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Nucléaire: Chevènement se "réjouit" que Hollande "n'ait pas cédé à la démagogie"


Dépêche AFP, mercredi 9 novembre 2011, 11h36.


Nucléaire: Chevènement se "réjouit" que Hollande "n'ait pas cédé à la démagogie"
Jean-Pierre Chevènement, candidat du Mouvement républicain et citoyen (MRC) à la présidentielle, s'est félicité mercredi de la position de François Hollande sur un maintien du nucléaire, estimant que le responsable socialiste avait ainsi résisté à la "démagogie" et "à la mode".

"Je me réjouis que François Hollande n'ait pas cédé à la démagogie de ceux qui lancent des ultimatums", a déclaré l'ancien ministre en allusion à EELV, à l'occasion d'une visite dans le Val-d'Oise, à Frepillon, dans une entreprise d'outillage, son premier déplacement depuis l'annonce samedi de sa candidature à l'Elysée en 2012.

"On ne va pas interrompre un chantier comme Flamanville, sur lequel on a déjà investi des milliards (...) Il ne faut pas céder à la mode, qui fait qu'on peut faire beaucoup de bêtises", a-t-il ajouté. De "nombreux emplois" sont en jeu.

Interrogé lundi soir sur la question du nucléaire, le candidat PS à la présidentielle, favorable à une diminution de la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% d'ici 2025, s'est engagé à préserver la construction de l'EPR (réacteur de troisième génération) à Flamanville (Manche).

Ces propos intervenaient au lendemain d'un ultimatum d'Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie Les Verts à l'Elysée, assurant qu'il n'y aurait pas d'accord politique entre le PS et EELV "si François Hollande refuse d'arrêter le chantier de Flamanville.

"La filière nucléaire, c'est 500 milliards d'euros depuis 50 ans. Est-ce que tout cela va partir en fumée?", s'est interrogé Jean-Pierre Chevènement, invitant à "défendre le tissu industriel français".

"La période est très difficile pour nous. M. Fillon n'a pas eu tort de dire que le temps de la prépondérance européenne était derrière nous. Si on veut se battre, il ne faut pas gâcher nos atouts", a-t-il ajouté, en indiquant qu'il visiterait la semaine prochaine une usine du groupe nucléaire Areva, à Chalon (Saône-et-Loire), pour soutenir la filière.


Rédigé par Chevenement.fr le Mercredi 9 Novembre 2011 à 11:41 | Lu 2144 fois




1.Posté par Guillaume DELYE le 09/11/2011 15:56
Le point de vue d'un nucléosceptique

La sortie du nucléaire ne peut être envisagée qu'à la condition de trouver des sources d'énergie alternatives. A long terme, les accidents de Tchernobyl et Fukushima nous montrent qu'elle est cependant souhaitable.

La filière nucléaire, malgré les prouesses technologiques sur lesquelles elle repose, semble dans l'impasse. Son déploiement dans les années 1970 a consisté à vouloir remplacer les énergies fossiles non renouvelables par une source d'énergie pérenne. Or, il s'avère aujourd'hui que le déploiement du nucléaire partout à travers le monde fait de l"uranium une ressource tout aussi épuisable que la pétrole. La solution trouvée à travers l'EPR consiste à recycler les déchets d'uranium appauvri en les associant à du plutonium pour redynamiser la réaction en chaîne. Problème de taille : comme l'accident de Fukushima le prouve, le plutonium reste radioactif pendant 20.000 ans. .. L'accident de Fukushima est de ce point de vue 1000 fois plus grave que celui de Tchernobyl. Le MOX doit donc être interdit au plus vite. L'éventualité d'un accident, aussi faible soit elle ne peut désormais plus être envisagée. Le drame de Fukushima n'est pas seulement japonais, il est régional et il aura même quelques retombées à l'échelle du monde.

La question de fond devient alors de savoir si la filière nucléaire classique sera encore rentable dans les années qui viennent. L'envolée du prix de l'uranium en 2007 montre que la structure des coûts d'extraction d'uranium est fortement ascendante et que seule la perspective de recyclage des déchets d'uranium est à même de produire une détente du marché. Autrement dit, pour que la filière reste rentable, il faut aller vers une dangerosité toujours croissante des combustibles utilisés.

Mon point de vue n'est donc pas celui d'un nucléophobe car le bon sens commande de rentabiliser les investissements déjà consentis dans la filière classique mais il est bien celui d'un nucléosceptique car l'énergie nucléaire ne peut d'ores et déjà plus être considérée comme l'énergie de l'avenir car de moins en moins rentable dans sa version classique et utltra-dangereuse dans sa version EPR.

On peut certes vouloir renforcer les normes de sécurité pour tendre vers le risque zéro, tout en sachant que ce dernier n'existe pas. L’accident de Fukushima est intervenu dans des conditions particulières mais il n’est en rien la résultante d’une catastrophe purement naturelle et imparable. Si l’accident de Tchernobyl a pu être qualifié d’accident soviétique plutôt que nucléaire, celui de Fukushima est assurément un accident capitaliste. L’opacité de la compagnie TEPCO et la collusion entre cette compagnie privée et son autorité de régulation est une illustration du risque de captation du régulateur. Surtout, le vice de conception des centrales japonaises toutes situées en bordure d’océan témoigne à la fois de l’arrogance des ingénieurs qui ont pu les concevoir que des économies que la société TEPCO entendait réaliser sur son capital technique. Les atermoiements de l’opérateur japonais sur l’injection rapide d’eau de mer dans son circuit de refroidissement procédaient d’une volonté insensée de protéger son outil de production de toute forme de corrosion dans la perspective d’une poursuite ultérieure de l’exploitation. Le capitaliste a cherché à protéger son capital jusqu’au dernier moment … L’enseignement que l’on peut tirer de ces deux accidents est qu’un opérateur de centrale nucléaire ne peut en aucun cas être une entreprise privée et si elle est publique, elle doit disposer d’une indépendance de gestion vis-à-vis de l’Etat et être très étroitement contrôlée par une instance de régulation (l’ASN) au moins aussi indépendante vis-à-vis des Etats et des milieux d’affaire que la BCE en matière monétaire !

Ce n’est que dans ces conditions qu’il sera possible de poursuivre l’exploitation de la filière classique jusqu’à l’extinction de sa rentabilité.

L’urgence énergétique du moment consiste donc à lancer et à financer des programmes de recherche supplémentaires à la fois dans la filière nucléaire pour imaginer des combustibles recyclables et à radioactivité limitée mais aussi et surtout dans les sources d’énergie alternatives. Car, autrement, il est certain qu’en ne finançant aucune recherche alternative, nous resterons condamnés à l’épée de Damoclès du feu nucléaire.

En tout cas, pour le nucléaire comme pour l’euro, un débat public plus instruit, sans tabou et sans exclusive devrait être proposé aux citoyens.

2.Posté par Michel PILLIER le 09/11/2011 18:58
Le point de vue de Guillaume DELYE est argumenté et nous change des anathèmes des verts.
La sortie du nucléaire en France serait évidemment une absurdité et il n'est pas sûr que les allemands ne se mordent pas rapidement les doigts d'avoir sur ce point cédé à la démagogie de l'idéologie écolo.
Pour autant, il n'est pas bon d'avoir tous ses oeufs dans le même panier. Réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique français me semble donc un objectif raisonnanble s'il est poursuivi au profit d'une augmentation de la part des énérgies renouvelables, mais tout en continuant de moderniser et sécuriser la filière nucléaire, filière d'excellencve française, qui continuera longtemps d'être la moins mauvaise solution pour avoir une éléctricité abordable sans gaz à effet de serre.

3.Posté par Jean-Yves LE GOFF le 09/11/2011 20:35
Il y a une chose qui est loin d'être résolue, c'est le démantèlement des centrales en fin de vie.
En France AUCUNE centrale n'a été complètement démantelée à ce jour. On ne sait donc pas le coût global de l'électricité nucléaire, démantèlement compris.

Dans le monde, la
décontamination nucléaire
concerne très peu de centrales, les coûts sont donc loin d'être maîtrisés, faute de recul suffisant.

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