Carnet de Jean-Pierre Chevènement

Une entière liberté de mouvement



Comme toujours certains prennent leurs désirs pour la réalité. Ainsi Le Monde du 17 juillet utilise-t-il à contresens le mot de « retrait » que j’ai prononcé s’agissant de mes fonctions de maire de Belfort. Je ne me suis pas, pour autant, retiré de la vie politique. Au contraire, en me dégageant d’un terrain miné où la conjonction de la droite et du PS belfortain ne m’a laissé et ne me laissait aucune chance d’être élu, j’ai retrouvé une entière liberté de mouvement pour animer au niveau national le courant républicain civique qui manque à la gauche autant qu’à notre pays.


Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le Mardi 17 Juillet 2007 à 19:46 | Lu 5682 fois



1.Posté par F.GEORGES le 17/07/2007 21:00
Je partage votre analyse.

Salutations républicaines

2.Posté par Bruno le 17/07/2007 21:08
Nous, nous l'avions bien compris comme cela, cher Jean-Pierre !!!

"Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage."
[Périclès]

Reste à faire comprendre à une certaine Gauche, l'enjeu...

1995-2002-2007............que d'occasion perdu, il est temps de refonder la gauche. C'est à toi, c'est à nous Républicains de Gauche de montrer la voie, sinon qui le fera ?

3.Posté par MERCIER Jean-louis le 18/07/2007 09:19
Bien sûr à la Gauche, sans doute, mais à notre Pays, certainement.

4.Posté par Chérouvrier le 18/07/2007 09:47
"Laminé, à terre..." le Monde continue à confondre le débat politique avec la presse à sensation, la réflexion politique et le combat entre voyous.
Loin de la nostalgie du CERES, de FRONTIERE il est bon de retrouver l'indépendance de réflexion qui avait contribué au succès du PS issu du congrès d'Epinay et mobilisé un militantisme de pensée et d'action qui fait cruellement défaut actuellement.

5.Posté par Xavier DUMOULIN le 18/07/2007 13:26
Jean Pierre Chevènement affiche avec volontarisme et sérénité sa volonté d'oeuvrer à l'affirmation d'un courant civique républicain. Qui plus et mieux que lui peut incarner cette sensibilité dans le paysage politique français ?

Le Mouvement Républicain et Citoyen a su capter les meilleurs héritages de la pensée socialiste pour réaliser la synthèse républicaine. Depuis la création du courant Socialisme et République, dans la filiation du CERES, le mouvement traduit cette volonté dans une posture citoyenne concrète.

Les refus d'un ordre international dominé par les Etats Unis et le combat contre les manifestations guerrières du nouvel impérialisme s'articulent pleinement avec le rejet d'une Europe libérale et l'hégémonie du néolibéralisme en France et dans le monde. C'est qu'à l'âge de la globalisation, faute de penser mondial, on rique le grand écart entre les intentions et l'action. Ne remuons pas le couteau dans les plaies béantes d'un social-libéralisme s'accommodant de tous les désordres internationaux, des remèdes de chiens du FMI en passant par l'accord généralisé dans les commerces et les services de l'OMC sans oublier les reniements de politiques économiques et sociales dictées par une allégeance marquée aux principes néolibéraux ( Traité de Maastricht et d'Amsterdam, sommet de Barcelonne, etc.). Quoi de plus citoyen dans les actes que cet “internationalisme qui rapproche de la patrie” pour paraphraser Jaurès. Le combat républicain ne s'arrête pas aux portes de la France et ne se limite pas à des formules incantatoires et identitaires gommant les enjeux économiques et sociaux bien concrets pour le monde du travail.

Le refus d'une conception républicaine de la nation -communauté de citoyens- autorise toutes les perversions : communautarisme, atteintes à la laïcité, recul des politiques d'intégration, liquidation de l'Etat social, tendance à la confiscation de la valeur ajoutée, gouvernance bonapartiste et autres reculs démocratiques. Dans une période de forte érosion des valeurs civiques et de délitement des liens sociaux, notre authentique courant pour une République sociale, parce qu'il sait lier les questions sociale, nationale et internationale, l'économique, le politique et le social, la citoyenneté, le civisme et la solidarité, semble à même de poser dans toute leur plénitude les problématiques et les enjeux politiques du temps présent.

Je ne reviendrai pas dans ce billet sur toutes les dimensions de cette approche qui repose sur une praxis exigeante. Ces défis républicains ne pourront être relevés sans une capacité décuplée de combattre l'hégémonie culturelle et idéologique du néolibéralisme. Ce combat d'idées suppose une participation et une irruption significative des citoyens dans le débat public. Cette vraie démocratie participative doit se construire avec “le mouvement d'en bas” à partir d'un socle de valeurs, de principes et de propositions susceptibles de battre en brêche l'hégémonie libérale.

Au sein du mouvement il y a beaucoup d'énergies disponibles et prêtes à ces combats culturels et politiques de chaque jour. Une vision démocratique du mouvement des idées ne peut s'accommoder d'un carcan bureaucratique. L'heure est à l'initiative citoyenne pour accompagner l'éclosion et l'épanouïssement du courant civique républicain, chers aux “amis de Jean Pierre Chevènement”. Aussi je réponds mille fois oui à l'appel de Michel Sorin, sur son blog, pour un grand débat citoyen.


6.Posté par Géry le 18/07/2007 15:07
Jean-Pierre,
et les autres,
il n'est pas question de favoriser la gauche, de faire le succès d'un PS, d'un parti: ce qui compte, c'est de préserver les marges de manoeuvre pour permettre aux sociétés des pays d'Europe de s'organiser comme elles le veulent pour atteindre leurs objectifs collectifs. Notre pays, et quelques autres, a la passion de l'égalité, de la fraternité, de la justice sociale. Ces objectifs ne sont pas le résultat des discours et des postures, ils sont le résultat des fins mécanismes institutionnels, sociaux, économiques, qu'une société met en place sur des décennies. D'autres sociétés sont indifférents à l'injustice en leur sein: grand bien leur fasse, mais nous n'avons pas à accepter, par le canal de réformes communautaires face auxquelles les dirigeants français sont serviles, leur dogme du marché absolu qui lamine nos choix d'organisation sociale. Il n'est pas question de droite ou de gauche: il est question de la capacité à comprendre que si on s'aligne tous sur un seul "patron" (au sens textile) en Europe, celui-ci ne peut-être que le marché, fondé sur le postulat de l'homo euro-oeconomicus. Et cette capacité d'intelligence, ni la gauche de gouvernement, ni la droite de gouvernement ne l'ont eue depuis 15 ans. Sur la monnaie unique, plus grave erreur de politique économique des deux dernières décennies, qui massacre notre tissu productif faiblard, sur le démantèlement irrésistible de nos services publics (dont les objectifs finaux sont conditionnés par les moyens d'organisation intermédiaires) au nom du sacro-saint marché libre et non faussé, sur la politique commerciale suicidaire de l'UE, sur nos intérêts industriels comme on le voit aujourd'hui avec EADS, droite et gauche à la suite l'une de l'autre, et souvent ensemble avec les deux mains de Chispin et Josrac, ont inconséquemment paraphé les choix qui sapent la cohésion de notre pays (notre prinicipal atout face à un monde de plus en plus dur) et la noblesse de la refondation de notre vivre-ensemble né dans la fraternité et la vision de la Résistance et de la reconstruction. Cette noblesse doit être portée par les hommes de bonne volonté, et vous êtes un des pivots de leur organisation pour le seul rendez-vous démocratique de notre pays où elles pourront être entendues, les élections de 2009. Le courant républicain civique manque à notre pays avant de manquer à la gauche, et vous savez qu'il y a nombre de républicains sur l'autre rive qui sauraient vous retrouver sur l'essentiel, comme ils avaient songé à le faire à l'hiver 2002, comme ils n'en ont pas eu l'occasion en 2007. Ne nous trompons pas d'enjeu. Le temps est maintenant compté pour que le pays que nous transmettons à nos enfants ait encore quelque chose à voir avec les idéaux qui l'ont fondé.

7.Posté par Bruno le 18/07/2007 21:57
Jean-louis, notre Pays est sensé !!!
il nous fera confiance si "nous" le méritons !

8.Posté par Elie Arié le 19/07/2007 10:56
(Tentative pour bien utiliser et penser notre nouvelle liberté de mouvement).

On est passé de la civilisation des masse à celle des parcours individualisés, et on ne sait pas encore quelle seront les modalités des nouvelles solidarités.

On est en train de passer, de façon irréversible, de sociétés basées sur la production de richesses par le travail salarié sur la base de l’effort physique, à des sociétés productrices de richesses à plus forte composante intellectuelle, ce qui est un progrès mais dont on ne sait pas encore quelles seront les modalités de redistribution.

On arrive dans l'ère de la connaissance, de l'innovation, de la créativité généralisée à tous les actes de la vie et à un horizon d'émancipation totale de 'homme, des lois de la nature, des lois sociales, des compétences etc...sans que l'on sache comment cet homme émancipé et responsable fera 'société'.

C'est pas la première fois que les repères , les paradigmes sont perdus, et nous avons la chance de vivre cela. Il y a bien sûr ce vertige qui assiège l'esprit quand on veut percevoir autrement que l'on voit, sentir autrement que l'on ressent. Il est des moments dans la vie (comme dit Michel Foucault) où la question de savoir si on peut penser autrement qu'on ne pense et percevoir autrement qu'on ne voit est indispensable pour continuer à regarder ou à réfléchir.

La difficulté consiste à ne pas perdre nos valeurs dans un cadre matériel dont le renouvellement est irréversible.

Si l'on prend un peu de distance et que l'on observe Ségolène comme le président Sarkozy, quelque part on sent qu'ils sont de leur siècle...et leur tâtonnement se justifie s’ ils veulent faire autre chose.

Le MRC a une fâcheuse tendance au "de mon temps, c'était mieux", "maintenons nos avantages acquis" qu'il doit combattre pour ne pas se ringardiser.

Il est clair que nous sommes à l'heure des expérimentations. L'horizon c'est la France, notre peuple, nous-mêmes : et non pas de gagner une élection.


9.Posté par Elie Arié le 20/07/2007 11:06
Contribution au renouvellement du logiciel républicain .


Nous sommes passés de la civilisation des masses à celle des parcours individualisés, et nous ne savons pas encore quelles seront les modalités des nouvelles solidarités.

Nous sommes en train de passer, de façon irréversible, de sociétés basées sur la production de richesses par le travail salarié en contrepartie de l’effort physique, à des sociétés productrices de richesses à plus forte composante intellectuelle, ce qui est un progrès mais dont nous ignorons encore quelles seront leurs modalités de redistribution – qui sont à inventer totalement.

Nous entrons dans l'ère de la connaissance, de l'innovation, de la créativité généralisée à tous les actes de la vie et à un horizon d'émancipation croissante de l'homme des lois de la nature, de la biologie, des structures familiales et sociales actuelles, des compétences etc...sans savoir comment cet homme émancipé et responsable fera "société".

Ce n'est pas la première fois que les repères , les paradigmes sont perdus, et nous avons la chance de vivre cela. Il y a bien sûr ce vertige qui assiège l'esprit quand on veut percevoir autrement que l'on voit, sentir autrement que l'on ressent. Il est des moments dans la vie (comme dit Michel Foucault) où la question de savoir si on peut penser autrement qu'on ne pense et percevoir autrement qu'on ne voit est indispensable pour continuer à regarder ou à réfléchir.

La difficulté consiste à ne pas perdre nos valeurs dans un cadre matériel et technique dont le renouvellement est irréversible ; mais il ne faut pas confondre les valeurs, qui sont permanentes, avec les conditions toujours variables dans lesquelles elles s’exercent.

Si l'on prend un peu de distance et que l'on observe Ségolène comme le président Sarkozy, quelque part on sent qu'ils sont de leur siècle...et leur tâtonnement se justifie s’ ils veulent faire autre chose.

La gauche autrefois « progressiste »a une fâcheuse tendance, aujourd’hui, au "autrefois, c'était mieux", "maintenons nos avantages acquis", à limiter sa pensée politique au discours syndical d’il y a un demi-siècle : paresse intellectuelle qu'elle doit combattre pour ne pas se ringardiser.

Il est clair que nous sommes à l'heure des expérimentations. L'horizon c'est la France, notre peuple, nous-mêmes : et non pas de gagner une élection – ce qui ne change rien.


10.Posté par Marcel M le 20/07/2007 22:50
Oui.Pas de retrait ni de retraite.Il faut évidemment continuer, mais sans le PS ni aucun de ses chefs de file. La logique d'Epinay s'est fini.Mitterrand n'est plus une référence.L'histoire dira peut-être que Ségolène Royal n'aura"dansé qu'un seul été".Votre expérience, votre tenacité,la fondation Res publica, les militants du MRC et vos sympathisants vous permettent de présenter un projet pour la France dans une logique d'appel gaullienne et une pédagogie de vérité mendésienne.Bon courage.

11.Posté par Xavier DUMOULIN le 22/07/2007 08:29

"Redéfinir un socle idéologique à opposer au projet néolibéral"
Une initiative de Mémoire des luttes et d’Utopie critique. Vous trouverez la présentation de cette initiative sur le site d'Utopie critique ou sur mon blog. B Cassen et Ignacio Ramonet sont notamment à l'origine de cette initiative qui se traduira dès septembre , selon la présentation, par des rencontres et débats.
J'ai repris également les adresses de l'ensemble des sites référencés comme club pour la refondation etc. à partir de Marianne. Je souhaite que le blog de Jean Pierre reste cet outil ouvert qui nous permet une information et un échange à partir des livraisons éclairantes, utiles et régulières du Che.



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