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 <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-16T10:37:38+01:00</updated>
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   <title>Le drame d’Alstom témoigne du déclin du patriotisme des élites en France</title>
   <updated>2019-06-06T22:28:00+02:00</updated>
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   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2019-06-06T14:27:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une tribune de Jean-Pierre Chevènement, parue dans Le Figaro, le 5 juin 2019.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/34530898-31570192.jpg?v=1559825665" alt="Le drame d’Alstom témoigne du déclin du patriotisme des élites en France" title="Le drame d’Alstom témoigne du déclin du patriotisme des élites en France" />
     </div>
     <div>
      Belfort, dont le nom symbolise l’esprit de résistance, se bat à nouveau le dos au mur. Or General Electric, auquel la branche énergie d’Alstom a été vendue en 1999 pour les turbines à gaz et en 2015 pour le reste, vient d’annoncer la suppression de plus de mille emplois, le quart de son effectif, la moitié de ceux qui travaillent dans le secteur des turbines à gaz, à tel point que la pérennité du site paraît menacée. C’est évidemment un crève-cœur pour le maire de Belfort que j’ai été pendant plus de vingt ans, mais plus encore un épisode symbolique d’un processus de désindustrialisation, lui-même indissociable de la financiarisation et du démantèlement de nos grands groupes industriels depuis plus de deux décennies.        <br />
              <br />
       J’espère encore que le Président de la République ne voudra pas laisser associer son nom à cette débâcle et saura trouver le moyen de pérenniser ce grand site industriel français dont les salariés sont fiers des produits de hautes technologie qu’ils fabriquent. Encore aimerais-je ne pas entendre le porte-parole du gouvernement expliquer que Belfort et ses turbines à gaz seraient sacrifiées sur l’autel de la « transition écologique ». On croit entendre Flaubert qui, sous le mot « époque » notait. « Notre époque est une époque de transition » (<span style="font-style:italic">Dictionnaire des idées reçues</span>).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le marché des turbines à gaz connait un fléchissement temporaire. Mais les énergies renouvelables sont des énergies intermittentes. Il faut donc suppléer à leur insuffisance. Ce n’est pas s’avancer beaucoup que de dire que le gaz fera mieux l’affaire dans la prochaine décennie que le charbon (pour de bonnes raisons) et que le nucléaire (pour de mauvaises). Sinon, pourquoi nos amis Allemands s’acharneraient-ils à construire un nouveau gazoduc à travers la Baltique ? Ce dérapage ne doit pas occulter l’essentiel : la France et l’Europe auront encore besoin de maintenir une industrie de production électrique diversifiée. C’est pourquoi j’ai regretté que l’État ait cédé en 1999 et 2014 un fleuron technologique et qu’il ait refusé, en 2017, de monter au capital des trois « co-entreprises » qui avaient été prévues, dans le protocole d’accord de 2014, pour ancrer General Electric à Alstom et au tissu industriel français.       <br />
              <br />
       Le drame que vit Belfort est un drame national, celui de l’abandon de l’industrie française par nos élites financiarisées. Revenons sur l’exemple de Belfort : au départ était un vaste conglomérat fabriquant des turbines nucléaires, hydrauliques à vapeur ou à gaz, des locomotives de fret ou à grande vitesse, des moteurs, des aimants etc.       <br />
              <br />
       La Compagnie Générale d’Électricité, devenue Alcatel-Alstom en 1991, était traditionnellement dirigée par de grands industriels tels que Pierre Suard. Les choses changent au milieu des années 1990 quand Serge Tchuruk introduit la notion « d’entreprise sans usines » (c’est le début des délocalisations) et de « pures players » (c’est la spécialisation par produits). L’entreprise est alors filialisée. Alcatel met Alstom en Bourse en 1999, après avoir prélevé un « dividende exceptionnel » de 5 milliards d’euros. Alstom, fragilisée, commet l’erreur de racheter les turbines à gaz de son concurrent suisse ABB dont les défauts techniques apparaissent très vite et de vendre à General Electric son usine de Belfort. Son PDG, Pierre Bilger, conduit Alstom à la faillite en 2003. Il a encore assez d’honneur pour refuser une prime de départ de 4 millions de dollars.       <br />
              <br />
       Député-maire de Belfort à l’époque, j’obtiens de Jacques Chirac, président de la République, une renationalisation partielle d’Alstom : l’État monte au capital (20%) et rassemble près de 60 banques qui se portent caution. Un nouveau PDG est nommé, Patrick Kron. Le Commissaire européen, M. Mario Monti, oblige alors Alstom à se séparer de ses chantiers navals. Sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Économie et des Finances, l’entreprise reprend des couleurs. L’État cède sa participation à Bouygues en 2006. Déçu par l’absence des synergies qu’il espérait, Bouygues sera vite pressé de reprendre sa mise. C’est alors qu’intervient l’épisode du rachat par General Electric de la branche Power d’Alstom (les turbines autres qu’à gaz, y compris les turbines nucléaires Arabelle).       <br />
              <br />
       Appuyé par le « Department of Justice » américain qui prend en otage, en l’emprisonnant plus de deux ans au total, un haut cadre d’Alstom, Frédéric Pierucci1, au prétexte de corruption en Indonésie, General Electric convainc le PDG d’Alstom, M. Kron, de vendre pour 12 milliards d’euros une entreprise qui est la troisième mondiale, au motif qu’elle n’aurait pas la « taille critique ». M. Kron plaide coupable. Alstom est mise à l’amende pour près de 1 milliard de dollars. Le rachat d’Alstom par General Electric est présenté à l’opinion publique française comme une alliance d’égal à égal avec trois « co-entreprises » à 50-50, tromperie manifeste, car General Electric est majoritaire dans les trois « co-entreprises ». Ainsi s’impose « l’extraterritorialité » du droit américain !       <br />
              <br />
       Trois ans plus tard, en 2017, l’État refuse de monter au capital des co-entreprises où General Electric est majoritaire. Le leurre se dissipe. Non seulement General Electric ne crée pas les 1000 emplois qu’il avait promis mais il en supprime autant. M. Kron qui a entrepris de vendre son entreprise sans même en référer à son ministre, part avec une indemnité qui excède largement les 4 millions d’euros. Il n’a pas la décence d’y renoncer, contrairement à son prédécesseur, M. Bilger. La cupidité a définitivement triomphé de l’ancien « esprit de service public ». Entre-temps, M. Tchuruk a vendu Alcatel, jadis le numéro 1 mondial des télécommunications, au finlandais Nokia qu’un groupe américain a depuis lors absorbé.       <br />
              <br />
       On voit les ravages qu’a faits dans les élites industrielles françaises la théorie devenue dominante de la « création de la valeur pour l’actionnaire » : tout pour l’actionnaire ! Haro sur les salariés et foin de l’intérêt national !       <br />
              <br />
       En vingt ans, l’ex Compagnie Générale d’Électricité a quasiment disparu : les Chantiers de l’Atlantique sont aux mains de Ficantieri. Ne restent que les câbles et Alstom-Transport qu’on a offert à Siemens, au prétexte de la taille des géants chinois concurrents : à ce compte, c’est toute l’industrie française qu’il faudrait brader ! Heureusement, la Commission européenne, pour des raisons qui lui appartiennent, a mis son hola à cette opération !       <br />
              <br />
       Les financiers ont ainsi définitivement pris le pas sur les industriels dans nos grands groupes et dans l’État lui-même : le ministère de l’Industrie, avec ses équipes d’ingénieurs compétents pour chaque branche a disparu. Il a été démantelé (sous Alain Madelin) et absorbé par le ministère de l’Économie et des Finances (sous Dominique Strauss-Kahn).       <br />
              <br />
       Il n’y a plus d’État : celui-ci est gangrené de l’intérieur par les lobbies français et étrangers (cabinets d’audit, conseils juridiques, communicants). La confiance est tombée très bas chez les salariés, y compris les cadres, chez les industriels fournisseurs, chez les élus de terrain et plus généralement dans la population, vis-à-vis des responsables de nos grands groupes mais aussi des politiques.       <br />
              <br />
       La désindustrialisation de la France est le trait dominant des trente dernières années (les « trente piteuses »). Ce que j’ai décrit pour Alcatel-Alstom s’applique hélas à Pechiney, à Arcelor, à Lafarge, à Technip et à d’autres. Pechiney aurait pu racheter Alcan. La Commission européenne s’y est opposée au nom de la concurrence : c’est Alcan qui a racheté Pechiney. Arcelor était le produit d’une fusion « européenne » entre le français Usinor-Sacilor, l’espagnol Aceralia et le luxembourgeois Arbed. La société luxembourgeoise qui en a résulté, Arcelor qu’on nous a présentée comme l’exemple même des « champions européens » du futur, a été absorbée par Mittal, sans que le gouvernement français puisse juridiquement s’y opposer. Lafarge a été avalée par le suisse Holcim sous le leurre d’une « fusion entre égaux ». Technip, fleuron du parapétrolier français et création de l’institut français du Pétrole, organisme public, a été livrée à son concurrent américain par son patron parvenu à l’âge de la retraite. Que penser d’un pays qui se laisse ainsi dépouiller de ses fleurons ?       <br />
              <br />
       La part des effectifs employés dans l’industrie a chuté de plus de moitié depuis 1983, de 6 à 3 millions. Le rapport Gallois (2012) a établi que la part de l’industrie dans le PIB est passée de plus de 20% dans les années 1980 à 11% en 2010 (contre 22% en Allemagne). Des pays voisins ont su préserver leur tissu industriel (Allemagne, Suisse, Suède, Italie du Nord). Pourquoi ?       <br />
       La taille des grands groupes français n’a en rien préservé l’industrie dans notre pays. Au contraire, ils sont beaucoup plus exposés à la logique financière.       <br />
              <br />
       Un patriotisme au moins local a survécu chez nos voisins. En France au contraire, nos élites considèrent que le patriotisme comme ringard. L’esprit de service public, particulièrement dans les grands corps de l’État, a déserté. Les meilleurs choisissaient jadis le service de l’État. La multiplication, pour ne pas dire la généralisation, des pantouflages chez les titulaires des grandes postes montre qu’à l’esprit de service public se sont progressivement substitués chez ces derniers sinon la cupidité, du moins le souci de s’agréger à l’aristocratie financière.       <br />
              <br />
       Le corps des Mines et l’Inspection des Finances étaient l’orgueil de notre administration. Aujourd’hui, ils fournissent les plus notoires des transfuges. Le Président Macron veut à juste titre supprimer l’ENA et rebâtir Notre-Dame. Mais c’est la patriotisme français et l’esprit de service public qu’il faut relever !       <br />
              <br />
       Quand nos décideurs n’attachent plus d’importance au caractère public ou privé du capital ou à la nationalité d’une entreprise, c’est que les critères financiers dans leur esprit ont pris le dessus. Tout se passe comme si les élites françaises convaincues depuis la fin des années 1970 de l’avènement d’une « société postindustrielle » avaient, dans les dernières décennies, sacrifié l’industrie aux services et à la finance.       <br />
              <br />
       Nos élites ont renoncé à l’ambition gaullo-pompidolien qui consistait à faire de la France une grande puissance scientifique, technologique et industrielle.       <br />
              <br />
       Après des siècles de grandeur militaire et impériale, c'était le moyen que les deux premiers Présidents de la Vème République avaient imaginé pour que la France continue à jouer dans la cour des Grands et ne se laisse pas définitivement distancée par l'Allemagne, le Japon, sans parler aujourd'hui de la Chine.        <br />
              <br />
       La droite s'est détournée du gaullisme. La gauche a très vite abandonné son projet « industrialiste ». La logique de la financiarisation (&quot;l'acquisition de la valeur par l'actionnaire&quot;) a tout balayé.       <br />
              <br />
       Est-il encore temps de redresser le cap ? Comment convaincre nos élites de changer de mentalité et de réintroduire la France dans leur vision du monde ?        <br />
              <br />
       En France, tout a toujours procédé d'une impulsion donnée par l'État, car seul l'État peut remédier aux &quot;ferments de dispersion&quot; jadis discernés par le général de Gaulle, encore accrus aujourd'hui par la financiarisation du capitalisme. Seul l'État peut corriger ces travers par une intervention directe au niveau des grands groupes industriels et par un transfert de l'épargne vers les grands projets industriels et technologiques d'avenir. Le Président de la République saura-t-il se ressourcer, dans la deuxième partie de son quinquennat, à l'esprit du gaullisme qui est aussi celui de nos institutions et de la République elle-même ?        <br />
              <br />
       La nécessaire révolution culturelle dans nos élites pourrait alors s'accomplir. La bataille que mène Belfort pour rester une grande cité industrielle et technologique prendrait alors valeur de test du vouloir vivre national. C’est l’esprit de nos élites qui en est l’enjeu. Continuer Belfort, ce sera continuer la France !       <br />
              <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/economie/jean-pierre-chevenement-le-drame-d-alstom-temoigne-du-declin-du-patriotisme-des-elites-en-france-20190604">Le Figaro</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Le-drame-d-Alstom-temoigne-du-declin-du-patriotisme-des-elites-en-France_a2048.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>GE Belfort, la responsabilité de l’Etat</title>
   <updated>2019-05-28T15:10:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/GE-Belfort-la-responsabilite-de-l-Etat_a2047.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2019-05-28T15:08:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de Jean-Pierre Chevènement     <div>
      Ce matin, la direction du groupe américain General Electric a annoncé la suppression de 1 050 emplois sur Belfort, 800 dans les turbines à gaz, 250 dans le centre de services installé il y a deux ans, conformément aux engagements pris, et désormais voué à la fermeture.        <br />
              <br />
       Le coup est terrible pour Belfort, qui voit de surcroît l’exécution des nouvelles commandes transférée aux Etats-Unis.        <br />
       Dans ce sinistre industriel, la responsabilité de l’Etat est doublement engagée. D’abord pour avoir accepté, dans la plus grande opacité, un accord déséquilibré avec General Electric en 2014. Ensuite pour n’être pas monté au capital pour y remplacer Bouygues en 2017 et ainsi donner vie aux trois « co-entreprises » prévues entre Alstom et General Electric. « Tout pour les actionnaires, haro sur les salariés ! », ainsi se résume ce bradage à 12,5 milliards d’euros.        <br />
              <br />
       Belfort est un grand site industriel français depuis 1878. Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan « America first ! » ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris, et qu’ensuite il ne donne pas une vigoureuse impulsion aux projets de diversification industrielle qui existent en matière aéronautique comme dans la maintenance nucléaire.        <br />
              <br />
       Belfort est une ville résistante. Elle espère que son gouvernement ne la livrera pas une seconde fois.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/GE-Belfort-la-responsabilite-de-l-Etat_a2047.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Un nouvel espoir pour le développement de l'industrie ferroviaire française</title>
   <updated>2019-02-06T17:42:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Un-nouvel-espoir-pour-le-developpement-de-l-industrie-ferroviaire-francaise_a2022.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2019-02-06T17:38:00+01:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de Jean-Pierre Chevènement, ancien maire de Belfort, ancien ministre de l'Industrie, suite au rejet par la Commission européenne du projet dit de "fusion" entre Alstom et Siemens, le mercredi 6 février 2019.     <div>
      La décision de la Commission Européenne de rejeter le projet dit de &quot;fusion&quot; entre Siemens et Alstom, mais en réalité de simple absorption du second par le premier, ouvre à nouveau l'espoir du développement de l'industrie ferroviaire française.        <br />
              <br />
       Les attendus de la Commission sont peut-être critiquables mais pourquoi le gouvernement français s'est il toujours refusé à rendre publiques les garanties données par Siemens ? Il y a quelque chose d'inexplicable dans la position du gouvernement. L'argument de la concurrence chinoise ne tient pas la route : dans quel secteur ne s'appliquerait-il pas pour justifier l'absorption de toute entreprise française par un concurrent allemand plus puissant ? Une telle conception de l'Europe signifierait l'effacement de la France, il est temps de remettre les choses à l'endroit. L'Europe ne peut se justifier que dans le prolongement de la nation. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Un-nouvel-espoir-pour-le-developpement-de-l-industrie-ferroviaire-francaise_a2022.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Alstom – General Electric : les engagements pris doivent être tenus</title>
   <updated>2018-06-15T11:59:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Alstom-General-Electric -les-engagements-pris-doivent-etre-tenus_a1987.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2018-06-15T11:22:00+02:00</published>
   <author><name>Chevenement.fr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de Jean-Pierre Chevènement.     <div>
      J'ai écrit à Monsieur Bruno Le Maire en date du 4 mai 2018 pour lui demander où en étaient les engagements pris par General Electric en 2015 lors du rachat de la branche énergie d'Alstom.        <br />
              <br />
       La <a class="link" href="https://minefi.hosting.augure.com/Augure_Minefi/r/ContenuEnLigne/Download?id=35E1E6FF-73BF-45CD-BAA4-6D43F875520D&amp;filename=542%20-%20CP%20%20Entretien%20entre%20Bruno%20Le%20Maire%20et%20John%20Flannery%20pr%C3%A9sident.._.pdf">réponse</a> qui vient de tomber n'est pas satisfaisante.        <br />
              <br />
       Les engagements pris, même dans un univers ultra-libéral, doivent être tenus, <span style="font-style:italic">pacta sunt servanda</span>. Ce n'est pas nuire à l'attractivité de la France que de faire respecter l'autorité de l’État. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>"On ne peut pas construire l'Europe que je souhaite sur la base d'une absence de la France"</title>
   <updated>2017-10-04T19:35:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/On-ne-peut-pas-construire-l-Europe-que-je-souhaite-sur-la-base-d-une-absence-de-la-France_a1947.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2017-10-04T19:34:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Sonia Mabrouk sur CNews dans Les Voix de l'Info, mercredi 4 octobre 2017.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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  <entry>
   <title>Alstom, Europe, Blanquer... mon entretien au Figaro</title>
   <updated>2017-09-29T14:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Alstom-Europe-Blanquer-mon-entretien-au-Figaro_a1942.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2017-09-29T14:38:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro, propos recueillis par Alexandre Devecchio, vendredi 29 septembre 2017 (version longue).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/17374634-21882775.jpg?v=1506688005" alt="Alstom, Europe, Blanquer... mon entretien au Figaro" title="Alstom, Europe, Blanquer... mon entretien au Figaro" />
     </div>
     <div>
      <b>Le Figaro: Alstom et Siemens ont annoncé ce mardi leur mariage. Quelles peuvent être les conséquences de cet accord ?</b>        <br />
       Il faut appeler un chat un chat : une absorption est une absorption. Qui détient la majorité du capital d’une entreprise détient le pouvoir. Le reste est pipeau. Les engagements pris à quatre ans sont des chiffons de papier que le premier coup de vent boursier fera s’envoler. Parlementaire du Territoire de Belfort de 1973 à 2014 et maire de Belfort, pendant plus de 20 ans, ville mère d’Alstom, j’aurai connu un véritable Trafalgar en 2014 avec la vente d’Alstom-Energie à l’américain General Electric sous une présentation au demeurant falsifiée et aujourd’hui le Waterloo final avec le bradage d’Alstom-Transport à Siemens.       <br />
              <br />
       Deux coups majeurs portés à notre tissu industriel. On s’étonnera après cela du déficit de notre balance commerciale - plus de 60 milliards – alors que l’Allemagne dégage un excédent de plus de 250 milliards ! L’Etat vient de renoncer à monter au capital d’Alstom à hauteur de 20 % comme convenu avec Bouygues, en 2014, pour donner un peu de consistance aux trois « co-entreprises » créées avec Général Electric, notamment dans le domaine des turbines nucléaires. La présence de l’Etat au capital aurait en outre permis de fédérer l’actionnariat français pour créer un équilibre avec Siemens dans Alstom-Transport. Un peu de patriotisme économique aurait permis d’éviter ce naufrage, épilogue de la décomposition d’Alcatel-Alstom annoncée par son président, Monsieur Tchuruk quand il se faisait, il y a 20 ans, le prophète d’une <span style="font-style:italic">« entreprise sans usine »</span>. Mission accomplie !
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     <br style="clear:both;"/>
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      On nous parle de <span style="font-style:italic">« souveraineté européenne »</span> mais où est le <span style="font-style:italic">« demos »</span> européen ? Le Président de la République, que je sache, n’a pas été élu par un peuple européen qui aux dires même du Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe n’existe, pas mais par le peuple français.       <br />
              <br />
       Le prétexte de la Chine ? s’il tenait, il faudrait brader aux autres pays européens toutes nos entreprises. Le modèle Airbus ? Alors que la France en 1999 avait apporté l’essentiel de la mise initiale dans le consortium, EADS nos dirigeants feraient bien de s’aviser que, pour la première fois, en 2016, dans le domaine des produits aéronautiques, l’Allemagne dégage un excédent supérieur à celui de la France (22 milliards contre 17). Encore faudrait-il qu’ils s’intéressent à la localisation des chaînes de production…       <br />
       Tout se passe comme si nos élites n’avaient plus de culture industrielle, mais seulement financière. Jadis la CGE (Compagnie Générale d’Electricité) devenue Alcatel-Alstom pesait aussi lourd que Siemens. Après la perte des turbines, celle des chantiers navals, des télécommunications et maintenant du ferroviaire, je ne crois plus ce désastre réparable pour notre tissu productif, dans des technologies pourtant pleines d’avenir. C’est le « plan Morgenthau » de pastoralisation de l’Allemagne conçu en 1944 qui s’applique aujourd’hui à la France !       <br />
              <br />
       Historiquement, la France a décroché industriellement d’avec l’Allemagne depuis la fin du XIXe siècle. Mais elle avait rétabli un certain équilibre à travers l’Etat notamment grâce aux nationalisations de la Libération et aux « Trente glorieuses ». On peut s’en réjouir ou le déplorer, mais c’est ainsi. On ne peut pas faire que la France et l’Allemagne ne soient pas des pays différents. La France est une création politique où l’Etat a toujours joué un rôle majeur. L’Allemagne a une autre cohérence qui tient à une conception de la nation qui a plus à voir avec la culture et avec la langue.        <br />
              <br />
       <b>Pourtant, Emmanuel Macron à travers ses propositions à la Sorbonne pour « refonder l’Europe » semble prôner « un grand bond fédéral ».</b>       <br />
       La construction européenne est aujourd’hui profondément déséquilibrée. Economiquement d’abord. Notre déficit va s’aggravant. Quel meilleur indice de la compétitivité y-a-t-il que la balance commerciale ?  Ce déséquilibre entre la France et l’Allemagne s’est également creusé avec les pays d’Europe du Sud qui sont à la peine depuis la crise de l’Euro de 2010. L’Allemagne a imposé à travers le TSCG, la règle d’or qu’elle avait faite sienne, c’est-à-dire la réduction du déficit budgétaire à quasiment zéro, au prix d’inégalités et de déséquilibres croissants. L’Allemagne dégage même cette année un excédent budgétaire. Mais cet objectif est impossible à réaliser par les autres pays. La zone euro s’est installée dans une croissance très faible depuis presque dix ans. L’idée d’Emmanuel Macron, dans son interview au <span style="font-style:italic">Point</span>, était de donner un moteur à la zone euro, grâce à un budget de la zone euro constitué de plusieurs points de PIB. Or, plusieurs points de PIB, c’est plusieurs centaines de milliards d’euros car le PIB de la zone euro représente plus de dix-mille milliards. Je ne pense pas que le résultat des élections allemandes permette d’avancer beaucoup dans cette direction. Le Président de la République l’a compris. Dans son discours à la Sorbonne, il a gommé cette perspective qui fondait pourtant notre politique budgétaire. La conjonction des astres qui aurait permis la réalisation de ce projet n’est clairement pas réalisée au vu du résultat des élections en Allemagne. Le parti libéral qui a fait plus de 10% des voix est hostile à un budget de la zone euro et si la chancelière s’y était déclaré en principe favorable, elle restait vague sur le sujet des institutions européennes : parlement de la zone euro et ministre des finances. Le Président de la République sera inévitablement amené à introduire du temps dans ses équations et peut-être même à les revoir. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’idée européenne. L’Europe est dans bien des domaines un espace pertinent et juste. A ceci près que pour construire cette Europe, il faut s’appuyer sur les nations. Dans les nations se trouve, en effet, la source de l’énergie démocratique. Il y a un sentiment d’appartenance qui existe dans les nations et qui n’existe pas en Europe et ne peut se créer que dans la longue durée. Or le sentiment d’appartenance est nécessaire à la démocratie. Si vous êtes minoritaire, vous pouvez accepter de vous incliner devant la loi de la majorité car vous espérez qu’un jour vous arriverez à la majorité. Une minorité peut accepter sa situation dans un cadre national, elle ne l’acceptera pas dans le cadre européen qui est pour cela beaucoup trop flou. On ne connait même pas les frontières de l’Europe. Où s’arrêtent-elles véritablement ? Certains voudraient les reculer jusqu’à l’Ukraine. Et pourquoi pas jusqu’à la Russie dans un schéma de grande Europe qui irait de l’Atlantique au Pacifique ? Par conséquent, il faut mettre du temps dans cette équation européenne et ne pas jeter le manche avant la cognée.       <br />
              <br />
       <b>Macron insiste également sur l’idée de « souveraineté européenne »…</b>       <br />
       S’il s’agit de dire que les nations européennes doivent s’unir pour trouver le niveau pertinent de leur action dans l’Histoire, il a raison. Est-ce à dire qu’il faut pour autant gommer les nations ? Elles sont des réalités puissantes à ne pas sous-estimer. Elles ne vont pas se fondre dans l’Europe comme un comprimé d’aspirine dans un verre d’eau. Si on veut une Europe forte il nous faut des nations fortes. J’ai compris jusqu’à présent qu’Emmanuel Macron voulait mettre la France davantage au centre de l’Europe. Pour cela, il ne faut pas dissoudre la France.       <br />
              <br />
       Que s’est-il passé depuis les débuts de l’entreprise européenne ? La France était au départ le pays dominant. Celui qui était dans le camp des vainqueurs de la seconde guerre mondiale, et qui n’avait pas à faire oublier le nazisme ou le fascisme. C’était une attitude généreuse de la part de la France que de mettre tous les pays à égalité. Mais le temps a passé. L’Allemagne par son travail et sa ténacité, a su se reconstruire dans le contexte de la guerre froide et grâce à ses alliés, les Etats-Unis et la France au premier chef. La situation aujourd’hui n’est plus la même depuis l’effondrement du mur de Berlin, avec l’élargissement à l’Est de l’Union européenne. L’Allemagne retrouve une position centrale par la géopolitique et l’économie. Ses entreprises accèdent facilement aux économies à bas coût de travail qui la jouxtent. Par conséquent, elle peut délocaliser à proximité les composants à faible valeur ajoutée tout en gardant la maitrise de l’assemblage. A contrario la politique industrielle française est en crise profonde depuis que le ministère de l’industrie a été dissout en 1986-87. On a l’impression que l’Etat stratège français n’a plus de mains.        <br />
              <br />
       <b>Le Monde du 7/09 rapporte que Macron aurait dit : « Si Merkel s’allie aux libéraux, je suis mort …»</b>       <br />
       Un président de la République française n’est jamais mort. Il a forcément plusieurs plans alternatifs ou alors il n’est pas un président. Tous les présidents de la Ve République ont effectué des virages sur l’aile. Le général de Gaulle a modifié sa politique en Algérie. Malgré sa constance, Pompidou, en intégrant la Grande-Bretagne dans le marché commun, a rompu avec une partie de l’héritage gaulliste et, on peut le dire, introduit le loup libéral dans la bergerie communautaire. Giscard d’Estaing était un partisan du serpent monétaire européen avant de le quitter peu d’années après son élection. François Mitterrand, en 1983, a abandonné son programme initial (« D’abord l’emploi !) pour ouvrir une parenthèse libérale qui ne s’est jamais refermée.        <br />
              <br />
       <b>Comment Emmanuel Macron peut-il rebondir ? </b>       <br />
       Tout dépend de la coalition qui va se former à Berlin et des engagements que Madame Merkel a pris à son égard. Comme je l’avais prévu, l’Allemagne est devenue plus difficilement gouvernable. A cause de l’AfD qui radicalise le paysage politique. Mais surtout parce que Madame Merkel est obligée de composer avec les Verts et les Libéraux qui sur des sujets importants ont des positions contradictoires. Ainsi sur les questions énergétiques ou sur la Russie. La divergence principale porte sur l’idée d’un budget européen dont les Verts sont partisans, mais pas les libéraux. La bonne solution pour Emmanuel Macron serait que le SPD revienne dans une coalition avec la CDU/CSU. Pour l’heure, ses dirigeants n’y sont pas disposés. Mais comme les négociations vont être difficiles avec le FDP et avec Die Grünen, cette perspective ne peut être tout à fait exclue. Ce serait pour le SPD l’occasion de jouer un rôle moteur dans la refondation européenne conformes aux propos de Sigmar Gabriel à la Conférences des Ambassadeurs en août dernier. Le SPD s’acquererait la sympathie de cette opinion éclairée, qui sait bien que l’Allemagne, étant donné sa position dominante, a une responsabilité à exercer vis-à-vis de l’Europe. L’Allemagne dégage un excédent commercial qui est égal à 8,5% de son PIB. Si vous ajoutez l’excédent des services et des capitaux, il dépasse 10% du PIB. Même la Chine ne fait qu’un excédent extérieur de 3,5 %. C’est une situation tout à fait intenable à la longue car l’excédent des uns est forcément le déficit des autres. La politique qui a été imposée, certes par traité, est une politique déflationniste dont le résultat est un nombre anormal de chômeurs, singulièrement de jeunes chômeurs, dans beaucoup de pays dont le nôtre. Madame Merkel veut-elle devenir la Chancelière qui aura ruiné le projet européen ou au contraire voudra-t-elle donner un contenu à l’idée d’une « Allemagne européenne » ?       <br />
              <br />
       <b>Comment expliquez-vous la disparition de la social-démocratie partout en Europe et dans le monde sauf peut-être d’une certaine manière en France ? </b>       <br />
       La social-démocratie se proposait de mettre un peu de beurre sur les tartines. Rien de plus. Quand il n’y a plus de beurre, sa fonction n’est pas évidente. La « troisième voie » imaginée par Tony Blair et théorisée par Anthony Giddens au tournant des années 2000 impliquait une certaine redistribution des fruits de la croissance vers l’éducation, la réduction des inégalités ou des services publics. Mais lorsqu’il n’y a plus de surplus à redistribuer, la social-démocratie est en crise. Elle apparait peut-être comme un parti responsable mais sa politique a coûté le pouvoir à Gerhardt Schröeder et au SPD. C’est ce qu’a voulu faire aussi François Hollande avec le pacte de responsabilité, mais celui-ci contredisait les engagements qu’il avait pris dans son discours du Bourget. Emmanuel Macron, au moins, n’a pas ce handicap. On ne peut pas lui reprocher de réaliser le programme qu’il a annoncé. Néanmoins, il faut se rappeler qu’au premier tour, Emmanuel Macron n’a réuni que 24% des voix. C’est une erreur fréquemment commise de dire qu’en élisant Emmanuel Macron, les Français ont voté pour l’Europe ou la monnaie unique. En réalité, ils ont voté contre Marine Le Pen qui apparaissait comme une candidate incompétente. Elle a largement discrédité l’idée de monnaie commune qui devait être présentée comme une construction négociée avec l’Allemagne pour faire face à une crise soudaine.  C’est une illusion que de penser que les Français se sont prononcés pour une politique européiste. Les Français sont divisés en plusieurs courants de pensée dont au moins la moitié est très réservée vis-à-vis des institutions européennes telles qu’elles fonctionnent.       <br />
              <br />
       <b>Comment analysez-vous la percée de l’AfD ?</b>       <br />
       L’Afd s’était constituée au départ en réaction contre les engagements jugés excessifs de l’Allemagne en ce qui concerne l’euro. La critique se polarisait sur la politique de la banque centrale européenne. Puis rapidement cette thématique a cédé la place à la critique de la politique d’accueil d’un million de réfugiés par an annoncée par Madame Merkel. L’arrivée d’un million de réfugiés en 2015 a été un traumatisme pour la société allemande et nous avons assisté à l’émergence d’un parti d’extrême droite comme il en existe dans d’autres pays européens. A cet égard, c’est une normalisation par rapport au reste de l’Europe. A ceci près que l’histoire allemande n’est pas tout à fait une histoire comme les autres. Pour autant, je ne qualifierai pas l’AfD de parti nazi. C’est un parti nationaliste, d’extrême droite, cependant assez policé, car recrutant dans des couches moyennes, beaucoup plus que dans le peuple sauf dans les Länder de l’Est. Cela aboutira a de profonds changements dans la politique allemande. Madame Merkel a déjà dit qu’il n’y aurait plus jamais d’accueil de réfugiés tel qu’en l’an 2015. Elle est consciente d’avoir pris une décision solitaire et peut-être précipitée. Ce n’est pas la première fois. En matière énergétique, son retrait du nucléaire au lendemain de Fukushima était déjà une décision purement personnelle. Une concertation avec la France qui, en matière nucléaire, était la première concernée, aurait peut-être permis de limiter des rejets de gaz carbonique liés à l’utilisation du charbon. Par habitant, l’Allemagne rejette deux fois plus de Co2 que la France. Mais le seul fait d’évoquer ces questions apparait comme une agression à l’égard de nos voisins d’Outre-Rhin. Je n’ai pas cet état d’esprit. Je suis conscient qu’historiquement la France et l’Allemagne se sauveront ensemble, si du moins nos deux nations veulent se sauver. Je sais ce que l’Europe doit à l’Allemagne et à son génie. Je le respecte et je l’admire. Mais l’Europe doit aussi beaucoup à la France. Il faut que ces deux inspirations soient présentes. Pour faire avancer l’Europe, il ne faut pas démobiliser les nations.        <br />
              <br />
       <b>L’enjeu des migrants peut-il déstabiliser l’Europe ? </b>       <br />
       C’est un enjeu majeur qui n’a de solution, comme l’a dit le président de la République à juste titre, que dans le développement de l’Afrique. Il faut que l’Afrique arrive à se développer et à dominer sa démographie. Il faut avoir le courage de le dire. Il y a une limite à l’immigration : la capacité d’intégration de la société d’accueil.        <br />
              <br />
       <b>Sur le plan de la politique étrangère, Macron a rompu avec le néoconservatisme de ses prédécesseurs …</b>       <br />
       Je suis reconnaissant à Emmanuel Macron d’avoir mis fin à une brouille absurde de la France avec les deux plus grands acteurs de la diplomatie mondiale, c’est-à-dire Vladimir Poutine et Donald Trump. C’était nécessaire. Il faut parler avec ces deux dirigeants. Emmanuel Macron a également revu notre position diplomatique en Syrie en acceptant que dans la transition politique tous les partis soient entendus, y compris les représentants de Bachar el-Assad. C’est une rupture avec la politique précédente qui a abouti à la « cornerisation » de la France au Levant. Je vois avec inquiétude l’indépendance proclamée du Kurdistan d’Irak. Ceux qui y applaudissent ne mesurent pas qu’il y a plus de quinze millions de Kurdes en Turquie, un million en Syrie et quatre millions en Iran. Par conséquent, soutenir l’indépendance du Kurdistan irakien c’est déséquilibrer l’Irak où les Sunnites de l’Ouest deviendraient très minoritaires. Ce serait ouvrir un cycle de guerres qui s’ajouterait à celui qui prévaut depuis la destruction de l’Etat irakien. On ne dira jamais assez que Daech est la conséquence de la destruction de l’Etat irakien commencé avec la première guerre du Golfe, dont Huntington disait qu’elle était la première « guerre civilisationnelle ». Elle s’est poursuivie par un long et cruel blocus puis enfin par la guerre de 2003 à laquelle Jacques Chirac a eu tout à fait raison de s’opposer.        <br />
              <br />
       <b>En tant qu’ancien ministre de l’Education nationale, que pensez-vous de la démission de Monsieur Lussault … </b>       <br />
       J’approuve fondamentalement l’orientation que cherche à donner Monsieur Blanquer au ministère de l’Education nationale. Il a mis le doigt sur l’essentiel, c’est-à-dire les inégalités qui se créent dès la petite enfance. On peut observer dès l’âge de cinq ou six ans une différence fondamentale entre un enfant qui ne bénéficie que d’un stock de 200 mots à côté de ses petits camarades qui eux, de par leur famille, en possèdent 2000. Par conséquent, il est extrêmement important d’avoir fait ce dédoublement des classes de cours préparatoire dans des zones d’éducation prioritaire renforcées. Je crois à « l’effet-maître ». C’est une politique réellement progressiste qui rompt avec le bla-bla pédagogiste. La réussite de cette politique suppose qu’on mette l’accent sur la mémorisation, sur l’acquisition du vocabulaire et sur le calcul mental. Cela suppose que les programmes soient clairement fixés. C’est, en dernier ressort, le rôle du Ministre.       <br />
              <br />
       A cet égard, je trouve que Monsieur Lussault, Président d’un « Comité Théodule » chargé d’élaborer les programmes, a eu l’honnêteté de démissionner. Monsieur Lussault, il y a un an, s’était insurgé contre la possibilité d’enseigner le récit national, au risque disait-il de « désespérer Billancourt », entendez les salles de professeurs dans les collèges et les lycées. J’avais eu alors l’occasion de lui faire observer que le récit national était nécessaire à la démocratie car il faut un « demos » pour que la République puisse vivre. Et ce « demos », c’est le sentiment d’appartenance collective qui nous réunit en tant que citoyens français. Nous sommes une nation de citoyens, mais nous ne sommes pas décidés à perdre la mémoire de ce que nous avons fait ensemble et de ce qui nous a faits. La démission de Monsieur Lussault est donc plutôt une bonne nouvelle pour la République.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Alstom-Europe-Blanquer-mon-entretien-au-Figaro_a1942.html" />
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   <title>Alstom: un épisode de la lutte des classes, la saga de la désindustrialisation de la France</title>
   <updated>2016-09-14T21:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Alstom-un-episode-de-la-lutte-des-classes-la-saga-de-la-desindustrialisation-de-la-France_a1862.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2016-09-14T21:40:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info, mercredi 14 septembre 2016.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.chevenement.fr/video/<iframe frameborder="0" width="640" height="360" src="//www.dailymotion.com/embed/video/x4t64g5" allowfullscreen></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/x4t64g5_chevenement-la-fermeture-d-alstom-est-un-episode-de-la-lutte-des-classes_news" target="_blank"></a></i>     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/8h30-aphatie/chevenement-la-fermeture-d-alstom-est-un-episode-de-la-lutte-des-classes_1814675.html">Lire le verbatim</a> réalisé par France Info.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Chevènement veut que l'Etat "monte au capital d'Alstom" pour retrouver "confiance"</title>
   <updated>2016-09-14T17:19:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Chevenement-veut-que-l-Etat-monte-au-capital-d-Alstom-pour-retrouver-confiance_a1860.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2016-09-14T17:09:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, mercredi 14 septembre 2016, 10h36.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/10205468-16651267.jpg?v=1473865700" alt="Chevènement veut que l'Etat "monte au capital d'Alstom" pour retrouver "confiance"" title="Chevènement veut que l'Etat "monte au capital d'Alstom" pour retrouver "confiance"" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement ex-élu de Belfort, demande que &quot;l'Etat monte au capital d'Alstom&quot; pour pouvoir retrouver &quot;confiance&quot; en ses dirigeants, voyant dans la menace sur l'avenir du site belfortain un nouvel épisode de la &quot;saga de la désindustrialisation de la France&quot;.       <br />
       &quot;La nationalisation, dans certains cas, partielle, temporaire, ça peut être un moyen d'orienter une stratégie. Je demande donc que l'Etat monte au capital, remplace Bouygues, aille même un peu plus loin, c'est-à-dire à la minorité de blocage, de façon à ce que nous puissions avoir confiance dans la direction d'Alstom, que nous pussions penser qu'il y a quand même une once de patriotisme économique dans la tête de ses dirigeants&quot;, a déclaré l'ancien ministre sur France info.       <br />
       &quot;Il ne suffit pas que (le PDG) M. Poupart-Lafarge dise qu'on va surseoir pendant dix jours. L'usine de Belfort est l'usine-mère du groupe Alstom. C'est là qu'on fabrique en France les locomotives depuis 1879. (...) Du point de vue du ressenti historique, Alstom c'est Belfort&quot;, a-t-il fait valoir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      &quot;C'est ce que la direction d'Alstom sait très bien car elle a constamment voulu diminuer l'importance de Belfort, parce qu'il y a cette mémoire à la fois ouvrière, sociale. De 1.500 emplois quand j'étais maire de Belfort nous sommes passés aujourd'hui à 500 et la perspective c'est 60&quot;, a expliqué l'ancien maire de Belfort (1983-1997, 2001-2007).       <br />
       &quot;J'ai vécu la saga du groupe Alstom qui était autrefois un conglomérat. C'est la saga de la désindustrialisation de la France&quot;. &quot;Aucun pays ne se laisse dépouiller de son industrie comme la France. L'Allemagne défend son industrie. (...) Ne nous racontons pas d'histoires au nom des réalités économiques, tout ça c'est du bla-bla&quot;, a développé M. Chevènement.       <br />
       &quot;On ne peut pas comprendre ce qui se passe en France aujourd'hui sans introduire cette hypothèse qu'il y a eu un choix délibéré de nos élites de considérer que dans l'Europe telle qu'elle se faisait, la France n'était plus un pays industriel. Donc nos grandes entreprises se développent, investissent à l'étranger&quot;, a-t-il analysé.       <br />
       Quant à Emmanuel Macron, &quot;je l'ai vu en juillet, il n'était nullement question de la fermeture du site de Belfort. Au contraire nous avons parlé de produire le TGV du futur à Belfort&quot;. &quot;Donc il n'était pas au courant. Je pense que la direction d'Alstom a mis à profit le départ d'Emmanuel Macron pour faire cette annonce précipitée&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Chevenement-veut-que-l-Etat-monte-au-capital-d-Alstom-pour-retrouver-confiance_a1860.html" />
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  <entry>
   <title>Alstom à Belfort: vite, un plan alternatif à sa fermeture!</title>
   <updated>2016-09-14T17:08:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Alstom-a-Belfort-vite-un-plan-alternatif-a-sa-fermeture_a1859.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2016-09-07T17:43:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      La fermeture par Alstom de l’usine de locomotives de Belfort qui y existe depuis plus de 140 ans, intervient au lendemain du départ de M. Macron. Celui-ci, en 2015, avait pris devant les salariés d’Alstom des engagements solennels en vue d’assurer le plan de charge de l’usine à travers notamment le programme « TGV du futur ».       <br />
              <br />
       Il ne sera pas moins nécessaire demain qu’hier à la SNCF d’acheter des locomotives de fret et des locomotives TGV.        <br />
              <br />
       La cession d’Alstom-Power à General Electric en 2014 était censée renforcer Alstom-Transport. Celui-ci vient d’emporter un contrat de 2 milliards de dollars aux Etats-Unis mais les emplois créés seront tous américains.       <br />
              <br />
       On attend du gouvernement de la France qu’il défende les usines françaises avec autant d’énergie que le gouvernement américain en mai pour promouvoir l’emploi industriel aux Etats-Unis. Particulièrement à Belfort où le taux de chômage est supérieur de trois points à la moyenne nationale.        <br />
              <br />
       Quel symbole ce serait que la disparition de l’usine mère de Belfort ! Je demande au gouvernement et au Président de la République qui connait bien le dossier Alstom de faire en sorte que cette entreprise présente sans tarder un plan alternatif.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Patriotisme économique et Europe européenne"</title>
   <updated>2015-04-04T18:35:00+02:00</updated>
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   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2015-04-04T11:07:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Pierre Chevènement paru dans Défis, avril 2015.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/7641273-11809118.jpg?v=1428165278" alt=""Patriotisme économique et Europe européenne"" title=""Patriotisme économique et Europe européenne"" />
     </div>
     <div>
      <b>Défis : La notion de patriotisme économique vous paraît-elle légitime dans le discours politique ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Le patriotisme économique doit être soigneusement distingué du nationalisme économique. Le patriotisme économique est la défense de l’intérêt général du pays concerné, et cet intérêt général ne s’oppose pas forcément à un intérêt plus vaste. Il n’y a sur un aussi vaste sujet que des réponses particulières. Par exemple, la France est aujourd’hui un pays en voie de rapide désindustrialisation dont le déficit commercial en 2012 atteignait 75 milliards d’euros. Face à une telle désindustrialisation, il est nécessaire de se préoccuper de redresser le cours des choses, si l’on raisonne à l’aune des intérêts de la France. Mais qui raisonne encore aujourd’hui dans l’univers politique et économique à l’aune des intérêts de la France ? Le paradigme européen s’est substitué au paradigme national dans les années 1980- 1990 et aujourd’hui parler d’intérêt national est très mal perçu par un certain nombre de gens. C’est une erreur car, hormis le cas des très jeunes Etats qui ne constituent peut–être pas encore véritablement des Etats-nations (notamment en Afrique), le monde reste fait de nations. Les pays dit « émergents » sont des nations sûres d’elles-mêmes, conquérantes, qui veulent laver l’humiliation qu’elles considèrent avoir subie à l’époque où elles étaient colonisées ou plus ou moins mises en coupe réglée, comme la Chine. On ne peut pas comprendre le dynamisme chinois actuel sans avoir saisi que la Chine souhaitait purger le siècle d’éclipse qu’elle a connu du milieu du 19ème siècle jusqu’à 1949.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Également, la nation américaine est sûre d’elle-même. Elle a une conscience d’empire d’une certaine manière, comme nous avons pu l’avoir avant 1940, en tout cas avant 1914. On s’identifie assez naturellement à un pays qui est la super puissance reconnue. Par conséquent, les Etats-Unis, même si leur modèle social, d’organisation, plus communautariste, est assez différent du nôtre, sont rassemblés par une foi dans leur « destinée manifeste » qui fait contraste avec le désenchantement, le désarroi français. Aujourd’hui, le French Bashing, qui n’est jamais mieux pratiqué qu’à l’intérieur de nos frontières, la repentance systématique pour des faits qui peuvent être regrettables mais qui ne sont jamais examinés sous tous leurs aspects (considération des ombres et des lumières), démontrent que la France est incontestablement un pays en situation de grande faiblesse psychologique qui mérite qu’on se mobilise pour lui si on veut le sauver.       <br />
              <br />
       Regardons en Europe, croyez-vous que le sentiment national ait disparu ? L’Allemagne a magnifiquement utilisé la carte européenne pour retrouver son unité et sa puissance internationale mais elle n’a pas toujours suivi la ligne dans laquelle le général de Gaulle s’était engagé et qui consistait à ne pas faire d’un atlantisme exclusif l’unique avenir de l’Europe. Elle poursuit aujourd’hui ses intérêts sans trop de complexes. La règle d’or, adoptée en 2009 et qui sera étendue au reste de l’Europe en 2012, la politique énergé- tique de Madame Merkel, qui constitue un virage complet sans concertation préalable avec quiconque, et la politique étrangère de la Chancelière à l’Est et au Sud, dans laquelle il est difficile pour un Européen de se reconnaitre, sont des exemples emblématiques de cette volonté allemande.       <br />
              <br />
       On voit bien que lorsqu’il y a débat entre l’Europe et la Chine, par exemple sur les panneaux solaires, c’est l’Allemagne, seul pays européen à avoir un excédent sur la Chine, qui impose l’armistice, par peur d’une réaction chinoise qui affecterait l’exportation de ses biens d’équipement.       <br />
              <br />
       Les nations existent donc encore. La question est de savoir si la France peut encore avoir les moyens d’exister. L’Europe, c’est aussi un rapport de forces au sein du tandem France/Allemagne. Alors que dans l’Europe à six, la France jouait le premier rôle, l’Allemagne étant divisée, dans l’Europe à 28, l’Allemagne a une place centrale à la fois pour des raisons géographiques, géopolitiques, économiques, industrielles et politiques. Toutefois, la faiblesse de la France est un élément de déséquilibre de la construction européenne et constitue donc un problème très grave pour l’avenir de l’Europe toute entière.       <br />
              <br />
       <b>Quel regard portez-vous sur la gestion des enjeux industriels ?</b>       <br />
       Je suis peiné de voir avec quel dédain les dossiers comme celui de notre sidérurgie ont été traités. La privatisation d’Usinor-Sacilor dans les années 80-90, la constitution d’un groupe sidérurgique européen, « Arcelor », dont le siège a été fixé à Luxembourg, a ôté à la France tout pouvoir lorsque Mittal a lancé son OPA. Ainsi, 50 ans après le traité de CECA, la sidérurgie française disparaissait. L’Allemagne quant à elle n’a pas perdu ThyssenKrupp, que je sache.       <br />
              <br />
       L’Etat peut agir mais dans le cadre des « obligations européennes ». C’est le Commissaire à la concurrence qui fait la loi, soit pour interdire une acquisition, comme dans le cas du projet de rachat d’Alcan par Pechiney, soit pour obliger une cession, comme dans le cas des Chantiers navals de l’Atlantique cédés par Alstom à une entreprise norvégienne. On peut ici reprocher aux hommes politiques d’avoir accepté cette réglementation sans aucun contrôle des Etats. Beaucoup de voix se sont d’ailleurs élevées pour critiquer les conditions dans lesquelles la Commission européenne exerce sa mission de contrôle de la concurrence.       <br />
              <br />
       Il faut aussi parler des consommateurs. Le réflexe consistant à acheter un produit français s’est quand même largement perdu (le « Made in France », etc.). Je ne parle pas de l’exil fiscal de certains contribuables en Belgique qui me consterne en tant que citoyen.       <br />
              <br />
       La notion de patriotisme me paraît légitime dès lors qu’elle n’est pas non plus exacerbée. Je ne suis pas partisan du repli, du protectionnisme mais plutôt d’une certaine harmonisation au niveau européen. Par exemple, le tarif extérieur commun qui était une marque de fabrique du marché commun au départ a quasiment disparu, érodé successivement par l’Uruguay Round, le GATT puis par l’OMC. Je suis donc plutôt partisan d’une monnaie qui nous permette de nous battre à armes égales, et ce n’est pas le cas aujourd’hui.       <br />
              <br />
       Je suis pour le patriotisme économique. Rééquilibrer nos comptes extérieurs est un impératif essentiel. Il faut que la France retrouve son équilibre commercial. Je ne crois pas beaucoup aux politiques de déflation interne, elles sont trop douloureuses et peuvent être en définitive contre-productives surtout quand elles sont menées simultanément dans tous les pays d’Europe. La politique du taux de change est un point fondamental. Nous avons un change surévalué depuis très longtemps, à l’exception d’une très courte période de 1998 à 2001 qui a correspondu à la période du dollar fort. Un pays qui a une monnaie surévaluée et qui ne possède pas de pôles de compétitivité situés dans le haut de gamme est un pays qui ne peut qu’assister à l’érosion des marges de ses entreprises et à sa marginalisation industrielle. Il y a une corrélation extrêmement forte entre le taux de change et le déficit commercial. L’éducation, la formation professionnelle, la recherche notamment industrielle, l’innovation, le tissu productif, l’aide apportée aux petites et moyennes entreprises industrielles sont également importants mais ils ne sont pas du même ordre, ils n’ont pas le même effet structurant dans le court et moyen terme.       <br />
              <br />
       <b>Pensez-vous que les confrontations industrielles et commerciales contemporaines puissent légitimement s’inscrire dans la sémantique de la « guerre économique » ?</b>       <br />
       Dans la sémantique non, car je ne pense pas qu’il faille parler de guerre économique. La guerre n’est jamais souhaitable si elle est évitable. Je pense qu’il faut défendre nos intérêts. Il ne faut pas être naïf vis-à-vis de notre environnement géoéconomique. Jean-Michel Quatrepoint a publié un livre de qualité sur la querelle des empires, les rapports entre les Etats-Unis, la Chine, et l’Allemagne (1). L’Allemagne est aujourd’hui l’atelier industriel du monde pour le haut de gamme mais combien de temps encore avant qu’elle ne soit remplacée par la Chine ? Il faut étudier ces phénomènes, il faut être réaliste. Si nous ne sommes pas soucieux de réindustrialiser le pays à travers des technologies numériques ou la robotisation, nous ne reconstruirons pas une structure industrielle solide.       <br />
              <br />
       La stratégie économique des grands pays est très mal étudiée. Je suis frappé de voir que les responsables politiques abordent les dossiers de manière très sectorielle, sans vue d’ensemble, sans voir ce qu’est en réalité la stratégie elle-même, ce qui fait l’originalité d’un pays par rapport à l’autre. La France, par exemple, a un déficit dans le domaine de l’automobile de 10 milliards. En 2006, nous avions un excédent de 10 milliards. L’Allemagne a elle un excédent de 100 milliards. En matière de biens d’équipement également, l’Allemagne a un excédent de 80 milliards. Dans quel secteur sommes-nous mieux placés que l’Allemagne ? Celui de l’aéronautique (20 milliards contre 13) et de l’agroalimentaire mais cela ne se joue qu’à 2 ou 3 milliards près. On ne regarde qu’avec peu d’attention les balances commerciales et les balances des paiements courants, les documents de base qu’il faut connaître et analyser pour comprendre ce qui nous arrive.        <br />
              <br />
       Il faut analyser l’état des pays, établir un diagnostic et comprendre leur projet. Quel est le projet de l’Allemagne ? Les Allemands exportent de plus en plus hors de l’UE, vers la Russie, la Chine, l’Inde, mais surtout vers les Etats-Unis. Cela explique beaucoup de choses par rapport au Traité Transatlantique. Les grands groupes allemands y sont en effet favorables car il leur permettrait de créer des plateformes à bas coûts à la frontière des Etats-Unis et du Mexique. Mais ce n’est peut-être pas dans l’intérêt de tous les Allemands de favoriser une politique qui va aboutir à la délocalisation de grandes unités de production aujourd’hui allemandes. Que va-t-il rester de la politique allemande dite du Standort Deutschland ? Parce qu’il y a des visions contradictoires dans la stratégie mondiale. La stratégie du capitalisme avancée avec le néo libéralisme a consisté à délocaliser une grande partie des unités de production vers les pays à bas coûts, tout en maintenant la centralisation des dividendes. Le capital ne reste pas dans les pays où il est investi, il revient. Mais en même temps, au bout de 20 ans, on s’aperçoit que la balance commerciale américaine est déficitaire de 500 à 600 milliards de dollars dont 200 par rapport à la Chine. M. Obama s’attache aujourd’hui à poursuivre une stratégie de relocalisation industrielle. Les systèmes économiques ne sont pas gouvernés par la raison politique, ils ont leur propre logique qui échappe à la volonté consciente des hommes. On devra s’interroger un jour, quand on fera le bilan, sur la signification de l’expérience néolibérale menée sous l’impulsion de Mme Tatcher, M. Reagan et plus particulièrement pour l’Europe continentale de M. Delors.        <br />
              <br />
       Ce qui fait défaut à la France est une vision stratégique, une compréhension fine des objectifs poursuivis par les diffé- rents pays, pour mieux se positionner elle-même. La zone euro représente à peine 40% des débouchés de l’Allemagne. Cette dernière s’est servie de la zone euro comme d’un tremplin pour conquérir les marchés mondiaux, parce qu’elle est un acteur mondial, contrairement à la France, à l’Italie et à la Grande-Bretagne. Les hommes politiques français ont une vision extrêmement étroite du champ des relations internationales, très politique. A titre d’exemple, le fait que le pouvoir européen serait concentré à la fois autour de l’Allemagne et de la France est un point de vue plutôt français, en démontre l’absence de traduction en allemand de l’expression « couple franco-allemand ». Nous ne pouvons actuellement parler de « politique industrielle européenne ». La France est aujourd’hui davantage dans une position de « suiveur ». Elle se voit imposer sans concertation des décisions qui ont été prises ailleurs.       <br />
              <br />
       <b>Vos ouvrages ont exploré la fragilisation de l’idée de Nation. N’est-ce pas cette dernière qui nous rend vulnérable dans ce contexte de l’affrontement compétitif mondial ?</b>       <br />
       La mise en commun des souverainetés rêvée par Jean Monnet était celle de deux pays profondément atteints par la Seconde Guerre mondiale ; l’Allemagne et l’Italie, et d’un troisième qui avait miraculeusement récupéré sa souveraineté grâce au Général de Gaulle et qui était en fait le véritable obstacle à une organisation technocratique, au sein d’un marché sous ombrelle américaine constitué de ce qui restait de l’Europe, la partie non vassalisée par l’Union soviétique. A ainsi été créée une sorte de tête de pont sous tutelle américaine. Mais le visage de l’Europe s’est métamorphosé depuis lors. L’erreur serait de croire que l’Europe est restée la même depuis les années fondatrices. Les hommes politiques français de l’époque avaient fait le deuil de la nation et considéraient que les autres pays le faisaient également. Ils n’imaginaient pas que l’Allemagne, l’Italie, ne puissent pas en faire autant. Continuant d’adopter le schéma de pensée des années 50-60, ils n’ont jamais retrouvé le souci d’équilibrer – même d’un point de vue européen, s’ils avaient été vraiment perspicaces – le rapport de forces franco-allemand, actuellement rompu. Et, à plus long terme, l’Allemagne souffrira d’une France trop affaiblie. La France était l’élément d’équilibre qui permettait à l’Europe d’exister politiquement. Là, nous sommes tombés trop bas et nous sommes maltraités. Les Français le ressentent, même s’ils ne le disent pas.       <br />
              <br />
       La construction d’une « Europe européenne » qui aurait ses intérêts distincts de ceux des Etats-Unis avait peu d’importance pour Jean Monnet. Beaucoup pensaient que l’Europe allait pouvoir un jour se substituer à la France. Mais s’ils s’étaient vraiment interrogés, ils auraient compris qu’ils lâ- chaient la proie pour l’ombre. Malheureusement, la France est aujourd’hui placée dans une situation très difficile. Ce n’est toutefois pas une nouveauté, cela s’inscrit dans le fil d’une longue histoire...       <br />
              <br />
       <b>L’affaire Alstom a donné lieu à l’élargissement du décret de 2005 (2) sur les secteurs stratégiques, y adhérez-vous ?</b>       <br />
       Le désengagement de Bouygues ne suffisait pas à légitimer l’abandon d’Alstom à General Electric, il apparaissait normal que l’Etat français réagisse. Alstom, c’est la sédimentation de la commande publique depuis 1879. L’élargissement du décret de 2005 sur le contrôle des investissements étrangers a permis à l’Etat d’engager des négociations avec General Electric.       <br />
              <br />
       Il faut regarder ce qu’il se passe en dessous des événements qu’on nous donne à voir, regarder les tendances longues. On observe ainsi que le déclin de la France remonte à une période lointaine. Déjà très affaiblie économiquement en 1914 par rapport à l’Allemagne, la France sort en outre appauvrie démographiquement de la Première guerre mondiale. Elle a aussi perdu la remarquable combinaison de politique extérieure et de politique de défense dont elle avait su se doter avant 1914. Bien que le général de Gaulle réussît à remettre la France en piste durant les Trente glorieuses, cette dernière est, depuis le milieu des années 70, sur une pente déclinante... Il sera difficile pour la France de se relever. Ce nouvel élan nécessiterait un changement d’état d’esprit et un retour de confiance de la France en elle-même. C’est parce que nos classes dirigeantes ont cessé depuis longtemps de croire à la France qu’il est si difficile de remotiver le pays dans son ensemble. Mais tout n’est peut-être pas perdu...       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>A Bruxelles, on a répondu à Poutine : "Allez vous faire foutre !"</title>
   <updated>2015-02-13T15:34:00+01:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/A-Bruxelles-on-a-repondu-a-Poutine-Allez-vous-faire-foutre-_a1691.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2015-02-13T11:10:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1, jeudi 12 février 2015. Il répondait aux questions de Patrick Roger, Catherine Nay, Olivier Duhamel et Serge July.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Partie 1</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> L'accord de Minsk 2 est une victoire du bon sens. C'est aussi une victoire de François Hollande, qui avait entrepris de longue date une sorte de médiation dans cette affaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je m'étais rendu en Russie, au début du mois de mai 2014, pour rencontrer Vladimir Poutine, à la demande de François Hollande, avec une lettre de sa part que j'ai transmise à Vladimir Poutine. Nous avons eu un long entretien, en tête à tête, pour essayer de débroussailler cette question difficile, qu'on aurait pu éviter.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La crise ukrainienne est très largement née d'un mal-entendu. Dans le cadre du Partenariat oriental, l'UE a négocié avec l'Ukraine un accord d'association, c'est à dire de libre-échange, en « oubliant » qu'il y avait déjà un libre-échange entre la Russie et l'Ukraine, que ces deux économies étaient très intriquées, et que tout cela allait poser beaucoup de problèmes compte tenu de la situation financière difficile de l'Ukraine. Poutine m'a dit qu'il était allé en janvier 2014 à Bruxelles, pour demander à voir M. Barrosso, et puis d'autres, et on lui a répondu : « <span style="font-style:italic">Mais cette affaire ne vous regarde pas</span> ». Et je vais vous rapporter quelque chose qui vous surprendra, ce qu'on lui a répondu, c'est : « <span style="font-style:italic">Allez vous faire foutre !</span> ». « <span style="font-style:italic">L'Ukraine est un pays souverain, vous n'avez absolument rien à voir dans la négociation d'un accord d'association entre l'UE et l'Ukraine</span> ». </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur le dossier ukrainien</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Il y a un accord qui a été négocié. L'UE a mis 560 millions de dollars sur la table, les Russes 15 milliards, un rabais du prix du gaz, et Yanoukovitch, président de l'Ukraine à ce moment là, qui a très mauvaise réputation, mais enfin qui a quand même été élu, a dit qu'on allait reporter l'accord avec l'UE pour regarder un peu ce qu'il y a dedans. J'observe qu'aujourd'hui on a reporté à la fin-2015 la mise en œuvre de cet accord, qui pose évidemment beaucoup de problèmes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Peu de gens (parmi les élites) connaissent les problèmes de l'Ukraine. La plupart ne savent même pas situer l'Ukraine sur une carte ! Ils ne savent pas que c'est un pays hétérogène, dont la partie occidentale a appartenu à l'Autriche-Hongrie avant 1914, à la Pologne avant 1939, tandis que l'est faisait partie de la Russie comme la Franche-Comté de la France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Europe ne doit pas se construire contre la Russie. Quiconque connaît le peuple russe sait que c'est un peuple européen, que la Russie apporte beaucoup à la culture européenne.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je me réjouis de l'initiative commune franco-allemande, remarquable, d'autant plus que jusqu'à maintenant, la France et l'Allemagne n'ont pas vraiment tiré ensemble dans la même direction.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a des gens qui voudraient ressusciter la Guerre froide, parce qu'ils n'ont pas de culture. Ils sont les héritiers d'une façon de voir, et puis si on raisonne en géopolitique, il y a des gens pour qui l'Ukraine a quelque chose de spécifique. Brezinski, qui a été un conseiller de Carter, et qui reste une personnalité influente aux USA, a écrit dans un livre de 1998 que, pour empêcher la Russie de redevenir une grande puissance, il fallait soustraire l'Ukraine à son influence. Il a un peu changé d'avis aujourd'hui. Mais j'observe qu'il y a les révolutions de couleurs, la Révolution Orange en 2004, qu'en 2008 les USA de Bush voulaient faire entre l'Ukraine dans l'OTAN – la France et l'Allemagne s'y étaient opposées... </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Partie 2</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le dossier ukrainien (suite)</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Ma rencontre avec Poutine en mai 2014 avait aussi pour objet de préparer sa venue en France, à l'occasion des célébrations de commémoration du Débarquement, et notamment sa rencontre avec Porochenko – c'est le format Normandie, qui s'est imposé progressivement, et qui hier a obtenu des résultats remarquables.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je me suis rendu depuis à Moscou, quand c'était utile. J'y suis allé au mois de septembre pour voir le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine. Je m'efforce, en tant que représentant économique de la diplomatie française en Russie, de développer nos échanges avec la Russie. C'est 9 milliards d'exportations pour nous en 2012, le seul marché du monde avec Singapour où la France a gagné des parts de marché depuis 2000, où il y a des enjeux stratégiques colossaux.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Pourquoi l'accord a abouti ? Je pense qu'il y avait la volonté de François Hollande de ne pas laisser entrer l'Europe dans un processus de Guerre froide. Les Allemands étaient plus partagés, malgré leurs considérables intérêts économiques en Russie, parce qu'ils sont également soumis aux pressions des États-Unis.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Après la tentative d'adhésion à l'OTAN, il y a eu la tentative d'accord d'association, les événements de Maiden, qui peuvent être vus comme une révolution, si on se place du côté européen, et comme un coup d'Etat si on se place du point de vue russe... N'est-il pas idiot de vouloir enfermer l'Ukraine dans un choix impossible : l'Europe ou la Russie ? L'Ukraine est entre la Russie et l'Europe !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les sanctions ont un effet très rude sur la Russie, mais aussi sur nous. Nos exportations vers la Russie vont diminuer de 3 milliards, ce qui n'est pas tout à fait négligeable quand on a un déficit commercial de 53 milliards. Cela dit l'effet des sanctions est bien moindre que l'écroulement des prix du pétrole, passé de 115$ le baril au mois de juin à 55 aujourd'hui. C'est 35% du PIB russe, la moitié des recettes fiscales, 60% des exportations russes, c'est donc une variable fondamentale, et Poutine est obligé de tenir compte de tout cela.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut écouter la Russie, prendre en compte ce qu'elle dit, si on veut construire une grande Europe. Avoir avec un partenariat avec la Russie, c'est l'intérêt de tous les européens, c'est le bon sens.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Peut-être qu'il vaut mieux dépendre de la Russie pour le gaz que du Qatar, enfin ça se discute !       
       </li></ul><ul class="list"><li> François Hollande a montré beaucoup de détermination, beaucoup de conviction dans cette affaire là. Il a obtenu ce résultat, ces accords, il faut le mettre à son actif. C'est un homme très calme, et ce sang froid, cette sérénité a été apprécié en cette circonstance, et aussi au début de l'année au moment des attentats, et cela n'empêche pas la détermination.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <b>Partie 3</b>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Je ne m'exprime pas sur l'affaire DSK. Cela ne m'intéresse pas.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Après les attentats</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Vous l'avez peut-être lu, un philosophe allemand, Peter Sloterdijk, a dit qu'il avait été surpris par la capacité du peuple français à se lever, à faire bloc, à montrer que la République était une idée toujours vivante. Et venant de Sloterdijk, qui n'est pas tendre pour la France en général, et bien c'est tout à fait étonnant de voir son admiration pour la dignité du peuple français, sa volonté de vivre dans un pays où l'on peut dire ce que l'on veut.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Cette réaction du peuple français est formidable. Elle nous a donné une visibilité mondiale, qu'on ne croyait plus avoir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La République ne passe pas par les gènes. La république est une création politique, très politique, de la France, qui est devenue une nation et qui s'est considérée ensuite comme une République.  C'est tout un corps de règles, c'est une communauté de citoyens, cela passe par la séparation de l’Église et de l’État, la laïcité, le vivre-ensemble, le respect des opinions de l'autre, mais en même temps l'écoute, la confiance faite à la raison naturelle pour s'entendre sur ce qu'est l'intérêt général. Bref, un code très élaboré.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La République ne demande pas que l'islam s'adapte à la mentalité française, mais que l'islam soit compatible avec la République, tout simplement, qu'il respecte la séparation entre le domaine du religieux, de la croyance, de la transcendance, et puis la sphère publique, qui est la sphère du débat, la sphère civique. On peut être Français et musulman sans aucun problème si on accepte cela.         
       </li></ul><ul class="list"><li> Il ne faut pas vivre cet événement dans le temps de la communication qui est celui du court terme. Il faut avoir une vision stratégique. L'intégration de jeunes générations, venues d'ailleurs, à la République et à la France, c'est probablement l'affaire de une, deux, trois générations. Je recommande beaucoup de calme, de sang froid, une vision à long terme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> D'abord, il faut savoir qui nous sommes. Nous sommes la France, la nation, la République,  mais la République comme communauté de citoyens, sans distinction d'origine. Nous devons d'abord avoir la fierté de ce qu'est la France, de notre histoire, sans la laisser polluer par des repentances souvent injustifiées. Un pays qui s'aime peut agréger ; un pays qui se débine tous les jours n'aspire aucun attrait.         
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce n'est pas incompatible de dire que ces manifestations ont été un sursaut, mais que le pays connaît des difficultés. La production industrielle est 15% en dessous de son niveau de 2007, c'est une réalité. Mais il n'y a pas que cela : il y a de moins en moins de suicides, d'homicides, on ne le dit jamais !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que les problèmes de l'islam doivent d'abord être traités par les musulmans. La fondation Res Publica, que je préside, va organiser un colloque intitulé « stratégies de déradicalisation ». Comment peut-on aboutir à cela ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Les institutions représentatives du culte musulman sont critiquées, mais il faut laisser aux choses le temps de se faire. C'est moi qui ait lancé la consultation sur l'islam de France, en 1999. Cela a été repris par Nicolas Sarkozy qui a créé le CFCM. Cela n'a pas donné des résultats mirobolants jusqu'à présent, mais le problème de la construction des mosquées, par exemple, a été quasiment résolu.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On avait évoqué une fondation créé par des entreprises privées travaillant avec des pays de tradition musulmane pour le financement, cela ne s'est pas fait par manque de volonté politique. Et même chose pour la formation des imams : ça a fini par se faire, à Strasbourg – je l'avais suggéré à l'époque – mais à une beaucoup trop petite échelle. J'avais suggéré un Institut des Hautes Etudes Musulmanes, cela n'a pas été suivi des faits, parce que je me suis heurté à un certain nombre de blocages. Mais ces idées feront leur chemin. Et je suis absolument persuadé que nous allons réussir.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je préfère le terme d'intégration à celui d'assimilation. L'assimilation se réfère à une identité figée, immobile. J'avais confié une mission à Jacques Berque en 1985 à ce sujet, un rapport public intitulé « l'immigration à l'école de la République ». Jacques Berque me disait que la France a une identitié qui a évolué lentement : des apports italiens au XVIe et XVIIe siècles, espagnols, anglais, allemands, maintenant arabes... Cette identité est évolutive. Donc n'employons pas le mot assimilation, n'employons pas non plus le mot insertion, qui donne l'impression que c'est une gousse d'ail dans le rôti, employons le mot intégration. Intégration, ça veut dire que la France garde une identité structurée. Sa personnalité peut changer au fil des siècles, mais elle reste structurée.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France n’intègre pas aujourd'hui, mais c'est d'abord sa responsabilité. Elle ne s'aime pas. Son histoire, elle ne l'enseigne plus. Son récit national est brisé. Il n'y a pas une lecture cohérente  de notre histoire au XXe siècle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La France doit résoudre ses problèmes d'emplois, qui touchent beaucoup de jeunes.         
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     <div>
      <span class="u">Verbatim</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Partie 4</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la fusion Alstom/GE</span>       <br />
       <ul class="list"><li> J'avais salué l'accord intervenu entre Alstom et General Electrics, sur le rachat de la branche énergie d'Alstom, que j'avais trouvé équilibré, au mois de juin. Cet accord prévoyait la création de trois co-entreprises. Mais, l'information m'est venue à l'oreille que le partage dans ces co-entreprises n'était pas tout à fait 50/50, entre Alstom et GE : GE a une ou deux actions de plus, notamment dans la filiale stratégique qui concerne les turbines à vapeur et les turbines nucléaires. Je me suis intéressé d'un peu plus près à l'affaire, je suis allé voir Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, il y a quelques jours, j'ai pris connaissance du fond du dossier, que je connaissais pas, en particulier des annexes en Anglais, et je me suis aperçu qu'en effet, dans l'accord initial, il y avait ce petit déséquilibre qui entraîne de gros déséquilibres dans la gestion.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je considère que la présentation qui avait été faite de l'accord au mois de Juin n'était pas exacte. Les pouvoirs publics ont présenté cet accord comme étant équilibré, et je pense qu'il n'est pas si équilibré que cela, même si l’État conserve un droit de veto sur certaines décisions. Je suis en train d'étudier ce dossier, qui est épais, et il y a des points qui me paraissent obscurs, notamment s'agissant de la propriété de la turbine Arabelle : est-ce que la licence appartient à une entité française, où à une co-entreprise ? Ce point n'est pas clair.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Emmanuel Macron m'a reçu avec franchise et nous sommes en train de travailler pour que les intérêts du pays soit le mieux possible préservés. La turbine Arabelle est une énorme turbine que nous exportons à la Chine, à la Russie. Il faut être sûr qu'à un moment donné il n'y aurait pas de conflits d'intérêts avec les États-Unis.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Loi Macron</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La loi Macron est très complexe parce qu'elle touche a des sujets très divers. Soutenir l'investissement, c'est bien. Mais sur le travail le dimanche, j'ai toujours été réticent.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Front National et Europe</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le taux de chômage est de 13,5% dans la 4ème circonscription du Doubs, l'une des plus ouvrières de France. Peugeot est le premier employeur de la région. L'Etat a fait quelque chose de bien pour Peugeot, en montant au capital pour équilibrer l'arrivée des chinois de Dongfeng.        
       </li></ul><ul class="list"><li> En même temps, il faut le dire, la montée du chômage n'est pas enrayée. Pour moi, la monnaie unique est un choix eronné. Je ne suis pas contre l'Europe, je tiens à le préciser. Je crois en la solidarité croissante des nations européennes. Mais je pense que le fait d'avoir voulu la même monnaie pour des pays aussi différents que l'Allemagne et la Grèce, cela ne marche pas.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que l'échec de l'euro fait voter FN parce que cela ralentit beaucoup la croissance de la France, et depuis très longtemps. Au temps de M. Balladur, quand nous sommes restés accrochés au Deutsche Mark, alors que toutes les autres monnaies européennes dévaluaient, en 1993, M. Sarkozy était ministre du Budget, notre endettement est passé de 32% du PIB en 1991 à 58% en 1997. L'histoire de l'endettement de la France tient beaucoup à nos erreurs de politique monétaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La monnaie unique empêche une flexibilité qui est la règle partout dans le monde, et notamment entre les pays du Nord et Sud de l'Europe, qui n'est pas la même. Alors, ou on redresse la compétitivité défaillante de ces pays par des plans de dévaluation interne, en réduisant les salaires, les retraites, la protection sociale, et on a vu l'échec que cela donne en Grèce, en l'Espagne... ou bien on essaye de penser plus finement et introduire des clauses de flexibilité monétaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Ces réformes monétaires sont difficiles parce que nos amis Allemands sont ce qui sont, leurs incontestables qualités qui sont aussi des défauts quelque fois : leur orthodoxie ordolibérale est excessive, et notamment vis-à-vis de la Grèce. Il faudrait donner à ce pays un peu de souplesse pour lui donner le temps de récupérer. Je pense que ce serait bon aussi pour la France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si les ouvriers sentaient qu'il y avait des repères sûrs dans l'Etat, le pays, etc, ils redresseraient la tête, ils auraient davantage confiance, et plutôt que d'égarer leur confiance à Marine le Pen, ils l'apporteraient à des républicains anthentiques.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>"Jean-Pierre Chevènement, une histoire politique"</title>
   <updated>2014-10-05T19:13:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-une-histoire-politique_a1664.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
   <published>2014-10-05T11:51:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l'émission "La voix est libre" sur France 3 Franche-Comté, samedi 4 octobre 2014. Il répondait aux questions de Jérémy Chevreuil.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Je suis allé au terme de ce que je pouvais faire comme parlementaire. J'ai été élu pour la première fois il y a 41 ans, en 1973. Mais Jean-Pierre Chevènement peut exister autrement qu'en étant sénateur ou député dans le paysage politique. Par conséquent, je continuerai à m'exprimer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai consacré l'essentiel de mon temps à l'action politique, mais une politique qui ne se séparait pas du combat des idées, par conséquent aussi à la lecture, à la réflexion. Je pense être resté fidèle à cette conception très ancienne de la politique, où on ne sépare son engagement politique d'une vision du monde. C'est un engagement de l'être tout entier au service de ses concitoyens, de son pays. Par conséquent, on ne se ménage pas. On lui accorde peu de repos.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Au moment où on approchait de la fin du septennat du général de Gaulle, l'idée de refonder la Ve République sur des bases de gauche, d'unir la gauche, avec un Parti Socialiste entièrement rénové (je suis l'un des principaux artisans du congrès d'Epinay), est enthousiasmante. Et cela a réussi. J'ai adhéré au Parti Socialiste en 1964. L'alternance avec François Mitterrand fonctionne en 1981. C'était un travail de patience, et je m'y suis pleinement investi, en rédigeant notamment les programmes du PS.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'accident d'anesthésie de Jean-Pierre Chevènement</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Cet épisode a renforcé mon caractère, mais il ne l'a pas changé.       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai une bonne santé, c'est ce que les médecins m'ont dit, car j'ai surmonté une épreuve qui m'a été très difficile. Mon cœur s'est arrêté pendant 55 minutes. Il fallait ensuite récupérer. J'étais aussi très motivé. Je pense que cela m'a donné une certaine force.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Mes amis, qui sont des laics intransigeants, ne voulaient surtout pas que je sois miraculé d'autre chose, d'où l'expression « le miraculé de la République ». Le miracle devait s'être déroulé dans le strict espace républicain et laic. C'est une plaisanterie !       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai vu la mort à deux ou trois reprises d'assez près dans ma vie. Pendant la guerre d'Algérie, je me suis fait arrêté en quelque sorte par une police supplétive, des gens qui n'avaient aucune formation, et je revois le pistolet mitrailleur appuyé sur mon estomac, avec la culasse en arrière, dans une position extrêmement dangereuse. Et heureusement, quelqu'un pousse un cri de l'autre côté. Et le « policier » occasionnel tend sa mitraillette dans la direction opposée. Donc je ne me suis pas fait prier, et j'ai pris la poudre d'escampette. C'était en juillet 1962, les premiers jours de l'indépendance de l'Algérie.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur les 3 démissions de Jean-Pierre Chevènement</span>       <br />
       <ul class="list"><li> En février 1983, j'avais une discussion avec François Mitterrand sur la politique industrielle, dont je lui réclamais les moyens. Quand je suis revenu au ministère de l'Industrie, les journalistes m'attendaient pour une conférence de presse, et m'ont demandé ce que je pensais de la négociation qui allait s'engager sur le maintien ou non de la France dans le Système Monétaire Européen. Et j'ai donc dit : « <span style="font-style:italic">Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l'ouvrir, ça démissionne</span> ». Et j'ai ajouté que pour le moment je fermais ma gueule. J'ai démissionné du gouvernement le mois suivent.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je n'ai pas quitté le gouvernement sur un choix mineur, ou des questions de susceptibilité, mais sur des questions majeures. L'accrochage du franc au mark allait déterminer  toute la politique ultérieure de libéralisation.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai démissionné une seconde fois pour protester contre la première guerre du Golfe en 1991. Je n'y reviens pas. On en voit aujourd'hui les résultats. Le Califat islamiste, c'est la conséquence de cette première guerre du Golfe, redoublée par une seconde, qui a détruit l'Irak, alors qu'on pouvait éviter cette guerre, je vous le certifie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai démissionné la troisième fois à propos de la question corse. Transférer le pouvoir réglementaire aux régions, c'est revenir à l'Ancien régime, où on changeait de loi plus souvent que de cheval, comme disait Voltaire en traversant la France ! Cela devient un pays éclaté, ce n'est plus la République. La République comporte une loi, qui est la même pour tous. L'idée que l'on puisse transférer, non seulement le pouvoir réglementaire, mais aussi le pouvoir législatif à la Corse, me hérissait.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut dire non à des choses très importantes. J'aurais pu démissionner mille fois ! En 1988-89, quand j'ai vu qu'en application de l'Acte unique, on allait libéraliser les mouvements de capitaux, non seulement à l'intérieur de l'Europe mais aussi vis-à-vis des pays tiers, sans aucune harmonisation fiscale, croyez-moi, j'ai ouvert ma gueule en Conseil des ministres ! Mais j'étais le seul. Tous les arbitrages avaient été rendus. Par conséquent ça s'est fait, au 1er janvier 1990. Cette décision est fondatrice du capitalisme financier, dans la crise duquel nous nous débattons aujourd'hui. Peut-être que là j'aurais pu démissionner, et peut-être même l'aurais-je dû.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les conséquences de la première guerre du Golfe</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Si je raisonne dans le cadre de notre politique extérieure, de notre politique arabe, de notre politique au Moyen-Orient, oui, je considère que François Mitterrand a fait une grave erreur en participant à la guerre du Golfe. Il a retourné la politique qui était celle du général de Gaulle. Et pour moi, c'était très dur à supporter, parce que j'adhérais à cette politique.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La modernisation du monde arabe devait être encouragée, et pas les tendances les plus fondamentalistes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On voit aujourd'hui le résultat : on a cassé l'Irak, qui était le verrou par rapport à l'Iran. On a ouvert la voie à Ben Laden et à Al Qaeda, et aujourd'hui les sunnites irakiens se sentent laissés pour compte, et se sont livrés au Califat islamiste.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Très franchement, je ne sais pas ce que sera la suite, mais nous n'avons pas fini de boire le calice jusqu'à la lie.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur les cycles politiques de longue période de la gauche</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> François Mitterrand à Epinay, a pris la tête du PS alors qu'il n'en avait pas la carte 24 heures auparavant, cela notamment grâce à l'aide du CERES. Mais il avait été le candidat de l'union de la gauche en 1965, et c'est cela qui lui avait donné une stature extrêmement attirante pour les couches populaires.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Avec l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, beaucoup de choses ont changé. L'abolition de la peine de mort, la décentralisation, la retraite à soixante ans, les lois Auroux, une certaine démocratisation de l'enseignement... beaucoup a été fait. Mais il y a un retournement fondamental qui est intervenu au milieu des années 1980. L'ampleur de ce qu'on a appelé la « parenthèse libérale », qui ne s'est jamais refermée, l'ampleur de la conversion au libéralisme, la dérégulation appliquée non seulement en France, mais aussi en Europe et dans le reste du monde, est immense.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a malheureusement des Français éminents, considérés en tout cas comme tel, Jacques Delors et un certain nombre d'autres technocrates bien connus, qui ont joué un rôle tout à fait décisif au printemps 1983, et par la suite au moment de l'Acte unique, qui étend le néo-libéralisme a toute l'Europe, puis la monnaie unique, en 1992.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Soyons clairs : la gauche au pouvoir aujourd'hui n'est pas la même gauche. Nous ne sommes plus dans la même situation. La globalisation financière s'est installée, via l'Europe et en particulier le nœud français de 1983, par le ralliement de la Chine à l'économie de marché en 1979, et l'implosion de l'URSS en 1991.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La masse des capitaux, qui font ce que l'on appelle les marchés financiers, sont les arbitres de vie ou de mort des entreprises et des États. Nous sommes dans un monde très différent, et par conséquent, il faut imaginer une stratégie nouvelle, qui reste fidèle aux inspirations initiales.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous sommes dans un monde où il faut penser que la France soit un pays qui reste inspiré et voué à l'universel, voué à servir de pont entre l'Occident et les pays émergents.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur François Mitterrand</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> En 1979, François Mitterrand me reçoit à son domicile. Me raccompagnant, il se penche vers moi et me dit : « Vous savez Jean-Pierre, nous sommes d'accord sur tout, vous et moi. Mais malheureusement, à votre différence, je crois que, à notre époque, la France ne peut plus faire autre chose que passer à travers les gouttes ». C'est une des rares phrases que j'ai noté, parce que je pense qu'elle a bien symbolisé jusqu'à l'épisode de la guerre du Golfe.        
       </li></ul><ul class="list"><li> François Mitterrand était un homme qui a commis des erreurs. Le traité de Maastricht en était une, et elle n'était pas mince ! Mais pour autant, c'était un homme tout à fait fascinant, qui avait un recul historique, une culture, qui impressionnait. Les hommes politiques d'aujourd'hui sont formés à une autre école.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'ENA</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai donné mon sentiment sur l'ENA dans un petit livre, intitulé : « <span style="font-style:italic">L'énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise</span> », en 1967, que j'ai écrit avec deux copains sous le pseudonyme de Jacques Mandrin. En fait, l'ENA c'est deux concours : un concours d'entrée et un concours de sortie. Il faut les réussir ! Mais entre les deux, ce n'est rien.        
       </li></ul><ul class="list"><li> A l'ENA, je n'ai appris qu'à servir le vin ! C'est l'anecdote que je raconte pour faire rire : mon préfet, chez lequel je faisais un stage dans le Morbihan, m'avait appris à tourner le goulot de la bouteille, de telle manière que d'un coup sec, je pouvais éviter que la goutte ne tombe sur la nappe.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur quelques considérations liées à notre époque</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Avec la mondialisation libérale, on trouve le triomphe de l'argent. Les gens sont mus davantage par l'envie de gagner de l'argent. C'est le règne de la pantoufle, du parachute dorée. Il y a aussi l'instantanéité, le court-termisme qui s'est substituée à la réflexion de long terme.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le système médiatique s'est profondément transformé. Il y a beaucoup plus de télévisions et de radios, les réseaux sociaux sont là... Chacun est en position d'être le valet de chambre de tous les hommes politiques que nous avons en activité !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il n'y a plus de respect du secret de l'instruction, de la présomption d'innocence, de la vie privée. Je pense que c'est regrettable.        
       </li></ul><ul class="list"><li> De Gaulle disait : « <span style="font-style:italic">L'autorité ne va pas sans prestige, et le prestige ne va pas sans éloignement</span> ». Aujourd'hui, l'éloignement n'est plus possible. Tout se diffuse, les conseillers parlent, les attachés parlent... Pratiquement, pour être sûr de garder un secret, il faut le garder pour soi-seul, et n'en parler à personne !        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la Russie et l'Ukraine</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Pour faire l'histoire, il ne faut pas se mettre à la remorque des États-Unis. Prenons le cas de l'Ukraine. Je pense que l'histoire s'est passée d'une façon différente de ce qui nous est raconté. Je pense que les tords sont très partagés. On donne une description souvent outrée de la Russie d'aujourd'hui. La Russie d'aujourd'hui, ce sont des classes moyennes qui partent à l'assaut des aéroports. La Russie, ça change.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur Manuel Valls</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense que Manuel Valls a été un très bon ministre de l'Intérieur. Il a très bien compris le rôle de la règle : la règle protège, et la liberté écrase. Pour être un bon Premier ministre, il doit savoir que la République ne s'applique pas qu'à l'ordre public : la République, c'est aussi quelque chose qui doit intervenir dans l'ordre économique et social. Il pose à bon escient le problème de l'euro, qui est une monnaie surévaluée, qui nous plombe depuis trop d'années, qui a contribué largement à notre désindustrialisation.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur la campagne présidentielle de 2002</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je ne me suis pas préparé à être Président de la République ou Premier ministre. En 2002, mon intention était de créer un courant républicain qui pèse suffisamment sur la gauche plurielle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Tout ce que j'ai dit reste juste, et les axes principaux de ma campagne, je peux les reprendre aujourd'hui à mon compte. Mais je ne me suis pas préparé à être Président de la République quand je le pouvais, c'est à dire au moment où j'ai été élu député, à l'âge de 34 ans. Si à ce moment là, j'avais voulu me mettre dans la roue de François Mitterrand, je n'aurais pas fait le CERES, j'aurais caché mes dissentiments, je n'aurais  démissionné en aucune circonstance. J'aurais alors peut-être pu devenir Président ou Premier ministre, mais ce n'est pas sûr. Et en agissant de la sorte, je me serais confondu avec la couleur de la muraille.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je considère qu'il est très injuste de faire de moi le bouc-émissaire de la défaite du candidat socialiste, qui lui doit quand même beaucoup, par sa politique et par sa campagne, qui n'était quand même pas formidable. Et pourquoi avoir donné des parrainages à Besancenot ? Pourquoi n'avoir pas découragé Taubira qui était prête à se retirer ?        
       </li></ul><ul class="list"><li> Lionel Jospin n'avait pas accroché quelques étoiles à son firmament. Je le lui ai dit sous cette forme en 2000. C'était un très bon Premier ministre, avec beaucoup de compétence, mais je pense qu'il n'avait pas la capacité de devenir Président de la République. Il n'avait pas la vision. Il avait été pour la Constitution européenne. Il avait été l'un des suppôts de Maastricht. L'expression « <span style="font-style:italic">parenthèse libérale</span> » est la sienne à l'origine. On ne peut pas dissimuler que nous avions deux lignes différentes. Ce n'est pas criminel !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le Front National</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je n'ai pas du tout le même itinéraire que Marine le Pen. Sur des sujets fondamentaux, nous ne pensons pas du tout la même chose. Le problème aujourd'hui, c'est de savoir comment on desserre la contrainte monétaire. Ce que je propose est quand même plus fin que ce que propose Marine le Pen.        
       </li></ul><ul class="list"><li> S'agissant de la République, je la crois fondée sur la citoyenneté. L'idée que l'on puisse distinguer un Français par son origine me fait horreur.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y a des gens qui se revendiquent de moi dans tous les partis politiques. Ma pensée a essaimé largement, et peu, je crois, au FN, parce que je suis un partisan ardent de la citoyenneté, que la France est naturellement un pays métissé. Je demande simplement à ceux qui veulent la nationalité française de respecter la loi républicaine, et l'esprit de la loi : se conformer à quelques usages raisonnables.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je combats le racisme, l'islamophobie, l'antisémitisme, tout ce qui vise à ranger les Français dans une catégorie particulière. Je pense que quand on est citoyen français, on est citoyen français. Point final.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Pour Belfort</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Avoir été maire de Belfort pendant plus ou moins 30 ans, c'est une charge, mais c'est d'abord un honneur. Belfort est devenue une ville universitaire. Le TGV, après 25 ans d'efforts, y arrive. Les fondements industriels ont été consolidés, et je n'y suis pas tout à fait pour rien. L'organisation territoriale a été modifiée. Nous avons répondu à la disparition de Bull par une stratégie : Technum. Il y a aujourd'hui, sur le site de Technum, autant d'emplois qu'il y en avait à l'époque de Bull et d'Alstom. Il a fallu intervenir constamment pour que le bateau reste à flot et continue d'avancer.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'avenir de la gauche</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> La vie politique procède par cycles de longue durée. La gauche reviendra quand elle se sera refondée intellectuellement, qu'elle aura pris la mesure du monde, qu'elle aura une nouvelle grille de lecture qui lui permettra de comprendre où elle se situe et où elle doit aller. J’œuvrerai pour ma part, dans les années qui me restent, à lui fournir ces clefs, à faire ce travailleur d'instituteur républicain, à montrer que la France reste un grand pays universaliste, qui peut tendre la main à tous, qui peut jouer un rôle pour construire une Europe européenne, peser dans le monde de demain entre les États-Unis et la Chine, défendre notre modèle social en le modernisant.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je préside la Fondation Res Publica, qui en est à son 85ème cahier - un immense travail de fond y est fait par les meilleurs experts, dans tous les domaines. Je traduirai aussi cette œuvre sous la forme des livres que je vais écrire. Il y aura certainement quelque chose que je ferai sur la théorie de la République, qui me paraît un peu oubliée, pour montrer la cohérence du concept, sur le récit national, qui doit être vrai et non falsifié, pour redonner à la France l'estime de soi qui lui manque tellement, et puis construire un programme de Salut public ! </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sur les questions de sécurité</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Sauvageons et racaille, cela n'a rien à voir ! Sauvageons, c'est un arbre non-greffé. En utilisant ce terme, je pointais le défaut d'éducation. Racaille, c'est une expression choquante. J'ai tendance à penser qu'il faut toujours offrir une voie de rédemption. Je suis toujours pour des réactions très proportionnées. Sauvageon, ça n'a peut-être pas été compris, beaucoup ont été choqués car ils ont entendu « sauvage », mais ils ont fait des progrès en Français, puisque je leur ai expliqué ce que ça voulait dire !        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il y avait une très mauvaise conception de la sécurité à gauche. On se mettait toujours à la place des victimes, on était dans la culture de l'excuse. Tout cela faisait sûrement honneur au cœur tendre de ceux qui exprimaient cette vision, mais la réalité c'est qu'il y a une délinquance qu'il faut combattre. La sécurité est quand même l'un des premiers droits de l'homme et du citoyen.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Sur ces questions, il y a en fait une double démagogie : un angélisme de gauche, et une démagogie de droite, un catastrophisme qui ne paraît pas non plus très raisonnable. Il y avait 1000 personnes qui étaient tuées chaque année quand j'étais ministre de l'Intérieur, aujourd'hui c'est 600. On ne dit jamais les choses qui vont mieux. Quant aux chiffres... les policiers étaient astreints à en produire sous Sarkozy. Ils ne faisaient plus la police, ils remplissaient des formulaires pour faire les statistiques !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur de Gaulle, Mitterrand et Chirac</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai eu l'occasion de déjeuner avec le Président Chirac, qui m'a dit : « <span style="font-style:italic">Il y a deux grands présidents, de Gaulle et Mitterrand. Moi je me sens plutôt mitterrandiste</span> ». J'ai failli lui répondre, et je le fais devant vous, que moi je me sens plutôt gaulliste, car je sais ce que la France doit au général de Gaulle. Il n'y a pas d'équivalent à l'effondrement de 1940 dans notre histoire, et si la France continue, c'est grâce à de Gaulle. De Gaulle a aussi su trancher le nœud gordien de l'Algérie. Il fallait que l'Algérie soit indépendante.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'admire de Gaulle comme étant le plus grand homme d’État français du XXe siècle. J'admire aussi François Mitterrand mais pour d'autres raisons. Et surtout, je suis attaché à l'homme qu'était François Mitterrand, plus qu'à ses choix politiques d'ailleurs, avec lesquels je me suis dissocié, de son temps.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'état de la gauche à Belfort</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le candidat que j'avais installé dans le fauteuil du maire de Belfort a changé de parti après sa défaite aux législatives. C'était un choix malheureux pour lui-même. Je me suis senti blessé dans la fidélité à ce qu'était nos idées communes. C'était une question de dignité et d'intérêt. Il avait une chance d'être réélu, en restant au MRC. Il a fait le choix inverse, il a divisé son camp, et il porte lui, et ceux qui l'ont débauché, la responsabilité de cette échec.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Mais je vous l'ai dit, je suis optimiste pour le long terme. La vague va et vient, et elle reviendra. La gauche refondée, républicaine, reviendra à Belfort.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">FC Sochaux ou Eurockéennes ?</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> J'étais plutôt footballeur, j'étais ailier, mais il y a très longtemps.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Pour ce qui est du rock, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. La création des Eurockéennes doit tout à Christian Proust.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il m'arrive d'aller au stade voir Sochaux ou au Stade de France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> J'ai quand même organisé, comme ministre de l'Intérieur, la Coupe du Monde de 1998 : croyez-moi, ce n'était pas de la tarte !        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur l'association France-Algérie</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Je suis Président de l'association France-Algérie. J'irai la semaine prochaine 4 jours en Algérie. Je suis très attaché à préserver le continuum entre ces deux pays. Il s'est passé beaucoup de choses entre la France et l'Algérie. J'essaye de maintenir des liens entre les sociétés civiles : un prix de cinéma, un prix littéraire... </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-une-histoire-politique_a1664.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Alstom - General Electric: les intérêts de la France préservés</title>
   <updated>2014-06-20T20:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Alstom-General-Electric-les-interets-de-la-France-preserves_a1642.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2014-06-20T20:56:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Sous réserve d’informations complémentaires, je considère que le compromis auquel le gouvernement est parvenu avec General Electric préserve les intérêts de la France.       <br />
              <br />
       La montée de l’Etat au capital d’Alstom à hauteur de 20% est un peu faible. Mais d’autres garanties semblent avoir été prises.       <br />
              <br />
       Il faut féliciter le Président de la République et le gouvernement, tout spécialement Arnaud Montebourg, d’être parvenus à ce résultat qui paraissait hors d’atteinte il y a deux mois quand l’annonce d’une simple reprise d’Alstom par General Electric a été faite.       <br />
              <br />
       Je forme mes vœux pour la réussite de la coopération Alstom-General Electric dont j’espère qu’elle s’avèrera aussi fructueuse dans l’avenir que celle tissée depuis quarante ans dans les moteurs d’avions entre General Electric et Snecma-Safran.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Alstom-General-Electric-les-interets-de-la-France-preserves_a1642.html" />
  </entry>
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   <title>M. Meslot et Alstom</title>
   <updated>2014-05-30T17:55:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/M-Meslot-et-Alstom_a1634.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2014-05-28T17:52:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Je regrette que M. Damien Meslot, Député-Maire de Belfort et Président de la Communauté de l’Agglomération Belfortaine, appuie sans aucune restriction le rachat d’Alstom par General Electric.        <br />
              <br />
       Je considère que la présence au capital, directe ou indirecte, de l’Etat préserverait mieux les intérêts à long terme de l’industrie française et de l’emploi. Une telle présence de l’Etat n’empêcherait nullement la conclusion d’un partenariat avec une entreprise extérieure si telle était l’intérêt d’Alstom, dont le nom et le renom ne doivent pas disparaître. Tel est l’intérêt bien compris, aussi bien du pays que du Territoire de Belfort
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/M-Meslot-et-Alstom_a1634.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Un actionnaire public pour remplacer Bouygues au capital d’Alstom</title>
   <updated>2014-05-23T18:36:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Un-actionnaire-public-pour-remplacer-Bouygues-au-capital-d-Alstom_a1632.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2014-05-23T18:36:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Pierre Chevenement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      J’ai rencontré plusieurs des acteurs du dossier Alstom et sensibilisé directement les autorités de l’État.        <br />
              <br />
       J’apprécie positivement le « décret Montebourg » qui donne à l’Etat en France (comme aux États-Unis, en Allemagne, en Italie et en Espagne) la possibilité de s’opposer à la vente d’un actif majeur du point de vue de notre indépendance énergétique.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Alstom est décrit comme trop petit</b> (20 milliards du CA contre 78 à Siemens et 146 à General Electric). Cela vient du fait que ces deux dernières entreprises sont des conglomérats industriels qui regroupent par exemple le matériel médical (pour les deux), les moteurs d’avions pour General Electric, etc.       <br />
              <br />
       Alstom, lui aussi, faisait partie d’un conglomérat : la CGE (Compagnie Générale d’Electricité dirigée par Ambroise Roux avant 1981). Nationalisée en 1982, la CGE devenue Alcatel Alstom regroupait :       <br />
              <br />
       1. le téléphone (Alcatel)       <br />
              <br />
       2. l’énergie (Alstom) : turbines à vapeur et à gaz, turbines « Arabelle » pour le nucléaire, alternateurs, moteurs, transmission, design des centrales thermiques (à vapeur, au gaz ou à cycle combiné (Plant »), hydraulique, etc.        <br />
              <br />
       3. l’ingénierie électrique : Cegelec, filiale d’Alstom jusqu’au début des années 2000 ;       <br />
              <br />
       4. la construction navale (Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire) ;       <br />
              <br />
       5. le transport ferroviaire : locomotives de fret et de voyageurs – trains à grande vitesse – tramways – métros).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>II – Le démantèlement du groupe Alcatel-Alstom</b> est la conséquence non seulement de la privatisation intervenue en 1986-87, mais d’une longue suite d’erreurs caractéristiques de la « financiarisation » qui a suivi le départ de Pierre Suard (et de P. Desgeorges), avec l’adoption par Serge Tchuruk, devenu Président d’Alcatel-Alsthom, de la théorie du « pure player » :       <br />
              <br />
       1. mise en bourse d’Alstom préalablement délestée de sa trésorerie par Alcatel (1996) ;       <br />
              <br />
       2. cession des Cables de Lyon devenus Nexans ;       <br />
              <br />
       3. rachat désastreux par le Président d’Alstom, M. Bilger, des turbines à gaz d’ABB (Brown-Boveri, groupe helvetico-germano-suédois, basé à Baden près de Zurich) et abandon corrélatif des turbines à gaz fabriquées à Belfort sous licence General Electric depuis vingt ans. Cette opération autorisée en mars 1999 par Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l’Economie et des Finances,  s’est révélée une terrible erreur : General Electric, qui travaille aussi dans les moteurs d’avion (et dans l’armement) reçoit des aides considérables du budget fédéral américain au titre des « études » : or les turbines d’avion sont des turbines à gaz : les deux technologies sont très proches.       <br />
              <br />
       Comme il fallait s’y attendre, les turbines d’ABB révélèrent rapidement leurs défauts : Alstom a essuyé des pertes considérables qui l’ont conduit à une quasi faillite en 2003. Quand Patrick Kron, dans le Monde du 30 avril 2014 déclare « Alstom a vendu dix turbines à gaz en un an, alors que CE en a vendu trente en un trimestre », il énonce la conséquence directe de l’énorme erreur commise en 1999 par le patron d’Alstom de l’époque, M. Bilger (je n’ai à aucun moment été consulté sur cette décision de politique industrielle, bien qu’alors ministre de l’Intérieur mais aussi élu de Belfort et du Territoire de Belfort).       <br />
              <br />
       4. Cégelec, filiale d’ingénierie d’Alstom, a été rachetée au début des années 2000 grâce à une opération de LBO par le directeur général d’Alstom de l’époque qui en est devenu président. Cégelec, à ma connaissance a disparu aujourd’hui.       <br />
              <br />
       5. Menacée de faillite au printemps 2003, Alstom n’a dû son salut qu’à la montée au capital de l’Etat décidée par le président de la République, Jacques Chirac, alerté par mes soins. Le secrétaire général adjoint, J.P. Denis, a été convoqué dans le bureau du Président de la République et a reçu mission de réunir les soixante banques, dont trente étrangères et notamment américaines, pour réunir les 11 milliards de cautions dont Alstom avait besoin pour ne pas mettre la clé sous la porte. Il était déjà question d’une reprise par Siemens. Le Ministre de l’Economie et des Finances, (M. Mer, a commis l’erreur  de ne pas informer Bruxelles) attira sur Alstom les foudres du Commissaire à la Concurrence, M. Monti. Celui-ci qui voulait un rachat par Siemens et déjà la fermeture du site de Belfort, s’est heurté au Ministre de l’Economie et des Finances qui avait succédé à M. Mer, Nicolas Sarkozy. Celui-ci a obtenu l’autorisation de Bruxelles de faire monter l’Etat au capital d’Alstom mais M. Monti  a posé comme condition à « l’aide d’Etat » fournie à Alstom la cession d’une part des chantiers navals de Saint-Nazaire à un repreneur norvégien qui s’en est défait ensuite au profit d’un Coréen, et d’autre part la vente de la branche T and D (transmission et distribution) reprise par Areva.       <br />
              <br />
       6. L’Etat a ensuite cédé sa participation (en 2006) à Bouygues, Alstom étant alors en plein redressement. Les synergies alors escomptées à travers le génie civil et surtout le rachat d’Areva ne se sont pas concrétisés. Bouygues n’a plus d’intérêt réel pour maintenir sa participation dans Alstom. La volonté de Bouygues de se dégager d’Alstom est le facteur déclencheur de la crise actuelle. S’il faut lui trouver un successeur, mieux vaudrait un groupe français, de préférence public, ayant de réelles synergies avec Alstom.       <br />
              <br />
       7. Je n’épiloguerai pas sur le sort funeste d’Alcatel, contraint à fusionner avec l’américain Lucent. La proposition de « l’entreprise sans usines » de M. Tchuruk devenait réalité…        <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Que faire ?</b>       <br />
              <br />
       Alstom n’a pas le couteau sous la gorge (son plan de charges est encore bien garni), mais a certainement besoin à terme d’un adossement financier français (entreprises publiques ou Etat en tant qu’ »actionnaire avisé »). Un partenariat extérieur peut être intéressant.       <br />
              <br />
       1.  Les synergies avec General Electric sont à première vue plus évidentes qu’avec Siemens. Alstom est meilleur pour les turbines à vapeur que General Electric. Plus de 20 % du parc mondial installé l’est sous licence Alstom. General Electric est déjà présent dans les turbines à gaz, au cœur même du site Alstom de Belfort (respectivement 1800 et 2800 emplois sur un total de 6500 emplois sur le site Techn’hom). Un rapprochement favoriserait la production de centrales à cycle combiné (vapeur + gaz).        <br />
              <br />
       Alstom est « dans le coup » pour les centrales à charbon (probablement le premier mondial) avec ou sans rétention de CO2. La technologie  « avec rétention de CO2»  se  rapproche de celle des turbines à gaz. Alstom est également dans le coup pour le transport et la distribution d’électricité, secteur qui intéresse fortement GE, et pour l’hydraulique (position mondiale) et les stations de pompage (eau douce, eau de mer).        <br />
              <br />
       Alstom est encore peu présent dans le solaire et pas du tout dans le biogaz, à la différence de GE, et très peu dans l’éolien terrestre. Quant à l’éolien « off shore », les coûts de production demeurent prohibitifs à l’heure où les économies sont à l’ordre du jour. Dans le domaine nucléaire, Belfort est le centre d’excellence d’Alstom. Il souffre de la rareté des commandes (à part l’EPR de Flamanville, une turbine géante Arabelle pour la centrale de Saint-Pétersbourg, et bien sûr la maintenance du parc existant).       <br />
              <br />
       Si un accord devait intervenir avec GE, Alstom devrait obtenir d’être le Centre européen (y compris pour le Moyen-Orient et l’Afrique) de certains pôles (thermique à Belfort– hydraulique – transport et distribution d’électricité). Il ne suffit pas de localiser en France des « sièges européens ». Il faut, à mon sens, conserver une part importante dans le capital d’Alstom à l’Etat et/ou à un groupe public. Qui tient le capital, détient la décision.       <br />
              <br />
       La question se pose de savoir si une ou plusieurs co-entreprises peuvent être constituées dans un rapport de forces au capital qui maintiennent Alstom comme le grand acteur français de la production énergétique. Le nom et le renom « Alstom » ne doivent pas disparaître.        <br />
              <br />
       Un second problème est lié aux privilèges extraterritoriaux (embargos, sanctions, amendes) que s’octroient les Américains en s’appuyant sur l’immensité de leur marché, leur protection militaire et donc la dépendance de leurs « alliés », et enfin la part de technologie américaine contenue dans les produits.        <br />
              <br />
       Quelles assurances le gouvernement américain et General Electric sont-ils prêts à donner à ce sujet ? C’est une question décisive pour notre indépendance.        <br />
              <br />
       A supposer que ces points puissent être éclaircis, un partenariat équilibré pourrait être noué avec General Electric en matière énergétique. Resterait pendant le sort d’Alstom Transport. L’apport par General Electric de son département signalisation faciliterait à coup sûr un accord.       <br />
              <br />
              <br />
       2. La deuxième piste de coopération concerne Siemens, qui à ce jour, 23 mai, n’a pas encore déposé d’offre.       <br />
              <br />
       Si deux géants européens pouvaient être constitués dans le domaine de l’énergie et du transport ferroviaire sur le modèle d’Airbus (avec égalité au capital d’un partenaire allemand et d’un partenaire français, de préférence public), cette perspective aurait évidemment un sens.        <br />
              <br />
       Il faut en effet se donner les moyens de traiter les redondances manifestes entes Alstom et Siemens, tant dans le secteur énergétique (turbines à vapeur) que dans le secteur transport.       <br />
              <br />
       Les sites des deux groupes en Europe sont nombreux. Avec la cogestion et la puissance du syndicat IG Metall, on peut être sûr que les sites allemands seront bien défendus. La situation n’est pas la même du côté français. Traditionnellement la France compense « l’individualisme » bien connu de ses acteurs par la présence de l’Etat au capital.       <br />
              <br />
       S’agissant des turbines nucléaires les actionnaires français doivent être majoritaires dans une filiale ad hoc pour privilégier l’indépendance de la filière nucléaire française.       <br />
              <br />
       Si Belfort devait devenir « Headquarter » dans le cadre d’un accord Alstom-Siemens pour les turbines à vapeur, comme cela m’a été dit, la question du site allemand de Duisburg devrait être traitée en parallèle. A noter que General Electric propose également de faire de Belfort son siège européen pour la fabrication de ses centrales non seulement à gaz mais aussi à vapeur et à cycles combinés. Tout cela mérite d’être clairement explicité. L’avenir du site de Belfort où coexistent déjà les turbines à vapeur d’Alstom et les turbines à gaz de General Electric doit être traité sous toutes ses dimensions (production, recherche, diversification, emplois).       <br />
              <br />
       S’agissant du transport ferroviaire, il convient de se rappeler que le chiffre d’affaires du secteur est environ le tiers du secteur énergétique. L’échange énergie contre transport ferroviaire serait déséquilibré : un cheval contre une alouette.       <br />
              <br />
              <br />
       La perte d’un « fleuron national » comme Alstom serait la marque du déclassement de la France par rapport aux « grands pays » qui conservent ou construisent leurs « champions » : GE, Siemens, Hitachi, Shangaï Electric, Rosatom etc.       <br />
              <br />
       Dans le ballet des avocats et banquiers d’affaires, consultants, communicants, lobbystes en tout genre qui tournoient autour du dossier Alstom, l’État doit présenter en toute clarté ses analyses, ses critères et ses choix à la représentation nationale, car s’agissant d’Alstom, c’est bien de l’intérêt national qu’il s’agit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Un-actionnaire-public-pour-remplacer-Bouygues-au-capital-d-Alstom_a1632.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Qui tient le capital, tient la décision</title>
   <updated>2014-05-16T11:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Qui-tient-le-capital-tient-la-decision_a1628.html</id>
   <category term="Carnet de Jean-Pierre Chevènement" />
   <published>2014-05-16T10:58:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, Sénateur du Territoire de Belfort a reçu ce jour, à son bureau belfortain, M. Steve Bolze, Président de General Electric Power and Water, Madame Clara Gaymard, Présidente General Electric Europe et Vice-présidente GE International, ainsi que M. Ricardo Cordoba, Président GE Energie Europe de l’Ouest et Afrique du Nord et M. François Cavan, directeur du site GE belfortain.       <br />
               <br />
       M. Steve Bolze a développé l’idée qu’Alstom avait, sur plusieurs marchés et dans l’avenir, un problème de taille. Alstom et General Electric sont complémentaires en terme de technologies et de marchés.       <br />
               <br />
       Jean-Pierre Chevènement a posé le problème d’un partenariat dans le capital de l’éventuelle, ou des éventuelles entités qui pourraient être constituées. Il a enfin insisté sur la préservation du nom &quot;Alstom&quot;.       <br />
               <br />
       La localisation du siège européen à Belfort pour toutes les catégories de centrales est évidemment un point important. Mais il n’est pas le seul. L’association au capital est un point décisif car en dernier ressort, qui tient le capital, tient la décision.       <br />
               <br />
       Il est évident que l’acquisition par Alstom Transports de l’activité signalisation de General Electric peut constituer un atout supplémentaire dans cette association industrielle.       <br />
              <br />
       L’entretien s’est déroulé dans une atmosphère très cordiale. Jean-Pierre Chevènement est déjà intervenu auprès du Président de la République et du ministre de l’industrie, M. Arnaud Montebourg. Il reverra ces autorités ainsi que le Premier Ministre dans les prochains jours.       <br />
        
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Qui-tient-le-capital-tient-la-decision_a1628.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Alstom : "Le langage des généraux de 1940"</title>
   <updated>2014-05-01T19:08:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Alstom-Le-langage-des-generaux-de-1940_a1625.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2014-05-01T16:53:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Public Sénat, mercredi 30 avril 2014. Il répondait aux questions de Delphine Girard.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.chevenement.fr/v/2436e3ec591c398ebc6ca774e5d9b759a84e7216" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express : </span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Alstom</span>       <br />
       <ul class="list"><li> Je constate qu'en matière d'industrie, nous allons de démantèlements en démantèlements.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On nous dit qu'Alstom est aujourd'hui trop petit dans la mondialisation. Mais n'oublions pas qu'Alstom faisait partie d'un grand groupe, la Compagnie Générale d'Electricité, qui comportait également Alcatel, dans les télécommunications, Nexans, les Chantiers de l'Atlantique, et d'autres filiales encore.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on sépare Alstom de sa branche énergie, il ne restera que la banche transports, dont le chiffre d'affaires est de 6 milliards d'euros. On dire alors que c'est encore trop petit. La France serait devenue trop petite, on peut brader tout cela, cela n'a plus aucune espèce d'importance.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crois qu'il faut absolument combattre ce point de vue, car il est important que la France garde des centres de décision.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je crains beaucoup d'autres interventions du même genre par la suite.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Le cauchemar de 2003, lorsque l'État s'était porté au secours d'Alstom, c'est le fruit des erreurs de gestion des dirigeants de l'époque, qui ont racheté des turbines à gaz fabriquées en Suisse qui ne marchent pas, qui ont mis l'entreprise quasiment en faillite.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si l'on regarde par rapport à Siemens ou General Electrics, la France avait un conglomérat tout à fait aussi important. Mais d'opérations en opérations, avec la théorie du <span style="font-style:italic">one player</span> comme ils disent, c'est à dire « un métier, une société », on a des sociétés trop petites. Ce sont les mêmes qui nous ont expliqué qu'il fallait des entreprises sans usines. Ces théoriciens du libéralisme nous font beaucoup de mal. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Alstom fait des bénéfices (4 à 5% de rentabilité), a des commandes (50 milliards, environ 3 ans d'activité), donc ce n'est pas du tout une entreprise au bord du gouffre. Pourquoi se jeter dans les bras de General Electrics, si ce n'est pour faire monter le cours de l'action ? C'est une opération financière, intéressante pour les actionnaires, et du point de vue des dirigeants, qui seront sûrement beaucoup mieux rémunérés si le siège social est à l'étranger plutôt qu'en France, puisque les habitudes, qui sont déjà très mauvaises en France, sont encore pires dans un certain nombre d'autres pays étrangers comme les États-Unis ou la Suisse.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Comment faire pour maintenir les centres de décisions en France ? L'État peut-être présent à travers la Caisse des Dépôts. Qu'est-ce qui empêche de créer une<span style="font-style:italic"> golden share</span>, comme dans les pays anglo-saxons ? Une <span style="font-style:italic">golden share</span>, c'est un droit de veto qui est accordé à l'État, du point de vue de l'intérêt général, sur les décisions qui sont prises.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Quand on voit les erreurs de gestion de la direction d'Alstom, on se dit qu'il vaudrait quand même mieux qu'il y ait un regard plus objectif, qui soit jeté par des gens qui se préoccupent vraiment de l'intérêt de la France, de son tissu industriel.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Siemens ressemble davantage à Alstom qu'à General Electrics. GE ne fabrique pas de turbines à vapeur, Alstom et Siemens en fabriquent. Alstom recevrait l'ICE de Siemens, qui viendrait s'ajouter au TGV... mais je pense que le choix n'est pas soit GE soit Siemens : nous avons peut-être la possibilité d'une solution qui préserverait la nationalité française du capital. Sans exclure l'adossement à un groupe étranger, on pourrait faire monter au capital Areva, ou Safran, de façon à préserver une majorité au capital française.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Safran travaille déjà en coopération avec GE sur les moteurs d'avions, et ça se passe très bien, c'est une très belle réussite industrielle.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Montebourg se plaint, à mon avis à juste raison, de ne pas avoir été mis au courant des négociations. Il y avait lieu de se cabrer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'État a un point de vue à faire valoir. Ce n'est pas un intérêt parmi d'autres : c'est le point de vue des intérêts de la France. Réduire le déficit du commerce extérieur, défendre l'emploi, les salariés : tout cela, c'est à l'État républicain de s'en assurer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On ne peut pas dire : « j'assume le démantèlement d'Alstom » ou de tel autre. Cela, excusez-moi de vous le dire, c'est le langage des généraux de 1940.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Plan de stabilité</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> L'affaire était bizarre : il y a déjà eu un vote de confiance il y a 15 jours, et là, en plus, il y avait deux documents dont le plan de stabilité, qui découlait du TSCG. Les députés MRC avaient voté contre le TSCG, il était normal qu'ils votent contre le plan.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Du point de vue de la compétitivité, le pacte de compétitivité n'est pas formidable : les quelques centimes que les entreprises pourront gagner sont immédiatement annulés par la moindre variation du cours de l'euro, qui est déjà beaucoup trop cher. De plus, ce plan est indiscrimé : toutes les entreprises, la grande distribution, les banques, peuvent y prétendre.         
       </li></ul><ul class="list"><li> Je pense qu'il faut absolument faire baisser la valeur de la monnaie pour que l'économie française puisse respirer.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut ramener l'abstention et les votes contre des députés de gauche à de justes proportions : c'est un coup de semonce qui ne signifie pas qu'ils ne font pas confiance au gouvernement et à Manuel Valls, qui a beaucoup de qualités, mais qui doit aussi écouter ce qu'il lui est dit par la représentation parlementaire.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Sur le Sénat</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li> Personne ne sait jamais comment les grands électeurs, qui élisent les sénateurs, vont voter. Il n'est pas possible de prédire que le Sénat basculera automatiquement à droite au moment des prochaines élections sénatoriales, en septembre. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Alstom-Le-langage-des-generaux-de-1940_a1625.html" />
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   <title>Alstom : "Qui tient le capital tient la décision"</title>
   <updated>2014-05-01T19:15:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Alstom-Qui-tient-le-capital-tient-la-decision_a1626.html</id>
   <category term="Agenda et médias" />
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   <published>2014-05-01T13:55:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Pierre Chevènement était l'invité de BFMTV, mercredi 30 avril 2014. Il répondait aux questions de Olivier Truchot.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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</object >
     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express :</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Je ne fais pas confiance au conseil d'administration d'Alstom, qui nous dit aujourd'hui que l'offre de General Electrics (GE) est la meilleure, parce que, si déjà aujourd'hui co-existent à Belfort Alstom et la filiale turbines à gaz de GE, c'est parce que Alstom a vendu sa filiale turbines à gaz à GE pour racheter celle d'un groupe suisse. Cette opération a conduit au fiasco.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Je souhaite que le capital d'Alstom reste majoritairement français, car qui tient le capital tient la décision.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On peut faire monter au capital d'Alstom des entreprises ou l'Etat à une position majoritaire, ou minoritaire, Safran par exemple. Safran produit le moteur d'avion CFM56, une belle réussite, une excellente coopération, entre Safran et GE. Tachons de trouver un équilibre ! Je préférerai que ce soit 49% du capital pour GE et 51% pour la partie française. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> L'Etat en tant qu'actionnaire avisé peut céder des parts dans telle ou telle entreprise, et utiliser les sommes dont il disposera pour les replacer dans Alstom, si nécessaire. La caisse des dépôts, qui est déjà dans le capital pour un très petit montant, pourrait accroître sa participation.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'Etat a quand même son mot à dire dans l'avenir d'Alstom. Même Patrice Kron, le PDG d'Alstom, l'a reconnu (difficilement).        
       </li></ul><ul class="list"><li> Arnaud Montebourg essaye d'étudier d'autres offres concurrentes, et je pense que s'il fait monter les enchères, du point de vue de l'intérêt national, il agit dans le bon sens. Et on ne peut pas le critiquer non plus de ne pas avoir réagi. Arnaud Montebourg a fait entendre la voix de l'Etat, et c'était nécessaire.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'offre de Siemens, c'est « un cheval, une alouette ». Le ferroviaire allemand qui serait laissé à Alstom a certes des développements intéressants devant lui, mais cela ne se compare pas à l'énergie.        
       </li></ul><ul class="list"><li> L'énergie c'est d'immenses marchés, d'immenses possibilités, qui s'ouvrent pour nos exportations. Or la France doit rééquilibrer son commerce extérieur. Alors si nous laissons tout partir à l'étranger, après l'acier, l'aluminium, le ciment, le PVC, maintenant l'énergie : à ce moment que restera t-il de la France ? Nous serons un pays vidé de ses industries. Nous serons le parc d'attractions du reste de l'Europe et du monde.        
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.chevenement.fr/Alstom-Qui-tient-le-capital-tient-la-decision_a1626.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Osez la France</title>
   <updated>2014-04-30T12:31:00+02:00</updated>
   <id>https://www.chevenement.fr/Osez-la-France_a1623.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2014-04-30T07:10:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat dans le cadre du débat sur le programme de stabilité, mardi 29 avril 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6578070-9921398.jpg?v=1398812221" alt="Osez la France" title="Osez la France" />
     </div>
     <div>
      Le Premier ministre a demandé au Parlement d’approuver le programme de réforme des trois prochaines années.       <br />
              <br />
       Ce programme comporte en fait deux volets distincts.        <br />
              <br />
       Le premier est constitué par le programme de stabilité 2014-2017. Celui-ci procède directement du traité de stabilité, de coopération, et de gouvernance dit TSCG négocié en mars 2012 par M Sarkozy.       <br />
              <br />
       Le deuxième volet du programme de réforme reprend les engagements pris le 14 janvier 2014 par le Président de la République qui visent à alléger les charges des entreprises de plus de 30 milliards d’euros. C’est le pacte dit de responsabilité.       <br />
              <br />
       Une certaine confusion a résulté de la présentation simultanée dans les médias de ces deux documents, alors que le gouvernement n’a semble-t-il engagé sa responsabilité que sur le premier, c'est-à-dire le programme de stabilité.       <br />
              <br />
       C’est la raison pour laquelle les députés du Mouvement Républicain et Citoyen, qui avaient, au nom de la souveraineté budgétaire du Parlement, voté contre le traité budgétaire européen, dit TSCG, en septembre 2012, n’ont pas cru pouvoir faire autrement que voter contre le programme de stabilité et l’engagement pris par le gouvernement vis-à-vis de la Commission européenne de réduire à 3% le déficit budgétaire dès 2015. Les députés du MRC entendent afficher ainsi la priorité qu’ils donnent à la croissance sur la réduction optique du déficit. Ils n’entendent pas pour autant exprimer une défiance vis-à-vis du gouvernement auquel ils ont d’ailleurs accordé leur confiance, les yeux ouverts, le 12 avril dernier.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Confiance à l’égard du chef du gouvernement dont chacun s’accorde à saluer le dynamisme et le sens républicain de l’Etat. Mais confiance les yeux ouverts, parce que notre République est une République parlementaire et que tout parlementaire digne de ce nom se doit d’exercer son esprit critique et sa vigilance dès qu’il les met, bien entendu, au service de la République.        <br />
              <br />
       La réussite du gouvernement nous importe parce que nous savons bien qu’elle sera d’abord la réussite de la France.       <br />
              <br />
       Nous souhaitons donc le succès de l’action que mène le Premier ministre, sous l’autorité du Président de la République qui a été élu pour cinq ans jusqu’en 2017, ce que nul dans l’opposition comme dans la majorité ne devrait oublier.       <br />
              <br />
       Les quelques observations que je formule sur « le plan national de réforme » le sont à titre personnel. Il n’y aura pas de relance sans un choc de confiance et c’est cela que le pays attend du nouveau gouvernement. Mais quelles que soient les qualités personnelles que chacun s’accorde à lui reconnaître, il y a des réalités objectives, dont aucun volontarisme ne peut s’affranchir. La France doit résoudre un redoutable problème de compétitivité que traduit le niveau particulièrement élevé de son déficit commercial, 60 milliards d’euros, eu égard à une conjoncture économique atone et au tassement corrélatif de nos importations.       <br />
              <br />
       Le Président des industries aéronautiques et spatiales, M. Marwan Lahoud, a déclaré : « Le crédit d’impôt-compétitivité représente un impact d’un centime d’euro pour nos entreprises. Dès que le dollar baisse d’un centime, cet avantage est gommé ».       <br />
              <br />
       Le crédit d’impôt-compétitivité représente 20 milliards des 30 milliards d’allègements promis. Mais ce coût va, pour les quatre cinquièmes, à des secteurs non soumis à la compétition internationale. Pour la banque et la grande distribution, c’est un profit d’aubaine. La baisse de charges envisagée ne représente que quelques centimes d’euro. Or, l’euro est une variable d’ajustement dans la guerre des monnaies. La Chine et les Etats-Unis ont intérêt à un euro surévalué et le poussent vers le haut. Certes l’euro surévalué de plus de 20 % par rapport à son cours de lancement n’empêche pas l’Allemagne, qui a su se spécialiser sur des industries haut de gamme, de réaliser un excédent commercial de 200 milliards, mais le cours de l’euro est beaucoup trop élevé au regard des besoins de croissance de la France et d’autres pays d’Europe moins bien placés dans la division internationale du travail.       <br />
              <br />
       Le Premier ministre est conscient de ce problème. Il l’a écrit dans la lettre qu’il nous a adressée : « Les économies réalisées doivent être accompagnées par une politique monétaire plus active et une politique de change plus réaliste au niveau européen. Le niveau de l’euro est trop élevé. » Il ajoute : « Ce sera la démarche du Chef de l’Etat dans les négociations qui suivront le renouvellement du Parlement européen ».        <br />
       Mais l’objectif ne saurait se limiter à obtenir de M. Draghi, et par conséquent de Mme Merkel, une politique de « quantiative easing », c’est-à-dire de création monétaire, qui sera toujours insuffisante, compte tenu des réticences allemandes. Il faut revoir le fonctionnement de l’euro pour en faire une monnaie commune au service de l’Europe : des mécanismes souples d’ajustement monétaire sous un toit commun préservé sont infiniment préférables aux politiques de dévaluation interne que commande le TSCG au nom de la préservation de la monnaie unique. Ces politiques nourrissent déflation, récession et chômage à une échelle qu’on n’avait plus vue depuis les années trente.       <br />
              <br />
       C’est là le défi principal qui ne dispense pas des réformes nécessaires pour permettre à la France de faire face aux mutations du monde et à la montée de concurrences nouvelles venant des pays émergents. Encore faut-il qu’elle ne brade pas les plus beaux fleurons de son industrie.        <br />
              <br />
       Je ne peux pas terminer mon intervention sans prononcer le mot « Alstom ». Je ne doute pas que sur ce dossier emblématique le gouvernement saura montrer ce que signifie la volonté politique mise au service de l’intérêt national. Osez la France ! Préservez une majorité française au capital d’Alstom. Voilà ce que nous demandons au gouvernement et à son chef. Le soutien du parlement ne lui manquera pas !
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     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"L'État doit monter au capital d'Alstom"</title>
   <updated>2014-04-29T08:44:00+02:00</updated>
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   <published>2014-04-29T08:43:00+02:00</published>
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Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro-vox, le lundi 28 avril 2014. Propos recueillis par Alexandre Devecchio.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.chevenement.fr/photo/art/default/6574977-9916623.jpg?v=1398753656" alt=""L'État doit monter au capital d'Alstom"" title=""L'État doit monter au capital d'Alstom"" />
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      <b>Le Figaro-vox : Vous avez demandé au Premier ministre d'empêcher un «transfert de propriété» entre Alstom et General Electric. Quelles seraient les conséquences d'un tel transfert ?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement :</b> Avant tout, l'Etat ne peut accepter de se laisser spolier par la manœuvre éclaire et inconsciente de l'actuel PDG, Monsieur Kron qui lui doit tout. En 2004 Alstom ( qui avait le même PDG qu'aujourd'hui) avait été sauvé à grands frais du dépôt de bilan par un plan de refinancement mis en place avec l'aide l'Etat. Et, du nucléaire au TGV, Alstom est le fruit de plus d'un siècle de commandes publiques.       <br />
              <br />
       Il est évident aujourd'hui que la France ne peut abandonner le secteur de l'énergie de production. La reprise de la branche énergie d'Alstom porterait un coup fatal à l'indépendance de notre filière électronucléaire. Elle signifierait l'abandon par la France d'un des derniers pans de son industrie d'équipement: turbines à vapeur, alternateurs de moyenne et de grande puissance ... Ce serait un curieux signe à l'heure où le gouvernement parle de transition énergétique et de lutte contre la désindustrialisation.       <br />
              <br />
       General Electric a déjà repris en 1999 la branche «turbines à gaz» quand Alstom a choisi de reprendre les turbines à gaz fabriquées en Suisse. Ce fut une énorme erreur à laquelle Alstom a failli ne pas survivre. Avec le recul de quinze ans, nous constatons que cette opération autorisée par le Gouvernement de l'époque a abouti à deux résultats: Alstom a vu sa part du marché dans les turbines à gaz, qu'elle fabrique désormais en Suisse, se réduire considérablement. Et General Electric, s'il a dans un premier temps développé ses fabrications à Belfort, relocalise aujourd'hui une part de ses fabrications aux États-Unis, conformément à la volonté du Président Obama.       <br />
              <br />
       La fuite des centres de décision est dramatique et aura à terme des conséquences sur l'emploi et sur la capacité de la France à peser dans la bataille économique mondiale.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <b>Comment l'Etat peut-il concrètement empêcher cette vente ?</b>       <br />
       L'Etat peut très bien considérer que la participation faible de la caisse de dépôts lui donne le droit de s'opposer à une telle session. Cette décision peut être ratifiée par un vote du parlement pour que la volonté nationale s'exprime. Monsieur Kron n‘ira pas à l'encontre de celle-ci.       <br />
              <br />
       <b>Siemens a fait une contre-proposition. Cela vous paraît-il une meilleure alternative ?</b>       <br />
       La proposition de Siemens, c'est un peu «je te donne une alouette, tu me donnes un cheval». Sans mésestimer l'importance de la division ferroviaire allemande, l'activité énergie d'Alstom est une acquisition d'une valeur stratégique incomparable. Pour l'heure, la contre-proposition de Siemens ne me paraît donc pas à la hauteur.       <br />
              <br />
       <b>Existe-t-il une solution française? L'Etat doit-il nationaliser Alstom ?</b>       <br />
       L'Etat peut céder une autre participation et monter au capital d'Alstom aux conditions fixées par le droit communautaire. Safran, qui coopère déjà avec General Electric, pourrait prendre une part de l'entreprise. Enfin, je ne suis pas opposé à ce qu'Alstom soit adossé à une entreprise étrangère à condition que celle-ci demeure minoritaire et que le centre de décision reste en France.       <br />
              <br />
       <b>Le gouvernement, qui avait refusé l'option de la nationalisation dans le cas d'Arcelor, semble pour l'heure essentiellement obsédé par la recherche de 50 milliards d'euros d'économies. A-t-il, selon vous, vraiment pris conscience de l'enjeu stratégique que représente l'industrie ?</b>       <br />
       L'argent public sera mieux utilisé de la sorte que par la distribution indiscriminée de 50 milliards d'euros à toutes les entreprises y compris les grandes banques ou les sociétés de grandes distributions qui ne rentrent pas dans la compétition industrielle mondiale.       <br />
              <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/28/31001-20140428ARTFIG00363-jean-pierre-chevenement-l-etat-doit-monter-au-capital-d-alstom.php">Le Figaro-vox</a>
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     <br style="clear:both;"/>
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