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 <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-19T07:15:04+02:00</updated>
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   <title>"La France et les OPEX"</title>
   <updated>2014-10-31T11:49:00+01:00</updated>
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   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2014-10-31T11:41:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tribune de Jean-Pierre Chevènement dans "La Croix", vendredi 31 août 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7129746-10928063.jpg?v=1414752459" alt=""La France et les OPEX"" title=""La France et les OPEX"" />
     </div>
     <div>
      Le concept d’« opération extérieure » ne va pas de soi : la Défense nationale exclut, par définition, les guerres d’agression. Il est vrai que la France a contracté des alliances, ainsi l’alliance atlantique, ou souscrit à des obligations dans le cadre de l’Union européenne. Mais ces obligations ne peuvent résulter que d’agressions dirigées contre nos partenaires euro-atlantiques. Dans les faits, 23 sur 28 des membres de l’Union européenne sont membres de l’Alliance atlantique dont la principale puissance est constituée par les États-Unis d’Amérique, garants, en dernier ressort, de la sécurité de l’ensemble, grâce à leur arsenal nucléaire. Compte tenu des incertitudes liées à leur emploi, la France a entendu se doter d’une dissuasion nucléaire fondée sur le principe de stricte suffisance, afin de pouvoir garantir, en tout état de cause, son indépendance et ses intérêts vitaux. La France a par ailleurs signé un certain nombre d’accords de défense avec plusieurs États africains dont l’indépendance remonte à un peu plus d’un demi-siècle.       <br />
              <br />
       Enfin et surtout, la France, depuis 1945, est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. C’est de là que résulte la légitimité des opérations extérieures qu’elle peut être amenée à conduire. Ainsi les interventions au Mali (Serval) et en Centrafrique (Sangaris) réunissent-elles les conditions de légitimité d’une « opération extérieure » : appel du gouvernement de l’État menacé ou agressé, résolution du Conseil de sécurité autorisant le déploiement de forces armées. Ainsi en va-t-il également pour la force d’interposition (Casques bleus) mise en place par l’ONU au Liban et à laquelle la France contribue. C’est ainsi le Conseil de sécurité qui définit la légitimité des « Opex ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La France est bien placée, comme membre permanent du Conseil de sécurité, et eu égard aux responsabilités qu’elle assure dans les opérations de maintien de la paix, pour établir la légalité internationale des opérations extérieures. C’est pourquoi, à mon sens, elle ne saurait y manquer sans grave dommage pour elle-même et pour la paix dans le monde.       <br />
              <br />
       L’argument selon lequel le droit de veto dont disposent également la Russie et la Chine rendrait le Conseil de sécurité impotent ne peut être retenu valablement : d’abord parce qu’il part d’un point de vue étroitement « occidentaliste » : le P3 (États-Unis – Grande-Bretagne – France) concentrerait la légitimité véritable. Cette vision, outre qu’elle méconnaît le rôle croissant des pays émergents, occulte le fait qu’il est toujours possible de négocier : ainsi l’a-t-on vu pour l’élimination de l’arsenal chimique syrien par accord entre les États-Unis et la Russie. Cet accord a rendu inutile des frappes militaires projetées des États-Unis et de la France sur les forces armées syriennes, qui, en l’absence d’une résolution du CSNU, eussent été manifestement illégales. De même peut-on soutenir que l’intervention de l’Otan en Libye a dépassé l’objectif fixé par les Nations unies : la protection des populations civiles de Benghazi, et non le changement de régime. On en voit les résultats non seulement sur le terrain libyen mais également dans la détérioration de l’atmosphère des relations internationales depuis 2011.       <br />
              <br />
       Les interventions de l’Otan au Kosovo (1999) et des États-Unis en Irak (2003), en l’absence d’une résolution du CSNU les y autorisant, avaient déjà créé un fâcheux précédent. Les frappes aériennes effectuées contre l’État islamique par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne en Irak, en septembre-octobre 2014, l’ont été à la demande du gouvernement irakien de Bagdad et avec l’assentiment du Conseil de sécurité. Il n’en va pas de même des frappes américaines, britanniques exercées en Syrie contre le même adversaire, bien que le gouvernement de Damas – reconnu par les Nations unies – semble les tolérer.       <br />
              <br />
       Ainsi les OPEX conduites par la France respectent-elles, à ce jour, la légalité internationale : la tentation de s’écarter de cette dernière pour effectuer des frappes en Syrie doit être repoussée. Elle ne serait conforme ni au bon sens ni au rôle reconnu de la France comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Les moyens de la France ne sont pas illimités. Ils doivent être utilisés au service du droit et à bon escient, de préférence dans les zones géographiques où la France exerce traditionnellement son influence : en Afrique par exemple plutôt qu’en Irak où nous jouons les mouches du coche depuis trop longtemps.       <br />
              <br />
       En tout état de cause, la France n’a rien à gagner à agir en dehors du droit international dont elle est l’une des cinq puissances garantes. Négocier, négocier toujours est pour la France la posture dont elle ne doit se défaire à aucun prix, sauf si, à bout d’arguments, le CSNU l’y autorise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Le choc Chevènement-Montbrial sur l'Otan dans Valeurs actuelles</title>
   <updated>2009-04-03T12:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Le-choc-Chevenement-Montbrial-sur-l-Otan-dans-Valeurs-actuelles_a789.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2009-04-03T12:00:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Fallait-il revenir dans le commandement intégré de l'Otan que de Gaulle nous a fait quitter ?", débat entre Jean-Pierre Chevènement et Thierry de Montbrial (directeur de l'Institut français de relations internationales), Valeurs actuelles n°3775, du 2 avril 2009, pages 12 à 15.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1306367-1717995.jpg?v=1289480068" alt="Le choc Chevènement-Montbrial sur l'Otan dans Valeurs actuelles" title="Le choc Chevènement-Montbrial sur l'Otan dans Valeurs actuelles" />
     </div>
     <div>
      <b>Valeurs actuelles : Pour clarifier le débat, pourriez-vous résumer d’emblée les raisons dirimantes qui fondent votre opposition ou votre accord avec le retour de la France dans les structures  intégrées de l’Otan ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> Ces raisons peuvent tenir en une  phrase : notre monde devenant de plus en plus multipolaire, la France a moins que jamais intérêt à se fondre dans une alliance unipolaire. J’ajoute que les raisons qui ont conduit le général de Gaulle à faire sortir la France du commandement intégré de l’Otan à l’époque d’une confrontation Est-Ouest dominante sont plus que jamais valables dans une époque devenue multiconflictuelle…        <br />
              <br />
       <b>Thierry de Montbrial :</b> Etant tout aussi attaché que Jean-Pierre Chevènement à garder intactes les marges de manoeuvres de la France, j’estime que celle-ci n’a rien à gagner à une confrontation directe avec les Etats-Unis. Bien sûr que le monde a changé depuis 1966 et le retrait de l’organisation intégrée de l’Otan ! L’Europe aussi. Elle s’est élargie, et j’estime que, vis-à-vis de ses partenaires d’Europe orientale, la France est davantage entendue quand elle s’exprime dans un cadre atlantique que lorsqu’elle est isolée. Je reviens de Pologne où j’ai pu constater que notre changement d’attitude face à l’Amérique est un puissant facteur de compréhension entre nos deux pays.       <br />
              <br />
       <b>Jean-Pierre Chèvenement :</b> On retient avec raison qu’en sortant de l’organisation intégrée, de Gaulle voulait nous éviter d’être pris en otages dans une possible confrontation nucléaire Est-Ouest. Mais on oublie qu’il entendait plus généralement faire en sorte que la France ne soit pas entraînée dans des guerres qui ne seraient pas les siennes. Ce qui s’applique parfaitement à la situation présente. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      C’est ainsi que nous avons résisté, à juste titre, à la pression américaine lors de l’invasion de l’Irak en 2003. Mais que se passera-t-il, demain, si d’autres guerres pointent à l’horizon ?  Les conflits possibles, nous les connaissons : outre l’Afghanistan, où nous sommes déjà, et pourquoi pas demain, le Pakistan, il y a surtout l’Iran. Il y a aussi ce qui peut se passer dans le Caucase et dans les Balkans où la stabilité n’est qu’apparente. En Asie de l’Est, il y a le détroit de Formose, la Mer jaune, la Corée… Bref, il peut éclater des guerres dans lesquelles nos intérêts directs ne seraient pas engagés et où les Etats-Unis, pour des raisons qui leur sont propres, peuvent être tentés d’intervenir.        <br />
              <br />
       <b>L’Afghanistan, dites-vous,  nous y sommes déjà. Que change donc pratiquement, le fait de réintégrer le dernier comité de l’Otan où nous ne siégions pas – celui des plans de défense ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chèvenement :</b>. Le président de la République nous répète chaque jour que cela ne change rien. Matériellement, peut-être. Mais d’un point de vue politique et symbolique, cela change malheureusement tout. C’est la distance qui sépare l’autonomie du suivisme obligé, l’amitié naturelle de la subordination. Pour la France, d’abord, le fait que sept cents officiers de plus participent aux Etats-majors de l’Otan va induire un tropisme qui risque de les déshabituer bien vite de penser « national »; pour les autres, les pays du Sud, surtout, cela va constituer un signal décisif. La preuve juridique, en quelque sorte, que nous abandonnons notre posture d’indépendance. Voir la Chine.        <br />
              <br />
       Quant à la Pologne, il faut bien admettre que c’est un cas à part : sa situation géographique et historique étant ce qu’elle est, comment ne verrait-elle pas d’un bon œil l’alliance américaine qui contribue à la désenclaver ?       <br />
              <br />
       <b>Thierry de Montbrial :</b> Entièrement d’accord sur les risques de conflits qu’énumère Jean-Pierre Chevènement. On peut être favorable au rapprochement avec l’Otan et rester vigilant sur l’éternel phénomène d’engrenage. Moi aussi, j’ai considéré, en 2003, que l’intervention américaine en Irak était une faute majeure dont nous payons les conséquences aujourd’hui, avec l’émergence de l’Iran comme seule puissance dans la région. Mais cela ne m’a pas empêché, au même moment, de prendre mes distances avec l’attitude foncièrement anti-américaine de la France d’alors. Attitude qui nous a probablement empêché de défendre mieux nos intérêts par la suite, en divisant inutilement nos partenaires européens. En un mot comme en cent, nous avons eu raison… et notre posture nous empêchés d’en tirer profit !       <br />
              <br />
       Voyez les Allemands : ils ont eu, sur le fond, la même position que nous, bien qu’étant membres à part entière de l’Otan. Mais ils n’ont pas donné dans l’anathème inutile.       <br />
              <br />
       Résultat : nous avons affaibli notre position, à la fois lorsque nous abordons la question de la défense européenne, qu’aucun de nos partenaires ne conçoit découplée des Etats-Unis, et face aux problèmes du Moyen-Orient.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A contrario</span>, les positions proaméricaines de Nicolas Sarkozy ne l’ont pas empêché de renouer le dialogue avec la Syrie, ni la France de jouer un rôle majeur dans le conflit israélo-arabe… Paradoxalement, une position pacifiée vis-à-vis de l’Otan et de l’Amérique peut donc nous permettre de regagner la confiance de nos partenaires et, par là, de jouer notre rôle plus efficacement grâce à des marges de manœuvres accrues.       <br />
              <br />
       <b>Jean-Pierre Chèvenement :</b> Monsieur de Montbrial a l’art de cultiver le paradoxe :  plus nous serions intégrés à l’Otan, plus nous serions indépendants !        <br />
              <br />
       <b>Thierry de Montbrial :</b> Plus efficaces, je le maintiens !       <br />
              <br />
       <b>Jean-Pierre Chèvenement :</b> Mais plus efficace dans quelle perspective ? Je crains que vous ne défendiez là une conception très « occidentalo-centriste » de notre politique étrangère. Nous sommes dans un monde où montent des pays milliardaires en hommes, la Chine, l’Inde, où d’anciennes nations réapparaissent, comme l’Iran, le Vietnam, et où de nouvelles surgissent, comme le Brésil. Et il faudrait que la France qui a toujours su entretenir un dialogue singulier avec d’autres civilisations, réintègre le cercle étroit d’une coalition identifiée par les autres comme l’expression de l’hégémonie américaine ! C’est une erreur stratégique. C’est un contre-sens historique.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas parce que, comme le dit M. Sarkozy, nous avons, à tort ou à raison, des hommes sur le terrain au côté des Etats-Unis, que nous devons envoyer des officiers généraux dans les Etats-majors de l’OTAN ! Etre les amis des Américains et nous trouver à leurs côtés quand nos intérêts coïncident, très bien ! Le statu-quo vis-à-vis de l’OTAN allait très bien à tout le monde ! Pourquoi, subitement, abandonner cette posture, alors que ni les Etats-Unis ni nos alliés européens ne nous le demandaient ?       <br />
              <br />
       <b>Réintégrer le commandement de l’Otan, dans l’esprit de Nicolas Sarkozy, c’est aussi rétablir la confiance qui seule peut permettre l’émergence d’une défense européenne…</b>        <br />
       <b>Thierry de Montbrial :</b> Disons-le tout net : c’est un pari. Qui comme tout pari, peut réussir ou échouer. Jean-Pierre Chevènement n’a pas tort quand il taxe mon raisonnement de paradoxal. Mais je crois qu’il se trompe en le ramenant à du pur « occidentalo-centrisme ». De même qu’un rapport apaisé avec les Américains peut nous rendre de sérieuses marges de manœuvres dans le monde, de même peut-il nous permettre de construire une véritable défense européenne.         <br />
              <br />
       Un seul exemple dont j’ai été personnellement le témoin, en tant qu’organisateur de la World Policy Conférence d’Evian, en octobre dernier : l’accord intervenu entre Nicolas Sarkozy et le président russe, Dimitri Medvedev sur le principe d’une nouveau système de sécurité en Europe, accord sur lequel, alors, les Etats-Unis étaient plus que réticents. Et je ne parle pas de la Géorgie, à propos de laquelle ce même Sarkozy a pu, au nom de l’Europe, aboutir à un accord ! Franchement, je ne pense pas qu’il aurait eu les coudées aussi franches s’il avait été perçu par nos partenaires comme un adversaire des Etats-Unis.        <br />
              <br />
       Il en va de même pour la défense européenne : nos voisins étant ce qu’ils sont, comme aurait dit de Gaulle, ils n’accepteront jamais de mettre sur pied une défense commune que Washington percevrait comme hostile. On peut le regretter, mais c’est ainsi ! Eviter la confrontation, faire preuve de modestie, ce n’est pas s’abaisser, bien au contraire ! Pensez à Louis XI dont la stratégie était à la fois grandiose… et pleine de chemins détournés !       <br />
               <br />
       <b>Jean-Pierre Chèvenement :</b>  Et tellement subtile qu’il lui arrivait à lui « l’universelle araigne » de se perdre dans le fil de ses intrigues, au point de se retrouver prisonnier à Péronne <span style="font-style:italic">(rires)</span>…       <br />
              <br />
       <b>Thierry de Montbrial :</b> Et de gagner à la fin ! Je le répète : quand on fait un pari, on n’est jamais certain de le gagner. Mais on est toujours sûr de perdre en faisant comme si les autres n’existaient pas… La preuve : jusqu’ici, la défense européenne n’est jamais sorti des cartons.        <br />
               <br />
       <b>Jean-Pierre Chèvenement :</b>  Si ! Si ! On l’a vue à  l’œuvre en 1999, quand pour complaire à Mme Albright qui voulait absolument sauver l’Otan, dix ans après la chute du mur de Berlin, on a bombardé Belgrade et créé l’entité la moins viable et la plus instable du continent, le Kosovo !         <br />
              <br />
       Soyons sérieux, s’il n’y a pas aujourd’hui de défense européenne, c’est pour trois raisons.        <br />
              <br />
       La première : les Etats-Unis ne la souhaitent pas. Brzeszinski l’a écrit, je cite : <span style="font-style:italic">« l’Europe peut faire beaucoup plus pour sa défense, à condition qu’elle n’acquière pas une autonomie telle qu’elle mette en danger ses liens avec l’Amérique »</span> (L’Amérique face au monde, Pearson décembre 2008). Peut-on être plus clair ?        <br />
              <br />
       La seconde c’est l’opposition des Britanniques à la mise sur pied d’un Etat-major proprement européen significatif.       <br />
              <br />
       La troisième : c’est que les Européens ne veulent pas se défendre ! Qui parmi nos voisins, consacre autant que la France à sa défense, qui d’ailleurs relâche ses efforts d’année en année ?  Personne ! Les Allemands ? Les Italiens ? Les Espagnols ? Allons donc ! Ce que je vois, c’est que, la crise aidant, la réintégration dans la machine Otan va se traduire avec une démobilisation de l’esprit de défense au nom du bon vieux principe : « puisque les Américains sont là… ». Notre effort de défense à la longue en sera atteint ! La défense c’est le prix de l’indépendance !       <br />
              <br />
       <b>Thierry de Montbrial :</b> Je suis d’accord avec Jean-Pierre Chevènement quand il dit que les Américains ne veulent pas d’une défense européenne qui pourrait déboucher sur une coalition potentiellement alternative à l’Otan. Ce qu’ils veulent, c’est que nous dépensions plus, mais dans des limites compatibles avec leur <span style="font-style:italic">leadership</span>. Je suis moins d’accord quand il dit que les Européens sont, par nature, rétifs à accroître leurs efforts. Ils l’ont été, et vont peut-être continuer à l’être tant que la crise économique durera. Mais je tire de mes contacts avec les nouveaux membres de l’Union européenne, l’impression très nette, et presque la certitude, que cet état d’esprit et en train de changer. Pour attachés qu’ils soient à l’alliance américaine, les pays d’Europe centrale et orientale prennent progressivement conscience que l’Amérique est loin, et qu’elle ne constitue pas une panacée. A condition que l’émergence d’une défense européenne s’effectue dans un esprit de coopération avec les Etats-Unis, ils seront prêts à beaucoup plus de sacrifices qu’on ne le croit. Et du coup, l’Amérique elle-même sera bien obligée, tôt ou tard, d’en tenir compte…       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Même quand nous n’étions plus membres du commandement intégré, l’article 5 de la charte de l’Otan qui prévoit qu’en cas d’agression d’un membre de l’alliance, les autres doivent lui porter secours, demeurait toujours valable. Mais la France restait souveraine quant aux modalités d’emploi de ses forces armées. Cette liberté d’appréciation peut-elle rester la règle, une fois la réintégration accomplie ?</b>       <br />
       <b>Thierry de Montbrial :</b> Réponse, oui ! L’article 5 n’entraîne aucune automaticité  d’ordre opérationnel. Il n’a d’ailleurs jamais été utilisé. Ni avant 1966, ni après. Et quand, à la suite du 11 septembre 2001, les Européens ont proposé d’en faire usage, ce sont les Américains qui s’y sont refusé ! J’ajoute que la perspective de l’élargissement de l’Otan vers l’Est va encore accroître la prudence des Américains quant à l’utilisation éventuelle de cet article. Que la Géorgie ou l’Ukraine entrent demain dans l’alliance, éventualité que je tiens pour ma part pour dangereuse, vu l’instabilité de la région, je les vois mal honorer leurs engagements au titre de l’article 5… Sauf à faire perdre toute crédibilité à l’Otan, ce qui n’est souhaitable pour personne. Et surtout pas pour les Etats-Unis.        <br />
              <br />
       <b>Jean-Pierre Chèvenement :</b> Je partage cet avis. Mais je constate tout de même que l’Amérique qui s’était engagée, lors de la réunification allemande, à ne pas étendre l’Otan vers l’Est, a renié ses promesses. Dix Etats supplémentaires ont rejoint l’Alliance ! Ce mouvement de progression des intérêts américains vers la sphère eurasiatique me semble hautement préoccupant. Rien n’indique d’ailleurs que les Américains aient renoncé à l’adhésion de la Géorgie et même de l’Ukraine.        <br />
              <br />
       <b>Comment expliquez-vous, pour finir, l’évolution contradictoire des forces politiques françaises à l’égard de l’Otan, la gauche ayant voté en 1966 contre la sortie du commandement intégré puis votant, en 2009 contre sa réintégration, et la droite obéissant au mouvement inverse ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chèvenement :</b>  Les choses ne sont pas si tranchées. En 1966, la gauche était divisée comme la droite l’est aujourd’hui. Le PS, avec François Mitterrand, voyait d’un bon œil la présence des troupes américaines en Europe. Ce fut d’ailleurs une constante chez lui, jusqu’à l’affaire des Pershing, en 1983. J’étais moi-même dans la minorité de gauche qui soutenait la volonté d’indépendance de de Gaulle. Aujourd’hui, la droite est globalement pour la réintégration. Seule une minorité est contre. Au fond d’elles-mêmes, la droite et la gauche ne croient ni l’une ni l’autre à l’indépendance de la France.        <br />
              <br />
       <b>Thierry de Montbrial :</b> Au-delà de nos désaccords, je vais faire plaisir à Jean-Pierre Chevènement. Je pense que les forces politiques sont, par essence, conservatrices. Elles ont du mal à s’arracher de leurs disciplines intrinsèques. Quitte à me faire des ennemis, je dirais que les hommes politiques français qui réfléchissent par eux-mêmes sur les questions internationales se comptent sur les doigts de la main.       <br />
              <br />
       <b>Jean-Pierre Chèvenement :</b> Disons des deux…       <br />
              <br />
       <b>Thierry de Montbrial :</b>… Et je crains qu’en 2009, comme en 1966, les considérations de politique intérieure l’emportent sur toutes les autres… Qui sont pourtant, souvent, les plus importantes !       <br />
              <br />
       <b>Jean-Pierre Chèvenement :</b> L’esprit de parti est plus fort que l’esprit républicain ! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de France Inter : les vidéos</title>
   <updated>2009-03-17T12:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-France-Inter-les-videos_a776.html</id>
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   <published>2009-03-17T11:45:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il était l'invité de France Inter mardi 17 mars 2009. Voici l'entretien ci-dessous en deux vidéos : dans la première, Jean-Pierre Chevènement répond aux questions de Nicolas Demorand, Thomas Legrand et Bernard Guetta ; dans la seconde il répond aux questions des auditeurs. Au menu : Otan et élections européennes.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      (La première partie : 10 minutes)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     <div>
      (La seconde partie : 20 minutes)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de France Inter mardi 17 mars à 8h20</title>
   <updated>2009-03-17T11:21:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-France-Inter-mardi-17-mars-a-8h20_a773.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2009-03-17T11:21:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il répondra aux questions de Nicolas Demorand en particulier sur l'OTAN, la crise, la politique de Sarkozy et les élections européennes.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1272625-1666503.jpg?v=1289480062" alt="Jean-Pierre Chevènement invité de France Inter mardi 17 mars à 8h20" title="Jean-Pierre Chevènement invité de France Inter mardi 17 mars à 8h20" />
     </div>
     <div>
      L'émission peut être écoutée <a class="link" href="http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/index.php?id=77600">sur le site de France Inter</a> (87.8 FM).       <br />
       Elle est également podcastée ci-dessous en deux parties : dans la première, Jean-Pierre Chevènement répond aux questions de Nicolas Demorand, Thomas Legrand et Bernard Guetta ; dans la seconde il répond aux questions des auditeurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </content>
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 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
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   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de Public Sénat mercredi 11 mars à 22h30</title>
   <updated>2009-03-12T11:47:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-Public-Senat-mercredi-11-mars-a-22h30_a770.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2009-03-11T16:18:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il répond aux questions de Pierre Sled dans "Bouge la France" sur le thème : "La France dans l'OTAN signe-t-elle la fin de l'indépendance militaire ?" L'émission est podcastée ci-dessous (le débat commence à la 34è minute).     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.chevenement.fr/video/<iframe src="http://www.publicsenat.fr/vodiFrame.php?idE=61215" width=322 height=278 scrolling=no frameborder=0>
</iframe>     </div>
     <div>
      L'émission peut être suivie <a class="link" href="http://www.publicsenat.fr/emissions/bouge-la-france/la-france-dans-l-otan-signe-t-elle-la-fin-de-l-independance-militaire-/61215">sur le site de Public Sénat</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-Public-Senat-mercredi-11-mars-a-22h30_a770.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de Public Sénat mardi 10 février à 18h</title>
   <updated>2009-02-10T19:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-Public-Senat-mardi-10-fevrier-a-18h_a762.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1227355-1598602.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-02-10T19:16:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il répond dans l'émission "18h" aux questions de Michel Grossiord sur la réintégration de la France dans l'OTAN.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.chevenement.fr/video/<iframe src="http://www.publicsenat.fr/vodiFrame.php?idE=61043" width=322 height=278 scrolling=no frameborder=0>
</iframe>     </div>
     <div>
      L'émission peut être revue en intégralité ci-dessus (à partir de la 19ème minute) ou <a class="link" href="http://www.publicsenat.fr/cms/video-a-la-demande/vod.html?idE=61043">sur le site de Public Sénat</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-Public-Senat-mardi-10-fevrier-a-18h_a762.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Réduire la dispersion de nos engagements</title>
   <updated>2009-07-15T22:37:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Reduire-la-dispersion-de-nos-engagements_a758.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1205670-1568906.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-01-30T11:01:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, le 28 janvier 2009, lors du débat sur la demande du Gouvernement tendant à autoriser la prolongation de l'intervention des forces armées en République de Côte-d'Ivoire, au Kosovo, au Liban, en République du Tchad et en République centrafricaine (opération EUFOR et opérations Boali et Épervier).     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1205670-1568906.jpg?v=1289480060" alt="Réduire la dispersion de nos engagements" title="Réduire la dispersion de nos engagements" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le président, messieurs les ministres, mes chers collègues, nos engagements extérieurs correspondent-ils aux intérêts majeurs de la France ? Telle est la question à laquelle nous devons répondre.       <br />
              <br />
       Le mérite des hommes n'est pas en cause ; je m'associe à l'hommage qui leur a été rendu par le président Josselin de Rohan et de nombreux intervenants.        <br />
              <br />
       Le Gouvernement vient d'annoncer une réduction, certes légère, du nombre de nos soldats engagés sur des théâtres d'opérations extérieures. Cette réduction n'est-elle pas le préalable d'un redéploiement en direction de l'Afghanistan ?       <br />
              <br />
       Je ne conteste que la France ait un rôle à jouer comme membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Elle accomplit là un devoir supérieur, au service de la communauté internationale.       <br />
       Je ne conteste pas non plus le rôle que la France joue au profit de pays encore fragiles, des États qui ne se tiennent pas toujours très fermement sur leurs jambes, notamment en Afrique, où se trouvent notre histoire et nos intérêts.       <br />
       Je ne conteste pas davantage le renforcement de notre présence militaire au Proche-Orient afin de faciliter l'application des résolutions de l'ONU.       <br />
              <br />
       Mais je m'inquiète d'une dérive, qui correspond à l'évolution du monde et qui conduit notre pays à intervenir de plus en plus dans le sillage de la diplomatie américaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Sans doute y aurait-il beaucoup à dire sur les opérations de maintien de la paix de l'ONU : leur coût considérable – 7 milliards de dollars, contre 840 millions en 1998-1999 –, la montée exponentielle des effectifs engagés – 108 000 personnes, dont 88 500 casques bleus, contre 12 400 en 1996 –, les conditions dans lesquelles elles se déroulent.       <br />
              <br />
       La proportion des forces issues du sous-continent indien est très élevée – 40 % ! – et il faut rendre hommage aux pays francophones qui accomplissent un effort, parmi lesquels figurent le Maroc, le Sénégal et le Bénin.       <br />
              <br />
       Moins de la moitié des dépenses réelles sont prévues dans le budget. Or ce coût représente, depuis 1976, en euros constants 2008, près de 20 milliards d'euros, soit l'équivalent de six porte-avions nucléaires. Il pèse sur nos dépenses d'équipement, sur le maintien de nos matériels en conditions opérationnelles.       <br />
              <br />
       Cette dispersion de nos engagements ne s'est pas produite par hasard. Elle résulte d'une orientation diplomatique à laquelle vous avez contribué, monsieur le ministre des affaires étrangères, avec le fameux « devoir d'ingérence ». A-t-on jamais vu le faible s'ingérer dans les affaires du fort ? Ce concept, qui a trop souvent justifié un droit à deux vitesses – on l'a vu au Proche-Orient et en Irak –, a été corrigé par l'Assemblée générale de l'ONU, qui a affirmé beaucoup plus raisonnablement « le devoir de protéger ».       <br />
              <br />
       Je n'évoquerai ni la professionnalisation des armées, qui a facilité cette évolution, ni le rapprochement de la France de l'OTAN depuis 1996, ni le risque que nous nous trouvions engagés de plus en plus dans une guerre des civilisations.       <br />
              <br />
       Il n'est pas possible de séparer nos choix en matière d'opérations militaires extérieures d'une réflexion sur l'état du monde. Celui-ci est menacé par une certaine anomie, évanescence de l'État et du droit, dans certaines régions fragiles. L'autre facteur de tensions et de guerres tient au renversement de l'équilibre des puissances et au passage de l'unipolarité du monde à une multipolarité qui s'est imposée depuis cinq ans.       <br />
              <br />
       Dans un tel contexte, où est l'intérêt de la France ? Est-il de suivre les États-Unis ? N'est-il pas plutôt de préserver sa capacité d'influence et de médiation ?       <br />
              <br />
       Au sein d'un monde multipolaire, qui prévaudra de plus en plus, la question est de savoir si l'Europe, donc la France, sera elle-même un pôle.        <br />
              <br />
       Nous devons essayer d'apprécier la rupture que représente incontestablement l'élection de M. Obama. Jusqu'à présent, les États-Unis semblaient hésiter entre trois ennemis potentiels : le monde arabo-musulman, au nom de la « grande guerre contre la terreur », la Russie, enfin la Chine.       <br />
              <br />
       L'intérêt de la France est d'abord dans la paix avec ses grands voisins. Il faut faire de la solution du problème israélo-palestinien une priorité ; la France doit y contribuer, y compris par l'envoi de forces d'interposition, si la démarche est sincère. C'est vrai aussi pour le Liban.        <br />
              <br />
       Je n'évoquerai pas les questions sur lesquelles vous ne nous interrogez pas, mais sur lesquelles la plus grande prudence serait de mise : l'Irak, l'Iran, où nous n'allons pas jouer les imprécateurs, l'Afghanistan ; chacun sait que les racines du conflit sont ailleurs et que nous risquons d'être conduits à un enlisement de longue durée si nous ne donnons pas la priorité à une solution politique.       <br />
              <br />
       Avec la Russie, nous n'avons pas à nous laisser entraîner dans les conflits du Caucase, pas plus que dans ceux du Moyen-Orient. À cet égard, la gestion de la crise géorgienne par le Président Nicolas Sarkozy, au mois d'août, a été pragmatique. Elle a sauvegardé l'essentiel, c'est-à-dire le partenariat stratégique entre l'Union européenne et la Russie, qui répond à des intérêts réciproques évidents.       <br />
              <br />
       Messieurs les ministres, je souhaite vous interroger sur ce déplacement de l'équilibre du monde et sur le fait que nous donnons le sentiment d'être de plus en plus aspirés par la politique américaine.       <br />
              <br />
       La réintégration de l'organisation militaire intégrée de l'OTAN par la France serait un mauvais signal pour le monde, en particulier les grands pays du Sud. Elle le serait aussi pour la Russie. Elle le serait enfin pour nombre de nos responsables politiques et militaires déjà naturellement enclins à ne penser et à ne juger qu'à l'aune du regard américain. Quand la France adhère à une organisation internationale, ce n'est pas pour assurer des fins de carrière prestigieuses à ses responsables, qu'ils soient militaires ou civils.        <br />
              <br />
       Je ne vois pas que les États-Unis aient renoncé à élargir l'OTAN à l'Ukraine et à la Géorgie, ce qui laisse préfigurer de graves tensions avec la Russie. Je vous rappelle que la Première Guerre mondiale a éclaté en raison d'alliances préconstituées et rigides, qui ont rendu l'embrasement inévitable. Le plus simple serait donc de garder nos distances.       <br />
              <br />
       Avec l'Asie et la Chine, c'est encore plus évident ! En 1983, au sommet de Williamsburg, le problème du champ géographique de l'Alliance avait été posé par les États-Unis, qui voulaient y inclure le Japon. L'Institut John Hopkins a été chargé de réfléchir au nouveau concept stratégique de l'OTAN. Qu'en est-il résulté ? Qu'en est-il de la réflexion française à ce sujet ? Les Européens se sont-ils concertés ?        <br />
       Nous estimons que la sagesse consiste pour nous à accompagner l'inévitable montée en puissance de l'Asie dans des conditions pacifiques.       <br />
              <br />
       La France doit donc se fixer deux priorités : un recentrage sur l'Afrique, car c'est la zone traditionnelle de nos intérêts et une région francophone, et un recentrage sur le Proche-Orient, parce que s'y déroule la crise matricielle des relations internationales.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, il est des opérations dont il faut savoir se désengager ; je pense aux Balkans, et cela vaut pour le Kosovo comme pour la Bosnie-Herzégovine.        <br />
              <br />
       Il y a des interventions qu'il faut savoir conclure : l'opération Licorne en Côte d'Ivoire, dès lors que le processus politique aura été mené à son terme. Ainsi, à l'opération EUFOR au Tchad doit succéder une opération placée sous l'égide de l'ONU.       <br />
              <br />
       Je m'interroge sur les économies de bouts de chandelle qui consisteront à replier nos forces prépositionnées. Une évaluation du coût serait bienvenue.       <br />
              <br />
       Des coupes franches sont nécessaires. Elles demanderont d'autant plus de résolution que le Livre blanc programme à la baisse, de 50 000 à 30 000 hommes, notre capacité de projection simultanée.       <br />
              <br />
       Le contrôle du Parlement institué par la récente révision de la Constitution sera bienvenu s'il est exercé sans faiblesse, parce qu'il conditionne la mise sur pied d'un outil militaire efficace. Nous y reviendrons lors de la discussion du projet de loi de programmation militaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de RFI mercredi 28 janvier à 8h20</title>
   <updated>2009-01-28T12:55:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-RFI-mercredi-28-janvier-a-8h20_a756.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2009-01-28T12:48:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il est interrogé par Frédéric Rivière pendant 10 minutes.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1196322-1555435.jpg?v=1289480060" alt="Jean-Pierre Chevènement invité de RFI mercredi 28 janvier à 8h20" title="Jean-Pierre Chevènement invité de RFI mercredi 28 janvier à 8h20" />
     </div>
     <div>
      L'émission peut être écoutée <a class="link" href="http://www.rfi.fr/">sur le site de Radio France International</a> en direct ou sur votre radio (89 FM à Paris). Elle est podcastée sur le blog ci-dessous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Il est interrogé par Frédéric Rivière pendant 10 minutes.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : L'avenir des Balkans</title>
   <updated>2009-01-13T20:10:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-L-avenir-des-Balkans_a748.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1179661-1527779.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-01-13T20:09:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les actes du colloque du 24 novembre sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1179661-1527779.jpg?v=1289480058" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : L'avenir des Balkans" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : L'avenir des Balkans" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil-d-Alain-Dejammet-et-Jean-Pierre-Chevenement_a358.html">Accueil</a> d'Alain Dejammet, ambassadeur de France, et de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-legs-de-l-histoire_a359.html">Le legs de l’histoire</a>, par Bertrand Dutheil de la Rochère, membre du conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-avenir-europeen-des-Balkans_a360.html">L’avenir européen des Balkans</a>, par Bertrand de Largentaye, ancien conseiller économique et commercial à l’ambassade de France à Belgrade, ancien membre de la conférence internationale sur l’ex-Yougoslavie, conseiller à la Délégation de l’Union européenne auprès de l’OCDE et de l’UNESCO, représentant adjoint de la Commission de l’U.E. à la Conférence internationale sur l’ex-Yougoslavie       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Les-Balkans-en-2008-etat-des-lieux-et-perspectives_a361.html">Les Balkans en 2008 : état des lieux et perspectives</a>, par Michel Foucher, géographe et diplomate, professeur à l’Ecole normale supérieure de Paris-Ulm et membre du Conseil des affaires étrangères, ancien ambassadeur       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-Russie-et-les-Balkans_a362.html">La Russie et les Balkans</a>, par Youri Roubinski, membre de l’Institut de l’Europe de l’Académie des Sciences de Russie       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Cooperation-regionale-et-integration-europeenne_a363.html">Coopération régionale et intégration européenne</a>, par Jean-Arnault Derens, rédacteur en chef du «Courrier des Balkans»       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Conclusion-de-Jean-Pierre-Chevenement_a364.html">Conclusion de Jean-Pierre Chevènement</a>, président de la Fondation Res Publica       <br />
              <br />
       Voir le dossier en ligne <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-avenir-des-Balkans_r49.html">sur le site de la Fondation Res Publica</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-L-avenir-des-Balkans_a748.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire</title>
   <updated>2009-07-15T22:39:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/La-politique-etrangere-de-la-France-dans-un-monde-multipolaire_a731.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1136288-1458610.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2008-12-06T11:23:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention du sénateur Jean-Pierre Chevènement sur le budget du Ministère des Affaires étrangères, vendredi 5 décembre 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1136288-1458610.jpg?v=1289480051" alt="La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire" title="La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire" />
     </div>
     <div>
      L’examen des crédits de la mission « Action extérieure de l’Etat » est l’occasion de nous interroger sur la capacité de notre pays à exister en dehors de ses frontières, c’est-à-dire pour les autres, mais aussi pour lui-même, tant il est vrai qu’on ne peut séparer les affaires étrangères de la politique intérieure.       <br />
              <br />
       Etrangères, ces affaires le sont si peu qu’elles se répercutent souvent très vite sur les équilibres de la société française et sur nos choix politiques : crises au Moyen-Orient, crise financière, montée irréversible de la Chine au rang des très grandes puissances et qui fait déjà sentir son poids, élection américaine qui rebat les cartes en maints domaines, en Irak, mais aussi en Afghanistan où nous risquons d’être entraînés dans une guerre qu’on ne peut pas gagner. La multipolarité du monde est d’ores et déjà un fait. Encore peut-on se demander si elle n’est pas elle-même dépassée par un mouvement brownien de nations qui, à côté de pays continents, aspirent à s’affirmer, hier le Vietnam, aujourd’hui l’Iran, le Venezuela, la Bolivie, la Serbie, demain sans doute la Corée. Bref, le monde reste fait de nations et la France, puissance ancienne mais encore respectable, membre permanent du Conseil de Sécurité, disposant d’une capacité nucléaire dissuasive, tête de la francophonie, qui rassemble, à travers une langue partagée, de très nombreux peuples sur tous les continents, peut encore influer. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Parlons d’abord de votre budget puis de votre politique.       <br />
              <br />
       <b>I – Votre budget.</b>       <br />
       Si votre budget est modeste, votre mission est importante. Si vous ne disposez que de 15 866 emplois, chacun sait que le personnel du Quai d’Orsay est de très grande qualité : son professionnalisme, sa motivation, son dévouement au service de la France, en font un corps d’élite et pour tout dire une des grandes institutions de la France. Vous avez hérité, Monsieur le Ministre, du deuxième réseau diplomatique du monde. C’est un grand atout pour l’influence et le rayonnement de notre pays. Mais que voyons-nous à travers ce projet de budget ?       <br />
              <br />
       1.	A structures constantes, il baisse de 1,53%.        <br />
              <br />
       a)	On vous colle sur le dos les pensions des enseignants à l’étranger - 120 millions d’euros – au risque d’étouffer l’AEFE (l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger).        <br />
       b)	La prise en charge passablement démagogique des frais de scolarité des enfants français – 20 millions de plus cette année mais 94 millions à terme – ne peut manquer d’avoir un effet d’éviction sur les enfants des élites du pays d’accueil ou de pays tiers.  C’est un précieux moyen de rayonnement que nous gaspillons ainsi.        <br />
       c)	La croissance optique des crédits de votre ministère – 3,6 % - provient du « rebasage » toujours trop tardif - 41,2 millions cette année – destiné à financer les opérations de maintien de la paix de l’ONU comme l’opération Darfour dont le coût pour la France est chiffré à plus de 90 millions d’euros. Croyez-vous que des problèmes humanitaires puissent être traités essentiellement à travers le prisme militaire ? N’y a-t-il pas une approche politique, moins coûteuse, plus efficace et en définitive plus humaine ?       <br />
       d)	Les contributions de la France hors OMP aux institutions internationales - 405 millions d’euros en 2008 - représentent plus que le coût de nos ambassades – 160 millions d’euros – et de nos consulats - 97 millions d’euros.        <br />
       e)	Un mot, Monsieur le Ministre, sur la francophonie. Son centre de gravité sera de plus en plus en Afrique. N’ayons donc pas peur d’affirmer la nécessité y compris militaire de notre présence en Afrique pour aider à la construction de jeunes Etats. Sans la sécurité, il n’y a ni développement ni démocratie possible. Deuxième observation : l’avenir de la francophonie passe pour le multilinguisme. Il faut augmenter les moyens accordés au corps des interprètes et traducteurs non seulement à l’ONU mais dans toutes les organisations dont nous sommes membres. Une surcharge très légère sur les transactions internationales permettrait de sauver la diversité culturelle et linguistique du monde. Une cause qui vaut la peine d’être défendue !        <br />
              <br />
       2.	Une contradiction manifeste frappe ainsi le budget de votre ministère. La France réduit ses moyens d’action propres. Elle augmente sa participation aux organisations multilatérales et aux opérations de maintien de la paix. Tout se passe comme si nous avions de plus en plus peur d’agir par nous-mêmes et comme si nous devions dissimuler notre action dans des interventions multilatérales où la France n’apparaît guère.        <br />
              <br />
       a)	C’est dans ces conditions que votre ministère se voit appliquer, au nom de la révision générale des politiques publiques, un plan de rigueur d’une exceptionnelle sévérité.        <br />
       Vous devez ainsi supprimer 700 équivalents temps plein de vos effectifs, soit 4 % : plus d’un départ à la retraite sur deux, alors que certains ministères ne sont taxés que de un sur trois. Ce sont des économies de bout de chandelle. Désormais on touche à l’os. Plus de la moitié des suppressions de postes concernera des personnels titulaires.        <br />
       b)	On n’améliorera pas l’image de la France en créant trois catégories d’ambassades. Cette différenciation qui heurtera la sensibilité des pays-hôtes qui se sentiront méprisés sera fortement préjudiciable à notre rayonnement.        <br />
       c)	Outre les restrictions infligées à l’AEFE, j’observe que les crédits consacrés à l’action culturelle baissent de 13 % dans le programme 185. Des fermetures successives sont intervenues, notamment en Allemagne, notre premier partenaire en Europe, alors que nos voisins multiplient les British Councils, les Goethe Instituts, ou les Instituts Cervantès. Tout se passe comme si la coopération culturelle servait de variable d’ajustement. Cessons ces fermetures. Soyons moins restrictifs à l’accueil d’étudiants étrangers dont l’effectif baisse pour la première fois en 2008.       <br />
              <br />
       3.	Comment ne pas comparer à la modestie de nos moyens propres le poids des opérations extérieures (dites OPEX) dans le budget de la Défense ? Un surcoût de 850 millions d’euros en 2008, soit 20 % de vos crédits, et un coût réel d’ailleurs, bien supérieur ! Un mot encore sur le coût du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie – plus de 300 millions d’euros pour plus de 1 000 emplois. Je laisse ces chiffres à votre réflexion et à celle du Sénat.       <br />
              <br />
       Vos crédits sont chichement mesurés. Parallèlement, la contribution de la France au budget de l’Union Européenne atteindra 17,4 milliards d’euros. En solde net, nous paierons 4 milliards d’euros au budget de l’Union Européenne ce qui fera de nous le deuxième contributeur net, un peu derrière l’Allemagne. Où est la cohérence de notre action extérieure ?       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Venons-en à votre politique</b>       <br />
               <br />
       Le XXIe siècle comporte pour la France un grave risque d’effacement, soit qu’elle se laisse absorber dans un Empire, soit qu’elle se fracture entre différents communautarismes. Ces deux dangers peuvent d’ailleurs aller de pair.       <br />
              <br />
       Au premier de ces dangers conspire l’idéologie « occidentaliste », théorisée par M. Balladur dans un livre intitulé « Pour une Union Occidentale » : il faudrait dans un Occident en perdition une véritable fusion euratlantique, bien entendu autour des Etats-Unis.       <br />
              <br />
       1.	L’OTAN serait la colonne vertébrale de ces futurs Etats-Unis d’Occident. Je ne crois pas que ce soit là ni l’intérêt ni la vocation de la France : le monde est pluriel au Sud comme au Nord et dans un monde de nations la France a encore un beau rôle à jouer. A quoi sert l’OTAN, Monsieur le Ministre, quand l’URSS a disparu, et dans un monde dont les équilibres se déplacent à grande vitesse vers l’Asie ? Dans deux décennies, le PIB de la Chine aura rejoint, si les tendances observées se poursuivaient, celui des Etats-Unis. S’agit-il de nous mettre à la remorque de leur diplomatie et de transformer l’OTAN en bras armé de l’Occident, sous la direction des Etats-Unis, comme on le voit au Kosovo ou en Afghanistan ?       <br />
              <br />
       L’Institut John Hopkins réfléchit, nous dit-on, à un « nouveau concept stratégique de l’OTAN ». Nous aimerions être associés à cette réflexion. S’agit-il de contenir la Russie ? Il est regrettable que le Président de la République ait approuvé le déploiement par l’OTAN de systèmes anti-missiles en Tchéquie et en Pologne. Le principe de l’adhésion à l’OTAN de l’Ukraine et de la Géorgie a été acté, même si sa concrétisation a été renvoyée à un avenir indéfini. Chacun voit le danger de se laisser entraîner dans les conflits du Caucase ou dans une nouvelle affaire de Crimée dont Sébastopol sera l’enjeu.        <br />
              <br />
       Le comportement politique irresponsable de certains leaders, comme on l’a vu en Géorgie, peut mettre en danger la sécurité collective. On nous dit qu’il y a des critères pour l’admission dans l’OTAN : sincérité des élections – indépendance de la justice – lutte contre la corruption, etc. Je crains qu’en réalité nous ayons mis le doigt dans un engrenage, même si la Géorgie et l’Ukraine n’ont pas été admises dans la procédure « MAP », préparatoire à l’admission.       <br />
              <br />
       Le Président de la République nous a expliqué que la réintégration de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN était subordonnée dans son esprit à des progrès décisifs en matière de défense européenne. J’avoue ne pas voir ces avancées : on nous parle d’action maritime commune contre la piraterie sous l’autorité d’un amiral britannique. J’ose espérer que nous ne nous payons pas de mots.       <br />
              <br />
       La seule réalisation concrète significative serait la constitution permanente d’un Etat-major de forces, auquel s’oppose toujours la Grande-Bretagne, à ma connaissance. Le retour dans l’organisation militaire intégrée n’aurait pour la France que des inconvénients : il porterait un coup à l’originalité de notre posture de défense et de politique extérieure aux yeux des peuples du Sud et de puissances émergentes.       <br />
              <br />
       Une telle réintégration renforcerait encore la propension de certains de nos officiers généraux à s’évaluer à l’aune du regard américain plutôt qu’à l’aune de l’intérêt national.       <br />
              <br />
       En tout cas, le Parlement a un impérieux besoin de débattre de cette question et notamment du « nouveau concept stratégique de l’OTAN », avant toute décision, et avant même le Conseil de l’OTAN prévu à Strasbourg en avril prochain. Il ne serait pas admissible que celui-ci soit l’occasion d’une piteuse mise en scène du retour au bercail du fils prodigue.       <br />
              <br />
       2.	Certes il y a eu des aspects positifs dans la diplomatie française récente :       <br />
              <br />
       a)	Le succès du lancement de « l’Union pour la Méditerranée », obéré cependant par le fait qu’on n’a pas vu se constituer en 2008 un Etat palestinien viable, contrairement à des propos imprudents.       <br />
       b)	Il y a eu surtout le succès de la Présidence française de l’Union européenne :        <br />
       -	d’abord de la médiation russo-géorgienne qui préserve la possibilité d’un partenariat indispensable entre la Russie et l’Union européenne ;       <br />
       -	ensuite  face à la crise financière, les initiatives pragmatiques du Président Sarkozy qui a su mettre en congé - mais pour combien de temps ? - les règles européennes qui eussent pu faire obstacle à une stratégie de consolidation bancaire et je l’espère aussi, de relance économique coordonnée à l’échelle européenne et mondiale.       <br />
       c)	Leçon de choses pour ouvrir les yeux des tenants d’une idéologie fédéraliste à l’échelle de l’Europe : on a assisté au grand retour non seulement de la puissance publique mais des Etats-nations parce que seuls ceux-ci ont la légitimité démocratique qui leur permet d’agir en cas de crise. Le Président Sarkozy a eu la sagesse de le comprendre et d’agir en pratiquant la géométrie variable en matière européenne. C’est par cercles concentriques progressifs : G4 puis Eurogroupe à quinze, auquel s’est joint la Grande-Bretagne, puis Union européenne à vingt-sept, qu’un cadre de cohérence a été dessiné, où se sont emboîtés des plans qui restent nationaux.       <br />
              <br />
       J’observe que le Président de la Commission européenne, M. Barroso, ressassant de vieilles patenôtres, voudrait faire valoir à nouveau des règles de concurrence opportunément suspendues alors qu’il faudrait faire prévaloir l’idée de politiques économiques et industrielles coordonnées sur les tables de la loi de la concurrence libre et non faussée.        <br />
       d)	Opportune également a été la décision de réunir, le 15 novembre, le G20 à Washington, même si l’application tarde et se heurte en Europe aux réticences de Madame Merkel dont on ne sait si c’est le dogme libéral ou une vision à courte vue de l’intérêt de l’Allemagne qui les inspirent. Je crois au contraire que le rôle de locomotive de la relance correspond à l’intérêt européen et par conséquent à l’intérêt national bien compris de l’Allemagne.        <br />
              <br />
       3.	La France ne doit pas avoir peur de son ombre, y compris dans ses rapports avec le grand allié d’Outre Atlantique. Les retrouvailles avec M. Bush étaient peut-être un peu trop ostensibles, puisqu’aussi bien, nous allons devoir travailler avec M. Obama et son équipe. Les priorités de celui-ci ne sont pas forcément les nôtres. Comme l’a dit plaisamment Hubert Védrine, gardons-nous de croire que les Américains ont élu à la Maison Blanche un Européen de gauche.       <br />
              <br />
       L’un des premiers discours de M. Obama, à Chicago, évoquait « un nouveau leadership américain ». La vérité est que M. Obama devra réviser en baisse les objectifs de la politique extérieure américaine. Il aura aussi besoin de la coopération internationale pour relancer l’économie et instaurer aux Etats-Unis une société moins inégalitaire. L’équipe qu’a choisie M. Obama est composée d’hommes et de femmes réalistes. M. Obama a laissé entendre qu’il nouerait un rapport diplomatique avec Téhéran. Il faut résister à la tentation de frapper, donner du temps au temps et parier sur la société iranienne avide de modernité. L’Iran est la puissance dominante de la région depuis l’écrasement de l’Irak. C’est un fait.       <br />
              <br />
       Les Etats-Unis peuvent faire comprendre aux dirigeants iraniens que le véritable intérêt de leur pays n’est pas dans la prolifération nucléaire dans une région instable. Il serait intelligent de la part de la France de se placer dans la perspective de ce rapprochement irano-américain probable plutôt que de surenchérir sur un bellicisme à courte vue.       <br />
              <br />
       4.	Concernant le Kosovo, quel intérêt y a-t-il à prolonger notre présence militaire dans un micro Etat non viable ? Il ne sert à rien de faire miroiter à une demi-douzaine d’Etats de l’ancienne Fédération yougoslave la perspective d’une adhésion à l’Union européenne sans leur avoir demandé de procéder à une intégration régionale préalable.       <br />
              <br />
       5.	Un mot sur l’Afghanistan, M. le Ministre : le risque est grand de nous voir entraînés à participer toujours plus profondément à une guerre sans issue. La solution n’est pas à Kaboul mais à Islamabad où la jeune démocratie pakistanaise doit s’affranchir de la tutelle de son armée.       <br />
              <br />
       6.	Enfin, une question sur la Chine : comment expliquez-vous la vivacité regrettable de la réaction chinoise aux propos du Président de la République sur une éventuelle rencontre avec le Dalaï Lama ?       <br />
              <br />
       Est-il bien heureux, M. le Ministre, qu’après avoir échoué à trouver une solution politique viable au conflit israélo-palestinien, ou aux conflits balkaniques, nous allions nous immiscer dans les conflits immémoriaux de l’Hindou-Kouch, du Caucase, des vallées himalayennes ? Il y a pour la France une manière raisonnable et honnête d’exister, loin de l’hubris de postures que nous ne pouvons pas soutenir dans la durée, mais tout simplement en nous tenant à la légalité internationale telle que la définit le Conseil de Sécurité dont nous sommes membre permanent.       <br />
              <br />
       7.	Un mot encore sur la réforme du Conseil. Sachons ne pas augmenter le nombre de ses membres permanents au-delà de vingt et permettons que certains membres non permanents puissent être rééligibles au bout de deux ans. Cette simple « réformette » (il suffit de modifier un article de la Charte) permettrait l’inclusion dans le Conseil de quelques membres semi-permanents ou quasi permanents et consoliderait la légitimité déjà grande du Conseil de Sécurité.        <br />
              <br />
       Déjà au XVIe siècle Montaigne écrivait qu’il se sentait homme en général et Français par accident. J’aimerais vous convaincre, Monsieur le Ministre, qu’on peut s’écarter de cette inspiration et défendre les intérêts de la France sans trahir ceux de l’Humanité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/La-politique-etrangere-de-la-France-dans-un-monde-multipolaire_a731.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le sénateur Chevènement s'oppose au projet de budget de la Défense</title>
   <updated>2009-07-15T22:40:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Le-senateur-Chevenement-s-oppose-au-projet-de-budget-de-la-Defense_a728.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1130500-1449695.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2008-12-02T11:14:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, sur le budget de la Défense, 1er décembre 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1130500-1449695.jpg?v=1289480050" alt="Le sénateur Chevènement s'oppose au projet de budget de la Défense" title="Le sénateur Chevènement s'oppose au projet de budget de la Défense" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Ministre,       <br />
              <br />
       <b>I – L’annuité 2009</b>       <br />
       Ce budget est le premier budget d’application d’une loi de programmation 2009-2014 dont le Parlement n’a pas encore eu à connaître. Cela est regrettable.       <br />
              <br />
       A) Des présentations flatteuses comme l’augmentation très forte des autorisations d’engagement en matière d’équipement occultent la réduction globale de l’effort de défense du pays que met bien en lumière l’excellent rapport de MM. Trucy, Masseret et Guené : si, en effet, on défalque du budget de votre ministère, conformément à la norme OTAN, et sauf pour 5 % ; la gendarmerie, la part des dépenses de défense dans le PIB n’est plus que de 1,6 % aujourd’hui. Elle sera voisine de 1,5 % en 2012 et tendra, selon les rapporteurs spéciaux, à 1,4 % en 2020.       <br />
              <br />
       Nous sommes loin de l’effort britannique de 2 % du PIB, en norme OTAN, et nous sommes surtout loin des engagements pris par Nicolas Sarkozy, alors qu’il était candidat à la Présidence de la République, de maintenir à 2 % du PIB, l’effort de défense de la France.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      B) Au surplus, les chiffres fournis pour l’ensemble de la mission Défense, soit 37,389 milliards d’euros en 2009, restent soumis à de nombreux aléas qui pèsent principalement sur le programme 146 « Equipement des forces », chiffré à 12,215 Milliards d’euros.       <br />
              <br />
       1. D’abord le poids des charges afférentes aux exercices antérieurs risque de peser sur les dotations prévues par le projet de budget 2009 et au-delà sur toute la programmation.        <br />
       2. Par ailleurs, l’évaluation du montant des cessions affectées au financement des équipements est pour le moins aléatoire, compte tenu d’une part des cessions immobilières réalisées à « l’euro symbolique » pour les villes qui auront souffert des restructurations, et d’autre part, du prélèvement prévu par la Commission des Finances à hauteur de 15 % pour le » désendettement de l’Etat.       <br />
       3. Enfin, la budgétisation des OPEX (510 millions dans ce projet de loi de finances) restera inférieure au surcoût observé dès cette année -plus de 850 millions - surcoût dont tout laisse à penser qu’il pourrait continuer de croître.        <br />
              <br />
       Bref, cette première annuité d’une loi de programmation, dont les crédits de paiement stagneront en volume en 2010 et 2011, est elle-même grevée d’incertitudes.       <br />
              <br />
              <br />
       C) Les rapporteurs spéciaux font valoir qu’en équipement, l’effort de la France se compare avec celui de la Grande-Bretagne, atteignant 0,6 point du PIB, contre 1% aux Etats-Unis, ce qui ne manque pas d’interpeller, car l’effort global de défense américain dépasse 3,5 % de leur PIB. Cela signifie que les Etats-Unis consacrent au fonctionnement une part de leur budget supérieure à la nôtre : près de 70 % du total chez eux contre un peu moins de 60 % chez nous.       <br />
              <br />
       Il n’y a pourtant pas lieu de pavoiser si l’on tient compte de l’obsolescence ou de la faible disponibilité de beaucoup de nos matériels.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Modèle d’armée et défense nationale.</b>       <br />
              <br />
       J’aimerais me placer dans une perspective de longue durée pour répondre à la question de fond : Est-ce que le modèle d’armée que nous sommes en train de recalibrer en forte baisse – 5.600 postes supprimés en 2009 et 54.000 sur toute la durée de la loi de programmation – correspond véritablement à l’intérêt de la Défense Nationale ? Personnellement j’émets un doute très fort       <br />
              <br />
       A) Si je mets à part la dissuasion, convenablement dotée et dont les programmes s’exécutent sans trop de retard, je constate que pour le reste, nous sommes en train de constituer une petite armée de métier essentiellement dédiée à des opérations de projection lointaine.       <br />
              <br />
       Quand le Président Jacques Chirac, en 1996, a suspendu – c’est-à-dire, en fait, supprimé – le service national, je n’y ai pas été favorable. J’observe que le Président de la République, aujourd’hui, demande à M. Luc Ferry de réfléchir à un service civique volontaire. Rien du point de vue de la cohésion nationale et du civisme, ne remplacera l’obligation du service qui assurerait à la défense nationale trois avantages décisifs :       <br />
              <br />
       - Un lien étroit avec la nation à quoi rien ne pourra se substituer.       <br />
       - Une réserve de puissance et de mobilisation en cas de circonstances exceptionnelles.       <br />
       - Enfin, nous nous sommes privés avec le service national d’une ressource abondante, diversifiée et peu chère. C’est grâce au service national que nous avons pu maintenir pendant plusieurs décennies un effort d’équipement qui dépassait 60 % de l’effort global, ce qui contribuait de manière décisive à l’indépendance de nos industries de défense. Ainsi dans le dernier budget que j’ai eu la charge de préparer, celui de 1991, les crédits du titre V consacré à l’équipement atteignaient 103 milliards de francs, c’est-à-dire plus de 15 milliards d’euros hors inflation, soit environ 22,5 milliards d’euros 2008 si on tient compte de la dérive des prix, à comparer avec les 12,3 milliards d’aujourd’hui, montant du programme 146 « Equipement des forces » dans le projet de loi de finances 2009. Le déséquilibre qui s’et créé du fait de la professionnalisation entre dépenses de fonctionnement et dépenses d’équipement n’a jamais pu être corrigé. Les objectifs du « modèle d’armée 2015 » n’ont pu être atteints, malgré deux lois de programmation dont l’application est restée pour l’une comme pour l’autre, en deçà des ambitions initiales.       <br />
              <br />
              <br />
       B) <span style="font-style:italic">Le Président Sarkozy a pris acte de ce retard.</span> Conscient des insuffisances de l’équipement, il a décidé une très forte déflation des effectifs, abandonnant le modèle d’armée 2015 jugé insoutenable, le but affiché étant de pouvoir équiper correctement une armée plus petite. Telle est la logique de la loi de programmation Mais correspond-elle aux besoins de la Défense Nationale ? Je ne le crois pas.       <br />
              <br />
       C) <span style="font-style:italic">Nous sommes en-dessous de l’effort nécessaire pour parer aux risques de tensions, de crises, de conflits dont l’horizon est chargé</span>. C’est justement parce que la France est une puissance essentiellement pacifique qu’elle doit limiter ses interventions militaires extérieures à la préservation de la légalité internationale pour autant qu’elles demeurent proportionnées et maintenir pour ce qui la concerne directement une posture de défense réellement dissuasive.       <br />
              <br />
       1. Le XXIe siècle qui commence comporte pour la France un grave risque d’effacement. Ce risque est d’abord dans l’esprit du temps car selon le mot de Thémistocle l’indépendance de la cité  réside moins dans l’épaisseur de ses murailles que dans le ventre de ses citoyens. Je me bornerai à observer la désuétude du patriotisme trop souvent confondu aujourd’hui avec le nationalisme qui est à ses antipodes.       <br />
              <br />
       a) L’effacement de la France peut résulter de son absorption plus ou moins conscience dans un Empire, dont la tête est ailleurs. A cela contribue essentiellement l’idéologie « occidentaliste » dont la formulation la plus claire a été développée par M. Balladur, dans un petit livre trop peu remarqué, intitulé « Pour une Union occidentale ».        <br />
       b) L’effacement de la France peut aussi résulter du triomphe des communautarismes et de la perte du lien civique ; antichambre de la guerre civile. Ces deux risques ne sont pas antagonistes. Ils peuvent être et sont d’ailleurs complémentaires.       <br />
       La France est en Europe et l’Europe n’est pas à l’abri de conflits – on l’a vu dans les Balkans ou dans le Caucase – qui peuvent dégénérer si nous ne sommes pas capables de développer un véritable partenariat entre l’Europe de l’Ouest et la Russie. A cet égard la responsabilité de la France est essentielle.        <br />
              <br />
       2. Outre l’effacement de la France un second risque tient à ce qu’on appelle la mondialisation. Celle-ci a tellement rétréci la planète que nous pouvons être entraînés dans toutes sortes de conflits d’intensité faible ou forte, où le ressentiment accumulé, au fil des derniers siècles, contre les Européens peut se cristalliser de manière soudaine et irrationnelle, en se répercutant le cas échéant, au sein même de la société française. La meilleure manière de parer à ce risque est de maintenir l’idée des valeurs universelles et de combattre la tentation du « deux poids, deux mesures ».        <br />
              <br />
       Nous ne devons pas entrer dans le schéma de Samuel Huntington du « choc des civilisations ». Le Nord est pluriel, le Sud aussi, mais l’Humanité est une : Tel devrait être le message de la France car la vocation de notre pays a quelque chose à voir, disait Malraux avec la liberté du monde, c’est-à-dire avec le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.       <br />
              <br />
       La France a toujours été contre les Empires. C’est pourquoi l’idée de rejoindre l’organisation militaire intégrée de l’OTAN est une grave erreur. A quoi sert l’OTAN depuis la disparition de l’Union Soviétique ? Il faudrait nous le dire. Il paraît que l’Institut John Hopkins a été chargé de réfléchir sur un « nouveau concept stratégique de l’OTAN ». Nous aimerions, Monsieur le Ministre, être informés de cette réflexion. L’élargissement à l’Est de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie est au cœur même de l’espace russophone et contraire à l’intérêt de la France. Il est contraire à l’intérêt européen bien compris. Le Président de la République a soutenu à Bucarest, au sommet de l’OTAN, le projet de déploiement des systèmes antimissiles en Tchéquie et en Pologne. Cette approbation n’est pas cohérente avec le souci par ailleurs manifesté en Géorgie de maîtriser le conflit, souci que j’approuve. Le Président de la République doit vouloir développer parallèlement « une Europe de la Défense efficace ». Quelles sont aujourd’hui, Monsieur le Ministre, les manifestations de cette politique européenne ?       <br />
              <br />
       Il n’y a rien à gagner à réintégrer la structure militaire intégrée de l’OTAN, sinon une implication toujours plus grande dans les OPEX et un accroissement de 10 % cette année de notre contribution financière à l’OAN, soit 115 millions d’euros.        <br />
              <br />
       Les grandes puissances continentales de demain : Etats-Unis, Russie, Chine, Inde peuvent chercher à nous entraîner dans leurs inévitables rivalités. Et même des puissances moindres mais soutenues par divers fanatismes peuvent nous entraîner dans des guerres que nous n’aurions pas voulues. Et si notre intérêt est de nous en tenir éloigné, la plus sûre manière de les prévenir est de disposer de capacités militaires réellement dissuasives.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – La défense à long terme de la France est confrontée à deux risques majeurs :</b> le premier est celui du contournement de notre dissuasion. Le second est de nous trouver entraînés dans des conflits plus ou moins lointains où l’intérêt national n’est pas engagé, avec un risque de dispersion observable dès aujourd’hui.       <br />
              <br />
       A)	<span style="font-style:italic">Le premier risque est celui du contournement de notre dissuasion</span>. Celle-ci dans un monde multipolaire n’est pas moins nécessaire que dans le monde bipolaire d’hier et qui le redeviendra demain quand, entre 2025 et 2030, le PIB de la Chine aura rattrapé celui des Etats-Unis. Plus que jamais alors s’imposerait la nécessité de nous tenir à l’écart de conflits qui n’engageraient pas nos intérêts fondamentaux. Le contournement de notre dissuasion peut s’opérer de deux manière : d’en haut et d’en bas :       <br />
              <br />
       - D’en haut, par le développement du bouclier spatial américain qui mettra les autres pays européens, voire le nôtre à la merci d’informations et de décisions dont il serait illusoire de penser qu’elles ne seraient pas exclusivement américaines. La seule riposte est de nous doter de nos propres moyens d’observation, de préférences en coopération avec d’autres pays européens et de perfectionner sans cesse la capacité de pénétration de nos propres missiles. Dans le combat immémorial entre le glaive et le bouclier, il est bien rare que le glaive, en dernier ressort, ne l’ait pas emporté.       <br />
              <br />
       - Mais il est un deuxième risque de contournement de notre dissuasion. Nous sommes à l’époque des guerres asymétriques. La notion d’intérêt vital est par nature imprécise et il est probable que la puissance même de nos armes nucléaires puisse être un obstacle à leur efficacité dissuasive. Le général de Gaulle - qui n’avait pas d’œillères – aurait sans doute préservé toutes les possibilités de riposte éventuelles à une agression caractérisée, y compris par des charges que la précision des vecteurs permet de réduire. Je m’avance, si je puis dire, sur un terrain miné, car il ne faut pas se placer dans les schémas de guerres préventives, a fortiori nucléaire, comme cinq anciens chefs d’Etat-major de l’OTAN se sont hasardés à le faire. Cette attitude porte préjudice à notre politique déclarée de lutte contre la prolifération nucléaire.       <br />
              <br />
       Il est hautement souhaitable de perfectionner les armes dites conventionnelles, je pense en particulier aux capacités de frappe précise à distance : SCALP aéroporté et armement air-sol modulaire porté par Rafale, ou missile de croisière naval porté par les frégates multimissions et les sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda. Mais dans ce domaine, force est de constater l’étirement des programmes dans le temps et les réductions de cibles déjà opérées. Ainsi pour le missile de croisière naval. En fait, nous n’aurons de vraie capacité de frappe conventionnelle à distance qu’au milieu de la prochaine décennie.        <br />
              <br />
       B) <span style="font-style:italic">Le deuxième risque pour le maintien d’une posture de défense appropriée est celui de la dispersion dans un très grand nombre d’opérations extérieures coûteuses, dont l’effet principal est de retarder l’exécution de nos programmes majeurs d’équipement.</span>       <br />
              <br />
       1. Certes la France doit remplir les obligations qui vont avec son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU. Notre présence militaire au Liban, quels qu’en soient les risques, a contribué à l’interruption de la guerre. Elle peut peut-être aider à donner, un jour, une chance à la paix.       <br />
              <br />
       2. De même, en Afrique, l’opération Licorne a peut-être permis d’éviter une guerre civile ravageuse et ruineuse pour la Côte d’Ivoire. Nous ne disposons plus que de trois bases permanentes en Afrique : Dakar, le Gabon et Djibouti. L’une de ces trois bases, selon les préconisations du Livre blanc, devrait disparaître. Je ne crois pas cette réorientation judicieuse.        <br />
              <br />
       Notre présence militaire en Afrique contribue à la viabilité et à l’affermissement de jeunes Etats vis-à-vis desquels nous avons contracté un devoir de solidarité.        <br />
              <br />
       Constatons que l’Afrique de l’Ouest francophone n’a pas connu jusqu’ici les massacres qui ont endeuillé l’Afrique centrale ou orientale jadis sans domination anglaise ou belge. L’Afrique est le continent le plus pauvre, celui où la construction de l’Etat (State building, comme disent les Anglo-Saxons) est souvent la moins avancée. Ne cédons pas aux diktats d’une bien pensance à courte vue. La présence militaire de la France en Afrique n’est pas un reliquat du colonialisme. Elle est un facteur de stabilité et d’affermissement des jeunes Etats sans lesquels il n’y aura ni démocratie ni développement. Aussi bien n’est-il évidemment pas question d’intervenir jamais en dehors d’un mandat de l’ONU et si possible de l’OUA.       <br />
              <br />
       3. Mais à côté d’une présence utile au Liban ou en Afrique que d’opérations extérieures coûteuses, où nous nous sommes laissés entraîner par des considérations souvent très éloignées de l’intérêt national :       <br />
              <br />
       a) Au Kosovo nous maintenons à grand prix un protectorat militaire sur un micro Etat non viable – ce n’est d’ailleurs pas le seul des Balkans. Et tout cela dans la perspective d’une adhésion à l’Union européenne rejetée dans un avenir indéfini ! Il faudrait inverser l’ordre des priorités : subordonner toute perspective d’adhésion future à l’Union européenne à une intégration régionale volontaire.       <br />
              <br />
       b) De même au Tchad, nos forces structurent une opération plus humanitaire que militaire dite Eufor, dont l’initiative revient plus à M. Kouchner qu’à vous-même. Mais peut-on traiter un problème politique à travers le seul prisme de l’humanitaire, au risque de s’y laisser engloutir tout entier ?       <br />
              <br />
       c) Enfin, en Afghanistan, nous nous sommes laissés progressivement entraîner par les Etats-Unis dans un conflit dont les données essentielles nous échappent. L’intervention de 2001 a été très vite délégitimée par l’invasion de l’Irak. L’intention du prochain Président des Etats-Unis de renforcer la présence militaire de ceux-ci en Afghanistan peut conduire à un enlisement encore plus profond, car le problème est bien davantage celui de la fragile démocratie pakistanaise, aux prises avec son armée. Je souhaiterais que le Président de la République se souvienne de son premier mouvement qui était le bon, quand, candidat à la Présidence de la République, il avait déclaré, au printemps 2007, que la présence des troupes françaises en Afghanistan, n’était pas à ses yeux déterminante.        <br />
              <br />
       Le surcoût des OPEX – 850 millions d’euros cette année – risque ainsi de s’alourdir toujours davantage. On évalue déjà à plus de 100 millions d’euros le surcoût du Kosovo, à 230 millions l’opération Darfour au Tchad, à 270 millions le surcoût de l’Afghanistan. Notons au passage que leur coût réel est très supérieur. Il serait souhaitable que celui-ci fût évalué pour que la représentation nationale puisse prendre une vue exacte de l’effort réellement consenti. Celui-ci retentit inévitablement sur le taux de disponibilité de nos matériels et sur l’avancement de nos programmes d’armement majeurs. Le taux de disponibilité des matériels est souvent faible. 60 % des crédits consacrés au maintien en condition opérationnelle des matériels sont consommés par 7 régiments (hélicoptères et chars Leclerc), les 74 autres régiments se contentent des 40 % restants. La priorité accordée aux OPEX se traduit par l’obsolescence accélérée des engins restés en France. Etalement dans le temps et réduction de cibles vont de pair. Le programme de l’hélicoptère de transport NH90 que j’ai lancé jadis (il signifiait Nouvel hélicoptère des années 90) tarde à équiper la Marine nationale et plus encore l’armée de terre alors qu’il est déjà entré en service dans l’armée allemande.        <br />
              <br />
       La cible de l’hélicoptère Tigre a été ramenée de 250 à 80. Sur 576 appareils dans l’Armée de terre, 24 machines seulement sont récentes.        <br />
              <br />
       Le nombre de frégates multimissions a été réduit de 18 à 11. L’avion de transport A400M prend un retard vraiment inacceptable, compte tenu de la péremption des moyens actuels. La Grande-Bretagne dispose de moyens de transport à longue distance tant maritimes qu’aériens incomparables avec les nôtres.       <br />
       En matière de drones, tant à moyenne altitude que tactiques, il y a des choix à faire, afin d’assurer l’indispensable mise à niveau.       <br />
              <br />
       Enfin et surtout, nous ne consacrons pas à la maîtrise de l’espace les moyens nécessaires malgré la priorité affirmée par le Livre blanc.        <br />
              <br />
       En matière d’observation, le projet de programme de coopération européen MUSIS laisse trop de questions en suspens, à commencer par l’architecture générale du système et par la participation de l’Italie et de l’Allemagne.        <br />
              <br />
       La perspective de réalisation d’un système opérationnel d’alerte avancée est repoussée aux calendes grecques. Et pourtant s’il y a bien un domaine où l’idée d’une politique européenne de défense et de sécurité aurait de bonnes raisons de prendre corps, c’est bien celui de l’espace. Nous vous invitons à prendre des initiatives et aller de l’avant, pour ne pas être entièrement dans la main des systèmes d’observation américains. Et si la coopération européenne s’avère insuffisante, il faudra trouver par nous-mêmes le bon équilibre entre les capacités d’observation de nos satellites et les capacités de pénétration de nos vecteurs.       <br />
              <br />
       Au total, Monsieur le Ministre, ce projet de budget 2009, même s’il comporte par lui-même quelques éléments positifs, s’inscrit dans le cadre d’une programmation qui sacrifie à la constitution d’une petite armée de projection les nécessités à long terme de la Défense nationale. Je ne puis donc le voter. Nous reprendrons ce débat quand la loi de programmation viendra en discussion devant le Parlement comme il eût été logique de le faire avant l’examen du projet de loi de finances.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Le-senateur-Chevenement-s-oppose-au-projet-de-budget-de-la-Defense_a728.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La reconnaissance du Kosovo, c'est une triple faute</title>
   <updated>2008-04-02T17:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/La-reconnaissance-du-Kosovo-c-est-une-triple-faute_a566.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/862495-1059304.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2008-02-22T12:33:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tribune de Jean-Pierre Chevènement, parue dans Le Figaro, vendredi 22 février 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/862495-1059304.jpg?v=1289480129" alt="La reconnaissance du Kosovo, c'est une triple faute" title="La reconnaissance du Kosovo, c'est une triple faute" />
     </div>
     <div>
      M. Thaci a déclaré l’indépendance du Kosovo et derechef nos médias s’illuminent devant la profusion des drapeaux agités à Pristina. On peine un peu à nous expliquer la signification du nouveau drapeau kosovar, vu la difficulté à justifier que les étoiles censées représenter les « minorités ethniques » sont précisément rejetées à l’extérieur du dessin du pays.        <br />
              <br />
       Reconnaître « l’Etat du Kosovo », c’est une triple faute.        <br />
              <br />
       <b>Une faute contre l’Histoire</b>       <br />
       Celle-ci, contrairement à ce qui s’est passé pour les pays baltes, n’a jamais connu de Kosovo indépendant. Longtemps soumis au pouvoir turc (comme le fut aussi la Serbie), le Kosovo était, depuis plusieurs décennies, partie intégrante d’un Etat né par accord international : la Yougoslavie. Au sein de cet Etat fédéral il faisait partie de la Serbie qui, comme il a été mille fois rappelé, plaçait dans le Kosovo l’origine même de son identité. Que la démographie ait changé assurément. Belgrade elle-même favorisa cette évolution en accueillant généreusement dans sa province du Kosovo les Albanais qui fuyaient la dictature d’Enver Hodja. Il y avait là matière à imaginer un régime d’autonomie. Cela fut fait. On sait que Milosevic supprima ce régime. Certains, qui auront la curiosité de lire les chroniques, découvriront que l’une des raisons de cette décision fût la plainte des Serbes qui étaient fort mal traités dans un Kosovo « autonome ». Milosevic abolit l’autonomie. Il fit mal. Mais la réponse n’est certes pas d’aller à l’excès inverse, créer un Etat là où il n’y en eût jamais un. Ou alors allons jusqu’au bout. Bafouons l’Histoire : Reconnaissons la République Turque de Chypre, intéressons-nous au Cachemire, découpons un peu en Espagne, au Mali, au Tchad, etc. et en France, pourquoi pas ?        <br />
              <br />
       Les Français ne veulent plus rien savoir de l’Histoire. Mais ce qui est tout récent devrait quand même rester en mémoire et faire réfléchir. La Serbie, objet aujourd’hui de tant de critiques, n’a pas fait la moindre difficulté pour reconnaître l’indépendance du Monténégro, preuve qu’il ne s’agit pas de la part de Belgrade d’attitude obtuse maniaque. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Une faute contre le droit</b>       <br />
       Il y eût guerre, déclenchée en 1999 par l’OTAN en ignorant les principes du droit international, pour mater les Serbes coupables d’avoir réprimé durement – trop durement – un mouvement d’indépendance qu’ils qualifiaient de terroriste.        <br />
       Mais la guerre aérienne de l’OTAN n’a rien réglé. Pour vaincre, l’OTAN devait aller à terre, ce que les Alliés, pas fous et se rappelant la manière dont les divisions  nazies furent accrochées, ne voulaient pas. On négocia donc un nouvel accord – Serbes – Russes – Américains - Européens – qui déboucha sur une résolution des Nations Unies, celle dont on voudra bientôt nous faire oublier l’existence, mais qui est le seul droit applicable : la Résolution 1244 du 10 juin 1999 : Réaffirmation de l’attachement de tous les Etats-membres à la <span style="font-style:italic">« souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République fédérale de la Yougoslavie »</span>. Appel en vue d’une <span style="font-style:italic">« autonomie substantielle et d’une véritable auto-administration du Kosovo »</span>.       <br />
       Autonomie. Pas d’indépendance, pas de nouvel Etat. Préservation de ce vieil acquis européen que sont les Accords d’Helsinki. C’est à cette condition qu’il y eut paix, et que l’Europe (et les Etats-Unis) s’épargnèrent une guerre horrible.       <br />
              <br />
       Certes une résolution n’est pas intangible. Si le Conseil de Sécurité juge que les Kosovars ont raison de proclamer leur indépendance, il adoptera une nouvelle résolution qui se substituera à la Résolution 1244. Mais si le Conseil de Sécurité ne modifie pas la Résolution 1244 – et il ne le fera pas – le droit reste aujourd’hui ce que dit ce texte.        <br />
       Que la France, après les beaux discours de 2003 sur le respect du droit, suive l’exemple des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne est une triste évolution. Nous aurons rejoint le camp ni des réalistes, ni des cyniques mais celui des veules, de ceux qui se refusent, par lâcheté, à négocier encore et toujours.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Une faute contre l’Europe unie</b>       <br />
       Nous sortons d’une de ces brèves périodes où l’on nous a refait le coup de l’Europe projet, de l’Europe politique.        <br />
              <br />
       Et si le Kosovo, situé lui aussi comme on le disait avec excitation de la Bosnie, à deux heures d’avion, n’était pas précisément un beau sujet de délibération pour l’Europe unie à laquelle nous sommes censés tant aspirer. Et que fait donc l’Europe unie ? Rien. Bien sûr, sinon constater ses divisions.       <br />
       Mais faute contre l’Europe, au sens plus large, l’Europe de nos pères, l’Europe de l’Atlantique à l’Oural, l’Europe qui veut bien accepter de considérer que la Russie n’est pas une steppe peuplée de Tatares aux yeux cruels, que les Slaves sont aussi européens, et allons jusqu’au bout de l’ouverture, que les Slaves orthodoxes sont aussi Européens. La singularité de la France fut d’être ce pays occidental, majoritairement de culture catholique mais heureusement de tradition laïque, qui tendait la main à l’Orient orthodoxe et noua en particulier de solides relations avec la Serbie et avec la Russie. Vis-à-vis de Belgrade, notre seule offre est celle de l’argent européen. Et vis-à-vis de Moscou, faut-il prendre les devants, déployer des éléments de système anti-missiles, agiter des drapeaux américains à la barbe des vieux popes ? Prenons garde dans notre excitation, de ne pas perdre entièrement raison. Réputée – bien théoriquement – vieux pays recru d’épreuves, etc., la France est-elle assez futile pour se flatter d’avoir un nouvel ambassadeur dans sa capitale avant même que le Parlement ait été saisi, et de gâcher très sérieusement des chances de paix sur le continent ? Alors que l’on peut – tout aussi bien – faire comprendre – comme c’est le cas pour les Chypriotes – que la négociation est toujours possible et vaut mieux – mille fois mieux – que le « bling-bling »  d’une « reconnaissance » à la remorque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/La-reconnaissance-du-Kosovo-c-est-une-triple-faute_a566.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de BFM TV mercredi 20 février à 20h30</title>
   <updated>2008-02-21T01:23:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-BFM-TV-mercredi-20-fevrier-a-20h30_a564.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2008-02-19T20:44:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Olivier Mazerolle sur BFM TV entre 20h30 et 21h. L'émission est podcastée ci-dessous.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.chevenement.fr/video/<div><object width="420" height="336"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x4g4tq&v3=1&related=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x4g4tq&v3=1&related=1" type="application/x-shockwave-flash" width="420" height="336" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object></div>     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-BFM-TV-mercredi-20-fevrier-a-20h30_a564.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Kosovo: Paris s'apprête à «bafouer le droit international» (Chevènement)</title>
   <updated>2008-04-02T17:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Kosovo-Paris-s-apprete-a-bafouer-le-droit-international-Chevenement_a563.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2008-02-17T21:41:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, dimanche 17 février 2008, 14h51.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/857208-1052367.jpg?v=1289480129" alt="Kosovo: Paris s'apprête à «bafouer le droit international» (Chevènement)" title="Kosovo: Paris s'apprête à «bafouer le droit international» (Chevènement)" />
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      Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a estimé dimanche que la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo, à laquelle s'apprête Paris, &quot;bafoue le droit international&quot; et &quot;peut occasionner une nouvelle guerre froide&quot;.       <br />
       &quot;Cette reconnaissance unilatérale de l'indépendance d'une province de la Serbie, sans aucune consultation du Parlement français, bafoue le droit international et contribue à l'abaissement du conseil de sécurité de l'ONU dont la France est membre permanent&quot;, estime l'ancien ministre de la Défense dans une déclaration à l'AFP.       <br />
       Le Parlement du Kosovo est convoqué dimanche pour une session extraordinaire au cours de laquelle doit être votée la proclamation d'indépendance de la province serbe à majorité albanaise.       <br />
       Selon une source diplomatique française, Paris veut reconnaître cette indépendance dans la foulée de sa proclamation, simultanément avec la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie. Les pays de l'Union européenne doivent se concerter sur la position à prendre, lundi à Bruxelles.       <br />
       Pour M. Chevènement, &quot;cette reconnaissance, hors du cadre du conseil de sécurité de l'ONU, aboutit au dépeçage d'un Etat aux frontières internationalement reconnues, lui-même membre de l'ONU, au mépris des accords de 1990 sur la sécurité et la coopération en Europe&quot;.       <br />
       Le dirigeant du MRC estime aussi que l'attitude des autorités françaises &quot;nous met à la remorque de l'unilatéralisme américain&quot;.       <br />
       &quot;Elle est grosse de tensions dans les Balkans et légitime par avance la partition entre Serbes et Albanais, à hauteur de Mitroviça, car on ne voit pas au nom de quoi on refuserait aux uns ce qu'on autorise aux autres&quot;, ajoute-t-il.       <br />
       &quot;Cet acte unilatéral peut occasionner une nouvelle guerre froide en Europe avec la Russie, c'est un mauvais coup porté au droit international et à l'indépendance nationale&quot;, conclut M. Chevènement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Jean-Pierre Chevènement invité de France 24 jeudi 20 décembre à 21h10</title>
   <updated>2007-12-28T12:50:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-invite-de-France-24-jeudi-20-decembre-a-21h10_a523.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2007-12-20T15:43:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il était l'invité de l'émission de Sylvain Attal, sur le thème "Pour ou contre l'indépendance du Kosovo ?".     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/806022-986595.jpg?v=1289480122" alt="Jean-Pierre Chevènement invité de France 24 jeudi 20 décembre à 21h10" title="Jean-Pierre Chevènement invité de France 24 jeudi 20 décembre à 21h10" />
     </div>
     <div>
      L'émission peut être regardée en ligne <a class="link" href="http://www.france24.com/france24Public/fr/archives/debats/20071221-Debat-pour-contre-Kosovo-independant.html">dans la rubrique de l'émission Le Débat</a> (le lien est opérationnel).       <br />
       Sur le Kosovo, relire la tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans <span style="font-style:italic">Le Figaro</span> le 11 décembre 2007 : <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/L-independance-du-Kosovo-minerait-l-equilibre-europeen_a506.html">L'indépendance du Kosovo minerait l'équilibre européen</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>L’indépendance du Kosovo minerait l’équilibre européen</title>
   <updated>2007-12-11T13:30:00+01:00</updated>
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   <category term="Actualités" />
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   <published>2007-12-11T13:09:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Par Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du MRC, président de la Fondation Res Publica, ancien ministre, tribune parue dans Le Figaro, mardi 11 décembre 2007.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/797866-976647.jpg?v=1289480122" alt="L’indépendance du Kosovo minerait l’équilibre européen" title="L’indépendance du Kosovo minerait l’équilibre européen" />
     </div>
     <div>
      Le Kosovo entend proclamer son indépendance, réclamer son entrée aux Nations unies, l’adhésion à l’Union européenne et des crédits qui vont avec. Volonté comprise de beaucoup qui se préparent déjà aux cérémonies de reconnaissance, aux embrassades, au grand concert avec chœur et trilles et à l’exécution de la 9e Symphonie de Beethoven. On comprend cette inclination devant le principe d’autodétermination et bien peu discuteront de l’issue d’un référendum sur une possible indépendance. Rien d’étonnant. La nature humaine est ainsi faite que si l’on consulte de par le monde d’innombrables groupes plus ou moins organisés, on enregistrera autant d’émouvantes aspirations à la sécession et à l’indépendance, d’autant mieux étayées qu’une puissance extérieure, disposant de quelques moyens, paraît déjà toute prête à vous aider.       <br />
              <br />
       La question est évidemment de savoir s’il convient de s’arrêter, et où. Faut-il indéfiniment encourager au fractionnement, aux divisions, à la scissiparité, célébrer la mise en place de nouvelles frontières, alors qu’au même moment on exalte le dépérissement des identités nationales et l’ensevelissement dans le grand tout ? La contradiction étant évidente, les réponses sont naturellement embarrassées et dépendent de l’air du temps. Là on pleure le policier victime d’un indépendantiste qualifié de terroriste et l’on défile pour l’unité nationale. Ici l’on crie à la répression ou à la ringardise patriotique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Si, dépassant les humeurs, on s’inquiétait un peu du bien-être général, on rappellerait sans doute le vieux principe que l’intérêt des uns doit tenir compte de celui des autres. En l’occurrence, il importe qu’un peuple européen, animé par l’ambition qu’il estime très légitime de son indépendance, fasse attention aux préoccupations de paix et de stabilité, aussi légitimes également, de ses voisins. Il y va, très simplement, de ce qui avait été conçu, au lendemain de la chute du mur de Berlin, pour fonder l’ordre et la tranquillité de l’Europe.       <br />
              <br />
       Cet ordre, tel qu’il fut inscrit dans les textes des grandes conférences, notamment la Conférence de Paris, qui accompagnèrent la dislocation du bloc soviétique, était organisé autour du respect d’une vérité élémentaire : le respect des frontières existantes sauf à les modifier par consentement pacifique. C’est en application de cette idée-force, devenue vrai dogme des négociations européennes, que la frontière orientale de l’Allemagne demeure celle tracée par l’Oder et la Neisse, et que les anciens satellites de l’URSS ou républiques membres recouvrirent l’indépendance ou y accédèrent sans problèmes majeurs. La Tchécoslovaquie se divisa parce que les deux peuples constituant ce pays convinrent de se séparer amiablement, pacifiquement. La République fédérale yougoslave éclata en grande partie parce que les Occidentaux refusèrent que les Serbes puissent créer à l’intérieur de la Bosnie ou de la Croatie de nouvelles frontières englobant les communautés serbes homogènes. On fit, en revanche, prévaloir, contre l’avis de Belgrade, que les limites des anciennes républiques fédérées à l’intérieur de la Yougoslavie étaient des frontières justifiant d’être respectées comme telles. Et le Monténégro devint indépendant par accord de la Serbie.       <br />
              <br />
       Le cas du Kosovo est, chacun le sait, fort différent, car ce territoire n’a jamais été considéré comme une république fédérée et parce que la Serbie, qui y est attachée par de très profonds liens et symboles historiques, religieux, nationaux, n’entend pas s’en couper. De cette situation, de la force des principes qui avaient permis de régler pacifiquement la succession de l’URSS et qui avaient valu ensuite aux Croates, aux Slovènes, aux Macédoniens et aux Bosniaques le soutien international, les négociateurs européens, occidentaux et russes tinrent compte, lors du règlement de la guerre du Kosovo voici moins de dix ans. Autonomie substantielle. Respect de la souveraineté nationale de la République fédérale yougoslave, autrement dit respect des frontières. Tels étaient les principes d’un accord de paix conforme aux exigences immédiates du dénouement pacifique de la crise mais aussi aux principes fondamentaux de l’organisation de l’Europe. Va-t-on tout jeter bas ? Au risque, on le sait, de semer en Europe les germes de nombreuses sécessions, en Bosnie, Géorgie, Moldavie, etc., au risque, au-delà de l’Europe, de donner un singulier exemple qui fera réfléchir Marocains, Indiens, Indonésiens et nos excellents amis canadiens…       <br />
              <br />
       Souhaite-t-on vraiment se donner un nouveau prétexte de solide et bonne brouille avec la Russie ? On peut penser tout ce que l’on veut du régime russe mais les dernières élections tendent à prouver que celui-ci est assez solidement installé. Faut-il lui offrir l’occasion d’ajouter à la confusion en choisissant la Serbie pour théâtre d’une éventuelle réplique stratégique au déploiement éventuel d’un réseau américain d’armes antimissiles ? Ou bien convient-il, comme le font assez habilement les Allemands, de continuer de discuter avec la Russie le plus raisonnablement et froidement possible ? Il se trouve que le dossier du Kosovo est précisément celui sur lequel travaillent depuis longtemps, en relative intelligence, les trois acteurs : États-Unis, Union européenne et Russie. C’est même l’un des très rares sujets de politique étrangère où l’Union européenne, en tant que telle, fonctionne réellement sur un pied de stricte égalité avec Moscou et Washington.       <br />
              <br />
       N’est-il pas l’heure plutôt pour tous ceux qui, quels que soient leurs credo, souhaitent que la voix de l’Europe soit entendue, d’encourager ses né-gociateurs à poursuivre la discussion avec la Russie sur la formule la plus propice (il y a mille combinaisons possibles) à satisfaire la volonté d’autonomie et de vivre ensemble des Kosovars, sans qu’une excessive prétention à un siège indépendant à l’ONU, et pis, que l’établissement d’une nouvelle frontière vienne miner encore plus la base de l’équilibre européen ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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