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 <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-15T04:53:35+02:00</updated>
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   <title>Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "Quel avenir pour la francophonie?"</title>
   <updated>2017-03-01T12:52:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Actes-du-colloque-de-la-Fondation-Res-Publica-Quel-avenir-pour-la-francophonie_a1907.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2017-02-28T19:32:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les actes du colloque du 12 décembre 2016 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/11275250-18765250.jpg?v=1488369147" alt="Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "Quel avenir pour la francophonie?"" title="Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "Quel avenir pour la francophonie?"" />
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Accueil-et-introduction-par-Jean-Pierre-Chevenemment_a1007.html">Accueil et introduction de Jean-Pierre Chevènement</a>, Président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-francais-en-France-cadre-legal_a1008.html">Le français en France, cadre légal</a>, par Stéphane Martin, directeur général de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-Francophonie-multilaterale-voies-et-impasses-d-une-alliance_a1009.html">La Francophonie multilatérale: voies et impasses d'une alliance</a>, par Xavier Michel, ancien fonctionnaire international, ancien ambassadeur - représentant permanent de l’Organisation Internationale de la Francophonie auprès des Nations Unies à Genève et auprès de l’Union européenne à Bruxelles       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-Francophonie-comment-et-pourquoi-Trois-moments-quelques-reflexions-et-autant-de-propositions_a1010.html">La Francophonie, comment et pourquoi? Trois moments, quelques réflexions et autant de propositions</a>, par Michèle Gendreau-Massaloux, Ancienne rectrice de l'Agence Universitaire de la Francophonie       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-Francophonie-un-enjeu-majeur-pour-la-France-du-XXIeme-siecle_a1011.html">La Francophonie, un enjeu majeur pour la France du XXIème siècle</a>, par Jérôme Clément, Président de la Fondation Alliance française       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/La-Francophonie-un-espace-heterogene-et-une-ambition-mondiale_a1012.html">La Francophonie: un espace hétérogène et une ambition mondiale</a>, par Jean-Christophe Rufin, Ecrivain, membre de l’Académie française, ancien ambassadeur au Sénégal       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a1013.html">Débat final</a>       <br />
              <br />
       Voir les actes du colloque <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Quel-avenir-pour-la-francophonie_r136.html">&quot;Quel avenir pour la francophonie?&quot;</a> en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       Les actes du colloque &quot;Quel avenir pour la francophonie?&quot; sont disponibles <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/shop/Quel-avenir-pour-la-francophonie_p124.html">à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"La France est-elle toujours une nation ?"</title>
   <updated>2014-08-08T10:41:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/La-France-est-elle-toujours-une-nation_a1652.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2014-08-07T20:11:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé au Figaro Magazine, le 8 août 2014. Propos recueillis par Patrice de Méritens.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6883972-10522833.jpg?v=1407435571" alt=""La France est-elle toujours une nation ?"" title=""La France est-elle toujours une nation ?"" />
     </div>
     <div>
      <b>Le Figaro Magazine : La question même de la nation doit-elle être posée pour la France ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> On n’efface pas comme cela une nation, même si la nôtre connaît une réelle éclipse depuis la fin de la Première Guerre mondiale. La France est alors entrée dans une crise de longue durée. La paix de Versailles a d’emblée été fragilisée par le refus des Etats-Unis d’abord d’honorer la garantie donnée par Wilson à Clemenceau, ensuite de ratifier le traité de Versailles et enfin d'entrer à la Société des nations (SDN). Saignée à blanc par la Grande Guerre, la France, déjà démographiquement affaiblie, a sombré dans un pacifisme à courte vue, à droite comme à gauche. Les Français se sont détournés de la République pour aller chercher des exemples à Moscou, à Rome ou à Berlin. L’effondrement de 1940 a sanctionné la division de la France contre elle-même autant que son isolement diplomatique. Le coup aurait pu être fatal, et c’est à De Gaulle, comme en son temps à Jeanne d’Arc, que nous devons la survie de la France.       <br />
              <br />
       La parenthèse gaullienne s’est refermée quand un jeune Président a expliqué à la France qu’elle ne représentait plus que 1 % de la population mondiale. Les accords de la Jamaïque (1976) ont instauré le dollar comme monnaie mondiale, tandis que le franc s’accrochait au mark, monnaie trop forte pour une économie française aux pôles de compétitivité encore mal assurés. L’abandon de l’Etat stratège a suivi dans les années 80. Avec la réunification allemande et l’élargissement à l’Est, la France a perdu sa position centrale en Europe. L’abandon de notre souveraineté monétaire en 1992 s’avère avoir été un choix désastreux. Une monnaie surévaluée plombe aujourd’hui notre économie. La Ve République a peu à peu tourné le dos à l’intention première de De Gaulle de soustraire le gouvernement à l’influence des partis. La situation s’est retournée au point qu’aujourd’hui la logique des partis domine l’Etat. Même si l’on glose sur l’arrivée du FN au premier tour de la présidentielle, la victoire au second tour reviendra encore en 2017 à l’un des deux partis dits de gouvernement. Mais dans ce système dont le FN est lui-même partie prenante, l’intérêt de la France se perd. Notre pays a désappris à penser mondial, en oubliant que la France est d’abord l’aînée de la grande famille des nations humaines et non pas seulement une nation occidentale parmi d’autres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Comment le désamour, pour ne pas dire la haine de la nation, se sont-ils développés ?</b>       <br />
       La déconstruction du mythe national a été reprise, dans les années 70, en réaction au gaullisme, qui avait remis la nation à l’honneur. Cette animadversion est alimentée par plusieurs courants : la mondialisation et l’ultralibéralisme d’une part, avec la débandade des élites optant pour l’expatriation, persuadées qu’elles sont que, dans l’océan du marché mondial, la France ne compte plus. L’autre courant, héritage d’un internationalisme mal pensé, décrit les nations comme si elles étaient la source de tout le mal.       <br />
              <br />
       <b>Affirmation à laquelle souscrivait M. Mitterrand…</b>       <br />
       François Mitterrand n’a pas dit « <span style="font-style:italic">les nations, c’est la guerre</span> », mais « <span style="font-style:italic">le nationalisme, c’est la guerre</span> ». Nuance. Le nationalisme est une maladie de la nation. Mitterrand était patriote. Pour autant, il n’est guère contestable qu’il a, par cette phrase, contribué à créer la confusion…       <br />
              <br />
       <b>Revenons donc aux courants antinationaux.</b>       <br />
       Le colonialisme, que je distingue de la colonisation, était haïssable. Mais si la colonisation, depuis le XVIe siècle, a été un processus violent, elle a aussi unifié la planète. La France y a pris sa part, mais il n’y a pas lieu d’instruire à son égard un procès particulier auquel échapperaient d’autres nations dont le comportement a été autrement plus expéditif et le racisme plus définitif. La France a entraîné dans la modernité des peuples qui y étaient souvent restés étrangers jusqu’alors. Le colonialisme ne pouvait en définitive que susciter le rejet, mais les liens tissés par l’Histoire subsistent de part et d’autre. Ainsi, la francophonie offrira une langue partagée à un demi-milliard d’hommes en 2050. C’est le grand écrivain algérien Kateb Yacine qui parlait du français comme d’un « butin de guerre ». Cinq millions de citoyens français ont leurs racines outre-Méditerranée. C’est une richesse dont il faut tirer parti. Cette       <br />
       histoire commune, il nous revient de la transformer pour en faire un destin partagé. C’est par là, et non par une repentance sans horizon, que passe pour la France le chemin d’une grandeur retrouvée.       <br />
              <br />
       <b>Mais avons-nous encore la flamme ?</b>       <br />
       La France doit se rappeler qu’elle a fait la Révolution, dont aujourd’hui les principes et les valeurs structurent politiquement la planète. Clemenceau disait que la République avait l’avenir devant elle. La nation, la citoyenneté, la laïcité, le mérite doivent être pour nous un sujet de fierté. Or, notre panne actuelle réside pour beaucoup dans notre aveuglement face aux pays émergents qui ont souvent adopté certaines de nos valeurs alors que nous les abandonnions. Nombre de pays dits jadis du « tiers-monde » se sont appropriés la nation, la science, la technologie, et travaillent plus et mieux que nous. Les écoliers coréens étudient 1 300 heures par an, contre seulement 847 chez nous. Sans en arriver là, sans doute y a-t-il quelque chose à faire du point de vue du calendrier scolaire. Il faut par ailleurs lutter contre l’idéologie des « droits à », en se rappelant que ces derniers doivent être financés et qu’il n’y a pas de droits sans devoirs.       <br />
              <br />
       Ranimer le sens de l’effort ne saurait être l’apanage d’un seul courant politique. La France, droite et gauche confondues, doit réapprendre à penser mondial. La France a des atouts pour relever le défi de la mondialisation. C’est un travail collectif à accomplir, qui doit mobiliser toutes les sensibilités et sans doute même être programmé en dehors des partis. L’exemple vient toujours d’en haut : aux élites de prendre leurs responsabilités, notamment celles qui sont issues des meilleures écoles, Polytechnique, l’ENA, les Mines, qui doivent beaucoup à la France, et dont on pourrait attendre qu’elles rendent mieux à la nation la monnaie de l’investissement qu’elle a consenti en leur faveur. Il est temps de ressusciter chez nous un patriotisme qui semble si naturel non seulement dans les nations émergentes mais aussi dans des pays comme       <br />
       l’Angleterre et même aujourd’hui l’Allemagne.       <br />
              <br />
       <b>Ne perçoit-on pas à cet égard un certain frémissement ? La notion même de patrie est bien moins conspuée qu’il y a trente ans…</b>       <br />
       En 1985, alors que j’étais ministre de l’Education nationale, j’ai provoqué un scandale en rappelant que, dès lors qu’elle faisait partie du répertoire scolaire, La Marseillaise devait être apprise dans les écoles. Déclaration qui m’a valu nombre de protestations, avec des nobles coeurs affirmant qu’ils n’entonneraient jamais un chant où il était question « qu’un sang impur abreuve nos sillons »… J’ai eu beau répondre qu’il fallait replacer cette phrase dans le contexte de l’époque, rien n’y faisait. Et puis, peu à peu, les cris se sont tus. La Marseillaise est désormais chantée dans les stades, mais aussi dans les meetings politiques. Et de fait, comment ne pas ressentir de la fierté face à l’armée française ? Sous-lieutenant en Algérie lors de la transition vers l’indépendance, puis ministre de la Défense de 1988 à 1991, je l’ai vue de près sur cinquante ans. Certes amincie aujourd’hui, elle demeure d’une remarquable efficacité avec des soldats endurants et stoïques et de brillants officiers – armée d’élite qui est l’un des éléments de notre rayonnement au plan international. La loi, confirmée le 14 juillet par le président de la République, lui garantit ses moyens. Avant 1914, il y avait l’Angleterre, l’Allemagne, la Russie, les États-Unis et la France. En matière de PNB, nous demeurons aujourd’hui en cinquième position après les États-Unis, la Chine, le Japon et l’Allemagne. Malheureusement, une stagnation économique programmée risque de nous faire régresser au septième ou huitième rang d’ici à quelques années, alors que nous avons un potentiel de croissance d’au moins 2,5 % par an. Avec une gauche et une droite également en crise, la mobilisation des élites et l’effort collectif sont plus que jamais devenus des urgences.       <br />
              <br />
       <b>Quelle est la spécificité de la France et qu’est-ce qui peut lui permettre de continuer à être une nation ?</b>       <br />
       Sa spécificité, c’est la République, même si la France lui a préexisté. On peut même dire que, sans la France, il n’y aurait pas eu la République . Celle-ci est aujourd’hui le nom moderne de la France. Nous avons perdu la lutte pour l’hégémonie mondiale à Trafalgar et à Waterloo. Mais la Grande-Bretagne à son tour a perdu la sienne. Et l’idée républicaine a triomphé. En Europe d’abord : c’était le sens du traité de Versailles. Plus tardivement, ont surgi des anciens empires coloniaux, y compris de l’Empire soviétique, des nations dont la référence affirmée est la République, même s’il y a loin de la coupe aux lèvres…       <br />
              <br />
       <b>Pour autant, on voit l’émergence d’un califat virtuel entre l’Irak et la Syrie qui récuse violemment nos valeurs républicaines, laïques et démocratiques…</b>       <br />
       C’est pourquoi il faut plus que jamais jouer les nations, le califat n’étant quand même pas l’horizon du monde musulman. Le traitement qui a été infligé à l’Irak à partir de 1990, avec les résultats que l’on voit aujourd’hui, est pitoyable. Il valait mieux exercer une magistrature d’influence sur un régime certes dictatorial mais laïque que de vouer ce pays au chaos, à la partition et au malheur. Il était et il reste raisonnable de penser le Moyen-Orient autour des grandes capitales qui ont dominé le monde arabe : Bagdad, Damas. Nulle part les nations n’ont dit leur dernier mot et le rôle de la France est de les aider à faire prévaloir le modèle de la nation politique, celui de la citoyenneté, sur le modèle tribal ou théocratique.       <br />
              <br />
       <b>Revenons à la France…</b>       <br />
       Elle pourrait redevenir un modèle si les Français, se tournant vers les pays émergents, reprenaient confiance en eux-mêmes ; mais beaucoup ne savent plus très bien de quel héritage ils sont les dépositaires. Ainsi le projet de loi sur la réforme territoriale oublie à la fois l’État, à travers la création de « grandes Régions », et la démocratie, qui va avec la proximité. Or, la force de la France, c’est la force de l’État républicain. C’est un problème moral à l’échelle même de l’humanité : un puissant courant d’hyperindividualisme emporte les digues des valeurs collectives pourtant nécessaires à la civilisation et d’ailleurs parfaitement raisonnables. Lacordaire disait qu’il y a des situations où la liberté opprime et où la loi affranchit. La solution est donc de revenir à la règle, républicaine cela va de soi       <br />
              <br />
       <b>Peut-on aussi faire une nation avec un peuple devenu hétérogène ?</b>       <br />
       La France s’est enrichie d’apports successifs au long des siècles. Le problème aujourd’hui ce n’est pas l’Islam, c’est la France. L’intégration a été un succès durant plusieurs siècles : sommes-nous encore suffisamment sûrs de nos valeurs pour accueillir de nouveaux migrants et leur donner envie de devenir français ? Suivons l’exemple des Etats-Unis, nation métisse, mais sûre de ses valeurs. Notre avenir passe par une réforme intellectuelle et morale en profondeur, qui transcende les clivages obsolètes. Raymond Aubrac, qui fut mon ami, observait que le niveau d’ambition de la jeunesse était exactement proportionnel au niveau d’ambition que se donnait la nation. Donnons de l’ambition à notre nation si nous voulons ouvrir un large horizon à sa jeunesse. N’ayons pas peur !       <br />
              <br />
       Source : Le Figaro Magazine
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
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   <title>"Si la France s'aimait, tous ces problèmes d'intégration seraient résolus"</title>
   <updated>2013-12-02T00:55:00+01:00</updated>
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   <published>2013-11-30T11:28:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "Entre les lignes" sur LCP samedi 30 novembre 2013. Il répondait aux questions de Frédéric Haziza et débattait avec Alain Finkielkraut.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> La guerre de 1914 est une épreuve inouïe, comme notre peuple en a peu connue : 1,5 millions de Français sont morts durant cette guerre.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a deux versions de cette guerre : la version pénitentielle, associée à l'idée de mort, d'absurdité, de fin de la France. Mais il y a une version différente, plus tonique d'une certaine manière : la guerre de 1914-1918 est ce qui a permis à la France de rester une grande nation, parce qu'elle a résisté, parce que Churchill s'est souvenu en 1945 du sacrifice des Poilus, et la France a été rétablie à son rang, non seulement par les immenses mérites du général de Gaulle, mais également par la projection de ce souvenir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On oublie qu'en 1940, la France était seule. Les Britanniques n'avaient envoyé que 8 divisions et pas d'aviation, les Américains ne voulaient pas intervenir, ni vendre des avions à crédit, l'URSS était alors l'alliée de l'Allemagne nazie. On ne porte pas un regard juste, équitable, sur l'histoire de la France au XXe siècle, si on ne rassemble pas tout cela.        
       </li></ul><ul class="list"><li> 1914-1918 a été une guerre de défense nationale, parce que la France a été agressée, parce que les dirigeants de l'Allemagne de Guillaume II ont mené une guerre préventive, comme l'Amérique de Bush fils en Irak, destinée à mettre la France hors-jeu en six semaines.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'identité française est malheureuse, comme le dit à juste titre Alain Finkielkraut, pour cela mais aussi pour d'autres raisons. Elle est malheureuse depuis 1918-1919, parce qu'il y a eu trop de morts.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le traité de Versailles a été déséquilibré d'emblée parce que le président américain Wilson a été battu aux élections américaines de 1920, que l'Amérique et l'Allemagne ont conclu une paix séparée, et l'absence de la garantie donnée par Wilson à Clemenceau a fragilisé l'édifice, qui ne reposait plus que sur la prééminence à perte de vue de l'armée française. Or ça, c'était un pari qui ne pouvait pas être tenu.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Je partage beaucoup des idées d' Alain Finkielkraut, notamment sur l'école, les valeurs de la transmission. Il y a néanmoins des choses que je voudrai nuancer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Sur Vichy, l'Occupation, il faut toujours se rappeler qu'en 1940, la France était seule. Les grandes démocraties ne sont pas venues à son secours.        
       </li></ul><ul class="list"><li> C'est une faute qu'a commise Jacques Chirac, en identifiant l'irréparable, qui a été effectivement commis par l’État français de Vichy, et la France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a des dizaines de milliers de résistants qui ont été fusillés, plus de 600 000 Français ont été tués dans les camps ou ailleurs, et par conséquent il ne faut quand même pas faire injure à ceux qui ont refusé l'équation « Pétain, c'est la France ».        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut éviter les excès de l'idéologie pénitentielle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La guerre de 14 doit être commémorée autrement qu'on ne le fait : c'est quand même un acte de foi de la France en elle-même. C'est un immense sacrifice qui est fait pour que la France continue.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a dès aujourd'hui plus de francophones en Afrique qu'il n'y en a en France. Cela rejaillit sur l'identité française, qui au fond est une identité d'adhésion. Être Français, c'est vouloir être français, comme le disait Renan, c'est avoir un legs de souvenirs communs et en même temps vouloir continuer à vivre ensemble.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France a toujours accueilli des apports venus d'ailleurs, et nous pouvons toujours en accueillir, par exemple des peuples arabes. L'essentiel est que la personnalité de la France reste une personnalité structurée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France vit au long des siècles. Elle n'est pas née en 1789, même si la République est le nom moderne de la France. Mais pour que la Révolution française se produise, il a fallu toute une sédimentation. Emmanuel Todd explique cela très bien à travers les structures de la parenté.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut défendre l'idée que la France nous appartient à tous.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on prend la Marseillaise en 1985 et aujourd'hui, on constate les fantastiques progrès qu'elle a fait.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis un laïc, plutôt strict. Je pense que les étrangers accueillis sur notre sol doivent respecter nos lois. Pour autant, qu'on on regarde l'immigration, 46% des hommes nés de l'immigration maghrébine se marient en dehors de leur groupe ou de leur aire culturelle d'origine. Je reste confiant dans la capacité de la France à surmonter la crise, qui est une crise de longue durée, qui vient de très loin, pour faire France à nouveau.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut distinguer l'islamisme radical, qu'il faut combattre, de l'islam qui est une religion comme les autres, dès lors qu'elle accepte les lois de la République.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si la France avait confiance en elle-même, si elle croyait en son avenir, si elle était rayonnante du fond d'elle-même, elle n'aurait aucune peine à intégrer tous ces gens, qui ne la rejettent, pour certains seulement, que parce que la France se hait elle-même. Si la France s'aimait, tous ces problèmes seraient résolus.        <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> La France est une identité d'adhésion, où chacun vient avec son cœur.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Vous savez, je suis président d'une association, France-Algérie, et je vois beaucoup de Franco-Algériens qui ont magnifiquement réussis. Il n'y a pas que les petits dealers, il y a aussi des gens qui ont travaillé, qui sortent de rien, qui sont des fonctionnaires, des ingénieurs, des techniciens, qui sont des gens qui veulent élever leurs enfants, au bon sens du terme, c'est à dire les hisser plus haut qu'eux-mêmes encore.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense qu'on ne peut pas être systématiquement pessimiste. Gardons une idée de ce que la France peut être dans le siècle à venir.        <br />
              <br />
       -----       <br />
       Découvrez le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/1914-2014/">1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?</a> (éditions Fayard)</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Si-la-France-s-aimait-tous-ces-problemes-d-integration-seraient-resolus_a1558.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Quand les moyens manquent, c’est le message qui compte</title>
   <updated>2010-12-19T11:58:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Quand-les-moyens-manquent-c-est-le-message-qui-compte_a1020.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/2505881-3526914.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-11-25T19:53:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Projet d’intervention de Jean-Pierre Chevènement, débat au Sénat sur les actions extérieures de l’Etat, jeudi 25 novembre 2010.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/2505881-3526914.jpg?v=1290700667" alt="Quand les moyens manquent, c’est le message qui compte" title="Quand les moyens manquent, c’est le message qui compte" />
     </div>
     <div>
      Madame le Ministre d’Etat,       <br />
              <br />
       Votre nomination comme ministre des Affaires étrangères a été bien accueillie. On vous accorde un certain sens de l’Etat. Vous avez l’expérience de trois ministères régaliens. Vous avez une certaine idée de la France. Tout cela vous prépare à l’exercice de ces fonctions emblématiques de Ministre des Affaires étrangères et européennes, mais vous sensibilise aussi certainement à la difficulté de la tâche.       <br />
              <br />
       Vous héritez en effet d’un ministère dont les marges de manœuvre n’ont cessé de se resserrer du fait de la croissance de nos engagements multilatéraux et de la réduction de ses moyens propres sous l’effet de la révision générale des politiques publiques. Vous avez déjà rendu 550 postes d’équivalents temps plein de 2008 à 2010, et vous allez devoir en rendre 610 de 2011 à 2013 (160 en 2011 et 450 en 2012-2013). L’année prochaine, les crédits de soutien du ministère vont baisser de 5 %.       <br />
              <br />
       Comment, dans ces conditions, maintenir l’objectif de l’universalité de notre réseau diplomatique et consulaire ? Votre tâche, Madame le Ministre d’Etat, est difficile. Est-il en bien raisonnable d’appliquer à un ministère, qui incarne le visage de la France à l’étranger et dont le budget dépasse à peine 5 milliards d’euros (5 016 en Autorisations d’Engagement et 5 100 en crédits de paiement), les disciplines uniformément rudes de la RGPP ? La Cour des Comptes, alors présidée par Philippe Seguin, avait fait valoir le caractère pénalisant de cette règle indiscriminée pour certaines fonctions dont l’Etat ne peut s’exonérer et cela est particulièrement vrai pour votre ministère qui depuis longtemps est un ministère maltraité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le rapporteur de la Commission des Finances, M. Gouteyron, évoque pour justifier la politique de cessions immobilières du Ministère des Affaires étrangères et européennes « des biens emblématiques mais témoins d’une autre époque ». Mais, vous le sentez bien, la cession de l’immeuble des services culturels à New York, du Palais Lenzi à Florence ou de la Résidence de l’Ambassadeur à Buenos Aires seront autant de mauvais coups portés au prestige de la France à l’étranger. Les moyens d’action de nos postes sont sévèrement touchés par cette politique de rigueur qui porte atteinte à ce qui constitue encore un atout majeur de la France : la disposition d’une diplomatie à vocation mondiale. C’est cet atout que vous devez préserver. On ne peut vous tenir rigueur du budget 2011. Ce n’est pas vous qui l’avez préparé. Mais vous devez rendre le Président de la République conscient de la nécessité d’épargner notre outil diplomatique, bref de l’exonérer des effets de la RGPP2 pour les années 2012 et 2013.        <br />
              <br />
       Contrainte de gérer la pénurie en 2011, que pouvez-vous faire, Madame le Ministre d’Etat, pour donner sens à l’action extérieure de l’Etat ? Il ne m’appartient évidemment pas de vous donner des conseils.        <br />
              <br />
       Il me semble qu’il vous faut tout d’abord réussir la mise sur pied de l’Institut français. Celle-ci dépendra beaucoup des synergies qui seront trouvées avec le Ministère de la Culture ou l’audiovisuel extérieur. Il y a là un défi à relever que la réduction des moyens en personnels rendra difficile. De même faudra-t-il veiller à ce que l’expérimentation du rattachement à l’Institut, dans les trois ans à venir, d’une dizaine de centres culturels se fasse à travers des personnels compétents et motivés et ne se traduise pas par une déperdition des acquis. Il ne serait pas acceptable que la création de l’Institut français se traduise en réalité par la poursuite du mouvement de fermetures des centres et instituts culturels déjà plus qu’engagé en Europe. La question de l’Institut français est inséparable de la question de la langue française et donc de la francophonie. Beaucoup de vos collègues acceptent que l’anglais se substitue au français comme langue d’enseignement par exemple dans certaines universités ou grandes écoles. Nous comptons sur vous, Madame le Ministre d’Etat, pour maintenir et promouvoir l’usage du français en France comme dans les institutions internationales, sinon à quoi servirait l’augmentation de nos contributions internationales ? Il y aura plus de 700 millions d’habitants en 2050 dans les pays francophones. Ce devrait être une priorité de votre ministère et de l’Agence française pour le Développement que de soutenir dans ces pays le développement des systèmes éducatifs. Formidable enjeu quand on sait que l’alphabétisation de la jeunesse dans ces pays n’est réalisée qu’aux deux tiers !       <br />
              <br />
       Je ne m’étendrai pas sur le rôle essentiel de « Campus France » pour attirer les étudiants étrangers en France. Cela fait partie du rayonnement de notre pays. De même les perspectives financières de l’AEFE sont-elles préoccupantes. La prise en charge des frais de scolarité a été une erreur grave. Il serait plus efficace et plus juste de revenir à un système de bourses accordées sur critères sociaux.       <br />
              <br />
       Mais tout n’est pas dans les moyens, Madame le Ministre d’Etat. Ce n’est pas à vous que j’apprendrai que quand les moyens manquent, c’est le message qui compte : vous portez la voix de la France mais il y a plusieurs manières de décliner son message. La voix de la France a été entendue dans le passé, non pas seulement parce qu’elle était indépendante, condition nécessaire mais non suffisante, mais parce qu’elle allait au fond des choses.       <br />
              <br />
       L’héritage que vous devez assumer est lourd : ainsi le retour de la France dans les structures militaires intégrées de l’OTAN, et l’enlisement de plus en plus perceptible dans une intervention mal calibrée en Afghanistan, dont les Etats-Unis seuls maîtrisent les objectifs véritables et le cours, au risque de se contredire eux-mêmes par des annonces intempestives. La déclaration de Lisbonne en fait foi, qui annonce un dégagement en précisant simultanément qu’il n’y a pas de calendrier !       <br />
              <br />
       Que penser enfin de cette déclaration de Lisbonne qui entérine le ralliement de la France à l’extension  à l’Europe du bouclier antimissile américain ? Elle reprend ainsi la doctrine de défense des Etats-Unis reposant sur une triade : nouvelles armes conventionnelles, bouclier antimissile balistique et dissuasion nucléaire dont le rôle -  est-il précisé – est appelé à se réduire. Ce n’est pas là notre doctrine ! Ou alors j’ai mal compris !        <br />
              <br />
       La dissuasion nucléaire française ne peut manquer d’être affectée par ce ralliement à la DAMB américaine. Financièrement d’abord : où trouvera-t-on l’argent ? Dans sa crédibilité ensuite : le bouclier antimissile montre qu’on ne croit pas au fond en la dissuasion. Politiquement enfin : pense-t-on que les pays européens membres de l’OTAN qui réclament déjà le retrait des armes tactiques américaines ne vont pas contester de plus en plus notre dissuasion stratégique ?       <br />
              <br />
       Tout se tient : en signant le traité de Lisbonne de 2008 sur l’Union européenne, nous avons accepté que les pays membres de l’OTAN fassent de celle-ci « l’instance d’élaboration et de mise en œuvre de leur défense. » L’OTAN qui devait faire avancer la « défense européenne », selon le Président de la République, a renvoyé celle-ci au magasin des accessoires.        <br />
              <br />
       Croyez-vous enfin que la crise de l’euro s’arrêtera à l’Irlande ? Je connais d’autres pays où les banques françaises sont encore plus fortement engagées ! peut-on exclure qu’après l’Espagne, l’Italie et la France soient à leur tour menacées et voient s’élever l’écart des taux d’emprunt avec l’Allemagne ? C’est le Président de la République lui-même qui déclarait en février dernier qu’il regardait tous les matins les spreads à la télévision, c’est-à-dire l’écart des taux auxquels se placent les enchères de dettes !       <br />
              <br />
       Même si la dissuasion ne représente que 10 % de notre budget de défense, êtes-vous sûre que la pression de nos voisins ne sera pas si forte que nous serons conduits progressivement à l’abandonner ?        <br />
              <br />
       Le traité de Lisbonne crée une diplomatie européenne à travers un service européen d’Action Extérieure. Celui-ci devrait compter entre cinq et six mille agents. Quelle sera la part de la France ? Où prélèverez-vous les postes nécessaires ? Comment ferez-vous pour que cette diplomatie européenne ne soit pas concurrente de la nôtre ? Comment empêcherez-vous l’écrémage de nos cadres ? Vous êtes-vous avisée du régime indemnitaire dont vont bénéficier les membres de ce service européen d’action extérieure ?       <br />
              <br />
       Oui l’héritage est lourd, Madame la ministre d’Etat. Car la France doit rester un pays souverain, même si elle participe à des organisations internationales auxquelles certaines compétences, selon la Constitution, ont été déléguées. Déléguer ce n’est pas abandonner sans retour sa souveraineté. Et cela n’a de sens que si la France, loin de renoncer à peser, entend au contraire démultiplier en influence.       <br />
              <br />
       S’agissant de la dissuasion nucléaire française, elle ne doit en aucun cas voir son utilisation discutée dans le groupe des plans nucléaires de l’OTAN. Il est essentiel que seul le Président de la République puisse en disposer.        <br />
              <br />
       L’OTAN coûte cher, trop cher pour ce qu’elle apporte en contrepartie. Idéalement, elle ne devrait pas réduire les marges de liberté de notre diplomatie. On attend de vous que vous parliez haut, Madame la Ministre d’Etat, bien sûr pour faire entendre la voix de la raison.        <br />
              <br />
       - En Afghanistan, il faut réduire nos objectifs à la dissociation de l’élément pachtoune d’avec le terrorisme d’Al Quaïda       <br />
       - Sur l’Iran, il faut parvenir à une solution négociée. Les initiatives de la diplomatie américaine vont dans le bon sens. Certes nous aimerions être mieux associés. Encore faudrait-il pour cela que nous ne jouions pas les boute-feu. Cela ne ferait à terme que pousser l’Iran dans les bras de la Chine. Beau résultat, après une politique qui depuis vingt ans et après l’écrasement de l’Irak en a fait la puissance dominante de la région du Golfe !       <br />
              <br />
       -S’agissant du bouclier antimissile de l’OTAN, Madame le Ministre d’Etat, il ne répond pas, vous le savez, à une menace balistique immédiate qu’aussi bien nous aurions les moyens de dissuader. Le seul objectif raisonnable que nous puissions nous donner est la défense antimissile de théâtre pour protéger nos forces déployées ou certains sites sensibles mais pas la défense de territoire visant à protéger les populations, objectif assigné par le Président Obama. Nous n’en avons pas les moyens. Aussi bien ce bouclier, vous le savez, est loin d’être étanche, selon des renseignements que nous avons Monsieur de Rohan et moi-même puisés aux meilleures sources. La défense antimissile de théâtre doit enfin préserver notre autonomie technologique. Nous ne devons participer qu’en nature. Pas un sou, au-delà de cet objectif ! Sanctuarisation des crédits de la dissuasion, y compris les crédits d’études amont ! Il y aura fort à faire pour éviter l’otanisation, c’est-à-dire la normalisation des esprits, au sein d’une famille occidentale des nations, à laquelle la France n’appartient qu’après la grande famille humaine.       <br />
              <br />
       De même, la France doit trouver un bon usage des institutions européennes : le rôle croissant du Conseil va dans le bon sens car il est la seule instance politique légitime parce qu’il engage les nations où vit la démocratie.        <br />
              <br />
       J’attire votre attention pour finir, Madame la Ministre d’Etat, sur la nécessité de refuser la politique d’austérité toujours renforcée que le gouvernement allemand cherche à imposer en Europe. Cette voie qui est aussi celle que dictent les marchés financiers dont la vue myope n’a plus besoin d’être démontrée, est une voie sans issue. Elle conduit à la récession et à l’aggravation de la situation des finances publiques. Il faut reréglementer les marchés financiers et notamment le marché des devises. Ce doit être l’objet du G8 et du G20 dont la France, cette année, assure la présidence. Les Affaires européennes sont au cœur de votre ministère. Saisissez-vous de cette question des marchés financiers pendant qu’il en est temps ! Ce n’est pas seulement l’affaire de Bercy. C’est l’avenir même de la construction européenne qui en dépend !       <br />
              <br />
       Bref, vous avez, Madame le Ministre d’Etat, un lourd héritage … mais une grande tâche !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Quand-les-moyens-manquent-c-est-le-message-qui-compte_a1020.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Vers l’effacement de notre diplomatie culturelle</title>
   <updated>2010-02-22T23:03:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Vers-l-effacement-de-notre-diplomatie-culturelle_a924.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1900246-2604756.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-02-22T22:58:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de M. Jean-Pierre Chevènement, discussion en séance publique au Sénat du projet de loi relatif à l’action extérieure de l’Etat, lundi 22 février.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1900246-2604756.jpg?v=1289480096" alt="Vers l’effacement de notre diplomatie culturelle" title="Vers l’effacement de notre diplomatie culturelle" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Président,       <br />
       Monsieur le Ministre,       <br />
       Mes chers collègues,       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Le pape, combien de divisions ? »</span>        <br />
       On se souvient de la célèbre apostrophe de Staline à Churchill.       <br />
       On serait tenté, Monsieur le Ministre, de vous poser la même question à propos des moyens consacrés à notre action culturelle et technique à l’étranger, sans vouloir diminuer votre rayonnement personnel, qui n’est quand même pas à la hauteur de l’influence spirituelle du Pape ...       <br />
              <br />
       Vous nous proposez de créer deux grands opérateurs : une Agence chargée de l’action culturelle extérieure et une Agence pour l’expertise et la mobilité internationale, l’AFEMI, toutes deux sous forme d’EPIC et en cohérence avec la création, au sein du Ministère des Affaires étrangères et européennes, d’une direction de la Mondialisation. Je n’ai pas d’hostilité de principe à cette réforme. On peut regrouper, rattacher, restructurer, autant qu’on voudra. En matière d’organisation, ce qui compte c’est la vision politique et ce sont surtout les moyens, par exemple pour offrir une carrière digne de ce nom aux personnels de l’action culturelle. Mais est-ce bien là le propos de la réforme que vous nous présentez. Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Au moment où l’on parle de la « diplomatie d’influence », où nos partenaires et concurrents étrangers, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, mais aussi la Chine, renforcent les moyens consacrés à leur diplomatie culturelle et leur influence, notamment en Asie, en Afrique et même en Europe, comment expliquer que notre pays soit le seul à réduire drastiquement les moyens consacrés à son rayonnement culturel et linguistique ? Notre collègue Duvernois parle de débâcle budgétaire sans précédent pour ce qui est des services de l’Etat ou dépendant de lui juridiquement. S’il n’y avait pas le réseau associatif, et en particulier le millier d’Alliances françaises qui accomplissent un travail admirable et largement autofinancé pour développer notre langue, celle-ci qui, selon Fernand Braudel, constitue l’identité de la France, serait en perdition. Le nombre des Alliances françaises, de 2000 à 2009, a augmenté de 8 %, celui des Instituts et centres culturels a diminué de 20 %.       <br />
              <br />
       Notre pays a pourtant été le premier à mettre en place une diplomatie d’influence.       <br />
              <br />
       Faut-il rappeler qu’au lendemain de la défaite de 1870, la France a pris l’initiative, grâce à des personnalités comme Ferdinand de Lesseps, Louis Pasteur, Ernest Renan ou Jules Verne, de mettre en place ce magnifique réseau des Alliances françaises, qui joue un rôle majeur pour promouvoir notre culture et notre langue hors de nos frontières ?       <br />
              <br />
       Aujourd’hui encore, notre pays dispose du réseau culturel le plus dense et le plus étendu.        <br />
              <br />
       Mais il suffit de se rendre dans nos ambassades, dans nos centres ou instituts culturels ou même de voyager à l’étranger, pour constater la faiblesse croissante des moyens dont disposent nos diplomates, nos conseillers culturels, nos directeurs d’Instituts et de centres culturels et l’ensemble des personnels de notre diplomatie culturelle, à l’engagement et au dévouement desquels je veux rendre l’hommage qu’ils méritent, mais qui ne peuvent compenser, à la longue, le rétrécissement des crédits et les suppressions de postes.       <br />
              <br />
       Comment s’étonner dans ce contexte que partout l’usage de notre langue et la présence de la culture française diminuent, y compris dans des zones d’influence traditionnelle de la France, comme en Europe centrale et balkanique, au Maghreb et même en Afrique francophone ?       <br />
              <br />
       Faut-il rappeler que, si le français est l’une des trois langues de travail des institutions européennes, la part des documents rédigés en français au sein de la Commission européenne a chuté de 38 % en 1996 à moins de 12 % en 2008 ?       <br />
              <br />
       Dans le même temps, la part des documents rédigés en anglais est passée de 45 à 72 %.       <br />
              <br />
       Dans ce contexte, comment expliquer la nomination de Mme Catherine Ashton à la tête de la diplomatie européenne, alors que celle-ci, contrairement à une coutume bien établie, ne semble pas parler notre langue ?       <br />
              <br />
       Voilà qui peut laisser songeur pour l’influence de notre pays au sein de la nouvelle diplomatie européenne.       <br />
              <br />
       Il y a un domaine que je connais bien, c’est celui de notre enseignement supérieur grâce à l’effort réalisé en 1997-1998, sous l’impulsion de MM. Allègre, ministre de l’Education, Védrine, ministre des Affaires étrangères, et de moi-même alors en charge de l’immigration et par conséquent de l’accueil des étudiants étrangers, le nombre de ceux-ci dans l’enseignement supérieur français au sens large est passé de 160 000 en 1999 à 266 000 en 2008.       <br />
              <br />
       Toutefois, la France accueille un faible nombre d’étudiants étrangers en provenance des grands pays émergents, comme l’Inde, la Russie ou le Brésil, et la plupart des futurs cercles dirigeants de ces pays auront une culture anglo-saxonne. Il en va de même en Europe où nous sommes largement devancés par la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Il faut dire que les moyens de promotion de « Campus France » qui a pris le relais d’« Edufrance » sont dérisoires, comparés à ceux du British Council ou du Goethe Institut. Le problème des tutelles ministérielles sur l’AFEMI n’est pas réglé mais il me semblerait raisonnable que s’agissant de l’accueil des étudiants et des chercheurs étrangers la co-tutelle du Ministère des Affaires étrangères et du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche soit préservée. Cette question évoquée par M. Kergueris a été renvoyée à un décret mais elle est essentielle et me paraît mériter de figurer dans la loi.       <br />
              <br />
       Le budget consacré par la France à son rayonnement culturel et scientifique a connu une forte diminution ces dernières années, avec des baisses pouvant aller jusqu’à 20 ou 30 % selon les pays.       <br />
              <br />
       Tout laisse à penser que le budget et les effectifs du ministère des affaires étrangères vont continuer à subir des coupes claires dans les prochaines années…       <br />
              <br />
       Car votre budget, Monsieur le Ministre, est pris en étau entre le marteau de la RGPP et l’enclume des contributions internationales, qui connaissent, quant à elles, une hausse exponentielle.       <br />
              <br />
       Je rappelle que le montant total des contributions internationales versées par la France s’élève à plus de 740 millions d’euros.       <br />
              <br />
       A titre de comparaisons, l’ensemble des moyens consacrés à notre action diplomatique, au sens strict, ne représente que 90 millions d’euros.       <br />
              <br />
       Notre contribution à l’OTAN représente à elle seule 170 millions d’euros.       <br />
              <br />
       Et, lorsque l’on consulte la liste des organisations internationales qui reçoivent une contribution de la France, on peut légitimement s’interroger.       <br />
              <br />
       Est-il réellement utile de contribuer financièrement à l’association pour la conservation des albatros et des pétrels, malgré toute l’admiration que je porte à Baudelaire ?       <br />
              <br />
       De même, ne serait-il pas utile de revoir notre participation à des organisations telles que l’organisation internationale des bois tropicaux, le comité international du coton, la commission interaméricaine du thon des tropiques ou encore le groupe d’études international du caoutchouc ?       <br />
              <br />
       Nos participations internationales amputent d’autant les moyens dévolus aux actions bilatérales, qui contribuent pourtant de manière déterminante à notre rayonnement à l’étranger.       <br />
              <br />
       Le soutien au multilatéralisme, que vous prônez, n’est bien souvent qu’un des aspects de l’effacement de la France. Voilà le grand mot lâché : l’effacement de la France. On n’y remédiera pas, Monsieur le Ministre, en réduisant la multiplicité de nos opérateurs. Sans doute faut-il resserrer le dispositif. L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, la société de l’audiovisuel extérieur de la France, l’Agence pour la diffusion de l’information technologique ont créé des précédents éclairants. Il y a sûrement des leçons à tirer pour la création des deux nouveaux opérateurs. Une chose est sûre cependant : si vous n’avez pas des moyens substantiellement accrus au budget de 2011, mieux vaut ne pas engager des réformes précipitées qui ne feraient qu’ajouter la confusion à la disette. Laissez les bourses universitaires au CNOUS et n’engagez d’expérimentations de rattachement des Instituts culturels au nouvel opérateur, qu’avec des moyens substantiellement accrus. Surtout, en matière « d’expertise internationale », ne vous aventurez pas sur le terrain glissant des mises à disposition de fonctionnaires français auprès de « think tanks » étrangers, ou encore de facturation de services d’expertises à des entreprises étrangères dans des domaines ne relevant pas nécessairement de l’intérêt public, tout en restant subventionnés par l’Etat français. Le cœur de cible doit rester notre coopération scientifique et technique et il faut conjurer le risque de dérive mercantile, surtout si les moyens budgétaires ne sont pas suffisants.       <br />
              <br />
       Vous parlez de « modernisation » : en vérité, vous êtes prisonnier de cette fameuse RGPP, dont le regretté Philippe Seguin avait critiqué l’application indiscriminée, et ne pourrez donc maintenir, au fil des réductions qui se succèdent année après année, la présence universelle de notre diplomatie, dont vous convenez vous-même qu’elle est encore l’un de ses principaux atouts. Je souhaite me tromper, mais je crains qu’avec la création de l’opérateur culturel, le Ministère des Affaires étrangères n’ait trouvé une solution pour ne jamais harmoniser la situation salariale des recrutés locaux de ses divers réseaux diplomatiques. Le passage sous statut privé signifierait l’échec du projet d’harmonisation sociale qui seul répondrait à l’ambition d’une grande politique culturelle extérieure, offrant à ceux qui s’y consacrent, des perspectives normales de carrière et d’épanouissement.       <br />
              <br />
       Le projet de loi que vous nous présentez, Monsieur le Ministre, ne saurait tenir lieu à lui seul de réponse à la crise que traverse notre diplomatie culturelle.       <br />
              <br />
       Ce n’est pas en créant une nouvelle agence, même si on décide de l’appeler « Institut Victor Hugo », que l’on pourra réellement espérer un renforcement de notre action culturelle. J’aurais préféré, pour ma part, le nom plus sobre d’« Institut Français » à l’image du « British Council ». Victor Hugo, « notre plus grand poète hélas ! », ne résume pas toutes les faces de la culture et de la littérature françaises.       <br />
              <br />
       Les amendements apportés par la commission des Affaires étrangères et de la Défense apportent certes des améliorations bienvenues, notamment en ce qui concerne les ressources de ces établissements.       <br />
              <br />
       En revanche, j’avoue, Monsieur le Ministre, que je suis médiocrement convaincu par le rattachement à cette agence des services de coopération et d’action culturelle des ambassades ou des centres et instituts culturels.       <br />
              <br />
       Ne serait-ce pas là le signe d’un renoncement à une composante essentielle de notre diplomatie ?       <br />
              <br />
       Le ministère des affaires étrangères et les ambassadeurs sur le terrain ne risquent-ils pas d’être tenus à l’écart et privés de cet outil majeur d’influence, comme c’est déjà le cas en matière économique, avec UbiFrance, ou l’aide au développement, avec l’Agence française de développement ? La culture peut encore moins être dissociée du politique.       <br />
              <br />
       En définitive, l’Etat sera-t-il toujours en mesure de conduire une diplomatie culturelle ?       <br />
              <br />
       J’espère, Monsieur le Ministre, que vous pourrez nous rassurer sur ce point.       <br />
              <br />
       Pour terminer, Monsieur le Ministre, vous avez évoqué dans une interview au Journal du Dimanche, il y a deux jours, la création d’un Etat palestinien, avant même la négociation sur ses frontières. On n’en attendait pas moins du créateur de « Médecins sans frontières ». Mais ne craignez-vous pas dans le rapport de forces actuel, d’entériner ainsi les avancées de la colonisation israélienne des territoires occupés ? Quel est sur ce sujet l’avis de M. Mahmoud Abbas ? Et celui des Etats-Unis ?       <br />
              <br />
       Sur ce sujet aussi nous aimerions être rassurés. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Vers-l-effacement-de-notre-diplomatie-culturelle_a924.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire</title>
   <updated>2009-07-15T22:39:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/La-politique-etrangere-de-la-France-dans-un-monde-multipolaire_a731.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/1136288-1458610.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2008-12-06T11:23:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention du sénateur Jean-Pierre Chevènement sur le budget du Ministère des Affaires étrangères, vendredi 5 décembre 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/1136288-1458610.jpg?v=1289480051" alt="La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire" title="La politique étrangère de la France dans un monde multipolaire" />
     </div>
     <div>
      L’examen des crédits de la mission « Action extérieure de l’Etat » est l’occasion de nous interroger sur la capacité de notre pays à exister en dehors de ses frontières, c’est-à-dire pour les autres, mais aussi pour lui-même, tant il est vrai qu’on ne peut séparer les affaires étrangères de la politique intérieure.       <br />
              <br />
       Etrangères, ces affaires le sont si peu qu’elles se répercutent souvent très vite sur les équilibres de la société française et sur nos choix politiques : crises au Moyen-Orient, crise financière, montée irréversible de la Chine au rang des très grandes puissances et qui fait déjà sentir son poids, élection américaine qui rebat les cartes en maints domaines, en Irak, mais aussi en Afghanistan où nous risquons d’être entraînés dans une guerre qu’on ne peut pas gagner. La multipolarité du monde est d’ores et déjà un fait. Encore peut-on se demander si elle n’est pas elle-même dépassée par un mouvement brownien de nations qui, à côté de pays continents, aspirent à s’affirmer, hier le Vietnam, aujourd’hui l’Iran, le Venezuela, la Bolivie, la Serbie, demain sans doute la Corée. Bref, le monde reste fait de nations et la France, puissance ancienne mais encore respectable, membre permanent du Conseil de Sécurité, disposant d’une capacité nucléaire dissuasive, tête de la francophonie, qui rassemble, à travers une langue partagée, de très nombreux peuples sur tous les continents, peut encore influer. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Parlons d’abord de votre budget puis de votre politique.       <br />
              <br />
       <b>I – Votre budget.</b>       <br />
       Si votre budget est modeste, votre mission est importante. Si vous ne disposez que de 15 866 emplois, chacun sait que le personnel du Quai d’Orsay est de très grande qualité : son professionnalisme, sa motivation, son dévouement au service de la France, en font un corps d’élite et pour tout dire une des grandes institutions de la France. Vous avez hérité, Monsieur le Ministre, du deuxième réseau diplomatique du monde. C’est un grand atout pour l’influence et le rayonnement de notre pays. Mais que voyons-nous à travers ce projet de budget ?       <br />
              <br />
       1.	A structures constantes, il baisse de 1,53%.        <br />
              <br />
       a)	On vous colle sur le dos les pensions des enseignants à l’étranger - 120 millions d’euros – au risque d’étouffer l’AEFE (l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger).        <br />
       b)	La prise en charge passablement démagogique des frais de scolarité des enfants français – 20 millions de plus cette année mais 94 millions à terme – ne peut manquer d’avoir un effet d’éviction sur les enfants des élites du pays d’accueil ou de pays tiers.  C’est un précieux moyen de rayonnement que nous gaspillons ainsi.        <br />
       c)	La croissance optique des crédits de votre ministère – 3,6 % - provient du « rebasage » toujours trop tardif - 41,2 millions cette année – destiné à financer les opérations de maintien de la paix de l’ONU comme l’opération Darfour dont le coût pour la France est chiffré à plus de 90 millions d’euros. Croyez-vous que des problèmes humanitaires puissent être traités essentiellement à travers le prisme militaire ? N’y a-t-il pas une approche politique, moins coûteuse, plus efficace et en définitive plus humaine ?       <br />
       d)	Les contributions de la France hors OMP aux institutions internationales - 405 millions d’euros en 2008 - représentent plus que le coût de nos ambassades – 160 millions d’euros – et de nos consulats - 97 millions d’euros.        <br />
       e)	Un mot, Monsieur le Ministre, sur la francophonie. Son centre de gravité sera de plus en plus en Afrique. N’ayons donc pas peur d’affirmer la nécessité y compris militaire de notre présence en Afrique pour aider à la construction de jeunes Etats. Sans la sécurité, il n’y a ni développement ni démocratie possible. Deuxième observation : l’avenir de la francophonie passe pour le multilinguisme. Il faut augmenter les moyens accordés au corps des interprètes et traducteurs non seulement à l’ONU mais dans toutes les organisations dont nous sommes membres. Une surcharge très légère sur les transactions internationales permettrait de sauver la diversité culturelle et linguistique du monde. Une cause qui vaut la peine d’être défendue !        <br />
              <br />
       2.	Une contradiction manifeste frappe ainsi le budget de votre ministère. La France réduit ses moyens d’action propres. Elle augmente sa participation aux organisations multilatérales et aux opérations de maintien de la paix. Tout se passe comme si nous avions de plus en plus peur d’agir par nous-mêmes et comme si nous devions dissimuler notre action dans des interventions multilatérales où la France n’apparaît guère.        <br />
              <br />
       a)	C’est dans ces conditions que votre ministère se voit appliquer, au nom de la révision générale des politiques publiques, un plan de rigueur d’une exceptionnelle sévérité.        <br />
       Vous devez ainsi supprimer 700 équivalents temps plein de vos effectifs, soit 4 % : plus d’un départ à la retraite sur deux, alors que certains ministères ne sont taxés que de un sur trois. Ce sont des économies de bout de chandelle. Désormais on touche à l’os. Plus de la moitié des suppressions de postes concernera des personnels titulaires.        <br />
       b)	On n’améliorera pas l’image de la France en créant trois catégories d’ambassades. Cette différenciation qui heurtera la sensibilité des pays-hôtes qui se sentiront méprisés sera fortement préjudiciable à notre rayonnement.        <br />
       c)	Outre les restrictions infligées à l’AEFE, j’observe que les crédits consacrés à l’action culturelle baissent de 13 % dans le programme 185. Des fermetures successives sont intervenues, notamment en Allemagne, notre premier partenaire en Europe, alors que nos voisins multiplient les British Councils, les Goethe Instituts, ou les Instituts Cervantès. Tout se passe comme si la coopération culturelle servait de variable d’ajustement. Cessons ces fermetures. Soyons moins restrictifs à l’accueil d’étudiants étrangers dont l’effectif baisse pour la première fois en 2008.       <br />
              <br />
       3.	Comment ne pas comparer à la modestie de nos moyens propres le poids des opérations extérieures (dites OPEX) dans le budget de la Défense ? Un surcoût de 850 millions d’euros en 2008, soit 20 % de vos crédits, et un coût réel d’ailleurs, bien supérieur ! Un mot encore sur le coût du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie – plus de 300 millions d’euros pour plus de 1 000 emplois. Je laisse ces chiffres à votre réflexion et à celle du Sénat.       <br />
              <br />
       Vos crédits sont chichement mesurés. Parallèlement, la contribution de la France au budget de l’Union Européenne atteindra 17,4 milliards d’euros. En solde net, nous paierons 4 milliards d’euros au budget de l’Union Européenne ce qui fera de nous le deuxième contributeur net, un peu derrière l’Allemagne. Où est la cohérence de notre action extérieure ?       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Venons-en à votre politique</b>       <br />
               <br />
       Le XXIe siècle comporte pour la France un grave risque d’effacement, soit qu’elle se laisse absorber dans un Empire, soit qu’elle se fracture entre différents communautarismes. Ces deux dangers peuvent d’ailleurs aller de pair.       <br />
              <br />
       Au premier de ces dangers conspire l’idéologie « occidentaliste », théorisée par M. Balladur dans un livre intitulé « Pour une Union Occidentale » : il faudrait dans un Occident en perdition une véritable fusion euratlantique, bien entendu autour des Etats-Unis.       <br />
              <br />
       1.	L’OTAN serait la colonne vertébrale de ces futurs Etats-Unis d’Occident. Je ne crois pas que ce soit là ni l’intérêt ni la vocation de la France : le monde est pluriel au Sud comme au Nord et dans un monde de nations la France a encore un beau rôle à jouer. A quoi sert l’OTAN, Monsieur le Ministre, quand l’URSS a disparu, et dans un monde dont les équilibres se déplacent à grande vitesse vers l’Asie ? Dans deux décennies, le PIB de la Chine aura rejoint, si les tendances observées se poursuivaient, celui des Etats-Unis. S’agit-il de nous mettre à la remorque de leur diplomatie et de transformer l’OTAN en bras armé de l’Occident, sous la direction des Etats-Unis, comme on le voit au Kosovo ou en Afghanistan ?       <br />
              <br />
       L’Institut John Hopkins réfléchit, nous dit-on, à un « nouveau concept stratégique de l’OTAN ». Nous aimerions être associés à cette réflexion. S’agit-il de contenir la Russie ? Il est regrettable que le Président de la République ait approuvé le déploiement par l’OTAN de systèmes anti-missiles en Tchéquie et en Pologne. Le principe de l’adhésion à l’OTAN de l’Ukraine et de la Géorgie a été acté, même si sa concrétisation a été renvoyée à un avenir indéfini. Chacun voit le danger de se laisser entraîner dans les conflits du Caucase ou dans une nouvelle affaire de Crimée dont Sébastopol sera l’enjeu.        <br />
              <br />
       Le comportement politique irresponsable de certains leaders, comme on l’a vu en Géorgie, peut mettre en danger la sécurité collective. On nous dit qu’il y a des critères pour l’admission dans l’OTAN : sincérité des élections – indépendance de la justice – lutte contre la corruption, etc. Je crains qu’en réalité nous ayons mis le doigt dans un engrenage, même si la Géorgie et l’Ukraine n’ont pas été admises dans la procédure « MAP », préparatoire à l’admission.       <br />
              <br />
       Le Président de la République nous a expliqué que la réintégration de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN était subordonnée dans son esprit à des progrès décisifs en matière de défense européenne. J’avoue ne pas voir ces avancées : on nous parle d’action maritime commune contre la piraterie sous l’autorité d’un amiral britannique. J’ose espérer que nous ne nous payons pas de mots.       <br />
              <br />
       La seule réalisation concrète significative serait la constitution permanente d’un Etat-major de forces, auquel s’oppose toujours la Grande-Bretagne, à ma connaissance. Le retour dans l’organisation militaire intégrée n’aurait pour la France que des inconvénients : il porterait un coup à l’originalité de notre posture de défense et de politique extérieure aux yeux des peuples du Sud et de puissances émergentes.       <br />
              <br />
       Une telle réintégration renforcerait encore la propension de certains de nos officiers généraux à s’évaluer à l’aune du regard américain plutôt qu’à l’aune de l’intérêt national.       <br />
              <br />
       En tout cas, le Parlement a un impérieux besoin de débattre de cette question et notamment du « nouveau concept stratégique de l’OTAN », avant toute décision, et avant même le Conseil de l’OTAN prévu à Strasbourg en avril prochain. Il ne serait pas admissible que celui-ci soit l’occasion d’une piteuse mise en scène du retour au bercail du fils prodigue.       <br />
              <br />
       2.	Certes il y a eu des aspects positifs dans la diplomatie française récente :       <br />
              <br />
       a)	Le succès du lancement de « l’Union pour la Méditerranée », obéré cependant par le fait qu’on n’a pas vu se constituer en 2008 un Etat palestinien viable, contrairement à des propos imprudents.       <br />
       b)	Il y a eu surtout le succès de la Présidence française de l’Union européenne :        <br />
       -	d’abord de la médiation russo-géorgienne qui préserve la possibilité d’un partenariat indispensable entre la Russie et l’Union européenne ;       <br />
       -	ensuite  face à la crise financière, les initiatives pragmatiques du Président Sarkozy qui a su mettre en congé - mais pour combien de temps ? - les règles européennes qui eussent pu faire obstacle à une stratégie de consolidation bancaire et je l’espère aussi, de relance économique coordonnée à l’échelle européenne et mondiale.       <br />
       c)	Leçon de choses pour ouvrir les yeux des tenants d’une idéologie fédéraliste à l’échelle de l’Europe : on a assisté au grand retour non seulement de la puissance publique mais des Etats-nations parce que seuls ceux-ci ont la légitimité démocratique qui leur permet d’agir en cas de crise. Le Président Sarkozy a eu la sagesse de le comprendre et d’agir en pratiquant la géométrie variable en matière européenne. C’est par cercles concentriques progressifs : G4 puis Eurogroupe à quinze, auquel s’est joint la Grande-Bretagne, puis Union européenne à vingt-sept, qu’un cadre de cohérence a été dessiné, où se sont emboîtés des plans qui restent nationaux.       <br />
              <br />
       J’observe que le Président de la Commission européenne, M. Barroso, ressassant de vieilles patenôtres, voudrait faire valoir à nouveau des règles de concurrence opportunément suspendues alors qu’il faudrait faire prévaloir l’idée de politiques économiques et industrielles coordonnées sur les tables de la loi de la concurrence libre et non faussée.        <br />
       d)	Opportune également a été la décision de réunir, le 15 novembre, le G20 à Washington, même si l’application tarde et se heurte en Europe aux réticences de Madame Merkel dont on ne sait si c’est le dogme libéral ou une vision à courte vue de l’intérêt de l’Allemagne qui les inspirent. Je crois au contraire que le rôle de locomotive de la relance correspond à l’intérêt européen et par conséquent à l’intérêt national bien compris de l’Allemagne.        <br />
              <br />
       3.	La France ne doit pas avoir peur de son ombre, y compris dans ses rapports avec le grand allié d’Outre Atlantique. Les retrouvailles avec M. Bush étaient peut-être un peu trop ostensibles, puisqu’aussi bien, nous allons devoir travailler avec M. Obama et son équipe. Les priorités de celui-ci ne sont pas forcément les nôtres. Comme l’a dit plaisamment Hubert Védrine, gardons-nous de croire que les Américains ont élu à la Maison Blanche un Européen de gauche.       <br />
              <br />
       L’un des premiers discours de M. Obama, à Chicago, évoquait « un nouveau leadership américain ». La vérité est que M. Obama devra réviser en baisse les objectifs de la politique extérieure américaine. Il aura aussi besoin de la coopération internationale pour relancer l’économie et instaurer aux Etats-Unis une société moins inégalitaire. L’équipe qu’a choisie M. Obama est composée d’hommes et de femmes réalistes. M. Obama a laissé entendre qu’il nouerait un rapport diplomatique avec Téhéran. Il faut résister à la tentation de frapper, donner du temps au temps et parier sur la société iranienne avide de modernité. L’Iran est la puissance dominante de la région depuis l’écrasement de l’Irak. C’est un fait.       <br />
              <br />
       Les Etats-Unis peuvent faire comprendre aux dirigeants iraniens que le véritable intérêt de leur pays n’est pas dans la prolifération nucléaire dans une région instable. Il serait intelligent de la part de la France de se placer dans la perspective de ce rapprochement irano-américain probable plutôt que de surenchérir sur un bellicisme à courte vue.       <br />
              <br />
       4.	Concernant le Kosovo, quel intérêt y a-t-il à prolonger notre présence militaire dans un micro Etat non viable ? Il ne sert à rien de faire miroiter à une demi-douzaine d’Etats de l’ancienne Fédération yougoslave la perspective d’une adhésion à l’Union européenne sans leur avoir demandé de procéder à une intégration régionale préalable.       <br />
              <br />
       5.	Un mot sur l’Afghanistan, M. le Ministre : le risque est grand de nous voir entraînés à participer toujours plus profondément à une guerre sans issue. La solution n’est pas à Kaboul mais à Islamabad où la jeune démocratie pakistanaise doit s’affranchir de la tutelle de son armée.       <br />
              <br />
       6.	Enfin, une question sur la Chine : comment expliquez-vous la vivacité regrettable de la réaction chinoise aux propos du Président de la République sur une éventuelle rencontre avec le Dalaï Lama ?       <br />
              <br />
       Est-il bien heureux, M. le Ministre, qu’après avoir échoué à trouver une solution politique viable au conflit israélo-palestinien, ou aux conflits balkaniques, nous allions nous immiscer dans les conflits immémoriaux de l’Hindou-Kouch, du Caucase, des vallées himalayennes ? Il y a pour la France une manière raisonnable et honnête d’exister, loin de l’hubris de postures que nous ne pouvons pas soutenir dans la durée, mais tout simplement en nous tenant à la légalité internationale telle que la définit le Conseil de Sécurité dont nous sommes membre permanent.       <br />
              <br />
       7.	Un mot encore sur la réforme du Conseil. Sachons ne pas augmenter le nombre de ses membres permanents au-delà de vingt et permettons que certains membres non permanents puissent être rééligibles au bout de deux ans. Cette simple « réformette » (il suffit de modifier un article de la Charte) permettrait l’inclusion dans le Conseil de quelques membres semi-permanents ou quasi permanents et consoliderait la légitimité déjà grande du Conseil de Sécurité.        <br />
              <br />
       Déjà au XVIe siècle Montaigne écrivait qu’il se sentait homme en général et Français par accident. J’aimerais vous convaincre, Monsieur le Ministre, qu’on peut s’écarter de cette inspiration et défendre les intérêts de la France sans trahir ceux de l’Humanité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>La Fondation Res Publica publie une note consacrée aux priorités de politique étrangère de la France</title>
   <updated>2007-04-07T17:43:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/La-Fondation-Res-Publica-publie-une-note-consacree-aux-priorites-de-politique-etrangere-de-la-France_a271.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2007-03-28T13:06:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Politique étrangère : priorités, Alain Dejammet, Note de la Fondation Res Publica, mars 2007.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/597173-729105.jpg?v=1289480117" alt="La Fondation Res Publica publie une note consacrée aux priorités de politique étrangère de la France" title="La Fondation Res Publica publie une note consacrée aux priorités de politique étrangère de la France" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Politique-etrangere-priorites_a219.html">Lire la note sur le site de la Fondation Res Publica</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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