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Les différences de perception entre les Etats-Unis et l’Europe et la crise contemporaine des Lumières


Discours de Jean-Pierre Chevènement, Colloque de Genshagen en Allemagne, février 2003.


I - Des valeurs partagées mais susceptibles de détournement.

Si on met entre parenthèses le communisme et le fascisme au XXème siècle, les Etats-Unis et l’Europe portent depuis la fin du XVIIIème siècle le même héritage des valeurs démocratiques issues des Lumières (l’individu, la liberté, l’égalité, la raison, le progrès, le bonheur).

Il y a sans doute une différence marquée entre le modèle américain de démocratie, fédérale et imprégnée des valeurs de la libre entreprise, et le modèle républicain et citoyen français, unitaire et faisant une large place à la notion de service public. L’un et l’autre de ces modèles sont marqués par les conditions dans lesquelles se sont développées les révolutions américaine et française et que relevaient déjà nos révolutionnaires émigrés aux Etats-Unis à la fin du XVIIIème siècle.

Ainsi l’Europe et les Etats-Unis partagent un riche héritage commun qui a modelé des affinités entre nos peuples, marqués par une forte tradition individualiste.

Ces valeurs démocratiques partagées se veulent universelles, même si l’expérience historique montre qu’elles sont susceptibles de détournement. Ainsi une puissance impériale, au nom d’une mission civilisatrice ou providentielle, peut prétendre les imposer à des nations dominées, souvent de manière caricaturale (colonisation française au XIXème siècle ou soutien américain à des régimes fort peu démocratiques en Amérique Latine ou en Asie pendant la guerre froide ou encore interventionnisme discrétionnaire fondé sur l’invocation d’un « droit d’ingérence » qui s’exerce toujours du fort sur le faible). Il n’en reste pas moins que les Etats-Unis et l’Europe ont une responsabilité particulière et partagée du point de vue de l’avenir de la démocratie dans le monde.

II - Des différences de perception grandissantes après le 11 septembre.

1) Les attentats du 11 septembre ont constitué un traumatisme pour les Etats-Unis.

Le terrorisme d’organisations islamistes déterritorialisées (Al-Quaïda) est le fait d’une globalisation de l’Islam, du télescopage entre la globalisation et le monde arabo-musulman entre pétrodollars et radicalisation intégriste, y compris chez certains jeunes des banlieues d’Occident. A cette attaque sans précédent, les Etats-Unis ont réagi en déclarant ouverte « une grande guerre contre le terrorisme ». Je suis de ceux qui ont approuvé comme relevant de la légitime défense l’éradication du régime des Talibans en Afghanistan. Or, dans l’ordre des menaces, l’Irak, aujourd’hui, a bizarrement relégué à l’arrière-plan Al-Quaïda alors que, sur le plan idéologique, ils se situent aux antipodes l’un de l’autre, et qu’à ce jour aucune preuve véritablement convaincante de l’implication de l’Irak dans le terrorisme n’a pu être apportée.

2) Le 11 septembre a accéléré la tendance des Etats-Unis à l’unilatéralisme.

Après une réaction de patriotisme compréhensible, la politique de l’Administration américaine a accéléré une tendance à l’unilatéralisme déjà perceptible avant le 11 septembre (refus de ratifier des conventions internationales : comme le protocole de Kyoto, la création de la CPI, ou la convention sur les mines antipersonnel, mesures protectionnistes (agriculture - acier), dévaluation compétitive du dollar de près de 30 % en un an, affirmation d’une nouvelle conception du rôle des Etats-Unis dans le monde : au nom d’une mission providentielle, le recours à des guerres préventives, au besoin en se passant de l’ONU :

Ainsi s’exprime le Président Bush dans un rapport intitulé « Stratégie de la Sécurité Nationale », rendu public en septembre 2002 : « Les Etats-Unis sont depuis longtemps favorables à une réaction anticipée lorsqu’il s’agit de répondre à une menace caractérisée visant la sécurité nationale. Plus grave est la menace, plus le risque de l’inaction est grand, et plus il est important de prendre des mesures préventives pour assurer notre défense, même si des doutes subsistent sur le moment et l’endroit de l’attaque annoncée ... Les Etats-Unis se réservent la possibilité, le cas échéant, d’agir par anticipation » (The National Security Strategy of the USA publié par la présidence des Etats-Unis).

Quelle est la différence entre une guerre préventive et une guerre d’agression ? On peut s’interroger là-dessus : la guerre préventive type, c’est la guerre de 1914. La mentalité néo-impériale dans l’Administration américaine apparaissait déjà dans le rapport Wolfowitz (1992). Celui-ci écrivait que les Etats-Unis devaient à toutes forces éviter l’apparition d’un rival soit en Europe autour du couple France-Allemagne, soit en Asie entre le Japon et la Chine.

3) Cette tendance à l’unilatéralisme crée un réel fossé avec l’opinion européenne et la politique de la France et de l’Allemagne.

Dominique de Villepin (30 juillet 2002) : « Une politique de sécurité seule ne peut pas déboucher sur un nouvel ordre mondial pacifique et stable. Pour atteindre ces objectifs, il faut une volonté de paix, des initiatives politiques et des résultats qui recréent l’espoir, sans quoi l’obsession de la sécurité risque d’aboutir à plus d’insécurité ». Telle est l’expérience de la « vieille Europe ».

Ce fossé existe également avec les opinions publiques dans le monde entier selon un sondage réalisé par le Pew Research Center de Washington dont les résultats ont été qualifiés par Mme Allbright de « stupéfiants ». Mais la prise de position commune de la France et de l’Allemagne sur le problème irakien, privilégiant une solution pacifique par l’envoi, le maintien sur place, voire le renforcement, de la mission des inspecteurs de l’ONU a constitué, en 2002, un fait politique majeur. Malgré la prise de position dans le Times du 30 janvier 2003 de huit dirigeants européens à contre-courant de leurs opinions publiques, la volonté de la France et de l’Allemagne de ne pas laisser instrumenter le Conseil de Sécurité de l’ONU pour préserver la possibilité d’une issue pacifique a évidemment une importance capitale : car sans l’aval de l’ONU pour préserver la possibilité d’une issue pacifique, l’opinion publique américaine resterait assez réticente quant à l’engagement d’une guerre préventive contre l’Irak. La prise de position des « Huit » obéit visiblement à une instrumentation américaine.

4) Les divergences transatlantiques portent au moins sur cinq points :

a) L’appréciation de la menace irakienne qui, du point de vue de l’opinion publique européenne, justifie plus une stratégie d’endiguement (maintien des inspecteurs de l’ONU) qu’une intervention militaire. b) L’inadéquation de la force militaire qui est celle des Etats-Unis à traiter des problèmes de société (islamisme, démocratie, etc.). Ben Laden n’a pas été capturé. L’Afghanistan n’est pas durablement pacifié, la menace d’Al-Quaïda demeure. La démocratie ne peut être importée de l’extérieur. Elle dépend d’abord de facteurs endogènes (tradition politique, développement des classes moyennes, éducation, etc.). L’analogie entre le Moyen-Orient et l’Allemagne ou même le Japon de 1945 n’a pas de sens. Le développement économique de l’Allemagne a commencé avec le Zollverein. La tradition parlementaire y était ancrée depuis près d’un siècle. L’Allemagne était en 1914 le pays le plus avancé de l’Europe avec un mouvement ouvrier particulièrement puissant. L’éclipse de la démocratie n’a duré que douze ans. Quant au Japon, il a choisi dès le milieu du XIXème siècle la voie de l’européanisation (ère Meiji). S’agissant du Moyen-Orient, la sous-estimation du facteur culturel et religieux est flagrante. c) L’appréciation des risques d’une intervention militaire en Irak (avenir de l’Irak - conséquences pour ses voisins -Turquie, Iran-, déstabilisation des régimes arabes modérés, coup de fouet donné à l’intégrisme islamiste, multiplication des germes du terrorisme, regain de l’antiaméricanisme et de la judéophobie). d) La priorité à donner à la solution du problème israélo-palestinien. e) Les non-dits sur les enjeux pétroliers et leur contexte géostratégique et sur le remodelage géopolitique ultérieur de la région.

III - Vers une nouvelle éclipse des Lumières ?

1. Différence (hypothèse comparatiste) entre l’époque actuelle et celle d’avant 1914.

Le XXème siècle « âge des extrêmes » selon Hobsbawm, est-il une simple parenthèse ? Fukuyama a prétendu voir dans l’écroulement de l’URSS la « fin de l’Histoire » et Nolte relativise le nazisme par le bolchevisme. Sommes-nous revenus à une époque comparable à ce qui existait avant 1914 ? Alors, regardons-y de plus près :

Le communisme et le fascisme ne se sont pas développés par hasard en Europe mais sur la base d’ingrédients idéologiques plus ou moins présents dès avant 1914 : ainsi le conflit idéologique entre réformistes à la Bernstein et « révolutionnaires » au sein des mouvements ouvriers d’Europe de l’Ouest, et par ailleurs la création d’un parti bolchevique, au sein du parti social-démocrate de Russie préexistaient à l’éclatement de la guerre. Quant au terreau essentiel du fascisme et du nazisme, il a été décisif dans le déclenchement de la guerre (courants impérialistes, satisfaits (Grande-Bretagne - France) ou revendicatifs (pangermanisme - panslavisme) - antisémitisme - irrationalisme, etc.).

Naturellement c’est la guerre de 1914-1918 qui a permis d’« activer » et de porter à l ’incandescence toutes ces tendances préexistantes.

La situation actuelle est évidemment très différente : le temps des impérialismes européens rivaux est derrière nous. Nous sommes à l’époque de la mondialisation. Il y a des nouveaux acteurs : Chine, Brésil, monde arabo-musulman et pays du Sud, etc. Il n’y a plus qu’une Superpuissance : les Etats-Unis. Les Etats-Unis ne sont pas un concept immobile, une figure abstraite, une « entéléchie », mais une réalité vivante dont il faut comprendre l’évolution. On ne peut discréditer à l’avance toute analyse critique en en faisant la marque d’une « névrose antiaméricaine » (Alain Minc).

2. L’évolution de la société américaine.

Mais on doit s’interroger aussi sur l’évolution idéologique de la société américaine depuis vingt-cinq ans, marquée par le développement de courants néo-conservateurs (en réaction à la période rooseveltienne et à la contre culture des années soixante-dix), appuyés sur le big business (énergie, industrie de défense), ou d’une droite radicale dont l’influence n’a cessé de croître (fondamentalistes chrétiens de la « Christian Coalition ») ou par l’affirmation par le Président Bush d’une stratégie néo-impériale fondée sur l’idée d’une mission providentielle des Etats-Unis autorisant les guerres préventives.

Naturellement toutes ces tendances latentes depuis des années ont été radicalisées depuis les attentats du 11 septembre 2001. Il n’est pas irrévérencieux de poser aujourd’hui la question de savoir ce qui différencie une guerre préventive d’une guerre d’agression. Avec la guerre annoncée en Irak, « la grande guerre contre le terrorisme », déclarée après le 11 septembre, s’éloigne de son objectif initial au risque de le contredire et d’alimenter le terrorisme lui-même, par la radicalisation prévisible du monde arabo-musulman. Ainsi, la perspective d’un « choc des civilisations », évoquée dès 1993 par Samuel Huntington prend consistance.

L’évolution de la société américaine depuis vingt-cinq ans, et en particulier le rôle qu’y jouent les média et la « communication » tout comme les orientations générales de la politique américaine (dérégulation généralisée et interventionnisme extérieur en rupture avec la tradition du New Deal et l’héritage keynésien) posent le problème de savoir si beaucoup d’Européens ne sont pas aujourd’hui prisonniers d’une image datée de l’Amérique.

3. Les risques de la surexpansion impériale (Paul Kennedy).

Déjà Paul Kennedy, en 1987, avant même la chute de l’URSS, dans « Déclin et puissance des grandes nations », s’interrogeait sur la capacité des Etats-Unis à maintenir un équilibre raisonnable entre la multiplicité de leurs engagements extérieurs, au Moyen-Orient, en Amérique Latine et en Asie Orientale et « l’érosion relative des bases technologiques et économiques de leur puissance face à l’évolution constante des structures de la production mondiale », ce qu’il décrivaient comme une « surexpansion impériale ». Paul Kennedy s’inquiétait déjà de la nécessité où se trouvaient les Etats-Unis, pour préserver leur position dans le monde, « d’importer de plus en plus de capitaux, ce qui, de plus grand créancier mondial, les avait déjà transformés en plus grand débiteur. L’endettement colossal des Etats-Unis (deux fois aujourd’hui celui des pays en voie de développement) créerait, selon Paul Kennedy le risque d’une baisse précipitée du dollar.

Ainsi la tâche que Paul Kennedy assignait aux hommes d’Etat américains de l’avenir était de gérer le déclin à long terme inévitable, mais somme toute très relatif, de la puissance américaine, en évitant d’accélérer ce déclin par des politiques à court terme. Malgré la chute de l’URSS, cette vision de Paul Kennedy n’était-elle pas prémonitoire ?

Force est de constater que les Etats-Unis ne peuvent compenser leur dépendance économique croissante vis-à-vis de l’extérieur (déficit annuel de la balance des paiements voisin de 500 Milliards de dollars, soit 5 % du PNB - endettement extérieur colossal) que par un véritable drainage de l’épargne mondiale. Leur statut d’unique superpuissance (et le rôle qui l’accompagne du dollar comme monnaie mondiale) sont évidemment la condition du maintien d’un privilège aussi exorbitant, difficilement soutenable dans la longue durée.

Il y a là, sans doute, une explication à la fuite en avant dans un interventionnisme croissant (Grenade, Panama, Irak) qui remet en cause les principes traditionnels de l’ordre international (refus de la guerre préventive, seule la légitime défense pouvant justifier la guerre, autorité de la règle internationale telle que posée par le Conseil de Sécurité de l’ONU, respect de la souveraineté des Etats et refus d’imposer des changements de régime par la guerre, déontologie de l’information respectant le pluralisme et le débat argumenté, etc.).

4. Un nouvel obscurantisme ?

Je vais citer deux intellectuels américains, M. Igger qui a bien montré hier soir que les Etats-Unis professaient un patriotisme religieux et Lewis Lapham qui comparait Georges Bush (manichéisme opposant le Bien et l’axe du mal, « Qui n’est pas avec nous est contre nous ! ») à Urbain II larguant la Croisade en 1066 à Clermont-Ferrand.

Cette dérive s’inscrit dans un contexte politique et idéologique : celui de l’après-11 septembre. Mais si le réflexe patriotique est compréhensible, celui-ci ne doit pas dégénérer en nationalisme. Peut-on exclure l’hypothèse d’une nouvelle « éclipse des Lumières » à l’image de celle qui a poussé l’Europe vers la guerre en 1914 ? La perspective d’une guerre de civilisation avec le monde arabo-musulman n’a, hélas, rien de fantasmatique. La radicalisation du conflit israélo-palestinien laissé sans solution, la montée de courants intégristes, y compris dans nos banlieues, la menace terroriste, les affrontements communautaristes, la montée déjà perceptible des amalgames et de l’intolérance, l’intoxication médiatique, pourraient bien augurer de l’enfoncement dans un nouvel obscurantisme opposant le djihad islamiste et ce que Lewis Lapham appelle le « Djihad américain », ce qu’Hubert Védrine qualifiait par litote de « simplisme ».

5. Contenir la démesure - l’ubris, péché par excellence selon les Grecs.

a) La tradition démocratique aux Etats-Unis.

Heureusement la tradition démocratique aux Etats-Unis est ancrée dans l’Histoire. La réaction de quarante prix Nobel américains, celle d’historiens comme Arthur Schlesinger, Lewis Lapham ou celle du professeur Joseph Nye qui s’alarme de voir compromettre le « soft power » de l’Amérique par un usage immodéré du « hard power » militaire, tout comme les réactions d’importantes personnalités démocrates comme Ted Kennedy, rendent manifeste que la tradition démocratique issue du New Deal est toujours présente Outre-Atlantique.

b) L’Intérêt commun : le rôle de la vieille Europe.

La tendance à la démesure n’est pas irréversible : nos pays ont une responsabilité importante pour la contenir, dans l’intérêt de l’Humanité et de la civilisation occidentale et des Etats-Unis eux-mêmes. L’enlisement de ceux-ci dans la profondeur du monde arabo-musulman aurait en effet des conséquences beaucoup plus graves que pendant la guerre du Vietnam, l’Europe serait aux premières loges. Il appartient au contraire à la conscience européenne née de l’expérience historique d’aider les Etats-Unis à résister à la tentation d’un Empire dont ils n’ont pas les moyens dans la longue durée et de redevenir, dans un monde multipolaire, la grande nation qu’ils sont.

c) Les bases d’une véritable alliance : confiance et franchise.

Quels que puissent être les dissentiments actuels entre les deux rives de l’Atlantique, nous devons veiller à faire en sorte que l’issue de cette crise permette de restaurer la confiance et la franchise qui doivent caractériser une alliance véritable.

Un proverbe allemand dit « Il faut dédiaboliser le diable » (qu’il soit l’Amérique ou l’antiaméricanisme).

Les bases de la restauration de la confiance peuvent s’énoncer simplement. Il faut :

1. asseoir les principes d’un ordre mondial stable et donc équitable ;

2. résoudre les questions politiques pendantes (conflit israélo-palestinien par la création d’un Etat palestinien viable) ;

3. désamorcer l’immense problème des pays du Sud et ainsi dominer un ressentiment qui ne s’adresse pas qu’à l’Amérique. L’Europe, elle aussi, a pris des responsabilités lourdes tout au long de l’Histoire. Et elle s’abstrait facilement des tâches qui normalement devraient lui revenir (Robert Malley). C’est la critique qu’on peut lui faire aujourd’hui. Elle n’a pas les moyens d’une autre politique.

d) Le rôle des opinions publiques et du couple franco-allemand.

Pour créer un nouveau pacte de confiance, l’Europe devrait peser de tout son poids. Ce ne peut être que le rôle des opinions publiques dont Gerhard Schröder et Jacques Chirac sont certainement plus proches que Tony Blair, José Maria Aznar et Silvio Berlusconi. L’Allemagne et la France, ensemble, ont posé un repère qui ne s’effacera pas : celui du Droit (rôle des Inspecteurs - tenue d’une conférence internationale sur le Proche-Orient).

Cette position de responsabilité vis-à-vis du monde s’oppose à un simple réflexe pacifiste propre à la « vieille Europe » (Verschweizerung). Le couple franco-allemand est la condition sine qua non de l’Europe à construire != huit dirigeants européens qui relaient les orientations de la politique de M. Bush.

e) Vers un Monde multipolaire.

Il faut conduire les Etats-Unis à accepter de se situer de plus en plus dans le cadre d’un monde multipolaire (Europe - Chine - Japon - Inde - Brésil ... et bien sûr Etats-Unis). Ceux-ci ont besoin d’alliés solides et non pas de supplétifs complaisants, car ils ne peuvent affronter seuls la complexité voire l’hostilité du monde. La lutte contre l’hyper terrorisme nécessite une étroite coopération avec des alliés et un effort multidimensionnel politique et économique pour résorber les fractures qui s’élargissent dans le monde et asseoir la crédibilité de valeurs réellement universelles.

Ce sont ces valeurs que nous avons en commun et c’est sur elles que nous devons nous appuyer pour affirmer notre responsabilité vis-à-vis du monde.


Mots-clés : états-unis, europe
Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le Lundi 10 Février 2003 à 21:17 | Lu 8187 fois


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