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Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement

Sénateur du Territoire de Belfort, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen et président de la Fondation Res Publica


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Propositions et argumentaires

Seconde priorité : remettre la France d'aplomb

Déclaration de Jean-Pierre Chevènement, place de la République, lundi 13 novembre 2006 (Synthèse)


La France est notre principal levier pour agir en Europe et dans le monde. Ne la laissons pas démolir ! Foin des repentances orchestrées ! Notre histoire doit être connue, avec ses ombres et ses lumières. Elle est éclairée tout entière par l’éclat de la grande Révolution dont les valeurs et les principes sont plus que jamais d’actualité, en France et dans le monde. On l’a vu au moment de l’invasion de l’Irak.

Quand donc, à cet égard, M. Sarkozy est-il sincère ? Quand il proclame ici sa fierté d’être Français ou quand il va à Washington s’excuser de l’arrogance de la France pour avoir refusé, à juste titre, de s’associer, en 2003, à la politique de M. Bush. Celui-ci est aujourd’hui désavoué par le peuple américain lui-même !

Il est temps que la France retrouve confiance en elle-même pour pouvoir se projeter dans l’avenir avec vigueur. La mémoire nationale ne doit pas devenir un enjeu entre les différends communautarismes. La colonisation a existé. Elle a été un heurt de civilisations, douloureux pour les colonisés. Mais elle était sans doute inévitable, comme une étape historique particulièrement rude d’une première forme, très brutale et souvent inhumaine, de mondialisation. Depuis longtemps déjà, les jeunes nations ont conquis leur indépendance. L’Histoire, même violente, a tissé entre nous des liens ineffaçables, ainsi ceux d’une langue française partagée. Nous conservons une responsabilité et un devoir de solidarité vis-à-vis des populations françaises ou anciennement colonisées qui ont vécu cette histoire conflictuelle. Mais nous devons ensemble nous tourner vers l’avenir, car celui-ci durera plus longtemps que le passé.
De même, il serait temps de voir comme un ensemble la période 1914-1945. La France en sortirait grandie !

La France donc doit être redressée d’abord dans l’esprit de nos concitoyens, à l’abri des campagnes de dénigrement et au-delà de la tentation des replis communautaristes. Il s’agit de faire revivre un patriotisme sain et généreux qui est tout le contraire du nationalisme et qui ne s’oppose en rien à l’idée européenne et encore moins à l’idéal de la fraternité humaine. La nation est le cadre naturel et indépassé à ce jour de la démocratie. Elle est le lieu de la solidarité. Il faut la défendre. Il est donc temps d’organiser le retour de la France en Europe, dans le monde et en France même, à commencer par nos banlieues. Il est temps que nos responsables se placent davantage à l’aune des intérêts du pays pour prendre leurs décisions. Une France forte est nécessaire à l’Europe et sa voix est attendue dans le monde entier.
Certes l’économie française ne va pas bien et la France semble ployer sous les déficits mais la France a beaucoup d’atouts que seul un Etat stratège et modernisé peut lui permettre de mobiliser. J’engagerai pour ce faire six chantiers, et d’abord au plan économique :

1) Premier chantier : une Conférence de l’entreprise réunissant les forces vives du pays en vue de définir une Charte de l’entreprise. Celle-ci n’est pas seulement l’affaire des actionnaires. Elle est aussi l’affaire des salariés, celle de ses clients, et celle de ses partenaires : banques, collectivités locales, et pays d’implantation. Il est temps d’élaborer des outils permettant de restaurer la confiance dans nos entreprises. Elles en ont besoin.


2) Second chantier : défendre la maison France, et au-delà des invocations creuses au « patriotisme économique », maintenir effectivement les centres de décision principaux sur le territoire national. Cela passe par une réglementation stricte des OPA hostiles, par un renforcement des fonds propres des entreprises, le développement d’intermédiaires financiers publics appuyés sur le réseau bancaire, et de l’épargne salariale gérée collectivement.

Un ministère de l’Industrie et du Développement technologique de plein exercice sera rétabli, en dehors de la tutelle de Bercy. Il disposera de ses outils financiers propres. Il sera particulièrement chargé du développement des PMI et des industries nouvelles (dans l’économie de l’hydrogène par exemple, les nanotechnologies ou les biotechnologies, etc.). Il veillera à ce que la recomposition du tissu productif prenne en compte les intérêts de l’économie française.


3) Troisième chantier : la promotion de choix énergétiques ambitieux : économies d’énergie, énergie solaire, biomasse mais aussi nucléaire : il serait criminel d’arrêter le programme EPR (réacteur de troisième génération), comme l’a été fâcheusement, en 1997, le surrégénérateur Superphenix qui aurait été un laboratoire utile pour la mise au point du réacteur de quatrième génération, prévu aujourd’hui aux alentours de 2040. D’ici là, nous avons besoin d’une quinzaine d’EPR au moins en France pour pourvoir à nos besoins d’électricité et nous en exporterons beaucoup. Le projet du PS n’en souffle mot. En matière énergétique il n’est pas réaliste. Ne gâchons pas l’atout essentiel que constitue notre industrie nucléaire, la première dans le monde, d’autant que le nucléaire n’émet pas de gaz à effet de serre et que des pays comme les Etats-Unis, la Chine, l’Inde relancent leur effort d’équipement en la matière, alors que le prix du pétrole sera durablement orienté à la hausse et que la production d’électricité en Europe est devenue insuffisante. Il faut assurer la sécurité énergétique de la France à moyen et long terme.


4) Quatrième chantier : une troisième loi-cadre prioritaire pour l’université et la recherche. La formation, et notamment celle de scientifiques de haut niveau, fera de plus en plus la différence au XXIe siècle. La France dispose de tous les atouts. Encore faut-il les jouer résolument ! L’obscurantisme moderne fondé sur la peur - et notamment les idéologies « antiscience » - devra être combattu sans complaisance. La liberté de la recherche sera affirmée. Grâce à des bourses multipliées les élèves et les étudiants seront davantage orientés vers les filières scientifiques.
Une loi-programme visera la réforme des Universités, trop petites et trop compartimentées, pour accroître leur taille, revoir leur système de gouvernance et améliorer l’accueil et l’orientation des étudiants. Une augmentation de 25 % en cinq ans des dotations de l’enseignement supérieur sera accordée sur la base de projets. Un effort parallèle et de même ampleur sera engagé au bénéfice de la recherche publique et privée. Les grands organismes de recherche devront développer leurs synergies aussi bien avec l’enseignement supérieur qu’avec les entreprises. Le recrutement des chercheurs sera planifié à l’horizon des dix prochaines années.


5) Cinquième chantier : protéger l’agriculture et l’environnement. L’agriculture est un grand atout de la France qui mérite d’être défendu et non pas bradé aux lobbies, quels qu’ils soient. La PAC sera maintenue et réorientée, les primes plafonnées et régionalisées. L’agriculture ne s’accommode pas du libéralisme. La promotion des biocarburants sera encouragée.

La politique de l’environnement privilégiera la préservation des biens rares : eau, air, sols dits « biens publics » communs de l’Humanité et notamment la lutte contre l’émission de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. Une fiscalité sur l’émission du carbone sera instituée. Un programme de recherche dit « écologie de l’Humanité » visera à promouvoir, dans la ligne du rapport Jacques Berque de 1982, toutes les connaissances et toutes les technologies qui permettront de concilier le développement des pays du Sud et le maintien des équilibres fondamentaux de la vie sur la planète. L’écologie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls écologistes.


6) Sixième chantier : mettre à niveau la défense du pays. Le monde dans lequel nous vivons est dangereux. Nous ne devons pas relâcher notre effort de défense et savoir y consacrer continûment au moins 2 % de notre PIB pour préserver la paix. Notre dissuasion doit être non seulement maintenue mais modernisée, pour faire face aux risques de la prolifération et pour maintenir, en tout état de cause, l’autonomie de notre diplomatie sur laquelle le projet du PS n’insiste pas suffisamment car il n’y aura pas d’Europe européenne sans la volonté de la France de maintenir une dissuasion indépendante.
Les forces de projection peuvent être utiles pour le maintien de la paix sur notre continent ou dans ses approches, à condition de ne pas se trouver instrumentées au service d’objectifs qui ne sont pas les nôtres, notamment dans le monde musulman.
Membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, la France a des devoirs particuliers au service de la paix dans le monde. Bien évidemment nos capacités ont leur limite. Il est très souhaitable de développer, à géométrie variable, le cas échéant, les coopérations européennes dans le domaine des forces comme des industries de défense. Il n’y a pas lieu de revenir sur la professionnalisation des armées mais des carences graves se sont créées en matière de défense du territoire et de protection des populations.
Un service civique d’une dizaine de semaines sera institué. Il comportera plusieurs volets (sécurité civile – défense notamment). Il permettra à la fois d’étoffer le recrutement des forces professionnelles par des formules de volontariat service long (un à deux ans) et de relever le niveau des réserves dans le pays.


7) J’ajouterai un dernier chantier : promouvoir la francophonie. C’est un chantier placé sous l’égide du multilinguisme et c’est très largement un chantier Nord-Sud : le français en 2050 sera parlé par plus de 300 millions de locuteurs dont la majorité seront des Africains.



Jean-Pierre Chevènement le Lundi 13 Novembre 2006
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1.Posté par BRIAND ROLAND le 26/11/2006 21:32
si, l'écologie est une chose trop sérieuse pour etre laissée aux seuls écologistes il serait encore plus insensé de la laisser aux mains des politiques qui adaptent leur doctrine aux besoins du marché.
j'invite tous ceux qui ne l'ont pas encore vu à aller voir" une vérité qui dérange" le film d'al GORE
le danger pour la planète y est scientifiquement et indiscutablement exposé
il montre bien à quel point les politiques tels BUSH lorsqu'ils sont entre les mains des maitres du marché sont prets à toutes les compromissions pour satisfaire leurs" souteneurs"
la situation est grave ;attendrons nous que plus de 100 millions d'étres humains soient obligés de quitter leur lieu de résidence pour cause de montée des eaux pour réagir
La FRANCE doit donner l'exemple il en va de notre avenir
n'oublions jamais que nous n'héritons pas la terre de nos parents mais que nous l'empruntons à nos enfants

2.Posté par jaurand le 27/11/2006 14:35
La FRANCE , en raison de sa situation géographique au centre de l'Europe , est la mieux placée pour orienter cette EUROPE vers le social . Si la FRANCE ne s'occupe pas du social quel pays le fera ?c'est pour cette raison que la gauche Française doit vraiement ètre à gauche . Hervé

3.Posté par Binh le 28/11/2006 10:23
Je ne suis habitué à voter à gauche mais vu votre programme, je vais voter pour vous.

Bonne continuation.

PS : deux regrets
- La formation devrait être revue et adaptée au contexte de la mondialisation : formation plus pousée et plus adaptée de langues, dès l'école primaire. Intruduction et valorisation des formations techniques dans les écoles, notamment dans les grandes écoles. Obliger les entreprises à prendre en charges des stages. (quota obligatoire).
- Interdiction aux entrepises publics et l'administration de commander à l'étranger lorsque les différences de coûts sont minimes. (C'est le mieux disant qu'il faudrait favoriser pour sauvegarder l'emploi en France).


4.Posté par fanfan le 11/12/2006 13:53
tout à fait d'accord sur les priorotés républicaines.
bien se rappeler que la devise "liberté, égalité et fraternité" est celle de la république.
se souvenir aussi qu'au moment d'adopter cette devise, l'abbé grégoire avait , je crois, proposé de mettre les trois mots dans un ordre différent : d'abord la fraternité car disait-il très justement de trop de libertés on ne peut plus aller à un moment à la fraternité mais on peut toujours aller de la fraternité ves la liberté.
c'est ce que semblent avoir oublié les intzellos bobos gauchisants;
un bémol: l'écologie.
le nucléaire est peut-être très bien mais quid des déchets radiactifs sur une planète dont les conditions climatiques se détraquent;
Il faut que le mouvement chevènementiste se pose aussi ces problèmes et se rappeler le "mythe du savant fou" attention à l'ubris;il faut maîtriser et àlong terme.on ne peut pas considérer le nucléaire comme une "énergie" comme les autres.toujours être prudent, avisé et pragmatique

5.Posté par toto le 30/01/2007 14:43
Chaque fois que le mot reforme est employé par les politiques, c'est toujours pour rajouter une taxe ou un impot supplementaire sur la France d'en bas, il y a une réforme dont personne ne parle,et qui nous ferait reduire considérablement notre dette, c'est de reduire le nombre de politiques de toutes sortent aussi bien au niveau local qu'au niveau national.Le pays n'a plus les moyens de supporter une telle quantité de gens qui ne produisent rien, qui pour la plus part font doublons, et sont payés grassement avec les deniers publics. Est-ce logique de garder une telle quantité de députés avec tout les emplois induits de tous ceux qui gravitent autour,alors que nous rémunérons des députés europeens qui prennent eux les descisions qui nous arrivent sous forme de directives ,que nous devons appliquer (suggestion:gardons déjà ceux qui s'interressent a la vie du pays et qui assistent réguliérement aux scéances de l'assemblée)Je ne parlerais pas du senat !Degaulle voulais le supprimer et il avait raison,Combien nous coûte-t-il ?avec toujours les emplois induits ,parc auto,chauffeurs ,huissiers etc; Et je ne parle pas là de tous les avantages que tout ce petit monde s'octroi . Une poignée de sages feraient trés bien l'affaire .Quand est-ce qu'un politique aura le courage un jour de s'attaquer a ce chantier?.Alors que nos entrées de villes arborent des quantites de ronds points et platations luxuriantes,et rivalisent de celle qui fera l'ouvrage le plus onéreux ?( il faut que l'argent circule ,a qui profitent tous ces travaux ?) Ceux qui paient pour cela ,font la queue aux retos du coeur,et dorment sur le troitoir, car même avec un travail et un salaire aujourd'hui on est pauvre .Et pour courroner le tout, les étrangers viennent acheter nos biens ,car nos revenus ne nous permettent même plus de payer l'impot sur les successions afin de pouvoir garder ce qui nous appartient . Qu'attendez -vous ?que nous resortions les faux,les fourches et les rateaux ?.C'est déjà comme cela qu'est née la république.





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