<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.chevenement.fr/xml/rss.xsl" type="text/xsl" media="screen"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.chevenement.fr/xml/rss.css" type="text/css" media="screen"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  <description><![CDATA[Le blog de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et président de la Fondation Res Publica: agenda, actualités, discours, propositions, vidéos, etc.]]></description>
  <link>http://www.chevenement.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2012-05-24T07:57:47+02:00</dc:date>
  <image>
   <url>http://www.chevenement.fr/var/style/logo.jpg</url>
   <link>http://www.chevenement.fr/</link>
   <title>Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement</title>
  </image>
  <geo:lat>48.8666649</geo:lat>
  <geo:long>2.3333333</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="http://www.chevenement.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4275766</guid>
   <title>"Il ne faut rien cacher au peuple"</title>
   <pubDate>Wed, 23 May 2012 17:34:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement à l'Express paru dans l'édition du 23 mai 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chevenement.fr/photo/art/default/4275766-6462660.jpg" alt=""Il ne faut rien cacher au peuple"" title=""Il ne faut rien cacher au peuple"" />
     </div>
     <div>
      <b>L'Express: Est-il raisonnable d'engager des dépenses supplémentaires au vu de la situation des finances publiques?</b>       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement:</b> François Hollande a pris un engagement : en cinq ans, réduire à zéro le déficit public. Dans le collectif budgétaire de l'été, il engagera des dépenses, fortes symboliquement, telles que le relèvement  de l’allocation de rentrée scolaire ou la mise à la retraite des personnes qui auront cotisé quarante et une années à l'âge de soixante ans. Tout cela étant compensé à l’euro près.       <br />
              <br />
       <b>Faut-il bloquer le prix de l'essence?</b>       <br />
       Oui si les prix remontaient. Ce n’est pas la tendance.       <br />
       <b>       <br />
       Un audit est commandé: est-ce le prélude à l'abandon de certaines promesses?</b>       <br />
       La situation du pays est d'une telle gravité qu'il ne faut rien cacher au peuple. Le président Hollande, comme Mendès-France autrefois, saura dire pourquoi on ne peut pas tout faire tout de suite.       <br />
       <b>       <br />
       Faut-il demander des économies aux collectivités locales?</b>       <br />
       Il y a encore des doubles emplois entre administrations, mais cela ne représente pas une immense perspective d'économies.       <br />
              <br />
       <b>La presse étrangère analyse la victoire de Hollande comme un vote des Français contre l'austérité. Qu'en pensez-vous?</b>       <br />
        C'est une appréciation trop rapide. La politique arrêtée par François Hollande est rigoureuse, mais elle tend à restaurer la croissance.       <br />
              <br />
       <b>Comment réindustrialiser la France?</b>       <br />
       Il faut d’abord stopper la désindustrialisation, qui se poursuit depuis le milieu des années 70: nous avions alors près de six millions de travailleurs dans l'industrie, il en reste un peu plus de trois. La fin de la surévaluation de l'euro est une condition du redressement économique. L’effritement de l’euro est de ce point de vue une bonne chose. Mais nous sommes encore loin du point bas de l’euro 82 centimes de dollar en 2000 et même de son cours de lancement : 1,16 dollars.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Le nouveau pouvoir a-t-il les bons outils pour réindustrialiser?</b>       <br />
       François Hollande va mobiliser 12 milliards pour les entreprises industrielles, à travers le livret d’épargne industrie. L'épargne française, c'est 16% du revenu. C’est un atout majeur. Il faut la réorienter vers le tissu des PMI, car elle s'investit trop au-delà des frontières: 150 milliards quittent le pays chaque année, alors que 50 milliards seulement de capitaux étrangers s’investissent en France. Les avoirs français à l’étranger hors de notre pays représentaient 80 milliards il y a tente ans, contre 2000 milliards aujourd'hui: c'est colossal! Il faut rééquilibrer les flux avec une vue d'ensemble, qui fait défaut aujourd'hui car il n'y a plus de vrai ministère de l'Industrie. Aujourd’hui, c’est une coquille vide.       <br />
              <br />
       <b>Le ministère du redressement productif confié à Arnaud Montebourg vous semble-t-il une bonne idée?</b>       <br />
       Beaucoup dépendra du décret d'attribution et des services et moyens qui seront placés sous son autorité.       <br />
              <br />
       <b>Les placements des fonds souverains dans notre industrie sont-ils une bonne chose?</b>       <br />
       Oui, s'ils ne s'attaquent pas aux bijoux de famille.       <br />
              <br />
       <b>Peut-on vraiment être un président &quot;normal&quot;?</b>       <br />
       Donner l'apparence d'un homme normal à l’Elysée dépasse à coup sûr les capacités d’un homme  vraiment normal. François Hollande y réussit parfaitement.        <br />
              <br />
       <b>Que pensez-vous du nouveau gouvernement ?</b>       <br />
       Rajeunissement des cadres, parité, cela va dans le bon sens ! J’ai confiance dans la solidité de Jean-Marc Ayrault et de l’équipe de tête. Un bémol cependant : Le Mouvement républicain et citoyen n’y est pas représenté. Je ne parle pas de moi évidemment : j’avais fait connaître, en apportant mon soutien à François Hollande, le 13 mars que je n’étais pas candidat à une fonction gouvernementale.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Christophe Barbier et Philippe Manière</span>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4275766-6462660.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Il-ne-faut-rien-cacher-au-peuple_a1400.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4255992</guid>
   <title>"Le rôle de la Banque centrale européenne doit figurer dans les discussions avec l'Allemagne"</title>
   <pubDate>Tue, 22 May 2012 13:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité politique de Julien Arnaud sur LCI, mardi 22 mai 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <iframe src="http://www.wat.tv/embedframe/135672chuPP3r8473841" frameborder="0" style="width: 560px; height: 315px;"></iframe><div class="watlinks" style="width:WIDTHpx;font-size:11px; background:#CCCCCC; padding:2px 0 4px 0; text-align: center;"><a target="_blank" class="waturl" href="http://www.wat.tv/video/morandini-zap-jean-pierre-51mgh_2exyv_.html" title="Vidéo Morandini Zap: Jean-Pierre Chevenement d&eacute;&ccedil;u de ne pas avoir de ministres du MRC au gouvernement sur wat.tv"><strong>Morandini Zap: Jean-Pierre Chevenement déçu de ne pas avoir de ministres du MRC au gouvernement</strong></a> Vidéo <a class="waturl altuser" href="http://www.wat.tv/jeanmarcmorandini" title="Retrouvez toutes les vidéos jeanmarcmorandini sur wat.tv">jeanmarcmorandini</a> sélectionnée dans <a href="http://www.wat.tv/guide/tv" class="waturl alttheme" title="Toutes les vidéos Replay TV sont sur wat.tv">Replay TV</a> </div>     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs</span> : cela mérite un débat parlementaire. Faut-il les supprimer ? C'est probable. Les tribunaux pour enfants ont tout de même des moyens répressifs. Il faut bien vérifier qu'ils sont insuffisants pour aller vers des tribunaux correctionnels.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le ministre de l’Intérieur a forcément des exigences qui entrent en contradiction avec celles du Ministre de la Justice. C'est à ce moment là au Premier Ministre ou au Président de la République d'arbitrer.       
       </li></ul><ul class="list"><li>L'euro est une affaire mal conçue, je l'avais dit dès le départ. On a abandonné la souveraineté monétaire à une banque centrale copiée sur le modèle de la Bundesbank allemande qui n'a qu'une seule mission : assurer la stabilité monétaire.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il vaut mieux ne pas sortir la Grèce, conserver l'unité de la zone euro et en revoir les règles pour permettre à des pays en difficultés de ne pas emprunter à des taux mirobolants.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut qu'on adosse le MES sur la Banque centrale européenne. Ce serait aligner la BCE sur les statuts de toutes les autres banques centrales.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de la renégociation du traité budgétaire</span> : il faut tout mettre sur la table, comme l'a dit François Hollande, et discuter. Le rôle de la Banque centrale européenne, par exemple, doit figurer dans les discussions. Quant aux eurobonds, de quoi parle-t-on exactement?       
       </li></ul><ul class="list"><li>L'avenir du gouvernement de la gauche se jouera sur la renégociation du traité, aujourd'hui purement disciplinaire et punitif. Il faut y ajouter des moteurs de croissance. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>Je soutiens la décision de retrait des troupes françaises d'Afghanistan. C'est un engagement qui avait été pris par François Hollande. Les Canadiens et les Hollandais ont quitté l’Afghanistan en 2010-2011, le président Obama a décidé unilatéralement d'un retrait en 2014. A partir de là, chaque pays a une certaine liberté.       
       </li></ul><ul class="list"><li>De toute évidence un lien cordial s'est noué entre François Hollande et Barack Obama. C'était très important.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de l'absence de ministre MRC dans le gouvernement</span> : je n'ai pas été vexé mais je l'ai regretté. Je n'étais candidat à aucune responsabilité gouvernementale mais il aurait été correct de penser que le Mouvement Républicain et Citoyen avait apporté lui aussi son soutien </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4255992-6439949.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Le-role-de-la-Banque-centrale-europeenne-doit-figurer-dans-les-discussions-avec-l-Allemagne_a1398.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4255468</guid>
   <title>Chevènement: "l'avenir du gouvernement se jouera" sur la renégociation du traité européen</title>
   <pubDate>Tue, 22 May 2012 11:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, mardi 22 mai 2012, 10h59.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chevenement.fr/photo/art/default/4255468-6439250.jpg" alt="Chevènement: "l'avenir du gouvernement se jouera" sur la renégociation du traité européen" title="Chevènement: "l'avenir du gouvernement se jouera" sur la renégociation du traité européen" />
     </div>
     <div>
      L'avenir du gouvernement &quot;se jouera&quot; sur la renégociation du traité de discipline budgétaire européen dans le sens de la croissance, a estimé mardi sur LCI le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement.       <br />
              <br />
       &quot;L'avenir du gouvernement de la gauche se jouera sur la renégociation du traité aujourd'hui purement disciplinaire et purement punitif&quot; qui a été signé par Nicolas Sarkozy, a dit l'ancien ministre.       <br />
              <br />
       Selon lui, &quot;il faut peut-être en revoir le calendrier, en changer un peu les perspectives et puis y ajouter ces moteurs de croissance&quot;.       <br />
       &quot;Il faut tout mettre sur la table et discuter. Le rôle de la Banque centrale (européenne) doit par exemple figurer au menu des discussions&quot;, a estimé M. Chevènement.       <br />
              <br />
       L'ancien ministre s'est prononcé d'autre part, en réponse à une question, en faveur du maintien de la Grèce dans la zone euro, à la création de laquelle il fut pourtant fermement opposé.       <br />
              <br />
       &quot;Il vaut mieux ne pas sortir la Grèce, conserver l'unité de la zone euro et revoir les règles de la zone euro pour permettre en effet à des pays en difficulté de ne pas emprunter à des taux mirobolants&quot;, a-t-il souligné.       <br />
              <br />
       &quot;Ce n'est pas tenable&quot;, a-t-il en effet estimé, prenant les exemples de l'Espagne et de l'Italie.       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement a d'autre part laissé entrevoir sa déception qu'aucun membre de son parti n'ait été retenu pour figurer dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. &quot;Vexé? Non. Mais je l'ai regretté&quot;, a-t-il confié.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4255468-6439250.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Chevenement-l-avenir-du-gouvernement-se-jouera-sur-la-renegociation-du-traite-europeen_a1397.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4254164</guid>
   <title>"Les raisons de notre présence en Afghanistan n'ont jamais été claires"</title>
   <pubDate>Tue, 22 May 2012 09:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était invité, lundi 21 mai 2012, de "Ça vous regarde" sur LCP aux côtés de Françoise Hostalier, députée UMP du Nord, Romain Rosso, grand reporter à L’Express et François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique. Ils répondaient aux questions d’Arnaud Ardoin sur l'OTAN et l'Afghanistan.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="http://www.chevenement.fr/v/d38964d6ef0a50d1f16b9960cd3cb3ab159ca690" width="608" height="372">
<param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/d38964d6ef0a50d1f16b9960cd3cb3ab159ca690">
<param name="quality" value="high" />
</object >
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li>J'étais contre la première guerre d'Irak mais même en Afghanistan, je n’étais pas partisan de l'engagement de troupes au sol, même si je sais reconnaître le sentiment de légitime défense des États-Unis.       
       </li></ul><ul class="list"><li>François Hollande s'en est très bien tiré.  Il a concilié à la fois le respect de la décision de retrait des troupes françaises d'Afghanistan et les meilleures relations avec notre ami américain. Stratégiquement, c'est du grand art.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Barack Obama a annoncé de manière unilatérale la retrait d'Afghanistan en 2014 sans consulter ses alliés. D'autres, comme les Canadiens, ont retiré leurs troupes en 2010-2011. Nous sommes fondés  à retirer nos troupes combattantes fin 2012.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Quand une stratégie, la « contre-insurrection », a échoué, il vaut mieux en tirer les conséquences.        
       </li></ul><ul class="list"><li>La décision de François Hollande est justifiable. Elle se passe en bonne harmonie avec nos alliés. Il demeurera naturellement un dessein général qui est d'aider la construction d'un État Afghan.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Les raisons de notre présence en Afghanistan n'ont jamais été claires car au départ, c'était une réaction légitime  des États-Unis qui ont jeté à bas le pouvoir des talibans et Ben Laden. On a ensuite laissé les seigneurs de la guerre reprendre le pouvoir et l'intervention américaine en Irak a pollué le dossier Afghan.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>Après l'élection d'Obama on s'est reporté sur l’Afghanistan. La stratégie de la « contre-insurréction » a échoué et ce que nous devons faire à présent c'est aider à la construction d'un État Afghan. On ne peut pas prétendre y installer la démocratie des droits de l'Homme et du citoyen.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Séparer les talibans d'Al-Qaïda, c'était l'objectif donné et la mort de Ben Laden a été un tournant.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Si vous voulez que nous soyons là ou les choses pourraient ne pas aller dans le sens de nos convictions, il faudrait que nos armées soient partout. Il faut nous donner des objectifs accessibles !       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le b.a.-ba de l'art militaire consiste à se donner des objectifs accessibles, sensés.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut saluer le courage de nos soldats, dire que leur combat n'a pas été vain car cela a laissé le temps de s'organiser. Maintenant c'est à l'Afghanistan de prendre en main son destin. Le principe d’autodétermination des peuples doit rester au fondement de la compréhension que nous avons des faits internationaux.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La démocratie vient du dedans, elle ne peut pas être apportée de l’extérieur.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4254164-6437112.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Les-raisons-de-notre-presence-en-Afghanistan-n-ont-jamais-ete-claires_a1396.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4206003</guid>
   <title>"L'important est maintenant de donner une majorité à François Hollande les 10 et 17 juin"</title>
   <pubDate>Tue, 15 May 2012 17:35:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité du 22h de Public Sénat, lundi 14 mai 2012. Il répondait aux questions de Sonia Maabrouk.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="http://www.chevenement.fr/v/96e676f34f985a76b79b28c12f12477472671644" width="608" height="372">
<param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/96e676f34f985a76b79b28c12f12477472671644">
<param name="quality" value="high" />
</object >
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li>J'ai fait savoir dès le 13 mars, le jour où j'ai annoncé mon soutien à François Hollande, que pour ce qui me concerne je ne visais aucune responsabilité       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je n'ai jamais été polarisé par une responsabilité ministérielle.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La tâche de François Hollande est celle d'un Président de la République. Il doit choisir les profils qui correspondent le mieux aux tâches qui sont celles de l’État. Par conséquent, ce sont des choix extrêmement importants. Il ne peut pas y avoir d'affect.       
       </li></ul><ul class="list"><li>François Hollande a dit qu'il valait mieux que le Président de la République se sente proche de son Premier Ministre. Ça n'a pas toujours été l'avis de François Mitterrand.        
       </li></ul><ul class="list"><li>S'agissant de Jean-Marc Ayrault, c'est un homme de gauche authentique. Je le connais depuis longtemps. Il a su montrer toutes ses qualités comme président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale pendant plus de 10 ans.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je n'ai pas d'avis à donner. François Hollande en reçoit beaucoup. Il fait sa synthèse, comme il sait si bien le faire, mais le fait tout seul.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>Je crois que les tensions qui étaient palpables depuis plusieurs mois entre Mme Merkel et M. Hollande se sont apaisées. Mme Merkel n'a pas eu beaucoup de chance dans les récentes élections allemandes. François Hollande, lui, en a. Mme Merkel va donc être contrainte à la synthèse.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y aura des eurobonds. Ce qui sera plus difficile, ce sera le rôle de la BCE comme garant de la stabilité de la zone euro. C'est la question essentielle.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Sur les eurobonds</span> : Mme Merkel est très attachée à marquer la responsabilité des Etats. Elle ne veut donc pas mutualiser la dette. Par contre, je pense que sur le rôle de la BCE, on devrait au moins dans les faits commencer à mieux se comprendre et à avancer. Les marchés ont déjà intériorisé l'idée qu'en cas de crise dans la zone euro, la BCE devra intervenir. Elle l'a déjà fait puissamment, elle devrait le refaire à l'avenir.       
       </li></ul><ul class="list"><li>D'après les  sondages, les Grecs veulent rester dans la zone euro mais ils n'acceptent pas la rigueur du plan d’austérité. La réflexion mérite d'être affinée. On ne peut pas prendre une décision aussi lourde que la sortie de la Grèce de la zone euro sans penser à ce que l'on fera après, avec le Portugal par exemple.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut que les Français soient convaincus que l'important est maintenant de donner une majorité à François Hollande les 10 et 17 juin car nous n'avons pas voté pour l'austérité.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4206003-6376608.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/L-important-est-maintenant-de-donner-une-majorite-a-Francois-Hollande-les-10-et-17-juin_a1395.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4164907</guid>
   <title>La belle victoire de François Hollande</title>
   <pubDate>Mon, 07 May 2012 00:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Cette belle victoire est d’abord celle de François Hollande, de la force tranquille qu’il a exprimée avec talent et constance, à partir des orientations tracées dans son discours du Bourget le 22 janvier 2012. Il a su opérer les corrections nécessaires par rapport à certaines dérives et se situer au-dessus des partis. C’est cette posture présidentielle et ce sens des responsabilités conforme à l’esprit des institutions, qui lui ont fait gagner l’élection.       <br />
              <br />
       En ce sens, cette victoire est aussi plus que la victoire de la gauche : elle est celle de tous les républicains. Elle témoigne d’un esprit de rassemblement qu’il faudra préserver pour la suite. François Hollande a appelé à plus de justice. C’est la condition d’un effort partagé qui sera nécessaire compte tenu de l’ampleur des défis.       <br />
              <br />
       Pour ma part, j’apporterai au Président Hollande « le soutien ferme, sans démagogie, mais les yeux ouverts », que j’ai affirmé <a class="link"  href="http://www.chevenement.fr/L-homme-le-mieux-a-meme-de-rassembler-est-Francois-Hollande_a1374.html">dans ma déclaration du 13 mars dernier</a>, après que j’ai retiré ma candidature à son profit.        <br />
              <br />
       L’échec de Nicolas Sarkozy exprime le rejet du néolibéralisme et d’une politique européenne à courte vue, telle que l’a manifestée le traité européen  signé le 2 mars dernier. Je mesure l’amertume qui peut être celle du Président sortant, qui n’avait pas que des défauts. Mais le peuple français a parlé. Il appartient désormais à tous les citoyens de servir ses intérêts.        <br />
              <br />
       Maintenant les choses sérieuses vont commencer car la campagne ne permettait sans doute pas de traiter au fond les problèmes nés de la crise de la monnaie unique.       <br />
              <br />
       Le Président Hollande aura à créer avec l’Allemagne le rapport de convictions qui amènera celle-ci à accepter de revoir le rôle de la Banque Centrale européenne, à la fois pour casser la spéculation contre l’euro et pour en abaisser le cours, aujourd’hui surévalué. C’est ainsi seulement qu’on pourra prévenir une rechute de la crise de l’euro et faire souffler sur l’Europe une brise de croissance dont elle a bien besoin.       <br />
              <br />
       Le Président Hollande saura, j’en suis sûr, dessiner le projet de redressement européen à travers lequel la France pourra continuer son Histoire. Les semaines qui viennent seront décisives. Je souhaite qu’une large majorité de Français lui donne aux élections des 10 et 17 juin prochains, les moyens de relever ce superbe défi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.chevenement.fr/La-belle-victoire-de-Francois-Hollande_a1394.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4143989</guid>
   <title>Rousseau, penseur du fondamental: éclairages pour une république moderne</title>
   <pubDate>Mon, 30 Apr 2012 20:19:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au colloque du GIPRI (Institut international de recherche pour la Paix à Genève) à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, vendredi 27 avril 2012     <div>
      De Jean-Jacques Rousseau, le fameux « citoyen de Genève », je n’avais, à mon entrée en politique, dans les années 1960, que des souvenirs scolaires. Et encore …       <br />
              <br />
       Tout au plus me souviens-je d’avoir dû rédiger une dissertation qui laissait le choix aux élèves d’argumenter leur préférence pour Rousseau ou Voltaire. Oserai-je avouer devant vous, ici,  Genève, à l’occasion de ce colloque heureusement organisé par Gabriel Galice et Christophe Miqueu, à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau que j’ai choisi « Voltaire », comme tant d’autres petits misérables. J’en conçois une forte honte rétrospective, car j’ai appris depuis lors, à mieux connaître, et même à lire attentivement l’immortel auteur du <span style="font-style:italic">Contrat Social</span>, de <span style="font-style:italic">l’Emile</span>, de <span style="font-style:italic">la Nouvelle Héloïse</span>, des <span style="font-style:italic">Confessions</span>, des <span style="font-style:italic">Rêveries</span> et de tant de textes profonds et souvent sublimes dans leur formulation, qui reflètent non pas un système clos sur lui-même mais une pensée en mouvement, surplombant des abîmes.       <br />
              <br />
              <br />
       Et pourtant il a été, presque à mon insu, présent dans mon engagement politique, dès le début des années soixante, en Algérie où il était difficile de ne pas reconnaître l’existence d’un peuple algérien différent du nôtre, puis en France : imprégné dès mon adolescence des idées de Pierre Mendès France et désireux de réactiver, à travers une synthèse nouvelle appelée « union de la gauche », le modèle républicain français, j’ai été très tôt « rousseauiste » sans le savoir, tant la pensée de Rousseau a marqué la Révolution française et par suite la tradition politique républicaine à laquelle celle-ci a donné naissance et à laquelle j’appartiens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Vouloir réunifier la gauche à travers un parti socialiste redressé, au Congrès d’Epinay (1971), puis à travers son programme « Changer la vie » dont François Mitterrand m’avait confié la rédaction et enfin, sur cette base, à travers un programme commun avec l’un des plus puissants partis communistes d’Europe Occidentale, signé à la fin du mois de juin 1972, c’était dans mon esprit, parier sur un Peuple remis debout, en lui confiant à nouveau les clés de son avenir. Il y avait dans ma démarche une dimension de refondation que Rousseau évoque tout en la jugeant très difficile : » Il se trouve des époques violentes où l’Etat renaît pour ainsi dire de ses cendres et reprend la vigueur de la jeunesse … mais ces évènements sont rares » (Contrat social, livre II, chapitre VIII).       <br />
              <br />
              <br />
       Quiconque inscrit son action dans le sillage de la Révolution française et de ses idéaux est, qu’il le veuille ou non, fils de Rousseau. Robespierre, Saint Just et même Bonaparte ont fait du Contrat social leur livre de chevet, chacun le lisant, bien sûr,  à sa façon. C’est en Rousseau que l’idée républicaine en France, beau titre d’un ouvrage de Claude Nicolet paru en 1982, trouve sa source profonde.       <br />
              <br />
       La Révolution a transféré Rousseau au Panthéon en 1794. Le décret fut pris à la fin du régime robespierriste du Comité de Salut public, quand la République naissante se vit acculée, pour survivre, à « forcer à être libres ceux qui refusaient d’obéir à la volonté générale » (Contrat social, livre I, chapitre VII). Ce n’était qu’une interprétation de Rousseau dans laquelle celui-ci ne se serait probablement pas reconnu car il était partisan de la démocratie directe et il a critiqué fortement le système de la représentation.        <br />
              <br />
       L’héritage de Rousseau - puissance du sentiment aussi bien qu’exigence de la raison - reste un héritage éclaté donnant lieu à des interprétations contradictoires. Les républicains, tenants de la souveraineté nationale et populaire et les marxistes se retrouvent dans l’absolutisme théorique de la volonté générale et reconnaissent leur dette à l’égard de Rousseau. A l’inverse les libéraux comme Benjamin Constant, ou les socialistes associationnistes comme Proudhon ou les « political scientists » anglo-saxons, ou encore les théoriciens français de la deuxième gauche comme Jacques Julliard, ne sont pas loin de voir en lui un ancêtre du « totalitarisme ». Kant a mieux compris le sens de la recherche de Rousseau qui est d’abord morale, comme il résulte de ces quelques lignes du Contrat social : « L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. Le passage à l’état civil fait d’un animal borné et stupide, un être intelligent et un homme ».       <br />
              <br />
       On pourrait soutenir que le vrai héros de Rousseau a été le Peuple. A travers Thérèse Levasseur, il connaissait la misère du peuple à la fin de l’Ancien Régime. Il n’en avait pas moins érigé, par construction théorique, une collectivité égalitaire dotée d’une personnalité et d’une volonté propres, également appelée « Peuple ». Ce peuple de citoyens s’est dressé à peine dix ans après sa mort sur la scène de l’Histoire. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 est directement inspirée du Contrat social.       <br />
              <br />
       Ainsi, la Constitution de 1791 énonce déjà que « la souveraineté est une, indivisible, inaliénable et imprescriptible. Elle appartient à la Nation et aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice » (article 1er du Titre III).  On croirait lire le Contrat social ! La tradition ne se perdra pas.  La Constitution de 1958 proclame encore l’attachement du peuple français au principe de la souveraineté nationale, énonce que « La France est une République indivisible » … et rappelle que « la souveraineté nationale appartient au peuple » … et « qu’aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice ». Ces formulations font voir la persistance dans nos textes fondateurs d’une veine républicaine directement inspirée de Rousseau.       <br />
              <br />
              <br />
       Même s’il a profondément marqué la tradition française du républicanisme civique, il serait cependant erroné de lire Rousseau à la seule lumière de la Révolution française.        <br />
              <br />
       Rousseau est un penseur du fondamental. Le tragique de la condition humaine ne lui a pas échappé, puisqu’il a réservé explicitement le modèle de sa République à « un peuple de Dieux », ou alors à de très petites cités, où un petit nombre d’hommes simples, attroupés à la mode suisse, à l’ombre d’un grand chêne, seraient capables d’exprimer quelque chose qui ressemblerait à une « volonté générale ». Rousseau est fasciné par l’exigence de l’idée démocratique – je dirais plutôt, quant à moi, « républicaine » - et il en déduit que la démocratie est « si parfaite qu’elle ne convient pas à des hommes » (Contrat social). En fait, Rousseau distingue la souveraineté et le gouvernement : la souveraineté du peuple est bonne par nature, car il est inconcevable que le peuple puisse se vouloir du mal. Mais il ne s’ensuit pas, loin de là, que les gouvernements ne puissent errer.        <br />
              <br />
       Rousseau n’est pas un « political scientist » à l’anglo-saxonne ou un professeur de science politique à la française. C’est un immense philosophe qui se situe au niveau des principes, au niveau de la « Raison pure » selon Kant, son véritable héritier.        <br />
              <br />
       Rousseau se situe, selon moi, au plus haut niveau de l’exigence, à la fois morale et épistémologique. Il ne décrit pas les structures d’un régime démocratique. Il cherche à dégager le principe régulateur. L’idéalité démocratique a pour lui une valeur normative et non pas pratique.        <br />
              <br />
       De même, qu’il décrit les errements des gouvernements soi-disant démocratiques et exposés à dégénérer en « ochlocratie » (pouvoir de la populace), de même Rousseau montre quels mirages peuvent receler les projets de « paix perpétuelle » tels que les a formulés en son temps l’Abbé de Saint-Pierre.       <br />
              <br />
              <br />
       Ainsi, pour ma part, je tire de Rousseau deux leçons :       <br />
              <br />
       •  La première est qu’aucune démocratie, aucune République ne peut résister à la dégénérescence en dehors d’<span style="font-style:italic">un appel constant de la conscience civique au principe qui fonde le contrat social</span>. Rouseau met très haut la barre de l’exigence. Si haut que la plupart des démocrates ou des républicains la perdent de vue dans l’ordinaire des jours des gouvernements.  Mais cette exigence sommeille dans le cœur des citoyens. Elle est ce qui fonde l’espoir d’un réveil civique. C’est à cette exigence que s’adressent Robespierre sous la Première République naissante, Gambetta et Ferry à l’orée de la Troisième, puis successivement Clemenceau, De Gaulle et Pierre Mendès-France, les plus éminents dans la longue lignée des républicains français.        <br />
              <br />
       Sans cette exigence, la politique serait une activité complètement vide et ennuyeuse. Le républicanisme français, nourri de Rousseau à travers la Révolution, tire de son origine historique le projet de former des citoyens par une éducation publique et laïque permanente, de telle sorte qu’on n’ait pas à « les forcer d’être libres », pour reprendre la terminologie du Contrat social. La formation du citoyen est ainsi le moyen d’éviter le renouvellement de la Terreur. L’éducation civique, l’éducation du sens critique du citoyen, sont au cœur des missions de l’Ecole républicaine. Ce n’est pas par hasard qu’on a parlé, sous la IIIe République, de « République enseignante ». Elle l’était doublement : par l’Ecole et par l’exemple. Claude Nicolet opposait à la fadeur du libéralisme anglo-saxon « les éclairs sur l’avenir » et les élans que le républicanisme français tirait de son ancrage historique dans la Révolution.        <br />
              <br />
       •  La seconde leçon que je tire de Rousseau est à l’inverse, si je puis dire, <span style="font-style:italic">une leçon de modestie</span>. Rousseau aperçoit bien les limites des idées qu’il professe dans le Contrat Social ou qu’il révère en apparence dans les « projets de paix perpétuelle » de l’Abbé de Saint-Pierre, souhaitables en théorie, mais dont on peut se demander si « les moyens violents nécessaires à leur réalisation ne devraient pas les faire plutôt craindre que désirer » (jugement de Rousseau sur les écrits de l’Abbé de Saint-Pierre). Ainsi, la crise actuelle de l’euro nous interpelle-t-elle sur l’idée européenne telle qu’elle a été conçue en dehors, voire contre les nations et sur les moyens qu’on a employés pour la faire progresser.        <br />
              <br />
       L’Abbé de Saint-Pierre avait reconnu l’existence d’une identité européenne : « Les Puissances de l’Europe, écrivait-il, forment entre elles une sorte de système qui les unit par une même religion, par un même droit des gens, par les mœurs, par les lettres, par le commerce et par une sorte d’équilibre qui est l’effet nécessaire de tout cela ». Il ajoutait : « Excepté le Turc, il existe entre tous les peuples de l’Europe une liaison sociale imparfaite mais plus étroite que les nœuds généraux et lâches de l’Humanité ». Et l’Abbé de Saint-Pierre en déduisait un principe : « Pour former une Confédération solide et durable, il faut en mettre tous les membres dans une dépendance tellement mutuelle qu’aucun ne soit seul en état de résister à tous les autres ». On ne voit pas, soit dit en passant, comment ce beau principe s’applique dans la zone euro où l’Allemagne, presque seule, impose une politique d’austérité prolongée et simultanée à tous les autres, jusqu’ici du moins.        <br />
              <br />
       Une ligue fédérative européenne, écrit Rousseau, « ferait peut-être plus de mal tout d’un coup, qu’elle n’en préviendrait pour des siècles ». Rousseau, en politique étrangère, comme d’ailleurs en politique intérieure, pourrait passer pour se rattacher aussi, paradoxalement, à l’école de pensée réaliste. En témoignent ainsi certains jugements sur les Bernard-Henri Lévy et les Kouchner de son temps :        <br />
              <br />
       « Le cosmopolitisme ? … une vertu en papier ». « Ces prétendus cosmopolites se vantent d’aimer tout le monde pour avoir droit de n’aimer personne (Manuscrit de Genève). Et s’adressant à Voltaire : « Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins ». « Le beau mot d’humanité est rebattu aujourd’hui jusqu’à la fadeur, jusqu’au ridicule par les gens du monde les moins humains ».        <br />
              <br />
       Ainsi Rousseau peut-il être à la fois le penseur de la Raison pure qui n’existe que dont la théorie et le penseur du réel. L’idéal régulateur, comme toute idée de la raison, est par définition irréalisable mais il est un principe de référence. L’humanité n’est pas un concept politique. La loi en effet ne peut s’appliquer que dans un espace politiquement structuré.        <br />
              <br />
       La raison peut donner une idée du juste ou de l’injuste. Mais elle ne constitue pas un fondement suffisant pour la vertu « Pour faire le bien, il ne suffit pas de le voir. Il faut encore qu’un sentiment nous porte à l’accomplir » (L’Emile).       <br />
              <br />
       Venons-en, une fois prises les précautions épistémologiques nécessaires à une bonne compréhension de la pensée de Rousseau, si vaste et apparemment si contrastée et à l’actualité – ou à l’inactualité – de celle-ci confrontée aux grands mouvements de notre époque :       <br />
              <br />
       • la mondialisation et le sens de la République dans la mondialisation ;       <br />
       • l’Europe et les difficultés de la construction européenne ;       <br />
       • l’universalisme enfin, à travers ses plus récentes moutures, ce qu’on a appelé « le droit de l’hommisme » et le « droit », voire le « devoir d’ingérence ».        <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – La mondialisation et la République</b>       <br />
              <br />
       On connaît les théories de Rousseau sur le luxe et sur le commerce, « le luxe, signe de corruption dans les mœurs et de faiblesse dans le gouvernement … objet de mépris chez les Grecs et les Romains ». « Il était naturel, poursuit-il, que le commerce se sentit du mépris qu’on avait pour le luxe. Quand ces peuples commencèrent à dégénérer ... les particuliers s’enrichirent, le commerce et les arts fleurirent et l’Etat ne tarda pas à dépérir » (Fragments politiques, p. 517). D’un point de vue républicain, la prééminence de l’« homo eoconomicus » sur le citoyen est inenvisageable.       <br />
              <br />
       Or, comment interpréter le grand choc qui eut lieu, il y a plus de trente ans maintenant, entre le néolibéralisme anglo-saxon de Mme Thatcher et de M. Reagan, nourri des doctrines de Hayek et de Milton Friedman, et la volonté affirmée par le « Projet socialiste » de 1980, dont se réclamait François Mitterrand, de changer la société sur la base des idéaux républicains ?       <br />
              <br />
       Comment s’opéra la victoire du néolibéralisme avec l’ouverture en France de ce qu’on a appelé, en mars 1983, « la parenthèse libérale » ? Entre les deux politiques qui lui étaient proposées, une politique industrialiste entée sur une forte dévaluation d’une part et l’accrochage du franc au mark débouchant sur une politique de désinflation compétitive, François Mitterrand, après moult hésitations, choisit la seconde au nom de l’Europe et la dérégulation qui s’ensuivit en vertu de l’Acte unique signé deux ans plus tard en fonction de la même priorité affichée. C’est ainsi qu’a travers ce choix géopolitique à longue portée le socialisme français se rendit sans combattre, histoire que j’ai retracée dans « La France est-elle finie ? » (Fayard, 2011). Et c’est toujours au nom de « l’Europe » que la dérégulation de tous les marchés triompha encore avec «<span style="font-style:italic"> l’Acte Unique</span> » négocié en 1985 à Luxembourg et entré en vigueur en 1987. C’est en vertu de ce traité qu’a été imposée la libération totale des mouvements de capitaux, y compris vis-à-vis des pays tiers, à compter du 1er janvier 1990 et que la Commission européenne fut chargée de faire respecter, en tous domaines, le primat de la concurrence sur les politiques industrielles et  sur la conception française du service public.       <br />
              <br />
       Jean-Jacques Rousseau n’aurait pas cru spontanément à la théorie de l’efficience des marchés professée par l’Ecole de Chicago, si l’on en juge par ces sentences tirées de l’<span style="font-style:italic">Emile</span> : « Il faut étudier la société par les hommes et les hommes par la société : ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale n’entendront jamais rien à aucune des deux ». Ou encore « Il n’y a des pauvres que parce qu’il y a des riches ». La République, selon Rousseau, met l’égalité en son cœur.       <br />
              <br />
       La gauche française, en opérant au nom de l’Europe sa conversion libérale, a raté une conversion républicaine qui eût impliqué pour l’Europe continentale le maintien d’une certaine dose de réglementation, et pour la France le maintien du principe fondateur de la souveraineté nationale. C’est parce que, placé où j’étais, Ministre d’Etat, chargé de la Recherche et de l’Industrie, je pouvais anticiper pleinement l’ampleur du tournant opéré en mars 1983 que je démissionnai alors du gouvernement. Je n’ai pas conçu ma démission comme seulement le moyen d’« ouvrir ma gueule », selon une phrase devenue célèbre, mais plus profondément comme un appel au peuple des citoyens. En ce sens, cette première démission me faisait « rousseauiste » à mon insu.        <br />
              <br />
       Rousseau ne croit guère aux effets bénéfiques du « doux commerce » : « Nos besoins nous rapprochent à mesure que nos passions nous divisent, et plus nous devenons ennemis de nos semblables, moins nous pouvons nous passer d’eux ». Il pencherait plutôt pour une certaine forme de protectionnisme plus ou moins autarcique : « J’avoue, écrit-il, que l’argent rend les échanges plus commodes. Mais faites mieux : rendez les échanges peu nécessaires. Faites que chacun se suffise à lui-même autant qu’il le pourra ». Ces vues aujourd’hui paraissent datées mais elles traduisent un état d’esprit propre à éclairer le débat actuel entre « libre-échangisme » et protectionnisme appelé par euphémisme « théorie du juste échange ».        <br />
              <br />
       Que dirait Rousseau aujourd’hui des effets sociaux de la dérégulation ? Un capitalisme financier prédateur et spéculatif a façonné un monde déséquilibré et inégal qui court après des règles dont l’abolition a produit la crise dans laquelle il se débat. Rousseau gémissait sur « l’infortune des peuples écrasés par une poignée d’oppresseurs ». Ce n’est pas s’avancer beaucoup de dire que son aspiration à l’égalité « sans laquelle la liberté ne peut subsister »(Contrat social) et à l’existence morale à laquelle la citoyenneté fait accéder l’homme, serait profondément heurtée par le spectacle des inégalités croissantes, de la démission civique et du primat de l’économique sur le politique, qui caractérisent les sociétés régies par le principe dit de « l’acquisition de la valeur par l’actionnaire ».        <br />
              <br />
       Pour réhabiliter le politique, il faudrait restaurer le citoyen. Mais celui-ci se désespère de voir partout bafoués les principes de la souveraineté sans laquelle il ne peut rien et n’est même pas citoyen. Nous voilà « au rouet » comme disait Montaigne …       <br />
              <br />
       Cette défaite de la République a été aussi et d’abord une défaite de la France. Dans l’Europe de 1983, les marges de manœuvre, pour elle, étaient infiniment plus grandes qu’elles ne le sont devenues aujourd’hui, dans un monde entièrement dominé par le capitalisme et les marchés financiers, ouvert aux concurrences les plus inégales, et dans une Europe germanocentrée, où elle peine à remplir son rôle de médiateur naturel entre les pays du Nord de notre continent et ceux du Sud.        <br />
              <br />
              <br />
       La messe est-elle dite ? L’Histoire est-elle finie ? N’y a-t-il pas dans le principe de la souveraineté nationale le ressort d’un éventuel rebond ? La crise du néolibéralisme ne peut-elle faire renaître l’exigence républicaine ? L’Humanité a besoin de repères. Ceux que fournit la République sont pour les hommes d’aujourd’hui des repères plus sûrs que la confiance intéressée ou naïve dans la « main invisible » de marchés devenus fous. C’est ce qu’il faudra démontrer.        <br />
              <br />
       Retour à Rousseau, à travers « l’Europe », en train de se faire et de se défaire.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Retour à Rousseau à travers les soubresauts de « l’Europe »</b>       <br />
              <br />
       Par une vue prémonitoire qui n’appartient qu’à des esprits assez vastes pour concevoir ensemble les contraires, Jean-Jacques Rousseau a perçu dans le jugement qu’il prononce sur le projet de la ligue européenne fédérative, repris  de Sully par l’Abbé de Saint-Pierre, en vue d’assurer à l’Europe une paix perpétuelle, à la fois le caractère fascinant du projet et son caractère hautement problématique.  C’est à Jean Monnet qu’il revient d’avoir conçu des institutions européennes tenant en lisière les souverainetés nationales dans lesquelles il voyait non la source de la démocratie mais l’origine des nationalismes et donc des guerres. C’est à une « Haute Autorité » que par la suite on appela « Commission européenne » que ce véritable « Législateur », au sens rousseauiste du terme, voulut confier la définition de l’intérêt général et le monopole de la proposition. C’est ainsi que s’est édifié un monstre technocratique : l’essentiel des décisions y procède d’autorités non élues (Commission, Banque Centrale, Cour de Justice). Les gouvernements démocratiquement élus ont été relégués à la périphérie, à l’exception sans doute du gouvernement allemand dont la capacité d’influencer les institutions européennes provient à la fois des textes qu’il a inspirés, en particulier sur la monnaie unique, et de la position économiquement dominante acquise par l’Allemagne, grâce à son industrie et à ses excédents.        <br />
              <br />
       En République, ce sont les citoyens qui définissent l’intérêt général à travers le débat démocratique sanctionné par le vote. Dans l’organisation européenne dont Jean Monnet a été l’inspirateur, ce sont les Commissaires et les Gouverneurs de la Banque Centrale qui détiennent l’essentiel du pouvoir. Le Conseil européen définit formellement des orientations qui reflètent pour l’essentiel la philosophie libérale des institutions européennes et les positions allemandes que les autres pays, à commencer par la France, ne se sont pas sentis jusqu’à présent en mesure de contester et ont par conséquent ratifiés, à travers le projet de traité européen signé le 2 mars 2002.        <br />
              <br />
              <br />
       La crise de la monnaie unique était inscrite dans son génôme. Dix-sept pays très différents par leurs structures   économiques, leurs langues, leurs options politiques, ont délégué leur souveraineté monétaire à une Banque Centrale européenne indépendante copiée sur le modèle de la Bundesbank allemande, avec une mission unique : lutter contre l’inflation. On imagine difficilement schéma plus « économiciste » et plus réducteur du point de vue d’une démocratie républicaine où les citoyens interréagissent les uns sur les autres, à la recherche d’un projet qui les dépasse et les élève tous, au service d’un intérêt général qu’il leur incombe de définir.        <br />
              <br />
       Dans la zone euro coexistent des économies hétérogènes qui sont loin de former ensemble la « zone monétaire optimale » rêvée par Robert Mundell. Celle-ci requiert la fluidité des mouvements de main d’œuvre et de puissants mécanismes de transferts interrégionaux. Rien de tout cela n’existe et ne peut exister, à vue d’homme, dans la zone euro, où les inégalités de compétitivité et de développement ont, en douze ans, creusé des écarts que ne peuvent plus compenser, par définition, les anciens mécanismes de dévaluation. Ces écarts s’observent dans les balances commerciales, les taux de croissance, les taux de chômage et bien sûr, le taux d’intérêt des emprunts publics.        <br />
              <br />
       Un économiste allemand très connu, Hans-Werner Sinn, considère qu’il existe des déséquilibres structurels fondamentaux indépassables. Il voit la zone euro comme un tonneau des Danaïdes : « Les plans de sauvetage nous permettront peut-être de respirer pendant cinq ans, mais après ce délai, les coffres des pays bailleurs de fonds seront vides et les nations les plus faibles connaîtront les mêmes problèmes qu’aujourd’hui ».        <br />
              <br />
       Suffirait-il de modifier les règles de la zone euro, notamment en revoyant le rôle de la Banque Centrale, comme les deux principaux candidats en lice pour l’élection présidentielle en France l’ont suggéré ? Où faudra-t-il revoir la nature de l’euro pour restaurer des marges de fluctuation au sein d’un système de monnaie commune ? C’est un autre débat.        <br />
              <br />
       Une vision rousseauiste du monde fait apparaître le danger qu’il y a pour les nations à déléguer leur souveraineté sur des questions aussi essentielles que la monnaie. C’était l’enjeu du traité de Maastricht. On voit que, de fil en aiguille, c’est la souveraineté budgétaire qui est aujourd’hui en question, à travers le traité européen signé le 2 mars 2012. Et c’est la souveraineté économique, sociale et en définitive politique, qui est désormais menacée dans les pays soumis à l’assaut de la spéculation. On évoque aujourd’hui le défaut de grands Etats au cœur de la zone euro, alors que la faillite d’un Etat paraissait encore, il y a quelques années, chose inimaginable. On n’a pas vu cependant qu’on puisse aussi facilement dissoudre les peuples et plus encore les nations. Rousseau évoque bien la réduction d’un peuple en servitude. Ce serait un paradoxal résultat de l’Union européenne que d’aboutir à restaurer l’idée d’une hiérarchie des peuples sur le sol européen.        <br />
              <br />
       Rousseau nous rappelle que « si la force a fait les premiers esclaves seule la lâcheté les a perpétués ». Mais les peuples, d’où viennent-ils ? Qui les a institués ? Qu’est-ce qui fait qu’un peuple est un peuple ? Rousseau nous incite à revenir à l’acte initial qui fonde le contrat social.       <br />
              <br />
       Un contrat social est-il donc imaginable, comme le pensent les tenants du fédéralisme, à l’échelle de l’Europe ? Pour répondre à cette question, il faudrait répondre à beaucoup d’autres : pour quel projet ? Dans quelles limites géographiques ? A travers quelles institutions ? Toutes questions qui débouchent aujourd’hui sur le vide, faute justement qu’il y ait « un peuple européen ». Or, dans les faits, il en existe une bonne trentaine. La Cour Constitutionnelle de Karlsruhe a déduit de l’inexistence d’un « peuple européen » que le Parlement européen n’est pas un Parlement et qu’aucune décision nouvelle par rapport aux traités existants ne peut être prise sans l’aval du Bundestag. Pour qu’un peuple européen existe, il faudrait l’instituer. Moult assemblées, conventions, etc. se sont réunies, qui n’y sont jusqu’ici jamais parvenues.        <br />
              <br />
       Rousseau nous rappelle que « celui qui veut instituer un peuple, doit se sentir en état de changer, pour ainsi dire, la nature humaine » (Contrat social). D’aucuns me rétorqueront : « Mais qui donc a institué la nation française ? » A cette question, Claude Nicolet a fort bien répondu : « Quarante rois ont fait la France, puis la coquille se casse : l’oiseau montre la tête, c’est la République, qui n’est quand même pas française par hasard (dans Claude Nicolet, <span style="font-style:italic">Histoire, nation, République</span>, Editions Jacob, mai 2000).        <br />
              <br />
       L’Allemagne aujourd’hui, par la voie de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe mais aussi par celle de son gouvernement, affirme avec de plus en plus de force la responsabilité des Etats. A-t-elle tort ? Je ne le crois pas, car les tenants d’une solidarité européenne indéfiniment extensible oublient que celle-ci ne représente aujourd’hui que le quarantième des solidarités nationales : le budget européen pèse 1 % du PIB européen. Or, le montant des prélèvements obligatoires en Europe atteint en moyenne 40 %. On ne peut pas multiplier rapidement le budget européen par 20, 10, 5, voire 2 !        <br />
              <br />
       On ne peut rien construire aujourd’hui en Europe sans s’appuyer sur la souveraineté des nations qui va avec la responsabilité des Etats, même si on tempère ce principe de mille politiques visant à promouvoir un « intérêt général européen » qu’on ne peut d’ailleurs définir en dehors de la volonté des peuples. D’où il résulte que si une « Europe européenne » est éminemment désirable face à la bipolarité sino-américaine du XXIe siècle, cette Europe ne peut être qu’à « géométrie variable ». Il n’y a pas d’Europe démocratique qui vaille sans l’aval des peuples qui la constituent.        <br />
              <br />
       Retour à Rousseau dont je veux d’autant moins en faire un « souverainiste »  que je ne me définis pas moi-même comme tel, mais simplement comme républicain. Car la démocratie est l’autre face de la souveraineté. Rousseau a entrevu l’existence d’une autre perspective qui se pare aujourd’hui des atours du fédéralisme mais signifie autre chose : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maitre, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir ».       <br />
              <br />
       C’est l’enjeu de la révision du traité européen du 2 mars, traité dont l’application plongerait l’Europe tout entière dans une récession prolongée et mettrait chaque Etat en position subordonnée par rapport à la Commission et à la Cour de Justice de l’Union. Je doute qu’il soit jamais ratifié. Pour rester fidèle à Rousseau, il faut penser l’Europe à partir des nations, avec les peuples existants et non pas contre eux. C’est pourquoi je suggère qu’on réfléchisse à la transformation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune. Cette monnaie serait elle-même un « panier » de monnaies nationales reconstituées. Avec cependant deux tempéraments : les monnaies nationales verraient d’abord leurs parités négociées périodiquement à l’intérieur d’un système monétaire européen bis, pour tenir compte de l’évolution des compétitivités économiques respectives.  Par ailleurs, ces monnaies nationales (euro franc, euro mark, euro lire, etc.) ne seraient convertibles qu’en euros. L’euro, monnaie commune, dont la valeur serait fixée par les marchés monétaires, serait réservée aux transactions internationales.        <br />
              <br />
       Les ajustements monétaires rendus possibles par une simple monnaie commune sont infiniment moins douloureux que les déflations internes auxquelles les institutions européennes, pour maintenir la monnaie unique, entendent soumettre les pays les plus faibles. Ce retour à la responsabilité des Etats ne serait après tout qu’une application du fameux principe de subsidiarité tiré de Saint-Thomas d’Aquin, dont les institutions européennes ont fait leur credo théorique, sans l’appliquer jamais. La souveraineté ne peut jamais s’aliéner, selon Rousseau, mais il admettrait, je le crois, des délégations de compétences, pourvu qu’elles restent démocratiquement contrôlées.       <br />
              <br />
       Jacques Delors définissait l’Europe comme un objet politique non identifié, un OPNI. Rousseau peut nous aider à penser de manière théorique et pragmatique à la fois, le resserrement souhaitable des solidarités entre les peuples européens et l’articulation des souverainetés nationales en vue d’un « bien commun européen » (la paix, le plein emploi, le maintien d’un tissu productif si possible autosuffisant).       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Rousseau, le patriotisme, l’universalisme, la guerre et la paix</b>       <br />
              <br />
       On décrit souvent Rousseau comme un grand sentimental que la Nature seule consolerait de la méchanceté des hommes. On le voit herborisant. Mais Rousseau est tout sauf un enfant de chœur.       <br />
              <br />
       Il sait que le patriotisme est nécessaire à la République. Il écrit aussi que le patriotisme est naturellement « dur aux étrangers ». Ce n’est point pour autant qu’il renie l’humanité.       <br />
              <br />
       Rousseau ne préfigure pas les grands totalitarismes ni même Le Pen. Certes, sa pensée prend le contrepied de celle de Montesquieu, quand celui-ci écrit : « Si je savais quelque chose qui me fut utile et qui serait préjudiciable à ma famille, je le rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose qui fût utile à ma famille, mais qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l’Europe ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime ».        <br />
              <br />
       Roussseau s’inscrit, au contraire, dans la tradition du patriotisme antique, tel que l’ont formulé Platon et Ciceron. C’est une catégorie du proche et du familier qui permet d’intérioriser la notion du bien commun. Le patriotisme, au niveau de l’affect, consolide la citoyenneté. A l’inverse, la corruption moderne revient à vouloir jouir des bienfaits de l’association politique, sans accepter d’en remplir les devoirs.       <br />
              <br />
       Rousseau constate encore que « le sentiment d’humanité s’éloigne et s’affaiblit, en s’étendant sur toute la terre ». Pour autant, Rousseau s’inscrit dans la théorie du droit naturel : la loi civile ne doit rien commander qui soit contraire à la loi naturelle. Les valeurs républicaines sont des valeurs universelles. Pour autant, le patriotisme et l’humanité sont des valeurs « incompatibles dans leur énergie » … « Le législateur, écrit-il, qui les voudra toutes deux, n’obtiendra ni l’une, ni l’autre » (Lettres écrites de la Montagne). Rouseau reconnaît que « l’amour de l’Humanité donne beaucoup de vertus, comme la douceur, l’équité, la modération mais il n’inspire point le courage ou la fermeté, et ne leur donne point cette énergie qu’elles reçoivent de l’amour de la patrie qui les élève jusqu’a l’héroïsme ». Tout cela est très fort et très bien vu.       <br />
              <br />
       En fait, Rousseau est aussi un réaliste … Il sait ce qui est nécessaire à la conservation d’un Etat républicain : il n’y a pas de civisme sans patriotisme. Il a la sagesse de ne pas vouloir étendre à la terre entière les lois forcément bornées dans leur objet à la cité qu’on appelle aujourd’hui République.       <br />
              <br />
       Montesquieu méconnaît que la catégorie du politique est restreinte à un territoire particulier. Admirons au contraire les formulation de Robespierre refusant, en 1792, de déclarer la guerre aux puissances d’Ancien Régime, comme le voulaient les Girondins, et s’élevant contre les thèses interventionnistes d’Anacharsis Cloots : « Je n’aime pas les missionnaires bottés … Paris n’est pas la capitale du monde … ».       <br />
              <br />
       Si telle République interventionniste prétendait fonder un ordre européen ou mondial, on en a vu le résultat : hier, avec les guerres de la Révolution et de l’Empire, voire avec les guerres de colonisation, faites au nom de la « Civilisation » ; aujourd’hui les guerres préventives comme la guerre d’invasion de l’Irak en 2003, mais aussi en 1990-1991, avec la première guerre du Golfe.        <br />
              <br />
       Celle-ci, formellement a été approuvée par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 30 novembre 1990, moyennant un amendement au projet de résolution américain déposé par M. Chevarnadze, ministre des Affaires étrangères de l’URSS. Ce dernier obtint qu’à l’expression « autorise l’usage de la force » fut substituée une formulation plus douce : « autorise l’emploi des moyens nécessaires ». Cet amendement en disait long sur l’affaissement de l’URSS et de la bipolarité qui pendant quarante-cinq avait fondé l’équilibre du monde.        <br />
              <br />
       J’ai adressé ma lettre de démission le 7 décembre à François Mitterrand au lendemain du vote de cette résolution par le CSNU.  Je l’ai fait dans une complète solitude, par sentiment d’humanité certes, mais surtout, pour reprendre la terminologie de Rousseau, par patriotisme.       <br />
              <br />
       Par sentiment d’humanité d’abord : cette guerre aurait pu être évitée, mais elle avait été décidée dès le départ, le 2 août 1990, par M. Reagan et Mme Thatcher alors réunis dans le Colorado, au moment où Saddam Hussein envahissait le Koweit, croyant sans doute avoir obtenu de l’Ambassadrice américaine à Bagdad une sorte de « feu vert ». Roland Dumas raconte, dans une brochure publiée par l’Institut François Mitterrand en 2011, que François Mitterrand lui demanda, dès le 3 août 1990 au matin, si la France devait se joindre à cette guerre que M. Bush père lui avait annoncée la nuit même au téléphone. Toute la suite n’a été qu’un rideau de fumée, puisqu’une issue diplomatique avait été par avance exclue. J’ai vécu cela de l’intérieur, mais cela pouvait s’observer à travers l’orchestration des médias à l’échelle mondiale.       <br />
              <br />
       La proposition faite par le canal d’Evgueni Primakov par Saddam Hussein, fin octobre 1990, d’une évacuation du Koweit par les troupes irakiennes, moyennant leur remplacement par des troupes arabes (égyptiennes, séoudiennes, etc.) dite « solution arabe », n’a même pas été examinée par MM. Gorbatchev et François Mitterrand alors réunis à Fontainebleau ... de peur d’indisposer les Américains. Ceux-ci étaient résolus à positionner des forces terrestres au Moyen-Orient, région stratégique pour le contrôle du pétrole et du monde, afin de se passer désormais d’un gendarme régional (pacte de Bagdad en 1955, Chah d’Iran, après la chute de la monarchie irakienne en 1958, Saddam Hussein enfin, après l’arrivée au pouvoir de Khomeiny en Iran et l’affaire des otages américains en 1979-80). L’erreur des Etats-Unis a été de choisir pour ce pré-positionnement de leurs forces, le Royaume d’Arabie Séoudite, gardien des lieux saints de l’Islam.       <br />
              <br />
       Cette guerre fut enfin disproportionnée. Il s’agissait, en théorie, de « libérer le Koweit ». Mme Thatcher assena, à l’automne 1990, qu’il s’agissait de « briser les reins de l’Irak ». J’eus beau objecter à mon collègue américain, Dick Cheney, qui avait poussé la politesse jusqu’à me consulter, qu’en « brisant les reins » du principal régime laïc dans la région, les Etats-Unis et leurs alliés ouvriraient la voie au fondamentalisme islamique (je ne prévoyais pas encore Al Quaïda) et feraient de l’Iran la puissance dominante au Moyen-Orient. Rien n’y fit. Ce parti pris de modération appuyé sur l’idée d’un usage proportionné de la force parut sans doute à Dick Cheney un signe de faiblesse.       <br />
              <br />
              <br />
       J’en viens maintenant à l’essentiel de ma motivation qui était le patriotisme : en cautionnant la destruction de l’Irak, la France trahissait l’orientation que le général de Gaulle, depuis 1962, avait donnée à sa diplomatie vis-à-vis du monde arabe : reconnaissance du droit à l’autodétermination des peuples, à commencer par le peuple algérien auquel les accords d’Evian ouvrirent la voie de l’indépendance, refus, en 1967 ; d’entériner la colonisation par Israël des territoires palestiniens ; politique de coopération avec tous les pays de la région.       <br />
              <br />
       Dès la guerre du Golfe terminée, Roland Dumas, dans une interview retentissante donnée au « Monde », déclara qu’il n’y avait jamais eu de « politique arabe de la France. J’ai considéré au contraire, pour ma part, que le monde arabe, certes composé de nations distinctes, fonctionnait comme caisse de résonnance et comprendrait mal que la France, en emboîtant le pas aux Etats-Unis, cessât de faire entendre une voix indépendante. Or, celle-ci était et reste nécessaire pour qu’enfin fût reconnu le droit du peuple palestinien à un Etat, aux côtés d’Israël dont la sécurité serait ainsi mieux garantie que par la prolongation indéfinie d’un conflit qui peut conduire, un jour, à une nouvelle guerre mondiale.       <br />
              <br />
       Ainsi, je puis dire que mon principal moteur a été le patriotisme au sens rousseauiste du terme, évidemment opposé au nationalisme avec lequel certains veulent le confondre. Ma motivation n’était évidemment pas pacifiste, même si, ministre de la Défense, la paix était aussi mon souci. J’observe que Rousseau lui-même n’était pas pacifiste et cherchait à définir les conditions d’une guerre « légitime ».       <br />
              <br />
       Rousseau, en définissant ce qu’il appelle un « état de guerre », intermédiaire entre la guerre et la paix, nous fait voir la compétition permanente des Etats dont les relations changent par gradation. L’intérêt de la République française n ‘était pas, selon moi, de s’aligner sur les Etats-Unis dont la politique au Moyen-Orient obéit à des intérêts qui ne sont pas forcément les nôtres.        <br />
              <br />
       J’aimerais vous avoir convaincus, s’il en était besoin, que la géopolitique aussi a quelque chose à apprendre de Rousseau. Si la paix est préférable à la guerre, « l’état de guerre », c’est-à-dire la rivalité incessante des Puissances doit se gérer avec doigté. L’emploi de la force doit être proportionné à son objet qui est toujours politique. L’organisation qui n’est pas dite par hasard des Nations Unies (ONU) a fixé des règles pour cela. Ainsi, le « devoir », ou le « droit d’ingérence » est aujourd’hui rejeté par l’ONU, même si le CSNU admet dans certains cas « la responsabilité de protéger » une population exposée à une répression criminelle et potentiellement génocidaire de la part de son gouvernement. L’application qui a été faite de ce concept en Lybie l’a fortement dévalorisé, comme on le constate aujourd’hui en Syrie.       <br />
              <br />
       L’interprétation faite en Lybie, jusqu’au « changement de régime » (« régime change ») justifie aujourd’hui aux yeux de la Russie et de la Chine qu’on ne puisse utiliser « le droit de protéger » en Syrie.       <br />
              <br />
       Rousseau ne prohibait pas la guerre. Ce qui l’intéressait c’était à l’intérieur du droit de la guerre, la manière dont on peut la circonscrire et la réglementer, s’agissant notamment du traitement des prisonniers et de la protection des civils.        <br />
              <br />
       Nous pouvons, en nous inspirant de Rouseau, concevoir une diplomatie républicaine, à la fois respectueuse des souverainetés nationales et soucieuse d’instaurer une règle collective, visant à redonner tout son sens au concept de souveraineté. Celle-ci ne peut s’accomplir qu’au service du bien commun.       <br />
              <br />
       Rousseau nous enseigne ainsi la distance entre le réel et l’universel mais aussi la manière de nous en accommoder. Ce génial théoricien de la souveraineté rappelle aussi aux hommes qui savent le lire qu’ils ne sont pas des dieux.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.chevenement.fr/Rousseau-penseur-du-fondamental-eclairages-pour-une-republique-moderne_a1392.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4131550</guid>
   <title>"Il y a 2 prismes pour étudier le vote Front national: celui du rejet de l'immigration mais également le prisme social"</title>
   <pubDate>Thu, 26 Apr 2012 16:53:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité du 22h de Public Sénat, mercredi 25 avril 2012. Il répondait aux questions de Sonia Mabrouk.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="http://www.chevenement.fr/v/c7832f8672a0ba3ea1e8ce0940fd6bd21c1b151b" width="608" height="372">
<param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/c7832f8672a0ba3ea1e8ce0940fd6bd21c1b151b">
<param name="quality" value="high" />
</object >
     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>Il est possible que Libération ne soit pas tout à fait impartial. Mais Le Figaro l'est-il? Quant à l'Humanité, c'est le journal du Parti communiste. Dans une période électorale il faut se méfier de tout ce qui peut paraître excessif. Ceci dit, l'appellation « vrai travail » n'était pas vraiment heureuse. M. Sarkozy donne l'impression de zigzaguer, son combat est désespéré.       
       </li></ul><ul class="list"><li>La phrase de M.Sarkozy qu'on incrimine est : « Si Marine le Pen a le droit de présenter, c'est qu'elle est compatible avec la République ».  Il y a là une confusion totale. En République, tout le monde peut effectivement se présenter. Mais de là à déduire que les valeurs défendues par Mme Le Pen sont des valeurs républicaines...       
       </li></ul><ul class="list"><li>Mme Le Pen ne défend pas l'égalité qui est au cœur de la devise républicaine. Elle a le droit de se présenter mais les valeurs qu'elle porte ne sont pas républicaines.       
       </li></ul><ul class="list"><li>François Hollande s'adresse à tous les Français, y compris ceux du Front National. Il ne les exclue pas mais ne s’adresse pas spécifiquement à eux. La candidat UMP, lui, emploie des mots qui ont pour but de provoquer des réactions épidermiques.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il y a 2 prismes pour étudier le vote Front national : il y a celui du rejet de l'immigration mais il y a également le prisme social : chômage, délocalisations industrielles. Il y a beaucoup de gens qui votent FN pour manifester leur colère notamment contre l'absence de changement de politique.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>M. Sarkozy a manqué à toutes les promesses qu'il avait faites. Les gens ne sont pas idiots.       
       </li></ul><ul class="list"><li>François Hollande essaye de déconstruire des raisonnements faux : la question de l'immigration par exemple est avant tout celle de l'intégration.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai regardé la conférence de M. Hollande aujourd'hui. C'était une conférence de style présidentiel. Il a parlé en homme d’État. Il a posé à juste titre la question de la révision du traité européen, car derrière l'angoisse social il y a aussi le fait que cette politique continue à s'appliquer. Il y a une protestation et il faut l'écouter.        
       </li></ul><ul class="list"><li>La France jouerait mieux son rôle en Europe si elle se faisait l'avocate de pays comme l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Grèce qui nous sont proches et qui ont besoin qu'on ajoute des moteurs de croissance au traité européen. Il faut en convaincre l'Allemagne.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le mot croissance est employé par tout le monde, c'est qu'on veut noyer le poisson. Comme Monsieur Draghi, certains disent « croissance » mais pensent « réformes structurelles ».       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il est évidemment dans l'intérêt de l'Allemagne que la zone euro ne fasse pas naufrage. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4131550-6272649.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Il-y-a-2-prismes-pour-etudier-le-vote-Front-national-celui-du-rejet-de-l-immigration-mais-egalement-le-prisme-social_a1391.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4118121</guid>
   <title>Le 6 mai, le choix sera simple</title>
   <pubDate>Mon, 23 Apr 2012 01:25:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Dans un scrutin marqué par une forte participation, François Hollande arrive en tête. C’est la première fois depuis le début de la Vème république que le Président sortant se trouve distancé au premier tour.        <br />
              <br />
       La poussée de l’extrême droite exprime un besoin de protection mais aussi une exaspération vis-à-vis d’un Président de la République qui a désacralisé sa fonction et abaissé la France, aujourd’hui plongée dans la récession.       <br />
              <br />
       En prônant la révision du traité européen signé par M. Sarkozy et Mme Merkel le 2 mars dernier, François Hollande dessine une alternative à l’échelle de l’Europe.        <br />
              <br />
       Le 6 mai prochain, le choix sera simple :       <br />
       -	le redressement de l’Europe ou bien le déclin continué de la France ;       <br />
       -	la soumission aux marchés financiers ou la reprise du contrôle de la Finance ;       <br />
       -	la justice sociale ou l’aggravation des inégalités ;       <br />
       -	la reconstruction d’un Etat républicain impartial ou la poursuite de la dégradation des mœurs politiques.       <br />
              <br />
       Dans deux semaines, le rassemblement d’une forte majorité autour de François Hollande permettra d’entreprendre la refondation de la République à laquelle les Français aspirent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.chevenement.fr/Le-6-mai-le-choix-sera-simple_a1389.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4106319</guid>
   <title>Un nouveau renfort pour François Hollande: le FMI</title>
   <pubDate>Wed, 18 Apr 2012 16:34:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Les prévisions de croissance négatives du FMI dans la zone euro pour l’année 2012 (- 0,5 % sur le premier semestre, - 0,3 % sur l’ensemble de l’année), sont d’autant plus alarmants que la croissance mondiale est révisée à la hausse à + 3,5 %.       <br />
              <br />
       Il est urgent à la fois de revoir le traité européen signé le 2 mars dernier et la politique économique à court et moyen terme au sein de la zone euro : abaissement à 0,5 % du taux d’intérêt de la BCE, retour de l’euro à sa parité initiale avec le dollar (1,16), plan d’investissements financé par un emprunt européen, relance salariale dans les pays de l’Europe nordique.       <br />
              <br />
       L’Italie et l’Espagne, avec une croissance négative de – 1,9 % et – 1,8 % apparaissent comme deux maillons faibles de la zone euro d’autant plus exposés que leur taux d’emprunt à dix ans est remonté à environ 6 %.       <br />
              <br />
       Le mécanisme européen de solidarité est un pare-feu tout à fait insuffisant. Il faut d’urgence l’adosser à la Banque Centrale européenne si on veut éviter une nouvelle crise de l’euro.        <br />
              <br />
       Le fait que Nicolas Sarkozy lui-même ait proposé de revoir le rôle de la Banque centrale donne rétrospectivement raison à la proposition formulée par François Hollande, dans son discours du Bourget du 22 janvier dernier, de réviser le traité. Le changement de position de Nicolas Sarkozy ne fait que mieux ressortir la constance de François Hollande qui a su maintenir le cap qu’il s’était fixé. Pour la droite, les signes annonciateurs d’une débâcle sont dans l’air. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.chevenement.fr/Un-nouveau-renfort-pour-Francois-Hollande-le-FMI_a1388.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4102168</guid>
   <title>Nous voulons une autre Europe, solidaire et volontaire</title>
   <pubDate>Wed, 18 Apr 2012 10:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et Guillaume Bachelay parue dans le quotidien Libération, mercredi 18 avril 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chevenement.fr/photo/art/default/4102168-6225494.jpg" alt="Nous voulons une autre Europe, solidaire et volontaire" title="Nous voulons une autre Europe, solidaire et volontaire" />
     </div>
     <div>
      Nous représentons trois générations de militants et responsables de gauche. Trois générations aussi de républicains inquiets de l’Europe telle qu’elle va, ou plutôt telle qu’elle ne va pas.        <br />
              <br />
       En 2005, nous avons refusé le traité constitutionnel au nom d’une Europe plus offensive et moins naïve dans la mondialisation. Depuis, la réalité a hélas dépassé nos craintes. Elus de territoires industriels, nous vivons les effets de l'investissement timide, de la concurrence rigide, de la politique monétaire fautive, de la stratégie commerciale passive.        <br />
              <br />
       Pro-européens convaincus mais alter-européens résolus, nous voulons que l’Europe soit la puissance solidaire et volontaire qu'attendent les peuples. C’est pour que le changement en France rende possible le changement en Europe que nous nous engageons aux côtés de François Hollande.       <br />
              <br />
       En 2007, le candidat sortant avait promis de se battre pour une Europe qui protège. Ont suivi cinq ans de renoncements face à l’ultra-libéralisme et à l’hyper-austérité sur le continent. L’agenda social et les enjeux commerciaux n’ont pas été inscrits à l’ordre du jour de la présidence française de l’UE en 2008, pas plus qu’ils n’ont été abordés au G20 que M. Sarkozy présida en 2011.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les pactes « de compétitivité » et « pour l’euro plus », conçus par le président français et la chancelière Merkel, ont imposé le versant libéral du modèle allemand : pseudo-règles d'or dans les constitutions des Etats, désindexation des salaires sur les prix, retraite progressivement reculée à 67 ans, harmonisation de l’impôt sur les sociétés vers le moins-disant. En revanche, ont été ignorées des solutions, positives celles-là, éprouvées outre-Rhin tels que le financement des PME ou la formation des salariés.        <br />
              <br />
       Même approche pour le « Traité de stabilité » adopté à l’initiative des droites franco-allemandes : tout pour l'austérité, rien contre la récession et le chômage. Qu'elle étrangle le peuple grec ou asphyxie l’Espagne n’ébranle pas leur dogmatisme.        <br />
              <br />
       Face à cette panne d’Europe, l’élection de François Hollande est d’intérêt général européen.        <br />
       Parce que son projet vise à dépasser le Oui et le Non de 2005 sur la base d’une synthèse dynamique. Parce qu’il sait que sans relance de gauche, l’Europe libérale ne fera que renforcer les inégalités sociales et géographiques.       <br />
              <br />
       François Hollande renégociera et complètera l’accord européen pour combattre la crise et préparer l’après-crise. Dès son élection, il proposera à nos partenaires un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance : coordination des politiques économiques pour des projets d’infrastructures énergétiques, de transport et de santé ; fonds européen face aux marchés avec la Banque centrale européenne ; euro-obligations pour financer les grands chantiers et mutualiser une partie des dettes souveraines ; reprise en main du secteur bancaire ; réciprocité commerciale face au dumping ; politique du taux de change pour en finir avec l’euro cher qui plombe les entreprises européennes. Afin de relever ensemble ces défis, François Hollande proposera un traité d'amitié dans l'égalité entre la France et l’Allemagne. Cinquante ans après le texte de l'Elysée signé par De Gaulle et Adenauer, il symbolisera la nouvelle espérance européenne.       <br />
              <br />
       De son côté, le candidat sortant agite les peurs : « vous n’y arriverez pas ». Ce n’est pas parce qu’il a déserté la cause de l’Europe et échoué à changer la vie des Européens qu’il doit interdire à la gauche de vouloir réussir.        <br />
              <br />
       Au fond, ce qu'il dit importe peu. Déterminante, en revanche, est la mobilisation des citoyens – et d’abord à gauche – à l’heure où peuvent bouger les lignes et où la gauche européenne a tiré les leçons de l’expérience.        <br />
              <br />
       A la fin des années 1990, le libéralisme était triomphant. Aujourd'hui, les solutions régulatrices et interventionnistes sont portées à tous les échelons : par les socialistes français et leurs alliés, par le SPD allemand, par le Parti socialiste européen. A gauche en Europe, tous en conviennent : nous vivons une crise de système et non de conjoncture.        <br />
              <br />
       En 1997, rares étaient les dirigeants à considérer que l’Europe faisait fausse route. En 2012, alors qu’une nouvelle crise financière est possible et que l'Union compte 25 millions de chômeurs, la prise de conscience se généralise. Certes, face à l’urgence, les dirigeants européens ont accepté les conditions dictées par les conservateurs allemands pour tenter de juguler la spéculation. Les pays qui avaient le couteau sous la gorge n’ont guère eu le choix. Quant à M. Sarkozy, il les a acceptées sans ciller, commettant à nos yeux sa plus lourde faute. Si la réduction de l’endettement ne fait pas débat – il en va de la souveraineté du politique face aux marchés –, le consensus grandit pour admettre que l’austérité généralisée relève du suicide collectif et non du plan de sauvetage. La dette ou la diète n’est pas une alternative.       <br />
              <br />
       Pour s'enclencher, la réorientation européenne doit être portée par un pays et un responsable profondément attachés à la construction européenne. C’est le cas de la France, pays fondateur dont les choix furent souvent des avant-gardes. C’est le cas de François Hollande, militant inlassable de l’unité des Européens, qui sait que les révoltes doivent trouver un débouché politique dans les réformes. Changer d'Europe suppose d'être sérieusement à gauche et d’une gauche sérieuse.        <br />
              <br />
       Droite austéritaire ou gauche de croissance ? Le choix de l'élection présidentielle ne concerne pas 43 millions d’électeurs français, mais un demi-milliard de citoyens ou futurs citoyens en Europe. Une fois encore, pour une Europe de progrès, la France a rendez-vous avec l’Histoire.        <br />
              <br />
       -------       <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement</b>, président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC).       <br />
       <b>Arnaud Montebourg</b>, député PS de Saône-et-Loire.        <br />
       <b>Guillaume Bachelay</b>, vice-président PS de la Région Haute-Normandie.        <br />
              <br />
       Via <a class="link" href="http://www.liberation.fr/politiques/2012/04/17/nous-voulons-une-autre-europe-solidaire-et-volontaire_812385">Liberation</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4102168-6225494.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Nous-voulons-une-autre-Europe-solidaire-et-volontaire_a1387.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4085206</guid>
   <title>François Hollande, le discours d’un homme d’Etat républicain</title>
   <pubDate>Wed, 11 Apr 2012 15:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Discours de Jean-Pierre Chevènement au meeting de Besançon de François Hollande, mardi 10 avril 2012     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chevenement.fr/photo/art/default/4085206-6199089.jpg" alt="François Hollande, le discours d’un homme d’Etat républicain" title="François Hollande, le discours d’un homme d’Etat républicain" />
     </div>
     <div>
       <span style="font-style:italic">Seul le prononcé fait foi       <br />
       </span>       <br />
       J’ai souvent accompagné François Mitterrand en Franche Comté avant 1981, à Besançon et à Belfort bien sûr.       <br />
              <br />
       Franche Comté, terre pugnace, terre de labeur, terre d’inventivité. De ces qualités, François Mitterrand ne manquait pas. Mais elles ne font pas non plus défaut à François Hollande, à qui il a fallu beaucoup de volonté, beaucoup d’acharnement et beaucoup d’art aussi – je puis en témoigner – pour être en capacité de devenir le deuxième François de la Vème République. A une condition, c’est que vous vous mobilisiez et que vous ne perdiez pas un jour dans les onze qui nous séparent du premier tour, le 22 avril, pour convaincre les indécis que tout se joue là, entre les forces de l’Argent et l’invention démocratique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Nicolas Sarkozy daube souvent sur l’absence d’expérience de l’Etat notre candidat. Lui en revanche était ministre du budget en 1993 et ministre de l’Economie et des Finances en 2005. Il découvre aujourd’hui que les grands groupes du CAC 40 ne cotisent pas, ou si peu, à l’impôt sur les sociétés. Moins que les PME-PMI toutes ensembles ! Mais c’est là l’effet des exonérations qu’il a lui-même décidées. Il n’y a pas de quoi se vanter de son expérience ! Dois-je rappeler qu’Helmut Kohl n’avait aucune expérience avant d’être élu chancelier en 1982 ? Et il a été le second Chancelier de la réunification sept ans plus tard ! Obama avait été gouverneur de l’Arkansas. La Corrèze, terre de Présidents, vaut bien l’Arkansas !        <br />
              <br />
       En cette année qui est aussi celle du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau à Genève, non loin d’ici, la République est à la mode. Même M. Sarkozy s’y met. Il vante « le creuset républicain ». Il incite à « tenir bon sur le modèle républicain », car il y aura ainsi, dit il, « moins de risque de ségrégation et moins de risque d’éclatement de la société en groupes rivaux. » Mais de qui M. Sarkozy se moque-t-il ? A l’entendre, le grand danger qui menace la République ce serait l’immigration ! Je ne conteste pas qu’une immigration incontrôlée puisse poser problème. Mais l’immigration est-elle le problème central de la République ? La désindustrialisation de la France, les délocalisations industrielles, le chômage de masse, la crise des services publics, le pouvoir d’achat en berne pour ceux qui déjà gagnent le moins, l’explosion des inégalités, ne sont-ce pas là des problèmes autrement plus centraux ? Si la République a un défi à relever, c’est d’abord celui d’un capitalisme financier qui l’étrangle. L’ennemi, c’est la Finance ! Cet ennemi, en France, est-il vraiment sans visage ? Son visage ne ressemblerait-il pas à s’y méprendre à celui de M. Sarkozy ? « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. »        <br />
              <br />
       M. Sarkozy peut bien nous parler de République le temps d’une campagne électorale. C’est une République à temps très partiel. Une République du bout des lèvres. [Car pour flatter les communautarismes, M. Sarkozy s’y connaît ! Pour exacerber les différences et trouver des boucs émissaires, pour dresser les travailleurs contre les chômeurs, les salariés du privé contre les enseignants, M. Sarkozy n’a pas encore trouvé son maître. Accordons-lui sans rechigner le prix d’excellence ! Le prix d’excellence, non pas du républicanisme, mais de la démagogie !]       <br />
              <br />
       La question centrale est de savoir où on met le curseur de la République. Le grand enseignement de Rousseau est d’avoir montré qu’il ne peut y avoir de nation pleinement civique qu’à deux conditions : en rendant indissociables la liberté et l’égalité car sans l’égalité la liberté ne peut subsister, et d’autre part en faisant des citoyens : « La patrie ne peut subsister sans la liberté, ni la liberté sans la vertu, ni la vertu sans les citoyens. Sans cela vous n’avez que de méchants esclaves, à commencer par les chefs de l’Etat »1.       <br />
              <br />
       Sous ce double aspect, on a vu depuis cinq ans la République régresser : M. Sarkozy n’a pas seulement retiré des moyens à l’Ecole mais il a, beaucoup plus encore, méconnu son rôle de formation du citoyen, en voulant la gérer comme une entreprise, ambition « managériale » clairement affichée par son ministre de l’Education, M. Chatel, en oubliant qu’elle est avant tout une institution fondatrice de la République.        <br />
              <br />
       Et qui peut soutenir que sous le quinquennat de M. Sarkozy les inégalités n’ont pas augmenté et augmenteraient plus vite encore si son bail devait être reconduit et le traité qu’il a signé avec Mme Merkel, le 2 mars dernier, mis en œuvre ? Ce traité ne propose pas seulement de supprimer les déficits à l’horizon 2016, soit cinq points du PIB c’est-à-dire cent Milliards. Le traité va plus loin encore : il prévoit une clause de désendettement pour ramener, à l’horizon de vingt ans, le stock de la dette publique à 60 % du PIB, soit pour la France un effort supplémentaire de 1,5 point de PIB par an, soit encore trente Milliards d’euros. Ce médecin de Molière voudrait tuer le malade qu’il ne s’y prendrait pas autrement.       <br />
              <br />
       Je ne connais pas un économiste un peu sérieux qui ne s’inquiète du risque majeur qu’une cure d’austérité massive prolongée et simultanée dans dix-sept pays d’Europe ferait courir à nos économies. Déjà la récession frappe à la porte. L’Europe est la lanterne rouge de l’économie mondiale. Elle en deviendra durablement la mer des Sargasses. Avec le traité « Merkozy » ce serait le décrochement fatal pour la France, la certitude d’un déclassement sans retour. Ce traité a une logique : c’est de mettre à terre les États, et d’abord le nôtre, sans lequel la France n’existerait pas.       <br />
              <br />
       Ne resteraient en lice que les grands groupes industriels et financiers – d’ailleurs les industriels aujourd’hui se comportent en financiers. La puissance serait désormais privée et la puissance publique serait enfin désarmée. Foin de l’interventionnisme ! Voilà la stratégie du capital financier ! La France serait réduite à peu de choses, dans une Europe que dominerait, au sens propre, le « capitalisme rhénan ». Voilà la géopolitique implicite du projet « Merkozy ». Ce serait la France sans usines réduite au tourisme et à ses vignobles : Champagne et Château de Versailles, et bien sûr grands groupes du CAC 40 florissants mais à l’étranger seulement. Ce n’est pas un avenir pour notre jeunesse !       <br />
              <br />
       Les Français n’accepteront pas sans combattre ce destin en peau de chagrin. Le peuple n’acceptera pas cette dépossession démocratique supplémentaire qui lui ôterait la maîtrise de son budget, acte essentiel d’où le Parlement tire son origine et sa légitimité. M. Sarkozy, appuyé sur les marchés financiers, nous menace d’une situation à la grecque ou à l’espagnole si nous n’acceptons pas sa règle d’airain mais celle-ci nous y conduit tout droit !        <br />
              <br />
       Les Français ont mille raisons de voter François Hollande le 22 avril, mais d’abord celle-ci : François Hollande s’est engagé à réviser ce traité de mortification, et à vrai dire mortifère. Aidez-le, et, au-delà, faites passer le message à tous ceux qui seraient tentés de s’abstenir : demain, il serait trop tard ! Il faut doter l’Europe des moteurs de croissance indispensables : plan d’investissement financé par la BEI et par un emprunt européen dont on parle depuis 1994 sans l’avoir jamais mis en œuvre, taxation des flux financiers, contrôle public des banques, relance salariale dans les pays dont la compétitivité le permet. Politique de change ramenant le cours surévalué de l’euro qui écrase la compétitivité de nos entreprises à, pour le moins, son cours de lancement, adossement, enfin, du mécanisme européen de solidarité à la Banque Centrale européenne, car la crise de l’euro n’est malheureusement pas derrière nous : il suffit de regarder vers l’Espagne, l’Italie, ou même chez nous,  où l’écart des taux avec l’Allemagne n’a jamais été aussi élevé. La France a certainement un problème de compétitivité mais elle garde de puissants atouts : la qualité de son peuple, le modèle républicain à condition qu’il soit mis en mouvement, ses grands groupes, objet de la sollicitude de tous les gouvernements qui devront bien renvoyer l’ascenseur, une épargne abondante enfin. Certes, l’effort sera nécessaire, mais un effort équitablement partagé ! Et là, nous pouvons faire confiance à François Hollande qui a toujours tenu un discours de vérité.       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       S’agissant du traité européen qu’il a signé, M. Sarkozy nous dit : « mais la parole de la France est engagée ! » Elle est engagée par lui mais elle n’engage pas la France. Ce traité insensé pour notre pays et pour l’Europe, mais pas pour les maîtres de l’Argent, n’a pas été à ce jour ratifié, ni en France ni ailleurs. La parole est encore au peuple français.       <br />
              <br />
       Depuis quand d’ailleurs un traité ne pourrait-il pas être modifié ? M. Sarkozy a-t-il oublié que le général de Gaulle a subordonné la mise en œuvre du traité du Marché Commun à l’organisation d’une politique agricole commune en 1962 ? Il n’a pu oublier qu’en 1966, le général de Gaulle a imposé aux Etats-Unis la sortie de la France de l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, puisqu’il en a pris l’exact contrepied en 2008. Mais M. Sarkozy a-t-il jamais lu le général de Gaulle, médité sa pensée, compris son action ? C’est un homme pressé. Il n’a pas eu le temps de lire ! Ni la princesse de Clèves ni les Mémoires de guerre. M. Sarkozy se veut avant tout un homme pratique. C’est ainsi qu’on fait beaucoup de bêtises, en se dispensant de réfléchir. Car, soit dit en passant, quelle contrepartie la France a-t-elle retiré de sa réintégration des États-majors de l’OTAN ? A ma connaissance aucune, en matière de défense européenne par exemple, prétexte allégué, mais de lourds handicaps pour l’avenir, le doublement de notre contingent en Afghanistan, et le fameux bouclier antimissiles qui serait ruineux pour nos finances et pour notre autonomie, démobilisateur, et de surcroît percé. Le bel avantage !       <br />
              <br />
       M. Sarkozy veut nous mettre le couteau sous la gorge pour nous obliger à approuver une  mauvaise politique. Le peuple français ne se laissera pas intimider. Il choisira le changement raisonné qu’incarne François Hollande. Je cite celui-ci, dans son discours du 17 mars : « Ce traité européen signé par Nicolas Sarkozy est une illusion, mais c’est aussi un risque. Ce traité crée les conditions d’une crise économique durable, laquelle ne peut faire que resurgir les conditions qui ont fait naître la crise financière à laquelle ledit traité prétend remédier ».        <br />
              <br />
       [Notre candidat ajoute : « Ce n’est pas une improvisation électorale ». En effet, il n’est pas de ceux qui, pour remédier aux délocalisations industrielles, proposent la réunion d’une Assemblée Constituante… Les Francs Comtois sont des gens sérieux : ils voteront pour la gauche sérieuse ! Ils voteront pour François Hollande !]       <br />
              <br />
       *       <br />
              <br />
       M. Sarkozy, dans un dernier chantage, prétend qu’une France qui aurait élu François Hollande Président de la République serait, en Europe, une France isolée. C’est le contraire qui est vrai. Combien de fois dans son Histoire, la France en Europe n’a-t-elle pas donné l’élan !        <br />
              <br />
       Regardez au contraire la Sainte Alliance des gouvernements conservateurs : elle commence à se fissurer. M. Rajoy, le premier ministre espagnol, prend ses distances avec le traité qu’il a signé la veille, tout simplement parce que celui-ci fixe des objectifs inaccessibles, même pour un gouvernement réactionnaire. La France aura des alliés et pas seulement chez les progressistes. Les Etats-Unis eux-mêmes ne voient pas sans inquiétude l’Europe s’enfoncer dans la récession. Le secrétaire américain au Trésor, M. Timothy Geithner, était venu plaider, il y a quelques mois, une politique de la BCE plus accommodante, inspirée de celle que pratique la Réserve fédérale américaine. La croissance américaine avoisine ainsi les 2 % par an, ce qui est quand même mieux que zéro !       <br />
              <br />
       Même l’inflexible Mme Merkel peut être fléchie. Dans la meilleure hypothèse pour elle, elle se retrouvera en 2013 à la tête d’une grande coalition avec le SPD et les Verts. Or, ceux-ci ont sur le redressement de l’Europe des positions plus proches des nôtres.       <br />
              <br />
       Aussi bien l’intérêt de l’Allemagne n’est pas dans la politique du « cavalier seul », la recherche de la seule compétitivité vis-à-vis des grands pays émergents de l’Asie. L’Allemagne réalise 60 % de son excédent commercial, plus de 100 milliards, sur la zone euro. Le naufrage de celle-ci serait aussi le sien       <br />
              <br />
       Au-delà de l’économie, c’est la vieille tentation du « Sonderweg », du « chemin particulier » qu’il faut conjurer. Pour cela, appelons-en à la bonne Allemagne, celle de Thomas Mann qui préconisait une « Allemagne européenne » plutôt qu’une Europe allemande, aujourd’hui plus qu’hier encore, hors d’atteinte. C’est aussi ce que déclarait l’ancien Chancelier Helmut Schmidt, le 4 décembre dernier, devant le Congrès du SPD : « Nous, Allemands, n’avons pas réalisé seuls notre considérable performance de reconstruction des six dernières décennies. Celle-ci n’aurait pas été possible sans l’aide des puissances victorieuses de l’Ouest … Nous, Allemands, avons le devoir d’honorer la solidarité reçue, en étant solidaires avec nos voisins. L’Allemagne a un intérêt cardinal à ne pas s’isoler et à ne pas se laisser isoler. » Il ajoute : « L’Europe restera au XXIe siècle un assemblage d’États nations. Elle ne deviendra pas une fédération, mais elle doit devenir un groupement d’Etats qui se développe de façon dynamique. Il n’y a aucun précédent à cela et nous n’aurions pu l’imaginer en 1918 ou en 1945. »       <br />
              <br />
       C’est, si je l’ai bien compris, ce que nous dit aussi François Hollande quand il parle de « l’amitié dans l’égalité » entre la France et l’Allemagne. Il y a là une vraie vision d’homme d’Etat : celle d’une Europe des peuples, fidèle à Rousseau aussi bien qu’à Jaurès, où les souverainetés populaires, éclairées par la raison et par les leçons de l’Histoire, se donneraient la main pour construire, pour l’Europe, un meilleur avenir.       <br />
              <br />
       François Hollande, dans son discours du Bourget, nous a parlé de l’intérêt général, il nous parle de la France et de sa volonté de prolonger son Histoire. Il entend « préserver l’Etat et son intégrité face aux puissances d’argent, face aux clientèles, face aux communautarismes ».  « Présider la République, nous dit-il, c’est refuser que tout procède d’un seul homme, d’un seul raisonnement, d’un seul parti qui risque de devenir un clan ». C’est là le discours d’un homme d’Etat républicain.       <br />
              <br />
       François Hollande a besoin de toutes les sensibilités de la gauche, celles qui ont voté oui et celles qui ont voté non à Maastricht, et en 2005. Et j’en parle en connaissance de cause, puisque le Mouvement des Citoyens s’est constitué il y a vingt ans sur le refus de Maastricht.       <br />
              <br />
       François Hollande a besoin de toutes les forces de la France pour relever les défis qui sont devant elle. Il en a les capacités : l’intelligence, l’habileté, la volonté.       <br />
              <br />
       Ne gâchons donc pas les onze jours qui restent avant le premier tour : Mobilisons-nous et mobilisons autour de nous pour faire élire, le 22 avril et le 6 mai prochains, François Hollande Président de la République, pour que vive la République et que vive la France !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4085206-6199089.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Francois-Hollande-le-discours-d-un-homme-d-Etat-republicain_a1386.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4084849</guid>
   <title>Avec Raymond Aubrac, disparaît la dernière grande figure d’une Résistance héroïque</title>
   <pubDate>Wed, 11 Apr 2012 14:18:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Raymond Aubrac, depuis plus de trente ans, était devenu pour moi un ami. Je n’oublierai jamais la confidence qu’il m’a faite lors de l’un de nos derniers entretiens : « L’exigence des jeunes est le reflet exact du niveau d’ambition de la nation ».     <div>
      Avec Raymond Aubrac, disparaît la dernière grande figure d’une Résistance héroïque, grâce à laquelle le fil de notre Histoire ne s’est pas rompu. Raymond Aubrac, Lucie sa femme, Serge Ravanel et quelques autres ont sauvé pour nous, derrière bien sûr la grande figure tutélaire du général de Gaulle et de ses compagnons de la France Libre, la fierté d’être Français. Ma première pensée va à ses enfants et petits-enfants.        <br />
              <br />
       Il me paraît juste de rappeler qu’à côté du patriotisme, l’engagement politique de Raymond Aubrac a été aussi pour quelque chose dans son choix de la Résistance.       <br />
              <br />
       Raymond Aubrac, depuis plus de trente ans, était devenu pour moi un ami. Je n’oublierai jamais la confidence qu’il m’a faite lors de l’un de nos derniers entretiens : « L’exigence des jeunes est le reflet exact du niveau d’ambition de la nation ».       <br />
              <br />
       Elle vaut rappel pour nous tous : soyons ambitieux pour la France : ce sera la meilleure manière de rendre durablement hommage à Raymond Aubrac.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.chevenement.fr/Avec-Raymond-Aubrac-disparait-la-derniere-grande-figure-d-une-Resistance-heroique_a1385.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4082686</guid>
   <title>Hollande a "une vraie vision d'homme d'Etat" (Chevènement, MRC)</title>
   <pubDate>Tue, 10 Apr 2012 20:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, mardi 10 avril 2012, 20h02.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chevenement.fr/photo/art/default/4082686-6195543.jpg" alt="Hollande a "une vraie vision d'homme d'Etat" (Chevènement, MRC)" title="Hollande a "une vraie vision d'homme d'Etat" (Chevènement, MRC)" />
     </div>
     <div>
      Le président d'honneur du MRC Jean-Pierre Chevènement a salué mardi à Besançon en François Hollande un candidat ayant &quot;une vraie vision d'homme d'Etat&quot;, soulignant son engagement à &quot;réviser le traité mortifère&quot; européen sur les disciplines budgétaires.       <br />
              <br />
       François Hollande peut être &quot;le deuxième François de la Ve République&quot;, a déclaré le sénateur du Doubs lors d'un meeting de campagne parlant juste avant le candidat PS.       <br />
              <br />
       &quot;Le traité Merkozy a une logique, c'est de mettre à terre les Etats&quot;, a dénoncé l'ancien ministre PS jugeant qu'avec lui &quot;la puissance serait désormais privée et la puissance publique serait désarmée&quot;. &quot;Ce médecin de Molière voudrait tuer le malade qu'il ne s'y prendrait pas autrement&quot;, a-t-il lancé.       <br />
              <br />
       &quot;Les Français n'accepteront pas sans combattre ce destin en peau de chagrin (...) François Hollande s'est engagé à réviser ce traité mortifère, aidez-le et faites passer le message&quot;, a-t-il lancé, saluant &quot;le discours de vérité&quot; du candidat socialiste.       <br />
              <br />
       François Hollande a &quot;une vraie vision d'homme d'Etat, celle d'une Europe des peuples&quot;. &quot;Il a besoin de toutes les forces de la France&quot; pour être élu, &quot;il a en la capacité, l'intelligence, l'habileté, la volonté&quot;, a aussi déclaré l'ancien partisan du non à Maastricht, qui s'était retiré de la course à l'Elysée le 1er février pour rallier le 13 mars M. Hollande
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4082686-6195543.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Hollande-a-une-vraie-vision-d-homme-d-Etat-Chevenement-MRC_a1384.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4070030</guid>
   <title>Un peu court comme programme présidentiel!</title>
   <pubDate>Thu, 05 Apr 2012 20:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Pierre Chevenement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Carnet de Jean-Pierre Chevènement]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      L’avancement de huit jours du versement des pensions de retraites annoncé par Nicolas Sarkozy, c’est un peu court comme programme présidentiel !       <br />
              <br />
       Pour l’essentiel, Nicolas Sarkozy, appuyé sur les marchés financiers, somme le citoyen d’accepter, le pistolet sur la tempe, d’être mis au pain sec pour les cinq prochaines années, sans le moindre relâchement, à peine de sombrer dans une situation à la grecque ou à l’espagnole.       <br />
              <br />
       Face au spectre de la faille agité par Nicolas Sarkozy, la gauche a trouvé une réponse : c’est la force tranquille et rassurante qu’incarne François Hollande.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.chevenement.fr/Un-peu-court-comme-programme-presidentiel_a1383.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4065026</guid>
   <title>"Le point fondamental pour moi est la volonté de François Hollande de réviser le traité européen désastreux qui a été signé le 2 mars dernier"</title>
   <pubDate>Wed, 04 Apr 2012 15:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Radio Hollande, mardi 3 avril 2012. Le podcast de l'émission est disponible ci-dessous.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chevenement.fr/photo/art/default/4065026-6167936.jpg" alt=""Le point fondamental pour moi est la volonté de François Hollande de réviser le traité européen désastreux qui a été signé le 2 mars dernier"" title=""Le point fondamental pour moi est la volonté de François Hollande de réviser le traité européen désastreux qui a été signé le 2 mars dernier"" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>Je sais que la tâche est extrêmement difficile pour François Hollande et je lui sais gré de l'aborder sans démagogie, en disant ce qu'il est possible de faire. Qu'on n'attende pas de moi un soutien qui le tirerait là où il ne veut pas aller.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ce qui m'a poussé à le soutenir ce sont ses valeurs, ses propositions qui, sur beaucoup de sujets, rejoignent les miennes </li></ul>[...] Tout comme lui, je suis partisan de changer les règles de la monnaie unique.       <br />
       <ul class="list"><li>Il faut récréer un rapport de confiance entre la France et l'Allemagne. Il y a beaucoup de non-dit et des divergences certaines. Par exemple : l'utilisation de la BCE pour financer la dette des États. L’Allemagne défend la responsabilité des États. A moyen terme, certains ont une vision égoïste et il me semble que c'est aujourd'hui le cas du gouvernement allemand.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Le point fondamental pour moi est la volonté de François Hollande de réviser le traité européen désastreux, scélérat qui a été signé le 2 mars dernier. C'est un traité d'austérité à perpétuité, de mortification.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>26 pays se sont engagés à réduire leur déficit à zéro. Pour la France, cela représenterait un effort de 4,7 points de PIB. A cela doit s'ajouter un désendettement sur 20 ans pour ramener à 60%  du PIB la dette de la France. Cela signifie que chaque année, nous devrions économiser entre 110 et 120 milliards d'euros.       
       </li></ul><ul class="list"><li>On fait cela dans tous les pays à la fois. C'est aberrant. C'est une politique qui conduit dans le mur, c'est une évidence.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il me semble qu'on doit pouvoir s'endetter pour investir. La grande erreur consiste à confondre la dette de fonctionnement, qui est mauvaise, et la dette d'investissement, qui est rentable.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faudrait autoriser les particuliers à souscrire des titres de dette publique, ce qui n'est pas autorisé en France à l'heure actuelle. L'épargne française est très élevée. Beaucoup de gens préféreraient acheter des bons du trésor à 3 ou 4% plutôt que de confier leurs économies à des banques qui spéculent.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut mettre de la viscosité dans le système financier (…) Ce système totalement dérégulé avec des mouvements gigantesques, c'est le triomphe de l'imbécillité.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'ai voté contre le traité de Maastricht car je l'ai lu !       
       </li></ul><ul class="list"><li>La relance salariale peut être un moteur de croissance pour les pays qui en ont les moyens. L'Allemagne est évidemment parmi ceux là.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de l’interpellation d'islamistes</span> : Pourquoi maintenant? Pourquoi pas plus tôt s'il y avait tant d'armes? D'une certaine manière, mon raisonnement s'applique également à Mohamed Merah.       
       </li></ul><ul class="list"><li>J'observe que la plupart des procédures judiciaires ont été lancées fin février, début mars. Elles auraient pu être lancées plus tôt.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense que dans la lutte contre le terrorisme, il ne faut pas politiser. Je pense que, comme l'a dit François Hollande, nous devons tous être unis, au coude à coude pour lutter contre le terrorisme.       
       </li></ul><ul class="list"><li>En tant que républicains, nous ne devons pas faire d'amalgames. Il y a des gens qui se radicalisent, nous en avons eu de « bien de chez nous ». Il faut étudier ce phénomène de radicalisation de près mais pour combattre cela, il n'y a qu'un seul programme : celui d'une République en action dans tous les domaines.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut mettre des moyens au service de l’École mais également avoir une exigence en matière éducative. Il faut remettre de l'éducation civique au sens large.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ne suis pas pour la judiciarisation de l'espace public. La multiplication des procédures judiciaires finit par empêcher l'expression de la pensée libre en laquelle je crois. Je pense que quand on est sûr d'une cause, on est capable d'argumenter pour la défendre, on n'a pas besoin de faire appel à la justice.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il est fondamental que la démocratie vive du choc des opinions et qu'on ne soit pas terrorisé à l'idée que tel groupe nous attaque parce qu'on aurait émis une position contraire au politiquement correct. Ce que je crains, c'est l'idéologie dominante et qui, comme Marx le disait, est toujours l'idéologie des classes dominantes.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4065026-6167936.jpg</photo:imgsrc>
 	<enclosure url="http://www.chevenement.fr/podcast/VmYGZw48UmdUYAQ3.mp3" length="57666245" type="audio/mpeg" />
 	<itunes:explicit>no</itunes:explicit>
 	<itunes:subtitle><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Radio Hollande, mardi 3 avril 2012. Le podcast de l'émission est disponible ci-dessous.]]></itunes:subtitle>
 	<itunes:summary><![CDATA[Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Radio Hollande, mardi 3 avril 2012. Le podcast de l'émission est disponible ci-dessous.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Chevenement.fr</itunes:author>
   <link>http://www.chevenement.fr/Le-point-fondamental-pour-moi-est-la-volonte-de-Francois-Hollande-de-reviser-le-traite-europeen-desastreux-qui-a-ete_a1381.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4065255</guid>
   <title>"La lutte contre le terrorisme et toutes les insécurités est une tâche républicaine et donc une œuvre collective"</title>
   <pubDate>Wed, 04 Apr 2012 11:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement au journal l'Hemicycle, mercredi 4 avril 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chevenement.fr/photo/art/default/4065255-6168236.jpg" alt=""La lutte contre le terrorisme et toutes les insécurités est une tâche républicaine et donc une œuvre collective"" title=""La lutte contre le terrorisme et toutes les insécurités est une tâche républicaine et donc une œuvre collective"" />
     </div>
     <div>
      <b>Est-il légitime que la lutte contre le terrorisme devienne un sujet de campagne ? Ou avez-vous noté une forme d’instrumentalisation?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement :</b> La lutte contre le terrorisme rassemble et doit rassembler tous les Français. Les gouvernements successifs, qu’ils soient de gauche ou de droite ont tour à tour participé  à la lutte contre le terrorisme, qu’il soit d’origine moyen-orientale, GIA, djihadiste, ou tout simplement d’origine corse, basque, ou le fait de terroristes bien de chez nous, comme ceux d’Action Directe.       <br />
              <br />
       Je ne sache pas que les gouvernements de gauche aient été moins efficaces pour déjouer le terrorisme du GIA ou de type djihadiste. Après les attentats du métro et du RER en 1995-96, j’étais, en tant que ministre de l’Intérieur depuis juin 1997, naturellement plus inquiet de ce côté-là. A la veille de la coupe du monde de football en juin 1998, l’explosion d’une petite bonbonne dans le XIXème arrondissement m’avait alarmé. En coopération étroite avec les magistrats antiterroristes et particulièrement le juge Bruguière, nous avons été amenés à susciter simultanément des coups de filet dans cinq pays voisins d’où provenaient des indices inquiétants. Ce « coup de pied dans la fourmilière » a été utile car dissuasif. Il n’y a pas eu d’attentats pendant la coupe du monde de football. Une bonne coopération des services de renseignement et d’enquête et des magistrats antiterroristes est la clé d’une politique efficace contre le terrorisme.        <br />
              <br />
       De 1997 à 2002, la gauche non seulement n’a pas remis en cause le dispositif de la lutte antiterroriste mais a amélioré les synergies nécessaires. J’ai eu à faire face à d’autres terrorismes, celui qui a frappé lâchement le Préfet Erignac. Seize mois plus tard, six des sept membres du commando d’assassins étaient sous les verrous et désignaient celui qui avait été l’exécuteur. La lutte contre le terrorisme basque a été aussi l’œuvre partagée de la gauche et de la droite. L’ETA aujourd’hui a déposé les armes. Il n’y a donc pas lieu d’instrumenter la lutte contre le terrorisme à des fins électorales. C’est une tâche républicaine et par conséquent une œuvre collective.       <br />
       Il n’y a pas, en la matière, une politique de gauche et une politique de droite. Il y a le travail opiniâtre de la police, de la gendarmerie et de la justice. Le gouvernement doit leur en fournir les moyens et les soutenir moralement et politiquement dans leur action. La tentative de l’instrumentalisation existe. Les Français sont assez intelligents pour le remarquer quand cela se produit. Ce sera contre-productif pour le candidat qui s’abandonnerait à cette tentation. François Hollande a eu, quant à lui, l’intelligence de prôner l’union et le rassemblement. Il ne s’est livré à aucune polémique. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Quelles sont les failles de la panoplie française ? Comment les corriger ?</b>       <br />
        M. Juppé a employé le mot « faille ». Mais elle n’est pas, si elle existe, dans la « panoplie ». Ce sont toujours les moyens humains qui manquent le plus. La difficulté pour la police comme pour le gouvernement est de comprendre assez tôt le phénomène de la radicalisation et du passage à des actes aussi barbares. Le vrai remède est dans l’esprit républicain de la population dans son ensemble et dans la lutte quotidienne pour que le mot « République » garde son sens. Le civisme implique notamment la responsabilité des parents à l’égard de leur progéniture et la  lutte contre l’« omerta ». Facteur essentiel. Que ce soit en Corse, aux Pays basque ou dans les quartiers, l’amour et le respect de la loi républicaine doivent passer avant les solidarités familiales, claniques ou communautaristes.       <br />
       <b>       <br />
              <br />
       Les services de renseignement sont-ils adaptés aux nouvelles menaces ?</b>       <br />
       Pour la prévention, c’est le renseignement d’origine humaine qui est le plus précieux. Cela dit, le travail technique (à partir des portables par exemple) est indispensable pour les enquêteurs et pour l’efficacité de la répression. Les fichiers, quand ils sont bien tenus, y contribuent aussi. Ce ne semble pas avoir été le cas en ce qui concerne Mohamed Merah.       <br />
       <b>       <br />
              <br />
       Comment lutter contre la propagation des dérives islamistes en prison ?</b>       <br />
       Le surpeuplement des prisons favorise la propagation des dérives. Il y a un immense effort à faire pour permettre la réinsertion quand elle est possible. Cela implique un investissement matériel et humain considérable sur les prisons.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Est-il vain de vouloir mieux contrôler internet ?</b>       <br />
       Non, mais la surveillance d’Internet ne doit pas menacer les libertés individuelles, et d’abord celle de communiquer. Nicolas Sarkozy n’a pas l’air de s’apercevoir qu’il est très difficile de pénaliser l’usage d’Internet. Cela dit, la surveillance des sites djihadistes doit s’exercer avec vigilance … Un peu d’intelligence ne nuit pas.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>De manière plus globale, en matière de sécurité, le temps de la « naïveté », selon l’expression de Lionel Jospin en 2002, est-il vraiment révolu ?</b>       <br />
       Il y a, à gauche, une sensibilité républicaine, fortement ancrée chez les élus, et une sensibilité compassionnelle souvent portée par les militants associatifs davantage sensibles aux causes sociales de la délinquance. François Hollande appartient sans conteste à la première culture, celle qui met l’accent sur la responsabilité individuelle : il y a des pauvres qui sont honnêtes et des riches malhonnêtes. La délinquance frappe d’abord les plus démunis. Il fera – j’en suis sûr – passer la fermeté avant « la culture de l’excuse », parce qu’il est conscient que seule la fermeté est dissuasive. Quant à Lionel Jospin,  il n’est pas juste d’instruire à son égard un procès en « naïveté ». Lui n’était pas naïf, même si certains de ses ministres l’étaient. Son questionnement ne s’adressait pas à lui-même.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Pourquoi les Français créditent-ils la droite plus que la gauche d’être efficace dans la lutte contre la délinquance ? Un consensus est-il possible ?</b>       <br />
       Les sondages donnent des réponses contradictoires. Pour ma part, je reste persuadé que Nicolas Sarkozy a commis une grave faute quand il a prématurément enterré, en février 2003, la police de proximité que j’avais commencé à mettre en place trois ans auparavant. La preuve est que la droite elle-même y est revenue dans certains quartiers sous des appellations destinées à donner le change : « unités territoriales de quartier », « patrouilleurs », etc. Peut-on dire que l’ordre républicain est revenu dans les quartiers sensibles que Nicolas Sarkozy voulait « passer au karcher » ? Trop d’agitation nuit. La police est, avant tout, affaire de présence, de patience et de persévérance. L’élection de François Hollande aura un effet pacifiant sur la société française. Elle fera baisser les tensions. En recréant la confiance et l’amitié entre les citoyens, elle contribuera à asseoir sur des bases saines une politique de sécurité publique qui devrait faire consensus entre la gauche et la droite, pour peu que celle-ci veuille bien comprendre que derrière les problèmes de sécurité, il y a toujours un problème d’éducation. Les « sauvageons » - le terme désigne, en vieux français, des arbres non greffés – ont d’abord besoin d’être redressés. Ce sera une œuvre collective, celle de la République en action.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Eric Mandonnet</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4065255-6168236.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/La-lutte-contre-le-terrorisme-et-toutes-les-insecurites-est-une-tache-republicaine-et-donc-une-oeuvre-collective_a1382.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4053404</guid>
   <title>Coup de filet dans les milieux islamistes radicaux : "instrumentalisation" (Chevènement)</title>
   <pubDate>Sat, 31 Mar 2012 08:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dépêche AFP, vendredi 30 mars 2012, 22h24.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chevenement.fr/photo/art/default/4053404-6149510.jpg" alt="Coup de filet dans les milieux islamistes radicaux : "instrumentalisation" (Chevènement)" title="Coup de filet dans les milieux islamistes radicaux : "instrumentalisation" (Chevènement)" />
     </div>
     <div>
      L'ancien ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement a demandé, vendredi dans une déclaration à l'AFP, pourquoi le coup de filet dans les milieux islamistes radicaux avait eu lieu &quot;à la veille de l'élection présidentielle&quot;, y voyant &quot;une forme d'instrumentalisation&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;On se demande si les interpellations de membres du groupe islamiste radical Forsane Alizza, qui ont permis aujourd'hui 30 mars la saisie d'armes de guerre à leur domicile, n'ont pas eu lieu plus tôt&quot;, a souligné le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) et sénateur du Territoire-de-Belfort, qui soutient le candidat socialiste François Hollande à l'élection présidentielle.       <br />
              <br />
       &quot;J'entends que les juges anti-terroristes n'ont ordonné une information judiciaire qu'au début de ce mois. Et pourquoi pas avant, compte tenu de l'étroite coopération qui les unit aux services de renseignement relevant du ministère de l'Intérieur&quot;, a fait valoir M. Chevènement. &quot;Fallait-il attendre la veille de l'élection présidentielle? N'y a-t-il pas là une forme d'instrumentalisation?&quot;, a-t-il conclu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4053404-6149510.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Coup-de-filet-dans-les-milieux-islamistes-radicaux-instrumentalisation-Chevenement_a1380.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4034188</guid>
   <title>"Seul le message de la République permettra de remonter le courant"</title>
   <pubDate>Sun, 25 Mar 2012 10:38:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Parisien, dimanche 25 mars 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chevenement.fr/photo/art/default/4034188-6120586.jpg" alt=""Seul le message de la République permettra de remonter le courant"" title=""Seul le message de la République permettra de remonter le courant"" />
     </div>
     <div>
      Ancien ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin, Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort et président du MRC, soutient François Hollande pour la présidentielle. Il livre son analyse sur la séquence dramatique de Montauban et de Toulouse.       <br />
              <br />
       <b>Les tueries de Toulouse et de Montauban auraient-elles pu être évitées ?       <br />
       Jean-Pierre Chevènement.</b> Il y a toujours, comme l’a dit M. Juppé, l’hypothèse d’une faille. Mais en même temps, il est très difficile de prévenir les crimes d’un forcené. On peut seulement observer que celui-ci, ayant fait deux voyages au Pakistan et en Afghanistan, était fiché par la DCRI. Il est certain que l’alibi touristique fourni par Merah aux policiers de la DCRI ne tenait guère la route. Contrairement à ce que dit Bernard Squarcini, on aurait pu mieux situer Merah dans son environnement familial et social. Cela exigera à l’avenir que l’on donne à la DCRI plus de moyens humains et que son action soit mieux orientée vers les filières jihadistes, comme je l’avais demandé il y a plus de dix ans. On peut s’interroger aussi sur le délai qui sépare l’apparition des premiers indices et le moment où la police est intervenue.       <br />
              <br />
       <b>Croyez-vous à une dérive individuelle de ce jeune ?</b>       <br />
       Pas vraiment. Ces voyages au Pakistan et en Afghanistan ne s’organisent pas facilement. Ces armes, il fallait bien les acheter. La thèse du jeune loup solitaire me laisse dubitatif. Elle est même dangereuse car elle ne correspond vraisemblablement pas à la réalité. La DCRI devrait changer ses « radars ».       <br />
              <br />
       <b>Pensez-vous qu’une organisation terroriste puisse être derrière ces tueries ?</b>       <br />
       C’est une hypothèse assez probable. Il y a certainement sur le territoire national des cellules dormantes. Elles sont franchisées, elles se créent d’elles-mêmes. Pour les démasquer, encore faut-il avoir des moyens d’investigation et de suivi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Pour François Fillon, il n’y avait « aucun élément permettant d’appréhender Mohamed Merah ». Etes-vous d’accord ?</b>       <br />
       Ce n’est pas ce qui correspond aux déclarations du procureur de la République qui donne des dates précises sur le parcours de Merah. Il semble bien qu’il était possible d’agir plus vite contre lui. Autant il y a des zones d’ombre sur le travail de la DCRI, autant je n’incrimine absolument pas le Raid qui a été placé devant une situation extrêmement difficile. Il faut rendre hommage à ces policiers. Evidemment, il eût été préférable que le tueur soit attrapé vivant, comme Nicolas Sarkozy en avait donné la consigne. Nous en saurions plus sur le risque d’attentats analogues.       <br />
              <br />
       <b>Certaines voix à gauche, comme celle de Julien Dray, ont parlé de « show hollywoodien »…</b>       <br />
       Je ne suis pas d’accord. Dans son appartement, Merah ne donnait plus signe de vie. Il était donc légitime que les policiers aient voulu en savoir plus. Merah a fait irruption en tenant deux armes à la main. La police s’est trouvée dans une situation qui était clairement celle de la légitime défense. Je ne joins pas ma voix à ceux qui critiquent l’exécution. L’exécution est toujours difficile. S’il y a une faille, elle est dans la conception.       <br />
              <br />
       <b>Y a-t-il un risque que cette exécution retransmise en direct ait des conséquences, notamment en banlieue ?</b>       <br />
       Non. L’immense majorité des jeunes qui aspirent à réussir leur vie ne peut pas trouver un exemple dans ce tueur sanguinaire qui filmait l’horreur. C’est un personnage qui représente une forme de dérive désespérée qui fait mal au cœur. Je ne dis pas qu’il n’y ait pas dans certains quartiers un endoctrinement jihadiste ou la tentative de constituer des filières. Il y a longtemps que j’ai pointé ce risque, qui était d’origine GIA, il y a une quinzaine d’années, et qui a glissé vers le jihadisme en connexion avec des camps d’entraînement des talibans dans les zones tribales du Pakistan, là où Merah a reçu son entraînement. Mais cela ne concerne qu’une infime minorité de personnes. C’est justement le travail de la DCRI de les repérer.       <br />
              <br />
       <b>Que faut-il faire pour éviter toute propagation ?</b>       <br />
       La seule manière d’agir, c’est de reconquérir ces territoires difficiles. Tous les moyens d’ordre public sont nécessaires mais ne sont pas suffisants : on ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne. Donc chaque citoyen doit respecter et faire respecter la loi républicaine. Evidemment, pour organiser cette reconquête, il faut remédier à la crise de la démocratie en faisant reculer les inégalités, le chômage de masse, etc. Seuls le message et l’action de la République permettront de remonter le courant. François Hollande l’a très bien dit : c’est le patriotisme qui en faisant aimer la France la fera reconnaître par tous ses enfants.       <br />
              <br />
       <b>Les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy vont-elles dans le bon sens ?</b>       <br />
       Une seule me paraît digne d’être retenue : celle d’une réflexion approfondie sur la propagation des dérives jihadistes en milieu carcéral. Il y a très longtemps que Nicolas Sarkozy aurait dû la mettre en pratique. Mais pour le reste, ses propositions sont vagues, floues et potentiellement dangereuses. Des délits pénaux pour réprimer l’apologie d’idéologies extrémistes ? Mais le Code pénal contient déjà tout ce qu’il faut pour réprimer cela. Punir pénalement les personnes qui consultent des sites Internet d’extrémistes ? Cela exigerait des moyens hors de portée si on ne veut pas porter atteinte à des libertés fondamentales. Ces mesures sont inappropriées et inefficaces. Nicolas Sarkozy croit toujours régler les problèmes en renforçant l’arsenal légis-latif. Sa politique sécuritaire est un cimetière de textes, qui, les statistiques le montrent, n’ont pas fait reculer les violences contre les personnes, bien au contraire!       <br />
              <br />
       <b>Ces derniers jours, François Hollande s’est-il comporté en chef d’Etat ?</b>       <br />
       Oui, il a manifesté beaucoup de sang-froid, de maîtrise. Il a parlé avec la hauteur de vue, la retenue qui convenait à un chef d’Etat. Il a montré les qualités d’intelligence et de retenue dans l’expression qui doivent caractériser un président de la République.       <br />
              <br />
       <b>Ses adversaires parlent de mollesse face à l’insécurité…</b>       <br />
       François Hollande est un humaniste mais ne peut pas être rangé dans le camp des laxistes. Face à la délinquance, il est partisan de la fermeté. C’est un républicain d’ordre. Il est convaincu que la République est un régime de droit mais pas de faiblesse. C’est exactement ce que je pense depuis toujours. Le procès que ses adversaires lui font pour des raisons électoralistes est injuste. Sur ces questions, depuis des années, il ne tient pas un discours de mollesse. J’en ai été le témoin. Il était premier secrétaire du Parti socialiste quand j’étais ministre de l’Intérieur : François Hollande n’était pas parmi ceux qui me critiquaient sans mesure. Il n’a jamais été parmi ceux qui, voulant faire l’ange, font plus souvent la bête.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Éric Hacquemand</span>       <br />
              <br />
       Source: <a class="link" href="http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/l-invite-du-dimanchejean-pierre-chevenement-president-d-honneur-du-mouvement-republicain-et-citoyen-mrc-25-03-2012-1922326.php">LeParisien.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4034188-6120586.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Seul-le-message-de-la-Republique-permettra-de-remonter-le-courant_a1379.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chevenement.fr,2012:rss-4027189</guid>
   <title>"Les Français retiendront que François Hollande est un homme de sang froid"</title>
   <pubDate>Thu, 22 Mar 2012 16:15:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Chevenement.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Agenda et médias]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Pierre Chevènement était l'invité du Talk Orange-Le Figaro, jeudi 22 mars 2012. Il répondait aux questions de Carl Meeus     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="http://www.chevenement.fr/v/c96f2f5011f6af78c1496f6ef98be450ecd2bff1" width="608" height="372">
<param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/c96f2f5011f6af78c1496f6ef98be450ecd2bff1">
<param name="quality" value="high" />
</object >
     </div>
     <div>
      <ul class="list"><li>François Hollande a lancé un appel à la responsabilité et M. Copé dans Le Figaro le stigmatise. Nicolas Sarkozy joue au Président de la République et pendant ce temps là, ses hommes de main ont la permission de courir sus. C'est inadmissible.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je pense aux policiers qui ont accompli une tâche difficile, dangereuse. Je rends hommage à ceux qui ont risqué leur vie, et qui peut-être la risquent puisque l'un des policiers est grièvement blessé.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Mohamed Merah n'a pas pu être pris vivant, c'est un échec de ce point de vue. Il aurait été intéressant de savoir quelles connexions il y avait entre les différents réseaux de trafic et les réseaux djihadistes.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Le RAID a fait ce qu'il a pu et ce qu'il devait. Face à un forcené, on ne pouvait pas faire autrement.        
       </li></ul><ul class="list"><li>La question que je pose, en revanche, est en amont, au niveau de la DCRI. Elle était au courant des 2 voyages que Mohamed Merah avait fait, l'un en Afghanistan, l'autre au Pakistan. Il a été interrogé par la DCRI et on peut tout de même s'étonner de la naïveté de ceux qui l'ont auditionné puisque cela n'a pas eu de suite. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>La DCRI manque peut-être de moyens humains mais, à ce moment là, il faut interroger Nicolas Sarkozy qui supprime des poste dans la police. On demande à la police de faire beaucoup de choses alors qu'il y aurait peut-être d'autres priorités, en particulier la connaissance de ces réseaux salafistes sur lesquels j'attirais déjà l'attention dans une interview au Figaro en 2001.       
       </li></ul><ul class="list"><li>S'il y avait un lien plus étroit entre la police et la population, et j'évoque ici la police de proximité que Nicolas Sarkozy a supprimée, peut-être aurions nous eu connaissance d'un certain nombre d’éléments.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut que chacun se dise que la loi républicaine passe avant les solidarités familiales, claniques, communautaristes.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je ne souhaite pas que ces événements aient un impact sur la campagne. Ce risque terroriste est un risque que nous affrontons depuis déjà longtemps. Il existe en permanence mais n'est pas le seul. Il doit être aussi relativisé. Par conséquent, je ne souhaite pas que la campagne dérape.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Je souhaite qu'on garde le ton de la dignité et je réitère l'appel à la responsabilité qu'a lancé François Hollande qui, sur ces sujets, s'est déjà exprimé à Dijon et à Marseille       
       </li></ul><ul class="list"><li>Je crois que François Hollande a respecté la trêve qu'il a lui même décrété. Il n'a pas polémiqué, il s'est tenu à une prudente réserve. Je pense que les Français retiendront que François Hollande est un homme de sang froid.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.chevenement.fr/photo/art/imagette/4027189-6109794.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chevenement.fr/Les-Francais-retiendront-que-Francois-Hollande-est-un-homme-de-sang-froid_a1378.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>

