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 <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-11T05:12:31+01:00</updated>
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   <title>"On fait comme si la France ne pouvait qu'emboîter le pas à l'Allemagne"</title>
   <updated>2012-01-05T11:27:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/On-fait-comme-si-la-France-ne-pouvait-qu-emboiter-le-pas-a-l-Allemagne_a1330.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2012-01-03T15:40:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Marianne2.fr (1ère partie), mardi 3 janvier 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3606326-5228206.jpg?v=1325601524" alt=""On fait comme si la France ne pouvait qu'emboîter le pas à l'Allemagne"" title=""On fait comme si la France ne pouvait qu'emboîter le pas à l'Allemagne"" />
     </div>
     <div>
      <b>Marianne2.fr: La BCE vient de prêter 489 milliards aux établissements bancaires à un taux très avantageux. Même si ce dispositif permettait de faire baisser le taux des emprunts souverains, il octroie aux banques la possibilité de réaliser des plus-values faciles avec un risque minimal. Est-il normal qu’à chaque étape de la crise, l’argent public, en l’occurrence celui de la BCE refinance les banques avant de laisser les états subir les ukase des agences de notation ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement:</b> C’est un effet peut-être pervers, mais peut-être aussi délibéré du dogmatisme qui a présidé à la définition de l’architecture de la zone euro : la Banque centrale peut prêter aux banques de manière illimitée mais elle ne peut pas prêter aux Etats, contrairement à ce qui se fait aux Etats Unis au Japon ou en Grande Bretagne. Cette règle résulte du fait que ce sont les Allemands, en l’occurrence Karl-Otto Pöhl, alors gouverneur de la Bundesbank, qui ont dicté les règles de la monnaie unique à Jacques Delors lequel les a fait ensuite entériner par le conseil européen de Madrid en juin 1989. Naturellement, le traité de Maastricht en décembre 1991 a repris cette rédaction. La BCE n’a qu’une seule mission, la lutte contre l’inflation. En d’autres termes, on a transposé à la monnaie unique européenne les règles régissant le Deutsche Mark et la Bundesbank allemande.       <br />
              <br />
       A l’arrière-plan de ces règles c’est la hantise de l’inflation qui s’exprime, issu du traumatisme subi par les épargnants allemands en 1948, au moment de la création du Deutsche Mark, quand 85% de leurs avoirs en banque ont été confisqués. La psychorigidité allemande s’inscrit ainsi dans l’histoire particulière du pays.       <br />
              <br />
       Mais la monnaie forte convient aussi à l’économie allemande du fait de sa puissance industrielle et de son tissu très développé de grandes entreprises et de PMI bénéficiant de positions monopolistiques à l’échelle mondiale (voitures haut de gamme, bien d’équipement, chimie fine). L’erreur, si erreur il y a eu, a été de considérer qu’une monnaie faite pour l’Allemagne car l’euro est un mark bis, pouvait s’appliquer aux autres pays européens.       <br />
              <br />
       Reste que cette malformation congénitale a engendré les conséquences bizarres que vous avez décrites. Les banques peuvent emprunter à 1% à la banque centrale et prêter à 4-5-6% aux Etats.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Cette psychorigidité allemande est cependant paradoxale : elle s’applique aux finances publiques mais épargne la gestion privée : si les banques sont en difficulté, n’est-ce pas aussi à cause de leur gestion, qui les a conduites à prendre des risques que le marché pourrait sanctionner ?</b>       <br />
       Vous avez raison : c’est ce qui a amené à relever les ratios prudentiels en matière de fonds propres (normes dites de Bâle III), mais la réalité qui s’impose dans l’immédiat est l’existence d’un risque de « crédit Crunch » : les banques refusent de se prêter entre elles. C’est pour éviter ce risque que la BCE ne met aucune limite à leur financement       <br />
              <br />
       <b>On voit arriver des technocrates bruxellois ou des banquiers centraux ou privés à la tête des Etats en Grèce et en Italie. Sommes nous encore en démocratie ? Pensez-vous que la politique joue encore un rôle dans la destinées des nations et qu’est ce qui nous permet de l’espérer actuellement ?</b>       <br />
       Les marchés financiers ont évidemment imposé des changements politiques à la tête de la Grèce de l’Italie mais même de l’Espagne et du Portugal où les gouvernements ont été conduits à procéder à des élections anticipées. Toute la bien-pensance a applaudi à l’esprit de sacrifice de Monsieur Zapatero qui a, en fait, transmis le pouvoir de façon anticipée à M. Rajoy.       <br />
              <br />
       J’observe néanmoins qu’en Grèce comme en Italie, les partis politiques représentés au Parlement se tiennent en embuscade. En Grèce, le Pasok a conservé ses sièges au gouvernement et la plupart des ministères-clés malgré l’ouverture vers la droite et l’extrême droite. De même, si M. Monti n’a composé qu’un gouvernement de technocrates, M. Berlusconi n’a pas dit son dernier mot. Je ne crois pas que cette victoire des marchés financiers soit durable. D’abord parce que les politiques imposées de l’extérieur par Mme Merkel M. Sarkozy et les institutions européennes conduisent l’Europe toute entière à une récession généralisée. Les technocrates qui ont pris le pouvoir sont à la merci d’un vote de défiance ou d’une élection malheureuse. Nous entrons dans une ère de forte instabilité sociale et politique : il y aura des élections générales en 2012 en France et en Grèce, et en 2013  en Allemagne et en Italie.       <br />
              <br />
       <b>Quel bilan faut-il tirer du règne de Jean-Claude Trichet ? Globalement négatif ?</b>       <br />
       Le même bilan que celui de la monnaie unique. Au moment où celle-ci fait naufrage, on célèbre à grands sons de trompe les accomplissements de M. Trichet. J’ai même entendu Valéry Giscard d’Estaing lui promettre un avenir de ministre des finances européen !       <br />
              <br />
       M. Trichet a conduit une politique monétaire qui a laissé s’envoler excessivement le cours de l’euro. La surévaluation de l’euro est l’une des explications du taux de chômage de la zone euro, qui avoisine les 10% de la population active. M. Trichet répondra que son action est conforme au mandat que lui a donné le traité de Maastricht. La BCE considère que, pour maintenir durablement le taux de l’inflation annuel en deçà de 2%, la politique économique implique un taux de chômage d’environ 9%. Cette théorie implicite, jamais écrite dans les traités est la philosophie du conseil des gouverneurs de la BCE : c’est le NAIRU (Non accelerating inflation rate of unemployement taux de chômage n’accélérant pas l’inflation). M. Trichet a donc raison : le Traité de Maastricht est désastreux, et il est en effet son meilleur défenseur. C’est l’histoire du pont de la rivière Kwaï. M. Trichet me fait penser à cet officier britannique qui, dans la forêt birmane, réalisait la prouesse technique de construire un pont au service de l’envahisseur japonais. Bravo Trichet donc, mais pas bravo Maastricht !        <br />
              <br />
       <b>Pensez-vous, comme certains le suggèrent, tel Emmanuel Todd, qu’il faut annuler la dette des pays développés?</b>       <br />
       Cela rejoint l’option que je préconise de la dette perpétuelle : une dette qui se renouvellerait constamment et dont la souscription ne serait plus le monopole des banques mais serait ouverte aux particuliers comme au Japon.       <br />
              <br />
       <b>Depuis le début de la crise, Nicolas Sarkozy ne semble s’être vraiment intéressé qu’à aboutir à des positions communes avec l’Allemagne, comme si notre diplomatie devait se « merkéliser ». Ne conviendrait-il pas de discuter avec d’autres pays, comme l’Italie, l’Espagne ou le Portugal ?</b>       <br />
       Cette observation est juste. Mais elle omet le fait que tous ces autres gouvernements, comme le nôtre d’ailleurs, sont soumis à la pression des marchés financiers. Un pas de côté et voilà leurs taux d’emprunt qui s’élèvent. Tout se passe comme si la France à notre époque et c’est la conséquence du choix de la monnaie unique, n’avait plus d’autres destin que d’emboiter le pas à l’Allemagne. Or, si celle-ci s’accommode d’une monnaie forte, il n’en va pas de même pour la France pour des raisons qui tiennent à la fois à sa démographie et à ses structures industrielles. La démographie : nous avons chaque année 160 000 naissances de plus que l’Allemagne. Ses structures industrielles : la France a généré des grands groupes internationalisés, 18 parmi les 200 premiers mondiaux plus que l’Allemagne (une douzaine), mais elle l’a fait au détriment de son tissu de PME-PMI que les gouvernements successifs n’ont pas su protéger malgré les politiques dites de filières que j’ai jadis cherché à mettre en œuvre.       <br />
              <br />
       Enfin et surtout ces grands groupes font leurs bénéfices et réinvestissent à l’étranger. Ils ne renvoient pas l’ascenseur. On admirera à contrario le souci de la cohésion industrielle et sociale du patronat et des syndicats allemands.       <br />
              <br />
       <b>L’éclatement de l’euro n’est-il pas la seule solution permettant d’ajuster la monnaie de chaque pays à sa situation, de façon à pouvoir renouer avec la croissance, quitte à passer par une étape difficile ?</b>       <br />
       Je n’étais pas partisan d’une telle issue, qui, si elle n’est pas organisée, peut déboucher sur des convulsions graves : dévaluations sauvages, défauts des Etats, faillites des banques et des entreprises. Mais pour sauver la monnaie unique il aurait fallu réviser profondément son architecture : permettre à la BCE des politiques de création monétaire, lancer un grand plan européen d’investissement fondé sur l’emprunt, susciter dans les pays dont la compétitivité le permet, des politiques de relance salariale modérée. Nous nous heurtons ici encore à la psychorigidité allemande.  Est-il possible de la contourner ? Un succès limité a été obtenu grâce à la mise en œuvre de politiques non conventionnelles de la BCE. Depuis mai 2010, la BCE rachète en petite quantité des titres de dette émis par les Etats que les marchés mettent sous tension. Mais cette politique n’a pas permis de casser la spéculation. L’Italie de M. Monti doit financer au taux de 7 % ses emprunts à dix ans. C’est pourquoi j’ai proposé un plan B dans un livre paru voici trois mois (1) : négocier la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune. L’euro demeurerait comme monnaie de réserve internationale et devise utilisable dans les échanges internationaux mais il deviendrait un panier de monnaies nationales. Bref, on recréerait un système  monétaire européen bis sous un toit monétaire commun avec un euro dont le cours rejoindrait sans doute assez vite son cours de lancement : un euro pour 1,16 dollar. Un courtier japonais Nomura a étudié cette solution qui serait tout à fait praticable en cas de défaut italien, pour peu qu’elle ait été préparée à l’avance. Une telle dévaluation d’environ 10 % de l’euro transformé en monnaie commune permettrait une reprise européenne en même temps que la correction des déséquilibres commerciaux intracommunautaires. On ne dira jamais assez qu’un excédent allemand de 150  à 200 milliards d’euros réalisé  à plus de 60% sur la zone euro est pour celle-ci un puissant facteur de déséquilibre. Je rappelle que la France a enregistré en 2011 un déficit commercial de 75 milliards dont 25 environ sur l’Allemagne et une trentaine sur la Chine.       <br />
              <br />
       <b>Vous affirmez entrevoir les clefs d’une approche différente de la relation franco-allemande. En quoi pourriez-vous obtenir des résultats meilleurs que ceux obtenus par les différents gouvernements depuis dix ans ?</b>       <br />
       Une chose est sûre : les destins de la France et de l’Allemagne sont liés. Avec l’Allemagne il faut une dialogue permanent. Ne jamais rompre le contact. Or, je constate que la plupart de nos hommes politiques connaissent très mal ce pays et n’ont pas réfléchi à ce que pourrait être une véritable solidarité de destin entre la France et l’Allemagne. Il est vrai que la situation aujourd’hui n’est pas simple. Comme l’avait prévu le chancelier Kohl,  l’Allemagne est devenu le n° 1 en Europe, par sa démographie, son industrie son excédent commercial, sa position géocentrée et l’influence prépondérante qu’elle exerce non seulement dans les pays d’Europe centrale mais également en Ukraine, en Russie au Kazakstan, etc.       <br />
              <br />
       L’Allemagne a-t-elle un projet ? Thomas Mann faisait remarquer que l’Allemagne était trop grande pour ne pas chercher à dominer l’Europe, mais aussi trop petite pour y parvenir. A défaut d’Europe allemande il prônait une Allemagne européenne. Je constate que depuis 20 ans, l’Allemagne est passée du point de vue de ses représentations, du postnational cher à Jürgen Habermas, à une situation de nation normale qui défend ses intérêts propres tels qu’elle les définit à tort ou à raison : mercantislisme commercial, monnaie forte, etc. Avec la sortie du nucléaire, l’Allemagne met les gaz à l’Est, dans un  rapprochement privilégié avec la Russie.       <br />
              <br />
       L’Allemagne a eu besoin de l’Europe pour sa réunification, celle-ci est accomplie, la jurisprudence de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe affirme d’une manière non ambiguë la souveraineté nationale recouvrée du peuple allemand et les droits du Bundestag. Cette façon d’être était inévitable et elle est tout à fait normale. La question que je pose est simplement de savoir si l’Allemagne ne définit pas ses intérêts de manière trop étroite, quasi « sollipsiste ». L’Allemagne par exemple peut-elle imposer à toute l’Europe une monnaie qui de toute évidence ne convient pas aux autres ? Est-il raisonnable de faire reposer sur l’OTAN seule la défense de l’Europe alors que les Etats unis se tournent de plus en plus vers l’Asie ? Avec le nouveau projet de traité européen dont les bases ont été posées le 9 décembre dernier, M. Sarkozy s’est engagé à réduire de cinq points de PIB, soit 100 milliards d’euros, notre déficit public à l’horizon 2016 : c’est la certitude d’une stagnation de longue durée,  la France n’est pas le brillant second de l’Allemagne. Elle devient une sorte de « Junior Partner » ! Ce n’est pas acceptable ! Finalement, la souveraineté nationale n’était pas une mauvaise invention. Comme disait le général de Gaulle, elle est l’art de rendre égales les choses inégales.       <br />
              <br />
       A mon sens nous n’avons jamais discuté sérieusement avec l’Allemagne de ce que pouvait être une Europe européenne, pour parler comme le Général de Gaulle. Ce ci explique pourquoi nous n’avons ni politique économique européenne commune ni politique énergétique, ni politique militaire (voir la question des armes nucléaires) ni politique extérieure (voir l’Union pour la Méditerranée et la Lybie). Je crains que l’Allemagne, si elle mène une politique de « cavalier seul », n’agisse comme accélérateur du déclin européen au plan démographique, économique, diplomatique et même moral avec la vogue de l’idéologie de la peur qui a fleuri Outre Rhin (principe de précaution, « heuristique de la peur », « société du risque », etc.) et qui n’est pas sans rencontrer d’échos de ce côté-ci.       <br />
              <br />
       (1) <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/Sortir-la-France-de-l-impasse_a1221.html">Sortir la France de l'impasse</a> (2011, Fayard)       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Philippe Cohen</span>       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.marianne2.fr/Chevenement-On-fait-comme-si-la-France-ne-pouvait-qu-emboiter-le-pas-a-l-Allemagne_a214088.html">Marianne2.fr</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/Il-faut-sortir-des-sentiers-balises-par-le-Traite-de-Maastricht-il-y-a-20-ans_a1332.html">Lire la 2nde partie de l'entretien à Marianne2.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/On-fait-comme-si-la-France-ne-pouvait-qu-emboiter-le-pas-a-l-Allemagne_a1330.html" />
  </entry>
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   <title>"Vers une monnaie commune"</title>
   <updated>2011-11-17T10:01:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Vers-une-monnaie-commune_a1270.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2011-11-17T09:59:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal Sud Ouest, jeudi 17 novembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3440147-4950265.jpg?v=1321520419" alt=""Vers une monnaie commune"" title=""Vers une monnaie commune"" />
     </div>
     <div>
      <b>Un accord avant le premier tour avec François Hollande est-il envisageable?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement:</b> J'apprécierai le moment venu. Tout candidat peut, par définition, se retirer. Y compris François Hollande s'il devait par exemple être moins bien placé que moi (sourire).       <br />
              <br />
       Nous entrons dans une période de crise majeure. Il faut donner un sens à tout cela. Or l'horizon de Nicolas Sarkozy se limite au maintien du triple A. Et François Hollande peine à s'évader de cette logique purement budgétaire. D'où mon engagement. Il sera difficile de me faire entendre. On m'attaque déjà sur le 21 avril 2002, mon appartement… Cela ne m'effraie pas.       <br />
              <br />
       <b>Que pensez-vous de l'accord entre le PS et EELV sur le nucléaire?</b>       <br />
       Infaisable. Cela revient à mettre 250 milliards d'euros en l'air. Et suppose de revenir aux chaudières à gaz et à charbon alors que les émissions de CO2 explosent. Le fameux audit sur l'EPR de Flamanville n'ira pas loin. François Hollande a conclu un accord politique qu'il nuancera s'il est élu avec une majorité élargie. Il a montré une fermeté certaine sur l'EPR. Il ne pouvait faire moins, tant celui-ci est vital pour nos exportations.       <br />
              <br />
       Entre ce qu'elle nous rapporte à l'export et les économies qu'elle nous procure, la filière nucléaire pèse 12 milliards d'euros par an. Ce n'est pas sérieux de vouloir la démanteler quand le problème numéro un du pays est le déficit de 75 milliards de la balance commerciale.       <br />
              <br />
       Il y a urgence à réindustrialiser le pays. J'avais démissionné de mon poste de ministre de l'Industrie en 1983 parce que le gouvernement n'allait pas dans ce sens. Aujourd'hui, cette idée s'impose.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Comment voyez-vous l'avenir de la zone euro?</b>       <br />
       Si Nicolas Sarkozy était parvenu à convaincre à temps Angela Merkel de transformer la Banque centrale européenne en moteur, on aurait pu garder la monnaie unique avec un gouvernement économique européen. Et en faisant un petit pas vers le fédéralisme. Cela aurait été la meilleure solution. Mais l'Allemagne avance trop lentement vers cela. Et les événements se précipitent. L'arbre grec cachait la forêt italienne. Si l'Italie tombe malade, la contagion à la France sera immédiate.       <br />
              <br />
       Je pense que nous serons contraints d'appliquer tôt ou tard le plan B. À savoir une mutation organisée de l'euro de son statut actuel de monnaie unique vers celui de monnaie commune. L'euro servant aux grands échanges internationaux et chaque pays revenant en interne à une monnaie propre, fluctuante et renégociée chaque année au niveau européen.       <br />
              <br />
       Derrière cette situation se pose le problème majeur de la souveraineté et de la démocratie. Va-t-on construire une Europe post-démocratique, où les dirigeants seront désignés par l'urgence budgétaire comme c'est déjà le cas en Italie et en Grèce ? Jean-Claude Trichet est-il le futur Premier ministre de la France ? (sourire) Se dirige-t-on vers un fédéralisme coercitif, imposant à la France la fin de sa souveraineté, de sa force de dissuasion, de la gestion de son budget et de ses impôts ?       <br />
              <br />
       <b>Quelles sont vos solutions?</b>       <br />
       Une monnaie moins chère, une mobilisation pour faire redécoller la croissance en réindustrialisant le pays, un retour à la souveraineté nationale et la mise en place d'une Europe réaliste. Le pire pour la France serait de rester collée à une mini-zone européenne à l'euro fort. En réalité, au mark.       <br />
              <br />
       ----       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.sudouest.fr/2011/11/17/vers-une-monnaie-commune-555142-710.php">Sud Ouest</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Vers-une-monnaie-commune_a1270.html" />
  </entry>
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   <title>Crise: les dirigeants européens ne "trouvent que des rustines" (Chevènement)</title>
   <updated>2011-10-24T19:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Crise-les-dirigeants-europeens-ne-trouvent-que-des-rustines-Chevenement_a1234.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/3379578-4855774.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-10-24T19:42:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, lundi 24 octobre, 19h35     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3379578-4855774.jpg?v=1319478512" alt="Crise: les dirigeants européens ne "trouvent que des rustines" (Chevènement)" title="Crise: les dirigeants européens ne "trouvent que des rustines" (Chevènement)" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a estimé lundi que les dirigeants européens ne trouvaient &quot;que des rustines&quot; à la crise de la dette et jugé possible une explosion de la zone euro.       <br />
              <br />
       Dans un entretien au site internet de la chaîne Public Sénat (publicsenat.fr), M. Chevènement estime que les dirigeants européens &quot;ne trouvent que des rustines&quot; à la crise et &quot;travaillent en aveugles. Ils ne voient pas que la crise de l’euro procède de son vice constitutif : la monnaie unique a juxtaposé des économies trop différentes par leur structure et la culture des peuples concernés&quot;.       <br />
              <br />
       Interrogé sur la possibilité d'une explosion de la zone euro, l'ancien ministre la juge possible. &quot;Très peu de gens réalisent que c’est un risque bien réel. Il faut imaginer les solutions&quot;, fait-il valoir, proposant notamment &quot;le recours à la Banque centrale, ou à défaut, la transformation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Si la Grèce fait défaut et reprend sa liberté monétaire, on aura accompli un premier pas dans cette direction. On pourrait garder l’euro comme toit européen commun, c’est-à-dire un panier de monnaies pour les échanges internationaux. Puis, cette monnaie commune pourrait accueillir la Grande-Bretagne ou les pays du sud de la Méditerranée. Puis, il faut penser l’après-crise&quot;, détaille-t-il.       <br />
              <br />
       Sur la crise de la dette, dit-il, &quot;il y a une porte de sortie possible, c’est celle qui a été proposée par la France, à savoir l’adossement du Fond européen de stabilité financière (FESF) à la BCE&quot;, &quot;c’est le seul moyen de casser la spéculation. Malheureusement, Mme Merkel et M. Trichet l’ont écartée&quot;.       <br />
              <br />
       Pour le sénateur de Belfort, &quot;la politique d’austérité à perpétuité qu’on propose aux Etats en difficulté ne peut déboucher que sur la récession et l’aggravation de la situation&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Crise-les-dirigeants-europeens-ne-trouvent-que-des-rustines-Chevenement_a1234.html" />
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   <title>"Il faut que la France équilibre le poids de l'Allemagne par une initiative européenne de croissance"</title>
   <updated>2011-01-17T12:23:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Il-faut-que-la-France-equilibre-le-poids-de-l-Allemagne-par-une-initiative-europeenne-de-croissance_a1061.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2011-01-17T12:22:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l'émission "En route vers la présidentielle" sur Radio Classique et iTélé lundi 17 janvier. Il répondait aux questions de Guillaume Durand et de Mickaël Darmon.      <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2621620-3699548.jpg?v=1295262375" alt=""Il faut que la France équilibre le poids de l'Allemagne par une initiative européenne de croissance"" title=""Il faut que la France équilibre le poids de l'Allemagne par une initiative européenne de croissance"" />
     </div>
     <div>
      L'émission est podcastée ci-dessous
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
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   <title>La France à la reconquête de son destin (vidéo)</title>
   <updated>2010-07-03T18:18:00+02:00</updated>
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   <category term="Actualités" />
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   <published>2010-07-02T12:18:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Voici la vidéo du discours de clôture de Jean-Pierre Chevènement au Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Paris, dimanche 27 juin 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      Le texte de cette intervention est <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/La-France-a-la-reconquete-de-son-destin_a974.html">disponible ici</a>.       <br />
              <br />
       Vous pouvez également retrouver cette vidéo chapitrée en six parties sur <a class="link" href="http://www.youtube.com/user/jpchevenement#grid/user/438C315CBFB55FDC">YouTube</a>, <a class="link" href="http://www.dailymotion.com/playlist/x1cubo_jpchevenement_congres-mrc-2010">Dailymotion</a> et <a class="link" href="http://www.facebook.com/jpchevenement?v=app_2392950137">Facebook</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>La France à la reconquête de son destin</title>
   <updated>2010-07-02T12:21:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/La-France-a-la-reconquete-de-son-destin_a974.html</id>
   <category term="Grands textes" />
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   <published>2010-06-27T12:41:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Discours de clôture de Jean-Pierre Chevènement au Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Paris, dimanche 27 juin 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2190927-3054361.jpg?v=1476647029" alt="La France à la reconquête de son destin" title="La France à la reconquête de son destin" />
     </div>
     <div>
      Dans moins de deux ans d’ici, l’élection présidentielle qui est, dans le système politique français, l’élection primordiale, « la mère des batailles » en quelque sorte, nous donnera, si nous le voulons, l’occasion de peser pour redonner à notre pays, non pas un futur comme aujourd’hui, mais un avenir.       <br />
              <br />
       Le MRC est avant tout une ligne politique, indissociablement au service du monde du travail et au service de la France, continue dans la durée, à la fois cohérente et exigeante, ambitieuse enfin pour la République et pour la nation. Je vous parlerai de la crise qui est devant nous, des perspectives qu’elle offre à notre projet et enfin des moyens que nous avons de peser d’ici 2012 et après.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – La crise</b>       <br />
              <br />
       Elle est fondamentalement celle du capitalisme financier dont nous avons combattu la mise en place en France et en Europe, dès 1983. Elle est aussi la crise de la monnaie unique, celle de l’euro que nous avions prévue depuis la création de celui-ci en 1992 par le traité de Maastricht. Il n’y avait pas besoin d’être grand clerc pour deviner que l’abandon de la souveraineté monétaire à une Banque Centrale européenne indépendante, copiée sur le modèle allemand de la Bundesbank, conduirait à des tensions insupportables dans une Europe faite de nations diverses, aux structures économiques et aux cultures différentes, et aux politiques économiques souvent divergentes.       <br />
              <br />
       A ce pari fou sur une convergence économique improbable des nations dans la zone euro, nous avons dès le départ manifesté une opposition solidement argumentée, non pas contre l’Europe mais pour une Europe des peuples avec leurs nations et non pas sans elles, voire contre elles. L’heure des comptes est arrivée. L’arrogance de nos élites bien-pensantes perd déjà de sa superbe.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(La vidéo intégrale du discours)</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.chevenement.fr/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="104896" data="http://www.chevenement.fr/v/34b1bb00f2c040992badafe7acaf022216d74942" width="432" height="243"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/34b1bb00f2c040992badafe7acaf022216d74942"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      1.	La crise du capitalisme financier est inséparable de la déréglementation néolibérale mise en oeuvre dans le monde anglo-saxon d’abord par Mme Thatcher et M. Reagan, en Europe ensuite en vertu des traités européens et particulièrement de l’Acte Unique de 1987. Au nom de la « concurrence », trois cents directives européennes ont interdit les politiques industrielles et cassé les services publics. La seule régulation admise était celle du capital dont la liberté de mouvement, y compris vis-à-vis des pays tiers, a été consacrée le 1er janvier 1990. Tout le pouvoir aux actionnaires !        <br />
              <br />
       Leurs exigences de rentabilité ont fini par commander tous les choix économiques. Les délocalisations industrielles s’ensuivirent. L’épargne française s’est envolée à l’étranger, les capitaux investis à l’extérieur passant de 80 milliards d’euros en 1982 à 880 milliards en 2006, soit onze fois plus. Les effectifs employés dans l’industrie française ont fondu dans le même temps de 6 millions à 3,5 millions. Une quasi stagnation industrielle a marqué les deux dernières décennies, installant notre pays dans un chômage de masse (10 %), frappant particulièrement les jeunes (20 %).       <br />
              <br />
       Le capitalisme financier à l’anglo-saxonne est entré, depuis 2007, dans une crise de longue durée. Il a vu son principe se retourner contre lui avec la crise des subprimes. L’Hyperpuissance américaine, qui soutient le capitalisme financier comme la clé de voûte la cathédrale, s’est enlisée militairement et financièrement. Obama solde les comptes de G.W .Bush.       <br />
              <br />
       Dès le 4 septembre 2001, <a class="link"  href="https://www.chevenement.fr/Discours-de-Vincennes_a30.html">je vous avais dit à Vincennes</a> : « Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ce sont les nations et les peuples qui font la permanence de l’Histoire ». Nous y sommes. Notre motion d’orientation fait une large place à l’analyse de cette crise que nous avions vu venir depuis longtemps, et en particulier à la situation de l’Europe prise en étau dans les tenailles du G2, ou si vous préférez de la « Chinamérique », je veux dire l’alliance objective des Etats-Unis, dont la monnaie - le dollar - est aussi la monnaie mondiale, et de la Chine qui a bâti sa croissance, tirée par l’exportation, sur l’exploitation par les multinationales d’une immense armée de réserve industrielle dont la qualité est d’ailleurs indéniable.        <br />
              <br />
       Le centre de gravité du monde a glissé vers le Pacifique. L’Europe est devenue un continent périphérique. Le traité de Lisbonne a achevé de la réduire à l’impuissance, à travers un mécanisme décisionnel opaque et inopérant. Quel échec  tous égards pour les prophètes de Maastricht !       <br />
              <br />
              <br />
       2.	La crise de l’euro manifeste la fragilité pour ne pas dire l’absurdité d’une construction européenne fondée sur la négation des nations et de leur irréductible diversité. Les marchés financiers s’en prennent au maillon faible, c’est-à-dire aux Etats de la zone euro, à commencer par ceux qui sont les plus endettés. Il est loin le temps où le général de Gaulle déclarait « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».       <br />
              <br />
       Invité à une émission de télévision, en février 2009, le Président de la République déclarait : « J’observe tous les jours l’évolution de ce qu’on appelle les « spreads », les primes de risque sur un certain nombre de pays. » Monnaie unique ou pas, la pression des marchés financiers recrée, non plus entre les monnaies mais entre les Etats, les tensions que reflétaient autrefois – avant 1999-, les parités monétaires affrontées à la spéculation. Quel désaveu pour cette monnaie unique, dès le départ mal pensée !       <br />
              <br />
       L’erreur initiale de la monnaie unique conçue à Maastricht et même avant, dès 1989, a été de faire comme si les nations n’existaient pas. La souveraineté monétaire de chaque pays a été transférée à une instance déconnectée du suffrage universel, la Banque Centrale Européenne indépendante, sans qu’ait été mis en place un gouvernement économique de la zone euro dont le rôle eût été de ne pas laisser se creuser les écarts de compétitivité entre les différents pays et d’ouvrir à tous un sentier de croissance partagé. Le mot « gouvernement économique » semble aujourd’hui accepté, y compris par Mme Merkel mais les interprétations divergent du tout au tout quant à son contenu.       <br />
              <br />
       Le Fonds européen de stabilisation financière, mis en place le 9 mai dernier, n’est pas un remède suffisant à la crise de l’euro. J’observe en effet que contre l’avis initial de la France, l’Allemagne a obtenu que chaque pays ne garantisse les futures levées d’argent qu’à hauteur de sa contribution au Fonds.       <br />
              <br />
       Le refus de la solidarité financière des Etats pour la mise en œuvre de plans de sauvetage éventuels est une grave faute. Un tel dispositif, en cas de crise grave, favorisera le creusement d’écarts de taux entre les différents pays. Bref, il aggravera la crise ! L’Europe navigue sur un volcan ! Ces Etats peuvent être acculés à la faillite par la pression des marchés. La responsabilité de tous ceux qui ont soutenu le traité de Maastricht et encore hier approuvé le traité de Lisbonne est engagée. « l’autocritique doit être partagée » entre le PS et l’UMP. Pour autant je ne pense pas qu’il faille faire la politique du pire en prenant par avance son parti du défaut possible de tel ou tel pays et de l’éclatement de la zone euro. La monnaie unique est devenue réalité. Elle a coûté beaucoup de sacrifices. Mais elle a eu aussi beaucoup d’inconvénients : un euro trop fort pénalise nos exportations et favorise les délocalisations industrielles. Certes, là où la BCE avait échoué : obtenir une parité un peu plus réaliste, la crise actuelle a provisoirement réussi mais la méthode n’est pas satisfaisante ! Elle est même franchement insuffisante. Nous sommes partisan de défendre la zone euro dans son intégrité mais en changeant les règles du jeu, en introduisant par exemple la croissance et l’emploi parmi les objectifs de la BCE. Le modèle américain, quoi ! Or, un concours de plans de rigueur s’organise dans toute la zone euro sous la pression des marchés financiers et à l’initiative de Mme Merkel. Il est sans doute nécessaire de responsabiliser les Etats. Solidarité de l’Europe et responsabilité des Etats sont deux principes qui doivent aller de pair.       <br />
              <br />
       Mais on ne peut raisonnablement demander à la Grèce de réduire son déficit de 13,6 % de son PIB en 2009 à 3 % d’ici à 2013. L’Irlande a de même un déficit de 13,4 %, le Portugal de 9,4 %, l’Espagne de 11,2 %. La purge imposée à ces pays, blocage voire diminution des salaires et des retraites à la clé, n’a aucune chance de réussir en si peu de temps.       <br />
              <br />
       En France, les engagements pris – réduire de 100 milliards notre déficit budgétaire d’ici 2013 - risquent de casser la reprise. Il eût fallu distinguer la bonne dette et la mauvaise : la bonne qui prépare l’avenir à travers l’investissement, et la mauvaise qui couvre les frais de fonctionnement et qu’il faut effectivement supprimer. Mais tout cela ne peut se faire sur le dos du monde du travail. Une réforme fiscale de grande ampleur s’impose. On ne peut pas non plus, pour équilibrer nos régimes de retraites mais aussi pour calmer les marchés financiers, remettre en cause la conquête essentielle qu’a été pour la classe ouvrière la retraite à soixante ans. L’espérance de vie pour les ouvriers est de sept ans inférieure à la moyenne. Nous demandons que pour les ouvriers de l’industrie, l’âge de départ à la retraite soit maintenu à soixante ans. Ce sera une bonne manière de revaloriser à la fois le travail et l’industrie.       <br />
              <br />
       Joseph Stiglitz l’a dit clairement « Si l’Union européenne continue dans la voie d’un plan coordonné d’austérité, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années trente, que ce n’est pas ce qu’il faut faire ! ». Le pronostic de Joseph Stiglitz pour la monnaie unique est pessimiste. Je le cite « Pour Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s’ils ont intérêt à poursuivre le plan d’austérité imposé par le FMI et par Bruxelles, ou au contraire, à redevenir maîtres de leur politique monétaire. » Le Président de la BCE a déclaré qu’il n’avait pas de plan B. Est-ce prudent ? Je ne le crois pas. Il faut préparer un plan B. Il n’est pas nécessaire de le dire. Mais il faut le faire.       <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a fait malheureusement à Mme Merkel deux concessions majeures en acceptant :       <br />
              <br />
       -	que le droit de vote d’un pays au sein du Conseil européen puisse être suspendu pour laxisme, en contravention avec les traités existants ;        <br />
       -	que la coordination économique et budgétaire s’opère au niveau de l’Union à vingt-sept, et pas au niveau des seize pays qui ont adopté la monnaie unique où se pose justement ce problème, les onze autres pays qui ont gardé leur monnaie pouvant procéder à des ajustements monétaires.       <br />
              <br />
       Même suivisme pour constitutionnaliser l’interdiction du déficit budgétaire. Cette reculade est inquiétante. M. Trichet a proposé un « fédéralisme budgétaire » qui priverait les Parlements nationaux de leur prérogative essentielle : le vote du budget de la nation. Ce n’est pas ainsi qu’on remédiera au déficit démocratique des institutions européennes.       <br />
              <br />
       Nous ne saurions accepter l’idée d’un visa préalable de la Commission européenne sur les budgets nationaux. C’est le Parlement qui vote le budget et personne d’autre. Monsieur Trichet sort de son rôle quand il parle de « fédéralisme budgétaire ». Ce discours ne peut avoir qu’un sens : soustraire à la délibération des Parlements l’élaboration des budgets. C’est une remise en cause fondamentale de la démocratie. Parler de fédéralisme relève de l’intoxication.        <br />
              <br />
       Celui-ci est impraticable : le budget européen dépasse à peine 1 % du PIB européen. Le taux moyen des prélèvements obligatoires en Europe est d’environ 40 %. Le mot « fédéralisme » dissimule en réalité la volonté de priver les peuples de toute possibilité d’expression et d’influence politique.       <br />
              <br />
       Ce qui serait raisonnable ce serait un processus itératif : le Conseil européen approuverait un cadre général de prévisions macroéconomiques, éventuellement ventilé par pays. Il reviendrait aux Parlements nationaux de délibérer et d’établir une programmation, d’ailleurs révisable, des recettes et des dépenses. En cas de désaccord, le Conseil européen chercherait à dégager un compromis, à charge par le gouvernement concerné de le faire ratifier par son Parlement. Il s’agirait donc d’un document de programmation concernant l’évolution de l’économie dans son ensemble aussi bien que celle des Finances publiques. Les parlements continueraient, dans ce cadre, à voter le budget.       <br />
              <br />
       Le gouvernement allemand devrait être incité à infléchir sa politique en relâchant la pression qu’il exerce notamment sur l’évolution des normes salariales. Sans doute est-ce là d’abord l’affaire du patronat et des syndicats. Mais dans le passé le gouvernement allemand n’a-t-il pas impulsé des plans comme l’Agenda 2010 ou les différents plans Harz, du nom du conseiller économique de M. Schröder ?       <br />
              <br />
       De même, la BCE devrait-elle être encouragée à ouvrir davantage le robinet monétaire, en prenant en pension, en cas de besoin manifeste et comme elle l’a déjà fait occasionnellement pour les titres de l’Etat grec, les titres d’emprunt d’Etat de façon à stopper la spéculation. Il y a là un vrai mécanisme de solidarité européenne défensive. Sur ce sujet, il est important qu’un accord intervienne entre la France et l’Allemagne avant le remplacement de M. Trichet à la tête de la BCE. M. Axel Weber, président de la Bundesbank, s’il est nommé à la place, doit l’être sur la base d’un contrat. La cohésion franco-allemande est sans doute nécessaire, mais elle ne saurait se confondre avec l’alignement !       <br />
              <br />
       On ne peut que regretter rétrospectivement le projet de monnaie commune soutenu en 1990 par la Grande-Bretagne, dit encore « hard écu », la monnaie commune ayant cours vers l’extérieur et laissant subsister, à l’intérieur, des monnaies nationales inconvertibles autrement qu’à travers un accord politique fixant leur parité par rapport à la monnaie commune. Ce système simple permettait, sous un « toit européen » commun, les ajustements monétaires rendus nécessaires par les évolutions divergentes que le pacte de stabilité de 1997, rudimentaire et arbitraire, n’a pas permis d’empêcher et qu’on ne pourra jamais empêcher, car ils sont enracinés dans les comportements nationaux façonnés par des siècles d’Histoire.       <br />
              <br />
              <br />
       La situation st aujourd’hui gravissime. Après la Grèce, ce peut être le tour d’un grand pays comme l’Espagne et ensuite le détricotage de toute la zone euro. Nous devons nous préparer à toutes les hypothèses en nous efforçant d’approfondir le dialogue avec l’Allemagne et d’élaborer des positions communes, y compris des scénarios alternatifs.        <br />
              <br />
       Nous savons ce que nous ne voulons pas : il ne serait pas réaliste et même franchement contraire à l’intérêt national de vouloir redécouper la zone euro pour en exclure les pays autrefois désignés comme « pays du club Med ». La France ne pourrait pas accepter une union monétaire à cinq ou six avec l’Allemagne et le Benelux. Ce qui reste de notre industrie n’y résisterait pas. Ce serait inacceptable pour l’idée que nous nous faisons de l’Europe. Nous devrons le faire savoir à nos amis allemands. La zone euro doit être défendue dans ses limites actuelles. Il serait inacceptable de revenir à la conception d’un noyau dur à cinq (Allemagne-Benelux-France) tel que proposé en 1994.        <br />
              <br />
       Pouvons-nous faire confiance aux milieux dirigeants français, toutes tendances confondues, pour manifester une telle volonté ? Non, nous ne le pouvons pas ! Ils ont trop investi sur l’Europe de Maastricht et sur la monnaie unique. Leur orgueil nourrit leur aveuglement. Nos élites, comme dans les années trente, manquent de confiance en la France. Voilà pourquoi nous devons peser. Ici et maintenant !        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Notre projet</b>       <br />
              <br />
       Notre projet est clairement de refaire de la France un grand pays industriel et technologique. Pour cela nous n’avons aucune confiance dans ceux qui nous ont fourvoyés.  Combien d’emplois ont créés en France depuis dix ans les entreprises du CAC40 ? A ma connaissance, aucun. Elles se développent à l’étranger. Nos dirigeants manifestent tous les jours à quel point ils ne croient pas en l’avenir de la France. Et nous, nous voulons rendre confiance à la France et à sa jeunesse. Nous voulons rendre à la France une éthique républicaine exigeante, et avec elle sa fierté et son ambition.       <br />
              <br />
       C’est possible ! Nos atouts restent immenses et d’abord dans la formation, la recherche, l’innovation, et ensuite dans notre épargne, l’une des plus élevées du monde ! Ce qui manque c’est la volonté de créer un cadre propice à la valorisation des atouts de la France. Notre mot d’ordre est le même qu’en 1981 : d’abord l’emploi !       <br />
              <br />
       Nous disons non à la dictature de l’Argent ! Non à « l’acquisition de la valeur par l’actionnaire », comme disent nos financiers. Nous voulons faire la Révolution. Au sens étymologique du terme : remettre les choses à l’endroit. Faire passer le souci de l’Homme avant celui de la Finance.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas si difficile que cela :       <br />
              <br />
       -	Il nous faut d’abord une monnaie qui n’écrase pas notre compétitivité.       <br />
       -	Et nous devons imaginer et mettre en œuvre un contrôle public du crédit, afin de soustraire le développement de nos entreprises à la dictature du court terme et à la myopie de nos élites financières.       <br />
              <br />
       Voilà le projet de salut public qui éclaire nos quarante propositions.       <br />
              <br />
       Nous voulons une autre Europe, fondée sur la démocratie qui vit dans les nations. Nous voulons une ligue de peuples étendue jusqu’à la Russie. Nous devons organiser la « résilience » de l’Europe. Certes, les temps où l’Europe dominait le monde sont définitivement derrière nous. Nous nous réjouissons du développement légitime de grands pays milliardaires en hommes. Mais pas au prix de la destruction de notre industrie, de notre modèle social et de notre avenir !       <br />
              <br />
       Je suis persuadé qu’un projet commun peut réunir Paris et Berlin vers la Russie d’une part, vers la Méditerranée et l’Afrique d’autre part. Et ce projet européen peut associer Rome, Madrid, Varsovie, et d’ailleurs toutes les autres capitales européennes. C’est de la « résilience » de l’Europe qu’il s’agit, bref de la survie d’un ensemble de nations libres, démocratiques et que nous voulons maintenir prospères. Oui le moment approche où il faudra repenser ce que le mot « Europe » veut dire !       <br />
              <br />
       Il faut faire bouger les lignes. Que le vrai débat s’ouvre. Nos élites ne comprennent qu’un langage : celui des rapports de forces. Nous sommes seuls ? Mais ouvrons les yeux : en Europe, les peuples n’acceptent pas la purge. Les Etats-Unis d’Obama non plus, qui ont besoin d’une locomotive européenne pour les aider à combler leurs déficits.        <br />
              <br />
       Regardons le calendrier : après 2012 en France, il y a en Allemagne 2013, l’échéance des élections générales ! Or, la gauche allemande reprend du poil de la bête, même si ses divisions entre le SPD, die Linke et les Verts constituent pour elle un handicap historique. Une France progressiste pourrait l’aider à surmonter ce handicap. Parions que de toute façon les évènements feront bouger les mentalités chez notre grand voisin. À condition que la France se tienne et qu’elle joue son rôle, celui de la nation forte qu’elle a été et qu’elle doit redevenir !       <br />
              <br />
       Je ne m’étends pas davantage sur notre projet : Il est de rendre la France exemplaire !       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Comment peser ?</b>       <br />
              <br />
       1. Comment d'abord mettre la France à la hauteur des formidables défis qui sont devant nous ?        <br />
              <br />
       Je ne dirai que peu de mots de Nicolas Sarkozy. Sa fonction n’est pas en cause. Il a été élu démocratiquement Président de la République. Mais c’est son projet, libéral, européiste et atlantiste que nous combattons. Il ne met pas la France sur la bonne pente. Nicolas Sarkozy peut être battu, mais il n’y a pas aujourd’hui d’alternative politiquement et intellectuellement construite : Le Parti socialiste reste prisonnier d’une vision libérale et européiste dépassée. Comme hier avec les Verts, au sein de la « gauche plurielle », l’alliance avec Europe Ecologie pose problème. Certes, sur divers sujets de société ou même de politique extérieure, et sur les questions environnementales, nous pouvons trouver des convergences ou des compromis avec cette formation, mais sa thématique (décroissance, sortie du nucléaire, rejet de la philosophie des Lumières, au nom de la contestation du « progrès »), tourne trop souvent le dos aux orientations d’une politique de salut public.       <br />
              <br />
       Comment, dans ces conditions, substituer une régulation politique à la dictature des marchés financiers, sinon en se tournant vers le peuple lui-même ? C’est tout simplement notre devoir, car il faut que notre peuple soit à nouveau rendu maître de son avenir.       <br />
              <br />
       2. Nous devons donc remédier à l’insuffisance de l’offre politique.        <br />
              <br />
       Non que les hommes ou les femmes qui prétendent à concourir soient médiocres.        <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a des défauts, mais il a aussi d’incontestables qualités, d’habileté et de pragmatisme. Cela ne suffit pas. Dominique de Villepin a beaucoup de qualités, mais il a aussi quelques défauts, par exemple d’avoir gardé sa carte à l’UMP.       <br />
              <br />
       Pouvons-nous nous tourner en confiance vers le PS ? Martine Aubry est une femme énergique. Elle donne le sentiment de savoir où elle va mais si son projet rencontrait le nôtre, elle ne nous marcherait pas sur les pieds tous les jours.        <br />
              <br />
       Je ne reviendrai pas sur les régionales où neuf de nos candidats, placés en position éligible et inamovible, aux termes mêmes de l’accord dûment paraphé par Martine et par moi-même, ont été purement et simplement éjectés entre les deux tours.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien sur les élections européennes où les conversations engagées ont tourné court, du fait du PS.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien sur les municipales où quand nous sommes en position forte, comme à Belfort, nous devons affronter une liste socialiste au premier tour. Encore, avec 13 % se désiste-t-elle au second tour pour la liste conduite par Etienne Butzbach qui l’avait nettement devancée au premier avec 33 % des voix.       <br />
              <br />
       Rien de tel aux sénatoriales, où le Président du Conseil général socialiste se maintient contre moi au deuxième tour bien que je l’aie devancé au premier. Cela ne m’a d’ailleurs pas empêché d’être élu contre le candidat de l’UMP, ce qui est normal, et contre celui du PS, ce qui ne l’est pas du tout.        <br />
              <br />
       Bref, le Parti socialiste ne nous tolère que lorsque cela lui est utile ou qu’il y est contraint. Autrement, il nous écrase. Il ne reconnaît pas la légitimité du débat qui nous oppose à lui sur maints sujets. Il est incapable d’une autocritique sérieuse, sur Maastricht par exemple ou sur 2002 où il nous transforme en bouc émissaire commode pour ne pas avoir à remettre en cause la ligne politique qui l’a conduit à la défaite. Il délaisse le social pour le sociétal et au point où il est parvenu, il transformerait volontiers la gauche en organisation caritative.       <br />
              <br />
       Dominique Strauss-Kahn, a de remarquables facilités intellectuelles. Comme Martine Aubry, je le connais bien. Nous avons eu longtemps des relations sympathiques. Sauf sur la politique industrielle, sur l’Europe dont, dans un rapport remis à Romano Prodi en 2004, il voulait faire une nation, thèse peu sérieuse pour un candidat potentiel à la Présidence de la République française, sauf enfin sur les plans de rigueur qu’il administre à la tête du FMI. Au sein de celui-ci, les Etats-Unis disposent d’une minorité de blocage. Etait-il si prudent de les introduire dans la bergerie européenne ? Et de mettre d’éventuels plans de sauvetage de l’euro sous tutelle américaine ?        <br />
              <br />
       Ségolène Royal est courageuse. Sa personnalité est charismatique. Elle n’a malheureusement pas respecté jusqu’au bout l’accord politique qui la liait à nous.        <br />
              <br />
       François Hollande est talentueux. C’est le meilleur orateur chez les socialistes. J’ajoute, à titre personnel, qu’il est très sympathique. Mais sur l’essentiel, ces quatre-là pensent la même chose. Ce sont des sociaux-libéraux. Ils ne voient rien, au-delà de l’horizon des marchés financiers. C’est embêtant.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien du Parti communiste et du Parti de gauche. Il faut d’abord qu’ils s’entendent sur la procédure.       <br />
              <br />
       3. Nous avions un moment envisagé, avec circonspection mais esprit d’ouverture, des primaires de toute la gauche. Elles n’auraient été possibles que sur la base d’un dessein à peu près partagé. Sinon le désistement n’aurait eu que le sens d’un ralliement. En sommes-nous là aujourd’hui ? Certainement pas. Il faut donc faire bouger les lignes !       <br />
              <br />
       Par ailleurs, il faudrait bien sûr un accord sur l’organisation de ces primaires. Mais les dirigeants du PS n’ont-ils pas commencé à vider eux-mêmes ces « primaires » de leur substance en passant par avance des pactes de désistement ? Pacte de Marrakech entre Dominique Strauss Kahn et Martine Aubry … Pacte du Boulevard Raspail où se sont rencontrées Ségolène Royal et Martine Aubry … François Hollande lui-même exprime sa crainte de passer pour un « diviseur » s’il se présente à ces primaires ! Bonjour l’ambiance !       <br />
              <br />
       Bref, les choses de ce côté là ne sont pas mûres … Il faudrait que sur tous les sujets de fond s’engage un débat fracassant !  Sinon ces primaires risquent de se résumer à une campagne médiatique arbitrée par les sondages.       <br />
              <br />
       Pouvons-nous changer la donne ?       <br />
              <br />
       4. Devant tant d’incertitudes, nous devons prendre nos résolutions.  Pour faire bouger les lignes et engager un débat sur le fond, le MRC doit se préparer à présenter un candidat républicain – je cite notre motion d’orientation. C’est la seule manière de faire que 2012 soit le début de la reconquête par la France de son destin.       <br />
              <br />
       La tâche est infiniment rude car la gravité de la situation financière va très vite mettre le salut public à l’ordre du jour. Ce n’est pas seulement une candidature républicaine qui fera bouger les lignes. Ce seront les évènements eux-mêmes. Pour préparer l’avenir d’une Europe des peuples, avec en son cœur une compréhension franco-allemande renforcée, il faut une France forte et une France capable de raisonner mondial. La crise du capitalisme financier mondialisé implique en effet une réponse mondiale. Notre meilleur allié aujourd’hui s’appelle Obama. Car le Président américain doit résorber les énormes déficits de la balance commerciale (700 milliards de dollars) et du budget général américain (12 % du PIB !).       <br />
              <br />
       Il ne le peut qu’à travers une croissance forte, non seulement aux Etats-Unis mais dans le reste du monde. Il doit pouvoir compter sur une France  capable de jouer son rôle de contrepoids en Europe, dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même. Car celle-ci réalise 60 % de son excédent commercial sur la zone euro. L’Allemagne aussi a ses problèmes. Elle connaît notamment une précarité grandissante. Une relance de la demande intérieure, y compris par la voie salariale, peut ranimer la croissance allemande. Bref un compromis européen est nécessaire à tous égards, y compris pour aider les Etats-Unis à surmonter leur crise.       <br />
              <br />
       Voilà le discours que devrait tenir un candidat républicain, animé d’une vision qui réponde à l’intérêt national mais plus largement encore à l’intérêt de l’Humanité tout entière dans cette période historique dangereuse où la guerre peut, comme dans toutes les périodes de crise, à tout moment, surgir à l’horizon.       <br />
              <br />
       5. Qui peut nous inspirer confiance dans ces circonstances difficiles ? Objectivement, il n’y a pas beaucoup d’hommes d’Etat à l’horizon. Certes on ne naît pas homme d’Etat. On le devient. Je suggère que nous ne prenions pas aujourd’hui de décision précipitée sur la personne du candidat républicain dont la France a besoin et que nous soutiendrons. Un candidat à la Présidence de la République peut être soutenu par un parti. Mais il ne peut être le candidat d’un parti. Pour ma part, vous le savez, je n’ai jamais été tenaillé depuis l’adolescence par l’envie rentrée de devenir Président de la République. Je n’ai pas calibré ma carrière en conséquence.       <br />
              <br />
       Je me suis borné à une fonction d’instituteur républicain, en quelque sorte, au sens étymologique du terme. Si je me suis résolu à être candidat en 2002, c’est pour témoigner d’une vision républicaine qui n’était portée par aucun autre. Je ne retire rien des vues que j’ai exprimées qui n’avaient en général que le défaut d’être prémonitoires. Sur l’Europe par exemple.       <br />
              <br />
       Je récuse évidemment le procès imbécile qui m’a été fait d’avoir fait perdre le candidat socialiste. Si 11 % des ouvriers seulement ont voté pour lui, ce n’est quand même pas la faute de Chevènement. Trêve donc de balivernes ! En démocratie il est légitime de porter le débat devant l’électeur.       <br />
              <br />
       Aujourd’hui, je ne veux rien exclure. Certes, je ne suis plus jeune. Mais l’expérience est irremplaçable. Depuis quarante ans, depuis le Congrès d’Epinay, j’ai vu qui était qui, qui faisait quoi. J’ai compris beaucoup de choses. Et je ne suis animé que par le souci de servir mon pays. J’observe qu’en 1917, Clemenceau avait soixante-dix-sept ans. Quelle leçon d’énergie il a laissée ! Celle-ci serait aujourd’hui bien nécessaire !       <br />
              <br />
       6. Quel profil d’ailleurs doit avoir un Président de la République par les temps qui courent ?       <br />
              <br />
       La hauteur de vues, c’est le principal.       <br />
       La volonté ensuite de rétablir dans l’Etat une stricte déontologie républicaine.        <br />
       Le souci enfin d’aller à l’essentiel, en laissant le Premier ministre gouverner et recevoir, par exemple, Thierry Henry.       <br />
              <br />
       Bref, du grand classique ! En outre, le souci de rassembler largement, sans sectarisme  et sans démagogie, car le Président de la République doit être « l’Homme de la Nation » et pas celui d’un parti. C’est ce qui est embêtant aujourd’hui : les institutions de la Vème République n’étaient pas faites pour être ainsi confisquées par deux partis. Il faudrait donner un peu d’air à tout cela ! Voilà pour le profil du candidat.       <br />
              <br />
       7. Le moment est-il venu de décider ? Chacun comprendra qu’il faut créer d’abord un espace politique. C’est là votre mission. Pour ma part, je porterai dans le pays le message de la République à chaque occasion       <br />
              <br />
       Comment créer cet espace politique ? Je ne vois qu’un moyen : convaincre nos concitoyens que ceux qui les ont fourvoyés depuis Maastricht, et même avant et jusqu’à Lisbonne en 2008, ne sont pas les mieux placés pour solliciter leur confiance. Faites donc entendre le langage de la vérité ! Vous le connaissez ! Faites connaître nos analyses et notre projet. Sachez que pour ma part, je suis disponible !  Alors, vous verrez, d'ici un an, vous ferez bouger les lignes. C’est ainsi que vous ferez revivre la République, que vous aiderez au grand retour de la France et que vous ouvrirez non pas un misérable futur, mais un bel avenir à notre jeunesse. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/La-France-a-la-reconquete-de-son-destin_a974.html" />
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  <entry>
   <title>Pour une Europe de la croissance et de la démocratie, avec les nations !</title>
   <updated>2010-06-30T21:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Pour-une-Europe-de-la-croissance-et-de-la-democratie-avec-les-nations-_a968.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2010-06-16T12:39:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention du sénateur Jean-Pierre Chevènement lors de la préparation du Conseil européen du 17 juin 2010 au Sénat, le 15 juin 2010.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2169294-3023193.jpg?v=1289480106" alt="Pour une Europe de la croissance et de la démocratie, avec les nations !" title="Pour une Europe de la croissance et de la démocratie, avec les nations !" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Le Monde</span> paru ce jour prête à François Mitterrand une maxime : « On ne dit pas non au Chancelier de l’Allemagne » que je n’ai jamais entendu dans sa bouche. Ce qui doit guider les dirigeants de la France, c’est l’intérêt de la France inséparable de l’intérêt européen, avec bien sûr le souci des compromis notamment avec son grand voisin.        <br />
              <br />
       Or, hier à Berlin, le Président de la République a fait de Madame Merkel deux concessions majeures en acceptant :       <br />
              <br />
       1.	que le droit de vote d’un pays au sein du Conseil européen puisse être suspendu pour laxisme, en contravention avec les traités existants ;       <br />
       2.	que la coordination économique et budgétaire s’opère au niveau de l’Union à vingt-sept, et pas au niveau des seize pays qui ont adopté la monnaie unique où se pose justement ce problème, les onze autres pays qui ont gardé leur monnaie pouvant procéder à des ajustements monétaires.       <br />
              <br />
       Certes la France est soumise à la pression des marchés financiers. Il est loin le temps où le général de Gaulle déclarait : « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».       <br />
              <br />
       Invité à une émission de télévision, en février 2009, le Président de la République déclarait : « J’observe tous les jours l’évolution de ce qu’on appelle les « spreads », les primes de risque sur un certain nombre de pays ».        <br />
              <br />
       Monnaie unique ou pas, la pression des marchés financiers recrée non plus entre les monnaies mais entre les Etats les tensions que reflétaient autrefois - avant 1999 – les parités monétaires affrontées à la spéculation. Quel échec !       <br />
              <br />
       L’erreur initiale de la monnaie unique conçue à Maastricht a été de faire comme si les nations n’existaient pas, avec leurs structures économiques différentes, leurs cultures spécifiques, et leurs politiques éventuellement divergentes. La souveraineté monétaire de chaque pays a été transférée à une instance déconnectée du suffrage universel, la Banque Centrale Européenne indépendante, sans qu’ait été mis en place un gouvernement économique de la zone euro dont le rôle eût été de ne pas laisser se creuser les écarts de compétitivité entre les différents pays et d’ouvrir un sentier de croissance partagé. Le mot « gouvernement économique » semble aujourd’hui accepté mais quel en est le contenu ? 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      Le Fonds européen de stabilisation financière, mis en place le 9 mai dernier, n’est pas un remède suffisant à la crise de l’euro. J’observe en effet que contre l’avis initial de la France, l’Allemagne a obtenu que chaque pays ne garantisse les futures levées d’argent qu’à hauteur de sa contribution au Fonds.        <br />
              <br />
       Le refus de la solidarité financière des Etats pour la mise en œuvre de plans de sauvetage éventuels est une grave faute. Un tel dispositif, en cas de crise grave, favorisera le creusement d’écarts de taux entre les différents pays. Comme je l’ai expliqué, le 3 juin, lors du débat sur la loi de finance rectificative, ce mécanisme sera profondément déstabilisateur.        <br />
              <br />
       A ce défaut de solidarité entre les Etats, s’ajoute le plan de rigueur mis en œuvre par le gouvernement allemand, le 7 juin dernier : 81 milliards d’euros d’économies sur quatre ans. S’il y a un pays qui, dans la zone euro, pouvait faire l’économie d’un plan de rigueur, c’était l’Allemagne, dont le faible déficit budgétaire à 5 % du PIB tient essentiellement à la conjoncture. Le plan allemand, venant s’ajouter aux plans de rigueur décidés simultanément presque partout ailleurs dans la zone euro, va rendre plus difficile la sortie de crise :       <br />
              <br />
       •	D’abord en accroissant la pression de la spéculation sur les enchères des dettes lancées par les autres pays, comme le manifeste déjà l’écart des taux entre l’Allemagne et la France.       <br />
       •	Ensuite en pesant sur une reprise économique que les institutions internationales ont révisée à la baisse pour ce qui concerne la zone euro : entre 0,2 % et 2,2 % en 2011. Or seule la croissance et d’importantes plus-values fiscales peuvent gommer les déficits. Les réductions de dépenses n’y suffiront pas.        <br />
              <br />
       •	Enfin et surtout, le différentiel de croissance avec les pays émergents accélèrera les délocalisations industrielles.       <br />
              <br />
       C’est dans ce contexte que va se tenir le Conseil européen le 17 juin. .       <br />
              <br />
       Plusieurs des mesures envisagées (réforme du pacte de stabilité ; renforcement de la discipline budgétaire) vont renforcer la pression pour la mise en œuvre de plans de rigueur massifs et simultanés. Derrière la prose amphigourique des projets de textes soumis au Conseil, on ne discerne aucun moyen concret d’ouvrir, à l’horizon 2020, une perspective pour la croissance et pour l’emploi, en dehors de la lancinante incitation à la « réforme structurelle du marché du travail ». On en connaît la signification : il s’agit d’introduire toujours plus de précarité dans le statut des travailleurs : contrats a durée déterminée, intérim, temps partiel, etc.       <br />
              <br />
       Sous la pression des marchés financiers, le Président de la République a annoncé une révision de la Constitution en vue d’y introduire, à l’exemple allemand, une disposition visant à supprimer le déficit budgétaire : je doute, Monsieur le Ministre, qu’il y ait une majorité des deux tiers des parlementaires pour introduire dans notre loi fondamentale une clause aussi rigide, qui interdirait tout ajustement ultérieur. Cette proposition ressemble à un couteau sans lame auquel manquerait le manche.       <br />
              <br />
       M. Copé déclarait il y a quelques jours, si j’en crois le journal <span style="font-style:italic">Le Monde</span> : « Il faut donner des gages aux Allemands ». C’est chose faite depuis hier : Le retrait aux pays dits « laxistes » de l’Union de leur droit de vote au Conseil des ministres est antidémocratique, blessant pour toutes les nations européennes et d’ailleurs contraire au texte des traités. Pour réformer ceux-ci, il faudrait l’unanimité ! Encore une fois le Président de la République agite un sabre de bois !        <br />
              <br />
       Certes on doit changer les règles du jeu dans la zone euro. Mais pas en transformant l’Union européenne en chiourme !       <br />
              <br />
       Toujours dans la même veine, M. Trichet a proposé un « fédéralisme budgétaire », qui priverait les Parlements nationaux de leur prérogative essentielle : le vote du budget de la nation. Ce n’est pas ainsi qu’on remédiera au déficit démocratique des institutions européennes. Certes M. Van Rompuy a tempéré : il ne s’agirait, selon lui, que « d’examiner les hypothèses retenues, les recettes et les dépenses, sans entrer dans les détails ».        <br />
              <br />
              <br />
       Tout cela est encore trop flou. S’il est évident qu’une coordination de politiques économiques dans leur ensemble et pas seulement des politiques budgétaires est nécessaire, se pose déjà la question du cadre : au niveau de la zone euro à seize, ou dans l’Europe à vingt-sept ? La réponse tombe sous le sens : il s’agit de donner une tête politique à l’euro. C’est donc au niveau de l’Eurogroupe que cette coordination indispensable devrait s’effectuer et non pas au niveau de l’Europe à vingt-sept, comme M. Sarkozy l’a accepté hier à Berlin. Bien sûr, on ne peut réviser les traités européens qu’à vingt-sept mais là n’est pas la priorité. On peut inventer en dehors des traités et ceux-ci peuvent être interprétés intelligemment. Ils prévoient d’ailleurs des coopérations renforcées. Enfin, il n’y a pas besoin d’inventer l’Eurogroupe : il existe déjà.        <br />
              <br />
       Les questions de mots ont leur importance : il ne s’agit pas de mettre en place une vague « gouvernance », mais un « gouvernement économique ». Fort bien ! Mais quel doit être son contenu ? Là est l’essentiel, Monsieur le Ministre.       <br />
              <br />
       Nous entendons trop parler de sanctions et même de sanctions préventives. Soyons sérieux : la répression ne doit pas être confondue avec la prévention – tous les ministres de l’Intérieur vous le diront -. Et le pacte de stabilité a montré son inadéquation, comme le cas de l’Espagne, qui satisfaisait aux critères, l’a montré.       <br />
              <br />
              <br />
       Venons-en aux propositions :       <br />
              <br />
       Ce qui serait raisonnable ce serait un processus itératif : le Conseil européen approuverait, sur proposition de la Commission, un cadre général de prévisions macroéconomiques, éventuellement ventilé par pays. Il reviendrait aux Parlements nationaux de délibérer et d’établir une programmation, d’ailleurs révisable, des recettes et des dépenses. En cas de désaccord, le Conseil européen chercherait à dégager un compromis, à charge par le gouvernement concerné de le faire ratifier par son Parlement. Il s’agirait donc d’un document de programmation concernant l’évolution de l’économie dans son ensemble aussi bien que celle des Finances Publiques. Les parlements continueraient, dans ce cadre, à voter le budget.       <br />
              <br />
       Le gouvernement allemand devrait être incité à infléchir sa politique en relâchant la pression qu’il exerce notamment sur l’évolution des normes salariales. Sans doute est-ce là d’abord l’affaire du patronat et des syndicats. Mais dans le passé le gouvernement allemand n’a-t-il pas impulsé des plans comme l’Agenda 2010 ou les différents plans Harz, du nom du conseiller économique de M. Schröder ?        <br />
              <br />
       De même la BCE devrait-elle être encouragée à ouvrir davantage le robinet monétaire, en prenant en pension, en cas de besoin manifeste, les titres d’emprunt d’Etat de façon à stopper la spéculation. Il y a là un vrai mécanisme de solidarité européenne défensive. Sur ce sujet, il est important qu’un accord intervienne entre la France et l’Allemagne avant le remplacement de M. Trichet à la tête de la BCE.       <br />
              <br />
              <br />
       La cohésion franco-allemande est nécessaire. Elle ne peut cependant se résumer à l’alignement d’un pays sur un autre. L’amitié va avec la franchise, celle-ci devant toujours s’exprimer avec le respect qu’inspire un grand peuple dont les réussites nous réjouissent. L’Europe a besoin de l’Allemagne mais, comme le suggérait déjà Wilhelm Röpke, en 1945, l’Europe doit aussi protéger l’Allemagne contre les tentations qui naissent de la conscience de son mérite, à ses yeux insuffisamment reconnu par les autres.       <br />
              <br />
       Un grand patron allemand, M. Gehrard Cromme, est venu à Paris le 1er juin dernier pour dire, je le cite : « Les Allemands doivent prendre les Français comme ils sont, et réciproquement. On ne les changera pas. Et ce sont précisément ces différences qui rendent notre coopération unique et notre capacité à faire des compromis si importante ». M. Cromme a vanté à juste titre la compétitivité allemande. Il a omis de mentionner le fait que l’excédent commercial allemand se réalise à 60 % sur les pays de la zone euro.       <br />
              <br />
       Il y a beaucoup de reproches que nous ne devons pas faire à l’Allemagne : elle défend légitimement ses intérêts, mais au-dessus des intérêts nationaux, et cela est vrai pour la France comme pour l’Allemagne, il y a un intérêt européen et même un intérêt encore supérieur, celui de l’humanité tout entière.       <br />
              <br />
       La baisse du cours de l’euro, qui ne doit malheureusement rien à l’action de la Banque centrale européenne, contribuera aussi à la compétitivité de l’Allemagne : un euro à 1,20 dollar est plus compétitif qu’un euro à 1,50. Cela dégage des marges pour la croissance et l’Allemagne doit bien considérer que l’euro n’est pas seulement la monnaie de l’Allemagne mais celle de quinze autres pays et potentiellement, à terme, celle de tous les pays de l’Union européenne qui voudront y adhérer. La zone euro n’a pas été une mauvaise affaire pour l’Allemagne. Ainsi vis-à-vis de la France, elle a quadruplé son excédent commercial qui atteint 20 Milliards d’euros soit 1 % de notre produit national brut ou encore 170 Milliards de francs contre 28 en 1982.       <br />
              <br />
       Beaucoup de nos concitoyens se demandent ce que veut réellement l’Allemagne : remodeler la zone euro pour en exclure les pays de l’Europe du Sud ? Ce serait la négation de l’Europe ! Et il vaut mieux dire dès maintenant à nos amis allemands que cette fracture serait pour nous inacceptable. Pour l’Europe et pour la France elle-même, dont l’industrie a souffert d’une monnaie trop forte, probablement parce que nous ne disposons pas des mêmes spécialisations que l’Allemagne sur des créneaux très porteurs, comme la machine-outil. Sans doute y a-t-il beaucoup à balayer devant notre porte pour muscler notre tissu productif et notamment développer les grosses PMI mais une grande zone euro prospère est dans l’intérêt de l’Allemagne elle-même.        <br />
              <br />
       Il faut des disciplines. Certes ! Mais il faut trouver le bon équilibre entre la responsabilité de chaque Etat et la solidarité qui doit s’exercer entre pays membres. L’Europe doit être une grande ambition partagée. Chaque pays européen doit y trouver son compte, à commencer par l’Allemagne et la France.       <br />
              <br />
       J’ai tout à fait confiance dans la capacité de dialogue qui peut s’instaurer de peuple à peuple. Mais cela donne à nos dirigeants de grands devoirs. Un peu de lucidité sur le passé : les règles du jeu de la monnaie unique sont à revoir ! Mais surtout une ferme résolution pour l’avenir : celui-ci n’est pas au fédéralisme mais à une meilleure coordination de nos politiques – et cela est déjà assez difficile -. Nous devons ainsi bâtir une Europe de la croissance et du progrès social. Avec les nations, cadres irremplaçables de la démocratie, et non pas contre elles, ou même simplement sans elles. C’est ce langage de vérité et de réalisme qui servira le mieux la cause de l’amitié franco-allemande à laquelle je suis profondément attaché et par conséquent celle de l’Europe.       <br />
              <br />
       La purge, Monsieur le Ministre, n’est pas une stratégie ! La France et l’Europe ont besoin d’un projet mobilisateur !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Pour-une-Europe-de-la-croissance-et-de-la-democratie-avec-les-nations-_a968.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Pour une Europe de la croissance et du progrès social</title>
   <updated>2010-06-03T17:43:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Pour-une-Europe-de-la-croissance-et-du-progres-social_a963.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2010-06-03T17:43:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention du sénateur Jean-Pierre Chevènement lors du débat du 3 juin 2010 sur le projet de loi de finances rectificative.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2142702-2984834.jpg?v=1289480105" alt="Pour une Europe de la croissance et du progrès social" title="Pour une Europe de la croissance et du progrès social" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Président, Madame et Monsieur les Ministres, Mes chers collègues,       <br />
              <br />
       La crise de la monnaie unique était prévisible, dès sa création par le traité de Maastricht en 1991. J’ai moi-même, en son temps, dénoncé le transfert de la souveraineté monétaire à une Banque Centrale européenne indépendante, entièrement déconnectée du suffrage universel et sans aucun pilotage politique. La monnaie unique était un canard sans tête. Cela sautait aux yeux en lisant le texte du traité. Aujourd’hui cela nous saute à la figure. La zone euro est une zone monétaire hétérogène, dépourvue d’un gouvernement économique capable de permettre aux Etats de coordonner leurs politiques. Pas seulement en matière budgétaire, mais aussi s’agissant de la dette des ménages et des entreprises, de l’évolution de l’investissement, de la compétitivité et donc de l’emploi, et enfin pour ce qui touche à la balance des paiements des pays concernés.        <br />
              <br />
       La monnaie unique souffre, par construction, de rigidités insurmontables puisque les ajustements ayant été rendus impossibles par la monnaie, doivent s’opérer par les salaires et les prix.       <br />
              <br />
       On ne peut que regretter rétrospectivement le projet de monnaie commune soutenu à l’époque par la Grande-Bretagne, dit encore « hard écu », la monnaie commune ayant cours vers l’extérieur et laissant subsister, à l’intérieur, des monnaies nationales inconvertibles autrement qu’à travers un accord politique fixant leur parité par rapport à la monnaie commune. Ce système simple permettait, sous un « toit européen » commun, les ajustements monétaires rendus nécessaires par les évolutions divergentes que le pacte de stabilité de 1997, rudimentaire et arbitraire, n’a pas permis d’empêcher.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les marchés financiers se déchaînent aujourd’hui contre les Etats réputés les plus laxistes et leur font payer cher le refinancement de leur dette, même si celle-ci a été contractée, hier, par eux comme par d’autres, pour renflouer les banques et relancer l’économie. Ces bons Samaritains ne sont pas payés de retour par les marchés, c’est-à-dire par la spéculation, ce système d’avidité qui ne s’est pas mis en place par hasard mais par l’effet de déréglementations successives depuis la libération des mouvements de capitaux, y compris vis-à-vis des pays tiers, sans harmonisation préalable de la fiscalité de l’épargne décidée en vertu de l’Acte unique de 1987 par une directive de la Commission européenne de 1988.       <br />
              <br />
       Après les 110 milliards d’euros accordés hier à la Grèce, on nous demande aujourd’hui de garantir 440 milliards d’euros pour une entité ad hoc, dite Fonds européen de stabilité financière, dont 111 à la charge de la France soit un peu plus de 25%.         <br />
              <br />
       Bien que la responsabilité de tous ceux qui ont soutenu le traité de Maastricht et encore hier approuvé le traité de Lisbonne soit engagée et « l’autocritique doit être partagée » comme l’a dit Monsieur Marini – je n’insisterai pas par délicatesse – je ne pense pas qu’il faille faire la politique du pire en prenant par avance son parti du défaut possible de tel ou tel pays et de l’éclatement de la zone euro. La monnaie unique est devenue réalité. Elle a coûté beaucoup de sacrifices et son symbole est fort. Mais elle a eu aussi beaucoup d’inconvénients : un euro trop fort pénalise nos exportations et favorise les délocalisations industrielles. Là où la BCE avait échoué : obtenir une parité un peu plus réaliste, la crise actuelle a provisoirement réussi mais la méthode n’est pas satisfaisante ! Je suis partisan pour ma part de défendre la zone euro dans son intégrité, afin d’éviter les « effets domino », mais en en changeant les règles du jeu.       <br />
              <br />
       Que nous proposez-vous par les articles 3 et 4 de ce projet de loi rectificative ?        <br />
              <br />
       D’abord un mécanisme européen de stabilité financière que nous pouvons approuver sous certaines réserves. Ensuite le relèvement du plafond de prêts de la France au FMI à hauteur de 21 milliards d’euros qui résulte des accords passés au sommet du G20 à Londres, le 2 avril 2009. Nous approuvons évidemment cette décision.        <br />
              <br />
       Mais vous nous proposez aussi implicitement un concours de plans de rigueur qui, mis bout à bout, ne peuvent conduire qu’à une récession généralisée. Nous ne pouvons cautionner cette orientation déjà mise en oeuvre.       <br />
              <br />
              <br />
       A)	 D’abord vous nous proposez un mécanisme européen de stabilité financière.       <br />
              <br />
       Un fonds ad hoc alimenté par les Etats à hauteur de 440 milliards d’euros, le F.S.E.F. (fonds européen de stabilité financière), sommes auxquelles viendraient s’ajouter 60 milliards d’euros du budget de l’Union européenne et 250 du FMI, selon la règle deux tiers, un tiers.       <br />
              <br />
       Après la Grèce, c’est le tour du Portugal et de l’Espagne de subir les assauts de la spéculation. L’Espagne c’est un gros morceau : 10 % du PIB de la zone euro, trois fois l’endettement de la Grèce. Il faut bien évidemment défendre l’appartenance de l’Espagne à la zone euro. Notre solidarité ne doit pas faire défaut.       <br />
              <br />
       Nous sommes cependant fondés à poser quelques questions.        <br />
              <br />
       1.	Quel sera la durée des prêts garantis ? J’ai entendu dire cinq ans avec trois ans en franchise de remboursement. Etes-vous sûr que des pays très endettés pourront rembourser sous ce bref délai ?        <br />
              <br />
       2.	Est-il exact que l’Allemagne ne veut accorder sa garantie que tranche par tranche et sur la base des fonds qu’elle lèvera elle-même, bref de sa propre crédibilité ? Un tel dispositif ne risque-t-il pas de faire le jeu de la spéculation en accroissant les écarts de taux d’intérêt auxquels les différents pays prêteurs pourront emprunter sur le marché ? N’y aurait-il pas là un mécanisme accélérateur plutôt que stabilisateur ?       <br />
              <br />
       3.	Si les garanties demandées par un pays en difficulté devaient être honorées, cela ne resterait pas sans incidence sur l’équilibre budgétaire et sur l’endettement public. L’article 2 ne trompera que ceux qui veulent bien se laisser tromper.       <br />
              <br />
       4.	Quatrième question : Pourquoi le gouvernement français a-t-il critiqué l’Allemagne quand celle-ci a, à juste titre à mon sens, interdit le principe des ventes à découvert ?        <br />
              <br />
       Les sénateurs du groupe RDSE n’ont pas d’objection quant au déblocage éventuel sur décision du Conseil européen, des 60 milliards d’euros actuellement disponibles sur le budget européen, en vertu de l’article 122-2 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Je constate simplement que l’article 125 du même traité de Lisbonne qui proscrivait l’entraide mutuelle des Etats est passé à la trappe. Tout comme l’interdiction faite à la Banque Centrale européenne d’acheter des titres de dette émis par les Etats, comme le font déjà depuis un an le Federal Reserve Board et la Banque d’Angleterre. Je m’en réjouis. Ces coups de canif dans l’orthodoxie me paraissent aller dans le bons sens.       <br />
              <br />
       5.	Je m’interroge toutefois – c’est ma cinquième question - sur la mise en vigueur des concours du FMI. La zone euro n’a-t-elle pas accepté la tutelle du FMI ? Chaque fois que la zone euro devra faire appel à la solidarité de ses membres, le FMI interviendra pour moitié. C’est lui qui pilotera le programme d’ajustement. Une quarantaine de parlementaires américains se sont émus d’un tel déploiement de moyens en faveur de la zone euro (250 milliards contre 180 accordés aux pays les plus fragiles depuis le début de la crise). Ils ont demandé que le Conseil d’Administration du FMI où les Etats-Unis disposent d’une minorité de blocage (17 %) soit saisi à chaque intervention du FMI pour le sauvetage d’un pays de la zone euro. N’y a-t-il pas là un droit de regard accordé aux Etats-Unis qui n’ont pas forcément intérêt à laisser s’apprécier le dollar par rapport à l’euro ? Il ne faudrait pas que le remodelage de la zone euro soit l’objectif des Etats-Unis pour pousser l’euro vers le haut. Sous réserve des explications que vous nous fournirez, j’approuve, Monsieur le Ministre, le dispositif de soutien financier que vous nous proposez. Je le fais par réalisme et sans illusion excessive.       <br />
              <br />
              <br />
       B)	Mais ce que je ne puis approuver c’est l’envers de la médaille, c’est-à-dire le concours de plans de rigueur qui s’organise dans toute la zone euro sous l’impulsion de Mme Merkel. Il est sans doute nécessaire de responsabiliser les Etats. Solidarité de l’Europe et responsabilité des Etats sont les deux principes qui doivent guider notre action.       <br />
              <br />
       Mais on ne peut raisonnablement demander à la Grèce de réduire son déficit de 13,6 % de son PIB en 2009 à 3% d’ici à 2013. L’Irlande a de même un déficit de 13,4 %, le Portugal de 9,4 %, l’Espagne de 11,2 %. La purge imposée à ces pays, blocage voire diminution des salaires et des retraites à la clé, n’a aucune chance de réussir en si peu de temps.       <br />
              <br />
       Elle sera contre-productive. J’observe le scepticisme de M. Marini. Joseph Stiglitz l’a dit clairement « Si l’Union européenne continue dans la voie d’un plan coordonné d’austérité, elle court au désastre. Nous savons depuis la Grande Dépression des années trente que ce n’est pas ce qu’il faut faire ! ».       <br />
              <br />
       Le pronostic de Joseph Stiglitz pour la monnaie unique est pessimiste. Je le cite « Pour Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s’ils ont intérêt à poursuivre le plan d’austérité imposé par le FMI et par Bruxelles, ou au contraire, à redevenir maîtres de leur politique monétaire. » Le Président de la BCE a déclaré qu’il n’avait pas de plan B. Est-ce prudent ? Je ne le crois pas. Il faut préparer un plan B. Il n’est pas nécessaire de le dire. Mais il faut le faire.       <br />
              <br />
       S’agissant de la France, pouvez-vous sérieusement proposer, comme s’y était engagé M. Woerth de réduire de 7,5 % à 3 % du PIB le déficit budgétaire d’ici 2013, soit de 90 milliards ? J’élève au passage une vive protestation contre le gel des dotations de l’Etat aux collectivités locales. Est-il raisonnable, comme le propose le Président Sarkozy, d’inscrire la réduction du déficit budgétaire dans la Constitution ? Non ! Nous nous lions les mains à l’avance imprudemment sous la pression de l’Allemagne qui ne nous a pas demandé notre avis et sous la pression des marchés financiers.        <br />
              <br />
       En fait le diagnostic sur la crise de l’euro doit être revu. Le déficit budgétaire des pays méditerranéens n’est que, pour une part minoritaire, un déficit structurel. Il est pour l’essentiel lié à la conjoncture. Et il ne faut pas casser une reprise économique à peine esquissée C’est très largement la déflation salariale excessive pratiquée par l’Allemagne depuis dix ans qui explique à la fois son excédent commercial (entre 120 et 200 milliards d’euros selon les années) et les déficits commerciaux correspondants des pays de la zone euro (45 milliards pour la France).        <br />
              <br />
       Le Président Sarkozy propose à juste titre un forum des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro. Mais ce ne doit pas être pour entériner, au nom d’un principe de responsabilité des Etats, en soi-même peu contestable, une communauté de sanctions avec suspension de fonds structurels ou de droits de vote au Conseil, voire exclusion de la zone euro, comme Mme Merkel en avait un moment, émis l’hypothèse.        <br />
              <br />
       Au cœur de ce que veut dire l’expression « gouvernement économique de la zone euro » non dénuée d’ambigüité, se joue une certaine idée de l’Europe. Il ne serait pas réaliste de vouloir redécouper la zone euro pour en exclure les pays autrefois désignés comme « pays du Club Med ». La France ne pourrait pas accepter une union monétaire à cinq ou six avec l’Allemagne et le Benelux. Ce qui reste de notre industrie n’y résisterait pas. Il est nécessaire que le gouvernement le fasse savoir à nos amis allemands. La zone euro doit être défendue dans ses limites actuelles. Il serait inacceptable de revenir à la conception d’un noyau dur à cinq (Allemagne-Benelux-France) proposé en 1994 par messieurs Schaüble et Lammers.       <br />
              <br />
       Pas davantage nous ne saurions accepter l’idée d’un visa préalable de la Commission européenne sur les budgets nationaux. C’est le Parlement qui vote le budget et personne d’autre. Monsieur Trichet sort de son rôle quand il parle de « fédéralisme budgétaire ». Ce discours ne peut avoir qu’un sens : soustraire à la délibération des Parlements l’élaboration des budgets. C’est une remise en cause fondamentale de la démocratie. Le budget européen dépasse à peine 1 % du PIB européen. Or, le taux moyen des prélèvements obligatoires en Europe est d’environ 40 % selon les Etats. Parler de fédéralisme dans ces conditions relève de l’intoxication. La Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, au demeurant, ne le permettrait pas. Il faut parler de coordination non seulement des budgets mais des politiques économiques. Il y a mieux à faire : la coordination des politiques économiques dans leur ensemble et d’abord la relance de la demande intérieure dans les trois plus grands pays de l’Union : Allemagne, France, Italie en prescrivant des normes d’augmentation salariales plus généreuses, ensuite le lancement d’un grand emprunt européen pour financer les infrastructures, la recherche et l’innovation, la politique de change, enfin pour laisser l’euro retrouver par rapport au dollar sa parité d’origine (1 euro = 1,16 dollar) voire une parité simple : 1 euro = 1 dollar.       <br />
              <br />
       Toutes ces mesures contribueraient à une relance économique de la zone euro qui est aujourd’hui la lanterne rouge de la croissance mondiale.        <br />
              <br />
       Enfin, il faut aller plus loin dans la voie du contrôle des marchés financiers et des agences de notation et cela de préférence à l’échelle mondiale. Les gouvernements sur ce sujet sont bien timorés. Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’humanité. Ce sont les nations et la souveraineté des peuples qui donnent sens à l’Histoire !       <br />
              <br />
       Toutes ces mesures doivent être mises sur la table et discutées franchement Le souci de l’amitié franco-allemande n’exclut pas la franchise, bien au contraire. Les salariés allemands ont aussi leur mot à dire. La croissance allemande est faible. Notre grand voisin connaît aussi la précarité. Mais nous savons bien qu’il n’y a pas d’alternative à l’amitié franco-allemande si nous voulons encore peser demain dans le monde. Il nous faut donc être persuasif avec l’Allemagne.       <br />
              <br />
       Ce que nous lui demandons, c’est de concevoir sa croissance d’une manière qui ne pèse pas sur la croissance européenne mais au contraire la stimule. Faut-il rappeler d’ailleurs que l’excédent allemand se réalise à 60 % sur la zone euro ? Une profonde récession de la zone euro se répercuterait fatalement sur l’économie allemande. L’Allemagne est très soucieuse de sa compétitivité extérieure. Parlons-en ! Ce sujet nous intéresse aussi !       <br />
              <br />
       La situation est grave, Madame et Monsieur les Ministres. Il faut à la fois une résolution d’acier et beaucoup d’habileté pour que le couple franco-allemand reprenne l’initiative. Cela dépend en grande partie de la France qui doit porter une vue mondiale des choses car les déséquilibres ne sont pas seulement européens. Ils sont mondiaux.       <br />
              <br />
       Les Etats-Unis ont besoin que la Chine, l’Allemagne et l’Europe dans son ensemble les aident à résorber leurs déficits gigantesques.       <br />
              <br />
       Il faut que l’Europe s’affirme maintenant comme une Europe de la croissance et du progrès social. Nous attendons du gouvernement qu’il fasse entendre une voix plus claire, plus déterminée car nous ne pourrions approuver un plan de régression sociale et économique d’une telle ampleur !       <br />
              <br />
       Pour toutes ces raisons, la majorité des sénateurs du groupe RDSE ne voteront pas contre la loi de finances rectificative mais comme le SPD allemand nous ne l’approuverons pas non plus. Nous vous laissons une chance, une chance pour le courage et l’imagination !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Pour-une-Europe-de-la-croissance-et-du-progres-social_a963.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Les parlementaires qui diront « non » le 4 février à Versailles prendront date pour l’avenir</title>
   <updated>2008-06-17T14:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Les-parlementaires-qui-diront-non-le-4-fevrier-a-Versailles-prendront-date-pour-l-avenir_a554.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/841911-1032057.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2008-02-02T21:05:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Jean-Pierre Chevènement au rassemblement du Comité national pour un référendum (CNR) samedi 2 février, Paris (Halle Carpentier).     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/841911-1032057.jpg?v=1289480128" alt="Les parlementaires qui diront « non » le 4 février à Versailles prendront date pour l’avenir" title="Les parlementaires qui diront « non » le 4 février à Versailles prendront date pour l’avenir" />
     </div>
     <div>
      Nous sommes réunis ici pour défendre la souveraineté populaire. Celle-ci et la démocratie sont en effet une seule et même chose.       <br />
              <br />
       Les parlementaires réunis à Versailles, après demain 4 février 2008, auront à répondre à une question simple : peuvent-ils désavouer le peuple qui s’est prononcé, le 29 mai 2005, à 55% contre le projet de constitution européenne ?       <br />
              <br />
       Car il n’est pas vrai, comme l’a prétendu M. Sarkozy, que le traité de Lisbonne soit un traité « simplifié » et moins encore un « mini-traité ».       <br />
              <br />
       Ce subterfuge ne peut tromper personne. M. Giscard d’Estaing n’a-t-il pas lui-même déclaré le 17 juillet 2007, devant le Parlement européen, que le traité de Lisbonne n’apportait que « des changements cosmétiques à la Constitution européenne pour qu’elle soit plus facile à avaler » ? En vérité, nos dirigeants se moquent du peuple.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Alors, comment les représentants du peuple pourraient-ils couvrir une forfaiture par une autre ? Car ils auront à se prononcer lundi 4 février non sur le traité de Lisbonne mais sur une question préjudicielle : accepteront-ils la modification de la constitution qui rendra possible la ratification de Lisbonne par sa voie parlementaire ? Ils peuvent très bien mettre obstacle à ce déni de démocratie : il suffit que 2/5 des suffrages exprimés se prononcent contre le projet de révision constitutionnelle préalable. Cette minorité de blocage existe au sein du Congrès, pour peu que les parlementaires se souviennent des engagements qu’ils ont pris à travers les candidats qu’ils ont soutenus à l’élection présidentielle. Accepter la révision constitutionnelle préalable, ce serait pour le Parlement couvrir l’intention du Président de la République de s’asseoir sur le suffrage universel. Il piétinerait à son tour la démocratie et ajouterait une forfaiture à une autre forfaiture.       <br />
              <br />
       Car comment qualifier autrement le vote de ceux qui, ayant soutenu la candidature de Ségolène Royal et celle de François Bayrou, viendraient à voter au Congrès le projet de révision constitutionnelle, ou –comble d’hypocrisie !- à s’abstenir, en permettant ainsi à M. Sarkozy de réunir les 3/5 des suffrages exprimés requis par l’article 89 de la Constitution ?       <br />
              <br />
       Malheureusement, à l’heure qu’il est, nous savons que le 16 janvier 2008 à l’Assemblée nationale, seulement 50 députés socialistes, 21 communistes, 2 UMP, 3 non inscrits et un député MRC, Christian Hutin, soit au total 77 députés, ont voté contre le projet de révision constitutionnelle, contre 304 qui l’ont approuvé.       <br />
              <br />
       Je veux remercier ces 77 députés, je veux leur rendre hommage et leur souhaiter de continuer leur valeureux combat. Il ne sera pas sans lendemain.       <br />
              <br />
       Mais je veux aussi m’adresser aux autres : comment ne voient-ils pas que leur absence de courage – s’ils ne reprenaient pas leur vote- minerait la confiance qui leur a été faite et la démocratie elle-même ? Ils abaisseraient le Parlement et creuseraient encore plus le fossé entre le peuple et les élites dirigeantes. Et l’Europe, quelle légitimité aurait la poursuite de sa construction, dès lors qu’eux, les représentants du peuple français se seraient assis sur sa volonté ? Et si des parlementaires de gauche devaient, en s’abstenant, continuer à servir la soupe à M. Sarkozy, au nom d’une idéologie européiste déconnectée de la démocratie voire contraire à elle, comment pourraient-ils faire croire demain qu’une opposition républicaine puisse encore s’incarner en eux ?       <br />
              <br />
       A l’inverse, ceux qui résisteront à Versailles le 4 février ne sauveront pas seulement l’honneur. Ils seront plus nombreux d’ailleurs que les quatre-vingts qui ont refusé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940 ! Ils incarneront l’avenir. Car c’est toujours de la République qu’il s’agit !       <br />
              <br />
       Ouvrons les yeux : M. Sarkozy est de plus en plus prisonnier de la contradiction qu’il creuse entre d’une part son volontarisme affiché, les promesses fallacieuses qu’il multiplie tous azimuts pour une « Europe qui agit et qui se protège » -je le cite- et d’autre part les verges qu’il donne pour se faire battre en souscrivant aux engagements de Lisbonne.       <br />
              <br />
       Car on ne nous fera pas croire que les textes n’ont pas d’importance : dans une Europe à 27 où la France ne pesera plus que les ¾ de l’Allemagne en raison des nouvelles règles de pondération des votes au Conseil, et où, par conséquent la parité fondatrice entre nos deux pays aura été rompue au détriment de l’équilibre nécessaire au progrès de la construction européenne, la voix de la France sera étouffée, voire réduite au silence.       <br />
              <br />
       Les initiatives de sa diplomatie seront bridées par la nécessité d’une consultation préalable du Conseil européen. Ce qui a été possible en 2003, le refus de cautionner l’invasion de l’Irak ne le sera plus aux termes des articles 17bis et 19 du nouveau traité car la France n’ira jamais contre les Etats-Unis et l’Union européenne coalisés. Aussi bien la défense européenne est-elle réduite à l’OTAN.       <br />
              <br />
       Lisbonne est un mauvais coup pour la démocratie : d’immenses domaines relèveront désormais de trois instances oligarchiques : la Commission européenne, la Banque Centrale Européenne, et la Cour de Justice de l’Union.       <br />
              <br />
       Quand la démocratie recule, les droits des travailleurs reculent avec elle. Dans un espace sans frontières élargi, aux termes du protocoles n°6, par le principe de la « concurrence libre et non faussée », plus que jamais les territoires et les mains d’œuvres seront mis en concurrence, entraînant délocalisations, chômage, stagnation des salaires et du pouvoir d’achat, démantèlement de la protection sociale, d’autant que la politique monétaire continuera d’être régie par une Banque Centrale entièrement déconnectée du suffrage universel. Ce n’est pas, comme le rapporte Homère, sur le dos de Jupiter ayant pris la forme d’un taureau que l’Europe a été enlevée mais sur celui d’un canard sans tête ayant usurpé le visage de M. Trichet.       <br />
              <br />
       En échange de toutes les concessions qu’il a faites à Lisbonnes, M. Sarkozy n’a rien obtenu parce qu’il a refusé de s’appuyer sur le « non » qu’avait exprimé le peuple français le 29 mai 2005.       <br />
              <br />
       En revanche, les parlementaires qui diront « non » le 4 février à Versailles prendront date pour l’avenir. Leur résistance préparera la libération. La libération de la République ! Et un jour, celle de l’Europe elle-même !       <br />
              <br />
       -----       <br />
       Voir toutes les photos dans <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/index.php?action=galerie&amp;subaction=album&amp;id_album=16416">la galerie dédiée ici</a>       <br />
       et la vidéo enregistrée le jour même ci-dessous
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.chevenement.fr/video/<div><object width="420" height="357"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x49xma&v3=1&related=0"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x49xma&v3=1&related=0" type="application/x-shockwave-flash" width="420" height="357" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/x49xma_jeanpierre-chevenement-meeting-cnr_politics">Jean-Pierre Chevenement - Meeting CNR 2/02</a></b><br /><i>envoy&eacute; par <a href="http://www.dailymotion.com/pourlarepubliquesociale">pourlarepubliquesociale</a></i></div>     </div>
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    ]]>
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   <title>Pauvre Monsieur Sarkozy !</title>
   <updated>2008-01-02T18:19:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Pauvre-Monsieur-Sarkozy-_a529.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2008-01-02T18:18:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      M. Trichet a été désigné comme <a class="link" href="http://www.ft.com/cms/s/0/af1a4d9e-b1ba-11dc-9777-0000779fd2ac,dwp_uuid=ed7cc5f6-a352-11dc-b229-0000779fd2ac.html">« l’homme de l’année » par le Financial Times</a>. Dis-moi qui t’a fait roi, je te dirai qui tu es.       <br />
              <br />
       Mieux, M. Trichet a une seconde raison de se réjouir : il vient de recevoir, dans <span style="font-style:italic">Le Monde</span> date du 3 janvier, le soutien du secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, M. Jean-Pierre Jouyet. Dans un long plaidoyer intitulé <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-995279,0.html">« Pour une diplomatie de l’euro »</a>, M. Jouyet souligne que <span style="font-style:italic">« l’appréciation de l’euro n’a pas que des effets négatifs »</span> et qu’<span style="font-style:italic">« il ne faut pas surestimer la capacité des Banques Centrales à infléchir efficacement et durablement les tendances structurelles sur les marchés des changes »</span>.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« L’Europe,</span> ajoute M. Jouyet, <span style="font-style:italic">a fait le choix de la stabilité des prix et du refus des facilités des stratégies de monnaie faible »</span>.       <br />
              <br />
       Apparemment ce n’est pas l’avis de M. Bernanke, directeur du Federal Reserve Board américain, qui a fait sienne la théorie de l’insouciance bienveillante (<span style="font-style:italic">« benign neglect »</span>) quant au cours du dollar. Et ce ne semblait pas être non plus l’avis de M. Sarkozy, contempteur de <span style="font-style:italic">« l’euro cher »</span>, pendant sa campagne électorale.       <br />
              <br />
       Pauvre M. Sarkozy, écartelé entre son volontarisme affiché et l’orthodoxie de l’Establishment qui campe désormais au sein même de son gouvernement !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Pauvre-Monsieur-Sarkozy-_a529.html" />
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  <entry>
   <title>Sur le traité « simplifié » : silence et désinformation</title>
   <updated>2008-06-17T15:26:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Sur-le-traite-simplifie-silence-et-desinformation_a398.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-08-01T16:48:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Il peut arriver à Nicolas Sarkozy d’avoir de bonnes idées : revaloriser le rôle du Parlement, excessivement abaissé dans nos institutions, ou encore revoir la « gouvernance » des universités, aujourd’hui frappée de débilité. Mais sur un point essentiel, Nicolas Sarkozy s’est révélé incapable de desserrer les contraintes européennes. Dans le projet de traité baptisé par antiphrase « simplifié », il a fait toutes les concessions : Haut représentant pour la politique extérieure, Charte des droits fondamentaux d’essence fédéraliste, qui va donner d’immenses pouvoirs à la Cour de Justice de l’Union européenne, pondération des votes au Conseil par la démographie, rompant ainsi la parité entre l’Allemagne, la France et les autres « grands pays ».        <br />
              <br />
       En échange de ces concessions, quelle contrepartie a-t-il obtenu, sur le gouvernement économique de la zone euro, par exemple ? Rien ! A la timide demande exprimée par Jean-Pierre Jouyet d’une discussion de la politique de change par les gouvernements, avec quelle hauteur M. Trichet n’a-t-il pas répondu ! Sur ce sujet capital, le silence quand ce n’est pas la désinformation règnent en maîtres.        <br />
              <br />
       On nous explique ainsi dans la presse que les bénéfices des entreprises françaises explosent, et que, par conséquent, elles n’ont pas besoin d’un euro plus faible. Ces commentateurs oublient de rappeler que nos entreprises font, pour l’essentiel, leurs bénéfices à l’étranger. Le monde du travail en France est le grand oublié… Mais au bout du chemin, il se rappellera au bon souvenir de ces messieurs… et de M. Sarkozy, s’il ne fait rien.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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