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"Lettre à mes amis de Marianne"


Lettre de Jean-Pierre Chevènement à l'hebdomadaire Marianne, le 6 novembre 2015.


Cher Jean-François Kahn, chers amis,

J’avais été choqué et attristé par la parution, le mardi 15 septembre dernier, il y a donc plus d’un mois, de cinq pages du journal « Libération » clouant au pilori Michel Onfray sur le thème : « Comment Michel Onfray fait le jeu du Front National ».

Cette « reductio ad Le Penum », pour parler comme Pierre-André Taguieff qui évoquait, jadis, la « reductio ad Hitlerum », comme moyen de disqualifier a priori l’adversaire, me peinait d’autant plus qu’elle touchait un homme dont la générosité m’a toujours paru évidente. Elle venait de surcroît de l’ancien Rédacteur en chef du « Crayon entre les Dents », « périodique jeunes » du Ceres dans les années 1970 que j’apréciais particulièrement, Laurent Joffrin, aujourd’hui directeur de « Libération ». La reprise d’une interview donnée à un autre journal pour y répondre point par point, en l’absence de l’intéressé, est une forme de dialogue qui restait à inventer.

J’observe d’abord que Laurent Joffrin réfutait souvent moins les propos que les omissions de Michel Onfray. Mais l’essentiel était ailleurs : « Le peuple français est méprisé, déclarait Michel Onfray, depuis que Mitterrand a converti le socialisme à l’Europe libérale, en 1983. Ce peuple est oublié au profit de micro-peuples de substitution ». En quoi est-ce pendable ? Que le choix de mars 1983 ait été le choix fondateur des deux septennats de François Mitterrand et ait permis à la fois le grand acte de dérégulation libérale qu’a été l’Acte Unique et la monnaie unique dont nous éprouvons à l’usage les conséquences, n’est plus sérieusement contesté par personne. L’économiste américain Rawi Abdelal a parlé du retournement de mars 1983 comme d’un « combat pour l’âme même du socialisme français ».

Quant à la substitution aux couches populaires de minorités diverses additionnées pour permettre au parti socialiste de rester majoritaire, celle-ci a été théorisée par le « think tank » Terra Nova dont je ne sache pas qu’il soit proche de Marine Le Pen. Onfray, il est vrai, va plus loin : « J’en veux moins, déclare-t-il, à Marine Le Pen qu’à ceux qui la rendent possible ! »

Laurent Joffrin, pour lui voler dans les plumes, lui prête des projets dont je suis bien placé pour savoir qu’ils ne sont pas les siens : supprimer l’aide médicale ou le logement d’urgence aux sans-papiers, renvoyer chez eux les étrangers, etc. » Ces attaques sont caricaturales. Onfray propose qu’on se préoccupe du peuple dans son entier, y compris ses étrangers, sans donner le sentiment qu’on oppose le premier aux seconds. Laurent Joffrin veut rejeter dans l’enfer du racisme tous ceux qui ne partagent pas sa propre cécité au tournant social-libéral et à ses effets ravageurs sur notre pays.


Je suis bien placé pour connaître la chanson : Le Pen, le 21 avril 2002, c’était moi ! Ce n’étaient pas les erreurs de campagne du candidat socialiste, encore moins les impasses du social-libéralisme que j’avait été le premier à pressentir en mars 1983, quand Le Pen, alors, n’existait pas. Le pays s’était installé dans un chômage de masse et la courbe du chômage avait repris sa progression depuis avril 2001.

Mais le coupable c’était moi ! Et non pas Christiane Taubira et encore moins ceux qui depuis 1983 avaient cautionné cette impasse décrite comme simple « parenthèse ». Les jugements critiques que je portais sur le capitalisme financier, sur la manière de faire l’Europe en dehors des nations et sur l’abandon du rôle de l’Etat républicain dans l’Ecole et dans la société me désignaient évidemment à la vindicte de la gauche bien-pensante, je veux dire celle qui ne pense pas plus loin que le bout de son nez. Cette gauche bien-pensante eût été mieux inspirée de corriger sa trajectoire ! Elle avait dix ans pour cela. Elle ne l’a pas fait et la voilà prisonnière de la même impasse qu’en 2002 ! Il fallait un bouc émissaire. Ce fut Michel Onfray.


Votre débat n’est plus ce soir Michel Onfray mais est devenu « peut-on encore débattre librement aujourd’hui ? » Ma réponse est non et cela ne date pas d’hier.

A) Je parle évidemment de l’essentiel qu’est la politique économique et la politique européenne de la France qui sont une seule et même chose. En 1983, Jacques Delors me traitait d’« Albanais » parce que je craignais que le choix d’une monnaie forte – alors l’accrochage du franc au mark, aujourd’hui l’euro – n’accélère notre désindustrialisation. Je ne dis pas que la surévaluation de la monnaie soit le seul facteur de notre régression industrielle mais c’est le facteur principal. En 1992, le même Jacques Delors conseillait à tous ceux qui combattaient le traité de Maastricht de prendre leur retraite ou de changer de métier.

Le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de traité constitutionnel européen à une majorité de 55 % des voix. Trois ans plus tard, en 2008, par accord de l’UMP et du PS, on lui a fait avaler le traité de Lisbonne qui reprenait – dixit Mme Merkel – la « substance du projet de traité constitutionnel européen ». Et cela, comme à un enfant à qui on fait réingurgiter l’huile de foie de morue qu’il avait recrachée. Même manège avec le TSCG de 2012, signé en mars et ratifié en octobre. Au printemps 2015, M. Juncker, Président de la Commission européenne, a ainsi pu déclarer : « La démocratie ne peut s’exercer qu’à l’intérieur des traités ». Comprenez : « y compris à travers la législation européenne et le droit dérivé. » Il ne reste pas grand chose : moins de 20 % de notre législation.

On a vu ensuite à quoi servait le référendum grec : M. Tsipras a dû plier. Beaucoup s’interrogent à juste titre sur ce que signifie encore une démocratie ainsi réduite à la portion congrue.


B) Sans doute est-il encore possible de faire entendre sa petite musique, à ses risques et périls : il y a au moins les réseaux sociaux. Marianne et, sur les sujets de politique extérieure, le Figaro pour rompre le blocus. Partout ailleurs, ou presque, ce ne sont que grilles de lecture pré-formatées quand ce ne sont pas les procès en sorcellerie ou tout simplement le silence. Alors, il est vrai que par le livre quelques corsaires de talent arrivent encore à se faire entendre, atteignant des tirages souvent impressionnants : Onfray, Zemmour, Finkielkraut, Debray, etc. Ce sont ceux-là qu’il faut faire taire par toutes les techniques de l’insinuation et de l’amalgame car ces quatre là n’ouvrent évidemment pas sur le même horizon.

Je ferai observer au parti socialiste qu’il se nuirait gravement en « dézinguant » des intellectuels comme Michel Onfray ou Régis Debray, dont il ne méprisait pas le soutien, il n’y a encore pas si longtemps. Plus généralement, il n’a rien à gagner à attaquer les intellectuels même qualifiés de « pseudo-intellectuels ». Il vaut mieux discuter, le cas échéant réfuter leurs arguments, mais toujours écouter. Pour changer le monde, la gauche a besoin de le comprendre. Elle a besoin des intellectuels, de tous les intellectuels, y compris de ceux qui la combattent de manière argumentée.


C) Pour l’homme politique, il y a une déontologie qui s’applique, quelque difficulté qu’il ait à convaincre dans l’instant. Pierre Mendès France a écrit une galerie de portraits de grands républicains qu’il a intitulée « La vérité guidait leurs pas ». Pour un républicain qui croit à la République la vérité finit toujours par se faire jour.

Si on pensait que l’euro par exemple était dès le départ, c’est-à-dire 1991, une monnaie mal fichue, fallait-il le dire ou fallait-il le taire ? Si l’euro comportait par construction ordo-libérale – c’est-à-dire dès 1989 – un gène récessionniste dont on voit les effets dans toute l’Europe, fallait-il le dire ou fallait-il le taire ? Si c’était une erreur de faire l’Europe sans les nations, voire contre elles, comme si on pouvait la substituer aux trente nations qui la composent depuis mille ans, fallait-il le dire ou fallait-il le taire ?

Un essayiste, Pierre Manent qui a fondé « Commentaire » - il n’est donc pas de mon bord – écrit dans un livre récent « Situation de la France » : « En dépit des efforts constants conduits depuis près d’un demi-siècle par une classe dirigeante presque unanime, les Européens vivent encore principalement dans leurs vieilles nations, et la perspective d’un saut dans une Europe post nationale a perdu presque toute plausibilité ». Si cela est vrai, faut-il le dire, c’est-à-dire le répéter, ou faut-il le taire ?

Il y a à ces questions deux réponses : Celle donnée dans les colonnes de Libération du 8 août 2015 par M. François Foret : « La monnaie a toujours eu une dimension religieuse, elle repose sur un acte de foi … L’Euro n’arbore pas de dimension religieuse aussi explicitement que le dollar, arborant fièrement sa devise : « In God we trust ». Il constitue pourtant en lui-même un « nouveau sacré européen » justifiant tous les sacrifices. Quitter l’euro, ce serait aussi quitter la communauté des croyants en l’euro … » Si l’euro et la conception de l’Europe qui le sous-tend est une nouvelle religion, il faut en effet brûler les hérétiques et interdire le débat.


Mais il y a une autre réponse que nous connaissons bien, celle de Jaurès : « Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire ».


D) Ce que j’ai suggéré à propos de la monnaie unique à savoir qu’il vaut mieux la réformer par accord mutuel des participants que de s’entêter à conserver une formule qui ne marche pas, j’aurais pu le dire aussi à propos de notre politique au Moyen-Orient. Nous prétendons lutter contre le terrorisme mais nous cultivons le terreau du salafisme où il plonge ses racines. Nous voulons lutter contre Daech, mais nous ménageons Al Nostra, c’est-à-dire une filiale d’Al Quaïda. Si tout cela est vrai, faut-il le dire, ou faut-il le taire ?


Le dire serait – paraît-il – faire le jeu de Le Pen.

Eh bien non ! Ce qui fait le jeu de Le Pen, c’est cette permanente omerta sur ce qu’est le bien public. Ce qui fait le jeu de Le Pen, c’est de lui avoir laissé, il y a déjà bien longtemps, la nation, la Marseillaise et d’autres symboles, et de lui avoir ainsi permis de les dévoyer.

Ce qui fait le jeu de Le Pen, c’est l’oubli de l’intérêt de la France qui ne consiste pas à dresser certains de ses citoyens contre les autres, mais au contraire à fortifier l’amitié civique en soudant la nation derrière des projets dignes d’elle et à la hauteur des défis de notre temps. Ce n’est pas une République décolorée et purement incantatoire qu’il faut opposer à Le Pen, mais une République exigeante et généreuse offrant à tous un horizon de progrès partagé. C’est ce recours qu’il faut préparer dès aujourd’hui par le libre débat, car si la tempête est en vue, le naufrage n’est pas certain.

La seule chose sûre est qu’il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port. Mais le port, nous le savons, c’est le bien commun. C’est le civisme et le patriotisme qui le rend possible. Bref, il nous faut redécouvrir que les droits de l’homme n’ont de sens que s’ils sont garantis par les droits du citoyen. En défendant le libre débat, en préparant une véritable alternative, nous défendons donc ensemble la République et le sursaut qui viendra après les secousses inévitables.


Rédigé par Chevenement.fr le Samedi 7 Novembre 2015 à 15:03 | Lu 7722 fois



1.Posté par Elisabeth Des le 07/11/2015 17:50
Cette lettre aurait très certainement obtenu l'approbation de notre si cher résistant, Serge RAVANEL ...

2.Posté par Ligli GASOIL le 07/11/2015 23:44
Le Ché a bouffé du lion ! Ça fait du bien

3.Posté par Laligne Mauve le 08/11/2015 07:09
Texte revigorant ! l'esprit de liberté retrouvée après avoir quitté le MRC et les positions PS-compatibles. Quel regret par ailleurs de voir République Moderne prendre autant de temps à se développer pour pouvoir soutenir efficacement ces propos plein de bon sens. Il y a pourtant urgence à agir... Et cela ne pourra pas se faire seul, besoin d'ouverture et de diversification pour ouvrir le champ des possibles à un nouvel espoir pour la République.

4.Posté par Laurent Kuhn le 08/11/2015 09:57
« Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire ».

5.Posté par Jules DUNORD le 08/11/2015 15:31
Terra Nova avec feu O. Ferrand a fait beaucoup de mal à la véritable gauche et a poussé, dans les bas du FN, de nombreux ouvriers qui se sont sentis trahis par le PS. Cela, les bobos libéraux du PS ne l’ont jamais compris. Certains le comprendront dans peu de temps tant la chute sera rude, d’autres rejoindront sans complexe les rangs de la droite libérale si elle revient au pouvoir.

Aux Onfray, Zemmour, Finkielkraut, Debray, il faut ajouter Jacques Sapir sur lequel les bienpensants du PS rejettent leurs responsabilités.

En complément au commentaire de Laligne Mauve, République Moderne donne l’impression de s’être arrêté au refus de Mélenchon, depuis plus rien après un départ prometteur. Il serait bien de repartir car la nature a horreur du vide. Mais repartir en associant le peuple, pas seulement avec un club de réflexion pour intellectuels.

6.Posté par Claude TRUCHOT le 08/11/2015 17:22
Il faut mener le combat idéologique et soutenir ceux qui le mènent. Bravo

7.Posté par Cedric MATTHEWS le 08/11/2015 23:55
Encore merci de ce texte qui nous charge en énergie.
La politique n'est elle pas aussi un bien commun à défendre, le citoyen ne doit il pas prendre aussi des initiatives ?
http://citoyens-republique-moderne.over-blog.com/2015/10/presentation.html

8.Posté par Yvonne Buonomo le 10/11/2015 00:34
Excellente analyse. A lire, relire et à méditer.

9.Posté par Carl GOMES le 10/11/2015 16:04
Les critiques de Michel Onfray sont pertinentes. On n'observe aujourd'hui qu'il n'y a plus que des divergences mineures entre la gauche et la droite. En effet, les hommes politiques de ces deux camps sont tous ce que l'on peut appeler des libéraux atlantistes pro-européens. C'est ce que le Front National appelle l'UMPS. Le PS s'est coupé du peuple, et cela a commencé depuis longtemps déjà, avec le tournant de la rigueur de François Mitterrand. Pour moi, ce que les hommes politiques actuels qualifient sous le terme de populisme désigne en fait une demande du peuple à être écouté, autrement dit la volonté du peuple d'être représenté par ses hommes politiques, ce qui est à la base même de la démocratie. Or la peur de perte de souveraineté actuelle est bien basée sur des faits réels (la perte de puissance de notre économie en est la conséquence évidente).
Le peuple est aujourd'hui méprisé par les hommes politiques, en particulier ceux du PS.

C'est flagrant dans les extraits de discours ci-après que j'ai choisi de citer tant les mots sont forts (extraits de Claude Bartolone lors d'une conférence du PS fin 2003).

"...Le populiste est un politique au stade primaire de son évolution..." (tweet C. Bartolone - 18 2:34 PM - 18 Déc 2013)

"...Le populiste n’a que deux visages celui de l’impuissance ou celui du fanatisme..." Ce genre de rêve, qui est brutalisé par une réalité celles d'une planète ouverte, mobile, globalisée" (La seule chose que ces hommes politiques nous proposent aujourd'hui.)

Et c'est là que C. Bartolone attise les peurs: "Les faits sont connus; si demain la monnaie unique explose, la dette française libellée en euros augmentera tout à coup de 20 à 30%. Si demain, nous fermons nos frontières aux apports de la mondialisation, fini les biens technologiques: les écrans plats, les smartphones, les tablettes produits à l'étranger. Finis les investissements étrangers en France..." (investissement du Qatar dans nos entreprises, rachat des vignobles et monuments français, etc...);

Or après quand il parle de l'Europe, il rajoute: "Il y a maintenant le jardin à l'Européenne planté de tuteurs très rigides et battu par tous les vents. Je vous demande quelle plante sociale peut s'épanouir dans ce jardin-là. Il est l'ennemi même de la vie sociale. Est-ce populiste que de dire cela? Est-ce populiste de proposer des visions de la vie européenne projet contre projet? Certainement pas!"

"Maintenant il (le Front National) voue aux gémonies l'UMPS en disant: c'est les mêmes, c'est tous pareils. Ce qui est tout pareil, c'est, je vous le dis, c'est les salmigondis du Front National. Face à cela, le seul risque que nous prenons, c'est de sortir du lot. C'est de montrer que nous, socialistes, nous sommes différents...Ensuite, il faut être d'une totale clarté vis à vis du projet européen. L'Europe est notre avenir..." (idéologie), " ...l'Europe est dans notre ADN de gauche..." (idéologie), " l'égalité passe par l'Europe, la justice passe par l'Europe" (complètement faux, c'est même le contraire!) "le progrès passe par l'Europe" (idéologie).

"Etre socialiste, c'est être européen. Il n'y a pas de choix entre plus d'Europe et moins d'Europe. Il y a un choix entre des offres politiques alternatives: l'Europe des progressistes contre l'Europe des conservateurs, l'Europe des solidarités contre l'Europe des disciplines, l'Europe de la croissance contre l'Europe des austérités, l'Europe qui affirme sa confiance et sa puissance contre l'Europe froide et dépolitisée des peuples qui ne font plus d'enfants
et qui sacrifient leur avenir à leur confort. Enfin, il y a l'urgence des résultats. Il est totalement vain de lutter contre le populisme par la culpabilisation. Le vote Font national, ce n'est pas un vote idéologique de morale, c'est un vote de souffrance. Pour reconquérir l'électorat du Font national, il faut lui donner la preuve que les politiques que l'on mène sont capables de changer la donne." (quiconque serait capable aujourd'hui de donner la politique du gouvernement Valls actuel serait très fort! )

"En France, c'est la bataille pour l'emploi qui est en train de se gagner" (méthode Coué?) "En Europe, c'est réorientation vers des politiques de croissance et de solidarité que l'on va négocier avec la grande coalition allemande où le SPD sera notre allié." (Négocier avec qui? Avec l'Allemagne? C'est toujours le même discours tenu depuis plus de 20 ans par le PS...).

"Ces combats se mènent les yeux rivés sur nos valeurs qui forment la digue la plus solide contre tous les extrémismes. Il reste à peine 6 mois pour convaincre le peuple de ne pas sanctionner l'Europe, 6 mois pour conjurer le scénario catastrophe d'une abstention massive qui ferait ressortir les voix eurosceptiques, voilà notre programme, voilà notre calendrier" (aveu du seul objectif du PS: maintenir la politique européenne)."Donc, au travail avec 3 idées simples pour nous guider: politiser l'Europe, lui demander des résultats, et refaire de la construction européenne un grand projet progressiste."

Depuis ce discours, 2 années déjà ont passé, et on a vu les résultats!

10.Posté par Carl GOMES le 11/11/2015 12:22
Dans mon message précédent, j'ai montré que le seul but des hommes politiques actuels, PS comme UMP, était de construire l'Europe.
Je poursuis par un témoignage de Philippe de Villiers, qui a été député européen pendant 10 ans: (extrait de l'Interview complète de TVLibertés : Entretien choc avec Philippe de Villiers. (22-10-2015)):
" ...Le rêve européen n'était pas de construire une nation nouvelle à la place des nations défuntes, défuntes à Maastricht. Le rêve européen, c'était de livrer un espace sans nations, sans gouvernements, sans démocratie, sans limites territoriales, de le livrer au marché planétaire de masse sous clef américaine. Et quand on disait ça, nous les conscrits de Maastricht, des gens comme Séguin, Pasqua, Chevénement et Le Pen, on nous disait: vous êtes des menteurs vous exagérez! En fait, on était... euh...en-dessous de la réalité !..."

François Fillon, qui veut se présenter à l'élection présidentielle aurait même confié à Philippe de Villiers : "Les Bilderbergs, c'est eux qui nous gouvernent".

11.Posté par Carl GOMES le 11/11/2015 12:23
Conclusion: Le rêve européen était d'instaurer le chaos!

12.Posté par André Fontaine le 18/11/2015 15:18
J'avais trouvé que l'article de Laurent Joffrin ne volait pas très haut et j'approuve entièrement la longue réponse de JP Chevènement

13.Posté par Thierry LEPOINT le 14/12/2015 13:32
Bonjour,

À propos d'Europe, permettez-moi de citer P. Mendès-France (discours contre le traité de Rome, 18 janvier 1958) qui aurait dû faire réfléchir le PS et ses thuriféraires depuis longtemps:

« L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale. »

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