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 <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-23T04:22:21+02:00</updated>
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   <title>Le 13 novembre : une césure historique</title>
   <updated>2015-12-03T19:28:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Le-13-novembre-une-cesure-historique_a1783.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2015-12-03T19:27:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Les attentats du 13 novembre marquent une césure profonde dans l’Histoire longue de notre pays, un peu comme mai 1968 l’avait fait en sens inverse, en clôturant les trois décennies qu’avait dominées la figure du général de Gaulle et en donnant le champ libre à l’idéologie libérale-libertaire.       <br />
              <br />
       Le 13 novembre 2015 (le 13.11) donne son congé définitif à cette idéologie qui s’était épanouie dans les trois décennies du néolibéralisme triomphant.  L’Europe, telle qu’elle a été conçue et construite montre aujourd’hui ses limites : Schengen est une passoire. La monnaie unique a creusé le gouffre d’un chômage de masse qui touche d’abord les jeunes. La « défense européenne » apparaît pour ce qu’elle est : un mythe mité. La France doit d’abord compter sur ses propres forces.       <br />
              <br />
       C’est autour de la France et de la République que le pays se rassemble. La nation républicaine, communauté des citoyens, apparaît comme le recours, et non pas la nation ethnique. C’est la puissance tranquille de ce sursaut national qui frappe. La France sent qu’elle doit relever le défi d’une profonde mutation : l’intégration des jeunes nés de l’immigration. Le communautarisme n’est évidemment pas la réponse mais au contraire l’adhésion à la nation française de tous ceux qui, au fond d’eux-mêmes, doutaient et quelquefois se vivaient comme des « Français de papiers ». Ce temps est révolu : un Français, c’est un citoyen français. On a le droit de ne pas être français mais quand on l’est, c’est pour l’être pleinement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      De l’Etat hier venait tout le mal. Il incarne aujourd’hui le salut. Les nouveaux féodaux se croyaient à la mode. Le moment est venu de revenir à une conception républicaine de la décentralisation. L’hyperindividualisme se déchaînait. Le citoyen se réveille, car les droits de l’Homme ne peuvent être garantis que par l’exercice d’une citoyenneté active. Le civisme découle et se nourrit du patriotisme républicain. A la permissivité doit succéder le respect de la loi et de son esprit. Au laxisme maquillé aux couleurs de l’angélisme, le droit à la sûreté et le respect dû à la force publique, dès lors qu’elle est exercée au bénéfice de tous. Au pédagogisme qui plaçait l’élève construisant ses savoirs au centre de l’Ecole, doit succéder la reconstruction d’une Ecole républicaine moderne remettant à l’honneur la transmission et l’acquisition des savoirs et des valeurs.        <br />
              <br />
       A la politique extérieure inféodée doit succéder une politique étrangère indépendante. A l’occidentalisme et à l’interventionnisme extérieur systématique, une Europe européenne ouverte à la coopération la plus large et d’abord avec l’Afrique et le Moyen-Orient qu’il faut réconcilier avec la justice et ouvrir à la modernité. En matière militaire, la protection du territoire et des populations devra venir compléter la capacité de projection.       <br />
              <br />
       Une nouvelle période historique s’ouvre. La France pourrait y disparaître. Mais elle ne disparaîtra pas. Elle relèvera les défis qui sont devant elle. Il nous revient de construire la France moderne, ouverte, faisant de tous ses enfants, quelle que soit leur origine, autant de bras ouverts aux cultures du monde.        <br />
              <br />
       Le pire reste possible : l’engrenage des haines, des ressentiments et de la violence conduirait à la guerre civile. C’est ce que veulent les ennemis de la France. Mais le pire n’est pas sûr. Nous l’éviterons en relevant le défi moral qui nous a été jeté. C’est en elle-même que la France trouvera les ressources pour se mettre à la hauteur des temps difficiles qui sont devant elle : sang-froid, courage, générosité. Ce défi est aussi une chance, s’il est relevé. C’est pourquoi nous le relèverons, par la force de l’âme. Nous ferons ainsi surgir une France renouvelée, armée pour les défis du XXIe siècle. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "L'ingérence"</title>
   <updated>2015-04-20T13:15:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-L-ingerence_a1705.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/7699128-11909439.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-04-20T13:06:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les actes du colloque du 19 janvier 2015 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7699128-11909439.jpg?v=1429528437" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "L'ingérence"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "L'ingérence"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil_a867.html">Accueil</a> de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-cadre-juridique-de-l-ingerence_a868.html">Le cadre juridique de l'ingérence</a>, par Franck Latty, professeur de droit international à l’Université Paris 13       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Ingerence-et-souverainete_a869.html">Ingérence et souveraineté</a>, par Alain Dejammet, Président du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Ingerence-humanitaire-ou-responsabilite-de-proteger--leurs-derives-possibles_a870.html">Ingérence, &quot;humanitaire&quot; ou &quot;responsabilité de protéger&quot;, leurs dérives possibles</a>, par Loïc Hennekinne, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, ancien Secrétaire général du ministre des Affaires étrangères       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-ingerence-humanitaire-ou-le-droit-du-plus-fort_a871.html">L'ingérence humanitaire ou le droit du plus fort</a>, par Rony Brauman, professeur associé à Sciences Po Paris, ancien Président de Médecins Sans Frontières       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a872.html">Débat final</a> de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque  <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-ingerence_r118.html">&quot;L'ingérence&quot;</a>  en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       Le cahier imprimé du colloque &quot;L'ingérence&quot; <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/L-ingerence_p106.html">est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.</a></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Israël et Palestine : "Il faut aller vers une solution à deux Etats" </title>
   <updated>2014-08-07T10:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Israel-et-Palestine-Il-faut-aller-vers-une-solution-a-deux-Etats_a1651.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2014-08-06T15:14:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1, mercredi 6 aout 2014. Il répondait aux questions de Jean-Philippe Balasse.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> La France a le droit de dire qui peut, ou ne peut pas, s'installer à demeure sur son sol. C'est un principe de base. A partir de là, il faut traiter la politique migratoire sans démagogie, avec fermeté mais avec humanité.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On ne peut pas sortir des problèmes d'immigration sans chercher à résoudre, bien en amont, les problèmes de développement, de sécurité, qui génèrent ces flux, à travers notamment la Méditerranée. En particulier, tant que la zone sahélienne ne sera pas stabilisée, à travers une politique générale, on ne pourra pas faire front à cette immigration désordonnée.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Prenons un exemple, la Libye, dont la situation actuelle est chaotique. La Libye de Khadafi avait beaucoup de défauts, mais elle exerçait un contrôle sur ses frontières. Nous avons détruit la Libye !        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France, l'Angleterre, sous l'impulsion, il faut le dire, de M. Sarkozy, peut-être de Bernard Henri-Lévy, ont décidé qu'il fallait faire le ménage. On a violé la résolution des Nations Unies, qui nous donnait le droit de protéger les populations civiles de Benghazi, et on est allé jusqu'au changement de régime. Résultat de l'ingérence : aujourd'hui c'est le désordre complet.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La politique d'ingérence est à la mode depuis très longtemps. Regardez la situation de l'Irak aujourd'hui. On vient se plaindre du sort des chrétiens d'Irak. Mais on a préféré la guerre à la paix. Aujourd'hui l'Irak n'est plus un Etat : beau résultat de la politique d'ingérence ! </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> La guerre n'est pas la solution que l'on doit rechercher. Elle peut se révéler inévitable, et je ne suis pas pacifiste, sinon je n'aurais pas été ministre de la Défense évidemment. Mais il est préférable de trouver des solutions politiques que d'ouvrir des boîtes de Pandore.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La question qui se pose pour la France, c'est d'abord de savoir qui nous sommes. Est-ce que nous sommes membre de la famille des nations occidentales, comme le disait M. Sarkozy, ou l'aîné de la grande famille des nations humaines en général ? C'était la définition que la France se donnait depuis la révolution de 1789.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> En 1967, le général de Gaulle avait parlé des malheurs grandissant qu’Israël connaîtrait à occuper des territoires peuplés d'arabes. Et bien voilà : aujourd'hui nous sommes aux résultats.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on veut travailler réellement à la sécurité d’Israël, il faut aller vers une solution à deux Etats, et ne pas chercher à coloniser les territoires palestiniens. Ou alors se poursuivra le conflit, qui débouchera sur la radicalisation du monde musulman, et le naufrage des Etats que nous soutenions jadis, que ce soit l'Irak, la Syrie. Nous irons vers la fragmentation.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Sur l'Ukraine, les responsabilités sont partagées. Qu'est-ce que les institutions européennes recherchaient en allant chatouiller les moustaches de l'ours russe en Ukraine ? Il y avait un projet de libre-échange en direction de l'Ouest et un autre en direction de l'Est. Il fallait faire converger ces projets.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Chacun sait que la nature de l'Ukraine est particulière. C'est un pays hétérogène, peuplé à l'ouest de gens qui sont des ressortissants d'Europe centrale, et à l'est de russophone.. Cette réalité aujourd'hui est méconnue. L'opinion aujourd'hui est sous-informée, manipulée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Ukraine est d'abord aujourd'hui un objet géopolitique. Brezinski avait écrit que, pour empêcher la Russie de redevenir une grande puissance, il fallait soustraire l'Ukraine à son influence. Nous y sommes. Il y avait eu la révolution Orange en 2004.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Maintenant, je dois dire que j'ai exercé moi-même un certain rôle pour obtenir que la Russie reconnaisse les élections qui ont abouti à l'élection de M. Porochenko. Mais M. Porochenko a été élu pour faire la paix, pas la guerre. Qu'elles sont les initiatives qui sont prises aujourd'hui par les institutions européennes pour peser sur M. Porochenko ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a eu 1800 morts en Palestine, 1100 en Ukraine, ce n'est pas suffisant ? On a vu des chars, des avions, tirer sur leur population... Il y a quand même un moment où l'Europe, si elle était libre, si elle était européenne pour reprendre l'expression du général de Gaulle, dirait : &quot;Ecoutez, il y a quand même un terrain d'entente à trouver, une certaine régionalisation de l'Ukraine, pour que chacun s'y sente à l'aise&quot;.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a beaucoup de gens qui se réclament plus ou moins de moi aujourd'hui. Naturellement, je laisse faire et dire, parce que je ne peux pas corriger. J'ai toujours essayé d'avoir une vision d'homme d'Etat, qui tienne compte du monde tel qu'il est. Si on avait écouté ce que j'avais dit en 1983, plutôt que de s'accrocher à la monnaie forte, ce qui a abouti à la désindustrialisation de la France, sur le Moyen-Orient, sur la réforme de l'Etat et des collectivités territoriales engagée en Corse, aujourd'hui généralisée en dépit du bon sens, on devrait se dire qu'il y a un retour aux fondamentaux républicains qui est nécessaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le monde a changé, et la France doit se positionner par rapport au monde tel qu'il est, avec courage et avec ambition. La France n'est pas finie.        <br />
              
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Ukraine : "L'ingérence, on sait ou cela commence, jamais ou cela finit"</title>
   <updated>2014-02-19T23:48:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Ukraine-L-ingerence-on-sait-ou-cela-commence-jamais-ou-cela-finit_a1594.html</id>
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   <published>2014-02-19T20:59:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l'émission "24h Sénat" sur Public Sénat, mercredi 19 février 2014. Il répondait aux questions de Delphine Girard.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> L'Union Européenne a commis quelques maladresses. La démarche qui a été faite vis-à-vis de l'Ukraine, tendant à un accord d'association, aurait pu être concertée avec la Russie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il n'est pas douteux que le président de l'Ukraine s'est servi de l'UE pour faire monter les enchères avec Moscou : obtenir des subsides et un rabais considérable sur le prix du gaz.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les chiffres qui ont été avancés sur les aides que l'UE pourrait donner à l'Ukraine sont tout à fait illusoires. Et l'UE n'avait pas pris position sur une éventuelle adhésion de ce pays.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Ukraine est un pays hétérogène, divisé entre catholiques uniates à l'ouest, orthodoxes russophones à l'est. Il faut agir avec précaution si nous ne voulons pas rallumer la Guerre Froide en Europe. Je crois que personne n'y a véritablement intérêt.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut travailler à ce que l'Ukraine soit un pont entre l'UE et la Russie et pas un objet de discorde comme c'est actuellement le cas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je souhaite que l'on fasse une analyse qui ne soit pas instantanée, même sous le coup de l'émotion. Il y a un enjeu géopolitique majeur. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Il est très facile de parler de sanctions. Elles seraient ciblées et viseraient les responsables des violences, c'est à dire aussi bien du côté gouvernemental que de celui de l'opposition. Encore une fois, tout n'est pas « blanc bleu ».        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'opposition est radicalisée. Il y a des éléments extrémistes, armés, qui confectionnent aux yeux de tous des cocktails Molotov.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a des élections en Ukraine. Dans les partis qui sont dans l'opposition aujourd'hui, certains étaient au pouvoir hier.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Ukraine et la Russie ont une intrication très forte, historique, économique. On m'a cité le chiffre de 80 000 entreprises ukrainiennes exportant en Russie et autant d'entreprises russes exportant en Ukraine.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On devrait avoir une association de l'Ukraine, de la Russie, et de l'UE. Il faut avoir dans cette perspective l'Europe comme un continent durablement de paix.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je voudrais souligner le grand danger des politiques d'ingérence : on sait ou cela commence, on ne sait jamais ou cela finit.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut accepter l'idée qu'il y a une démocratie qui doit fonctionner en Ukraine. Alors elle est très imparfaite, mais il y aura des élections en 2015. 2015 c'est demain ! Et je doute que M. Ianoukovitch soit réélu. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Syrie : "Une erreur gravissime pour l'avenir de notre diplomatie"</title>
   <updated>2013-10-23T19:18:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Syrie-Une-erreur-gravissime-pour-l-avenir-de-notre-diplomatie_a1507.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2013-09-05T09:13:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité d"Europe 1, jeudi 5 septembre 2012. Il répondait aux questions de Thomas Sotto.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span> :        <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> On a vu le type d'ingérence que donnait des frappes en dehors du Conseil de Sécurité des Nations Unies en Irak ou au Kosovo. D'une certaine manière, on a vu le résultat d'une résolution détournée de son sens, en Libye. Les milices islamistes sont maîtresses du terrain.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut se tenir au droit. Le mot punir fait partie d'un autre univers, celui de la morale. Or, je pense que la légalité internationale protège tous les pays.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on veut rester sur le terrain du terrain du droit, il faut noter que la Syrie n'est pas signataire de la convention d'interdiction des armes chimiques.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut regarder de plus près ce qui s'est passé. Est-on sûr à 100% de ce que cette frappe chimique est le fait du gouvernement syrien ? Monsieur Colin Powell était sûr également qu'il avait la preuve quand il agitait sa fiole au Conseil de Sécurité de l'ONU !</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Une hypothèse n'a pas pas été étudiée : celle où des groupes d'oppositions, fanatiques, se seraient procurés ces armes. Il faut être prudent, il n'y a pas de certitudes à 100%. Ces frappes peuvent émaner du gouvernement syrien, d'un général qui s'est affranchi des ordres gouvernementaux.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les faibles ne s'érigent pas sur le terrain de la morale, en distributeurs de punitions. Seul les forts peuvent s'ingérer dans les affaires de pays plus faibles qu'eux.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Sur la question de savoir s'il faut un vote au Parlement sur la Syrie, je pense qu'il faut attendre la déclaration du gouvernement. Dans ces affaires il faut beaucoup de sang froid.       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai dit à François Hollande que je souhaitais vraiment que le gouvernement évite de faire une grosse bêtise.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous sommes en face d'une guerre civile atroce et nous ne savons pas ce qui se passera demain. Après Bachar el-Assad, un régime islamiste à Damas sera t-il beaucoup mieux ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut regarder où on met les pieds. En politique il ne faut pas sauter dans le noir.       
       </li></ul><ul class="list"><li>  Je ne suis pas pour la passivité. Il faut chercher à faire prévaloir une logique de paix. L'opposition syrienne doit désigner ses représentants à la conférence Genève II afin que celle-ci puisse se tenir dans les prochaines semaines.       
       </li></ul><ul class="list"><li> N’effaçons pas ce qui a été réussi au Mali dans le cadre de la légalité internationale, par une erreur qui serait gravissime pour l'avenir de notre diplomatie. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Syrie-Une-erreur-gravissime-pour-l-avenir-de-notre-diplomatie_a1507.html" />
  </entry>
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   <title>Syrie: le jour d'après</title>
   <updated>2013-09-06T23:01:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Syrie-le-jour-d-apres_a1506.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2013-09-04T19:59:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement </name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Jean-Pierre Chevènement, dans le cadre du débat sur la situation en Syrie au Sénat, le 04 septembre 2013.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      Monsieur le Ministre,       <br />
              <br />
       Les circonstances nous donnent un peu de temps pour la réflexion. Sachons utiliser ce répit pour éviter des décisions précipitées qui pourraient s’avérer funestes. J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de vous exprimer ainsi qu’au Président de la République ma préoccupation, et cela dès juin 2012, quant à la définition de notre politique vis-à-vis de la Syrie. Je n’exprime pas ma seule préoccupation. Elle est aussi celle de Robert Hue et de plusieurs sénateurs du groupe Rassemblement Démocratique Social et Européen (RDSE). En fait nous avons hérité de cette orientation politique. Quand vous êtes arrivé au Quai d’Orsay, notre ambassade à Damas avait déjà été fermée.        <br />
              <br />
       De même l’exigence, avant toute transition, du départ d’Assad, déclaré assassin de son peuple, affaiblissait toute démarche de négociation visant à faire pression sur le régime de Damas.        <br />
              <br />
       En réalité, c’est la nature même de la guerre engagée en Syrie qui faisait et fait encore problème aujourd’hui. C’est une guerre civile et plus que cela une féroce guerre interconfessionnelle. Assad, dictateur brutal, défend les prérogatives d’une minorité, celle des Alaouites qu’il sait soutenus par d’autres minorités, chrétiennes par exemple mais aussi par une fraction de la majorité sunnite qui a longtemps bénéficié de la stabilité des courants d’affaires. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      L’expression « Assad doit partir ! » sous-estimait à l’évidence les appuis dont il disposait. La seule issue de cette guerre civile barbare est une issue négociée entre les deux camps.       <br />
              <br />
       Les Sunnites ou du moins une majorité d’entre eux veulent l’effacement des Alaouites. Ils doutent d’y réussir par la force. Ils comptent sur l’intervention extérieure, à l’exemple de ce qui s’est passé en Libye. Mais comparaison n’est pas raison.       <br />
              <br />
       La résolution 1973 sur la Libye a été prise grâce à l’abstention de la Russie et de la Chine. Cette résolution a été évidemment interprétée dans le sens d’un changement de régime. Je me suis moi-même abstenu quand le gouvernement a demandé, le 12 juillet 2011, l’autorisation de prolonger  l’intervention de nos forces. Le résultat est là : si l’opération militaire a été brillamment conduite, Kadhafi a été assassiné. Les milices tribales et le plus souvent islamistes se sont rendues maîtresses du terrain. Le port de Derna est aux mains d’Al Quaïda, le Mali a été déstabilisé. Sans l’intervention de la France dans le cadre des résolutions de l’ONU que j’ai soutenue fortement, le Mali serait devenu aujourd’hui un sanctuaire de l’islamisme radical, dominé par des groupes terroristes djihadistes. Enfin, par l’interprétation qui a été faite en Libye de la résolution 1973, la notion de responsabilité de protéger a été passablement discréditée aux yeux de la Russie, de la Chine, mais aussi de la plupart des pays émergents qui refusent la notion d’ingérence, elle-même proscrite par la Charte des Nations Unies. L’occidentalisme peut se camoufler en droit de l’hommisme. Celui-ci ignore ou, de manière plus perverse, veut occulter les réalités et les choix politiques.       <br />
              <br />
              <br />
       Or, la France doit d’autant plus se placer sur le terrain du droit international qu’elle est elle-même l’un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU. C’est son intérêt. Pour être une puissance repère, comme l’ont souhaité le Président de la République et vous-même, dans votre brillante intervention en conclusion de la Conférence des Ambassadeurs, la France ne doit pas s’affranchir du Droit. Or, le droit d’ingérence n’existe pas au regard de la Charte des Nations Unies. La mise en œuvre de la responsabilité de protéger, énoncée par l’Assemblée Générale des Nations Unies dans son document final de 2005, souligne que cette responsabilité incombe d’abord à chaque Etat et à défaut à la communauté internationale, je cite : « par une action collective résolue, <span class="u">par l’entremise du Conseil de Sécurité</span>, conformément à la Charte, notamment son chapitre VII. Voilà ce que dit le droit.       <br />
              <br />
       Des frappes aériennes sur la Syrie ne pourraient ainsi s’effectuer qu’en dehors du cadre de la légalité internationale. Vous invoquez la légitimité et même vous essayez d’invoquer une autre source de droit en vous référant à la convention ancienne et aujourd’hui dépassée de 1925 interdisant l’utilisation, en temps de guerre, des armes chimiques dont la Syrie et pour cause – elle était alors sous mandat français – n’était pas partie prenante. Quant à la Convention plus récente sur l’interdiction des armes chimiques signée à Paris le 13 janvier 1993, vous savez pertinemment que ni la Syrie ni l’Egypte ne l’ont signée, le négociateur égyptien de l’époque, M. Amr Moussa, ayant alors expliqué que son pays y adhérerait quand les armes de destruction massive, nucléaires, bactériologiques et chimiques auraient été éliminées du Proche-Orient, la détention d’une telle arme contribuant, selon lui, à un équilibre de dissuasion régional. La Conférence d’examen du Traité de Non Prolifération (TNP) de mai 2010 vise la création d’un Moyen-Orient dénucléarisé. C’est dans ce cadre général qu’il faut agir pour préserver dans cette région les équilibres de sécurité.       <br />
              <br />
       A l’heure actuelle, deux Etats ont signé mais n’ont pas ratifié la Convention d’interdiction des armes chimiques : la Birmanie et Israël, et six autres demeurent en dehors : Angola – Corée du Nord – Egypte – Somalie – Soudan du Sud – Syrie.         <br />
              <br />
       Vous évoquez la notion de crime contre l’humanité mais j’observe que le statut de Rome, portant création de la Cour Pénale Internationale (CPI), définit celui-ci très largement dans son article 7, mais ne mentionne pas spécifiquement l’utilisation d’armes chimiques. Dans la logique morale où vous vous placez, qui ne faut-il pas punir ? Les utilisateurs de bombes à fragmentation, de bombes au napalm, les pays qui refusent de signer les conventions d’interdiction des armes chimiques, bactériologiques, nucléaires, ceux qui n’ont pas ratifié le traité d’interdiction des essais nucléaires, ceux qui répriment par balles leur opposition ? La liste serait longue des Etats qu’il faudrait punir.        <br />
              <br />
       Aussi bien est-on sûr à 100 % de l’origine des frappes ? Or, n’ont été produits jusqu’à présent, au dire même de nos autorités, que des « faisceaux d’indices ». Exerçons le doute méthodique cher à Descartes. L’hypothèse qu’un groupe extrémiste comme le Front Al Nosra alimenté par des fournitures d’armes extérieures ou par des stocks qu’il aurait pu détourner, ait pu perpétrer ce crime abject pour entraîner une intervention occidentale n’a pas été sérieusement examinée. Or, chacun sait que les déclarations du Président Obama d’août 2012 faisant de l’utilisation d’armes chimiques la ligne rouge légitimant une intervention militaire, ont provoqué depuis lors une surenchère d’accusations parmi les groupes d’opposition et leurs relais. Nous savons depuis les guerres yougoslaves que des populations d’un des belligérants peuvent être choisies comme cibles pour justifier une intervention extérieure. Dans une guerre intercommunautaire féroce comme celle-là, nous ne pouvons pas avoir un degré absolu de certitude. Aussi bien on ne discerne pas clairement quel eût été l’intérêt du régime syrien qui avait pris le dessus par des moyens conventionnels, d’ailleurs tout aussi barbares.        <br />
              <br />
       Ainsi la morale remplace le droit. Ce n’est pas un progrès car seul le droit protège tandis que la morale d’où procède la sanction est à l’appréciation des plus forts. La France doit être le soldat du Droit. L’esprit de défense n’a rien à gagner à ce que la France confectionne un droit à sa mesure, en marge du droit international reconnu par l’ONU.       <br />
              <br />
              <br />
       J’en viens maintenant au fond politique de cette affaire. Quels sont nos objectifs politiques ?        <br />
              <br />
       L’opposition syrienne démocratique est divisée. La guerre l’a marginalisée au profit de groupes extrémistes. Le cours des révolutions arabes en Tunisie et plus encore en Egypte doit nous rendre prudents. Le premier acte ne pouvait que recueillir notre sympathie. Le second acte a vu l’islamisme politique prendre le pas sur les revendications démocratiques initiales et tendre à la confiscation du pouvoir. Des minorités de plus en plus importantes se sont senties menacées. En Egypte, l’armée a interrompu le processus, avec d’ailleurs – je le note - le soutien de l’Arabie Saoudite. Est-ce là notre référence ? Quelle cohérence y a-t-il entre notre combat justifié au Mali contre les groupes djihadistes armés et la complaisance dont nous ferions preuve à l’égard de ces mêmes groupes dans la guerre civile qui déchire la Syrie ? La France doit soutenir partout non pas l’islamisme politique mais la démocratie, au Mali, au Niger, en Libye, en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Arabie Saoudite, au Qatar, à Bahreïn, dans le respect du principe de non ingérence, bien sûr, et sous le contrôle du Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU).       <br />
              <br />
       Quel effet des frappes américaines et françaises, même brèves et limitées, auront-elles ? D’ores et déjà la menace des frappes a fait se gonfler le flot des réfugiés aux frontières du Liban et de la Jordanie. On ne pourra pas éviter les dommages collatéraux, surtout si les stocks d’armes chimiques sont visés. Que se passera-t-il le jour d’après ?        <br />
              <br />
       D’autres frappes ? Sur la Syrie ? Il serait terriblement imprudent de cibler l’arsenal chimique syrien. Ou sur l’Iran ? Un engrenage incontrôlable risque de se mettre en marche. Encore une fois restons fidèles à Descartes et traitons séparément des dossiers dont la solution doit rester distincte : la Syrie, la Palestine, l’Iran. La « fabrication d’un ennemi » est chose facile. Elle sert rarement la cause de la paix.       <br />
              <br />
       Le rôle de la France doit être de faire pression pour que l’opposition syrienne désigne ses représentants à la Conférence de Genève II et que celle-ci puisse se réunir dans les prochaines semaines. Cette négociation peut se faire par des rencontres bilatérales dans les couloirs du G20, à Saint-Pétersbourg, mais le G20 n’a pas vocation à remplacer le CSNU. C’est dans le cadre de celui-ci que nous pouvons obtenir une trêve dans la guerre civile et un compromis qui préserve autant que possible l’unité de la Syrie. La balkanisation de la Syrie serait, comme nous le voyons aujourd’hui en Irak, la source de malheurs encore plus grands. Des frappes militaires risquent non de faciliter un compromis mais de reporter aux calendes la négociation nécessaire.       <br />
              <br />
       Il faut mettre un peu de cohérence dans notre politique :        <br />
              <br />
       C’est une facilité de crier « Munich ». C’est du même niveau que Guy Mollet assimilant Nasser à Hitler. Ce n’est pas digne des républicains que nous devrions être.        <br />
              <br />
       Le bilan des ingérences passées – Irak, Kosovo, Libye – n’est pas reluisant. Sachons tirer les leçons de l’expérience.       <br />
              <br />
       Pour définir notre attitude et le sens même de notre diplomatie, pensons à servir la France et à défendre la paix. Défions-nous de l’occidentalisme. La France ne se définit pas, comme le disait M. Sarkozy, par son appartenance à la famille des nations occidentales. Elle appartient avant tout à la grande famille des nations humaines. La Révolution de 1789 visait à l’universalité. La France doit servir de pont entre toutes les nations et ne pas se couper des pays dits émergents. Le Président de la République souligne à juste titre la nécessité de préserver notre souveraineté. La souveraineté va avec l’indépendance qui est la condition de la grandeur de la France. Celle-ci n’est pas une question de taille mais de hauteur de vues.       <br />
              <br />
       Mais qu’en est-il, dans la situation présente, je ne dis pas de l’indépendance mais de l’autonomie même de la France ? Où sont passés nos alliés européens ?        <br />
              <br />
       Je souhaite de tout cœur, Monsieur le Ministre, éviter l’enlisement de la France dans une guerre qui serait contraire à ses intérêts et j’ajoute à sa vocation. Je souhaite que vous usiez de votre influence qui est grande pour contribuer à la réunion aussi rapide que possible de la Conférence de Genève II. La France vous en serait reconnaissante. Il ne faut pas effacer la brillante réussite malienne, qui nous doit aussi beaucoup, par une erreur qui, elle, serait gravissime pour l’ensemble de notre politique étrangère et pour nos intérêts dans le monde.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Syrie-le-jour-d-apres_a1506.html" />
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   <title>"La France n’a pas intérêt à entrer dans une guerre de religion"</title>
   <updated>2013-09-01T08:58:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/La-France-n-a-pas-interet-a-entrer-dans-une-guerre-de-religion_a1503.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2013-09-01T08:36:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Parisien dimanche, 1er septembre 2013, propos recueillis par Philippe Martinat.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/5810005-8661991.jpg?v=1378017680" alt=""La France n’a pas intérêt à entrer dans une guerre de religion"" title=""La France n’a pas intérêt à entrer dans une guerre de religion"" />
     </div>
     <div>
      <b>Le Parisien: Vous attendiez-vous à une telle escalade de la tension internationale sur la Syrie?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement:</b> J’ai toujours été inquiet au sujet de la Syrie. J’avais d’ailleurs exprimé ma préoccupation à François Hollande et à Laurent Fabius dès le mois de juin 2012 quant à la définition de notre politique. Selon moi, il eût mieux valu privilégier une posture de négociation et faire de la France un intermédiaire entre les camps qui s’opposent dans ce qui est une véritable guerre civile intercommunautaire avec, à l’arrière-plan, une rivalité entre sunnites et chiites. Je ne pense pas que la France ait intérêt à entrer dans une guerre de religion.       <br />
              <br />
       <b>Vous jugez notre diplomatie imprudente?</b>       <br />
       Je m’étais inquiété de la formulation « Bachar doit partir », calquée sur celle employée naguère par Alain Juppé : « Kadhafi doit partir. » Je me suis entretenu à plusieurs reprises avec le président de la République et avec le ministre des Affaires étrangères. Je pense qu’il n’y a pas de solution militaire, il ne peut y avoir qu’une solution politique. Celle-ci doit intervenir avec l’ensemble des parties prenantes du conflit, ce qui suppose le respect de la légalité internationale, car c’est dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU que ces négociations peuvent être menées. En tout cas, j’ai clairement privilégié cette ligne de la négociation et j’ai beaucoup regretté qu’Alain Juppé ait fermé l’ambassade de France à Damas en mars 2012 : il y a une continuité, si je puis dire…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Bachar al-Assad n’a-t-il pas néanmoins franchi la ligne rouge en employant des armes chimiques?</b>       <br />
       C’est possible, mais ce n’est pas sûr. Etait-ce vraiment son intérêt? Je pense qu’une erreur a été commise par le président Obama quand il a déclaré, en août 2012, que l’emploi de l’arme chimique serait la ligne rouge conditionnant une intervention occidentale. Il s’est piégé lui-même. Reste maintenant à savoir ce qui s’est passé réellement. On nous parle de preuves, mais je me rappelle de Colin Powell devant le Conseil de sécurité de l’ONU brandissant ses fioles : « We’ve got the evidence! » (NDLR : « Nous avons les preuves ! ») Le secrétaire d’Etat, qui était peut-être de bonne foi, avait été intoxiqué par la CIA. Dans le cas présent, nous n’avons pas de preuves irréfutables.       <br />
              <br />
       <b>Il y a tout de même environ un millier de morts dans ce massacre…</b>       <br />
       Au Caire aussi, il y a un millier de personnes qui ont été tuées, certes par balles, mais on n’a guère entendu les professeurs de morale. Autrefois, il y avait le droit. Aujourd’hui, on a remplacé le droit par la morale. Et de la morale on passe à la punition. C’est plus facile, mais c’est très dangereux, car le fameux « droit d’ingérence », c’est toujours le droit du plus fort : on n’a jamais vu les faibles intervenir dans les affaires des forts. Je n’ai pas besoin de vous rappeler tous les exemples de manipulation de l’opinion publique dans l’histoire. Je me méfie donc beaucoup des manipulations de l’opinion publique et de la dictature de l’émotion à partir de laquelle on prend des décisions apparemment dictées par la morale mais qui ont en fait un sens politique. Le droit-de-l’hommisme ignore ou, de manière plus perverse, occulte les choix politiques.       <br />
              <br />
       <b>La France prend-elle un risque en restant en première ligne à côté des Etats-Unis?</b>       <br />
       Je constate que la France sera, si cette frappe intervient, le seul allié européen de M. Obama, d’ailleurs soutenu par l’ancien président Bush. C’est la situation inverse de celle de 2003, où les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient le concours de l’Italie, de l’Espagne, de la Pologne et d’autres pays européens. Là, nous sommes totalement isolés. J’ajoute que l’opinion publique est divisée. Ce n’est pas servir la défense du pays que d’engager nos forces dans un pareil contexte. Le président Hollande parle à juste titre du maintien de la souveraineté de la France. Mais l’indépendance de la France suppose que nous ne soyons pas ralliés à la ligne « occidentaliste », celle qu’on appelait autrefois néoconservatrice : c’est-à-dire l’Occident contre les autres.       <br />
              <br />
       <b>Vous êtes donc résolument hostile à des frappes?</b>       <br />
       Je n’ai pas un esprit systématique : je m’étais abstenu sur la Libye, j’ai été tout à fait en pointe sur le Mali. Quand on fait le bilan de toutes les ingérences, ce n’est pas très brillant : au Kosovo, nous avons récolté un Etat mafieux ; en Irak, où il n’y a plus d’Etat, il y a eu 1 000 morts en juillet dans des attentats ; en Libye, les milices islamistes sont maîtresses du terrain… Que se passera-t-il demain après Bachar al-Assad? Nous savons très bien qu’il y a des groupes jihadistes importants, armés de l’extérieur. Moi, je serais prudent. Il faut absolument privilégier les voies de la paix.       <br />
              <br />
       -------       <br />
       Source: <a class="link" href="http://www.leparisien.fr/politique/chevenement-la-france-n-a-pas-interet-a-entrer-dans-une-guerre-de-religion-01-09-2013-3097561.php?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter">Le Parisien</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/La-France-n-a-pas-interet-a-entrer-dans-une-guerre-de-religion_a1503.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Syrie: Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l'ingérence"</title>
   <updated>2012-08-15T17:40:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Syrie-Jean-Pierre-Chevenement-denonce-les-professionnels-de-l-ingerence_a1419.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4619204-6913207.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-08-15T17:32:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, mercredi 15 août 2012, 17h03.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/4619204-6913207.jpg?v=1345045220" alt="Syrie: Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l'ingérence"" title="Syrie: Jean-Pierre Chevènement dénonce les "professionnels de l'ingérence"" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, a dénoncé mercredi les &quot;professionnels de l'ingérence&quot; qui poussent, selon lui, la France &quot;à intervenir militairement&quot; en Syrie, dans une déclaration à l'AFP.       <br />
              <br />
       &quot;La Syrie n'est ni la Tunisie ni l'Egypte. C'est un pays plongé dans une guerre civile inspirée et alimentée de l'extérieur&quot;, estime-t-il.       <br />
              <br />
       Selon l'ancien ministre de la Défense, &quot;des professionnels de l'ingérence poussent aujourd'hui la France à intervenir militairement, fusse par la seule voie aérienne, en violation de la légalité internationale et au côté de pays dont les ambitions et les intérêts ne sont pas les nôtres&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Le précédent libyen ne saurait être invoqué&quot;, déclare-t-il. La résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU de mars 2011 a, selon lui, &quot;été interprétée au-delà de son objectif proclamé -la protection des civils-, jusqu'à un changement de régime dont l'une des conséquences a été la déstabilisation du Mali&quot;.       <br />
              <br />
       M. Chevènement rappelle que le président François Hollande &quot;a plusieurs fois souligné que la France n'interviendrait pas en dehors d'un résolution du Conseil de sécurité des Nations-unies&quot;. &quot;La politique de la France repose sur des principes et aucune campagne d'opinion ne doit l'en faire dévier&quot;, affirme-t-il.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Selon le sénateur du territoire de Belfort, &quot;la politique de +changement de régime+ a été pratiquée en Irak&quot; par l'ancien président américain George Bush en 2003, mais &quot;elle ne saurait aujourd'hui recevoir la caution de la France&quot;.       <br />
              <br />
       Dans le quotidien Le Monde, l'écrivain et essayiste Bernard-Henri Lévy, en pointe lors de l'intervention occidentale en Libye en 2011, a notamment lancé mardi un appel à une action militaire aérienne en Syrie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Syrie-Jean-Pierre-Chevenement-denonce-les-professionnels-de-l-ingerence_a1419.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"M. Sarkozy a préparé un traité qui met la France à la merci des orientations de Mme Merkel"</title>
   <updated>2012-07-06T14:26:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/M-Sarkozy-a-prepare-un-traite-qui-met-la-France-a-la-merci-des-orientations-de-Mme-Merkel_a1365.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2012-02-19T23:37:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Internationales sur RFI et TV5, dimanche 19 février 2012. Il répondait aux questions de Xavier Lambrechts (TV5 Monde) et Thomas Wieder (Le Monde).     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>Ce qui me meut est en réalité toujours la même idée, celle que je ne suis pas rallié au social-libéralisme, cela depuis 30 ans, et que je me bats toujours pour une société plus juste où l’État retrouverait un rôle de régulation et d'orientation stratégique.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ma candidature avait un but pédagogique. Je l'ai retirée le 1er février, avant que ne se produise l'inévitable polarisation au nom d'un vote utile, que je conteste d'ailleurs. L’élection présidentielle doit être l'occasion de faire émerger des idées nouvelles. C'est ce que j'ai essayé de faire en 2002.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Quand je considérerai que les lignes auront bougé, je pourrai dire à quel candidat j'apporte mon soutien les yeux ouverts. Je pense représenter un repère pour un certain nombre de gens. Par conséquent, je prendrai mes responsabilités.       
       </li></ul><ul class="list"><li>M. Sarkozy, qui fait une préemption de la France, oublie de nous dire qu'il a préparé un traité qui met en réalité la France à la merci des orientations de Mme Merkel et nous engage à réduire la dette publique à 60%. C'est la garantie de l’austérité à perpétuité. C'est un traité de déclin.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>Séparer les activités spéculatives et celles de banque de dépôt ne suffit pas. Si on veut véritablement sortir le pays de l'ornière, il faudrait une monnaie moins chère, organiser la croissance en Europe et que la BCE appuie le mécanisme européen de stabilité dont il est question.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Qui va souscrire  des obligations d'un mécanisme européen de stabilité dont le rôle sera de prêter aux États en difficulté ? Personne !       
       </li></ul><ul class="list"><li>François Hollande est un homme intelligent, capable de prendre la mesure d'une crise totalement inédite et qui périme les traités passés il y a 20 ans.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nicolas Sarkozy flatte toutes les communautés.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'étais favorable au droit de vote des étrangers aux élections municipales. J'y suis moins aujourd'hui car je pense que la citoyenneté ne se découpe pas en tranches. Par conséquent, je suis favorable à une facilitation de la naturalisation pour ceux qui la demandent. C'est une solution plus républicaine.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ne suis pas hostile au référendum quand celui-ci touche à des sujets importants comme les institutions ou la souveraineté de la France.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai trouvé Nicolas Sarkozy très incisif au début de son discours puis pataugeant. Par exemple, il met sur le même plan l'autorité du professeur et celle du policier. Ça n'a rien à voir. L'autorité du professeur découle de sa compétence. Pour le policier, c'est l'autorité de la loi.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je suis d'accord avec la proposition de Nicolas Sarkozy d'introduire une dose de proportionnelle aux législatives. Cependant, il faut que son application se fasse de manière à ce que le résultat du vote au scrutin majoritaire ne soit pas contredit.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je suis d'accord également avec l'idée d'une réduction du nombre de parlementaires. Il pourrait y en avoir moins.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le Président de la République n'est pas engagé par un accord qui concernent les partis. Il est l'homme de la Nation. Si je devais donner un conseil à François Hollande, ce serait de prendre beaucoup de distance avec ces accords de parti à parti et de faire en sorte de se déterminer par rapport à l'intérêt de la France à long terme.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai inventé la police de proximité. Il a fallu la penser. Nous y avons consacré beaucoup de temps pour définir une doctrine. Nicolas Sarkozy ne lui a pas donné le temps de faire ses preuves. C'est une erreur. D'ailleurs, il doit bien se rendre compte qu'il n'a pas répondu aux attentes de sécurité.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Si la zone euro avait été capable de se réformer profondément, elle aurait gagné un répit de quelques années. Ce qui s'est passé avec la Grèce ne se serait pas produit. Mais on intervient toujours trop tard.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faudrait avoir avec le peuple grec un dialogue franc et amical plutôt que de les soumettre au régime coercitif  et punitif actuel.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut peut-être aider la Grèce à dévaluer, à retrouver sa liberté monétaire. Il faut donner à l'économie grecque une compétitivité qu'elle n'a pas.       
       </li></ul><ul class="list"><li>C'est la politique de la France en Europe qui compte. Il faudrait qu'elle définisse un axe salvateur pour l'ensemble des pays européens, y compris pour l'Allemagne.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Les Allemands ont besoin de la France car sans elle, il n'y a pas d'Europe.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le soutien des dirigeants conservateurs européens à Nicolas Sarkozy ne changera rien au choix des Français       
       </li></ul><ul class="list"><li>On fera l'Europe à géométrie variable. D'ailleurs on s'y achemine avec le fameux TSCG qui distingue membres de la zone euro et observateurs.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La France n'a pas à soutenir Abdoulaye Wade ou à lui dire de partir. La colonisation c'est fini!       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je suis très attaché aux principes d’autodétermination des peuples et de non-ingérence.       
       </li></ul><ul class="list"><li>S'agissant de la Libye, nous avons interprété de manière très extensive la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. En revanche, j'approuve ce qui s'est fait en Côte d'Ivoire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Concernant la Syrie, on devrait pouvoir convaincre Bachar El-Assad de quitter le pouvoir. La Russie et la Chine le peuvent. Je ne crois pas qu'il faille encourager une rébellion qui aboutit à des flots de sang</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/M-Sarkozy-a-prepare-un-traite-qui-met-la-France-a-la-merci-des-orientations-de-Mme-Merkel_a1365.html" />
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   <title>"Si je me suis porté candidat, c'est par patriotisme"</title>
   <updated>2012-01-19T17:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Si-je-me-suis-porte-candidat-c-est-par-patriotisme_a1346.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2012-01-19T17:10:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de YouTube Elections 2012, en partenariat avec le CFJ, l'AFP et Twitter, mercredi 18 janvier 2012. Il répondait aux questions d'étudiants du CFJ.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.chevenement.fr/video/<iframe width="580" height="325" src="http://www.youtube.com/embed/bYMuji3AFUM" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>Si on peut me reprocher une chose pour 2002, c'est d'avoir eu des positions à bien des égards prémonitoires dont d'autres, qui s'exonèrent trop facilement de leurs responsabilités, auraient pu s'inspirer.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Si je me suis porté candidat, ce n'est pas pour négocier. Il n'y avait que des coups à prendre. Je l'ai fait par patriotisme. J'ai eu le sentiment que la France entrait dans une passe extrêmement dangereuse et que ce que j'avais dit depuis 20 ans allait se confirmer, c'est à dire que la crise de la monnaie unique allait se précipiter.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Luc Mélenchon s'est bonifié depuis le traité de Maastricht. Malheureusement, il n'a pas une stratégie de rassemblement, celle qui, seule, pourrait offrir une perspective de redressement de notre pays. Il faudrait qu'il s’appuie sur la souveraineté nationale, c'est à dire sur le peuple français tout entier, pour relever les défis qui sont à l'horizon.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos d'une VIe République</span>: Je pense que la Ve République fixe clairement les responsabilités. D'ailleurs le programme commun et l'union de la gauche ont débouché sur sa pérennisation. Car, quand François Mitterrand a accédé au pouvoir en 1981, il s'est appuyé sur la Ve République.       
       </li></ul><ul class="list"><li>L'idée des emplois jeunes était bonne et a permis de mettre le pied à l'étrier de beaucoup de jeunes       
       </li></ul><ul class="list"><li>Pour favoriser l'emploi, il faut une monnaie moins chère, reconstituer une Ministère de l'industrie, mener une politique en faveur des PMI avec un small business act, responsabiliser les grands groupes.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La seule protection efficace et rapide, c'est la protection monétaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il est scandaleux que l'Europe soit la seule zone du monde qui n'ait aucune croissance.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ce qui est la cause de la crise, c'est moins la dette que les déficits commerciaux de tous les pays européens, sauf l'Allemagne.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut concevoir au niveau européen un plan d'investissement sur emprunt européen. Il faut, là où c'est possible, procéder à des relances salariales. Par exemple, en Allemagne, cela s'est trop peu fait. Il faut, enfin, une baisse du niveau de l'euro.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Avec la monnaie unique, on a cru mettre un terme à des décennies d'affrontement. A vrai dire, l'euro risque de favoriser les affrontements plutôt que des les éviter.       
       </li></ul><ul class="list"><li>On constate, pour ces 10 dernières années, que les pays européens qui étaient hors de la zone euro ont eu des taux de croissance légèrement supérieurs à ceux des pays de la zone euro.       
       </li></ul><ul class="list"><li>L’Union Européenne n'est pas démocratique : la plupart de ses instances ne sont pas élues.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ne suis pas favorable à une intervention militaire en Syrie. C'est au peuple syrien, qui souffre terriblement, de trouver la solution. Ça n'empêche pas que des moyens de pression puissent s'exercer.        
       </li></ul><ul class="list"><li>On n'a jamais vu les faibles s'ingérer dans les affaires des forts. Le droit d'ingérence est hypocrite.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos du conflit israélo-palestinien</span> : Je suis profondément peiné par l'incapacité à trouver une solution à ce problème (…) Il faut le dire : la responsabilité des États-Unis est grande. M. Obama a reculé de manière spectaculaire. Cependant, je crois à son honnêteté. A long terme, il sait qu'on ne peut pas laisser puruler cet abcès au cœur du monde arabo-musulman.       
       </li></ul><ul class="list"><li>L'Afrique a des capacités de croissance qui ont été tout à faut sous-estimées. D'une certaine manière, le fait que la Chine et les Etats-Unis s'y intéressent, moi je ne le déplore pas. L'Afrique avait besoin d'avoir autre chose qu'un tête à tête avec la France et l'Europe.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le problème principal de l'Afrique est la construction d’États de droit, avec  des fonctionnaires intègres, avec un appareil éducatif de qualité.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je souhaite pour l’École une autre pédagogie, plus directive, une autre formation des enseignants, plus d'enseignants en primaire, une réforme de la maternelle.       
       </li></ul><ul class="list"><li>On a détruit la police de proximité. M. Sarkozy l'a caricaturée. Je pense qu'il faut y revenir et faire travailler ensemble tous les acteurs de la sécurité.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Si-je-me-suis-porte-candidat-c-est-par-patriotisme_a1346.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Sur une pente fatale</title>
   <updated>2011-11-29T19:52:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Sur-une-pente-fatale_a1290.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-11-29T19:52:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Jean-Pierre Chevènement sur le budget des affaires étrangères et européennes, mardi 29 novembre 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3488887-5023021.jpg?v=1322592789" alt="Sur une pente fatale" title="Sur une pente fatale" />
     </div>
     <div>
      En juillet 2010, vous signiez avec Hubert Védrine, <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/07/06/cessez-d-affaiblir-le-quai-d-orsay_1383828_3232.html">une tribune dans Le Monde</a>, dénonçant l’amoindrissement des moyens du Quai d’Orsay…Hélas, le budget que vous présentez s’inscrit dans la continuité.       <br />
              <br />
       La RGPP est passée par là, soulevant les clameurs, souvent justifiées que l’on sait. Je ne suis pourtant pas de ceux qui jugent indispensable l’accroissement sans fin des dépenses ou des effectifs et j’ai longtemps observé qu’en diplomatie, notamment multilatérale, peu d’hommes et de femmes déterminés travaillaient souvent plus efficacement et parfois avec plus de bonheur que de gros bataillons. Mais une préoccupation reste primordiale si l’on veut encore que notre action extérieure soit qualifiée de française : c’est celle des moyens de notre présence culturelle. Que vive l’Institut français certes, mais que nous le dotions de capacités suffisantes, fût-ce au prix d’arbitrage. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Je le regrette. Enfin, et c’est vital, tout simplement pour le maintien de notre pays sur la carte du monde, faisons venir en France des étudiants étrangers. Ranimons cette politique de bourses généreuse qui expliqua l’épanouissement de la francophonie, temps aujourd’hui hélas en voie de disparition.. J’imagine, Monsieur le Ministre, que si votre séjour au Canada vous a familiarisé avec les beautés de la langue anglaise, il vous a convaincu aussi, que les défenseurs de notre langue méritaient un vrai soutien, venu de notre cœur, venu de notre bourse aussi.        <br />
              <br />
       Quant au fond de votre action, cette année, j’en conviens, a été dense : Côte d’Ivoire, printemps arabe, Lybie, etc. Ces crises ont le mérite de nous ramener à deux questions fondamentales et d’actualité de la vie internationale : le rôle du Conseil de sécurité des Nations unies ; le rôle de ces instances plus récentes, parfois dressées en concurrence de l’ONU : G7, G8, G20. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Pour traiter de ces crises, vous avez finalement adopté la manière forte, loin de cette diplomatie dite d’influence, dont on se gargarisait dans votre propre ministère, il y a à peine un an.        <br />
              <br />
       Mais pour recourir aux sanctions et en fin de compte aux armes, vous avez choisi la voie du Conseil de sécurité, comme vous l’aviez d’ailleurs fait voici dix-sept ans pour déclencher l’opération turquoise au Rwanda. Choix juste, qui se distingue heureusement de l’action strictement unilatérale, pratiquée par un groupe de pays, OTAN ou coalition <span style="font-style:italic">ad hoc</span>, contre la Serbie en 1999 ou l’Irak en 2003. Dans ces deux derniers cas, c’est l’exercice de l’ingérence qui fut en jeu ce qui est tout sauf un droit, et qui reste condamné tant par les Nations unies que par des textes bilatéraux, tel par exemple ce communiqué franco-chinois d’avril 2009 réaffirmant avec éclat l’adhésion de notre pays au principe de non-ingérence.        <br />
              <br />
       Mais l’intervention extérieure est admise, si, loin d’être unilatérale elle est décidée collectivement par le Conseil de sécurité. C’est la mise en œuvre du principe de la responsabilité de protéger, codifié par un sommet des Nations unies en 2005, mais en réalité pratiqué depuis longtemps par les Nations unies.        <br />
              <br />
       Il suffit de se rappeler les très nombreuses résolutions du Conseil qui ont imposé la décolonisation, l’abolition de l’apartheid. Rien donc de très nouveau sinon que ce sommet de 2005, en précisant les conditions de mise en jeu de la responsabilité de protéger, en détaillant notamment les motifs acceptables d’intervention a accru, en vérité, l’obligation d’une réflexion responsable de tous les membres du Conseil.        <br />
              <br />
       Je ne discuterai donc pas les décisions prises, mais je m’interroge, Monsieur le Ministre, sur les modalités d’exécution et de strict respect des résolutions. La résolution 1973 sur la Lybie excluait formellement le détachement de troupes au sol par les coalitions. Soyons francs. La fanfaronnade de certains aidant, on voit bien que des éléments étrangers ont aidé sur le terrain à la victoire des rebelles. La résolution rappelait que toutes les parties devaient veiller à protéger les populations civiles quelle qu’elles soient. Fut-ce bien le cas lors des attaques par ceux qu’on appelait encore les rebelles contre la ville de Syrte ? Certains témoignages de journalistes ou d’ONG sont accablants. Chacun, enfin, a compris que l’objectif des coalisés, absents de la résolution, était bien celui d’un changement de régime, par la force, et non par la négociation ou la pression politique ou diplomatique, comme ce fut le cas en Tunisie ou en Egypte. Et on sait désormais, à la lumière de l’expérience, que plusieurs pays qui laissèrent passer en mars 2011 la résolution 1973 du Conseil, ne récidiveront plus. Est-ce un progrès ?       <br />
              <br />
       La logique de votre action, Monsieur le Ministre, doit donc vous conduire aujourd’hui, à rester plus que vigilant, face au comportement, de ceux que nous avons soutenus, à agir, pacifiquement certes, mais à intervenir autrement que par de simples discours, si des exactions ou des dérives s’accentuent. Vous devez rester exemplaire si vous voulez convaincre vos partenaires du Conseil car ceux-ci, vous le savez, ne sont pas des interlocuteurs faciles. Ces grands pays dont la France souhaitait l’accès au statut de membre permanent du Conseil, y sont aujourd’hui présents, par la vertu de l’élection. Ils se révèlent tels qu’ils sont, Brésil, Inde, Afrique du Sud, bientôt Pakistan, grands, ambitieux, méfiants parfois de nos supposées bonnes intentions. Ils vous rendront la vie compliquée. Mais c’est ainsi. Le monde n’est pas celui des emportements, des passades et bravades. Il est aussi celui de l’action continue, patiente, et par-dessus tout sans équivoque. Au nom des droits de l’homme, nous nous réjouissons tous des révolutions pacifiques dans le monde arabe. Mais ayons le courage de rappeler nos principes, ceux-là même de la déclaration universelle des droits de l’homme, dès que des dérapages surgissent, touchant le sort des minorités, ainsi les Coptes en Egypte.       <br />
              <br />
       Quand la menace du tribalisme se dessine, vous n’avez pas à encourager la guerre civile.       <br />
              <br />
       Vous avez mesuré, Monsieur le Ministre, que votre action face à ces nouveaux partenaires du Conseil serait rude. Que cette conviction ne vous entraîne pas à essayer d‘autres voies d’actions, à revenir à d’autres formules, celles du G8 ou du G20. Ces instances sont outillées pour traiter des problèmes financiers, monétaires, économiques, pour lesquels elles ont été créées. Il reste bon de rappeler que 174 pays sur 194 n’en sont pas membres, qu’un seul pays africain, l’Afrique du Sud, participe au G20. Vous savez la fâcheuse tendance qui emporte les <span style="font-style:italic">happy few</span>, les <span style="font-style:italic">beati possidentes</span>, etc. à se trouver bien entre eux, en club, à vouloir déborder le cadre de leurs compétences et à tout faire, bref à prendre en mains, comme ils disent, la gouvernance du monde. L’échec sera certain. On ne détruira pas la démocratie internationale, si exigeante et difficile soit-elle.        <br />
              <br />
       Tenez-vous en, Monsieur le Ministre, aux principes établis : la légitimité internationale repose, qu’on le veuille ou non, sur l’Onu. Acceptons-en les règles, si difficiles soient-elles.        <br />
              <br />
       Je n’ai pas parlé de l’Europe. La crise de la monnaie unique est une crise politique, la crise d’une Europe qu’on a voulu faire en dehors des nations, en imposant à dix-sept pays très différents le carcan d’un mark-bis.        <br />
       Au lieu de chercher à réconcilier l’Europe avec la croissance, vous évoquez une « Europe fédérale », comme si la régulation budgétaire mise en œuvre de Bruxelles pouvait donner autre chose qu’un système coercitif. Nous avons aujourd’hui une zone euro sans moteur, du fait du refus allemand de s’appuyer sur la Banque centrale européenne. La dictature d’une orthodoxie à courte vue installe partout ses hommes en balayant les gouvernements élus par des élections anticipées ou en remplaçant par des technocrates européens non élus, M Monti, en Italie, et M. Papademos en Grèce. Pour remodeler l’architecture financière de l’euro, nous n’avons guère d’alliés en Europe.       <br />
              <br />
       Devant la régression et le désordre prévisible, il est temps d’explorer les voies d’une transition aussi harmonieuse que possible. Je pense à la mutation de l’euro de la monnaie unique en monnaie commune.       <br />
              <br />
       Il est temps de refonder sur des bases réalistes, conforme à l’histoire et aux aspirations des peuples, l’esprit et les mécanismes d’une entreprise de solidarité européenne évidemment nécessaire. C’est un autre débat. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Sur-une-pente-fatale_a1290.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement sur RTL: "Ne nous donnons pas d'objectifs inaccessibles en Afghanistan!"</title>
   <updated>2011-07-14T11:31:00+02:00</updated>
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   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2011-07-14T11:29:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de RTL jeudi 14 juillet à 7h50. Il répondait aux questions de Philippe Corbé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <span class="u">A propos de l'Afghanistan :</span>       <br />
       <ul class="list"><li>Nous sommes dans une situation difficile.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Un auteur russe du siècle précédent disait que l'Afghanistan était un pays qui ne pouvait pas être conquis, et, ajoutait-il, qui ne mérite d'ailleurs pas de l'être       
       </li></ul><ul class="list"><li>La démocratie ne s'exporte pas. Il y a certainement dans la population afghane des gens qui ne veulent pas de la dure loi des Talibans.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a les conditions réunies aujourd'hui pour une rupture entre les populations afghanes dans leur diversité, dont l'élément pachtoune, et le terrorisme international, Al-Quaida. C'était le but de guerre initial.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Aujourd'hui nous devons agir comme une grande nation responsable. </li></ul>[…] Nous sommes amenés à suivre le mouvement par l'enchaînement même des décisions prises [par les Etats-Unis]       <br />
       <ul class="list"><li>Il faut laisser aux Afghans la possibilité de créer eux-mêmes leur propre gouvernement. Ne nous donnons pas d'objectifs inaccessibles !       
       </li></ul><ul class="list"><li>On n'imposera pas un modèle de démocratie à l'occidentale à un pays dont on voit bien que le fonctionnement repose sur des assemblées de notables.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nous sommes à la remorque des impulsions successives de l'administration américaine.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Nous devons faciliter la transition afghane, permettre à un gouvernement afghan de se maintenir. De ce point de vue-là, je pense que même après 2014, il faudra pouvoir apporter des soutiens à un tel gouvernement, y compris par des fournitures d'armes mais pourquoi pas en maintenant quelques bases avec un appui aérien.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Des grandes puissances responsables doivent faire en sorte que leur retrait ne se transforme pas en débâcle.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Croyez-le, je compatis à la douleur des soldats et de leurs familles, j'ai beaucoup d'émotion.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">A propos de la Libye : </span>       <br />
       <ul class="list"><li>La France doit rester le soldat du droit.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La &quot;responsabilité de protéger&quot; n'est pas l'ingérence.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je me suis abstenu lors du vote au Sénat.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il est temps de trouver une solution politique.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Kadhafi est destiné à s'effacer mais il faut trouver une solution politique qui permette au peuple libyen de trouver lui-même la voie de son avenir.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">A propos de 2012 :</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'officialiserai ma décision à l'automne.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je constate l'extrême atonie du débat.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Se battre sur une date de retrait en Afghanistan, ce n'est pas nourrir le débat.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Aucun candidat ne fait de proposition face à la crise de l'euro, qui va être la grand événement de l'été.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Par exemple, accroître les missions de la BCE, lui permettre de racheter des titres de dettes pour casser la spéculation, nourrir la croissance, éviter d'avoir une monnaie surévaluée qui favorise les délocalisations industrielles.       
       </li></ul><ul class="list"><li>L'euro est incontestablement en péril à partir du moment où la spéculation s'attaque à des pays aussi importants que l'Espagne et l'Italie.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le fonds européen de stablisation financière est tout à fait insuffisant.       <br />
              <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.rtl.fr/actualites/politique/article/jean-pierre-chevenement-ne-nous-donnons-pas-d-objectifs-inaccessibles-en-afghanistan-7702550682">RTL.fr</a></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>L'intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat sur la Libye en vidéo</title>
   <updated>2011-07-13T17:55:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/L-intervention-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-Senat-sur-la-Libye-en-video_a1175.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-07-13T17:29:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
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    <![CDATA[
Intervention de Jean-Pierre Chevènement sur la Libye au Sénat, mardi 12 juillet 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/Nous-avons-franchi-les-bornes-de-la-responsabilite-de-proteger-nous-sommes-dans-l-ingerence_a1173.html">Le texte de l'intervention est disponible ici</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Nous avons franchi les bornes de la responsabilité de protéger, nous sommes dans l’ingérence</title>
   <updated>2011-07-12T19:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Nous-avons-franchi-les-bornes-de-la-responsabilite-de-proteger-nous-sommes-dans-l-ingerence_a1173.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-07-12T19:52:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Jean-Pierre Chevènement sur la Libye au Sénat, mardi 12 juillet 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/3127119-4468291.jpg?v=1310493027" alt="Nous avons franchi les bornes de la responsabilité de protéger, nous sommes dans l’ingérence" title="Nous avons franchi les bornes de la responsabilité de protéger, nous sommes dans l’ingérence" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Ministre des Affaires étrangères nous déclarait, le 22 mars dernier : « Nous ne voulons pas nous engager dans une action de longue durée. L’opération aérienne sera limitée dans le temps ». L’opinion publique a d’abord approuvé cette action destinée à protéger des populations agressées par les armes de leurs propres dirigeants. Il ne s’agissait pas d’ingérence humanitaire. Non ! L’ingérence, c’est-à-dire l’action unilatérale déclenchée par un groupe de pays, à sa ou à leur discrétion, en fonction de valeurs qu’il affiche, qui lui sont propres ou prétendues universelles, est bannie expressément, rejetée par les Nations Unies dans une succession de textes que la France a régulièrement votés. Je précise que le talentueux ministre français qui s’est en son temps proclamé le champion de ce qu’il appelait le « droit » ou le « devoir d’ingérence » a, par deux fois, dans un bref communiqué commun signé avec la Chine au printemps 2009, réaffirmé le respect par notre pays du principe de « non-ingérence ».       <br />
              <br />
       Ce qui s’est passé en mars 2011, c’est la mise en œuvre d’un principe consacré par les Nations unies, par le droit international, celui de la « Responsabilité de protéger ». L’idée n’est heureusement ni révolutionnaire ni absolument nouvelle. Rappelons-nous le rôle de la FORPRONU, Force de protection des Nations Unies en Yougoslavie dans les années 1990.       <br />
              <br />
       Mais le principe de la « responsabilité de protéger », tel que consacré par l’assemblée générale des Nations unies en septembre 2005, lors de son sommet du 65ème anniversaire, est plus précis, codifié. Lorsque des menaces particulièrement graves existent, venant d’un gouvernement : crime de guerre, crime contre l’humanité, épuration ethnique, génocide, tout doit être fait par des moyens pacifiques pour convaincre les autorités coupables, de renoncer, mais en cas d’échec, le recours à la force est permis, non pas à la suite d’un choix unilatéral d’un pays quelconque, mais par une décision collective, unanime ou à la majorité du Conseil de sécurité. Il faut donc l’accord de celui-ci, contrairement à ce qui s’est passé lors de l’action de l’OTAN contre le Kosovo en 1999.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      C’est cette voie, difficile à engager mais légale, celle du recours au Conseil de Sécurité – qui a été officiellement suivie par la diplomatie française au printemps de cette année et qui a abouti à la résolution 1973, votée par dix pays avec cinq abstentions : Russie, Chine, Brésil, Inde, Allemagne.       <br />
              <br />
       Le but, on l’a dit, c’est la protection de la population. Ce n’est pas le changement de régime. L’expérience a prouvé qu’il était possible de faire reculer des gouvernements, ainsi en 1995 Milosevic, sans provoquer, dans l’immédiat, leur élimination.       <br />
              <br />
       Quatre mois bientôt se sont écoulés et se vérifie l’adage que je vous rappelais le 22 mars : « On sait comment on commence une guerre. On sait rarement comment on la termine ».       <br />
              <br />
       Le courage et le professionnalisme de nos soldats méritent pleinement d’être salués. Mais être solidaire de nos soldats n’implique pas la solidarité du Parlement avec le gouvernement auquel les militaires obéissent par nécessité. Les parlementaires, pour ce qui les concerne, n’ont de comptes à rendre qu’au peuple français.  Or, vous avez fait évoluer les buts de guerre : Monsieur le Premier ministre avait déclaré, le 22 mars 2011 : « Nous appliquons toute la résolution 1973, rien que la résolution 1973 ». Mais en fait, on est passé de la responsabilité de protéger à l’objectif d’un changement de régime. M. Alain Juppé déclarait le même jour : « Il est possible à tout moment au régime de Kadhafi d’arrêter l’intervention militaire organisée sous mandat des Nations Unies : il lui suffit d’accepter la résolution 1973, c’est-à-dire de respecter un cessez-le-feu, de retirer ses troupes des positions qu’elles occupent et de laisser les Libyens s’exprimer librement. Dans la minute où le régime de Kadhafi respectera les obligations résultant de la résolution 1973, les opérations militaires cesseront. »       <br />
              <br />
       Plusieurs semaines après le déclenchement des opérations, quelle est la situation ?       <br />
              <br />
       Des populations ont été effectivement protégées, et chacun s’en réjouit. Mais les combats se poursuivent. Malgré toutes les précautions prises, les opérations de bombardement menées par l’OTAN, en dépit de nos réserves initiales, entraînent inéluctablement des pertes civiles. Ce résultat est évidemment contraire au principe rappelé dans son préambule (paragraphe 3) par la résolution 1973 selon laquelle « il incombe au premier chef aux parties à tout conflit armé de prendre toutes les mesures nécessaires, voulues pour assurer la protection des civils. » « Aux parties à tout conflit armé » : cette expression désigne tous les intervenants, qu’ils soient Libyens ou forces de l’OTAN.       <br />
              <br />
       En exigeant le départ de Kadhafi que vous receviez à Paris, il y a trois ans, en le faisant inculper par le CPI, en parachutant des armes aux rebelles, vous avez changé la nature de l’intervention. Nous sommes passés de la « responsabilité de protéger » les civils à l’ingérence, si tant est que les mots aient un sens.       <br />
              <br />
       Le but d’un changement de régime n’est pas dans la résolution 1973. Mais il s’inscrit, depuis le début du printemps arabe, dans l’air du temps, tel que le comprennent beaucoup de dirigeants occidentaux. Force est, cependant, de rappeler que l’évolution vers la démocratie ne peut se faire de la même manière dans tous les pays : la révolution démocratique – le renversement des gouvernements par le peuple (ou du moins une fraction militante de celui-ci) peut survenir dans de vieux pays suffisamment homogènes, proches de nos États-nations européens, tels la Tunisie ou l’Egypte.       <br />
              <br />
       La révolution démocratique s’opère – on le voit malheureusement – beaucoup plus difficilement là où les divisions d’opinion se superposent à des fractures tribales ou confessionnelles : Yémen, Bahreïn, Syrie, Liban, Libye. En chacun de ces pays, la guerre civile menace. Et l’action militaire extérieure ne peut qu’exacerber certaines tensions ou aller par les victimes qu’elle occasionne à l’encontre du but poursuivi qui est de protéger tous les civils sans exception.       <br />
              <br />
       La France est membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Elle y dispose d’une influence importante. Le droit est le droit.       <br />
              <br />
       On peut bien sûr interpréter à loisir la résolution 1973 dont les termes sont sans doute trop généraux. Mais est-ce l’intérêt de la France ? La souveraineté nationale a été une conquête de la Révolution de 1789. Elle reste la base de l’ordre international. Ce n’est pas par hasard que l’ONU s’appelle « Organisation des Nations Unies ». La Libye est un Etat fragile qui réunit trois régions très différentes : la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan, aux prégnances tribales encore fortes. Toute guerre est déstabilisatrice, à plus forte raison si elle se prolonge. La dissémination des armes notamment dans le Sahel ne peut que favoriser les activités terroristes. On a découvert des missiles Sam 7, au Niger. L’afflux des réfugiés, le retour des migrants installés en Libye fragilisent les Etats voisins. 470 000 réfugiés s’entassent à la frontière tuniso-libyenne. A proportion des populations, c’est comme si la France devait accueillir 3 millions de réfugiés sur son sol. Qu’a fait la France face à ce drame humain ? Elle a proposé de revoir les accords de Schengen. Plus de 1000 réfugiés au moins ont péri noyés au large de l’île de Lampedusa dans l’indifférence générale. On attend de la France une attitude moins myope et surtout plus généreuse. Partout le désordre et l’anomie menacent. Ils ne sont dans l’intérêt de personne et particulièrement pas du nôtre.       <br />
              <br />
       Nous devons donc faire respecter partout la souveraineté des nations, sous réserve de cette notion de « responsabilité de protéger » qu’une interprétation extensive de la résolution 1973 ne peut qu’affaiblir. Quand donc le Conseil de Sécurité désormais acceptera-t-il d’y recourir, sans qu’un de ses membres permanents y fasse obstacle par l’usage de son droit de veto ? La France doit rester le soldat du droit !       <br />
              <br />
       Il était nécessaire de donner un coup d’arrêt devant Benghazi et d’aider à dégager Misrata, mais ne faudrait-il pas alors favoriser les négociations entre les deux parties plutôt que de nourrir une guerre civile par des parachutages d’armes par exemple ? En réalité, vous vous êtes donné un objectif – le changement de régime dont la résolution 1973 qui proscrit l’utilisation des forces au sol, ne vous donnait pas les moyens militaires, car l’arme aérienne ne peut pas tout.       <br />
              <br />
       On peut le regretter, mais tout montre que vous avez surestimé la capacité d’influence du CNT de Benghazi et sous-estimé la capacité de résistance du régime du colonel Kadhafi. Certes, celui-ci n’est pas sympathique, mais le régime syrien l’est-il tellement davantage ? D’ores et déjà vous faites apparaître un droit international à plusieurs vitesses : n’y aurait-il pas intérêt à protéger aussi d’autres populations ? Et voilà que s’ouvrirait un engrenage sans fin … Bien entendu, vous n’interviendrez pas ailleurs. Non seulement parce que nous sommes, comme l’a dit M. le Ministre de la Défense, « au taquet de nos engagements », mais parce que le CSNU ne l’autorisera pas et parce que l’opinion publique française réprouve à juste titre la notion d’ingérence qu’au demeurant la France n’a jamais acceptée aux Nations Unies. Enfin, les Etats-Unis n’ont nulle envie d’ouvrir de nouveaux fronts. Le Président Obama n’a jamais envisagé qu’un soutien limité et la Chambre des représentants, où les Républicains sont majoritaires, vient de demander la fin de tout engagement américain en Libye même.       <br />
              <br />
       J’avais relevé, le 22 mars, un « léger parfum d’aventurisme » dans votre politique après l’intervention d’un pseudo philosophe, théoricien de longue date du droit d’ingérence, intervention qui a semble-t-il pesé dans les choix du Président de la République. Mais peut-être la décision d’intervenir en Libye servait-elle aussi de rattrapage pour faire oublier un certain « retard à l’allumage » en Tunisie …       <br />
              <br />
       Il est temps maintenant de trouver une solution politique, éventuellement fédérale, sous réserve que soient préservées autant que possible l’intégrité et l’unité du pays. C’est aux Libyens d’en décider. Chaque peuple doit trouver son propre chemin vers la démocratie. Les responsables du CNT seront reçus demain par le Conseil de l’OTAN. Il faudrait les convaincre que l’OTAN ne peut se substituer au peuple libyen.       <br />
              <br />
       Bien évidemment, le départ du colonel Kadhafi serait bienvenu, pourvu, bien sûr, que ne succède pas aussitôt un régime de vengeance, d’exactions, ou d’instabilité, comme la situation au Kosovo n’est pas loin d’en offrir le triste exemple. Mais le « groupe de contact » devrait œuvrer en vue d’un redoublement des efforts diplomatiques, en vue d’une voie négociée.       <br />
              <br />
       L’affaire du Kosovo ne s’est pas conclue – je le rappelle – par la victoire écrasante des forces de l’OTAN et par la reddition des Serbes. La Russie qui n’était pas partie au conflit, qui avait condamné l’intervention militaire, s’est entremise et a facilité un accord qui, de part et d’autre, préservait l’avenir.       <br />
              <br />
       Dans le cas de la Libye, les membres de la Ligue arabe, malgré l’appui donné au départ au principe de la création d’une zone d’exclusion aérienne, manifestent aujourd’hui un soutien plus hésitant à l’action militaire. La Tunisie, l’Egypte sont frappées de plein fouet par l’exode des réfugiés. Des médiations sont entreprises du côté de la Ligue arabe. Le Premier ministre tunisien a reçu des émissaires des deux camps. L’Union africaine, depuis le départ, s’est montrée encore plus ouvertement favorable à la négociation. Un envoyé spécial a d’ailleurs été nommé par le secrétaire général, M. Abdel-Elah Mohamed Al-Khatib pour, je cite, « apporter une solution durable et pacifique à la crise en Libye ». Il semble même que des contacts aient été pris entre le CNT de Benghazi et le régime de Tripoli que l’Union européenne et le gouvernement français ne devraient pas chercher à dissuader.       <br />
              <br />
       Quels sont les développements et les possibles conclusions des contacts qui ont été pris ? Pouvons-nous en tout cas ignorer ces efforts et nous en tenir à la seule option militaire ? Pouvons-nous au contraire, les encourager ?       <br />
              <br />
       Soyons logiques avec nous-mêmes. Nous ne cessons de prôner l’accès au statut de membre permanent du Conseil de sécurité de plusieurs pays dont nous soulignons la maturité, la puissance, l’esprit de responsabilité, etc. : le Brésil, l’Inde, l’Allemagne. Or, que s’est-il passé lors du vote de la résolution 1973 : la Chine, la Russie mais aussi l’Inde, l’Allemagne et le Brésil se sont abstenus. Ne devons-nous pas, pour une fois mettre nos actes en accord avec nos déclarations et nous interroger sur les raisons de la décision de ces pays ? Mieux, montrer que nous attachons vraiment du prix à leur attitude en ouvrant sur ce sujet une discussion avec eux. Que proposent-ils pour la Libye ? Font-ils quelque chose pour convaincre le gouvernement libyen de changer, ou de s’effacer pacifiquement ? Pouvons-nous les assister ? Ou devons-nous tirer la conclusion qu’ils ne se soucient pas vraiment de ce principe, pourtant universellement acclamé, de la « responsabilité de protéger ».       <br />
              <br />
       Il est temps, Messieurs les ministres, de conclure cette opération. Pour ce qui me concerne, je ne puis l’approuver car nous avons franchi les bornes de « la responsabilité de protéger ». Nous sommes dans l’ingérence, même si on peut ratiociner à l’infini sur l’interprétation de la résolution 1973.        <br />
              <br />
       Mais je ne veux pas émettre un vote qui pourrait être interprété comme un désaveu de ceux qui luttent pour la démocratie dans le monde arabe et pour la liberté de leurs peuples. J’exprimerai mes très fortes réserves par un vote d’abstention qui se veut aussi un appel au gouvernement pour qu’il trouve désormais rapidement à ce conflit une solution politique, conforme à l’intérêt de la France.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Qui veut faire l’ange fait la bête</title>
   <updated>2007-08-23T17:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Qui-veut-faire-l-ange-fait-la-bete_a408.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-08-23T16:52:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On aimerait que, de retour de Bagdad, le théoricien du droit d’ingérence humanitaire, Bernard Kouchner, qui avait inspiré en 1989 une intervention en ce sens de François Mitterrand à l’O.N.U., et qui s’était à l’époque dépensé sans compter pour la cause kurde, tant en Turquie qu’en Irak, fasse, vingt ans après, le bilan réel de son activisme.     <div>
      Faisons le compte :       <br />
       1) la première guerre du Golfe (1991) : 100.000 morts selon, une évaluation de l’Etat-major américain à la fin des opérations, en mars 1991 ;       <br />
       2) l’embargo maintenu pendant treize ans de 1990 à 2003 sur l’ensemble du peuple irakien, considéré comme solidaire du régime baathiste : 500.000 victimes, selon les estimations les plus mesurées, du fait de la malnutrition et des épidémies ;       <br />
       3) l’invasion de l’Irak en 2003 : 30.000 morts selon les estimations américaines (sans doute minorées) ;       <br />
       4) la guerre civile entre les « communautés » irakiennes (2003 – 2007) soit 400 à 500.000 morts selon une expertise scientifique anglo-américaine.       <br />
              <br />
       Au bas mot, cela fait un million de morts.       <br />
              <br />
       Je ne parle évidemment pas de l’aspect géopolitique : un boulevard ouvert à l’intégrisme, l’Irak brisé, face à un Iran désormais consacré comme la puissance dominante incontestée de la région, une <span style="font-style:italic">« guerre des civilisations »</span> dont on ne voit pas l’issue.       <br />
              <br />
       M. Kouchner déclare avoir sous-estimé le fanatisme des Irakiens <span style="font-style:italic">« quelle que soit leur communauté d’appartenance »</span>. Qui osera encore parler de la responsabilité des hommes politiques ?       <br />
              <br />
       Les idées valent à proportion inverse du sang versé.       <br />
              <br />
       La modération n’est pas glorieuse mais elle est plus humaine. <span style="font-style:italic">« Qui veut faire l’ange fait la bête »</span> (Pascal). L’ingérence est médiatique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>La France contre les « neo-cons »</title>
   <updated>2009-09-13T22:31:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/La-France-contre-les-neo-cons_a246.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2007-03-05T16:22:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
J’ai écouté attentivement l’allocution de Nicolas Sarkozy, consacrée à la politique extérieure et de sécurité.     <div>
      Nicolas Sarkozy, en rendant hommage à la politique de Jacques Chirac, a bien essayé de se dédouaner de l’erreur monumentale qu’il avait commise en septembre 2006 quand il était allé, à Washington, s’excuser de <span style="font-style:italic">« l’arrogance »</span> de la France  face à l’invasion de l’Irak par M. Bush. C’est en vain qu’il a cherché à se rattraper, le 28 février 2007, en saluant la politique extérieure de Jacques Chirac et en parlant d’<span style="font-style:italic">« aventure »</span> à propos de l’intervention américaine en Irak.       <br />
              <br />
       Une journaliste libanaise s’en étonnait : <span style="font-style:italic">« Vous avez changé sur l’Irak ? »</span>. A quoi Sarkozy répondait en la défiant de trouver une trace écrite de son adhésion à la guerre américaine. En effet, il n’y a aucune trace écrite de son approbation, mais il y a des traces orales de ses propos et des déclarations publiques d’hommes politiques favorables à l’intervention et connus pour leur étroite proximité avec lui : MM. Pierre Lellouche, Axel Poniatowski, Patrick Devedjian, etc.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      M. Sarkozy est peut-être habile mais Nicolas <span style="font-style:italic">« l’Américain »</span>, comme il se vantait lui-même d’être appelé, ne nous fera pas prendre des vessies pour des lanternes.       <br />
              <br />
       Lisons-le d’ailleurs plus attentivement : il exprime, dans sa doctrine de politique extérieure, une pensée étonnamment proche de celle des néo-conservateurs américains : comme eux, il déclare <span style="font-style:italic">« refuser le relativisme culturel »</span>. On croirait entendre Richard Perle, Paul Kagan, Paul Wolfowitz et leur maître à penser, Allan Bloom :       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Les valeurs doivent être imposées. Elles doivent vaincre d’autres valeurs opposées. Les cultures se livrent la guerre les unes aux autres et il est bien qu’il en soit ainsi : car c’est seulement en triomphant des autres et non en raisonnant avec eux qu’on peut affirmer des valeurs »</span>.       <br />
              <br />
       Dès lors les expressions employées par Nicolas Sarkozy : <span style="font-style:italic">« promouvoir les droits de l’Homme », « tous les peuples ont droit à la démocratie », « l’information planétaire interdit le silence »</span>, prennent tout leur sens : dans un monde dominé par une information unilatérale, le <span style="font-style:italic">« devoir d’ingérence »</span> nous conduira là où les Américains voudront nous faire aller.        <br />
              <br />
       La presse n’a pas relevé la pique adressée à Dominique de Villepin. Tandis que celui-ci avait souhaité l’évacuation des troupes américaines d’Irak <span style="font-style:italic">« avant la fin de 2008 »</span>, Nicolas Sarkozy opine doctement : <span style="font-style:italic">« La France n’est pas la mieux placée pour fixer un terme … Au gouvernement irakien (sic) de décider »</span>.       <br />
              <br />
       Pour qui a écouté Nicolas Sarkozy avec attention, l’importance accordée en matière de politique de défense aux projections de forces à l’extérieur, les fameuses <span style="font-style:italic">« OPEX »</span>, l’insistance mise sur les interventions <span style="font-style:italic">« préventives »</span> et la <span style="font-style:italic">« capacité de frappe dans la profondeur »</span> ne trompent pas : c’est vers une politique extérieure étroitement alignée sur celle des Etats-Unis que nous acheminerait le candidat « néo » conservateur s’il était élu.       <br />
              <br />
       Combien contrastent, en regard, les expressions fortes employées par Ségolène Royal lors de son intervention sur la défense, le 3 mars dernier :       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« La France et l’Europe sont attachées au multilatéralisme. Puissances militaires, mais sans ambition impériale, elles entendent contribuer à la sécurité collective fondée sur le respect du droit international … La défense nationale ne signifie pas la multiplication sans discernement d’opérations extérieures qui peuvent être fort éloignées de nos intérêts directs … Sécurité d’approvisionnement européenne signifie autonomie de l’Europe vis-à-vis des Etats-Unis dans le domaine de l’armement… Devant le désordre du  monde, nous devons faire émerger en Europe un acteur stratégique indépendant … Je n’engagerai qu’avec discernement nos armées dans des opérations extérieures, même si certaines sont indispensables pour préserver la paix ou contribuer à l’exécution des résolutions des Nations Unies. »</span>       <br />
              <br />
       En lisant attentivement l’un et l’autre des deux candidats, on voit bien que la défense européenne distincte de l’OTAN est pour Ségolène Royal une perspective essentielle, tandis que pour Nicolas Sarkozy, OTAN et défense européenne se superposent étroitement. Entre ces deux visions, il y a l’écart qui sépare l’espérance du renoncement, la volonté que la France ne sorte pas de l’Histoire et la résignation à l’ordre établi du monde.       <br />
              <br />
       De ces deux visions, quelle est la plus raisonnable, celle, à court terme, de Nicolas Sarkozy ou celle, à long terme, de Ségolène Royal ?       <br />
              <br />
       L’avenir de la France ne se trouve évidemment pas dans une vision néo-conservatrice de l’Histoire mais dans la promesse d’une <span style="font-style:italic">« Europe européenne »</span>, avec et par la France. On dit souvent que la France suit l’Amérique avec quelques années de retard. N’importons pas à la tête de l’Etat un néo-conservateur, quand les Américains vont donner congé à celui qu’il avaient élu ! Jouons la France contre les « néo-cons » !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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