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La crise analysée par la Fondation Res Publica


Retrouvez ici les principales publications de la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement sur la crise et sur ses prémices, depuis 2007.


La crise analysée par la Fondation Res Publica


Rédigé par Chevenement.fr le Jeudi 9 Juillet 2009 à 14:25 | Lu 3103 fois



1.Posté par BA le 10/07/2009 14:14
Qu'est ce qui caractérise une période révolutionnaire ? C'est le passage des forces de répression de l'autre côté de la ligne, parce que les dites forces elles-mêmes sont persuadées qu'il est inutile de continuer.

- 1905 : les cosaques et la bureaucratie brisent les troubles en Russie. 1917 : les cosaques et la bureaucratie passent aux émeutiers, parce que les émeutes étaient journalières, que les flots de victimes ne décourageaient pas les nouvelles émeutes, avec comme cause la faim.

- 1979 : la trame fut la même dans l'Iran du Shah. Les centaines de morts et le renforcement des manifestations firent passer la majorité de l'armée dans la neutralité, puis dans l'autre camp. Seuls les immortels de la Garde Impériale combattirent jusqu'au bout.

- 1979 : Nicaragua, après des semaines de troubles, l'armée de l'air et la marine, puis l'armée de terre passent à l'insurrection. Ne reste plus à Somoza que sa garde présidentielle (15 000 hommes), bien mieux armée et équipée que les 3 corps d'armée.
Mais même la garde nationale (la garde présidentielle somoziste) verra l'inanité de combattre une insurrection qui renaissait dès qu'ils avaient tourné les talons. Pire, même l'ambassade américaine trouvera que Somoza commençait à puer.

- USA 2009 : "Sheriffs in Michigan and Illinois are quietly refusing to toss families on to the streets, like the non-compliance of Catholic police in the Slump. "

http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/5742937/The-unemployment-timebomb-is-quietly-ticking.html

Simplement, les sheriffs aujourd'hui refusent tranquillement de mettre les gens à la rue. Même refus d'appliquer les ordres et la loi. Il n'y a même pas eu des troubles massifs, seulement le trouble des forces de l'ordre, pas sûres elles-mêmes de ne pas se retrouver dans la même situation bientôt. Aux Etats-Unis, les états n'ont plus un rond.

" Some 342,000 homes were foreclosed in April, pushing a small army of children into a network of charity shelters. This compares to 273,000 homes lost in the entire year of 1932 ".

L'écoeurement, simplement, le sentiment que ce qui est fait ne fait qu'aggraver le mal. Car où vont se retrouver ces familles américaines ? Dans le meilleur des cas dans la famille, dans le pire des cas à la charge des services sociaux débordés et désargentés.

Pendant ce temps, les immeubles sont systématiquement pillés et désossés, leur valeur tombe à zéro, voire devient négative (il faut démolir le reste), le terrain n'est même plus une valeur, et les collectivités locales voient leurs finances fondre.

Cela, les représentants des forces de l'ordre l'ont vu journellement. On comprend donc que localement, ils n'en aient plus rien à battre de mettre les gens à la porte. Pourquoi faire ? Pour que même la banque y perde ? Un mauvais arrangement avec ces familles vaut mieux qu'un bon procès. En attendant, on peut donc noter un début de décomposition interne visible dans cette petite phrase d’Ambrose Evans-Pritchard. Le régime ne peut plus compter sur les forces de l'ordre. Elles ont commencé à s'autonomiser...

Patrick Reymond.

http://lachute.over-blog.com/article-33645626.html

Article d’Ambrose Evans-Pritchard en langue anglaise :

http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/5742937/The-unemployment-timebomb-is-quietly-ticking.html


2.Posté par BA le 12/07/2009 23:07
Un nouveau cataclysme financier se profile à l'horizon.

La crainte d'un nouveau tsunami financier prend de l'ampleur. Il ne trouvera pas ses origines dans des prêts immobiliers attribués à des particuliers insolvables, comme ce fut le cas avec les "subprime" américains, mais dans les prêts accordés aux fonds d'investissements pour racheter des entreprises.

En Europe, 150 milliards d'euros de crédit pourraient se traduire par des pertes sèches pour les banques. Il s'agit de la fameuse dette LBO (leveraged buy out) du nom de la technique qui permet d'acquérir une entreprise avec effet de levier : peu de capital initial, mais beaucoup d'endettement.

Depuis le début des années 2000 et jusqu'à l'année dernière, les fonds spécialisés dans les LBO ont levé des capitaux en masse et obtenu des banques tous les prêts qu'ils désiraient à des taux avantageux assortis de clauses de moins en moins restrictives. A la belle époque, les banquiers se précipitaient pour être retenus parmi les prêteurs. Il aurait été du dernier ringard de ne pas être admis dans le cercle des élus.

Les fonds d'investissement spécialisés dans les LBO ont fort bien vécu. En revendant les entreprises 4 ou 5 ans après leur acquisition, ils réalisaient de confortables plus-values qui permettaient de rembourser l'endettement et de rémunérer les investisseurs entre 15 et 20 % par an, parfois davantage. Sur le plan financier tout le monde y trouvait son compte. Les perspectives de gains étaient si attrayantes que les fonds d'investissement ont élargi leur champ d'intervention des sociétés non cotées aux entreprises cotées en Bourse. Pour nombre d'experts, les fonds LBO ont permis au capital-investissement d'accéder au rang des acteurs incontournables du financement des entreprises des plus petites aux plus grandes.

La crise financière et la récession économique qu'elle a provoquée donnent aujourd'hui de sueurs froides aux princes des LBO et surtout aux banquiers, leurs pourvoyeurs de fonds. Car les prévisions sont de plus en plus pessimistes. L'agence de notation Fitch estime que les taux de défaut pourraient passer de 10 % à 15 % d'ici 12 à 18 mois. Mais le plus dur reste à venir.

Selon Fitch, 50 % des 250 milliards d'euros de dette notée par ses soins sont en risque de défaillance. En France à la fin de l'année dernière, les banques avaient inscrit à leur bilan environ 60 milliards d'euros de dette, dont 28 milliards d’euros recèlent des pertes potentielles d'après les experts. BNP Paribas a prêté 8,4 milliards d'euros et la Société Générale 5,4 milliards.

Comme d'habitude, les banquiers se veulent rassurants. Baudouin Prot, le directeur général de BNP Paribas, affirmait récemment que le portefeuille LBO de sa banque était de bonne qualité. L'heure est donc à la sérénité.

Une voix s'est pourtant élevée la semaine dernière pour mettre en garde les banquiers contre "le syndrome du retour à la normale". En s'exprimant ainsi, Christian Noyer le gouverneur de la Banque de France est sorti de sa prudence de chat devenue légendaire. Il a insisté sur les risques de "second tour" de la crise, en particulier sur les dérivés de crédit et les financements à effet de levier. La dette LBO fait partie de cette dernière catégorie.

Jusqu'à présent, les banques ont tout fait pour ne pas afficher de pertes sur les financements LBO. Lorsque les entreprises éprouvent des difficultés à rembourser la dette, les banquiers proposent des rééchelonnements. Si la situation devient plus grave, les banquiers acceptent de transformer de la dette en capital et d'injecter des capitaux. Le fabricant de toitures Monier, qui était propriété du fonds PAI, vient d'être sauvé par un pool bancaire et un consortium de fonds. Il croulait sous 1,8 milliard d'euros de dette et était dans l'incapacité de rembourser.

Materis, fabricant de matériaux pour la construction, filiale de la société d'investissement Wendel, va bénéficier d'un rééchelonnement de sa dette qui avait atteint la somme astronomique de 2 milliards d'euros...

Pour le moment, les banques passent à travers les gouttes, mais pour combien de temps ? Elles ne pourront multiplier à l'infini les restructurations de dettes, ni la transformation de dette en capital. Un jour ou l'autre, elles devront bien passer par pertes et profits certaines de leurs créances.

Les fonds spécialisés dans le rachat d'entreprises en difficulté ayant fait l'objet d'un LBO, qualifiés aussi de fonds de retournement, sont à l'affut. Ils espèrent réaliser de bonnes affaires car ils rachètent les entreprises en demandant aux banques d'abandonner 50 % de la dette et de convertir le reste en capital. Mais cette technique entraîne fatalement des pertes pour les créanciers. Les banques françaises ont évoqué en France l'idée d'une "bad bank" ou banque poubelle qui aurait repris les dettes à effet de levier, mais le projet n'a pas abouti.

Une chose est sûre : la sphère financière redoute que la dette LBO ne mette sur le flanc des banques que l'on croyait revigorées ou carrément sorties d'affaire. S'il y a vraiment péril en la demeure, pourquoi les gouvernants, les régulateurs et les dirigeants de banques ne prennent-ils pas les devants pour trouver les moyens d'amortir le choc ? Il ne suffit pas de faire la politique de l'autruche ou de miser sur une reprise de la croissance économique plus rapide que prévu pour éviter les risques.

Dominique Mariette, journaliste spécialiste des questions financières, ancienne rédactrice en chef du journal La Tribune, Jeudi 2 juillet 2009.

http://finances.orange.fr/Points-de-vue-eco/Un-nouveau-cataclysme-financier-se-profile-a-l-horizon-183393.html


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