marche. A une gauche digne de ce nom, il faut donc penser et proposer un dépassement du capitalisme financier à travers des mesures concrètes réalistes et convaincantes. C’est ainsi seulement qu’elle pourra surmonter le discrédit qui est le sien dans les couches populaires, convaincues aujourd’hui que le social-libéralisme n’a été et ne peut être qu’une stratégie d’accompagnement de la mondialisation financière honnie. Bref, il lui faut être crédible et elle ne peut l’être, comme après Epinay, qu’à partir d’une autocritique, qui vaille rupture aux yeux du plus grand nombre, avec la pratique antérieure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Deuxième thèse : La social-démocratie correspond à un âge aujourd’hui révolu</b>       <br />
              <br />
       L’équilibre entre le travail et le capital a été rompu par la globalisation financière. L’effondrement du communisme, dont la puissance d’intimidation avait d’ailleurs depuis longtemps décliné, a privé la social-démocratie d’un moyen de chantage et d’une rente de situation commodes. La part des salaires dans le revenu national a diminué de dix points depuis les années quatre-vingt. Sur trente ans, en France, le pouvoir d’achat des salaires n’a augmenté que de 0,8 % par an. Le lien entre productivité et rémunération du travail a été rompu à l’échelle mondiale. Parallèlement, les taux de syndicalisation enfin ont fortement chuté. La politique social-libérale, dite « de troisième voie », a échoué. La gauche dominait onze gouvernements de l’Union européenne sur quinze à la fin des années quatre-vingt-dix. Elle a partout perdu le pouvoir ou est en voie de le perdre, ainsi en Grande-Bretagne et en Espagne.        <br />
              <br />
       Comment cette gauche échouée pourrait-elle relever ce défi qui peut paraître sans précédent ? Au moins cinq « fins de cycles » se superposent : la fin de la domination occidentale sur le monde avec le déclin plus qu’engagé de l’hégémonie américaine, celles, au fond, jumelles, du communisme et de la social-démocratie, l’épuisement déjà ancien de la gauche libérale classique et enfin l’achèvement du cycle court social-libéral avec la crise du capitalisme financier dont il n’était au fond que l’ombre portée.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Troisième thèse : Le ressourcement de la gauche dans les valeurs de la République</b>       <br />
              <br />
       A ce stade, la gauche ne peut se ressourcer qu’à ce qui fait son identité historique depuis plus de deux siècles :       <br />
              <br />
       -	d’abord une volonté d’égalité qui n’est pas l’égalitarisme, mais la capacité donnée à chacun d’aller au bout de ses possibilités ;       <br />
       -	ensuite une volonté de raison qui doit nous inciter à « penser le monde » d’aujourd’hui mais aussi à revenir aux sources de la République en s’adressant au peuple tout entier.       <br />
              <br />
       La « classe des producteurs » ne s’identifie plus, en effet, à un « bloc de classe » homogène. Les services multipliés font partie de la production. Des statuts différenciés recouvrent la réalité de la création de la valeur. Celle-ci ne peut plus s’analyser que dans un contexte mondial. Et s’il y a des gagnants et des perdants dans la globalisation, le fait majeur est aujourd’hui la paupérisation des classes moyennes. La définition de la social-démocratie comme parti de la classe ouvrière ne correspond plus à la réalité observable. Le retour aux sources de la République esquissé jadis par Jaurès : l’appel à la raison du citoyen correspond mieux au stade actuel de développement de la société. La gauche gagnerait donc à se définir comme « parti républicain du peuple », en fonction d’un intérêt général répondant à l’intérêt social global.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Quatrième thèse : Le sens de la mutation républicaine</b>       <br />
              <br />
       La gauche doit donc faire sa mutation républicaine. Cela ne la détournera pas, bien au contraire, des couches populaires qu’elle ne pourra reconquérir que sur cette base. Et pas davantage des couches moyennes dont l’instabilité peut d’autant mieux être combattue par un appel permanent au civisme et au dépassement qu’elles se trouvent précarisées par la logique du capitalisme financier.        <br />
              <br />
       Que signifie l’appel à l’intérêt général ? Celui du peuple français, bien sûr, dont la gauche sollicite les suffrages. Mais intérêt général aussi de l’Humanité tout entière car la planète est devenue petite, intérêt général à l’intérieur duquel il y a évidemment place pour un intérêt européen bien compris : l’Europe n’existera en effet que si elle ne se laisse pas  écraser entre les Etats-Unis et la Chine. Dans un monde devenu multipolaire, c’est le rôle de la France de faire émerger un pôle européen autonome.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Cinquième thèse : Comprendre la crise, économique mais aussi géopolitique</b>       <br />
              <br />
       Pour penser l’intérêt général il faut d’abord comprendre le monde. La montée de pays émergents et la nouvelle multipolarité du monde marquent la fin d’une période de plus d’un demi-siècle, celle de l’hégémonie américaine. Certes ce grand pays a tout son avenir devant lui et les Etats-Unis resteront encore longtemps une « nation incontournable ». Ce qui marquera les prochaines décennies ce sera la montée de l’Asie, et plus généralement des pays milliardaires en hommes, à commencer par la Chine et l’Inde.       <br />
              <br />
       La relation sino-américaine est d’ores et déjà structurante pour le XXIe siècle. Elle l’est dès aujourd’hui pour l’avenir du libre-échange et pour celui du dollar. La parité entre le yuan et le dollar exprime la réalité actuelle de ce qu’on a appelé improprement le G2. Le modèle de développement qui a prévalu depuis trente ans a été fondé sur la liberté donnée au capital occidental, aux firmes multinationales et aux fonds d’investissement de mettre en concurrence les territoires et les mains d’œuvre, sous l’égide d’une monnaie mondiale qui est aussi et d’abord celle des Etats-Unis. Ce modèle a généré des déséquilibres profonds entre pays excédentaires en marchandises et en épargne (Chine, Japon, Allemagne, pétromonarchies) et pays déficitaires (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Espagne). La stagnation du pouvoir d’achat a favorisé l’endettement.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Sixième thèse : Ces déséquilibres vont s’accroître</b>       <br />
              <br />
       Les plans d’assainissement financiers et les plans de relance mis en œuvre depuis 2008 vont accroître les déséquilibres au lieu de les corriger.        <br />
              <br />
       De nouvelles crises sont à l’horizon : au plan monétaire, au plan économique et au plan commercial. Le capitalisme financier va voir sauter les unes après les autres les « régulations de marché » sur lesquelles il a fondé son développement : marchés financiers par une remise en cause de la liberté de mouvement des capitaux et par des mesures de sauvegarde monétaire, échanges internationaux par une remise en cause d’un libre échangisme qui fait fi des sociétés et des nations qu’on ne peut « délocaliser » comme les entreprises en vertu de la loi ricardienne des avantages comparatifs. Cela se fera à bas bruit pour commencer, et cela partira de la tête, c’est-à-dire des pays leaders : Etats-Unis, Chine d’abord.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Septième thèse</b>       <br />
              <br />
       Le premier risque dans le monde qui vient est de voir s’opposer les pays du Nord et les pays du sud.       <br />
              <br />
       -	Le premier épisode a été la « guerre des civilisations » décrétée d’une part par Al-Quaïda et, d’autre part  stupidement, en réponse, par l’Administration Bush, en 2001-2003. On a vu avec l’invasion de l’Irak que les enjeux de cette guerre étaient dissimulés. La globalisation financière porte en elle des tensions qui se déchargent en crispations identitaires, violences paranoïaques, mises en scène guerrières et stratégies prédatrices.       <br />
              <br />
       -	Le deuxième risque est celui d’un conflit ouvert entre les Etats-Unis et la Chine.       <br />
              <br />
       -	Le troisième risque, pour nous décisif, voit déjà l’Europe prise en étau et en otage de la relation sino-américaine, écrasée entre la concurrence du dollar et celle des marchandises produites à très bas coût.        <br />
              <br />
       Ce risque est d’autant plus difficile à conjurer que l’Union européenne actuelle est une machine d’impuissance : structurellement libérale et tournée vers la préservation des actifs boursiers, elle nous désarme sur le plan commercial, à l’OMC, comme sur le plan monétaire, avec un euro toujours plus fort. Au cœur de cette impuissance, il n’y a pas seulement l’effondrement du mythe fédéraliste européen (il était inévitable et il a au moins l’avantage de nous débarrasser d’illusions coûteuses), il y a surtout une politique économique non coopérative de l’Allemagne : déflation salariale et recherche de l’hypercompétitivité, accumulation d’un excédent commercial massif au détriment d’abord des partenaires européens, refus d’un gouvernement économique de la zone euro et recherche d’un euro fort. L’Allemagne a la politique de sa démographie vieillissante. Il lui faut accumuler des excédents propres à nourrir une stratégie d’investissement et de placements extérieurs, sources de dividendes et de revenus ultérieurs, censés lui permettre de financer ses retraites et ses dépenses de santé. En fait cette stratégie se confond avec celle du capital financier. Elle n’a pas empêché la régression de la base industrielle du pays.        <br />
              <br />
       Nous sommes loin de « l’Allemagne européenne » prêchée jadis par le Chancelier Kohl. Il est sans doute heureux que l’Allemagne redevienne une nation « normale ». Il serait plus heureux encore qu’elle ne revienne pas à sa tradition particulariste (le « Sonderweg ») mais qu’elle fasse sienne une conception républicaine de la nation ouverte sur l’Universel. Car cette stratégie d’accumulation d’excédents est à courte vue. Elle est fondée sur une restriction de la demande qui pèse sur la croissance allemande aussi bien que sur la croissance européenne. Une nation allemande « républicaine » doit être capable de dialoguer avec les autres nations européennes sur la base d’un intérêt général partagé, sous réserve, bien évidemment, de réciprocité.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>Comment sortir de cette crise systémique ?       <br />
              <br />
              <br />
       Huitième thèse : Le capitalisme se veut « sensiblement éternel »</b>       <br />
              <br />
       Depuis que le système capitaliste a pris forme, à partir de la révolution industrielle de la fin du XVIIIe siècle, ou même, selon Immanuel Wallerstein, depuis le début du XVIe siècle, il n’a cessé d’aller de crise en crise, par oscillations successives vers des développements toujours nouveaux.       <br />
              <br />
       Le capitalisme lui-même est fondé sur une prétention à retarder indéfiniment le moment de sa chute. Fondé sur un déséquilibre structurel, bien mis en valeur par Karl Marx, il revendique, grâce à des modèles de croissance constamment renouvelés, une capacité inépuisable à affronter le futur : le capitalisme, parce qu’il se veut « naturel », conforme à la nature des choses et d’abord à la « nature humaine », se présente comme « sensiblement éternel », comme les nations, selon Maurras.       <br />
              <br />
       Un doute, certes, l’a envahi, dont témoigne l’expression désormais banale, de « croissance soutenable ». Mais la pensée conforme, celle de ceux qui pensent à l’intérieur du système, ne peut imaginer par définition qu’il puisse y avoir un quelconque « au-delà ».        <br />
              <br />
       Par « croissance soutenable », le capitalisme désigne une « croissance verte » où il intègre les coûts de l’environnement et développe de nouveaux secteurs. Il ne se remet pas en cause : le vert est aussi la couleur du dollar.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Neuvième thèse : Une autre logique que celle de l’accumulation financière</b>       <br />
              <br />
       Sans prétendre substituer du jour au lendemain un autre système au capitalisme financier actuel, nous pouvons imaginer l’introduction d’une autre logique, politique celle-là, dans le fonctionnement des marchés financiers, en vue de les orienter, de les encadrer voire de les réduire.       <br />
              <br />
       Notre première tache sera donc de parvenir à la définition d’un intérêt général mondial et européen dans l’inévitable compétition des monnaies et des économies. La vocation européenne de la France ne se substitue pas en effet à une vocation mondiale plus générale. La France est membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et figure au nombre des puissances nucléaires reconnues. Elle est la tête de la francophonie, répandue sur cinq continents. Sa diplomatie est une des toutes premières du monde. Son histoire, enfin, la rend comptable de l’avenir des idées républicaines et de l’héritage de la Révolution de 1789, non seulement en Europe mais dans le reste du monde.       <br />
              <br />
       Pour ce qui est de l’Europe, la question-clé sera évidemment celle de l’avenir de la zone euro, hétérogène économiquement et sujette à des divergences profondes de politique économique. Cette zone euro n’a pas de pilote. Le traité de Maastricht qui, en matière de change, donne le pouvoir à l’Eurogroupe, n’est pas appliqué. Il faudra amener l’Allemagne à une vision plus coopérative de sa politique économique. La limitation constitutionnelle à 0,35% du PIB du déficit budgétaire, à horizon 2012, ne rendra pas facile cette coopération. Évidemment la question de l’euro est indissociable de celle du dollar.       <br />
              <br />
       Le principe de la concurrence ne doit plus s’opposer à celui d’une politique industrielle si possible à l’échelle européenne (par exemple dans le domaine de l’énergie) même si cette politique européenne reste une juxtaposition coordonnée de politiques nationales. Pas davantage le principe de la concurrence ne doit faire obstacle à la réaffirmation du rôle des services publics.       <br />
              <br />
       La tâche des Européens, dans l’ordre international, est de ne pas se laisser entraîner dans une quelconque croisade, soit contre l’Islam (mais tel ne paraît pas être l’orientation du Président Obama), soit contre la Russie ou encore contre la Chine, ou plus généralement contre les pays émergents. Les crises favorisent toujours les guerres. À cet égard, la question du « modèle de développement » est centrale pour « penser l’avenir ».       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Dixième thèse : Modèle de développement soutenable et révolution énergétique</b>       <br />
              <br />
       Les trois quarts de l’Humanité aspirent au développement. C’est pour quatre milliards d’hommes une question vitale et c’est une question de dignité. Le problème de notre modèle de développement actuel est qu’il n’est pas reproductible tel quel. Nous devons le faire évoluer en même temps que nous devons promouvoir un développement soutenable à l’échelle de la planète, c’est-à-dire économe des biens rares dont dispose l’Humanité (énergies fossiles, eau, air, sols, etc.). Et nous devons le faire en coopération avec les pays émergents. La révolution énergétique est, de ce point de vue, évidemment décisive : préservation de la forêt notamment dans les zones équatoriales, charbon propre et capture du CO2 notamment en Chine et en Inde, économies d’énergies, énergies nouvelles notamment solaire, énergie nucléaire dans la perspective notamment d’un réacteur de quatrième génération.       <br />
              <br />
       Pour mener à bien cette révolution énergétique, il faut se défaire de tout dogmatisme. Le problème des énergies renouvelables telles que l’énergie solaire est qu’elles sont encore très loin d’être compétitives. Le coût du Kwh d’origine solaire photovoltaïque est encore cinq fois supérieur à celui du Kwh produit à partir d’une turbine à gaz ou d’une centrale nucléaire. Celui du Kwh d’origine éolienne en représente le double. Il faut donc que le consommateur ou le contribuable paye la différence. Certes, on peut parier sur l’élévation inévitable du prix des carburants fossiles et sur l’abaissement probable des coûts de production résultant des progrès de la recherche en matière d’énergies nouvelles, mais cette prise de risque ne peut se faire inconsidérément, indépendamment d’une vue économique des choses au sens étymologique du terme.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Onzième thèse : Pour une négociation globale entre le Nord et le Sud</b>       <br />
              <br />
       Penser cette transition énergétique implique que nous évitions d’opposer l’Homme à la Nature le premier devenant le grand « perturbateur » d’une vie naturelle rêvée. Éviter aussi d’organiser de « fausses peurs » comme on l’a vu sur d’autres sujets : pluies acides, poulet à la dioxine, etc. Il faut aussi cesser d’apporter de l’eau au moulin du capitalisme financier en crise, en cultivant le mythe de la « décroissance ». Le problème des inégalités ne pourra être résolu par le malthusianisme. Celui-ci s’est révélé être, depuis les prophéties de Malthus au début du XIXe siècle, une erreur historique : car si la limitation des ressources naturelles est une évidence, les ressources de l’Homme, en inventivité, créativité, progrès des connaissances et de la technologie sont, elles, illimitées. Confiance en l’Homme !       <br />
              <br />
       La gauche est inséparable de la volonté de raison et elle ne doit pas renier l’héritage des Lumières, c’est-à-dire le primat des valeurs de la connaissance. Il n’y a pas de raison de jeter un interdit sur une technologie comme l’énergie nucléaire ou le génie génétique sans débat approfondi sur les avantages, les risques, les conséquences éventuelles, etc. Prenons garde à ce qu’un certain catastrophisme écologique ne serve pas de munition contre les pays émergents, dans une « guerre des civilisations » d’un nouveau type. L’enfer est pavé de bonnes intentions.        <br />
              <br />
       Le droit au développement des pays du Sud est un droit inaliénable. Ainsi l’objectif que se fixe la Chine de parvenir à une économie de « moyenne aisance » généralisée à l’horizon 2025 pour l’ensemble de sa population n’est pas contestable. Encore faut-il que la Chine et les pays émergents soient sensibilisés à l’intérêt général de l’Humanité. Une négociation globale est nécessaire liant tous les enjeux (commercial, monétaire, climatique, maîtrise des armements, etc.). La communauté internationale doit élaborer les règles dont nous avons besoin pour lutter par exemple contre le réchauffement du climat, pour opérer la transition énergétique, pour combattre les pandémies d’un nouveau type, etc. On ne doit pas faire l’économie d’une certaine planification des investissements à l’échelle mondiale. La France a tout son rôle à jouer pour animer et aider à coordonner les négociations internationales nécessaires.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Douzième thèse : La question du modèle de développement est indissociable du dépassement du capitalisme financier</b>       <br />
              <br />
       A)	<span style="font-style:italic">La tâche la plus urgente est de remédier aux déséquilibres économiques fondamentaux qui ont engendré la crise.</span>       <br />
              <br />
       Déficits abyssaux aux Etats-Unis. Excédents commerciaux et excès d’épargne chez les autres. On n’en a pas pris le chemin. Une relance équilibrée et réellement concertée n’a pas été possible jusqu’ici. C’est un échec du G20. La réforme du système monétaire international a été différée, mais chacun pressent qu’elle ne pourra plus l’être indéfiniment. L’assainissement financier du système bancaire est sans doute loin d’être terminé. L’<span style="font-style:italic">ubris</span> des financiers guette plus que jamais.       <br />
              <br />
       B)	Les propositions que j’avance sont des pistes à explorer pragmatiquement en fonction des alliances internationales qui pourront être nouées :       <br />
              <br />
       1.	Relance concertée des économies dans le cadre d’un New Deal mondial. Un effort supplémentaire sera demandé à chacun (davantage d’épargne aux Etats-Unis, relance du marché intérieur en Chine, sécurité sociale, relance allemande et japonaise, financement du développement de l’Afrique et des PMA).       <br />
       2.	Création d’une nouvelle monnaie internationale de réserve reflétant la place des différents pays dans l’économie mondiale et ayant vocation à se substituer au dollar. L’émission de 250 Milliards de DTS par le FMI est un premier pas. Il faut aller beaucoup plus loin pour aider au développement des pays pauvres.       <br />
       3.	Nouveaux « accords du Louvre », fixant des fourchettes aux parités monétaire (dollar, euro, yen, yuan) afin de parvenir à une concurrence équitable.       <br />
       4.	Redéfinition du mandat de l’OMC (en fonction des principes comme la « concurrence équitable » et la « souveraineté alimentaire »).       <br />
       5.	Plan mondial d’aide à l’Afrique et aux PMA.       <br />
       6.	Contrôle du crédit par la voie de nationalisations bancaires.       <br />
       7.	Réglementation des marchés financiers visant à éliminer les fonds purement spéculatifs.       <br />
       8.	Chasse aux paradis fiscaux et traçabilité obligatoire des mouvements de capitaux, les banques devant être tenues de communiquer à la police et à la justice leurs archives informatiques.       <br />
       9.	Réintroduction d’éléments de planification au niveau régional et mondial par exemple en matière :       <br />
       -	de politique énergétique ;       <br />
       -	d’autosuffisance alimentaire (suspension des négociations agricoles de l’OMC et redéfinition du mandat de l’OMC sur cette  base) ;       <br />
       -	de planification industrielle ;       <br />
       -	d’eau potable et de grandes infrastructure (assainissement, routes, chemins de fer, hôpitaux, écoles).       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Treizième thèse : Le rôle des nations</b>       <br />
              <br />
       Une impulsion mondiale est nécessaire. La France doit porter cette vision, en Europe et dans le monde. Mais cette impulsion ne dispense pas, bien au contraire, d’efforts nationaux. Ce sont les peuples qui sont à l’initiative de l’Histoire et pas les réunions épisodiques de dirigeants confiant à des technocrates le soin de mettre en œuvre des orientations imprécises. Le ressort de la démocratie est nécessaire. Celle-ci vit d’abord dans les nations. Celles-ci sont les briques de base de toute construction internationale.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Quatorzième thèse : Le retour de la France et de la République</b>       <br />
              <br />
       Le mythe fédéraliste européen épuisé, il faut revenir à l’idée de nation républicaine, seul socle solide d’une Confédération européenne efficace. Celle-ci est une tâche d’autant plus urgente que l’Europe ne peut s’en remettre indéfiniment aux choix de l’Administration américaine et devra de plus en plus apprendre à compter sur elle-même.       <br />
              <br />
       La France a un rôle majeur à jouer en Europe et dans le monde : rôle de catalyseur, rôle d’intercesseur. La gauche doit assumer sans complexe la nation française, son histoire, ses valeurs républicaines, et bien sûr ses intérêts légitimes.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Quinzième thèse : En France même, défrichons quelques pistes pour refaire l’Etat</b>       <br />
              <br />
       1.	<span style="font-style:italic">Les fonctions régaliennes</span> – police, justice, immigration - doivent être assumées fermement et humainement, sans complaisance pour les idéologies victimaires-compassionnelles incompatibles avec l’exercice d’une politique républicaine qui seule peut donner confiance aux couches populaires. Refus du communautarisme et de la dictature des minorités autoproclamées – appel au civisme républicain et pratique active de la démocratie.       <br />
              <br />
       2.	<span style="font-style:italic">Constitution d’un MITI à la française</span> liant tous les moyens de l’Etat y compris en matière d’aménagement du territoire :       <br />
       -	pour favoriser les secteurs d’avenir (énergies, transports, industrie agroalimentaire, pharmacie, services) ;       <br />
       -	préserver le noyau dur de nos industries (automobile), réindustrialiser le pays à partir de stratégies de recherche et d’innovation conçues à géométrie variable à l’échelle européenne si possible et en coopération avec les régions et les collectivités.       <br />
              <br />
       3.	<span style="font-style:italic">Donner la priorité au développement des ressources humaines</span> - formation, recherche - en mettant l’accent sur l’effort, le travail, le mérite, tout en valorisant l’ensemble des ressources humaines dont dispose le pays à commencer par sa jeunesse, vivier privilégié.       <br />
              <br />
              <br />
       4.	<span style="font-style:italic">Affirmer la nécessité d’un effort partagé</span> :       <br />
       -	à travers la politique des revenus et la limitation des rémunérations les plus élevées ;       <br />
       -	à travers la fiscalité (fin du « bouclier fiscal »). Progrès et justice doivent aller de pair.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Seizième thèse : L’alternative au capitalisme financier mondialisé : une république des peuples</b>       <br />
              <br />
       L’alternative n’est pas entre capitalisme et social-démocratie, pas même entre deux formes de capitalismes, néo-conservateur d’un côté, social-libéral de l’autre. Elle est entre un libéralisme mondialisé destructeur de richesses et de valeurs et une République des peuples, prenant appui dans la démocratie, le sens de l’intérêt collectif, liant dans chaque nation un sein patriotisme républicain et un civisme ouvert à l’universel.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas le socialisme ? Non, c’est la République, mais la République au sens fort du terme, une exigence de tous les instants, une éthique à la fois de la conviction et de la responsabilité.       <br />
              <br />
       Pourquoi opposer l’une à l’autre, en effet ? C’est le propre de la République de faire aller de pair l’exigence dans la recherche de la vérité et la mesure dans l’action, c’est-à-dire l’audace raisonnée qui consiste à savoir où on va et à chaque moment ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, ou pas encore.
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