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"Pour l'Allemagne comme pour la France, le choix est de sortir de l'histoire ou de la continuer ensemble"


Jean-Pierre Chevènement était invité mercredi 8 juin 2011 par Ségolène Royal et Désirs d'Avenir à une "Université Populaire Participative" sur la France et la République. Il a pu exposer les grandes lignes de son livre "La France est-elle finie?". Voici le podcast de son intervention précédée d'un portrait par Ségolène Royal.


Verbatim Express :

  • Il n'y a pas d'action féconde dans la durée si elle ne s'enracine pas dans des analyses, dans une conviction longuement murie. La mienne l'est.
  • Je pense qu'entre Ségolène et moi, le courant passe. Je sais qu'elle est enracinée dans l'idée que la France se fait d'elle même. Je partage également avec elle la conviction que nous ne devons pas laisser le patriotisme à la droite.
  • Entre 1981 et 1983, nous n'avons pas fait le choix d'industrialisation, de poursuite des trente glorieuses c'est à dire de regain français. En acceptant le SME puis l'acte unique, nous avons fait un choix « réaliste » dans l'immédiat mais qui, à terme, n'était porteur ni pour la gauche et le socialisme, ni pour l'Europe.
  • La crise actuelle de l'euro était contenue dans la vision initiale, erronée il faut le dire : celle qu'on pouvait faire une monnaie unique pour des pays très différents.
  • A la question « comment sortir de la situation actuelle ? », M. Sarkozy répond « il faut garder le triple AAA ». Comment mieux reconnaître que ce sont les agences de notation qui désormais font la politique de la France ?
  • Le cas de la Grèce est la démonstration « in vivo » de l'imbécilité de la démarche d'austérité.
  • La solidarité européenne ne sera jamais aussi efficace que la solidarité nationale.
  • Ségolène avait proposé, au congrès du PSE à Porto, de donner à la BCE des missions de croissance et d'emploi. Ce fut un tollé. Mais ils avaient tort et elle avait raison.
  • Le mitterrandisme n'existe pas. Chacun a son petit Mitterrand dans la poche et le lit à sa manière.

  • Il faudrait chuchoter à l'oreille de Mme Merkel un certain nombre de choses, notamment que l'intérêt de l'Allemagne n'est pas de faire cavalier seul. Son marché intérieur est la zone euro.
  • Les choix à venir ne pourront se faire sans l'Allemagne. Il y a eu inversion du rapport de force. Mais notre force est politique : l'Allemagne a besoin de nous pour donner une caution européenne à sa politique. Cela ne doit pas se faire sans contreparties.
  • Je ne suis pas d'accord avec Ségolène sur le domaine énergétique, c'est une litote. Le pari sur le solaire et l'éolien est sympathique, mais les coûts de revient sont aujourd'hui largement supérieurs.
  • Pour l'Allemagne comme pour la France, le choix est de sortir de l'histoire ou de la continuer ensemble.
  • Au cœur de la refondation d'une gauche de gouvernement qui tienne dans la durée et qui réponde à l'intérêt national comme à l'intérêt européen, il y a notre capacité à lier les valeurs de la République et les valeurs des Lumières.
  • La gauche doit également se réapproprier les valeurs de transmission : valeur de l'éducation, valeur du travail bien fait. Ce ne sont pas des valeurs de droite. Jaurès avait compris cela, De Gaulle également car ils avaient la vision.
  • Il faut réindustrialiser le pays. Nos grands groupes ne renvoient pas l'ascenseur, n'aident pas leur sous-traitants et ne nous permettent pas d'avoir les PMI de l'Allemagne.
  • Notre travail, nous devons l'orienter vers la jeunesse, vers des générations qui peuvent, à bon droit, estimer qu'elles n'ont pas été bien traitées. Les perspectives qui leur sont offertes se sont réduites.

Le discours de Ségolène Royal est disponible sur son blog.


Rédigé par Chevenement.fr le Jeudi 9 Juin 2011 à 14:02 | Lu 3871 fois



1.Posté par Jihelpé le 09/06/2011 16:13
1/ Seule la Gauche peut engager notre pays à surmonter la crise systémique qu'il subit (crise morale, politique, sociale, économique, écologique...)
2/ La Gauche ne pourra sortir la France de la crise sans le PS
3/ La Gauche ne peut assurément le faire avec le PS tel qu'il est
4/ La France ne pourra sortir de cette crise sans l'Allemagne
5/ Elle ne peut davantage le faire avec l'Allemagne telle qu'elle est.

Ce faisceau de contraintes mortifères enserre l'hégémonie néo-libérale depuis 30 ans et corrode le lien social et civique de notre pays. C'est tout à l'honneur de JPC que d'inlassablement le rappeller, faute de convaincre nos sociaux-libéraux englués dans leur choix stratégique des années 80.

2.Posté par Tran DO NGOC le 09/06/2011 16:54
La France NE PEUT PAS sortir du nucléaire, sinon à très long terme, où d'autres sources d'énergie non-polluantes (?) auront cours. On se complait dans l'erreur avec le voltaïque et les éoliennes. Avec la TECHNOLOGIE ACTUELLE, les éoliennes ne fonctionnent presque pas, sont très chères et peu ou prou polluantes; elles sont l'alibi des puissants groupes de fabrication d'un équipement technologiquement condamnée à disparaitre. Quant au photovoltaïque, c'est une farce, avec des rendements médiocres; il ne sert que les intérêts de la Chine, et des importateurs. En l'état actuel de l'art, il est stupide d'investir en grand dans ces énergies, mais il faut y aller, avec des unités-pilotes de recherche, car la technologie pourra être largement améliorée en regard de la situation actuelle. Nos ingénieurs, nos universités, pour peu qu'ils en aient les moyens, sont capables d'améliorer la technologie et les rendements, pour re-industrialiser la France dans ces domaines (et ne laisser accaparer, comme actuellement, par des groupes industriels étrangers, soutenus hélas par beaucoup de politiques nationaux).

3.Posté par Judith ARDON le 09/06/2011 18:32
Que de choses sensées dans ces commentaires !
J'ajouterais en réponse aux "valeurs des Lumières" que nous sommes aujourd'hui encore à l'aire de la Renaissance. Nos concepts et valeurs sont issus de ce mouvement.
Il me semble aujourd'hui que nous devons changer notre façon de voir le monde.
Nous avons besoin d'une nouvelle révolution culturelle. Ceci ne s'invente pas et ne se sort pas du chapeau, j'en conviens. Mais il faut le garder à l'esprit. Dans notre souhait de construire demain soyons à l'écoute du monde.
Il faut aller de l'avant, se projeter à 20 ou 30 ans minimum dans tous les projets.
C'est un long et riche sujet, et je ne monopoliserai pas la parole.
Comme je l'ai dis précédemment, le PS est aujourd'hui un parti rétrograde. Et il me semble aussi lourd à réformer que l'éducation nationale. Donc...

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